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                  <text>33» annada

Novembre-Decembre 1952

N° 248

Lo Gai Saber
Revista de l'ESCOLA OCCITANA
—m—

Dis Aup i Pirenèu

...

F. Mistral.

TOLOSA
14,

Oarrlèra

dels

Arts,

Lo

1-4

numéro :

80 frs.

�OAI

LíO

SABER

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Red.
31, rue
Adm.

;

:

abbé SALVAT

de la Fonderie

PRIVAT,

14, rue

—

Toulouse

des Arts

—

Toulouse

C/C. POST. TOULOUSE 117.240
.

.

Abonaments :
—

( França : un an .
Bstrange . un an

j

Abonamcnt

d'ajnda

:

.

.

300 fr.

.

.

500 /r.

1.000 1rs.

—

ENSENHADOR dcl N° 248 ( Novembre-Dccemhrc

1052 &gt;

Joseph SALVAT:

Le Centenaire du Félibrige. (II. Le
premier Rassemblement poétique:
Le Congrès d'Arles de 1852).

Idrdi GIRARD:

Al nòstre grand Besson.

I. CUNNAC :

Un manteneire de la lenga
Paul Dumas (V).

Anna-Maria PONROCCHEn onor
PETIT :

CRI-CRI:

de Ferroul.

Bolegadissa Occitana.

mairala

:

�NOVEMBRE-DECEMBRE

Lo Gai Saber, N° 248.

LeCentenaire du

1952.

Félibrige '

II

Le

premier Rassemblement poétique :
Le Congrès d'Arles de 1852

T

succès du volume

'

E

collectif Li Prouvençalo ne

répondit pas à l'attente de Roumanille. Les cinq
cents exemplaires(2) se vendraient-ils? Roumanille
comptait sur la clientèle que lui amènerait la presse
de la capitale. Il écrivait à Mistral dès le 20 mars 1852
Li Prouvençalo avaient paru, le 11 — : « Paris
parlera de nous. La Revue des Deux Mondes nous
est ouverte. Je sais qui nous y applaudira. SaintRené (3) nous a fait tirer 100 exemplaires à part de
son
introduction, qu'il distribue, me dit-il, à ses
amis MM. Brizeux, de Laprade, Villemain, Ch. de
J

—

Mazade, Sainte-Beuve, etc., etc... »
Roumanille

s'illusionnait pas sur le zèle des
grande revue. Il apprit que Charles

ne

rédacteurs de la

(1) cf. Lo Gai Saber, n° 244 (mars-abrilh 1952).
(2) Paul Mariéton parle quelque part d'un tirage àes Prou¬
vençalo à 1500 exemplaires, mais Roumanille dans sa cor¬
respondance ne parle que de 500.
(3) Saint-René Taillandier, qui, nous l'avons vu, écrivit
l'Introduction des Prouvençalo.

�JOSEPH

552

SALVAT

A Aix paraît à la même époque un article élogieux. En 1853, La Revue Méridionale de Marseille
porte une étude admirative signée J.R., où l'auteur
demande un poème qu'il attend de Roumanille, en
même temps qu'il devine le génie de Mistral :
« Voilà
le poète national ; c'est lui qui chanté la
Provence et qui mène le chœur des modernes trou¬

badours

».

Mais je ne
qui mettront

veux pas anticiper sur les polémiques
aux prises, en 1853, Roumanille et Ca¬

simir Bousquet, poète et critique marseillais, auteur
d'articles qui paraîtront dans le journal La Galette
du Midi, où Roumanille sera accusé d'avoir « à la
manière de Procuste, étendu des troubadours de tout
pays sur un

lit de fer

» pour

leur imposer la même

orthographe.

encore au printemps de 1852. Les
jeunes Avignonais, poètes, peintres, musiciens, vont,
dès le mois d'avril, passer le dimanche à la villa
que la famille Giéra possède à Gadagne, et que Rou¬
manille appelle « la villa Fossegugne » ; il y a là
« tous ces bons vivants Dau, Aubanel, Giéra, Rou¬
manille, David, Lacroix, et le reste » (1). Mistral est
invité à ces divertissements. Il revient, un jour,
enthousiasmé des «frais ombrages de Fossegugnes»
(2). (Lettre à Roumanille du 15 juin 1852) : il y a

Nous

sommes

(1) Dau a
chants des

composé la musique de nombreux noëls et
premiers poètes de la Renaissance ; David a

peint les portraits de Roumanille, Giéra, Mistral.
(2) Mistral et ses amis plaisantaient sur le nom de la villa
qui devait devenir célèbre. Aubanel écrivit un jour à Mis¬
tral

:

«

J'arrive de la

18

grand'félibraié de fausse-guigne où

parlé tout hier de notre almanach... » (Lettre du
septembre 1854).

nous avons

�LE

CENTENAIRE

DU

FÉLIBRIGE

553

rencontré le

jeune paysan qui doit illustrer le nom
en fait la louange à son ami Anselme
Mathieu dans une lettre du 3 juillet 1852
« Le jeune
Anacréon au brun visage nous déclama une ode
de Tavan ;

il

.

admirable
On

...»

s'amuse, mais

Roumanille

a

on

travaille aussi.

écrit Li

Sounjarello, histoire mé¬

lancolique de deux jeunes filles amoureuses dont le
destin est différent. Roumanille dédie ce poème, où
le récit est mêlé de dialogue, à Saint-René Taillan¬
dier ; un dessinateur de talent, rencontré à Mont¬
pellier, illustrera Li Sounj arello. Quant à Mistral,
il est déjà occupé à Mireio. Le 15 juin, il a écrit deux
chants : « Mon poème absorbe mes rêveries, la muse
ne me
permet pas la moindre diversion au récit des
amours de Mireio. Deux chants viennent enfin d'éclore. Le premier s'appellera Lou Mas di Pruno.
Le second LaCulido

...»

(Lettre à Roumanille du

juin 1952). Roumanille lui en écrit le 8 juillet :
« Et Mireio ? Où en es tu ? En avant ! C'est beau ! »
Au cours de leurs rencontres, Mistral lit ses stro¬
phes à Roumanille. Celui-ci écrit le 20 août : « J'ai
encore les yeux tout
éblouis des splendeurs de ta
Mièio (sic) ... Notre littérature aura enfin une œu¬
vre de granit». Il voudrait, lui,
traduire en français
le poème et le faire illustrer par Bonaventure Laurens, l'illustrateur des Sounjarello.
15

Roumanille et Mistral décident à ce moment
rééditer les Noëls de Saboly, si populaires dans
Comtat.

de

le

�JOSEPH SALVAT

554

Seguin (i) ayant refusé les avances de Roumaà ce sujet, c'est la maison Aubanel qui se
charge de l'édition. Mais l'orthographe de Saboly a
nille

ses différents éditeurs
le refaire. Mistral écrit à Roumanille le 15
été déformée par

(2). Il faut

juin 1852 :
répondu, l'autre jour, fort aimablement
à ma lettre : il s'y montre tout plein de bonne volonté
pour la réforme orthographique que nous voulons
imposer à l'honnête Saboly. Mais il me semble qu'il
ne comprend pas très bien la base de cette réforme :
ainsi, il écrit : vous fou moun gramacé. Moi je pré¬
tends qu'il faut, vous fau... parce que c'est logique
«

Aubanel

a

(fau, faire, fas, fai, etc...). Il écrit nous avès ousi.
Il faut ausi (ause, auses, ausi, etc... Dites lui que

plus nous rapprochons

(sic) de l'étymologie sans dé¬

l'harmonie de la langue,
deviendra intelligible et pure »...
naturer

plus cette dernière

Le recueil des Noëls, qui ne devait paraître qu'en
octobre 1852, après le congrès d'Arles, en un
volume in-12 de 204 pages, comprenait Li Noué de

petit

Saboly (3), puis ceux de

Peyrol (4), ceux de Rouma-

(1) François Séguin, né et mort en Avignon (1812-1870),
l'imprimeur de la rue Bouquerie chez qui travaillait Rouma¬
nille, a imprimé Li Margarideto, Li Prouvençalo, Mireio,
etc...

jamais compris ce que dit Mis¬
(VII) : « Roumaniho, en legissènt, à la Biblioutèco d'Avignoun, li manuscri de Saboly,
fugué frapa dôu bon efèt que fasié nosto lengo, ourtougraflado aqui segound l'engèni nacionau e d'après lis usanço
de nôsti vièi Troubadou ». Mistral savait bien que Saboly
n'écrivait pas comme les troubadours. Alors, pourquoi cette
(2) Je.n'ai, pour ma part,

tral dans Memòri t Raconte

confusion ?

Sabôli), poète provençal au¬
populaires qui ont eu et ont encore une grande
vogue en Provence ; né à Monteux (Vaucluse) en 1614, il
mourut à Avignon en 1675.
(4) Antoine Peyrol (Peiròu d'Avignoun), menuisier d'Avi¬
gnon, poète provençal du XVIII"" siècle, auteur de noëls
populaires.
(3) Nicolas Saboly (Micoulau

teur

de noëls

�LE

CENTENAIRE DU

FÉLIBRIGE

555

(i), enfin quatre douzaines d'autres noëls nou¬
dus à la plume de jeunes poètes (2). C'était une
excellente occasion, pour Mistral et Roumanille, de
grouper des écrivains qui n'avaient pas collaboré
nille

veaux

Prouvençalo comme L. Borel, Casimir Bous¬
(3), Jules Canonge, J. Désanat, Fréchier, Frédol de Magalouna (Moquin-Tandon) (4),
H. Laidet (5), Bonaventure Laurens, A. Tavan (6).
aux

quet, J. Brunet

querelle de la graphie se continuait dans Li
Se montraient partisans de la graphie éty¬
mologique sur certains points discutés (5 du pluriel,
rdes infinitifs, etc)..., Marius Bourrelly de Marseille,
Crousillat de Salon, d'Astros et Gaut d'Aix, Ricard
de Pélissane, Hippolyte Laidet et Casimir Bousquet
La

Noue.

de Marseille, etc...

(1) Roumanille écrivit à cette occasion de nouveaux noëls,
parmi lesquels La Vaco et La Chato avuglo.
(2) Mistral écrivit pour ce recueil L'Ase de sant Jousè. En
vain l'on insista pour qu'il envoyât un deuxième noël.
(3) Jean Brunet, d'Avignon (1823-1894), poète et peintre, a
fait des études sur les mœurs provençales parles proverbes
et les dictons. Il fut l'un des Sept fondateurs du Félibrige. 11
s'appelait Lou felibre de l'Arc de Sedo.
(4) Alfred Moquin-Tandon, né à Montpellier en 1804, pro¬
fesseur à Montpellier, Toulouse et Paris où il devait mou¬
rir en 1863, fut Mainteneur de l'Académie des Jeux Floraux.
Il écrivit le fameux Cary a Magalonensis (1836) dont il attri¬
buait la composition à l'évêque Frédol de Maguelone, d'où
son pseudonyme : un des exemples les plus
curieux de
supercherie littéraire.
(5) Le Docteur Hippolyte Laidet, de Marseille (1794-1884),
publia des fables de La Fontaine traduites ou imitées en vers
provençaux.

(6) Alphonse Tavan, de Châteauneuf-de-Gadagne (18331905), poète et paysan, l'un des Sept fondateurs du Félibrige ;
il s'appelait Lou felibre de Camp-Cabèu.

�JOSEPH SALVAT

55&amp;

querelle de la graphie, qui se continuait dans
(i), avait commencé, on s'en souvient, avec
Li Prouvençalo, auxquelles un dissident, J.-B.
Gaut, d'Aix, avait refusé sa collaboration pour ne
pas subir la nouvelle orthographe : on l'y avait ce¬
pendant fait figurer, malgré lui (2), par une poésie
Cette

les No

lie

d'ailleurs banale.

Roumanille une corres¬
réformes à discuter, et c'est
revient l'initiative des conférences d'écri¬

Gaut

engagea

alors avec

pondance relative aux
à lui que
vains provençaux

(3).

L'on décida de tenir la première conférence
terrain neutre, si l'on peut ainsi parler,
où Gaut était trop chez lui —, et à

en

loin d'Aix
moitié chemin
d'Avignon — résidence de Roumanille et de ses
amis
et de Marseille — où dominaient les partisans
de la graphie étymologique —, c'est-à-dire en Arles.
Que ferait-on à ce congrès? Roumanille ne veut
y voir qu'une réunion d'amis, poùr se rencontrer à
table, chanter et boire. Gaut désire que l'assemblée,
vraie académie, délibère sur des questions de lin¬
guistique et d'orthographe. Cependant il écrit à Mis¬
—

—

tral le 17

juillet

:

aurait toute une intéressante étude à faire sur les
différentes éditions de ce curieux volume.
(2) C'est ce que dit Paul Mariéton dans la Revue FéWbréenne,
x, janv.-mars 1894.
(3) D'après une lettré de Mistral à Mathieu du 3 juillet

(1) Il

y

Noué et les
t.

: « Gaut, le poète d'Aix, communiquait dernièrement à
Roumanille une excellente et féconde idée. C'est de nous

1852

réunir en

congrès de temps en temps,

tous les poètes pro¬

fraternel

et de célébrer dans un festin poétique et
notre enthousiasme pour la langue de nos pères. Rouma¬
nille et les autres, et tous, ont applaudi à cette généreuse
idée, et Roumanille veut que le banquet soit offert en recon¬
naissance à M. Saint-René Taillandier et que notre illustre
mécène le préside en personne ».
vençaux,

�LE

CENTENAIRE DU

Flasquejaren un paou
Foutren un

557

FÉLIBRIGE

bouen coou de

dents.

Chascun dira la siouno,
Qu cantara leis filletos,
Qu lou ju d'où gaveou ...

Roumanille accuse Gaut

(i) de vouloir

recueillir

congrès d'Arles la matière d'un volume II des
Prouvençalo qu'il ferait imprimer à Aix chez Au¬
bin. « Il veut bâtir un temple avec mes matériaux»,
écrit-il à Mistral en lui recommandant de ne pas col¬
laborer avec Gaut. « Les Provençales sont bien po¬
sées, ne leur nuisons pas ». (Lettre du 29 juillet
1852).

au

Roumanille se sent

embarqué dans une

affaire

résister à
congrès
proportions exagérées. « Notre futur
comme la pâte au pétrin », écrit Rou¬

qui ne lui plaît qu'à demi, mais il ne peut
Gaut, qui, plein d'ardeur, veut donner à ce
d'Arles

des

congrès fait
manille à Mistral le 20 août; de nombreux poètes se
sont annoncés ; « les Marseillais viendront à pleins
wagons ».
voyer
sances

Roumanille, quoiqu'il lui répugne

d'en¬

des circulaires, convoque
qu'il peut atteindre.

amis et connais¬

Gaut, né et mort à

Aix (1819-1891), écri¬

(1) Jean-Baptiste

secrétaire de la mairie d'Aix,
occitane. Il s'opposa
courageusement, toujours avec courtoisie, aux réformes dé
Roumanille et de ses amis, surtout aux deux congrès d'Ar¬
les et d'Aix dont il fut le promoteur et l'organisateur. Il pu,blia le Roumavagi deis Troubaires (1854), le journal Lou Gay
Saber (1854)', plus tard des recueils de poèmes et des drames
où il se pliait de btínne grâce aux exigences des vainqueurs.
Il fut majorai en 1876, lors de l'organisation du Félibrige.
On lit dans l'Armana prouvençati de 1892 : « Se J.-B. Gaut
fuguè pas un diVII de Font-Segugno (21 de mai 1854), fuguè,
éu, di proumié, emé Marius' Bourrelly e lou brave Crousillat, à se faire l'oposto de la reformo felibrenco dintre li revain, journaliste, longtemps
fut intimement mêlé à la renaissance

sistènci dôu caire

d'Ais e de Marsiho ».

�55»

JOSEPH SALVAT

Jasmin refuse de venir. « Il m'a dit, expliquera
Moquin-Tandon à Roumanille, que nous aurions
beau nous réunir trente, cinquante, quatre-vingts,
cent ; que réunis nous ne ferions jamais autant de
bruit qu'il en avait fait et qu'il en ferait à lui tout
seul » (i). Des raisons de famille empêchent SaintRené Taillandier de venir. De son côté, le poète de
Nîmes, Reboul (2), s'excuse. Mais « Laurens m'écrit
qu'il viendra... annonce Roumanille à Mistral. Sa
lettre est palpitante d'amour pour la chose et pour
les arlatenco ». (Lettre du 24 août).

congrès était fixé au dimanche 29 août. Le
jour se tenait à Arles un comice agricole (3).
De ce congrès nous avons plusieurs récits, les uns
pittoresques et savoureux, tels celui de Victor Gélu,
le poète marseillais, dans ses Notes biographiques,
ceux de Roumanille
dans sa correspondance avec
Le

même

(1) cf. Revue Félibréenne, janvier-mars 1893.
(2) Jean Reboul, le poète boulanger de Nîmes (1796-1864),
déjà célèbre par ses poésies françaises Comme « L'Ange et
l'Enfant », accueillit avec intérêt les premiers essais des po¬
ètes provençaux, et écrivit même de jolies poésies en langue
d'Oc qui figurent dans le volume lin Liame de rasi'n. Le 12
mars 1859, il devait couronner à Nîmes, en une séance so¬
lennelle, Mistral, Aubanel et Roumanille. Il avait écrit une
lettre en vers français pour les Noue de Saboly. Il s'excusa
de ne pas pouvoir assister au congrès d'Arles par une belle
lettre à Roumanille, où il disait: «Siegon de fèsto vôsti
lucho ! Que li rivau siegon d'ami! Aquéu qu'a fa lou cèu, a
fa lou de noste bèu pais tant grand e tant blu que i'a de
large pèr tóuti lis estello » (28 août).
(3) Les poètes de langue d'Oc ont toujours su tirer parti
des Comices Agricoles, des Congrès de paysannerie pour
leur propagande littéraire. C'est ainsi que Jasmin composa
son poème
Vila e Campanha pour le Comice agricole du 4
septembre 1849 à Villeneuve-sur-Lot, où il obtint un succès
éblouissant.

�LE

CENTENAIRE

DU

FÉLIBRIGE

559

Paul

Mariéton, les autres d'ordrç plus général et de
optimiste comme ceux de Roumanille dans sa
correspondance avec Mistral, de J.-B. Gaut dans
ton

Roumavagi deis Troubaires, et de Bonaventure
Laurens dans LIllustration.

émerveillé, écrivait Roumanille à Ma¬
juillet 1886, si je te disais que Mistral
avait, au Congrès d'Arles, une veste à Varlatenco
café au lait, et une cravate bleu de ciel ; qu'Aubanel
était imberbe et tout gentillet... Et Rouma, Rouma,
en
son
éminente qualité de conducteur du train,
avait, ce jour-là, au Congrès d'Arles, culottes cour¬
tes, l'épée au côté, veste brodée à l'espagnole et tri¬
corne en tête ; et les cheveux poudrés, mandoline en
bandoulière, etc..., etc... (1) ».
«

Tu serais

riéton le 18

L'hôtel

de ville

d'Arles,

promis

aux

organisa¬

teurs, avait été pris par le Comice, qui accaparait
aussi toutes les autorités. Réduits à eux-mêmes, les
poètes provençaux s'assemblèrent dans une salle de
l'ancien archevêché (2), disposée et ornée à la hâte.
Une trentaine de poètes étaient assis autour d'une
vaste table recouverte d'un tapis de drap bleu. Le

public était surtout composé de jeunes filles de la
société arlésienne.
Le président était le vénérable docteur d'Astros
(3), d'Aix, entouré de Gaut et de Roumanille. On lut
les lettres d'excuse de Reboul,. Castil-Blaze, Saint-

(1) Revue. Fèlïbrèenne, avril-juin 1894.
(2) Il s'agit du palais situé sur l'actuelle Place de la Répu¬
blique. Le congrès se tint dans une salle du 1" étage, au¬
jourd'hui salle publique de lecture. Cela est indiqué par une

inscription en langue provençale.
(3) Le docteur Joseph-Jacques-Léon d'Astros, né à Tourves (Var) en 1780, mort à Aix en 1863, frère du cardinal
d'Astros, archevêque de Toulouse, était un fin lettré, qui ri¬
mait en langue provençale. Les poètes de la Renaissance
voulurent qu'il présidât les congrès d'Arles et d'Aix.

�JOSEPH

5Óo

SALVAT

René Taillandier. On applaudit ensuite les poètes,
parmi lesquels certains sont demeurés inconnus, et
d'autres ont atteint la notoriété. Tour à tour parlè¬
rent Désanat et Bourrelly, puis Mistral, Roumanille,
Cassan, Aubert, Garcin, etc.., Aubanel lut « un mor¬
ceau d'une énergie effrayante », Lou chaple dis In-

noucènt (i), que
dit furieusement.

le marseillais Victor Gélu applau-'

Le banquet se fit le soir à
une salle donnant sur la

l'hôtel du Forum (2),

place des Hommes. A
côté du Président, le vieux docteur d'Astros, étaient
attablés Roumanille, Moquin-Tandon, etc... « Cha¬
que convive, dit Victor Gélu, avait placé, en s'asseyant à côté de son couvert, un dossier plus ou
moins volumineux renfermant de nombreux échan¬
tillons de tous les genres possibles de la poésie pro¬
vençale : odes, satires, épîtres, contes, épopées mê¬
me !
Grand Dieu ! des fables surtout, beaucoup de
dans

fables...

».

Au dessert, après le président qui ouvrit
brindes, les poètes s'en donnèrent à cœur
tor

Gélu

le feu des
joie. Vic¬

(3), qui avait refusé de prendre la parole à

l'assemblée, parla à son tour. « Mistral nous a ra¬
conté l'impression que fit cet athlète qui, dépouillant
sa redingote et relevant jusqu'au coude les manches
de sa chemise, se mit à chanter Fcnian et Gour-

(4) Cette pièce devait paraître dans le recueil des Noëls.
tard, Aubanel l'inséra dans La Miougrano entreduberto.

Plus

(5) L'hôtel du Forum existe toujours.
ont eu lieu !

Combien de dîners

félibréens y

(1) Victor Gélu, né et mort à Marseille (1806-1885), fut un
poète intensément réaliste dont les Chansons Marseillaises
(1840-1855-1886) dénotent un véritable génie poétique. Le con¬
grès d'Arles marqua le seul contact qu'il voulut avoir avec
l'école d'Avignon pour laquelle il ne cessa de manifester la
plus violente hostilité.

�LE

mand

avec

CENTENAIRE

une

nante, écrasant

DU

FÉLIBRIGE

56I

énergie effroyable, d'une voix ton¬
la table de ses poings fermés (1) ».
*

**

Dans la

préface

au

Roumavagi deis Troubaires

xvi 1), publié en 1854, Gaut donnait son impres¬
sion au sujet du congrès d'Arles : « Le congrès d'Ar¬
les fut une véritable réunion de famille. Ce premier

(p.

rapprochement des poètes provençaux mit directe¬
ment en contact des hommes dont les goûts et les
études étaient les mêmes, mais qui ne se connais¬
saient jusqu'à ce jour que de .réputation et par des
rapports

littéraires.

Il y eut pourtant une séance publique
sait l'élite de la population arlésienne.
«

où

se pres¬

Le docteur
d'Astros, d'Aix, était au fauteuil de la présidence.
Un grand nombre de compositions inédites, dont la
plupart d'un mérite peu ordinaire, firent épanouir
leurs gerbes de fleurs sur les rives du Rhône.
«Le banquet qui réunit, le soir, les poètes proven¬
çaux, resserra encore les liens d'amitié cordiale qui
venaient de se former sous l'inspiration de la Muse
méridionale. On se sépara à regret, enchantés les
des autres, en promettant de se réunir de nou¬
uns
veau l'année suivante et emportant un souvenir du¬
rable de l'hospitalité arlésienne ».
Une lettre

de

Roumanille à Mistral, non datée,

qui doit être de septembre, exprime la même
« Mon bien aimé
troubadour. Ta lettre est toute palpitante ehcore de
mais

satisfaction, nuancée toutefois.

provençale, p. 426. C'est
de Gélu (édition de 1886) que

(1) Emile Ripert, La Renaissance

dans sa préface aux chansons
Mistral conte ses souvenirs.

�JOSEPH SALVAT

5Ó2

joie et de l'entrain de notre mémorable dimanche
août 1852. Belle journée, dont le souvenir vivra !
Ne croirait-on pas avoir rêvé? Et quel rêve char¬
mant, original ! Quelle fraternité, quelle sympa¬
thie... Allons, c'est à continuer, nous continuerons.
Les fondements de nos réunions annuelles sont jetés
nous élèverons peu à peu notre édifice — et nous
y abriterons cette pauvre chose pour laquelle nous
avons tant fait et pour laquelle nous avons tous à
la

29

—

cœur
«

de tant faire

encore.

écoles est le mien. Je suis inti¬
convaincu et plus que jamais, que nous som¬
dans une voie excellente, nous enfants d'Arles

Ton avis

sur nos

mement
mes

et

d'Avignon, et
elle

rière

que notre

celle de

littérature laisse loin der¬

Marseille et de

ses

martega-

infamies

lado (1), et ses contes graveleux, et ses
ramassées dans la boue des [mot illisible]. Ces mes¬
sieurs ont été stupéfaits de tout ce qu'il y a eu de
chaste et de digne dans tout ce que nous avons lu ; la
belle préface que nous te devons, l'ode d'Aubanel, tes

3 Conseils, le noël de Glaup, mon Couteau, mi Sounjarcllo surtout (2), voilà plus qu'il n'en faut pour
ouvrir les yeux des plus aveugles ».
Mistral devait avoir apporté au Congrès d'Arles
les premiers chants de Mirèio, mais ne les avait pas
lus. Roumanille dit plus loin dans la même lettre :
« Te voilà maintenant tout à tes amours,
à Mirèio,
qui eût fait trépigner notre docte assemblée, si tu

Que de couronnes
d'applaudissements vont fêter son entrée dans
monde. Courage. Il me tarde que tu me dises : j'ai

l'avais récitée. Son tour viendra.
et que

le
fini !

»

(1) Martegalado, « naïveté, badauderie, propos naïf ou go¬
guenard tel que ceux qu'on attribue aux habitants du Martigue» (Mistral).
(2) A part l'ode d'Aubanel et Li Sounjarcllo de Rouma¬
nille, nous ne savons rien de ces pièces, qui n'ont pas été
publiées, à ma connaissance, ou que je n'ai pu identifier.

�LE

CENTENAIRE

DU

FÉLIBRIGE

563

Quel devait être le résultat du congrès d'Arles,
premier rassemblement poétique de 1852 ? « Le
premier banquet à l'hôtel du Forum, dit Émile Ripert, était l'essai de ce que devait être plus tard le
banquet annuel de la Sainte-Estelle (i) &gt;. Sans doute
on entendit à ce
congrès beaucoup de médiocrités.
Le génie de Mistral n'y fut pas deviné, pas plus
qu'on ne devait le deviner l'année suivante à Aix.
Les soucis qui hantaient Gaut de discussions philo¬
logiques, grammaticales, orthographiques ne sem¬
blent pas avoir ému les participants. En revanche,
du

la constatation de ce chaos accrut chez les jeunes et
fervents poètes avignonnais le désir d'une épuration
littéraire de plus en plus sérieuse.
La publication des poésies lues au Congrès, dont
Roumanille croyait que Gaut en caressait le projet,
ne fut pas réalisée. Une lettre de Roumanille à Mis¬
tral du 6 octobre nous révèle que le marseillais Bour-

relly (2) tenta cette publication, et demanda à Rou¬
manille les textes des messages et des pièces de ses
amis. Roumanille refusa et pria Mistral de refuser
aussi. « Il t'écrira, peut-être même l'a-t-il déjà fait,
hélas ! Cette lettre te dictera ta réponse et te don¬
nera le mot d'ordre. Pour consoler Bourrelly, je lui
ai dit que, l'année prochaine, nous prendrions nos
mesures pour que tout ce que nous lirons ou chante¬
rons
au
congrès soit de nature à être publié sans
(1) La Renaissance provençale, p. 427.
(2) Dominique-Marius Bourrelly, né à Aix en 1820, mort à
Marseille en 1896, fut un poète provençal d'une grande fécon¬
dité. Il collabora à toutes les entreprises des jeunes poètes
provençaux. D'abord opposé au système graphique de l'é¬
cole avignonnaise, il s'y rallia par la suite, et il fut élu ma¬
jorai en 1876.

�564

JOSEPH

SALVAT

inconvénient pour la gloire de la pléiade et pour le
respect que nous nous devons et que nous devons au

public. Et voilà !

»

de fin août

septembre) (1).

ou

de

Une circonstance
à

(Lettre
tout à

sans

date, probablement

fait inattendue allait don¬

congrès d'Arles une grande notoriété. Le
dessinateur Jean-Bonaventure Laurens (2), l'illustra¬
teur découvert par Roumanille pour ses Sounjarello à Montpellier, avait annoncé sa venue à Arles,
et Mistral avait écrit sur lui quelques jolies strophes,
(Lettre de Roumanille à Mistral du 4 août 1852).
Laurens vint en effet. Et, comme il était rédacteur
à L'Illustration, où il publiait de beaux dessins sur
les paysages et les costumes du Languedoc et de la
Provence, il envoya au journal parisien un compterendu de la fête, qui parut dans le n° du 18 sep¬
tembre sous le titre : Congrès des Troubadours
provençaux dans la ville d'Arles (29 août 1892).
Ce compte-rendu, qui insistait plutôt sur le côté
spectaculaire de la fête, était accompagné d'une série
de trois groupes de portraits des poètes provençaux,
ner

ce

(1) On se rend compte par cette lettre de
s'attribuait Roumanille. Les pièces du congrès

l'autorité que
d'Aix, l'année
suivante, devaient être publiées par J.-B. Gaut.
(2) Joseph-Bonaventure Laurens, né à Carpentras en 1801,
mort à Montpellier en 1890, littérateur, artiste, d'abord em¬
ployé dans l'administration des finances, s'adonna à l'étude
des arts, voyagea à travers l'Europe, fut organiste dans plu¬
sieurs églises de Montpellier où il devint secrétaire-comp¬
table de la Faculté de Médecine.

11 collabora à L'Illustra¬

des études et dès dessins, ainsi qu'aux Voyages pit¬
toresques du baron Taylor. Ami des poètes provençaux, il
collabora à l'Armana prouvençati sous le nom de Lou Felibre
adoulenti (Le Félibre sentimental). On peut lire, sur B. Lau¬
rens, une très intéressante étude de Pierre Julian dans La
Grande Revue, avril 1932, pp.
218-246: Mistral, les premiers
félibres et Gounod, d'après Bonaventure Laurens. Julian y
publie le poème de Mistral, jusqu'alors inédit. Sept portraits
des félibres (sur dix) par B. Laurens y sont reproduits.
tion par

�CENTENAIRE

LE

DU

FÉLIBRIGE

565

présents et même absents. Un groupe nous montre,
avec d'Astros, deux personnages, Castil-Blaze (i).et
Anrès (2), qui n'étaient pas à Arles, mais qui figu¬
raient déjà dans les albums du dessinateur — Laurens dit d'ailleurs les raisons qui l'ont poussé à pu¬
blier ces deux portraits —. « Ailleurs, ajoute Laurens, nous réunissons à la figure si animée de Roumanille celle de Camille Reybaud, le poète de la
mélancolie et de la tristesse, celle de Crousillat, au
profil grec, et celle de Mistral, profonde, en même
temps

gracieuse d'expression. Enfin, Aubanel, le

peintre des scènes terribles (3), Mathieu (4), celui des
(1) Castil-Blaze, de son vrai nom Joseph Blaze, né à Caen 1784, mort à Paris en 1859, critique musical au
Journal de s Débats, jouissait d'un grand prestige dans les
milieux artistiques et littéraires de la capitale. Compositeur,
écrivain, critique écouté, il gardait, sous le grand chapeau
que lui a conservé Laurens, l'allure du paysan provençal
dont il garda l'âme toute sa vie. Il salua avec enthousiasme
le renouveau littéraire de Provence, s'excusa de ne pouvoir
venir à Arles, écrivit pour 1 'Armana prouvençau des poésies
recueillies plus tard par les félibres dans Un Liame de rasin.
« Si Castil-Blaze a manqué au congrès, il ne manquera pas
vaillon

ici. Nous le
avons

lais

savons

par cœur

depuis notre enfance, nous

crayonné vingt fois cette tète si pittoresque du Rabe¬

provençal

»

(B. Laurens).

(2) «Nous tirons aussi de nos albums la tête d'un homme
supérieur par le cœur et par l'intelligence, dfun homme qui
se fût distingué autant dans la science que dans les lettres,
d'un homme qui a fait dans sa jeunesse de charmantes
sies patoises ; malheureusement, cet homme modeste,

poé¬

Au¬

guste Anrès, a caché ses œuvres et sa vie ; mais il méritait
trop bien sa place entre MM. d'Astros et Castil-Blaze pour
la lui refuser » (B. Laurens). — Anrès (Augustin-LouisPierre), né à Carpentras en 1783, juge de paix à Carpentras
de 1831 à 1836, publia, en 1820, les Idylles de Gessner tra¬
duites en vers français. Cf. Aubert, Les Vauclusiens, p. 9.

(3) Aubanel, qui devait se rendre célèbre surtout par ses

chants d'amour qu'inspira la douce Jenny Manivet, fut connu
d'abord par ses chants de violence et de terreur qui consti¬
tuent Loti Libre de la Mort dans La Miougrano entreduberto.
Cette note se retrouve d'ailleurs dans maints de ses poèmes
et surtout dans ses drames.

�joseph salvat

566

sentiments plus doux, et Gaut, auteur de choses
charmantes de grâce, forment un dernier groupe ».
Laurens s'excuse de n'avoir pas eu assez de temps
pour crayonner «
tration (i) ».

bien d'autres têtes dignes

d'illus¬

Une autre conséquence aurait pu être provoquée,
indirectement, par les dessins de Bon aventure Lau¬
rens, « noste Bonaventu », comme l'appelait parfois
Roumanille. Celui-ci révèle à Mistral, dans une let¬

du 18 janvier 1853, qu'une jeune poétesse s'est
éprise de Mistral — elle ne dut pas participer au
Congrès — d'après le beau profil de L Illustration.
Il s'agit de «la pauvre Léonide», c'est-à-dire la jeune
Léonide Constans, de Toulon, la seule représentante

tre

du

sexe

féminin dans Li

Prouvençalo et les Noué.

J'ignore la suite qui put être donnée à ce

sentiment

amoureux.

juste note, la note définitive sur le Congrès
par Bonaventure Laurens.
répondirent à l'appel de Rou¬
manille, et la renaissance de la poésie provençale
put être proclamée ».
Cette renaissance devait se manifester l'année sui¬
vante par 1 e-Roumavagi deis Troubaires, au Con¬
grès poétique d'Aix, et, en 1854, par l'Assemblée du
21 mai à Fontségugne.
Joseph SALVAT.
La

d'Arles était donnée
« Plus de trente noms

(4) Anselme Mathieu, né et mort à Châteauneuf-du-Pape,
(1829-1895), compagnon d'études de Mistral au
Collège d'Avignon et à la Faculté d'Aix, beau poète des
amours, fut parmi les VII fondateurs du Félibrige à Font¬
ségugne. Il s'appelait Lou Felibre di Poutoun. Il publia La

Vaucluse

Farandoulo

en

1862.

(1) On peut voir une excellente

reproduction au trait des

dessins de Bonaventure Laurens dans l'ouvrage de Paul
Arène et Albert Tournier, Dès Alpes aux Pyrénées, p. 200.
L'article de B. Laurens a été reproduit dans la Revue Félibrèenne t. x,

janv.-mars 1894, pp. 11-14.

�L'Ort dels Trobaires

AL

NOSTRE GRAND BESSON

joial e fort d'un nòble e fier terraire,
fervoros del rustic trimadis,
O crâne Salvador del nòstre parladis,
Salut, Besson, nòstre bel Priu, ò grand trobaire.
Cantre

Poeta

Roèrgue aimat te faguères lauraire,
lenga e del nis ;
Aduèi, à ton entorn, escapats de Paris,
Vaqui los tiens enfants cantant la tèrra-maire.
Dins ton

Semenères Vamor de la

Ta

glòria, veja-la dins nòstres uèlhs, Besson,

E ton cant de Victoria
E dins l'imne

d'espèr

es

que

dins nòstra

canson

monta de l'escòla.

Viva lo Mèstre d'Oc! E que dins ta Cieutat
Ont l'Estèla als set rais acampa nòstra còla,

Aquelas fiors d'amor sian flors d'eternitat.
Jordi GIRARD.

�UN MANTENEIRE DE

LA LENGA MAIRALA

Paul DUMAS "
V.

—

L'ouvrier fabriquant son

outil

Paul Dumas
CEque
serait
grand entortluiauseulement
mérite del'artiste,
de faire
considérer
qu'il
ne

pas

ainsi dire que sporadiquement, et de ne
s'intéresser à son travail d'ouvrier, ou, pour re¬

fut pour

prendre notre qualificatif, de mainteneur. Mainte¬
nir, en lui rendant un à un tous ses membres origi¬
naux et en la purgeant de tous ses éléments hétéro¬
gènes, cette langue de constitution si riche de vie et
de naturel, on peut dire que telle fut l'obsession à
laquelle il sacrifia jusqu'à son dernier jour.
Sur un peu plus de six cents mots peu usités que
l'on rencontre dans son œuvre, on en

trouverait bien

cinquante qui ne sont dans aucun dictionnaire (2).
Citons par exemple : ano^it, mort de soif, egatir,
rassembler. Quelques-uns ne sont que des variantes :
chortar (turtar), heurter ; pesemmatar (dasamatar), lever un gibier. D'autres représentent ou rap¬
pellent des racines authentiques : clen, penché
nar, faire plier) ; ganitèla, gosier (s'esgànar, s eii-

cent

(acleganossar). Ou bien ils viennent directement du latin:

balsam, parfum, « balsamum » ; prodessa, prou¬
esse, « prudencia = prudessia ». Ou bien ils sont
créés par harmonie imitative : resclacladis, clac-clac
de la foudre ; sarramauca, sorcière (sarrar, op¬
presser ; mauca, mufle de bête). Celui-ci appartient
encore aux mots composés :
alabatut, qui bat de
l'aile ; aiipatada, gambade (ant, haut; pata, patte).
(1) cf. Lo Gai Sabcr, nos 242, 244, 246, 247.
(2) Il faut se souvenir 1° que l'occitan est une langue vivante,
non fixée, qui se crée sans cesse des mots nouveaux ou des
formes nouvelles ; 2° que les meilleurs dictionnaires, excellents
pour les termes courants, sont excusables d'en ignorer d'autres
plus rares mais non

moins authentiques, surtout locaux.

�PAUL

569

DUMAS

qu'il faudrait voir en détail, c'est la dé¬
d'expressions populaires, de tours pittores¬
ques dont s'anime son récit : emai faguesse, même
s'il faisait ; fin de podre, afin de pouvoir ; es pas
Mais
bauche

ce

salve que, ce

n'est pas la peine de... etc.

de bonnes trouvailles : beure à glopets, à
la régalade (glou-glou) ; un descofat de bonetas,
échange de saluts sommaire ; canhos à peta pèl,
fainéant à crever de graisse.
Il y a

il le fau¬
vocables. Que

C'est trop peu pour faire connaître comme
drait les qualités de ce recruteur de
dire du mal énorme qu'a dû lui coûter la confection
d'un dictionnaire occitan-français ? Et, brochant sur
le tout, une

collection de six cents et quelques proCitons-en quelques-uns, pour finir:

verbesde la région.
—

—

—

—

—

—

—

—

—

—

—

—-

Tôt çò qu'es nòu e necessitos
Es sulcòp de mòda e pla' argentos.
« Ausi
(ausissi) dire » va pertot.
Noblessa sens argent es lum sens bli.
Paciencia es médecin das paures.
Ombra d'òme val cent femnas.
Filha pauc vista es de requista
Ni femna ni tela ne causigues

(1).
à la candela.

Qui se fisa à varlet, varlet deven.
Potingas garisson pas mal de còr.
[(2)
Las fautas del médecin, la terra las amaga.
Pren consel de ta boneta.
Ame de « se »-3 e de cogas de vaca monta-

rias al cel.
Lo qu'es plan
A mal de còr,
—-

—

Et maintenant,

languis d'esse mal.
òli de

soca.

à nos lecteurs de

conclure.

J. CUNNAC.

(1) recherchée ; (2)

cache.

�EN

ONOR DE FERROUL

Aici lo tèxte de l'allocucion que nòstra escolana dòna Ponrouch-Petit, rèina del Felibrige narbonés, diguèt à Narbona,
lo 3 d'agost, davant lo novèl monument à Ferroul.

Senhe Conse,

Donas, Damaisèlas e Senhes,

vergonhosa d'aveire estada causida, pichona
cigaleta, per representar aici lo Felibrige.
Paimens, acò m'agrada, pramor qu'aqueste jorn
es un bèl jorn, ont lo clar solelh de justicia lusis sus
l'antica Narbona. Uèi, per lo bon voler del Municipi
narbonés, lo grand cònse Ferroul tòrna prene sa
plaça al mitan dels seus que li dévon mai de trentacinc ans de prosperitat.
Ferroul ! Grand patriòta mièchjornal, nascutal pèd
Soi

del castelàs de Las Tors ont trèvan las amas dels
ancians trobadors, felibre., aparaire valent de tôt

çò qu'es nôstre, dont avias l'amor enclaus al fonze
del còr
un nòble còr refofant d'estrambòrd e de
bontat —, m'es dos de faire restontir en ton onor
la lenga d'òc dins la fèsta de ta respelida. Es amb
aquela lenga aimada que ta maire te bressèt quand
—

venguères al monde, e que lo mèstre Albarèl te lausèt quora dintrères dins l'immortalitat.
Ferroul, que nos fa gauch de te veire, tornamai
adreitat sus ton sòcle de pèira, nos mostrant de ton
bras ardoros lo camin à seguir! A l'ora ont nôstre
païs patis d'un malastre belèu mai grand que lo primièr, pramor qu'à las vièlhas rasons de nôstra sofrença se n'ajùstan de novèlas mai prigondas e malaisidas de garir, qu'avèm besonh, Ferrol, de las
teunas

litsons !

�BOLEGADISSA

OCCITANA

571

Vinhairons, rnos fraires, escotem las litsons d'u¬
nion, de corage siau, de paciença fòrla que nos dona
totjorn aquel à qui, mai qu'à degun, se pòdon aplicar
los vèrses de Mistral

:

Alor avian de Conse, e

de grand ciéutadin,
Que, quand sentien lou dre dedin,
Sabien leissa lou rèi deforo.
ANNA-MARIA PONROUCH-PETIT.

BOLEGADISSA

OCCITANA

d'agost, à Vilafranca de Roèrgue, à l'ocasion del VIe
Roergats de Paris, s'organisèt una bêla fèsta occitana. I ajèt una
messa felibrenca, ont lo majoral-abat Salvat prediquèt, una
taulejada occitana, de Jócs Florals Escolaris ont foguèron coronats de nombroses escolans, e un salut à Besson ont lo felibre
Girard, de Milhau, diguèt un bèl sonet que donam à l'Ort dels
Lo

11

Centenari de la fondacion de la Vila, e de l'Acamp dels

Trobaires.
Lo 8 de setembre, à Malhana, se festejèt, coma à Vacostumada, Vanniversari de la naissença de Frédéric Mistral.
wvwv

de .setembre, en Avinhon, de grandas manifestacions
Santa
donada pels Catalans als Felibres provençals : exposicions,
conferencias, messa am.be sermons provençal per Mnhor Avril
e catalan per l'archabesque Mnhor de Llobet, dansas folcloricas,
sardanas, etc. Las fèstas, organisadas per la Llar Catalana
d'Avinlion, èran presididas pel Capolièr del Felibrige.
Lo même jorn, en ciutat de Fois, fèsta annadièra de VEscòla
Lo 15

occitano-catalanas celebrèron lo remembre de la Copa

deras Pirenèas.

A Tolosa, lo 21 d'agost, es môrt lo professor Calmette, manteneire de l'Academia dels Jôcs Florals : l'istôria occitana a

per

el

cap

de secrèt. Clemença Isaura li aura fait bona

�MATIÈRES

DES

TABLE

du'

XVIII

Tome

( 1950-1951-1952 )
—

ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX. — Concours an¬
nuel de Poésie Occitane 1950, 1951, 1952.
5, 241,-429'
Lois ABRIC.
Les AMIS
Lo

BAILE.

Maria

A Goudouli

—

de

219

.......

.

PHILADELPHE

453

Lo Calelh de Caramaus

307

—

42

BARAILLÉ.
En camin de fèrre
Lo Romiuvage à Muret e Montsegur.
—

227

234
279

Es Toloza !........
Arsène Vermenouze

Bartomèu BARCELO.
Rogièr BARTHE.
M.

BÉCANNE.

—

FèliS

236

Santa-Estèla

Brinde

—

.

La loi relative à

—

l'enseignement

243

langues et dialectes locaux

BUFFIÈRE.

Le BUREAU
tana

,

de

—

D'ont vénon las

l'ESCOLA.

—

—

6, 242, 430
417

Als Aliscamps

Paul CALVIGNAC.

—

O Godolin, filh de Garona

Lo brinde dels umbles
Carles CAMPROUX.

Danton CAZELLES.
ViouLANDO

CÈBE.

—

—

—

......

!...

1

Libres novèus (Teatre)

117
234

351
236

Cant reial

237

Li Vióuleto

CalextÍna CHANOT-BULLIER.

d'Avignoun

60

cigalas

Fête de l'Escôla Occi-

(1950, 1951, 1952)

CALELHON.

224
126

Discours

P.-L. BERTHAUD.
des

—

—

Dins très gleiso

105

�TABLE

Joan

CLÉMENS.

CRI-CRI.

—

DES

MATIÈRES

573

19

Lo Pòrc

Bolegadissa occitana 28,51,74,239,286,
310, 334, 360, 381, 426, 451, 476, 522, 540
Corses de vacansas en Catalonha
51, 311,
Acaderaìa dels Jòcs Florals ......74, 310, 335, 451,
La Campana d'Agot
74,
L'Escôla de Laran
75, 311,
—

264, 311,

predicacion lengadociana en 1950, en 1951..286
;
païs vaurés

286
451
288

L'Escôla Jaufré Rudèl
La Santa-Estèla de 1951
En

547
476
239
523

Lo Remembre

La

571
452
476

La Santa-Estèla d'Orlhat

310

Colège d'Occitania
334,
Per lo Felibrige
Lo Président de la Republica à Scèus (J. Lesaffre)
En païs narbonés

426
360
381
382

En Sovenensa

382
523

Lo

Santa-Estèla
Lo Centenari de Clovis Hugues
La Lei Deixonne
En onor de Lois Julié
L'Escôla de la Crotz-Jauna
La

NECROLOGIA

:

426,

Pèire Bertas, majorai

546
546

547
547
76

240

Josèp Gheusi
Solé i Pla

240

abat

240

Bergey
Josèp Loubet, majorai

264

Paul Sibra

288

Pèire Causse, majorai
Mnhor Joan Pays, abesque

312
de Carcassona

Joan Ladoux, majorai
Benezet Vidal, majorai
Josèp Carbou
,
lo Marqués de Palaminy, manteneire dels J ôcs Florals

336
360

360

360
384

Loïs-Carles Bellet

384

Jaques Roumanille
Pèire Fontan, majorai
Juli Pigasse, mainteneire dels Jôcs Florals
Joana Galaup
Mnhor Saltet, manteneire dels Jôcs Florals
Jesùs Bellido
Josèp Calmette, mainteneire dels Jôcs Florals

428

476

524
548

548

548

571

�MATIÈRES

TABLE DES

574

Juli CUBAYNES.
Nòstra lenga

37
293
276
277
323

Mistèris glorioses

—

Las Amas del

Purgatôri càntan
perroquiala
Carsin, Auvèrnhe, Occitania

Familha

J. CUNNAC.

Un manteneire de la lenga mairala :
420, 446, 508, 542,

—

Paul Dumas

Josèp DENGERMA.
La

DIRECTION.

Torna-te-n

—

La

—

Fête

418

,

de l'Escòla

Occitana

53, 293,

(1950, 1951, 1952)
Philadelphe
DOCUMENTS.

Les Langues et Dialectes locaux à
(Texte de Loi)
Langue d'Oc à l'Ecole

Marcèla DRUTEL

(L'Aubanelenca).

Adrian DUPIN.

Que bous tournar, Senhou ?

—

Maria ESCHOLIER.
Pèire GARDES.

—

Ivan GAUSSEN.

JoRDi GIRARD.

—

—

—

Remembranço

majorai Joseph Loubet

...

du Cubisme»

567

«l'alchimie du Fauvisme

Jules Cavaillès ou « le brillant héritier des Nabis »
Raoul Dufy ou «le Miracle d'un Normand méditer¬
ranéen

»

Questions de graphie: S ou Z

Le GRAMMAIRIEN.

—

Carles GRANDO.

Brinde

Mnhor

GRIERA.

—

La Rèina Susana IMBERT.

JULIÉ.

422

283

Abat A. GUTCHEMERRE.

Joan LAFON.

526

llengua

catalana

Janina

29

301

217

Sant Antoni Claret i la

—

17

337

;

Al nôstre grand Besson
ou

93
109

Nòstra-Dama de la Candelièra
Le

256
414

376

La Penche

—

Jean GIROU.— Desnoyer,
et

455
525

—

l'Ecole
La

568

—
—

—

—

Lo

«

297

Patoès»

211

Brinde

La Capeleta de Graulhet
Al Liban. I. Partensa
»

II. A Beirot

62,

348
258
378

�TABLE

MATIÈRES

DES

575

Lucian LAPORTE.
Ed libe d'Oc
A r'Academìa deds Jòcs Floraus

130

125

J. LAURE.

375

—

—

Nadal.

Joan LESAFFRE.

«L'idée la,tine&gt; de Rogièr Barthe

—

Autour de la loi Deixonne. Le
versaire

point de

vue

point de
langues régionales

vue

Autour de la loi Deixonne. Le

fenseurs des

La loi Deixonne et la Presse

Josêp LOUBET.

Crestian MATHIEU.

(.

Per Nadal

Lo Camin dels Felibres

—

Jacques MÈCLE. — Congrès de culture occitane
L'Exposition des Travaux des Romanistes toulou¬

MÈCLE

Francés SABATIER.

e

Vacança's de Ripòll

Frédéric MISTRAL.

Joan

de

—

Amor

—

e

e

—

Régine PERNOUD.
Andriu PEYRE.
Toan

de

545

travalh à la Bòria

539

—

—

Presic

12

La Pròsa occitana
—

23

242, 285, 306,
322, 359,

377

A las rèinas de Tolosa

221

Provèrbes

—

325
570

Brin de
onor

de Ferroul

M. le Préfet POULAT.
Peire REYNIER.

—

159

235

..

Jean Girou

PLANTAURÈL.

260

Los Centenaris occitans3i8,

Cant tolosenc

—

Los Corses
197

A.-M. PONROUCH-PETIT.
En

173

Capolièr

S.E. Monsenhor MOUSSARON.

ORMIÈRES.

—

de Sant-Cugat del Vallès

Diseors del

—

MONTSEGUR.

Enric MOULY.

Paul

327

192

sains

de

58
374

J.-S. MATHIEU.

Jaques

501

107

Janada

—

405

343

Per la nina môrta

—

319

534

.

Poèmes

—

Robert MARTY.

de l'ad¬
361,
des dé¬
409,

—

Discours

Acamp dóu Felibrige

212

173

�576

DES

TABLE

J. ROZÈS

BROUSSE.

de

MATIÈRES

157

Discors

—

216

Brinde

François SABATIER.

Au monument de Godolin...

—

151

A Notre-Dame la Daurade

155
158

Au

168

A la maison de Godolin

Capitole

170

Au Stade des Minimes

Los Corses de Vacanças

449

de Ripôll

Le français
Revistas

e

— La Pròsa occitana
parlé à Toulouse
Jornals
67, 330, 356, 423, 471,

25

Josèp SALVAT.

56

520,

545

lo Feljbrige

131
232

La Sainte-Estelle de Toulouse
Discors

;

L'Academìa dels Jòcs

Florals

e

Après la Sainte-Estelle

289

(Aux Maîtres)

Le Devoir de l'Heurè

313
358

Le Maréchal est mort

La môrt dels Almanacs

.

Rapôrt sul Concors de lenga d'Oc à l'Academla
dels Jôcs Florals (1950, 1951, 1952)
79, 361,
Le Centenaire du Félibrige .(I. L'histoire d'un beau
livre : Li Prouvençalo)
(II. Le premier Rassemblement poétique: LeCongrès
d'Arles de 1852)
Jean

SÉGUY.

Les Parents et l'enseignement de la

—

langue d'Oc
M. SENDRAIL.

—

de

TAPPIE.

—

Libres novèls
La

poèta roman

44,

(poesia)

taulejada de la Copa
majora : Orne de Dieu

Una Obra

Raimonda TRICOIRE.
Comunion

Au

de

YERDA.

315

15

512
194
265
538

Nòças d'argent
Fieadèlfa

549

100
445

Nèit de Martror

—

431

225

Brinde

Silvan TOULZE.— Lo Sômni del darrièr

479

130
138

Allocution

Discours

Edoard

121

—

143-

Mercés

Capolièr en granmercés dera Cigala de Mistral

Mistral dixit

196

207

L. M.

lmp. d'Editions Occitanes

-

Castelr.audary.

Le Gérant ; j. salvat.

�A

DES

L'ACADÉMIE
JEUX FLORAUX

Les

Félibres sont invités à
concourir
pour les fleurs de Clémence Isaure :
l'Ama¬

rante, la

Violette, le Souci, l'Églantine, la
Primevère, le Lis, l'Œillet. Les envois
sont reçus

der

du 1er

au

programme

et

tariat

Hôtel

de

des

langue d'Oc

:

au

Jeux

Toulouse.

concours

Secré¬

Floraux,

spéciaux réservés

à

la

Pujol de S.OOO frs. (poème).

Grand Prix

(prose).
1958

des

:

19B4: Prix
1955:

conditions

l'Académie

d'Assézat,

Dates

31 décembre. Deman¬

Grand Prix

(poésie).

Fabien-Artigue
Fabien-Artigue

de S.OOO fr.

de ÎO.OOO fr.

�Histoire de la Littérature

occitane

QUANDescolans,
nous proposâmes,
l'ansavoir
dernier,
à certainsplai¬
de
faire
s'ils auraient
de
nos

nous

sir à

recevoir, dactylographié, un résumé des dix leçons
que le majorai-abbé Salvat s'apprêtait à consacrer au
poète Jasmin, un grand nombre accueillirent avec plaisir
cette idée, et le
projet fut réalisé avec succès.
Il nous semble qu'une
nouvelle proposition aura l'agré¬
ment de nos
escolans, surtout de ceux qui, maintenant,
désirent apprendre à leurs élèves des notions de litté¬
rature

occitane.

Le professeur du
Collège d'Occitanie caresse le projet
d'une Histoire de la Littérature occitane,
qu'il réa¬
liserait en trois séries de leçons consacrées à
l'âge d'or,
à la décadence, à la renaissance. Cette année
1952-1953,
treize leçons traiteront de

l'âge d'or de la littérature

occitane.
1.

2.
3.
4.
5.

6.
7.

La

langue occitane : histoire et géographie.
problème de la restauration de la langue d'oc.
Les premiers monuments de la littérature occitane.
Le problème des origines de la poésie occitane.
Poétique et musique des troubadours.
Le

Les genres littéraires des troubadours.
Les troubadours du Limousin, de

l'Auvergne et du

Languedoc.
8. Les troubadours de la
la
9.

Gascogne, de la Provence, de
Catalogne et de l'Italie.
transformation de la lyrique et l'influence des

La
troubadours.

10. La

poésie épique d'Occitanie

sada.
11. Le roman d'Occitanie

:

La Canson de la Cro-

: Flamenca.
12. Littérature didactique, morale et religieuse.
13. Le déclin au XIV"1* siècle.

Chaque leçon comprend quatre grandes pages dac¬
tylographiées. L'ensemble des treize leçons sera envoyé
aux

souscripteurs, tous frais payés,

pour

la

somme

de

600 francs.

Les escolans désireux de se procurer ainsi un bon
résumé de l'Histoire de la Littérature occitane
doivent le faire savoir, en donnant nom et

adresse, à

Mademoiselle Marcelle DOUMENG,
Cours Complémentaire — GAILLAC (Tarn.)

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                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
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              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Girard, Georges (1919-2009)</text>
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              <text>Cunnac, J.</text>
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              <text>Ponrouch-Petit, Anne-Marie (1905-1977)</text>
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          <name>Contributeur</name>
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