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                  <text>'

/—•^

/

Gai

Lo

OCCITANA

Revista de l'ESCOLA

Dis Aup i

Pirenèu
F. Mistral.

lèrdi GIRARD :
Jean

SÉGIJY

:

Vent d'agost.

Je suis fier d'être du

P.-Maurici PEIS, loan FAY,

Midi.

I. S. s A la

Santa-Estèla de

Bordèu.
Raimonda TRICOIRE :

Carabin.

Bolegadtssa occitana : La

Santa-Estèla.

d'Occitania. — Romavage à las
Mar.
L'Escôla de Limanha.
—

—

Lo Colège

Santas-Marias de la
— Doas novèlas in-

teressantas.

wwwwwwwwwvwwwwvwwwvww
34«

annada, n° 252

—

Julhet-Agost 1953

80 frs.

' /v~~

53e? 0

?

�OAI SABER

L.Q

Revista de Í'BSCOLÁ OCCITANA
Red.
31, rue
Adm.

;

:

abbé SALVÁT

de la Fonderie

PRIVAT,

14, rue

—

Toulouse

des Arts

—

Toulouse

C/C. POST. TOULOUSE 117.240
Abonaments

:

( França : un an .
Estrange : un an

j

.

.

.

.

300 fr.
500 fr.

�JULHET-'AGOST icj.53.

N° 353.

Lo Gai Saber,

VENT

D'AGOST

ANNIVERSARI

DE Yerda èra venguda e son uèlh lusissia,
pople occitan, festejant Santa-Estèla
Ausiguent dins Rodés brindar la pastorèla,
A-n-aquel Crid novèl, mut, estrementissia.
E lo

Son imne trobairenc al

cèl rebombissia

...

cinquanta ans cantét de sa vot^ clarinèla
jorn lo vent d'estiu nos portèt la novèla
Qu'aval, à Casa Nosta, Ela se morissia.
E

...

Un

d'agost, fringant potonejaire
bel temps vendémiaire,
de Rodés que m'estuflas totjorn.

Vent soledre

De las vinhas sonant lo

Es lo Crid
E

vejent, cada còp, per tu reviscolada
trepant per ma socada,

La Rernadeta d'Oc

Plore

ma

Filadèlfa al capulet d'amor.
JoRDi GIRx\RD,

Parlar del

Roérgue.

�JE SUIS FIERD

ÊTRE DU MIDI( &gt;

Mes Chers Amis,

Vous
prenez
cette sur
année
vos vacances
avec quinze
jours
scolaire
d'avance
le calendrier
tradi¬
ce n'est pas une raison pour vous frustrer,
discours trop long, de quelques précieuses
de liberté. Je dois l'honneur de présider
cette distribution des prix aux années que j'ai pas¬
sées parmi vous — plus exactement parmi vos aînés
de peu : — je ne sais si j'ai appris beaucoup de cho¬
ses à mes élèves du Petit Lycée ; mais ils m'ont ap¬
pris, eux, qu'il faut être bref si l'on veut mériter de
jeunes attentions. Vous voilà donc rassurés, et vous
pouvez m'accorder toute votre bienveillance, puisque
vous n'aurez pas à me l'accorder longtemps.
Vous n'éprouverez d'ailleurs aucun mal à suivre
mon discours. En effet, je ne vais rien vous dire que
vous ne sachiez déjà puisque je vais vous parler de
notre Midi
le seul, le vrai Midi, car au-dessous,
c'est encore le Nord qui recommence : Nord de l'Es¬
pagne, Afrique du Nord, etc. — de notre Midi, plus
exactement de l'homme du Midi, du Méridional. Et
ici, je dois m'excuser auprès de ceux d'entre vous
qui viennent d'outre-Loire : qu'ils ne se vexent pas
d'être réduits pour quelques minutes au rôle de sim¬
ples observateurs. Donc, vous êtes du Midi, je suis
du Midi. C'est là un fait, il n'y a pas à y revenir.
Mais qu'est-ce que cela signifie ? Vous n'attendez pas
que je vous détaille les caractères, signes et parti¬
cularités singulières de l'homme du Midi. Il sera
plus utile de nous poser certaines questions. Et pour
commencer : devons-nous être, nous sentir et nous

tionnel

:

par un
minutes

—

montrer

non, et

d'ordre

fiers

d'être

Méridionaux ? Franchement,

première est
étymologique : fier vient du latin férus,

cela pour diverses raisons. La

(i) Discours pour la Distribution des Prix du Petit Lycée deGarçons de Toulouse, prononcé le 28 juin 1953.

�je suis fier

d'être

du midi

115

lequel signifie essentiellement « féroce, sauvage »,
et il reste, un peu de cela dans le mot français :
or, un Méridional n'est pas un sauvage, encore moins
une

bête féroce.

Ensuite, même si

nous pensons au sens commun

de

fier, qui est
autant

« orgueilleux » nous ne serons pas pour
fiers d'être Méridionaux : nous avons, il est

vrai, rendu de grands services à l'humanité, il
huit cents

y a

(vous voyez d'ailleurs qu'il s'agit bien
davantage de nos lointains ancêtres que de nousmêmes,
c'est

en

ans

qui n'est pas exactement la même chose) :
effet le Midi qui a appris au monde occiden¬

ce

tal, abruti par la guerre et la misère, la valeur de
l'esprit, le respect des faibles. C'est ce qu'on appelle
Courtoisie. Mais d'autres groupes humains ont fait
tout autant pour la civilisation. Il y en a même qui
ont fait bien davantage. Plus : à supposer que nous
fussions le plus grand peuple du monde — et nous
en sommes loin —, nous ne tomberions jamais dans
le travers de l'orgueil national, du chauvinisme, car
nous nous souviendrions à temps que le seul hasard,
et nullement le mérite, nous a fait naître ici plutôt
que par là-bas. Et puis, surtout, nous nous devons
d'honorer une vertu qui nous caractérise tout spécia¬
lement, et que nous cultivons depuis les débuts de
notre histoire : c'est la tolérance, le respect d'autrui.
En ce XIIIe siècle où partout en Europe se déchaî¬
naient la haine et la persécution contre les non-con¬
formistes, contre les minoritaires, contre ceux qui
avaient des idées à part, le domaine des comtes de
Toulouse était une terre de liberté : catholiques,
cathares, juifs, musulmans même, vivaient chez
nous en toute
fraternité ; il y eut à Toulouse, au
XIIIe siècle, des consuls —• l'équivalent des maires
actuels, — des consuls juifs. Ici chacun pratiquait
ouvertement et tranquillement sa religion. Les Méri¬
dionaux devaient d'ailleurs payer cher cet esprit de
tolérance : pour punir les seigneurs occitans de se

�JEAN

SÉGUY

religion ca¬
abominable croisade fut lancée contre
notre pays, qui fut mis à feu et à sang : ce fut la
croisade dite des Albigeois, qui faillit ruiner à ja¬
mais la civilisation de nos régions. Mais nous avons
su
préserver l'essentiel, qui est justement cette in¬
dulgence, cette facilité à admettre qu'il y a de par
le monde et à côté de nous des gens qui, pour être
refuser à exterminer les chrétiens de la

thare,

une

de nous, ne sont pas pour autant plus
plus mauvais, qui sont nos égaux ou qui
dépassent.

différents
sots

ou

nous

nous ne sommes ni fiers ni orgueilleux, d'ê¬
Méridionaux. Nous sommes simplement contents
de l'être. C'est tout. Mais nous le sommes vraiment.
Et cela veut dire que notre compréhension, que notre
sens de la communauté nationale ne vont pas jus¬

Donc,

tre

nous faire renoncer à ce qui nous est propre.
Pourtant, il nous arrive assez souvent de provoquer
l'inquiétude, l'agacement et les remontrances de ceux
qui voudraient aligner l'univers entier sur leur mo¬
dèle, qui est évidemment parfait. On nous interroge:
« Mais enfin, pourquoi mettez-vous
de l'ail partout
dans votre cuisine ?» — A quoi nous répondrons
tout bonnement : « Parce que nous aimons ça. —
Mais ça sent mauvais ! — Passez au large : rien ne

qu'à

oblige à venir vérifier de si près la pureté et la
mon haleine. » On nous reproche aussi
notre goût pour le spectacle sanglant des courses de

vous

fraîcheur de

C'est que nous sommes, tout comme nos
voisins et amis d'Espagne, plus imprégnés que d'au¬
tres de la tradition romaine du cirque. Nous n'avons

taureaux.

à rougir d'aimer un jeu loyal où deux adversai¬
armes égales, cornes contre épée.
L'homme, il est vrai, est le plus souvent vainqueur,
parce qu'il est le plus intelligent : mais personne
n'empêche les taureaux de perfectionner leur tech¬
nique. Tant pis pour eux s'ils sont idiots (et retenez
cette leçon, mes jeunes amis : la bêtise est toujours
pas
res

s'affrontent à

�JE. SUIS FIER D'ÊTRE DU MIDI

117

punie). — Mais surtout, ce qui est particulièrement
intolérable, c'est notre accent. Au lieu de dire :
«J'ai mangé tout le saucisson », pourquoi disonsnous : « Je me suis
mangé tout le saucisson. » Pour
avoir un tel accent, nous avons de bonnes raisons.
La langue naturelle du Midi, la langue de nos aïeux,
est la langue d'oc —• que quelques malavisés nom¬
encore le
patois : — (remarquons en passant
le Languedoc est la seule des provinces fran¬
çaises qui soit désignée par son langage). Nos pères
ont parlé exclusivement l'occitan durant quatorze
siècles, ils le parlent encore concurremment avec le
français, nous le parlons et le parlerons toujours :
dans ces conditions, il n'est pas étonnant que le fran¬
çais, importé du Nord, subisse dans nos bouches l'em¬
preinte des habitudes ancestrales : c'est un phéno¬
mène parfaitement attendu et normal. Il serait sans
doute mieux de parler sans accent, ou tout au moins
avec un accent plus discret : mais le meilleur
moyen
d'y parvenir, c'est justement de bien connaître cette
langue d'oc que nous mêlons inconsciemment à notre
français : mieux on la connaît, mieux on peut mar¬
quer les différences entre les deux langues. Mais ne
croyez-vous pas qu'elle mérite aussi d'être étudiée
pour elle-même, notre langue d'oc ? Je ne vous par¬
lerai pas de son passé prestigieux — au Moyen âge,
elle a été la plus belle d'Europe. — C'est elle
qui constitue le bien le plus précieux, le caractère le
plus profond et le plus significatif de cet homme du
Midi que nous voulons être et rester. Même quand
vous ne la connaissez
plus, c'est elle qui revient sur
vos lèvres quand vous
avez besoin d'exprimer les
mouvements les plus spontanés de votre cœur, joie,
étonnement, colère : les innombrables tè, ébé, boiidu, dont vous truffez vos conversations sont du pur
occitan. Certains se figurent que la langue d'oc n'e¬
xiste plus que dans les campagnes et qu'elle est
morte à Toulouse : ouvrez bien vos oreilles quand
vous traversez la place du Capitole et que vous ,pàs-

ment

que

�118

jean

séguy

dans la rue Gambetta, et vous entendrez tous
vingt mètres : « Enfin, je vais avoir fini : es pas
trop lèu ! Ou bien : Boudin, e qu'es acò ! Ou en¬
core : E bé, qu'est-ce qu'il est embêtant, ce gosse !
Quna rassèga ! » Cela prouve que la langue d'oc
nous est aussi nécessaire que le soleil. Vous avez la
chance, au Lycée de Toulouse, grâce à une équipe
de maîtres admirablement dévoués et compétents, de
pouvoir étudier la langue d'oc dans votre dialecte
sez

les

naturel

(languedocien,

gascon,

catalan); c'est un en¬

seignement tout à fait sympathique, en ce sens qu'il
recrute seulement des élèves volontaires et à qui « ça
plaît » ; c'est le seul pour lequel vous ayez le droit
de donner votre avis et d'agir en hommes libres.
Profitez de cette liberté exceptionnelle pour complé¬
ter votre personnalité.
Préparez-vous, durant ces
vacances, en écoutant parler l'occitan par ceux qui
en maintiennent la tradition. Et à la rentrée, inscri¬
vez-vous pour les cours : le travail que vous y ferez
est passionnant et n'a rien de commun avec celui
des enseignements ordinaires ; tout se fait en classe,
et tout se passe de gré à gré entre maîtres et élèves.
C'est vraiment incroyable ! Si vous êtes vraiment du
Midi, vous vous devez d'apprendre l'occitan de façon
à pouvoir le lire et l'écrire. Il est honteux, pour un
Méridional de ne pas connaître les œuvres écrites en
occitan qui sont des chefs d'œuvre de la littérature
mondiale : il est inadmissible que nos troubadours
et que Mistral soient étudiés par les Allemands et
inconnus des Toulousains. Un Méridional ignorant
l'occitan est un Méridional incomplet et raté. Par
contre,

lorsque vous saurez l'occitan, je crois que,

malgré tout ce que je vous ai dit il y a un instant, je
pourrais bien vous pardonner si, de temps en temps,
vous sentiez et même
Méridionaux !

vous

vous

Jean

disiez fiers d'être

SÉGUY,

Professeur à la Faculté des Lettres de Toulouse..

�SANTA-ESTÈLA

A LA

de Bordèu
I. UN TROS DE PRESIC A LA CATEDRALA

Monsenhor,
Caris felibris,
xMons frais,

de mai de dès-e-nòu
cènt vint-e sèt,
Lolovint-e-sèt
Felibrige agot dens
nòsta Gironda una assemblada que non se

pòt oblidar : Gascons, Biarnés, Peirigordins, Bigordans, Agenés respondon à l'envitacion dóu mèste d'òbra Lajoinie e la hèsta se trovèt
de las mèi re-ussidas;

Avi, lavetz, l'aunor de montar dens la Chèire de
Catedrala de Bazats e d'anonçar à mèi de duos
mila personas la paraula de Diu.
Anèit, es dens nòsta glèisa metropolitana SentAndriu de Bordèu que soi convidat à predicar. E
n'es pas solament aus felibris de la région, mès à
tots los dóu païs d'òc, « dis Aup i Pirenèu », de la
Mediterrana à l'Océan. Ei grand regret de non saber
vos
parlar dens la bròia lenga de Mistral, dóus feli¬
bris sons eretèis, dóu nebot nôste Capolier, de l'a¬
bat George, lo valent redactor de nôste jornau Lo
Felibrige.
la

Vos

prègui doncs de permeter

dialecte, lo
païs gascon ...
un

men,

un

que m'exprimi dens
chic rude benlèu, de nôste

Canonge P.-Maurici PÉIS.
Parlar de Bordeu.

'

�II.

—

UN

POÈME A LA TAULEJADA

Dicha per

la Santa-Estèla

Bordèu clar, montanha escura,,
Lo bèl temps s'assegura ...»
Atal dis lo pastre auvernhat
En seguint sa vacada en amont sul
«r Bordèu clar ...»
Subre Bordèu, auèi,

«

Cantau.

Lusis l'esticlla miraclosa !

cantalosa
lo tard.
Avèm floridas nòstras dònas
De la seda espanhòla,
Avèm seguda aici-val la Dordonha
Endusc ' aqui à boca de Gironda,
E sèm venguts, fraires, à vòstra fèsta.
Alara, avèm quitat la terra

Quand

se

fa

sus

Coneissèm plan Bordèu :
Es una ciutat crana.
Pel Felibrige, uèi, son Escòla s'afana.
Osca per sei felibres
Tant valents e fòufos,
Osca per vos, cridan los Cantalos !

Oc, de segura, coneissèm Bordèu :
Del Cantau, en amont, li mandam nòstras aigas
E ne tornam montar
Lo vin finòt e melicos.

Vesèt$ ben que Bordèu es un gente païs
Que cambia l'aiga en vin ! ...
Alara, lo pastor cantalos
Quora ne tasta, d'aquel vin,
Es tôt fier, mila gais !
Sus sa nalta terrassa, amont quilhat,
Sentis passar las auras amai los aurajans.

�A

LA

SANTA-ESTÈLA

DE

BORDÈU

121

Sentis passar lo bel ventàs de la Gasconha,
Lo ventolet de

Mièiterrana,

E las sentons d'encens del Causse e dei
Se virant de drecha e d'esquèrra,
Per délai puèchs e sèrras,
Vei lo nòstre pais solelhos.

Garrigas.

E Bordèu es aqui.
Avinhon es aval,

Montpellier e Tolosa,
E Limoge e Clarmont !
E

son viston ne brilha ;
A quel grand vin Vescaravilha,
Li baila encara mai l'esperit de familha,
E l'èime de la raça :
La granda familha miechjornala

E la

fiertat de la terra mairala.

Lo recòrdi li ven
Al pastor del Cantau :
Oc sab ben que, rìi aura cent ans, plan lèu,
De terra de Provença arribèt lo rampèu.
Sab ben que Vermeno^a,
Al païs montanhòl,

Seguet un dels primièrs à prendre lo flambèu,
A seguir lo dralhòl
...

Lo vent bufava, aqueste an, da Bordèu ;
L'an que ven bufarà de Provença.
Amont nos portarà remembrança e jovença,
Sera per nautres una bêla plasença,
E tornarem caussar lo bel capèl flambard,
E tornarem florir nòstras filhas polidas ;
E nautres, lei dansaires de borrèia,
lé vendrem comuniar, al païs de Mirèia !

JOAN FAY.
(Parlar d'Auvèrnha)

�A

122

III.

LA

SANTA-ESTÈLA

DE

A L'OCASION DE LA

—

BORDÈU

SANTA-ESTÈLA

Laque,
Santa-Estèla
vist espelir
totas, an de
lor Bordèu
caractaria especial
e lor très
valorpublicacions
prôpria.
LA LANGUE D'OC DANS NOS ÉCO¬
(in-8, 16 p.) Bordèu, Delbrel. — Brocadura
de propaganda faita d'una gròssa part dels articles
publicats antan (nov. 1951 — julhet 1952) dins Lo
Gai Saber per Joan Lesaffre.
a).

—

LES !

b).
40

de

SENTE-ESTELLE (in-8,
— LA CRIDE DE
p.) Pau, Marrimpouey. — Poème biarnés del Grit
Castera (Enric Salanoubat) d'unis 500 vèrs en

qualrins, ambe traduccion francesa e notas abondosas, ont se canta, d'un biais epic ont lo buf manca
pas, la glòria de Bordèu à travèrs l'istòria.
LA LITTÉRATURE GASCONNE DU
(in-8, 124 p.) Paris, Les Belles Let¬
tres.
Estudi d'istòria literaria, clar, complèt, me¬
surât, d'una informacion segura, amb una bibliog-rafia preciosa. Lo prefaci de Mario Roques dis,
coma se deu, lo meriti de P.-L. Berthaud, majorai,
lo saberut autor d'aquel libre.
c).

—

BORDELAIS
—

J. s.

�CARABIN
CARABIN
èra unde chaval
correjas cosidas
fièl de plan
fèr e arniscat
atelat deambe
primièra
à-n-una

carriolassa

balancejava

coma

petassada de cobra-plats e que
las dels gitans sus sas rôdas nau-

tas.

E, d'abòrd
avia

un

tant

una,

vos

polit

nom.

me

cal dire perqué Carabin

Nani, èra pas un chaval de médecin. Son mèstre
coneguia pas tant-pauc la canson del Compaire Guilherin, sabètz ?
II était un petit homme
Tout habillé de gris,
Carabi !

«

,

Qui allait à la chasse,
aux perdrix,

A la chasse

Carabi !
Titi Carabi ! Toto Carabo !

Compère Guilleri !
A !
tres

nos

»

botem pas

motons, o,

à cantar, ara. Tornem à nòsplus lèu, à nòstre chaval.

Carabin s'apelava atal perque son mèstre i volia
donar un polit nom. L'avia crompat à l'armada, re¬
format sabi pas perqué ... Mas, pel Cerilhon, èra

plan tôt çò qu'i calia.
A prepaus
Vos ai pas brica parlât del Cerilhon.
Mas, i tornarem. Comencem pel chaval.
...

Doncas, lo Cerilhon, que trobava aquela bèstia
per el, diguèt à son
M'i cal donar un polit nom, à-n-aquel
manhac. Tròba me-n un, tu que legisses suis libres.
E ben ! apèla-lo Colibri ! Acò's polit. — Tiò ! es
vertat. E ben ! Carabin serà ! » E Carabin fosquèt

plan polida
amie Rocà

—

e

:

«

gaireben domage

�I

RAIMONDA

24

TRICOIRE

Lo mèstre de Carabin
vesètz qu'i tornam — èra
panadièr, espicièr, renovièr, marchand d'estòfas, de
vaissèla, de potingas, d'engrais, de sulfata, de bonetas, de talhôlas, de pantalons, de fièl, de botons
{de quns te cal ? E, que tôt boton es pas boton? un
boton que botone ! 1, d'agulhas rovilhadas (à-n-un
bon obrièr tôt utìs i lusls als dits), de farças per las
fèstas, de podra per la bomba de la Republica, de
pétards (en mai n'i a, mai pétan), enfin, que vos di¬
rai ? de tôt ço que cal per un vilatge de pageses
—

coma

Dun.

Cerilhon aimava son chaval coma aimava pas sa
femna e sos mainages. El, que se lavava quand

trapar troitas à la man, brossava Caravin, lo
lifrava, l'escurava à la font, e même, l'estiu, lo fasia
tosquirar quand passava gitans.
anava

Talament
sòus

qu'un côp qu'avian fait prètz per vint
qu'acô's car, Mossenhes —, lo porlè,

vietase !

—

quand n'ajèt fait la mitât, s'arrestèt e li diguèt :
c Vint sous, es pel davant. Pel darrièr, me cal una
autra. pèça. —
Vaurièn, atal fas ? Ten ! aqui as
tos vint sòus, e fot-me l'camp. Carabin demorarà
atal. D'abòrd una, es plus polit coma acô. Sembla
un
gos de rie ».
Mas,

me

voliai dire.

que vos conti pas l'istôria que vos
I arribam. Avèm temps : es pas nèit

sembla

encara.

dilus, qu'es fièra o mercat à Mirapeis, lo Ce¬
à la vila portar sacs de blat al minotièr. A-n-aquel temps, los païsans fasian als cambis :
donàvan lo gran, e lo panadièr tornava pan o farina
de minòt als que se volian pastar. Cada dilus, doncas, i avia un mont de sacs sul carreton del Ceri¬
lhon, e qualque côp tant-ben portava una vesina que
se-n anava vendre quicomôt.
Cada

rilhon

anava

Aquel jorn, s'avia emmenât l'Adelina de Rocà,
que se-n anava crompar

d'aucons. Duncas à la

serra

�CARABIN

de

Jalabèrt,

125

quilhèron totes dos sus la carriòla.
èra fòrt. Apèi, pracò, ja
calguèt
devarar e mêmes butar per darrièr
per adujar la
paura bèstia.
se

Carabin tirava

Al retorn,

lo

tôt :

mont èra encara

plus naut, mas plus
farina, repassa, e bren,
que tôt acò pren un flòc d'espaci mas pesa pas.
A Mirapeis, avian trobat lo Panet, que se-n èra
anat à pèd, e qu'èra plan cansat.
Demandât al Cerilhon de lo portar : « Iè ben ! t'assietaràs, Adelina,
sus las
repassas e lo bren ; lo Panet te tendrà lo panièr dels aucons. » Atal fasquèron.
L'Adelina, sus sa citadèla, podia atenhe à las maleugièr, perqu'èra

pas que

duras, sul bòrd del camin

; mas

los cerièrs èran

en¬

flors. Lo cargament pesava pas trop. Demorèron totis très sul carreton per pujar la sèrra.

cara

en

A la

descenta, l'Adelina, sus son crinquet, èra
— « Se devarava ? Faria lo ca¬
fotes de la Republica ? Anem,
arrapa-te à l'èrba. Sarri la mecanica, vrai ! Comptate los sòuses qu'as fait dels iòus, e calha-te ?»
Sarrava la mecanica, lo Cerilhon. Sarrava, sarrava... Sarrava
talament que Carabin n'èra estravagat... e jovent qu'èra... belèu una mosca l'avia picat ?... Mas, que disi ?... I avia pas moscas encara!...
Enfin, sabi pas perqué, donèt un còp de muscle trop
fort
Quicòm petèt sec
un fièl de fèr que ténia
la jos-ventrièra. La bèstia fasquèt un saut de costat.
Acò l'avia picada, e, parrabim-parrabam ! la carga
dins lo valh e la carriòla revirada, rôdas en l'aire
pas trop à son aise.
min à pèd. — Te

...

...

...

Res monèt pas sul moment. Carabin, destacat e
fòlh d'espant, descendia la còsta à trèn coma s'avia
un eissam de forçalons per la borra. Los
fièirejaires
èran

estanilhats, assomats,

Al cap
las

belèu.

d'una brava estona, l'Adelina remenèt un
cama, levèt lo nas, s'anaussèt un chic
mans, se palpèt l'estomac, lo ventre, lo

bras, pèi una
sus

o morts

�I

20

cap

raimonda

tricoire

...
L'èime i tornèt, e la lenga tant-ben :
! Mon Dius ! Nòstre Senhe ! Que nos es

—

«

Jé¬

arribat?
Som môrta ! M'ai copat las maissèlas, los brasses e

sus

las

camas.

Oi !

...

E l'estomac !... M'ai enfonzat al

quatre o cinc costèlas
M'ai estrissat l'ós Bertran !

! Oi !

mens

Iè !

...

...
...

E los rens ! ...
Mon Diu ! cossi

farai, ieu, per tornar à Dun ? Qui me vendra quèrre
per m'enterrar coma cal ?
mòrri
ambe sa mecanica
...

I

va

...

disiai à l'autre

Oi, òi, òi !

Viergeta ! Qun truc ! Ieu som môrta !»
que parlas ! » fasquèt lo Cerilhon.

—

...

«

ca-

Santa

Tu rai,

E ara, acabatz l'istôria à vôstra fantasia. —• Mas,
pôdi assegurar que degun morisquèt pas d'aquel

vos

avocat, pas mêmes los aucons.
Raimonda TRICOIRE.

�BOLEGADISSA

LA

OGGITAIMA

SANTA-ESTÈLA

Avêm pas à far lo raconte de la Santa-Estèla que, coma se

disia dins lo darrièr numéro del Gai Saler, foguèt celebrada à Bordèu. Donarem pas tant-pauc lo compte-rendut de
las sesilhas del Consistôri e del Conselh General del Felibrige:
acô regarda lo Baile.
Direm solament çô que se
dos novèls majorais.

passèt per l'eleccion prevista de

Los majorais Mla Drutel, Azema, Boussac, Cubaynes, Lavaud, Miremont, Rozès de Brousse, Salvat, avian présentât al
Capolièr un vôt demandant qu'aquela eleccion foguès reportada à l?an que ven. Lo Buréu particulièr del Felibrige avia
respondut qu'aquel vôt èra anti-estatutari, mas que lo portaya,
à son reng, sus l'ordre del jorn. Doas candidaturas solament

inscritas : aquela de Marcèl Mitan, de Vedena, per « la
cigalo di Mauro » (Pèire Fontan), aquela de Pèire Julian, de
Riom, per « la cigalo de Pourchièro » (Caries Maurras).
Aie! coma se presentava la situacion del Consìstóri : aprèp
la décision votada per 29 votses contra 13 de refusar la démis¬
sion del majorai P.-L. Berthaud, Azèma, présent, representava
Mla Drutel, Berthaud, Boussac, Grando, Miremont, Roques,
Rouquette ; Mouly, présent, representava Rozès de Brousse ;
Salvat, présent, representava Contencin, Cubaynes, Grenier.
Lo Capolièr ajent espausat la question amb objectivitat e
demandant que se passe al vote, estant que lo vôt de reportar
l'eleccion es anti-estatutari, lo majorai Azema fa remarcar que
d'autras propausicions inscritas à l'ordre del jorn per lo Burèu
particulièr van obèrtament contra l'Estatut. Lo Capolièr e lo
Burèu manténon pracô lor décision. Lo vôt es rebutât per 29
votses contra 14 e un buletin blanc.
Lo majoral-abat Salvat alavetz demanda la paraula e dis, en
legissent à nauta votz son discors :
èran

Senhe

Capolièr,

Cars Confraires,
Me permetretz de prene la paraula avant
dels majorais portada à l'ordre del jorn.

l'eleccion

�128

BOLEGADISSA

OCCITANA

En començant, dirai qu'ai lo désir, disi pas de pas aufensar degun, mas de pas faire la mendra pena à degun, eque, peravansa, demandi escusa sequalqu'una
de mas paraulas despassava ma pensada e mon désir.

Ajustarai tant-ben que, dins ço que dirai, tratarai
de ço qu'òm pòd apelar l'espèrtament de nòstra.
raça, la defensa e l'illustracion de la lenga aimada
que, ambe lo Felibrige e sens lo Felibrige, fa cada
jorn melhor son camin de resurreccion. Parli solament en majorai, e tratarai del Felibrige que, à naos
èlhs, es pas tota la lenga d'ôc, e que demôra res
qu'un instrument, lo mai bèl, lo mai precios de totis,
mas res qu'un dels instruments d'aquel espèrtament,
d'aquela defensa e d'aquela illustracion.
L'iniciativa que prenguèri de mandar, lo 25 de
janvièr passai, à totis los majorais sens excepcion*
pas

letra ont entrevesiai à mon idèa lo biais de porremèdi al malaise felibrenc, me dona lo dreit, e
même lo deber, de debanar davant lo Consîstòri las
una

tar

razons

que

legitiman

mon

intervencion.

A ma letra, se teni pas compte de très confraires
vièlhs o malauts que son d'excusar, 8 majorais solament an pas respondut ; 7 an respondut francament
« non s
à mas propausicions ; 9 an respondut per pas.
dire res, mas cortesament, — en i comprenent lo ca-

lo clavaire à qui lors foncions pòresèrva que se comprend ; 18 an
respondut — qualques-uns ambe de resèrvas de dé¬
lai h sus tal o ta! punt — qu'èran d'acórdi ambe ieu.
Als majorais que m'an dit oc e als que m'ai dit
non o tant val dire non, devi d'explicacions, perque

polièr, lo baile
don comandar

e

una

dins totas las responsas

ai vist clararnent un désir
prîgond de comprension mutuala e de concordia.
Lo malaise felibrenc es grand, ser.hes Confraires.
Los que se figùran e que dison e qu'escrîbon qu'es.,
una. question de pauc d'importancia. un aurage passadis coma n i a tantis agut déjà, aquelis s'engànan
o vùlon enganar. Lo malaise es grand, e ven
de lènh.

�BOLEGADISSA

De pas

i portar remèdi

OCCITANA

pòd preparar una crisi pril'institucion del Felibrige,
dangèr. De pas i portar re¬
prepararà, segur, un aire empoise

e malastrosa per
dont la vida même es en

gonda
mèdi,

e ongan, se

■sonat ont

tat e

de

las fèstas del Centenari

mancaran

d'amis-

grandor.

Mon iniciativa de

janvièr, la decidèri quand, à l'enjornadas de Clarmont, esperèri en van
de responsas solennalament promesas à-n-una miuna
propausicion d'apasiment e quand, al començament de
l'ivèrn, de visitas e de correspondencias me laissèron
comprene que lo mal èra grand e que los èlhs se volian pas dorbir.

deman de las

L'eleccion

d'Aurilhac, en 1951, avia vist arribar
un novèl majorai dont los asarts d'un
vòte, sols, avian permés un malaisit trïomfe al 3""
torn. Es dins un esperit de revenge, seguissent de
mots d'ordre venent sia de dins lo Consister!, sia de
defòra, que se constituïguèt per la Santa-Estèla de
Clarmont, en 1952, una majoritat que faguèt arribar,
al primièr torn, très candidats — lo 4°" demorant en
defbra de tota contestacion ja que ieu-mème èri son
pairin — très candidats représentant, contra nòstres
candidats, una coalicion prevista, combinada, en de-

al Consistòri

fòra de

tota

luta

cortesa.

Lo mòt d'ordre èra de vòtar contra los « Occitans »

quais que foguèssen per de « Mistralencs » quais que
foguèssen, establiguent d'aquel biais una distincion
injuriosa e malfasenta, falsejant de résultats librament promesis e legitimament esperats.
A-n-aquela majoritat, — ja que majoritat i a, e
—-, la minoritat a lo dreit de dire qu'ela a
pas lo dreit d'abusar de son poder, qu'acô séria contrari à l'esperit del Felibrige e même à la sinipla
prudencia umana.

crescuda

Es per

l'aire de

evitar à la majoritat de Clarmont d'aver
voler emparar de totas las cigalas va-

se

�BOLEGADISSA

130

OCCXTANA

cantas, coma faguèt l'an passai, que mos amies e ieu
avèm propausat de reportar las eleccions d'ongan à
l'an que ven — çò qu'a pas, cresi, res d'anti-estatutari, e que se pòd comprene, même se va contra
l'Estatut, lo paure Estatut : —• « los mots tuan, l'esperit sol dona vida » —, de reportar las eleccions
d'ongan à l'an que ven, per poder nos aplicar en¬
semble à tornamai metre la patz dins lo Felibrige
en ne fòrabandiguent
l'esperit de guèrra e de batèsta, esperit que represéntan los doas candidaturas
d'ongan, vòlguen o non vòlguen, rapòrt à las circonstancias.
Un espausat sincère e franc de
cadun nos permetrà de melhor nos

las pensadas de
coneisse, de pas
nos regardar
coma d'enemics quand avèm lo même
idéal, de non pas prene — ço que se faguèt l'an pas¬
sai
per président d'una institucion qualqu'un que
justament aquela institucion s'alassa pas d'atacar.
—

Per

ajudar à esclarir aquelas tenèbras malastro-

avèm pensât que séria bon de consacrar aqueste
acamp de Bordèu, en vista de la preparacion d'un
Centenari d'union frairenala, à un espausat clar de
sas,

las

opinions de cadun. Dins acò, i a pas cap de maa solament lo désir grand de pacificacion
generala.
Per aquela rason, avèm propausat de remetre à
l'an que ven las eleccions d'ongan. Contra las can¬
didaturas dels senhes Mitan e Julian avèm res à dire,
e à-n-elis avèm
opausat degun, Lor personalitat es
pas en jòc. Lors pairins, se son convincuts de nòstra bona fe, pòdon retirar las doas candidaturas.
nòbra, i

Aquel gèste contribuirà grandament à tornar dins
Felibrige la patz que non i es, e que se podrà establir d'un biais definitiu per una discussion franca
lo

sus

las

rasons

de discòrdia.

Malgrat aquela declaracion, lo principi de l'eleccion demòra
mantengut, e se passa al vòte. Aperavant, los majorais Aze-

�BOLEGADISSA

OCCITANA

Mouly, Salvat, declàran que, per fidelitat à lor pausicion
prìncipi, e tant-ben per pas manifestar d'ostilitat als dos
candidats, votaran pas, ni per élis, ni per los majorais repré¬
sentais
à part Contencin qu'a donat mandat de votar. —

ma,

de

—

Lo vôte dona los résultats

Votes

esprimits

Mitan

:

[ulian

28 ôc, 3

: 31

:

: 31.

blancs.

ôc.

A la seguida d'aquel vôte,
tornamai la paraula e dis :

lo majoral-abat Salvat demanda

Adonc, lo Consistòri, acusant nòstre vòt d'èstre
anti-estatutari, e lo prenent pas en consideracion, es
passât al vote.
Èra son dreit.
Mas nòstra minoritat

a

protestacion, ont i
majorais elegits, à qui
respèt.
sa

los

lo dreit de faire entendre

a pas res,
van

ôc torni dire, contra
nôstra estima, nôstre

La minoritat considéra tant-ben que se deu pas
descorajar, que se deu pas retirar jos sa tenda coma
lo filh de Tetis, que farà tôt son possible per tornar
e per mantene la patz, ambe la justicia, dins lo Felibrige.
Es pracô que, en vista de las eleccions venentas
dont voldriam pas èstre forçats de nos desinteressar,

plan
déjà
sinnada, de còps ambe qualquas resèrvas menudas
que càmbian pas res al fons, per los majorais :
propausam als majorais, à totis los majorais, de
voler aculliir e aprovar la declaracion seguenta,

Azéma, de Lengadôc ;
BOUSSAC, de Lengadôc ;
Cubaynes, de Lengadôc ;
M'a Drutel, de Provença ;
Grando, de Rosselhon ;
Grenier, de Lemosin ;
Jaubert, de Provença ;

�bolegadissa

i32

occitana

Lavaud, de Peiregòrd ;
Mouly, de Lengadòc ;
Roques, de Lengadòc :
Rouquette, de Provença ;
RozÈS de Brousse, de Lengadòc ;
Salvat, de Lengadòc.

d'aquela declaracion, que serà publimajorais aprèp la SantaEstèla, e dont demandam pas per uèi la discussion :
nòstres confraires auran temps e leser, sens se laissar
persuadir per de votses de defbra, per ne comprene lo sens, la portada e l'interès, e, se cal, per nos
propausar de modificacions que creiran necessarias
per melhor realisar nòstre désir de patz e d'union
Aicì lo tèxte

cat, e mandat à totis los

dins

l'amor

e

lo culte de

nòstre

mèstre, de nôstre

paire Mistral.
DECLARA Cl ON
1.

lo

Es fòra de rason

e

de vertat de

faire, dins

Felibrige,

una diferencia entre &lt;cmistr alênes»
e « occitans ». Se los mots an un sens, tôt
felibre
es mistralenc
per definicion, totòme del païs d'òc
es occitan de natura.
2.
Dins lo Felibrige — resèrva fait a dels dreits
reconeguts per VEstatut à la lenga de Mistral,
encara que
l'estatut de i8yó acòrde, per los actes
oficials, los mêmes dreits al parlar literari de
VEscòla avinhonenca e al parlar literari del
Comtat de Barcelona
totis los parlars e dia¬
lectes d'òc dévon èstre frairalament recebuts e
■—

aculhits.
3. Coma los parlars e los dialectes, lasgrafias
emplegadas tant-ben sus un pèd degalitat non
pòdon èstre la causa d'una discriminacion qu' amendriria, al prejudici de quai felibre que sia,
los dreits que ten de sa qualitat de felibre.
4. Los majorais dévon èstre causits en rason
de lor valor personala, de lors meritis e de lors

�BOLEGADISSA

servicis,

sens autra

OCCITANA

consideracion de

grafia.
5.

Los majorais jos-sinnats

se

133

parlar

o

de

propàiisan d'a-

ra-en-davant d'acordar lors sufrages als candi¬
dats que, soscrivent la présenta declaracion,
consentir an à ne praticar los
principis, subretot
dins lors actes de majorai.

LO

COLÈGE D'OCCITANIA

0 Colège d'Occitania pùd marcar d'una
pèira blanca
l'armada escolaria que se ven d'acabar. Lo 5 de febrièr aculhissia sou amie deCatalonha Monsenhor Griera,
lo mèstre actual de la lilologia catalaria, que li fasia sos
l

compliments per l'óbra perseguida. Lo 26 de mars, es
dùna Rita Lejeune, professor de lengas romanas à l'Universitat de Lièja, que disia davant un bel auditôri sas
recentas descobèrtas sus la poesìa epica occitana e francesa. Lo 23 d'abrilh, lo senhe Albault, director de l'Escôla esperantista de Tolosa, parlava de Valèri Bernard
poète de la langue internationale ».
«

Aici la tièra de las conferencias del
vat

previstas
I.

per
—

LA

LITTÉRATURE OCCITANE

DU TEMPS DE LA
1. —-Le

vain

majoral-abat Sal-

1953-1954.

DÉCADENCE (XIV'-XYIir siècles)

prolongement des Troubadours.
au XV' siècle.

2.

—

L'âge d'or catalan

3.

—

Essais de Renaissance du XVIe siècle.

4.

—-

5.

—

6.

—

7.

—

8.

—

9.

—

La gloire de Godolin au XVIIe siècle
Poètes lyriques aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Satiriques et moralistes
Epiques et conteurs

id.
id.

Le théâtre
La littérature

id.

populaire

id.

�BOLEGADISSA

134

II.

—

OCCITANA

LE CENTENAIRE DU

FÉLIBRIGE

(1854-1954)
1.

—

2.

—

3.

—

La préparation du Félibrige.
Roumanille et Li Proitvençalo,
Les troubaires en Roumavage :

1852.

Arles, 1852

;

Aix, 1853.
4.

—

Fontségugne, 1854.

5.

—

Mistral et les Primadié.

6.

—

7.

—

III.

1.

VArmana prouvençau, 1855.
Les premiers pas du Félibrige.

L'ABBÉ BESSOU, VIRGILE DU ROUERGUE
(1845-1918)

—

—

La littérature occitane

en

Rouergue avant Bes-

sou.

2.

—

3.

—

4.

—

5.

—

6.

—

7.

—

8.

—

La vie de Bessou.
Le poète d'Al Brès à la Toumbo.
Autres poèmes : l'inspiration de Bessou.
Le conteur : Countes de la tata Mannou,

Countes de l'ouncle Janet.
Las vesprados de l'ouncle Poulito.
La langue et le style de Bessou.
La gloire de Bessou. Ses disciples.
IV.

—

HOMMAGE AUX MORTS D'HIER

1.

—

Charles Maurras.

2.

—

Auguste Bénazet.

ROMAVAGE A LAS SANTAS-MARIAS DE LA MAR

pOMA
à l'acostumada, lo romavage dels 24 e 25 de mai
^ a
recampat dins lo vilage camarguenc un fum de
monde.

Pamens, desempèi pron d'annadas, desempèi la Liberacion subretot, la publicitat fasia força mal à-n-aquelas
fèstas. Als romieus vertadièrs de Provença e de Lenga-

�BOLEGADISSA

OCCITANA

135'

doc, als gitans — 8.000 aqueste an —, se mèsclan,
cada an mai nombros, barulaires, badaires e estrangèrs.
Se n'es vist d'Alemanha, d'Anglatèrra, d'Olanda, de Suèda, de Suissa, d'America même. îot aquel monde, ambe
los irancés venguts de totas las encontradas del païs,
acô se compren — lo romavage tradicional.
estofan
Se comptèt l'an passât 150.000 personas lo 25 de mai.
Alavetz, se vei à las Santas-Marias ço que se vei, ailàs,
dins totes los romavages : lo torisme pren la plaça de la
religion.
—

Mas, aqueste an, los pelegrins de la Camarga, de la
Provença, del Bas-Lengadèc, an volgut faire respetar sas
tradicions crestianas e terradorencas. S'es pregat en dedins e en déféra de la vièlha glèisa, sus la plaça devenguda un novèl santuari.
Tota la niôch del 24 al

25, los bons romieus demorè-

en pregaria. A onze oras, l'abat Causse,
conselhèr de l'Escôla Occitana, prediquèt en lenga nòstra una vilhada santa per los Santencs, los Gardians, las
gents del mas e de la bovina que s'esquichàvan dins la

ron coma

glèisa

;

totjorn

prediquèt tant-bèn à la messa-granda del 25 de

mai.
De long d'aquelas fèstas — es de remarcar, perque se
fasia pas totjorn —, se cantèt, autant en lenga del terraire qu'en francés, los vièlhs cantics à las Santas de
Mèstre Eisseta, de Romieu, d'Artaleta, e lo « Prouvençau e

Catouli

»

de Frizet.

Arlatencas enribanadas mai que jamai nombrosas, gar¬
dians à caval, per sa presencia à-n-aquelas jornadas, subretot à la messa-parada e à la benediccion de la mar,

faguèron veire als estrangèrs la beutat

e

lo serios de

sas

tradicions.

Força pelegrins veguèron dins aquel darrièr romavage
revieudança de las fèstas d'antan dins l'acôrdi de
l'evolucion del temps ambe la tradicion.
una

UN ROMIEU.

�bolegadisia

136

occitana

L'ESCOLA DE LIMANHA
torna

viure, aprèp la mort tant regretada de Benezet

Vidal. Dempèi octobre, se son tengudas sèt velhadas.
1 a de valents per prene Pesteva de l'araire que las mans
del capiscèl an laissai tombar. Lo novèl capiscèl, lo senhe

Martin, farà de bèl travalh, ambe l'abat Spindler e dôna

Abraham per jos-capiscùls, lo clavaire Burlurut, los secretaris Ploujoux e Laura Vidal. Segur que veirem tornamai
lo jornalet de l'Escòla de Limanha, e sos Jòcs Florals,
e sos Concors Escolaris.
DOAS

NOVÈLAS INTERESSANTAS

jornals del 23 de junh escribon : « Lee
écoles, depuis près d'un an, ap¬
prennent des chansons anglaises, des poèmes anglais,
tandis que l'Orphéon Municipal répète chaque soir le
God save the Queen ». Acô se passa à Banhèras de
Luchon, à-n-un côp de pèira de la Maladetta ...
2.
angan, totis los escolans de França candidats
^ al Bacalaureat an
degut susar, lo même
jorn e à la mèma ora, sus la mèma composicion francesa. Mistral disia al pôple occitan :
1.

—

l

os

^

enfants des

—

Te mastrouion li cervello,
Tendôutrinon coume un niais,
Pèr fin que la manivello
Vire tôuti au meme biais.

Que diria uèi ?

lmp. d'Editions Occitanes

-

Castelnaudary.

Le Gérant: j. salvaT-

�A

L'ACADÉMIE
VIENT

DE

DES JEUX FLORAUX

DE

PARAITRE

RECUEIL
L'ACADÉMIE DES JEUX FLORAUX
1953

On

peut y lire

:

Histoire brève de l'Académie. Liste des membres :
mainteneurs et maîtres. Condition des concours pour
1954.
Concours de 1953 : palmarès,
citans couronnés et mentionnés.

Remise d'un
de Vaillac.

poèmes français et

jeton de vermeil à M. le

oc¬

comte d'Antin

Éloge de Louis

Villat par Pierre de Gorsse. RemerSeguy e responsa de Josèp Salvat.
Rapport sur les prix de vertu par le comte d'Adhémar, sur les concours de prose française par Pierre de
ciament de Joan

Gorsse.

Rapôrt

sus

lo

concors

de la lenga d'òc per Josèp

le

concours

de poésie française par Mar¬

■Salvat.

Rapport sur
cel Sendrail.

Joli volume de XXXVIJI-226 pages in-8. Le secrétairecomptable de l'Académie, Hôtel d'Assézat, Toulouse, peut en
faire l'envoi : 445 frs. franco.
—

Les

Félibres, les écrivains de langue d'oc ne doivent
ignorer que l'Académie des Jeux Floraux attribuera,
•en
plus des fleurs du concours annuel de poésie, en
1954, le prix Pujol poésie (3.000 frs.) pour un sujet au
■choix des auteurs ayant trait à la région toulousaine
ou à son histoire ; en
1955, le prix Fabien-Artigue prose
(5.000 frs.) pour un sujet d'ordre essentiellement litté¬
raire intéressant la région occitane.
pas

��</text>
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              <text>Lo Gai Saber. - Annada 34, n° 252 julhet-agost 1953</text>
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          <name>Relation</name>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/5b3e964969be6c5e19f215c7d5a56770.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>1 fasc. (pp. 115-136) ; 22 cm</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Girard, Georges (1919-2009)</text>
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              <text>Séguy, Jean (1914-1973)</text>
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              <text>Fay, Joan (1914-2012)</text>
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              <text>Tricoire, Raymonde (1899-1994)</text>
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              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
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      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
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      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
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