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14-3-26.

—

111°

ANNADA.
N° 39
TOLOZA
(FRANSA)

5,

14-3-26.

-

DIRECCION,
CARRIERA

DEL

IIIe

—

DIRECTION

MOLIN-BAÌARD

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TOULOUSE

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15

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39

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Le N" 50 c.
-

UN AN

N°

—

fr.

-

TEL. 23-36.

»

C.-C. P. 12455. Lo N° 50 c.

M. de Monzie

-

M. de Monzie

persiste

«

félibrisme

rique

»

ignore
rapporte

doute que le
moins que la poh-

sans

1

•

Gaze ta

d'affaires.

« Encore
faudrait-il, ajoute M. de Mon¬
M. de Monzie n'est pas encore revenu laire n'est
pas en contradiction avec ces li¬
zie, pour justifier une aussi paradoxale entre¬
des commentaire:-; que provoqua sa circulaire gnes de
Jaurès ?
sur l'interdiction d'utiliser les dialectes dans
Jaurès écrivait encore, le 19 octobre 1911, prise, que les mérites comparés des deux
méthodes, l'enseignement du français par le
les écoles. Aussi, le 6 février, a-t-il éprouvé dans un article du Midi Socialiste
non cité
le besoin de se disculper longuement dans
par
M. Anglade: « Puisque ces enfants français, l'enseignement du français par le
l'Europe Nouvelle, Et il a écrit à cet effet (basques) parlent deux langues, pourquoi ne ou les patois, aient fait l'objet d'une étude
une « lettre à un barde »
qui l'avait pris pas leur apprendre à les comparer et à se expérimentale à laquelle Michel Bréal, Gas¬
ton Pans et Camille Chabaneau ne se sont
à partie.
rendre compte de l'une et de l'autre ? Il
n'y jamais adonnés. L'avis des
M. de Monzie est avocat. Cela ne se a
poètes et des lin¬
pas de meilleur exercice pour l'esprit que
guistes
ne
tient
pas
lieu
d'une
consultation
voit que trop. Sa justification n'est
pas une ces comparaisons; cette recherche des ana¬
des pédagogues...
»
Bravo! Pourquoi
belle action. Les avocats d'assises essaient logies et des différences en une
matière que
M. de Monzie n'a-t-il pas procédé à cette
de faire oublier aux jurés la véritable affaire 1 on connaît bien est une des
meilleures préconsultation avant de rédiger sa circulaire ?
qu'ils ont à juger. Suivant ce principe élé¬ parafions dé
de l'intelligence. Et l'esprit deLes instituteurs qui réclament l'enseignementaire, M. de Monzie s'empresse de pré¬ vient plus sensible à la beauté d'une
langue
du fc,
b
l'uli|;sation des dialec.
senter la requête qui motiva sa circulaire
basque, par comparaison avec une autre lan-;tes
aiJondent. Delbostal. Estieu, Perbosc,
sous un jour inexact. « Il
s'agissait, dit-il, gue, il saisit mieux le caractère de chacune, j.
en sont un exemple. Il était facile d'avoir
de savoir s'il convenait d'enseigner les lan¬ l'originalité de sa
syntaxe, la logique inté- ! i eur
avis. M.
I
loua ano.
ni. de Monzie s'est bien gardé de
gues régionales dans nos écoles normales rieure qui en commande toutes les
parties et j jg demander
d'instituteurs ét d'institutrices ». Et là- qui lui assure une sorte d'unité
organique.
Depuis sa circulaire, M. de Monzie a eu
dessus M. de Monzie se livre à des plai¬
« Ce
qui est vrai du basque est vrai du
l'occasion de connaître l'opinion d'un péda¬
santeries faciles sur un Breton qui serait breton. Ce serait une éducation de
force et
obligé d'enseigner à Aix ou à Toulouse la de souplesse pour les jeunes esprits; ce se¬ gogue. Pourquoi ne l'a-t-il point signalée
langue d'oc. M. de Monzie comprendra rait aussi un chemin ouvert, un élargissement dans sa lettre à un barde ? Cela vaut d'être
conté. Le 17 septembre 1925 on inaugurait
qu'on ne prenne pas au sérieux de tejles ba¬ de l'horizon historique.
à Luzech le monument deLefranc de Pomlivernes. II feint d'oublier qu'on lui avait
« Mais comme cela est
plus vrai encore
simplement demandé « d'autoriser ceux des et plus frappant pour nos langues méridio¬ pignan. M. de Monzie ne connaissait sans
doute ce poète qu'à travers les épigrammes
maîtres qui le voudraient à utiliser le dialecte nales,
pour le limousin, le languedocien, le
de Voltaire. Il prononça un discours qui
maternel de leurs élèves pour l'enseignement provençal !... Il
y aurait pour les jeunes em- n'eut
aucun succès.
M. de Monzie avait
dirfrançais ». Pas autre chose. M. de Mon¬ fants, sous la direction de leurs maîtres, la
l'air
de
s'acquitter d'une odieuse corvée.
zie s'est bien gardé de publier dans l'Europe joie de charmantes et
perpétuelles décou¬ Cela se voyait à l'œil nu. Sur la demande
Nouvelle la requête que lui avait adressée la vertes. Ils auraient aussi un sentiment
plus
Ligue pour la langue d'oc à l'école. Seul, net, plus vif, de ce qu'a été le développe¬ de ses compatriotes, un instituteur quercynois, M. Laffont, vint dire un poème en lan¬
ce texte aurait cependant
permis aux lec¬ ment de la civilisation méridionale, et ils
gue d'oc. Il fut applaudi avec enthousiasme.
teurs de cette revue de juger de la bonne foi
pourraient prendre goût à bien des œuvres
M. de Monzie en fut surpris. Quelques jours
de l'auteur de la a lettre à un barde. »
charmantes du génie du Midi, si on prenait
«
Je m'inquiéterais d'être contredit par soin de les rajeunir un peu, de les rappro¬ après, il rencontra à Cahors M. Laffont.
M. de Monzie se trouvait avec un de ses
une opinion de Jaurès, ajoute M. de Mon¬ cher
par de très légères modifications du pro¬
collègues du Parlement. « Voici, dit-il, en
zie...
Mais voici qu'un félibre célèbre, vençal moderne et du
languedocien mo¬ abordant M. Laffont, celui qui a eu le plus
M. J. Anglade, professeur à la Faculté de derne.
de succès de nous tous à Luzech ».
Et
Toulouse et majorai, vient de fixer la posi¬
« Même sans étudier le
latin, les en¬ M. de Monzie
complimenta
M.
Laffont
et
tion d'esprit du grand
philosophe socialiste fants verraient apparaître sous la langue fran¬ lui affirma
qu'il aimait beaucoup la langue
en face des revendications du félibrisme »
çaise du Nord et sous celle du Midi, et dans
d'oc. — « On ne le dirait point à en juger
(sic). (Mercure de France du lor jan¬ la lumière même de la comparaison, le fond
par votre circulaire », répliqua son interlocu¬
vier 1926). « Quand le peuple, écrit Jaurès, commun de latinité, et les
origines profondes
sera assez curieux de
la langue française de notre peuple de France s'éclaireraient teur. — « Oh ! pardon ! reprit M. de Mon¬
zie. J'aime beaucoup la langue d'oc, mais
pour que l'instituteur puisse l'intéresser, ainsi, pour le peuple même, d'une péné¬
dans notre Midi,, par ses comparaisons du trante clarté. Amener les nations et les races pas à l'école ». — « Et comment voulezfrançais au patois, alors seulement l'admi¬ à la pleine conscience d'elles-mêmes est une vous, alors, que je fasse pour enseigner le
français à mes élèves, si je ne puis utiliser,
rable effort de la renaissance méridionale des plus hautes œuvres de civilisation
qui quand c'est nécessaire, la langue d'oc ? »
sera préservé du naufrage ».
puissent être tentées...
ajouta M. Laffont. — « Oh ! après tout,
M. de Monzie ne manque pas d'astuce.
« Si
par la comparaison du français et du
dit M. de Monzie, faites comme vous l'en¬
Il en arrive par sa brève citation à faire dire languedocien, ou provençal, les enfants
tendrez. Cela m'indiffère totalement ! »
à Jaurès le contraire de sa pensée. Des preu¬ du peuple, dans tout le Midi de la France,
Pourquoi diable M. de Monzie n'a-t-il
ves ? Elles abondent. M. J.
Angîadç a pu¬ apprenaient à retrouver le même mot sous
blié, dans le Mercure, des fragments de deux formes un peu différentes, ils auraient pas mentionné cette consultation imprévue ?
Nombreux sont ceux qui ont leur violon
quatre articles de Jaurès parus dans La Dé¬ bientôt en main la clef qui leur ouvrirait sans
,

-

BUGEADA

DE

LA
LA

MARGUITGN

Premier Prix de prose en langue
d'oc aux Jeux Floraux de « L Escola
de
Limanha
bre 1925).

»

(décem¬

La Marguiton de Menlon fazia res
coma'ls autras fennas de ves Chilhac.
Un dimenche, quans aguet sopat, diguet
am son Batiston :

Tè,

—

ser, et

vau botar la bugeada, aqueste
la lavarai deman.

Mas aco es dimenche, anueil, o avés
obledat ? » respondeguet lo Batiston. « Voi
volés dannar ?»
'
Et de que mais, bogre de fotraud ?
Cresés que me dannarai per un pauc de bu¬
—

.

—

geada

que botarai presla un dimenche ?
Marchas ! Marchas ! Anas vos en roilar toi
solet, cama'n varrat, si non me volés ajudar !
Ame melh roflar tôt solet que de veire
lo diable en vóstra companha!... Sabés
—

com' acó

faguet, chas Porrat,
Topinas que ses ! Sabés

—

ges

raubat d'hórt

zeta...

Si Porrat

non

sióne,

es

ves
es

ieu sei

ves antan

pro que

?

n'ai

Marieta de La Cro-

chargeât delh ben
leugeira ! »

que

Et,

per faire veire am son Batiston ques
leugeira, sa ienna io graupiguet pelh
cuelh et !o faguet virar seis ccps...
Coma voudrés, Marguiton, faguet
Menlon : si vos arriba quican, o veirés...
Oc ben, óc ben, o veirai, n'ajas pas
paor, et vos zo farai veire... Anas voi jaire,
brega bolha ! »
era

—

—

Lo Batiston s'en

Marguiton

anet

ves

son

leit

et

la

fióc. Í botet un gavel,
d eslellassas desobre, montet lo
peirou elh
cromalh, et, delh temps que l'aiga chaufava, comenqet d'azegar son bugeador.
Et parîava tota sola, et dizia :
Aque'a pelha de bestia de Batiston !
Vezés lo que redóla dins son leit, coma'n
aze
que ganha sa civada... Ieu podia ben
tant coflar ma coucera am de
palha d'ordi...
ves son

—

Aco
hieu
înas

elh que gasta

li lensous, et aco es
fau la bugeada!... Aquelh cha¬
d'hóme se galara quant hieu trabales

que

harai... »
N'auria mais dit,
înas, acó' Ih faguet

piet

si

borlava

mas

de parlar de cha¬
amelh fiée. Es-

pensar

pro.

Ai! paure monde ! jamais lis estellas
n'avian agut tant de leza, jamais lo fiée
n'avia tant cramai, et jamais la Marguiton
n'avia vist só que veguet... N'en demorava

d'Ingres. La suppression des dialectes est plantada coma'na socha, et badava'ls uelhs
grands efforts l'italien, le catalan, l'espa¬ devenue le violon
d'Ingres de M. de Mon¬ et badava la bocha, et non sabia ni si dévia
M. de Monzie est du 3 octobre 1909. Or, gnol, le portugais. Et ils se sentiraient en
zie. Seulement Ingres jouait du violon, tan¬ demorar, ni si se dévia sauvar, ni si dévia
Jaurès écrivait, le 15 aoiit 1911, en rappe¬ harmonie naturelle, en communication aisée dis
que M. de Monzie ignore tout de la cridar...
lant ses trois précédents articles : «... Mais avec ce vaste monde des races latines, qui,
Elh caire delh fiée, un homes era setat
question qu'il a cru traiter magistralemetn
je me disais aussi avec une force de convic¬ aujourd'hui, dans l'Europe méridionale et dans sa lettre à un barde. Révérence
et se chaufava. A.quel homes avia un
parler,
chapel
tion qui ne fait que s'accroître, que ce mou¬ dans l'Amérique du Sud, développe tant de
en lisant cette missive prétentieuse, on songe
negre am d'alas largeas que catavon un pe¬
forces
et
d'audacieuses
vement du génie méridional pouvait être uti¬
espérances. Pour à cet oiseau
orgueilleux qui, disait Jaurès, tit morre ponlut, et non s'arrestava dé dire,
lisé pour la culture du peuple du Midi. l'expansion économique comme pour l'agran¬
en chaufant si mans badadas : « A.i freit !...
« lorsqu'il se
pose sur une branche, pense
Pourquoi ne pas profiter de ce que la plu¬ dissement intellectuel de la France du Midi, avoir créé l'arbre ».
Ai freit !... Ai freit !... »
part des enfants de nos écoles connaissent il y a là un problème de la plus haute im¬
Creze ben que la Marguiton avia pus
et parlent encore ce qu'on appelle d'un nom portance ».
Jean-Paul REGIS.
freit ques elh et que l'enveja de faire la bu¬
M. de Monzie est si expert dans l'art de
/grossier « le patois ». Ce ne serait pas né¬
geada ih'avia passât... Correguet ves son
gliger le français : ce serait le mieux ap- « solliciter » les textes qu'il trouvera là, sans
Batiston et s'escondeguet darrer lo leit:
pr ndre, au contraire, que de le comparer doute, des arguments qui militent en faveur adresser tout ce qui concerne la
Brave bon Dieu !... Bóna Viergea!...
familièrement dans son vocabulaire, dans sa de sa circulaire défunte. Il voudra bien chronique artistique a la direction du Sent
Jozep
! Nóstra Dadame Trobada ! sossyntaxe, dans ses moyens d'expression, avec j avouer cependant que Jaurès n appartenait journal : 5, rue du moulin-bayard, tou¬
pirava
la
Menlona,
« ajudas me ! »
le languedocien et le provençal... ».
'pas aux « démagogies du patois », comme louse.
(A seguù)
Enric GILBERT,
pêche de Toulouse. Le fragment cité

par

—

M. de Monzie estime-t-il que sa

circu-Jil qualifie élégamment

ses

adversaires.

(de Breude,

en

Auvernha).

�Arrêt do Volée

Chansons

invention gouvernemen¬

couvrir pour cette nouvelle
tale la formerationnelle.
Le
pour

Variations

pain national nous sera livré (quelle facilité
le transport et la distribution !) sous forme de

briques.

Boivert bouclait le Soleil d'Oc. II

Le Nouveau Jeu

promis de raconter des choses intéressantes
endormi ses lecteurs avec une his¬
toire à dormir debout. L'aventure du Raet avait

Sur l'air de

La BeloTTE

Vous souvient-il d'un homm

—

•

«

».

dégourdi

Qui s'app'lait Frégoli ?
C'était un typ' à transformations
Un' fameus' attraction:
Il disparaissait côté jardin
L v
Et soudain,
Plein d'entrain,
Après trois p'tits tours
-

Par le côté
Rev'nait

★
★ *

en Politique
fait comm' ça!
C'est un jeu démocratique,
Alors, ça va!
Qu'un Ministèr dégringole

Maintenant,
On

Dans un' séance de nuit:
On boit trois p'tits verr's de
Puis chacun se dit :
« Zou ! revenons-y ! »

gnôle

par partie ?
Jauréguy, le joueur français le plus glorieux
et sans doute le plus honnête a été aussi le
plus tenté. Je vous dirai une autre fois ses

démêlées

avec

*
★ ★

Et,

pour

Viv' la République /

On

couche... et... ça ira!

»
M. Maurice Pratx,

nous écrit pour nous expri¬
sujet des articles qu'il se permet
de publier dans le Pelit Journal, deux jours avant
que M. Bonnet Devillers publie les siens dans
l'Express du Midi.
Comme le texte de ces articles respectifs prê¬
taient, de par leur similitude, à des insinuations
malignes, M. Maurice Pratx prie M. Bonne'
villers de publier désormais les siens quarante-huit
mer

★
★ *

C'est

un

jeu qu'est vraiment rigolo:

Tout

un

assortiment de

On montre

populo

au

pantins,

Nénetle et Rintintin,
Briand, Painlevé, Péret, Malvy,
De Monzi'

Cachinshi,
Eynac, Herriot,
Arlequin, Pierrot,
M'sieu Loucheur, Scapin, Cailloux...
* *

un

regrets au

ciet, Ducousso,

C'est bien
Elle quitte

causes.

De

—

nous

écrit

pour

vre,
un

—

où de vrais

mais excep¬
les grands

sujets de tout premier plan,
tionnellement. En Angleterre
ces

LEGITIME

UNE AMBITION

Une délégation des habitants du Cours Dillon et
du Quai de Tounis s'est présentée, il y a deux

bureaux, pour demander au Soleil de
les agissements d'un énergumène
qui, dès six heures du matin, faisait retentir les
échos des quais de « Cessez le feu » incessants.
Nous nous rendîmes, à leur demande, et malgré
'heure matinale, au lieu susdit, quel ne fut pas
notre étonnement de reconnaître, en la personne de
ce claironneur matinal,
notre ami K. Caroth, dont
la barbiche rousse se teintait au contact du sédi¬
tieux instrument amoureusement manié, de reflets
de cuivre ! Sans quitter son garde-à-vous, et tout
d'une haleine, il répondit à notre étonnement :
« Depuis ma naissance,
j'aspire à une décora¬
tion. On vient de décorer le clairon Sellier. La
guerre est finie, c'est bon ! Mais qui pourra nier
que j'aurai sonné le premier « cessez le feu » de la
prochaine? »
Et tout en faisant signe de la main « patience!
patience! », ;l recommença de trompeter.
nos

sont légion; en
quand on les ren¬
contre, ils n'ont pas de nerfs. André Obey
parfaitement décelé la raison profende de
notre
inférorité. Le rugby, dit-il, est un
sport collectif; or, nous'sommes des indivi¬
dualistes, nous nous plions mal à une dis¬
cipline; les Anglo-Saxons s'agrègent vite
en
équipes homogènes. Même différence
en
politique, en diplomatie, en affaires.
Comme on voit, une fois encore, qu'on peut
s'élever de l'idée particulière du sport aux
idées générales.
Conclusion. Nous ne battrons pas les An¬
glais avec les armes dont ils nous apprirent
l'usage. Fastidieuse redite. Forgeons-en
d'autres. Et trempons-les dans la Méditer¬
avants,

osseux

France

on

dúrs,

et

les compte :

a

ranée, mère des Latins.

dé¬

Jean-Pierre LAMOURDEDÌEÚ.

mentir que son nouveau pseudonyme soit R. Bon¬
net Devillers. 11 ajoute que, collaborateur à l'Œu¬

les

il se garderait bien de publier des articles dans
journal réactionnaire, même sous un pseudo¬

meubles
Imprimerie Languedocienne.

IDEE HEUREUSE

gens

les

etoffes

les

curiosités

Jouent

avec

Un communiqué
pace

de

de la Maine annonce que l'es¬
laissé libre au-delsus de la corniche du Mo¬

Morts du carrefour Saint-Etienne va
Toulouse, soucieuse avant tout d'éviter
le gaspillage, avait d'abord songé à établir sur
cette vaste surface le grenier à foin de l'armée. Un
de nos plus spirituels conseillers s'est à temps

nument

aux

Léon

être utilisé.

folle

transport

De plus en plus fort!...
Chacun fait sa p'tite combine
Et puis ça va...
Entre trois p'tits verr's de fine
On remet ça!

de la cible que cette destination offrait
plaisanteries faciles », et a persuadé ses col¬
lègues d'établir à cette hauteur les services des
Beaux-Arts. Dès que les bureaux auront été amé¬
nagés, M. julien en prendra possession. Il domi¬
nera ainsi la situation de très haut et pourra, juché
sur les piliers solides'du plus génial monument de
la ville, découvrir plus facilement la naissance de
nouveaux génies toulousains.

34, Rue

aperçu «

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Quand il s'agit de duper
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On mêle pour.'.', redonner t

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Le Gérant

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Í. GlRARD.

Ííjń!

cœur

Et le Boche qui se tord
Tous pleins d'une ivresse
'

quelque

sans

—

ce

nyme.

là,
démocratique
Nec plus ultra,
Devant l'Anglais qui rigole,
ces

non

petits faits
ajoutés bout à bout constituent une cause.
La désinvolture de Piteu, la molle défense
ingrate Cité.
de Bioussa égalent le je m'enfichisipe de
Portée par quatre m... comme dans le refrain
qu'elle inspira, on la Ut, fraîchement ripolinée vieux joueurs qui ne pensent qu'au cham¬
pourb raver les embruns prendre la direction du pionnat. Seuls des jeunes croient encore que
Pont des Demoiselles par le canal du Midi.
c'est arrivé et jouent' de toute leur âme, de
Junon, car c'est elle, nous abandonne-t-elle par¬ tous leurs muscles
Graule, Puig, Gr'aque nous avons érigé « Héraklès ? ».

jeu vraiment comique

Que

Au vrai

ses

heures à l'avance.
M. Robert Dieudonné,

•k ~

C'est

di dernier de voir la célèbre femme au Paon, ce
chef-d'œuvre de Falguière, auquel Toulouse doit
le meilleur de sa réputation en sculpture, quitter
sa retraite de la rue Saint-Jacques pour fuir notre

jours, à

RECTIFICATIONS

«

se

M. Michelin.
BOIVERT.

Echos

tous, vice versa!

gueul'

avais quitté

POURQUOI

protester contre

On fait un' petit' combine
Et puis ça va...
On Vous coll' à la Marine
C'iui qu'était à
La têt' d' l'Instruction Publique,
On

vous

espérance. Je me laisse toujours prendre à
ces équipes bien alignées sur le papier, à
LA JOCONDE EST PARTIE
ces constellations que perpètrent des sélec¬
Quelle ne fut pas la douloureuse surprisa des tionneurs pénétrés des intentions les plus
paisibles habitants du quartier Montoulieu, vendre¬ louables.
VOILA

« amateurs »
plus grave.
^
comme
la Cité de Clémence Isaure à la suite
Jauréguy, Bordes, Piquiral — ou
sonnaise, qui crie qu'on l'outrage et accable
et à cause des injustices commises par le jury du
ceux ayant vraiment le calibre international,
Quillan de ses reproches indignés, payait un bal travesti des enfants qui eut lieu au Capitole
comme Cassayet. Car il y a un calibre inter¬
Sebedio à beaux deniers — et d'autres. jeudi dernier.
national,
qui n'est pas celui des Français.
N'oiîrait-elle pas, en 1922 ou 23, à Adol¬
Le premier prix qui revenait incontestablement
à R.z.. d. Br..ss. en Jackie Coogan a été attribué Seul Voivenel s'entête à nier la hiérarchie
phe Jauréguy, un pas de porte de 10.000 fr., à A.m..d P.a.i.l en Téodora
par protection.
des races. Voivenel a tort, Nous produisons
nonobstant un cachet honnête

dire bonjour !...

vous

cing-Club de Pégommas, pour la conter il
y eût fallu quelque talent et un épais vo¬
lume de papier à noircir. Boivert vous l'a¬
vait bien dit : il ne s'agissait que de petites
gens, de petites saletés, d'une petite ville...
Les grandes villes ne valent pas plus cher,
ni les grandes équipes : elles s'accordent-une
dérisoire vertu et y tiennent plus qu'une fille
au sortir de l'école à son pucelage. Ces pro¬
testations tout le monde sait ce qu'en vaut
l'aune. Une Association Sportive Carcas-

cour

Je

aval'

comme

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Le Gouvernement, soucieux, devant la livre à
135 francs, d'éviter une nouvelle hausse du prix
des farines a décidé de fabriquer un pain national
dont

la

composition demeure secrète, mais qui,
fabriqué avec des produits français,
sera
ainsi en partie à l'abri des fluctuations du
change.
De nombreux minotiers de notre région toulou¬
saine ont reçu des commandes dans ce sens, ce
qui permettra de livrer prochainement à la consom¬
mation un pain national élastique, moelleux, fon¬
dant et au plus haut point nutritif, dont le prix
demeurera invariable, ainsi que la qualité. Ajoutons
simplement que les expériences ont permis de dé¬

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Le

Livre du Jour

BELLA

Poèmes

tabacs qui

ne fumaient jamais, directeurs de mo¬
nopoles d alcool qui ne buvaient pas, directeurs de
I Assistance Publique qui n'avaient jamais aimé,
Il paraît que « Bella », le dernier roman de ils arrivaient à Paris jeunes encore et déjà impla¬
Jean Giraudoux fait scandale. Des esprits ingé¬ cables.. »
Quant au Président Rebendart: « Jamais per¬
nieux pensent
que ce roman est à clefs; mais la
critique littéraire la plus hardie ne veut y voir sonne n avait acheté son tabac avec plus de
que l'œuvre d'un bel esprit. Le malaise serait loyauté et applaudi avec plus de félonie Gambetta
des plus comiques s'il ne trahissait une fois de et Waldeck-Rousseau.
C est tout le livre qu il faut lire et qu'on lirait
plus la crainte de toute franchise envers soi-même
avec
une
satisfaction féroce, si la cruauté n'en
et autrui. 11 était si gentil, M. Giraudoux, —
était dominée par le grand reve de tendresse
si dénué de venin, son hermétisme léger. D'aucuns
qui
s'en irritaient, mais leur colère .cédait vite à la ras¬ anime toute l'œuvre de Giraudoux et vibre par ins¬
tant sans emphase ni romantisme, en de brèves no¬
surante conviction d'une douce folie. D'autre le
tes d'une harmonie inimitable. On retrouve avec
comprenaient de travers, mais sans se faire mal.
La plupart l'ignoraient, — Or, rejettant soudain « Bella » cette même sensibilité, ce même mystère
l'excuse de l'obscurité, avec l insouciance même « velouté » des gestes et des apparences qui sont
le charme de « Suzanne et le Pacifique ».
qu'il témoignait jadis à n'être pas compris, ce jeu¬
Je connais bien des gens à qui Bella paraîtra
ne
fonctionnaire des affaires étrangères, réputé
une héroïne
irritante et vaine. J'en sais d'autres
pour sa douceur et l'amabilité de son accueil, a
laissé choir le fer rouge sur la graisse civique et qui verront en elle la seule incarnation possible de
morale des estimes les moins contestées, des cultes ce que 1 imagination poétique de tous les temps a
les mieux établis, et le socle de nos plus vivants pu concevoir de plus précis, de plus définitif en
fait de « créatures célestes... »
symboles politiques en est si diaboliquement des¬
« Mon amie ne trouvait de liberté
cellé que tout espoir est perdu d'un mortier répa¬
qu'à l'aurore..
«
Elle débarquait au métro des Champs-Elysées,
rateur.
Guerre de symboles et de caractrères, la fan¬ la station à cette heure aussi la plus sélect pres¬
taisie dramatique de « Bella » dépasse infiniment que réservée aux maçons et aux plâtriers dont elle
le niveau du ressentiment vulgaire ou de la ven¬ portait parfois le plâtre, sur sa robe, son seul fard...
Je lui pardonnais de s'être laissé effleurer par le
geance personnelle. Eclairs d'ironie et de passion
travail.
sans remords font enfin justice de la caricature de
« Elle me laissait soudain devant là matinée en¬
tradition nationale dont de petits rhéteurs rageurs
et barbus s'étaient prétendus jusqu'à ce jour les soleillée, avec la pudeur et la modestie d'une
exclusifs interprètes et les gardiens en chambre, — jeune et tendre appareilleuse, se retirant devant
cette journée comme devant la fille qu'elle m'a¬
pensées tricolores hissées aux sommets de l'édifice
constitutionnel, suprêmes incarnations de civisme vait amenée...
« Elle ne
supportait plus le soir, par une tranet de grandeur aux yeux d'une génération de publicistes qui voudrait les imposer encore aux ca¬ substantation exempte d'ailleurs de toute coquette¬
rie, que deux couleurs, l'argent et l'or, et se cou¬
dets de ceux qui n'ont pu vivre autant qu'elle.
vrait de bijoux. A table, devant elle, sur une
« Bella », c'est la délivrance de ces allégories
qui ornent les temples de Mariane, en lesquelles nappe intacte, au lieu d'égrener des miettes, elle
les représentants des classes dites « dirigeantes » avait distribué en dix minutes, des barrettes, des
voulurent pareillement forcer l'âme de notre antique boîtes en or, des perles. Chacun de ses gestes
Geste et celles des fils de Montaigne et de Beau¬ était la simplicité même, mais déposait un dia¬
marchais. C'est la ruine d'une « majesté » dont mant... « Tous ses traits étaient arrondis par une
les moindres signes formels apparaissent comme un pierre ponce divine, l'ensemble en était une sorte
défi aux plus élémentaires notions d'espace. — Car de signe de l'infini, une coccinelle n'eût pas trouvé
la République troisième, de gauche ou de droite, le moyen de s'élever de ce visage.
« La Champagne
abdiquait devant Bella son pi*
excelle à dégager de l'Histoire Académique des
toresque,
sa sécheresse, son passé... « Jamais rien
institutions et des hommes une sorte d'esthétique
dans la nature ne se heurtait et ne nous provo¬
idéologique (patriotique ou sociale) dont on ne
parvient pas à découvrir une définition qui ait un quait... « Je trouvais Bella toujours prête, n'accor¬
dant jamais une minute à sa toilette, élégante, mais
sens.
Quiconque refuse d'y souscrire se voit bien¬
tôt en butte à la sourde hostilité du Pouvoir ou portant des robes mises depuis mille ans, et si une
ronce déchirait son bas, si une goutte tombait sur
des Classes.
le foulard, elle ne s'en souciait pas plus que si
« Bella » est une éclatante revanche que la dé- !
le temps allait tout recoudre ou détacher. Elle
composition des temps où nous vivons ne saurait
voulut voir la fresque que je peignais à l'Eglise,
ternir.
et s'appuya par mégarde au pilier que je peignais
Quand même l'équipe Dubardeau ne serait pas
aussi. Autour de son corsage blanc resta marqué
si admirable, les Rebendart en seraient-ils plus ai¬
un sautoir rouge, le manteau entier de Saint Martin
mables ? Le tableau des vertus « rebendardes »
cette fois doublement généreux, mais elle ne dit
est d'un relief si étincelant, d'un dessin si aigu
rien. Elle revint avec cette fourragère de sang,
que l'analyse critique en est impossible. Les pages
évitant de la toucher comme une égratignure, gué¬
sur l'inauguration du monument aux morts publiées
rie quand elle fut sèche... »
en
extrait par les Nouvelles Littéraires, méritent
Or Bella est la veuve du fils de Rebendart,
de rester classiques, si ce terme malheureusement j
avocat général mort de phtisie. « Assez indifférente
ridiculisé pouvait convenir au génie de Giraudoux.
à l'activité des hommes, Bella ne chercha d'ailleurs
Mais je préfère renvoyer le lecteur au livre. Nous
jamais à comprendre ce qu'était le métier d'avocat
nous contenterons ici de quelques détails amusans :
ni les occupations des on mari. Longtemps elle crut,
«
Leur maison semblait apportée en bloc du
Vésinet : elle ressemblait à notre maison d'Argen- quand Georges Rebendart lui disait qu'il allait au
Palais, qu'il partait pour Versailles, voir les jar¬
ton avec la différence que les enjolivements ap¬
dins ». Depuis la mort de son mari, elle habitait
portés à la nôtre par des quincaillers ou des bis¬
avec son beau-père.
trots, l'avaient été avec moins de goût encore, par
Par suite de quel mariage de raison la fille des
des présidents de Cour où des présidents de Cham¬
Fontranges,
s'était-elle enchaînée à ces porteurs de
bre. Dans les massifs encadrés d'iris taillés en
codes, l'auteur ne nous le dit pas, mais c'est là
brosse, le géranium, le zima, le bégonia distillaient
que gît la sombre Fatalité de l'histoire. Bella aime
en l'air le plus plat les arômes de la champagne.
C'était pour les Rebendart ces fleurs de zinc qui Philippe Dubardeau, frère de la jeune Europe, fils
du
symbolisaient la famille, le repos, meme la cam¬ des grand René Dubardeau, génie de la paix et
peuples adolescents. Le jeune dieu a pour
pagne, et il ne leur venait pas plus à 1 esprit d y
oncles les deux ou trois hommes qui possèdent le
ajouter l'héliotrope ou le fuschia, que de trouver
à la virginité et à la gloire un autre emblème que plus de science, le plus d'imagination, le moins
d'illusions médiocres en ce monde et Rebendart
la fleur d'orange et le laurier.
de toutes les forces ataviques d'une défiance de¬
« Ce qui me frappait le plus dans cette famille
venue haine poursuit tant de malhonnêteté, à ses
dont on pouvait suivre la trace depuis Henri II,
c'était le manque d'artistes. La notion du devoir yeux, certaine. La lutte est sans merci. Rebendart
va
l'emporter de toute la supériorité passagère
d'Etat, et du travail d Etat était si seule à éclai¬
que lui confère la réalité du pouvoir et de l'en¬
rer leur cerveau que ceux pour lesquels elle était

par

glissaient immédiatement à 1 inceste et à la
débauche, sans s'arrêter à ces intermédiaires qui
sont la peinture et le modelage...
«
Dès leur enfance... les jeunes Rebendards
étaient placés par leurs parents au bas d une carrière
administrative, et ils gravissaient les échelons si haut
fussent-ils, avec la sûreté d un funiculaire... « Ha¬
bitués à mépriser une partie des leurs, ils mépri¬
éteinte

ALBI, RODEZ, GAILLAC

Jean Giraudoux (B. Grasset, Echt.)

grenage

administratif... Et c'est alors

que

Bella

de Fontrange voulant arracher à tout prix le bon¬
heur de son amant, la liberté des siens aux griffes
de ce jurisme haineux, brûle les faux papiers qui
en devaient être l'instrument et tente la conciliation

suprême dont

l'inexorable impossibilité démissionne

lui interdit de survivre.
Les souvenirs de Bella morte ont inspiré ua
saient l'humanité entière, et par la voie lactée des poète ses accents les plus beaux. On n'ose se
fonctionnaires français, Lyon, Marseille, Li'le et permettre un choix parmi ces fleurs merveilleuses
Bordeaux, sans effleurer jamais ville une vil'e de dont les blanches pétales se dorent d'un soleil
moins de deux cent mille habitants, sans effleurer d'automne, des dernières lueurs d'un passé person¬
jamais la solitude, directeurs de manufactures de nifié en la plus féminine perfection. Impossible
son

cœur

et

Vers Albi, vers Gaiïlac et le rude Aveyron
Il me faut remonter pour dénicher mon nom

Qui s'envola des lieux

sinistres qu empourprèrent

Le schisme et l'hérésie et les hautes bruyères.
Mais, autre aigle de pierre, acharnée aux vautours,
Sainte Cécile veille au sommet de sa tour.
Elle les a chassés, eux et leurs noms barbares,
Tous les Manichéens, Pastoureaux et Cathares.
La flamme des bûchers s'est éteinte au soleil,
Et mademoiselle XT.., ainsi qu'un fruit vermeil
Dans le jardin public sur un banc est posée,
Et l'ombre de ses cils est pleine de rosée.
Au milieu des débris, rongés par les coraux,
D'ancres et de canons et qu'à Vanikoro
L'on repêcha, voici Galaup de la Pérouse.
Mais Albi ni Rodez, villes qui se jalousent,
Celle-ci se targuant des anges mutilés
Dont on n'étouffa pas les murmures ailés,
Ni Cadalen où mon trisaïeul fut notaire,
Ne priment dans mon cœur cette gentilhommière,
Près de Gaillac et qui vit naître les Guérin,

Eugénie et Maurice, auprès de mes cousins.
Pour le frère et la sœur, dans une lune pure
Qui rendait le terrain plus pâle que la bure
Des Prêcheurs combattant contre les Albigeois,
Je priais. Et mon œil fixait longtemps les toits
Du Cayla chéri dont roulaient les ombrages
Dans cette aube des nuits qui les mêle

(Ma France Poétique. Edt du Mercure).
d'en distraire

nuages.

Francis JAMMES.
-

mains ingrates du critique
la faner. Pardon.
crTout un mois Bella offrit à

aux

■■ wm

quand même la formule du défi
N'avez-vous pas'ressenti la souffrance qui s'atta¬
son père sa pensée
che à la prononciation de certains verbes, injur» à
encore tiède »...
1 inexprimé, profanation du sépulcre d'où quelqu»
«
Au lieu quand il reçut de Rebendart deux lointain ressuscité, mais relié encore à la terre par
malles d'objets recueillis dans la chambre de Bella, des liens invisibles, n'eût pu arracher le plus cons¬
de retirer comme de la cantine de Jacques, un cient et le plus infirme de son être?
« La parole était
revolver, des instruments douteux de toilette, un
pour Bella trop brutale » et
livre libertin, livre broché ce qui peina particuliè¬ elle-méprisait « ce bruit de la pensée, obtenu à
rement Fontranges qui n'avait lu que dans des re¬ force de trucs dont chacun en éliminait ou la vérité
liures, il découvrit des étoffes persanes, les poé¬ ou la chaleur, ou le vertige... » Comment la vie
sies de Vigny, reliées en maroquin plein, un loup lui eût-elle été possible à côté d'un Rebendart
pour un bal, une poupée. Il se rappelait le visage dont les plus secrètes et les plus farouches éner¬
de cette poupée plus peut-être que celui de Bella. gies venaient se retremper au maniement de ce
Il la prit... elle ouvrit lentement les yeux; ces mal¬ Verbe profanateur?
les contenaient tout ce que les Egptiens laissaient
Le monde est plein de gens qui ne savent ce
à leuf morte...
qu'ils disent et ne sauraient dire ce qu'ils font,
« L'Automne était le plus beau qu'eût vu Fon¬
mais qui le disent quand même avec une tyrannitranges. Du matin au soir il cheminait dans du que assurance, une rayonnante apparence de sensmordoré... ». Et voici que dans l'Enchantement où commun plus effarante mille fois que l'authentique
le plonge le souvenir constant de Bella, dans l'é¬ folie.
Il appartenait à Giraudoux de découvrir le iruc
trange rêverie de ce, cœur simple et de noble race,
le poète a transposé le vieux mythe d'Orphée, pour éclairer la figure d'un ministre pur. Ce trac,
mais'avec quel art d'intimité! Le mythe garde son c'est Bella,
et je ne crois pas que de tant de
universalité, mais combien plus sensible, immédiate ministres qui eurent à défendre leur ambition, sem¬
et réelle !
blable justification eût été présentée jusqu'à ce
Vous avez vécu, n'est-ce pas, au début des au¬ jour. Ils sont cent, ils sont mille à mériter la pa¬
tomnes ou des printemps de chez nous, ces claires
reille. Mais d'un procès de tendance, le seul qu'on
journées de vent du Sud où les cloches sont de puisse faire à leur honnêteté, les frais sont trop
cristal, où le moindre songe peut se creuser un coûteux puisqu'il y faut des déesses, — et l'étrantombeau dans l'azur. Pour l'âme exempte de dou¬ geté de la procédure entacherait-elle sans doute à
leur précise, il ne s'en faut alors de la pierre pré¬ leurs yeux l'éclat de cette suprême justification.
cieuse de la paix que l'éclair d'un petit fragment
ALCOR.
qui s'en détache chaque fois qu'elle la regarde et
L'infirmité du verbe abstrait n'est pourtant pas
totilc sur la pente naturelle de la mort.
motif suffisant à en flétrir tout usage non poétique,
Rebendard parlait beaucoup, du moins en pu¬
sous peine de dénier importance à pensée moins
blic. Il parle encore. Sa voix ne lui fait point
somptueusement vêtue. Le désir d'évidence du
peur. Il a besoin de dire sa foi et son droit et
«
Je pense, donc je suis » est aussi naturel que
leur foi et leur droit pour être juste et croyant. Ses
la manifestation vocale de l'instinct animal en pré¬
paroles sont la juste et suffisante limite de sa pen¬ sence d'un
objet qui le sollicite ou le contrarie
sée.
(chat
qui
miaule
devant porte fermée) et l'on ne
Bella, au contraire, parlait si peu... Pensait-elle?
saurait approuver ici le bâillon du scrupule ou de
le terme semble trop lourd pour elle, — mais elle
la lucidité (?); — D'ailleurs cette interdiction qu»
savait la triste comédie de tout ce qui n est pas
aimer. Admirations, procès, justifications, condam¬ l'esprit se porterait à lui-même, serait entachée,
elle encore, de la croyance à une réalité spirituelle
nations, bulles de passions anciennes retombent en
irréductible (en l'espèce, faculté de contrôle ou de
! air mort et crèvent au contact de la terre. Rien
jugement) du même ordre "que les autres réalités
ne tue "la beauté de vivre comme ces choses-là...
créées par lui, et qu'il perçoit aussi réelles que le
Et sans doute n'ignorait-elle pas davantage la tra¬
cocon du ver à soie ou la toile d'araignée.
hison du Verbe. Idéale et muette, telle l'a voulue
La muflerie, avec sa netteté de contour spécifi¬
Giraudoux. Leçon de courtoisie envers I innommé.
Le verbe moins la matière n'est que l'illusion quement humaine, ne commence guère qu'au pré¬
toire ou à la réunion publique, et plus simplement,
d'un trait-d'union entre le sujet et une réalité fan¬
tôme. C'est un étrange apDel qui sonne creux à chaque fois que celui quTparle semble avoir oublié
donner le frisson. De sa précision formelle a I in¬ que la plus durable parole est suivie de silence,
d'un silence particulièrement lourd sur les tombes.
défini de son objet, il y a une déficience telle Quant à l'inconscience qui permet la mousse des
que son ignorance implioue des trésors d incons¬
causeries mondaines ou de sociabilité, c est une des
cience ou de naturelle muflerie. Seul est excusa¬
ble le poète qui n'ignorant pas ces faiblesses forge grâce les plus évidentes de la miséricorde divine.;
aux

une

sans

—

'úmmi

�Aux Membres de

Poèmes

l'Enseignement

m

LIGA PER LA LENGA D'OC
A L'ESCOLA

DESOLACIO

aux membres de

l'esqueix d'un arbre,esponerós ahî,
que als segadors feia ombra a Vhora de la sesta;
mes branques una a una, va rompre la tempesta,
i ell llamp fins a la terra ma soca migparti.
Jo

so

"l'enseignement public

ou

privé

qui lisent ce journal
!

pour y voir un peu plus clair

(Suite)
Au nord de la

ligne dont nous venons de par¬
pénétration moins accusée des Romains
ét un afflux plus notable des Germains détermi¬
Brost de migrades fulles coren el boci
nent une différentiation qui engendre la Francie
cbert i sense entranyes que de la soca resta;
romane ou Neustrie et la Bourgogne. Au nord et
cremar he vist ma llenya; com fumerol de festa,
à l'est- de cette région, les Germains sont deve¬
al cel he vist anar-s'en la millor part de mi.
nus" si" prépondérants qu'ils ont fait reculer le la¬
tin du Danube aux Alpes et du Rhin à une ligne
approximative, Sion (Suisse), Belfort, les Vosges,
I Yamargor de viure xucla ma rel esclava,
les Ardennes, Liège, Boulogne-sur-Mer, enlevant
i sent brostar les fulles i sent pujar la saba,
à la Gaule romaine les trois-quarts de l'Helvétie,
i m'aida a esperar l'hora de caure un sol conhort.
la Rhénanie et la Flandre; à cheval sur le Rhin
s'étendent l'Austrasie ou Francie germanique et
l'Aiamanie. La péninsule armoricaine reste celti¬
Cada ferida mostra la perdua d'una branca;
que ou le redevient.
sens jo, res parlaria de la meitat que em manca ;
Quant à la péninsule ibérique, l'invasion mu¬
jo vise sols per a planyer lo que de mi s es mort.
sulmane empêche de savoir quelle évolution elle
Jo an ALCOVER.
aurait suivie une fois détachée de l'Empire et
constituée un royaume par les Gcths.
PREGARIA A LA MIGA
La reconquête réalisée par les chrétiens au prix
de longs efforts, devait la répartir en quatre par¬
que mene pas de compendi, tu lo faras moties distinctes: le pays basque dont on ignore l'ori¬
M'alizant
rir, Iaisant lo bornac liure al rèi vincedor.
gine; la bande catalar.e-valencienne, expansion du
de ta man
Elses son de dos ordres : aiseste seà lu- comté de Barcelone fondé
par Charlemagne et Stfina,
zent, ondrat de tecas dauradas, tèsta plazen- Guilhem de -Toulouse ; la zone castillane-andalaisa mon cap
ta, rens acatats d'escamas mirgalhadas ; louse, créée par les montagnards enntabres et astôt arrucat
la bande galaïco-portugaise dérivée de la
aquel es io meiiior. L'autre, tôt rimât e gói- turiens;
Galice.
ler,

peitrina;

ta

sus

re,

resóîa ambe vergonja las pelalhas del

A chacune de ces diverses régions correspon¬
daient un idiome ou tout au moins une variété par¬
ticulière de langue romane, une forme propre de

ventre.

Dins

bras

tos

Dos ordres de rèis, dos ordres de póples.
Aisestas fan defèci, totas negras coma la civilisation, une nationalité. Chacune aurait dû
s'affirmer tôt ou tard en un Etat dont les éléments
saliva terroza qu'aprèp aber corregut un briu,
se seraient agglutinés d'après leurs affinités natu¬
escupis lo yiajor arsat; las autras treluzisbn relles. Peut-être même la commune histoire et
coma i'esclaire, candas, dauradas, los rens
mentalité romaine, l'étroite parenté des langages

diras,

me

diga,
un

une

aire ancian

cantaziam J
ser... ma miga.

que

mirgasats de picotadas pariunas. Aqui lo dérivés du latin et non encore très différenciés,
melhor ordre; d'aqui a tala sazon, reglada- auraient-elles réaggloméré les fragments épars de
Romania autour du groupe' occitan le
Julian GALERY, aùvernhat. ment, auras la bresca audoza e melhora en- l'antique
olus central, le plus florissant et le plus précoce.
cara mai pertal de castia, tant lèu fonduda,
L'usage germanique des annexions et partages per¬
lo montant trop ispre del vin.
sonnels jiont à l'ambition égoïste des princes faussa
Mas quand los isams volatejan a la gaza- h jeu des réintégrations spontanées.
goths, burgondes et francs
Iha, s'agaiant pels aires, se bresant dins los
Les Goths et les Burgondes, barbares plus qu'à
isaures e laisan voje lo bornac, revoca la fadeza d'aquelses falords. Per acó faire auras moitié romanisés, avaient fondé, au sud de la Loi¬
re-Inférieure et des monts
un

Georgicas
TRADUCCION

DEL

CANT

iSeguida)
Mas

elas s'ennalran

Faucilles, des royaumes
prospères. Sous prétexte que ces peuples étaient
ajiens, Clovis les vainquit et s'empara des terri¬

randoîar defóra nimai cambiar d'ostal.
vets, aisestes demorant dedms, degun auzarà
pas s'elonhar defora nimai cambiar d'ostal.
Balha a lor agrat d'órts acatats de flors
nolentas e Priapi lo dius mèstre del Ellespont, ambe sa fauce de lenha, apararà tas

pas

IV

toires

qu'ils occupaient

Gaule;

en

ses

fils

para¬

pillage, dont chaque roi franc, spécialement les
rois austrasiens, tenait à avoir sa part parce
qu'el¬
les étaient riches.

Les populations catholiques du Sud qui avaient
appelé les Francs pour les délivrer des ariens, ne
tardèrent pas à regretter leurs anciens maîtres beau¬
coup plus humains quoique hérétiques. Lorsque les
occasions de guerre et de butin se faisaient rares
ailleurs, les rois francs livraient à leurs troupes
toujours avides leur part de colonie méridionale à
piller.
Ces violences périodiques mirent au cœur de nos
populations gallo-romanes un mépris profond pour
la brutalité des

gens du Nord et une haine te¬
les Francs. (Le préjugé de nos pay¬
sans actuels contre les «
rouquins » date d'alors
Fiers de leurs traditions politiques et de leur cul¬
contre

nace

séculaire, nos aïeux n'acceptèrent jamais le
joug de ces barbares mal dégrossis qui n'en pré¬
tendaient pas moins confisquer à leur profit la
Gaule tout entière; ils ne laissèrent passer aucune
occasion de le secouer et ils y réussirent.
le royaume d'arles
Les Burgondes s'étaient mieux défendus que les
Vt isigoths; aussi l'eniprise franque fut-elle moins
effective dans le Bassin du Rhône. Après diver¬
ses occupations neustriennes et
austrasienr.es, cette
région retrouva la liberté avec le roi Bcson, en
879, sous le nom de royaume de Bourgogne, puis
à partir de 933, sous celui du royaume d'Arles.
Il fit partie intégrante de la Lotharingie, puis du
Saint-Empire romain-germanique; mais en réalité
son éioignement de la Saxe et de la Franconie où
se trouvait la cour
impériale, lui valut une com¬
plète indépendance de fait. Il coula des jours heu¬
reux
et prospères troublés seulement
par l'inva¬
sion des Maures qui inquiétèrent un temps la Pro¬
ture

vence.

(A suivre)

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la vóia de tôt lo póple; las longamas, lo
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fison ; se fibïan los rens ; elas entornejan lor
des annexes, des dépendances, des terres à
galharda; el, se tratarà d'i vojar l'aiga amirèi, s'agrumelant dusca dins sa tenda; elas,
ga'
ambe plan fèti, cridan al enemic).
E ieu, s'ara met eu, arribat al cap de ma
Pour ~xr o&gt;.» aeliaîs
Ara, aisi la prima. Franhant dins l'espan- tró'ba,
plagabi pas vêlas, me trigant de virar
dida tota ckra coma
ara

per

ses

ne

en

nom¬

nos

:

-

aux

aux

comme

.

l'aur, elas volan las

portas; parton a masa; dins los aires plan
naut s'auzis lor brueb. Elas se mesclan, s'a-

pilan, revoluman

com un

vent

folet;

a

soìàdas tomban, nimai logrezil de la nibol,
nimai l'agland del garric ablatugat. En mècha batèsta, los rèis a las bêlas alas dins
lor trÔS de corps boiègan brava ardeçia, aca-

flaquir pas, dusca que lo mai fort
de botar l'autre a fugas. i u,
pracó, sus tanta colèra e tanta lucha jita soIament un ponhat de posca : tôt s'amaiza,
prisáts
s es

tôt

a

vengat

ma nau

V Economique

devers la terra, blèu cantariai ambe

quai prime jadis s'ondran los potits órts e se
fa, dos cóps per an, espelir la róza de Pesti ;
diriai cosin l'azagage agrada a l'endebia e
l'abord glebut d'un riu al lapi ; cosin la
coja ramaira crels jaguda jos sas fèlhas. Oblidariai pas lo narcisi que pauc se triga d'espandir, nimai los rams del plegadis acanti,
nimai la lèdra verda, nimai la nèrta amiga
de la

mar.

(A seguir)

J. CUBAYNES.

VOUS OFFRE

'Le Ok-sht?
•

Les

3

('Traduccion acabada lo 5 d'abriel 1917,
a Ménaménil
{M. e Mauzèla).

séries

n©

"fer» o uv ©z.tjc

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L.

LUBAC &amp;

28, Boulevard Matabfau, *23

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toulouse

bureaux, 17, Rue Anïonin-Mercié

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Etablissements

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17, Rue Antonin-Mercié (Près L&gt; A'/usée)

êM W&amp;5*§étê, §&amp;&amp; PHx dù 'Úeniggt^ńi

Notice et renseignements

s'asiaudis.

Aprèp, quand auras tirât los rèis d'en ba¬
tèsta, aquel qu'aurà pàrescut lo mai flac, per

dans

Crédit Commercial

MÍTHRIDATE
—

TOULOUSE

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              <text>&lt;em&gt;Oc&amp;nbsp;&lt;/em&gt; &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/20953" target="_blank" rel="noopener"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Oc&lt;/em&gt; contient des in&amp;eacute;dits de po&amp;eacute;sie et de prose, tous les dialectes de l'occitan sont repr&amp;eacute;sent&amp;eacute;s sans distinction de graphie. Chaque num&amp;eacute;ro comprend aussi une chronique des lettres occitanes et des lettres fran&amp;ccedil;aises.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Oc&lt;/em&gt; conten d&amp;rsquo;inedits de poesia e de pr&amp;ograve;sa, totes los dial&amp;egrave;ctes son representats sens distincion de grafia. Cada num&amp;egrave;ro compren tanben una cronica de las letras occitanas e de las letras francesas.&lt;/div&gt;</text>
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