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                  <text>Amassai

È FESGOIB

Gaston-Faims à salies

22 et 23 d'AoU? 1909.
Se you nou y eri mourt
Arrés nou y bibere.
(Devise de Salies).

Bé séré peccat, here perque, que lou porc sangla de Mounseignur Gastou, mentabut Febus, non y sie mourt ! Les
disciples du vicomte n'auraient pu, en son honneur, passer
des journées qui seront marquées de la pierre blanche au
nombre des mieux réussies de l'Escole. Ils n'oubliaient
d'ailleurs pas que le premier troubadour béarnais connu,
Arnaud d'Antii, vivait en 1385 à Salies.
A Salies — plus que toute autre région du Béarn, lou pays
de las cantes — il y a un groupement bien organisé, particulariste, formé de nos Amis du Gurmeth Saliè, à proprement
traduire le peloton, Técheveau salisien. Depuis longtemps le
Gurmeth honore les Muses et se préparait à fêter les confrères venus, comme le dit la chanson du Cascarot, de la
plaine, de la montagne, des landes et des coteaux.
Depuis plusieurs jours les murs de nos villes principales
montraient une grande affiche de couleurs vives, sur le
fonds de laquelle se détachait une Salisienne escarabilhade,
le chef orné de l'antique péga, dévalant d'un pas alerte et
hardi le long d'une pittoresque rue de la ville. Comme
annonce : Fêtes félibréennes, organisées par le Gurmeth félibrénc Salie sous le patronage de là Municipalité, de l'Etablissement Thermal et du Syndicat d'Initiative, avec le gracieux
concours des Sociétés musicales, l'Orphéon « les Enfants de
Salies », l'Orchestre du Casino et l'Harmonie de Salies-deBéarn. Et c'était vraiment méritoire, et c'est de quoi il les
faut louer, que devoir ces jeunes gens, travailleurs, ouvriers
de terre (piquetalos) ou autres, prendre sur leurs heures de
loisir ou de repos pour se former, se préparer, offrir une
fête bien salisienne, cap e tout. Ils y ont réussi à souhait : on
ne saurait trop le redire et leur donner les justes louanges

�— 206 —
que l'estime et l'amitié de confrères voudraient leur rendre
plaisantes et agréables à entendre.
Le samedi 21 août, dans l'après-midi, le bureau de
l'Escole tenait séance chez le Président, le toujours gracieux
et aimable M. Adrien Planté, qui avait établi sa tente à
l'hospitalière maison Larrouy, en face du Jardin Public.
Diverses propositions furent soumises et examinées. La
Bigorre fut dotée d'un vice-président en la personne de
M. Pédébidou, sénateur des Hautes-Pyrénées. Le dinnerè,
M. Laborde-Barbanègre, le sympathique avoué près le
tribunal de Pau, mérita toutes félicitations pour l'exposé
d'une situation financière qui nous rend aussi dorés que la
Cigale maj orale du Félibrige laquelle ressemble peu à sa
sœur de. la Fable. Il a fallu prendre une décision pénible en
retranchant de la liste des membres un conlrère dont la
plume s'était montrée moins courtoise qu'il ne saurait être
permis à un Béarnais. Mais passons sur le détail de ces
affaires qui sont la partie administrative de notre œuvre et
dont la lecture agréerait médiocrement à nos lecteurs.
Nous étions bien distraits en travaillant. La salle où le
Bureau tient ses assises n'est point close trop hermétique-*
ment. Et c'est l'un et l'autre qui viennent touca de mà,
se polariser sur le cher président : en face, on arbore les
bannières, les oriflammes, on dresse l'estrade des fêtes au
Jardin Public et la nuit arrive. Chacun va se reposer tandis
qu'une pluie abondante tombe à desligue de ceu.
I. — Dimanche 22 Août
/. Fête au Jardin Public. — Ne soyez pas trop effrayés,
lecteurs'; qui ne fûtes pas de la centaine et demie de
confrères ayant assisté à ces fêtes. Comme l'eût dit le
vieux Gardères de Pau : s'il a plu, ce fut seulement pour
rafraîchir l'atmosphère, car notre ami Phœbus — il
nous le devait bien ! — brille au firmament durant ces
deux journées. Aussi la foule inondait les issues, les
gradins, tout l'espace libre devant l'Établissement de
bains et, pour mieux voir, ne trouve rien de plus commode
que de rompre les barrières si légères, si légères, que les
rares représentants de la police locale ne purent les faire

�respecter. Et puis ils sont salisiens aussi ces représentants
de la police et comme disait l'un d'eux à de hardies commères, en faisant de la main un geste qui répugnait à son
cœur: Be eau pla que touts quat bedin.
De toutes parts on annonce les programmes. L'un d'eux,
réduction de l'affiche, contient la liste des exercices avec la
chanson des Piquetalos, parole et musique ; l'autre, apitat
per Perbos et Al Caiièro, en vers s'il vous plaît et fort bien
imprimé, commente ces exercices. Voici le début
Aus Escouliès de Gaslou-Febus
En soubiéne agradiu dou Ségnou de Mouncade
Qui d û beth cop de pau, cheys cénts-a, la hè bade
Débath lous noustes ceùs tan blus,
Dab lou pâ de la plà-biencude
Balham-pé la sau delà Mude
Salies aciu que-b salude
Escouliès de Gastou-Febus !
A deux heures et demie apparaît un groupement d'enfants.
En tête marche un énergique petit tambour qui pourra
battre la charge pour nos victoires futures. 11 est escorté du
porte-drapeau et suivi d'une bande d'enfants ayant revêtu
l'antique costume béarnais voyant, mais élégant : pantalon
blanc, veste rouge ou brune, berret brun. Viennent ensuite
les petits piquetalos, ornés de l'antique chartese blanche,
pique sur l'épaule. Voici, après eux, les jeunes commères
salisiennes, lasNinottes, dans les atours les plus authentiques,
sans oublier ouè les bichous ; puis, les jurais ou magistrats
municipaux : pourquoi n'avaient-ils point sur les épaules le
chaperon dont l'absence leur interdisait des exercices de
toutes fonctions ? Enumérons les porteurs desameaux, quelques vieilles salisiennes authentiques filant la quenouille.
La scène à reconstituer est celle-ci : Une distribution d'eau
salée en 1700. Aussi la Hount dou Baijaa a-t-elle été plantée
dans un coin. C'est elle qui sera célébrée, j'ai bâte à le dire,
sous ce titre : la praube mude ( la pauvre muette ), parce qu'à
toute nouvelle création d'impôts, pour le paiement des dettes,
on taxait délibérément la Hount et toujours la Hount payait,

�- 208 —
payait, j'entends qu'elle fournissait les revenus nécessaires.
Et en dépit de toutes ces taxes elle a lait aussi la richesse de
Salies.
Il est nécessaire, ce semble, d'ouvrir ici une large parenthèse pour fournir à nos confrères quelques renseignements
historiques destinés à expliquer cette scène.
L'exploitation de la source salée, un bien commun, ne
pouvait être laissée à la discrétion, ou plutôt à la rapacité
de chacun. Dans les premiers temps les voisins — on désignait ainsi en Béarn ceux qui jouissaient du droit de bourgeoisie c'est-à-dire d'habiter un lieu en jouissant des privilèges — eurent seuls la faculté de puiser de l'eau. Comment
l'exerçaient-ils? — La source sortait du sol au nord-est de la
place du Bayaa où était lou goueil (l'œil) et s'épandait dans
un grand bassin de plus de 500 mètres. Un couloir (coulédé)
servait à écouler l'eau douce qui pouvait y arriver et dont
on reconnaissait la profondeur de la couche en lançant
dans le bassin des œufs de poule qui, plus lourds que cette
eau, s'arrêtaient à l'eau salée. Il restait donc à évacuer le
liquide inutile et on avait alors la hount boune (la fontaine
bonne). Au jour indiqué pour une distribution les salisiens,
vêtus delà chemise serrée à la taille par une ceinture, les
jambes entourées de bandelettes, se ruaient sur la fontaine
pour emplir leurs sameaux, récipients en bois de la contenance de 52 pots en forme de herrades, qu'ils portaient
deux à deux et avaient l'autorisation de remplir autant
de fois qu'ils le pouvaient durant le temps donné pour
cette opération. Ils jetaient l'eau salée dans des auges en
pierre évidée (coulédés) disposées en chaquemaison. C'était,
on le conçoit, affaire d'adresse et de légèreté dans les
jambes. Aussi que de disputes, que de bagarres, auxquelles
les magistrats municipaux ne savaient donner de solution!
Que d'injustices aussi, car que pouvaient les femmes, les
vieillards, les infirmes et les enfants '?
Un règlement sage de 1587 est devenu la charte principale
des Salisiens. Ceux d'entre eux qui avaient des droits sur la
Hount furent divisés en deux catégories : la première comprenant les chefs de maison, tenant un ménage héritiers de
maisons, qui étaient inscrits en tête du livre des Part-prenants et tiraient les premiers leur compte de sauce (counde

�— 209 de sauce ou revenu soit en argent, soit en nature) ; la seconde,
composée des locataires et des cadets mariés, ayant constitué
un ménage, qui avaient droit à un compte s'ils étaient fils
de voisin de Salies. La fdle du voisin mariée à un étranger
apportait en dot un demi-compte. Le fils aîné, marié et
tenant ménage à part, obtenait un demi-compte. Admirons
cette économie politique si sage ! Il fallait multiplier les chefs
de famille. Aussi se mariait-on jeune à Salies et les familles
y étaient-elles nombreuses.
Mais à côté de cette organisation que d'abus ! Le compte
de sauce était si recherché que, durant la Révolution, les
vieilles Salisiennes faisaient prime. Des jouvenceaux de
18, 19 et 20 ans épousaient des femmes de 70 à 90 ans pour
devenir chefs de famille « outrageant la loi de l'hymen»,
ils comptaient sur la loi de divorce pour être débarrassés de
ces épouses « peu verdoyantes et peu fleuries », comme le
dit une décision judiciaire. Telle d'entre elles dépassa largement la centaine et demandait parfois des nouvelles de
l'époux légal qu'elle ne connaissait pas et que le retrait de
la loi du divorce lui maintenait. On ne dédaigna point de
recourir à des mariages fictifs, grâce à la complicité d'officiers
municipaux indulgents. On épousa — in extremis — des
femmes en carton. De grâce Al Cartero redites-nous ces
scènes de carnaval !
Aujourd'hui l'administration de la fontaine est remise à
une assemblée de quarante membres élus par les Partprenants, hommes et femmes et celles-ci exercent leurs
droits avec un zèle louable. La répartition des revenus est
faite par tête de part-prenant. De 60 à 72 livres, le compte
s'éleva jusqu'à 300 fr. pendant la Révolution.
C'est, en somme, une forme de propriété communale,
collective, bien curieuse à étudier.
Ces explications fournies, revenons à notre fête en 1700.
Notre petit tambour a battu un roulement énergique. Commères sont accourues. Le « proclam » annonce la distribution de l'eau. Les billettes sont remises à chacun. Les
porteurs de sameaux approchent de la Hount et reçoivent
leur provision. Cette eau sera par eux transformée en sel et
transportée à Orthez où se tenait le dépôt qui alimentait la
région grâce au canù Saliè ou carrère Salière « le grand et

�— ,210 large chemin, dit un document de 1657, qu'occupent les
charretiers pour aller quérir du sel à Orthez et autres
denrées ».
Ce sel, on le sait, jouissait de la franchise en Béarn et dans
les pays voisins. Au xvne siècle un courageux partisan, le
landais de Coudures, d'Audijeos, résista longtemps aux
troupes de Louis XIV qui voulaient importer la gabelle. On
le voit à Labastide, à Orthez, dépistant ceux qui ont mis sa
tête à prix. C'est à la vertu de cette denrée qu'on attribue
l'excellence des confits béarnais qu'Henri IV prisait tant
sous les lambris du Louvre. Aussi son petit-fils dédaigna-t-il
la proposition néfaste de cet intendant de Pau qui lui
demandait, tout simplement, de ruiner la source salée.
Les vieilles Salisiennes se sont taillées leur succès. Viennent ensuite les Piquetalos avec leur char traîné par les
grands bœufs blancs chers à Dupont. Vêtus de la chartese
les Vignerons sont assis sur des barriques du cru Barraqué.
Ils chantent avec l'Orphéon le chœur des Piquetalos si populaire, sur un rythme si entraînant qu'Ai Cartero trouva, en
se jouant, et entertan aqueigts c.atdels que s'y entenen a
maneya lou cuyou t'a s'arresca la ganure.
Une parade commence, est-ce pour une course? D'alertes
et vigoureux jeunes gens, vêtus du pantalon blanc, de la
veste rouge, du berret orné, à la jambe nerveuse bien
gantée de blanc avec le haut cothurne, se rangent pour la
danse. C'est la cohorte basque de Barcus, si réputée, et
tour à tour se succèdent les sauts basques si variés, si
divers, nécessitant de l'agilité à perte d'haleine, les danses
des Satans, la danse du verre (un pied posé sur un verre
rempli de vin qu'il ne faut pas renverser) et les pas divers
moutchico et autres. Ce spectacle curieux suscite des applaudissements nourris.
Après le Pays Basque la Vallée d'Ossau. Costumés à la
mode de leur pays, menés par un chef, les danseurs de
Laruns nous représentent les divers pas en usage dans leur
contrée : passe-carrère chanté, branle, pas montagnard,
avec accompagnement de la flûte de bois aigrelette et du
tambourin. Ces rythmes lents, un peu lourds parfois, avec
le hanilhet monotone, dans ce cadre un peu court, étaient
un contraste vif avec la danse Basque. Il faut, je crois, le

�- 211 1

cadre grandiose de la montagne, la file nombreuse des
acteurs. On a admiré cependant cette danse noble, de
caractère, la légèreté des cavaliers enlevant leurs cavalières.
Les costumes étaient seyants, un peu sombres cependant du
côté des femmes en regard de celui qu'elles portaient
lorsque Fabien de Laborde chantait Las modes d'Aussau
cambiades.
Les jeunes gens de Salies, de la bourgeoisie et du peuple,
avaient eu l'heureuse idée d'exécuter le quadrille de Laurent
de Rillé l'Orphéon au Bal. Les alertes et accortes Salisiennes,
cinglantes coum bensilhs, les jeunes gens portant la spargate
blanche, le pantalon blanc, la large ceinture bleue sur la
chemise neigeuse bien empesée, avec le coquet berret menu
dans ce
rustique décor
où chantent les gas bruns et les filles jolies
Gabriel THARIEUX.
ont fait merveille. L'accompagnement par les « Enfants de
Salies », sous l'habile direction de leur chef M. Coustère,
doux, délicatement modulé, était d'un heureux effet. La
longue file des couples élégants a dû évoluer d'un bout à
l'autre des tribunes : chacun voulait les voir, c'est-à-dire
leur prodiguer ses applaudissements bien sympathiques. Ce
numéro du programme fut la mise en acte d'une heureuse
idée.
Enfin quelques Salisiennes se présentent lou pega sou cap
et, plein d'eau, s'il vous plaît, pour la course des cruches.
Qui arrivera la première? La foule acclame celle-ci, gourmande celle-là et plusieurs tours de piste exécutés sans
broncher font acclamer pour lauréate une solide gaillarde
plà quilhade !
Au travers de ces divertissements l'Harmonie, l'Orchestre,
l'Orphéon exécutent des morceaux d'un répertoire aussi
varié qu'intéressant.
A 6 heures, « Péritif-Councer », dit le programme, offert
aux Escoliers sur la terrasse du Casino. L'Orphéon chante
le chœur Adieu des Pasteurs Béarnais, bien enlevé avec brio,
où nos oreilles ont plaisir à évoquer le souvenir du Béarn.
Pourquoi ce sera-t-il à peu près la seule note béarnaise en

�- 212 musique? Pourquoi n'avoir pas repris dans les recueils de
Rivarès et de Lamazou nos anciens chœurs du Béarn? La
reconstitution eut été alors complète, la couleur locale
parfaite.
77. Représentation Populaire. — A 9 heures du soir, à
l'Eden-Parc, représentation populaire. Il y avait une foule,
une foule ! qui a montré aux organisateurs quel succès pouvait être celui de ces reconstitutions de notre théâtre, car
enfin en Béarn — on semble l'oublier et je ne me lasserai
pas de le redire — nous avons connu et pratiqué jusque
vers 1840 un théâtre local. Il y aurait bien des choses à lui
demander, et de bonnes, qui ont subi l'épreuve du temps
par de nombreuses représentations. N'oublions pas le succès
répété de la gaie pastorale de Fondeville : Lou Paysa qui
cerque mestie tau sou hilh chens nen trouba nat à soun yrat.
Sous l'habile direction d'un chef expérimenté l'orchestre
enlève brillamment l'ouverture de Fra Diavolo d'Auber.
Albert Despaux nous fait applaudir Ouey lou die, Ancien
Temps de l'aimable Al Cartero. Fernand HourdebaigtLarusse détaille avec humour deux contes du bon prosateur
Salisien Perbos (Labastie) : las Paloumes, lou Minou. J'ai
regret, — et je le dois dire étant ici l'écho de réclamations
un peu vives — que telle de ces pièces n'ait pas été réservée
pour le Jardin secret. Les bons Salisiens se disent hicatz p"y
sau gourmands ! Mais ceci était trop pimenté, peyressillud,
et de nombreux estomacs répugnent à ce que le bon poète
Darclanne appelle herbes hortes. Il faut penser qu'il y a dans
nos réunions des prêtres, des femmes, des jeunes filles. A
touts, se disen en lati, qu'ey début lou respect. Et puis enfin,
amis du Gurmeth, qui êtes bien de la tasque, pourquoi n'avoir pas pensé au bon curé de Bideren, votre voisin. Il nous
eut procuré un bon moment, interprété avec réserve.
Nous entendons avec plaisir les deux airs de la chanson
du Perrequè d'Al Cartero mis en musique et dont les auteurs
sont les lauréats ex-œquo du premier prix de musique.
Le Franchiman de Simin Palay a rencontré son habituel
triomphe. Je renvoie à ce que j'en disais en 1905, à propos
de sa représentation à Oloron. Deux Orthéziens, MM. Testevin et Carrou, ont joué avec naturel et brio les rôles du Fils

�- 213 -

et du Franchiman. Palay a été lui-même, faisant valoir les
passages à effet, j'entends : à heureux effet, tels l'invocation
à la langue maternelle applaudie chaleureusement, la ballade
clous Catdets de Gascougne. Comme le dit notre aimable
confrère, Xavier de Cardaillac : « sans autre accompagnement que la musique de sa voix et l'élan de ses gestes, cette
ode vibrante, récitée par lui, est devenue comme le chant
national de notre petite patrie gasconne » (').
Palay dit ensuite avec finesse un conte de son père : La
hemne arrebouhièque, qui est dans la bonne tradition béarnaise.
A Salies nous ne saurions manquer de voir Charpie de
Pierre Bergeras, né dans cette ville en 1738, avocat à Paris
puis à Orthez où il plaida diverses affaires de comptes de
sauce, député à l'Assemblée Législative et aux Cinq Cents.
J'ai déjà écrit mon impression sur cette pièce (notamment
dans le compte-rendu des fêtes d'Oloron) et ne saurais la
juger à nouveau ici. Disons que remise sur pied, arrangée
par Al Carlero — et elle n'y a point perdu — elle a trouvé
son habituel succès. Mlle Elisabeth Saubot — en Ninotte
d'Andioque pratiquée! peu scrupuleuse — a été égale à ellemême : elle joue toujours ce rôle avec brio, esprit et malice.
Albert Despaux a été l'excellent Yanin, personnage utilitaire
et parlant de son malheur conjugal avec allégresse, comme
le bon Sganarelle :
Quel mal cela fait-il ? La jambe en devient-elle
Plus tortue après tout, et la jambe moins belle ?
Ch. Hontaas et J.-B. Bompas abordaient les rôles de Tirou
et de Toutou qu'ils ont interprété avec entrain, bonne humeur
et caractère.
En somme, franc succès pour cette représentation.
Pendant les intermèdes l'orchestre du Casino joue le
(1) Puisque je cite Xavier de Cardaillac et le volume si original qu'il vient de publier
(Propos gascons, 3" série, Paris Juven 1909 p. 168), me permettra-t-il de lui déclarer que je
ne partage pas son opinion relativement à la priorité de Simin Palay sur E. Rostand et sa
ballade des Cadets. Mon argumentation est fort simple et je la tire des Reclams même (Tome '
p. 281), rapport de M. A. Planté sur le concours de 1898 : « En choisissant ce titre très
suggestif Lous Caddets de Gascounhe, dit le rapporteur, nous avions en vue l'actualité
historico-drainatique résultant du succès retentissant de Cyrano de Bergerac, la pièce si
connue de Rostand &gt;. Le jury connaissant la ballade l'avait donnée comme sujet de concours.
Simin Palay eut le prix et lit connaître son œuvre â la première réunion de Riarrilz, en
septembre 1898. avec quel succès '. on ne saurai! l'avoir oublié.

�— 214 —
Ballet d'Adamastor et la Marche Indienne de l'Africaine ; les
« Enfants de Salies » chantent la Grande Route de Gevaert
et le Gave d'Anné Kunc. Nous ne pouvons qu'admirer cette
exécution parfaite. Salies a ces belles voix de basse qu'admirait un éminent musicien et les ténors se distinguent aussi.
Un feu d'artifice, varié à souhait, faisait rayonner sur la
foule ses couleurs éclatantes. On aime ces salutations: Febus
aban ! Lou Gurmeth aus Felilires ; cette brillante figuration
des armes de la ville.
Après la représentation, Champagne d'honneur offert aux
Escoliers dans la Salle des fêtes de l'Etablissement. M. Jules
Despaux, le dévoué président du Gurmeth, prend la parole
et simplement, amicalement, prononce le discours suivant :
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
MESSIEURS LES ECOLIERS.

Le Gurmeth félibréen Salie, a choisi le plus humble de ses
membres (votre serviteur) pour venir vous adresser ses souhaits
de bienvenue.
N'attendez pas de moi un discours, car je suis dans l'impossibilité absolue d'en faire même une ébauche, je serai au contraire
très bref et pour cause :
Petit-fils, fils de Piquetalos et Piquetalos moi-même, — c'est
vous dire que je suis plus apte à manier la pique et lou pale-hè,
qu'à me servir de la plume ou de la langue française, — je me
réclame donc de toute votre indulgence, je vous prie de par
donner ma brièveté et de m'excuser si, pour vous adresser nos
humbles remerciments et souhaiter de bienvenue je m'exprime,
en léngue mayrane.
A tout Ségnou tout hounou. Qué baou couménça pous dou cap
dé déban e dé ségu n'é désboumbrérè pas lou séguicie. Gran
mércés sapién, hounourat e hounourable Presidén e bous aoûts
tabé baléns mémbres d'où burèou dé l'Escole, d'abé caousit lou
nouste parsâ t'a ha aqueste félibrade.
Né sey pas dab quigne hourtalésse e caù qué-p rémércii e
qué-p disi lou plasé qui abém abut quoand saboum qu'abèts caousit
la nouste petite bilote, lou nouste tan aymat houratot de Salies,
ta hay l'amassade de dèts oueyt cénts naoii ; lou nouste cô qu'en
estou sarrat coum dap u estoc, e qu'én aboum las pérpéres d'ous
ouelhs moulhades sounque dé gaouyou e dé yoye.

�Crédét qué gouardéram toustem ûe hèrre boune soubénénce e
ùe grane récounéchense d'equet chouès e d'équére probe d'amis
tat félibréeno.
(Iran mercés a bous aoûts tabé félibres biencuts dé louengn e
dé près! Félibres dé Lannes, d'Armagnac, dé Bigorre e dé toute
aoutes locs ! Félibres chets pòu ni taque, qui n'abéts pas habut la
trembléte, quoand p'a calut déchè pér case, hémble e canaillè,
paréns e amies, gazaille ou troupech, coumerce ou industrie !
Félibres qui n'abéts pas heyt ni û ni dus t'a hicap én cami, qui
abét trabersat planes ou terrés, saoutat Gabes ou arrius, henhournat brumalhse calou, ta biéneda ûe sarrade de mâ aous'youénots
eounfrays Saliès !
A tous, à touts, récounéchence e grans, grans mercés.
Félibres dé tous parsàs e dé tout escantilh, dou mé prégoun
dou cô, aou noum dou Gurmeth félibréen Salie, qué-p die :
Aciu que ts a case !
Aciu que ts lous plà biencuts !
Qué p saludie.

Le Président de l'Escole, toujours berog e arrisoy, comme
chante le Cascarot, lui répond en ces termes :
AMIC DESPAI X,

Au noum de l'Escole Gastou Fébus, que p'arremereii de la
boste amistouse arcoelhenec e dap gran gay que-p saludam
touts, eounfrays Saliès, hurous d'abé poudut,aqueste an, coussira
per boste e biene driu plega la came au boste laré.
E que eau dise que s'y em plà escaduts...
A Salies, tout lou mounde qu'at sap : « la cautère qu'ey grane :
qu'en y a ù gahot ta cadû ».
Oey, mey que yamey, aquére bertad n'ey pas mensounye.
Despuch qu'em arribats au parsà deu Saleys, que p'y ets touts
heyts ta plâ recebe lous Escouliès de Fébus : d'aco arrés nou
s'estoune : a boste qu'es troben toustem taule serbide e bou
bisatye...
Quin eau dounc que respouni a tan de gauyou, a tan d'amistad,
a tan beroys paraulis? Per ma fé, que caléré qu'aboussi aquére
bouque de meù doun parlen aquets dus chibaliès, qui an heyt lou
prougram de las hestes, sinnat Perbos e Al Gartero... Si, au

�— 216 —
mench, e m'aben passât û pugnot d'aquére sau de la Mude, doun
ethsse souri ta plà cargats... que m'en tireri, de segu,mey beroy...
Tiets, qu'ep bau counda ûe. istouerote qui~p hera bede que
Salies e you qu'em bielhs amies : mes n'en parlits pas a case...
que penseren dou bielh Capdau !
Be y a lougtemps que souy biencut a boste ! qu'eri dab la marna
beth drin michère.
Qu'arribabi de Paris, yoen, drin batalur, gran mesiquayre e
chens trop de poû à la brume — tout aco que m'a passât decap
au bielhè...
Coum lou de oey, l'orphion, d'aquet temps, qu'ère tarrible ! nou
cantabe pas lous Pique talos e lou Perréquè — Al Cartero n'ere pas
encoere badut, lou couquinot — mes que cantabe tout ço de mey
beroy qui-s poudoussi canta, e pertout oun passabe que-s
gagnabe prêts e medalhes.
Las chantuses de San Bicens que s'y hicaben tabey... qu'eren û
pielot de flouretes poumpouses, n'és countentaben pas de luzi
coum parpalhoùs : que cantaben coum rouchinous e coum lau«létes. Lous beroys sès d'estiù que-s hicabem, amasse, a mesiqueya, a mey ha..., lou bî blanc de Salies que-s desligabe la
paraule e que s'ayudabe a desbroumba, per cop, l'ore passade...
dap lous Saliès — lous d'auts-cops coum lous de oey — que passe
tan beroy e tan biste lou temps !...
U sè, la lue qu'ère coum a noueyt, douce, clare, amistouse e
quehesi... ûsolo!... Moussu mayre qu'ère, en aquet temps, ù
brabe omi coum lou de oey, mes n'ère pas, coum bous, felibre,
moussu Lacoarret... que boulé droumi... que s'embia lou coumissari t'as ha cara e qu'atrapey û verbau !... qu'en pensey mouri de
poù...
Lous orphionnistes, las chantuses e lou soliste que s'escapem
touts a case, drin escandalisats, coum p at poudet pensa...
Qu'ous proumetouy de tourna coumença,nou pas a empêcha
moussu mayre de droumi, mes a m'amigalha encoere dap aquets
charmans Saliès, dap aquéres gaymantes Salières...
Qu'y a 47 ans de co ! E qu'y tourni oey ta hesteya, batala, canta
dap bous, amies! Malaye ! N'ey pas lous medichs bint ans... n'ey
pas la mediche bouts... mes lou co qu'ey toustem yoen e qu'em
damoure encoere prou d'alet ta crida, chens poù d'û verbau :
Salut aus amies de Salies !
Salut aus eounfrays dou Gurmeth, lous hils aymats de l'Escole

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Gastou Fébus... Salut a bous auts touts qui abets appariât aqueres
esmiraglantes hestes... Salut e mercés a bous, Moussu Mayre, qui
bienets felibreya dap nous... Salut au directur dou Casino qui-s
preste û tan beroy estanquet.
A touts, mesiquayres, cantedous, baladins e baladines, aus
yoens, aus bielhs, a las sabrouses gouyatétes, a las gauyouses
mêmes, a touts mercés, prouspéritat, bounur.
A boste santat !

On boit au succès de ces travailleurs, de ces ouvriers qui ont
si brillamment organisé ces fêtes. Et comme disait Froissard
autrefois: « Il n'est en Béarn bassinet qui n'ait voix en tête»,
les chœurs reprennent mezza voce, au hasard de l'inspiration.
II. — Lundi 23 Août
I. Cour d'Amour. — Nous arrivons à la seconde journée.
Il avait fallu quitter de bonne heure les hospitalières
demeures pour visiter Salies et l'Etablissement sous la
conduite du Gurmeth, toujours à l'œuvre, et du docteur
Matton qui a fait une causerie intéressante sur les vertus des
eaux, uniques au monde.
Et la promenade est charmante. Le pont de Loumé offre
un paysage curieux avec les constructions originales qui se
profilent le long du Saleys, et en amont, portées sur de
hauts pilotis de pierre, avec des auvents en pan de bois.
L'église de St-Vincent est destituée de son rôle de tour de
défense. La place Jeanne d'Albret a perdu son nom antique
et bien béarnais de Clausou qui indiquait l'antique enceinte
du bourg. Le pont de la Lune nous mène à la place de la
Trompe où se trouvaient les Cuigts du Roi, où puits salés
royaux, qu'a remplacés l'usine électrique. Pittoresques sont
les vieilles rues d'Andioque, des Cultivateurs, Pontmayou,
avec les anciens pignons, les longues galeries en bois, le
premier étage en auvent, les basses cheminées en planche
dites cauchepanses. Un grand intérêt s'attache à la place du
Bayaa avec la source féconde, sa maison Jeanne d'Albret,
les restes d'arceaux des maisons qui devaient lui être un
cadre primitif. Plus loin, rue de la Roumette, le château de

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St-Pé profile sa tour pentagpriale : c'était un fief de la
famille de Béarn, passé par la suite aux Talleyrand-Périgord
et la Roume où l'on fabriquait depuis le xme siècle les chaudières en plomb pour la cuisson de l'eau salée, privilège
réservé aux seigneurs d'Audaux près Navarrenx.
Comme on le voit c'est bien un coin pittoresque du vieux
Béarn que nous avons ici avec le vieux Salies qui conserve
des mœurs, des coutumes immémoriales lesquelles lui
donnent une physionomie bien spéciale.
A côté de la ville primitive voici la ville nouvelle avec de
coquettes villas, de grands hôtels, des maisons de rapport
perdus dans la verdure et les fleurs.
Mais l'on achève de planter les derniers clous de l'estrade
qui se dresse devant la terrasse du Casino. Sous une tente
rouge prennent place les sept Muses, car elles sont sept,
chiffre sacré. Mlle Laure Lajus préside, comme Reine,
entourée de Mlles Marguerite Coustère, Marie Domecq,
Jeanne Lagelouze, Madeleine Lajus, Yvonne Massip et
Alberte Lalanne, petite-fdle de M. Bibal. Elles sont toutes
charmantes, nos Muses : elles portent galamment en sautoir
l'écharpe de roses et la cigale d'argent épinglée au corsage.
A 10 heures M. A. Planté prend place à la Présidence
entouré de MM. Lacoarret, maire de Salies ; Bibal président
d'honneur; Docteur Pédebidou, vice-président et Camélat,
secrétaire des Hautes-Pyrénées ; Darclanne, vice-président
et Abbé Daugé, secrétaire des Landes ; Abbé Sarran et
P. Daniel Lacoste, secrétaires de l'Armagnac et des BassesPyrénées; Lalanne, secrétaire-général; P. Courteault, professeur d'histoire du Sud-Ouest à la Faculté des Lettres de
Bordeaux; Abbé Tallez, le délicat poète Armagnaquais;
Abbé Dubarat, archiprêtre de Pau ; Docteur Lacoarret ;
MM. Lagelouze, Matton, Despaux, Roger Peyre, critique
d'art, etc., etc.
En un discours charmant le Président, après avoir présenté les excuses de la tout aimable Madame Guillot, de
Condom, Reine de l'Escole, remercie les Muses qui sont
l'ornement de la réunion et explique l'œuvre qu'est celle de
l'Escole: réveiller chez nos compatriotes le sentiment de
l'amour de la petite patrie par l'amour de ce qui la constitue : langue, poésie, histoire, moeurs et traditions. A travail-

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1er ainsi, on ne saurait qu'augmenter le patrimoine intellectuel et moral de la grande patrie. Voici d'ailleurs son allocution :
L'Escole Gastou Febus, Mesdames et Messieurs, a la bonne fortune de tenir ses assises de 1909 dans cette charmante station
thermale où l'on vient, de toutes parts, chercher et trouver heureusement le repos, le calme, la santé.
Gela nous vaut aujourd'hui un auditoire exceptionnellement
brillant, que je suis heureux de saluer, au nom de mes confrères
comme au mien, certain que cette prise de contact, avec lui, fera
mieux connaître notre œuvre, détruira, s'il en reste encore, quelques préjugés sur les Félibres et nous assurera de nouvelles et
précieuses amitiés.
Pour cela il faut, Mesdames, que je vous impose un discours,
ou mieux un causerie familière que je ferai — rassurez vous —
aussi sommaire que possible : mais que je vous dois pour vous
faire connaître ce que nous sommes et ce que nous voulons.
Et tout d'abord, pourquoi la Cour d'Amour?
Autrefois, dans ce moyen âge si mal connu, la femme présidait à toutes les joûtes de l'intelligence et de la valeur.
Dans les tournois, en effet, le vainqueur attachait d'autant plus
de prix à l'écharpe d'honneur que la main blanche, qui la lui
remettait, appartenait à quelque gente damoiselle...
Dans les Cours d'Amour, les troubadours se livraient à leurs
inspirations avec d'autant plus d'ardeur qu'ils pouvaient les dédier à la plus belle chargée de les couronner...
Cette poétique tradition a été reprise par le Félibrige universel
et aujourd'hui, il n'y a pas de peuple qui n'ait, pour la célébration de ses jeux floraux, la Cour d'Amour avec sa Reine et ses
muses.
Notre gracieuse Reine de Gascogne, Madame Paul Guillot, qui
depuis 4 ans, s'acquitte avec autant de charme que d'intelligence,
de sa haute mission de reine constitutionnelle a été empêchée de
se joindre à nous cette année : Elle m'a chargé, mes chers confrères, de vous exprimer ses regrets ; je lui ai transmis l'expression des vôtres avec celles de nos meilleurs souhaits.
11 a fallu lui donner une suppléante.
Le pays de Gaston Fébus et d'Henri IV est fécond en richesses
de tout ordre et Salies n'a pas seulement le privilège de nous four-

�— 220 —
nir le meilleur sel du monde, il en a encore un autre dont vous
pouvez, à cette heure, apprécier, avec moi, le haut prix.
Le chiffre sept est le chiffre fatidique du Félibrige : à toute Cour
d'Amour, il faut sept muses, la Reine comprise...
Les voici :
Fleurs délicieusement épanouies sous notre chaud soleil de
Béarn et de Gascogne, après avoir accepté les couleurs de Gaston
Fébus et l'insigne félibréen, Elles ont bien voulu se grouper autour
de leur sœur, Mlle Laure Lajus, dont la simplicité charmante nous
a permis de combler, au tout dernier moment, la vacance momentanée du trône félibréen.
A Elle et à ses aimables compagnes, j'offre au nom de tous, les
plus respectueux hommages, avec l'expression de notre vive recon
naissance, pour le concours précieux que prêtent à nos fêtes, leur
jeunesse, leur grâce et leur beauté.
Qu'est-ce donc que le Félibrige et que veulent les Félibres ?
En 1854, sept poètes provençaux s'étaient réunis sur la terrasse
du château de Fonsegugne, aux portes d'Avignon. Ils étaient jeunes, ardents, plein de foi dans leur dévouement à la petite patrie : ils résolurent de sauver de l'oubli leur chère Provence ; de
la faire revivre, de la reconstituer, d'en imposer au monde scepti
que et railleur l'admiration, en la faisant connaître par la mise
en honneur de la belle langue maternelle, à laquelle ils s'engagèrent à vouer un culte filial qui ne reculerait devant aucun sacrifice.
Et pendant plus de cinquante ans, ils ont tenu parole, luttant
sans trêve, travaillant sans merci, semant sans compter le bon
grain de leur enthousiasme : ce grain a splendidement germé dans
les sillons profondément creusés de la généreuse terre méridionale...
Et le Félibrige était créé 1
Dès lors, de toute part, des Pyrénées aux Alpes, de la Méditerranée à l'Océan, des Cévennes au Périgord et à l'Auvergne, les cœurs
battent à l'unisson des sept poètes de Fonsegugne : chacun veut
faire pour sa province ce qu'ils ont fait pour la leur : l'œuvre des
fondateurs du Félibrige devient, dès lors, universelle, allant pous
ser des racines jusqu'aux confins les plus reculés de l'Europe et
même au delà de l'Océan chez les divers peuples de l'Amérique.
Un seul des sept fondateurs a pu assister au couronnement de
l'œuvre magique à laquelle il a attaché son nom.

�— 221 —
Frédéric Mistral la domine de sa haute taille de conquérant ; de
son regard qui tire sa puissance d'une incroyable douceur ; de ce
front serein qui, au soir de la vie du poète, peut se rendre cet
admirable témoignage qu'il n'a eu à rougir de rien de ce qui sera
tombé de sa plume ; enfin de toute la hauteur de son génie mondial, auquel ses admirateurs ont cru devoir élever, de son vivant,
une statue, comme si un monument périssable pouvait ajouter à
la gloire de son impérissable renom.
C'est à la fin du mois de mai dernier que l'acte a été accompli
en Arles, où l'on célébrait le cinquantenaire de Mireille, Mireille
l'incomparable poème que Lamartine, émerveillé, avait présenté
au monde surpris et charmé, comme l'œuvre d'un nouvel Homère.
Vous avez toutes, Mesdames, entendu si vous ne l'avez chantée
vous-même, la délicieuse chanson de Magali, si populaire en Provence et le célèbre duo de Mireille que le grand Gounod a traduit
en musique pour faire honneur au grand Mistral !
Mais Mireille n'est pas le seul produit du génie de Mistral : son
œuvre est colossale, les gouvernements l'ont comblé d'honneurs,
les académies ont multiplié leurs récompenses ; toutes les langues l'ont traduite : mais il y a plus et mieux que les récompenses académiques, il y a l'instinct populaire, la confiance populaire, l'enthousiasme populaire, qui sont la véritable consécration
du génie et qui ont fait de Mistral, l'Empereur de l'Empire du
soleil, pour me servir de l'expression consacrée en Provence...
Le 30 mai, à Arles, c'était l'apothéose. Le peuple était là, debout, haletant, jaloux d'un regard, d'une parole, d'un sourire du
maître : celui-ci faisait face à tout et à tous et rajeunissaitces quatre vingts ans, dans la joie de son peuple enthousiasmé.
Les Félibres, Mesdames et Messieurs, sont les enfants de son
intelligence et de son cœur.
11 est leur maître et leur ami : il est le phare lumineux, vers lequel ils tournent sans cesse leur regard pour recueillir pieusement quelques rayons de son amour de la petite patrie.
Car la pensée intime, l'âme de l'œuvre mistralienne, c'est le
culte, c'est l'amour de la petite patrie.
Certes, il a chanté magnifiquement tout ce qu'un grand poète
peut et doit chanter.
Aède inspiré, il a, par les accents de sa lyre, entraîné les peuples après lui ; mais il nous a fait comprendre, il veut que l'on
comprenne, que l'œuvre à laquelle, dès les vingt ans, il a consacré
2

�toutes ses énergies, n'est pas seulement une œuvre poétique, elle
est essentiellement une œuvre sociale : c'est ce qui fait sa gloire
et perpétuera son nom : il a élevé ainsi le plus beau monument
à la terre natale, par sa langue maternelle, apprenant à ses fils
parfois oublieux ou ingrats à la mieux connaître, à la protéger, à
l'aimer, et comme, je le disais ailleurs il n'y a pas longtemps, il a
fait appel à ceux qui avaient au cœur le culte de la terre natale, de
la race ancestrale, de son histoire, de ses traditions et de ses libertés ; son grand cœur s'ouvrant à toutes les inspirations généreuses,
il salue toutes les revendications légitimes comme la suprême réparation des écrasements anciens.
Ce n'est pas autrement que l'on droit comprendre le Félibrige :
c'est ainsi que nous le comprenons ; que nous travaillons, de tous
nos efforts, à rendre à notre petite patrie, c'est-à-dire à nos chères
provinces leur initiative entravée, leur originalité caractéristique
sacrifiée, en un mot leur vie déplorablement absorbée par l'odieuse
centralisation qui chaque jour les envahit, les étreint davantage,
les écrase de plus en plus : à cette tyrannie envahissante nous
voulons opposer une barrière infranchissable, et lui dire enfin,
une bonne fois, avec le concours de toutes les races et de toutes
les bonnes volontés : tu n'iras pas plus loin !
Oh ! Mesdames et Messieurs, je parle surtout à ceux d'entre vous
qui, venus demander à notre ciel clément du Sud-Ouest les
réparations nécessaires et les sures consolations, ne nous connaissez pas encore, ne croyez pas que nous soyons des révolutionnaires, des destructeurs, des iconoclastes, des séparatistes.
Nous ne sommes rien de tout cela :
Nous sommes des régionalistes ; à Paris on nous traitera dédaigneusement de Provinciaux : nous sommes des provincialistes, des
décentralisateurs résolus et patriotes. Nous faisons œuvre de
reconstitution, de libération méridionale et si nous avons au cœur
le culte sacré, l'irréductible amour de la petite patrie Gasconne et
Béarnaise, dont nous nous efforçons de mettre en valeur les ressources naturelles et traditionnelles, nous avons aussi, celui de la
chère aimée, de la belle et douce France que nous voulons, de plus
en plus grande, prospère et glorieuse :
J'aime mon village plus que ton village
disait l'un de nos grands poètes,
J'aime ma province plus que ta province,
Mais plus que tout cela, j'aime la France.

�Et nous pensons tous comme lui...
L'accueil que vous faites à ma parole m'encourage à vous faire
part du véritable chagrin qu'éprouvent certains félibres, en pré
sence du reproche que les gens du Nord ne cessent de leur faire...
« Vous êtes félibres, nous dit-on, donc vous n'êtes que des amateurs d'oeuvres bruyantes : il vous faut du bruit,.. Vous ne faites
que du bruit...
Vous avez pu juger hier soir, par nos tentatives de décentralisation littéraire, que nous faisons autre chose que du bruit et tout à
l'heure, en entendant nos poètes et nos conteurs, vous vous
convaincrez de l'injustice du reproche.
Mais devez-vous en conclure que les Félibres Gascons et Béarnais, moins bruyants que certains autres, n'aiment pas le bruit ?
. Je vous le dirais, que vous ne voudriez pas le croire et vous
auriez raison...
Ce serait, en effet, me montrer deux fois gascon, même en
Gascogne...
Car enfin, notre beau, notre splendide pays de Béarn et Gascogne, n'est il pas le pays du bruit par excellence ?...
Ecoutez: d'une part, n'avons-nous pas les oreilles frappées par
le murmure incessant de nos Adours et de nos Gaves, luttant
furieusement, dès leur source, contre les rochers de la montagne,
qui semblent vouloir les arrêter dans leur descente vers nos
vallées et nos plaines qu'ils sont appelés à fertiliser ?
De l'autre, n'entendons-nous pas, sans un moment de répit, la
grande voix de notre Océan vert, qui, véritable métronome providentiel, bat de ses vagues imposantes nos plages sonores au sable
d'or !...
Vous fatiguez vous d'entendre, périodiquement, la bruyante
cigale troubler de sa monotone stridulation les grands silences de
nos pignadas noirs...
Et vous-mêmes, Mesdames, vous plaignez-vous jamais, de ce
que, lorsque vous ne rêvez pas, vos belles nuits de printemps et
d'été soient, à dates précises, charmées par le rossignol de nos
jardins, égrainant d'un gosier jamais lassé, les perles de ses trilles
impeccables...
Et tout cela n'est ce pas du bruit? Mais ce bruit loin de produire
des contrastes, des faux accords ou des cacophonies, n'engendret-il pas de radieuses harmonies, qui nous enchantent et nous charment?

�— 224 —
Dès lors, pourquoi s'étonner, que l'homme enthousiasmé, veuille,
lui aussi, faire sa partie dans cet ensemble magnifique qui constitue cette admirable nature méridionale si féconde et si riche,
dont nous sommes si fiers de nous réclamer !
Et bien oui, dans toutes choses, il faut un peu de bruit, il en
faut à la nature, il en faut à l'homme, il en faut aux félibres eux
mêmes : mais ce bruit qui accompagne nécessairement, pour le
faire connaître et aimer, le bon travailleur et le labeur bienfaisant.
C'est pourquoi nous sommes ici... voulant dans notre enthousiasme patriotique, défendre, avec l'âme de notre vie provincialiste, notre belle langue maternelle, cette belle langue romane tout
à la fois mère et sœur de la grande langue française, langue claire
et sonore, harmonieuse et douce, qui caractérise si bien l'idéal
que nous caressons et qui n'est autre qu'un idéal de paix, d'union,
de liberté, d'amour et de beauté !
J'AI DIT !

Ces paroles sont couvertes, à diverses reprises, d'applaudissements nourris.
Les rapporteurs donnent lecture de leurs travaux. M. l'abbé
Daugé, en une langue landaise, pittoresque à souhait,
de l'esprit le plus pétillant, gourmande vivement et plaisamment les poètes qui jonglent avec la prosodie avec une
légèreté qu'envierait le gat-esquirou. Des rires et des applaudissements lui prouvent combien il a du jongler lui-même
avec les difficultés d'un rapport. Qu'on en juge, mais il
manquera la voix et le geste.

Report sou concour de pouesie
DAUNES,

DAUNÉTES, E MESTES,

Qu'a binte-cinc ans adare, — binte-cinc ans, bèt boucin de la
bite d'un omi, —que passèbi à Salies. Maysouns de paret egleyzes
de peyre caperades de lose ou de picoun, espardagnayres qui
trucaben la semèle tout de loun la coste de Sen Martin, aygue
salade, aco Salies.
Lou mounde n'abèn pas pou à la brume, més qu'èren brabes
coum lou boun pan, à so qui m'abèn dit en passa per Carresse ou
Cassabè. Causques dies aban, un praube de Sorde que s'ère dit
coum aco'tau : — « Se lous de Salies soun ta brabes, que me-n

�— 225 —
bouy aiia demanda pr'aqui cabbat. » E qu'ère partit lou matin,
aban l'aube. A la prumère porte d'oun bo truca, un omi qu'où dit :
— « Boulets dues roubides ?
— Que nou, se dit lou praube.
— Labets dues pelades ?
— Que nou, que nou, » e que se-n ba truca en gn'aute porte.
A l'aute porte que trobe ue hemne quibo ha parié. Miey die que
truquèbe au cluchè de Sen Martin ; à toute porte qu'où boulèn
balha dues roubides ou dues pelades.
— e Cau dise toutun que m an troumpat, » s'arrougagnabe lou
praube, e que s-en ba truca à la darrère maysouote. Ue bielhote
escachalade que aubre e qu'où dit :
— « Boulets dues roubides ?
— Balhats ! » se dit esmalit lou praube de Sorde qui abè la
moustarde au nas desempuch bère pause, e que s'arrebire las
manches de la camise en sarra lou pugn.
— « Mam bese se-m y hara aqueste bielhe ! » se dit.
La bielhe qu'où porte dues castagnes roustides au hoec sus ue
padene traucade.
— « Là, se dit, dues roubides, tout so que-m damoure d'à sé
noeyt.
— E que soun roubides, aco ?
— 0 qu'io. E boulets tabé dues pelades ?
— Balhats ! »
La bielhe qu'où porte un pugn de castagnes pelades e coeytes à
l'aygue.
— « S'abey sabut aco qu'èren roubides e pelades, se dit lou
praube, l'asou n'auré pas tan courrut ent'amassa arré. Per nouste,
las roubides e las pelades ne soun pas atau. »
A jou, ne m balhèn pas ne roubides ne pelades coum au praube
de Sorde; més, que m troubey mounde aymables, urous,countens,
e espardagnayres qui cantaben coum ausèts en bèt truca la semèle
s ou deban de la porte.
Toutun, lou qui m aberé dit labets la pouésie qui s'anisèbe au
Bayàa ; lou qui m aberé proumetut que binte-cinc ans après, jou,
praube petit becari de Peyrehourade, que-m caleré ha lou report
dou councours de pouésie gascoune d'ue Escole qui n'ère pas
basude, en un parc plantât de nau, deban un establissemen bastit
de nau oun se soun agusmerats ue troupe d'hôtels heyts de nau,
que-m aberé plan estoumagat. Tout qu'arribe : ne j'a pas sounque

�— 226 —
à bibe prou. Grassis à Diu, qu'èy prou biscut enta bese tout aco.
Salies, oey, que s'en parle pertout. Qu'a Piquetalos brinchuts e
goarruts qui biben de gagna pan e de canta coum la cigalhe
lanusquete. Qu'a mêmes ue estéle qui a muchat lou camin en ue
troupe de Reys Mages coum mous de Planté, mous de Bibal, lou
Camelat, lou Palay e ue troupe d'auts qui bienen oey saluda un
cop de mey la renachense dou parla e de las modes dous paygrans:
aquere estéle, que la saludi e qu'où hey coumplimen en touca de
mans dab lou boste pouète saliè mous de Lacoarret.
Las aygues de Salies que hèn dou ben à tout : que-n an mêmes
heyt au nouste Councours. Que l'abèm drin malau, dus ans a.
Aqueste an que l'am juste brinchut e goarrut coum lous bostes
Piquetalos.
Dues pèces que se-n porten lou prumé prêts cap à cap. La
prumère qu'és un Sounet, en parla dou Gers, heyt coum ue photographie : la Hilairo. La lengue que parle cla, simple e que muche
la darrère hiélayre coum se la besèben ha.
L'aute qu'éy l'Ame dou Terradou, en parla lanusquet bourdalés.
L'amne dou Terradou que sén las causes chens las dise. Més lou
bén qui passe, lou pin qui flayreje, la ma qui truque, l'aygue qui
galope, lou hum qui ribanteye blu e quilhat per dessus lou téule,
lou boue qui esquisse terre, l'auzet qui cante, lou troupet qui se-n
tourne en behela e esquirouleja, tout aco qu'a perhum, aujou ;
tout aco que cante en l'amne dou qui ayme la soue terre, coum lou
perhum e cante au calici de la flou. Au sounet que balham la flou
de bermelh dade per mous de Lacoarret, e à Y Ame dou Terradou
que balham la medalhe de bermelh de l'Escole.
Qu'arribi au Mouli qui se-n porte lou diplôme de medalhe de
bermelh. Gouyat, — que-m souy dechat dise lou hasedou qu'ère
un brabe gouyatot, — sabets bous qu'éy hère beroy lou boste
Mouli, mey péu blanc dous ans qui se l'an cussouat que nou pas
de la harie de milloc qui se l'éy apitade dessus ? Ne lou Mouli boste,
ne la boste pouésie ne soun d'escoute-plouje. Aco qu'éy dous,
sansè, bertadè : que-n sort un hum de bielhè autan agradiu coum
lou hum de la mesture escarcalhade coum or qui la mamete tire
dou hour.
Disem-me se ne soun pas beroys aquestis bers :
Qu'où bederats ('ou Mouli) embaramat de geyre
Qui hique au so bielhè coum drin d'array bermelh.
Per lous pés de trop d'ans qu'éy crouchit lou cabelh
E lou perbouc desruit qu'a desbestit la peyre.

�_ 227 —
Touts lous ibers passais qu'an despintrat la porte
E pouyrit l'arroudet qui bare hens lou briu ;
Més, que roune chens cès la moule sus l'arriu
Qui s'a heyt, ta chourra, lerques à la coumporte.
Lou mouliè qu'éy bielhot toutu coum la so moule,
— Qu'ère estât joen u cop, e hort e plàa quilhat. —
Més, lou tems que l'a heyt tout care-arrounsilhat :
Lou cap desaploumat adare qu'où tremoule.
Qu'èy troubat péus s'ous oéus. Enta qué nou pas tresca las
arrimes d'ue strophe à Faute ? Tout que s'abie e que s'acabe en
rime hîmi, coum disen per la Lane.
Que bouy que-m darriguin un cachau, e Diu sab se-mharé reyte
dab lou tchic qui me-n damoure, se n'èy pas troubat un bers fa'us.
Embriagat qu'a coate pietades e nou pas très tan sulamen.
Qu'a bère pause qu'èy sus l'estoumac ue mode biarnése qui
trobi au Mouli : rimes qui n'arrimen pas ou qui ne soun pas heytes
ent'arrima, coum sou, cansou. A nous, Gascouns de Chalosse, de
la Lane e dou Marensin, que ms e seré pecat de ha capsa moutoun,
boun, cansoun dap sou, doussou, hautou ; can, pan, plan, dap ca,
arrapa, jumpla ; fin, toupin, dap gouffi, escoupi ; un, toutun, dap
blu, segu. E seré permetut aus Biarnés pramou que hèn passa
prou nas la darrére pietade dou moût d'ue mode aute que la de
nouste ? Jou n'at crey pas, e lous prousatous de boste que-m
balhen plan resoun coan hiquen à pàà, càà ou à fi, toupî, dus àà
ou un î dap lou chapèu d'un accen grabe ou circounflèxe s'ou cap.
Jamés pàà ne s'arrimera dab hourrupa, pas mey que cansôu dab
doussou.
Adare qui-m èy boeytat l'estoumac, que tourni ha coumplimen
à l'aprentis juste passât meste qui a heyt lou Mouli. Que bouy
espéra lou jouen mouliè, — pramou que j'a un jouen mouliè à la
fin de la pesse, — que hara de boune harie, doun sabera tira lou
bren, dab lóu bielh Mouli de la lenque mayrane.
Passam à las medalhes d'arjen. Lous dus Franchimans, counde
beroy, simple, chens arroussec, talemen qu'où diserén ray dous de
Yan Palay, que se-n porte la medalhe, e lous Pousouès, plan escributs en boune e clare métrique, que se-n porten lou diplôme de
medalhe d'arjen.
Aqueste an, qu'abém brounze arjentat dab libres escributs en

�— 228 gascoun. A l'amassade de Nay, lou Burèu que s'a pensât lous qui
n'an pas darrigat sounque brounze au mantèt dou nouste larè
felibrenc qu'ous haré besouy de leje so que lous auts an heyt de
boun. Tabé que balham la medalhe de brounze arjentat e un libre
à Marterou, lou diplôme de medalhe de brounze arjentat e un libre
à Batères c acabialhes, à Seteme e Arpit, à Lou Parpalhol e lou carelh
e à Damoure dambe lous tous.
Que balham la medalhe de brounze brounzat e un libre à Aus
de Nouste, e lou diplôme dequere medalhe e un libre à dus sounets :
Au mes de 3un.
Touts aquets omis de brounze qu'an heyt de prou bounes causes
dap prou de nerbi gascoun ; més, que j'a tabé mesclagne e n'an
pas prou tirât la brie de las ariques. Enta gn'aut an, de segu, que
bargueran mey adarroun.
Que balham menciouns à Lou Gabe de Pau, Larmes de Pag, Au
peys d'Elusa, U moumentot accra, e lielk cèu de Maubourguet. Lous
qui n'an pas sounque mencioun, qu'ous a mancat pouhet e nerbi :
qu'an besouy, tabé, de s tira la causse franchimande enta gaha
esclops e garrematches de Gascougne.
Prumé d'acaba, que bouy dise à touts que la pouésie de nouste
qu'és ue daune qui ayme plan ribans e plumets coum toute daune
de boune maysoun, més qui ne bo pas hemé deban la maysoun
plan escoubade dab escoube de milhoque ou de brane. Tabé,
hets-le bère tan qui bouilhits ; atifats-le de boune métrique e de
boune rime ; hets-le escouba tout so qui franchimandeje, tout so
qui lourdeje, tout so qui praubeje, e qu'aberats la daune pouésie
qui segnourejera balente coum l'aygue dou Gabe, plan quilhade
coum las mountagnes d'Aussau, bouquetade coum lous prats de
la plane de Nay, bère coum un matin d'abriu, goalharde e emparlide coum la ma de Gascougne.
So qui-m hè gay e so qui hara gay à touts, qu'éy de sabé que
juste touts lous qui an coelhut adare prêts, diplômes ou menciouns
que soun gouyats de dets-e oeyt à bint e oeyt ans. En aquet adje,
tout que ba : lou cap e lou co que canten touts soulets. N'an pas
sounque à agulhoua enta mielhe, de cap à l'estéle felibrenque.
Que seran l'abiene e la hourtalesse de l'Escole nouste, e qu'ous
proumeti laurè plan sansé e plan eslourit puch que, oey, se l'an
coelhut tout trempât à las aygues de Salies.

�— 229 Après lui, M. Lacaze donne aux prosateurs les excellents
conseils qui suivent :

Report sou councour de prouséy
Ubiarnés, amie dous noustes, en biadyan l'aute die dou coustat
dou Nor, que hé counechénses dab û paysâ de la countrade e
qu'où demanda : E doungues ! E y a abut poumes per aci l'an
passât ? L'òmi dou Nor, au loc de dise franquemén qui-o ou que
nou, qu'où pe respoun : E moun Diu ! Enta dise que y a abut
poumes, nou s pod pas dise qu'en y a abut ; més enta dise que
nou n y a pas abut, nou s pod pas disé que nou-n y a pas abut.
Adare si demandât a la yurade de l'Escole Gastou Febus quin éy .
estât lou councours de prouséy d'aquéste an, s'éy estât machan ou
bou, ère que hara drin coum Faute e que-p disera : E que boulét ?
Lou councours qu'éy estât atau e atau ; l'anade qu'éy mieyancère ;
qu'en y a de méy magres e qu'en y a tabé de méy grasses ; més
quoan nou y a pas abounde de rouménplâ graynat e plâ néte, tout
n'éy pas pergut se y a habole de la sane.
La Bigorre, las Lanes e l'Armagnac n'an pas embiat nat tros de
prouséy d'aquéste cop, e toutû quins parsàs besiats nou y a pas
per aquiu ! Que sémble que seré prou d'en truca lou sou dab
l'esclop enta-n ha lheba — coum ù arramat de laudétes — bèt
ahoalh de countes e de leyéndes. L'ue qu'a la houn-mayoun baden
e doun debaren lous gabesarridéns qui gourguéyen d'éts medichs
la léngue dous pastous e qui carréyen de-cap a la mar lous reclams
de la bite mountagnole ; las autes qu'an l'aygue droumilhouse de
l'Adou qui hè espeli touts souléts lous saunéys agradius, e qu'a
tabé l'estranye brousside dous pignadas oun s'entén ennoère quauqu'arré coum l'arroéyt pregoun dous sègles passais. E l'Armagnac
dounc ! De tout téms qu'esté la terre benadite dou parla gascou,
dou parla de tout die qui ns a dat tan de debis leuyès e sabrous,
arrecattats de pay en hilh hénsla memòri dou puple. Bissé qu'enta
l'an qui bié, Bigourdàs, Lanusquéts e Armagnaqués que-ns embiaran drin de mustre e que-ns amucharan coum abans lou lou
sabé ha.
Més lous Biarnés, lengassutse hardits,n'an pas abut bergougne,
e n'an pas boulut aténde. Que-ns an mandat quauques tribalhs de
boune tiengude, prou beroy tremats e tescuts. Suban lou temperamén de cade escribâ, lous ûs que soun endemouniats e plés de

�— 230 —

sape coum lou cassourrét prendiu ; lous auts que soun plus ou
ménch douléns ou surious.
En û report quidéu esta brac enta nou pas paréche trop hastiau,
n'abém pas goayre lou lésé de dise, pun per pun, lou bé e lou
mau qui-s pensam de la léngue, de la grafie e de la coumpousiciou
de cade pèsse. Aquét prèts-hèyt que-s miaré méy loégn que nou
eau. Que sayaram soulemén de-p da ue idée, en quauques moûts,
doUs tribalhs qui s'an méritât ue yoye, e de-p dise l'abis de la
yurade.
La yurade qu'a boutât au cap de daban Lou gat de Céline de
Musprim. 0, n'éy pas û gat dab nau coudes, ni û dous qui ban
courre la patantène quoan hè cla de lue ou qui arratéyen cabbat
l'escurade. Nani ; qu'éy û gat bouryés, ad ayse de lou, plâ pentiat,
neurit dab lard e nou pas dab murguétes. Qu'abè seguit enta las
aygues de Salies, dab lou cagnot e lou parrouquét, la soue daune
Céline, biélhe gouyate qui nou s'éy poudude marida e qui s'en abè
miat aquét seguissi enta nou pas s'abeya souléte. Au cap de chic
de téms lou gat que cad malau, e malau d'ue malaudie qui nou-p
souhèti pas. Qu'abou lou varvarum fliscum dab ue chatique double.
La bestiote nou hase que plagne-s. Enta la goari qu'où bouloun ha
préne û bagn d'aygue salade ; méy per ma fé ! l'aygue qu'esté tan
caute, tan caute que lou praube gat, miéy pelât e iriiéy bourit, que
s'escapa en at coupan tout per deguéns coum s'ère estât hou ou
coum si lous cinc cénts mile diables de l'ihèr ou s'abèn halat.
D'û cap a l'aute, aquére hèyte qu'éy û esclaquerat d'arride.
Quoan beyat aco pous Reclams que harateoum nous auts: que p'en
lecarat lous pots, e que-p semblara de minya arrasimat. Beroy
countade en boune léngue, clare coum cristau, que s'a gagnât,
dab las laudous de la yurade, la flou d'aryen auheride per Mous de
Lacoarret, l'amistous cantayre dou « Peïs berd ».
En seguide que y a très pèsses boutades amasse sus la segounde
régue, que soun ;
Soubeni de Nadau,
Un pintre amistous,
Ere hadéte de Salies ats félilms.
Beyam, û per û, aquéts tribalhs.
I. —

SOUBENI DE NADAU.

U sé de Nadau, quauques amies e paréns que s'èren arrengats
au ras dou larè. Lou catsau que bruslabe tout dous en han de
quoan en quoan bèt espurnalh. Enta passa la serade, cadû que

�- 231 countabe la soue, puch, qu'esté lou tourn de mayboune qui gusmerabe au corn dou hoéc chéns dise gran cause. La hemnoten'abè
pas goayre l'esperit aus soubenis gauyous. Qu'ous counta qu'û sé
parié, quoan n'abè que bint ans, que belhabe lou sou perroè
maynadét malau au brès. Qu'abèn après au droullot l'istòri dous
anyoulins, proubedits d'ales coum las couloumes, qui abèn anat
pourta d'autes cops la boune noubèle aus pastous. Lou praubot,
palle coum lou liri, que demandabe si aboure aies ét tabé ta poude
quauque cop tourna tau brès. E coum la may ou respounè qui-o.
lou maynat que hé û arrisoulét e que-s mouri. U an après, noèyt
per noèyt, la may qui abè la remembranse de l'esprabe qu'ana
besita lou dindòu demourat boéyt, e que bi sus la hourque dou
brès û auserot blanc qui n'a pas méy parescut despuch labéts.
Méy lou téms qu'a courrut, la plague que s'éy barrade chic a
chic e may, badude gran may, cade cop qui tourne Nadau, que
pod adare anina héns lou medich lheytou lous arrehilhs qui Diu
l'embie.
Lou counte per esta doulénqu'a lou sou meriti; qu'éy aysidemén
escribut e la léngue qu'éy simple e boune.
IL —

LOU PINTRE AMISTOUS.

U mounye que s'ère cargat d'oundra las paréts d'ue capère.
Quoan abou pintrat lou boun Diu, que hé tabé lou pourtrèyt de
Satanas. Qu'où hé lè coum û bécut e prou esbaryable enta ha tremoula lous pecadous. Méy lou babau n'esté pas countén. Que
trouba que l'abèn hèyt la gaute trop grane, lous corns~trop loungs
e la pèt trop arrougnouse. Noéyt e die que cridabe au mounye :
Mounye, cambie tout aco, cambie ! Aquéste nou poudè méy ni
prega, ni minya, ni droumi. Espaurit per la miasse, que feni per
arreha la care de Couhét. Ue lecade per aci, û cop de pincèu per
aquiu, e la pintrure que badou drin méy agradable.
Qu'éy atau, suban l'autou, qui hèn lous piutres de las damétes.
Chéns préne mire sus la bertat, que las pintren arridéntes e gaymantes, e las damétes, beroyes ou nou, que soun toustém counténtes si lou pourtrèyt èy plasén.
Lou tribalh que s'acabe sus aquére malici, e qu'at perdounarat
au prouseyadou qui s'a méritât salàri.
III. —

ERE HADÉTE DE SALIES ATS FÉLIBRES

B'ey dounc escarrabelhade aquére hadéte ! Per esta sor de la
Mude que-p prègui de créde qu'ad ère que l'an beroy coupât la

�— 232 —
bidalhéte. Qu'éy bertat qu'éy d'Andioque, e per aquiu n'an pas la
léngue trabade. Lou debls que riuléye autan ad ayse coum l'ayguéte
dou Saléys. Hère poulidemén que hè arcoelbénse a la yén ainassade
aus yocs flouraus. Nou s'a pas desbroumbat que l'oumbre leuyère
de Gastou Febus, lou nouste patrou, que boulatéye toustém per
aquéste countrade oun l'amistous biscounte a cassât tan de cops
Fous e lou porc-sangla. La hadéte, esmiraglade de tout so qui y a
de beroy, de lusén e de sâ per la terre nouste, que coumbide lous
félibres gascous e biarnés à s'estaca de méy en méy a l'endrét oun
èm baduts, a-s soubiéne dou passât oun éy arradits de la nouste
istori, a mantiéne lou debisa de case, a canta las cansous de
Despourris, de Nabarrot e de tan d'autes mourts ou bius, e a sabé
ayma toustém méy hort las causes biélhes ou nabes oun l'esperit
de la nouste rasse a dechat la soue mèrque.
Lou debis qu'éy plâ coundusit e la léngue castigade.
Coum n'ère pas aysit de tira au fî la diferénse de meriti d'aquéres très pèsses, la yurade que las a premiades ex-œquo e qu'a
balhat a cadue ue medalhe d'aryen.
Aquiu dessus que boulerém claba e toutu qu'éy bou de dise û
darrè mout abans de-s cara.
La grafie qu'éy, encoère û cop de méy, prou mautrettade. Las
endiques tan clares de l'Escole, emprimades sou cubertis dous
Reclams, que deherén esta méy plâ seguides e cadû que las deberé
léye dinque que las sabousse sou cap dou dit menin.
La léngue ère mediche n'éy pas toustém eschénye de taques e
de mesclagne. Soubiengat-pe que lou prouséy qu'éy la pèyre de
toc oun s'esprabe lou richè e la balou d ue letradure. Que eau
presa-s de méy en méy a-u castiga, a-u cayoula, à l'assoubleya,
a u da la hourtalésse qui a besougn enta-s demoura a la hautou e
au réng oun éy puyat despuch la rebiscoulade. Atau qu'aberam
lou drét de-s banta de l'obre hèyte, e d'amucha lou bou camî aus
desegats, aus qui an bergougne e aus qui nou saben pas encoère
per oun eau da.
Prix Spéciaux
Le Président a été chargé de faire les rapports sur les prix
spéciaux.
1° Musique :
Le programme portait la mise en musique avec accompagne-

�— 233 —
ment, de la spirituelle chanson de notre ami M. le Dr Lacoarret
(Al Cartero) intitulée Lou Perréquè, le chiffonnier :
Le chiffonnier est un industriel fort apprécié dans nos petites
villes du Midi, il n'est pas de légende que l'on n'attache à sa profession. A son cri Perréc e plume, on met la tête à la fenêtre, on
descend dans la rue, on l'interpelle et de bruyants marchés s'établissent autour de son sac à malice et de sa romaine qui sert à
peser tous les machabés de nos vieilles maisons.
M. Mathieu Castaingt, de Pau a rendu très fidèlement, en
mineur, le chant ou mieux la mélopée du marchand de chiffon.
M. Bernard Sourbets, plus gaiement a jeté le cri du Perréquè,
aux échos de la rue.
Chacun de ces deux auteurs a réussi à donner à l'œuvre charmante d'Al Cartero une vie harmonique qui lui assure un succès
certain dans nos milieux populaires.
L'œuvre n'est pas assez importante pour y attacher la médaille
de vermeil ; mais le jury a récompensé, ex œquo, nos deux compositeurs par la médaille d'argent : les applaudissements qui les
ont salué à la représentation du dimanche soir, leur ont prouvé
que le verdict du jury était consacré par l'immense auditoire qui
se pressait au nouveau Parc.
Un diplôme de médaille d'argent a été accordé à M. Campet, de
Saint-Jean-de-Luz pour sa composition et son accompagnement
très étudié.
Enfin, le jury a voté des félicitations à M. St-Guily,de Salies, qui
n'a pu concourir pour les prix, sa musique étant sans accompagnement.
2° Dessin et Peinture :
Le concours de dessin et peinture ne paraît pas bien compris
par nos artistes béarnais et gascons : il sera l'objet, pour l'an
prochain, d'une organisation nouvelle.
Le nombre des concurrents a été très restreint cette année et
nous avons eu le regret de constater, que certains concurrents ont
manqué de discrétion envers les membres du jury. Nous ne nous
lasserons pas de le répéter, se recommander ou se faire recommander auprès des membres du jury, c'est faire injure à ceux-ci
et nous sommes bien décidés à appliquer dans toute sa rigueur,
notre règlement qui est celui de tous les concours sérieux.
1er Prix : Un Edelweiss de vermeil, offert par M. Bibal à Mme

�- 234 Ûordier, d'Auch (Gers) pour son tableau en pyrogravure coloriée,
très finement interprêtée, intitulée : Le Départ pour le marché.
2e Prix : Un Edelweiss d'argent, offert par M. Bibal, à M. Cheval
commis principal des Postes à Paris pour son aquarelle, Montagnes
Pyrénées.
3e Prix : Une médaille d'argent à Mlle Alberte Lalanne pour son
dessin à la plume, Lou Grignaou.
4e Prix : Une médaille de bronze argenté à M. Capuran, instituteur à Mirande (Gers) pour son tableau, Vendanges en Gascogne.
5e Prix ; Une médaille de bronze, à M. Goudin, d'Eauze, pour sa
peinture, Le braconnier gascon.
3° Linguistique :
Pour ce concours tout spécial, le jury avait demandé, sous
forme de glossaire, la nomenclature de tout ce qui concerne
l'industrie Salisienne de la fontaine salée.
Par suite d'un malentendu, il n'y a pas eu de concurrent : la
lacune sera comblée l'année prochaine.
4° Histoire du Lavedan :
Un prix de cent francs était réservé aux instituteurs des vallées
du Lavedan, pour un travail, de cent pages au moins, sur les
mœurs et coutumes d'une de ces vallées.
M. Goumaud, instituteur à Gazost (Hautes-Pyrénées), a présenté
un mémoire important et très intéressant sur la vallée de Barèges
qui a valu à son auteur le prix offert par le généreux donateur,
qui a tenu à n'être pas nommé et qu'au nom de notre œuvre nous
remercions une fois de plus.
5° Prix d'honneur :
Tous les ans l'Escole Gastou Fébus offre une grande médaille de
vermeil soit à l'ouvrage, soit à un ensemble de travaux intéressant
le pays de Gascogne et Béarn ou les dialectes Gascons et Béarnais,
publiés depuis au moins vingt ans.
Le jury n'a pas hésité à offrir le prix d'honneur de l'Escole à
M. Hilarion Barthéty, secrétaire général de la Société des Sciences,
Lettres et Arts de Pau, membre de la Société française d'Archéologie, membre de notre Escole.
Archéologue, paléographe, dessinateur, annaliste, historien,
poète béarnais, M. Hilarion Barthety a, depuis plus de trente ans,
travaillé à toutes les questions qui intéressent le pays de Béarn.

�— 235 —
Nombreux sont les ouvrages que sa laborieuse fécondité à mis
au jour : il a été et il est toujours infatigable : son érudition est
toujours prête à venir en aide à ceux qui y ont recours.
Le jury de l'Escole est convaincu que son verdict aura l'agrément de tous ceux qui connaissent et apprécient les services
rendus à notre pays par notre aimable et dévoué confrère.
M. Planté salue ensuite les morts et rappelle les noms de
quelques œuvres de nos confrères parues dans l'année. Il le
fait avec son ordinaire bonheur d'expression :
Selon la tradition que nous entretenons pieusement, au moment
où nous célébrons nos fêtes annuelles, nous voulons envoyer un
douloureux souvenir à ceux de nos chers collègues que la mort
nous a enlevés pendant le cours de l'année félibréenne 1908-1909.
Le DT Dejeanne. — Le bureau a été cruellement frappé : le Dr
Dejeanne, vice-Président pour la Bigorre,a été subitement terrassé
d'un mal violent : il semblait défier la maladie : grand, vigoureux,
fortement charpenté, Dejeanne était un grand travailleur, très
amoureux de la terre natale, de sa langue maternelle, dont il
connaissait toutes les finesses et tous les secrets. Il aimait à aller
dans les hameaux, dans les chaumières, se faire raconter aux foyers,
où il s'asseyait avec bonhommie, les vieux contes et les vieilles
légendes ; à noter les vieilles chansons : il était arrivé non seulement à enrichir amplement le Folk lore de la Bigorre, mais
encore a être un arbitre de la langue romane ; il traduisait presque
seul en Europe les plus problématiques dialectes des troubadours.
En France, comme en Allemagne, il faisait autorité. On attendait impatiemment son étude sur le troubadour Marcabru,
véritable tour de force philologique. La mort a laissé cette œuvre
curieuse inachevée.
Sous son écorce un peu rude, il y avait un cœur d'or, tels
certains de nos pics imposants et abruts, qui recèlent des sources
généreuses et bienfaisantes.
En approchant du Dr Dejeanne on retrouvait le calme, la
confiance et une douce gaîté que soulignait le fin sourire et le
clignement d'yeux malin, spirituel du montagnard. Il fut avec
nous l'un des fondateurs de l'Escole Gastou Fébus : il en était le
plus fidèle soutien. Nous ne pouvous oublier avec quelle bonne
grâce et quel entrain, il nous reçut en 1900 à Bagnères-de-Bigorre
dont il resta, durant quelques années, le maire très apprécié.

�— 236 —
Notre bulletin a déjà rendu hommage à sa mémoire, hommage
qui était dû à un collègue éminent, au vieil ami : je tiens aujourd'hui à prouver à ceux qui le pleurent que son souvenir est
fidèlement gardé parmi nous.
Le Capitaine Dufaurets. — Il y a quelques années, alors qu'il n'était encore que lieutenant au 18e Régiment d'Infanterie, Dufaurets
nous avait charmé à Oloron avec sa belle conférence sur le Béarn.
Il fut longuement applaudi. L'année suivante, il se mariait et
son bonheur était bientôt couronné par l'arrivée d'un petit ange
ardemment attendu. Sur ce berceau, il déposa la double épaulette
de capitaine ; tout semblait lui sourire.
La mort est venu impitoyable, plongeant dans le deuil son jeune
foyer !
Le D1 Léon-Dufour. — Le Dr Léon-Dufour dont le cœur et l'esprit
étaient toujours jeunes malgré son grand âge, nous a quittés en
nous disant, dans cette douce philosophie qui avait animé et
soutenu sa longue carrière. « J'ai 84 ans, il est temps que je m'en
aille. »
Les liens de famille qui m'attachaient à lui ne me permettent
pas de rappeler ce que d'autres ont dit de lui. Je ne puis que vous
remercier, mes chers collègues, des hommages affectueux que
vous avez déjà rendus à cet ami de la petite patrie et de notre
œuvre qu'il appréciait tant.
Victor Delaroy. — A notre réunion de Mont-de-Marsan, en 1905,
Victor Delaroy s'était fait, vous vous en souvenez, le porte parole
éloquent de la vaillante presse landaise. Il en était le doyen.
Quelques années avant, nous avions célébré le centenaire de son
Journal des Landes : ce fut la fête du travail et de la confraternité.
Celui qui en était le héros est mort cette année, entouré de l'estime publique et regretté de tous ceux qui l'ont connu.
Enfin, une perte toute récente — elle date d'un mois à peine —
est venue nous affliger tous, profondément. Mme de DufourcqCandau a été enlevé presque inopinément. Elle était la nièce affectionnée de notre regretté Président d'honneur M. Lespy.
A la mort de celui-ci, elle avait pris sa place dans notre Escole
et avait rendu de réels services à nos travailleurs, parla générosité,
avec laquelle elle disposait en leur faveur des ouvrages de son
oncle. Elle prit une grande part à nos fêtes d'Oloron en 1904 avec

�— 237 —
sa jeune fille, Mlle Paule de Dufourcq qui, le cœur cruellement
brisé, voudra bien agréer l'hommage de nos douloureuses
sympathies.
La lugubre énumération est terminée : il me reste à vous rendre
compte des succès de nos chers collègues pendant cette même
année.
L'Abbé Daugé secrétaire de la section des Landes, toujours
intrépidement laborieux a publié un petit volume qui enrichit sa
collection déjà très importante : c'est la monographie très intéressante d'une commune des Landes, Montgaillard, pendant la
Révolution.
L'exemple de ce vaillant devrait avoir beaucoup d'imitateurs:
l'histoire de nos provinces serait bien vite reconstituée.
M. Paul Courteault a été reçu à l'Académie de Bordeaux, le
28 décembre dernier et a prononcé un éloge très documenté de
son prédécesseur le marquis de Castelnau d'Essenault. Cette haute
distinction était bien due à notre collègue auquel ses nombreux et
si remarquables travaux ont donné une place hors pair, dans le
monde savant.
M. le duc de Lassalle de Rochemaure a publié un très important
volume : Du Danube à la Sprëe, Profils Hongroi*, Silhouettes germaniques. Près dé sept cent pages nous donnent dé très curieux
détails sur la société de ces pays parcourus par no're confrère, en
touriste observateur, en philosophe averti, en poète érudit.
Enfin, notre dévoué délégué à Paris, M. Louis Batcave a donné
dans la « Revue de Provence », une série d'articles formant aujour
d'hui une importante brochure sur la Renaissance littéraire en Béarn.
C'est là un véritable monument tout à l'honneur de notre petite
patrie béarnaise dont notre ami s'est, depuis longtemps, constitué
l'archiviste et l'historiographe très autorisé.
Tous ceux qui travaillent avec nous à l'œuvre de décentralisation
méridionale doivent lui en être profondément reconnaissants.
Ma tâche serait incomplètement remplie, si je ne saluais ici, le
nouveau chevalier de la légion d'honneur, M. Bibal, président
d'honneur de l'Escole Gastou Fébus.
Il a reçu cette année cette distinction bien méritée par une
longue carrière de travail, de bienfaisance et d'honneur. Ses
confrères de l'Escole s'en sont réjouis, comme ils se réjouiront
toujours de tout ce qui arrivera d'heureux à l'homme de cœur,
qui s'est constitué son bienfaiteur et son ami.

�T-

238 —

Mais voilà qu'après avoir loué ses confrères M. Planté oublie
l'un d'eux. Heureusement que Lalanne est là qui veille, cœur
ardent et généreux, parole vibrante et enthousiaste : il
demande à l'assemblée de saluer le Président que le Roi de
Suède, arrière petit-fds du Béarnais Bernadotte, vient de
créer chevalier de l'ordre de Wasa en remerciement de ses
dons àlabibliothèque de linguistique romane de l'Université
d'Upsal et pour honorer ses divers travaux. Bon succès,
bien légitime, pour le très aimable Président et pour l'interprète inspiré de l'assemblée.
Voici le palmarès des jeux floraux :

Poésie.
ier prix (ex œquo) : Fleur de Vermeil donnée par Al-Cartero,
M. André Semeilhan, pour La Hilairo ; Médaille de vermeil, M. E.
Barreyre-, d'Arès (Gironde), pour L'Ame doit Terradou.
2e prix : Diplôme de médaille de vermeil, M. Gustave Cérèz,
d'Eaux-Bonnes (B.-P.), pour Lou Mouli.
3e prix : Médaille d'argent, M. Léon Arrix, d'Aureilhan (H.-P.),
pour Lous dus Franchimans.
4a prix : Diplôme de médaille d'argent, M. Trézeguet, de Condom
(Gers), pour Lous Pousouès.
5« prix: Médailles de bronze argenté et livres (ex-œquo), M. De
nizet, de Charre (B.-P.), pour Marterou ; M. l'abbé Barros, d'Urgons
(Landes), pour Batères e Acabialhes ; M. Dugoujon, de Condom
(Gers), pour Selème e Arpit ; M. Goudin, d'Eauze (Gers), pour Lou
Parpalhot e lou Calel; M. Arrix, d'Aureilhan (H.-P.), pour Salut
Noublc Biarn ; M. Castex, de Gondrin (Gers), pour Damoure dambë
lous tous.
6° prix: Médaille de bronze et livres, M. de Lartigue, à Montguilhem (Gers), pour Ans de JSouste ; M. l'abbé Rietsch, de Dèmu
(Gers), pour Au Mes de Juin.
Mentions: M. Lamarque, à Baudreix (B.-P.), pour Lou Gabe de
Pau; M. Lamaignère, instituteur à Artassenx (Landes), pour Larmes
dePay ; M. Lasserre, à Castillon de-Batz (Gers), pour Au Peïs d'Eluza ; Mlle Pujoo, à Pau (B.-P.), pour VMoumentot Acera ; M. Paul
Dufïour, de Tarbes (H.-P.), pour Beth Ceù de Maubourguet.

�— 239 —
Concours de prose.
/" prix : Fleur d'argent, offerte par Al-Cartero, M. Carrive, de
Nay, pour Lou Gat de Céline de Musprim.
2e prix: (ex-œquo) : Médailles d'argent, M. Arrix, d'Aureilhan
(H.-P.), pour Nadau; M. Canton, de Nay (B.-p.), pour Lou Pintre
Amistous ; M. Eygun, de Bruges (B.-P.), pour Ere Hadette de Salies.
Concours de Musique.
Mise en musique de la chanson d'Al Cartero
Lou Perrequè.
prix (ex-œquo : M. Mathieu Castaingt, de Pau ; M. Bernard
Sourbets, de Mont-de Marsan.
2e prix : Diplôme de médaille d'argent, M. Daniel Campet, de
Saint-Jean de Luz.
Prix spécial d'Histoire du Lavedan
M. Goumand, instituteur à Gazost, 100 francs.
Prix d'Honneur de l'Escole pour grands travaux
depuis 20 ans
M. Barthety, secrétaire général de la Société S. L. et A., de Pau.
Concours de Dessin et Peinture.
1er prix: Mme Cordier, d'Auch.
2e prix: M. Cheval, de Paris.
3e prix: Mlle Albert Lalanne, d'Agen.
4e prix : M. Capuran, de Mirande.
.5e prix: M. Goudiu, d'Eauze.
Au Gurmeth Saliè une médaille d'or offerte par l'Escole et
la somme de 100 francs que notre éminent collègue le professeur Paul Reclus, avait envoyé pour être attribué en prix ;
une médaille d'argent à M. Sonnier, chef de l'orchestre municipal et à M. Coustére, directeur de l'orphéon, pour le concours qu'ils ont prêté à la soirée du Gurmeth et à la Cour
d'Amour.
Chaque lauréat présent vient se faire couronner de la main
d'une des Muses.
Au nom de M. Semeilhan, de Miradoux (Gers), M. l'abbé
Sarran lit la Hilaïro. M. Barthéty, historien, archéologue,

�240 —
poète, dessinateur, publiciste, qui, depuis trente ans et plus,
le Président le rappelait, publie des études documentées et
substantielles sur le vieux Béarn, détaille spirituellement
lou Mayre et lou Boudyet, autrefois couronné. Et ne croyez
pas que ce soit une légende que cette histoire connue à
Bougarber et à Loubieng en Béarn. M. Carrive, de Nay,
où le Gurmeth a de nombreux et sérieux imitateurs, fait
applaudir lou Gat de Céline de Musprim. Mlle Alberte Lalanne,
une jeune fille de seize ans, dit avec âme l'ode suivante :

A LA GASCOGNE ET AU BÉARN
0 ma terre gasconne
Aux lointains horizons,
Toujours superbe et bonne
Dans toutes les saisons,
Chez toi je suis heureuse,
Et je t'aime, ô charmeuse !
A la moisson rieuse,
Au temps des fenaisons.
Je t'aime au printemps rose,
Au printemps qui sourit
Dans une apothéose
Au sol qui reverdit ;
Lui jette des corolles
Et des fleurettes folles
Qu'il accroche aux épaules
Des vieux monts de granit.
Quand la saison vermeille,
Quand l'été triomphant
D'un murmure d'abeille
Remplit l'air étouffant,
J'aime à voir par les sentes
Quelques vaches puissantes
Marchant, obéissantes,
Sur les pas d'un enfant.
J'aime à voir à l'automne
Le vendangeur joyeux
Qui va remplir sa tonne
Aux vignes des Aïeux.

�— 241 —
Le vin nouveau pétille,
Et près du feu qui brille
On le boit en famille,
Les enfants et les vieux.
Je t'aime au doux automne.
Je t'aime à l'hiver noir,
0 ma plaine gasconne
Au parfum de terroir !
J'aime ton fleuve immense
Qui toujours recommence
Sa plaintive romance
Le matin et le soir.
Salut ! ma bonne terre
Au grand soleil puissant,
Mais vive aussi ton frère
Que je vois en passant !
Salut ! Béarn sauvage !
J'aime ton dur langage,
Tes pics droits dans l'orage,
Ton gave bondissant !
Ma Gascogne jolie,
Vieux Béarn aux grands monts,
Votre langue abolie
Dans un oubli profond
Etait presque tombée....
Vous l'avez relevée
A tout jamais sauvée
La langue des Gascons! !...
0 ma terre gasconne,
Mon fier et doux pays,
Qu'un autre t'abandonne....
Moi, je te le redis,
Je te serai fidèle
Jusqu'à la mort cruelle,
Où j'aurai l'éternelle
Gascogne en Paradis ! ! !
Mais il se fait tard, midi sonne. L'air est vif. Les estomacs
sont ouverts. Il faut s'acheminer vers la place du Clausou :

II. — Banquet.
C'est là, en effet, sur le côté gauche qu'a émigré l'antique
hôtellerie, de titre savoureux: Au bon potage que nous avons

�— 242
connue sur la rive droite, où s'arrêtait la lourde patache de
Saint-Palais. Que les temps sont changés !
Au lieu de la pièce basse, enfumée, voici une salle vaste,
bien aérée, ornée de verdure et de fleurs. Sur la droite se
dresse une belle toile d'Edouard Lacoste, le peintre gascon
réputé, commémorant la donation, en 1907, par M. Bibal
à l'Escole du château de Mauvezin. Ceux d'entre nous cpii
furent présents à cette fête y sont réprésentés avec la famille
du donateur dont nous comptions à Salies plusieurs représentants: Mme Lalanne ne craint pas d'arborer fièrement la
coiffure populaire agenaise et sa sœur ne lui cède pas en
grâce et en amabilité. Au reste les dames étaient nombreuses
au banquet, il en était même venu de Paris, comme Mme
Navarre et sa sœur accompagnant le sympathique directeur
de l'Union Pyrénéenne, notre confrère.
Fleurs et fruits recouvrent les nappes béarnaises éclatantes
de blancheur. Au fond une table d'honneur avec deux tables
parallèles se prolongeant dans la salle pour recevoir les
cent quarante convives, qui ont fait honneur au repas dont
voici le menu composé par le maître Salisien, M. Laborde :
ESCOLE GASTOU FEBUS

BERMI-E-SAU DAP POUTATYE
ARRAFOUS — BURRE — SAUC1SSOU — PIPERS
PECH FI, CHENS BALE E DAP
CIRET HERRAT

BALE, DOU GABE

A CLAU DE LÈBE

BOUEU TRUFFAT DOU PELIGORD
HABOLE

PINGAILLADE

SALIÈRE

1

( )

POULARDES DE TOUYAGRAND A LA COUCOTTE
INSALADE ESQUIROULADE
BROYE CHUCRADE A LA BANILHAIRE
FOUGASSES — MANDOURRES — GARFOUS E PERES DE CAILLAU ARROUSAT
ROUMATYES DE TOUT TREM E DÈ TOUT ESCANTILH
BIS DOUS MIELHES DOUS PARSAS A COUPA LOU BISATYE
CAFE CHENS CHICOUREE,

CHERINGLAT D'ARMAGNAC.

(1) La habole de Salies jouit d'une réputation particulière. (Que nos amis du Gurmeth ne
lisent pas cette note qui leur donnerait trop envie de rire). Elle est dite pélassère : je ne
traduis pas. On connaît d'ailleurs la plaisanterie courante dans la ville arrosée par le Saleys:
— Oun bas ? — Tau Bayâ ta croumpa habole.

�— 243 —

A l'heure des toasts M. Planté se lève et, d'un mot toujours
gracieusement approprié, salue la Municipalité, la Presse,
les présidents de Sociétés, le vaillant Gurmeth et les Dames.
M. Lacoarret lui répond aimablement en béarnais en ces
termes :
DAUNES È MESTÉS,
ESCOULIÈS DE GASTOU FÉBUS

Au noum de la bile de Salies, que sou mè que mè urous
d'arrémercia-p de l'aunou e dou grand plasé qui l abéts hèyte en
amassan-pé oèy per nouste.
Déspuch aumen bèth téms que délérabem de ha-p û dinot
d'arcoélhénce. E bissè, oun sérèts en loc Escouliès, mè en so de
boste qu'aciu ? Salies, bè-p-at an dit, qu'è badude dou cop de pau
arrounssat per Gastoù Fébus au porc sangla qui-s trouba la Houn
Salade ? Qu'abem doun, nous Saliès û déute de cap au Rey
Cassédou, e que'p atendem a bous auts, lous hérétès sous, enta
paga-p'ou.
Lheu toutû de pècs que-p diséran.«Aquéro n'é pas qu'ûe léyénde !»
Mes las léyéndes qué soun las flous de l'istorie ; ne soun pas béroyes
né soun pas sabouréyantes qu'à las conditiousde décha-lés sus pè,
de nou pas rudéya-lès. E nous, Saliès, qu'y crédém à d'aquére
léyénde, que s'agrade de bédé-lè toustem goalharde sus las
arrédits ; né boulem pas qu'y toquin ! N'é pas en baganaut qui s
goardam lou dise, hérétat dous noustes bielhs : « Sé you n'y èri
mour, arrés, n'y bibérén. »
E pramou de la nouste fé, arrè hilhs de Gastou Fébus, bous
auts lous amourous dé léyéndes, ne poudèts pas ha dé ménch que
d'apoutya p û die enta d'aqueste bile apitade p'ou payran boste.
Mestes dou soû Castèth hort de Maubésî, gracis au yèste d û homi
yénérous coum yame nat, bous auts, lous débots dou passât, que
débèts û cop amassa-p sus aqueste terre, déspuch la noèyt dous
ans, à trubès pics e patacs, goardiane fidèu de las soues traditious
ancéstraus é dous sous dréts.
Badoun oèy qui p abem à nouste, en coundan de tourna ta u téms
douCounte de Mouncade, l'amneadroumidedous bielhsBésîs que-s
dés-chude, esmudide, au crit famous de « Fébus aban I », Esmiraglade la Houn dou Baya qu'orb mé gran lou soûoélhta miralha-p
é, coèytes de sau, las muralhes d'Andioque, de Barate é de
l'Oumè que trémblen de gay au réboum dous bostes anilhéts !

�— 244 —
E nous Saliès n'abem pas à d'are que poù de nou pas abé-p
hèyt proû de gauyou, Bahide qui-o, sayats que-s y em, niés lous
Saliès, oérats, que soun Biarnés, cap é tout, é tau coum éths, s'an
lou cô déhèt gran, qu'an tabé malaye la bousse de las thicoyes.
Labéts doun, en p'at prégan, déséncussat-sé aumen sé-p abem
mancat chèts boulè-c ha.
Toutu déspuch d'abè p bis manéya per acén, assonè-m thépique
pas de hère autan d'espia-p, qu'è coumprénut qu'à las bostes
hestes ta d'esta béroyes, né las soun pas op goèyre arrès ni arrèy.
Per oun que passits, las flous qué sorben soûles, tout que cante,
tout que s'esclarech. tout qu'arrit... Perqué ? Pramou, Escouliès,
qu'èts bous auts médichs lou sou empregnédou qui arraye, pramou
que p'en pourtats sus bous la berouyou, pramou qu'èts tout
en bèth la pouésie, l'amou e l'éternau yoénè.
E ta n'estan ségu, n'è pas qu'à bira m dé cap ta u boste présidén, Mous de Planté. Qué s a èth, arrécapdat touts lous charmatoris bostes, coum tabé toutes bertuts dé la rasse Biarnèse. Gauyou,
sapience, balentisse, amistousè, éth qu'at a tout : dap éth que
sérats toustem òli sus aygue.
Més que hèts mé qu'arride, qué hèts mé que canta. Que
tribalhats enco ère é sustout enta méntiéne au nouste Biarn aymat
la soûe léngue é l'aDa soû. Que sarclats à d'arroun, ta tourna ha
flouri las soues yoyes, que sémiats enta balha aus ho mis dou peïs
nouste la plégne counéchence dous lous débés dous lous dréts.
Obre dé las sanes, obre dé las bères enter toutes, obre pla heyte ta
d'arrouméra p ou tour dou boste drapèu tout lous bous Biarnés.
Tabé lhèbi lou mi beyre, ta qué lou Présiden , toustem goarrut,
toustem balén, é-sé-p'en mie ta ha counquestes nabères.
Que tringli à l'endaban de l'Escole Gastou Fébus.
Que bébi à la boste santat, Escouliès, qui dap lou lhébédé dou
passât préstits lou pâ de l'abiéne.
E que saludi a l'aube délérade dous tems bénédits oun, gracis
à bous auts, é beyram, à l'arrayo de l'arrébis-coulade, û Biarn mé
gran quilha-s héns ùe France mè grane !
M. Bibal engage les membres de l'Escole à envoyer livres,
œuvres, portraits au musée de Mauvezin qui sera pour la Gascogne
comme le musée Arlaten pour la Provence. M. Pédebidou, remerciant de l'honneur qui lui est fait, affirme son dévoûment à l'œuvre.

�— 245 —
Au nom du Syndicat d'Initiative M. Lagelouze rappelle
le but de l'Escole.
C'est assez des toasts, genre solennel et un peu abondant
en Gascogne. On veut entendre certains morceaux du répertoire de l'Escole. L'abbé Daugé est porté à la tribune par
une acclamation générale pour y chanter son inoubliable
Crabé de Mugroun. Quelle vérité du geste et du cri et avec
quel esprit ! On applaudit, on rappelle l'auteur chanteur et
ce lui fut un gros succès. L'abbé Sarran entonne le « Salut
aux Félibres » si entraînant, repris en chœur par l'assistance,
et ce gascon gasconnant qui se souvient que par sa grandmère il tient au Béarn, introduit un nouveau couplet pour
l'hospitalière cité. Mlle Alberte Lalanne dit ensuite la jolie
pièce de vers qui suit et dont elle est l'auteur :

L'EMPEREUR QUI PLEURE
Quand, le combat fini, dans la vallée étroite,
L'oliphant eut lancé trois fois son grand appel,
Quand le preux fut tombé, et que l'ange iMichel
En hommage eût reçu le gant de sa main droite,
Quand tout fut terminé, lorsque le Musulman
Etait déjà bien loin sur la route d'Espagne,
Et que l'on n'entendait de bruit dans la montagne
Que le torrent qui passe impétueusement,
Quand l'ange de la mort, de sa lèvre flétrie,
Eût baisé sur le front chacun des grands vaincus,
Alors parut, portant sa lance et son écu,
Charlemagne, empereur à la barbe fleurie.
Il était là, très grand, dressé sur son cheval,
L'impérial manteau drappé sur son épaule,
Pâle, ses yeux brillants pleins d'une angoisse folle,
Il regardait les morts couchés au fond du val.
Et puis il descendit à côté du duc Jayme.
Mais espérant encor il s'écriait bien haut
De sa voix qui vibrait en de lointains échos :
" — Où sont-ils ? Où sont-ils les douze pairs que j'aime ? "

�— 246 —
Ils sont là tous : Turpin, Gérard de Roussillon,
Le duc Sanche, Anséis, Othon, Ivin, Ivoire
Morts, vaincus, mais couverts d'une immortelle gloire
Sous leurs bliauds de lin devenus des haillons ;
Puis le comte Olivier qui, la bouche entr'ouverte,
Semble sourire encore à l'empereur puissant ;
Et, plus haut, dans le gris de ce jour finissant,
Charle aperçut Roland couché dans l'herbe verte.
En le voyant ainsi, Durandal à son bras,
Ayant clos pour toujours ses grands yeux d'émeraude,
Songeant à la douleur qu'en aurait la belle Aude,
Charlemagne se mit à genoux et pleura....
Il baisa la main blanche, il baisa le front blême,
La joue qu'envahissait la mortelle pâleur.
Et puis, se redressant, il cria sa douleur
Les bras levés au ciel vers le Maître suprême.
Son ombre s'étendait jusqu'au fond du vallon,
Sa voix retentissait à travers les campagnes.
On eut dit un grand loup, un grand loup des montagnes
Qui pleure ses petits tués par l'aquilon.
Des siècles ont passé sur la journée funèbre.
Et, de nos jours, on montre encore au fond du val
Le coup que dans le roc a frappé Durandal,
Et la tombe où les preux dorment dans les ténèbres.
Mais quand le soleil tombe à l'horizon sanglant,
Roncevaux voit toujours sur sa plus haute cime
Charlemagne debout, douloureux et sublime,
Qui pleure vers le ciel pour la mort de Roland.
Simin Palay, de sa voix vibrante, lit le beau sonnet de
l'abbé Labaigt-Langlade que voici :

ATJS

SALIÈS

E1ST

HÈSTE

Deu hounds de l'amne espiant l'endret oun hèy biscut
Sept dous mes beroys ans, que-t saludi, Salies,
Pèys yamey desbroumbat, pèys oun chens nad aut brut
Que lou truc dou mé co, bribaben lous mes dies.

�_ 247 —
Que-t dechabi coucade en u brès mau tescut,
Més la glori ta tu hé de bères bâties ;
E lou tou noum, labetz tant-per-tant mentabut,
Adare ey passeyat per las reyales bies.
La bère glori qu'ey qu'hayes sabut goarda
Lou palla dous payrans, e toustem demoura
La hilhe dou Baya, gauyouse e souneyayre.
Ta-s gaudi hoey dab tu nens e grans soun bienuts,
E you, de loegn, dous flocs au tou casau baduts
Que hey ue couroune au tou beroy cantayré !
LABAIG-LANGLADE.

MM. Duffour de Maubourguet, Mouyen de Nay, Castaingt
et Eyt, avec Que-t bouy ayma, publié dans ses Réclams se
succèdent et se font applaudir tour à tour. Le Gurmeth
entonne lous Piquetalos et lous Gabes de Camélat pour les
paroles et de l'abbé Mole pour la musique. Et le café pris,
la gaîté coule douce, discrète, sans faux ton. Les jeunes gens
du Gurmeth, heureux et à juste titre de la réussite si complète de cette fête, reprennent chœurs et chansons béarnais.
A quatre heures on se disperse, en disant de bon cœur qu'on
sait vraiment faire les choses en Béarn.
Et cependant ce n'était pas fini. A cinq heures on se réunissait au siège du Gurmeth et du Syndicat. On a là le
sentiment que l'Escole est bien la fraternité que Mistral et
ses amis ont rêvée. Ceux qui vinrent, et ils furent trop rares
parce qu'on ignorait cette réunion impromptue, conservent
le charme du souvenir d'un tel a-parté. On chanta doucement, gaiement les chœurs du Béarn, les airs d'Al Cartéro.
Le Gurmeth vint saluer au train de six heures et demie les
derniers partants. Et toujours les chants fusaient sous le ciel
limpide...
Comme nous étions sur le point de nous quitter nos
acolytes dévoués et attentifs montraient quelque inquiétude
sur le point de savoir si cette fête nous paraissait suffisamment réussie. Oui, elle le fut. Ces jeunes gens, comme nous
l'avons dit, travailleurs, ouvriers, gens du peuple, bons et
dévoués comme on sait l'être à Salies, nous ont donné l'idée
de ce que peuvent réaliser de pareils groupements. Nous ne
craignons pas de proposer le Gurmeth Salisien comme

�—

248

—

modèle. A Nay on a su l'imiter. Qu'en Béarn, en Bigorre,
en Armagnac et dans les Landes on fonde d'autres groupements similaires ! Qu'aux chansons puériles, idiotes souvent,
de café-concert, on substitue les airs de nos anciens et de
-nos modernes troubadours ! Qu'on exalte l'amour du sol
natal par le souvenir des faits historiques qui parfois se
raccordent à l'histoire de France ! Qu'on ne fasse point fi de
nos traditions et de nos coutumes, mais au contraire qu'on
les recueille et qu'on les conserve pieusement. Voilà ce qui
constitue notre tradition historique, voilà ce qui doit rester
notre patrimoine, ce qui doit être l'œuvre de notre Escole.
C'est ce qu'a su réaliser le Gurmeth. Encore un coup on
ne saurait assez l'imiter ! A lui vont nos remerciements et nos
félicitations pour la brillante organisation des fêtes dont le
souvenir nous restera cher.
Orthez, 5 septembre 1909.
Louis BÂTCAVE.

La, plupart des lauréats de nos concours ne se rendent pas à nos
réunions annuelles pour y recevoir les prix et récompenses que le Jury
de nos jeux floraux leur a décernés.
Il s'en suit d's correspondances très absorbantes qui compliquent le
travail du Président et entraînent des frais d'envois très onéreux pour
la caisse de la Société.
En conséquence, le Bureau a décidé:
i° Que les lauréats sont invités, s'ils ne peuvent se rendre à notre
séance annuelle, à donner mandat à quelqu'un pour retirer ce même
jour, les prix qui leur sont attribués.
3° Que les lauréats qui ne pourront ou ne voudront charger personne de les représenter, seront tenus d'envoyer un franc pour frais
de correspondances, emballage, chargement et envoi dits médailles,
livres, objets d'art et diplômes.
3° Que le Palmarès étant le jour même de la distribution des jeux
floraux envoyés à tous les journaux de la région, les lauréats sont
invités à se les procurer ou bien à attendre la publication du compte
rendu de la réunion annuelle qui est envoyé à tous ceux qui d'une manière quelconque y ont pris part.
Nous les prions instamment de vouloir bien se rendre compte des
complications qu'occasionnent les nombreuses demandes d'éclaircissements, de renseignements auxquelles le Président est obligé de répondre.
L. II.

�— 249 —

CONCOURS DES ECOLES
I. — Traduction de morceaux gascons en prose française.
Ont concouru : 29 élèves de moins de 11 ans dont 27 des BassesPyrénées, 1 du Gers, i des Hautes-Pyrénées.
38 élèves de plus de 11 ans dont 32 des Basses-Pyrénées, 3 du
Gers, 3 des Hautes-Pyrénées, en totalité 67.
IL — Le concours de 1909 est supérieur à tous ceux qui l'ont
précédé ; la traduction littérale est en général très bonne ; la traduction littéraire, plus faible, est cependant assez bonne. Certaines
écoles en ont fourni de bonnes notamment celles de Morlaàs,
d'Arthez-d'Asson et de Mirepeix.
III. — Toute version comporte deux traductions, la traduction
littérale et la traduction littéraire, quelques travaux ont été écartés
pour n'avoir pas observé cette règle qui ne souffre aucune exception.
IV. — Certains concourants ont disposé les mots en colonnes,
comme les chiffres d'une addition ; aussi bien en ce qui concerne
la traduction littéraire que la traduction littérale. Cette disposition présente de grands inconvénients ; nous prévenons les maîtres, pour la dernière fois, qu'à l'avenir toutes les copies ainsi
établies seront écartées sans examen.
V. — Un prix de 100 fr. en espèces sera attribué en 1910 à l'institutrice ou à l'instituteur (Basses-Pyrénées, Hautes-Pyrénées, Landes,
Gers), qui présenter à au Jury des Jeux Floraux le meilleur lot de
cahiers de versions gasconnes-françaises faites pendant l'année scolaire
1909-4910. Chaque devoir sera daté et signé. Le choix des sujets est
laissé aux maîtres. Entreront en compte pour le classement, outre le
mérite littéraire : l'écriture, la tenue du cahier, l'orthographe et la
ponctuation françaises, la régularité et la quantité des exercices.
PALMARÈS
VI. — Récompenses aux élèves de moins de 11 ans.
Diplômes de médaille de vermeil : lie Anastasie Victor, école de
filles d'Arthez-d'Asson.
2e Maria Bouche, même école.

�- 280 3e Marcelle Tambourré, même école.
Diplômes de médaille d'argent : 4e Rosalie Péré, Ecole de filles
d'Arthez-d'Asson.
5e ex-œquo : Renée Bruchou, Ecole de filles d'Arthez d'Asson ;
Georges Lapabe, Ecole mixte de Siros ; Anna Lacabanne, même
école ; Lucie Labède, Ecole de filles d'A.rthez-d'Asson.
6e Laurence Fouchet, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson.
7e ex-œquo : Maurice Toulou, Ecole de garçons de Morlaàs ; Jean
Castets, Ecole de Burg.
8e Antoinette Lanot, école de filles d'Arthez d'Asson.
9° Jean-Baptiste Ducos, Ecole mixte de Siros.
Diplômes de médailles de bronze : 10e ex-œquo, Lannes. Ecole de
garçons de Morlaàs ; Marie-Louise Néguelouart, Ecole de filles de
Larceveau.
11e ex œquo : Edouard Labarthe, Ecole de garçons de Malaussane ; Cathérine Péré, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson.
Mentions Honorables : 12e ex-œquo, Victor Mandonne, Ecole de
garçons de Morlàas ; Jeanne Langle, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson ; Maria Cayéré, même école.
13e Amélie Labarthe, Ecole mixte de Siros.
14e Félicie Place, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson.
15e ex-œquo : Joseph Mestrot, Ecole de garçons de Larceveau ;
Noéline Lateulade, Ecole de filles de Larceveau.
VIL — Elèves de 11 ans et au-dessus.
Diplômes de médaille de vermeil : 1er ex-œquo, François Laraignou
Ecole de garçons de Morlaàs ; André Nougué, même école ; Xavier
Féez, Ecole supérieure de Nay ; Andréa Grand, Ecole de filles de
Mirepeix.
Diplômes de médaille d'argent : 2e ex-œquo, Elva Bruchou, Ecole
des filles d'Arthez-d'Asson ; René-Cyprien Loustau, Ecole de garçons de Mirepeix.
3e ex-œquo : Joséphine Brousset, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson ;
Jean-Ernest Gras, Ecole de garçons de Mirepeix.
4e ex-œquo : Henri Pachera, Ecole de garçons de Morlaàs ; Anna
Bordenave, école de filles de Mirepeix.
5e ex-œquo : Maria Sassère, Ecole de filles d'Arthez d'Asson ;
Raymond Ravie, Ecole de garçons de Mirepeix ; Marie Ravie,
Ecole de filles de Mirepeix, Romélie Fourcade, même école.

�- 251 6e ex-œquo : Henriette Bouche, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson;
Agnès Junqua, même école ; Jean-Antoine Carrère, Ecole de garçons de Mirepeix ; Germain Lateulade, Ecole de garçons de Larceveau.
7e ex-œquo : Marie Berducou, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson ;
Célestine Lateulade, Ecole de filles de Larceveau ; Léon Abadie,
Ecole de garçons d'Endoufielle.
8e ex-œquo : Marie Barrou, Ecole de filles de Mirepeix ; Jeanne
Marie Labarthe, Ecole mixte de Siros.
9e Ernest Grand, Ecole de garçons de Mirepeix.
Diplômes de Médailles de bronze : 10e Mathilde Larrousse, Ecole de
filles de Mirepeix.
11e Maurice Hitos-Hourquet, Ecole supérieure de Nay.
12« ex-œquo: Adélaïde Mandrou, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson;
Edouard Fourcade, Ecole de garçons d'Endoufielle.
13e BriceRicaud, Ecole de garçons de Burg.
14e ex-œquo: Fabienne Lousplas, Ecole de filles d'Arthez-d'Asson;
Jean Béarn, Ecole de garçons de Burg.
15° ex-œquo; Marie-Rose Bousquau, Ecole de filles d'Arthezd'Asson ; Marie Carriquiry, Ecole de filles de Larceveau.
Mentions Honorables ; 168 ex-œquo, Anonyme, Ecole de garçons
de Mirepeix ; Jean Pecoïts, Ecole de garçons de Larceveau ; Jean
Sireix, Ecole de garçons de Burg.
VIII. — Récompenses aux maîtres.
1er prix ex-œquo : M. Lhept, directeur d'école à Morlàas, un lot
délivres; Mme Loussalez-Arthets, institutrice à Arthez-d'Asson,
un lot de livres.
2e prix ex-œquo : Mme Canton, institutrice à Mirepeix, une
médaille d'argent ; M. Canton, instituteur à Mirepeix, une médaille
d'argent.
3e prix : M. Dieuzeide, instituteur à Siros, une médaille de
bronze argenté.
Le Jury, à titre d'encouragement, a voté des félicitations pour
les institutrices et les instituteurs qui, quoique ayant pris part au
concours, n'ont cependant pas présenté des travaux en assez grand
nombre pour recevoir une récompenses personnelle.
Au nom du Jury des Jeux Floraux,
Le Secrétaire Général de YEscole Gastou-Febus.
J.-V. LALANNB.

�— 252 —

La Démission du Capouliè
A la suite de la réunion félibréenne de St-Gilles, le 31 Mai dernier,
sur lesquels nous n'avons pas à nous prononcer à cette heure,
Pierre Devoluy a donné sa démission de capoulié.
Pierre Devoluy était un grand cœur, une âme délicate, un talent
de premier ordre.
Un homme de sa haute valeur ne pouvait accepter la situation
déplorable que lui faisaient d'irréductibles adversaires.
Il s'est retiré dignement.
Nos regrets l'accompagnent dans sa retraite, nous ne sommes
pas de ceux qui trouvent dans l'indépendance du cœur, le moyen
de se libérer de certaines obligations.
Devoluy nous honorait de son amitié ; rien ne pourra empêcher
la notre de lui rester fidèle !
Adrien PLANTÉ.

Noubèles
Riberac. — Lou 20 e 21 de Yulh lou Bournat que s'ère anade
passeya dens la patrie dou troubadou lou mes laudat per lous
mèstes Dante e Pétrarque : Arnaut Daniel. Lasoucietat felibrénque
dou Peyrigord qu'ey arcoelhude a las mirabilhes : Flocs d'eslous,
berdures, drapèus que la mien a la Maysou coumune. U mounde
hóu per las carrères. Au pè de l'escriut sus marine que parlen
Mous de Recoquillon, e Mous de Brunet et Mous d'Anblant : touts
en peyrigourdî.
A la glèyse l'abat Cinier que predique en léngue poupulàri.
Au disna, mayre e counselh municipau, sots-prefet e députât,
dap lous mantenidous dou Bournat qu'entourinén l'amistous e
sabént presidén Mous de Dujarric.
A la Court d'Amou Reverdy que canté ue cansou souee Bobert
Benoit qu'esté lirique e gracious dens VArgentiè dou Paradis e mèste
yougadou denc la soue coumedie : Lous Einouzilhareis.
Loumbès. — Dens aquére ciutatdrin estremade enta nous auts
YEscote déras Pirenéos que balhabe lou 5 e 6 de Setème la soue hèste
aunau. Talèu que lou n° de la Bouts déra mountanhe aye parescut
que-n tournaram parla.

�— 253 —
Laruns. — Sou truc de quoàte ores despuch mieydie au 12 de
Setéme, Mous d'Eyt que dabe ue prouseyade sus lou Biarn. Que-s
parech qu'èren bère crampade de mounde enta l'audi. Qu'a tournât
recoumença à Áygues-Bounes.
Aryelès de Labedâ. — Lou Franchimàn de Simin Palay que-s
yogue de mey en mey e ballèu que s'estangueram de eounda.
Merquém toutù que hé la yoye dous Lourdés, qu'ad'aco ue mesade
e que lou 12 de Setéme lousd'Aryélès que s'y espatraclèn d'arride.
— Lou Meste en pè dou colletye de Dax, moussu l'abat Lahargou,
doctou es-lettres si-platz, qu'ha heyt u plâ beroy discous à la heste
dous Prêts dou colletye sus lou « Tempérament dacquois ». Quin
beroy paraulis, meste, e quin hets fier dous Lanusquets !
Drin mey louegn, à Auch, per la mediche heste lou nouste amie
e counfray, mous de Sarrieu, b'ha beroy debisat de la nouste
loengue e de la soue renachence.
L'ESCOLE.

La

Hilaïro

Pièce qui a remporté la Fleur de Vermeil
(offerte par le Dr Lacoarret (Al Cartero)
Lous sés d'iuèr, quan es ranjado la cousino,
Au cournè, ser un ban, la Catinoun s'assèt ;
Un cop de léngo as dits e, hardit, lou huzèt !
N'auanço dé trabalh, au cla de la rousino,
Que pindourléjo au mur, que goutéjo e tcharrino.
Touto pèu blanco qu'es, canto coum' un auzèt
De mentre que lou hiu passo sans' un nouzèt !...
Lou moucadé flourit, en punto dens l'eschino,
Lou cuiet ser l'aurelho e las grounlos as pès,
Hilo atau, cade se, dempus trente ans e mès.
Mei, s'ag amasso tout la tarriblo Dalhairo :
La Catinoun es bielho e lou lin darrigat...
Ero morto, belèu lou tens aura plegat,
Dens lou darre linço, la darrèro hilairo !
André SÉMEILHON,
de Miradoux (Gers).

�— 254 —

Lou Gat de Céline de Musprim
Pièce qui a remporté la Fleur d'Argent
offerte par le

DR LACOARRET

(Al Cartero)

1ei Prix du Concours de Prose
Ta las bèstis, que-s sab, cadu qu'a ûe préferénce. Si aquet bôu
chibaus, à l'aute que eau bacos ; acét, chens lou sou câ, que sere
malurous. Qu'en sèy « e Lalanne tabe » qui per û cardinat, harén
de grans peguésses. You medich, perque n'at diseri ? Qu'èy û
féble tau... porc... sustout quan ey filet, plà roustit dap, au yus,
bèt drinot de mounyétes.
Qu'ey soun encoère, au cap de hère d'autes, las qui toustém
traynon menatyérie péu ras déus coutilhous. Câs, gats, auzèts en
cuyole e tout so qui boulhat dap, quan pot apari, û beroy parouquet qui lèu de tout sabera débisa, chens yamey disé nat bé, déus
paréns, deus amies ni de las counechénees.
Aquéres, nou-m hè nou nade rèyte d'at dise, que soun las
daunétes de trénte e au capsus ta qui nou counton, ni lous ans de
poupa ni lous de la raubéte, qui hicon tan de téms t'ana deus
bint e cinq tàus trénte, qui s'estangon aquiu auménch penden
dèts ans, ta nou s'en tourna abia que tout a plazerétes.
Que soun, enfi, aquéres qui yamey nou-s bouloun marida ! Nou
pas, credet m'en plà, per nou abe partits ; qu'at sèy e qu'at sey de
bertad (qu'ey l'ûe d'ères qui m'at assegurè) toutes, o bé toutes
qu'en troubèn. La qui mey chic n'abou qu'en countè très ou coate
déus grans, lous autes a doutzénes, mey, nat que nou-n bouloun!
Are, escusat-me si nou-p dau lou perqué. Aco nou m'an pas dit.
Lhèu nou s troubèn yamey brigue de prudagnère delà... maridadére ou lhèu... mey carém-se, que diserém peguésses. Auta plâ
aquiu ne soun pas noustes coéntes, passem-y per dessus e parlem
d'aute cause.
E, puch qu'amasse se troubam a Salies, lechat pe-m counda la
maie benalèye aribade, la sezou darrère a l'ûe d'aquéres daunétes,
a « Céline de Musprim ».
Céline, be sabet, aquére qui tan hor tourteyabe, la qui lou

�- 258 canalhè seguibe en l'escarnin e en countan : cinq etresoeyt...
cinq e très oeyt... cinq e très oeyt. Nous autis medich, en la coun
trepassan, qu'abèm coum bère embéye déu crida : qu'ey bouy
par... qu'ey bouy par... pourmou de s sembla qu'a cade pas que-s
abachabe ta-s amassa pecétes.
Mandade ta Salies per lou sou medeci, que s'en miè, ta nou s'y
debeya en s'y trouban souléte, û cagnot, û bielh gat (deya cauque
chic entecat) e u youen parouquét.
Au cap de chic de dies, apuch lous purmès soégns, la daunéte
que-s troubabe pla mielhou. La came, si u semblable, qu'es tournabe alounga. Né u hazé pas de hère autan de mau quan y premè
desus. Encoere doutze bagns, autan mey de fretades (1) e que-s
bedè goaride.
Nou n'anabe pas parié entau malurous gat qui, segu, perdè
encoère mey qui ère nou gagnabe. Que l'èren tan countraris, lous
ayres de Salies ! Lou praubin nou l'y sabè pas dise, ou lhèu que
nou boulé, ta nou la chagrina. Mey, bère doun malau ! ! Qu'en ère
aribat a nou s poude acaba café au lèyt e coustéte ! ! ! Segu, que-s
anabe seca.
Bèt matî qui, lou mau este sourdéch encoère, la daunéte toute
aus soégns déu praubot, que-s desbroumbè e bagn e esdeyua.
Coum nou la bedè pas, la daune de l'oustau ounère debarade, que
puyè enta-n abe noubèles.
Que la troubè dap lou gat a la brasse, en tri déu paseya, déu
s'aroude de pots en lou bagnan de plous. Lous sous oélhs que
coulaben coum las houns de Salies e l'aygue qui-n cadè qu'ère
lhèu mey salade.
« Anem, bam daunéte. que hèt doun bous aqiu ta que tan pe
« tenda ? Aré nou ey pergut encoère ; quan Couhet ey seré, gat qui
« gnaule n'ey pas encoère mour !
« Bam ! qu'abem la bach û saben « Mato-Sano », biengut de hère
« loégn. Nou sèy quin mau abè, mey que s'en ey pla goarit, que
« s'en tourne ta caze. Nou pirle pas biarnés, mey n'a pas lou sou
« parié ta craca lou francés. Qui sab si n'abere pas, tabé, remèdi
« tau minou. Nou n pot cousta gran cause, boulet qu'éuhey puya ?»
0 be o, hèt biste si credét qu'eu pouchque soulatya.
En û birat d'oelh, lou mèste qu'aribè.
La daunéte, toute rabiscoulade en lou bedén amistousa, gaha,
bira, tourneya, paupa e repaupa lou gatot, qu'eu digou :
(I) « Maseapes ». taus lranchiiuaii6.

�— 256 E dounc, Moussu, quin lou troubat, e sabet bous so qui a ?
« Comment, Madamoiselle, mais vien sûr, que je le sais.
« Il a la douvle chiatique aux currons, l'estropisie dans le
« bentre e, avait ça, le « varvarum fliscum ;&gt; qui jamais ne par« donne.

A moun Diu boune Sente Bièryo ayat pietat de nous, lou praubin
qu'es ba mouri!
«
«
«
«

« Mais non, mais non, ne bous alarmez pas, je bais bou le sauber
mais il faut faire bite. Ce soir il serait morivon. Nous lui mettrons vientot quatre bentouses sur les currons, mais il lui faut
faire prendre, avant, un bain de siège à l'eau de Salies quasi
bouriante avec, dedans, dix onses de farine de moustardons.
« Dépêchons-nous, aparions lui tout ça »...
Credét m'en, aco qu'éste lèu hèyt...

« Maintenant, Madamoiselle, prenez la vête bien doucètement
« par désous les eschères et asseyez-la bien au fond du chaudron
« en l'y ténant très fort ».
Nou sèy si goèyre lou sarabe, méy, tanpertan arribat au bèt
houns déu cautè, sie que troubèse lous moustardous drin bius
ou l'aygue per trop caute, lou gat, miéy pelât e miéy coéyt que
tourné reboumbi. E, coum û herum, chens brigue se bremba de
tout so qui debè a la brabe daunéte, l'ingrat ! qu'éu tiré drét
aus oélts entau-s y arriga.
Hurousamen n'abou pas que lou gauch, e qu'ère lou de béyre.
En s'abourin d'aquiu, que trauquè ta dehore a trabèrs de las
bitros, e mey que nou l'an bist.
Chens aténde soun rèste lou « mato-sano, ét, qu'abè debarat
l'escalè e gahat decap caze.
Que créy qu'éu s'y balou.
Jules
Nay, 23 août 1909.

CARKIVE,

�Au Banquet de l'Escole
A Mous de Carribi

Pus granda qu'un mercat es la sala oustalièira ;
La taula es alestida au mens pèr cent couverts ;
Linge blanc, plats d'argent , e flous, e rampaus verds
lé fan, dins lou miech-jour, oundrura sous parieira.
Lous de « Gastou-Febus » dintroun pèr banqueta,
S'espassoun tout autour, cadun causés sa plaça,
Agacha lou « menut », de vint regas e passa,
Espérant que Planté couvide à s'assetà.
Carrihe, trufarèl, aquel menut coumenta :
La « garbure » ■ aco's bon pèr lous vièls sans caissau "...
Lou « Sàrri »'s que de « crabe » !... as a mounyous » eau de sau
E i'ajusta de plats, de mila vis l'aumenta
Arribat à la fi, quand legis lou devis
De Fouis e de Biarn : « E toques-y, se gauses ! »
«Mourlriéu! fai, « que gaussan daban tant bonnes causes!...
Febus aban ! d'assaut que prenem cars e bis !...
21 d'Agoust 4909.
P. CHASSARY.

Vers dits au Banquet
Par Paul

DUFFOFR,

de Maubourguet (Hautes-Pyrénées)

Quan l'estoumac ey plé, lou cerbèt que trabalho
E la lenguo que pruts. Après uo ripalho
Que-p arribo toustem l'embejo de parla
— A nousto que dirén : « hami de batala. » .
Moussus e
Aci, sensé
Que d'èste
E que m'y

chers counfrays, jou que-p bouleri dise,
fayssou, franquomen, sensé arrise,
dap bous auts que souy hère counten,
bouleri trouba drin mes souben.

Aci, qu'em amassats dap la mémo pensado ;
Benguts dous quate couens de la nousto countrado :
La Bigorro, lou Gers, las Lanos, lou Béarn ;
D'Orthez, Pau, Maubourguet, Nay, Bidacho, Lescar.

�- 258 Qu'aymam touts de canta la petite Patrio,
La terre oun en bajuts — Jou qu'adori la mïo ! —
Qu'em aci réunits hommes de touts mestiès :
Curés, instituturs, coumerçants e rentiès.
La gleyso, l'ateliè, l'escolo, la boutiquo.
Tout qu'ey représentât aci. La politiquo
Qu'ey la mémo per touts a-dequeste moumen :
Qu'em touts françés, amies, e felibres toustem ! !

Santat pourtade per Mous de Mouyen
Quoan coussirèt a Nay l'aut die
Si p tarbusteyèy u drin
Perdounat-me ! — car de noubè
Nou n'y abè que lou dit menin.
Ço qui-p digouy dous de Salies
Qu'aymaben hère lou bou bi,
Que hicaben bères garies
Mey que lou Diménye aus toupis ;
Que las maynades qu'ey soun frésques
Lous omis escarrabilhats
Que debouret a lurs guilhéques
Tiené-p dus dies pla quilhats:
Tout aco qu'at disi chens hèyne
Istôri de peguesseya.
— Ere bertat ? Heyte la teyne
Respounse em balharat douma.
En atendén que hèm la hèste
Minyam, bebém, cantam, trincam
Lou mey pausat ou daune ou mèste
Que-s hique au brànlou dou trim tram.
Aço you, que-m bire la care
Que badàlhi d'admiraciou :
Flûtes, briulous, cors e fanfare
Per chic tabé cops de canou.

�- 259 -

En u bouquet aci ligades
Toutes las flous d'èste parsa
Ras de la Rèyne douces hades,
Las gouyates dou Saliera,
U banquet hèyt tout de génies
Qui hèn escoune lou sourelh
Bi blanc, bi rouy, bi de Salies
Taus cauha drin mey lou cabelh.
Ma fé, Saliès, que hèt las causes
Beroy coum eau, e lou drapèu
Dou fièr Gastou : « Toque-y si gauses ! »
Qu'où pourtat haut, dret cap au cèu.
Doungues que lhèbi lou me béyre,
You hilh de Nay, aus troubadous,
En disén: « Amies au rébéyre
La haut, a Nay las mes amous ! »

Case

1

Trobes biarnéses, per S. de PALAY. — Rebirade francése p. A.
LABORDE-MILAA, 1 b. in-8°. Illustrât 20 liures. Sénse imadyes
30 sos. Enço de l'autou, 11, carrère de la Préfecture, Pau.
Quin beroy libe de pouesie franque e clare !
Lou qui l'escribou qu'ey d'û cap a l'aut segu d'et, qu'ey hort e
qu'ey parié.
Que bau sourti drin aban hèyt de banta-u permou, sabéts, et e
you, you e et que debém ha lou parélh. E aco sensé embéye e Diu
que m'entén, se partim amasse en 1892 qu'esté dap la pensade de
tourna quoauque yoye e lou sou biélh lustre a la may Gascougne
e dou balha ou mén las mélhes pauses de la nouste bite.
Dens « Pou Biladye » Lacoarret que cante lou curious dehore
dou mounde de nouste : paysas, mesteriaus, perrequès e techenès.
Nou-m demàndi pas se la parescude dou libe saliè ey drin parénte
de la councebude dou pouémi : Case. Oerats l'abillésse dou trou_
badou. Que nou-s counténte suban l'escàrni franchiman qui coupie
loungademéns ûe coupie d'ûe coupie de gnaute coupie e p'en

hartara dèts ou bint ans en seguide d'aygue de bugade e d'aygue

�— 260 de bachère, Palay riche de tout chens nat ardit, Palay riche dous
cap d'obrescourne ÏArquet e Caddèts de Gascougne, Palay quepudse
dens lous soubenis sénse noumbre de la soue yoentut e qu'apère
a l'ayude l'amne dous mourts de case soue. '
Tout que biu, tout que parle dens la mayiou aquere, despuch
lou çrimalh dinque aus esclops de darrè la porte. Que s'y yumpe
lou Barrau courtot e pansut ; que s'y pénen sabourouses las Penderilhes ; qu'an û perfum de flous séques las raubes dens lou Cabinet
de cerise ; qu'y truquen ou claquetéyen lou Telè, la Bargue ; que
p'engourgoustech lou Lheyt houn de plous taus qui baden, houn
de plous taus qui s'en ban puchque
... sentéch quauqu'arré d'enterrat dens Ion cam.
Case que sera l'aunou de TEscole biarnése. Aquet mout ourgulhous d'escole qu'ey a bouléns qui l'apoudyi. Lous noustes yocs
flouraus d'angan, lous de las anades passades que mérquen ue
rebiscoulade ceume nou s'ey biste en loc.
Espiats, Daune Pouésie, dap lous oelhs de Dibésse, dap las
machères rouyes de gouyate, la talhe d'encantade houran dous
sous pederins lous glacés, lous gabèts, lous aubos de la mountagne
e debaran dinque aus saligas dou Gabe e drin mey haut pausan-se
sou castèt de Pau....
Que recounechém e, nou s'en coste brigue, que dens lou co dous
sous amies, enter touts lou mes balén, lou mes entreprenén lou
qui bèt-tems-a ey dit lou mèste qu'ey lou cantadou qui èm urous
de saluda dens la soue obre nabère.
Miquèu de CAMELAT.

NABÈTHS COUNFRAYS
M.
M.
M.
M.
M.
M.

Prat, Jacques, instituteur, à Montardon (B. P.).
Bernis, ingénieur en chef, à Tarbes.
St-Pé, Louis, à Bayonne.
Labastide, percepteur, à Nay.
Fourcade, Roger, hôtel du Boulevard, à Salies-de-Béarn.
Méliande, docteur-médecin, à Thèze.
Lou Yérant :

E. MARRIMPOUEY.

PAU , EMPRIMERIE VIGNANCOUR — PLACE DOU PALAYS.

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              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
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              <text>Littérature gasconne -- Périodiques</text>
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              <text>Histoire locale -- Gascogne (France)</text>
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              <text>Reclams. - octobre 1909- N°10 (13e Année)</text>
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              <text>Trarieux, Gabriel (1870-1940)</text>
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              <text>Labaig-Langlade, Jean</text>
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              <text>Batcave, Louis (1863-1923)</text>
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              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
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              <text>Planté, Adrien (1841-1912)</text>
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              <text>Semeilhon, André</text>
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              <text>Carrive, Jules de (1844-1923)</text>
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              <text>Camelat, Miquèu de (1871-1962)</text>
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          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" alt="" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Imprimerie de Vignancour (Pau)</text>
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              <text>1909-10</text>
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          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2199"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2199&lt;/a&gt;</text>
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