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                  <text>Auis très important
Nous rappelons à nos confrères la modification qu'un motif
important nous a fait apporter aux dates des fêtes de Capbreton et
que toute la presse de la région a bien voulu leur faire connaître.
La réunion est devancée de vingt-quatre heures.
Arrivée des Félibres et réception le soir par la municipalité
le dimanche 4 Septembre au lieu du lundi 5.
Jeux floraux, le lundi matin 5 Septembre, à 10 heures et banquet
ce même jour au lieu du mardi 6.
L. R.

Choses de che^ nous
Pour un indigent
« A l'oulhe tounude, lou bon;
Sus lous petits, cadun que daube ;
E qu'enténi dise souben :
/,0!t gascoun, qu'es ue lengue praube.»
I. SALLES.

Un bon camarade, passionné comme moi pour les choses de nos
chères Landes, m'a fait'un jour l'honneur de me demander quelques renseignements sur notre beau dialecte landais. «Je voudrais
tâcher, me confessa-t-il, de montrer l'indigence de son vocabulaire
et son impuissance à rendre une foule d'idées. Je serai bien aise
d'avoir ton avis là-dessus. »
J'ai défendu de mon mieux l'indigent qui m'est cher ; et voici mon
avis motivé ; je n'ose dire mon plaidoyer.
Et d'abord Comment montrerait-on l'indigence du vocabulaire
landais? Je crois qu'on ne peut guère procéder que par comparaison : le rapprocher premièrement du vocabulaire béarnais, par
exemple, qui passe à juste titre pour un des plus riches de la
langue d'oc; secondement du vocabulaire français.

�— 166 Du landais et du béarnais, quel est donc le plus indigent ? Bien
avisé serait certainement celui qui répondrait avec précision à
cette question.
Mais il est généralement admis aujourd'hui que ces deux parlers
ne sont que deux sous-dialectes du gascon qui est, lui, un des
quatre dialectes de la langue d'oc. Il faut observer en outre qu'ils
sont voisins et qu'en raisou de ce voisinage, il s'est produit, sur les
confins, des mélanges de vocables et des variantes de termes. C'est
pourquoi ils ont une masse de termes communs. On n'exigera
point, je pense, que j'en dise le nombre exact ni même approximatif. J'avoue que ma curiosité n'est pas encore allée jusqu'à
vouloir le calculer. Mais le fait que j'énonce est incontestable, je
crois.
En plus de ces vocables communs, il y en a qui sont ou plutôt
qui semblent particuliers à telle ou telle région. Il est évident que
dans la partie forestière de nos Landes on fait usage de mots
inusités dans les vallées d'Ossau, d'Aspe et de Baretous, par
exemple. Et réciproquement le vocabulaire de cette région monta
gneuse possède des termes que n'a pas celui de la plaine landaise.
Mais à mon avis, il n'y a pas de raison plausible qui s'oppose à ce
qu'un Landais, parlant des choses de la montagne, se serve des
termes spéciaux que lui fournit le vocabulaire de cette région. De
même, un montagnard peut se permettre l'emploi de tout terme
landais dont son parler n'a pas l'équivalent.
— Oui, va-t-on se hâter de m'objecter; mais ce faisant, on
mélange les deux idiomes, et...
— Et, répliquerai-je, je ne vois pas le moindre mal à cela, parce
que le parler, quoique mélangé, reste purement gascon-. Linguistiquement parlant, serait-il préférable d'emprunter des termes au
français pour les gasçvniser ensuite? Je ne le pense point. Mieux
vaut mille fois la fusion de deux sous dialectes gascons que
l'emploi d'un jargon moitié français moitié gascon.
Cela posé, je conclus que le vocabulaire landais doit être aussi
riche que le vocabulaire béarnais.
Mais il est juste de reconnaître que le premier s'est beaucoup
plus abâtardi. Les gallicismes s'y multiplient, hélas ! de plus en
plus, notamment dans le Marensin et la grande Lande. On y dit
couramment par exemple : mo.unla, descende, toumba, cloche, route,
couberte, etc, tandis qu'on disait et qu'on devrait dire comme en
Béarn ; puya ou pouya, debara ou draba, cade, campane, caminnau,
aprigue, etc.
Soit dit en passant, c'est là un mal contre lequel doivent très
énergiquement réagir tous les fervents de la langue gasconne en

�167 allant toujours chercher sous cette couche de gallicismes, les termes de
bonne tilhe gasconne.
Et du landais et du français quel est le plus riche ?
J'avoue que je viens de tourner sept fois la langue dans ma
bouche avant de répondre. C'est une excellente habitude, car ainsi
j'ai eu le temps de faire les observations que voici :
Le dictionnaire de l'Académie Française contient environ vingtsept mille mots. Certes, c'est un bien gros chiffre. Mais combien y en
a t-il qui sont empruntés à l'italien, à l'espagnol, au portugais, à l'allemand, à l'anglais, au flamand, au suédois, au russe, au polonais,
au hongrois, à l'hébreu, à l'arabe, à l'hindou, au chinois, au malaisien, à l'africain, à l'américain, au provençal, au gascon même et
à tant d'autres !
Empruntés aussi les termes scientifiques dont le nombre est si
grand et va grossissant chaque jour. Anciens ou nouveaux, ils sont
tous ou grecs ou latins, et leur origine étrangère se distingue très
nettement sous leur habit à la française.
Est-il donc réellement si riche celui qui depuis si longtemps
emprunte tant et un peu partout !
En tout cas, je me demande quelles raisons sérieuses on peut
faire valoir pour soutenir qu'au français seul est réservé l'usage
de tous ces termes empruntés. Oui pourquoi le landais ne dirait il
pas aussi bien que le français :
Macaroni, piano, arlequin, brigand (italien) ; tabac, tomate,
tulipe, mérinos, alezan (espagnol); coco, abricot, chamade (portugais) ; chèque, bifteck, grog, punch, jockey (anglais) ; gaz, azote,
pyramide, diamètre, are, télégraphe, téléphone, etc., etc.
De deux choses l'une ; ou cette catégorie : de termes empruntés
constitue un premier fond commun ou elle ne doit pas entrer en
ligne de compte dans la comparaison que nous faisons. Dans ce
dernier cas, il faut s'en tenir aux mots appartenant au langage
usuel.
On peut les diviser en deux catégories les uns sont d'origine
populaire, les autres d'origine savante. La plupart des premiers,
dérivés du latin et du grec, sont communs au français et au gascon,
issus tous deux de la même souche.
Tels sont :
Omi et homme de hominem ;
Hemne et femme, de feminam ;
Mascle et mâle, de masculum ;
Espéra et espérer, de sperare ;
Escribe et écrire, de scribere ;
Audi et ouïr, de audire ;

�- 168 —
•Istori et histoire, de historiam ;
Memori et mémoire, de memoriam ;
Castet et château, de castellum ;
Brac et bref, de brakos ;
Estaca et attacher, de estaka ;
Flèu et fléau, de phleos ;
Clede et claie, de kleda, ete., etc.
Les autres aussi dérivent en général du latin et du grec. Mais ils
e
en ont été tirés à partir du XII siècle, par des lettrés pour exprimer des idées ou des choses nouvelles et furent peu ou pas compris
du peuple. C'est parmi ceux-là que se trouvent ceux qui n'ont pas
d'équivalents en landais.
Mais par contre celui-ci en possède à son tour une multitude
n'ayant pas de correspondants français. Que d'expressions originales, piquantes, savoureuses ou figurées, il nous fournit et qui
sont traduisibles que par des circonlocutions françaises qui n'en rende
qu'imparfaitement le sens ! Je cite au hasard de la plume : tourr
gohe, gaumas, esgnirouca, misereya, aygasseya, thimpoulha
poulha, bouhe-brac, brame-pan, hart-de bade, minya-quen-n'a
mus-prim, piche-miut, ploure-miques, scarre-sac; nas-de-pique
pout, yan-lire, etc., etc.
Voici, dou défunt pipin Isidore Salles, le troubadour landais si
regretté, une spirituelle boutade qui, à un autre point de vue, fait
encore ressortir on ne peut mieux

LOU RICHEY DOU PRAUBE
A l'oulhe tounude, lou ben !
Sus lous petits cadun que daube,
E qu'enteni dise souben :
Lou gascoun qu'es ue lengue praube,
Le Ninete dou Cap dous Pouns,
Un dimercs que s'en ère anade
Béne garies, piocs e-capouns
Au marcat de Peyrehourade.
Bint ans ! lou printems à les dens ;
Crâne, leste, brabe coum quoate,
Que hasé redise à les yens :
Diu bisclam ! Bet brin de youyate !
Sus lou camin, heyt à mitan
Ue arrecardère que passe :
— De le pouralhe, coan bos ? — Tan !
— E-t truies de you, youyatasse !

�— 169 —
Bère boiture e bet chibau
S'estanquen... Le buts galantine
Dou Moussu que cride : Oun bas atau ?
Bos bine dab you, gouyatine ?
Dequet pan, you ne minyi pas !
E Ninete repren le trote.
Passe un curé : Dan d'aquet pas,
Que-t pas fatiga, gouyatote !
E le noeyt entran à l'oustau,
Le may que dits : E doun Ninete,
Boune yournade ? — Atau, atau.
— Anem, bin soupa gouyatcte.
Troubats-me doun, en lou francès,
Mouyen de dise en ue paraule,
L'amistat, l'amou, lou mesprès,
Le pitat e
le faribaule.
Oui, c'est l'avis de tous les linguistes : les dialectes locaux ont
des richesses qu'on aurait tort de mépriser, et l'un de nos plus
grands savants, Michel Bréal, a dit quelque part : « Les «patois »
du Midi surtout, avec leurs diminutifs, constituent une langue
pittoresque et plus riche que le français.
Je conclus donc : l'indigence du vocabulaire landais n'est pas si
grande qu'on veut bien le croire. Les différences avec le vocabulaire français portent principalement sur les mots qui ne font pas
partie du langage usuel parce qu'ils sont d'origine savante. Mais,
môme dépouillé de tous les gallicismes, notre vocabulaire est
encore assez riche pour soutenir la comparaison sans trop de
désavantage.
Et puisqu'il n'est pas réellement indigent, il n'est pas impuissant
non plus à rendre une foule d'idées, car son impuissance découlerait évidemment de son indigence.
Mais je pose ce principe : Les mots en général dépendent des
idées ; c'est à-dire une idée étant trouvée, il faut un mot pour
l'exprimer.
Or les Landais ont-ils et peuvent-ils avoir autant d'idées que
qui que ce soit ? Oui, sans doute. Et leur dialecte ne leur fournirait pas assez de mots pour représenter leurs idées ?
Peut on aussi contester qu'un landais connaissant à fond sa
langue n'est jamais embarrassé pour s'exprimer correctement ?
L'impuissance à rendre les idées n'a d'autre cause que la
connaissance imparfaite du vocabulaire ; c'est le fait de l'individu
et non de la langue.

�170
Mais la question exige un autre examen. Il faut se demander si
le landais est impuissant à rendre une foule d'idées exprimées en
français.
A mon humble avis, non. Les mêmes idées peuvent s'exprimer
en landais et en français. Mais celui-ci les rend d'une façon
supérieure. Cette supériorité, faite surtout de clarté, de précision,
d'élégance, de souplesse constitue son génie propre et je n'hésite
pas à reconnaître que ces qualités en font la plus belle langue du
monde.
Mais notre landais aussi est une belle langue.
.Lengue d'amou, lengue fiere, amistouse,
Fière coum lou clairoun qui-s apère au coumbat,
Douce coum lous souspics de la nabère espouse
Elle n'est pas seulement virile, enjouée, harmonieuse et pittoresque. Mais assez riche, assez mélodieuse, pour servir heureusement l'inspiration poétique, dirai-je avec M. Millardet, le distingué
professeur du Lycée de Mont-de-Marsan, la langue gasconne n'est
pas propre seulement à rimer des couplets et des chansons ; elle
est capable aussi d'exprimer avec clarté et avec force de grandes idées
morales. Ne serait-il point téméraire de la comparer sur ce point

au français ?
Cependant écoutons l'aveu d'un des plus illustres écrivains de
notre littérature nationale. « Le Français, dit Montaigne, succombe
ordinairement à une puissante conception.... vous sentez souvent
qu'il languit sous vous et fléchit.... Il y a, bien au dessus de nous,
vers les montagnes, un gascon que je trouve singulièrement beau,
sec, bref, signifiant, et à la vérité, un langage mâle et militaire
plus qu'aucun autre que j'entende, autant nerveux, puissant,
pertinent comme le français est gracieux et délicat. » Aussi faut-il
voir avec quel entrain l'ancien maire de Bordeaux poussa son
fameux cri : « Où le français ne peut aller que le gascon y aille ! »'
Aussi, et je le dis sans honte aucune, je suis très fier de notre
beau gascon landais, et je l'aime passionnément. Je ne rougis
donc pas de le parler et de l'écrire. Et aux « escoude-cans » qui
disent qu'il n'est pas distingué de parler « patois », je réponds :
Quand je parle gascon, je ne parle pas « patois ».
Mon parler est une langue aussi vieille et de même origine que
le français lui-même et que les autres parlers de France. Oui,
c'est une vraie langue ayant son unité, sa couleur propre, sa
beauté, sa richesse, son harmonie ainsi que l'atteste toute une
littérature. Mais vous ignorez tout cela, et voilà bien ce qui n'est pas
distingué.

�— 171

-

C'est la langue de nos aïeux, de nos parents; la langue qui berça
nos premières années ; notre langue maternelle, enfin et vous la
méprisez, ingrats. Voilà bien, ce qui est encore moins distingué.
Aimez-la donc celte « langue mayrane » et surtout parlez-la.
Soyez-en fiers. Mais n'oubliez jamais que « celui-là seul est français du cœur à l'âme et de la tête aux pieds qui sait, parle et lit la
langue française ». Au-dessus de tout placez donc toujours notre
belle et noble France ; et si nous crions : Vivent les Landes et la
Gascogne ! crions plus fort : Vive la France !
S. LACOSTE.

La mourt dou bielh paysâ
[A la memori dé papa)
Lou bielh, despuch loungtéms crouchit per las anades,
Plegat sus dus bastous, ma'cat, endoulourit,
Que s'éy hicat au lhéyt t'acaba sas yournades,
Praube cassou-quérat, malau yaméy goarit.
La bite, que l'aymè, la mourt, que l'éy léuyère ;
Qu'abè biscut chens pòu, n'a pas póu de-s mouri.
Ta bibe ou ta mouri, qu'a mediche payère,
La talhe d'û gigan qui nou pot s'espauri.
Quate-bins ans passais de tribalh, de misère ;
Qu'a patit mantes cops hami, rét e calou,
Toustém plegat sou sòu ; la terre néuricère
L'a.pas pagat soubén au prêts de sa balou.
A pênes desbesat de la haute mayrane,
Esquinat, pè-descaus, pous boscs qu'esté pastou.
En so de l'an badou, la rèyte qu'ère grane
E que calou gagna-s de dore l'escautou.
De las moures dous plèchs que-s hase mascadure ;
Nou patibe pas sét dap l'aygue de l'arriu ;
Goayre pâ de roumén, lhèu pas prou de mesture,
Mes débat lou cèu blu, gay coum ù coutouliu.
Que badou gran e hort, prestit per la nature ;
Enta l'obre, mourdén, tilhous coum û bencilh.
La mourt que l'ahè près lou pay : sa taque dure
Qu'esté mielhe ta d'ét quoan calou 'sta bou hilh.

/

�Segu nou baga pas d'ana ta las escoles ;
Lou tribalh chens repaus qu'esté soun gran reyén,
Mes qu'espia daban d'ét, capsus, débat las soles,
E nou sèy trop quin hé ta poude esta sapién.
Puch quoan l'ore e truca de serbi la patrie,
Hilh de béude, qu'auré poudut nou pas parti,
Mes que-s benou, que-s hé souldat dap allegrie,
Ta que la bielhe may n'ousse tan à pâti.
Qu'abou la soue part de las guerres d'Afrique,
Toustém balén, toustém hardit, plé de balou,
E, sèt ans acabats, qu'abè sus la tunique,
Lous galous de seryan gagnats au cam d'aunou.
Lou sou déute pagat, que s'en tourna ta case,
Oun pourtan lou richè n'ère brigue biengut.
De tous lous pèis courruts, nad l'abè poudut plase,
Tan coum lou praube endrét oun ét ère badut.
E que presti lou sòu, seguin sa rude bie,
Treytia, houtya las bits, semia lou roumén rous,
Chens s'estanga jamey, lhebat abans lou die,
Ta que hilhes e hilhs qu'estoussen mey urous.
E qu'èy aquiu, lou bielh crouchit per las anades.
Que sab, praube malau, que nou pot pas goari,
Que s'éy hicat au lheyt t'acaba sas yournades,
Més, balén dinqu'ou cap, n'a pas pou de mouri
Que bed tout lou passât, sa memori doulente,
Las ores de misère, e, soubenis méy dous,
Pous cams lou frut lhebat débat sa mâ balente,
E l'arbe qui 'slouréch ta paga sas sudous....
Qu'éy mourt, lou praube bielh, acabade la taque.
La qui, quoate-bint ans n'a poudut l'espauri.
Més tan qui-n badie engoè cauqu'us d'aquére traque,
La race dous paysâs n'èy pas près de péri.
Andréu

BAUDORRE.

(Biarn).

mm

�- 173 -

La Glori dous Arnauts
Au balen Camelat:

Qu'ey mijour ; l'Anjelus que trangue à la campane.
L'arrasim que madure en sus dou coustalat
E lou sourelh d'estiù, eslugragnan la plane,
Hè béla lou milhoc e cabelha lou blat.
Qu'ey l'hore oun p'ou ceù blu pouje l'itnne eourale
Dous aujamiots, dous chérouquès e dous arnauts.
Lou grit cante p'ous greps e.p'ous pins la cigale,
Dat d'auts animaus chins, insabuts de nous auts.
D'auts doun nouste fierté trufe l'amne merménque,
Asselats p'ous crouhos, alasats p'ous soulans,
Qui, se per debisa, n'ou n'an pas nade lenque
Lugréjen de coulous clares coum arcoulaus.
Aquiù so qu'ey pensât a l'oumpre mouracude,
Oun l'ourgulh bouheroc m'a bengut esbrouhi.
Tout d'un cop, sus ma man pelude qu'ey bengude
Ue bestiote e que m'a dit en tout brouhi :
— « Pouète ! escoute, hè mesclagne
De natre neù de la mountagne,
D'aur dou sourelh ;
Pren a la ma sa coulou blure
A l'aube plegne de frescure
Soun sang bermelh.
Emproute l'argent a la lue,
Demande un hoec a l'esbelue,
Qui si gayman ;
Pren tabé lou cerc qui clareje
E hique-ù, pouète, abarréje
Dat lou diaman.
Ecoau, per modes saberuques,
Dat aquéres coulous alluques
Beroje aujou ;
Maugrat que toun obre si bère,
Que-t défendi de ha, de hère
Rampeù dat jou.

�- 174 Débat ue brouste de casse,
Eu de m'anisa, préni place
Chic temeruc ;
Lou raen cos toustém que s'esbite,
Mes eau pas, per feni ma bite,
Bien'grand trebuc.
Que-t dises de la terre ilhuque,
Qui-t da la soue poupe eschugue,
Lou Majouraut ;
Austant qu'en pouyrè chens arrise,
Countre tu, petit aumiot, dise
Lou mendre arnaut.
Qu'abem l'aur dou blat qui madure
E dous prats la fresque berdure,
Bray ! amiguet !
E d'aco brique n'ou-t cap:bires,
En de nous auts pùnten las bires
Dou bert turguet.
Bestit de rousset e de rase,
La calou, négue que-t hè base
Coum un bouhoun.
Jou souy bet, chens esta bantayre
E toustém hey brouni per l'ayre
Ue cansoun. »
E loung-temps qu'escoutey la bestiote estiglante,
Que se m'ere arruhade e parlaue tau bet ;
Qu'auè de pipailhs d'aur. tacat de la soue mante,
L'Echentey : que partie. Qu'ère un Boule-Haubet.
(9 juillet 1910)

François de

LARTIGUE.

Montguilhem (Gers)
Moûts escarriès.— Arnauts : nom générique des insectes, principalement
des coléoptères ; Greps : terres incultes ; Merménde : piètre ; Soulans :
coteau exposé au Midi : Mouracude : fraîche, humide, marécageuse ; Esbeluc:
étincelle, ; Ilhugue : gercée, rire, flèche, flèche de maïs ; Estiglante :
brilllante; Pipailhs : tavelures; Boule-Haubet: coccinelle rouge avec des
points d'or. Il y a eu une autre espèce, grande, rouge avec des points noirs
appelée: Marie; Asselats: à l'abri du vent; Crouhos: interstices.

�A prépaus d'û Mout
A MOUS DE LALANNE
(SUITE ET FIN)

Que regreti, moun cher counfray, d'habè à critica so qu'atau
disetz sus lou mout assemblade.
Au loc d'at ha secamentz per simples afirmatious e références
aus bielhs actes probatius, — coum si ne s'ayibe que de bous e
you, en lécha de coustat lous lectous deus Reclams, -- que-m
semble mielhou, au double punt de biste de l'histori e de la
lengue de nouste Bearn d'autes cops, de mentabe aci textuelementz
certens passatyes dequets actes, lousquaus d'alhous, chens esta
inédits, n'es troben pas pertout.
1° En 1482, serment de fidelitat prestat aux Estats de Bearn per
lou Rey FRANCÉS-FEBUS, petit-hilh de l'illustre GASTOC FÉRUS :
In Nomme Domini, etc
Et cstans ainsi en la presentia et per davant ledit Seignor et Rey, lo jour
cy-dessus désignât, presentan et baillan audit Seignor et Rey, per introduction de la cause de ladite assemblada, une cedulle contenent certans
artigles, disens que lous Seignors, etc

2° En 1540, advis deus Estats de Bearn au rey HENRIC D'ALBRET,
sus lou maridadge de la princesse JOANNE, sa hilhe unique, ab lo
duc de Clèves :
« Au Rey remonstren très humblement las gens deus
pays, vostres tres-humbles et tres-obediens subjets,
vous aye plagut los far entender, à la uberture de
vous abets commandât estar feyte deusdits Estats, etc.

très Estats do vostres
conjuntement : com
TAssemblade, que
»

�- 176 3° En 1581, serment de fldelitat prestat aus Etats de Bearn per
, futur rey de France ; e serment réciproque deusdits
Estats :
HENRIC

« HENRIC, per la gracia de Diu, rey de Navarre, Seignour souviran de
Bearn, etc., habem, lo jour de ouey, en la convocation et assemblade per
nous feyte de nostres dits, etc.

« Losquoals Barous et Gentius et autres députais deudit païs qui an fevt
lodit jurament son apperats en ladite assemblade, etc. »

4° Fors et Costumas de Bearn, refourmats, en 1551, per l'ourdi
d'HENRIC II, rey de Navarre et seignor souviran de Bearn, etc. :
« Ritbrica Deus Estats, article 6 : Augun suspect no den entervenir en
Z'Assemblada, quoand se tractara de la causa en laquoau sera suspect »....

5° Redglaments et establiments deu pays de Bearn, feyts, à l'intercessiou deus Estats, de 1552 à 1676 :
« Rubrique huitième, Deus jurais, de ço qui lous es attribuit et deffendut.
Article 55 :
« Permetut à las petites communautats de far assemblades generalles...
etc. »

En leye dab quauque atentiou lous dibers actes ci-dessus mentabuts, actes d'abans l'uniou e incourpouratiou deu Bearn à la
France, en 1620, que-s bet qu'u gran noumbre de moûts qui sembleren empruntais de fresc à la lengue francése qu'èren deya
emplègats en Bearn quoand aquet pays bibèbe encoère de sa bite
nationale, propi e independente...
Dens lou terrible hoec qui, la noueyt deu 20 au 21 noubembre
1908, a destrussit mantues richesses deu bielh « Trésor de Pau »,
à las Archives deu Département, qu'an hurousamentz saubat la
mey gran partide deus actes de Non taris, oun, mielhou que pertout
alhous, se trobe exprimat e counserbat sancé lou lengadye bibent
de noustes chers ancestres.
Autes cops, en Bearn, las billes e lous biladyes, entaus ahaas de
lur coumunautat, que youiben de hère mey de libertatz que hoey
lou die. L'èmplec du noutari public enta counstata e authentica
las deliberatious preses per la besiau qu'ère fréquente. Biam-ne u
soul exemple ; que l'ey choèsit pramou deus moûts emplègats peu
noutari dens l'acte mentabut.
« Lou très de mars, jour de dimers, quoate hores après miey

�jour, l'an 1537 », las yens dé la coumunautat de Nousty, bilatye
prou proche de Pau, se reunin « en assemblade besiau » per
arresta las coumbentious e counditlous d'u partage, etc., etc.

Hère prou, enta nou pas dise hère trop de citatious de bielhs
textes atau... Ey bertat, moun cher counfray ?
Ne s'agech plus que de sabe si soun labourables à boste thèse
ou à la mie.
E dounc, quoand me rebien à la memori lou brebet d'infaillibilitat que l'amie Batcave p'a taa beroy décernât, dab soun solemne
« Crcditur » et cœlera, — si touts dus me lecliats u drin arride,
coum coumbient entre Biarnés counfrays e brigue pècs, — que
gausi ha appel deu Pape au Pape mielhou infourmat, e que coumpti
de segu sus sa yustici esclayrade e au besounh sus soun humilitat
chrestiane enta recouneche e prouclama, coum bertat bertadère
que lou mout assemblade n'ey pas «juste francés», e qu'ère
d'usadye generau en Bearn loungtemps abantz que «lou nouste
Henric» n'estousse debiengut rey de France per dret de counqueste e per dret de nechense. Amen!

Biam gnaute punt, moun cher counfray. Que m'abetz dit, à las
payes 04 e (io deus Reclams :
« La « Réunion générale » de Febus qu'ère ùe cause nabe, ey
bertat ? E pudique lou dicciounari biarnés ne poudè, qu'abém
lou debé de talhuca-s ù mout nabèth.
« Suban lou drét e la resou, que serém demourats héns la fayssou
la mey biarnése, si damassa « verbe », (réunir, assembler),
amassât, amassade, « participes », abèm hèyt lou nou m amassade (réunion, assemblée).
« Hère méy, aboats-éc, Moussu, que s'abèin anat ha emprount
au proubensau, au francés, au lati, à l'espagnol ou au pourtugués,
dou mout de Coungrès, qui n'a per nouste ni paréns, ni tagnéns,
ni amies, ni aprics, a qui heré ourbi la bouque toute liante au
paysâ de l'arribère autan ou mén qu'au pastou de la mountagne...
« Amassade n'ey pas brigue u « néologisme ». Lou mout, mascle
e fumèle, que eau que trote, que gallope de la gaule de l'Adou dinquo
Pau e dilheu au delà. A Bidacbe, qu'audirats tout die, per aqueste
sesou, dise : l'amassât de heurè, endoum de péchs qui hèn amasses,

�- 178 a grans ahoals, la beroye coénte de l'amou. Per Lahounta, Baylocq,
Bérenx, Baigts, Orthez ; e mey loéngh, decap la mountagne, à
Lucq, qu'èy entenut : Quine amassade de mounde ! »
Tout aco, Moussu lou Secretari-General, qu'ey de segu hère
beroy dit e que hè imatyes.
Ainsi, l'alure chibalière qui datz à boste mout fabourit qu'ey
plasente. Ne-p semblere pas toutu que, dab lous progrès de
1' « aviation », aquere alure risque d'ana ballèu à l'arrebouhi ?
Quant à l'amassât deus péchs lioiis'd'amou, que hè mielhou que
plaa au tableu... D'alhous si at disi, en passa, qu'ey pramou deu
cousiadye dequere operatiou génitale dab la deu Coungrès d'autes
cops, laquoau ba esta mentabude dens ue de mas citatious :
Encoère que prengui atau las causes u drin en plaisenta, ne
pretendi pas absoludement qu'haytz tort e qu'hayi soul resou.
Dilheu pensatz qu'entaus moûts qu'en deu esta coum entaus
gousts, doun l'arrepoè dilz : « Nou-n eau pas disputa »...
En tout caas, moun [cher counfray, que-p pregui de crede que
persounalementz n'estaqui pas gran impourtence à la questiou de
moûts desbatude.
Mes bitare, lou[bii tirât e sus la taule, que eau bebe-n en bous
Biarnés. Alabetz trinquein si bou plèt, en tout parla.
Que coumpreni, à la rigou, que tiengatz au mout amassade,
puchqu'etz l u de sous pays ou payris.
Quant à las resous balhades au soustien de quet mout, que-p
diserey tout estrouise que ne m'an bele coumbertit à boste
aupiniou.
Que-m semble que, dab bostes très amies, abantz de chausi ou
d'adoupta lou mout amassade,n'habetz ni goayre ni brigue pensât
au mout de Coungrès, qui s'emplégue generalemenlz pertout en
France.
Si-m troumpi e si, au countrari, de prepaus délibérât, l'habetz
escartat, enta tiene-p à u mout qui seré tout de case, aquere fayssou
d'ayi ne-m semblere pas hurouse, pramou que la boune intentiou
nou pot, en feyt de lengadye, coumpensa ni racheta lous défauts
d'u mout mau chausit e emplegat...
Quoand atau m'exprimi dab moun francs parla ne crediats
pas, moun cher counfray, que cerqui tant qu'aco ab ha partatya
moun abis, e sustout que nou respecti pas boste aupiniou, autant
qui coumbient dens toute discussiou enter homis coum bous e
you, etc... .

�— 179 —
Qu'haberi début councludi abantz are. moun cher counfray.
La soûle excuse de mas loungous plus ou mench bouludes qu'ey
ebidentementz qu'aqueste escriut, loenh d'esta ue simple letre
respounsive. qu'ey u article coursât (e pas court) entaus Reclams...
Enta u fini, que-m reste à dise perque preferi lou mout de
coungrès au mout d'amassade.
Lou choès deus moûts n'ey yamey tribalh aysit enta la yent
letrade e de bou goust. Ne deu pas de segu esta lou feyt deu caprici
ni de la fantasie.
Qu'ey a règles à obserba, en so qui toque, sie l'origine ou etimologie deu mout, sie la counsounance ou la qualitat deu sou agradiu
à l'aurelhe, sie las ideos que lou mout suggère e las imatyes que
présente à l'esprit, sie lous dibers sens que lou medich mout pot
habé.
Lou mout amassade que m parech mau chausit. Si pouch ainsi
embisatya-u, que-m hè l'efïèyt d u « olibrius » de praube sang,
mau quilbat, guérie e capbaix...
En deliore dequet pourtrèt imatyinari, e tout d'impressiou persounèle, que herey remarca que lou mout amassade a lou gran
de nou pas habé u sens pratiquemcntz cspeciau e propi, e d'aplica-s.
chens nade distinctiou, à toute sorte de reuniou ou assemblade de
yentz, ourdinari ou extraourdinari, pribadeou publique...
Au countrari, lou mout de coungrès, n'habousse nade aute
qualitat, n'a pas au mench lou medich défaut : car ne s'aplique e
ne pot aplica-s qu'à ue reuniou ou assemblade d'u caractère speciaumentz déterminât...
Autaplaa lou mout qui prefèri que youech deu gran abantadye
d'esta deya counsacrat per l'usadye generau en France.
Adare, moun cher counfray, si anabetz objecta-m countre deu
muut coungrès, « qu'ey yuste francés », que p respouneri :
He dounc ! quomd aco seré, be n'emplaa Francés, nous autes tabee,
" per tant que siarn toustém Biarnés de coo...
Atau fenechi, chens la mendre embeye de recoumensa.
En abriu darrè, Moussu que m'habetz dit publicamentz, dens
lous Reclams, paye 66 : « 0 bé, de segu, counfray, la rebiste nouste
que b ey toute grane uberte ».
Gran mercés ! Soulamentz qu'ey plaa pou, per u prumè cop,
d'abusa de boste hospitalitat dab aqueste diastre de faclum, oun
ya de tout e que n'ey pas habut lou temps de ha mey court...

�— 180 —
En abriu encoère que

m'habetz balhat boste « rnâ tabé toute

grane ubèrte ». Hoey que la pe sarri, coum at haberi heyt alabetz,
dab la mey sincère courdialitat.
Diu pe goarde de mau !
J.-E.

LASSERRE.

NABÈTHS COUNFRAYS
Balincourt (Ctesse de), Château du Cassou, Orthez, Castetarbe.
Claracq (Mlle Lucie), Institutrice à lgon.

Lou Ycrant :

E. MARRIMPOUEY.

PAU , EMPRIMERIE VIGNANCOUR — PLACE DOU PALAYS.

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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