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                  <text>�f

MtftojaÉMMMWWWpiil«IÉlilllllMIIIÏI IHIIIJBjittgtlggOB

Direction
SfîCRÉTARIAT

VlLLA P'BYKAT, CHEMIN

:

Dépôt Central
'

SA M, AT AN

à

:

DE

(Qer?)

I.'KsPINFT. TOULOUSE

OCCITANIA. Passage Vfkdea'û, 6,

:

Tél. Bergère- 62-99

Dépôt! % Barcelone

~

Ch. P. 666.-85'— I. B. C.

P'àkts-j®

265-445

Lilbreria Axhericana, RambÎa de les F'iors, 31.

:

L'ALMAŃACH OCCITAN, organe, d'gclíoń occitane, publia des.éludes en
langue: occitane {lettres, sciences, ,arts, agriculture, sports) et en langue fran¬
çaise, des meilleurs écrivains occitans,
L'ALMANACH OCCITAN

publie des œuvres inédilet des grands écri¬

vains de la Renaissance Occitane.

V

•

GfÌII.ÁrcÓn\JKIMIS
-

.

"

-

"

'

•

•

PRINCIPAUX
;

.

Mnpies Clémeritine- Arderiu, Hehriette D'ibon. Marguerite Caillot-Priolo,
Marie-Charlotte Lamouré,
Marie,Mariant, MM. Frédéric Abelous, Josepli
u, Ant
André Baudorre, ValèAngladê, •I.oseph'd'Arba'ud, dean A rus, Jeah 'Audiau,
re Bernard, Jules Bòeuf, Alçîde Blàyët, Jean Bòńno'fous. Baptiste Bonnet.

I

1

I

Baroacelli-javòń, Jeart Bouzei, E. Boudon-Lashermes, Michel Camê¬
Càrûp, Joseph Carrier, Jean Cássóu, J.-B. Chéze, H. Dambit'lie,
Louis Delhostal, Charles Dçreuhps, Bcurrd Durand. T.-Ch. Dugas, Prosper
Joah
Flsticu.
Estèlrteh, Renié Farnìéiy Pierre Fontah, Loujs Funel, Thomas
Je ..de

lât, 'Jean

Garcès, Vçnture 'Gássoí, îshiaël Girard.- Henri Oiraud, P -L. Grenier, Marins
Jouveau, J.-M. Junov. J.-B. Laborde, G. Lavergne, Et. Levrat, J. Loubet, J.-M
Lopcz-Pico-, A. Mazoraç, E. Mnzin. T. Mçsplé, F Mistral
nôvou, A. Muzoe, Guiliiem d'- N'auroza, Simm Palay Antonin Pérbosc,

I

Peyre, Jl-S. Pòns,\ ÀJbert' Pyns

S.-A.

J H

Régis

Rouquotto, Joseph Bouquet, J.-M, ilt&gt;. Sàgarra,
Sarrçui, Camille Foula, Caries Snidevii.i.. etc.

I

PRINCIPALES

I
I

J

II.

IV.
V.

en

Les

—

trie, commerce).
B-'. &gt;'-/4.

HH

■

'

exem.

\

:
:

au

détail dans, toutes les libráirios,

bibliothèques

et Kiosques.
-."s-"' .f-V-s-A-—A-,

iH
I
i»

m:'nê

fëi-Ç.

1

.

(lettres sciences, arts, agriculture, sports, indus¬

-

IJÀlmanach est vendu
! ' "

ébôttomieTa^SR

L'Exemplaire 3 fis; franc... -.ifr 50 Les 10 exem¬
2s. Les 10Q exemplaires : 250 fr (franco), les 1.000
2000 t'r. Lés commandes sont reçues à la Direction à Samatan.

de gares
"

Rompit!

ÇEuvres inédiles (vers, proses, études).

PRIX. DE VENfE
plaires : 25 fr., franco
:

:

Figures occitanes.

Annuaire occitan

—

occitane, par Joseph

Provinces occitanes {histoire, lettres, àrts,
langue occitane.
Les

—

études

B

Précis dé Littérature

—

III.

RUBRIQUES

FLrnand

Livre d'or des Lettres ocçiiaries.

—

.

'

I.

&lt;arhs Riba, pierre

Alflje Salvai,

�ALMANACH

OCCITAN

ANNÉE 1927. Ve
DIRECTION

:

ANNÉE. L'EXEMPLAIRE

:

3 FRANCS

EDITORIAL OCCITAN, SAMATAN

SECRÉTARIAT

:

(Gers)

OC, Villa Peyrat, Chemin de l'Espinet
TOULOUSE

DÉPÔT
DÉPÔT

a

a

PARIS

:

OCCITANIA. 6,

BARCELONE

3), R a.mb la

:

de

Passage. Verdeau (9e)

LLIBRERIA
les

FLORS

AMERICANA,

�T J\. B L, E:
L'Almanach Occitan

3

Carte des Pays d'Oc
Annuaire occitan.
L'Editorial Occitan

Le

4
5
6

7

L'année

8

Les morts de l'année
Aux quatre vents d'Oc

»

diverses
Les Mois et divers textes
La Presse Occitane

10
11

La

Ouaderns Occitans

33

Bibliographie Occitane

Chanson

59

Les

130

littéraire occitane

63

Chanson

Langues

Los

103

latines

171

(.T. Bousquet)
:

172

La Milhèro

173

Par monts et par vaux d'oc

05
72

La

Lou.Ciclopa (IVire Azenia)

97

L'Imprimerie Occitane

en

170

romanes ou néo¬

langue d'Oc (J. Rouquet)

TABLE DES

151
:

L'Année Fédéraliste
:
La Gulhado

la

L'Année Occitane

143

Bibliothèque du Musée
Pyrénéen (L.Le Bondidier) 168

Société littéraires et'-d'action
de

l'Escauho-

g'rilhs del Lauragiiés :

25
27
29

occitane

e

(J.-P. Régis)

Adresses à retenir
Les Provinces Occitanes

Défense et illustration

124

La Coussetû
leit

Collection «Dis Aup i Pireneus
Les Cahiers Occitans et Coll.

Occitania

Livre des Oiseaux d'An»
ton in Perbosc

:

Limousin (O. Reclus). 174

Llibreria

Amrricana

175

176

ILLUSTRATIONS

Carte des Pays d'Oc

(4); Les Mois (10); Occitania (25); Le .Palais
H. Colombon (49); G.
(50); J. Gantcloube (51); Mme Gaillot-PrioloGandilhoh-Gens-d'Armes
(753); A. Pestour (54);
J. Bouzet
(54); P. Azéma (.55); J. Galéry (56); P.
Houquette (56);
A. Trin (57); Rozès
(58); Meyer-Lubko: (58); de Monzie
(.73); .1.
Bqnnaious (75); B. Vidal (80); S. Russinol
(82); l'uig-Cadafalch
(84); Mgr de Carsalade (83); L, Labèque (85); M.
Camélat(86); Mlle
Barthélémy (87); E. Dulac (87) ; M. Cathala (89); A. Fourés
(91 ) ;
F. Gras (96); T. .Garcés
A.
(145);
Schneeberger
H. Dambielle
(147); A. Perbosc (147); -C. Mauclair (148); H.(145);
Rouzaud (148); .1.
Ladoux (149); L. Funel
(150); V. Bernard (150); J. Alcover (152);
des

Papes (48);

R. Turro

(155); A. Ga.udi (156); Prosper Èstieu (164);
Magali de
Abbé J. Salvat (166); L'Imprimerie Occitane
(176).

Séverac (165);

cinquième année
—demander les

:

prix

3 francs,

cinq années écoulées

:—•

�almànach Occitan
CINOUIÈME

ANNÉE

"

—

1927

——

T|Z ! E R
Action! Défense de nos intérêts! Recouvrance de nos
libertés! Fédération des volontés! Création continue! Pro¬

grès! Concentration des efforts!
Autant de mots par nous employés, à cette place, pour
bien caractériser ce que nous voulions, ce à quoi nous tra¬
vaillions.
Mais employés en

leur donnant tout leur sens. Avec la
ferme volonté de les justifier-par nos actes.
Certes la vérité leur

a

souvent mis

une

sourdine et tout

ce

proposions dès le début n'a pu se réaliser avec
le rythme désiré.
Mais ce que nous affirmons en cette cinquième année, c'est
que nous n'avons jamais varié quant aux buts pour¬
que nous nous

suivis,

que

c'est

nous

que nous

avons

n'abandonnons

rien de tout ce

annoncé.

Certains nous ont reproché de n'avoir pas
D'autres d'annoncer des montagnes de

d'esprit de
choses que
nous ne pouvions tenir. A ceux-ci et à ceux-lci nous décla¬
rons très nettement
que notre souci est essentiellement
la
continuité dans l'effort et que, si no'us n'avons
suite.

réalisé tout notre programme, nous avons tou¬
jours travaillé à prendre toutes les mesures nécessaires pour
qu'il soit réalisé, sinon rapidement, du moins avec certi¬
pas encore

tude.

A

jour nous avons un atelier d'Imprimerie qui, après
d'existence, dépasse par son activité, nos espoirs les
plus optimistes, notre Journal « OC » progressant quasi
mathématiquement et plusieurs volumes de nos diverses col¬
lections, à la composition. Quant à Z'Almanacli Occitan,
en
particulier, nous le présentons une fois de plus comme
ce

un

an

un

métal que nous essayons,

plus de.
sure

sa gangue.

nous

A

nos

chaque fois, de libérer un peu
Lecteurs de dire dans quelle me¬

réussissons.

Humblement tracer noire sillon, disions-nous, il y a
cinq ans. Oui. Mais avec tout notre cœur, c'est-à-dire jamais
satisfaits et désirant toujours mieux faire.

La Direction de l'Aimanach Occitan recevra ''avec intérêt tous
les avis, conseils et suggestions que l'on voudra bien lui adresser.
Elle renouvelle à tous les confrères qui ont acceuilli l'Aimanach avec
•

tant de

sympathie, ses remerciements
four l'édition de 1928, les manuscrits
let 1927, dernier délai.

les plus sincères.
seront reçus jusqu'au 1er juil¬

�Cette carte

a

Mesplé.

été dressée pour I'Editorial Occitan
par M. Pau)

NOTRE

BUT

Notre but est de publier un annuaire
qui soit l'image exacte de
l'activité des pays d'Oc dans tous les domaines.
Notre.but est de faire de notre Annuaire un recueil de
renseigne¬
ments occitans. Avec le concours de tous nos
lecteurs nous sommes
convaincus que nous réussirons. Nous ne nous faisons
aucune illu¬
sion, la tâche est difficile. Nos débuts sont modestes :
chaque
année
nous essayons d'améliorer nos diverses
rubriques et d'en créer de
nouvelles : géographie, lettres,
sciences, arts, presse, agriculture,
sport, commerce, industrie, administration, etc...
Pour

nous

parfaire

aider

cernant

Occitan

en

leur
de

notre

nous
«

1928.

pays

œuvre

nous

convions

envoyant tous les

»,

qui DEVRONT

nos

lecteurs

renseignements

FroURER

dans

a

con¬

L'annuaire

�AnnuaireOccitan
En

lleniosi sonà lo

meu

primer vagit

Qnan ciel mugrô matern la dolça ilel bevia;
En llemosi al Senyor pregava cacla dia
I

eantics

llemosins

semniava

cada nit.
B.-C. A Kl

h au,

calalà.

Am'.ce-, gërmans : la Patria llemesina
Reriaix per tôt ! Rebrota l'englantina...
ïeodor

Dis

Aup i Pireneu

e

la

nian

Llorente, vaìenciá.

dins la .mari,

Praire, ambourem donne lou vielh parla rouman
Frédéric Mistral, provençau.

Tôt lo

pais que la mar avezina
pretendia Patria Lemozina;
Quitamen ue'i, malhorquins, catalas,
Se

Son

lemozis...

coma

cleuriam, ailas !
Jozep Ros, lemozin.

Voulem, dal fier Cantau jusqu'à la Mar Latino
E de la Lei.ro al flot tremôu

Endusqu'als Pireneus qu'aloungon lour esquino
Sous l'ardent soulelh espanbôu,
E de las Alpas dusqu'à l'Oucean bramaire....
Voulem toutis parlai' la vieiho lengo maire
Arsène Vermenouzo,

Deus

01

auvergnat.

Murcia,
de Gascougna au Poey deu Belay !

ts de Balència, aus sourns de

Deu gourg

Miqueu Gamelat,
De Clarmont à Malhorcà

e

gascou.

d'Alpas à Medoc
parlai- d'Oc.

Pèrtot ont rebombis lo preclar

Antonin Persosc,

lengadocian.

�Editorial Occitan
Direction

c/c, Toulouse
Secrétariat

:

«

n&gt;

:

Samatan

a

3.8Ô2.

OC », villa

(Gers)
téléphone

Peyrat,

chemin

Toulouse, (Hle-Gar.) France. c|c Postal
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6,

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la

go,"et

Librairie

de
;

16

124-55.

Occitania »,
Maison du Livre, rue Félibien,
:

«

Catalogne, Valence et Maiĺéorqúé
Amerieana, 31, Rambla de les Flors, Barcelone

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:

l'Espinet,

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Paris

Llibreria

:

VEditorial Occitan

«

VEdition,

par

sans

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» se propose
pour but Vaction occitane
distinction de dialecte ni d'école, Vaction

L'Editorial Occitan

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publie

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LA COLLECTION « DIS AUP I PIRENEU
»,
direction de « l'Association des Amis du Livre Occitan

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Aup i Pireneu comporte des séries de sept
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composés en caractères de la série « Astrée ».
volumes

LA BIBLIOTHÈQUE DU
la direction de la Société

THÉÂTRE OCCITAN

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dramatique « le Théâtre Occitan ».
La Bibliothèque
comporte des œuvres dramatiques ancien¬
nes et nouvelles,
d'un format élégant et de présentation soignée.
L'ALMANACH OCCITAN, organe bilingue d'action occi¬
tane et de vulgarisation. Publie des études en
langue, occitane
(lettres, sciences, arts, agriculture, sports) et en langue
fran¬

çaise, des meilleurs écrivains occitans. Il publie des œuvres
inédites des grands écrivains de la
Renaissance Occitane.
LES EDITIONS DE « L'ALMANACH
OCCITAN »,
cation de propagande
populaire.

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LES CAHIERS OCCITANS,
de forts volumes in-8 jésus.
,«

OC », organe d'union

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cartes

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d'action.

ralisme, langue d'Oc.
Collection « OC », ouvrages
L'Editorial Occitan » prépare
thèque d'Enseignement et de
thèque comportera des Manuels

Régionalisme, fédé¬

de propagande.
la publication d'une Biblio¬

Vulgarisation. Cette Biblio¬
pour les Ecoles, grammaires,
lexiques, etc., une Anthologie de la Littérature Occitane
des ori¬
gines à nos jours et un Dictionnaire Occitan
pratique.
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Livre Occitan

«

(Gers) et à Toulouse : Villa Peyrat,
Chèq. Postaux : 3862 et 124.55, Toulouse.'

—

: Occitania, 6, Passage Vcrdeau, (ix«)
Maison du Livre, 6, rue Félibien

Paris
et

Dépôt

Amis

Samatan

l'Espinet

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«

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Llibreria Americarta, Rambla de les Flors, 31

Cette collection comporte des • Séries de Sept volumes (réé-'
ditions et œuvres inédites), de format in-8 Jésus, composés
en caractère
de la série « Astrée ». La série sur Japon :
1,000 francs; sur Rivés : 200 francs; sur Alla :,50 francs.

Première
Parus

Série

:

de Navarrot, avec préface de Michel Camélat
portrait de Navarre t.
Eomivatge, poèmes.de Charles Derennes (texte et traduc¬
tion). Portrait de l'auteur gravé d'après Pierre Gandon.
Capbat la Lana, poèmes de Emmanuel Deleousquet
(texte et traduction). Préface d'Antonin Perbosc. Portrait
de l'auteur par Paul Mesplé.
En préparation :

Œuvres

et

un

Beline, poème de Michel Çamélat
l'auteur

(texte et traduction).

Soudan.
Lo libre Del campestre,
poèmes d'Antoiiih Perbosc
(texte et traduction). Portrait de l'auteur.
Œuvres provençales de Pau t. Arène avec préface de
Joseph Loubeï (texte et traduction). Portrait d'après Gazai.
Pages provençales inédites de Baptiste Bonnet (texte
et traduction). Portrait de l'auteur.
Portrait

cle

par

LES AMIS DU LIVRE OCCITAN

Livre Occitan a pour but de
servir les lettres occitanes en aidant VEditorial Occitan dans ses
travaux d'édition.
L'Association des Amis du Livre Occitan soutient l'Editorial
Occitan en aidant la publication, sans distinction de
ou d'école, des œuvres des maîtres de la littérature occitane.
L'Association des Amis du Livre Occitan comprend des Mem¬
.

L'Association des Amis du

dialecte

bres fondateurs, des Membres honoraires et des
Les Membres cle l'Association ont droit à un

ge

Membres actifs.

numéro de tira¬

qu'ils conservent pour les volumes de diverses séries (édi¬
originale). Il est déterminé par l'ordre d'arrivée des adhé¬

tion

sions.
Adhésions. — Membres actifs :
vent pour une somme minimum

les personnes qui souscri¬

de 100 francs.

—

Membres

honoraires ; minimum 200 francs. — Membres fondateurs :
minimum : 500 francs.
Ces chiffres s'entendent pour des souscriptions concernant
les diverses publications de l'Editorial Occitan quelles quelles
soient : livres ou périodiques.

�Les Cahiers Occitans
direction
EDITORIAL

s

OCCITAN

Villa Peyrat
Chemin de l'Espinet
Toulouse
(Haute-Garonne), France
R. C. 16823.
C. C. Postal 12455.
—

—

Dépôt

Dépôt

a

Paris : Occitania, 6,
Passage Vcrdoau,
et Maison du Livre, 6, rue Félibien.

Barcelone

a

Œuvres

:

langue occitane

en

ou œuvres en

d'auteurs occitans (format iu*8°
Ont

paru

(ix«)

Llibreria Americana, Rambla de les

Flors, 31

langue française

jésus).

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]Sf° 1. —Bos de Bénac, œuvre
dramatique de P.-J.
illustrations de Marc Saint-Saëns. Un vol. de .160 Çantabre,
páges. Sur
Montval : 100 fr. ; Rives : 30 fr. ; Alfa
purifié : 15 fr. ; Bel Al¬
fa : 7 francs.
N° 2.

Vin

—

de

1907,

10

francs.

Rouge, histoire

romancée de la crise viticole

Marcellin-Albert et Ferroul, par P.-E.
Martel,
illustrations de Parayre et Cadène. Un vol. de 350
pages. Sur
Monval : 200 fr.; Rives : 80 fr.; Alfa
purifié : 30 fr.; Bel Alfa :
avec

Sous
N° 3.

texte

lectes).

presse

:

Le Chant

du Soleil de Saint
François d'Assise,
italien, traductions française et occitane (en six dia¬
—

En

préparation :
de Bordeu,
documents inédits par le docteur

Théophile
Cornet.

LA

Ouvrages
Parus

d'Oc

et

OC

France
francs.

de

3

Sous presse

Prononciation

la

Rouquet. Une brochure

Les Langues
Une brochure :

«

1

:

a

l'Ecole,

du

Chant

Cubaynes.
LE

du

franc.
par

Latin,

par

Antonin Pcrbosc.

:

Traduction Occitane
J.

«

propagande.

:

La Langue
J.

COLLECTION

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THEATRE

Œùvres dramatiques-'

tv

des

Géorgioues,

par

OCCITAN

langue occitane.
préparation :
Lola, poème, dramatique de Michel Camélat.
Andrèu d'Estiibèka,
pormc dramatique de Michel Camélat.
En

en

�Perbocs

A Antonin
SIMPLE
A dire

vrai, je

ne

EXPLICATION

saurais défendre l'idée qui me vint certain jour de janvier. Je
ordre et méthode : cette méthode qui présiderait quel¬

classais des papiers avec

jours après à l'organisation du plus savant désordre, quand un méchant poè¬
mon regard. 11 m'apparaissait dépourvu de qualités autant que de rimes
'fet prétendait traduire en vers dizains mon amour du football rugby. Je crus plai¬
sant de soumettre ce monstre aux méditations vénérables des mainteneurs de nos
Jeux Floraux. J'avoue,, en toute humilité, que mes intentions n'étaient pas très
pures. Je pensais que la chose était faite pour étonner les braves gens qui siègent
jau bout du quai de la Daurade. EL bien, je me trompais ! ces conservateurs des dis¬
ciplines les plus traditionnelles ont distingué le poème révolutionnaire et l'ont
iaccueilli dans leur livre d'or. Vous n'auriez toutefois pas voulu qu'ils aggravassent
mon cas de quelques.fleurs du verger d'isaure !
On ne saurait donner plus galam¬
ment la leçon à un jeune imprudent. Je leur tire donc ma révérence et me propose
-;de parler désormais dés Académies et des académiciens avec quelque circonspecques
me

arrête

..tion.

vingt-quatre vers la moitié d'un rude
Antonin Perbosc, je me permets de lui dédier humble¬
respectueusement, ce libre poème.

Ayant déjà donné comme épigraphe à ces
[alexandrin de notre maître
ment,
I

AL

AU

FOTBOL

FOOTBALL

Nous sommes les

Scm los aiVics boiei's...

hardis bouviers...

Vi'vc

qui durcit les âmes;
qui trempe les cœurs;
qui noue en faisceau l'amour du maillot
et de la cité; jeu rude et loyal;
ialalha ont lo prêts es mens qu'uiia roza, bataillé où le prix est moins, qu'une rose,
nai que lo lauzièr; lula per Vidèia
plus que le laurier: lutte pour l'idée
et pour la beauté du geste; sport roi!
per la beulal del geste; esport rei!
Vive le football qui l'orge les forts.
Yisca lo folbôl que farga los forts!
que durcis las amas;
isca lo folbôl que tre,mpa los cors;
Iozèla en faiscl l'amor del malhoi
de la citilal; joc rude e leial;
risca lo

folbôl

le football,
vive le football,

'

flard.il! cal tenir... e l'auans
•. buta, acatat,
croza la règa

tefi cop;

il'ont grelha Valand de la corsa alada.
Triman

los aiians.

creban

los avans;

1iemòran debas, la tira ires escurs,

Hardi ! il faut tenir... et l'avant

montre

pendant qu'en avant, loin de

lo bel

le beau

qu'enavans, le.n de la mesclada,
segador, correire a/anal,
Vatiira culhir, polon de la gloria.

jDels avans clinats a gisclal la bala,

clam de Victoria...
Jngaire arderos, cors; la bldnca rega
\te demora, cors! De gloria trandola...
Jjo roje malliot elareja, mai roje...
\Cors! encara un cop... e que s'espandise
al miei dels postcls fuselais, Vensaig-,
fVictorioza flor, bela ftor porporada.
c

Valaca

alarga

un

Jan-Peire Lamordediu,

lengadocian.

tient bon;

pousse, accroupi, creuse le sillon
d'où germe l'élan de la course ailée.
Triment les avants, crèvent les avants;
ils restent dans l'ombre, obscurs laboureurs,

il

ira te

la mêlée,

triomphant,
cueillir, baiser de la gloire !
moissonneur, coureur

avants courbés a jailli la balle
l'attaque chante un cri de victoire...
Joueur ardent, cours ! la ligne blanche
t'attends, cours ! De la gloire bouge....
Dos

et

Le rouge maillot flamboie, plus rouge...
Cours, encore un coup... et que s'épanouisse
entre les

poteaux fuselés, l'essai,

victorieuse fleur, belle fleur de pourpre.
Jean-Pierre

Lamourdedieu,

languedocien.

�6 Janvier 1189

: Le Comie Raimon V
promet aide et protec¬
ha ilants de Toulouse et jure de maintenir les coutumes
et les fran hises de la ville.

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�5 Février 1856

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Adolphe Dumas rend visite à Mistral, qui

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miejour e que sara perçu lou rnirau de sa vido; ounte se
miraiaran sis esfors dins iouti li tenamen de Vatlivita miejournalo ; un ourgane sintesi de noslro amo uno e multiplo
coume sa lengo, ounte la
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SS. Philippe- et Jaçques
S. Athatìase
Invention de la S te Cr.
Solennité de S. .Joseph"
S. Pie V
S-. J ean Porte-Latine
S. Stanislas
Ste Jeanne d'Arc
S. Grégoire de Nazianze
S. Amtonin,
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S. Orens
SS. Niérée et Acbillée.
S. Servais
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S.Ubald:
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S. Venant
S. ' pierre Çé lest in
S. Bernardin
Ste Eustel'le
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d'oeuvres

ne

doivent

pas,

disparaître.

Mglf- t'.lEUlîK,
Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron«

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Ste Clotilde
S. Optât
Pentecôte
S. Claude
S. Gilbert
S. Médard
Q. T.
S. Félicien
Ste Marguerite Q. T.
S. Barnabe
Q. T.
Trinité
S. Antoine de Padoue
S. Basile le Grand
Ste Germaine
Fete-Dieu
S. Avit
S. Ephrem
2e apr. Pentecôte
S. Sylvère
S. Louis de Gonzague
S. Paulin
Ste Agrippine
S. Jean-Baptiste
S. Prosper
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SOLEIL

FÊTES

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SOLEIL
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24 Dim.
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S'. Antoine-Marie-Zac.
S. Trariquillin
S. Cyrille et Méthode
Ste Elisabeth de Port.
Ste Véronique de G.
5e apr. Pentecôte
S. Pie I
S. Jean Gualbert
S. Anaclet
S. Bonavénture
S. Henri
N.-D. du Mont-Carmel
6 e apr. Pentecôte

§. Camille de Lellis
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Ste Marguerite
Ste Praxède
Ste Marié-Madeleine
S. Apollinaire
7 e apr. Pentecôte

S.Jacques
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28 Jeudi.
29 Vendr.
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31 Dim.

S. Pantaléon
S. Victor
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: Bine y et Vidal).
Lille : Le Progrès du Nord (ch. : H. Mariât).
Limoges : La Gazelle, du Cenlre ("ch. René Fumier)

(chr.

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(ch. : Frédéric Mistral,

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L'Eclair

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(ch. : Pierre Jalabert.)
Littéraires (ch. : Ed. Ramoiid.)

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Quotidien (ch. : J. Charles-Brun.)
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Francis).

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acclamés, à
sortie de prison.

Montpellier, à leur

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Lundi
Mardi
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S. Pierre aux liens
S. Alphonse de Liguori
Invention de S.Etienne
S. Dominique
N.-D. des Neiges

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4
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24
25
26
28
29
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32
33

S. Cyriaque
S. Jean-M. Vianney
S. Laurent
Ste Suzanne
Ste Claire
S. Hippolyte
10e apr. Pentecôte

4 37

Assomption
S. Joachim

4 43
4 44

4 35

4 36
4 39
4 40
4 41

S. Hyacinthe
Ste Hélène
S. Louis d'Anjou

4 46
4 47
4 49
4 50
4 51
4 53
4 54
4 56
4 57
4 59

S. Bernard
11e apr. Pentecôte
S. Symphorien

S. Philippe Bénit.
S. Barthélémy
S. Louis
S. Zéphirin
S. Césaire

12° apr.

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pas aux patois proprement dit que je m'intéresse
depuis bien des années, je m'intéresse, mais plutôt et
uniquement à la langue d'oc, telle quelle est parlée etpresque
écrite,
selon des modes divers,
par les Auvergnats, les Provençaux,
les Rouergats, les Languedociens, les
Catalans, les Limousins,
les

Gascons.

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L'Auvergnat de Paris, 3-10-25,

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Librairie

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langue d'oc et tous les pays occitans.

sant la

Imprimerie

et

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édition

Achal de,.bibliothèques — Catalogues d'occasions envoyés gratuite¬
ment sur demande.
Directeur : E.-H. Guitard, archiviste-paléographe.
Même maison : Librairie Marçueste, 7, rue Ozenne, Toqlouse,
.

voir page

27,

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8

Septembre 1830 : Naissance de Frédéric Mistral.
« Moun
paire qu'èro d'aquep moumen, segound soun
altitude, au milan de si terro. En courrènt, e doù pus liuen que
...

pousquè

faire entendre

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s'es acouchado.

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Quant n'a fa ?' cridè
bèu... »

—

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Mèstrel crîdè lou mandadou, venèsl que la mèslresso tout

—

paire.

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Frédéric Mistral (Memori e Raconte)
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2 Vendr.
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S, Juimé.
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N.-D, des 7 Doui.Euns
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S. Lambert
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S.Janvier
S.Yves

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Q. T.
S. Maurice
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Q. T.
N.-D. de la Merci Q.T,
16° apr. Pentecôte
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SS. tíôme et Damien
S. Exupère

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S. Sever

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24. Samedi
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S. Jérôme

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27

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la Langue d'Oc à l'Ecole

J. Bonnafous, Lycée Henri TV

Office

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Villa Peyrat, chemin de l'Espinet, Toulouse.

Association pour l'encouragement
de la Culture Catalane
286, Boulevard Saint-Germain

—

Paris,

Institut d'Estudis Occitans
52, Rue du Taur

■—

Toulouse.

Escolo " La Pervenco "
25, Rue Ferrari, — Marseille
Les Amis du Livi-e Occitan

Peyrctl, chemin de l'Espinet —- Toulouse.
OC, l'Editorial Occitan et l'Imprimerie Occitane
Samalan (Gers) et Toulouse, Villa Peyrat, chemin de l'Espinet
Villa

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OCCITANIA

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Directeur : E. H. Çuitard, archiviste-paléographe, 7, rqe Ozenne,
Toulouse. Môme maison : G, Passage Verdeau, Paris (voir page 25).
ressant la

�26 Octobre 1789 : Le
peuple béarnais envahit la salle des
Etats de Béarn où se discutait depuis 10
jours la question de
l'abandon des Droits et Privilèges
de la Province et force l'as¬
à
semblée
se disperser.

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S. François d'Assise
S. Placide
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S. Gaudens
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S. Caprais
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S. Léothade
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S. Raphaël
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sur

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revues et

publications de toute nature
paraissant on France et à l'étranger
et en fournit les Extraits sur tous
Sujets et Personnalités
Circulaires explicatives &amp; Tarifs
envoyés franco

DEMOGEOTí Directeur,

21, Brd Montmartre, Paris (IIe)

�Les Provinces Occitanes
AUVERGNE (département du Puy-de-Dôme, du Cantal et, en par¬
tie, de la Haute-Loire). Capitale : Clermont-Ferrand.

Pays

:

Basse-Auvergne et Limagne, Haute-Auvergne.
en 1523 par François Ier.

Réunie à la France

BÉARN (département des Basses-Pyrénées). Capitale : Pau.
Réuni à la France par
COMTAT-VENAISSIN
.

Henri IV.

(département de Vaucluse).

Capitale

:

Avignon.
Pays : Principauté d'Orange.
Réuni à la Fjiance en 1791. Orange en 1713.

FOIX

(COMTÉ DE) (département de l'Ariège). Capitale

Pays

:

:

Foix.

IIaut-Comté, Bas-Comté, Donezan.
Henri IV en 1607.

Réuni à la France par
GASCOGNE

(départements des Hautes-Pyrénées, Gers, Landes et
partie, du Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Basses-Pyré¬
nées et Ariège). Capitale : Auch.
Pays : Albret, Marsan, Armagnac, Bigorre, Astarac,

en

ITaut-Comminges, Bas-Comminges, Couserans.
Réunie à la France par

Henri IV

en

1589.

GUYENNE
ron

(départements de la Gironde, Dordogne, Lot, Aveyet, en partie, des Landes et du Lot-et-Garonne). Capitale :

Bordeaux.

Pays
gue,

: Bordelais
Quercy.

Réunie à la France, en

et

Médoc, Bazadais, Agenais, Rouer-

1453,

par

Charles VII.

(départements de la Lozère, Ardèche, Gard, Hérault,
Aude, une partie de la Haute-Loire, du Tarn, du Tarn-et-Garonne, de l'Ariège, des Pyrénées-Orientales et de la Haute-Ga¬
ronne. Capitale
: Toulouse.
Pays : Toulousain, Albigeois, Lauragais, Carcassez.
Bas-Languedoc, Gévaudan, Velay, Vivarais.
Réuni à la France par Philippe le Hardi en 1271.

LANGUEDOC

LIMOUSIN

(départements de la Creuse, do la Corrèze et de la Hau¬
te-Vienne). Capitale
Limoges.
Pays : Haute et Basse Marche, Haut-Limousin, BasLimousin, Pays de combrailles, Nontronnais et Gonfoi.knt.us.

Réuni à la France par

Henri IV

NICE (COMTÉ DE) (département des
Nice.
Réuni à la France en 1860.

en

1589.

Alpes-Maritimes). Capitale

.

PÉRIGORD (département de la Dordogne et une partie du Lot-etGaronne). Capitale : Périgueux.
Réuni à la France par Henri IV en 1589.
PROVENCE

et,

(départements des Basses-Alpes, Bouchés-du-RhOne,
partie, du Var et de Vaueluse). Capitale : Aix.
Pays : H au te-Provence, Basse-Provence, Crau et Ca¬
en

margue.

Réunie à la France

en

14S7 par

Charles VIÎI.

�Novembre 1850

:

Mistral conçoit « Mireille

Un vespre, per semenço, en espinchant
cantant l'araire clins la rego, entamenère,
«

prumiè cant de Mirèio !...

»

Frédéric Mistral

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(Mem&amp;ri é Raconte).

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Journaux, de tous, articles et informations,

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(département des Pyrénées-Orientales). Capitale.
Perpignan.
Pays : Roussillon, Cerdagne, Conflent, Vallespir, Fe-

ROtfSSlLLON

noi.let.

Réuni à la France

en

1659.

LLIVIA, capitale : Llivia.
Réuni à

l'Espagne.

CATALOGNE.

Pays

:

Capitale

:

Barcelone.

Barcelone, Ampourdan, Vich, Vallès,

Penedès,

Ribagorça, Val d'Aran.
Réunie à

l'Espagne

en

1652.

Capitale : Palma de Maillorque.
Maillok&amp;ue, Mino-rove, Cabrera,, Forme-ntera,

ILES BALEARES.

Pays :
Eivi'ssa.
Réunie» à

l'Espagne.

VALENCE,.

Capital© : Valence.
Pays : Castello, Valence, Alicante.
Réunies à L'Espagne,

ALGUER- Capitale : Alguer.
Réunie

ANDORRE.

l'Italie.

à

Capitale

i.

Andorre.

Pays, neutre.

.

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rend compte de tous les ouvrages
adressés.
et

publications
qui lui sont

d'Auvergne !
gens de Catalogne, de Valence et de Maillorque
gens de Gascogne et de Béant !
gens de" Languedoc !
gens de Limousin et de Périgord !

gens

gens

!

de Provence !

L X S E Z

le seul

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25 fr. ; LeN°, 30 cent.
■

Abonneraient

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Direction : "Villa. Peyrat,. Chemin de l'Espinot., Toulouse.,
Choques Postaux. C. C. 12-455.
Dépôt à Paris : « Occitania », 6, Passage Verdeau (IXe).
Dépôt à Baroelonne : Llibreria Arnericana, Rambla de les Flors, 31.

�8

Décembre 1319

Délicieux,

sur

:
Jugement et condamnation de Bernard
la place du Marché de Carcassonne.

(Dessins de Paul Mesplé, des Artistes Méridionaux)
JOURS

FÊTES

SOLEIL

LUNE

lever

i Jeudi
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3
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Vendr.

Samedi

Dim..
Lundi
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Mercr.
8 Jeudi
9 Vendr.
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Samedi
Dim.
Lundi
Mardi
Mercr.
Jeudi'
Vendr.

16
17 Samedi
18 Dim.
19 Lundi
20 Mardi
21 Mercr.
22 Jeudi
23 Vendr.
24 Samedi
25 Dim.
26 Lundi
27 Mardi
28 Mercr:
29 Jeudi
30 Vendr.
31 Samedi

S. Eloi
Ste Aurélie
S. François Xavier
2° de l'Aveni
S. Sabbas
S. Nicolas
S. Ambroise

Immaculée Concept
S. Girons
Ste Eulalie
3° oie l'Auenl
Ste Adélaïde
Ste Lucie
S. Nicaise
S. Mesmin
S. Eusèbe
Ste Yolande
4° de l'Aveni
S. Timoléon
S. Eugène
S. Thomas
S. Flavien
Ste Victoire

Vigile de Noël
Noël
S. Etienne
S. Jean
SS. Innocents
S. Thomas de Cant.
S. Savin
S. Sylvestre

23
25

26
27
29
30
31
32
33
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41
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45
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7 46
7 46
7 46

lever

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couch.

ilg.

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8

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1

7
20
36
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pas

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met

qu on
on

on a

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part, le Bon Dieu fera le reste.

sa

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ou

terre,

sa

assolement convenable,

un

fait

fumé, bien fumé

na

son

pas

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devoir,

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le Bon Dieu

ne

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peut dormir

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bile, les glaires, et guérir la migraine, 1 es■ vertiges, la gastrite,
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LA
Un

LLENGUA REIAL

fllôleg francès, M. Auguste Brun, publicà, no fa.gaire, un llibre
de

sobre la introduccio de l'idioma francès a les terres del Migdia
França; ensems publicà un treball tractant concretament de
.

la
Rossello. Havent inserit la « Revue Historique », de Paris, en el seu ultim fascicle, una
recensio d'aquestes obres, feta per M. Petit-Dutaillis, ens ha vingut
avui a la punta de la ploma el desig de tractar un dois aspectes del
problema linguistic que M. Brun estudia i M. Petit Dutaillis comenta.
Per què, es pregunta M. Brun, la llengua francesa va envair el
tcrritori de les llengues meridionals de la Gàllia ? Per què la llengua
d'Oil va vèncer la llengua d'Oc ? La contesta que dona el filoleg
francès a aquesta pregunta pot ésser resumida
en les seguents
paraules : Perquè la llengua francesa era, dins els dominis del rei de
França, la llengua reial.
Aquesta explicacio, està plena de veritat. M. Petil-Dutaillis troba
incompleta, historicament, la tesi de M. Brun, i és molt possible que
en aquest
punt l'historiador tingui rao sobre el iiloleg. Pero si el
filoleg no exposa tôt el procès de la introduccio de l'idioma francès
al Migdia, dona una explicacio sintètica i, directa del fet quan par¬
la del prestigi decisiu de la llengua reial. És cert que la doble decadència politica i literària del Migdia de la Gàllia estava ja iniciada
en el moment de produir-se la guerra dels albigesos, fatal per a les
terres del Migdia i per a Uurs parles, i que aquesta decadència va
preparar l'accio de la monarquia i de tota la mâquina estatal en favor de la llengua francesa. Séria, doncs, erroni el voler atribuir un
paper exclusiu a la llengua reial en aquest procès linguistic. Pero
sense l'existència d'una llengua senyora, que per ésser la del rei era
la de l'Estat, no s'hauria produit o almenys no s'hauria produit tan
ràpidament i tan profundament la introduccio de la llengua francesa
al pais d'Oc, que des del segle XVI va esdevenir, en certs aspectes, un
pais bilingue.
Oui pot negar, en efecte, la fortissima accio unificadora que va tenir
la monarquia en els segles passats ? L'existència d'un sol rei sobre un
déterminât territori creava la tendència a una sola llei, a una sola
llengua, a un sol poble. En'un temps en què no lii havia encara propiament llengua oficial, lii havia ja llengua reial. I la llengua que el
rei parlava habitualment era tamké la que la sèva cancelleria feia
servir, la que s'esforçaven a parlar els seus nobles, lins els originai'is
de països d'altres liengues, la que empraven amb preferència els
poetes i els prosistes. És veritat que hi ha hagut reis que han posseït
tots els Uenguatges parlais en els scus dominis. Felip V d'Espanya
l'ou un d'aqùests reis. És récent cnca'rá el record de i'emp'erador Francesc-Josep d'Austria-Hongria. Pero fins en el cas d'aquets monarques
poliglotes hi ha hagut una llengua eabdal, prel'erida, hegemonica, la
llengua verament reial.. 1 aquesta és la que, dins el joc, d'influèneies
que irradiava la persona del monarca i l'organitzacio de l'Estat,
havia d'eâtendre's i do senyorejar en els sectors de la vida estatal i
cultural, quan la persona del monarca era el centre brillant i magnètic
de la vida publicà.
A través de la tesi del Iiloleg M'-. Auguste Brun i a través de les
observacions de l'historiador M. Petit-Dutaillis s'arriba a la conclusio
introduccio de la llengua francesa al Bearn i al

que

l'entrada de l'idioma francès al Migdia de la Gàllia fou preparada
per una série de causes historiques, culturals i àdhuc

i afavorida

Série E.

F. III

�34

—

—

économiques; pero que l'accio décisiva en pro d'aquesta llengua vin'
gué de la irrauiacio monàrquica, vingué del rei. La llengua reial prriner, la llengua ofieial després, ténia alesliores un aVantatge decisiu
sóbre les llengues

populars que havien perdut el sopluig i l'estimul
d'un règim estatal propi d'una vigorosa culturu aulòctotia.
Per aixo doiieni la rao als monàrquics de 1' « Action Française »
quan

diuen

: «

França, l'iian feta els sëus quaranta reis ». Qui va enlinguistica del Migdia ? Qui va portar eí francès a
Llenguadoc i a l'Auvèrnia i a la Gascunya ? Fou

fonsar la muralla
la Provença i al
el

rei.

4- Hovira

LA

i

Virgili, caialù.

FADA DE LEIRAC

El chastcl de Leirac, dont las mudas ruinas
S'erissan de serps sotz los pas daus buscheirôs,

Ghasqua nueit, ven dormir una fada aus piaus
jorn, ela cort, invesibla, rabinas,
Brandas e pueis o chamina en los airs.
A las votz, fazent sos
repairs
Tôt lo

ros.

De l'azur ardent ô trembla
L'aura d'estiu,
Ela sec l'alauva qui sembla
Volar dusqu'au solelli per i bastir son niu;
Ela avisa laor lo
pais de Combralha,
Sas ribieras, sos nus ò lo corb se
iniràlha,
Sas cofflbas e sos boscs e sos estanhs
prïonds,
Sas brugleras, sos bus e sos boissos d'arfueliia
Enormes e redonds.
Ela ve los roehiers o lo 1 assert somelha,
Los domnhos miei crollatz ô floreta l'abelha
K los mas
brugissenLz de cliansos e de critz.

Htrei, près daus plais los ragatz rejauvitz
Disputan una mora a las burgaudas
O çoronan de jones lors cliabessas
neiraudas;
Per miel las cortz rizoû de las
braiaudas,
Ambe un sibre de lat revenon
d'ajostar.
Daus gartz agusan lo volam
clar,
O graissan la roda qui brailla,
O parlan a lors buóus lïatz.
Maduras son las espijas daus
blatz,
Ë davant las maisos aus darriers teitz de
palha,
Las filâiritz darrieras
de

Gombralha

Dizon de vielhs motz dous e fortz.
De l'aut daus airs, tristament las
escouta
La fada regretant Iqs atges
mortz;
Tant sovent ïor veguda l'a touta
A la joia o aus
conortz,
Tant sovent los regards d'estas -femnas
semblavan
Cridar : « Son mortz,
Los temps daus chavaliers, ô las reinas

filavan i.
PauL'Louis Guenier.

(La Chanso de Combralha)
Bibliographie.
La Chanso de

L'Archipel Enchanté,

Combralha,

poèmes occitans.

proses 1920, En

CANÇO
A

Les garbes

Josep Carrier

dosmen

al camp.
Déu els do bona dormida.

Segueix la guatlla al reelam
'—

la

niarada

avorrida.

préparation

:

�35

—

—

Juliol

en duu l'aram
dins la posta beneïda.
Les garbes dortaen al camp,
que la sega ja és liûida.

El repos
a

del verd fullafn

l'ocellada convida.

Les garbes dormen al eainp,
garbes seques sense vida.
Passa

l'euga Com im llamp

fer cas de la brida.
Les garbes dormen al camp
i l'ombra l'ha esfereïda.
sense

Ai,

encara servo el ram,
i l'estimadà és partida...
Les garbes dormen al camp,
Déu els do bona dormida 1

Josep M.

de

Sagarra

(1912-1914). — Cançons
Tdvérna i d'Oblit (19181921). —■ Poemes i Cançons, où sont réunis les trois volumes précédents
(un volume, Editorial Catalan S. A.,— Barcelone —- 1922). — Paulina
BuxaréU (Editorial Cat'alana). — L'Êsludiant i la Pubilla, pièce en trois
actes. (Edition de la Revislu 1920). — El Comte Arnait, pièce dé théâtre (id.)
El foc de les Ginesiéres (1923) (kl.)
Bibliographie. — Primer llibre de Poemés
d'Abril i de Novembre (1915-1917). — Cançons de

L'ARC
Non mi basta cantar : autems propici
Coma sian amorrad sola de lei d'acier

oussèrvi

ja, m'a près de dire un grèu pensier
canton escur de mon cervèu consèrvi.

E cènt cou,

Qu'en
L'un

un

branquilhon corbad pèr de lièrvi de cèrvi

Cora aguè una arma à son bras revessier,
Lo cassaire Nimrod 'm'aquel engienh grossier,
Dau ferum faguè pilha, e, dai orne, de sèrvi.
Lo Feroher d'Assor despiei, mistic rondèu
Onte l'Arquier divin, solitari, s'enclava

E, d'un gest inenassani pessuga lo

cordèu.

.

Resta lo clar simbèu de nostra vida esclava,
Car lei siecle clianjant, pertot, de long en larg,
Nos trobon à ginolh davans qu tesa l'Arc 1

Lois Funeu, provensau
Bibliographie. — Viouleto-Ferb, poésies proverïçalés; Grasse, 1893. La
Muso Vencenco, sonnets, 1904. Vence. — Loii Pastre prego-Pan, poème,
1904. Toulouse. — Lou Chaple, poème, 1905. Grasse. — En Caslen, poème,
1913. Nice. — Lei Rei Mage, poème, 191S. Grasse. — Li Masajan, roman
en

nouvelle en provençal.
douctour Bagnus; Mei 2S jours; Jean

provençal, 1884. Montpellier. —t Lou Tin-Po,

S. L. N. D.

—

L'Aventura

qu'arribé

au

Cougourdan-, Minervo. (les 4 romans ont paru en feuilleton dans la Revue de
Grasse) — Essai de grammaire du dialecte grassois, couronnée par la Société
pour l'Etude des Langues Romanes, 1883. Montpellier. — Les Ligures,
élude historique, 1911. — L'Etendard Celtique. — L'Article celtique dans les

Nice. — Les Vrais amitiés de la Patrie
1920. Nice.
1920-1921, —• Le petit Niçois, Lettres de
irlandais dans le Clàid Cam Solecis, revue Celtique de

parlers des Alpes-Maritimes, 1913.

Française, 1917. Nice.
-—

Les Mots

Provence,
Dublin.

Car

—-

A propos des Ligures et de leur idiome,

antiques du Terroir,

publiées

en

legir las cronicas de J.^P. Régis dins «

OC

»

�a-

LÒÚ

36

DARRE MOULIE DE
Ende l'Escolo

BÔOHOBÉNT

Gastou-Fébus

Biro, biro, moulin.
Biro, biro la molo.
Lou bielli mouliè trémolo
Biro dinco la lin.

Adiu, brabe moulin plantât ser la coulino,
pertout, que semblés un géant.
chapeù, ta giroueto flno
Dempus lountens que dits ou la biso ou l'autan.
Moulin bist de
Au puntet dou

N'an pas jamès toucat à la horto murrallio
M'at an dit bien souben lou pai c lou

:

pagnan,
Que t'an bist toutjour bielli, dempus qu'èron purrallio
Qui sab qui t'a bastit ta soulide e ta gran !

:

1

a bien lountens,
bertat, que la luo t'espio.
Lous aujols que soun mourts, e jou
qu'ci lous peus blancs.
Soi pas s'ei lou bielhè.... ou beleù la hario.
Mes un sac qu'es pesant quoan an

quoate bins

ans.

Tu biros au sourelli tous quoate bras
d.'estelo,
Dab lou bent esberit t'enteni
debisa;
T'aimi mes que lou bent, e quoan teni la telo
Ser tas bèlos de casse aimi de t'embrassa.
La hcrou

qu'en sasis quoan repiqui la molo,
Quoan la pugnèro hè Jou soun beroi tic-tac,
Quoan lou bent segoutis toun chapelot de tolo...
De chagrin ou de poù lou co-m balho un
patac.
Pouirei pas més, beleù, mounta
per Tescaleto
Lous grands sacs de
turguet. Digun nou benguera
Ser la belo, en per jou, nousera la courdeto
De la telo a boussis que lou bent
prenguera.
Las gents soun benguts
pecs, com en un terro tremble
Ende jou qu'es la mort, ende tu
qu'es la lin.
Kn-z-e separen pas, que
mourisquen ensemble
Lou darrè dous mouliès e lou darrè moulin.
Biro dinco la lin,
Biro, biro la molo ;
Lou bielh mouliè trémolo...
Bires pas mes, moulin.

Célestin Cezerac, (jascoun.

Arquebisbe d'Albi.
Bibliographie.
Alieus e flous, recueil de poèmes en
collaboration
Max Laclavère, Paul Tallez,
Fernaïul Sarrau (Aucli. 1902)
—

RENOUNCIAMEN
Renounciamen, vièi ermitan,
Pèr abéura ta secaresso
As

plus de lagremo,

au

mitan

D'un ort défendu de carcsso...
Liuen de la mar e de
l'areno,
E dins l'oumbro
frejo di

Aquéu qu'avié vist la
De-bado

se

piue,

sereno

crebè lis iue.

avec

�37

—

—

le gardes en caillant,
tou'n amaresso,
loun antan,
Toun mirage e ta trevaresso...
La desiranço no un s'arreno,
Empourta sus l'ègo de fue,
Aquèu qu'avié vist la sereno

Tu que

E qu'enaures
As pèr e terne

De-bado

crebè lis iue,

se

L'anèu d'or que brihavo tant,
Traguères à la dougaresso,
Mar e vido pariero estant, —
Mai es la vido pecaresso !
Dins lou vèspre que s'assereno,
Trop de coumbour mounto à la niue...
Aquéu qu'avié vist la sereno
—

De-bado
Auras

crebè lis iue.

se

jamai l'amo

sereno,

Dins li pensamen o

li jue...
Aquéu qu'avié vist la sereno
De-bado

crebè lis iue.

se

Jan de la Vaulongo.

(Sully-André Peyre.)
Bibliographie

:

d'Escrivelo, poésies.

Eu
—

préparation : Lou Janssemin, poésies,
Noiwello novo, nouvelles.

LA

PIMPANELA

Polida

pimpanèla

respelis,
far, novèla,
mos pèls gris.

Abrieu te
E semblés

Badôu

a

Emmanteles la
Florises Io

prada,

camin,

es atintada
Vol co-cut ton vezin.

Calina,

Beuves la solelhada

en cima del jorn :
N'es tota mergalhada
Rizes dins la frescor.

Cap

PREGARIA

A LA MIGA

M'alizant
de ta man

flna,
laisa mon cap
tôt arrucat
ta

sus

peitrina;

Dins tos bras
me diras.

diga,
un

aire ancian

que

cantaziam

un ser...

ma

miga.

Julien Galery,

Bibliographie,

—

auvernhat•

Œuvres inédites en préparation.

—

Lou libre

�-

A

Perqué tène tant à tus.
Hou sabe, oi, siès pas
poulida.
As belèu un' autre tort :
rosa

fresca

Saique sentis

espelida
pas tant fort.

F, tamben la

pèl d'Espagna
requist perfum. (gna

Es

un
pus
Mes quand nous tenèû
coumpaA toutes do us fasèn
qu'un.

N'avèn passât de vespradas

Quand dourmissiè tout l'oustau,
ou benuradas,
D'abord que — pount capitau,
—
Eren toutes dous,
Nourada,
Dau i'àsti nous sèn gardats;
E, ioi, te vole ounourada
De tant de mouments
presats.
E, tristas

N'ai abenat de brouquetas,
Pèr cremà toun mourre
En

vejent dins

Toun ama fantasièirousa
Dins las oundadas de fum,
Ouand la rima èra tissousa
M'adusiè de nouvelun.
E dedins toun zistoun-zèste
Mai d'un cop ai acoutit
Lous sounges fois, toujour prèsto
A faire Michèu-i'ardit.

Pioi, quûura après la voulada
Baroullave, e de prou naut, (da
Toun cor, maugrat, qu'amoussaÇouma lou miéune èra caud.

Vai, prouvesirai

eneara
D'illusiouns e de pantais
Toun cor rous; me siès trop cara
Pèr t'abandounà, Me plai,

Pamens, à l'oura nafrada,
Quand sèn toutes sangoulats,

De te veire recatada
Sus l'album de mous souldats.

pipeta douça e tendra,
parlé : « Jouine ou vièl,
Qu'enchau que faguen de cendra
Se lou fum gagna lou cièl. »
O

fi,

mas

-

NOURADA MA PIPA

Siès bercada e mascarada,
De tabat n'avèn pas pus,
E me demandoun, Nourada,

La

38

Semblés

lunetas

Dardalhejà toun plesi !

POUEMA
Bella nioch estivenca

e d'estelias.
l'iourida,
Quand languisse e pâtisse, assetat au lindau,
Quand prègue tout soulet, per amoussa moun
Bouja-iè, bouja-nous ta mélica benida,

mau,

Baila la pas divina e lou baume amourous
Das perfums carrejats per l'aura
atebesida,
A la qu'aime, e
d'asard, se dourmis la poulida
Bressa-la dins soun sonf d'un
lou mai dous
pantai...
Mès se per lous drailhous se

passeja ma bruna
Espinchant se noun vei espeli dins la bruna
Dejouta lous platanas un qu'es ieu, soun galant,
O resplendenta nioch ! dors toun
trantai de gloria
Fai leva sous, iolhous

Que

nous

qu'an serbat ma memoria,
poutounaren amount dins l'estelan.
Jousè

(Sus l'auboi clapassiè.)

Loubet, lengadoucian

Bibliographie : A Théodore Aubanel
poème. Paris Duc 1901. •—Discours
de recepcioun au Félibrige de Paris emê la
responso de Lucian Duc Paris Duc
1901. — Is escoulan de Wreschen ode. Paris.
Duc. 1901. — Li lioso que
saunon
poésies provençales. Avignon. Seguin. 1902. —
Traduction fran¬
çaise du Baile Anfos Daudet de Batisto Bonnet. Paris Flammarion
1912. —
La Gazelo loubetenco. liame amistadous
di îélibre pendent la guerro (60 ne,l
1915-1917.
A paraître

recueils de pièces
provençales et languedociennes parues
VAioli, La Cigalo d'or\ Le Provençal de Paris, la
i'Armana Prouvençau lou Gai etc., etc. Eludes de Campana de Magaloubibliographie. Variétés
et documents félibréens.
Anthologie des auteurs de langue d'oc. (Renaissance
Montpelliéraine). Sus l'auboi clapassiè poèmes,
:

dans
na,

i

�39

—

—

ALS

CATALANS

O terra catalana ! o
An bel vos sompartir

sol lengadocian !

las

serras

pirenenoas

Brembaments ciel pasat, esperas avenencas
Vos afrairan auei tôt com al temps ancian.

landraire tropel do trobadors càntaba
parlai' d'Oc, i a mai de sept cents ans,
Dels orts de Barcelona als ramiers tolozans,
Cants de laus e d'amor que lo monde escotaba.

Un

En metiu

E quand
De cap à

los grands taidits tombais à

Mont-Ségur

Mont-Serrat fugian la barbaria,
Aqui sabian trobar la sorola patria
Aziraira, com els, dels omes ciel escur.

La paura lenga d'Oc — ela tabe faidida,
Com los « crozets » mereada, en renec eternal,

Del sjnne de roospres sul pitre e l'esquinal, —&gt;
Catalonha, aco's tu que l'as tabe gandida
a poscut servar l'antica blozetat,
qu'un vent d'azir a sempre batanada !
Desa com delà monts, praco, la Condamnada
A viscut, —• en torment a plorat e cantat.

Com

Ela

Catalans, Malhorquins, Valencians,

poples fraires

Que parlatz com nos-aus la longa dels aujols,
Tram l'espandi e lo temps nos semblan com rajols
Que sorga unenca a fach barrular pels terraires.
De la comba d'Aran à
S'arboran de cansons,

la ciut.ilt. d'Alguer
florison do eampcstres

Que nos son pas i'orencs, o gloriozes Mostros,
Ô rcvis.coladors : Verdaguer ! Balaguer !
E soscam, en bebent à l'estelada
Al Got preclar « que nos venguet

Copa,
dels Catalans »

vin es lo sanc dels patrials malans
Ou'asermaire cl'alucs sus nostras labras glopa.

Que

son

!

La que cantet recanta, e canla pas lo rot
S'amontairen trabucs plus auts que las montanhas
Los desparricarem com rantelas d'aranhas,
Car la Pensada es mai poderoza que tôt,.

!

Sem los africs boiers qu'abem plantât la relliâ
Dins los bordons reirals : vendra la segazon.
Los camps son

bategants de nova espelizon.
regrelha !

Adjuda-nos, solol ! Nostra casa

Antonin Pereosc.
,

.

i

?,

Bibliographie. — Remembransa, 1902. -— Lo Got
Cansons del Got occitan, am las melodias de Paul
e
Contes populars gascons, 1905. — L'Arada, 19Q6,. —
1908. — Anthologie d'un Centenaire, pages
ç\es

y

occitan, 1903.

—

Vidal Paul Rejin, 1904.
Guilhem de Toloza,
choisies
écrivains tarn-etgaronnais, 1908. —- Contes Populaires, Première série., 1904. — La Pastorèla,
1921.
Soleillette, 1922. — Las Cansons del Pôpte, 1923. — La Debanadora, contes en vers (Ed. du Travail, Toulouse., 1924). — Coptes Populaires
de la vallée de la Bonnelle (Ed. Masson-Champion. Montauban-Paris, 1924).
Lo Libre dels Auzels, 1924 (Librairie Masqueste, 7, rue Cfzenne, Toulou¬
se). Pour paraître en 1925 : Lo Libre del Campestre (Les Amis du Livre Oc¬
—

—

—

citan, Samatan, Gers.)

�—

40

—

L'ALEGRIA QUE PASSA
(Canço de Zaira)

(Masica de E. Murera.)

De terres enllà

Com les Hors esmortuïdes

portem la tristesa,
la portem pel mon
per deixar-la enrera.

creixem

Per tôt

Les l'ulles que ens cauen

on

i

per

passem,

passem lien dépressa,
per 110 encomanan's
el mal de la terra.

plorein

com

la

serra

la carretera.

son

cançons boèmies

que

sèmbjen poesia
enterren.

De l'arbre del mon
som

les l'ulles seques

regades de llàgrimes

enyor'ança eterna.
hem de l'er

en

desfullant-nos

i la prosa

E i mal de l'amor,
el mal que s'arrela
i. deixa en el cor

Tant i

anem

i rodolant
sempre.

si patim

riure,

hem de cantar per viure.

Tant si plorem com si
hem de fer riure,
hem de cantar
per

patim

viure.

Santiago Rusinol, calalà.
AN

NOUVEL

Sourda à nostes

souvèts, la vida descandèla
l'escagna das jours bons amai das jours marrits;
de cops la trouban despietousa e
crudèla
e d'autres
cops cresèn qu'es douça e nous sourriz...
e

Es pas

vrai ! sap pas res, vei pas

de nautres

e

N'en

res, e

s'encliauta

das vots esterles
que fasen.

fasèn, maugrat tout, de tes que i a, sans
fauta,
e nous
imaginan — pantalhaires que sèn
qu'aqueles paures mots pivelaran l'astrada...
—

Benourousa illusion! fan pas ni
mai, ni mens,
mès, d'un cor à-rn-un cor, aqueles
disoiin l'Amour divenc ou l'Âmistatmots, pamens,
sacrada.
Pèire Azéma, mounl-pelièrcnc.

Gastel-Guyon, 1915.
Bibliographie.

—

Lou

Ciclopa, poème dramatique (Editorial

LENGADOC
Per M.

G., lengadocia.

Las flahutas delh vent delh Nort
e
l'orguena delh vent de Mar
s'arrespondan sur los chams d'or
e las
gravas delh pais clar
de

jos
de
e

Lengadoc,

que duerm coitjat,
cial de nèu e d'azur,
ciutats rozas samenat,

de

un

ciprers negres

e purs.

Las chansos dels immenses
lo

pius,
long delh flume fresche e verd,
piop dels rius

los vîmes rodonds

Occitan

�—

41

—

los améliore dois codcrcs,
tota l'aubrallia delh pais
redicli que las vivas chansos
e
e

que

ohouteja l'aie sens fi
l'aire n'a pas de mots.

de qus

Aital
,

rajant de clar solel,
aital armonios de vent,
ont se trobaria, del parel

terraire mais clar ed ardent,
ed onte l'om sente ab'aital,
lant a i'ior de la pel,

nqais vermel e mais bital,
dejos la lutz delh gran chalel !

sanc

Mon
se

Dieus,

deve

aver

que me sià doncs donat,
enquerra gei,

de tornar veire'

questes prats

los costals jos Io vent-rei;
d'uflar ma peitrina à novel
dels aies sauciers de la mar
e de nafrar mos sornes vels
a l'esclardor delh
pais clar !
e

Jean Mouzat, lemozi
Bibliographie.

Poésies,

—

en

préparation.

POUEMO
Ai

parti. Soulèu de Nouvèmbre,
Miejour triste, soulèu di mort,

Treno ti flour et ti remèmbre
Pèr la courouno de moun cor;
I camin mouisse de l'eigage,

Adoulenti, vese un carage
Que mounto e viro davans ièu,
Vese, doulènt dins l'oumbrinello
A l'avalido dis estello,
Dous iue dubert, sus mi parpello,
Se lissa

gounfle

e

perisatiéu.

Quant de tes, à l'escuresino,
Âi escouta long di campas
Lou pas amourti que camino
Dins lis andano de moun pas;

Quant de tes m'aplantant, belaire.
M'a sembla d'Un plagnun, dins l'aire,
Ausi lou gème, sus l'autour,
E rèn mai que veniè, pèr orto,

Que lou- murmur di iueio -morto
Amoulounado long di porto
Pèr l'alenado de l'errour.
En vesènt

au

vènt d'autounado,

Sus lou larg s'abriva li niéu,
Sènte inounta dins ma pensado
Touti li trèvo de l'estiéu :
D'uno font, alin, l'aigo cour e dindo,
Uno voues, alin, grèvo e lindo
Canto

un

Sout la

soulomi d'Aubanèu;

pinedo,

au

clar di branco,

Em'un balans de raubo

Dins l'entrelus

dou

yn rebat toumbo,

blanco,

jour

que manco,

palinèu,

�—

42

—

Veici la prado ount,

pèr la ooumbo,
Regardavian dins si revòu,
vèspre, à Terrour que toumbo,
Se campeja li rateirôu;
Dins li broundo de la baragno
Déjà la cisampo se lagna,
Deja s'espousso lou fuiun;
Aro, long de la muraielo,
Sus la bouscado e l'ouliveto,
Lou bacelage di earreto
Sus lou

Sono mai triste

au

calabrun.

«

.

De que
En

me coursejes encaro
oundejant sus l'escabour,

Nèblo oudourouso, bloundo caro,
Oumbrino fousco de l'amour ?
De que vos, emé ti man palo,
Emé toun velet, que rebalQ
Sus li calado dpu lindau,

Tu, qu'à la vesprado, espQundudp,
En m'atrivant à la perdudo,
M'espères pièi, ferpujo e mudo
A la porto de moun oustau ?

Ai ! mounte sies, bèu cor de femo,
Bouco en flour, qu'avans de
parti
N'avies tant begu de lagremo
Sus li gaulo de toun Ami ?
T'en souvèn, dis ouro passido
E dis aubre de la bastido
E di vihado e di fremin ?
T'en souvèn, o Caminarello,
Di jour que, long de la
pradellp,
Me fasies signe, risorello,
Au darrié retour dou camin ?
*

T'en souvèn ?

Miejour

:

Soulèu de Nouvèmbre,
triste, soulèu di mort,
—

Treno ti flour e ti remèmbre
Pèr la courouno de moun
cor;
I draiou mouisse de

l'eigage,
Adoulenti, vese un earage
Que mouhto e vivo davans iéu,
Aro vese dins
l'qumbrinpllo,
A
l'avalido dis estello,
Dous iue ilubert, sqs mi
Se Tissa gounfle e
Jousé

parpello,

pensatiéq.
d'Areaud, prouvençan.

Bibliographie.
Lou Lausie
in-8. Oudin, Paris. Loù Rampau d'Arle, poème. Préface de Mistral, 1913
d'Arum, poèmes, 1920, in-8. Le Feu, Aix.
La vesioun de
l'Uba, poèmes, 1920, Le Feu, Aix. La Copmbo, le Feu,
Aix. La Bestio dou
1921,
Vaaarès, (Grasset-Paris, 1926); La Caraco, nouvelles,
(Le Feu.
—

1926).

Inscrivez-vous à /'Association des Amis du Livre
Occitan, (à Samaian Qevs). Vous recevrez une Œuvre
Posthume de Batisto Bounet, en caractère
Astié, sur bel
Aija et six autres volumes, signés : Nwa ro,t,
Dubousquet,
Charles Derennes, M chel
Çu/nélat, Anmin Perbose, Paul

Arlène.

�—

A NA

43

—

MARIA ELVIRA GUASCH

Arrèino des Jocs Flouraus de Barcelomw,
et 4 de Mai 1924,

à Toulouso

I

Berjè des Augustines
flous, qu'ei bi-Ôm en loupe sequè

El det
Es

Despus sies-cents ans just segui-s'i

Qu'auéren ta bous tant

d'atrét ?

lequito,

Ei Toulouso, 'froso

Que det Mount-Serrat bous assùèc ?
Ëi, engùan, mès douço 'ra primo
D'aquésto man des Pirenès 7...

Quin qu'en sié, 'Rrèino tant poulido,

'ùnou, gran goi que mouss
Diéu qq'ae sap : ouro benedito,
'Ra qui tadaci bous apiièc !
Grano

hèt;

II
Douant bous, ja passadi de bosto Catalounho
Omes de sén en noumbre, tabén ornes de cor,

Que bosto Barcelouno, uè, 'rras dera Gasçpunho
Gué sémble

trasplantado,

sanc

biéuo è lires d'or.

Det Lengodoc cantaire bét era capitalo
D'un soûl 1 sus t,'aeùelhé-les touto 'ntièro
E det son Capitoli 'na mès illustro salo

lheua-s,

T'aplaudi it lou trioumfe 's Felibres amassa-s.
Claménço bous demore sus era hauts 'strado
Aoun, dap plantes bèrdes, esperanço an marcat,
E de ifountfort en frésco qu'ei era mort pintrado
Dari'è 't sièti de pourpro que bous ei Treserbat.
III
Jous

Ja'i

plafounts ludénts, qu'en sus arégen
Coulounes de marbe à pialès,
plio 'ra galerio; do une que mous légen
es

Discoursi fièrs ooumo jamès.

Après, edj arreport; cadun que claque
Des mas, è 's plécs que soun ourbits;
E 't prumè lauréat, que bric nou flaque,
Jùan Gùasc, det qui 'l nom s'arredits.
bous prouclame,
bous, sá hilho è soun amou;
bous amié, ja bous aclame,
Àh, quino admirairo clamo'u !

E coumo 'Rrèino haut que
A
E

qùan

se

IV
Ja-n bat seréno, coumo ambre lino,
E 'ra Couralo, miéi catalano,
En 'aunou bosto sous bouts j'elhèue,
Lèu oundes fortes, lèu larje crit.
Sus boste haut piénte, qu'ei d'un blanc de çrèmo
'Ra bosto mantilho... — Mès bous, 'Rièinp Alpiro,
En moudestio bèro, cadun bous admire,
E que bolen imnes at boste seguit.

�Coumo iou

mai' brulhairo sembla
que bous escorten
Bit-darrè bous
houlacli, mès aiant ta pourtà-bous;
E coumo à iou dieuésso,
uèro, que bous soulhèuen
De cap at boste trône daurat è cramousit.

V
Oue luts, darrè, 'ra

'chcharpo 'rroujo è jauno
'N'engarlanda 'ra flou hèlo per Dieu.
Bous, aquiéu 'n-aut, o souberano Dauno,
Dera Patrio qu'èt odj
imadje bièu.
Des bostes

mas aro
qu'es laureadi,
plega 't joulh, ban préne es joies lous,
's bosti dits, ta da 'loungadi,
Dedj Amou pur qu'èt edj imadje dous.

En

En puna

E quièto at-fèt è mudo è
E'n boste frount, un sêlh

En

«

an

que bén

'ra Fé

»

'Sperairo è santo, aquiéu

ieratico,
d'eternitat...,
hèrmo, erouïco,
mous enchihhat.

18-20 de Mai 1924.

Parla luchounés

B.

Sarriéu,

gascoun.

AME VEIRE A LA PRIMA
Ame veire, a la prima,
Le brostonet novel
Et la flor elh ramel,
Es arae auzir la rima

Es

tant bell' et rizenta !
Tôt jauzen n'en serai
Si mon chantar lhi
plai !

Es franch' et ben dizenta
Et sis uelhs vencedors
Son dos bravonas Hors.

Que fai lo rossinhôu
Qu'es tornat

en

abriôu.

Lo gai et dous amaire

Que fai lo rossinhôu
Qv'es tornat en abriôu

!

Comas elh sei chantaire
Chante de fin' amor
Et

mon

cuer

Tôt so que dis m'agrada
Et sis uelhs vencedors
Son dos bravonas i'iors.
Si luan es
demorada,
Tant que n'aje

:

n'a doussor.

Aco's mai que
m'aflama,
Chante de fin' amor
Et mon cuer n'a doussor.
Ieu chante per ma
Dama,

sei

Ma Dama

lauzada.

Enric

(1er Prix de Poésie de
—

es

Ai ehantat
per amor
Et mon cuer n'a doussor.

Tôt jauzen n'en serai
Si mon chantar lhi
plai.

Bibliographie.

languit,
garit.

Quant torna

(de Breude,
«

Countes

l'Escola de Limanha
de la
— En

Gilbert,
Auvernha)
Jeux Floraux)

en

», aux

Lunaira, Paris, Gibert, 1913.

—
La
Covisada, Paris, Gibert, 1923.
préparation : Contes de la Lunaira, 2»
édition, illustrée, revue et augmentée.
Morceaux
choisis
des
Troubadours
de la Basse-Auvergne el du
Velay, avec une traduction française. — Mai en
Flors, poésies.
—

A

SOLELH COLC

Le solelh pels sères è sucs
Trai la darrièra
flamejada
E n'en demora dels
pesugs
Al brost rosèl de la besada.
Consin ! vos metètz al
despart.
Dabans la nuèch tôt se
revelha.,
Encara esfremezis la
carn,
Vautres sètz blancs corna la
pelha,

�Y

45

-

-

Los aucèls perduts pel termal
Cascalhan coma una pregaria
E lo mèrle d'amont, d'aval

Engenha

un cant que non s'aparia.
Sus vostra pota ren brugis,
Una dolor pauza grimasa,
L'escura que s'anegrezis,
Peza de trop é vos atrasa.

Una

aura

dosa dins lo cel

Flegia lo falhat, lo rebréga,

E cada flor sus son brostel
Dins un lensol moste se plèga.
Mas los uèlhs clucs demoran morts,

Vezi trémolar las

pelonas,

La potenliada vos
Vos agachatz pas a

estors,

la bona.

Mas

profichats, paures tindons
Aquesta ser de l'ora rara;
Auzirets ben los ctos resons
De vostra amistat que s'apara.

Rizèts, laisatz parlai1 lo cor,
L'amor aura sa repenada,
Tôt l'amarum do vostre sort
S'esvalira dins l'embrassada.
Louis Delhosïal, auvernhul.
Hiulioukapuié.

A

publié en 1921 : Rescouoto, poésies in-8,190 pages
(épuisé).
En 1923, Los Piados, poésies. (Ira p. du Cantal Républicain. Aurillac).
—•

CHANSOUS

MAIENCAS

i

Mai gente eisis sus la cola
Dins lous chants e las sentours,
A soun bres miraudious vola

Un nible

rose

d'amours.

E lour

troupa qu'amistouna
L'èssiaure, mouile enchiprous,
Dins lous rais dansa en courouna,
Couma un fum de mouchirous.
E

veiqui la fada esterla,
L'Esperansa em soun bardeu
Dount la pounclia d'or s'esberla
Sus tau cor per se crudeu.
II

Ujan, soiin roiaume vert,
Mai blous

nous l'alanda enquera,
sa voutz touta la terra
Pren las coulours de l'esper.

A

Sus tous lous

plais l'auzelada
Brejà l'eterna chanson
Qu'au prouiiet de Languizou
Désir 'na vêts
E sabe que

a

troubada.

chaura mas
Dins l'azur niu la sageta
Clianteiris de l'alauveta
Per traucar ma sourna patz.

�—

46

—

CHANSONS DE MAI
Mai joli naît

la colline dans les chants et les parfuMs, à son berceau
enchanté vole un nuage rose d'amours.
Et leur troupe que Cajole le zéphyr, tendre espiègle,- dans les rais danse
en couronne, comme une nuée dé Moucherons.
Et voici la fée adolescente, l'Espêi'ahcè avec son dard dont la pointe d'or

s'émousse

sur

sur

tel

cœur

à soi-même

impitoyable.

Son royaume vert, Mai radieux nous l'ôuVre cette année
encore, à sa voix
toute la terre prend les couleurs de l'espoir.
Sur tous les buissons la gent ailée répète l'éternelle Chanson qu'au
profit
de mélancolie, désir un jour a trouvée.
Et je sais bien qu'il ne faudra que la flèche sonore de l'alouette
pour tra¬
verser ma Sombré paix.

Albert Péstour, lemouzi.
Bibliographie.

—

Voir

aux

Figûfès Occitanes.

MOUN LEMOUZI QUE FLOURISS1AS !
Moun Lemouzi que flourissias
Al bel
âge mejan, quan tous grans

troubadours,

Filhs de pacans taïi couina omes de bel
lîîihatgc,
Fasien pertout las leis, las lels del gent
parlatge
Dlnz lou mounde ablauvit, o supresmas baudours.
Bernât d'à Ventadour, Bertran de
Boi'n, Faydit,

Lous quatre Uissels, Na Maria d'à
Tourena,

O charmable pals, t'aû balhat brava estrena
;
Espanissien pertout : Bentat, Saver, Esprit.
Moun Lemouzi que flOUrissias 1

Moun Lemouzi que flourissias
mejan, quan Papas d'Avenioun
Vengueren tout de cop, très del nostre terraire;
Esluzis l'anel d'aur de Peire lou Peschaire
E la tiarà jamais n'aguet tan de renoum.
Salut Esteve Aubert e Beuiort de
Rougier.
Clemens, Inoucens sieis e mais Gregori ounze :
Vostra gloria segur ne couneis de
vieiounge
Tan druja se nouiris la mesa del Rousier
Moun Lemouzi que i'lourissias 1
(1)
Al bel âge

Moun Lemouzi que flourissias
Al bel âge mejan, quan tous
grans chivaliers

Amb en crous sul

peitral, partigueron

en

batailla;

Pus tart, quant achampitz am
bourgeis, rifatalha
Bouteren fors Angles, pilbartz mais estranhiers.
Gloria vous S'en Chamans é Tourena e

Gombarn;

D'auloun qu'as aparat la Valenta
Piucela,

Siasque mas soun Varlet, sa gloria t'émmántela.
Lemouzis, rai, mais que mais. Frances toujourn 1
Moun Lemouzi que

flourissias 1

Moun Lemouzi que flourissias 1

Per de que parlar d'ier,
quan derna nous aten ?
Rai que penden
loun-tems, la flour se sia mouzida
Rai que la gleu, ailas,
se trouvet estarida.
Huei, d'un printems nouvel nous balha lou presen

(11 Clément VI se fit remarquer par la grandeur de son
la
générosité royale de son âme et la pompe brillante de sa Courcaractère,
où tous les
mérites trouvaient parfait accueil.
Prodigue de largesses, il eut surtout à
cœur
son

d'honorer

son

Limousin et

pays un tel rosier que

mort.

»

sa

famille

«

Voulant, disait-il, planter de

les roses s'en vissent

encore

cent ans,

après

sa

�-ilFelibres lemouzis

an

d'eime

prou

e

d'arour,

Genta voutz per chantar mais boun liras per
Te fan gloria e soulatz. Patria renascuda.

adjuda.

Esprit, Beutat, Saver ne pouden.touttibar flour
Co u ma quan flourissias !
Amédée Muzac, lemouzi.
Bibliographie : Flors lemozinas. Recueil de poésies en langue
Sen guiral. — Poème en langue limousine lauréat de la Société
que et littéraire de Béziers pet. in-8e Impr. Roche, Brive.
Les Chafres. Etude de philologie
Lou Revelh a Ventadourn. Poème

limousine.
archéologi¬

limousine.
en

langue limousine, pl. in-8e de 8 p. p.

traduction. Paris Société de publication du centre. *
Lou Ghabutoure, la Sartressa. Chants del Felibre. A moun

avec

pais, La vous del
avec musique de
Léon Branchet.
Collaborateur de la Revue Méridionale la Cigalo lengadouciano et de Le¬
mouzi.
Les Verreries de la Cère et leurs gentilhommes verriers. Broché in-8e Imp.
Roche Brive. Description et Etude de V enceinte préhistorique. Le vieil Ar g entai

pais, Sur lou Suquel de la Ramieira. Chansons limousines,

Esquille historique. Bulletin de la Société Scientifique Historique
archéologique de la Corrèze à Brive.

xv, xviii6.
et

CANTE DOUS PESCADQUS
I
Bollils

pescadous I lou cèu qu'aluque
Toutes sas estèles à-nuyt...
E d'un burni s'enten lou

Sus la gran

dune

oun

bruyt

la mâ truque.

Arrëtoc
Dou tue blanc
E dou clouctiè de Mimizan,
Dou coudie de la balene,
Dou nantit de la serene

Goayte lous nos pescadous,
Diu, goayte-lous !

Moun

II

.

Qu'es la Pesque d'Uchet qui
En cantan la cante' de

passe...

mà,

Lous pescadous s'en ban arma
Per la garrole, la pinasse...
III

D'auts cops,

s'ous bachèts,dits lou coùnde

Y abè prats berds e blancs troupèts...
Ali 1 si troubabem taus baohèts,

Qu'atiirem lia lou tour dou inounde 1
IV

Me} noué) peâoadous de la ooste,
De Mimizan à Gap-bi'etoun,
DÓU Boucau, do Moulits, de Loun,

Qu'èm lous petits marins de noste I
V
E s'anl bo.uns bras
N'am pas qu'u'
Per pesca sus la

Débat lou gran

e boun couratye,
pinasse e 'n hilat
mâ saubatye,
cèu estelat.

�VI

b'auts

cops, en coste Marensine,
Lou Bieilh-Boucau qu'ère un
gran
E

Cap-Bretoun dab sa marine
Que pescabe en las mâs dou Nord

port

!

VII

Labets,

sus

las aygues ubertes,

Lous nos hardits marins
perduts
Partiben à las descoubertes
Dous ribatyes incounechuts.
VIII

.E qu'abèn bist las Amériques
Plan aban Gliristot'le Couloun

Lous marins de 1' «
Artimounlque »
Dou Boucau e de Cap-Bretoun.
IX

Lou cèu

qu'es

Oey que y aura pechs
Alom, pescadous, à la
E

galiat

la nuyt fresque,

nugue e

e

dous bouns!

pesque !

lous bous abirouns...

Loys Labeque,

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H.

COLOMBON, provençal

Pierre-Henri Colombon est né le 24 Novembre 1.851; Depuis de
longues années il travaille, à Marseille, pour la lariguc d'Oc, sans
relâche, avec une intrépidité et un sens des réalités qui font de lui
l'un do ces « grands ouvriers » des grandes causes, dont la vie est une
soumission perpétuelle à la tâche qu'ils poursuivent, à laquelle ils
ont voué toute leur personne.

lyH. Çoloinbon, Mestre Pierre, Peire Deshenri, Pierre de la Bour-

gado

:

autant de têtes

le même bonnet.

sous

Typographe (1867) et
(1907) du Petit

archiviste

Colombon

Marseillais,
est aussi
chefs de

le doyen des
service de ce

quotidien. Il

a

reçu

les

médailles d'argent et de
vermeil du Ministère du
Commercé. 11 est officier
d'Académie. Au point de
vue

l'élibréen,

félibre

mainteneur en 1924, il a
été l'ait Mailre d'Œuvre
en 1926. Si les titres ont

c'est

Majorai

qu'on eut dû le

nommer.

un

sens,

'Dès 1891, il collabora
à la

Sartan ;

il fonda

:

1899 la Chronique

Mé¬
ridionale; en 1907, le groupe... ? Prouvençô !... et son Buletin; eil
1907 également, Lou galoi Prouvençau. En 1916 il fut le promoteur
et le premier collaborateur du Félibrige, journal de Madame Vve
Mistral. En 1919 il a fondé l'école provençale La Pervenco où il pro¬
fesse une méthode personnelle d'enseignement de la langue pro¬
en

vençale.
11 est également collaborateur de l'Armand Provençau, et de le
pai'tie provençale de VAImanach du Petit Marseillais (1922). Confé¬
rencier il ne se lasse de porter la bonne parole en tous lieux et donna
(1925) régulièrement des Conférences provençales par T. S. F.
11 est enfin l'auteur de nombreuses chansons, chœurs, pièces et

traductions.
On le

voit, la vie et l'œuvre de H. Colombon sont intimement

unies. Cet homme, c'est l'action personnifiée, c'est le mouvement per¬
pétuel pour la cause. Colombon est un haut exemple de^ continuité
dans l'effort, de travail opiniâtre, de confiance quand même.

Modeste, il se' sacrifie. A nous de dire ses mérites et de

proclamer,

à tous les Pays d'Oc, les mérites U'homme d'action d'Henri Colom¬
bon. Dut sa modestie en souffrir!
S'il n'a pas l'ait de livres, il a l'ait des félibres. Et c'est un titre qui
en

vaut

beaucoup d'autres!

S'ai pas

fa de.libre,

Ai l'a de felibre !

Série B,

_

i\ ÌV

�C. GANDILLON-GENS-D'ARMES, auvergnat
M. Gandillon-Gens-d'Armes est un Auvergnat de bonne souche.
au bord du cratère cantalien, au pied même du Puy Mary

11 est né

de dire qu il était le seul poète
français né dans un cratère. Pour la grand mere de Gandillon c était
exact : elle naquit dans le cratère même.
(1787 rn.) ce qui a permis à Paul Fort

La famille de Gandillon est

pay¬

Elle possède la liste inin¬
terrompue de ses membres depuis
15e
le
siècle, dans le même village
de la Bague, où le
père de Gandil¬
lon continue la lignée paysanne.
Après avoir voyagé beaucoup
en Allemagne et en
Angleterre ou
il faisait des vers inspirés
par l'Au¬
sanne.

vergne, M. C. Gandilhon - Gens d'Armes s'est fixé à Paris où il uti¬
lise ses talents polyglottes comme
secrétaire traducteur à l*Hôtel-deVille.
11

a

publié 5 ou 6 volumes do
d'ouvrages anglais ou

traductions

allemands. 11 se mêla de bonne
heure au mouvement

littéraire^ de

la capitale, collabora et
ii île nombreuses revues.

Poète il

prépare le recueil

de

Poèmes

ses

paraîtra peut-être, cet hiver,
C.

tard

Arvernes, dont

collabore

une

partie

Gandillon-Gens-d'Arrrie,s aime à se dire «un troubadour né trop
des poèmes en public, voire à chanter de vieilles
r.

qui aime à dire

chansons

G. Gandilloh-Gens-d'Armes .est
surtout, à nos yeux, et c'est à ce
titre que nous tenons à ce
qu'il figure dans cette galerie

ouvriers, le défenseur

et le

de bons
propagateur des écrivains occitans d'Au¬
toujours sur la

vergne. Pour eux, dans l'Auvergnat de Paris, il est,
brèche.
Il aura mérité
beaucoup de la cause occitane.

J.

CANTELOUBE, qiiercynois

_Néà Annonay (Ardèchè) le 21
élève de Mlle

Doëtzer, développa

octobre 1879, Canteloubc, musicien,
ses dons de compositeur, en pleine

campagne, dans l'admirable Quercy.
Plus tard, il devint l'élève du maître Vincent
la Schola Canlorum.,
Au cours de sa carrière

d'Indy, .directeur de

musicale, Canteloube n'a

cessé de se sou¬
venir qu'il qst un fils d'Oc. Et cette année
c'est à une de ses œuvres
les plus franchement occitanes et la
plus belle, le Mas, qu'est attri
bué le Prix Ileugel de 100.000
francs.
M. Piriou a écrit dans «, OC » :
«
L'amour du sol maternel, a
inspiré à Canteloubc une musique
sincèrement émue, toute embaumée d'une
pénétrante poésie. Direc¬
tement émanée do la
contemplation de la
songer

aux

nature, elle fait beaùcoup

émouvantes

pages du regretté musicien-poètè que fut
Déodat de Séverac dont Canteloube était
l'ami fidèle et dont il est

incontestablement le continuateur.
Et J.-P.

■

Régis

»

:

J'ai entendu à trois reprises la
partition du Mas. Chaque l'ois
j'ai été ému par l'évocation do thèmes
certains comme, la « grondo ». Je dois à auvergnats dont j'ignorais
■«

pures émotions d'art. Le

Choix

qui l'honore.

»

Canteloube une de mes plus
jury du prix Heughel peut être fier d'un

�V

—

51

-

Ëibliogbaphie.
15 Mélodies, diverses pour chant et pianó,
(inédites).
1903
Colloque Sentimental (Verlaine), chant et .quátuor accor¬
des. Date de la première audition : Société Nationale 1908.gliditeur : (Ricordi).
—

—■

1904

Dans

—

la

Montagne, suite vio¬
lon et piano. Société
Nationale, 1907.
(Rouart-Lerolle).
1905

Jabilaiè

—

Dco, motet à 4 voix
mixtes. Société Na¬

tionale, 1907.

ard-Lerolle).
1906

•

—

(Rou-

Au Cré¬

puscule (A. Vermenouze), chant et pia¬
no.

Société Nationa¬

le,

1908.
Lerolle).
1907

(RouardChants

—

Populaires de Hauleet

Auvergne:

du

Haut-Quercy recueil¬
lis et harmonisés par
J. Canteloube. Deux
recueils : 1 er Chants
en

plein vent

Chants
Société
1908.

et

;

2»

danses.

Nationale,
(liouard-'Co¬

rolle).
1907

drale,
scène
de

—

La Cathé¬

musique et
pour la pièce
Frêne

MM.

et

Bourjacle.

Société
Nationale, 1908

(Rouard-Ĺeròlle).
1909

re

—

Le

Mystè¬

de Monsieur Saint

Aimable,

soli et
(paroles dé MM. Chabrol et Everat). Société Nationale, 1908
(Rouard-Lerollè).
1910
Eglogue 'd'Automne ((loger Frèiie), chant et orchestre.
Société Nationale, 1910. (Deiss et Grépin).
1910
Vers la Princesse lointaine, poème symphonique d'après
Rostand. Colonne, 1912. (Deiss et Grépin).
1911-13 Le Mas-, drame lyrique, en un prologue 2 actes et 4 ta¬
bleaux, poème et musique de J. Canteloube. Prix Heugel 1926
(100. 000 francs). Colonne 1912. (Heugel).
Les Préludes du Mas, suite symphonique. Colonne 1922, Société
Conservatoire, 1925. (Heugel).
191-3 —Au Printemps, poème lyrique pour voix et orchestre. Sur
une poésie de Miss
Maggie Teyte. Colonne 1919. (Sénart),
1914
Triptyque (3 poèmes de R. Frêne), pour chant ,et orchestre.
Colonne 1923 (Deiss et Crépin).
1915
Marche Française pour harmonie militaire. Colonne 1923.
(Deiss et Crépin).
1915
Poème Héroïque, pour orchestre. Colonne 1923.
(Deiss et
Grépin).
1918
Ballade familière du grillon captif (Mme Espinasse-A^ngtef
net), pour chant et piano. Colonne 1923. (Deiss),
1918-22 L'Arada (La-Terre), 6 mélodies pour chant et piano sur
pour

chœurs

—

—

—

—

—

—

�des

poèmes en langue d'Oc, d'Antonih Perbosc. Société Nationalë,
(Heugel).
1921
Los Dalhaires, chant
populaire languedocien à 4 voix mix¬
tes. Chœur mixte de Paris, 1922. (I-Ieugel).
1922
La Marcha di Réi (La Marche des Rois), chant
populaire
provençal, à 4 voix mixtes. Chorale Déodat de Sèvérac, Toulouse,
1923. (Heugel).
1923 —1 Als Catalans, hymne à 6 voix mixte sur un poème en
lan¬
gue d'Oc de A. Perbosc. Chœur Mixte de Paris, 1925. (Deiss).
1923
Le Chant des Auvergnats (Gandilhon-Gens
d'Armes), pour
chant et piano. Chœur Mixte de Paris 1925.
(Diss).
1923-24 Chants d'Auvergne (chant et orchestre ou piano).
1r0 Série,
Colonne 1925. Pasdeloup,
1926. 2e Série Lamoureux 1924 (Heugel).
1925
Les Noces d'Emeraude, opéra-bouffe en 3 actes, livret de
MM. Jehan Bouvelet et Jacques Marteaux.
(Heugel).
En préparation : Le Luco, ballet
pantomime, scénario de Jean
Blottière.
Nomal, drame lyrique en 3 actes, d'après J.-I-I. Rosny.
Les Anlibel, drame lyrique en 5
actes, livret de Marc Lafargue,
d'après Emile Pouvillon.
Première Symphonie, pour orchestre et
piano.
19-24.

—

—

—

—

—

+♦♦♦++++++++

Maria-Antonia S AL VA, calalane
La

poétesse M.-A. Salvà est née à Luchmajor (Majorque).
M. Pierre Rouquette parle
ainsi d'elle :
Traductrice de « Mireille » et dos « lies d'Or
», des « Géorgiques
chrétiennes », de Francis Janimes, et, en
prose, des « Fiancés », de
Mazoni, Maria-Antqnia Salvà est aussi un poète original : l'un de
cette gracieuse guirlande
mayorquine que le critique Joaquiin Folguera a comparée aux « Roses qui pendent à l'Orient ». Mais il sem¬
ble plutôt qu'elle vienne mêler à ces fleurs
précieuses, les couleurs
plus discrètes et l'agreste parfum de sa campagne natale son vers
n'a pas la voluptueuse harmonie que lui ont donnée les autres
poètes
de Majorque : sa poésie est toute fraîcheur et
facilité. Elle est intime
et pieuse, elle est humble, mais elle est surtout
rustique. Tant de
sensibilité, tant de douceur et de charité n'ont pu faire une
poésie
«

personnelle habile

aux mouvements du

ments, ni

cœur, aux nuances des senti¬

une poésie religieuse véritablement émouvante. En
dépit
d'agréments partout répandus (que l'on doit à cette candide fraîcheur
d'une âme naturellement
lyrique), ni le recueil « Du chœur », ni celui
des poésies « Religieuses » ne nous ont Vivement
touché. Mais il faut
accorder le premier rang à cette douzaine
d'images et de méditations
rustiques qui ont pour titre « De la Pagesia » (De la vie
Là, vraiment, l'expression s'égale à l'objet du sentiment; lapaysanne).
simplicité
qu'on y trouve n'est plus seulement une qualité privée de
l'auteur,
mais la forme pure de son art; la couleur et les
mais
surtout
traits,
la saveur des choses de la
terre, sont évoqués parfois avec une forte
nostalgie qui n'a de comparable que l'exquis naturel do l'image et
du ton. Ce n'est pas la grande
poésie géorgique, mais on comprend
qu'elle ait pu s'y élever dans la traduction de
Mistral, car ses vertus
modestes sont de la

pas de les vivifier.

Bibliographie.

tral);
do F.

—

même veine et du même

—

Mireille (id.);

Jamnies);
celone, 1910).

—

amour

dont elle

ne cesse

»

Les Illes d'Or

(traduction des poèmes de Mis-

— Les géorgiques chrétiennes
(trad. des poèmes
Les Fiancés (trad. de Manzoni); —Poésies (Bar¬

■►+*+++♦*♦+

Joan

ESTELRÍCH, catalan

Né à Felanitx
(Majorque). 11 a à peine 30 ans. Il lit ses premières
études à Mahon, dans l'île de M
inorque, où, étant encore adolescent,
il écrivit ses premiers essais littéraires
en catalan et les donna
aux

�—

53

—

journaux La Roqueia et Llum Noua. Dès 1915, il devint le collabora¬
teur le plus actif de presque toutes les publications de Majorque, où
il était retourné, et il commença à collaborer également aux revues
littéraires de Catalogne, où ses
articles, ses aperçus et ses études
lurent vite remarqués. Deux ans plus tard, 11 fondait à Palma le jour¬
nal La Vca de Mallorca, où il donna une série d'articles sur l'idéal
insulaire », dont il souligna la « catalanitat ». Cela ne l'empêchait
pas de suivre les cours de l'Université de Barcelone, puisqu'il séjour¬
nait autant dans la capitale catalane que dans son ile natale.
11 quitte Majorque, non pas pour se lixer en Catalogne, mais pour
voyager. 11 voyage et étudie. Il suit des cours à Paris, où il forme de
solides et brillantes amitiés. Et il écrit constamment deç. articles et
des essais. 11 assiste à plusieurs assemblées des Félibres et il renou¬
velle en Catalogne le goût des lettres du Midi de la France. Nous eû¬
mes le plaisir de l'entendre en. 1920 à Toulouse, prononcer une confé¬
rence sur le mouvement catalan. Il visite plusieurs fois le Portugal et
entre en rapports avec les hommes les plus éminents de ces régions.
11 collabore à la Veu de Catalumja, où il publie des notes de voyage
ainsi que plùsieurs études sur les lettres occitanes, et, de retour
dans sa patrie, il commence un apostolat dans la presse et à la tri¬
bune, pour la propagation à l'étranger des lettres catalanes. Il de¬
vient un orateur remarquable et un polémiste redouté, il écrit et il
agit. On le voit à la tête d'entreprises d'éditions qui, grâce à son
effort vibrant, donnent à la culture catalane un nouvel essor. L'une
de ces entreprises, la plus formidable et la mieux réussie, est sans
doute la Fondation « Bernât Metge », dont nous avons si souvent
parlé et que, déjà, l'on ne peut passer sous silence lorsqu'il s'agit du
mouvement intellectuel de la Catalogne.
Bibliographie.
L'Expansio Catalana (Barcelone); — La Fundacio Bernât Metge (Barcelona); — Entre la vida i els Llibres (Barcelona, 1926).
«

—

■M-

Marguerite PRIOLO-GAILLOT, limousine
Madame Marguerite Priolo-Gaillot, ancienne reine du Félibrige,
s'est révélée poète et prosateur limousin pendant la guerre. En 1915
et 1916 « paraissent coup sur coup, écrit L. de Nussac, deux volumes
de prose, brillant résultat d'un
fécond labeur intellectuel, com¬
me
parfait miroir d'un rare
tempérament féminin, doué

belle

d'une

santé

morale

en

dépit des événements. Et, bien¬
tôt après, ce sont les sonnets,
inspirés par les épisodes héroï¬
ques de
Par

la Grande Guerre.
ces

Priolo-Gaillot
ment

»

.

Madame
montré com¬

œuvres
a

parler, dit vulgaire,
prêter aux analyses dé¬
licates, aux évocations poéti¬
ques, aux coups d'ailes. »
La langue de Madame Prio¬
lo-Gaillot est classique. On re¬
connaît là l'élève de Mlle Genès,
de Brive, parfait disciple de
Joseph Roux, et «dont les trop
peut

«

un

se

écrits continuent à sou¬
hait les pures traditions roma¬

rares

nes.

»

Formons le souhait que Madame.Priolo-Gaillot nous donne bientôt
de nouvelles œuvres : le Limousin les réclame. Et nous sommes nom¬
breux à le.s. attendre, 1

�54

—

Bibliographie.

™

Legendas lemouzinas (Brive.Imp, Rocli.); —
Brive Imp. Besot et Guińin, — Souńets de
Guerrci (Le,Centre, Peyrat-Bcllac. '(H.-V.)

Comités del

—

Meirilher;

Albert

PESTOUR, limousin

Pestour est né à Magnac-Bourg
se

mêla bien vite

au

(ITte-Vieiine) le 8 avril 1889. Il
en gai
savoir,

mouvement félibréen. 11 est maître

secrétaire-trésorier dé la Maintenánce du
Limousin; vice-cabiscol de l'Eeole du
Barbichet ; titulaire de l'Eglantine d'or,

des, Ussels.

11 collabore

au

Feu, à la Revue Fédéra¬

liste, à OC, à Lemouzi, à VAction Françai¬
se, à la Gazette du Centre, à la. Revue Li¬
mousine,^ la Vie Limousine, etc...
Pestour est un de nos meilleurs poètes
d'après guerre. « Pestour es» un beu pouelo
disait de lui un de ses pairs,
Sully-An¬
dré Peyre, lui-même poète
provençal de
»

grande valeur.
Il allie à

grand, talent poétique

un

enthousiasme

grand

Bibliographie.'—'Lom rebals
lura

(Les reflets

me

liminaire'

sur

en

Maurras,

un

d'homme d'action.

la

colline)

provençal

sus

l'au-

avec

poè¬

de

Charles

Pour paraître : Lou bleitou de
pourpa (l'écheveau de pourpre) odas
sirventes;
La garlanda
d'aubespi (La guirlande d'aubépine) pre'jieiras e con¬
tiens;
Eimalges temouzis e peiregoMs'(-Images du Limousin et du Périgord)
e

tuimutn

Jean
Bouzet est

un

poète et

BOUZET, béarnais
un

érudit. Né à Pontacq, il fut attiré tout
jeune par le rayonnement de l'œuvro
de

notre

maître Michel Camélat, le
Et dès lors il ne tra¬
dans le sens de la renais¬

poète d'Arrens.
vailla que

sance occitane. Il
publia d'abord des
poèmes, qui donnaient un son nou¬
veau
à la poésie
gasconne, dans la
,

Bouts de la Terre et les Reclams.

Après la guerre, et après avoir été
reçu Agrégé d'espagnol, il entreprit
une œuvre

maire

A

de bénédictin

:

la Gram¬

historique de la langue

ne, dont il
nuel pour
écoles.

vient d'extraire

gascon¬
un

ma¬

l'enseignement dans

l'heure actuelle,

Professeur

les
au

Lycée de Bayonne, il poursuit ses
travaux de
linguiste, qui l'ont con¬

duit à la même conclusion
que notre
maître Antonin Perbosc,
en matière
de graphie. Et il prend, une

large

part ii l'organisation de cours de béar¬
travaux de l'Académie gasconne
qui a pour tache la pu¬
blication d'un Dictionnaire et d'une Grammaire
gascons.
Poète et grammairien, Bouzet est aussi
auteur dramatique et jour¬
naliste. Il a publié
plusieurs articles dans les Reclams t1 dans OC.
nais et.

aux

�— Poesias (en préparation). — Peiou de Mourle,
dramatique (en préparation); Grammaire gasconne (en sous¬
cription; sous presse).

Bibliographie.

œuvre

lengadocian

Peire AZEMA,

Pèire Azéma es nascut en 1891 à Mount-Peliè, ounte es
l'acioun felibrenca dempioi 1909. Coulabouracioun à toutas
festaciouns de VEscola dau Parage e au journal poupulàri

mesclat à
las maniLa Cam-

pana de Magalouna.
En 1912 l'ounda, emé sous amies Bondis e Belloc, La Lanseia, soucietat de teatre miejournau, uri.das prumiès groupements d'aqucl

n'es enoara loti président.

genre, que

pendent la guerra, blassat en 1915, refourmat
bailejat de 19:16 à 1920 Lou Gai journal bi-mesadiÇ en
lenga d'oc, ounte tenièn sa larja plaça la doutrina e;la poulepiica
Souldat d'enfantariè

en

1916,

a

oceitanas.

...

Vice-Sendic de la Mantenencia Se
Azéma es l'un dels joves occitans

Lengadoc en 1925.
qu'obran a l'aplegament de las

forsas dels pais d'oc pc.l' triouníe de las rcvindicaciouns patrialas.
Es un orator afougat, Un orne d'accioun de ' prumer èscantilh, un
poueta et un autour dramatic de talent.

pouèma (Mount-Peliè, 1919);
(Mount-Peliè, 1926); Lou Ciclopa, coumedia
antica en 2 a tes,, en verses (Mount-Peliè, 1926). — A pareisse : A
boulet rouge, crounicas dau tems de la guerra; La paslièira flourida,
Bibliougrafia.—• Lou bèu retour,

Terra

d'Oc, pouèma

pouèmas.

Julien
•Julien Galéry est
Il est le. fils unique

GALÉRY, auvergnal

né à Cambian, en Auvergne, le
de modestes cultivateurs. Après

20 Avril 1895.
avoir fréquepté

�56

—

—

l'écoln de son village
jusqu'à l'âge de 11 ans, il a travaillé la propriété
familiale sous la direction de son
père et après la guerre, ayant perdu
ses parents, il a continué tout
simplement ».

Galéry est aujourd'hui père de trois enfants
d'Auvergne.
M.

leurs de la génération montante

et

_

.

poète, l'un des meil¬

C.
« l'animateur des lettres d'Auver¬
gne » a présenté plusieurs fois Galéry au public.
« Il
n'y a que trois ou cruatre ans qu'il chante, qu'il s'es* mis
à composer et à écrire de

Gandilhon-Gens-d'Armes,

pièces coupées
est

œuvre

petites
strophes. Son
: un
petit
Quelque gauche¬

en

encore

cahier d'écolier.
rie

mince

çà et là, de naïfs accents, mais
qui touchent ; et. presque jamais

rien où ne
discrètes

fraîcheur.
Et

se

rencontrent ces

:

sincérité,

fleurs

simplicité,

»

: « 11 est
poète, il a le
rythme, de la valeur des
mots, de leur force de suggestion,
lé sens spontané de l'art. »
Après avoir cité un poème de
Galéry, il ajoute :

encore

du

sens

« 11
y a là sans doute un peu de
métier... appris, bien que je ne sa¬

che ni quand, ni
où, ni comment,
moi qui ai connu ce
jeune paysan
terre... Mais il y a sûrement
autre chose et qui
ne
sur sa

s'apprend

guère : la poésie.
Oui, Galéry est poète et
devons l'écouter.

Bibliographie,

—

Poésies (en

préparation).

ti aaaiii
TTVVffTTT*

Pierre

nous

*

f

ROUQUETTE, provençal

Pierre
tes

Rouqu'ette est né à Marseille le 7 mars 1898.
Après de brillan¬
études au Lycée de
Marseille, il' commença l'étude du droit :
licencié en droit en 1919. Il est
inscrit comme avocat au barreau
de

Marseille.

En

1918, il fonda

une revue

tralienne la Coupo, qui
parut

mis-

quel¬

ques mois. En 1922 il lit
partie du
groupe qui fonda la Provence latine.

Depuis lors Rouquette s'est consa¬
critique des lettres occita¬
en particulier au Feu, d'Aix
où il traite des lettres
catalanes, à
l'Eclair, à OC, à l'ex-Revue Méri¬
cré à la

nes,

dionale.
Comme

Bouzet, comme Galéry,
Azéma, comme Pestour,
Rouquette prend une part active
aux initiatives nouvelles
qui com¬
comme

mencent à vouloir donner un
coup
de barre
énergique en faveur de
la renaissance occitane.

tique occitane (en préparation)
(en préparation).

;

—

Bibliographie.—Pages
traduction d'oeuvres

de cri¬

catalanes

�-

Antonin

57

—

TRIN, quvernhal.

(Cantal) est nó à Laquairie,
près Raulhac (Cantal) le 28 mai 1895; il passa toute une partie,de
son enfance à
Vic-sur-Cère, près
de ses grands-parents, auprès des¬
quels il acquit le goût de la pure
Antonin Trin, instituteur à Thiézac

langue populaire.
Elève de l'Ecole Normale d'Aurillac, il débuta comme instituteur
à

Saint-Jacques-des-Blat,z

avant

de devenir à Thiézac le collabora¬
teur immédiat de son martre et

ami le

Majorai L. Delhostal qui

jadis lui apprit à lire. Comme ce
dernier, A. Trin aime les vieux
vocables; et sa langue riche, ner¬
veuse,

fait merveille dans les poè¬

descriptifs ou pittoresques. Il
été maintes fois couronné aux
Jeux Floraux do l'Escolo Oubermes

a

nhato, de la Maintenance de Pro¬
vence et de la Société Archéologi¬

de Béziers (médaille de bron¬
1923, d'argent, 1925, de vermeil
1926).
Ajoutons enfin que Trin a été l'un des premiers félibres auver¬
gnats à suivre les principes de' l'Escola occitana, et s'est fait une
belle place parmi les jeunes.
Bibliogbaphie. —En préparation -.Bélugas cendrozas, vers; Flors
que
ze

de

gineslas,

Jean l'Autan

vers.
» ♦ M » ♦ M

J. Rozès de

BROUSSE majorai du Félibrige.

au Consistoire du Félibrige, succes¬
majorai Bacquié-Fonade à la présidence des Toulousains
de Toulouse, et du Marquis de Panat à l'Académie des Jeux,Floraux,
J. Rozès de Brousse a consacré è l'action félibréenne et régionaliste.
toute sa vie qui aurait pu cueillir ailleurs les plus enviables lauriers.
Si vous consultez, en effet,
les sommaires des revues littéraires
d'avant-garde d'il y a trente ans, par exemple l'Ermitage, Je Rêve
et la Vie, l'Effort, etc., vous serez peut-être étonné de constater que
le nom de J.-R. de Brousse y voisine avec ceux de Jean Moréas, Hen¬
ri de Régnier, René Boylesve, Henry Bordeaux, Stuart Merrill, etc.
Mallarmé avait encouragé et salué ses premiers vers, et son volu¬
me, la Maison sur la Colline, a été couronné par la Revue des Poètes,
sous la présidence de Jean Richepin.
Ce livre, que M. Zyromski rapprochait de l'œuvre d'Albert Samain
ne contient pas, d'ailleurs, tous les vers de J.-R. de) Brousse, qui a
continué à œuvrer bellement en français et aussi en-langue d'oc,
sous la double égide de Mistral et de Prosper Estieu. Ainsi, sa belle
pièce, lo Corn de Roland fut-elle couronnée par l'Académie des Jeux
Floraux et annonça-t-ellc que la flamme des Sept Troubadours n'était
pas éteinte à Toulouse.
Poète, et poète des plus souples et des plus délicats, J.-R. de Brous¬
se eût
pu se contenter de chasser la renommée avec .ses rimes
sonores. Mais la tour d'ivoire ne l'a jamais tenté. 11 n'est pas une en¬
treprise faite à l'honneur et à l'illustration de la cité toulousaine a
laquelle il ne se soit activement mêlé. 11 fut des Essais de Jeunes, dé
l'Effort, des Pages d'Art, de l'Art méridional, de l'Ame Latine; il fut
de l'Escolo Moundino, il est le secrétaire de l'Escola Occitana, qu'il
a fondée avec nous le 6 Juillet 1919 au manoir de Montgailhard, en
Avignonet. Mais surtout, aux Toulousains de Toulouse, entouré d'une

Successeur de l'abbé Bessou

seur

.

du

�—

58

vaillante équipe d'amis érudils et dévoués, il a poursuivi, contre
tous les vandales, des campagnes courageuses, persistantes, achar¬
nées.
Ce serait une injustice bien grave que d'oublier l'œuvre des Tou¬
lousains de Toulouse ! Ils ont sauvé le Pont-Neuf et le paysage de la
cité moundine. Ils ont arrêté à temps l'exécution d'une foule de me¬

projetées par la sottise et l'ignorance administratives. Ils ont
prêté leur appui à tout ce qui peut contribuer à faire connaître et
aimer la ville de Clémence Isaure. Promenades, conférences, musée,
publications, brochures, ils n'ont rien négligé. Et pour collaborer
utilement à tout cela, J.-R. -de Brousse a prodigué sans compter son
temps, son talent, sa plume, sa parole.
Il l'a l'ait,
d'ailleurs, sans attendre aucune reconnaissance. Bien
rares,sont ceùx aujourd'hui qui savent distinguer
en lui, sous le jour¬
naliste et l'hommè d'action, le poète, le vrai poète de la Maison sur
la Colline et Au.Còrn de Roland. La
province oublie vite, même ce que
l'on a l'ait pour elle. Aussi, dans une
publication comme celle-ci,
n'est-il pas inutile de faire le
point, et de marquerde temps en
témps-ce que de pareilles carrières, pleines d'oeuvres, comportent
dé fécond, de. noble, d'utile et de bienfaisant.
Armand J'haviel

sures

'Bibliographie. —v. La.Maison sur la Colline,
tion de là,.Bevué des Poêles. Perrin. Les
Enfants

poèmes. Paris, édi¬

Vagabonds, étude,
sociale, Toulouse. Un récidiviste au XV" siècle : François Villon, Tou¬
louse'. Eloge de Clémence Isaure, Toulouse, l'Ame latine. Là Corn de
Roland, poème, même édition. En collaboration avec Pierre Forts :
La Double Guirlande, poèmes. En collaboration avec Armand
Praviel : IL Anthologie du Félibrige (Nouvelle Librairie
Nationale, Paris).
L'Anthologie des Jeux Floraux (même édition).

Un
à

grand romaniste

:

Meyer-Lubke

Meyer-Lubke, le grand, romaniste allemand est passé cette année
Paris, A cette occasion relisons ses états de services :
Né en 1861 à Dubendorf,
près de Zurich, et par conséquent Suisse
de naissance, Meyer-Lubke a
acquis la
nationalité allemande de
par sa fonction
universitaire. Dès l'âge de vingt ans, il
s'est spécialisé dans l'étude de la
philolo¬
gie rofnane dont il est l'undes maîtres lés.
plus universellement réputés. D'abord
professeur à la Faculté de Zurich, puis à
celle d'Iéna, il écrit en 1890 le
premier
tome de,sa « Grammaire dès
Languès Ro¬
manes » qui fait date dans l'histoire de la
linguistique. Nommé professeur à Vien¬
.

il publie plus tard sa « Grammaire ita¬
lienne » (1899), son « Introduction à
l'E¬
tude de la philologie romane,»
(1901), sa
ne,

«

-,

'

Grammaire historique du français »'
(1908), et enfin son « Dictionnaire étyj
Biologique des langues romanes » (1911).
Disciple de Gustav 'Grober et de Gaston
Paris, il a traitéles grands problèmes de
philologie romane à Bonn.
Grâce à Meyer-Lubke les études romanosi prennent un nouvel essor en Allemagne : « Je constate, dit-il,
que le moyen-âge est quelque peu négligé et
que l'on préfère l'épo¬
que moderne, même pour la recherche des
patois. » il aime cette
science avec une passion
toujours jeune :,« Le rôle des études roma¬
nes, déclare-t-il, ses te toujours très grand...
La linguistique romane
est en effet le modèle de toute
linguistique; les lois et les idées qu'elle
a permis de
fixer sont, devenues les lois mêmes de
l'enseignement et
ont pu ainsi avoir une influence
sur notre culture

�Bibliographie Occitane
sont publiés à notre connais¬
l'année, d'Octobre à Octobre.
inscrivons automatiquement tous les .ouvrages eljous les pé¬
riodiques (1), qui sont adressés comme servic'e de Presse au Journal
OC », villa Peyrat, Chemin de l'Espinet, Toulouse.
Toutes les réclamations, rectifications, demandes de renseignements
ou d'insertion concernant celte rubrique doivent êlre adressées à M.
ISMAËL GIRARD, villa Peyrat, Chemin de l'Espinet, Toulouse. .
Nous mentionnons tous les ouvrages qui

sance au cours

de

Nous y

«

ANNÉE

1927

Auvergne

Bénezet Vidal
La Sérva, rbman occitan avec traduction fran¬
çaise. Un fort vol. in-18, 280 p. (Ed. Oçcitania, Paris-Toulouse).
—

Prix

8 fr. 50.

:

Arsène Vermenouze

—

—

Les Plus belles

Poésffes : Flour

de Brousso

Fragments de Jous la Cluchado. Un vol. avec hors textede Fo.n-

et

tfreide.

(Ed. V. S. H. A. Aurillac). Prix : 9 fr.
Auguste Beriazet — Memidos Irobos. Un vol., 6 fr. (Ed. Salingardes, Villefranche-de-Houergue.)
Théophile Garnier — Un boucincl de l'islorio clcTCortodez (Au¬
rillac, Imprimerie de la Liberté) Pr. : 3 fr.
Grammaire Vellave (chez l'auteur, 25, rue du
A.-M. Girard
Collège, Le Puy). Prix : 5 fr.
Chanteclair
Chansons de Louzèro (Mende. Imprimerie StPrivat.) Pr. : 5 li'.
—

—

—

-—

-—

—

-

Catalogne

L. Cervera — Bamon Turro (Quaderns Blaus, Barcelona)..
J. Santamaria ;—- La Filla deCTartari (Ed. Diana- Barcelone).
F. Blasi i Vallespinosa — Impressions d'un viatge à Terra Santa
vol. illustré de 60 p. (La Paraula Cristiana, Barcelone.) Pr. : 6 fr.

—

—

—

un

— Servilud, roman (Ll. Catalonia, Barcelone)
Canta-Perdiu, poèmes (Ed. Champion, Paris).
Salvador Albert — Poésies .compl&amp;es-(Éditorial Catàla'na, Bar¬

J.

—

'•*-

Puig i Ferreter

.1.-S:

—

Pons

—

celona).
-—Alfons Maseras —La Llantia encesa,

poèmes (Libr. Verdagùer,

Barcelone);

..

Marquina — 'F. Cambo (Quaderns Blaus, Barcelona).
Lopez-Pico ■— L'Endemà de Coda dià. (Ed. la .Revista,
Barcelona). un vol. iu-8, 200 p.
J. Folguera — « Poèmes », préface de J.-M. Lopeé-Pico."(Sabadell). '
J. Trias-Fabregas — Les I-Iores Qùietes (Bibliothèque Saballenca) Sabadell.
Joseph Carncr — Les Bonhomies (L. Catalonia; Barcelone).
Rafaël

—

J.-M.

—

—

—

—

Pr.

3 fr. 50.

:

Jbsep Carncr

—

3 fr.

—

50.

El cor qûiet (Ed. Poliglota, Barcelone).. Pr. :

Joan Estelrich —Entre la vida ï

celona).

GueraTi.de Liobt

—

—

La Ofrena

lona).
—

Victor Catálá

—

El

els llibrcs. (L. Catalonia, Bar¬

Rural (Ed. de la Mirada, Barce¬

film, roman (Ed Catalonia, Barcelona).

Gascogne-Béarn
—

hort

'C.
—

Daugé ■—Lou Nouste Enric, comédie (chez l'auteur à D.u; 3 fr. 50.

Bachcn). Pr

S. Palay:—Las Pregaries e las
Montoué Pair). Un vol. 4 fr. 50.
—

(1) Voir les'périodiques en regard du

gracies, poèmes. (Ed. Leschercalendrier, plus haut.

�—

60

—

S. Palay — Lou Bugadè, comédie.
(Ed. Lescher-Montoué,
Pau). Pr. : 1 fr. 15.
S. Palay — La
Reyenle Mancáaè, comédie (id.) Pr. : -2 fr. .10.
Lou Cascarot et S.' Palay : Lotis
Lapis, comédie. (Cocïiaraux,
Auche et Marrimpouey, Pau). Pr. : 1 fr. 50.
P. Abadie
Condes gauyous de Nousle
(Tarbes. Libr. Baylac,
un vol. de 9.5
p. iu-12). Pr. : 3 fr.
■—

—

—-

—

—

Abbé Dambielle

—

Nos Proverbes gascons, 5° Série et 6° Série.

—

(Auch, Cocharaux). 2 fr. la Série. — Nos Chansons gasconnes,
prix
(Editorial Occitan). — La CousSèto e l'escauho-leyt, prix,
1 fr.
(chez l'auteur, Samatan).
2 fr.

Marcel et

—

de Damazan

ClaudiuS,Lacroix. —Bielhes Cansous des Emhirous

(Ed. Imprimerie Moderne, Agen.)

Abbé Abbadie
So qui canlaben à Aussau, recueillies et, har¬
monisées pour piano,
(chez l'auteur à Bétharram, 1.1.-P.) Pr. : 10 fr.
Gric de Prat
Sa la Taupineyre, étude en vers.
—

—

—

Bordeaux) in-12, 98

(lmp. Castera,

p.
Ll

René Farnier

—

rette, Limoges),
—

mou sin

-P f, ri gord

La Pena de

Chauzir, comédie. (Imprimerie Pcrplaq. 3 fr. 50.
Lotis Cussounals, comédie. (Ed. du
Bournat,

•:

une

Robert Benoit

—

Périgueux, 1925.)
Frucho mounlignagueso
(Montignac- impr. de la Vézère, 1925.
in-8, 20 p. Pr. : 2 l'r.
Albert Pestour
Lous Rebats sus l'aulura,
poèmes, (Ed. Lemouzi,
Limoges, Paris).
A. Muzac—La Jiistizia del
Rei, conte, en vers. (Imp. Perrette, Limoges) in-8, 8 p.
P. Hue
Urio Missiu a la
Mounlagno (chez l'auteur, 295, rue
de Périgueux,
Angoulême).
—

—

—

—

—

Languedoc

Prosper Estieu — Lo Flahul Occitan, cantas nouas sas vielhs
aires. Préf. de
Joseph Salvat, 48 chansons. Musique, texte occitan
et texte français.
(Ed. Occitania. 0, Passage Verdeau, Paris IX1').
—

Un vol. 15 fr.
—-

Louis

Rouquier

—

Madamo

nia, Paris).

Carpignot, comédie (Ed

Occita¬

Louis Rouquier — Contes à Valholi
(amb un gloussari de mas
de douz milo mots e un retrat de
l'autou). (Ed. Occitania, ToulouseParis). Un vol. : 7 fr. 50.
A. Mir
Retour de
—

—

(Imp. Gabelle,
Garcassonne, 1925) in-8, 12Sanl-Andriu-de-Rocoloungo
p.
Guilhem de Nauroza
Cants d'un Grilh,
poèmes. (Société
d'Editions Occitanes, 1925)
in-8, xiv, 102 p.
Antonin Perbosc
Bibliographie Occitane (Occitania, Toidouse-Paris) in-8, 24
—

—

—

—-

—

p.

—

Dr Ch. Pélissier

L'Elh de la

Pounso (Impr. du
Languedoc.
Narbonne) in-8, 40-vi p.
J. Anglade —
Onomastique des « Leys d'Amors » et édition
Gatier-Arnoult. (Revue des
Langues. Romanes, Montpellier) in-8
14
p.
—■

—

—

P. Azéma

—

Lou

Toulouse).
—

P. Azéma

in-8, 16
—

.T.

—

p.

Ladoux

—

Béziers) in-16, 48
—

p.
J. de la Roca

(Ed.
et Vidal,
Montpellier)
Pasejadas dins Beziers (Imprimerie
générale,

—

Castelnaudary) in-8, 32
—-

Ciclopa, pièce dramatique (Occitania. Paris-

Terra d'Oc

Lo

p.

Parena

Meige de Cucunhan (Société d'Ed.

Gassanea de Mondonville

Occit.

Daphnès e
(Imp. du Languedoc, Narbonne) in-8, 28 p. Alcimaduro, pastorale.
P. Albarel
L'Airetage, comédie (Ed. Cigalo
P. Albarel
Paslouralo, œuvre dramatique, Lengadouciano).
(Imp. du Lan
guedoc, Narbonne) in-8, 13
—

—

—

p.

—

�6l

—

-—

G.

Bernard

—

voir

Lengadoc, Chaut. (J. Bringau, 7, 13d de

Lou

—

France, Alger). Pr.

—

4 ir.

:

P. Paget — Las Bucolicos de Vergèli, in-6, 64
29, Av. de la République, Béziers).

p.

(Au Gai-Sça-

Provence
—

Farfantello

Li

—

Mirage, poèmes. (Ed. du Feu, Aix) in-10'

164 p.

B.-A. Perret
Riboun, pastorale
Makaire, Aix) in-8, 80 p.
—

—

La Pastouralo

Maurel, drame
Tacussel, Marseille) in-8, 116. p.
—

en

5 actes,

en

en vers.

5 actes (6e édition).

(Libr.
(Ed.

Marius Jouveau — Li Quatre Sesoun, in-12, 8 pag. illustr. de
L. Lelée.
Jean Bessat — Seg ren c Cascai (Roumanille, Avignon, 1925)
—

—

(in-12, 142 p.)
—

A.

Conio

Lou

—

Avignon) in-8, 112
—

J. d'Arbaud

Paris). Un vol.
—

—

Dragoun

Prouvenço (Ed.

La Beslio dou Vaccarès

—

Roumanille,

(Cahiers verts, Grasset,

: 1 8 fr.

J. d'Arbaud

J. Giordan

La

—

—

Caraco

(Ed. du Feu, Aix-en-Provence).

Aguèli dou Calén, contes niçois, in-8, 64

parini, 26, Quai Gallieńi, Nice) Pr.
—

en

p.

:

5 fr.

Albin Gueirard -—Pensado d'un Jouvent

p.

(Gas-

(in-8 de 113 p.), chez

M. Trotobas, instituteur au Puget-sur-Argens (Var).
Frédéric Mistral —Prose (TAlmanach, recueillie par
tral et Pierre Dcvoluy, (B. Grasset, Paris).
—

Mml! Mis¬

Varia
—

nes.
-—

Léon Clédat

Manuel de

phonétique et de morphologie roma¬
(Paris, Champion, 1925). Un vol. in-8, 144 p. Prix : 12 fr.
R. Rey — Les vieilles églises fortifiées du Midi de la France
—

(Paris', Laurens, 1925) in-8. Prix : 25 fr.
A. Lajoinie — Nos
Troubadours, préface d'Edouard Bourriez.
(Libr. Féret, Bordeaux). Un vol. : 10 fr.
Dauphin Meunier — Autour de Mirabeau (Mirabeau brigand
en Limousin
etc...) (Ed. Payot, Paris). Un vol. : 20 fr.
Abbé Châtaing -— Châteaux, bourgs et villes fortifiées de BasseAuvergne dessinés d'après les croquis originaux de Guillaume Revel
conservés à la Bibliothèque nationale (chez l'auteur à Parentignat
—

—

—

(Puy-de-Dôme). Un vol. : 7 fr. 50.
Pierre et Georges Paul —Notre-Dame du Puy (Ed. Cazes-Bonné»
ton, Le Puy). Pr. : 12 fr.
L.-'J. Gras —Les roules du Forez et du Jarez (Impr. Tliéolier,
St-Etienne, 1925).
—

.—

—

—

L.-J. Gras — L'Année Forézienne (id.)
Charles Boy — Vieux papiers, vieilles

et du Forez
—

histoires de St-Etiellhe
(Imp. Théolier, St-Etienne; 1925).
Le Commingcs Thermal et climatique (Ed. Maloine,

Dr Girard

—

Paris, 1926). Un vol.

6 fr.

:

—: Abbé F. Barr'y — Etienne Delclier, évèque constitutionnel de la
Haute-Loire. Etude religieuse sur la Révolution.. (Paris, Champion.
Un fort vol. de 360 pages). Prix : 30 fr.
—

Etienne Baluze

—

Histoire de Tulle

(trad. Abbé Borie) (chez

l'abbé Borie, Place Pasteur, Tulle.)
—: Georges Bocal — Le vieux Périgord, un vol. illustré
par M. L.
de Maleville. (Chez l'auteur à Saint-Saud, Dordogne).
—

Dr P. Pansier

du XIIe

—

Histoire de la

XIe siècle.

au

Tome

n.

Langue Provençale à Avignon
(Ed. Aubanel, Avignon) in-4,
.

280 p.

Emile Ripert —Doit-on admettre la langue de Mistral au Bac¬
calauréat ? (Ed. du Feu, Aix.) in-12, 126
p.
—

—

M.

F'ay

—

Un vol; 180 p.
—

Abrégé d'Histoire de Provence (Ed. du Feu, Aix).'

H. Dukers-Ward

(11-12, 260

p.

—

A l'abri des

(Ed. Le Fleuve, Lyon).

fiers cyprès,- deux conférences

o

�62
—

J. Clamon et P. Pansier

Les Noels

—

Doms, (Aubanelfrères, Avignon).
Bruno
Durand

—

au

—

—

XVe siècle (in-8, 20
p.)
X — Le Chanoine

;—

Paul

Payan

1925) in-16, 32

pages.
André David — La

—

Provènçaux de N.-D.

Contribution à l'étude de la langue

des

Provençale

(Imp. Macabet,

Vaizon,

Montagne Noire, essai de
géograph. (Imp. Bonnafous, Carcàssonne, 1925) in-8, 226monographie
p.
G. Lafon —'Frédéric Mistral et le
Felibrige.,(Bordeaux, Gounouillou, 1925) in-8) 50 p.
--

B.

—

Durand

Les

—

et

usages

(Occitania, Toulouse-Paris) in-8, 16

coutumes de la cité de
p.

Touln,

Généralités
Antonin

—

rial Occitan).

Perbosc

Les

—

Langues de France à l'Ecole. (Edito¬

W. P. Shepard — Les Poésies de
Jausbert de
dour du XIIIe siècle.
(Ed.
—

A.

Langfors
Champion, Paris).
—

Dr Ch. Vidal
J. Rouquet

—

Champion, Paris).

Puycibot, trouba¬

Les Chansons de Guilhem de Cabeslanh

—

(Ed.

Choses du

Terroir, (Toulouse-Paris) in-16, 208
p.
—- Abrégé d'histoire de la
littérature occitane (Occi¬
tania, Toulouse-Paris) in-8, 40 p.
—

J. Audiau

—

—

Chanson de la

—

Croisade contre les
Albigeois (de
Boccard, Paris).
P.-J. Roberl-Cantabre
Bos de Bénac,
poème dramatique,
(Editorial Occitan).
P.-E. Martel
Vin Bouge. Un vol. de 500
pages (Editorial
Occitan). Prix : 10 fr.
—

—

—

—

Almanaciis
Almanach de Brioude, 71 année

—•

(Watel édit. Brioude). Avignon) 2 fr; 50.
2
fr.
25.
Vaison)
Almanach Narbounès
(Brieu, Narbonno) 1 fr. 50.
Almanach chantant de
l'Auvergne e Armana' Felibren (Delau-

—

—

—

nay,
—

Clermont-Ferránd).
Armana
de la

Mounlanho

Armanàc Bouergas

—

—

—

—

(Seintein, Toulouse).
(Garrère, Rodez).
Veu del
Canigo (Chauvet, Perpi¬

Almanach Rossellonés de la

gnan) 2 i'r. 25.
—

—

Armana Prouvcnçau
(Roumanille,
Lou Bartavèu
(Macabet,

—

Almanac de la Poesia

A-lmanac de les. Lettres (Allés; Barcelona).
(Mallorca).
Almanac de Louzèro
(Imp. St-Privât, Mende). Pr.
Almanach Occitan
(P. 3 l'r.) Editorial
—

—

—.

.

.Almanach du. Bassin de.

1 i'r. 50

Occitan, Samatan, Gers.

l'AdourMarrimpoùéy/Pau).

Livre d'Or des Lettres
Occitanes

Sous

ce

titre,

nous avons

donné à plusieurs
reprises des extraits des
au champ
d'honneur durant la quer-

des écrivains occitans
morts
de 1914-18. (1)
L'ensemble deuail constituer
une
le souvenir de tous
ceux qui « dis
œuvres
re

signe de Mistral, laissant
occitanes.
_

en

anthologie précieuse pour perpétuer
Aup ï Pireneu » sont tombés sous le
terre, nos foyers, nos lettres

deuil notre

Entre temps l'Editeur Malfère,.
d'Amiens,

pices dé l'Association
généralé de tous les

des Ecrivains
écrivains inorts

a

publié,

Combattants,
au

sous

une

l'es

aus¬

Anthologie

champ d'honneur, y com¬
pris les écrivains occitans
(auvergnats, catalans, gascons,
ciens, limousins et
languedo¬
provençaux). Devant cet effort
suspendons notre Livre d'Or et nous
méritoire, nous

à

l'Anthologie publiée
(1) (Voir

:

1«

par Malfère.

série, A.

O. 1923.

—

engageons
2»

nos

série A. O.

lecteurs à souscrire

1924.)'

�»«»«»»»»»»»»»»»»»»»♦»»»«»»

Les Sociétés Littéraires et d'Action Occitane
Aurillac : Escolo Oubergnàto (II. Dommerguo)
Escola de Limanha (Benezet Vidal à Billom.

ClerPuyde D.) — Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts; — La Veillée
d'Auvergne— Société médicale;— Société de Pharmacie; — Société
d'Initiative rurale de la Haute-Auvergne (5, Place du Palais.)
Béàrn : Pau : Escole Gastou-Fébus (Simm Palay à Gélos, près Pau);
Association Régionalisle du Bassin de l'Adour (Ducla, 42, rue de
Liège) Société des Sciences-Lettres et Arts ; —• Académie de Béarn.
Daupiiiné : Tulette (Drôme) : Lou Boudelel de Tuleto (k la Mairie)
Ghabrian (Drôniè) : Jouiouso troupo felibrenco de las Ribós de Granelo
(Gacian Amolric).
Gascogne : AueU : Société Archéologique; — Société historique de
Gascogne; —-Escole, Gastou Febus (Abbé F. Sarrau; Pension Salinis.)
Saint-Gauderis : Escolo deras Pireneos; — Société historique du Com¬
mises'. Mont-de-Marsan -.Société d'Agriculture, Sciences, Arts et
Manufactures; — Dax : Société de Borda. Saint-Girons' : 'Société des
Etudes du Couzerans; — Samatan : Editorial Occitan, Imprimerie
Auvergne

mont-Ferrand

:

—

—

Occitane.
Guyenne ; Bordeaux : Académie des Sciences, Belles-Lettres et
Arts; Société des Archives historiques; — Société de Médecine. Agen :
Société d'Agriculture, Sciences et Arls; — Société de Médecine; —
Jasmin d'Argent. Caliors : Société des études littéraires, scientifiques
et artistiques du Lot. Rodez : Lou grel Bouergàs
(Hôtel Rouvier, 2,

de Laumière); — Société des Lettres, Sciences et .1 ris; 1— Société
Archéologique. Giroussens (Tarn) : La Terco-Basso d'Albigés (Henri
Marty, Giroussens). Monlauban : Escolo Carsinolo (Café de la Comé¬
die); — Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arls. Nérac : Escolo
gascouno. Moncrabcàu (Lot-et-Garonne) : Las Belhados
gascbunos
(D. Ficat.) Rabastens : La Lauselo Rabaslinholo.
Languedoc : Toulouse : Escola Occitana (14, rue des Arts); —r
Toulousains de. Toulouse (3, rue Lapeyrouse); — Chorale Déodat de
Sévérac (69, rue du Taiir); — Institut d'Etudes Occitanes, (52, rue du
Taur); —Editorial Occitan — (villa Peyrat, Chemin de l'Espinet)—
Office de Propagande Occitane, (villa Peyrat, Chemin de l'Espinet) —
rue

Escolo Moundirw (15, rue Denfert-Rochereau) ; — Académie des
Jeux Floraux (Hôtel d'Assézat);
Société Archéologique du Midi
de ta France (Hôtel d'Assézat";
de la France
(Hôtel d'Assézat);

— Société Archéologique du Midi de
— Société de Médecine; — Société des
St-Jean); — Institut d'Etudes Méridio¬
nales (52, rue du Taur). Montpellier : La Lauscta (Calé de l'Hôtel de
Ville); — Escolo dou l'orage (M. Jean Fournel, 15, rue du ChevalVert); — Académie clés Sciences et Lettres; — Société archéologique
de l'Hérault; — Société de Médecine et de Chirurgie pratique; — Société
pour l'Etude des langues Romands. Béziers : La Cigalo Lengadouciano
(Cité du Pastisson); — Société archéologique, scientifique et littéraire
de Béziers (8, rue de Bonsi). Narbonne '.la Cigalo Narbouneso (4, rue
Aube'r). Saintes-Maries-de-la-Mer : la Nacioun garcliano (chez Ç'ourlas). Beaucaire : Escolo d'Argenço (46, rue Nationale). Cette : Fetïbrenca de.Sen-Cla {chez Gustave Thérond). Lunel : Escolo doù Vidourle (chez Louis Abrie). Lunel-Vieil : Coumitat dt Recoubranços
Nationalos doù Miejour. Aies : La Tabo (rue Saint-Vincent). Le
Puy : Escolo Peire Cardcnal (chez Césaire Franc, biblioth. de la
Ville)'Société Académique. En Va : (Haute-Loire) : Escolo dou Boumbardament (chez J. Eyraud). Combon (Haute-LOirê) : Li Chivallés
de Sanl-Uberl (chez J. Blanc à Jandriac par Combon). Privas : Société
des Sciences naturelles et historiques de l'Ardèche; — Foix : Société
Ariégcoise des Lettres., Sciences et Art: Carcasspnne -. Société Scientifi¬
que des Arts et Sciences. Nîmes : JNematisa; — Académie de Nîmes. ■
Mende ; Société des Lettres, Sciences et Art de la Lozère.
Limousin : Argentat (Corrèze) : Felibrige Lemousi ; Escolo de la
Sentria (Amédée Muzàc, Bibl. de la ville). Guéret : Société des Scieii-

Artistes Méridionaux

(3,

rue

�ces

Naturelles

et

d'Antiquité. Limoges Escola dau Barbichet (René
Lettres,
Genès).
Périgord : Périgueux : Lou Bournal dou Périgord (R. Benoît
9,
Cours Michél-Montaighe) ; — Société des Beaux-Arts de la
Dordogne
(73, rue des Barris); — Société historique et archéologique du Périgord.
Provence : Avignon : Lou Flourege (5, Palais des
Papes); —
Académie de Vaucluse. Aix-en-Provence : Escolo de Lar
(Léon Eyrnard
9, rue du 4-Septembre); — Académie des Sciences Archéologiques
Farnier) Société archéologique et historique. Tulle : Société des
Sciences et Arts. Brives : Société Bertrand de Born
(Mlle

d'Aix ;

— Académie des Etudes Provençales. Arles : Escolo Mistralenço (Palais du Félibrige); — Palais du Félibrige ; — Société Archéo¬
logique. Bédouin (Vaucluse); I-i Galo-Bon-Tems (Louis Gerbaud).
Pertus (Vaucluse) : Ateneu de Perlas (chez Ch.
Cotte, notaire). Eyguière : Escolo fclibrenco de la Crau (Paul Payan, avenue de la Gare).
Carmes : Escolo de Lerin (à la Bibliothèque de la
ville). Châteaurcnard (B. du Rh.) : Escolo di Tourre
(chez Antonin Ginoux). Carpentras (Vaucluse) : Escolo dou Ventour
(chez Alan .Charasse, instituteur
à Beaumont d'Orange (Vaucluse). Gadag'nc
(Vaucluse) Lis Enfant
de Font-Segugno (Ach. Vidal, villa des
Cigales) Valreas (Vaucluse) :
La Poumo Vauriasso
(chez Louis Béchet); Vaison : Secrétariat Géné¬
ral du
Félibrige (Louis Bèchet, compte de ch. post. : C./C. Marseille
89.00.). Maillane : Secrétariat Général du! Comité des Revendications
Nationales du Midi (Frédéric Mistral,
neveu). Marseille : Escolo de
la Mar (35, rue
Monte-Cristo); — Prouvenço (12 Ganneb.ière); —
Académie des Sciences, Lettres et Arts
(40, rue Alphonse Thicrs); —■
Société. Archéologique de Provence (63 Bd Longchamp); — Lui
Cigaloun Tambourinaire (3, Bd Dugomier);
— Musée du Vieux-Marseille
(Rond-Point du Prado); — Maison de Provence, (22, rue Mo'ntgrand).
Toulon : La Targo (12 Quai du
Parti); — Li Tambourinaires de
Mirelho (Foyer de la Targo); — Académie du Var,
(5, rue Hoche); —
Les Amis du Vieux-Toulon.
Forcalquier (Basses-Alpes) : Escolo dis
Aup (à la Mairie). Sisteron (Basses-Alpes) : Escolo de Durenço (5,
Grand-Rue). Draguignan : Société d'Etudes Scientifiques et Archéo¬
logiques. Digne : Société Scientifique et littéraire. Nice : Académia Nissarda (20, Bd Mac-Mahon).Vence : Mantenensa
Ligorenca(L. Funcl).

Roussillon

lanes ;

—

:
Perpignan : Casai Calala ; — Société d'Etude Cata¬
Société Archéologique et d'histoire du Roussillon (Henri

Aragon, Château-Roussillon,

par Perpignan).
Catalogne : Mancomunitat de Calalunya (Palau
de la Diputacto)
Ateneu Barcelones ; — Académia de Buenos Lelras
; — Institut d'Estudis Catalans ; — Associatio Proteclora de
l'Ensenyença Calalana ;
Jochs Florals (Màllorca) — Orfeo Catala
; — Or/eo Gracienc ; —
Centre de Dependents del Comerc e de la Induslria.
Institut de la
Llenga Calalana. Girona : Jochs Florals ; — Associacio Proteclora.
Vich : Jochs Florals ; — Associacio Proteclora.
Lcyda : Jochs Flo¬
rals; — Associacio Proteclora.
—

—

Mailloroue : Associacio per la
Bisbe Maura, 2).
Valence

:

Jvuenlul Valcncianisla.

Cullura de Mallorca
—

Lu Iiai-Penal

(Carrer del

(Jochs Florals)

Sociétés siégeant hors des Provinces Occitanes.

Ligue
Paris.)

pour

la langue d'Oc à l'Ecole (J. Bonnal'ous, Lycée Henri IV

L'Escolo de l'Alaubelo (33, Bd
Lelevre, Paris).
Les Amis de la langue d'Oc (J.
Loubet, 21, rue d'Enghion Paris
Lous Chantaires Lemousis (36, Bd
Voltaire), Paris.
La Provence (12, rue NôtreDame-de-Lorette), Paris
Comité■ Central Séparatiste Catalan
rue

x°).

(92,
de Richelieu), Paris.
Groupe Occitan (41, Bd. des Capucines. Paris)
Culture Catalane, (Bd Saint-Germain, 286).
Association Amicale des Méridionaux de Poitiers, 10 Rue Carnot.
Poitiers.
Association pour la

Union des Pays d'Oc,. Tunis.

•

�BENEDICTINE
La

_

Le seul

nom

GrandeÏLiqueur Française

de Fécamp évoque toute l'histoire des Moines Béné¬

dictins pères et de la Bénédictine. Conseillons à tous ceux qui peu¬
vent faire cette agréable excursion d'aller à Fécamp, admirer les
témoins de cette histoire, pures merveilles rassemblées avec art dans
les

magnifiques salles du Musée et de la Bibliothèque de la Béné¬

dictine.
La distillerie

se trouvant dans le même corps de bâtiments que le
privilégiés pourront également visiter en détail l'établis¬
sement où est fabriquée « la Grande Liqueur française ,&gt;&gt;.
«
Liqueur de safran, d'une finesse exquise, à l'arôme quintesSencié d'angélique et d'hysope mêlés à des herbes marines », au goût
exquis et aux qualités digestives et toniques universellement appré¬
ciées, la Bénédictine doit sa renommée mondiale non seulement au
soin jaloux qu'apporte la Société à n'employer que des produits
parfaits, mais encore à la perfection d'une installation unique en son

Musée,

ces

genre faisant l'admiration de tous les connaisseurs et
tous les besoins d'une fabrication minutieuse et délicate.

répondant à

La Société Bénédictine n'emploie pour la fabrication de sa célè¬
bre liqueur que des alcools pur vin qu'elle distille elle-même dans sa
distillerie modèle de Boufarik, pays de vignobles renommés. Elle
met

ainsi

en

œuvre,

cool.

chaque année, plus de 1.000.000 de litres d'al¬

En comptant le. temps employé pour le voyage des alcools, l'in¬
fusion et la macération des plantes, la préparation et le filtrage de
la

et

liqueur, et si l'on

pense que

réchauffée à de longs

celle-ci est laissée ensuite

au repos

lorsqu'elle est livrée
consommation, la vénérable bouteille est déjà vieille de plusieurs

à la
années.

intervalles,

on verra que

Le soin apporté dans la fabrication de la
des alcools de vin qui entrent dans sa
tion des appareils de distillation èt la vertu

liqueur, le choix rigou¬
composition, la perfec¬
des plantes qui font le
parfum et le bouquet de la Bénédictine justifient bien son nom
mérité de « Grande Liqueur Française ».
Notre gravure représente une vue des célèbres établissements que
l'on -peut visiter aux jours et heures suivants :
Semaine ; du 1" novembre au 28 février, de 9 à 11 heures et de
14 à 16 heures.
Du 1" mars on,31 octobre, de 9 à 11 heures et de 14 à 17 heures.
Dimanche s et jours fériés (seulement du dimanche de Pâques au
dernier dimanche de septembre), de 9 à 11 heures et de 13 à
18 heures.
reux

�VITTEL
Ida station des

VOSGES

ARTHRITIQUES

Etablissement THERMAL MODERNE
golf, courses, polo, tennis

CASINO
Saison

Renseignements

d. a

3 O

mai

an

85

septembre

Société Générale des Eaux Minérales iie'Vittel, à Vittei

:

(Vosges)

j^SEa5JHKS®SBE1®SSHiaSEISa6SiSSS®Sra®BS^^Sía?3RSìSsSSBaJ®^?a3ìagHSS^3EL'aS3BHi

REFERENCES

:

Cia du Chemin de Fer du Nord'

fBureaux Beiges

et Français),

Ci0 des Chemins «le Fer

P,L,M.

Institution Sainte-Mai-ie.

m

La

Seyue-sur-Mer.
AGENCES

m

ium/èiìûifl^

:

DKSPIŃOY, Tugéniéur
,24, Lue de Rivoli, 4°
Marseille, Lyon, Lille, Nice,
Tunis, Alger, Oran. etc.,.
Direction Générale

:

Elabl'

NÀRDI, 7, Rue Marnata, StJean du Var, TOULON

(Var).

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BIJOUTERIE
HORLOGERiE
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PIANOS
ARTICLES DE PÊCHE
STYLOS.
-

§

-

-

-

-

PHONOS
APPAREILS

Comptant

Crédit

.

.

-

PHOTOGRAPHIQUES

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-

-

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Défense

Illustration

et

de la
SiEcrit

sous

Langue d'Oc

forme de Conférence.

Amener les nations et les races à la
pleine conscience d'elles*
mêmes est une des
plus hautes œuvres de civilisation qui puissent
être tentées... La réalisation de l'unité
humaine ne sera féconde et
grande que si les peuples et les races, tout en associant
leurs efforts,
tout en agrandissant et
leur culture propre par la cul¬
complétant
ture des autres, maintiennent et
avivent,
dans
la vaste Internatio¬
nale de l'Humanité, l'autonomie de
leur conscience
historique et
«

l'originalité de leur génie

».

C'est Jaurès qui a écrit ces belles et
nobles paroles, Jaurès
qui
en même temps que le
plus merveilleux des orateurs, un fer¬
vent régionaliste et uń admirateur
de

était,

passionné

ridionaux..

■â,

Je

voudrais

vous

nos

dialectes mé¬

amener

tous, ô mes frères bien-uimés de tout
notre cher Midi, ou,
pour mieux dire, de toute notre belle, de toute
notre ravissante, de toute notre
adorable Occitanie, à la
pleine
Conscience de
vous-mêmes. Je voudrais allumer
d'abord, puis main¬
en vous, dans
le vaste concert des Nations de l'heure
de votre conscience

tenir et. aviver

présente, l'autonomie
de votre génie.

historique et l'originalité

La tâche est bien Vaste.

l'entreprendre. Et alors,
pleine conscience

de

.

Mais, quelque vaste qu'elle soit, il faut
par

où allons-nous

commencer

?

Cette

vous-mêmes, Cette autonomie de votre cons¬
cience historique, cette originalité de votre
génie, où les chercheronset
les

nous,
où
trouverons-nous '? Nous les chércherons et nous les
trouverons d'abord dans votre
tangue, dans la langue qui vous est
propre, dans la langue naturelle du
pays, du terroiiy dans la langue
que tout le monde
parle, que l'on soit ignorant ou instruit, dans la
langue qui est habituellement l'instrument
d'expression de votre

pensée et de tous

vos

besoins. Dans cette langue, en

effet, — qui
s'appelle la langue d'Oc ou langue occitane, — comme dans toutes
langues de France, vivent 1' « âme et l'esprit des ancê¬

les autres

tres ».
Ecoutez

ce

que dit, à ce

sujet, un célèbre orateur allemand, Bebel,
opinion à l'occasion d'une enquête du journal de
National Tideride », au printemps de
1S98, sur la
question de la langue dans la région danoise du
Sleswig, alors sou¬
mise à la germanisation.
« Tout
peuple et toute fraction du peuple qui parle une. autre
qui

a

exprimé

Copenhague,

langue

son

«

maternelle

que le peuple dirigeant peut revendiquer, au
des intérêts de ia civilisation et à celui
de ses droits
droit d'être instruit, dans la
pères. Dans la langue s'incarne la nature langue qu'ont parlée ses
particulière d'un peuple;
c'est par là qu'il se
distingue de tout autre peuple. C'est par la lan¬
gue qu'il exprime ses sentiments et ses
besoins dans la forme qui est
la seule vraie, Contraindre un
peuple à exprimer ses sentiments et
ses besoins dans une
langue
qui
lui
est
étrangère équivaut à mutiler
son être intime. Sans
doute, ce n'est pas une erreur qu'une popula¬
tion soit mise à même
d'apprendre
la
langue,
d'une autre population
civilisée avec laquelle elle est en
contact, mais cela ne doit pas se
faire aux dépens de la
langue maternelle. Je considère toute atteinte
portée à.la langue maternelle d'un
peuple comme une atteinte por¬
tée aux intérêts de la
civilisation... »

point de

vue

humains, le

Série E.

F.

Y

�—

Nous allons

donc

66

—

apprendre à connaître notre Langue

nale, notre Langue d'Oc ou Langue Occitane,
tage, car on n'aime que ce que l'on connaît-

Sous quel aspect, sous quelle forme cette langue se
à nous ? Elle se prés'ente à nous sous sa forme «
est convenu d'appeler « patois ». Mais,
le
au-dessus de ce dernier, il y a toute une belle langue

sonorité, l'éclat et
l'espagnol

la

l'italien et

il

»,

ne sera

pas

».

Occitane « litté¬

inutile de donner quelques explications de

principe.

Dans toutes les Nations, il y a
naturel » ou populaire, — et le

«

présente-t-elle

populaire », qu'il
derrière
patois, et bien
littéraire, dont
l'harmonie lui permettent de rivaliser avec

Toutefois, avant de vous parler de notre Langue
raire

Méridio¬

afin de l'aimer davan¬

deux formes de langage : le langage
langage « littéraire » ou langue cul¬

qui n'est pas autre chose qu'une
fonctions de nutrition, de
respiration, de locomotion — est l'ensemble des dialectes ou idiomes
parlés dans les différentes régions d'un pays. — Le langage « litté¬
raire », la langue « cultivée », qui est aussi la langue « nationale »,
est l'un des dialectes ou idiomes d'un pays, purifié des idiotismes
locaux, devenu un idiome général, synthétique, et enrichi peu à peu
de mots pittoresques, de formes inusitées, de tournures syntaxiques
nouvelles, apportés par les écrivains des diverses provinces. — Mais
il faut remarquer que le langage « naturel » est la racine du langage
littéraire » : ainsi donc, tous deux sont de même nature et ont,
pour ainsi dire, la même « tonalité ».
Faisons, en passant, une autre remarque. Le langage « naturel »
change d'une région à l'autre, comme le sol lui-même, dont le langage
est, en quelque sorte, et d'une manière fatale, l'image et le produit.
Par contre, le langage « littéraire » est le même — au moins à une
même époque — dans les différentes régions d'un pays, parce qu'il
est accepté, pour diverses raisons, politiques ou littéraires, par l'en¬
semble des citoyens de ce même pays.
tivée. Le

fonction

langage

de

l'être

«

naturel

» —

humain, comme les

«

—

Prenons maintenant une carte de France.

Que remarquons-nous,

Qu'u¬

point de vue de la situation géographique de notre pays ?
moitié appartient franchement aux régions du Nord de l'Europe,
et l'autre franchement aux x'égions du Midi. Les provinces septentrio¬
nales diffèrent essentiéllement des provinces méridionales, quant
au sol, au climat, au genre de travail et de production, et aussi quant
à la nature et au caractère de leurs habitants. Or, il est parfaitement
naturel qu'à des différences géographiques et ethniques correspon¬
au
ne

également des différences linguistiques. « Personne ne s'éton¬
qu'il y ait en Gaule « deux langues différentes », l'une au
Nord, et l'autre au Midi. Ces deux langues correspondent à la nature
et au caractère des deux peuples, comme à la diversité du sol qu'ils
habitent et du climat sous lequel ils vivent et travaillent. »
En vérité, ces deux langues ont entre elles une grande affinité,
parce qu'elles tirent leur origine de la même langue-mère, de la lan¬
gue latine. Mais elles n'en sont pas moins deux langues propres et
distinctes, ayant des traits particuliers qui les carcatérisent. — Au
Nord, la langue d'Oïl ou langue française, qui n'est latine que par le
fond de son vocabulaire, mais dont la phonétique n'a rien de latin,
et se rattache, au contraire, essentiellement à la phonétique des
langues du Nord, dures, sourdes et gutturales; — au Midi, la langue
d'Oc ou langue occitane, vulgairement appelée provençale, qui est
latine, et par le fond de son vocabulaire, et par sa phonétique, qui
se rattache à la. phonétique italienne ou espagnole, c'est-à-dire à
la phonétique des langues méridionales, douces, sonores et harmo¬
dent
nera

donc

«

nieuses
Une

pales

».

un signe de nationalité. 11 y a deux langues princi¬
le territoire de l'ancienne Gaule. En conséquence, il y a

langue est

sur

�deux nationalités principales, en d'autres termes deux nations :
Nord, la nation Française, la France proprement dite; — au Midi)
la nation Occitane, l'Occitanie. Les Français sont ainsi opposés aux
Occitans, qui, dans l'histoire, sont aussi appelés les Provençaux,
ou encore les Gascons, ou encore les Catalans.
Le langage « naturel'» a toujours existé, et il existera
toujours,
ce qui revient à dire qu'il y aura toujours des « patois », ou dialec¬
tes, demain comme hier, au Midi comme au Nord, et dans tous les
pays du monde. Au Nord, dans la France proprement dite, le lan¬
aussi
au

naturel

comprend les patois

ou dialectes francien, picard,
champenois, lorrain, bourguignon. — C'est le
qui est devenu le Français, c'est-à-dire la langue
littéraire, la langue cultivée, la langue générale et nationale. Dans
ces provinces, les dialectes et la langue nationale ont les mêmes
gage «

»

normand, wallon,
dialecte francien

caractères généraux et la même
Au

Midi,

en

«

tonalité ».
« naturel

Occitanie, le langage

» comprend les patois
limousin, languedocien, aquitain, auvergnat, gascon,
provençal, catalan.
Quant à la langue littéraire de cette contrée, nous allons en par¬
ler un peu plus longuement, afin, comme je le disais tout à l'heure,
d'apprendre à la connaître.

dialectes

ou

Aujourd'hui, en
et nationale est la

Occitanie comme en France, la langue littéraire
langue française. Mais il n'en a pas toujours été
âge, et jusqu'à la fin du XVe siècle, le
français était, dans nos provinces méridionales, une pure langue
étrangère ». L'Occitanie avait sa langue littéraire et nationale pro¬
pre, comme elle avait son langage « naturel ». C'est le dialecte limou¬
sin qui devint l'Occitan, appelé aussi Provençal, c'est-à-dire la lan¬
gue littéraire, la langue cultivée, la, langue générale et nationale.
Âlors les dialectes et la langue nationale avaient, comme en France,
les mêmes caractères généraux et la même tonalité ».
Notre langue Occitane fut même la première langue vulgaire
de
l'Europe qui fut écrite et employée comme langue littéraire, car,
auparavant, on ne connaissait pas d'autre langue littéraire que le
Latin ». Nos premiers poètes s'appelèrent les « Troubadours », et
la période littéraire des Troubadours, — qui va de la fin du XIe
siècle à la fin du XIIIe
représente, avec éclat, un des moments
les plus brillants, non seulement de la civilisation méridionale, mais
encore de la civilisation latine et, par suite, de la civilisation univer¬
selle. 11 y a là une gloire immense, dont tous les Méridionaux peu¬
ainsi. Pendant tout le moyen
«

«

«

—.

vent

et doivent être fiers. »
Tandis que le Nord de'la France était soumis à des dominations
dures et violentes, le Midi voyait s'écouler près de deux siècles sans
guerres sanglantes. L'industrie et le commerce florissaient dans ses
villes opulentes ; un luxe élégant y régnait, les arts y étaient culti¬
vés. Pour tout dire en un mot, le Nord était barbare et pauvre, tan¬
dis que le Midi était civilisé et riche. Ce l'ut pendant ce règne de la
«

paix,

milieu de cette société brillante et raffinée, que s'élevèrent,
musique divine, les chants harmonieux des Trouba¬
dours, ainsi qu'autrefois les chants des Aèdes dans la gracieuse et
ravissante Hellade. Dans les autres pays de langue romane, on ne
au

comme

une

savait encore écrire qu'en latin, en Italie en particulier; on
dérait la langue vulgaire comme indigne des poètes et des

consi¬

penseurs.
Occitanie, au contraire, on était moins imbu des traditions ro¬
maines, moins esclave de la langue latine, peu soumis même à la
discipline de l'Eglise romaine, gardienne et dépositaire de cette lan¬
gue; en Occitanie, 011 était plus jeune, plus indépendant, plus auda¬
En

cieux. Ce fut ainsi que les Troubadours, sans nullement se soucier
de la langue des savants et de l'Eglise, composèrent leurs chansons
et leurs sirventés en langue vulgaire, en langue romane, appelée

d'abord langue limousine, plus tard langue provençale, et langue
occitane. Et, dans cette langue romane ou occitane, ils s'élevèrent
hiuits, les atteignirent à, un tel degré de perfection que, d'un bout.

�~

68

-

l'Europe, ce fut un ravissement, un enchantement, un
cri d'admiration ».
«
En effet, les Troubadours furent des précurseurs, des maîtres
et des initiateurs dans la poésie lyrique, dont ils enseignèrent les
lois aux autres nations. C'est pourquoi leur inflùence s'étendit très

à l'autre de

rapidement et devint considérable; elle s'exerça sur la poésie de tous
autres grands pays d'Europe, principalement de l'Espagne et
l'Italie, où l'on écrivit dans la langue des Troubadours, avant
d'écrire dans la langue vulgaire du pays. « Ce ne sont pas seulement,
affirme Paul Meỳer, des sujets ou des formes poétiques que la poésie
provençale a transmis à la poésie de l'Espagne et surtout de l'Italie,

les
de

c'est l'existence même

».

quoi donc cette poésie méridionale doit-elle son succès et son
influence sur les autres littératures ? Peut-être au fait de sa priorité
dans l'ordre chronologique ; mais certainement, et surtout, « à la
conception élevée et originale qu'elle s'est faite de. l'amour ».
Cette conception, dit Joseph Anglade, dans son « Histoire Som¬
maire de la Littérature Méridionale au moyen âge », se rattacha à la
même conception qui a créé, dans le Midi plus tôt qu'ailleurs, cette
société idéale, dont la rudesse native était tempérée par un ensemble
de qualités morales qui ont formé le monde de la Chevalerie. Le ser¬
vice d'amour, tel que l'a inventé la poésie méridionale, est semblable
au service féodal; les troubadours sont les vassaux de leur dame,
idéale ou réelle, qui est leur maîtresse au sens plein du mot. Ils sont
non seulement leurs vassaux, leurs hommes-liges, mais leurs escla¬
ves. ët presque leur chose... Les Troubadours ont élevé un temple à
la femme idéalisée; ils ont créé un culte, inspiré des lois de la che¬
valerie, et, jusqu'à la fin de la littérature méridionale, ils en ont été
«

A

«

les bons serviteurs

».

poésie des Troubadours est

en. quelque- sorte classique, si Ton
classique à la poésie qui exprime sous une forme
parfaite des vérités éternelles. Quant à la
forme, les Troubadours
l'ont cultivée avec amour, et avec un soin presque religieux ».
Ainsi, dit encore Joseph Anglade, fond et forme, les Troubadours
ont tout créé.. Par là, ils méritent une grande place dans l'histoire
générale de la Poésie. Leur poésie n'est pas une poésie régionale
La

.«

donne le nom de

«

même nationale; elle a, ou, du moins, elle a eu, en son temps,
garde encore, par beaucoup de côtés, ce caractère humain et

ou

et elle

universel

qui

a

fait la fortune de notre littérature classique

au

XVIIe

siècle. Les grands poètes italiens du XIVe siècle, bons juges en
sie, ne s'y sont pas trompés; et ils ne furent pas les seuls ».
Aussi est-ce avec raison qu'on a pu dire que le XIIe siècle

poé¬

est,
le Midi de la France, pour l'Occitanie, un siècle de civilisation
brillante et raffinée, une véritable aurore de cette Renaissance ita¬
lienne qui devait jeter un si vif éclat trois siècles plus tard. Sous le
pour

de

nom

Parage, cette admirable civilisation romane,

enviaient les rois du Nord de la.' France
que
«

joie

ses
res

—,

donnait

—

une

que nous

âme poéti¬

à la chevalerie démocratisée, exprimant l'enthousiasme, la
» d'une race qui, par ses franchises municipales, sa littérature,

coutumes, réagissait contre toutes les oppressions que les Barba¬
avaient fait peser sur le monde, contre la dureté même des moeurs

féodales du Nord

».

A cette

époque, Toulouse — lumineux foyer de poésie — était
beaucoup plus importante que Paris, — la ville orgueilleuse
entre toutes les villes
comme devaient être Avignon, au siècle sui¬
vant, sous les Papes, et Lyon, à la Renaissance ».
D'ailleurs, on peut remonter encore plus haut, et c'est avec rai¬
son que Charles Géniaux écrivait tout
récemment, à propos d'«Un
livre à la gloire de Toulouse » : « Il y a deux mille ans, Tolosa
était un foyer de pensée et de beauté, quand les 'cités du Nord
demeuraient encore les repaires des barbares,' tumultueux et braves ».
La terre oecitanienne fut alors la plus civilisée de l'Europe. La
plupart des Sujets modernes, comme la Divine Comédie et la légende
dé Faust;, existaient déjà dans sa poésie
universelle, initiatrice de
l'esprit nouveau. Toute la culture de l'Occident vient de ce Midi
«

une

cité

—

«

�—

69

—

provençal où avait si bien fructifié, en terre aquitane et ligure,
port des civilisations antiques, sous l'influence chrétienne ». l'ap¬
Nous

avons

donc le droit de

dire, nous, Méridionaux, nous, Occi¬
notre nationalité était à la tête de la civilisation
française
longtemps avant que Paris la gouvernât.
'
Je viens de vous parler
des Troubadours. Mais, en dehors de la
poésie lyrique, notre Littérature Occitane a produit des chefs-d'œu¬
vre dans tous les
genres littéraires : dans la poésie épique, dans la
poésie narrative, dans les poèmes historiques, comme l'admirable
« Canso de la
Crotzada »
la Chanson de la
Croisade, de la Croisade
des Albigeois —, dans la
poésie religieuse, dans la poésie morale et
didactique, dans la poésie dramatique.
tans,

que

bien

.

-—■

Les ouvrages en
prose ne

moins

manquent pas

importants et moins

non

plus, bien qu'ils soient

nombreux' que les

ouvrages en vers

ouvrages religieux, ouvrages profanes, ouvrages
didactiques,
le

:

dont

plus important est celui qui a pour titre « Leys d'Amors »,
ouvrage
qui exerça en Catalogne et en Castille, pendant le XIVe, le XVe et
même le XVIe siècle, une influence
considérable.

Mais la poésie occitane, cette fleur de
jeunesse, de grâce et de
beauté, devait succomber sous les coups do la tempête, sous les
coups du terrible ouragan qui partit du Nord de la Franco, barbare
et pauvre, et s'abattit sur le
Midi, civilisé et riche. Je veux parler
do la croisade des Albigeois, qui fut d'abord
entreprise contre les
Albigeois et leurs hérésies, mais qui fut ensuite poursuivie contre les
princes nationaux de la France Méridionale et contre leurs domai¬
nes. Le
temps nous manque pour raconter « l'effroyable tuerie du
XIIIe siècle qui ruina les riches
campagnes du Languedoc, réduisit
à néant ses cités opulentes,
Béziers, Carcassonne, Toulouse, soumit
â des bandes plus cruelles que des hordes
barbares, assoiffées de
meurtre et de vengeance, avides de butin, une des
plus riches con¬
trées du Midi
«

».

Cette fin douloureuse du
Languedoc du moyen âge, expirant,
étouffé dans son propre sang, ne devait avoir ni
lendemain, ni résur¬
rection. 11 tomba tellement meurtri sous les
coups de Simon de Montfort qu'il ne put jamais se relever
pour reprendre son existence indi¬
viduelle, comme Etat indépendant ». L'a transformation sociale qui
suivit la conquête eut naturellement son
contre-coup sur la poésie
et la langue occitanes. Sur cette terre
où,, depuis près de trois siècles,
florissait une littérature courtoise et passionnée, la voix des muses
«

s'éteignit

peu à peu. Aussi les productions du XIVe et du XVe siè¬
cle sont-elles inférieures à celles de la brillante

Troubadours.

période classique des

Nous arrivons ainsi

au XVIe siècle. C'est alors
que les choses chan¬
gent de face. Désormais, la langue d'Oïl, la langue française est de¬
venue la langue politique et
officielle du Midi de la Gaule, de l'Occi-

tanie. Comme

011 l'a toujours vu dans
1'lìistoire, les Vainqueurs ont
imposé leur langue aux Vaincus. Le français est donc substitué à
l'occitan, comme langue littéraire, comme langue cultivée, comme
langue nationale. Il n'y a que peu d'écrivains de langue d'Oc. Ces
derniers cessent même d'écrire en langue occitane
nationale, et la
littérature devient ainsi populaire, dialectale et
provinciale ou régio¬
nale. La langue d'Oc s'émiette 'en
patois; son orthographe origi¬
nale, perdant le caractère de son origine « latine », se calque sur la
prononciation et la graphie françaises. Seul, le langage naturel ne
change pas : c'est pourquoi la langue d'Oc se retire alors dans la cam¬
pagne, plus particulièrement, bien que les classes cultivées
parlent
encore cette
langue, qu'elles n'écrivent plus. Désormais, le langage
naturel » et le langage « littéraire », les dialectes ou
et la
langue nationale sont de caractère différent, de tonalitépatois
différente.
En d'autres termes, il
y a deux langues en Occitanie : la langue fran¬
çaise, comme langue politique, administrative et littéraire, — et la
langue occitane, qui reste comme langue naturelle du peuple, du ter«

�—

—

C'est ainsi que l'Occilanie est, depuis lors, un pays
c'est-à-dire un pays de « deux » langues.

de )a race.

roir
«

70

bilingue

»,

s'est jamais
.les
XIXe,
assez grand nombre de poètes locaux de langue d'Oc ont atteint
renommée poétique qui les a rendus célèbres bien au delà des
limites de leur pays et qui a transmis leurs noms à la postérité. Ces
poètes ont été appelés « troubaires ».
La poésie de cette période est, naturellement, bien inférieure à
celle de la période classique des Troubadours. Mais, malgré tous ses
défauts, elle a son importance, car elle prépare le terrain à la Renais¬
sance poétique qui allait éclore dans la deuxième moitié du XIXe
siècle.
Elle sert de transition entre l'art lyrique le plus parfait et la
forme de poésie populaire la plus noble et la plus belle qu'ait pro¬

Mais, malgré tout, la littérature de langue occitane ne
éteinte, tout à fait, bien qu'elle soit devenue populaire. Pendant
XVIe siècle, le XVIIe, le XVIIIe et la première moitié du
un

une

«

duite notre

littérature contemporaine ».

Enfin, dans la
réveil de la vieille

seconde moitié du XIXe siècle, nous assistons au
nationalité occitane, et à la Renaissance de la lan¬

et de la littérature

gue

mouvement national

occitanes. C'est de Mistral que date ce

occitan.

grand

mai 1854, au château de Font-Ségugne près d'Avignon, sept
jeunes gens de Provence fondaient le
euxmêmes le nom de « fél bres », mot mystérieux venu du fond de l'âme
Le 21

Félibrige, et prenaient
populaire. Qu'est-ce que le « Félibrige » ? C'est « une association,
d'ailleurs très libre, d'hommes travaillant, chacun à sa façon, au
relèvement du Midi ». Un félibre, cîest un occitan qui a conscience
de son « occitanité » et qui travaille de toutes ses forces, et suivant
moyens, au plus grand développement des forces physiques et
ses

morales de la

nationalité occitane, dans un but de

progrès et de

fondation du Félibrige, en mars

1859, l'un des

civilisation.

Cinq ans a'près la

sept jeunes gens dont nous venons de parler, Frédéric Mistral, pu¬
bliait « Mirèio » : «Mirèio » « c'est-à-dire un poème, ou plutôt une épo¬
pée, à l'allure classique, en vers réguliers et de style noble, mais au
sujet tiré de la vie rurale et populaire de la Provence et écrite tout
entière'en langage provençal; et le provençal reprit aussitôt sa pla¬
ce dans la vie littéraire dé la France. »

Depuis cette date mémorable, l'Occitanie, qui a toujours conservé
langage « naturel » et populaire, a désormais deux langues litté¬
raires ; le français, qu'elle cultive encore avec amour, — et l'occitan,
qui renaît et "tend à reprendre ses droits, consacrés par un passé
son

glorieux.

brillante période de la Renaissance, la littérature occi¬
d'abord « dialectale et provinciale ». Mais, à mesure que le

Dans cette
tane est

voit renaître
des Trouba¬
dours s'est le mieux conservée, et" l'on tend peu à peu à reconstruire,
à restaurer, au-dessus des
parlers populaires et de la littérature
populaire, la langue nationale d'Occitanie, la grande Littérature

mouvement de Renaissance s'étend sur tout le Midi, on
à la vie littéraire les dialectes de la région où la langue

Occitane.

siècle que le Félibrige existe, la
de bons poètes,
dont la renommée
a dépassé les frontières de notre pays. Les bons ouvrages poéLiques
et les belles oeuvres en prose abondent, dans toutes nos belles pro¬
vinces occitanes, en Provence, en Languedoc, en Guyenne, en Au¬
vergne, en Limousin et en Périgord, en Gascogne, on Roussillon et en
Depuis près de trois quarts de

Littérature Occitane a produit un grand nombre
même de grands poètes, et de bons prosateurs,

Catalogne.
Aussi a-t-on pu

dire avec raison : « Regardez donc

le lendemain

Mirèio » ; c'est au lendemain de la bataille
qu'on voit si la victoire est complète. Or, de proche en proche, le
Félibrige a gagné tout le Midi. Il a pénétré les vallées les plus agres¬
tes des Alpes et des Pyrénées, il a gravi les plateaux du Limousin

de

Font-Ségugne et de «

�—

et les

7l

—

de l'Auvergne. Partout on a chanté son hymne de la
», et à l'instant où je vous parle, de bons ouvrages
surgissent çà et là en terre de Langue d'Oc. Jamais les Félibres du
premier matin n'auraient espéré une telle gloire pour la montée de
leur jour. A la réussite de l'œuvre, je constate qu'elle était bonne ».
«

«

puys

Coupo santo

Quel avenir est réservé au Félibrige et à la Littérature Occitane ?
prédire. Mais, avant de terminer, je veux jeter
jusqu'au ciel un cri d'amour et un cri d'espoir pour notre langue et
pour notre pays. Il y a des gens qui disent que la Langue d'Oc est
destinée à disparaître. Eh bien, voici la réponse à ce discours. Ce sont
les nobles paroles que prononçait naguère, en pleine Académie Fran¬
çaise, un grand historien contemporain, Camille Jullian, le jour de
sa réception dans cette illustre Compagnie. « Vous me dites que le
provençal va mourir. A quels signes, je vous prie, reconnaissez-vous
qu'une langue se meurt ? 11 y a pour les langues, comme pour les
nations et pour les croyances, des crises de fatigue et de déclin.
Mais nous venons de voir ressusciter des nations qu'on disait mor¬
tes; mais des croyances qui se perdaient se sont retrouvées, et des
langages qu'on croyait endormis ont proclamé leur gloire. De l'ave¬
nir d'un idiome, pas plus que do celui d'une foi ou d'une patrie, per¬
Il est difficile de le

ne sait rien, et la science n'a qu'à se taire sur la loi du lende¬
main. Au siècle passé, on s'imagina que le catalan allait dépérir : et
voici que maintenant, coup sur coup, il produit un très grand poète
sonne

et des œuvres scientifiques de
D'autres ont pensé pouvoir

premier ordre ».
tuer la Langue d'Oc, l'idiome de plu¬

sieurs provinces et de plusieurs siècles. Je laisse encore répondre
Camille Jullian. « Faire mourir une langue ! Mais c'est pécher contre
la vie sociale. Une langue nous apporte les idées et les sentiments
de

nos ancêtres, elle nous conserve les nôtres, elle les répète aux
êtres qui viennent de nous. Elle est le lien moral par lequel le crépus¬
cule de la journée humaine qui finit se rattache à l'aurore de celle
qui commence. Quand j'entends du provençal, je revois des visages
qui me furent chers, et le jardin même de mes premiers jeux. 11 y a
dans un langage des senteurs du terroir natal et des nuances de ses
paysages. Nous tous qui voulons que le français revienne au labour
de son champ t!t à la pierre d'un foyer rural, ne touchons pas aux
dialectes de nos provinces : ils sont sacrés, comme toutes les parcelles

du sol de la patrie. Ce sont nos « monuments historiques » au
titre que nos châteaux ou nos beffrois. Conservons-les avec le

souci
et

même
même

».

Oui, conservons-les, aimons-les et cultivons-les. Aimons cette belle
glorieuse Langue Occitane, qui a été la première langue romane

capable d'exprimer les formes les plus variées, des plus simples aux
plus nobles, de la pensée humaine, alors que, depuis plus de dix
siècles, ce rôle était réservé au latin, cette langue d'Oc, langue « d'or »,
comme disait le roi saint Louis, cette langue qui a atteint autrefois
un degré de perfection et
un éclat que, seules, avaient connus, avant
elle, les langues dites classiques.
Aimons-la et défendôns-la contre les attaques et les injures de
tous les méchants et de tous les sots,comme nous le ferions pour une
mère tendrement aimée, et mettons en pratique les belles paroles
que d'Aubigné recueillit de la bouche de Ronsard malade : « Mes
enfants, défendez votre mère contre ceux qui veulent faire servante
une demoiselle de bonne maison. Je vous recommande par testa¬
ment que vous ne laissiez point perdre ces vieux termes ». Aimonsla et faisons-nous un devoir et un honneur de la parler, et médi¬
tons cette autre parole que Ronsard écrivait aux derniers mois de
sa vie,
parlant au poète futur : « Je supplie très humblement ceux
auxquels les muses ont inspiré leur faveur de prendre pitié, comme
bons enfants, de leur pauvre mère naturelle... Car c'est un crime de
lèse-majeslé d'abandonner le langage de son pays ».
Joseph- Rouquet.
Samatan, le 15 Avril 1926,

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L'Année Occitane

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La

langue d'Oc à la Chambre

Rapport du Budget de. VInstruction publique pour 1926
M. Ducns, député.de, la Haute-Garnnnc, et adopté parla Cham¬

Extrait du

fait

par

bre les 15 et

16 décembre. 1925.

C'est une question dont j'ai parlé, dans mon précédent rapport
(Alm.Occitan 1925) à propos de «renseignement des langues romanes»Idiomes locaux, langues romanes, c'est ce que les gens pressés ou peu
bienveillants appellent les palais... L'alerte, un moment, a été chaude.
11 y a eu la circulaire de M., de Monzie ; il y a eu les enquêtes des
journaux, et notamment celle de l'Eclair (5 septembre-10-octobre
Ì925), dirigée par M. Roger Giron; il y a eu les très légitimes protes¬
tations de la Ligue pour la Langue d'Oc à l'Ecole, dont l'actif secré¬
taire, M. Jean Bonnafous, se dépense sans compter pour une cause

belle, entre toutes.
Le tumulte commence à s'apaiser. Peut-être le moment est-il favo¬
rable pour retracer brièvement les grandes phasés de la lutte et pour
déterminer la portée de ce 'conflit, heureusement 'peu meurtrier.
On sait que des congrès régionalistes avaient émis è plusieurs re¬

les idiomes locaux eussent désormais droit d'accès
pourraient être utilisés pour
'enseignement du français. Par circulaire aux Recteurs en date du
14 août, M. de Monzie se liûta d'op¬
poser à eé vœu une fin de nonreceprises le

dans les

vœu que

écoles publiques, ou ces dialectes

voir.
M. de Monzie n'admet pas que

«les
parlent en patois (le mot
est dans sa circulaire)
puissent un
seul instant songer à faire intervenir
ce patois dans leurs
classes et don¬
instituteurs

nent à leurs élèves des versions et des

thèmes, «comme s'il s'agissait de lan¬
gues nobles, telles que le latin et le
grec». Je n'admets pas davantage que,
dans les

écoles

normales,

on

accorde

que

place à l'enseignement scientifi¬
des parlers locaux, surtout si

l'on

«

une

réclame

»

patois à l'école
polémique ».
Quelles sont

cette introduction du

» sur

le mode irrité de

la

raisons ?
pédagogue
qualifié » ne croit aux^Services que
le dialecte local pourrait rendre dans
renseignement du français. « Qui sonAnatole de Monzie
ge, dit-il, à mettre en œuvre le bre¬
ton, le basque et le flamand pour faci¬
liter l'intelligence du français ? Faudrait-il éditer des règles différentes
selon les régions et classer les idiomes d'après les services qu'ils
seraient susceptibles de rendre à la pédagogie primaire V
2° Sans doute, « l'étude d'une langue autre que la langue mater¬
nelle nous initie au mécanisme linguistique de notre propre langue »,
mais savoir une langue étrangère c'est « posséder'le moyen de con¬
naître directement la civilisation et la littérature du peuple qui la par¬
le, c-est accroître d'autant notre propre valeur humaine et sociale »;
10

Selon

ces

lui,

« aucun

�-

73

—

services éminents »
«l'étude des patois rend4do plus en plus à l'histoire delà langue
française » et il apprécie avec tout le respect qui .convient les profes¬
seurs et les.érudits qui, « penchés sur ces fleurs de notre terroir en ont
étudié avec amour toutes les variétés. Mais cc'sont là matières d'en¬
seignement supérieures, ce sont recherches de "savants »;
4° Par la méthode de l'utilisation des patois on irait contre le but
que l'on doit se proposer et atteindre. Car, au lieu d'-« habituer les
enfants à mettre sous les mots toute la réalité qu'ils expriment », la
traduction d'un mot français par un mot patois finirait par amener
insensiblement les jeunes élèves à se dispenser de l'effort d'exactitude
et de précision nécessaire;
5° Arrivant à la question fondamentale, celle qui a trait au régio¬
nalisme considéré sous l'aspect du bilinguisme, M. de Monzie se de¬
mande « s'il est bon d'encourager les divisions linguistiques ». Et
faisant une brève allusion à la Belgique, c'est-à-dire aux revendica¬
tions du flamingantisme naissant, le Ministre déclare que « la France,
si unie qu'elle soit, ne l'est jamais trop: »
Conclusion.
Depuis François Ier, tous les régimes qui se sont
succédé dans notre pays ont professé « une commune et constante
doctrine d'unification linguistique ». C'est donc à' la propagation de
la bonne langue française que nous devons, nous aussi, réserver tout
notre effort, surtout si nous tenons compte du grand nombre d'illet¬
trés qui restent encore parmi nous. Tarif que tous les Français ne
seront pas capables de comprendre, de parler et de lire la langue'
française, « renseignement des patois devra être considéré comme un
luxe. » Du reste les remarquables travaux des instituteurs sur les
sujets d'histoire locale montrent assez qu' « il n'est pas nécessaire de
pratiquer le langage local pour pratiquer tous les devoifs du régiona¬
3° M. de Monzie veut bien reconnaître les «

que

—

lisme.

»

Je crois avoir

analysé assez'exactement ef sans l'affaiblir cette cir¬
suggestions étendues,

culaire très vivante, très alerte, très riche en
où l'on retrouvé à la fois la profonde culture et
tiers paradoxal
Monzie.

Mais nul

ne

le tour d'esprit volon¬
qui rendent si attachante la physionomie dé M. de

s'étonnera, j'imagine, si je me range au

nombre des amis

et en particulier des amis de la langue d'oc
circulaire de M. de Monzie m'á fort contristé.
Comme je comprends la protestation de M. de Kerguezec s'écriant
au Conseil Général des Côtes-du-Nord : « La langue bretonne est à
nos cœurs comme les ajoncs, les genêts et les bruyères sont à notre
des doux parlers locaux
et si je déclare ici que la

aussi insensé de vouloir nous empêcher de parler notre
breton, que de vouloir empêcher nos fleurs nationales de pousser sur
nos landes et lé. long de nos routes... L'amour, le culte et la pratique
de la langue bretonne ont-ils empêché l'héroïsme de nos soldats ?...
Mistral s'est immortalisé pour avoir célébré ses cigalês et l'admirable
terre. Il serait

qu'on nous laisse en paix chanter nos poèmes'et
! ».
Et comme je suis prêt à signer avec enthousiasme le vœu que le
Conseil Général do l'Ariège, a adopté à l'unanimité au début d'octo¬
bre dernier ! Il me paraît difficile de mieux mettre les choses au point
sur cette question trop
longtemps débattue. On me saura gré d'en
reproduire ici le texte intégral :
Le Conseil Général de l'Ariège.
Considérant que tout cè qui rattache l'homme à son pays natal
mérite d'être conservé et maintenu; que le lien le plus fort entre les
habitants d'une région est l'emploi du même idiome; que .-par consé¬
quent l'enseignement public ne doit pas viser à l'aire disparaître les
dialectes locaux, mais au contraire à les utiliser cpmnie forme de
■sentiment ou expression de pensée; que nos maîtres trouveront dans
le maniement de ces dialectes d'utiles points de comparaison et une •
aide précieuse pour l'intelligence même des&gt; textes français et pour
l'exacte appréciation de nombreux termes qui, dans ces dialectes,
soleil de Provence
aimer notre patrie

:

«
«

ont

gardé

logique;

avec

leur saveur

primitive la plénitude de leur sens étymo¬

�Considérant que ces dialectes, ou patois sont un élément du pa¬
national, qu'ils ont recueilli des faits et des documents où
s'enregistre l'histoire de nos provinces; qu'ils ont fourni un mode
d'expression à la pensée et à la poésie populaires, qu'ils constituent
aujourd'hui encore un ,langage adapté aux mœurs, au caractère et
aux occupations familiales des
populations qui les parlent; qu'enfin
il serait déplorable qu'une défaveur officiellement manifeste
pût
donner à croire â ceux qui en ont fait usage que le discrédit jeté sur
leur langage rejaillit sur leur condition;
Considérant que ni l'unité de la pensée ni celle de la langue fran¬
çaise ne sont en cause et ne sauraient en souffrir; que c'est de l'amour
de sa petite patrie qu'on s'élève le
plus naturellement à l'amour de
la grande et que, pour ce qui est de la langue française, ce n'est
pas
au moment où la tendance
s'exagère de la surcharger de fâcheux uéologismes qu'elle a à redouter le contact de dialectes qui procèdent
d'une formation analogue et découlent pour la
plupart de la même
source; qu'enfin la possession de ces dialectes ou patois offre des
facilités particulières
pour l'acquisition de langues étrangères voi¬
«

trimoine

«

sines;

Emet le vœu qu'il soit loisible à nos maîtres, à. tous les degrés
l'enseignement de faire appel aux dialectes locaux dans la mesuré
verront avantage pour un bénéfice de culture générale ou
pour une connaissance meilleure de la langue française ! ».
Une fois de plus
M. Ducos a pris à la Chambre la défense de la
Langue d'Oc. Qu'il en soit publiquement remercié. 11 a bien mérité
de la cause et tous en
Auvergne, Catalogne, Gascogne, Languedoc,
Limousin, Provence lui en seront reconnaissants.
«

de

où ils y

La
La lettre suivante

langue d'Oc à l'Ecole

été adressée au Ministre de VInstruction Publi¬
que par la Ligue pour ta langue d'Oc à l'Ecole :
a

LA LIGUE POUR LA LANGUE D'OC A L'ECOLE
A

Monsieur

le

Ministre

Monsieur le

de

l'Instruction .publique

Ministre,

S'autorisant de divers débats à la Chambre, du
rapport Ducos poul¬
ie budget de 1925 et de précédents créés
par les ministres Leygues,
Lafferre, Honnorat et François-Albert, quelques-uns d'entre nous
avaient prié M. de Monzic de vouloir bien autoriser ceux'des maîtres
qui le voudraient à utiliser le dialecte maternel de leurs élèves pour

l'enseignement du français.
Dépassant la portée de cette modeste requête, M. de Monzie a cru
devoir condamner non seulement toute
utilisation, mais encore toute
étude objectivé des idiomes locaux à l'école
primaire. Le Bureau de
notre Ligue a protesté contre cette condamnation
; et la presse de
tous les partis de toutes les régions de France,
plusieurs conseils géné¬
raux, de nombreux parlementaires se sont faits l'écho de nos
protes¬
tations avec une chaleur, une véhémence
qui nous incitent à renou¬
veler sans retard notre démarche en faveur du
bilinguisme scolaire.
La plupart des petits
occitans, corses, basques, bretons, flamands,
alsaciens, etc. arrivent à l'école primaire parlant un idiome plus ou
moins différent du français officiel que
beaucoup ignorent, que tous
parlent plutôt mal. Ne pas tenir compte d'un tel fait nous paraît une
grave erreur pédagogique; une langue ne peut être
dans
les régions où elle est importée comme dans celles oùenseignée
elle est spon¬
tanée. La méthode directe

a

dû subir de sérieuses retouches dans

l'enseignement secondaire où l'on a rétabli le thème et la version;
les raisons qui ont paru déterminantes
pour le secondaire ne sont pas
moins valables pour le
primaire.
Il est plus sûr, plus clair et plus
rapide, de dire à un Basque : le vin

�bara; à un Occitan : le chêne
en de longues définitions
techniques dont lljg éléments ne sont guère mieux compris des écoliers
que le mot à expliquer. Les mots occitans campana, carçja, palud, giba
éclairent plus vivement les mots français campanule, cargaison, palu¬

c'est amoua:, à un Breton : le pain c'est
c'est lou casse ou ./ou garnie, que de s'enliser

gibosité, que les plus doctes commentaires. Lou perfum qu'ai
qu'ai senlida illuminent mieux l'accord du participe
que le plus savant traité de grammaire. Qu'il s'agisse du
de la morphologie ou de la syntaxe, la méthode comparative s'avère
supérieure.
Comme tout le monde, M. de Monzie a reconnu l'excellence de
cette méthode; mais il préférerait la voir appliquer au moyen de

disme,

sentit, la flour

vocabulaire,

étrangères. Il nous paraît bien difficile d'organiser à l'école
primaire des cours de langues totalement inconnues des élèves; tandis
que l'idiome maternel que nous proposons comme terme de compa¬
raison est pour eux une. réalité vivante, immédiatement accessible

langues

et

utilisable.

Puisqu'il

a

étrangères, qu'il nous soit per¬
été question de langues
mis de rappeler combien la con¬
naissance de la langue d'oc facilite
l'étude de l'italien, de l'espagnol,
du portugais, du roumain; combien
celle du flamand prépare à l'étude
de

l'anglais, de l'allemand, du

da¬
A

nois, des langues Scandinaves.
lui seul .cet 'avantage suffirait

justifier notre
tels idiomes.

à

attachement à de

Mais il est une raison qui/nous
paraît primordiale et suffisante par
elle-même. : c'est que ces idiomes
sont nôtres, qu'ils sont un peu de
nous-mêmes et que nul n'a le droit
d'attenter à leur vie pas plus qu'à
notre vie personnelle, morale ou
physiologique. 11 est facile à de
bons apôtres de se résigner à la
mort du prochain; on conviendra
sans peine que le patient y trouve
moins de charme. Nous ne pou¬
vons
pas plus nous résoudre à laisJean Bonnafous
ser périr notre langue maternelle
que lesgens de l'Ile de France_ et
de l'Orléanais ne sauraient accepter de laisser détruire la leur au
profit de la nôtre, ou de l'anglais, ou de l'allemand.
Il est loisible à tel administrateur de regretter qu'il y ait plusieurs
langues en France et même dans le Monde, comme il est permis au
voyageur de déplorer que son chemin soit coupé de montagnes et de
ravins. Ce sont là phénomènes naturels contre lesquels il est dange¬
reux de se buter. Le sage s'en accommode ou mieux encore en tire
parti.
Ce n'est pas l'anéantissement de trois 011 quatre idiomes parmi les
milliers qui sont parlés sur la Terre qui nous acheminerait sensible¬
ment vers la langue universelle, grâce à quoi plusieurs espèrent récon¬
cilier à jamais les nations. Ne restât-il que deux langues, elles seraient
encore rivales. N'en restât-il qu'une, on verrait encore des partis
s'entredéchirer et des frères s'entretuer. Il n'est pas nécessaire de
parler la même langue pour se comprendre, et il ne suffit pas de se
comprendre pour ne pas se haïr.
Par contre, la disparition de l'occitan, c'est la clef de voûte enlevée
à l'Union latine; celle du celtique, un pont coupé entre la France et
les lies Britanniques; celle du flamand, une transition supprimée en¬
tre la latinité et le germanisme.
Nous avons été très surpris de voir un ministre girondin et socia¬
liste se réclamer de la tradition de François Ier, de Richelieu et des

�—

70

—

Jacobins pour

asséner un nouveau coup à la personnalité morale do
provinces. Non plus nous ne comprenons pas très bien comment
pu diviser les Français en citoyens de première et do seconde
zone
d'après leur degré de connaissance de la langue française. 11
y a là un
sophisme par homonymie qu'il importe de réfuter. Appliqué aux hom¬
mes,' Français équivaut à l'ancien nom de Gaulois;
appliqué au lan¬
gage, il ne s'entend que du francien, dialecte de l'Ile de
France, de¬
venu langue
d'Etat par la volonté royale. L'acception n'est
pas la
nos

il

a

même.

Au sens de « gaulois », les Bretons sont les
plus Français des Fran¬
çais puisqu'ils ont conservé la tradition celtique; dans
ìe même sens,
les Occitans sont plus Français
que les Francimands puisqu'ils main¬

tiennent la tradition
gallo-romaine, alors que ces derniers ne datent,
que des Francs,
Mais laissons là ces classifications irritantes
sinon injurieuses. Pen¬
dant des siècles, gens de langue
d'Oïl, de langue d'Oc, d'Annor, etc...
ont vécu côte à côte, chacun
parlant et écrivant sa

langue. Y a-t-il
ou un mouvement quelconque de
tendance séparatiste "? Tous
n'ont-ils pas fait bloc contre l'envahisseur à
l'appel dfc la Patrie '?
jamais

Du moment que nul ne conteste
au Français son rôle de lien natio¬
que nous ne sommes pas du toul hostiles au

nal; du moment,
d'une

principe

langue auxiliaire

internationale, nous ne
quoi tant d'acharnement contre des langues comprenons pas pour¬
qui ont produit des
chefs-d'œuvre, qui n'eurent, d'autre tort que leur
infortune et qui
nous sont d'autant
plus chères que le destin leur fut cruel.

D'une part, aucune société des nations ou
des
tant qu'il y aura des minorités molestées même peuples ne sera viable
avec du chloroforme
et un gant de velours. D'autre
part, l'hostilité

persistante de l'école
langues fait courir un réel danger à l'harmonie
inflige, sans motif Valable aux minorités qui
les parlent une humiliation
gratuite, une « diminutio capitis » qui ris¬
que de devenir un levain de rancœur et de
discorde. Le respect de
chacun est la condition essentielle de
publique contre

nos

nationale parce qu'elle

On

l'entente entre tous.

objecté que l'école publique ne persécute
plus nos. lan¬
gues. Attendons; mais elle les laisse
choir, ce qui revient pratique¬
ment au même. En ce siècle d'évolution
accélérée,
celui qui ne pro¬
gresse pas ne reste
nous

a

pas sur place, mais recule.. Nous ne voulons
reculer, mais marcher avec notre temps,
Sans doute, nos enfants savent nos
idiomes, comme les enfants
risiens savent le français, d'une maniéré
empirique, c'est-à-dire'

pas

pa¬

dé¬
fectueuse. Les uns ne sont
pas plus capables de lire Mistral, Jasmin
ou Brizeux
que les autres de lire Racine ou

Victor-Hugo sans avoir
appris; ils ont besoin qu'on leur enseigne.
Pour tous ces motifs,
nous vous prions
Monsieur le
Ministre, de vouloir bien autoriser, à tous instamment,
les degrés de l'enseigne¬
ment public, l'utilisation
de nos idiomes régionaux et l'étu¬
rationuclle
de

objective

de leurs chels-d'œuvre littéraires. Une autorisation
de
ce que nous sollicitons de
votre haute bienveil¬

principe, c'est tout

lance,

en vous

la mise

Sqrs

demandant, de

nous

faire confiance

point d'une réforme également profitable à la qui concerne
langue fran¬
langues provinciales.
de vos sentiments d'universitaire et de
Provençal

au

çaise et à

attendons

en ce

nos

avec

confiance votre décision et

sieur le Ministre,

nos

vous

hommages respectueux.
La

Ligue

pour la

(1), nous
prions d'agréer Mon¬

Langue d'Oc à

l'Ecole.

Confirmation
M.

Daladier, lorsqu'il était

encore

ministre de l'Instruction

publi¬
que, envoya à M. le Recteur de l'Académie
d'Aix, la lettre suivante :
Mon attention a été
appelée sur les conférences sur la langue d'oc
organisées dans certains établissements scolaires
du Midi de la France.
Mon correspondant
craint que par application de la circulaire de

(I) M. Daladier,

�77

—

—

honorable

prédécesseur, M. de Monzie, en date du 14 août der¬
soient plus autorisés à suivre ces conférences:
J'ai l'honneur de vous informer que, sur ce point, je partage l'opinion/émise par M. François Albert, ancien ministre de l'Instruction
publique, dans sa circulaire du 20 décembre 1 924.
Il y a donc lieu de continuer à autoriser les élèves qui en exprime¬
mou

nier, les élèves

ne

ront le désir à suivre les conférences dont il

s'agit, sous la réserve que
ne nuira pas à l'application
des programmes. »
Par-dessus de Monzie, Daladier a voulu rejoindre François Albert.
La trop célèbre circulaire du 14 août 1925 doit être considérée com¬
me inexistante.
cette autorisation

Les
et

langues régionales

les idiomes locaux à l'école

Nous tenons à donner ici le compte-reiulu de
qui a eu lieu le 22 février a Paris, soûs

tation

dération
La

Vimportante manifes¬
les auspices cle la Fé¬

Régionaliste Française.

Fédération

Régionalisie Française avait organisé lundi,

22
Journée d'Etudes », consacrée à la
question des langues régionales et des idiomes locaux à l'école.
février,
M.

au

Musée social, une

«

Jean

Richépin, de l'Académie Française devait présider la
l'après-midi et M. J. Loth, de l'Institut, professeur de
collège de France, la séance du soir. La date de réception
de M. Georges Lecomte sous la coupole ayant ctó avancée, M. Jean
Richépin, pressé par la préparation de son discours, dut s'excuser
au dernier moment, M. Loth
accepta de le remplacer pour l'aprèsséance de

celtique

au

midi.

Après avoir rappelé

que

l'enseignement du celtique est obligatoire

dans les écoles d'Irlande et du Pays de Galles, l'éminent professeur
précisa lo sens du débat, montrant l'intérêt scientifique, littéraire,

cuUural et patriotique de
Ensuite le rapport sur

l'étude et de l'utilisation des idiomes locaux.
la langue d'oïl, de M. Gossez, empêché, fut
M. Gamard, président de la Picardie et organisateur de la

lu par
« Journée
».
Les dialectes d'oïl n'étant que

des variantes du français officiel,

ne
prétendent pas à être enseignés pour eux-mêmes, mais à être uti¬
lisés pour l'étude du français à l'école et pour l'enrichissement litté¬
raire de cette langue.

Le rapport sur les dialectes d'Oc fut présenté par
M. Jean Bonna¬
fous, professeur-adjoint au Lycée Henri-IV, secrétaire de la Liga
p'er la Lengua d'Oc a l'Escola.
Ce fut de

beaucoup le plus

l'étendue considérable
et

des

gros morceau

de la séance à cause de
de la France)

Pays d'Oc (plus du tiers

de la volumineuse' documentation-rassemblée, par le rapporteur.
M. Bonnafous rappela les incidents de l'an dernier, la requête au
Ministre de l'L P., la fameuse circulaire de M. de Monzie et l'émo¬

tion qu'elle souleva

dans la presse mondiale. 11 résuma les
arguments développés par le Ministre et par les journalistes,

divers
contre
pour le bilinguisme, et ramena le débat au but précis que visait
la requête initiale. Puis il donna un
rapide aperçu .du développe¬
ment historique de la question depuis.1790 et démontra
qu'en dépit
des décrets et des lois, il avait fallu, en
fait, revenir à la méthode
bilingue. Après avoir communiqué une lettre de M. Daladier au
Recteur d'Aix, qui abroge pratiquement la circulaire de M. de Monzie
en
ce
qui concerne les écoles normales et primaires supérieures,
M. Bonnafous donna lecture d'une nouvelle requête motivée à M. le
Ministre de I'I. P.,
signée par les cinquante membres du Comité
Directeur de la Liga, demandant à M. le Ministre, « d'autoriser »,
à tous les
degrés de l'enseignement, l'utilisation rationnelle des
idiomes locaux et l'étude objective de leurs chefs-d'œuvre littéraires. »
Cette autorisation de principe permettait aux pédagogues bénèou

�—

voles

de

mettre

au

point le

78

bilinguisme franco-occitan, franco-

breton, etc.

Puis, M. de rEstourbeillon lut son rapport sur le breton. 11 pro¬
testa contre la

prescription qui s'acharne contre cette langue véné¬

antiques Gaulois et conclut en réclamant la méthode bilin¬
et l'emploi de quelques heures par semaine, à l'étude du celtique,

rable des
gue

comme

cela

se

pratique

Pays de Galles et Irlande.

en

rapport sur le flamand de M. Bourgeois, empêché, fut lu par
Charles-Brun. Cette étude brève, mais très bien conduite, donna

Le
M.

pourrait appliquer la méthode bilingue
de cette mé¬
littéraire du
flamand) comme seconde langue au baccalauréat.
M. Franc exposa l'intérêt scientifique et ethnologique du basque
(peut-être la plus ancienne langue parlée en Europe), le mécanisme
tout à fait spécial de sa morphologie et de sa syntaxe, et la nécessité
de recourir à la méthode comparative si l'on veut amener les jeunes
basques à savoir s.'exprimer en un français correct.
M. Armbruster montra comment leur dialecte avait permis aux
un

aperçu

de la façon dont

on

Flandre française et conclut en faveur de l'emploi
thode à l'école et de l'admission du néerlandais (forme
en

Alsaciens de résister à l'assimilation allemande et comment
rait le faire servir à diffuser le français en Alsace.

Après quoi, on passa à la discussion des rapports et
les avis de MM. Paul Besnard, Guieysse, Lapalre,- Marc

on

pour¬

l'on entendit
Leclerc, Pey-

richou, Mme Moll-Weiss, etc.
Le père Lliande apporta des précisions sur l'enseignement du bas¬
que et du béarno-gascon, organisé par Mgr de Bayonne; M. Trémintin, député breton, renouvela ses protestations et son plaidoyer de
la Chambre; M. Remy Roux, député provençal, se prononça nette¬
ment en faveur de la méthode bilingue et de l'enseignement objectif
du provençal, et autres langues constituées pendant quelques heures
par semaine, comme cela.se pratique dans plusieurs écoles primaires
de Marseille pour l'italien.
A la séance du soir, sous la présidence de M. du Maroussem, M.
Charles-Brun, président de la F. R. F., résuma dans son rapport
général, avec sa méthode et sa clarté cputumières, les vœux des di¬
vers groupements représentés.
L'objet essentiel, de leur action ac¬
tuelle est l'utilisation de .l'idiome local quel qu'il soit pour l'enseigne¬
ment du français (compréhension, orthographe, étymologie, correc¬
tion, richesse de style). M. C.harles-Brun prouva par des exemples
nombreux et sensibles la supériorité de la méthode bilingue.
Lors de la discussion générale l'assemblée s'arrêta au voeu relatif à
l'utilisation des langues provinciales à l'école primaire et le transmit,
signé par les représentants de trente-cinq groupements provinciaux,
à M. le Ministre de l'Instruction Publique.
La Liga.
A

signaler certains articles parus en 1926 sur la Langue d'Oc à
: Bequète à M.
Yuan Ùclbos, par P. Souchon (Paris-Soir) ;
primaire, par L. Farges (l'Action Régionalistc)■; M. de Momie persiste par J.-P. Régis. (OC); L'utilisation
l'Ecole

Les Idiomes locaux à VEcole

des dialectes à l'Ecole Primaire par

E. Bodin (le Cri de Marseille) ;
L'Enseignement de la langue d'Oc par Jean Bouzet (OC); La Lan¬
gue d'Oc à l'Ecole par J. JNouaillaé (la Vie des Peuples); L'EnseigneV.
menl de la langue d'Oc par J. Bonnafous (OC); Le Cas de la France
par A. Rovirai Virgili (La Publicital) ; L'Avenir de la langue d'Oc par
J. Estelrich (La Veu de Catahinya).

LIGUE FOUR LA LANGUE B'GC A L'ÉCOLE
Secnicciid

professeur

un

J,

BONNAFOUS,
Lycée Henri IV — Paris (Ve)
:

�EN

Jeux-Floraux L'Escolo
h'Escolo Oubernhalo est l'une des

dépend à quel point de vue on se

Jeux Floraux

: en

hiver,

ce

EN VELAY

AUVERGNE &amp;

Oubernhato i925-26
dernières ou des premières (cela

place) à donner le résultat de ses

sont des fleurs de neige.

Voici le dernier palmarès :
Poésie. — lor Prix. — Biron Pierre, à la Gazelle d'Anglards, par
Saint-Flour. 2° Prix. — Trin Antonin, à St-.lacques-des-Blats. 3e
Prix. — L. Lulié, 6 place Claude Peyrot, Millau
honorables. —: Marcel Fournier, 4, rue Mauvard, Périgueux. ; Mme
Suzanne Félix, à Freix-Angl'ards (Cantal); Abbé Jean Gardes, école

(Aveyron). Mentions

Directeur de l'Ecole
Lacout Louis, ser¬
Vic-sur-Cère. F". Liaubet,
7, rue du Consulat, à Aurillac.
Prose.
1cr Prix.
M. Joseph Vaylet, au Mas Nouvel, St-Géniezd'Olt (Aveyron). 2° Prix. — Marcel, Fournier, 4, rue Mauvard, à Pé¬
rigueux. 3e Prix. — A. Borderie, à Lauzerte (Tarn-et-Garonne).
P. de Miremont, à Terrasson (Dordogne).
Mentions honorables.
Mme Suzanne Félix, à Freix-Anglards (Cantal). L. Luliè, 6, place

de

Théologie de Saint-Flour; Pierre de Miremont,

St-Louis de Gonzague, à Terrasson (Dordogne);
rurier, 2, rue Camus, à Rodez; J. Arles, à
—

—

—

Claude Peyrot, Millau

(Aveyron).
Section scolaire

Poésie. — 1er Prix. — Roche Pierre (3° a), Elève du Lycée de
Rodez. 2e Prix. — Arnal Cl. Elève du Lycée de Rodez.
:
Mercadiër Gaston.
l
Lycée
2e
Prose. — 01' Prix. — Belaubre Jean,
d'Aurillac.
Prix. —
Roche Pierre (2e a) a Rodez. 3e Prix. — ex-œquo :

Mention

Pa'reyre André. 4'' Prix.

—

Terrai Roger. 5" Prix.

Gaffard Lucien,

—-

Arnal Claude.

René; Goûtai Robert; Pyronnct Ed¬
mond; Théron Marcel; Bratières Jean ; Flottes Pierre, Elèves du
Lycée de Rodez.
A VIC-SUR-CÈRE

Mentions honorables : Mirai

L'Ecole Auvergnate a tenu le 4 juillet unefélibrée à Vic-sur-Cère,
laquelle prirent part, autour de Mlle Doumèrgue, élue reine : MM.
Gizolme, Théophile Garńier, Baduel, Êeltrano.
Mlle Mayenobe,
Mlle Legras, Mlle Sublime, M. Delzangle, M. Arles, M. Debrons, M.
Cardou, M. Courchinoux et M. le Président Etienne Marcenac.
Le 19, septembre, l'Ecole Auvergnate se réunissait une seconde
fois à Saint-Santin-Cantalès.

à

Hommage à

Gandilhon-Gens-d'Armes

de Paris ont rendu hommage
Gandilhon-Gens-d'Armes.
banquet donné à cette occasion on assisté : ,M. Pierre Laval,
maire d'Aubervilliers, député de Paris; Mlle Eugénie Galtier, MM.
Painlevé, député de Paris, ministre de la Guerre; Voile, chef de cabi¬
net de M. Laurent Eynac; Amédée Vidal, sénateur de l'Aveyron;
Billiet, sénateur de la Seine ; Maurice Colrat, député de Seine-et-Oiso,
ancien ministre; Henri Pâté, député de Paris, ancien ministre; Fabry, député de Paris, ancien ministre; Rollin, député de Paris; doc¬
teur Molinié, député de l'Aveyron; Lafarge, député de la Corrèze;
Leboucq, député de Paris; Jean Goy, député de la Seine; Marcel
Héraud, député de Paris; Jean de Castellnne, conseiller municipal
de Paris;
Bonal, conseiller général de la Seine; Lemarchand,
conseiller municipal de Paris; Fourquemin, conseiller général de la
Seihe ; le docteur Ayrignac et Valat, président et directeur des chœurs
de la Solidarité aveyronnaise; Pierre Combe, de l'Opéra; Fonlreïde,
professeur de dessin; Louis Bonnet, secrétaire général de la Ligue
d'Auvergne, Arthur Levasseur, député de Paris, haut-commissaire
aux loyers; Bouju, préfet de la Seine; Bressot, directeur du cabinet
Le 12 Décembre

à leur héraut C.
Au

1925, les Auvergnats

�80

—

—

de M. le préfet de police; Bollan, président du conseil général de la
Seine; Marrou, député, du Puy-de-Dôme; Frédéric Brunet, député
de Paris; Hector Molinié,
député de la Seine; Robert Bos, conseiller
municipal de Paris; Balitrand, député de l'Aveyron; docteur Cal
mels, vice-président du conseil municipal de Paris; Fontanier, député
du Cantal; docteur Chassaing,
député du Puy-de-Dôme; Calmon, dé¬
puté du Lot; Louis Peuch, conseiller municipal de Paris; Delsol; Le
Troquer, Fleurot, André Puech, conseillers municipaux de Paris;
Joisson, secrétaire de M. Painlevé.
Le 7 Janvier M. M. Gandilhon-Gens-d'Armes a
prononcé un vi¬
brant discours au dîner de la Soupe-aux-Choux. En voici la
pérorai¬
son
«

:

Si

j'aime la vieille Auvergne d'un amour désespéré, c'est peutnos jours sa diversité — Ò
Diversité,

être que je sens s'atténuer de

déesse adorée des régionalistes ! — c'est
qu'au temps où nous vivons
s'accuse et sévit une tendance
qui me choque, qui me blesse et que je
hais d'instinct — instinct de poète, si vous voulez — et cette ten¬
dance forcenée (je
veux, pour finir, répéter ici ce que j'ai écrit ail1
urs), cette tendance que je hais est une folie moderne; « c'est le

goût insane du nivellement, de l'imitation, de l'uniformité, de l'égalitarisme : mêmes maisons, mêmes
vestons, mêmes flonflons, mêmes
tangos, et même langue, une espèce d'esperauLo. »
Vive l'Auvergne de Gandilhon! Vive
Gandilhon, l'éloquent
avocat de Delhostal, de
Trin, de Galéry !
—

Hommage à Régis Michalias
Le S Août 1926

VEsào/a de Limanha, sous la présidence de M.
Nolhac, de l'Académie Fran¬
çaise a posé une plaque commémorative sur la maison du poète
Régis Michalias, à Ambert. M. B.
1'. de

Vidal y a

prononcé

un

discours

en

langue d'oc; qui l'ut fort applaudi.

L'Escoïa de Limanha est l'asso¬
ciation des félibres de Basse Auver¬
gne : son but est de maintenir l'u¬
sage de la langue auvergnate, en
l'épurant quand il en est besoin.
De plus elle, s'attache à conserver
et remettre en valeur tout ce
qui,
dans les mœurs et usages anciens
de notre

province, est digne d'être

admis dans le cadre moderne com¬
me
étant l'expression immuable

du génie particulier de la race Au¬
vergnate, tels, sont le Folklore, la
musique, la merveilleuse danse
populaire. Son siège social est à la

Faculté des
à

Lettres,.4,

Clermont-Ferrand.

rue

„

Pascal,

*IDAI-

Les Fêtes de l'.Escola.
Le 5
L'Escola a tenu ses
assises à Brioudc, grâce à l'activité Septembre,
de nos amis. MM. V.
Guidy et
Henri Gilbert.
—•

Hommage à M. Bancharel
Le dimanche 4

juillet 1926,

important de félibres au¬
quel s'était joint un public des plus
sympathiques, procédait à l'inaugu ration de la plaque que VEscolo Oubenihato
a l'ait
apposer sur la
maison où vécut et mourut
Auguste Bancharel (38, avenue de la
un groupe

République).
Cette îoelle plaque de
marbre, gravée

avec

goût

par M.

Roques,.

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mais

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paime,

BAŃCHAREL
(1832-1889)

Au félibre Auguste

L'Escolo Oubernhato
4 Juillet 1926
C'est M. Pages, sous-capiscol,
bernhato. Il fut très applaudi.

qui parla

de VEscolo Ou¬

au nom

Les Jeux Floraux de l'Escola de Limanha
ont été tenus le 7 Novembre, à Clermont-Ferrand,
dans la
Salle dès Fêtes de l'Hôtel-de-Ville.
Voici le palmarès du Concours en langue d'Oc. :
Poésie : 1er Prix : Henri Gilbert, pour Ieu sei coma l'arbre
verluros;

Ils

2e Prix

J.

Bénazet, à Castelnau-Montratior, pour Scr sul Fourez;
Pierre Biron, cultivateur à la Gazelle,
par St-Flour
(Cantal) et Paulin Vaissade, à Montpellier; 2e Mention : Fernand
Prax, à Mézergues (Cantal); 3e Mention : Pierre Miremont, à Ter—

lre

:

Mention

rasson

:

(Dordogne).'.

Prose

: 1cr Prix : ex-œquo : Antoine
Chabrolles, cultivateur à Lagourey, par Ceilloux (Puy-de-Dôme) pour Lo darreir Chabrelaire et
Henri Gilbert, pour l'Home que fai la femna. Mention à Pierre Mire-

mont, de Terrasson.

La Sainte Estelle de Monistrol

(Velay)

Le 5 septembre a eu lieu à Monistrol la manifestation
vellave annuelle, sous la présidence de la nouvelle Reine

vellaves, Mlle Cliaumaran.
C'est pour

régionaliste
dés Félibres

honorer la mémoire de l'abbé Garrot, auteur de fables,

contes, chansons et écrits divers
la vieille résidence d'été des
année.

EN

en

dialecte d'oc de Monistrol que

Eytqu.es du Puy avait été choisie cette

CATALOGNE &amp; A

VALENCE

Hommage à Pierre Vidal
Pierre Vidal, bibliothécaire de la ville de

Perpignan depuis 51 ans,
s'est fait l'historien du Roussillon; il a amassé pour tout ce qui tou¬
che à notre pays,.coutumes, folklore, philologie, un véritable trésor;
plus dp trente ouvrages constituent son œuvre toute consacrée à
l'histoire de notre province.
A la nouvelle

de sa maladie, la Colla del Rossello s'est émue. Dans
Assemblée Générale du 21 février, elle décida de lui rendre un
public hommage, sous l'espèce, d'une plaquette de bronze «Médita¬
tion » qui lui fut
apportée à la clinique des Platanes par une déléga¬
tion composée de MM. François Tresserro, Horace Chauvet, Charles
son

Grando et Albert Bausil.

Hommage à S. Russinyol
Le peuple catalan vient de rendre un éclatant hommage au grand
artiste qu'est Santiago Russinyol.
Les admirateurs de S. Russinyol, et ils sont nombreux en Catalo¬
gne, se sont réunis le dimanche 10 Janvier, à Sitg.es, la souriante
ville

méditerranéenne, et ont réalisé plusieurs actes
d'adhésion et d'admiration à cet illustre Catalan.

d'hommage,

Le Comité

d'organisation était composé de MM. Olëguer Junyent,
président del Cercle Artistic;. Pompeu Fabra, de l'Àteneu; Enric
Série

E,

F. VI

�82

—

BoiïàSi Enric Morera, Ramon Casas, l'editor Antoni L-opez, Marius
Àguilar. Josep Maria de Sagarra, cl poeta rossellonès Josep S. Pons,

l'escultor- valencià EdUard topez Chavarri, Gregori Martine/. Sierra,
Gabriel Alo.màr i Joan Alcove-r; secretari Francese Camps Maspont.

BIBLIOGRAPHIE

1)ES

JEu VUES

DE

TllÉATRE

S. RUSINOL

DE

L'home de i'orga », monoleg en prosa,
caçador ». monoleg. 1891.
« El sarau de Llolja »,
1891. « Els planys d'en .Joan Gari », monoleg, 189.3. « L'alegria que
passa ». quadro l'irie. en un acte. 1898. « El jardi abandonat », quadro poémàtic en un acte, 1900. « Lllbertat ! » comédia en très actes,
1901. « Cigales i fowpigues », quadro liric en un acte, 1901. « ElsJocs
Florals de Camprosa », comèdia en un acte, 1902. « El malalt cronic », comèdia en un acte, 1902.
« El prèstidigitador
»,
monoleg,
1903.« Feminista », monoleg, 1903. « L'itéroe », drama en très ac¬
El bomber
1890. « El bon
«

S.

».

monoleg.

RuSsinol

tes, 1903.

«

«

S. Russijnol

Ed. :de la P.ublieitàX

El pati Mau

idilli drainàtic, 1903.

»-,

«

El inistic

»,

dra¬

quatre actes. 1903. « El pimxa-sàrries »,-sainet on un acte,
1904. « La nil cle l'amor », draina liric en un acte, 1905. « L'escudellonicl.re », monoleg, 1905. « La llctja », obra en 1res
actes, 1905.
ma

en

poiicia », obra comica, en doc actes, 1905. « La bona genl »,
quatre actes, 1900. « En Barba Azul », monoleg, 1906.
«
La canço de sempre », dià-leg dramatic, 1906. « La mare », obra en
quatre actes, 1907. « -La primera cartâ », monoleg, 1907. « La inc«

El bon

obra

en

iienda » l'ràio.rn-ai », en un acte, 1907. « Els sa vis de Vilatrista » (-en
collabo racio amb.G Martincz Sierra), obra en 1res actes, 1907.
«

L'hefeu

Escumpa

»,

obra

en

1res actes, 1908.

«

La llei d'herència

»,

iarsa en très actes, 1908. « Àucells de pas » (en «ollaboracio amb G.
Mai'tinez Sierra), drama en très -actes, 1908. « La intellec'tual », POmédia -en ties actes, 1909. « Un bon home », monoleg, 1909. « El re-

dem-ptor

»,

-draina

en

1res actes, 1910.

«

Cors de dona

»

(en collabora*

cio amb.G. Mai'tinez Sierra), drama en très actes, 1910. « Dol d'àlivi », iarsa en un acte, 1910. « El daltabàix » (traduccio de « Las
de Barrancos », de G. de. Laîcrrére), comèdia en quatre actes, 1911.
«
El Libella prodig », comèdia en un acte, 1911. « El
pintor de mira¬
cles », sainet en un acte, 1912. « La Verge dcl Mur »,
quadro pbémàtic, 1912. « El dc-spatriat », comèdia en très actes, 1912. « El
triomf de la corn », quadret de costums, en un acte, 1912. « L'ho-

menatgc
1914'

«

»,

sainet en un acte, 1914. « -La lepra », sainet on un acte,
»-(en oollaboracio amb J. Burgas), obra guinyo-

L'arma

lesca, 1914.

« L'envelat de baix », sainet en un acte, 1914. « El senyor Josep ialta a la dona », vodevil en un acte, 1915. « La dona del

sottyor Josep i'alta

a

l'home

»,

vodevil

acte, 1915. « El' pol'anliquari », sainet en un

en un

bre vidu », Iarsa en très actes, 1916. « A ça

�83

—

—

acte, 1917. « L'aucu del senyor Esteve », comèdia en cinc actes, 1917.
«
Els nàufrags », draina en très actes, 1917. « Souper tango », obra
satirica en un acte, 1918.
La casa de l'art », pèça en un acte, 1918.
«
L'acaparador », pe.ça en un acte, 1918» « Bataneros en Comandita »,

en un acte,-!918. « El català de" « La Manclia », tragi-comèdia, 1918. « Chauffeur... al Palace.!-», quadros d'aquesta revista. «La
minyona suicida », monoleg, estrenat, 1919. «. Matrimoni dé conve-

sainet,

nièneia.

».

Les

Jeux Floraux de Barcelone

Ils ont été tenus cette année
Mestres, président en exercice,

domicile particulier de M. Apellès
qui prononça l'éloge de Guimera.
La Fleur Naturelle, récompense du lauréat, a été attribuée au poète
Joaii Arus, pour Sonets cl'Amor. Le poète proclama Reine de la Fête,
Mme .Toan Arus, Voici la suite du palmarès : Eijlantine d'or : Ramon
Garriga; Violette d'or ,et d'argent, Ramon Garriga; Prix Faslenratli :
3. M. de Sagarra; Prix Goncepeio Rabell : Caries Riba.
au

Les fêtes de Font-Romeu
Les Fêtes de Font-Romeu ont

eu

lieu

avec

le

plus grand succès le

4 Août.

Mgr dé Carsalade du Pont peut
son initiative, qui doit
un .enseignement
pour la

être lier de
rester

suite des manifestations occitanes ;
elle a intéressé à la fois les poètes
et les industriels. M. Paul, lui-mê¬
me,

direteeur de la Compagnie du

Midi,

a

tenu à y assister.

El"c'était

certainement pour autre chose que
l'amour de. la langue d'Oc.
Le
noncé

poète J.-S. Pons y a pro¬
un magnifique
xliscours.'
Mgr de Carsalade avait lancé un
appel aux poètes et les poètes ont
répondu. Voici le palmarès
Hors-Concours

:

A

Nostra Se-

nyuru de Font-Romeu, par
Francesc Matheu, Barcelone.

(154
Premier

couvres

sujet

M.

présentées)
Lys d'or,

nu

Père Barto'llomeu .Barcelo, à Per¬

pignan (Poèmes

:

a). Pregaria

a

la

de Font-Romeu : b) A
dels Çorrechs et di¬
chants de se:s poèmes.

Moreneta

/
Mgr de Carsalade

Nostra Dona
vers

Rose d'argent (prix réservé à la
poésie roussillonnaise.) : M. P. Fraricis, à Perpignan (Humil romiatge).
Premier diplôme d'honneur : J. Pujades Truch, à Barcelone (Errnîta de la Verge).
Diplôme d'honneur : M. l'abbé Castella-Roger, à Err (L'ex-vot
del poeta) L'Ermita Cerda (A. N. Senyora de Font-Romeu); Mlle
Enriq.ua Palier Trullol, à Figueras (A Maria Immaculada); M. l'abbé
Gilbrat, à Prats de Mollo (A Maria do Font-Romeu).
Deuxième sujet : prix non attribué.
Troisième sujet : Œillet d'argent, à Mlle Maria del Carme Niool.au
Maso, à Barcelone, pour Fantasia (Les très arpes). —- Edition d'art
(12 vol. reliés) : M. l'abbé Cubaynes, à Gréaiou (Lot) ; pour « Estela
del matin » (dialecte du Lot).
Premier diplôme d'honneur : M. l'abbé J. Borateû, à Sairit-Nazaire
(Lo Secret de l'infant Jésus et Dolç niu).

meilleure

�—

84

Diplômes d'honneur : M. Philippe Coulet, à Perpignan (La Vergé
l'abbé Louis Salvat : Perpignan (Sta

di rampau), provençal : M.
Moniea i Saint Augustin).

r

Quatrième sujet : Eglantine d'argent à M. Pernabé Marti Bofarull,
à Tarragona (Oda à la bellesa humil).
Objet d'art : M. Puig Pujades, à Pigueras (Aligot), prose.
Objet d'art : M. Fermi Palau Casellas à Alcoletge, prov. Lérida
(Al llom del meu corser).
Premier diplôme d'honneur : M. J. Clara Roca à Roda, prov. de
Barcelona (Invoeacio primaveral; Bartolomé Barcelo Miquel, à
Mallorca (Iles Baléares) (Els vidratges) : M. .Ernest Casajuana, à
Reus (Sense joia, etc.); M. A. Balart Rialp, à Barcelona (La Clusa
del Perthus), prose.

Les Jeux Floraux du Genêt d'Or
Ils ont eu lieu à Perpignan. En
Palmarès du concours de 1926.

voici le palmarès.
—

Poésie catalane.

—

1° Poètes

Genêt d'Or, grand prix de l'année : Salut Nil de Llulliana, Visita a la Madona, du Pè¬
re Bartolomeu Barcelo.; Amandier
d'Argent, La Cascabellada, d'E¬
tienne Canal; Œillet d'Argent,La
llegenda d'un fats peto, de l'abbé
J:-M. Castella-Roger; Médaille de
bronze., Roses de Maïg, de Miquel
Robert; Diplôme d'honneur; Prop
du Roussillon,

d'un

Bressol, de l'abbé J. Bora-

teu; Mention honorable, Frigolela,
d'E. Vila;

Citations : Ja hi ha bominetes, d'Antoine Battlle
Aplec anyal de poble, dé Josep

niques
et

Oro i Bach.

2° Poètes de

Catalogne. — Mi¬
: Jardi, de Xavier
Eglantine d'Argent :
Els mesos, de Magi Vais i Marti;
Eglantine d'Argent ; Canço de Juny,
de Ramon Blaisi; Médaille d'Ar¬
gent, La Canço eiern.a, d'Arthur J.
mosa

de vermeil

Benguerel

;

J. Puig

i

Cadafalch

Palau Ximenes; Médaille de bron¬
ze

grand module, Coiranda, de Manuel Valldepêras; Diplômes d'hon¬

Al sol de la lardor, de Jaume Rosquellas Alessan; Vespra de
primavera, de Rafel Tamarit Asensi, et Balada capvesprat, d'Octavi
Saltor.
Mentions : Jo t'envcjo fonl solina, d'Antoni Balaset Toireil et La pomera, de Mossen Père Verdaguer.
neur;

—

Les Jeux Floraux de
Voici

Valence

quels termes Lo Rat Pénal fait appel aux poètes occitans :
Doctes escriptors, inspirats poètes i artistes del regne dé Valèricia i de totes aquelles terres on la nostra dolça llengua materna és
parlada o coneguda :
Lo Rat Penat » us trame t una coral salutacio de.
germanor i es
complau a convidar-vos a la .Imita que celebrara'enguany, sota la
noble proteccio de l'Ajuntament d'aquesta ciutat, atenent-sc al
en

«

«

seguent cartell

:...

Elstreballs

literaris, siguin en vers o prosa, hauran d'ésscr escrits
en llengua valenciana o en qualsevol de les llengùes
germanes.
Les' obres de caràcter historié o didàctic que no optin a promis ordinaris, podran ésser esc ri les en altres I longues; p.ero, en igualtat
de condicions, serait preferides les èscrites-en valencià.
Le président du Rat Pénal est M. France se Aima relie.
Vasquez;

le secrétaire M. Emile Abrian Navarro.

Valence, avant-poste sud des Pays d'Oc, n'oublie pas de sa langue.
Valence et donnons-lui notre cordial salut.

N'oublions pas

�85

—

—

GASCOGNE

EN

La Grammaire gasconne

-

BÉARN

de Bouzet

capital de cette année c'est l'impression (qui se- pour¬
suit) d'une Grammaire gasconne de M. Jean Bouzet.
Il s'agit d'un ouvrage qui étudie pas à pas la naissance et l'évolu¬
tion de la langue jusqu'à nos) jours et nous initie, en les, expliquantL'événement

phénomènes linguistiques qui ont élaboré le dialecte gas,
extrait de son œuvre la valeur d'un
qui constitue un manuel do premier ordre pour l'enseigne¬

à tous les
con

moderne. Jean Bouzet a

volume

ment.
En voici le sommaire :
I". Partie. — 1) Accent

tonique. 2) Les lettres, voyelles et conson¬

Particularités phonétiques étrangères au Béarn. 3) Liaison des
mots, consonnes finales. 4) Evolution des sons, etc...
2e Partie. — Morphologie ; 1 ) Le nom, les genres, formes des genres,
nes.

genres

des suffixes, formation du

pluriel, pluriel des mots composés.

des adjectifs; augmentatifs et diminutifs. 3)
L'article, l'article indéfini. 4) Démonstratifs. 5) Possessifs. 6) L'énumération. 7) Adjectifs, pronoms indéfinis. -8) Adjectifs, pronoms
interrogatifs. 9) Pronoms relatifs. 10) Pronoms personnels.
Morphologie (suite) : 1 ) Le Verbe. 2) Formes verbales. 3) Les énonciatifs. 4) Verbes auxiliaires. 5) Conjugaisons régulières. 6) Verbes
irréguliers. Les adverbes. Conjonction. Interjection.
3° Partie.
Syntaxe : 1) Epilhètes. 2) Compléments déterminatifs. 3) Degrés de signification. 4)" Emploi des temps dans les propo¬
sitions indépendantes. 3) Semi-auxiliaires. 4) Emploi des verbes
auxiliaires. 5. Les accpi'ds. 6) Indétermination du sujet, y) L'attri¬
but. 8) Accord des participes passés. 9) Régime direct. 10) Qualité
des régimes des groupes verbaux. 11) Pronoms personnels, complé¬
ments de groupes verbaux. 12) Emplois particuliers des pronoms
personnels. 13) Pronoms explétifs. 14) Compléments indirects. 15)
Compléments de lieu.
4e Partie.
Propositions subordonnées. Compléments de temps.
Les conjonctions que et qui. Modes de subordination. Emploi des
Temps dans les propositions subordonnées.
2) L'adjectif, le féminin

—

—

Febus à Peyrehorade
l'Escole Gastou Febus a célébré
landais, à Peyrehorade.
le

L'Escole Gastou
Le dernier
fête annuelle

dimanche d'Août
on

pays

sa

palmarès des Jeux Floraux.
Premier prix réservé; — 2e
prix : M. Charles Bertruu, de Pau; —
Mention honorable : M. Léo Lagarrigue,
Voici

Poésie.

—

de Taries.
Prose. —

de

Mention

:

M. L. Bourrague,

Bièlesegiure (B.-P.)
Concours scolaire.

condaires

:

—

1) Ecoles se¬
écoliers de

71 concurrents :

Moncade, Bétharram, Garaison,
Polignan)
1or Sujet : Version (Virgile) — ìr0 Sec¬
tion (Ie et 2e); P. Mardette, de Béthar¬
ram ;
V. Larqué et B. Peyras, de Nay;
Aris et Fourcade, de Bétharram ; — 2'
Section (3e, 4e et 5e) ; H. Moulié, de Nay
et G. Bascans, de Polignan; J. Casteret,
J. Estrabon et J. Prat, de Bétharram; A.
Laçaze, de Nay.
L
Labèque
2° Sujet : Une Noce d'autrefois. — lr»
Section (Ie et 2e) : J. Lavignolle, de Nay;
Lanusse-Cazalé, L. Soulhève, de Nay; — 2° Section (3°, 4e et 5e) :
J, Maury, de Nay; A, Lacaze, de Nay; L. Fourquct, de Polignan,
Nay,

,

�5e Sujet : Le feu à une borde de paysan. — 1rc Section (10 et
2°) :
Marcel Lacoste, de Garnison çt .1. Lavignollc de Nay; -- R. Carre té
et L. Soulhève, de Nay; — 2e Section (3e, 4e et 5°) : G. Costedóat,
de Moncade; — Marcel Périsse, de Polignan;
J. CaSteret et J. Prat, de Bèthamun.

Prix de fin d'étude

Cazanabe, de MOncadc;

J. Lavignolle, de Nay.

;

Michel Camélat

2) Ecoles Primaires
1er Prix

:

:

42 concurrents. 1

Oranda Labartlie,

"

Sujet

:

La

Dépiquaison.

çl'Árthez-d'Asson; Louis Berdoulet,

de Mascaras. — 2° Prix : Zélie Monguilhet, Raymond Péré, E. Lacoue, d'Arthez-d'Asson, H. Pàrdeilhan, de Mascaras. — Mentions
Honorables : J. Laporte, M. Dtipuch, de Portet, Lucie Bouilhet, de
Tadousse.
2° Sujet : Les Vendanges : Eugène Sóubiello et E.
Laberrigue,
Bertlte Carde, M. L. Mourriere et J. Darrivière; J. Larré et P. Re-

cul't; R. Arribe.

Prix pour récompenser le directeur de l'Ecole
ayant envoyé les
plus beaux ët les plus nombreux travaux : Mme Loussaletz-Ar.tets, à

Artlïez-d'Asson.

L'Escolo deras Pireneos dans la vallée

de la Save

Les fêtes de l'Escolo deras Pireneos se sont déroulées cette année
dans la vallée de la Save; '
Elles ont débuté le samedi 11 Septembre,à Lombez,
par une récep¬
tion officielle et une soirée comipingeoise. La vieille cité
épiscopale

qu'illustra Pétrarque chanta son chant du cygne. Demain elle n'aura
plus ni sous-Prél'et, ni Juges.
Le Dimanche mapin 12
septembre, les félibres s'arrêtèrept à Sama-

�—

87

—

tau où ils .furent reçus par lu municipalité, 011 lu personne du .M. 8tLaurent, maire, et de M. le chanoine Danibielle qui prononça, à la
Messe, un Sermon en gascon.
Samatan, nous est une cité particulièrement clière : c'est là que
notre oeuvre est née et qu'elle conserve son siège, sous l'active direc¬
tion de M. le chanoine Danibielle. C'est là que cette année vient de

s'ouvrir l'imprimerie

Occitane dont il est question d'autre part.

M1Ie Barthélémy, reine

du Comminges

A 4 heures, le cortège
l'lsle?Jourdain. Ce l'ut M.
qui en l'absence (le M. Joseph Barthélémy,
la Reine du Comminges, Mlle Barthélémy,

La soirée fut consacrée à L'Isle-Jourdainl
félibréen l'ut reçu par la municipalité de
Jean de
retenu à

Brive, adjoint,

Genève, reçut

costume du pays.
réunissait tous ceux qui avaient participé à la_
fête, autour de Aille Barthélémy : M. Lizop, président de l'Ecole, M.'
À. Praviel, M. le Sous-Préfet (de Lombez, M. de Brive, M. le chanoi¬
ne Dambielle, M. l'abbé Salvat, MM..J. Douyau, Saverne, Quittar'd
J, Bouquet, Edouard Dulac.
fille.du maire et sa nombreuse cour en
Le

soir, un Banquet

EN

Les Veillées gasconnes

GUYENNE

à Moncrabeau

moncrabelaise qui date
de théâtre, munie d'orateurs
et d'acteurs. Le 16 Mai dernier les Veillées Gasconnes tinrent leurs
assises annuelles. De nombreuses chansons occitanes (Jano d'Aimé,
la Mag e la Hilho, lous Èousiès, etc.) et des Comédies en langue d'oc
formaient le programme, Cette année les auteurs dramatiques étaient
MM. Bordes et' Larrat.
M. Larrat et M. lo Docteur Ficat sont les animateurs de ce groupe.
Ils sont, aussi le* restaurateurs de VAcadémie des Menteurs, société
Les Veillées Gasconnes sont une Société
delà guerre. Elle comporte une troupe

�très ancienne, qui délivre chaque année des diplômes, pour les plus
belles menteries. Les Veillées Gasconnes ont fait rééditer des diplô¬
mes de menterie sur un vieux modèle qui
est un chel'-d'oeuvre de typo¬

graphie et qui date de 1750.
Comme chaque année VAcadémie des Menteurs convie le public
pour le Concours de Menlerie de 1927. Voici en quels termes :
Concours de menteries.
Règlement : Las Beillados Gascounos, à
l'occasion de la Diète générale de l'Académie des Menteurs
qui aura
—

lieu le 15 Mai 1927 organise un concours de menteries.
1) Sont admises toutes les menteries à caractère fantaisiste

ou

satirique, écrites en français ou en langue gasconne.
2) Tout manuscrit devant être inédit, l'auteur joindra à l'envoi
de sa menterie une déclaration certifiant que son œuvre n'a jamais
été publiée ni présentée à un concours quelconque.

3) Les concurrents qui écriront

en

langue d'oc devront

deux manuscrits très lisiblement écrits

employé et traduction

en

avec

envoyer

indication du dialecte

français.

4) Chaque manuscrit portera une devise répétée sur une enveloppe
cachetée qui contiendra les noms, prénoms et adresse de l'auteur
avec mention : Concours de Menterie.
5) Les manuscrits envoyés

réserve le droit de

couronner

no seront pas
les menteries.

rendus. La société

se

6) Les manuscrits doivent être envoyés au Dr Ficat, Président des
Beilliados Gascounos à Moncrabeau (L.-ct-G.) jusqu'au 15 Avril 1927,
date de la clôture du

concours.

7) La distribution solennelle des prix aura lieu le 15 Mai 1927,
pendant la tenue de la Diète des Menteurs. A l'œuvre les Menteurs !

Le Jasmin
Les Fêles du Jasmin
à

d'Argent

se

d'argent

déroulèrent

comme

chaque année,

Mois de Mai. Cette année elles ont eu lieu sous la présidence,
Praviel, qui dans un beau discours en langue d'oc, lit
l'éloge de Pierre Benoit et nous révéla que l'auteur de l'Atlantide,
tout comme ses compatriotes Charles Derenus et Antoine
Bourdellc,
a écrit et écrit
peut-être encore, des vers en gascon.

Agen,

au

de M. Armand

A
Le

Grelh

Ce fut

une

Rouergas
belle

Entraygues

a tenu ses

assises, cette année

journée qui fait honneur

aux

à Entragues.
membres du Grelli

MM. Galy, Henri Motily, Eugène Séguret, Mm,e
Séguret, M. A. Bé-

nazet, A. Durand, Ch. Valut, J. Loyer, Marre, Combes, Flottes.

A

C a s t e 1 n a il M o n t r a t i e r
-

Le 12

septembre, Castclnau célébrait la langue d'oc. C'était la pre¬
fois que pareille fête avait lieu. Elle avait été
organisée par les

mière
habitants de Castelnau eux-mêmes, sous

Calvet,, Mourgues et Sahuc.

l'impulsion de MM. l'abbé

Les

organisateurs avaient invité les félibres du Quercy. Perbosc,
Cubaynes, Cayrou, Péfourque avaient répondu à leur appel. Un ban¬
quet amical, présidé par M. Valmary, ^réunit organisateurs et invités.
11 n'est point possible de donner en
quelques lignes un compte rendu
détaillé de cette soirée. Disons simplement
qu'au lever du rideau,
une aimable jeune fille souhaite en termes
gentiment tournés la bien¬

venue aux félibres. Le grand
poète Antonin Perbosc la remercie et
l'embrasse, et prononce un discours splendide de forme et d'envol
à la gloire de la patrie occitane. L'abbé Calvet lui
succède. Le distin¬
gué professeur de Stanislas, le réputé critique dont le manuel de
littérature fut le seul à trouver grâce devant
Vanderem quand ce
dernier prit l'offensive contre les manuels
scolaires, l'abbé Calvet
est né à Castelnau. L'abbé Calvet
il ne m'en voudra
point de lë
divulguer — est l'auteur de plusieurs ouvrages qu'il a publiés sous
le pseudonyme de Jean
uercy. J'aime particulièrement ses Copies
—

�89

—

—

de la Vieille France qui témoignent d'un fin sentiment de notre ré¬
gion et de sa langue. En une spirituelle improvisation débordante de
verve et d'humour, dans le plus pur quercynois, l'abbé Calvet célèbre
la langue d'oc. L'abbé Cubaynes, Cayrou, Péfourque, Bénazet, Saliuo
disent des poèmes qui se suivent, mais ne se ressemblent point. Nous
assistons ensuite à une Veillée comme on en voyait naguère tant dans
notre Midi. C'est une des plus délicieuses manifestations régionalistes
que l'on puisse rêver. On ne saurait trop louer les organisateurs et
les acteurs de cette vivante reconstitution joliment réussie. Nul spec¬
tacle no m'a jamais lait plus de plaisir. Suivent ensuite des monolo¬
gues, des saynettes parmi lesquelles il convient de mentionner parti¬
culièrement la spirituelle fantaisie de M. Mourgues : Ion Chifre d'afas.
Et la soirée se. termine par une joyeuse comédie de M. Sahuc : lou

Maridaçje mancat.
EN

Marius
M. Marius Cathala a été

élu

LANGUEDOC

Cathala

président de la G. G. V.

Ceux qui ont vécu, non seulement en acteurs,.mais même en spec¬
tateurs le mouvement vitieole de 1907, ne peuvent pas avoir oublié
le nom de M. Marius Cathala, l'un des 37 d'Argeliers. l'un des organi¬
sateurs les plus en vue des manifestations grandioses par le nombre
et le

calme, l'un de ceux qui payèrent de

l'emprisonnement leur

en¬

tier dévouement à la cause
si juste de la viticulture en

proie à la plus grande dé¬
tresse.

qui suivit la
juin dernier
revêtit un caractère parti¬
culier, à raison précisément
des élections qui venaient
Le déjeuner
séance du 13

d'avoir lieu.
Toast

de

M.

Cathala

«Je lève mon verre
naturel de France,
les viticulteurs qui

au vin
à tous

le pro¬
duisent et le défendent,, et
particulièrement à ces lé¬
gions de petits terriens que
la

misère de 1907 poussa
le chemin de la solida¬

sur

rité.
« Fidèles
à leur

tion, ils

vous

organisa¬
fournissent les moyens de lutte cl

d'action. Vous les
fi¬

demain avec vous quand vous démasquerez les puissances
nancières dont l'intervention si néfaste à notre démocratie agricole
dans les tractations internationales l'est encore auprès des
lirez

Pouvoirs

publics qu'elle amène trop souvent à servir des intérêts particuliers.
Je lève mon verre à la Confédération Générale des Vignerons et
tout d'abord à mon éminenl prédécesseur le Colonel Miré-poix, dont
je suis confus d'occuper aujourd'hui la pia.ee; ensuite, à vous tous,
mes chers collègues et amis. Vous êtes les artisans de la prospérité
et de la puissance de notre organisation. Je suis fier de pouvoir es¬
compter déjà votre grande sympathie et votre plus "étroite collabo¬
ration.
«

Président de se placer
rendre avec vous hom¬
de Férroul, l'astre et tant d'autres qui ont attaché

En terminant, permettez à votre nouveau
les aùspices de nos chers disparus et de

sous

mage à la mémoire
leur nom à notre œuvre et aussi de
dehors de la C. G. V., restera malgré
ce

pays,

l'apôtre de la viticulture, a

Marcellin Albert qui, même en
tout, dans l'histoire viticolejle,

�—

Monument

90

—

docteur Ferroul

au

syndicats viticoïe? du Languedoc viennent d'ouvrir une sous¬
cription en vue de l'érection ,-à Narbonne, d'un monument au doc¬
Les

teur Ferroul.

Le docteur Ferroul fut le premier président de la G, G. V., qu'il
avait contribué à créer et à organiser. Régionaliste convaincu, il
aimait par-dessus tout la terre languedocienne qui l'avait vu naître,

ceux qui ont vécu les événements de 1907 n'ont pas oublié cette
belle figure de tribun dont la parole chaude et persuasive réconfor¬
tait, les plus éprouvés.
De 1907 ft 1921,
époque de sa mort, il s'adonna, avec son indomp¬
table énergie, îi la défense de la viticulture ruinée par la fraude.
Ajoutons qu'en défendant les vignes languedociennes Ferroul a
surtout et avant tout défendu la Patrie méridionale dont il restera
l'un des hér6s les plus exemplaires et les plus chers.
'

et

Jeux-Floraux de la Maintenance de
Voici le Palmarès,

proclamé le 27 Juin
A

—

Languedoc

:

Poésie

1 •*

prix (réservé). —2e, Louis Fourmaud, Marsilliargues; Mlle Lu¬
Clap, Saińt-André-jde-Roqucperluis.
- 3e, Louis JOuela, Le
Poujol-sur-Orb ; d'Ëlly, Béziers; Louis Bousquet, Arnissan.
4 e,
Raymond Pérarnaud,'Narbonne: L. Pondevigne, Nîmes; Mlle Pau¬
cie

Cliapus, Nîmes; Gabriel Garrie, Cazilhae.
mention : M, Sylvestre, Narbonne; Adolphe Pagès, Rodez;
Mlle Marie-Rose, Chapperl, l'echscvguier. — 2e, Etienne Mouton,
Comps. — 3e, Paul-Louis Vidal, Sallèles-d'Aude; Frédéric .lallois,
Montpellier; Louis Bringuier, Pézènas; Laurent Amat, Salin-deGiraud; Georges Vabre, Nîmes.

line

lro

B

—

Chansons

1 or

prix (réservé), — 2e, Gabriel Garric, Cazilhae, — 3", Paul Vézian, Gallargues; Théodore Bonnefoy, Meýnes.
1 "&gt; mention
(réservée)-, — 2° Mlle Marie-Rose Chapperl, Ppchscrguier, —• 3e, M. Sylvestre, Narbonne.
C
1»'

prix (réservé),

—

—

Prose

2e, M. Gabriel Garric, Cazilhae.

Claire Ronnier, Cournonterral.
l'o mention (réservée,), — 2e, M. Edouard Jean,
Pardailhan. — 3°, M. Fènelon Jougla, Montpellier;

--

3°, Mlle

Saint-Jèan-daMlle M. Villa,

Montpellier; M, Sylvestre, Narbonne.
D
1er

prix (réservé),

—

Théâtre.

2e, M. Sylvestre, Narbonne; Mlle M. Villa,
Montpellier; 3°, Mlle Luele Clap, Saint-André-de-Roquepertuis.
lre mention
Cornies.

—

(réservée).

—

E
lro

2e, M. Maurice Vassal, Saint-Jean-de—

Dessin

.mention, M, d'EUy, Béziers.
Section scolaire.

Prix.

—

Roger Barthe, Béziers (poésie); Félix Jarras, Montpellier

(prose); Zézette Delmon, Villenouve-sur-Lot (dessin).
Mentions.
Pierre Boissière, Simone Gros,, Gérard Diet, Georges
Eymin, Odette Masson, Geneviève Paleirac, Robert Pascal, de Mont¬
pellier; Lucie Bouladou, Clotilde Bourcier, Aline Calage, Laurence
Calage, Jane Cros, Gabrialle Fournier, Marie=Thérèse Lavai), Jane
Rico me, Paulette Rouvière, Marie-Rose Secondy, de Saint-Jean-deVédas; Marie-Jane Bonnet, Blanche Carrière, de Cournonsec.
—

Fête des Gril lis du
Le 16

Lauraguais

mai, les Grilhs du Lauraguais, association félibréenne affiliée'

à VEscola

Occilana, ont célébré.ii

malgré

temps très maussade,

un

Calslelnaudary leur fêle annuelle;

�91

—

—

compris une réception
municipalité, une
messe félibréeiine, où l'on enten¬
dit plusieurs beaux cantiques du
majorai ProsperEstieu et un émou¬
La fête

a

Mairie par la

à la

vant

sermon

en

longue d'Oc de

Salvat, puis
banquet et line Cour d'Amour.
M. l'abbé Joseph

un

sous

dernière réunion eut lieu
la Halle aux Grains devant

une

énorme assistance. Elle débu¬

Cette

la touchante cérémonie du
Mlle Magali de
Sévérác, lllle de l'illustre composi¬
teur du Lauragusis, que les Griihs
ont élue pour leur reiftcj. -Puis, M.
François Tresserre, secrétaire des
ta

par

couronnement de

Assemblées

de

l'Académie

des

Jeux Floraux,.membre fondateur
de VEscola Occilaria, prononça un

éloquent discours à la gloire cl'Auguste Fourès, qui fut un de ses plus
intimes amis, et lança l'idée très
*

applaudie d'un monument à Fourès, à Castelnaudary. La souscrip¬
tion

a

A. Fourès

été immédiatement, ouverte.

Fête de l'Escola Occitana et

des Jeux-Floraux

VEscola Occitana, conformément à ses statuts, a Célébré sa
fête annuelle le "2 mai 1926. Après la séance de l'Académie des

VIIe
Jeiix

Régionalisme et à la langue d'O'c, où, sous la
présidence du Comte de Rességuier, on applaudit ies rapports de MM.
J.-R. de Brousse, majorai du Félibrige, Armand Praviel et F. de Gélis, et les lauréats Simin Palay, Jean Mouzat, Cayrou, Guilhèin de
Naùroza, etc., le banquet traditionnel a eu lieu dans la salle du res¬
taurant du Belvédère sous la présidence du Capiscol le baron Désazars de Montgàilhard, assisté des majoraux Prosper Estieu, Simin
Palay, J. R. de Brousse, des mainteneurs Praviel et de Géljs, de Jean
Suberville, maître ès Jeux Floraux, de J. M. Scrvat, maître en Gai,
Savoir, etc.
Floraux consacrée au

EIM

LIMOUSIN-PÉRIGORD

Hommage à Robert

Benoît
Périgord été
occitanes.

Le poète Robert Benoit, Président du Bournal clu
a
fait Chevalier de la Légion d'Honneur, au titre des Lettres
«
C'est au titre de félibre majorai et au titre de félibre majorai seul,

dernière pro¬

écrit Farnier, que Robert Benoit a été compris dans la
motion du Ministère ,de l'Instruction publique, et c'est

fois, je crois, qu'un fait de cotte nature se

la première
produit. Nous ne saurions

plaisir,
ostracisme qui
11 avait bien
écri¬
point écri¬
tes en français, honorent grandement les lettres. Les méconnaître
toujours serait une injustice et une maladresse. Et c'est pourquoi

le passer sous silence. L'an dernier, déjà, nous avions vu, avec
ies hautes sphères officielles, se libérer du dédaigneux
avait si longtemps pesé sur les écrivains de langue d'oc.
eniin fallu que l'on se rendît à l'évidence, 11 y a chez nous, des
vains et des poètes qui encore que leurs oeuvres ne soient

l'on s'était enfin décidé à récompenser, avec le ruban rouge, ces deux
admirables poètes occitans que sont Joseph d'Arbaud
Perbosc. Seulement au Journal Officiel qui donnait cette promotion,

et ^ńtonin

Joseph d'Arbaud était qualifié homme
nin Perbosç conservateur de la

de Lettres,

sans plus et

Anto-

Bibliothèque dp Montauban, On hési-

�tait

encore

à reconnaître officiellement que

c'était par leur œuvre en
que ces deux grands poètes s'étaient acquis des titres à
la reconnaissance de la Nation Française... »
C'est M. Daladier qui a fait le geste. Qu'il en soit remercié, et Ro¬
bert Benoit, poète, auteur dramatique et homme d'action soit félicité.
langue (l'oc,

Les Fêtes du Bournat
Elles se sont déroulées en Juillet au milieu de
thousiasme à Bergerac.
Voici le Palmarès des Jeux Floraux :

beaucoup d'en¬

Langue d'oc.
instituteur
chas

à

— Poésie. — 1or prix (médaille),
M. Louis Delluc,
Saint-Vincent-de-Cosse, pour Cansou des lerineis de

nous.

2"; prix ex-requo (contes en langue d'oc), M. Léon Mazeau, em¬
ployé d'octroi à Périgueux, pour jous lou viei jarri; M. Ernest Lafon,
instituteur à Albas (Lot), pour La Perigordino.
Mentions : Diplômes, M. Jean Poumeyrol. à St-Pierre-de-Gôle,
pour Moun viei peiri-, M. Gaston Laborderis-Boulou, 34, rue LouisMie, à Bordeaux, pour La Gouissio.

Manifestation de l'EscoIa dau Barbichet
Les 30 et 31 Janvier VEscola dau Barbichet à
organisé une splendide
manifestation à Limogés, grâce à l'activité de notre ami
Farnier, qui
fit représenter sa belle comédie : La Pena de Chauzir.

Les Fêtes de Pierre-Buffière
La XXVI0 Fête de

l'Eglantine

bre à Pierre-Buffière. Ce fut

populaire limousine.
Voici le 'Palmarès
Série

du

une

a

Scolaire 1926

Haut-Limousin.

—

été célébrée le 11 et le 12 Septem¬
manifestation de renaissance

belle
:

Grand

prix d'honneur du Limousin

(1 livret de Caisse d'épargne de 20 francs et un abonnement à Lemouzi), ex-sequo : Mlle Andrée Bayle, école Sainte-Marthe, à PierreBuffière, et M. Albert Catalifaud, école publique • de Saint-Jean-

Ligoure.

Prix de
un

l'Eglanline (1 livret de Caisse d'épargne de 15 francs et

abonnement à Lcmouzi) : M. Bernard Cheval, école
publique de

Bonnac-la-Côte.

Prix du Barbichet

sequo

:

(1 livret de Caisse d'épargne de 15 francs), exMlle Marie-Louise Roux, école publique de Pierre-Buffière,

Louis Villeneuve, école libre de Pierre-Buffière.
Prix de Lemouzi (1 abonnement à
Lemouzi), ex-ajquo : Mlle An-

et M.

gèle Bureloux, école Sainte-Marthe, à Pierre-Buffière; Mlle Jeanne
Lacorre, école publique d'Aixe-sur-Vienne.
Composition limousine. — 1er prix : Mlle Angèle Bureloux, déjà
nommée; 2° prix ex-aequo : MM. Louis Villeneuve et Albert Catali¬
faud, déjà nommés, et Mlle Denise Chouffour, école Sainte-Marthe,
àà Pierre-Buffière; 3° prix exrsequo, Mlles Andrée
Bayle et Jeanne
Lacorre; M. Bernard Cheval, déjà nommés; 4e prix ex-£equo : Mlle
Marie-Louise Roux, déjà
nommée; Mlle Marie Reygnier, école Sain¬
te-Marthe; Mlle Germaine Ruaud, école publique d'Aixe-sur-Vienne;
5° prix ex-œquo : Mlle Méianie
Roche, école publique de Séreilhac;
Mlle Lucienne Beaugerie, école
Sainte-Marthe, et M. Edouard Moreau, école publique de Bonnac-la-Côte.
Mentions : Mlles Marguerite Roulet, Berthe Penot et
Marie Mazaud; M. Jean Mazaud, écoles publiques de
Pierre-Buffière; M. Louis

Bourdeau, école libre
guerite

Reygnier,

de

Irène

Pierre-Buffière; Mlles Claire Vareillas, Mar¬
Deconchas, école Sainte-Marthe; Mlles
Champarnaud, Jeanne Laroche

Thérèse Peylet, Eugénie Maury, Eve
et Marie

Coulaud, école publique d'Aixe; MM. Emile Debord, Albert
Joussáin, école publi ue de Bonnac-la-Côte; MM.
Roland Dumazaud, Marcel
Longequeue, René Gorse et Pierre Lere-

Rousseau et René

�93

—

dus, école publique de Solignac; Mlles Juliette Guyot et jeàiirië
Flacassier, école publique de Saint-Hilaire-Bonneval; Mlle Germaine
Laplaud, école publique de Saint-Jean-Ligoure.
Version.
1er prix ex-œquo : Mlles Marguerite Roulet, Andrée
Bayle et Eugénie Maury; 2e prix ex-œquo : Mlle Marie-Louise Roux;
MM. Louis Bourdeau, Albert Catalifaud et Bernard Cheval: 3e prix
ex-œquo, Mlles Eve Champarnaud et Thérèse Peylet; 4° prix exseqfuo : MM. Edouard Moreau et Roland Dumazaud.
Mention : Mlles G. Laplaud, M. Roche, J. Flacassier, J. Guyot,
G. Ruaud, J. Laroche, M. Coulaud, L. Beaugerie, A. Bureloux, J.
Deconchas, Marguerite Reýgnier, Marie Reygnier, Cl. Vareillas, D.
Chouffour, M. Mazaud, B. Penot; MM. L. Villeneuve, J. Mazaud, R.
Jòussain, A. Rousseau, E. Debord, M. Longequeue, R. Gorse et P.
Lereelus, déjà nommés.
—

Le

Congrès de la Fédération régionaliste
à B rives

française

Il a eu lieu fin Août-début de Septembre à Brive. La Société
trand do Born et notre collaboratrice Mlle Genès y ont pris une

Ber¬

part

active.

EN

Ecole

provençale

«

PROVENCE

La Pervenche »

Ĺa

L'Ecole provençale «
Pervenche» (25, rue
l'œuvre de M. P.-H. Colombon. Elle a pour but

langue provençale (diction,
Le 29 Novembre 1925 a
Voici le Palmarès :

l'enseignement de la

prononciation, lecture).

procédé à la distribution des Prix.

Mlle
M. Mar¬

(Sujet divers). Premié Près (ex-œquo). —

Ensemble di Deve
Jane

Ferrari, Marseille)est

Levet, M. Marins Levet. —

Segound Près (ex-œquo).

—

Mlle Blanche Albert, M. André Félix, Mlle Marie Delord. Tresen Près (ex-aequo). — Mme Marguerite Eymar, Mme Marie
Davin. Premiero Mencioun. — Mil" Fernande Armel, M. Mathieu
Bonasse. Segoundo Mencioun. — M. Raoul Eymar, Mil0 A. Baron,
M. J. Voile. Tresenco Mcïicioun. — Mil0 J. Guérin, M. A. Carré, Mm»
Didier-Filidei, MM. C. Galicier e P. Blachère.
Bada.
l'a de mai uno dougeno d'escoulan que noua an participa
i councours estent, que soun de proumiero annado. L'an que vèn daveraran de joio.
Ditado.
Premié Près. — M. Marins Levet. Segoun Près (ex-œquo.
•i— Mil0 J.
Levet, MM. M. Jourdan, A. Félix e A. Joannon. Tresen
Près (ex-œquo). —Mil0 B. Albert, Mm0 M. Davi e Mil0 M. Delord.
cel Jourdan,

—

—

— Mm° M. Eymar e Mil0
Mencioun.'—'Mll0 F. Armel, MM. R. Eymar e

Premiero Mencioun.
Devé

Episloulari.

—

Premié Près, (e£-œquo).

J. Guérin. Segoundo
A. Carré.
—

e M. Levet. Segound Près (ex-œquo). —
Mil» B. Albert. Tresen Près (ex-œquo). — Mm» M.
Armel et Mm0 M. Davin. Premiero Mencioun. —

J. Levet

Segoundo Mencioun.

—

M. A. Félix, MU»
M. M. Jourdan e
Eymar, Mil0 F.
Mil0 M. Delord

M. R. Eymar.

— Premié
Près (ex-œquo). — Mil0 B.
Albert, Mil0 J. Levet, Mm0 M. Davin e Mil0 M. Delord. Segound Près
(ex-œquo).' — MM. M. Levet, M. Jourdan e A. Félix. Tresen Près
(ex-œquo). — Mm' M. Eymar e Mil0 F. Armel. Mencioun. — M. R.
Eymar.
Counvet'sacioun dialougado. — Premié Près (ex-œquo). — Mil" B.
Albert, Mil" J. Levet. Mm° M. Davin e M. M. Jourdan. Segound Près
(ex-œquo). — Mil" M. Delord e M. A. Félix. Tresen Près (ex-œquo). —
Mm° M. Eymar e M. A. Joannon. Jurado. — MM. V. Bernard, A.

Declamacioun-Récitacioun.

Conio e J. Contencin.
Seicioun de la Gavolo

(Sujet divers).

—■

Premié Près : Mm0 G.

�— Mil» N. Raphaël. — Mencioun : Mil- M.Caíiero, M. Gliambon e M. Tassy,
MM. Pcssmesse, Valè-rc Bernard et Marins Jouveau mit prononcé
chacun un magnifique discours.
Il faut dire
bien haut l'œuvre magnifique que poursuit, avec une
ténacité .exemplaire M. Colombo». L'Ecole « Colombo» » compte 35
élèves environ, chaque année et plus de 300 auditeurs.
Palmarès des Cours provençaux 1926 dans les Lycées
Lycée de Marseille (Prol'. D.-J. Fallen). — 1re Division : 1er prix,
Michel Charles; 2° prix, Jaunie Paul; 1« accessit, Ducros Fernand;
2° accessit, Beauchemind Rolland; 3e accessit, Agier Paul. — 2e Di¬
vision : Prix offert par... 1 Prouvenço ! : Parigi Joseph; aceessit :

Chambon. Stgouiul Près.
G. Gaclenel, L.

Deleuil Jean.
— Prof. M. Jouveau. I er prix (offert
i Prouvènçol, la revue Le Feu et Le FMWrige) : Mireille Vincens, Lisette Allemand, Colette Bondenet, Marie Escarteligue, Moni¬
que Giniès, Lidie Giniès, Alberie Marin. — 2e prix : Emilienne Roubaucl, Blanche Roùbaud, Victorine Coste, Suzanne Armand.

Lycée. d'Aix (Jeunes., filles).

par...

Anniversaire de ? Prouvenço
Le 14

a élu président son
la Pervenco »..

et
«

!

Février, la Société Prouvenço de Marseille a fêté ses 21 ans

fondateur M. Colombon, directeur de l'Ecole

palmarès des Jeux Floraux 1926 de ? Prouvenço !
d'mbwlir : Pè.ire Goiltiot, de Touloun.— 1« Joio : RamounLêo -Falire, de Marsiho. — 2» Joio : Fernand Aiguier (Touloun);
Louis Odinot (Touloun); Eiinound Rame-il (Touloun); FrancèsReinié Fabre (Marsiho); Andiou Pasto-rello (Touloun); Francés
Blanc (Bcaumont-d'Orange; Anton! Ounoural (Toulounr — 3» Joio;
Alèssi Auberl. (Beaumont-d'-Orange; Margarido Fluchère (Marsiho) :
Jan Tomps (Touloun); Eugéni Bianctiefi (Marsiho.) —i»» Mencien :
Jo.rgi Commères (Touloun); Ivouo Pouzol (Carpentras); Gauthier
(Saúlce-s-Rhône); Audouard Silvy ^Marsiho); Ramo.Un Peyrard
(Marsiho); Ramouu Montelllet (Pierrelatte); Roso Eplnal (Carpen¬
tras); Jorgi Maurel (Marsiho). :— 2° Mencien : Laurèns Gillet (Tou¬
loun); Gamillio Mille (Eygaliers-Drounio); Luciano Gondran (Garpentras); Araiéi Avibert (Gharols Droumo); Jousé Ribot, (Pierrelatte);
Ma crise Voyron (Marsiho); Aniièi Goste (Marsiho)". — 3° Mencien :
■Au t hier (Marsiho); Louis Mollet .(Marsiho); Meunier (Marsiho); Jaii
Pourrai (Marsiho); Louis Es tienne (Marsiho); Rouman Gay (Mar¬
siho); Marins '.Eau (Marsiho). — 4" Mencien : Rougié Oustry (Mar¬
siho); L. Dumont (Valréas); Maurise Savomin (Marsiho); Aristide
Gay (Marsilio); Reinie .Gastellan (Marsiho); Maurise Basségui (Mar¬
siho). — 5° Mencien : .Marcèu Urbain (Marsiho),
Voici le

Près

XIIe Anniversaire de la

Mort de Mistral

Le 12« anniversaire de la mort de Mistral
tous les -ans, à • Maillane.
Voici comment le relate notre ami

a

été célébré, comme

Pierre Dévolu y (Eolaireur de

Nice ) :
«
Dès neuf heures, des autos ronflent nombreuses, autour de la
Maison du Maître; T « csiùdi » s'emplit de visiteurs. Puis on se porte

foule à l'église où est dite une messe pendant laquelle te Rondelet
maillanais, magistralement dirigé par le félibre Fassy, fait entendre
.belles
de
pages de musique sacrée et plusieurs chants de Mistral. Messe
dite, l'abbé Raynaud prononce un très beau 'sermon en provençal,
retraçant la vie, exaltant l'œuvre morale de Mistral. Enfin la multitu¬
de se rend au cimetière précédée par les gardians de Camargue à che¬
val qui portent une immense couronne de fleurs de saladelles, sous
la conduite de Jean Bérard « capitaine de la Nacioun Gardiano »,
en

Et voici maintenant les discours.
A midi et demie, Mme Mistral réunissait à sa table

une

quarantaine

�-

&lt;tè

-

do convives, parmi lesquels M. Henry Bordeaux, de l'Académie fran¬
çaise, le capoulié actuel Marius Jouveau, les « rèire » Capoulié Pierre
Devoluy et Valère Rernard, ainsi que de nombreuses notabilités de
Marseille, Toulon, Avignon, Nîmes, Montpellier, Lyon.
L'après-midi fut consacrée à la « felibrée » dans le grand théâtre
de Mnillane où tout le peuple,des environs et les félibres d'un peu par¬
tout se pressaient pour entendre chanter et dire des vers, et ou le
Roudelel, avec son orchestre, ses chœurs et Ses tambourinaires, lit
merveille; j'en suis encore émerveillé.
Mais ce qui me frappe surtout dans cette manifestation, c'est la
part directe et de plus en plus prépondérante que tout le peuple de
la région y prend, d'Orange aux Saintes-Maries, de Nîmes à Aix. »

Lou Mounumen

Roumaiiille

En 1913, un coumitat s'èro fourma à Sant-Koumiè de l'rouvènço
pèr auboura un mounumen à Jousè Rdumanilie, lou Paire dou Felibrîge, dins sa vilo natalo!
Lis angouisso e li dou que nous an estregnegu cinq an de tèms, li
couneissès, e vous estounarés pas que Sant-Roumié n'ague oublida
sa

fèsto.

es vengu de rendre à Rouinanille l'oumeaiage que
e plouso escasènço an ta difera. L'estatuo es facho, e lou
brounze n'es parlant; lou pedestau es escalpa. l'a que de metre tout

Lou

de

en

e d'eligimbra pèrlo ujour de Tlnaguracioun de rejouiss'ènço
prouvençalo. Emé l'a judo de la revis lo Le Feu, lou Fclibrige pren
en man, après n'agué avisa lleueiau coumitat e lou Couse

plaço,

b'èn
la

moumen

grèvo

Cause

de Suut-Roumié.

La Santo Estello à Iero
De la Pignalo :
Un cop de mai,

publicamen

soun

de valcnci.

à la Sanlo Eslellu d'ïero, li felibre venon d'aïiernia
ardènlo fe .pèr la grando Causo qu'aparon emé tant

D'Auvergno e dou fiìaru, di Ceveno o de Gascougno, de tout lou
Maljour enfin, venguèron à moulounado Majourau e Mantencire
acoumpagna 'de si femo e de si ebato vestido dou couslunic de si,
prouvinço.
Lou Capoulié Marias .Jouveau, l'aposte don Miejour, présenté à
Passemblado lou grand simbèu dou Fclibrige : la Cowpo Santo,
E toutì alor, an jura, de reviéuda uval ■que jasmai, ehascun dins
soun oncountrado, lou senlimen de la raço niiejournalo.
Lou consc d'iero éu même, Meste Gensollen, a pèr sa part dins -un
discours esmouvènt, glourifica la Prouvènço, rèino di prouvinço de
Franço e a demanda is orne de cor deJucha ardiâamen pèr manteni
sa lengo, sa pouésip, Si tradicioun.
Doiio Mistral qu'èro f coustat dou Mèstre en 1885 a vougureveni,
couine en un pïous pelerinage, au païs dis Isclo d'Or, ounte a retrouva
dins la poupulaciouu lou meme estrambprd que i' a 40 an.
Doiinaren simplainen

lou Consistori.

d'erttresigne sus li nouminacioun facho pèr

:

: Esclangon c l'abat Daugé.
Mèstre en gai sabé . Louis Stfglilé.
Mèstre d'obro : Esclangon, Colombon,
Arnaud.
Soci don Felibrige : Gamiho Jullian,

Majourau

Lajoinie, Pélissier, Albert
dee VAcadèmi jranceso et

Ësteïan Kicmésy, de f Islilut eshwaqae,
Ëscoto e Groupamen afllia au Fclibrige :

Los Grilhs ciel Lauraguès,

Gaièn, L'Amistanço dei Joueine, La Gouqueto, 1' « Institut histo¬
rique de Provence », l'Escolo di Calanco, la Respelido, l'Escolo de
Sant-Ouenin, l'Escolo Soiv-ay, l'Escolo de la Lavando, i'Escolo de
Lou

la

Sedo (à

Lioun), l'Escolo de Numodio (à GouslanUno.), enfin

Prouvençau de Rabat-Salé (au Màrro).
Felicitacioun-.

li

�gé

—

—

La Maintenance de Provence

Arles

en

Le 5 septembre la Maintenance de Provence a tenu ses assises en
Arles. C'est' M. Jean Cessât qui a organisé les fêtes. M. Pierre Reynier a été nommé Syndic, en remplacement de M. Esclangon nommé

majorai.
Voici le
Poésie

palmarès des .Ions Floraux :

Prix réservé. — lrn Mention : Henri Martel, de ChâteauRenard; — Georges Réjoui, de Marseille: .Joseph Chevalier, de Mar¬
seille; — 2° Mention : Léon Poudevigne, de Nîmes; — Eugène Mar¬
:

tin, de Montségur-sur-Lauzon

(Drôme).

Prose I. 1or Prix : Mme Fontan — L'Homme,, de
Prose II : 1er Prix : G. Reboul, de Marseille; —2°

Vaison.
Prix : R. Simon,

Saint-Etienne; — 3e Prix : Paul Graugnard, d'At; — Paul Gayraud, de St-Geniès (Aveyron); — lro Mention : Germaine Palais, de
de

Louis Fourrnand, de Marsillargue (Hérault); — Henri
— 2° Mention : Blanche Albert, de Mar¬
seille; A. Villiers, de St-Geniès (Aveyron). — Hors Concours avec
félicitations du Jury; l'abbé J. Cubaynes, curé de Gréalou, par Gajarc (Lot).
Marseille;

PÏesant,

—

de Fréjus (Var);

Hommage à Félix Gras
Le dernier dimanche d'Août,
Félix Gras.

la Provence

a rendu

hommage à
V

A

sujet M. Pierre Azéma écri¬
vait dans OC, quelques jours après:
Lou 31 d'agoust ounouraven
ce

«

mémoria

la

F élis

de

Gras dins

païs de Mala-mort.

soun

Lou

long courtage reculit qu'aau cementèri, las
parau-

dralhèren
las

ria)

d'oumage (c lamben de doutrilarguèren de la pus bel la

que
tribuna

: lou balcoun de l'oustau
nadalenc de Gras, l'armounia das

e das. cants
que traguèren
dins l'aire enfestoulit — tout aco

vers

bailèt

à-n-aquela

fèsta de vilage

grand èr de íiertàt

de

nou-

blessa,

e

entrin

ié levèt pas res de

soun

e

de

un

sa

e

gaietat. E la vota,

res leva de soun serious à la
manifeslacioun felibrenca, iè.bailèt
belèu mai de vida e de mouvament.
sans

ui

Se pot que i âge, aqui, una liçou

du Fou.

à retène

e un

esemple à segui.

»

Les Fêtes de Cassis
Et le 12
des

Septembre

ce

fut Cassis qui

Savon, des Bodin et de leurs

C'est encore M. Pierre Azéma
Cassis l'éloge suivant :
«

Mai ruste

«

travailla

»

amis.

qui

a pu

écrire à

grâce à l'activité,

propos

des fêtes de

mai viéu au cop, lou Prouvencau de la mai' es en
aqui unà tracticioun nouvella : iâ i'èsta de Caiendaù.
roussira, e serà un bèu succès dau patrioutisme rniejournau
vilota ounte lou « mete-quisme » mena soun assaut larjament
e

trin de foundà

Crese que
dins

una

mounedat.

Mes aqui, pèr tène lou cop, i a una brava
denco di Calanco », emé dous menaires d'elèi
ornes

d'acioun

souvetò

c

de realisacioun

!) tl ernouciouns

c

—

çle làguis

as

troupa
:

: «

l'Escolo Cassi-

mèstres Savon

e

Bodin,

belèu, poudran bailà (e hou
felibres de la guitarda.

que,

.

�m

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LOU CICLOPA
PERSOUNAGES
Loi: ClGLOPA POULIFÈMA
SlLÈNA
ULISSA
Lou Cor das Satires
La scèna

es

en

Sicila,

as

pèses de l'Etnà.

L'intrada d'una baurria. De

ATE

rocs

e

d'abausses.

PRUMIE
SCENA I.

SlLÈNA, soulei
O !

Baeùs,

rnoun

amie

e

mèstre,

es

pèr

amor

mçi d'un cop, ai asartat la mort :
M'imaginave pas, pamens, que nia vidassa

A

lus que,

lin tant Irista a mai tant bassa...
! es pus res de se batte e rriouri,
Dins lou floe das coumbats erouïes de eourri,
De veire s'estrassà, l'èr siau, l'aina ravida,
Pourriè faire

una

Trou de Zeus

En dégoûts de roubis, lou trésor do sa vida;
Es pas res de reçaupre e bailà de foutraus,
De traire amai d'ausi lous bramadisses raucs

Que destripoun lou cièl neblat de la batèsta
de luelià, la nioch, soul contra la tempèsta

Ou

Couina avèn facli precisament lou darniè cop
En vouguent te sauva... Panions, lou trop es trop
Me. demande, quand pense à-m-aquel escaufèstre

!

Baeùs! couina aquel malur a pougut èstre...
Sâlops de Tyrrhenians, que me l'an remenè !
Aqueles malassorts venièn de t'emmena
Presouniè, devers soun païs de çassibralha;
Lèu, pèr lous acouti partissèn en batailla
O

Sus un bèu batelàs. lèu cmé mous mahifcs :
T'auriè caugut lous veire 1 èroun pas aganits,

long de la barca,
blila, bèu mounarca !
lèu, au timon, guèitava, e tout anava bon
Quand, pas pus lèu au cap Malèia, un vent !

Bota, e sous rems iasièn, tout de
Blanchi de gruma

la

mar

Un vent descabe'strat e fol, dau levant bufa,
Confia la vêla, e contra aquesta costa rufa
Buta noste vaissèu que n'en poudiè pas pus...
Lous Ciclopas nous an lèu mes
Sustout qu'èren mièch-morts,

l'arpa dessus,
à forg,a d'èstro lasses.

de pes em'aqueles musclasses
Caloussuts c garrùts, à mourre de demoun
Negre e lourd couina lou fainous... nas de Simoun.
An en mitan dau front, tala una lampa ourribla
Un gros iol degarat que sus vautres se ribla :
Furious è mouquet d'èstre soul, lou paure él
Sembla vous demandé lou sègound dau parel...
An pas qu'un iol, es vrai, inès an de dents, pecàirc !
Que brafarièn capitou, e soun paire, e sa maire,
E soun pus lin régal es la car de crestian.
Dins lou inestiè que fau es ce mai embèstiant :
Quand me eau àlesti' na parièira cousina
Âcô's pus fort que ièu, e ma pèl se galina...
Ah 1 misèra. de sort ! quau m'a vist, que me vei;
De qu'es vengut.lou tems ounte gai couma un peis
Pioi, èren

Série E

pas

F.

vu

�98

—

Dau

—

cla bohur de viéure ère l'image

mèma.

encô de Poulitèma,
Escoube. fau lusi, frète, alume lou lum,
Fau caut'à lou fricot, neteje lou coumun...
Lou Ciclopa me baila e traval e vergougna,
E quita pas nimai mous eníants sans besougna.
Lous manda, bon mali, pèr garda sous troupèls
Dins la mountagna; amount, entre fedas, agnèls,
Parrots, cabras e' boucs, trèpoun pèr lou campèstre...
La fatiga e la niocli, à la bauma dau'mèstre
Lous monoun chaca vèspre... Arribonn juslament...
Tè! cantoun... quante asard ?... An saique un bon moument.
E fan ben de lou proufità, 'quel paure resta
De la vida d'antan qu'èra una longs testa...
loi, trassa de varlet,

11

SCENA

SiLÈPiA, Lou Cor.
Lou

Cor, que parla

Sautaira

Ounte vas

Aici fai

milhou... Se n'en vos,

perfumada,

N'as, de pastura
E

à-m-uua cabra.

nparentada,
sus aqueles rocs ?

ben

dins la

pila

ara

dourmis

L'aiga dau fluve davalada...
Pstt, ! vèni, que seren amies.
Ou te vau

traire

una

calada !

Sus l'ala tèuna dau seren,
A belles paucs, la nioeb davala :
A l'abric seras mai que ben,
Es

l'oura ounte s'escala.

pas pus

Sacra banudn 1

ati

! torna lèu

Passa las cledas
pastre de fedas
C.iclopa iv moiirre de lèu...

A la jassa...
Dau sauvage

Lou

Ausis, sus soun jas d'erba moufla
Bialirdc faut lotis agnelous,
Tous gréais titis que lou lacli
Brav'a maire, baila-iè lous !

coufla,

familha,
plourau noste nis,

As lou bonur dins La
Mes nautres

Pourtan voste

dôu, souvenis

Toujour aimats de la Pntria

;

gnloi
Vi que fas grelhà l'alégria
Oumbra dau bosc, cants d'aucelilha
Ninfas bloundas

Rièu de cristal

Sempre,

o

en

e

Bacùs 1

cor

tendre auboi...

ma

voués te canta

Couina fasièn, au teins urous,
Las Baccantas as blancs penous

Que

sa

bruna visioun m'encanta...

Soulct ara, ounte siès, Bacùs ?
Ounte flouteja, au grat de l'aura,
Toun peu grespat que Febùs daura ?..
Dau teins qu'ai las ! ièu, triste e gus,

�99

-

-

Esclau dau borgne e lourd Ciclopa,
Roussegue moun ventre afamat
Jouta

una

pèl de bouc salopa,
amie bon aimat 1

Liont de tus,

Silèna
Istàs siaus ! Perdis pas un mounïmit, mous pichots,
Pèr butà lotis
à l'abric, jout lous rocs.

troupèîs

lóu .Cor
De

qu'es

que

i

a

?
Silèna

Dequé ? de nouvel, pèr ma fista !
Soui pas sup ? Vers aqui, regardâs, se. devista,
Un beu batèu, que m'a tout l'èr d'èstre gregau.
Lous matelots davaloun, e mèrna emé grand gau !

perquinaici... Quantas trassas de minas !..
clièf, marchoun aderé pourtant d'aisinas
! cresoun à noste fougau
troubà ce que eau...
Lous paure eles ! en ravalant sa camba lassa
Doubloun l'esi'ors, coumtant de faire bona plaça,
E pèr eles sera l'ourribla bouchariè I
Pecaire! ara es trop tard pèr ié cridà : « Arriè ! »
Lou ventre dau Ciclopa, un jour, sera sa toumba...

Gagnoun
Darriès

soun

biais... EU! pardiéu
Que pèr bèure e manjà van

De tout

SCENA
Lotis mêmas,

1U

Ulissa e sous coumpans.
Ulissa

boumba,
amies e ièu, sèn
patissèn.
Digàs-nous ounte on pot troubà d'aiga pèr bèure
Aniai ounte pourrian, en n'en pagant lou dèure,
Troubà dequé garni nosta biassa... Ah! chabal !

Brave mounde, escusàs. Tombe
Mes n'ai pas pèr longtems. Mous
De marins que de fam e de set

couma una

satires fan bal...
aquel vièl, d'abord, que, de la cola,
Pèr d'èstre loti baile e lou mèstre d'escola...
(Salnda Silèna)

Soui encô de Bacùs : de
Saluden
A

stlèna

Salut I

Quante es loiin nounr e

touu païs ?

Ulissa

Quau sièi ?
Ulissa, acô 's moun no uni, e d'Ilaca soui réi ;
Amai émpaclià pas qu'ara bate l'antifa...
S'ilèna
Ai entendut

parla d'un bas tard

de Sisifa

antau. Blagaire c messourguiè,
enganà lou mounde avie pas soun parié.

Que ié disièn

Pèr

Ulissa

Bougre ! couma

ié vas...
Silèna
(

Siès de sa

parentèia ?

Ulissa

Sièi el. E Vese,

vièl, qu'as de ièu bona

idèia.

Silèna
Dise

ce

que

m'an dicll : eau pas

t'en saupre mau !

�100

—

—

Mes, venjan, dequé tron ! tant liont de toun oustail,
Barrolles, ounte vas, d'ounte. vènes ?...
Ulissa
De Troia I
Moun ome, seguè. pas un traval de macroia ;
Vese pas lou moument d'èstre rendut...
sllèna

N'as l'èr !
Se te

cresièi, diriès : « Aquel vielhet la perd ».
Prenes pèr arribà lou cami de l'eseola,
Flandrinejes, ou ben... as coupât ta boussola ?...
Ulissa

'cô

Es pas

:

la tempèsta aici

nous a

butât.

si lena

Sabe dequ'es, moun ome : aeô m'es arribat.
Nosta astrada es- parièira e nosta lèi eoumuna.
Avèn pagat un jour la foutra de Neptuna,
E

seguèt

pas manet ! Es un sort ben amar
saupejà dedins l'aiga de mar...
Amai, tant qu'on bèu pas, aeô 's pas res encara !
De s'anà

Ulissa

Alors; siès

un

marin que...
si lkna

Voulièi

sauva

T'hou disièi toutara.
Baeùs de la man das bregarnis,

Mès d'autres m'an eroucat, e sans cargà

de gants !

Ulissa
.«

D'autres

»

? Ounte sèn doue ?

•

Silèna

Dins
Entre

mountagna

un

païs sauvage,

e mar...
Ulissa
Me bailes de courage

!

Urousament, n'ai prou ! Ado une, me disiès, quau

Résta

perquinaici ?
Silèna
De mounde

couma

eau,

responde, quicon de fresc, de bèus arnèsses !
poudiès, voudriè mai cent cops que t'en anèsses
Davans de veire aeô, lou Ciclopas...
Te
Se

Ulissa

Terré 1
Me metes pas en goust : tant
Es d'ornes ben michants...

de

inau

aderé !

Silèna

D'ornes ? No ! mès de brutas,
Pas que bons

pèr la maissa amai pèr las disputas.
Ulissa

Quantc

es soun

clièf

e quau

gouberna lou païs ?

Silèna

Digus ninoun coumanda

e

ninoun oubeïs

Ulissa
E

dequé fan yeni ? d'ôrdi, de blad...

�101

—

—

SlLÈNA
De
La terra

be

es

trop bassa ! Etes

Soun nasculs

van

moussa

!

à la clouça,

l'atigats...
U LISSA

Oi, mès...
SlLÈNA
An de

Buvoun
N'en l'an

soun

Ebé !

nna

un

troupèls;

lach, manjoun sa car, e de las
abilhage à la darnièira moda.

pèls

ULISSA
's

agradivà

vide la

eoumoda.

e

E, tan de vi ?
Sii.k.na

PiVr eles,

Pas ges : acô 's un grand sicrèt,
pèr ièu acft 's un grand regret...

e

1 * LISSA
es

(.rangés, ié fan b'ona àculida ?
*

'

-

'

'

Aimoun loi ls&gt;

■

,

Aimoun

e

' /

manjoun

SlLÈNA
sa car,

'

-

■'

roustida

ou

ben boulida.

Ulissa

Dequé dises aqui ? Pas poussible! es pas vrai!
voujà dins moun cor la pouisou de l'csfrai.
An! pèr veire...

Vos

SlLÈNA
Es tout vist : à l'ome fan la cassa
E tout soun gibiè, lèu, es cambial en

iricassa !

Ulissa
Marca-inau

N'i

a

se

pas ges

passeja... Hou ! jouta aqueles rocs,
d'amagats ?
SlLÈNA

Lou

Vers

Espincha un pauc, se vos !
d'aici, Poulifèma, es partit d'à bona oura
la mountagnaj emé sous chis. Sabe pas ququra

Toumarà dins sa crota...
Ulissa
E

Languisses

pas

n'as pas un

sadoul ?

de t'enfugi ?
SlLÈNA

Sièi dins

l'emboul,

l'estèc de m'arrapà à la bauca.
L'enveja manca pas, mès...

E vese par

Ulissa

Siès sot
Vole dire

couma

una auca

qu'enfin...
SlLÈNA
Me fau vièl. As pas

Dequé

vos

tort !
? 'Couma tus soui pas riisal, e fort;
belia bougia

Lires .d'aici, quanta
Oue brullarai pèr tus !..

Se nous

Ulissa

D'abord, as de tnangillia
Pèr nous

requinquilhà ?

!

�102

—

—

SlLÈNA

res de goustous,
das moutons ;

Oh ! pas
De
Un

caiat, de froumage, e la car

dejunîi de pastre...
ULISSA
Avèn prou

E

talent, bota !

pêr faire una ribota :
n'i âge prou pèr nous levé la fam.

çai sèn pas venguts

Grand gau que

SlLÈNA

tout acô, brave enfant ?
pourtat de mouneda 1

E, couma pagaràs
As

Ulissa
De bon

Ai quicon mai... Devigna !
jus, perfumat e liude, de la vigna !
Silèna

De Vi!

portes de vi !.. Ah! me fas revenu..

Pourrai pas jamai prou, car
De vi, quante bonur !..

amie, te beni !

Ulissa
Lou

qu'ai,

es

Maroun mèma

Que m'en faguèt l'ouferta...
Silèna
Oh 1 la joia suprèma !
abarrit ? Lou fden de Bacùs ?
Foujheta d'aquel vi vôu mai de cent escuts !

L'enfant qu'ai

Ulissa
As

parlai couma un libre; au mous, t'hou

iau pas dire.

SlLÊNA
As quitat aquel vi, tout
Soulide que languis...

soul, dins toun navire ?
Ulissa

No ! soui

precauoiounous

Emé ièu lou earreje, e ié fau
Dau pals. Dins' soun ouira,

:

las ounous

aqui l'as!

Silèna, sertlis lou vi.
Embauma...

(Bèu) A goust à pauc, es daumage...
(Bèu mai)
Ulissa

Que Lampet

:

Siès pire
n'en veniè e ié tournava mai!
Silèna

L'espounga qu'ai aqui s'embèurà pas jamai.
Me soui pas soulament bagnat la gargamella
(Torna bèure)
Ulissa

Ebé!
Silèna

Vôu mai acô

qu'un bol de citrounella...
ultssa

N'en rèsta encara mai dins la barca.
Silèna
Oh ! la ! la !

Jé torne, alors,

(Bèu encara)

�103

-

-

Ulissa

Ai

una

coupa,

Sll.ftNA
Baila-la !

Vouja ! vouja à gros raeh, quo ramasse ma

monta !

Ulissa

Apara.
SilènA
La

caudriè granda couma una

bouta,

(Bèu lournamai)

Uussa
A bon

cantat-clins ta

garganta 1
SlLÈNA

Sans menti,
Jusquas au bout das dets me t'ai estrementi.
Quante bonur| quante régal) quante. delice!
Dire qu'ai endurât aquel afrous supliee
Tant de tems
me passà de vi ! Quanta doulou !

.

Uussa

Te

eau

d'argent, m'as dicli loutara...
SlLÙNA

Garda-Iou )

S'agis

quites l'ouira, emporta ta

que

mouneda.

Ulissa

Uaila-rne tous moutous

amai toun laeli de feda,
Silùna

Se

Poulifèma arriba, ai! mous osscs...

Tant pis pèr ièu...
Ié vau, moun bel

D'abord, l'au

Ebé!

pas que moun

amie, lande, courrisse...

debé !

Uussa

Voula !
SILÈNA
E se

siès pas

countent, vole pèrdre

la boula !

perCach
De kilôs de earnassa e de gerlas de lach.
Jouta lous iols, no l'iol dau patroun, vole dire,
Raubarièi tout ce siéu pèr çai'gà toun navire !
Pioi, m'en fique pas mau dau Giclopa feroun,
E de soun biais pautut, de soun iol bèstia e round...
Que vèngue, sacrapà ! Se s'endinna e nous ouira,
Sauprai me counsoulà 'ml tous poutous, bella ouira...
Cranisse pas pus res, ai pas pôu dp digus,
Car me bailes toun vanc, ta jouinessa, Bacùs !
E voudrièi, clins la mar grumejanta, à la nada
Me sauva 'n cabussant dau roucès de Leucada...
Ouau pourra, vi divenc, dire couina se deu
Ouante bonur requist roumplis lou que te bèu '?
T'en vole

carrejà couma s'ère à

Au boucau

destapat, arrapat couma un

èure

abèure;

Juçà la'força o la douçou d'aquel
Dins un cristal illuminât de ta coulou,

negà touta doulou;

O linde rouge vièl!
E couchà tout tristun

à t'ausi, cansou gaia
flàscou'mpeihat qu'on bèu à la gargalha...
E, d'un biais ou d'un autre, enfin, s'enchichourlà !
E pioi, bandat à clau, à plena maissa, ourla
Jusquas au blu dau cièl sa joia d'èstre en vida,
É cantft jusqu'à tant qu'on âge la pepida !
Dau bon

�loi

—

—

mai e de longa, e toujour,
t'ounourà, Bacùs, moun amio, môun amour...

E recoumençà
A

Bèu

presouniè de la boutelha,
Lagrema poulpra de la trelha,
Mai que l'argent e mai que l'or,
O vi ! siès lou pus grand trésor.

•Siès lou nectar e l'nmbrousia
Siès una font de pouësia
E de coui'age e d'enavans...
Pur roubis gisclat dau terraire,
Siès lou sang de la terra maire

Que reviéu

e

flouris

nautres, sous enfants!...
(Silèna sourlis)

en

SCENA

IV

Ulissa, Lou Cor.
Cor

Lou

Vos que

En

faguen, Ulissa, un brivet de charrada
espérant moun paire ?

IJjts'sA
Es à-m-un

Jouinomesj

que

parlas;

camarada,

vous

escoute

en

amie.

Lou Cob

Alors, avès près Troia e chaplat l'enemic ?..
'

Ulissa

Oi, l'avèn escrachat
Quante traval !

couma
Lou
...

on

fai d'una nièira.

Cor

E fach Elèna

presounièira ?

Ulissa
Oi... oi... precisament; hou dises ben, pichots...
Me sembla pas de bon couma sèn estats chots !
Lou Cou

Quand, après l'ourrible carnage
D'un sèti. long couma tout ioi,
SauLères dau chival de boi

D.uguèt èstre un bel avaunage !
acô, pèr aquol cliipèu,
Aquel dragoun, aquel drapèu
D'Elèna, vièlha polligousta...
Tout

Te

i aurièi ficat

una

rousta,

A la

plaça de Menelàs...
Mès soui pas Menelàs, ai las!
Serièi pas 'stat tant armagnola :
Aurièi tèngut à l'iol Paris
...

Emé
E sa

sas

bralhas de cadis

rouja

e

larja talhola...

nous l'usés pas sopfri,
O fennas ! o marrida raça

Dequé

Que se counouis pas la pus trassa !
fies qu'un souvèl vous vole oufri;
Que lou diable vous enravale...
...S'agis que, dàvans que, davàlc
Emé voste troupèl dannat.
A sous suplices coundannat,
Aici n'en quite — e pioi, caucagna !
Prou pèr nous tene un pauc çoumpagna !,.

�—

105

-

SCENA V
lous

mèmás, SlLKNA
Ulissa

Anàs pas mau,

jouinessa !..
SlLÈNA

vejaici, çai sièi !
Ta porte, segiie rèi,
D'agnelous, que sa car sera 'n burre, hou prometej
Ouauques talhous de cabra e de feda, e te mate
Aqui tout lou caiat qu'ai troubat dins l'oustau.
Dequé te pren ? Perqué me regardes antau ?
Bota ! despacha-te, carre.ja acò, fai vite...
Ah ! baila-me lou vi pèr la paga... Que pi te !
Ah !

Amai soui pas sans ros.

La cigala que vau cargà farà
...Gré! Lou Giclopa vèn... Ai

soun pes.
i boiidièu... i a

d'espés

Ulissa

Sèn

aqui amai morts.

Ounte nous metèn

?

Si LEN A

Dins

aquel reeantou de

Vcja,

la bauma...
Ulissa
Ai pas

Pèr pas

'nveja,'

dintrà dins lou four.

èstre brullat, de

SlLÈiNA
Mès

no

! rèsques pas res...
Ulissa

Cou ma ?
SlLÈNA

toujour

Dintra

Sabe que

délai, un trauc

n'i a niai d'un.

pèr la sourlida;

Ulissa
Ah !

Troia se fachariè,
Se contra un orne

.

■

Troubaràs be,

a

jamái de la vida !

amai qu'auriè rasoun,.

soul baissave

pavilhoun !

abituda..
bcn,
!
la vitôria

Pnesemple ! recuèulà ! n'es pas moun
Eh! ioi avèn à l'aire una grossa batuda :
Moun espasa lidèla, au coumbat tèn-te
Oii'acò 's un enemic couma n'i a pas souvent
l'asard, ,cau luchà... Au
Paga pas moun perfach, se

A

Qu'ai pas
Que, sans

mens, se

dira dins

l'istôriu
fort,
mort.

jamai fugite, davans lou pus
baissé la lesta, ai vist veni la
SCENA VI
LoUS

MÈMAS,

POULIFÈMA.

POULIFÈMA

qu'aici s'amusa ?

Hop ! esperàs un pauc ! quau es
Quau dànsa ?... Sans
Té marcarai lou pas : un barrôsti,

auboi amai sans
carlannisa
n'i a prou...
M'avés foutut en caire eirié vosta cansou :
Son pas dins lou païs de Bacùs, trou de diable !
Ai dich; lou cop que vèn, tustarai. A I'estable,
Pas
de non ? Lous agneloiis an ben total, ?
Lous cabrits ? Tout vai bcn ? Avès facli de caiat ?
res

�—

106

—

...Respoundrés lèu... Sès muts ? Sots miòus ! Es pas de croire
Couma sès abrutits ? Lovas lous iols,
pèr voire !
Lou Cor
Lous lève tant que pode en l'èr, e moun
regard
Vei las estellas d'or,
l'esplandide Lugar,
La luna...
poulifèma

Arrestàs*-vous, Moun diimà 's preste ?
Lou Cor
Baste que toun

Mèstre,
papach pogue autant qu'el liou èslre,
Poulifèma

E lou laeli ?

Lou Cou
N'en venèn de raouse mai d'un miocn :
Pos n'en bèure aderé, se vos, touta la niocli.
Poulifèma
De

quante,

sacra noum

d'un sort ?
Lou Con

Quante

que

sièguo

:

N'as de cabra, e de vaca, e de feda... T'en
prègue,
Bèu de lou que voudras, mes nous envales

pas...

Poulifèma
No !

qu'en arpatejant, davans d'arribà 'ri

bas

Soulide me i'ariàs
espctà la panoulha.
Pas tant miljoii !... Mes, tè ! Iras
aquela garroulha,
Dcqu'es que vesc ièu ? Aquel mounde... Hé ! foutraus,
Vous geinés pas;.. Fasès couma à vostos oustaus !
Pardi ! de tout
pèr tout, tout on bouldre... Anon ! mèma,

D'agnèls tout estacats, d'agnèls de Poulifèma
Qu'anavoun oarrejà, quau sap ounte ?.. L'asard
mena pèr aici
qu'es pas 'noara trop tard
(Mouslrant Silèna)
Outre! lou paure vièl a soun front
pie de bossas,
Es
Me

tout blu !..

Silèna
Soui mai mort 1 Aquelas
grandas rossas,
M'an talament sarcit-que tène
pas pus pount...

Poulifèma
Ouau

es'que t'a tustat
Respond. Esplica-te...

antau à cops de poung

?

Silèna
Es

aquela guinèia ! (Fai veire Ulissa e sous ornes)
Toutes an tabasat.sans ime e sans idèia.
Juja un pauc : soun venguts pèr te raubà toun ben;
Ai vougut l'aparà, m'an
peltirat...
Poulifèma
Saboun pas que soui 111 das diéus

Tamben
e

diéu ièu-mèma.

Silèna
Escusa : i hou ai dicli, o
segne Poulifèma.
Mèma m'an respoundut,
que s'en foutièn pas mau,
Tout en pousant de lach
grumous dins la semau,
Ou tastant de

caiat,

ou brafant de

l'roumago.
Se flcavoun de tus en t'en
faguent oumage,

�107

—

—

D'autres em'un

lous agnèls,
quatre pèls
oustalièira

lous uns ligavoun
bastou, dessus mas

E, dau tems que

Tustavoun, couma

fai una bona

poussièira...
langui,
voulièn segui.
pounigoun,
fruchan.
Es pas tout, brave mèstre ! — aquel mounde es
E pioi, à cops de fouit, quanta idèia couquina !
Te leva, pan pèr pan, la pèl de toun esquina
Amai la de las anoas, %'n cop ben esorancat
T'enlevà, t'anà vendre au pus proche mercat

Quq
E

vôu do soun tapis
m'espoussant,

tout en

enlevà la

saique pèr pas

Esplicavoun lou plan que pioi
T'eneâdenà, ben estacat per l'embounigou,
Pioi que sous paus e sas espasas te
Pioi te doubri lou ventre e sourti lou

Pèr vira lou

mouli ou coupa de

michant —

caladas...

Poulifèma

camaradus,
coutèls
gabèls.
ribota,
pota,

? An dich acô ? Ebé ! mous
pagarés ! Silèna, agusa lous
Empusa ben lou lloc, met ió quauques
Vejaici l'oucasioun de taire un pauc
La quiten pas passà. As de laurie, de
De basadic ?..

De bon

La

Silèna

Oi... oi...

Poulifèma
Metràs en

Aqucl pichot, raplot : dcman,
Pèr dilus, dau pus gras fai un
Veircn

pioi...

estoufat

brafat.
serà
boulhoun de, vianda.

Silèna

O patroun, que
Es un bonur

granda
!
Quant de cops
bons tricots,
goustousa
e delicada,
mai qu'una alencada.

ta sagessa es

pèr ièu d'oubeï.

souvetat, pèr cousinejà de
Quauques quintaus de car
Ân bèu à dire : un poul vau

Ai

Aderè de budèl, ou de
Vén en ôdi à la fia,.,
Tant lèu ! t'en lecaràs

longa de biôu,
enfin! avèn de nôu.
lous dets de ma fricassa !
Ulissa

qu'à belles sièis las cassa,

Aquel vièl, messourguiè
Ciclopa, t'a 'nventat un conte de ma
Urousament pèr tus, e pèr ièu, siès trop
A toun âge, pèr creire una tala
Aici la veritat, t'hou jure 1 simpla e
Sèn mous amies e ièu, de paures
Ou'as tres-quarts rèsta pas res que la

grand.
grand

sourneta,
neta.
matelots
pèl e l'os
De tant qu'avèn patit. Gracia à la traita oundada
Longtems avèn sautat, amai l'avèn sautada !
Quau nous auriè tenguls quand, de toun noble oustau,
Lou fum nous a menât jusqu'à -m-aquel lindau ?
Enfin! veire .qu'aucun e garni nosta biassa !
Pas pus lèu arribà trouban aquela gnassa :

dèu, ié demandan
recate c de pan
En i oufriguont d'argent ou do vi pèr la paga,
Entre parla de vi, auriès vist quanta blaga.
Nous faguèt un discours de très ouras e quart,
Pioi nous pourtèt de lacli, de froumage e de car,
E vole pas, pèr pas aloungà moun raconte
Escullà tout lou mau qu'a racat sus toun comte
En bliguent couma un trauc, couma un embut, couma

Ounèstement, couma se
A taire

prouvisioun de

un,.,

�108

—

—

sllêna

Diga

que

sièi

pas

bon pèr lou trauc daii

coumun...

Ulissa
Dise que siès

ibrougna autant qu'on hou pot. èstre,
Que, pèr bèure, as raubat ce qu'èra de toun
mèstre,
qu'as Brouncat esprès à quauque roc bercat
Pèr taire creire à toun
patroun que t'an picat,.

E

Silèna
Grand

messourguiè ! baste erebèsses !..
Ulissa

Aube! lou tron

s

Se
me

mentisse,

cure...

SlLÈNA

x

Lou suplice
Qu'as méritai vint..cops, bota ! l'auras lèu-lèu.
Veja, moun Ciclopou. moun Ciclopounet bèii.
L'escoutes pas un brièu de mai : l'a
toujôur prèsta
E stistout ara que ié eau sauva sa testa.
T'hou jure ! ai a para t, dau miihou
qu'ai
pougùl,
Toun ben raubat pèr l'ordre
d'aquol grand lengut.
T'hou jure, Ciclopet,
pèr toun paire Neptuna,
Pèr Calipso la bloUnda e Nerèia la
bruna,
E vole,
veire, tè ! se moun dire es pas vrai,

Toumbà morts davans ièu

mous

bèus enfants...

Lob Cor
Ai ! ai !
Moun paire, escusa-me d'ausà te, tène
sorga,
Mes vole pas mouri couina acô ! La
messorga.
Es pas el que la dis, mès sibé tus...

Poulifèma

Dequ'es
Qu'entende ièu ? Ah ! ça, mès, digàs,
merdousets,
Dequé vous oucupàs 1 Presemple ! aquela empega
!
Silença ! e tenès vous un paue mai à la rega

Ou

vous

vau, à grands cops de bilhol sus lou's

Ensegnà lou respèt qu'on dèu à

rens

parents.
Voste paire a rasou.
L'estrangè de defora
Es el qu'a tort : a
toujour tort, acô 's la inodn,..
sous

(S'adressa à Ulissa)
An! per veire ! Countàs-me dounc
quante païs
Vous a vist naisse, e
perdequè n'en sès
?
Dequé i'asès aici ? Saique la contrabanda ?

parfis

Ulissa

'Ciclopa,

toun

errou

autant que

tus

es

granda.

ltaca es noste brès. Sèn d'ounèstes
souldats.
Venèn de Troia, e n'avèn faoh
pas qu'un clapàs
De rouïnas. En
tournant, lou vent aici nous buta.

Poulifèma
Sès

d'aqueles que pèr reprene aquela
D'Elèna, partiguèroun i a d'acii dèch

p...
ans

?

Ulissa
Oi. Acô 's
pas

ruinai
d'un i
Pèr un
Arnai

estât un traval de feniants !
an quitat la pèl emé lotis ôsses.

grel de lauriè, Ièu passit,
que de closses !

es

pas finit..,

�109

—

poulifèma

M'enfin, bougre d'embut !
Qu'aqueste Menelàs seguèsse ou no banut,
Dequ'acô, vous foutiè, pioi, à la fin dau comte ?
Aquela istôria, francament, a l'èr d'un conte.
Sembla pas vrai, de veire au cop tant d'abestits 1
Ulissa

Ciclopa ! encuses pas digus d'aquel pastis,
Lous diéus hou an vougut antau... Saique an soun ime.
Pèr nautres, paures matelots, francs de tout crime,
Te parlan librament, fil dau diéu de las mars !
Ausaràs pas trissà lous osses e las cars
Das mariniès venguts en amies vers ta baurna,
Ausaràs pas pintà, couma de lach de sauma,
Soun sang pur qu'a rajat dins milanta coumbats.
Lous autars de toun paire, en mai d'un lioc toumba'ts,
Soup tourna drechs, gracias à nautres. A Tenara,
A Malèia, à Gerèsta, ounte te sabe encara !
A la pouncha dau cap, à la cima dau pioch,
Aepluna trelusis lou jour, velha la nioch...
Digues pas qu'es pas res d'avudre, à la lumièira
Dau ciè-1 nostre, aubourat J'cnségna l'amilhèira
De toun paire marin. E digues pas nimai
Que sè-n. pèr tus, d'à-foûns d'estrangès : es pas vrai I
Moun l'ôdou nadalenc de ta Sicila es l'raire,
Rfeeohnouisse' partout lous trats de moun terraire;
Quand l'Etnà fuma e flamba, en mitan de la mar,
Sa clartat dins l'escu me sembla, à ièu, lou far
Qu'anouncia lou païs gregau e sas calancas!
Lous diéus de ma Patria c sas divessas blancas

parentèia, e soun sang te fái Grec.
Giclopa amie, nous tèngues pas lou bèc
l'aiga mai de tems, e fagues pas i'aïssable.
De l'ouspitalisat, en orne rasounable,
En lil pious das diéus, coumplis la santa lèi.
(Silença dau Ciclopa, que richouneja).
Ièu t'hou demande, c Zeus te lou çoumanda, o Rèi !
Trop de plours an negat lous pus bèus iols de Grèea,
Trop de morts soun toumbats -pèr aquela bougressa
D'Elèna, alai, jouta lous bàrris d'ilioun.
Giclopa, vèngues pas, pèr un tour de coulhoun,
Pèr lou plesi brutal d'enlastà de car fresca
Ou pecaire I pulèu, essuclia couma d'esca,
Ajusta mai, as dôus passais, de dous nouvèls.
Anes pas l'aire, au mens, de vèusas, d ' ourfanèls,
Que maudiran toun noum, toun païs e ta raga...
Lou ben gagnat pèr crime es un ben toujour trassa.
Soun de ta

Adonne,
Dins

SitÈNA

qu'a ben tengut lou let
Giclopa, quand i auras quichat lou gargatet,
Derraba-ié la lenga, e lèu-lèu, tout entieira
Brafa-la : devendràs ouratou de prumièira.
Couma trobes, Segnou,

?

poulifèma

diéu,
miéu.
m'enchaute !
saute
M'oucupoun; ce que i a pus liont, m'es ben egau.
Sous temples, sous autars, s'a Neptuna fan gau,
Se lou fan trefouli, tant million pèr moun paire !
A soun enfant, acô foutriè pulèu en caire.
M'enfin 1 chacun soun goust. E pèr ce qu'es de Zeus
La ricliessa, xle l'orne sage es lou sotd
E t'hou dirai, paurc mesquin, acò 's lou
Lou rèsta ? Mots tindants e vouides : ièu
Lou carni que. trepilhe e lou valat que

�—

E de

soun

Es de

fu-fu

ÍÍÒ

—

tron, e de sous ilhaus, paure tus
pèr ièu, e quita-me n'en rire.

!

? ereiriès pas que pèr tant pauc me vire ?
ourage ? Ebé, dins ma crota abrigat,
Au souploch quite plôure, à rnoun aise ataulat,
Brafe un budèl ou dons, ben à pount, m'espandisse
Dessus moun apalhage, e plan-plan engulisse
Una gerla de pichot-lach, pèr digeri.
Entende soun glou-glou dins mas t,ripas courri.
E dau teins qu'amoundaut lou tron de Zeus roundina,
lèu i'au trounà pus fort l'en-bas de moun esquina.
Se jala à pèire fendre e se la rispa escoi,
Las bèstias an de pèls, lous bosses an de' boi :
Ben tapat, ben tarifât, de la frech on se Lrufa.
Me mesfise s'es la tramountana que bufa
E eargue mous eselops s'un cop tomba de nèu.
E pioi lou sourel torna, e mai lou tems es bèu...
E la terra, sibant la lèi de la natura,
ïoujour pèr mous troupèls porta prou de pastura.
Quand es gras, baile pas aquel bestiau requist
Â de diéus de ma grand e qu'ai pas jarnai vist,
No ! niés lous saerifique au diéu de ma panouUm.
Veja-m' aquel ventràs, redoùn couina una andoulha,
Es lou pus grand das diéus arnai es lou pus gros.
Iéu l'aime e lou servisse emé- de souèns dévots,
Fau tout pèr i agradà, tout ce que me coumanda...
E couma, de ta car, a 'nu enveja groumanda,
Es el que vai t'oufri soun ouspitalitat,
Quita un pauc qu'à soun goust t'age ben adoubat
Ê counouitràs la granda ounou, l'ounou suprèma
D'èstre immoidat au ventre-dièu do Poulitèma !
(Diritra dins la bauma, scguil de Silèna).
Saique

no

Manda

un

.

SC.ENA VII

Ulissa, Lou Cor
Ulissa
Lou vièl Silèna aviè ra'sou; es un butor
Que soun cor es barrai., s'a soulament un cor,
A trible tour de clan... La rusca n'es trop rusta.

tustaràs : pôrd souu tems lou que tusta
pàrlà... Ai perdut moun nroucès.
A partit... Es la mort... Aste, sartan, endès ?
De milanta dangès nous tirà san e sauve
Dempioi dècb ans, e pioi veni... Avièn pas,sauve 1
...Minerva, ajuda-me dins aqueste rambai,
Esclaira moun sicap, car ara es un traval
Fus ëspignous de prou que toutes lous do Troia...
E tus, Rèi pondérons, que somenes la joia
Ou lou dôu à toun grat, o Zeus amistadous,
Te prègue, diéu das diéus, de landà à moun secous.
Sone vers lus, couma lou marin que se nèga :
Sauva-me d'aquel mau-faràs que te renèga !..

Tusta que

Avièi bèu à

Lou

Coh

Ciclopa, alanda
Ta maissa granda :
Lèu van coire, rousti, bouli,
Pèr que lous pogues enguli
De bèus talhous de car umana...

Hou

Regala-te s'acô te dis 1
Pourras pousà dins la marrana,
Nautres, dava.ns pasBan tout lis 1
Aquel roeatc nous degousta,
dtsèn à. l'asard de reçaupre una rousta

•

!

�iil

-

-

Quante bòmi, quante sadoul,
Se vai couflà couma un pesoul
D'aquela chichoumèia afrousa
Ounte

La

Emé la

déjà vese, sannousa,
rouja car

graissa jauna

e

la blanca cervella

Se mesclà dins sa gargamella
E dins soun ventre gnlavard...

escàs s'acô coumençal
aquela abouminabla boucliariè
a pas que La força imuiensa
Pèr l'arrestà, s'hou vouliè...
E

O

tout

Zeus !
I

Mèstre dau cièl
Rèi de la pas e

e

de la terra,

de la guerra,
tus, arquiè divin,

O
Sus noste terraire

Trai toun bras trounaire,
Que toun ilhau esclaire
Noste

soumbre destin...
FIN DE L'ATE

PRUMIÈ.

ATE II
SGENA I

Ulîssa, Lou Con.
ULISSA

vène de veire es airous !
Me demande s'aqucl espetaole eslraious
Hou ai raivat en sounge, ou ben s'es véritable!..
Es afrous

!

ce

que

Lòu Cor

Dequé

se passa

? Lou Ciclopa abouminable
pèr asard ?

Auriè-Li devourii, touns coumpans,
XJiussa
N'a
Dau

manjat, dons, après avé paupat sa car
con pet au boutel, e causit à soun ime.
Lou Cor

Salop 1 E, diga-me, couma a

lacb nquel crime ?

UttSSA

lèu dins sa bauma escurn sèn dinlrats
lioc, ié trai un rouve giganLàs
Que de très càrris, pèr lou mens, i avié lou viage;
Proche dau lioc se t'ai un espés apalhage
Emé de liolhas de sapin. Quand acò 's lacli
S'en vai jusqu'à l'estable e carreja de lach,
De lach mousut de i'resc, que i'uina e que grumeja,
N'en vouja dèch farrats dins una semau (veja,
Pas un de mens) e contra la semau, ben ras,
Pausa una coupa en bouis, nauta couma moun bras.
Pioi, sus lou floc cremant, qu'encara mai empusa,
Bouta un pairôu de couire, immense; pioi agusa
Sous coutelasses longs e pounchuts. Es pas tout :
Pren d'astes de boi du, ben aiustats dau bout,
Enlin, ensenga ben, emé sas grossas batas,
Pèr reçaupre lou sang, de plats e de gamatas...
Alors, lèste pèr sa cousina d'assassin,
Pas pus

Aluma un

�112

-

—

Escana d'un soul cop, couma on
Un de mous matelots, en quatre
Trai tout dins lou pairôu : car e

Arrapa l'autre pèr lou pèd, e i

tugá un lapin,
flocs l'estripa
pèl, os e tripa...

eselalis

la cervella sourtis
dentora apegada...
Pioi à l'aste, à grand fioc, roustis moun camarada,
léu m'a caugut, mièch-fol de doulou, de mas mans
La testa contra un roc :

D'aquel clos

es pou lit o

Servi la taula dau Ciclopa. Mous coumpans,
Couma d'aucèls paurucs, nuits e la gaugna palla,
L'iol neblat, tremoulant de la sola à l'espalla,
Dins toutes lous cantous s'èroun acrouchounits.
Lou Ciclopa, pamens, es sadoul. S'espandis
Couma un pourcàs dessus soun apalhage moufle.
Es tibat de pertout, n'en pot pas pus, es coufle...
Sa petrinassa bufa e mena un brucli d'infèr,
...

De sa maiâsa l'alé 'mpouisounat vira l'èr !
Es alors que me vèn una urousa pensada.
Pense au vi de Maroun, à l'ouira tant presada

roumplisse una coupa, à plen bord.
Ciclopa, lil garrut de Neptuna, d'abord
Qu'as bon maujat, ié fau, te eau bon bèure !
Sentis lou l'uni, tas ta lou goust d'aquel àb'èure;
Lou Grecs n'aii reçacliut lou doun, fach pèr Bacùs.
Dcqùé dises d'aquel présent, d'aquel bon jus '? »
I'ron la coupa, la lèva, e d'un soul cop la vouida.
Pioi, traguent un cop d'iol alumat devers l'ouira :
Es un régal, après un rebôbi gouslous,
O moun oste, e ié farièibe quauques poulous 1 »
En vegent que lou vi lou rendiè d'imou gaia
Vouje, tourna, tourné ié refresque la galha,
Pensant bc qu'à la lin s'escaufariè lou lèu
Pèr Silèna... E
«

«

Oue toumbariè

d'esqtiiiia

c que

pourrian, belèu...

Â força de bagnà, rebagnà sa garganta
S'empetoula' d'à l'ouns, e couma un caluc canta.
Dins la cafourna, alai, lou bruch de sas cansous
S'entremescla as plagnuns de mous cars coumpagnous.
De rescoundous me soui sauvat. L'oura es venguda
De roumpre, "s'hou voulès, de vosta servituda
Las cadenas, e de tourna vers lou Païs
Ountc Bacùs mestreja, ounte toujour llouris
Lou rire perlèjant de las blancas Naïadas.
Es l'oura... La quiten pas passà, camaradas !
Voste paire sap tout, aprouba moun proujèt;
Mes lou paure el es vièl, e pioi, a de regret
De quità trop liont d'el l'ouira ounte s'encigala :
Es près couma un aucèi enviscat pèr una ala...
Mes vautres, qu'avès l'iol brilhant d'espèr divenc,

Qu'avès la força e l'ardidcssa dau jouvent,

Vautres, manits vesiats, fugirés l'esclavage,
Aquel païs tristàs, lou Ciclopa sauvage.
E sus la blounda mar-,

Tournarés dors Bacùs

emé ièu e lous rniéuS
e sous jocs agradiéus...
Lou Cor

diguèsses vrai! Trei'oulissèn de joia
A t'ausi... Lou passât e sa vida galoia
Qu'acò .'s liont ! I a longtems, i a trop lpngtems ai las !
Que sèn, dau dous bonur patriau, esilats...
Quoiira retroubaren noste païs...
Báste

Ulissa

Escouta 1

Saupràs lèu couina

anaii nous lira
Lou Cor

Parla, t'escoularai. Parla-me de

de dejouta.

sa mort.

�—

21

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—

—

Pas que de ié pensa me réjouis lou cor.
moun ausida, la musica la
pus hella

A

Agradariè

pas tant couma

aquela nouvella,

ulissa

Tout lou vi

qu'a begut l'enïioca, e vôu anà
Jusqu'encô das autres Ciclopas de l'Etna

Bèure

un

couma

embut

faire mai la bournba.

e

Lou Cor
E's

en se

ié rendent que troubarà sa to-umba

Alestida

pèr tus. Devigne ce que vos :
Saique, quand serà soul, l'arrestà dins

un

bosc

Ou lou faire, de naut, cabussà dins lou voui.de,
Ulissa
Me fise à

moun

sicap mai qu'à l'ôli de couide,
Lou Cor

Se nous sèn onganats, Ulissa, èscusa-nous
Sabèn que siès un mèstre on maliças famous.

Adounc, couma faràs ?
Ulissa
En

prumiè, lou

vau prene

Pèr la maissâ. A

l'ibrougna qu'es farai coumprene
Que voudriè mai gardà soun vi pèr el tout soul
n'en bèure aderé. Quand serà mai sadoul,
lïspatat pèr lou sou, redoun couma una paunîu,
Anarai querre en un rccantou de la bauriia
E

Ounte l'ai denistada, una branca d'ouliéu
Una brancassa enorma, couma acô...
Lou Cor

Boùdiéu !
Ulissa

N'apouncharai lou bout à belles cops d'espasa,

E lou métrai au fioc; pioi quand serà de brasa,
Sus la pàrpella dau Ciclopa, en bèu mitan
Dau front, lou planterai, rouge e fumant !

un fustiè s'adouba pèr que vire
Soun taraire, en traucant dins lou bai d'un navire,
lé curarai soun iol de moun lisou croulant.

Alors, couma

Antau serà punit lou negre sacaniand :
Pèr aquel trauc, d'ouate fugirà la lumièira,
La nioch dintrarà. 'n el, per toujour, tout

entièira !..

Loù Cor
Tu un idèia

es

i'amousa,

e nous

'n veses ravits.

Ulissa

Pioi

nous

E toun

Que i

embarcaren, einé tus, tous

vièl

anaren

amies

! i'aren tira : pos croire
de bon, inousireu pas...

paire. E

zou

Lou Cor

Pèr voire !
Ouitaràs be que
Vole prene ma

porte un floc d'aquel tisOu
part de soun supliçe,
Ulissa
Zou !

comte sus vosla ajuda,
Sustoul, vous hou ai dicli, que la branca es pesuda.
Manits.

Série E.

es

ontendut

:

F.

I

vin

�114

—

Lou

Caucagna
Pioi

! aquel fai grèu me

-

Cor

semblarà laugiè
un vespie

qu'es pèr escrachà, d'un cop, eouma
bertàs bourrut cle soun ussa...

.Tout lou

Uussa

Silença !

parlai.. L'aura d'agi couifienca.
Au mendre vira d'iol, à 'n geste de la mari,
Cau sauprô m'oubeï d'abord qu'ai lou coumand.
Hou ves.es,'me pourrièi en anà. Moun pus quite
Seriè de fugi soul; mes 's pas juste que quite
Lous souldats ' pvesouniès aqui dedins. Ebé,
Entre ma pè.1 que rèsque e l'apèl dau debé,
Mous amiguets, sauprés que i a pas de causicla :
Vau sauva mous amies, à l'asard de ma vida.
(lorna dins la bauma)
Ara avèn prou

SCENA II
Lou Cor

lou prumiè ?

Anen, quau sera

après ? quau pren sa plaça
pourtaires de brancassa
brancassa d'ouliviè
Que vai traweii la parpella
Dau Ciclopa, e pèr toujour
16 ravi la efcrtat bella
Dau sourel. paire dau jour
(s'entend de eants dins la bauma)

Ouau ven
Dins lous
De

la

Chut ! eliut

! l'entende que

Es bandai.

ben entendut

canta...

Que i ane à plena garganla
È brame couma un perdut !
Prouiita de l'oura,
Canta encara un. cop :

Lou que canta
Pas

trop

gaire après, ploura...

Urous lou que se

banda
dèu

Mes ben courua se

chourla e que bèu
grouuiauda ;
Que ras d'una bella mestress.a ,
Sus un lièch mouflet; embaumât de flous,
■S'ibrougna à la doubla caressa
Dan vi l'rcsc e das cauds pouto.us !...
Lou que

D'una bo.uca

SCENA III
Lou

Cor, Poulifèma.
PoULIFÈMA

Pan!

pan! pan! Rataplan I Soui tibat !

Ai la cervella mola ainat

lou ventre du,

soui madu!

pèses an d'alas
E dins mous ausidous cantoun mila cigalas...
Es bon d'avudre lou papach pie jusqu'au bord,
Ga-rgat couma un bateu que vai quità lou port.
Lou printems ris... lou cièl es t)lu...., la prada es verda...
Soui trop gai pèr resta so.ulet :. soul, on s'emm,..
E pioi, me bande, mès au founs, sièi pas 'n salop.
Yole e.mé mous amies anà heure lou cop.

Mas ancas soun

de ploum.b, mes mous

�115

—

—

Mous fraires, côuma ièu, an bona davalada,

Seriè, 'n pecat de lous priva d'una bandada 1
Sièi soulide qu'au vi van pas dire de nou :
Farai, pèr eles,-rajà l'ouira à plen canou.
Lou
O Ciclopa, que
En loun oUiioii

S'aluma
Per

Cor

siès bèu !

un ilambèu
brilharà Îèu...

e

t,us una tendra ospousa
nna flamba arderousa :
toun loi es arrtourousa.

Couga
De

La vese,

dins

moument,

un

Pausà
Soun

sus toun front çountent
poutou lou niai cosent,
E, jouta aquela cauda poutóunada,
D'una douça roujou ta tèsta courounada 1

SCENA IV
Lous

mèmas, .Ulissa, pioi Silèna.
Ulissa

Ciclopa, escouta-me. Counouisse prou Bacùs,
E dempioi prou de teins, pè.r t'hou aprene à tús
Couma eau praticà aquel diéu de la vigna.
poulifèma
Me semblava que

Esplica-me

quau

dau prumiè cop se devigna.
és, quanta mena de diéu ?
Ulissa

Es

un

diéu

amistous,

as

omes

agradieu...

Poulifbma

Es de fèt que quand rote es una douça causa
De senti inoun gousiè tout perfumat a rausa.
A

digus...
Ulissa

Es

un

diéu benfasent. Jamai a pas

faeh mau

Poulifèma
Couma vai

que' dins

una semau

ouira, aquel grand diéu se pot coumplaire Ì

Ou dins una

Ulissa
Se troba ben

pertout

es un

galoi coumpaire.

Poulifèma
A

idèia, pèr un diéu, la pèl d'un bouc
'n ouètau couma sç dèu.

moun

Es pas

Ulissa

Se

Bougre de moue !
t'agrada, Bacùs, dequé te fai lou rèsta ?
Poulifèma

Ma maissa aima lou

vi; mes, la pèl, la detèsta-1
Ulissa

Fougnes

pas

mai contra toun ventre, e bèu tourna 1
Poulifèma

N'i a prou
Emé moys

pèr lou moument. Mes monte dors l'Etná :
fraires, amoundaut, Earen ribota,,.

�116

—

—

ulissa
Vos ié

"? Bota.
mai lou garda tout pèr tus.

faire tastà toun yi, à toutes

Bota, crci-me, vâu

poulifèma

aunèii plesi de saupre sas vertuts.

Pamens,

Ulissa

dounmai ou es, do un mai la tèsla
S'escaufa, e pèr dessert souvent, i a la batèsta.
Quand plôu de gognas, n'i a toujour que prenoun
Dise pas, mes

pou

Lou que me

li

'n lec

fèma

toucariè, seriè lèu mes au plec.
Ulissa

Quand on es pie, istà

tranquille es la sagessa.

pou li fèma
No !. quand ou
E mena grand

es

bandât', eau faire la jouinessa

varal...

Ulissa
Lou que

joui soun couvert

siau, se res noun gagna, res noun

Demora

perd.

Poulifèma
E

tus, Silèna,

Rèstan aici '?

diga-me toun avejaire.
Silèna

Aube ! Farà bon de se jaire
E de chimà... Sèn prou pèr faire
Es pas besoun d'ànà querre

aquel traval,
d'ajuda aval.

/Poulifèma
Pèr

Emè
Es

l'c !

ma

as

belèu pas tort.

un

Aqucla peadu
mirgalhada

erba fresca e de flous
sèti delicious...

soun

Silèna
E ben

causit !

Toulara, à toun gousiè pèr lou sourel brausit
La licou de Bacùs sera dous cops diyina.
Anen ! alonga-te, de toun long, sus l'esquinu.
Poulifèma
rasou : fau counie dises. Sièi
Ben million couma acò que, sus soun trône,

As

encara

Mès

perqué tron' metes la coupa

un

rèi 1

aqui ?..

Silèna

Coumpren-mo : se quaucuu la rauba ou se
Es pèr lou tëne à l'iol...

Giclop'a,
la copa

Poulifèma

ben, de rescoundous,
part. Met-la 'ntre nautres dous.

Ou

Bèure mai que ta

(à Ulissa)
E

tus, moun oste, diga-me couma on

te sona ?

Ulissa

Pioique trobes tant bona
t'ai tacha, adounc couma tarés
?
rceourupensà

Moun nourri es Padigus...
L'estrcna que

Pèr

me

�—

117

—

poulifèma

Siès pas
Tè ! te manjarai pas... que lou

'ncara ben gras...
darniè de toutes.

Ulissa

.

Ghaval ! quanta favou!.. Me sembla que
De ièu, amai ié sièi : gramecis !

te foutes

Poulifèma, à Silèna.
Pites rrtòun vi,

Dequé fas ?
douça, eh ! bougre d'ibrougnàs.

en

Se ié tomes, avisa !
Silèna
Es pas ma
Es el

fauta; veja,
tvoba bèu, alors me poutouneja ! (Bèu)

: me

Poulifèma

T'aima pas tant que ce que
El s'amourousis pas de loun

l'aimes, gros cabourd;
vièl mqurre lourd.

Silèna, bèu encara; pioi :

counvèn

Mourre, se vos, mes ié

:

vèn de m'hou dire.

Poulifèma
Tè !
An!

fariès biscà, se me fasiès pas rire-

me

vouja...
Silèna

Espéra

nioumenet. Ouicon me dis
couma es facîi aquel doits mescladis.

un

De cercà

(Bèu lournamai)
Poulifèma
Vos

me

faire crebà ! Couma que

siègue, vouja !

Silèna

coulera te fai la gauta rouja.
Sabes be, dequé tron !
Que. pèr heure, d'abord, eau couronné toun front;
Que pioi duve tasfà la licou que t'oufrisse...
Plan, plan !.. La

Acd te vôu pas res.

Poulifèma

Bregand ! secaràs tout, se l'as

longtems Pouflce !

qu'a mai begul
1 a pas à dire : es do us, es fort, es l'resc, es caurl.
Aqui l'as; mès, pourriès te moucà couma eau!
Silèna,

Poulifèma
Es fnch: me

soui frétât la barba e la

moustaclia.

Silèna

Escarta

un

pauc

Es antau que se

lou couide, e regarda-mç... Aeha !
bèu (Ié lorna)
Poulifèma

Ouante mouissau !
Silèna
Antau !

Poulifèma, à Ulissa
Moun

oste, servis-me,

(mousiranl Silèna)
Me

bèuriè, tout l'oustau !

Ulissa

Fisa-te à ièu, que

dé la vigna ai counouissenija
(Roumplis la coupa)

�118

—

—

pouufèma

(Bèu) Ah! quanta jou'issença,
Ion cambarot !

au mens, as voujat !
Torna-iét amai, âges pas

Tus,

Ulissa
Pinta tarit que

mot
Zou! bèu à" plena bouca.

voudras, mès digues pas un

Qu'es de t.ems estrassat...

pou lifîsma

Lou

rèi, lou dléu (las bois, es lou

bot (le ia souca !

Ulissa

passiounat e prigound

Prouba-ié toun amour

tournamai la coupa jusqu'au found.
Bèure sans set es lou pus famous das delioes :
Bacùs te brèssa e plan-planeta t'endourmisses
Dins un som benurous broudat de pantais d'or.
Se quites soulament un degout, auràs tort
Dins ta maissa Bacùs bufarà la secada...
En vouidant

1

poulifèm a

dequ'es acô' ?.. Partissièi a la nada
En plena mar.. E pioi, tout d'un cop, ai sentit
Que m'anave negà... Me soui estrementit...
Lou sabroun dejouta ma pèl courris eńcara...
La pou e lou plesi mesclats, vouluptat rara 1
E dequé vese ièu ? Tout vira à monn entour,
Vese la lqna e las estcllas en plen jour, ,
Vese lou cièl doubcrt, Zeus, lous diéus, las divessas...
Las Graças me sourrisoun e me fan de caressas.
Mès ié.u las vole pas! Que demoroun ounte soun
Pèr nioun comte aime mai aquel pou lit garçou
(moslra Silèna)
Es jouine, es de bon biais, sentis à bon qu'enbauma...
(lé mes l'arpa dessus)
Oh! Oh!

Silèna, espavental
Me

vas

pas

carrejà, Ciclopa, dins ta bauma ?
poulifèma

Si fèt ! siès

un

moueèl friand qu'on pot

s'oufri.

Silèna
mous paures enfants, dequé ièu vau soufri,
quanta desounou !

Ai I

E

Lou Cor

pas tant, moun paire !
Fagues pas lou refastignous, e dins l'afaire
Mescles pas tous enfants : n'en podoun pas
Brames

de mai.

Silèna
Ah! mulur !

vau

pagà

ma

bandada ! ai! ai! ai!..

(Es earrejal pèr lou Ciclopa)
SCENA V

Ulissa, Lou Cou
Ulissa

Nobles enfants dau grand Bacùs, zou! de courage...
Dins sa bauma es dintrat lou Ciclopa sauvage,
El emé sa guindoula, e Ièu un som espés

-Yai

l'arrapà, vai l'escrachà de tout soun pes.

�119

—

—

La pouncha dau tisou fuma au fioc. Tout
Pèr lou traval que nous espéra au pus lèu

S'avès de cor, ara es lou moument

prèste

es

lèste.

ci'hou moustrà.

Lou Con
un cor estrà 1
Sauprà te faire veire un pauc dequ'es capable.
Pèr lou moument, courris nu pus lèu dors l'estable
Sauva moun paire lou prumiè; qu'es manca cinq !

Avèn

un cor

de roc,

d'aciè,

Ulissa

Vulcain, rèi de l'Etnà, dau
Brulla l'iol, purga

Giclopa assassin

toun pais de sa presenca.

Que toun doc sauve la justiça e l'inouccnça !..
E tus, fil de la nioch, Soin, rebat de la mort,
Que toun poudé mai que sa força siègue fort !
Presouniè pèr toujour de toun escuresina
Que visque pèr senti la venjença divina
Traire sus soun espalla una capa de ploumb...
Diéus amies, voudrés pas qu'en tournant d'Ilioun
Ulissa e sous coumpans fagoun una fin /tant trassa.
Ou senoun se dira partout que vosta raça
Abastardida quita l'asard l'aire sa lèi
E que l'asard, das diéus es lou mèistre e lou rèi !
(Vai espinchà dins la bauma)
Lou Gon
Las tanalhas de la soufrença
Van arrapà 'n plena car

Aquela brutassa immensa :
Se s'en tira, sera 'n asard !
Lan tisou

la flamba venjairti

Vai eounsumi l'iol que
0 tus,

vi très

Mantèn-nous

l'esclaira...

precious,
brièu toun ajuda;

cops
un

Jusqu'à la fin do la batuda

Tèn-lou 'mpegat e

soumilhous.

Se vos, dins inoun pais, lèu te tourna
E reveirai Bacùs, lou front courounat

rai bèure
d'èure...

Ulissa
.

demore mut e siau.
Anen pas drevelhà lou tron amai l'ilhau
.Juste quand tout vai ben... Pas de brucli ! Vous defende
De bul'à, d'escoupi, de toussi... Lou qu'entende,
Silença ! que chacun

Malur!..

,

Lou Con

Ruleiièii înèina uostc

alé.

Ulissa

Anen !

nioumcnt.
prumiè. Scguissès-mc...

eiiflambal. Vejaici lou

Lou

tisou 's

Vau

dintrà lou

Lou Coït

Toutara !

Sabèn pas ,'ncara
Dins quante ordre dintraii, nimai couma fasèn
Pèr arrapà la branca. E pioi, crese, counvèn
Que quaucun fagne aici sentinella, à l'intrada...
D'abord, esplica-uous

toun plan.

Un satire

Caucagna

pèr acô 1 Hou farai,

camarada !

�120

-

Un

-

autre

qu'ai lou bras drech un pauc court, ièu serai
pauc d'ajuda pèr pourtà la branca.

Estent
De

Prumiè

satire

Es
E

ièu, qu'ai

mou au

pèd

vrai.

cavilha es couflada.

: ma

Ulissa

Quand dansave,s...
Prtjmiè Satire

M'a près douma un cop de calafla :
De counvulsiouns d'enfança es quauque

ratigàs.

Ulissa
I

a

perquinaqui 'na iniirmariè, digàs ?

pas

Un

Iéu, lou ventre

autre

Satire

ma tripalha
Se remouli, e dins 11101111 eor lou sang se ;calha.
me

dôu; sentisse
Un

Iéu,

es

lotis lois

autre

neblats tout

: se soun

en un cop...

Ulissa
E tout

aqueles

maus, ensemble : ebé ! n'i a trop !
l'avès ben — toutes lou mèma
peta-au-cuèu... Vous l'ai pòu, Póuliíèma ?

N'avès pas qu'un, mes
Avès la

:

Lou Cor

Planisse "moun

esquina amai moun carrastèl.
De pas aimà lous cops'e de tène à sa pèl,
Sona acô : pou, se vos; pèr ièu, es do prtidença.
Mes vole pas te quità 'n pena. Ai counouissença
D'una eansou niagica au poudé niervelhous.
Belèu, pèr la yertut d'aquel cant miraclous
Enmascat, lou tisou tout soûl farà

soun

obra.

Ulissa

Sabièi déjà

qu'ères un trassa de manobra,
qu'en sotige as, pas pou de digus.
pos restà 'qui. Me, passarai de tus.
Pioique siès pas que bon pèr cantà, ebé ! canta,
E baila-nous de vanc à grands cops de garganta.
Mes

vese

Vai ben

:

Lou Cor

Comta

ièu. Gorrita

mous cants e mous crids.
Soui terrible pèr cncourajà lou vosis,
Soustène soun moural d'una voués jamai lassa
E cridà : « Jusqu'au bout ! » au que luclia à ma plaça.
sus

sus

'

;■

'

■

(Ulissa dintra dins la bauma)
v.,

■:;v-

SCENA VI
Lou

Cor

Courage, ! la journada

es bella,
La vitòriá au cièl nous sourris.
Dau Ciclopa la dent crudèla
A devóurit vosl.es aï oies :
Contre el lou debé vous rampèla.
Dau pastre feroun de l'Etna,

Toutes
Brullà

en

banda,

eau

anà

l'iol, crebà la parpella !

�—

121

—

suslout, fagués pas blanca :
Autrement, gara au rebut!
F,

Malur à lou que loumanca,
Lou que lou manca es perdut...
SGENA VII
Lou

Cor, Poulifèma, pioi Ulissa

Poulifèma, brama, au founs de la bauma.
Ai! ai! ai! de mòùn iol ! Secous ! ai! m'an t'ugat, !
Coh

Lou

dègut èstre lien apugat.
(Poulifèma arriba)
Quanta bella voués qu'as, Ciclopa ! ièii t'ausisse
limé gau, d'un plesi tout non me réjouisse.
De ta vida aviès pas jamai tant bon badat.

Hòu !

lou cop a

Poulifèma
Malur de sort ! Couma m'an ben acivadat !
Soui perdut... Mès, boutàs, ma pougna encara
Lou pas ion pus micbant
A la sourtida vous espère

es

!..

es forta.
lou pas de la porta :

Cor

Lou

Enfin!

dequ'as ?

Poulifèma
Soui

perdut !

Hé !

d'eîèt!

Lqu Cor
en

Ouanta gogna

dessus de toun nas,

!
Poulifèma
Soui

malurous

Lou

Cor
Dins ta bandada

Auras
E

brasucada

pical de mourre en plena

te seras

brullat lou Iront...

Poulifèma
Es

Padigps

Que m'a perdut...
Lou

Cor

mai pèr tus
Que digus t'age pas lach mau...

Ah ! tant

milhòu !

vau

Poulifèma
Ah ! tus hou creses

M'a crebat

liai

?

!
Lou

Cor

Q ua u ?
Poulifèma

Padigus.
Lou Cor

Alors, ié veses !
Poulifèma
Baste que couma

ièu seguèsses avuglat!
Lou

Hou siès pas, se

Cor

toun iol digus

l'a pas crebat,

.

�—

122

—

poulifèma
Lou trassa de bas lard,
Ounte i a Padigus ?

qa'cncara me galeja !
Loo Cor

Pas 'n

lioc, pardiéu !
Poulifèma

Tè, veja,
respondes pas d'ausida, siès mai mort !
lou qu'a troubat lou biais d'èstre pus fort
Que ièu, aquel bregand d'estrangè que nous vouja
Cria pouisou de masca emé sa. licou rouja...

Se

me

Ounte

es

Lou Cor
Sans

pouisou, lou vi 's un bèu malhôu
Que manda tout soulet mai d'un luchaire au sôu !
masca e sans

Poulifèma

Diga-me eé

que n'es, au noum das diéus, eseouta :
Soun 'ncara dins la crota ? an escapat ?
Lou' Cor

Dejoutà
Aqueles

grosses rocs

setènoun acantounats.
Poulifèma

Ounte

?
Lou ÇòR
A

dreclia.
Poulifèma
A qui

?
Lou Cor
No!

pus

liont.

Poulifèma
Ai ! de moun nas. !

Quante • tustau !

vau

m' amalugà, s'acô dura...
Lou Cor

Urousament pèr tus qu'as la closca prou aura.
Zou ! courris, que s'en van...
Poulifèma

Mès de quante coustat ?
Lou Cor
A

gaucha.
Poulifèma

Alors m'aviès pas dich la veritat ?
Moun malur vous servis de jouguet liou

cóumpreiie !

Lou Cor
liise pas.

Davans tus. Arrapa

:

lou

vas preno

!

Poulifèma
Ounte es,

aquol bregand, aquel bandit, ounte

es

Ulissa
Ulissa

es

liont de tus, aici : resca pas res.
Poulifèma

Ara

as

un

noum

nouvèl ?

Dequ'es aquel afaire '!

?

�123

-

—

Ulissa

lène de moun paire
qu'ai toujour pourtat em' ounou, sans menti !
De tous crimes duvièi te Taire repenti.
Es l'ach : a davalat en tus la nioch Tatala.
Ma rusa a triounfat de ta Torça brutalâ.
Dors Itaca pode tourna lou cor en pas :
Lou Cielopa es punit; mous amies soun venjats 1

No ! Ulissa es lou iioum que
E

Pou 1,1 f rm a

l'ouracle antica
diclia proiiietica
Que de ta man perdrièi la vista, e pèr ta "part
Que toun batèu longtemè barroullariè sus mar

Ai las! ioi dau vièl Telemoun,
Se coumplis : m'anouncièt, sa

Ulissa

riba
tardiè, quand' on arriba !
Pamens, pioiqu'es antau, me vau lèu despaehà
De parti, qu'acô siègue dicli sans te facbà !
Pot barroullà !
Dau

s'agis. qu'un jour toque la

pais... Rai d'èstre

Poulifèma

t'espéra.
coulèra
Vai à grands cops de rocs espouti toun batèu.
Tus e lous tiéus, dins l'aiga aurés voste toumbèu !
Taches pas. Sabes pas ben ce
Escalarai lou pioch, e d'amount
Me

Lou

que
ma

Cor

doulou desbourrouna.
reprene la couronna
galois qu'aima Bacùs !
Nous as déjà prou vist, nous ausiràs pas pus.
Couma un jouine cabrit, la mar risenta sauta,

Cielopa, aqueste cop, ta
Pèr nautres, nous

n anan

Flourida amai lous cants
.

Sentisse soun alé me caressa la
EJ'oundada me sona c me dis
O ! jour de libertat, quita-mc

gauta,
de veni...

te beni,

Ouita-me te boni ti'es cops, oura tant bella...
Ulissa, lous copa

Reniants ! i'ariàs

inilhou d'anà largà la
FIN.

vêla !

�NOS

MAITRES

ET

LEURS

ŒUVRES

Le Livre des Oiseaux
di'Antonin

Perbosc

Noire ami M. Camille Sonia a publié une étude
judicieuse dans la
Hebdomadaire », sur le Libre dëls
Auzels, de noire maître
perbosc. En voici les principaux passages :

.«

Revue

Le félibrige a fait un très grand tort à la littérature occitane. Il
a
trop souvent amusé les gens d'esprit par une exaltation comique
des

ridicules méridionaux.
Les publications en langue d'oc sont en nombre infinie et d'intérêt
généralement restreint. Aussi le mépris—le plus injuste—de beau¬
coup de lettrés français peut-il paraître justifié.
L'existence d'un homme comme Antonin Perbosc,
écrivant en

langue d'oc, suffirait pourtant à faire absoudre les « félibrillons »
de leurs faiblesses, si toutefois il était
prouvé que leur propre agita¬
tion

tire son origine du souci de servir les
énergies nobles de la race.
Tous les fervents de la langue d'oc connaissent
depuis vingt ans
la renommée de Perbosc. Dans le
grand public, lè bruit fait dernière¬
ment autour de la
promotion Ronsard a éveillé une curiosité que
la publication récente du Livre des oiseaux est faite
pour satisfaire.
Ce livre, en effet, s'il ne traduit
que quelques-unes des faces du
talent de Perbosc, a l'avantage des livres
contes

de
qui sont toujours
universels; de plus il pose sous un point de vue sympathique la plu¬
part des problèmes soulevés par la langue d'oc.
Combattue par l'unité française et l'instruction
primaire, la langue
d'oc a sinon dégénéré, du moins
végété depuis des siècles. Elle lan¬
guit et si les conditions actuelles ne sont pas modifiées, elle
agonisera
plus ou moins longtemps et mourra.
Nous

sommes

nombreux, occitans, à vouloir

assurer sa

vie et

son

développement. On peut trouver ce désir particulariste et même le
comme tel, mais c'est le nôtre.
Légitimité du point de vue occitan mis à part, je crois que la pros¬
des
lettres
périté
occitanes est une richesse utile que la France ne
doit pas négliger, et
qu'elle peut être une source de rafraîchissement
et de rénovation
intéressante pour les lettres françaises elles-mêmes
Il n'est paradoxal
qu'au premier abord, et humoristique que super¬
ficiellement, de dire que la gamme des accents locaux du Midi dissi¬
mule un trésor intellectuel. C'est vrai. Il
y a une âme populaire qui
a
vécu, semblable à elle-même pendant des siècles, dans les terres
occitanes. Lorsqu'on la découvre à travers les
paroxysmes actuels
de la culture française, elle semble un
sauvageon dans une serre. Elle
paraît à la fois naïve et vieillotte. On ne sait comment elle étonne
et charme. Est-ce tant de
jeunesse, comme exhumée, ou de porter
en soi un
dynamisme vierge ?
Le Livre des oiseaux, s'il ne l'est
point, devrait logiquement être
le premier d'une renaissance
occitane. Perbosc le présente en effet
comme une œuvre réellement
populaire :
combattre

Parmi les

pâtres, les laboureurs

et les bocassiers...
sont levés les

...se

poètes

qui ont peint et glorifié

la vie, l'âme du campestrc.
Leur instinct a été leur seul maître.
Ils

...à

fi'ont trébuché...
aucune

littérature.

�—

Ces

Í25

—

poètes, personne ne sait

la vie ni le nom d'aucun d'eux;
leur œuvre seule est restée :

contes, cliansons, devis anciens,
vieux, si vieux, et toujours nouveaux
sans lin renaissants sur les bouches
comme les bourgeons sur les ceps de ia
et comme au bout de ia tige l'épi.

!
vigne

l'intelligence rationnelle,
s'aplanissent, et même
disparaissent dans le domaine de la poésie et de l'invention pure.
L'art populaire est nécessairement fait de merveilleux. A l'assaut
des conquêtes idéales, l'imagination la plus fruste précède de loin

Les inégalités que crée la culture dans
inéluctables dans l'exercice des arts appliqués,

la raison logique la mieux armée.
Perbosc définit son œuvre :

...le livré
des

champs qui n'a pas

été écrit,

mais toujours dit et redit,
de bouche en bouche...
...c'est de là...

qu'ont fait leur belle, éclosion
ces légendes...
où ressuscite l'âme en fleur
de notre terroir ancestral.

C'est de se mettre à
vertu rénovatrice.
Il y a

l'école du peuple que l'art de

Perbosc tire une

dans le culte folklorique autre chose qu'un snobisme. L'indi¬
raffine l'esprit, mais ne lui procure point

vidualisme intellectuel

qui

l'aliment social nécessaire à sa puissance efficiente. Les thèmes
furent asservis aux exigences do la popularité s'offrent à l'artiste
déjà assimilés par la race. Les garanties qu'ils
seraient difficiles à définir. Elles sont de l'ordre sensible.

donnent à la raison
La création poétique, valeur d'échange, s'enrichit de la multipli¬
cité des émotions qu'elle éveille, et se charge d'un potentiel vital en
mêlant à la pensée d'une famille humaine. C'est à ce point de vue
que le Livre des oiseaux est un trésor,de l'imagination populaire occi¬
tane.
Invention et poésie, filles d'une certaine finesse, fleurissent dans ,
les cervelles au gré d'une fantaisie en apparence désordonnée, sui¬
vant un déterminisme héréditaire et psychologique qui nous échappe.
Le roi traversait un pays perdu de son royaume. 11 rencontre une
vieille gardant son troupeau et la questionne familièrement sur son
âge : « Si vous me demandiez l'âge de mes cochons ou de mes pou¬
les, je pourrais vous répondre; mais le mien, c'est vous qui devriez
le savoir ! »
Est-ce line paysanne qui l'a dit, ou Paul-Louis Courier ?
Ainsi de la plupart des notations' folkloriques, qu'il s'agisse de
poèmes, de musique ou de simples proverbes. Leur beauté subit
les vicissitudes de la transmission orale. Leur sens est toujours tel
qu'ils ne paraissent pas « naturels » dans l'humble bouche qui les
transmet. Furent-ils des. oeuvres ? Saris doute. Œuvres dont la for¬
tune aura été plus grande que celle de leur auteur.
La vraie personnalité de Perbosc est bien autre que celle d'un pur
folkloriste. La pièce initiale Pasloure, du Livre des oiseaux, et celle
qui le termine, le Chant du coq, en témoignent assez. Mais depuis le
plus jeune âge, Perbosc s'est adonné au folklore occitan et il y a »
acquis une science inégalée. Personne n'a pénétré comme, lui les con¬
naissances des. paysans sur les oiseaux et les fables que leur esprit a
brodées sur les observations naturelles ou sur leurs chants. Les deux
volumes du Livre des oiseaux, en une cinquantaine de poèmes, sont
fort amusant compendium d'ornithologie rustique.
Les oiseaux y vivent de la vie que leur prêtent les paysans, vie
légendaire, anecdotique, humoristique ou morale.
se

un

�-'■vis**:.

—

Par exemple, la
Jésus mourir

a vu

126

bergeronnette
en

croix

a

—

suivi les pâtres à Bethléem; elle

:

La

bergeronnette espère et comme jadis
elle chante son chant d'espoir qui résiste aux désastres.
Elle sait que le Droilurier doit revenir;
A travers les saisons, les années, les siècles
qui passent,
elle erre et voltige autour des troupeaux mouvants,
•et sans trêve elle dit en son parler d'oiseau :
«
Où est le Droiturier au mystérieux regard
rayonnant de tout l'amour qui a fleuri terre et ciel ?
Où est-il et quand revient-il celui qu'autrefois je vis ?
Pâtres, lequel de vous quittera sa maison
pour me conduire avec lui vers le ciel oriental,
vers le Droiturier qui doit revenir pour sauver te monde ?
Et elle n'a jamais trouvé de pâtre
qui lui réponde.

Les

»

pâtres à la

pauvre intelligence obtuse et vaine
ne savent
pas que l'oiselle à toute heure les suit
et leur parle au champ afin d'être menée
vers le grand Droiturier qui un jour se lèvera.
Ainsi la bergeronnnette, c'est sa destinée,,
voit sa belle espérance à chaque aurore trompée;
de soieil en soleil elle la chante quand même !
La bergeronnette vit ici d'une vie éternelle. Le mystère de
sa
présence perpétuelle autour du troupeau se transforme en symbole
de cet espoir divin qui sauvera le monde.
Ailleurs l'oiseau participe simplement à la vie actuelle du
paysan.
L'ivrogne rentrant chez lui après bombance se dispute avec ses coqs.
II commande à sa femme de mettre â la broche le
plus jeune :
«

Le vieux coq,

qui

a

soit : c'est un père de famille
le droit de critique...

mais je ne supporterai pas que ce flchu
cancanier,
cet ébouriffé qui n'a pas encore de
crête,
vienne me reprocher le vin que j'aurai bu ! »

D'autres fois encore un oiseau a été mêlé à quelque événement
historique et sa conduite est retombée sur tous ses pareils, comme
le geai qui pendant la fuite en Egypte
dénonça à Hérode la cachette
de l'Enfant-bieu. Tous l'es geais, depuis, sont
sujets au « mal de
terre » quand vient l'été. Ainsi s'explique
qu'on trouve en août des
geais « foudroyés » dans la campagne.
Telles fables expliquent que l'hirondelle a la
queue fourchue depuis
qu'elle fut mordue là par le- serpent, que le rossignol chante toute
la nuit pour éviter que l'orvet, le surprenant
endormi, lui reprenne
l'œil qu'il lui a volé, etc...
A l'appui de chacune des
explications qu'il se donne, le paysan
produit une affabulation justificatrice.
Une. place considérable est tenue dans ees
fables par le langage
des oiseaux. L'homme des champs fait parler
à l'oiseau sa propre
langue. Il adapte à l'imitation de son chant une onomatopée, une
brève locution occitane dont le son est superposable à celui du
chant,
parfois une petite phrase. Perbosc a désigné ces imitations du terme
de mimologisme et il en a recueilli un très grand
nombre,.
Le pic appelle la
pluie en criant : « Pieu I Pieu ! » C'est qu'il ne peut
bpire d'eau que de pluie, et avant qu'elle n'ait touché terre. Dieu
le punît ainsi de n'avoir pas travaillé aux
temps de la création à
ereuser
la mer, les fleuves et les

Le
mera

coq chante non
mon

•

Cocorico

sources avec

»,

feu "?

mais Quai

Quand on n'est plus bon à rien
le plaisir de vivre où est-il ?
Sans attendre plus qu'il ne faut
«

monte la broche

cuisinière;

tous les autres oiseaux.
me jara foc : Qui allu¬

�127

—

sans

—

attendre plus qu'il ne faut
feu à ton foyer. »

fais-nous
Les coqs

de la terre d'oe
qu'ils veulent dire
lorsqu'en claire langue d'oc,
ils chantent « qui nie fera l'eu » ?
voilà

ce

Les oiseaux dont le chant est le plus varié
auxquels l'imagination prête les propos les
L'ortolan dit à la bergère :
Aux champs on vit
moi je n'ai ni pain, ni
11 ne faut désirer que
«

l'alouette

et

sont naturellement ceux

plus divers.

content de peu
vin, ni rien.

l'amour.

»

:

...Vers'le ciel!
ce

n'est que

là-haut que tout est beau.

Mais le plus bavard de tous ces oiseaux est le loriot, le plus entre¬
prenant aussi. On lui prête les plus étonnantes saillies.
:
Apela ! Hou » s'adresse à un troupeau de cochons imaginaires
il fait le commerce en association avec le coucou et la tourterelle.
Il va même parfois jusqu'à se mêler à la conversation des hommes.
Certains mimologismes d'ailleurs sont de brèves saynètes comme

Son appel
dont

«

celui-ci

:

Le soir de Noël
Le coq dit :

Dius es nascut!
demande :
ont
E
?
La. chèvre répond :
A Bethléem ». .4 Betléem,
«

Dieu est né! »

Le bœuf
«

Et où ? »

«

et l'âne conclut :
«
Il faut y aller I II
De l'ensemble des
des oiseaux) chaque

I cal anar! I cal anarl
(dont les plus beaux composent ce Lime

faut y aller ! »

contes
oiseau se dégage avec une

personnalité caracté¬
république dans laquelle
humanité tour à tour poétisée ou
11 y a d'abord les mauvais oiseaux, ceux qui sont indiscutable¬
ment méchants : le geai, les vautours. Ils sont marqués d'un signe
de reniement éternel pour avoir offensé Dieu ou quelqu'un des siens.
il y a les niais, qu'un vice a perdus eomme la huppe, sa vanité,
la pie, sa paresse.
La tourterelle aussi est paresseuse et vaine, mais pas méchante,
simplement sotte cumins le chardonneret est goulu.
11 y a les malins, comme le roitelet.
Il y a par-dessus tous les oiseaux élus, bénis : la bergeronnette
fidèle et confiante, l'hirondelle généreuse qui, lorsque le geai dénon¬
çait la cachette de l'enfant Jésus à Hérode — Jol ffabelatl — couvrit
de
chant le bruit de la dénonciation, qui en toute occasion pour¬
chasse les ennemis de l'homme : serpents-, moustiques, etc...
Il y a enfin le rossignol, l'oiseau poète-.
B

ristique. Le monde des oiseaux est
la sagesse populaire a peint une
tournée en ridicule.

urne petite

!

on

son

y a le coq,
tional de cette

témoignage

A

évident de

bouches enfantines ou
prêté le chatoiement
et le vers libre,
intérieure du vers —

bouquet de contes recueillis sur des
mais toutes populaires, Perbosc a
versification variée à l'infini tous les rythmes
richesse de rimes inégalée, une musique
ce

vénérables,
d'une
une

le héros sympathique, si j'ose dire na¬
pareille à celle de Chantecler,
la parenté étroite des familles françaises.

le brave coq,

humble épopée, âme

�—

imiiátive.

128

—

ou abstraite
supprimant toute monotonie, eu un
métier poétique prodigieux.
.Le ton de'ses poèmes va tde la verve la plus familière au
—

mot

un

le

plus

lyrisme

pur.

Aux contes bâtis par l'imagination
vulgaire,
aisé de récit qui convient à des thèmes tout

Perbosc prête

ce

tour

imprégnés de cet ascé¬
méditerranéen, sans duretés : élégance morale des races latines,
quoi s'exprime la joie de vivre sans besoins.

tisme

par
Dans la fantaisie inévitable d'un recueil

comme ce

Livre des

oiseaux,

Perbosc a établi l'harmonie par la
composition. La poésie pure en¬
châsse et unifie la succession de ces histoires de tons si
divers, éclaire

bucolique.
première page paraît la Pastoure qui

son sens

A la

...garde deux troupeaux,
l'un de moutons, l'autre d'oiseaux.
A

mi-chemin,

une

halte

désaltère à la Fontaine des colombes

nous

:

Dans cette fontaine il me semble voir revivre
tout l'enchantement, du
passé lointain,
dans ce petit cirque perdu de notre

qui n'est hanté
et le livre

se

l'orme

sur

que par

Qucrcy
les oiseaux et les Bergères.

le chant

d'espoir des

coqs :

Nous ferons lever l'aube
pure
des patriales résurrections.

Le dernier signe qui vienne marquer l'œuvre de
Perbosc, et de
caractère le plus haut, c'est-la restauration
par lui réalisée d'une
graphie occitane, digne de ce nom. Rejetant les errements, inévita¬
bles peut-être, de l'écriture félibréenne à ses
débuts, délivrant la
son

langue d'oc du ridicule de la graphie phonétique, il a redonné à notre
parler une esthétique orthographique qui la met au rang des langues
latines, la rattache à ses sources et la préserve de la déliquescence.
Si ce mérite a paru et paraîtra le,
plus grand à tout esprit éclairé
et désintéressé, il est
aussi, comme il est facile de le comprendre,
celui qui a fait scandale dans le Landerneau des «
félibrillons ». Le
mécanisme de cette indignation est facile à saisir. Il
s'apparente au
désespoir. 11 est trop clair que ce n'est pas l'œuvre du fondateur du
félibrige que va jeter dans l'oubli l'abandon de la graphie mistralienne {prévue d'ailleurs et
préconisée par Mistral). La gloire de
Villon ne souffre pas d'une orthographe
archaïque. Mais pour tous
les Méridionaux qui n'enfourchèrent
Pégase qu'avec les hésitations
de l'âne do Buridan et qui firent à leur
langue maternelle l'honneur
de lui confier les accents qu'ils n'auraient
peut-être pas osé traduire
en français, c'est une cruelle désillusion de
voir le fruit de leur ins¬
piration menacé de méconnaissance : alors ils s'émeuvent pour Mis¬
tral. C'est l'autorité de Mistral que l'on
invoque, et aux heures d'at¬
tendrissement, sa gloire !
En opposition avec l'émoi des
médiocres, tous les bons écrivains
occitans ont rendu
ont

hommage A l'effort linguistique de Perbosc et

apporté leur appoint à l'œuvré de renaissance par l'assimilation
progressive des règles, qui seule peut mettre un terme à la dégéné¬

rescence dialectale.

L'existence littéraire d'une langue est
conditionnée par une esthé¬
tique graphique subjective, reliant son passé à son avenir. La
perte
de ce caractère est le signe de
l'oubli, pire que la mort.
L'écriture phonétique est une
plaisanterie de mauvais goût. Elle
ne peut s'appliquer
qu'aux langues des peuples incapables d'écrire
eux-mêmes leur langue.
Est-il

rien de

démonstratif

nègres, admirables

comme

par ailleurs ?

la

vue

de

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MÉBECIfiE PRATIQUE

DE

A

L'USAGE

Renfermant la

desçrip'tipïj des Maladies les pins (réqiirn'.tès
Remèdes-pour les prévenir et les guérir.

ABCES.

Amas de pus sous

—

provient, généralepiqûre, d'une fou¬
lure, de carie dentaire. Après
quelques jours, il s'ouvre sou¬
peau. Il
d'une

menl

seul.

vent tout

la suppuration et
hâte la cicatrisation avec-le

glacées sur le front,
sinapismes aux jambes, frictions
énergiques, lavements.
Quand .on a un tempérament
très sanguin, il faut manger so¬

compresses

brement et

se purger souvent.
ARTHR1TISME. — Diathèse

On favorise

On

Sais.

liaume

ACNÉ.

—

amenant sur

Maladie de peau
le visage, la poitri¬

le dos, des boutons avec rou¬

ne,

geurs.
— Les fem¬
à des acci¬
dents pénibles., souvent même
dangereux, quand elles appro¬
chent de quarante ans.-La 'J'oni.lowencc est très recommandée.

AGE CniTI QUE
sont exposées

mes

AIGREURS D'ESTOMAC. —
Trouble de la digestion qui se
manifeste

par

clés renvois à

odeur aigre.
Eaux alcalines ou bicarbonate
do soude, pas d'alcool, peu de

féculents. Si les

tent,

FAMILLES

DES

les meilleurs.

el

la

-

aigreurs persis¬

benzonaphtol

avant le

repas.
—

Est le

signe d'une maladie. L'urine est
mousseuse, elle 'devient et reste
trouble si ou la chauffe et si l'on

quelques gouttes

d'acido

azotique. Soigner la cause de-la
maladie et, on général, régime
lacté et

déchloruré (sans sel).

ANÉMIE.

-•

L'élite du corps

emploie maintenant le
Sirop de Deschiens h l'hémoglo¬
bine, à raison d'urte cuillerée à
soupe à chaque repas. Ce pro¬
duit sérieux est supérieur à la
viande crue et au fer.
APOPLEXIE. — Rupture ou
congestion d'une artère du cer¬
veau. Prévenir le médecin pour
une saignée; en attendant don¬
ner de l'air au malade, l'étendre
la têle élevée, le. déshabiller;
médical

mation plus ou moins doulou¬
reuse des jointures avec (ormes
rhumatismales.
ASTHME.

—

Accès d'étouf-

fement, crises de toux suffocan¬
tes, qui surviennent surtout la
nuit.
L'asthme
ses

crises

est guérissable et
peuvent être calmées.

La Poudre Sais est

ainsi

ce

sinie

que

très effica¬

le Remède d'Abys-

d'Exibard, et la Poudre

ou

Cigarettes Espic.

les

BRONCHITE. —- Inflamma¬
tion des bronches, provoquée
souvent, par une exposition pro¬

longée à l'humidité froide. Toux
sèche au début, grasse ensuite
avec crachats
grisâtres, jaunes
à la fin.
Pour

ALBUM INERIE.

y verse

qui se manifeste par l'inflam¬

apaiser les quintes de

toux, le Sirop Clérambourg, est

indiqué.

La bronchite mal soignée con¬
duit souvent à l'emphysème ou
à la tuberculose pulmonaire.
Le
Pulmosérum Bailly
est

souverain (voir 2e page' côûv.|
Ecrire à M. Vincent, 8, place

Victor-Hugo, à Grenoble, qui
indique gratuitement un moyen
de

guérir les maladies -de poi¬

trine.

BRULURES. —? Superfoielles, les laver à l'eau chaude
bouillie, compresses de pomma¬

l'oxyde de zinc.
Quand les brûlures sont profondes, acide picrique au milliè¬
me; appeler le médecin.

de à

CATARRHE.

l'asthme

—

caractérisée

Forme
par

de

l'op-

♦

�28
pression permanente avec ex¬
pectoration d'humeurs glaireu¬
ses,

comme

dans le

bronchite. La
très efficace.

rhume, la

Poudre

Sais

est

CLOUS ou FURONCLES. —
Petites tumeurs pointues et dou¬

loureuses

au
toucher, sous les¬
quelles s'amasse du pus.;

Pulvérisations

antiseptiques,

badigeonnages
d'iode.

Le

à

la

Baume

rapidement.
COLIQUES

teinture

Sais

guérit

HÉPATIQUES.

Douleurs violentes accompa¬

—

gnées de vomissements et provo¬
quées par le passage d'un calcul
dans les canaux biliaires. Pen¬
dant la crise, piqûre de morphi¬
ne,
bains
chauds
prolongés.
Après la crise, suivre un régime
sévère que seul peut prescrire

le

médecin.
C 0 N G E S TIO N

RE.

Dans la

—

P U L M O N A1

traitement convenable.
CONSTIPATION

(voir aussi
Laxatifs). —- Cause initiale du
plus grand nombre de nos mala¬
dies; elle chargé le sang d'impu¬
retés, en retenant dans le corps
tous les déchets que l'organisme
n'a pu assimiler. Elle provoque
des boutons, des rougeurs de la
peau, le ballonnement du ven¬
tre, la somnolence, les hémorroï¬

étourdissements;

elle

est à

l'origine des engorgements
foie, des maux d'estomac.

du
Il faut

se

purger

régulièrement.

L'usage des Pilules Bosredon
assure

là liberté du. ventre.

On peut prendre aussi la Tisa¬
ne Borinard; antibilieuse et anti-

glaireuse.
Un

sérieux

régime,

peu

viande et des viandes

légumes abondants,

d'épices,

blanches,
miel, pain

lavements
par-dessus tout,

CONVALESCENCE.
de Deschiens
une

de

pruneaux,

à la glycérine et,
do l'exercice.

à

Sirop
l'hémoglobine,

cuillerée à chaque

—

remis.

colères, blessures,

ou

Les convulsions sont

Jtrès dan¬
quand elles sont pro¬
longées, il faut les soigner d'ur¬
gereuses;

Bains Tièdes de 20 minu¬
tes, sinapismes aux .jambes, gla¬

gence.
ce

sur

la tête.

Appeler le méde¬

cin.
^

COQ! E L U C I! E — Toux
quinleuse d'origine microbienne
qui affecte principalement les
.

enfants,

La coqueluche débute
légère, bronchite; après
quelques jours, la fièvre dispa¬
rait tandis que les quintes aug¬

.par une

d'intensité

mentent

la circulation. La toux,' la diffi¬
culté de respirer, les crachements
de sang sont les symptômes gé¬
néraux de cet état; il appar¬
tient au médecin d'instituer le

des

.qui envahissent les muscles du
corps. Les convulsions sont sur¬
tout causées par les troubles de
la dentition, vers intestinaux,
troubles de 'l'intestin, émotions

-

congestion pul¬

monaire, il faut distinguer celle
qui est produite par l'inhalation
de vapeurs ou de gaz irritants et
celle qui résulte d'une gêne de

des,

CONVULSIONS
DES
EN¬
FANTS. — Mouvements invo¬
lontaires plus ou moins violehts

et

Traitement

quence.

de

fré¬

bromofor-

:

belladone, antipyrine.

me,

Les

médecins

recommandent

beaucoup le Sirop Clérambourg.
Les

Gouttes

Sap suppriment

quatre jours les accès
plus
forts, vomissements
quintes.
eu

les
et

Traitement infaillible, rapide,
peu coûteux, notice gratis.

Depansier

83,

rue

Mar¬

des

tyrs Paris 18 e.
COUPURE.

—

Si elle est peu

profonde, laver la plaie et rap¬
procher les bords avec du collodion

ou

la baudruche gom¬

de

mée, Si elle est plus grave,
quer un
de

toile,

appli¬

morceau d'amadou ou

défaut

a son

en

plusieurs épaisseurs

serrant

assez,

de ma¬

nière à obtenir la formation
d'un caillot qui devient iibreux
et ferme la plaie.
COURBATURE.

—

Sensa¬

tion de brisement dans tous les

membres, lassitude générale. La
courbature
de
nes

se guérit
par le repos,
grands bains tièdes, des tisa¬

sudoritiques (bourrache), dos

frictions, du massage. Faire
Topique. Bertrand.

usa¬

ge du

CROUTES LAITEUSES. —
des
Maladie
enfants.
Croûtes
desséchées ou humides, sur la
l'ace et la tête et accompagnées
de

démangeaisons.
Affection
déprimante pour
,

douloureuse et
les

bébés.

�129

—

Kamou balni balnougol

—

bouguêdyi,

Miso misi misougol biràdan.
Fawrou woulli, dikoladdé, dgâboké,

Ndénnl danêdyo
Le ciel
Une

wéli goundodâdé.

prend le bleu de la guinée (l'étoffe des pagnes, c'est l'annonce
de la tornade).

pluie fine tombe avec le bruit du lait qu'on trait.

L'hyeno a pleuré, le lion lui a répondu
C'est le moment où un jeune homme blanc (de pure race)
est agréable pour le chuchotement amoureux.
La jeune femme indigène, pour expliquer le dernier mot à l'Euro¬
péen qui a noté la chanson, lui dit : « Tu approches la nuit d'une case
où un jeune homme et une jeune fille sont couchés, tu les entends
parler tout bas; c'est cela goundodâdé. »
La jeune négresse qui dictait ce poème et l'expliquait si bien,
avait sans doute une âme poétique charmante, et la méthode pho¬
nétique, merveilleux instrument scientifique d'étude objective, a
permis à l'ami de qui je tiens le document, dans ce cas et dans bien
d'autres, de recueillir un poème ravissant; mais je ne vois pas très
bien un poète français dictant des vers à un secrétaire qui les note¬
rait par la même méthode. Pourquoi refuserait-on la même autono¬
mie à la langue d'oc ?
Certains occitans qui se trompaient dans les polémiques de gra¬
phie, sont revenus de leur erreur. 11 y en a peut-être encore qui se
trompent de bonne foi. Ils persistent dans l'erreur la plus absurde
et la plus inféconde; c'est tout ce que l'on peut en dire.
La grande œuvre de Perbosc n'est plus aujourd'hui contestée.
Aux yeux d'un occitan, son mérite linguistique restera le plus pur.
Dans la langue qui peut nous être la plus chère, il a écrit des poèmes
qui, pour la perfection et le raffinement technique, ef par l'élévation
poétique, seront placés,—quoi qu'il advienne de la langue d'oc —
à côté des meilleurs modèles de littératures plus favorisées, et c'est
cela qui peut nous être agréable.
Des peuples qui avaient eu une part à la vie du monde aussi grande
et plus que celle du nôtre, ont vu leur gloire s'éteindre et la civilisa¬

tion ne s'est pas arrêtée. Oc
donné une vie noble à notre

périra aussi. Mais que Perbosc ait re¬

nôtre,
les voluptés d'Horace et les plaisirs de
raison que nous ayons de croire en
parler, et que, dans cette langue

il nous apporte tour à tour
La Fontaine, voilà la meilleure

l'avenir d'oc.
C'est pourquoi nous

admirons Pebrosc et nous3l'aimcns.
Camille Soula.

LO

LIBRE

DELS AUZELS

Poème de Antonin PERBOSC
Un volume 10 jr.
aux

Editions

LE

Lisez la

«

Occitania

Paris, 6 Passage

LIVRE DES

REVUE
Ses

8, Rue
Série E,

»,

Verdeau

OISEAUX

HEBDOMADAIRE

chroniques Occitanes

Garancière, Paris (6e)
F- IX

�LA COUSSEÏO E I/ESGAUIIO-LEYT
Persounatges

Zephihín

:

onie

Catauno

:

henno

boun

Anneto : maìnado
bira.

ejant, més le

coumo

las

eau pas

lira dau

balho

cadun

eau...

amislouso, sap

Zoè Tourneseç : bèlo-mai dou
de mès machanl, la plan a

Zéphirin
boun

pas.

fricot.
decops decaps qui se

pas

a

: se

pot

soun

pas

bese

arren

co.

cop jbe blsto
Ier Acte.

—

II® Acte.

—

Ban

feni per

se

balte.

Se boulon d'accord.

PREMIER ACTE
Ban feni per se

batte

SCENE I.
Zéphirin (Zéphirin redresse une gulhade). — Be soui jou
countent de m'este maridat... La praubo mai que m'ac auèuo
tant recoumandat !... Ali ! la praubo !.. Aco tiets qu'èro uno
bouno henno..1.. Que de cops s'a tirât le mos de la bouco enta
l'en balha tout gnacat !... Praubo mama !.. La
grano se ni perdudo... ne crechen pas niés, liennos coumo aco, aro !... E se

parli atau, bous at poudets

pensa... ei cáucoumet aquiu... au
cloutet de l'estoumac que m'escots.... Boui parla de la bèlomai !.... ero ja i pas morto. At beirats tousten,
ço de boun s'en
ba... ço de machant demoro,... (on fait
du tapage). Enteiii

escloupeja... aube s'èro éro e que m'auesso entenut
pensi
perigla e coumo'cau, se m'a entenut (On marche).
Escloupejon tousten !... Et bous ?
La Zoè.
(sans paraître) Soui jou !... Que boulets aro ?
Zéphirin,
Arren!.... (à part) surtout que boun
angots.
La Zoè (en faisant du tapage ei remuant les
choses). — Que
le diable s'en ac porte tout pusque s'en a
pourtat l'embueade !...
sampa que ba

—

—

Le Zéphirin
harats pas

mous

Que corcats ?

(à part). ■— E que se boun porte a bous tabe,
ni do ni nacèro... (plus fort) : Qu'auets perdut?

La Zoè. (toujours cachée). — Que
dits. Cerqui ço qu'ei pas.
Le Zéphirin. — Bous auets pas

cerqui !...

que

oerqui ? ça

tirât nat; uelh !..

�—

La Zoè.

—

Au

Le Zéphirin.

(La Zoè s'en

mens
—

va,

—

bous cerqui pas a bous.
tapoc.
trouvé, à force de remuer, ce quelle cher¬

que

Jou

elle

Í31

a

chait ).
Le Zephirin. (Il regarde par la fenêtre) —- Anauo embuca
las aucos e s'auèno desbrunbat l'embucadé !.. Praubos aucos !
Pensi sempa se carnon trop en las embuca, que ba carna éro
tabé... e se bon pas empassa le milh, l'as hac hara passa a
rebiro

pas

man... e

quand les alizé la garla-mèro à las aucos, aura

pôu de las at crouchi... Dechal-lo parti... le

enta embuca toutos las

de pax, en

aucos

eau uo ouro

!... aquero ouro, sera

aci uo ouro

aqueste cournè....
SCENE II

Zéphirin est toujours seul, mais

sa

fille

va

arriver.

Zéphirin. — Me eau desbrounca aquesto gulhado
laura douman maitin.... (Il crache sur la pierre, répand
avec

le

ent'ana
la salive

doigt et aiguise le couteau). Sabets pas perque?...m'es

touni que bous at figurets pas !... Jé, pas mes tard que jé, •—
la belo-mai angouc laura e coumo ero couliado de trauès....
i cridauo darrè las bacos e las embricalliauo de cop d'aguilhous...
Las praubos bestios èron trauquilhados coum'un crièt passade
e le sang coulauo a riuèro.... èro pas prou de las agulha.... t'an-

alounga un cop de gulhado à la reguèro capbat las costos
truquée coumo le ha are dambe le grand martet.... La gulhado
petec coumo beiro e s'embricalhec en très trosses.... m'en eau
hè gnauto.... s'èro pas aco, serio jou countent de m'este man¬
dat.... Pramo sabets qu'ei uo mainado !.... — parli pas de la
gouc
e

henno

—

i pas ni crabo ni caulet, rnès parli de la mainado,
! Aco qu'ei uo mainado !.... (Pendant ce temps elle

ero

la prauboto
entre ).

-Anneto. -— Que hasets papa ?...
Zéphirin. — Tè, ès aquiu.... parlaui
Anneto. — A qui ?.. A la gulhàdo....

de tu ?..

Tout soul...
Coum'un .pec ?
Zephirin. — Coum'un pec ! ça
Zéphirin.

Anneto.

—

—

dits
at sabès bien qu'en
de tu.... Anem, hem-me un poutet s'at sabés?...
(L'enfant câline s'approche de son père et l'embrasse). Anen
bouto-t aquiu.... sus aquet cadieroun... Broco tu, jou bau alisa
la gulhado e ban debisa tout dus (Il aiguise de nouveau le cou¬
soui

teau

pec

ioul-à-Vheure).

comme

Anneto

(après s'être assise).

gulhado ?
Zephirin.

Anneto.
Zephirin.

—

—

—

Qu'en bos hè d'aquero

Ço que se hè d'uo gulhado.

L'auto ?

—

L'auto ?... demando-l'oc a ta mairio... Aquet
bira le cap pr'aci. Je — pas més

chamôu de henno me hara
tard que jé — entout laura

dambe bacos magnégos et agidos
jou las boutario a la potclio, si engualharen
e caboussejaren pas.... èro, ren qu'ana laura — e i hasèuo boun
ero un plasé — ero pas ni du, ni motch, — ero atau qu'at boui
ren qu'ana laura, auèuo pas cabejat très abourdous, las
auèuo embricalhados coumo se l'escourgiu i èro passât. Le

coumo

—

gna pas •—

�—

132

—

e de bijarrario, prengouc la gulhado poii cap de
l'agullioun e pim pam coumo qui assoumo. — Boulerio qu'estesso baco, at beire si boun de caneja las esquios a cop de man¬
ges de gulhado.... I ta mairîo e aco per tant que hascoi l'an
podi pas empatcha, mès se sabèui qu'un jour èros la mintat

machancetat

sai pas ço que bario.
éro e be
Anneto. — I bielho e si bijarro i le bielhè que s'at bo.
Zephirin. — Le bielliè !...' Le bielhè !... se counech qu'es

coumo

pas qu'uo mainado...
Anneto. — Uo mainado que counech pas ren !...
Zephirin. — Ou grand causo...
Anneto. — Mès que bous aimo bien (Elle embrasse
veau

son

de nou¬

père).

Zephirin.

Flatouno bè!....

—

SCENE III

(La mère entre)
— Ta mai !
Catalino. — Ta mai!., ça dits... Ta mai!... E be que le
bos a la mama !.
Zephirin. — Jou le boui pas ren, mès i ero que m'en bo !...
T'ahiscos bisti
Parli pas d'éro... parli de tu e disèui a la
drollo : Ta mai
m'as pas dechat acaba... ei encuè le mot

Le Zephirin.

aquiu au cap dou cot, coum'un grun de milh. Bouleui dise

Ta mai arribo !.. I

Catalino.

•—

pas mau en aco....
At sabèui pas !

Zephirin —At saberas
ta

:

a

aro

!... Sabés

qu'aimi pas à la hurga

mai, mès mi portes pas.

Catalino. — En hès
dambe toun dise

un

sai pas ço que,

d'aqueste cournè,

Zephirin. — Se jou en hèu un « sai pas ço que » au mens
que sai — e tu tabe — ço que ta mai ne hè.... ne hè un infer....
Catalino. •— Les omes !.. (elle hausse les épaules).
Zephirin. —; Las hennos !... Un infer, te tourni dise, e ta

mai i le demoun d'aquet infer... le demoun en persouno !...
e le manco pas ren ent'aco.
Anneto. — Papa, parlats pas a prepaus...
Le Zephirin. — A tu, t'auran, aro, capbirado en pramo

t'at tourni dise : se sabèui que bengoussos uo brico, ren
qu'un petito brico coumo ta mairio... e be aco m'estoumagare
que

fet....
Catalino. — Ço qu'ei praco de nous aus, — poudèn pas
aue un moument de boun.... quand s'esclarich... auta lèu si
a

abarrejo caucoumet e çoumenço le sabat...
Le Zephirin.
Praco... en coumbengués qu'ei
aco, pusque i le sabat.
—

un

infer,

pouireń ta bien endebengûe.
Endebengûe ?.. mous pouiren endebengûe
ça dits.... Dambe tu, o, mès dambe ta bèlo-mai aco sera pas
jamès... ou sera quand les rats se pourtaran a pilharot su l'asauio des gats.
Catalino.
Dempus quauque temps, sai pas per que, as le
cap au rubès.... t'an charmat ou i coumprengui pas ren... Autes
Catalino.

Mous

—

Le Zephirin.

—

—

�—

cops

aci,

en

man, e aro

133

—

aqueste courné, èro un plasé, èro plané coumo
i tout bruchots, i tout arrupos !

la

Zephirin. — Per un cop t'i oscaijes... as pas cent cops, mès
milo cops rasoun, ero un plase d'este aci... Sabés bien, se bos

machant... Se me sabèuon amena, à jou,
haren batisa un calhau,... me haren marcha
pè descaus su las restoulhos... Draubiste l'estoumac... e parlo... I bertat ou i pas bertat... sulamens m'at birat tout sou
dauant darrè.... Me caperats d'affrounts... Me harets passa per
parla, que soui

m'en

banti,

pas

me

pec... e pourtant

ei pas jam'és tort....

Jamés tort.... N'as

toupet.... N'as pas tu tâbé
arrajados de jalousie, de bijarrario, de machancetat... ? Dits
que nou, se gàujos ?
At bos, at boui.... Qui n'en a pas.... mès enfin
Zepiiirin.
Catalino.

—

—

n'ei de bounos tabe

Papa... le men papa (elle embrasse son père)
pépin, le qu'èro le toun papa, disèuo decops : « eau
prengue la bito coumo eau : crousto e mico....
Le Zephirin. (Il lui fait une caresse). — Tu qu'es gourmando e qu'as de bounos dents te decharei la crousto e jou minjarei
Anneto.—•

le

men

la mico.
La Catai.ino. —E jou alabets !.
Le Zephirin. — E tu té décharan ta mai. e la te decharan
touto.
La Catalino. — Bengueras liol dambe toun rimatuèro
tousten le mémo !...
Anneto. — Bats tourna coumença
La Catalino. — Soui jalouso, jou....

?....

(Annetle embrasse toujours son père).
Per que ?
La Catalino. —■ Soui ta mai ou soui pas ta mai ?... Me semblo pr'aco que meriti autant que toun pai.... un poutet jou
Anneto.

—

tabe ! Soui pas ren aci
Anneto. — (Toute

?
confuse et en pleurant, elle va embrasser
sa mère.... les larmes Vempêchent de parler).
Le Zephirin.
At sabes qui douço de co !..
La Catalino.
L'ei pas mau menado.... I jou qu'aurei
tousten tort (La mère embrasse son enfant).
Le Zephirin. —Bau bien parla....
—

—

La Catalino.

—

Sera

pas

trop lèu....

Le Zephirin. — E be i bertat,
tos passos, mès qui n'a pas ?

soui bijarre, n'ei de machan-

quin ei le que se pot pourta aquet
bantat ?... Qui ? Ni tu, ni jou, ni digun.... Cau un cop ou aute
tira
la
se
prusèro de las camos.... cau un jour ou gnaute se
retroussa las manjos e se balha uo fretado a rebiro pèu.
La Catalino. — Enta que ?...
Le Zephirin. —* Enta hè pas tousten la même
La Catalino. — Es hol aro !.. E après !...
Le Zephirin. — E après.... ne sai pas mès....
atau mès soun pas pr'aco tousten

causo !...

les omes soun
penjades.... tandis que las

hennos !....
La Catalino.
Le Zephirin.

tout

—
—

Que les bos ?...
— oh ! pas toutos

Las hennos

—

n'y a de

partit, de tout bent. *

La Catalino.

—

En aquin bent me hès marcha.

J,B ^BPifiRiN.— En

aquin bept ?... Aco flépent ! tantos j le

�boun... tantos i le machant

-,

(Pendant ce temps an entend quel¬
qu'un qui crie dans la coulisse)
Ta mai... amagùe'm-mous detras le ridèu... Bats bese....
Toutos duos !.. Jou m'amagùi aci. (En un clin d'œil les chaises
sont occupées) et presque aussitôt arrive la belle-mère en
faisant
des

gestes de désespoir,

SCENE

IV

Zoê. — La mes bèro de toutos... la mes pòulido... Be soui
malerouso... Si estoufado.... Bisti un coutet.... (Elle crie cela
en

entrant-, elle l'avait déjà crié derrière la

menant

la scène.

coulisse). En

se pro¬

Troubarei* pas aci un quiti coutet !.
Praubo beStio... disé que si m'ei estoufado dauant jou... a
jou
bist... anëuo le gran aquiu au bèt cap dou cot (elle montre à
son cou) e
prenguèuo peno, alateja, cabousseja, bira e rebira
sur

—

les uelbs a la rubès, basèuo
pas qu'aco e après uo darrèro
hautido se pato-birec, calèuo bese aco, basèuo biene le co, e
auta lèu morto. (Elle s'entrave à la gulhade en
causant). Aco
tabe enta bè mes bisté... Aure
pas manquât qu'aco se m'auèui

coupât la camo ou deslougat le muscle.... (Elle prend la gulhade
et avec rage, elle la coupe en trois ou
quatre morceaux). Atau sera
pas a l'embarras. Le Zppbirin si pas countent que se countente.... Entau bè bisca bau prengue le soun coutet.... e bisté
bau sanna aco de basti : quino
perto ! aura pas qu'un bidge
petit coumo un ueou de gario. (Elle sort vile) Pendant ce temps
elle regarde le couteau et de rage elle le
jette en disant : E dise
que sera le coutet d'aquot oumenas que ba sanna la praubo
auco. Le boui
pas, m'at reprouchare touto la bito surtout se
l'i arribauo arren. Be-t-en machant
coutet, auta macbant que
toun mestre ! ! (Elle le jette contre le plancher avec
rage et le
couteau se brise... Elle le regarde un
moment). Bop ! tant pis
per et.... gnaura coutets qui serei pas jou.... e bau milhou que
se sio desmantibulat et
que jou
Le Zepbirin sabera pas qui
ac a het.... se sat
flguro le direi qu'ei pas bertat.... Le coutet
rai... i l'auco que m'auejo.... bau
prengue la coutèro de talha
las soupos enta la sanna... i mes pouncbudò... mès cresi
qu'arribon eres... i le
cop de parti a bento-terro empramo que se le
men gendre me troubauo aci e
que besousso la gulbado en très
trosses e le coutet desmoulit, ne.liare uo gorjo d'armari
e crits
a bè
carrinqua las bitros, Cresi qu'arribo.,.. M'en bau a hutos.
SCENE V

'

Le Zéphirin. — Pas prou bisti
(Zéphirin qui
derrière le buffet, sort tout d'un coup et F attrape

s'était caché
par le bras).
pròu bisti cbarmailto madame, pas prou bisti . (Pendant
qu'elle veut se dégager) &amp; ensagets pas de bous escapa, bous
tengui coumo diguens un estoc....
Pas

Zoè.

—

A l'assassin... A l'aSssassin...
— Poudets crida mès liort !...
Me tuo !... Me tuo !...

Le Zéphirin.

Zoé.

•—

(Pendant

ce

temps sortent de la cachette mère et fille).

Le ZebhirW.

—

T'at disèul

qu'èro

uo macbanto

bestio,

�135
ta mai... auèui tort

ou

aro....

Zoé — I pas
Le Zephirin.
tidos tousten

e

la

—

auei rasouh Y.. Poùira pas

dise

nou...

jou !...

I pas bertat!... Ei pas liet arren !...
T'at disèui que sap pas que desteca menlas embento talomens grosses que s'en birare
—

ploujo quand plaure pigassos.
Zoè.
Menturo jou !... n'ets bous tabe mentur !
Le Zephirin'.
Bous i tènguen au ratè. Aquero praubo
gulhado.... Jou qui m'auèui esquissât le uelh enta guigna s'ero
dreto... auèots pas la chatiquo au moulede dou julli... clic,
clac... le temps d'un limbret.. enta la coupa.
Zoè.
Que boulets dise que bous ei coupât la gulhado...
jou !... l'auèots dechado aquiu a tout trauès de la cousino, au
paroufle coumo de tout, i ei estrabuquat m'i soui drabado...
mi serio pounsudo tua !...
Le Zephirin. —-la estrabuquat, ça dits, e gi ei drabado !...
Au mens la bosto lengo, ero, si ei pas drabado... E le coutet... ?
Zoè.
Quin coutet. ?
Le Zephirin.
Quin coutet ? ça dits... Aquet coutet que
se trobo mau per terro !
Zoè.
At sai jou... Se se trobo mau que s'at bire, m'arribo
mès d'un cop a jou tabe de me trouba mau ! Be soui malerouso
moun Diu... digun que m'ajude, les mainatgesau jour d'auei...
ei coumo se n'aueots pas... s'auèuon praco perpauc-de co... at
beses âro coumo m'ameno le toun orne...,
(Elle s'adresse à sa
fille). Qu'en pensos d'aco ?
—

—

—

—

—

—

Catalino. — En pensi pas ren.
Zoè. — En penso pas ren ? Au

ma" fuè !... Quin sang mort

qu'es...
En eau de tout...
Catalino.
Zoè, — Ço que se eau entene... jou, praubo simplo... qu'en
crèbi de peno aci enta eres... uats coumo hen !... (Elle se met
à pleurer). Si pas triste !
Zephirin. —*■. Aro que ba brama...
Zoè. (En prenant le mouchoir). — Maclianto bestio... bous
arribaran las bostos a bous tabe..:.
—

Le Zephirin. — Se bous eau un lanço... en cas que le moucade sio pas prou.... enta ecliuga las lermos, le bous anguerei
cerca...

besi. que les auets engourgats a deboun

pramo que

les uellis...
La Zoè. — Ah ! bous boulets trufa de jou e
boui hè bese qu'ei pas pôu... bous boui hè

be aco i dit, bous

bese ço qu'ei uo
jou.... D'uo faiçoun ou de gnauto eau que s'acabe
aço... n'ei l'estoumac rasé...
La Catalino.
Prou atau... anen carats-bouts I...
La Zoè.
I tu que te cararas ou que te coupi les pots...
es tu la causo de tout. Se m'auèos escoutado aurès boutât le
henno coumo

—

—

quand arribec aci... boulous tira le toun
sabes ço que t'a coustat... At sabés, ne parlen pas...
La Catalino.
Marna... marna... Si bou plait pe l'amour de
Diu... Me hascos pas bese nat hasti...
La Zoè.
Carot-te dis!., pusque me bos pas ajuda a me
defende, me defenderei soulo e me batterei se eau... mès aurei
le cap de lier... (En colère et sans ij prendre garde elle se coiffe
d'un grand chapeau qu'elle me les jours de pluie et de soleil).
toun ome a la rego

cap:.,

—

—

Le Zephirin,

—

Se bouto le

capet a duos aigos, se bo bira

�—

136

la bouhado... (Il s'adresse à sa femme el cela exaspère encore
davantage la belle-mère).
La Zoé.
Me jitets pas trop de peiros diguens la canço
—

pramo que se las bous tourni, las bau hè brouni....
Catalino.
Se boulets pas bous cara prumo de jou e prumo
—

d'arren...
un

carat-bous prumo

au mens

poulit catechime

e

le balhats

un

de la mainado, le hasets
bet exemple.... aura un

rebut de tout.
Anneto. (En pleurant). — Ah ! oui de tout.
La Catalino. — La harats counsoumi d'auéjè, et quand sio
touto macado, quand sio touto frouncido... que sio malauso...

que benguo touto trosso coum'un heritoun, sèrats countents.
Anneto. — Tant mielhou... Se poudèui mourilèu, au mens
serio erouso... [Elle jelle son mouchoir plein de larmes et s'en va).
Zoè. — Oui serais causo de tout...
Le Zephirin. — Soui pas machant... at sabets, mes se mi
hasets bouta.... trobi que le sang bourich... e se jamès le me
hasets bouri trop, respouni pas d'arren... bous boui hè bese aci
entre
La
Le
La
La
Le

quate parets las eachinos de la mort.
Catalino.
Malerous... Qu'as dit...
Zephirin.
Ço qu'ei dit ac ei dit... m'en desdirei pas...
—

—

Catalino. — Mous ba arriba un malur...
Zoè. — Barloquo....
Zephirin. — Jou... uo barloquo !
La Zoè. — Bous !..-. Oui bous e pas jou ! Feniant
Poudets bira la gorjo... me hasets pas transi....
Le Zephirin. — S'èrots pas uo henno !
La Zoè.

—

!... Galè...

Quand serei pas un ome, i a de hennos

que an

pas pou d'arren e jou at saberats soui d'aqueros e me hasets
pas transi bous tourni dise... Toucam-me se gaujats!
Le Zephirin. — Se gauji ça
La Zoè. •—Bous hèu pietat...

dits !... Me hasets pietat...
N'ec d'aqueres que saben aue

pietat... Bartolo !...

Le Zephirin.
Prou atau !....
— Me cararei
pas... me
tousten ço qu'ets : un bijarre, un
La Catalino. — Moun Diu...
—

La Zoè.

mous

ba arriba malur !...

Le Zephirin.

—

Carats-bous

qu'il a sous la main)

ce

harats pas cara... Bous diren
jalous, uo machanto bestio.
aujots pietats de nous aus,

:

ou qu'ac
coupi tout... (Il attrape
le chauffe-lit).

La Zoè. — Ah ! i boulets hè a de boun. E be ! A de boun i
ban hè (Elle attrape ce qu'elle a sous la main : la
coussèto)
Ils sont tous les deux en face l'un de l'autre el ils se donnent un

grand coup sur la tête pendant que la fille essaye inutilement de
les

séparer.

Pendant

ce

temps le rideau doit tomber

en

tombent les deux combattants rossés de coups.

même temps que

�—

137

—

DEUXIEME ACTE
SCENE I

(Annette loule seule... la tête appuyée sur la lable... elle la
essuye ses yeux).

relève...

Annetto.

—

Ei tout ço que

Me manquo pas ren...

tout me ba a la

daûant...

boui... ei de tout.... ta-plan soui pas countento..

Aimi bien la

marna

e

Diu sap se

m'aimo bien éro tabe....

jalouso de jou... Me croumpo tout ço que boui, e ço que boui
pas... tout ço de més b'et... trobo pas digun coumo jou, nado
mainado poulido coumo jou... nado mainado balento coumo
jou... e ta-plan soui pas countento....
Ei

Aimi le papa...

e" et

se

desgruio cadò jour enta jou... tra-

Se soui praquiu me quitti pas des
attrapat e jou tabe... me uerdo pas
mès, sulomens lié pas qu'ensemblant... empramo que me
bets quand mémo e ta-plan soui pas countento.
Aimo la memi, èro m'aimo à la peguesso... me brumbi quand
m'agrounçauo, me minjauo de poutets, aro m'embricalho de
joubirios... me bets oun soui pas... me crets pertout , pot pas
biue sense jou !... s'ou manqui, pot pas alena... Se passo de tout
enta jou... se caucournet m'auejo, si bouto en trauès e se hare
espouti prumè que me decha soufïri... et soui pas countento....
Per que'?... Manquo pas ren aci.... e manquo tout,... I ei la
santat, uo bèro causo per sigu... i ei pas la pax. Le papa pot pas
suppourta la memi, eau pas que la'nteno... la memi pot pas
senti le papa... quand se trobon... les uelhs le sourtichen dou
cap... e la marna, au miei, sap pas decaps qui se bira.... I malerous moun Diu, tout aco !... (Elle retombe sur la table et pleure).

balho pas qu'enta jou...
nellis... se le uerdi i tout

SCENE II

(Sa mère entre)
La Catalino.

plouros ?

Anneto.

—

Encuè caucournet de deslougat ! Enta que

—

Plouri pas ?

La Catalino.

—

Que hès alabets ?

Arren.
Catalino. — Arren ça dits. At besi bien que

Anneto.

pusque

—

plouros. Es malauso

Anneto.

—

Nani.

Catalino. — Es countrariado
Anneto. — Nani.
Catalino.

—

Toun pai te

hès caucournet

?
?

countrario empramo que se disputo

dambe ta mairio ?...
Anneto.

—

Catalino.

que

Nani.

—

Alabets ei ta mairio que te hè ploura ? E bq

bos i bielho ?

Anneto. — Nani i pas
Catalino. — Alabets

Anneto,

—

la memi.

i jou ?

Nani (Et elle

embrasse sa mère).

�138

—

Catalino.
at bos pas

caucouniet de

a

mes ou

de

mens

?...

dise ?

Anneto.
Catalino.

—

de

Enlin i

—

—

—

coupât ?

Nam.
Oue nani ? At bos pas

dise

ou

i

a caucoumet

Anneto. —-la pas arren...
Catalino.
Arren !... Nani !... pot pas dura s'ei
pas cau¬
coumet atau, es malauso... s'es malauso se cau!
ana côutcha... 1
bas ana au leyt de suito... te
pourtarei bouilloun, tisano, ço
que calho...
(L'infant se lève pour obéir en pleurant et s'approche de sa
—

mère).

Anneto. ■— Te podi hè un
poutet marna?...
Catalino.
Podes. (Elles s'embrassent et sans mot dire la
fille passe de l'autre côté.)
—

SCEŃE
(Le père entre, il voit
Zephirin.

—

coumo uo

III

femme toute chiffonnée).

sa

Qu'as ? Es touto gauto-stirado. Es graciouso

porto de presoun...
Catalino.
Aquet mos de mainado-beng de
en coulèro.
—-

Zephirin.

—

Catalino.

—

Per que ? Ero tabe aro ? Ta mau

Pas aco, nou

: au

countrari

arren.

a

me

hè bouta.

respounut ?

pas respounnut

Zephirin.

—
Qu'ou demandauos ?
Catalino. —L'ei troubado aci, les uelhs
engourgats de plous.
L'ei demandât ço qu'auèuo,. Ń'ei
pas poudut tira arren...

Zepi-iirin.
Catalino.
Zephirin.
Catalino.

—
—
—
—

Arren ?

Quand

se

dits

arren...

I malauso ?
I pas malauso.

Zephirin.'— I jou prumo de la
disputo que l'ei countrariado ?
Catalino.
Nou.
Zephirin.
Sa mairio ?... ero,
béleu ?
Catalino.
Tapoc.
—

—

—

Zephirin.

Diu este sa mairio ?.. la
praubo mainado i bien
hè machant sang
prumo d'aquet utïs.
Catalino. — Té disi qu'ei pas
sa mairio.
Zephirin.
As pas coumpres
arren ?..
Catalino. — Arren : aqueste maitin ei entenut
que draubichèuo la tireto... s'a boutât le
capulet ei partido au
bouno de

—

se

bilatge...
Zephirin. —; Enta hè que ?...
Catalino.
M'en demandos
trop... belèu i aço. A boulut
croumpa caucoumet, a pas troubat prou d'argent ?...
Zepi-iirin.
N'a d'argent ?
Catalino.
Oue bosqu'auje ? quauque so : sabes bien
qui
—

—
—

teng

pas a

l'argent.

Zephirin. — Uo mainado coumo aco diu.
pas aue un portomounede flac..,. aquiu
cinquaante francs., bouto-l'oc qui diguens...

La Catalino.
Le Zephirin.

^'Cinquante) francs
Cinquante francs
—

bau balha d'autes,,

^TmUlii

?
e sè

gna pas prou,

t'en

�—

13,9

—

La Catalino. — Gna de resto.
Le Zephirin. —Bau tira bord en l'amassa ealou... tournarei

prou lèu enta soupa... Hè fret... que la humatèro de la soupo
la taulo liasco coumo un tuyèu de uiacliino. (Il sort).

su

SCENE IV
— Diu este aco...
boulèuo croumpa caucoumete
pas troubat, prou d'argent ! Au a pas gaujat dise !.. Ideios

Catalino.
aura

(La mère passe de Vautep côté, va verser l'argent de
mari dans la tire-lire de sa fille. Pendant ce temps cl en sens
inverse arrive sa mère Zoé).
Zoè. — la pas.digum... i bien mut tout aço... Decops i a

de mainado
son

trop de brut aro i lefsens coumtro...
(La Catalino rentre). Bou Diu praubo qu'es mau parado...
Qu'as enta este touto pet-frouncido atau ?..
Catalino. — Me hasets pôu.
— Te hèn
pôu : s'aueui un

Zoè.

e noun

pas

jou... Qu'as dounc ?

miralli beirés que la pôu i tu

Catalino. — Arren.
Zoè. — As caucoumet ?
Catalino. — Ei... at sai pas ço qu'ei !
Zoè. — At sai... jou... Té boutos le sang a la
dou pataclan de jacés.... Qu'ei aco. Toun ome,

rubès prumo
le cambiaras

è. Hè
prent-en
de la
tu e etout
Eas..
le partit,
serasera
finit..dit.Se bo lié de l'ase,
saumo

Catalino.
Zoè.

—

—-

Aco rai, i pas aco que me

;;
Qu'ei alabets ?
— Qu'ei ?... Auen la mainado qu'a

Catalino.
per

dessus.

Zoè.

—

derengo.

Ah ! s'ei la mainado,

Qu'a ?
Catalino.

—

L'auran

decliôu

caucoumet...

ei gnaute parelh de manjos.

cliarmadp...

Zoè. — Aube... l'aurait charmado ça dits... Ets bien d'endarrè tu tabe... D'endarrè ou d'endauant, si charmado, Sera

charmado e i a tu a te da orde tout dé suito.
Catalino. ■—- I pas charmado...
Zoè. —■». I malauso ?
Catalino. — I pas malauso... i touto dechom'esta.
Zoè. — L'an hèt caucoumet ?
Catalino. — Belèu ?
Zoè. — Qui ? Jou ?
Catalino. — Pas bous.
Zoè. •— T'ac a dit ?
Catalino. — M'ac a- dit.
Zoè. — Alabets i soun pai... le bets talomen bijarre que
pas

acoustumado encuè... Si hara...

coumo

eau...

Catalino.

e a
—

calut si'liè.,..
I pas et tapoc...

i ei
mi soui bien hètojou e

Que bos sabe ?.
At sai pusque m'ac a dit.
Zqè.
Que le diable s'a entresenat.alabets ?
Catalino. — Jou cresi qu'a boulut croumpa caucotirriet
a
pas troubat prou d'argent au soun portomiounedo.
Zoè.

—

Catalino.

—

—

e

—
Si pas qu'aco, la bau
le boui bien balha uô poulido

Zoè.

mes

uari. Soui pas bien richo...
estrio... Ei un bielh loui d'or

�—

140

—

de 80 francs, uo quadrublo... l'at boui da... l'at bau
l'at boutaras

diguens le porto-mounedo

(Elle sort).

SCENE

Catalino.

E

—

e

ana ceca...

le diras pas qui jou.„

V

jou bau bese coumo ba.. (Elle sort de Vautre
petite fille rentrait à la cuisine toute

côté... Du même côté la

joyeuse.)
Anneto.

Marna... Marna... soui uarido...
A fet ?
AnNeto. — A fet.
Catalina. — Mainado qu'es e que seras tousten. M'as het
hè machant sang tout aro... t'at disi
pas !...
Anneto.
Ei finit de boun lie lié... ei troubat...
Catalino.
Seras tousten mainado... un arren t'amourtich !
un arren te rebiscolo.
Anneto.
Se soui tousten mainado atau bous serats tous¬
ten marna... (Elle Vembrasse).
—

Catalino.

—

—

—

—

Catalino.

Anneto.

—

Bengués de droumi ?

Nani.
Catalino. — Oun èros ?
Anneto. — Soui sourtido.
Catalino.
Oun es anado ?
—

—

Anneto.
Au bilatge.
Catalino.
Talèu tournado ?
Anneto. — Boulaui coumo le bent...
—

—

Catalino.
Anneto.
Catalino.

Enta que ?
De countento qu'èri.
—■
Toun pai que tournoi...
—•

—

As
pas tirât forço countournèro...
haseuo pas bouiï ?
Zephirin. —- Nou...

Catalino-.
Zephirin.

—
—

(Il entre). Ta lèu...
(surpris de voir sa fille) I

Enta que ès tournât talèu ?
Ent'atau.

Catalino.
Ent'a caucoumet ?
Zephirin (se tournant vers sa
fille). D'oun tournauos tout
aro... T'ei bisto
passa coum'un limbret... es tournado au talèu
—-

e

coùrrèuos
Anneto.

coumo

Dou

—

Zephirin,

—

la broumo !..

bilatge.

Es pas malauso alabets ?

Anneto. — Nani.
Zephirin. — Auèuos caucoumet tout
aqueste maitin ?

Anneto.

-—

Zephirin.

Anneto.

Ei pas ren

—

mès.

Qu'èro... ?

—

Arren.

SCENE V
Zoè ,(La vieille entre toute étonnée elle aussi...
le mounde.
Anneto. — Ba bien.
Zoè. — Per que ?

—

.

Anneto.

—

Atau...

Zephirin.

—

Catalino.

—

(Elle sort).

Oun ba tout'afferado ?...

Toun

pai to demoundo

oun bas

?

Tè, ia

tout

�Ì4i

-

Ánneto.
gulhado).

Tourni

—

Anneto (à son
bado de nau...
Zephirin (tout

(En effet elle revient avec une superbe

père).

—

Tè, t'ei adoubat l'auto

e

l'ei adou-

ébahi)

— Se l'as adoubado tu... es mès agido
les uelhs au gat mès i besèuo pas... tu
temps-il guigne si elle est droite).
Anneto.
Dises pas ren ?...
Zephirin.
E attent (il la pèse) ès bien pressado mès qui
leujèro tabe !...
Anneto.
Anguera ?

que Clècus... tournauo
i beses (et pendant ce
—

—

—

Zephirin.
Zephirin.

Anneto.

—

—

Zephirin.

pas auren

—

—

Oh ! anguera.
Oh ! anguera.

Ets countent.
En soui e las bacos tabe

ne seran... se

n'èron

tort.

(Pendant ce temps elle est passée de l'autre côté et revient avec
chauffe-lit).
Anneto. (S'adressant à sa marraine). — Aco i enta bous...

un

tout nau...
Zoé — (La
tabe...
Anneto •—
et s'adressant

prend)- Ac besi praubeto i tout nau e poulit

(Elle sort de nouveau et rentre avec une cousseto
sa mère). Aço qui enta bous. mama... bous
plaignauots tousten que la cousseto ero traucado... aquesto
n'ei pas e bous amourtiras pas le huec, au countrari...
à

Zoé — Per uo fin finalo ei uo fin fmalo.
Angeto — I pas la fin fmalo.., I a encuè...
Zgé— (Bisli) Qui a ?...
Catalino. — Bous at bau dise ço qui a, I a que

pas

bous eau

mès disputa.

Zephirin.

—

Se

pouden tengue.

La Zoè. — Jou boui tengue.
Zephirin. — Jou tabe...

Anneto. — Boulerio hè un petit
Le Zephirin. — Bos presica ?
La Zoè. — Poulido presicairo.
Toutes dus. — T'escoutan !
Anneto. — Mous eau aima aci,

presic.

débat aqueste teule a de

boun; dauant aqueste cournè ou tout lambrejo quand i enlusit
pe la caritat.. ou tout nerejo e hè pôu quand i périt pou mau ..
La Catalino. •— Ent'aco eau poude
La Zoè. — Jou boui tengue.
Le Zephirin. — Jou tabe...
Anneto. — E be tenguerats... bous

tengue.

porti le remèri que eau
(Elle tient un paquet enveloppé soigneusement qu'elle leur mon¬
tre).

sont intrigués).
bengui dou croumpa... Auèui pas nat mès sôu... pas un ardit... après aue pagat
l'agulliado, la cousseto, l'escauho-leyt, auèui le porto-mounedo
échut, èri morto de chagrin... boulèui pas demanda arren a
digun... Tout d'un cop... sai pas d'oun soun benguts ei troUbat cinquanto francs diguens la tireto...
La Catalino.
M'estouno pas (à part).
Le Zephirin. (à part, mais Zoé a entendu tout de même ) —•
Toutes dus. — Le remèri praubo 1(Ils
Anneto. — Oui le remèri que bous eau...

—

Les

mes

cinquanto francs...

�-

La Zoé. — Auets balhat
boui balha mès...
Anneto. — Bisti angoui

142cinquanto francs, bous ?
entau buralisto

e

e

jou eil

bat bese ço que

croumpei : (Elle déplie leniemenl, tout le monde regarde). Croumpei... uats !.. (elle m.ontre une tabatièro).
Zoè.
Enta qui ?
—

Zephirin.
souhèti que

Anneto.

Enta bous, jou la bous dau
la pouscots esquissa...
—

Oui i enta bous menai:;,

—

au

e

dambe santat

loc de bous

prenguerats uo preso enta amourti le huec....
La Zoè.

disputa

Bouhoun de drollo... As un cap tremblant...
Aube boun co 1:.
D'aco en parli pas., se., betz
prou e t'at boui hè
amie... (Elle embrasse sa petite fille).
E as pas

—

Zephirin.
La Zoè.
bese le men

—

—•

pensât qu'a jou ?
Anneto.

—

Zephirin.

Anneto.

Ei pensât au papa tabe.
A jou ?
A bous 1 (Et en le disant elle découvre le

—

—

Enta bous, uo
Zephirin.

pipo !...
Uo pipo !... touto
Bous lie plase ?.

—

Anneto.

—-

Zephirin.

Anneto.

plourario

en

!...

coulèro !...

En coulèro ?...

—

Zephirin.

En bos hè bouta

—

nauo

paquet )

Tcho... pramo que s'en-boutaui
pas en
coumo un limac... coumo ta mairio...

Anneto.

—

—

Quand siots

la humado tout s'esclarira..

Zephirin.

en

coulèro, la i'umarats

e

coulèro
dambe

Tout s'esclarira..
La Zoè.
E be soun pai qu'en dises d'aquero mainado...
N'ei uo ou n'ei pas uo mainado... ?
Le Zephirin.
A jou se me clauo le co... inès la eau
paga..,.
La Zoè.
I jou que la pagui... Te
—

—

—

pagui la tabatièro mio
pipo de toun pai.... Tè (elle lui donne un louis de 80 fr.j
—

La Catalino.

e

la

E

jou ?... arren... ia pas arren enta jou...
(Tout le monde est un peu surpris de celte réflexion)
Le Zephirin
Ma fuè... aco i bertat... e
pourtant te meritos caucoumet tu tabe... T'at bau dise...
jou... Es ruado coumo
gna pas... mais la drollo i mes ruado que tu... i un demoun
de ruado... e pusqu'ei de la tuo
raço la nosto mainado, jou,
ne boui uo
brico, uo petito brico, la memi gnauto brico... e tout
le resto t'at dan... Qu'en disets memi ?
Zoè.
En disi qu'at boui atau... rnès eau
pas dise que
V Anneto i un demoun... Y Anneto i un
anjo'u...
—

—

—

Catalino.

—

Anen

anen...

toucat-bous la mail; ets d'accord

jou dechan-me' prengue la mio part... soui la miellio serbido.
(Pendant ce temps V enfant se jette dans les bras de sa mère et reste
un moment enlacée tandis
que gendre et belle-mère se donnent des
e

preuues

d'amitié).

—

MMii

Le ridèu cai.

•—

�L'Année Littéraire

Occitane

CATA LOG NE
La

Catalogne vit

de

mo

Rivera.

encore sous

le délicieux régime de l'austère Pri¬

Ce dictateur n'a pas

langue catalane

cependant réussi à étouffer la

comme il l'avait cru naïvement. Journaux, revues
et livres continuent à, paraître abondamment. Journalistes et écri¬
vains pourvu qu'ils ne parlent en leurs écrits ni de l'autorité, ni de
la politique, ni de la morale, ni des
gens en place, ni de l'armée, ni
de la police, ni de personne qui de près ou de loin tienne à quelqu'un
du gouvernement dictatorial, peuvent tout imprimer librement sous
le contrôle de « la censura del govern civil », bigrement militaire
d'ailleurs.

convenablement, l'année littéraire catalane il

.Pour analyser

fau¬

drait presque en entier notre almana'ch. On n'en trouvera ici qu'un
aperçu ultra-rapide. Le grand poete Joan Alcover est mort le 26
février à l'aima do Majorque où il était né le 3 mai 1854. C'était le

premier,— peut-être le seul — des élégiaques catalans. 11 avait com¬
mencé par écrire en castillan. Son premier livre de poésies catalanes.
Cap al lard date do 1909. C'est dans ce recueil que figurent ses fameu¬
ses Elégies qui constituent probablement la plus parfaite de ses
œuvres. Voici la première que je traduis
littéralement :
Assoborìnt l'hora

■

Savourant l'heure tranquille
Je me suis reposé sur le coteau,

tranquila

He reposât en ol coster.
Gada contrada t'é sa' vite,
I eada vila son cloquer.
Totes les tintes
Fan en la serra

Chaque endroit
Et

biavor;

Totes les veus de les campancs
Uiia mélodica remor.
Sons de

cloquers qui s'hermonisen

Escalonats

pels quatre vents,
gegants qui profetisen
Damunt els poples indolents;
Com

a

Par que en el terme
De les tenebres i la

Diuen

el

De nostra

divisori
Hum,

salm recordatori
vida que es consurn.

L'himne de pau als qui reposen
En el reilame de la mort,

§i ofen l'orella dels qui gosen
Als

[bleu;

Toutes les voix des cloches
Une (même) mélodique rameur.
Sons de clochers

Echelonnés
Comme des

Là-haut

aux

No

les

sur

planyieu eixa diada

qui plorain sers enyorats,
perquè ella fa menys desolada
L'ombra on jauen els fmats.

Per tôt arreu, l'alta harmonia
Aixeea ésbarts de pensaments,
1

a

La

flnats fa companyia
remembrança dels vivents.
n'els

prophéti¬

saient

peuples indolents;

Il semble qu'au point, qui divise
Les ténèbres et la lumière
Ils disent le psaume qui nous rap-

f pelle
Combien notre vie

se consume

(vite)

L'hymne de paix pour ceux, qui
(reposent
Au royaume de la mort,
S'il

l'oreille. de

offense

qui sofrim dona conhort.
la

qui s'harmonisent
quatre vents

géants qui

Nous réconforte

Als

village
clocher.

son

Toutes, les teintes lointaines
Font sur la montagne un (même;

llunyedancs
una

a son

chaque village

Ne

plaignons,

nous

pas

..

Aux

êtres

ceux qui
[jouissent
qui souffrons.

(de consacre^)
[cette joiirnee

regrettés qu.e nous pleù-

Parce qu'elle fend
L'ombre où gisent

[rons.,,

moins désolée

les morts.

"

En tous lieux, la g: amie, harmonie
Fait naîteç,.une .ffjule de .ppns.éesp...
Et aux.'morts tient compagnie )'
La réihérnbïanee d'éá vivant»; "

....

;

�—

Ì44

—

Àlcover donna ensuite ses Poèmes biblics. Ce poète d'une sensibi¬
lité aiguë avait le culte de la forme, le sens de la mesure et de l'équi¬
libre. Prosateur de valeur, Alcover était aussi un folkloriste remar¬

quable.
Lopez-Pico est sans doute le plus inquiet et le plus difficile des
poètes catalans d'aujourd'hui. Un désir de perfection, toujours insa¬
tisfait, le torture. Son dernier recueil Invocacio Secuíar contient ses
meilleurs poèmes. Benciurança de Joan Arus est un livre varié —
méditations et sensations y alternent — qui contient de belles
piè¬
ces. Je regrette de ne
pouvoir citer une exquise impression de février.
De VOfrena rural, poèmes de Guerau de Liost (pseudonyme de Jau¬
nie Bofill i Mates), Joseph Carner a dit qu'il était « terriblement

et terriblement autochtone ». Et le jeune Tomas Garcés
qui compare ce livre à l'Arlequin de Picasso et à la Pastorale sans
parole de Strawsky, ajoute : « Personne ne nous avait peut-être offert
comme lui, et dans des formes aussi nouvelles et aussi déconcertan¬
tes au premier abord, une poésie si essentiellement catalane ». Hum 1
La jeunesse n'exclut pas l'humour. Les poèmes de Salvador Albert

moderne

ont été réunis en
aime la nature. Il

seul volume sous le titre de Poésies. Ce
poète
la décrit point. Elle lui sert à mieux
pénétrer
ses sensations comme un miroir
qui les réfléchirait. Par sa vision
intérieure du monde, son mysticisme panthéiste, Salvador Albert
un

ne

fait songer aux lyriques anglais Shelley, Keats, Wùdsworth. Maragall avait remarqué ses premiers essais. Ce poète est aussi un critique
pénétrant. Lopez-Pico a préfacé les Poèmes du regretté Joaquim Folguera que ses admirateurs
ont publié. Ce recueil prouve que Fol1
guera, amoureux de solitude et d'analyse, est un des plus purs poètes
de la Gatalogne. Manuel de Montoliu l'avait
comparé à Léopardi.
Sous le titre de Barcelonines a paru un choix de poèmes inédits du
grand Verdaguer. Presque tous sont des pièces de circonstance qui
n'ajouteront rien à sa gloire. J. F. Ràfolo a traduit remarquable¬
ment Le Livre de Saint
Joseph, de Francis Jammes. Mentionnons
encore les Pindariques modernes de J. M. Case de Millier. Prose ?
Vers ? On peut hésiter. De belles images,
parfois.
Notre Roussillon tient glorieusement sa place
dans les lettres
catalanes. Canta-Perdiu de J. S.Pons est une exquise suite d'églogues qu'on ne saurait trop louer. Rythmes variés, sobriété, couleur,
interprétation personnelle de la nature, font de ce livre, consacré à
la gloire du
pays natal, une œuvre de premier plan. Francis Jam¬
mes doit l'aimer ou le jalouser.
Les romans abondent. Servilud de J. Puig i Ferreter est l'histoire
d'une âme qui s'insurge contre la tyrannie de la
grande presse et des
préjugés sociaux. L'action du roman de J. Puig-Pujades l'Oncle
Vincenls se déroule dans la région de Figuères, patrie
de l'auteur.
Alfons Masèras, le puissant conteur, a publié l'Enemic de si meteix
et la Fira de Montmartre. Ce dernier, pittoresque et
picaresque
peinture de la butte et de la clientèle de ses cabarets de nuit, raconte
l'aventure tragique d'un désespéré. Gros succès. Pierre Corominas,
romancier idéaliste et profond, a fait paraître Silèn, première
partie
d'un roman qui en comptera trois et dont le titre
général est : Paro¬
les et faits du philanthrope Tomas de Bajalta. Victor Català
(pseudo¬
nyme de Mlle Catarina Albert, surnommée l'initiatrice du ruralisme), auteur de Drames Ruraux — Maragall signalait cette vision
tragique de la vie paysanne — et de Solitude dont l'action se passe
dans la montagne catalane, vient de donner Un film, roman en trois
volumes, série d'épisodes et d'aventures barcelonaises qui consti¬

tuent un curieux tableau de la vie .de la
grande cité. On remarque
dans' Un Film de bons néologismes qui
prouvent avec quel art
Victor Català sait « travailler » la langue catalane. Joan Santamaria prouve avec Ma vida en doina et la Filla del Tartari

écrivain réaliste peut avoir une

nyorel Lluis

de Caries Soldevila

qu'un

imagination extraordinaire. El Secontient

plusieurs nouvelles déli¬
cieusement nuancées. Joseph Carner a fait un cadeau charmant
aux enfants
en
traduisant Robinson Crusoe. Les grands romans
mondiaux du XIXe siècle vont être traduits

en

catalan. M. Navarro

�—

DÉMANGEAISONS.

1»

—

contagieuses, faciles à guérir

par

traitement externe; "2° tena¬

un

ces,
persistantes,
infection du sang,
ca

29

suites d'une
d'une intoxF

tion.

DEPURATIF BLEU.

Gué¬

—

rit/vices du sang, eczémas, rhumáiismes, constipation, mala¬
dies de l'oie, d'estomac,
Le flacon, 11 fr. 20

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tous im¬
pôts et taxe compris, dans tou¬
tes pharmacies.
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contre

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44 francs,

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Bre-

land, 31, rue Antoinette à Lyon.
Compte clièq. pos. Lyon 55-53.
DIABETE.

—

Provient

général de troubles
digestifs.
DOULEURS.

—

nerveux
On

en

et

entend

par ce mot tous les symptômes
qui dénotent, un dérangement de
l'organisme, de nature maladive
ou traumatique. La plupart des
maladies s'accompagnent de dou¬
leurs. Guérir la maladie, c'est

guérir la douleur, il n'y a donc
pas..de remède universel contre
les douleurs. On entend aussi par

douleurs une sorte de malaise in¬
définissable dans les articula¬
tions et dans les reins, a la suite
d'un refroidissement ou d'une
névralgie. En ce cas, un révulsif

léger comme lé Topique Bertrand
amène
sinon
leur.

une

la

sensible amélioration,

disparition cfe la dou¬

DYSPEPSIE.

—

Difficulté de

nourriture; les ali¬
ments
mal digérés
pénètrent
dans l'organisme, y provoquant
digérer' la

dos fermentations dangereuses.
Le mauvais état des dents est
une

cause

fréquente de dyspep¬

sie car les aliments descendent
alors dans 'l'estomac insuffisam¬
ment imbibés de salive et de.suc

gastrique. Dans ce cas, prendre
des alcalins

avant le repas.

J§

dyspepsie affecte diverses for¬
mes, mais toujours elle exigez :
exercice au grand air, surveillan¬
ce de la-constipation, massage cl.
hydrothérapie, interdiction ab¬
solue d'alcool, absorption d'ali¬
ments bien Plastiqués.
Ecrire à M. Vincent.

8,

pl./

indi¬
que gratuitement le moyen do
guérir les affections de F estomac'.
Victor-Hugo, Grenoble, qui

—

ECZÉMA. :#-■ Maladie
peau caractérisée par de

de

la

petites

éruptions de vésicules contenant
une sérosité
transparente, ou dos
produites par
érosion dé l'épidenne. Aux pé¬
riodes aiguës, la démangeaison
devient insupportable. ■
Employer la Pommade Flo¬

lamelles farineuses

rentine.
Ecrire

à

M.

Vincent, 8,

pl.

Victor-Hugo, Grenoble, qui in¬
dique gratuitement un moyen
de guérir démangeaisons, b'oufons, dartres, eczéma, plaies va¬
riqueuses.:
EM PO

ISONNÈMENTS.

—

Effet

produit sur l'organisine
l'introduction dans le corps

par
de substances nuisibles à la dose
où elles sont absorbées. Se hâter

d'appeler le médecin, chaque
.empoisonnement exigeifnt un
remède spécial. Dans l'empoison¬
nement
par les champignon^,
aux premiers symptômes, il faut
,se

faire vomir et

l se débarrasser
aliments

se

au

purger pour

plus vite dés

ingérés.

ENTÉRITE.

—

.inflamma¬

tion de l'intestin; légère, elle,
occasionne des coliques et de la

quand elle devient
chronique, il faut Suivre un ré¬
diarrhée;

gime sévère.
ENTORSES, FAUX PAS. —
Compressés
fréquentes d'eau
blanche, ou mieux d'eau

végé-

talo-minérale. Massage toujours
dans le même sens, de bas en

Repos absolu jusqu'à com¬
plète guérison.

haut.

F.P1LEPSTE.
de

—

Au moment

l'attaque, l'aire respirer

quel/

ques: gouttes d'éther. On dimi¬
nuera la. fréquence des attaques
par l'emploi de bromure de po¬
tassium, valériane d'ammonia¬
que, tisane de valériane. Guérison
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proprié et .surveillé ont le plus
souvent raison
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tro iiblcs
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nes,

�---

Costabella débute

avec

les

Trois

de Hugo, Tolstoï, Dickens
Tomas Garcés, un des plus

vres

i4o

—

Mousquetaires. Suivront des-œu¬

etc

jeunes et des meilleurs écrivains de

l'heure actuelle, tient la rubrique des lettres à la Publiciiad. Il a
réuni

pages les plus incisives sous ce, titre : Paisatges i lectures.
délicieuse préface de Caries Soldevila les présente joliment.
Soldevila conclut : « La prosa de Tomas Garcés ès d'ara un model que
escauria a molts d'imitar ». Joan Estelrich a publié Entre la vida i
ses

Une

els

llibrcs, critique remarquable consacré à Léopardi, Maragall, Cliar-

loun Rieu, Jules Romains, Joseph Conrad et Soren Kirkègaard. Le
Carnet d'un helerodox de Cristofor de Domenec (choix d'articles qui
ont suscité d'ardentes discussions) prouve à quel point ce prolémiste

T. Gahcés
est

un

avec

A. SCHNEEBERGER

esprit curieux et hardi. Joseph Pla avait obtenu un vif succès

Cbses Vistes. Son récent livre Russia, notes et articles de son
au pays des Soviets plait autant. Signalons encore : Poetes i

séjour

Crilics de .1. M.

Capdevila (études sur Maragall et Verdaguer, Verda-

et Alcover, Alcover et Mistral, Alcovcr et Léopardi qui l'ont
comprendre et aimer ces poètes); El gris il el cami de M. J. Junoy, où
l'on trouve notamment des pages consacrées à notre regretté Déodat de Sévérae; Estampes de l'Emporda de Lluis G. Pla qui excelle à
traduire la vie et la beauté plastique du paysage; Anys enrera sou-'
venirs d'Eusèbi Corominas, doyen des journalistes catalans.
Le poète Ramon Vinyer a fait jouer à Barcelone une œuvre puis¬
sante Llegendé de boires (Légende des brumes), tragédie en trois
actes écrite en prose lyrique. Certains critiques l'égalent aux meil¬
leures pièces de Maeterlinck et de d'Annunzio. Santiago Rusinyol
est revenu au théâtre avec El Casamenl de conveniencia qui a obtenu
un énorme succès. (Le 10 janvier 1926 la Catalogne tout entière a
fêté à Sitges Santiago Rusinyol). La folia deldesig du poète J. M.
Sagarra a été fort goûtée.
La Fundacio Bernât Metge poursuit régulièrement sa publication
des classiques grecs et latins. On ne peut qu'admirer l'effort heu¬
reux de ses deux créateurs : Franccsc Cambo qui a procuré les res¬
sources nécessaires, et Joan Estelrich qui l'a organisée.
La collection Els nostres classics continue ses remarquables édi¬
tions des classiques médiévaux.
Le premier volume de VEnciclopédia calalana a paru : L'expansio
de Catalunqa à la Mêdilerranéa oriental. Nicolau d'Ohver, grand histo¬
rien et grand) humaniste, l'a écrit. Rovira i Virgili a donné le troisiè¬
me volume de son importante Hisloria national de Cataiunya. Men¬
tionnons encore le premier volume de l'Historia ■ del Mundo de J.
guer

Série E,

F. X

�146

—

—

Pijoan et la remarquable biographie du génial physiologiste Ramon
docteur Léandre Cervera. A. Schneebcrger à qui l'on doit
une Anthologie des
Poètes catalans, a publié, également en français,
les Conteurs Catalans, choix de nouvelles et contes des
écrivains
modernes de la
Catalogne, précédés de notices bibliographiques.
Deux jeunes revues, la Paraula
Crisliana, fort bien rédigée, et la
Revista de Calalunya (3e année)
que dirige avec autorité l'historien
Rovira i Virgili révèlent aux catalans bien des
points ignorés de leur
histoire et de leurs traditions. A
Buenos-Ayres la vaillante revue
illustrée Ressorgiment défend
énergiquemenl, la culture catalane.
Ajoutons eniin que le Nou diccionari catala, du professeur E. Val¬
lès, (dictionnaire : catalan-castillan-l'rançais) va paraître. Le besoin
s'en faisait vraiment sentir chez nous, il était
impossible de se pro¬
curer un dictionnaire catalan
français. Le Nou diccionari catala con¬
tiendra 50.000 mots et donnera la
conjugaison de tous les verbes
Tarró par le

catalans et

un

traité succinct de prosodie catalane.

AUVERGNE
Flour de Brousso, le
ble. Aussi je feuillette

ET

VELAY

premier

recueil de Vermçnouzc est introuva¬
toujours avec respect l'exemplaire que je dois
à la générosité d'un ami
qui m'a défendu de le nommer ( 1) ici. Jous
la Cluchàdo. lé second volume du maître
auvergnat n'est pas encore
tout à fait épuisé. Ceux
qui ne l'ont pas feront bien de songer à l'ac¬

quérir

sans

tarder, Car

on lie le réimprimera probablement
jamais
qu'avaient apporté à cette merveilleuse édition Vermca été réédité.
On y a joint
quelques pièces de Jotls la Cluchado. Comme l'écrivait G. Gandilhon
Gens d'Armes, on aurait mieux fait de ne rien
donner de ce dernier
recueil et d'ajouter une traduction française
qui aurait permis à ceux
qui no sont pas familiarisés avec l'Auvergnat de
pouvoir aborder
Flour de Brousso, M. Théophile Garnier à
qui ses 80 printemps
semblent

avec-.le soin
nouzc et

l'abbé Four. Flour de Brousso

ajouter1 une jeunesse nouvelle,

lorio ciel Corlodez

a

écrit Un boiïciiwl de

l'is-

qui nous conté sans prétention une aventuré char¬
(plus ou moins légendaire) advenue à la sémillante Marguerite
do Valois qui fut, un
moment, t'épouse d'Henri IV. Bénézet Vidal
a l'ait un effort
auquel- il convient de rendre hommage. Son roman
occitan la Serva (le vieux français
possédait le mot serve dans le mê¬
me
sens) est l'histoire- de la rivalité de deux familles pour la posses¬
sion d'une source, (la
serva) qui.fertilise les prairies. M. Pagès a publié
Toaslous. A condition de les arroser
copieusement ces Tartines ne
sont pas indigestes. Mais il
y a la manière. Ce n'est point celle de l'au¬
teur que je recommanderai. M. Girard
qui est originaire, de Lantriae,
village situé au pied d'un plateau que dominent le Meygal et le M6zenc, a publié une Grammaire veilabe. Ce n'est
que la première partie
du travail de M. Girard qui se
propose de dresser un répertoire de
tout le dialecte occitan
qui se parle dans cette contrée. Les impres¬
sions et souvenirs qu'Ajalbert avaient
groupé en 1894 sous ce litre :
Veillées ifAuvergne, viennent d'être rééditées.
Ce n'est que justice de
mentionner tout
particulièrement les intéressantes recherches sur le
vocabulaire do L. Delhostal, publiées clans le Cantal
(noms de plantes, de lieux) et ses spirituels articles sur la Républicain
langue eL la
graphie, et les remarquables chroniques que signe
chaque semaine
C. Gandilhon Gens d'Armes dans
TAuvergnat dé Paris.
Les 30 et 31 .Juillet 1926 a eu lieu à
Ciermont-Perrand le Congrès
des écrivains de France. On
mante

région peut soutenir l'œuvre
naître,
ses

y a

de

examiné notamment comment

ses

écrivains, la

une

propager et faire con¬

même temps, tout écrit pouvant intéresser
particulièrement
habitants et ses
en

visiteurs.

GASCOGNE

ET

BÉARW

Les Veillées Gasconnes, de
Moncrnbeau, ont fait jouer celte année
une saynetto de M. Bordes dont
l'action se déroule'au
avait des bergères et des rois, les uns courtisant les temps où il y
-autres, et une

�joyeuse comédie de M.
Le docteur Ficat

Larrat la Pelito hilho dou Bernai

peut être fier de

se

marié).

Les Veillées Gasconnes
organisent un concours de « nienteries » qui sera clos le 15 avril 1 927.
Moncrabeau tient à garder "fidèlement le souvenir de son
Académie
des Menteurs.
Parmi les livres parus il faut signaler
: une comédie en vers de l'abbé
Daugé, lou Nousle Henric où l'auteur
montre

qu'il connaît bien les

son œuvre.

anecdo¬

tes que

l'on raconte encore en Gasco¬
gne; la reyente mancade de Simin Palay ; les Coundes gaujous de nouste,
joliment écrits, de P. Abadie; Bielhes
Cansouns des embirouns de Damazan
recueillies par Marcel et Glaudius La¬

croix; So qui canlaben à Aussau,
cuiel harmonisé par
savante

et

re-

l'abbé Abadie; la

attrayante

étude

sur

la

langue locale à l'école de Bernard Sarrieu dont on ne soupçonne
qu'impar¬
faitement l'étendue et la variété des

connaissances; la suite des proverbes
gascons

série)

de l'abbé Dambielle (5° et 6e
l'Homme et la Terre et

sur

l'Homme et les animaux domestiques.

""Wíìé*

Le chanoine Dambielle
re

une

a publié encospirituelle comédie La lencjo

^

h

Dvmbielle

troubado. C'est encore à lui que l'on
doit Nos Chansons gasconnes dont le premier fascicule vient de
pa¬
raître. L'abbé Dambielle prouve qu'il n'y a
guère que les personnes
très occupées qui soient capables de trouver des loisirs
laborieux.
Mentionnons enfin le livre de P. Robert-Cantabre : Bos de

Bénàc,

où

percent de belles qualités d'écrivain et la remarquable thèse du
Girard, le Comminges thermal et climatique qui prouve
qu'on peut unir la science et le régionalisme.
Une Académie gasconne s'est l'ondée ù
Bayonne. Les académies
provinciales sont généralement ridicules. Celle do Bayonne se réu¬
nit non pas pour tenir des séaneps d'admiration
mutuelle mais
pour publier une grammaire et un dictionnaire de la langue gascon¬
ne. Jean
Bouzet, professeur au lycée de Bayonne, a été chargé de
docteur I.

coordonner
lé.

ces

travaux

linguistiques. L'événement vaut d'êtro signa¬
GUYENNE

La

Bibliographie occitane (Oucrey et Tarn-et-Garonno) publiée par
Perbosc prouve une fois de plus qu'un grand poète peut être aussi
documenté que le plus savant des spécialistes. Vérité difficile à encais¬
ser

pourtant. Le livre de M. Lajoinie Nos troubadours

est décevant.

On pensait y trouver plus de substantifique moelle. En revanche les
savants travaux? de M. Rey sur les vieilles églises fortifiées du Midi

de la France, et sa curieuse et
ingénieuse théorie sur les coupoles et
les cabanes rondes du Causse, sont du plus vif intérêt. M.
Auguste

Bcnazet, de Villefranche, avait publié jadis un recueil de poésies,
Prèp del Clouqaié. On y trouvait maintes pièces délicieuses. Son
second livre de vers, Menudos trobos, écrit dans une langue
excellente,
est d'une verve enjouée. J. Ladoux a offert une gerbe de
poésies à
la cité où habite ce rouergat. Ses Passejadas dins Bezicrs sont char¬
mantes. Et les jeunes du Grel ? Calelhon, Seguret, Mouly ? Nous
lisons do loin on loin leurs poèmes dans le Journal de l'Aveyron.
Quand donc donneront-ils un recueil de leur œuvre ? L'Abbé Cubai¬
nes
publie dans Oc une exquise traduction d'un chant des Géologi¬
ques qui est certainement la plus merveilleuse traduction qui en ait
été faite. Lou Campestre, de Perbosc, va
paraître prochainement dans
la collection du Livre Occitan. On y trouvera notamment ce joyau
l'Arada et lo Cant del Solel.

�m

148
Ĺe Musée Ingres de Montaubanlfattire

entier. Seulement si les touristes

déploraient de

ne

trouver

aucun

les touristes

du

monde

ne

regrettaient pas leur visite, ils
guide de ce musée. Le distingué

conservateur

du sanctuaire d'In¬
gres, Félix Bouïsset, peintre déli¬
cat et graveur
incomparable, vient
de publier
beau livre

Le

tifie cette

promenade.

Musée Ingres un
splendidement illustré
qui constitue la plus merveilleuse
visite qu'on puisse l'aire au
royau¬
me du Dessin.
On est agréable¬
ment
surpris aussi de constater
combien d'opinions erronées rec¬
11

-

il y a quelque temps
puissant roman, Vin
Bouge, d'inspiration nettement oc¬
un

a

paru
beau et

citane. C'est l'histoire romancée de
la révolte des vignerons du Midi.

La critique
française a célébré
bruyamment des œuvres qui sont
loin de valoir celles de ce
jeune

Ouercynois

:

Pierre Etienne Mar¬

tel, écrivain de

race..

cependant que

Pierre Bonardi

11 faut

dire
et

Camille Mauclair — l'article de ce
dernier est enthousiaste et
péné¬
trant — ont rendu
justice, à Vin

Rouge.
Signalons enfin une nouvelle re¬
qui paraît à Caliors : Divona.
Elle réservera une place importante aux lettres
occitanes.
Castelnau-Montratier, village célèbre en Quercy par les trois mou¬
lins qui le couronnent, a donné une fête en
l'honneur de la langue
d'oc. Cette soirée a été
A.

Perbosc

vue

organisée par les habitants de Castelnau euxmêmes sous la direction de M. M.
Sahuc, Mourgues et l'abbé Calvet.
Beaux discours de Perbosc et de l'abbé
Calvet, splendide reconstitu¬
tion d'une veillée, comédie de
Sahuc, saynette de Mourgues. Il
faudrait citer tout le programme de cette soirée
qui fut une belle ma¬
nifestation occitane.

LANGUEDOC
Prosper Estieu a publié lo Flahul occilan, album
(musique, texte occitan et traduction française). «

de 48 chansons

Prosper Estieu,
dit l'abbé Salvat, n'avait
composéces chansons que pour enchanter
ses vieux jours, suivant sa
propre expression. Mais pouvait-il, même
a

s'amusant, ne pas travailler pour la cause qui a été,
principale inspiratrice ? Aussi, tous les nobles sentiments qui est sa
qui animent
ses autres œuvres se retrouvent-ils
dans ce recueil.
Cependant, alors
que jusqu'à présent ses poésies s'adressaient à une
élite, il semble
éprouver le besoin de parler de plus près au cœur du
11 a
appris l'art, d'être grand'père. Sa tête a grisonné, sa hautepeuple.
taille s'est
légèrement penchée et maintenant il incline aussi sa
pensée vers ce
peuple d'Occitanio dont il est issu et qu'il aime tant ». Paul
Paget
a traduit en vers las Bucolicos de
Vergèli. Sans nier le mérite de cette
œuvre je préfère infiniment la traduction
en vers blancs savamment
rythmés d'Estieu, parue dans lo Gai Saber. Je regrette seulement
en

et ceci n'a rien à voir avec la beauté de cette
traduction
qu'Estieu ait cru devoir conserver la
disposition typographique habituelle
des vers et qu'il ne lès ait
pas fait composer comme delà prose. Je
ne ferai
pas cette remarque si les vers d'Estieu avaient une même
longueur qui correspondit, pour l'œil, aux vers de Virgile. Guilhèm
de Nauroza a publié los Ganté d'un Grilh. Ce recueil
contient noLam—

—

�—

149

—

ment les sonnets splendides
Floraux de Toulouse. Beau

qui obtinrent le grand prix aux Jeux
livré d'un authentique
paysan qui se
montre poète subtil et raffiné. Gaston Vinas travaille. 11 a
perfection¬
né sa graphie. L'Egasicr en est une preuve.
Jadis; après la moisson

H. Rouzaud

G. Mauclair
le

gardien de cavales (egas) conduisait ses bêtes de ferme en ferme

pour fouler le blé. C'est le récit de la vie d'un égasier que nous raconte
Gaston Vinas. Ce poème intéressant fait faire au lecteur une agréa¬
ble promenade à travers le Languedoc. L'Egasier est préfacé par Anglade. Aimez-vous le Cycla'pe d'Euripide ? Pierre Azéma en a fait une

adaptation qui est une couvre bien occitane bien qu'elle lie
cet almanach savou¬
auteur d'un vibrant
poème Terre d'Oc.. Louis Rouquier qui
est toujours maire de Levallois-Perret
et conseiller général de la Seine trou¬
ve moyen,
malgré ses absorbantes
fonctions, d'écrire de nouvelles œu¬
vres. Ses Contes à l'alholi sont pleins
dé verdeur et de saveur comme, l'âme
du peuple. Louis Rouquier a eu l'ex¬
cellente idée de rééditer une comédie
parue en 1900 et débordante de bon¬
ne humeur : Madamo Carpignol ou la
bèlo maire de Picodur. Signalons enco¬
re Lo Melge de Cucunhan. beau conte
dramatique de Jan de la Roca; la
remarquable légende du docteur Pelissier : L'Elh de la Pounso; Lou Lengadoc de G. Bernard ; lou Paslrc d'Arlibre

trahisse nullement le poète grec. Les lecteurs de
reront le régal de choix que leur offre Azéma,

tremount de J. Tellier,
Fourès du eata-lan F.

l'Hommage à

Montagne Noire, essai de

monographie

Tresserre; la

géographique du regretté André Da¬
vid. MM. Morel et P. Mesplé ont pu¬
blié les meilleurs articles du regretté Henri Rouzaud. Ce volume,
préfacé par Charles Mourras, a pour titre : Sous les lauriers du
Langue d'oc.

.

.

manquent pas. Une dos mieux faites de notre Midi
Cigalo Lengadouciano que dirige Pierre Bédard, lequel va faire
paraître un important recueil de poèmes préfacé par Perbosc : Mon
Les revues ne

est la

Solas

Lo Gai Saber est

toujours d'une belle tenue, mais il semble

v

�de plus, en plus devenir la revue-du
Lauraguais et abandonner son
rôle de Guide occitán, Citons encore
la

Ciyàlo Narbotinézo, l'amusante
Campana de Magalouna, Terre d'Oc, les Feuillets
occitans qui n'ont
guère d'occitan que la revue des livres de P. L.
Grenier, et la
Septimanie qui traite la. langue d'oc en parente pauvre, luxueuse

LIMOUSIN
Le Limouzin est en train de
reprendre, son rôle d'antan. Autour de
Lemouzi où ont collaboré J. Roux le
grand précurseur de la

renaissan¬
occitane, Eusèbe Bombai, Sernin Santi, Louis
Branche't, Alfred
Marpillat, Joliannès Plantadis, se groupent aujourd'hui
sous la direc¬
tion de J. Nouailiac : Mlle
Marguerite Genès, J. B. Ghèze, Edouard
Màzin, Albert Pestour, Amédée Muzac, Jean
Rebier, l'abbé Joffre,
Paul-Louis Grenier. Revue bilingue Lemouzi donne
tout le mouve¬
ment intellectuel de. sa
région.
Cette année un tout
homme
Jean
jeune
Mouzac a envoyé aux .Jeux
Floraux de Toulouse des
poèmes qui firent sensation. Nous sommes
en droit d'attendre
beaucoup
de
Jean Mouzac. En lui le Limouzin
aura un grand poète. Albert Pestour
a publié Lous Rebals sus
l'Aulura. Dans ces
ce

Reflets

sine

épandue

sur

sur

la Colline l'auteur chante la
douceur limou¬

le visage des saisons.

Descriptions sobres et pures,
mélancolie où résonne sourdement
je ne sais quel écho de passion,

font de

poèmes l'œuvre la plus parfaite dont puisse
probablement le Limousin. Pestour est délicieusement s'enorgueillir
poète comme
l'étaient ceux de
l'Anthologie. P. L. Grenier prépare un volume de
vers. Le Limousin aura ainsi
un chef-d'œuvre de
plus avec l'œuvre
ces

de ce poète dont les lecteurs de Lemouzi
leur désir) les vers harmonieux et

goûtent (trop rarement selon
éclatants de savante ciselure.
Cinquante ans d'histoire, le troisième volume de lectures
historiques
groupées par J. Nouailiac et M. Guehin, a vu le jour. Ce volume
qui
va de 1830 à 1880 abonde en
détails piquants. Signalons la Pena de
Chauzir la vive comédie de René Farnier
auquel
on
ne
saurait
trop
adresser d'éloges
pour les superbes chroniques hebdomadaires
qu'il
donne à la Gazelle du
Centre-, la Juslizia del Rei, conte en vers de
A.
Muzac, le vieux l'érigord de Georges Rocal, et
Musique et musiciens
d'église que l'abbé Louis Boyer, maître de
chapelle de St-Front, con¬
sacre à
l'esthétique de la musique religieuse.
A la

lelibrée de Thiviers on joua la
comédie du ma¬
jorai Robert Benoit lous Cussounats, oùremarquable
l'auteur Célèbre la terre, la

noblesse du travail des
a
publié cette
C'est avec un vil'

champs. L'excellente revue périgourdine lou
pièce dans son numéro de septembre 1925.
plaisir que tous les milieux félibréens ont
appris
que Robert Benoit avait la Légion d'Honneur. Ce
n'est pourtant pas
aujourd'hui que le grand romaniste Cliabaneau
avait préfacé très
élogieusement Servilhoto une des premières œuvres de Robert
Benoit.
Boarnat

PROVENCE
Les poésies provençales et
françaises du grand entomologiste J.
H. Fabre ont paru chez
Delagrave. "Les poèmes provençaux, la partie
la plus originale, avait déjà été
publiée par Roumanille en 1909 sous
ce titre : Oubrelo
prouvençalo dou Felibre di Tavan. Elles
prouvent que
le rouergat J. F. Fabre n'est
pas seulement poète en prose. MarcelProvence a fait éditer une Petite histoire
familière
de
la
Crèche et des
Santons. Gentiment illustré ce livre est
une mise au
point d'une tradi¬
tion provençale que l'auteur a
su traiter avec une érudition
aimable.
Pouemo francescan, de Marius
Jouveau, est une belle contribution
au septième Centenaire du
délicieux auteur du Cantique du Soleil.
Le Capoulier a écrit ses
poèmes à Assise même. Signalons
même
temps une réédition des Pieu-Pieu d'Auzias Jouveau. La en
.

Cansoun

di
Mirage de E. R. d'Elly est Une évocation du
des gardians.
Segren e Cascai de J. Bessat est un mélange qui va pays
des thèmes graves
aux plus folles galejadès, Le
grand poète Joseph d'Arbaud a publié

�—

151

—

une oeuvre
splendide en prose : la Bestio dau Vaccarès. C'est le récit
que tait un gardian camarguais de ses rencontres avec un être fabu¬
leux qui n'est, autre que Pan, le dernier des faunes. Charles Maurras
a écrit pour ce livre une étincelante
préfacé. Une remarquable étude
de Robert Garric sur l'école primaire
et la langue du terroir complète

livre

qui honore grandement la Provence. De Joseph d'Arbaud
Caraque trois contes où revit le charme de Camargue. 11 faut
signaler encore : une bonne comédie en prose du docteur Clément :
Lou patsan nouvèu riche; un conte gai do A. Chaude : Per durbi lait
lai, et Garbeto, de Oueyrard, jeune instituteur mort à 22 ans. Jean
ce

aussi la

Louis Funel

V. Bernard

Louis Vaudoyer, grand voyageur et écrivain charmant célèbre, dans
dernière œuvré, les Beautés de la Provence. Pierre Devoluy va pu¬
blier les inédits de Mistral. 11 commencera par les contes. On sait,
par ceux qui figurent dans ses
quels chefs-d'œuvre peut
écrire. Mistral prosateur et cpàtepr.
Et Louis Funèl ? Quand donc se décidera-t-on à rendre justice à
sa

Mémoires,

beau

poète niçois qui est aussi un merveilleux prosateur ? Un
poèmes et un recueil de contes en prose de Louis Funèl
s'imposent. On attend aussi avec impatience un nouveau volume de
•Valère, Bernard. L'ancien Capoulier le doit aux admirateurs qu'il
compte dans toute l'Occitanie,
Parmi les Revues : Marsyas (du Caylar) donne toujours les exqui¬
ses poésies
de S. A. Peyre qui écrit une langue remarquable; Le Feu
est toujours un noble organe; le Cri de Marseille, la Pignato, de Tou¬
lon, P'rouvenço, mènent toujours le bon combat avec entrain. Lou
Félibrige prouve dignement qu'il est l'organe officiel des félibres.
ce

recueil de

Jean-Paul Régis.

Soutenir l'EDITORIAL OCCITAN

publication
des œuvres des grands écrivains occitans

c'est soutenir la

�&lt;§&gt;&lt;3&gt;^ &lt;^ &lt;$&gt; ^&gt; &lt;3&gt; &lt;^ &lt;$&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt; &lt;$&gt;^&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt;&lt;t&gt;&lt;î&gt;&lt;î&gt;&lt;$&gt;&lt;$&gt;

Les Morts de l'Année
Le Dr

RENIAT, auvergnat

Le Dr Réniac est mort à Aurilhac à
l'âge de 52 ans. Voie
ce que dit Lo Çobrelo sur cet
occitan d'Auvergne :
«
...Réniac (Jean-Léon) éro noscut o

Bounofouont,

porro-

quio d'Ayrens, en 1874. Coumo, pichinèl, obio
plo boun cap,
paire lou metèt ol coullègi d'o Mouriat. OLi fouguèt un
deis milhours elèbos que se
siasquo jomai bist. Opresso onèt o
Toulouso per estudia lo medecino. Li
reussiguèt plo cranoment.
Reçougut « interne » deis liouspitaus d'oquelo bilo, gonhèt un
des près les pus embejats del mounde de lo
medecino, lou près
soun

Lefranc de
Pompignan.
Réniac s'estobliguèt coumo medeci
En

Ourlliat

o

en

1910, fouguèt noummat medeci-directur de
deis neicis d'Ourlhat.
Lou brabre Réniac éro tont eimat del mounde de

1898.

l'iiouspitau
so commu-

lou nommèrou mairo d'Ayrens, otretont que lou
contou,
sud d'Ourlhat lou noummabo consilhè
d'orroundissoment.
Ouond la guèrro
benguèt, Réniac portiguèt, coumo medecimajor de resèrbo, om les oubernhats del 339°.,
En 1919, Ourlliat noummèt Réniac counsillié
e lou counsel
n'en foguèt soun prumié
odjouent. 01 mes de décembre de lo
mémo onnado, lou contou nord lou
noummèt counsillié géné¬
ral. Oqueches dous mondats li
renoubelats en 1925.
fouguèrou
Tout oquo probo cossi l'eimabou tout
oqueches que lou
couneissiou.
no

que

,

Réniac n'obio pas gaire escrit en
mès couneissio coumo

potai

:

n'obio pas lou tems;

pas un nostro poulido lengo mairalo,
opreso pes tourrels d'o Bounofouont en

oquelo lengo qu'obio
gorda leis bacos de soun paire. Colio l'ouzi
porla d'oquel tems
ound « còssoba lés
grels per lour faire estiroussa un corriot ».,
Soun uèl s'esclairabo quond bous tournabo
dire las « bailèros »
que contabou dins soun joube tems
postrous è postrounos.
Quond les felibres de l'Escolo Oubernhato portion
felibreja
en
docouon, Réniac èro om gueches. Guel porlabo ol mounde —
è coumo
eau,;— guel encourojabo contaires, musicaires è countaires è èro to fièr coumo
gueches del boun trobal que se fosio. »

Joan

ALCOVER, maillorquin

Un

grand poète est mort à Palma de Mallorca le 23 Février
1926, Joan Alcover, l'un des maîtres de la renaissance occitane
en
Catalogne, celui que, depuis la mort de Verdaguer, la pléiade
des jeunes, saluait du nom de
maître, de chef. Nous ne défini¬
rons pas son œuvre
aujourd'hui. Elle mérite autre chose qu'une
notice nécrologique pour si
complète qu'elle soit. Saluons sim¬
plement sa mémoire et associons-nous au deuil de Maillorque,
de la Catalogne
et des Pays d'Oc.
Joan Alcover était né à Palma de Mallorca le
3 mai 1854.
littéraire, il écrivit d'abord en

Mêlé tout jeune au mouvement

castillan. De 1880 à

1895, il prit part à la vie politique et

se

�\

en 1896 à P aima, où il
exerça une action bienfaisante
qui devait se transformer en maîtrise, sur les jeunes écrivains
mallorquains.
En 1909, il fut proclamé maître en gai-savoir.. En 1916, il
présida les Jeux Floraux de Barcelone; en 1922, ceux de Girone;
en 1923, il s'associa à
l'hommage que l'Atenée Barcelonnais
rendit à son compatriote Costa i LIobera.
Il publia en 1918 : Cap al lard (Vers le soir); eń 1919, Poèmes
biblics (Poèmes bibliques); en 1921, Poésies (Poésies complètes).
Entre temps, il publia aux éditions de l'Avenç un ouvrage d'es¬
thétique : Art i Literalura (Art et Littérature).

retira

J. Alcover

Dans la Publicitat, le poète J.-M. de Sagarra écrit : «... Il
s'était vêtu de la plus pure robe spirituelle, son commerce avec

les anciens, sa communion avec Horace et les
et son grand instinct clair et méditerranéen
le

poètes hébreux,

avaient fait de lui
type du poète classique, parent de cette autre grande figure

de Provence qu'était Frédéric jjlistral. »
Nous reviendrons sur Alcover et son œuvre.

Déplorons sim¬
plement que les relations intellectuelles entre la Catalogne et
les autres Pays d'Oc ne soient pas plus actives et que des œu¬
vres comme celles
d'Alcover soient claquemurées dans des
cellules étanches. Nous nous employons de toutes nos forces
à faire tomber les murs de ces cellules. Nous n'y réussissons pas
toujours. Nous avons én Catalogne des amis fidèles et qui.
comprennent cette nécessité de « sympathie occitane », mais il
semble que le trait d'union matériel est absent. Au lendemain
de la guerre, M. J. Estelricli, de Maillorque, comme Alcover,
avait

organise un service qui contribua

fortement à créer des

�154

—

—

r&amp;fâlious iiïtei'-occituiles :
L'Expannio calalanu. Aujourd'hui
cet organisme est mort et Joan
Estelrich (avec
beaucoup d'au¬
tres)... fait le mort.
C'est déplorable. Mais notre
confiance reste entière.
...Sent brostar les fulles i sent

«

ver.

ne

pujar la saba...

...Je sens germer les
feuilles,
La mort ne peut rien contre « la
«

peuvent rien contre

«

la

mourir.

Kelisons,

en mémoire,

dit Aleo-

» a

je
.sève... »
pensée » du poète. Les temps
pensée » de la race qui ne veut pas

un

sens monter la

poème de J. Alcover

:

DESOLACIO
Jo

l'esqueix d'un arbre, esponeros ahî,
als segadors feia ombra a l'hora de la sestá;
mes branques una a
una, va rompre la tempesta,
i ell llamp fins a la terra ma soca
migparti.
so

que

Brost de migrades fulles coren el boci
obert i sense entranyes
que de la 'Soca resta ;
cremar lie vist ma
llenya; com fumerol de testa,
al cel lie vist anar-s'en la millor
part

de mi.

I l'amargor de viure xucla
ma rel
i sent brostar les fulles i

i m'aida

esclava,
pujar la saba,
esperar l'hora de caur'c un sol conhort.
sent

a

Cada ferida mostra la

perdua d'una branca;
jo, res parlaria de la meilat que era manca;
jo vise sois per à planyer lo que de mi s'es mort.
sens

Joan

Alcover, mallorquin.

DESOLATION
Je suis le tronc

d'un arbre encore vigoureux
hier,
aux moissonneurs à
l'heure de la sieste;

qui donnait l'ombre
mes branches, une à
et la foudre

une, les a rompues la tempête,
me fendit en deux.

jusqu'à terre,

Des

bourgeons de maigres feuilles couronnent le morceau
sans entrailles
qui reste du tronc;
j'ai vu brûler ma tige; comme lumerole de
fête,
par le ciel, j'ai vu s'en aller la meilleure
part de mpi.
ouvert et

Et l'amertume de vivre suce ma
racine esclave.
je sens monter les feuilles et je sens monter la

et
et

une

seule consolation

me

soutient, l'heure

sève,

de la chute.

Chaque blessure montre la perte d'une branche;

sans

moi, personne ne parlerait de la
je vis seulement pour gémir sur ce qui

moitié qui me
manque;
en moi est mort.

X.

Cal

legir

«

OC

»

�—

J.-A.

155

—

BRUTAIIiSj catalan

Jean-Auguste Brutails, membre libre de l'Académie des
Inscriptions et Belles-Lettres, ancien professeur de l'Université
de Bordeaux et à l'Ecole des Chartres, s'est éteint à Bordeaux,
dans sa soixante-septième année.
Avec lui, c'est Un savant éminent, l'un des premiers archéo¬

logues du Roussillon qui disparait.
Nommé en 1883, archiviste du département des - PyrénéesOrientales et plus tard à la fois membre du Tribunal supérieur
d'Andorre, J.-A. Brutails

se

passionna de bonne heure pour

l'archéologie roussillonnaise et dès 1886, il publia dans le Bul¬
letin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyré¬
nées-Orientales, une Élude sur le Caslillel. Il est également l'au¬
teur d'une étude sur La Cathédrale et le Cloître d Elne, d'un im¬
portant ouvrage sur L'Art Religieux en Roussillon, de nom¬
breux mémoires sur les trouvailles littéraires et diplomatiques
ayant trait à la Catalogne moyennageuse et de riches travaux
juridiques tels que La Coutume d'Andorre, Elude sur la loi Stralae, Etude sur L'Esclavage en Roussillon du XIIIe au XVIIe
siècle.

Dans tous les domaines qu'il a fréquentés, archéologie, his¬
toire, jurisprudence etc... les ouvrages de J.-A. Brutails sont
fort appréciés et l'on ne cessera d'y puiser profitablement.
Nous nous inclinons profondément devant la tombe de

.

ce
grand ami du Eoussillon et de la Catalogne, de ce grand savant
dont l'oeuvre perpétuera le nom.

Ramon

re

Ramon
la plus

TURRO, catalan

Turro, considéré par ses compatriotes comme la figu¬

éminente de la science catalane, est mort, à Barce¬

lone, le 5 Juin. 11 était né à Malgrat (Gerone) le 9 décembre
1854. Avec le docteur Turro disparaît l'une des plus nobles

péninsule ibérique et l'un des bactériologues
plus éminents d'Europe. Comme l'a affirmé le docteur G.
Pittaluga, de Madrid, Turro a été « l'un des biologistes les plus
intéressants du xixe siècle et dès débuts du xxe. 11 a été un
homme dont il serait difficile de dire si l'œuvre domine la per¬
sonnalité ou si la personnalité domine l'œuvre. » Le docteur
Pittaluga conclut : « Avec la même violence qu'il portait à ses
critiques philosophiques, il aima ses concitoyens, sa douce
Catalogne et, surtout, la vérité. »
La vie de Ramon Turro nous offre l'exemple d'un effort
continuel pour la culture et la vérité. Et non seulement il s'est
spécialisé dans le domaine de la bactériologie il a étendu encore
ses recherches jusquà la physiologie de la sensibilité et du
mouvement et même'au-delà, jusqu'aux conséquences de ses
travaux quant à la théorie de la connaissance. Comme le fait
observer l'un de ses disciples les plus notoires, le Dr Pi i Sunyer,
Ramon Turro signalait, dès 1882, toute l'importance des fac¬
teurs non purement mécaniques dans l'organisation cardiovasculàire ; plus tard il fit des découvertes fondamentales dans le
domaine de la prophylaxie, en démontrant pour la première
fr--s (ce qui est aujourd'hui une idée universelle) l'origine panexistences de la

les

�organique des diastases baetériolithiques et la complexité coor¬
l'infection; enfin, en suivant son
tempérament philosophique, il a insisté sur l'importance déci¬
sive que possèdent
l'organique, le physiologique et le tropique
dans le processus d'acquisition de la
connaissance.
C'est pendant les années 1888 à
1892, alors que Ramon y
Cajal occupait à Barcelone la chaire d'histologie et d'anatomie
pathologique, que le goût des recherches expérimentales s'é¬
veilla chez le docteur
Turro"*qui fut, à ce moment l'assistant du
célèbre neurologis te. Quand Ramon
y Cajal fut appelé à Ma¬
drid, Turro, sans moyens et sans aide de l'Etat, créa un labo¬
ratoire rudimentaire de
bactériologie dans l'ancien pigeonnier
donnée de la défense contre

de la vieille Faculté de Médecine. Celle-ci avait

reçu

un

local

nouveau, plus vaste et mieux aménagé. Ses premiers travaux
portèrent sur la culture de certains microbes, et le précédé
qu'il avait inventé fut appliqué universellement. Une heureuse
modification qu'il apporta au tube de Buchner
constitue un
autre procédé technique d'une
réelle impor tance : les traités
français de bactériologie l'ac¬
cueillirent

avec

éloge, alors

que

diriger

son

les Allemands ne ie suivirent
pas.
Dans la péninsule, le nom de
Ramon Turro était
placé à côté
de celui de Ramon y Cajal. Il
était, dès 1892. membre de l'A¬
cadémie de ÎMédecine. de Barce¬
lone. La
municipalité de cette
ville l'avait appelé à

Laboratoire bactériologique.
Lorsque Prat de la Iiiba fon¬
da l'Institut des Etudes Catala¬
nes, Ramon Turro présida la

section des sciences de la
velle Académie. Il fut

Ramon turro

nou-

également appelé à présider, dès sa fon¬
dation, la Société de Biologie de Barcelone.
M
Le docteur Turro a fait école en
Catalogne. Parmi ses nom¬
breux disciples, il est à
signaler, comme ayant acquis une cer¬
taine notoriété, le docteur Pi
y Sunyer, l'un des physiologistes
les plus émi'nents de la
Catalogne et les docteurs Gonzalez, Aloihar, Baltà, Cervera. Ce dernier que nous avons
déjà nomnié,
a
publié dans la collection des Quaderns Blaus (Cahiers
bleds)
un
remarquable volume sur l'œuvre et la vie du docteur Turro.
C'est là, non seulement
l'hommage d'un disciple pour le maître
éminent, mais encore un exposé de ses doctrines *
scientifiques,
que tous les physiologistes consulteront avec
profit.
Au reste, voici
quelques passages de l'hommage de Léandre
Cervera à son
maître

:

Si Catalunya deixava de fer
justicia a la gran vàlua de l'obra
que el seu fill génial li deixa, passarà
per la vergonya de veure
com la hi fan els
homes d'enllà de les
fronteres, car l'obra de
Turro, avui ja estimada i respectada en els centres culLurals
de tôt el mon, es cotitzara am el
temps a preus altissims.
"

:

'

r

■

llarga llista de treballs pubiicats i inédits
'

Pero Turro, ultra la

§

�que ens deixa* i que constitueixen la part tangible de la seva
activitat cientifiça, lia réalitzat entre nosaltres una obra docent
que

unicament aquells qui n'iiavem rebut la benèflca intluència

podem justipreciar.
Quan s'escrigui la liistoria de la medieina catalana, la figura
de Tuito i el seu mestratge marcaran el punt final d'una època
de desvari i l'inici d'un ressorgimcnt que la suma al treballàr
truites deis grans,centres mundials.
A "Catalunya, mercès a l'obra docent de mestre
dona el cas especialissim que la cultura biologica i
d'una manera autoctona i no com en altres pobles,

Turro, es
mèdica i
la Itàlia,
per exemple, que tan l'efecte d'una perllongacio invasora d'una
exotica. Aquésta constatacio és una prova fefaent
cultura
de la força suggestiva de l'apostol.
En aquestes bores que el cadaver del mestre és encàra calent
i el nostre
esperit es disposa a començar l'aprenentàtge del confortament davant del fet irréparable, ens alleugereix el pit gargotejar.damunt del paper aquests mots de gratitud en forma
de comiat.

Léandre Cervera.
5 de

juny de 1926.
♦*♦♦»

Antoni GAODI, catalan

Quelques jours après la mort du docteur Turro, la Catalogne
tuf frappée d'un nouveau deuil. Le grand architecte Antoni
Gaudi est mort à Barcelone le 10 juin. Cette nouvelle et douloureuse^perte a grandement ému les Catalans, pour tout ce que
Gaudi

représente dans leur renaissance nationale.

né à Eeus le
juin 1852. Il fit ses études à l'E¬
cole d'Architecture de Barcelone et
dès 1883, il fut chargé de la cons¬
truction du temple delà Sainte Fa¬
mille, à Barcelone, qui est loin d'ê¬
tre terminé. Toutefois, la façade
principale est finie, ainsi que qua¬
tre immenses tours rondes et lé¬
gèrement coniques, dont on possè¬
de déjà le campanile qui la sur¬
monte. Tous les étrangers qui vi¬
sitent Barcelone se font un devoir
d'aller contempler
cet énorme
chantier de la Sainte Famille, l'u¬
ne des œuvres archi tectoniques les
Antoni Gaudi était

25

plus originales qui soient. La maquette de ce temple l'ut très remar¬
quée à Paris, en 1900, lorsqu'elle
fut exposée au Grand Palais. On ne soupçonnait pas, à cet¬
te époque-là, les efforts des architectes du XX« siècle pour
créer une architecture nouvelle; Antoni Gaudi, s'inspirant des
formes' de la nature, des formes animales et- végétales sur¬
tout, créait un art nouveau, un art osé,^ où. la fantaisie de 1 ar¬
tiste reprenait tous ses droits, sans oublier,, pour cela, les réglés
Antoni Gaudi

�—

158

—

les plus strictes de la construction.
Aussi, le cardinal Ragonessi,
du
pape, qui visitait un jour la basilique en construction
définit admirablement l'art
et le génie de Gaudi dans
une
phrase qui est lapidaire; comme il venait d'admirer le
du temple,
portail
qui représentait la naissance de Jésus et où la
fan¬
taisie de l'artiste a réuni en une
harmonie tumultueuse des
hommes, des animaux, des plantes de toutes
sortes, Son Eminence lui dit : « Vous
êtes, Monsieur Gaudi, le Dante de l'archi¬
tecture ».
nonce

Quelle que soit l'opinion des critiques modernes sur
de Gaudi, elle
s'imposera comme une œuvre géniale. Le l'oeuvre
de la Sainte
temple
Famille, inachevé qu'il est, fait déjà l'admiration
de tous. Outre cette œuvre
grandiose et merveilleuse, que des
disciples fidèles vont continuer en respectant les
plans du maî¬
tre, Antoni Gaudi est l'auteur du Parc
Giiell, à Barcelone, où
il a fait des
merveilles; du Palais
des marquis

de

Comillas, à
Comillas, de la « Casa Botines », à Léon; du
palais épiscopal
d"Astorga, du couvent de Sainte Thérèse, à San
Gervais, etc.
Il est le restaurateur de la
cathédrale de Majorque et de
plu¬
sieurs monuments
historiques catalans.

L'Abbé

TAU25IN, béarnais

M. l'abbé Tauzin est mort
le 1er Décembre
1925, emporté
par une congestion pulmonaire. Il était
malade depuis .quel¬
ques jours, lorsque, le
jeudi 2o Novembre il voulut à tout
se lever
prix
pour remplir une fonction
paroissiale. Cette sortie lui
fut funeste. Le mal
s'aggrava,
il dut s'aliter de nouveau et le
lundi suivant, il entrait à
l'hôpital d'Orthez.

C'était

un

membre des plus en vue
et des
plus sympathiques du clergé béarnais. L'abbéplus brillants, des
Edouard Tauzin
naquit, en 1873, à Eslpurenties, où son
père était instituteur.
Il était donc
âgé de 52 ans. Il fit de bonnes études au
Collège de
Bétharram, au Grand Séminaire et à l'Institut
il alla
Catholique, où
après son ordination sacerdotale
(1896) et d'où il revint,
on 1898, licencié
es-lettres pour exercer le
professorat à l'Ecole
de l'Immaculée
Conception. Après dix ans de professorat il fut
nommé curé de
Baigls-de-Béarn où il vient de mourir.
Esprit curieux et avide de
personnalité d'une phy¬
sionomie très spéciale, l'abbéconnaître,
Tauzin ne pouvait
passer et ne
passa nulle part inaperçu. 11
avait, en toutes choses, surtout
dans les. choses de
l'esprit et de la politique sa manière de voir
toujours très sincère et très
désintéressée, souvent originale,
jamais banale. Aussi son commerce
était des plus
se montrait
agréables, il
pour tous bon et généreux. Les
divergences d'idées
étaient avec lui sans
passion et sans fiel et n'excluaient donc
pas l'estime et l'affection
réciproques,
«

Très attaché à

la_ région béarnaise, a écrit M. J. Robertil était
originaire, — et déplorant le manque
de curiosité du
grand public pour les études
Cantabre, dont

régionales, — c'est
Essais de résurrection
historique locale » qu'il débute
en 1901.
Les qualités qu'il manifeste
en ces
trop courtes pages nous font regretter
que l'abbé Tauzin ne
leur ait pas donné
suite.
une
Son avertissement liminaire
est à
lui seul un
par des
dans les

«

lettres,

—

mouvement de saine

compréhension historique.

»

�—

Vital

159

—

GRANET, limousin

Le

Félibrige limousin vient de perdre un de ses plus dévoués
mainteneurs, M. Vital Granet, de St-Junien. Erudit passionné¬
ment intéressé à l'liistoire de sa
aussi un ami fervent de notre

province, M. Vital Granet était

langue. Félibre mainteneur de¬

puis 1923, il avait pris une part active à l'organisation des fêtes
l'Eglantine de St-Junien et nous l'avions retrouvé l'an der¬
nier, à Aixe, toujours dévoué à notre cause, plein d'entrain et
de vie. Une mort prématurée nous l'enlève aujourd'hui, mais
nous garderons pieusement son souvenir.
de

Le Dr de St

FLORENT, limousin

Le Dr de St-Florent aussi nous a

quittés. Voici

à son sujet M. René Farnier dans la Gazelle du
«
...La mort du docteur de Saint-Florent

ce

qu'écrit

Centre :
prive la

cause
limousine d'un de ses meilleurs défenseurs. Le félibrige limou¬
sin perd en lui un de ses mainteneurs fidèles.
Le docteur de Saint-Florent, nous ne l'oublierons pas, a
toujours secondé nos efforts auxquels il a tenu à s'associer. En
...

1923, il avait accepté la présidence du comité d'organisation
l'Eglantine, et c'est en cette qualité que, dans

de la 23e fête de

la pittoresque vallée de
Ou pou lié, et les Félibres

la Glane, il recevait officiellement le

Venus -de tous les coins de la France
occitane, célébrer à Sain i-J union, la fête de l'Amitié limousine.
Nous avions en lui, un ami fidèle et dévoué. La maintenance du
Limousin et le Félibrige tout entier s'associent, à la douleur des
siens. Leur deuil est le nô tre, et mous garderons pieusement la
mémoire de cet homme de bien, qui fut un bon félibre limou¬
sin.

»

Louis

DU VERGER, limousin

Farnier nous apprenait en ces ter¬
Duvérger
...La semaine qui s'achève est une semaine de deuil pour le
Félibrige et 1' « Eicola dau Barbichot »i Lundi, nous avons con¬
duit, à sa dernière demeure, dans le cimetière d'Aixe, notre
ami Louis Duverger de Creuzenet.
Le 30 Juin 1926 M. René

mes

la mort de Louis

...En
que sa

.pleine maturité, Louis Duverger nous

érudition nous

est enlevé, alors

dévouement, sa précieuse
paraissaient devoir pendant longtemps encore

foi félibréenne, son inlassable

apporter à notre cause d'inappréciables éléments de force.
...Louis Duverger avait, pour notre langue, un attachement
éclairé; il n'ignorait rien du glorieux passé de la langue des
Troubadours; il savait, depuis longtemps, les titres de gloire
de ce langage que des ignorants continuent à traiter comme un
patois grossier. Il avait étudié la littérature romane, s'était
passionné pour les recherches philologiques pour lesquelles il
avait trouvé un guide sûr et éclairé' dans les savants travaux
de Camille Chàbaneau. Il nous avait suffi cle quelques minutes
de conversation pour reconnaître que le nouveau Félibre que
nous inscrivions à la Maintenance du Limousin cachait, sous
sa modestie, les trésors d'une érudition précieuse. D'ailleurs,

�—

160

—

Louis Duverger n'avait
pas limité au seul limousin l'objet dé
ses
recherches, c'est toute la littérature occitane que son esprit
curieux avait voulu
approfondir; il avait une connaissance
complète, non seulement des grands écrivains de la renais¬
sance
provençale, mais encore de tout le mouvement littéraire
des provinces d'Oc. Je n'ai
pas besoin de dire que, pendant
trois ans. le dévouement et les vastes
connaissances de Louis
Duverger furent souvent mises par nous à contribution
pour
notre

propagande limousine. Nous avions

Blarc

en

lui

ami sûr.

un

SARLAN6E, limousin

La tombe de L.

Duverger à peine fermée, c'est un autre
: Marc Sarlange, « l'un des
plus jeunes,
Farnier, des plus ardents, des plus vivants de nos Félibres
limousins, ce jeune et charmant Marc Sarlange,
emporté en
quelques jours par un mal impitoyable, alors que nous fondions
tant d'espoirs sur la débordante activité
de son exubérante
limousin qui est parti
écrit

jeunesse. Les liens d'amitié qui unissent entre

eux tous les féli¬
bres limousins et tous les membres de 1' «
Eicola dau Barbichet »
sont trop forts pour que nous ne nous
sentions pas tous cruelle¬

ment et

pent.

douloureusement atteints par les
coups qui nous frap¬

...Marc

Sarlange, lui,

nous

avait apporté la fougue de

nesse, l'ardeur débordante de ses vingt ans...
Félibre Mainteneur il s'intéressait à la vie
savait que son Nontronnais natal faisait
partie
la Patrie limousine; il savait aussi
gue

de la terre

nous nous

passionnait.

Xavier

jeu¬

félibréenne; il
intégrante de

qu'en faisant revivre la lan¬
créer, entre les enfants

efforcions de

d'une même race, des liens d'amitié solide et
durable et
but le

sa

ce

noble

»

REI/lÊRK-CIîOS,

languedocien

L'Éscoïa Occiiana vient de
perdre un de ses meilleurs adhé¬
rents, Xavier Rivière-Cros était, en effet à la fois un
propa¬
gandiste et un écrivain de mérite.
Né à Castelnaudary, le 3 décembre
1849, il fut étudiant en
pharmacie dans cette ville,' jusqu'au jour où il vint continuer

ses études à la Faculté de
Toulouse. La ville rose devait le
der; il s'y installa définitivement, après avoir obtenu ses gar¬
diplô¬
mes, et il y exerça, vingt ans durant, la profession
de
cien, il y prit sa retraite, et c'est là qu'il devait mourir lepharma¬
diman¬
che 9 niai 1926.

Il fut
longtemps rédacteur en chef du Réveil de
où il publia une série de notes

Sainl-Cypricn,
archéologiques relatives à ce
faubourg de "Toulouse. Au journal Le Lauraguais, il donna de
nombreux articles sur
France. La

la situation agricole du sud-ouest
langue d'Oc fleurissait naturellement sur ses

de la

lèvres,
et il composa
quelques opuscules connus : Tros de vèrses, VEspciza e la Flor, las Nosas
L'Académie des
raux

lui accorda

en

1901,

en

1905,

une

une

d'Argent.

Jeux Flo¬

généreusement les fleurs si désirées : un œillet,
primevère, en 1902, 1903 et 1904, une églantine,
primevère en 1906, un rappel d'églantine, en 1907.

�—

161

—

Áux grands Jeux Floraux septénaires du Félibrige, en 1913, il
obtint une médaille d'or grand module.
Son activité ne se ralentissait
pas avec l'âge. En 1904, il en¬
treprenait avec l'éditeur Caussé la publication de VAlmanac
Illustrai, de Toulouso, dont il assura la rédaction
jusqu'à sa
mort. Il aimait à suivre de près le grand mouvement de res¬
tauration de la langue mené par YEscola Occilana,
et, lors des
fêtes célébrées à Castelnaudary en l'honneur d'Arnaút Vidal,
le 24 mai 1925, il assista à la iaulejada et pria l'auteur
de ces
lignes de vouloir bien déclamer à sa place le sonnet : Lotis à
mon païs, Casielnòu :
Xavier Rivière-Cros a laissé un volume de poésies occitanes
parues en 1912 sous lé titre : Catnpanejadas lauraguezas (Volées
de Cloches lauraguaises).
Abbé J. Salvat.
-k -m ♦ ♦ m » »

Charles

PORTA1LÏÉ, gévaudanais

Né le 18 déc. 1898 à

Chàteauneuf-de-Randon, bourg lozérien
qui garde la mémoire du trépas de Duguesclin, Chaires Portalié

meurt le 14 mai 1926 à N.-D. du Bon Secours à Paris, des suites
d'une grave blessure reçue en 1917, à l'attaque du mont Kemmel.

Ce jeune et noble écrivain, engagé volontaire dès qu'il eut
passé le baccalauréat, disparaît avant d'avoir donné sa pleine
mesure. En 1923, il publiait une
plaquette, intitulée La Pairie

contre VInternationale. Il collaborait à : Paris-Revue, La Croixde Paris, Le Petit Patriote, La Province, L'Union Catholique

de

Rodez, Le Journal de l'Aveyron, Le Poilu Lozérien, Les Cau¬
Fribourg, etc.
Régionaliste ardent, Portalié, d'une chevaleresque nature,
savait éveiller autour de lui de vives sympathies qui conserve¬

series de

ront fidèlement

son

souvenir.

.

Marius Balmelle.
++-M-++++-M-

Fernand

DEVISE, provençal

La Provence a perdu Fernand Devise. Nous ne saurions
mieux faire que citer les principaux passages de l'étude que
lui a consacré dans le Provençal de Paris son ami, notre ami

Joseph Loubet
M. Fernand Devise était de la lignée des grands méridionaux,
de Jules-Charles-Roux, par exemple, dont il avait recueilli
une

part des hautes chargés. Vice-président de la Société Mar¬

seillaise de Crédit, il nous appartenait encore par sa présence
au Conseil d'administration de la Transatlantique, des Grands
Travaux de Marseille, de l'Energie électrique du Littoral médL

rémunération des sociétés qui sollici¬
trop longue pour que nous la
reproduisions ici. L'unanimité des regrets que sa mort soudaine
a suscitée dans le monde de la haute finance est d'ailleurs signi¬
terranéen, etc., etc.,
taient

son

ficative.
Nous

car

concours éclairé serait

l'aimions, nous, disons-le humblement pour d'autres

Série E.

F. XI.

�-----

Ì62

—

vertus rare's et

non moins séduisantes,
son goût des lettres, son
fidèle de la terre natale, les délicatesses de son cœur. Il
avait tout jeune, collaboré à la revue YIlermilage, que
amour

dirigeait
compatriote, notre excellent ami, Henri Mazel et si la plu¬
celle de
toujours
épris de poésie limpide, féru d'art, et amoureux de lumière.
Nul ne fut plus Nîmois.
Il compta parmi 1er
premiers adhérents du Félibriga de Pa¬
ris, de la Cigale, de la Brandade [celle d'Alphonse Daudet), dont
il était devenu le
président aimé...
...C'est par Batiste Bonnet que Devise affectionnait et admi¬
rait et parce que j'avais traduit le livre des souvenirs du
paysan
sur son baile Alphonse
Daudet que Devise un jour m'appela.
Et nous nous découvrîmes depuis tant
d'affections communes.
Il devint ainsi le confident des écrivains de la
capitale particu¬
lièrement attachés à la
littérature'populaire du Midi et fut élu
président des Amis de la Langue d'Oc dès la fondation de ce
groupement cordial.
J'aimais en Fernand Devise par dessus tout, cette
indulgence
supérieure .qui ne s'offensait pas de l'inaptitude de simples
poètes à la vie mondaine.
Les jolis élans de son enthousiasme
d'artiste, de Nîmois, il no
les ménageait plus dans la chaude intimité de sa
bibliothèque
de la rue Las-Cases, où nous devisions si fréquemment...
Je suis sûr. que parmi les belles heures de Fernand Devise
comptait le noble délassement de ses travaux- qu'était notre
son

du magistrat, du financier remplaça rapidement
l'écrivain et du critique Fernand Devise demeura

me

.

périodique examen des trouvailles et des achats de livres ou
îélibréennes. Il possédait tout ce qui avait trait à l'his¬

raretés

toire de Nîmes, mais mieux qu'aux; recherches érudites et sa¬
vantes, il se plaisait, dans l'expression spontanée des poètes
populaires. Tout ce qui touchait les Nîmois, Keboul, Canonge,
Bigot, Roumieux, naturellement tenaiL une place dé faveur
avec

les

œuvres

et documents de Batisto Bonnet. Mais le fonds

félibréen*s'était rapidement chargé, enrichi. Je puis dire ct'
l'on peut m'en croire qu'à l'heure actuelle,
ce fonds est devenu

l'un cles

plus importants et des plus précieux que l'on puisse
seulement pour les éditions anciennes et les « orininales » des écrivains cl'Oc, mais pour
la profusion de docu¬
ments inédits, lettres et manuscrits qu'il recèlè. Ouel modeste
et délicieux mistralien que notre
regretté président. Quelle
tristesse m'étreint en écrivant ces lignes.
J'ai trop apprécié la discrétion de ses sentiments
pour oser
dire aujourd'hui ses touchantes
initiatives, demeurées anony¬
mes pour la
plupart, les projets que nous caressions et que les
rigueurs d'une époque, dure aux poètes, nous faisaient sans
noter

non

différer.
Hélas ! je songe que nous venions à
peine de commencer l'in¬
ventaire du legs que nous avait fait, à. tous
deux, le pauvre
cesse

Batisto Bonnet

—

quelques caisses de papiers et manuscrits
désormais, doublement

et que cette tâche m'incombera toute

douloureuse.
Ainsi peu

de temps après la fin, du pacan de Bellegarde, son
Nîmes, l'aura rejoint aux aliscamps de Sainte-Estelle...
En pleine terre du soleil, à
Alger* Devise a été terrassé par
ami de
une

embolie.;.

Joseph Loubet.

*

�163

—

Le Chanoine
Le

—

LAMBERT, provençal

24

septembre 1923 mourait à Vcnce (Alpes-Maritimes)
le chanoine Lambert,
archiprêtre de Valence.
Le chanoine Lambert était l'un de nos
fidèles amis. Il
formait là-bas, au sein de la Manienencia plus
Ligorcnca, avec notre
ami le beau poète Louis
Funel, un noyau de chaudes sympa¬
thies occitanes.
'
Avec lui nous perdons un ami, et la cause occitane
un
.

actif

ouvrier.

M.

DUJARRIC-LESCOMBESÎ, périgourdin

En nous

apportant les échos des fêtes félibréennes de Berge¬
Péfigord nous a annoncé la mort de son pré¬
d'honneur, M. Dujarric-DescombeV, décédé au Maine,
commune, de Celles, le 29 août.
Dujarric-Descombes fut un érudit, un savant modeste et un
homme d'action qui dirigea le
Bournat, pendant vingt ans.
Nous nous associons au deuil de nos amis
périgourdins.
rac, le Bournat du
sident

L'ÂiyjSfÂNÇO DE! JOUEINË
Direction

:

M.

G.

Rebout, 4, Bd des Dames, Marseille

édite des Cartes Postales

comportant des textes des différents
grands écrivains occitans. Sans distinction de dialectes.
Le paquet dè 20 cartes postales : 3 lie, les 40 : 6
IV.,
Le cent

A l'heure

FÉDÉRALISTE

Tribune du fédéralisme

syndicalisme
Un

:

E.

an.:

15 i'r.

actuelle, il existe 40 sujets différents.

LE

Directeur

:

intégral, régionalisme
fédéralisme.

y—

—

Poitevin, 4, Eue Cronstadt, CourbeVoie (Seine)
.6 francs. Chèque Postal

:

Paris 660-81.

�Aux
LOS

quatre
GRILHS

vents
DEL

d'Oc (l)

LAURAGUÉS

Dans VArmanà de Lengado pour l'année 1876, Arnavielle,
qui si¬
gnait Lou Felibre de l'Aubo, s'adressait ainsi il Achille Mir, le célèbre
Carcassonnais

:

«

Tu sais combien

grande est l'œuvre que

nous avons

entreprise. Nous comptons sur toi. Allons ! Placé' comme tu es, en
vue de Toulouse, trop oublieuse de son
passé, à deux pas de l'Albi¬
geois, encouragé par Béziers la cité vaillante, tu vas, toi, gagner du
terrain à la Cause. Allons ! La gloire, un
jour, te payera ».
Les choses ont bien changé
depuis.
Si
le pays d'Albi, après avoir
connu quelques heures
d'enthousiasme, semble avoir laissé refroidir
son attachement au
Félibrige, Béziers a développé et accru magnifi¬
quement son prestige littéraire, et Toulouse, Toulouse surtout a
réparé l'erreur trop longue et renoué la chaîne de la tradition. L'an¬
tique Capitale du Languedoc a vu peu à peu l'Académie des Jeux
Floraux accorder ses fleurs aux poètes languedociens; elle a vu éclore
successivement VEscolo Moundino et VEscola Occiiana.
Celle-ci, grou¬
pant plusieurs Majoraux du Félibrige, des Mainteneurs et des Maîtres
de l'Académie toulousaine, et de très nombreux
félibres, est devenue
en peu de
temps très florissante. Son organe, Lo Gai Saber, est une
des publications languedociennes les mieux
rédigées et les plus auto¬
risées. Rayonnant sur Toulouse et toute la:
région toulousaine, VEscola Occiiana a provoqué, en
plein Lauraguais, à Castelnaudary, la
fondation d'une nouvelle Ecole félibréenne, Los Grjlhs del
Lauragués
(Les Grillons du Lauraguais). Les historiens du Félibrige diront
peut-être un jour les diverses phases de fécondation et d'éclosion de
cette Ecole.
a

Pour aujourd'hui, contentons-nous
d'exposer
fait. Disons tout d'abord que la région du
le seuil de Naurouze, est encore mieux

sur

brièvement ce qu'elle
Lauraguais, à cheval
placée que le Carcassés

pour établir la liaison entre les régions occitanes. Les circonstances
défavorables, la maladie et la mort, hélas ! trop précoce d'Auguste
Fourès empêchèrent ce félibre
généreux de réaliser ce que lui per¬
mettaient son ardeur et son génie. L'influence de
Fourès, si considé¬
rable dans le Félibrige, ne fut presque
pas sensible sur son propre
terroir. La preuve en est, palpable, dans le fait seul
qu'encore 'aucun
monument ne rappelle, à
Castelnaudary, le Grand F'élibre du Lau¬

raguais.

Fourès est mort en 1891. Et voilà
que, trente ans après, la langue
d'Oc retentit merveilleusement sur la butte où
chantaient, antan,
les Grilhs de Fourès. Comme
par enchantement, une pléiade de féli¬
bres affiliés à VEscola Occiiana clamait aux
grands vents de Cers 'et.
d'Autan sa foi profonde dans l'avenir de la Causé
occitane, et son
cri était entendu des Alpes aux
Pyrénées, à travers toute l'Occitanie.

C'étaient, suivant l'expression de Fourès, « les troubadours de cette
terre puissante » qui s'éveillaient.
Leur première manifestation
joublique, qu'ils voulaient très dis¬
crète, revêtit le caractère d'une journée triomphale. Accédant à leur
demande, la Municipalité de Castelnaudary donna à une avenue
de la ville le nom du troubadour Arnaut
Vidal, le premier lauréat du
violier d'or de l'Académie des Jeux
Floraux, alors dite La Subregaya
Companhia del Gai Saber. Coïncidence curieuse : le gagnant du Vio¬
lier d'Or, en mai 1924, aux Jeux
Floraux, avait été le jeune poète
lauraguais Guilhèm de Nauroza. Aussi l'Académie, pour la première
l'ois, croyons-nous, depuis sa fondation, voulut-elle venir, en corps,

(1) Sous cette rubrique qui est essentiellement

nous

une

tribune

libre,

exposerons l'œuvre des Sociétés occitanes, quelles que soient
leur but, lettres, arts, sciences, industrie.
Chaque Société sera pré¬
sentée par un de ses membres auditeurs. Nous
commençons cette
année par les Grilhs del Lauragués.

�—

165

—

Vidal, digne couronne¬
grandioses Journées par lesquelles l'Académie avait célébré
en 1924, à Toulouse, son sixième Centenaire.
Le 24 mai 1925, Los Grillis del Lauragués, puissamment secondés
par la Municipalité, qui voulut recevoir officiellement l'Académie
à rÔôtel-dfe-Vil.le, organisèrent à Castelnaudary des fêtes inoublia¬
bles. A leur appel avaient accouru des Majoraux et des Mainteneurs
éminents; M. le Marquis de Suffren, Secrétaire perpétuel de l'Aca¬
démie des Jeux Floraux, M. Armand Pravicl, Mlle Vinas, la Reine
du Félibrige, Philadelphe de Gerde apportèrent aux Grilhs l'homma¬
ge de la tradition, du talent, de la grâce, du génie.
Cette fête n'a fias été sans lendemain. A plusieurs reprises depuis
lors, la langue d'Oc a retenti sur les scènes théâtrales et sur les chai¬
res des églises; les costumes traditionnels et la coiffe des aïeules ont
refleuri en de magnifiques bouquets et en d'émouvants cortèges.
Ce qu'ont fait les Grilhs ? Ils ont tout simplement redonné une
âme occitane à tout leur pays. Pas de cénacle, pas de petite Acadé¬
mie. Mais au contraire une action grande, puissante, un souffle géné¬
reux qui met en branle tous les coeurs. Il est déjà admis que là fête
des Grillons est traditionnelle. La population tout entière, sans dis¬
tinctions de partis politiques ou de croyances religieuses, est heu¬
reuse de suivre ses chanteurs et ses poètes qui la convient à des joies
incomparables. Toutes les
assister à l'inauguration de l'Avenue Arnaut
ment des

Sociétés musicales et

\
r;

ar¬

tistiques de la ville prê¬
tent leur concours le plus
dévoué et le plus empres¬
sé. Il faut un acteur, on
en
a
dix ; il faut un

chanteur,

i.

on en a

Chacun veut être

vingt.
félibre,

mériter î'êpithète cinglante de Paul

pour ne pas

Arène. Aux jours de fête,
les Sociétés musicales

jouent des airs félibréens;
les

de

l'antique

qui

jouaient

cloches

collégiale

Marche de
Simon de Montfort, égrè¬
autrefois

la

nent dans l'air

tranquille

notes de La Coupo
Sanlo et de La Coumlesso.

les

Des foules avides se pres¬
sent autour de la chaire

où la doctrine est prêcheé
dans la plus pure langue

occitane.

Des

chansons

populaires, répandues et
propagées par tous les
moyens, enthousiasment

Prosper

félibre

Estieu,

majorai, mestre es-Jocs-Florals

Capiscol dels Grilhs del

Lauragués.

nombreuses assem¬
les
blées.
Dos conférences
instructives apprennent à
des auditoires

attentifs

ce

qu'ils n'ont jamais su de
leur histoire et de leur langue. Des livres sont imprimés, des bro¬
chures vendues à profusion, des abonnements sont inscrits à des,
revues et à des publications occitanes. Parfois même, des Grillons
se déplacent, et, qui n'a
pas été heureusement surpris d'entendre,

plusieurs.reprises, cet hiver, les chansons de Prosper Estieu trans¬
dans l'univers entier par le poste de Radio-Toulouse 1
Prosper Estieu, félibre majorai, maître ès Jeux Floraux, est l'âme
de cette brillante floraison occitane. Auteur de sonnets admirable¬
ment ciselés (Lou Terradou, Flors d'Occilania) de sirventes enflam

à

mises

�—

166

—

més (La Canson Occitana) et d'une
épopée grandiose
Occitan), Prosper Estieu, considéré comme l'un des (Lo Romancero
maîtres

de la

Renaissance

méridionale, demeurait jusqu'à
par ces œu¬
trop au-dessus du peuple. Rajeunissant, présent,
comme seul un
grand
poète peut le l'aire, sa muse, sans avoir à rechercher de

vres,

thèmes à

son

inspiration, il

nouveaux

s'est mis à composer des chansons

Magali

de

nou-

Séverac,
Lauragiiès.

Rèina dels Grilhs dcl
\

velles

sur

d'e vieux airs. Ses

chansons

ont été

populaires avant de
paraître dans le beau volume édité
par les Editions Oocitania sous ce
titre évqcateur : Lo Flahul
Occitan. L'abbé
Salvat,
ce
livre, a raconté comment le poète, cédant à ses dans la préface de
à le publier. ,Nous
instances, se décida
n'apprécierons pas ici, après tant
cueil qui,.au dire de
d'autres, ce re¬
plusieurs
critiques,
pourrait être le chef-d'œu¬
vre de
aux

Prosper Estieu.

airs tantôt

Nous

dirons seulement

que ces

mélancoliques, tantôt joyeux, d'une

chansons,

tenue "toujours

�—

107

—

quand elles sont familières, sont allées au.cœur du public.
Elles.ont.trouvé, à Castelnaudary et dans les environs, des. interprètes
incomparables. — Jeunes gens, jeunes filles, enfants, Sociétés chora¬
les, maîtrises, orphéons chantent à qu. mieux mieux ces chansons
populaires, qui exaltent les nobles.sentiments, l'amour du pays occi¬
tan, de son histoire, de sa langue, de ses mœurs, de ses traditions.
Le peuple lauraguais s'est reconnu dans les chants de son poète,
et, au moindre geste de celui-ci, les foules accourent. Quel beau spec¬
tacle que celui d'un grand poète du terroir compris et aimé ! Ah !
Comme il donne bien raison à Mistral écrivant un jour à Fourès :
Au lieu de nous inspirer des échos d'outre-Loire, écoutons le vent
qui souffle dans les arbres du pays, et nous aurons une. raison d'être
au milieu de,tout ce qui vit, » (Lettre inédite du 6 décembre 1875).
A la voix, du génie
poétique, d'autres voix
ont fait écho ; les Grillons.se sont éveillés sur
la
térrè lauraguaise.
noble même

«

C'est ainsi que,
ses

parmi

champs de blé et

de .maïs, le jeune Guilhëm de Nauroza écrit
des chansons, des rondels
et
des sonnets

qu'il intitule modeste¬
ment Canls d'un Grilh.
Lauréat de l'Académie
des Jeux Floraux com¬
me

Guilhèm de Nauro¬

l'abbé Joseph Sal¬
vat,-qui mène de pair
za,

l'étude des troubadours
et celle des félibres,
s'est .révélé soudain

prédicateur occitan et
églises de NarbonCastelnaudary, Béziers, Limoux, pour ne
parler que des grands
centres, ont entendu
sa
parole ardente et
convaincue. Propagan¬
diste inlassable, il col¬
labore à plusieurs pu¬
blications de Paris et
de province, il institue
les

ne,

Abat

Jozëp Salvat,

Secretari dels Grilhs del

Lauragués.

cours de langue d'oc dans le Petit Séminaire où il enseigne,
il
organise des concerts et fait des conférences par T. S, F.
Mais, autour de ces trois grands ouvriers de la Renaissance occi¬
tane en terre lauraguaise, se meut toute une armée de fervents occi¬
tans : poètes et orateurs, dessinateurs, peintres et sculpteurs, compo¬
siteurs, organistes et musiciens, acteurs, déclainateurs, et chan¬
teurs etc... Et nous ne parlons pas des admirables organisateurs des
journées félibréennes ! La ville de Castelnaudary, au moment où elle
perd ses privilèges de sous-préfecture, devient, grâce aux Grilhs del
Lauragués, un centre intellectuel et artistique de premier ordre.
Ces félibres ont voulu se donner une Reine, et, le 16 mai 1926, leur
chef déposait solennellement une couronne de roses sur le front
d'une jeune occitane,, qui ajoute au charme de la jeunesse et de la
beauté le prestige d'un nom glorieux, Magali de Séyerac.
Et maintenant ils veulent élever un monument au grand félibre
Auguste Fourès, l'initiateur, en Languedoc, de la Renaissance Méri¬

des

dionale.
Los Grilhs del

...

Lauragués ont bien mérité de la

Patrie Occitane
1
H. D,

�LA

BIBLIOTHÈQUE DU MUSÉE PYRÉNÉEN

Nous avions signalé l'an dernier aux
lecteurs de VAlmanacli l'im¬
portance de la bibliothèque du Musée Pyrénéen. Malheuseusement
cette bibliothèque
n'avait pu jusqu'alors être mise à la disposition
des travailleurs faute des
aménagements indispensables pour le clas¬

sement

méthodique des ouvrages et leur recherche facile.
Les ressources de l'œuvre
ayant permis de consacrer cette année
crédit de 12.000 francs environ à cette
catégorie de travaux, l'amé¬
nagement d'une des salies du donjon a été entièrement
l'aménagement de l'autre à été commencée et sera terminée terminée,
l'an pro¬
chain.
un

Les. garanties offertes par ces salles au
point de vue de la sécurité
dépôt sont exceptionnelles. Les murs du donjon
épais de 1 m. 80
font une sorte

du
en

de coffre-fort de
d'incendie; les ouvertures des salles
munies d'épais barreaux de fer.
La bibliothèque

pierre défiant tous les risques
qui sont d'anciens cachots sont

comprend plusieurs sections.

La section

pyrénéiste (description de la chaîne des Pyrénées, géo¬
graphie, histoire de la découverte, etc...) est la plus
de la biblio¬
thèque. C'est même le plus riche dépôt de livres de riche
ce genre existant
dans le monde
leur rareté

nous

entier. Parmi les
exemplaires les plus précieux par
citerons les « Trois mois de séjour aux

Pyrénées »
Tonnellé, le « Voyage à la Maladetta » de
la
première édition non mise dans le commerce des « Franqueville,
Souvenirs d'un
montagnard » de Russell, l'œuvre complète d'Henri Beraldi dont les
Cent Ans » annotés de sa
main, le « Rcise in, den
» do Parrot, les œuvres de jeunesse de Ramond comme la Pyrenaen
« Guerre d'Alsace »
et les «Souvenirs du
jeune d'Olban.» D'autres exemplaires sont curieux
par leur origine tel l'exemplaire de Ste-Beuve contenant l'article
sur
Ramond et ayant
appartenu au Prince Impérial, l'exemplaire des
Observations » de Ramond ayant
appartenu au duc de Talleyrand,
l'exemplaire de Chausenque ayant appartenu à Fézat et dédicacé
par l'auteur, etc... Quelques
exemplaires enfin sont précieux par
certaines particularités comme le Guide
Joanne de Lequeutre entiè¬
rement annoté de sa
main, le livre « Au pays des isards » des frères
d'Alfred

«

«

Cadier relié en
peau d'isard.
A cette section
pyrénéiste se trattache la section des manuscrits.
Le Musée en
possède de fort nombreux qui sont de toute première
importance au'point de vue pyrénéiste : manuscrits de
Ramond, de
Lucien Briet, lettres écrites
par Alfred Tonnellé à sa mère lors de son
voyage aux Pyrénées en 1858, lettres écrites
par
l'officier
géodésien
Hossard à ses parents
pendant ses campagnes pyrénéennes ainsi que
les carnets de notes et
papiers afférant à la même
papiers et manuscrits de l'historien du Labeda Jean époque, notes,
Bourdette, car¬
tes, manuscrits et autographes de Schrader et
de Wallon.
Il faut rattacher enfin à
cette Section la bibliothèque
personnelle
de Ramond qui a été donnée au
Musée et qui montre d'une façon

fort curieuse

siècle.

ce

qu'était la bibliothèque d'un grand savant il

y a un

Une autre section
comprend la partie thermale. Elle a été consti¬
tuée pour la plus grande
partie par l'acquisition faite en bloc par le
Musée de la
bibliothèque de l'ancien inspecteur des Thermes d'une
de nos stations

pyrénéennes qui était à la fois un hydrologue et un
passiônné de bibliophilie. Elle comprend des
ouvrages fort anciens

et

rares : les livres de Bordeu et
toute une série de brochures et d'é¬
tudes qu'il serait à peu
près impossible de réunir aujourd'hui. On y
trouve enfin
un

quelques manuscrits dont un gros registre sur lequel
médecin de Bareges
consignait à la lin du XVIII.0 siècle ses obser¬
sur ses clients et
qui montre de façon

vations
dont on

soignait les

gens à cette

époque.

pittoresque la manière

*
*

*

Le Musée de Lourdes est
régional,
a semblé utile de

tuation il

mais en raison même de sa si¬
comprendre dans sa bibliothèque une

�—

169

—

partie locale : histoire de Lourdes avant les apparitions, histoire
apparitions et enfin tous les ouvrages concernant les guérisons.
partie (essentielle de ce fond a été constitué par un don de M.
l'abbé Malbec qui collectionnait tous ies ouvrages de ce genre ainsi
que ceux relatifs aux pèlerinages.
des
La

Etant Musée de

folklore, le Musée doit naturellement comprendre
bibliothèque ethnographique et folklorique. Ori ne s'est pas
borné au seul folklore des Pyrénées. 11 a semblé au contraire utile,
pour permettre des comparaisons d'étendre la documentation à tout
une

Pour mémoire

nous

■

•.

.

-

.

'

*
*

.

l'étranger.

.

.

.

.

;'v:

r

'

le folklore de France et même de

*

citerons les sections

scientifiques

:

botanique,

géologie, entomologie, etc...; tout ce qui se rattache aux Pyrénées
au point de vue scientifique rentre dans ce cadre.
Il est enfin une section qui intéressera particulièrement les lec¬

de YAlmanach : c'est celle concernant les idiomes des pays
occitans. La plus grande partie en a été formée par l'apport des
collections de ce médecin bibliophile dont nous parlions plus haut
teurs

.

était non seulement un hydrologue, mais aussi un érudit par¬
langue d'oc dans laquelle 11 écrivit quelques ouvrages devenus
rares. Sans parler des auteurs vivants nous citerons dans cette

et qui
lant la

très
collection

:

poésies Gasconnes de d'Astros, les Œuvres complètes de Jas¬
min, la Grammaire des langues romanes de Meyer, les œuvres d'AlCartero, les traductions des Fables de La Fontaine de Nabaillet et
de Portes, les Debis gascouiis de Salles, les éditions anciennes en
béarnais des Fors et Coutumes (Lescar 16.02 — Pau 1631 — Pau 1715),
1715), de la Compilation (Orthez 1676), des Stils (Pau, 1723), etc...
Les

Le dépôt de livres du donjon est bien entendu strictement un
dépôt qui n'est pas accessible au public. Les livres sont donnés en
consultation dans une salle de travail spéciale. Les prêts se font uni¬
quement par les soins du Conservateur, pour éviter tous risques de
pertes.
Nous terminerons cet article en adressant une prière aux lecteurs
de YAlmanach. Le Musée et son Conservateur ont fait et veulent co ntinuer un très gros effort pour concentrer dans les conditions de
sécurité que nous avons dites au Château tous les livres concernant
les Pyrénées. Notre idéal serait que tout intellectuel quelle que soit
sa spécialité puisse trouver ici toute la documentation qui lui est

utile.

adresse¬

en ce qui concerne la partie langue, nous nous
lecteurs de YAlmanach et tout d'abord aux auteurs en leur
demandant de bien vouloir nous envoyer leurs œuvres. Il est intéres¬
Pour

cela,

rons aux

sant pour un auteur de savoir que son œuvre
local offrant toutes garantiés.*et placée dans

sera

un

Conservée dans un

ensemble qui attire

travailleurs.'Les livres, hélas ! disparaissent avec une facilité
incroyable. De tel ouvrage tiré à mille exemplaires il ne reste plus
souvent, un demi siècle après, que quelques spécimens. Heureux
tous les

quand l'édition, entière n'a pas disparu. Donner un ou deux
exemplaires de son œuvre au Musée Pyrénéen c'est donc, pour un
auteur, lui assurer la survie intellectuelle.
Nous nous adresserons enfin aux amis de la langue d'oc qui ne
sont pas auteurs mais qui aiment les livres. Le Musée Pyrénéen pos¬
sède des fonds d'achat pour sa bibliothèque et son Conservateur est
tout prêt à en consacrer une partie pour la Section des Langues.
Qu'on nous signale donc tous les livres rares ou les collections de
livres qu'il serait possible d'acquérir. Ce sera encore une façon d'ai¬
der notre œuvre utile à tous et nous en remercions à l'avancé ceux
qui voudront collaborer,
L. Le Bondidier,
encore

Conservateur du Musée

Pyrénéen.

�L'Année Fédéraliste
L'ENSEIGNEMENT
La

campagne fédéraliste s'est manifestée en 1925-26 par la série
Collège des sciences sociales, par notre

des Conférences
organisées au
ami M. E, Poitevin.

Cette

série de conférences va
paraître en volume sous le titre
LEurope Fédéraliste, aspirations et réalités.
En souscription chez Marcel
Giar.d, 16, rue Soufftot,, Paris VIe.

:

Cette année le cours sur le
Fédéralisme sera des plus intéressants.
En voici le programme :
Le Fédéralisme : 1. —i Le fédéralisme à
travers les âges :• La chré¬
tienté et le
Saint-Empire Romain : M. J. Charle-Brun.. La période
Gallo-Romaine : M. Emile Roux-Parassac. =— Les
Pays latins d'Eu¬
rope au Moyen-Age : M. .Jean Bonnafous. — Le
et
ques-uns de

et

ses

féminisme

aspects

:

Mlle Renée Dunan.

Fédéralisme
quel¬
IL
Fédéralisme

—

—

Avant-propos : M. E. Poitevin.
Un nouveau pro¬
gramme municipal, Mlles Fanny
Clar et Noèlie Drous.
L'apanage
des Mères : Mme Anna
Leal, -—"jacobinisme et fédéralismeM. Emile
Desvaux, conseiller municipal de Paris.
Au moment où nous
écrivons,, Novembre 1926, nous sommes en
mesure
:

—

—

d'annoncer qu'un grand Congrès Fédéraliste
'.sera tenu en
Bourges. Le programme n'en est pas encore établi.

.Juin 1927, à

.

L'ACTION
L'Action fédéraliste
faits.
En

tique

Alsace,
—,

a

un

lancé

a

été des

plus actives

groupe politique
un manifeste

—

dans le.domaine des

le Heimalbund

ou

Ligue patrio¬

énergique qui réclame la sauvegarde
des droits de l'Alsace et de
la Lorraine. On a dit
beaucoup de,stupi¬
dités à propos de ce manifeste.
Ce

d'un peuple qui réclame sa liberté qui est vrai, c'est qu'il est le cri
ethnique, linguistique, raciqué.
Il n'a
pas été simplement un cri, Il y a eu et il
y a toujours un mou¬
vement
énergique qui travaille à atteindre les buts clamés si haut,
autour du Dr Rickìin et du
journal
la Zuhunft. Un premier résultat
a été le
voyage de M. Poincaré en Alsace et la reconnaissance officielle
du

bilinguisme.

En Catalogne aussi, un
groupe politique s'est levé pour l'action,
mais pour l'action
par les armes, .en vue de la conquête dos libertés
catalanes : VEstai Catala,
présidé
par Francesc Macià. (1) La tentative
a échoué et
l'armée de Maçià a été arrêtée en
France, avant d'avoir
pu commencer l'action. Il n'en reste
pas moins que la. question cata¬
lane a été portée devant
l'opinion
mondiale par le geste chevaleres¬
que de Macià çt de ses partisans. Et elle
y

plus sympathique.

*

Ces deux

faits, il

est posée sous le jour le

*

faut pas qu'on les croit étrangers à cette
ru¬
brique. A leur propos on a gavé les oreilles du bon
peuple, d'un mot
épouvantait :
ne

séparatisme.

Eh !

bien,

Ricklin et

Macià sont
au-dessus de ça. Leur action est
au-dessus dé ça. Elle est dans l'orbe
de la renaissance fédéraliste.
Elle est une œuvre de libération. Le
fédéralisme ne peut unir que des unités libres.
On peut unir 20 dic¬
tatures, on ne .'fera pas œuvre fédéraliste. Le fédéralisme
==■
liberté.
non

D'abord, ensuite et toujours. Le premier
temps de l'œuvre fédéra¬
liste, c'est la conquête de la liberté.
(1) Voir photo

de Macià dans les Almanacjis 1924 et
1925,

�CHANSON GASCONNE

îa

fia

do '."Uatl

ta.

:

jU-l- fui de

,

Musique de M. A. Cqusso.

LA

Lt

GULHADO

Lj

—•

U

.

tlJ

fil -

t#

Dessin do P. Mesplé

Repic
La

gulhado ! Uats la gulhado

Le bet utis enta marcha
Per paguèro, soulah, anglado
La eau tousten enta laura.

Jou, soui countent d'este lauraire
Ha ! Ha ! biret ha ! ben'enca

poulit aire
bè-ten enla.

De brounzina un

Ha ha mulet
I.

—

La

II.
Le dépari
parelh junt, l'aubo puntejo,
buè partich ent'au trabalh.
gulhado sôu cot lambrejo
la treluts, ooum'un miralli.
—

Le
Le

La
A

III.

'r^-

IV.

fabrication

d'auba ja t'an usclado
T'an roustid'au briseau dou hueC
As la loungou d» la gulhado
T'an pas dechat nat cap de plee.
Barro

Le travail

S'ei assietut sou ticoulet :
GoUm'un fusil de la batalho
La gulhado, l'a lacaus d'et
VI.

Le sillon

Quand ba laura pe la regado
Le~bueu poussiu e auejat,
Damb l'aguilhoun de la gulhado
Le buè 'u darrè le teng renat

—

Quand la hilass'entrouchinado
Drabo l'ai'nès pes arregats
Damb le pâlot de la gulhado
Herro e querroun soun dessoucats
V. '■— Le goûter
Sou bord dou tailh, le buè bres(palho,

Seram

un

Nous aus

Mès

—

Conclusion

jour, pe la courbado
tabe, macats, crouchits

agulhats

pe

D'aue bien hèt,

la pensado
seram

hardits

�—

LES

172

—

LANGUES ROMANES OU

NÉO-LATINES

Si l'on considère la France au
point de vue ethnique et linguisti¬
que, on constate que huit langues se parlent sur son territoire. Dans
la région du Nord, nous avons le
français ou langue d'oïl, devenu
la langue littéraire nationale,
politique et administrative du pays;
dans la région du Midi, la langue
d'Oc,• appelée'-encore le provençal
ou mieux l'occitan,
langue glorieuse au moyen âge, tombée en déca¬
dence dans la suite et rendue à la vie littéraire
par Mistral et les Féli—

bres;

—

n'est,

au

Dans les Pyrénées-Orientales (Pioussillon), le catalan,
qui

fond, qu'un rameau de la langue d'oc; en Corse,
l'italien,
moins, un dialecte italien; — nous avons ensuite le basque,
qui se parle dans un coin des Basses-Pyrénées; — le
Bas-breton, en
Bretagne, et surtout dans la Basse-Bretagne ou Bretagne bretonnant.e; — - le flamand, dans le territoire de l'ancienne Flandre
française,
tout à fait au Nord; — enfin, l'allemand, ou
du moins un dialecte
allemand, en Alsace et dans une partie de la Lorraine.
Trois de ces langues sont des
langues romanes ou néo-latines :
le français, l'occitan, l'italien.
Le basque ou euskara est une langue
agglutinative qui n'est appa¬
rentée avec aucune autre langue de
l'Europe.
Le bas-breton est une langue
néo-celtique, du rameau kgmrtque,
qui comprend en outre le welsh ou langage du Pays
de Galles, le
comique, idiome de la Coruouaille anglaise, aujourd'hui óte'int;
gin autre rameau, le rameau gaélique,
comprend le gaélique irlandais,
le gaélique écossais et le man ou idiome de l'île
de Maro.
Enfin, le flamand et l'allemand appartiennent, comme on sait,
à la famille des langues
germaniques.
11 y a, en tout, sept langues romanes
ou néo-latines : le français; —
le provençal ou occitan; —
qui se parle aussi en outre en Catalogne,
dans le pays de Valence, dans les lies.
Baléares et dans une petite
colonie
catalane établie sur
ou

du

la

daigne);—l'italien;

côte nord-occidentale de la

Sar-

l'espagnol ou castillan; — le portugais; —
qui se parle-dans le territoire de l'ancienne
environnants, et plus particulièrement, en
Suisse, dans le canton'des Grisons; —enfin, le walaque ou roumain.
Les savants distinguent en outre : le
franco-provençal, que l'on
trouve au nord du Dauphiné, en Savoie, dans
la Suisse romande
ocidentale, et dans quelques vallées italiennes du Piémont; — le
groupe dos dialectes gallo-italiques, dans la Haute
Italie, particuliè¬
rement en Piémont et en
Lombardie, qui sont caractérisés par la
présence des voyelles celtiques u et eu, inconnues à l'italien.
Au point de vue de la
latinité, c'est-à-dire du degré plus ou moins
considérable de pureté latine,
les langues néo-latines doivent se clas¬
ser de la manière suivante :
l'italien, qui représente généralement
le latin populaire de la lin de
l'Empire romain, d'où sont dérivées
toutes les langues romanes; —
ensuite, l'espagnol et le portugais; —
l'occitan; —le ladin; —le roumain; —enfin, le français.
Le français forme une
langue à part dans la famille des langues
romanes. C'est une langue qui n'est latine
que par le fond de son
vocabulaire, mais dont la phonétique se rattache essentiellement aux
langues du Nord, sourdes et gutturales. Elle n'j point la tonalité
.vraiment latine, caractérisée par l'accent
tonique. De là, la grande
difficulté, pour les Français proprement dits, à bien prononcer sur¬
tout à bien accentuer le latin et les
langues néo-latines.
Les langues romanes peuvent se classer encore de la
manière sui¬
vante, mise en lumière par le savant romaniste italien Salvioni :
les langues romanes
occidentales, caractérisées par la formation du
pluriel avec un s (espagnol, portugais, occitan, français); — les lan.gues romanes orientales, qui ne forment pas le pluriel avec un
s, mais
qui remplacent la terminaison du singulier, au pluriel,
par une au¬
tre terminaison (l'italien, le
roumain).
Cette dernière classification a son
importance. Elle nous servira
dans l'étude de notre langue occitane et de ses différents dialectes,
le ladin

—

le roumanche,
Rhétïe et dans les pays
ou

J.

RoUgUET,

�CHANSON GASCONNE

.i.Jl

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-fia- fa f tíe ŷa

«

Musique de M. A. Cousso.
Repic.

—

Ji- Cja Ot 'Jt Ot fjo

Dessin de M. P. Mesplé

Canto, canto Milhèro
La calou de l'estiu
Le huec cai a riuèro
Goum'un brasè de hour
E cramo tout le jour

—

Le soulan, la paguèro
Le camin e le riu

Canto,

canto

Milhèro.
III

Le blat

Pou

Le

La

i see capbat l'anglado
segaire pico le dalli

Un ahilat e l'alenado
Atau hara de boun trabalh

A

prat trapit le bestia mousco
pastouro court tant que pot

l'adarrè

tout

Ahalo

IV

II

tînto

set

la pinto

galet
Milhèro desplégo
Toun

pielot

Ségo, ségo, ségo, ségo

Ségo, ségo, ségo, ségo

Au cap dou talh lèuo
E a hourrups béu a

en

Milhèro desplégo
Toun alo
Ahalo

Milhèro désplègo
Toun alo

L'estiuadou suso de
Tiro lengo de tant de

que pousco

sense

Le s'amassa

alo

Ahalo

Ségo, ségo, ségo, ségo

Coutchat débat la cassoulèro
Le
Au

segaire qu'a plan dinnat
rascladis

Se ba

de la

'ndroumi
Milhèro

milhèro

bounbouliat
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ségo, ségo, ségo.

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Par

monts

EN LIMOUSIN
«

:

et

par

vaux

LE PLATEAU DE

d'Oc

MILLEVACHES

Ce

plateau de
le plus éminent de Millevaches, dont la Vézère procède, est le lieu
la bosse
limousine, à l'un des bouts de l'échiné
du Massif central de
France ou l'une de ses
d'une comme les frères
échines, s'il en a plus
Siamois. Il continue et termine
sale qui a sa
l'épine^'dor¬
première vertèbre à la Cévenne
d'Aigoual et qui par
d'autres vertèbres que
séparent de profondes gorges de
vient la Lozère, la
rivières,
de¬
Margeride, le Cézallier, l'Artense et outre
Dordogne, le plateau des alentours
d'Ussel.
D'où vient
qu'on a nommé Millevaches cette clef
de voûte du
Limousin ? De ses
vaches, il ne se peut guère : c'est le
n'est pas la génisse aux
ce
yeux de Minerve (puisque Minervemouton,
fut Boôpis
Athênê) qui coupe au ras du sol les herbes courtes
du plateau, devant
un
champ de seigle, un carré de pommes de
terre, quelques tiges de
ou plutôt de vaut rien et entre
chanvre,
«
rien, vu la stérilité de cette
Champagne » de granit.

Serait-ce plutôt, d'après la
rêverie
l'aspect fuyant de ses ondulations, audacieuse d'un géologue, de
mamelons culminants, on les voit se quand, du haut d'un de ses
suivre vers l'un
des horizons en
larges dos de collines qui-sont comme quelconques
des échines
d'immenses vaches
préhistoriques, auprès desquels les plus mons¬
trueux des

Dinosauriens, les Atlantosaures eussent été des fourmis ?
Il ne se peut
guère non plus : mais la voussure fut
nommée Millevaches, et Millevaches elle reste,
Millevaches elle restera.

Puisque on peut lui dire ses vérités sans
l'offenser, le plateau de
Millevaches ne peut plaire à tout
le monde, et même
ceux qui l'ont vu ne
presque tous
se gênent
pas pour le traiter d'horrible.
rait-il pour leur
Qu'au¬
agréer,,ce bossu chauve, mal
accoutré,
presque nu,
grelottant, ce goujat qui n'a d'autres biens
que sa

tout rompre, des
grossièreté, des
pluies à tout
fougères, des herbes, des mousses sur dunoyer ? et des buissons, des
roc
Or, justement, ce pauvre honteux est
d'une libéralité sans
tout ce qu'il
bornes;
reçoit de précieux, la
pluie, il le donne en torrents aux
bas
vents à

pays du pourtour par une
multitude de ruisseaux et
par trois
rivières, la Vienne, la. Creuse, la
Vézère, dont deux pour la
Loire, une pour la Gironde,
Sur un granit si bien

grandes

mamelons, des buttes,

aplati, bù

aucunement

ce

sont

d'humbles collines, des

des
cieux », point d'obstacles
montagnes, qui « tentent les
pour
ici, là^ le tour de l'horizon;
pas de forêts non plus à la cîmemasquer
des
puys, pour gêner le péríorama ;
on
aperçoit au loin jusqu'à la rondeur

du globe, et Ce
qu'on y con¬
c'est de
l'étendue, de la tristesse et mélancolie,
de la liberté. C'est en
de la
quoi
le
Millevaches est beau
dans son abandon et
pourquoi plus d'un le préfère sans
aux « jardins de la
remords
France ».

temple surtout
solitude, donc

....Ceci encore demeure
que

la terre des Limousins est
une Source
une source
d'eaux, que sa sève ne se tarit
pas, qu'elle
repeuple depuis longtemps la France et
qu'en grandeur, en beauté
réelles, Millevaches l'emporte sur la
Concorde et les
par le silence d'éh bas et la
sérénité d'en haut dans laChamps Elysées
circulaire am¬
pleur de l'horizon, par la
pureté du ciel, de l'air, des ondes et
l'évocation d'admirables rivières
par
qui
ne meurent qu'à d'autres riviè¬
res, après avoir prodigué dans leurs
la grâce, la fraîcheur,
la fécondité, la
vallées,
joie. »
de vie comme

Onésime Reci.tjs.

Limousins
voyez 15 fr. à

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cette pittoresque maison,
que se

trouve

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de

nos

rêves les

pouvaient paraître le plus chimérique.
Nous

serons

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vieilles de

installée notre nouvelle

NOTRE

Ainsi, voilà réalisé

plus chers,

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de

ceux

qui

nos

propres imprimeurs.
Après plusieurs années de lutte, c'est la
possibilité à peu près assu¬
rée de reprendre ou d'étendre
nos publications : Le Livre

OC, etc.

Occitan,

Notre

imprimerie dispose d'un matériel moderne et
complet, d'une
Marinoni, d'une pédale, d'un Massicot,
piqueuse, d'une perforeuse, le tout actionné
moteur
électrique, enfin de nombreux caractères compre¬

machine à blanc
marque
d'une couseuse, d'une
par
nant

un

notamment la très belle série des

«

Astrée

».

A

peine créée, notre Imprimerie a trouvé
beaucoup plus de travail
qu'elle n'en pouvait exécuter et le
présent Almanach est loin d'être
le premier
ouvrage'sorti de ses presses.
Mais

nous ne

le considérons

que comme un très modeste
dans la voie que nous nous
prélude
sommes tracés.
Cette vieille maison
qui abrite maintenant nos
va
nous

espérances, et qui
permettre de les réaliser, est bâtie dans la
partie haute de
sur lés remparts. Noirs en
acceptons le symbole et nous

Samatan,

cherons de faire d'elle

un

des

remparts élevés de l'Occitanie.
L'Editorial Occitan.

Imprimerie OCCITANE

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SAIVIATAN

C. 1,0.0.
ÌÊZIERS

(Gers)

tâ¬

�EDITIONS

deTALMANACH-OCCITAN

Direction
EDITORIAL OCCITAN
SAMATAN (Gers)
Secrétariat : Vicia Plyrat, Chemin de l
ESCyvET
1 oiîLocse
Dépôt Central : OCÇITANlA. Passage
Verdeaù, 6, Paris-q"
Tél. Bergère 62-99. — Ch.
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Dépôt à Barcelone : Ĺlìbrcria, Ânïeriçana, Rimbla de 265-445,
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Lectures populaires Occitanes
Les LEC'rb'BES POPULAIRES OCCITANES
constituent

cation de

propagande Occitane., Ëtl'és comportent

de 16 pages nu

res

la

une

puhlibatiOii

publi¬

de brochu¬
succincte de l'un dé nos"

moins, contenant une étude
écrivains, les méilleitrea pages dè cet auteur, son portrait et un index
bibhgraphique complet. La collection constituera une ANTHOLOGIE
de notre

littérature actuelle. Les notices sont
publiées en

ppndre au but de propagande de

cetíe publication.

PREMIÈRE- SÉRIE
1.

--

vivante

français,

pour

ré-'

En Préparation

Antonin Perbosc, (Euvres choisies et notice
bio-bibliographique de
Régis, avec un portrait de PerboSc par 1 élik Boqisset,
Conservateur,
du Musée Ingres.
2. -A Michel Càmélat, Œuvres choisies et
notice
—

J.-P.

Ismael Girard,
3: — Simin

avec un

portrait do M. Camélet.

èalay,

hio-bibliographique

de

.

.

Œuvres éhoisiés et notice
bfo-bibiipgrap bique de Isi.'iaél Girard, avec un portrait de §|min
Palày. ;
4.
Joseph d'Arbaud, Œuvres choisies et, notice;bibliographique À?
ffiêtférii Mistral iievèu, avec un porlrait de X cÈArbaud;
5.
Valère Bernard, Œuvres choisies et notice
biò-bíbliographiqbe de
Frédéric Mistral, neveu, avec
uiyiortrait de V. Bernard.
'
6.
Louis.Fhriel, Œuvres choLSies et notice bio-bibliographique dé:1smaël Girard, avec lin
portrait de L. T nncl.
7. — Prosper Estieu. Œuvrèè choisies et notice
bip-bìbliogíápbique de
Raimon Roques, avec un portrait de P. Estieu.
8.
f'Uiiaiìi'lph'- de Gerde,.'Œuvres clioisies et indice
bio-bibliographi¬
que dé Alphonse Lajoinwi, avec un portrait de FÏi. de Gerdb.
9.
Louis Delhostal, Œuvres.choisies et notice
bio-bibliographique de
Edouard Mázíu, avec un portrait de Louis DelhostaL
—

—

.

—-

—-

-

10.

—

Edouard

J.-B, Gbèiie

Matin',

:

Œuvres choisies et notice

bio-bibliographique

de

portrait de J.-B.. Chère.
comprendra les.œuvres choisies de Angel Guinrera. Balisth Bonbet, J. de Raroncelli-Javpn, Marins Jouv.ôau, J.-M.
Lopez-Pîco,
Joseph Carner, J.-B. Pons, J.-M. Sagarra, Pierre Fontan, Joseph Loubet.
avec un

La seconde série

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L'Exemplaire
100 Bxem..

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20..fr.; franco 20 fr.

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PREMIERE àËRIE : « EPHEMÉRIDES OCG1TANES
béne de 12 car¬
tes postales commémorant des faits de notre histoire
occitane, dessins inédits de M. Paul Mesplé, des Artistes Méridionaux.
SÉCOMpË SÉRIE : « FIGËRES OCCITANES » cartes postales
repro¬
duisant lé portrait de Michel- CAMÉÍAT, Aiitonin
PEHBOSC,. Auguste
FOUJRES, Dr. FERHOUL, MaXlre liOUMJEVX, JUAN AI.CptVEB, Paiii
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DES PAYS DE LANGUE

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SIÈGE CENTRAL, DIRECTION, RÉDACTION, :
Villa Peyrat, (Chemin de l'Espinkt. Toulouse
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journal d'action, de littérature
d'art, synthèse-de l'activité intellectuelle dès

«

et

est

un

d'Oc.

pays
«

»

OC

»

s'adresse à

tous

ceux

qui,

en

Attifer-

gne, en Catalogne, en Gascogne:, en Lgnguédûc,
en Limousin, en Provence, veulent travailler
pour
la renaissance dé la langue d'OC et la
sauye|$arde de leurs libertés.
«
OC » publie des articles en langue d'OC
sans distinction de dialectes» et des
articles en

français.
«&lt;

OC

toutes

«

donne

régulièrement. les sommaires de

iéà publications de langue d'o'c. périodi¬

ques et non périodiques, de la quinzaine. BibÌiographie complète et unique.
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V.i' ilil-El'î'

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1

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l'Ecole — Mi¬
Lopez-Pico, —
Vcnitenouze,—- Les Troubadours,

Numéros Spéciaux : La langue d'Oc à
chel Camélat, — J.-H. Fabre, — J.-M.
Anlortin Perbosc, —Les. Provinces Occitanes.
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        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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              <text>Littérature occitane -- 20e siècle</text>
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              <text>Occitanie -- Histoire</text>
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              <text>Rouquet, Joseph (1869-1930?)</text>
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              <text>Reclus, Onésime (1837-1916)</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;laquo; Organe bilingue d'action occitane et de vulgarisation &amp;raquo;, l'&lt;em&gt;Almanach occitan&lt;/em&gt; publie des &amp;eacute;tudes en langue occitane et en langue fran&amp;ccedil;aise des plus grands auteurs occitans. Il publie aussi des &amp;oelig;uvres in&amp;eacute;dites des &amp;eacute;crivains de la renaissance occitane.&lt;br /&gt;En couverture de l'almanach de 1927 et 1928, un dessin de Paul Mespl&amp;eacute; repr&amp;eacute;sente la maison, une des plus vieilles de Samatan, o&amp;ugrave; est install&amp;eacute;e la toute nouvelle Imprimerie occitane : &amp;laquo; Cette vieille maison qui abrite maintenant nos esp&amp;eacute;rances, et qui va nous permettre de les r&amp;eacute;aliser, est b&amp;acirc;tie dans la partie haute de Samatan, sur les remparts. Nous en acceptons le symbole et nous t&amp;acirc;cherons de faire d'elle un des remparts &amp;eacute;l&amp;eacute;v&amp;eacute;s de l'Occitanie. &amp;raquo;&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&amp;laquo; Organ biling&amp;uuml;e d'accion occitana e de vulgarizacion &amp;raquo; l'&lt;em&gt;Almanach occitan&lt;/em&gt; publica d'estudis en lenga occitana e en lenga francesa d'autors occitans dels mai b&amp;egrave;ls. Publica tanben d'&amp;ograve;bras ineditas dels escrivans de la renaissen&amp;ccedil;a occitana.&lt;br /&gt;Sus la cob&amp;egrave;rta de l&amp;rsquo;almanac de 1927 e 1928, un dessenh de Paul Mespl&amp;eacute; representa l&amp;rsquo;ostal, un dels mai vi&amp;egrave;lhs de Samatan, que la tota n&amp;ograve;va &lt;em&gt;Imprimerie occitane&lt;/em&gt; i es installada : &amp;laquo; Aquel ostal vi&amp;egrave;lh qu&amp;rsquo;ara abriga n&amp;ograve;stras esperan&amp;ccedil;as, e que nos va permetre de las realizar, es bastida dins la partida nauta de Samatan, sur las muralhas. N&amp;rsquo;acceptam lo simb&amp;ograve;l e ensajarem de faire d&amp;rsquo;ela una de las muralhas mai enlairadas d&amp;rsquo;Occit&amp;agrave;nia. &amp;raquo;</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, Al 9</text>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
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      <name>Autors occitans = Auteurs occitans</name>
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