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                  <text>LA RAISON D'ÊTRE

de l'Ecole Gaston-Phébus
Alphonse Daudet a traité quelque part, avec l'habituel charme
de son style, de la question des deux paliers — le parler d'Oc et
le parler d'Oïl, — question qui est plus que jamais à l'ordre du
jour dans le sud de la France. Reproduisons ci-dessous les paroles
de l'illustre écrivain, non sans faire observer que ce qu'il dit du
Provençal, s'applique en tous points à notre Gascon, à notre
Béarnais :
«... J'en parle avec assurance, renseigné mieux que personne
sur ces questions de bi linguistique, l'emploi ou non emploi du
français et du provençal qui ont préoccupé toute mon enfance.
Né à Nîmes, d'une famille ultra-bourgeoise et commerçante, j'ai
grandi dans le mépris et l'adoration de ce que mes parents appelaient le patois, et que je devais, sous les peines les plus sévères,
abandonner aux serviteurs, aux ouvriers, aux gens du commun
et de la rue. Le malheur veut que ce soit-disant " patois ", amusant, chantant, imagé, pittoresque, se mêlait à tous mes plaisirs
d'enfant, à toutes mes parties. Si l'on me menait un dimanche,
aux arènes, voir une course de taureaux, l'écho de cette fête de
lumière et de frénésie me restait en mots sonores, en appels et
glapissements des marchands d'oranges et de pain au lait, des
revendeurs d'eau fraîche, et toujours en " patois ". On m'envoyait
en vacances chez mon père nourricier, à Fons, à Redessan ; là,
c'était bien pis. Pendant un mois je n'entendais parler français
que par le curé ou le maître d'école, et je revenais, la tête bour-

�— 94 —
donnante de chansons et de Noëls, de proverbes, de contes de
ma Gran-Laborgne — un mot de là-bas, - ramassés un peu partout, dans les bergeries, les magnaneries, aux veillées, en temps
de vendanges ou d olivad.es, mais toujours en " patois " le plus
répugnant. Et plus on m'interdisait de l'aimer, plus me devenait
cher ce " patois " des rues et des campagnes...
« Un jour pourtant, ce patois si décrié dans nia famflle, y prit
une étrange revanche. J'avais douze ou treize ans. Arraché de
son Midi par un vent de désastre, le " Petit Chose" était venu
s'échouer à Lyon avec tous les siens, et moisissait d'ennui et de
mouillure entre les deux fleuves de cette ville industrielle et
mystique
Un exemplaire de " l'Armana provençau ", qui
se publiait en Avignon depuis deux ans, tombé par miracle aux
mains des émigrés, — oh, le bel Armana couleur de moisson
mure, — leur donna pendant quelques jours l'illusion du Midi
natal retrouvé. C'est le " Petit Chose " qui lisait; et toutes ceschères figures en cercle autour de lui, s'illuminait aux strophes
éblouissantes de Mistral, d'Aubanel, de Roumanille, d'Adolphe
Dumas ..
« Dès ce jour, le provençal, on ne disait plus le " patois " à la
maison, reçu au salon par mes parents, ne fut plus réduit à prendre l'escalier de service. Nous allions attendre ['Armana à son
arrivée, comme on guette aux colonies, le paquebot qui vient de
France ; et moi même, parfois, pour être agréable à ma mère —
pauvre maman ! qu'il était loin le temps des gronderies pour avoir
dit " pecaïre " au lieu de " pechère ", — j'écrivais des vers provençaux. Mais les mots me manquaient, et j'étais obligé de recourir à la vielle Annou, une servante amenée du Midi, dont il a été
beaucoup question dans le " Petit Chose ". Annou était de Bezouces, à quelques lieues de Bellegarde. Son vocabulaire paysan,
riche de tons et varié, me fournissait de sonorités et d'images... »
Répétons le : ce qui est vérité pour le provençal de Daudet ne
l'est pas moins pour notre béarnais, pour notre Gascon. Provençal, béarnais, gascon, sont des dialectes de la grande division
linguistique d'Oc, absolument comme le Parisien de l'Ile-deFrance est un dialecte d'Oïl, ni plus ni moins. Si chacun de ces
dialectes a son patois ou ses patois, ses déformations, aucun d'eux
n'est par essence un patois.
Est il besoin de rappeler que l'Ecole Gaston-Phébus a été créée
pour proclamer cette vérité, — pour maintenir au dialecte gascon
en Gascogne, au dialecte béarnais en Béarn, la place et le rang
auxquels ils ont, chez eux. un droit incontestable et sacré, — pour
vivifier leur culte et leur amour dans le cœur de tous les gascons,
de tous les béarnais ?

�- 95 Etre de l'Ecole Gaston-Phébus, et ue pas faire à son foyer, au
dialecte natal la place qui lui appartient, c'est un non sens, c'est
une anomalie. — Etre de l'Ecole Gaston-Phébus et ne pas enseigner à ses enfants, la langue maternelle, c'est un non sens, c'est
une anomalie. Etre de l'Ecole Gaston-Phébus, et obliger ses domestiques, ses salariés, à abandonner, de patron à subordonné,
l'usage du parler provincial et cela uniquement pour obéir à un
inepte préjugé qu'on est incapable de se justifier à soi-même,
c'est un non sens, c'est une anomalie. — Etre de l'Ecole GastonPhébus et appeler, laisser appeler un patois, le béarnais et le
gascon, c'est un non sens, c'est une anomalie.
C'est plus : L'Ecole Gaston-Phébus a été fondée précisément et
uniquement pour rendre aux béarnais, aux gascons, trop oublieux
du passé, des droits et de la gloire de leur Pays, la notion de leurs
devoirs envers la petite Patrie et son Verbe. Elle a été fondée
pour entretenir le foyer de vie, attiser la flamme sacrée; tant
qu'une étincelle brûle, le foyer n'est pas éteint. Ce qui, pour la
généralité des béarnais et des gascons, peut n'être qu'une faute
très malheureuse, devient un véritable crime pour ceux d'entre
eux qui se sont inscrits à l'Ecole Gaston-Phébus. Les premiers,
sont les enfants inconscients qui portent la main sur leur mère
qu'ils ne reconnaissent pas ; les seconds sont les fils qui la poignardent sachant qu'elle est leur mère et sachant qu'ils la tuent.
Le béarnais de l'Ecole Gaston-Phébus veut il oui ou non. que le
parler du Béarn, vive en Béarn, à côté du parler de 1 Ile-deFrance? Si non, pourquoi est-il de l'Ecole Gaston-Phébus ? Si oui.
pourquoi ne fait-il pas tout ce qu'il peut, tout ce qu'il doit faire ? Il
sait que ses enfants apprendront, à l'école primaire, le dialecte
officiel, et il ne se dit pas assez que c'est à lui qu'incombe le
devoir de leur enseignerle dialecte natal. D'où lui vient la honte
inexplicable qu'il paraît trop souvent éprouver à le parler, ce
dialecte, non seulement en son salon, s'il en a un, mais même
avec ses domestiques, ses sous-ordres, quand il en a ? Ne voit-il
pas, ce bourgeois béarnais de l'Ecole Gaston-Phébus, qu'il
contamine ces humbles venus du village et dont le béarnais a
été jusqu'alors le langage usuel, qu'il leur inculque le mépris de
ce langage, — el, partant, le mépris de leur famille qui ne connaît
que le parler pourchassé, le mépris de la condition paysanne, le
mépris des champs, de la terre natale, (et par ici, nous touchons
à une des plus angoissantes questions du problème social), car
tout se tient, tout se lie, tout s'enchaine. Et ne voit-il pas par
ailleurs qu'il a sous la main, pour ses enfants, par une chance
providentielle, en la personne de son domestique, s'il est incapable de jouer lui-même ce rôle, le professeur de béarnais qu'à

�l'heure présente il ne peut pas trouver ailleurs, — la vieille
Annou d'Alphonse Daudet?
Le français appris à l'école, le béarnais appris dans la famille,
tout esL là. Le français honoré à l'école mais le béarnais honoré
dans la famille, voilà le mot actuel, voilà l'actuelle raison d'être
de l'Ecole Gaston-Phébus Qu'on n'en cherche pas d'autre ; il n'y en
a pas. Et être de l'Ecole Gaston-Phébus,. c'est reconnaître que là
est la vérité, là le salut, c'est s'engager à faire d'abord pour soi,
chez soi, ensuite autour de soi, l'indispensable. Les concours, les
médailles, les fêtes, on en connaît la signification, la portée et les
résultats. Ça vaut ce que ça vaut. Ça ne sert de rien, si chacun ne
conforme pas avant tout, pour soi, chez soi, ses actes aux principes qu'il a faits siens. Ecrire, ça peut être bon; mais parler
partout toujours, n'importe où, avec n'importe qui, pourvu que
ce n'importe qui l'entende, la langue qu'on veut sauver, ça vaut
infiniment mieux. Tellement infiniment mieux, que hors de là il
n'est pas de salut ; que hors de là notre œtivre est vaine, que tout
y est non sens, anomalie, comédie, hypocrisie.
Et cet article lui-même, écrit pour le béarnais et le gascon, dans
un dialecte autre, serait une anomalie, s'il n'avait été admis que
chaque numéro des Reclams contiendrait, écrit en français, un
article de propagande, puisque malheureusement en l'état actuel
&lt;3es choses, le dialecte autre, devenu le dialecte officiel, est mieux
compris, à la lecture, que le dialecte du pays.
Que ce dialecte autre soit devenu le dialecte officiel, c'était son
droit et c'était sans doute nécessaire ; mais c'est aussi le droit du
dialecte natal, que de vouloir vivre, chez lui, à côté de l'autre. Ce
serait le devoir de tous les béarnais, de tous les Gascons, de proclamer ce droit ; c'est par dessus tout le devoir strict des membres
de l'Ecole Gaston-Phébus de le faire prévaloir par tous les moyens;
par des actes et non seulement par des paroles ; par des faits personnels, non par du bruit collectif.
Nous sommes les soldats d'une cause.
YAN DOI: BIARM.

�3&gt;
A un bielh amie !
Lou Berthoumiu dé Lestremet
S'a plan eslouchat lou pouchet
Quoan a maridat lous souns drôles;
Per lous casse-cans embitats
Parents, amies, de tous coustats
Courrèn bréga-u las casseroles.
E qu'arrisen de tan boun co,
Qu'arroumeguèy : « Belham, praco!
« Mechan hat tustems nous accousse.
« Adoun, coum per plouye ou per bèt
« Lou pastou séguech soun troupèt,
« Partion dab ets enta la nouce ! »
Aus dounzelous qu'èy dit atau :
« Per coubri de flocs lou pourtau
« Ne serèy pas, bissé, de reste ! »
M'an respounut, é dab résou :
« Lous bielhs que goèyten la maisou,
« Lous bielhs né ban pas à la heste ! »
Per aquet truc estambourrit,
Métut chens lengue e chens esprit,
Qu'èy déchat parti la joenesse :
Arreguisna, boun pr'ous pourins !
Mes desbrida, praubes roussins,
N'es pas per nous sounque sayesse.

�— 98 Escousente qu'és tau bertat !
N'èm pas mey joens quoan am passât
Lou soula dé la soixanténe ;
D'ens miralha tout en chiulan,
Per ba l'arrègue sou mitan,
Ens-é pintoa, n'am pas la péne.
Countre nous tustem a l'argoueyt.
Lou tems, amie, lou jour, la noeyt
Sus nouste cap chens do trucalhe
E lou gouyat lou mey hardit
Basut bielhot tout descatit
Débat sa haus bâche sa talhe.
Més si l'un éntre quoan l'aut sort ;
N'ens plagnim pas de nouste sort ;
Dé ha lou saut dégun n'esbite
Talèu arribat soun mouroen :
Batiole après enterremen
Atau qu'es hoelham nouste bite.
Décham lous joens courre au gran trot !
Acabalhats sus l'asoulot,
Sarram la bride enta-u ha brabe.
Lous bielhs caminen à lésé :
Paguéren trop ca lou plasé
Si la mounture arréguisnabe !
POUTHOTX DÉ CÀNTELAUZE,

de St-Justin-de-Marsan (Landes).

�LAS MODES

Debis dou gran pay dab l'arrè-hilh
Lou Payran. — Escoute Yan, oey qu'acabi nabante anades e que
tròbi que nou soy pas mey goalhard ; las forces que se-m acaben ;
que m bau per segu mouri lèu:
L'arrè-hilh. - Pay, ne eau pas debisa d'aco ; qu'èy hère de péne ■
de-b endene debisa atau, mes toutû que-b escoutarèy si plasé you
e poutch lia b.
Lou payran. — Oère ; qu'abi trente oeyt ans quoan lou défunt
Pipi hé lpu gran biadye ; abans de clucha las perpéres que he
mantrue arrecoumandaciou a papa e a you s'ou dequéqui dechabe
per eretadye ; que dechabe la case oun ère badut, lou 'casau oun
• abè tan sudat e la plaçote qui-s trobe darrè case. Que bibèm de
chic, d'aquét témps, m'es tabé lous bielhs qu'èren estaubians, e
jamey ne daben nat machan empléc aus souricots atrassats hort a
malayse.
L'arrè-hilh. — MounDiu ! Pay, que seguirèylou camî qui-m abét
ta plà houdyat e que goardarèy, se brique se pod, lou larè de case
e las terres aquesides dab tan de maies sudous.
Lou Payran. — D'aquét temps, hilhot, e desempuch tabé, n'èrem
pas besiats coum oey ; qu'anabem pès-descaus ou dab lous esclops
chens nat talou, de bous gansòus, e las caussetes que la-s tirabem
dou palhè ou delà héuguère. L'ibèr, ta-s bira lou rét dous cabilhas,
lous guetrous que-ns escalouriben prou ; que hasèn lous guetrous
debielhes culotes de gris morou, e, atau, jamey i|-e s'y goasta-be
arré, oère, au bielh temps...
L'arrè-hilh. — Aquero, oey, Pay, que passe drin de mode e que
eau que lous maynadins que sie-n drin mey proupriols.
Lou Payran. — Menschide-t de las modes, lou mehilh ; aquero
ne bòu pas dise qued'audes cops qu'èrem greherutsni que lous de
oey que soun mey horts qu'alabets ; dilhèu qu'ey lou countràri.
De beths cautès de broyé e lèyt ou broyé e poutadye ; lou diménye
escautous dab chingarre ou mouléte dab lardous a equissa la pèth
dou bénte, aco que hasè horts estoumacs e nou calé pas poutingues
coum au die de oéy.
L'arrè-hilh. — Tout aco qu'ey hère bertad, Pay, més, oéy, lou pâ

�— 100 —
n'ey pas carestious e la mode qu'a cambiat ; lou roumén qu'ey
hère mey aboundous que dou bielh temps.
Lou Payran. — Qu'escouti lou tou paraulis e que sabes que tu
medich n és pas estât eslhebat coum lous de d'audes cops ; més,
oère, toutû nat ne-s mouribe de hàmi ; e quoan û beth tarris de
garbure dab broyé tourradisse abè amatigat la maye hàmi, que
calé béde quin ère lèu arroudude ùe bère arreble de mesture dab
û talhuc de lard. Quilhats coum cassous, horts coum pèyres, que
tournaben gaha la cabesse, la destrau ou la dalhe, chens pòu.
La bite, oey, que parecfíeré eschugue si calé ha coum lous
payrans ; mésabise-t, lou mé hilh, de ha coum tout lou mounde
p3rmou que caminaras sus û sendè troumpiu. Que sabes, tabé, lou
telè qui ey au houns de la bordé ; aquiu, oère, que-s y techè de
bous linsòus, de bounes camises de lî, e dab l'estoupe que hasèn
las culotes tindades à la grabe.
*
L'arrè hilh. — Oey, qu'at sabét, Pay, las hemnes que croumpen
dab lous oéus e la pouralhe de que bestî lou canalhè, e las ariques
de las culotes d'estoupe nou-nsesgarruspen pas las cames coum au
bielh temps.
Lou Payran. — Quoan las gouyates troubaben lou lou partit
qu'èren drin ourgulhouses d'amucha lou linye tescut dab lou lî e
l'arcoule qui ères mediches abèn hielat, eschalibat. Las miélhes
caddètes que pourtaben sou car de l'amublamén ûe hourcère beroy
flouquetade, mes, parié que debè esta emplegade au tribalh de las
belhades de l iber ; oey... arré... si toutû, hòu ! que saben toutes,
oubrères e paysanes, que saben toutes ha cluchet, dentèles e
ribans ; eh ! lou me amie, qui boulera, enço dous paysâs, gouyates
d'aquét tremp? pas au men you, per ma fé !
Caddètes ou eretères qu'èren toustem fières : coutilhous, hèyts a
case, de hièu, de là ou de coutou, las gouyates n'abèn ni pòu ni
bergougne ; cops de talou coum cops de martèt, que pourtaben
lou cap lhebat e ne s'y bedè pas coum oey tan de minouseries. Las
daunes de boune maysou ne s'apelhaben pas de téle coum hièu
d'aragne ni de tan de dentèles qui semblen bourlingues au houns
dous pelhots. La bourdalère, la hilhe dou paysâ, l'oubrère, que s
apelhen coum las granes madames de la bile, e tout aquero, lou
me hilh, qu'ey la roeyne dous larès, i'a-malayse dous endréts, e
lous gouyats ne pùden que canta lou bercét de Despourri :
Despuch qui tu fréquentes la yén de coundiciou
Qu'as prés û tà haut bol, qué ma maysou
N'ey prou haute enta tu d'û cabirou.

�Lous cabirous de couràu lou mey hort que petaran, lou mé hilh,
nou pas p'ou pés dou milhoc mes per las penderilhes dous pelhots
Auta-lèu hore de la bourrassette, lous ninins que soun apelhats
coum ninoles, (mounaques) caussous e caussetes, souliès è boutines que soun- toustem prests a puya sou tiâtre. Si la sole dou pè
e toque lou sòu, lou chin que toussech ou qu'a la coqueluche, e
labets poutingues sus poutingues qui griben l'estoumac, lou
droullotne pod minya que bouniqueries : bî, sucre, café, aco qu'ey
la hartère que la may lou balhe.
(Âci lou praube Pay qu'alede).
Que sabes, lou mé hilh, que oey û hourrup de bî ou de café .
que-m rebiscole ; quoan lous de oey ayen lous pèus blancs, lou cô
fanit, que calera dounc balha-us ? E calera dounc abéura-us de
causes mey hortes ta empousoua e achica lous dies d'aqueste terre
béroye, au loc d'abé ûe bite loungue e sancére ?
L'arrè-hilh. — (Dab ùe bouts tremouleyante). Pay, que soy urous
de-b escouta, mes coum aquét malandrè doun bous debisat ta
beroy n'a pas hèyt arraditsau nouste pourtalè, que b asseguri que
demoureram paysàs. Dab l'ayude de la Marie, jamey de quauque
lue aquere tigne ne biera ha péri ço qui lous bielhs e bous abét
abut dab tan de sudous : jamey, Pay, lous noustes maynadots
n'aberan pas lou tesic de la courretère de las biles, e atau qu'aymaran la terre dous bielhs, la terre dou Biarn, la terre béroye
oun soun baduts, qu'aymaran lous cams e lous boscs, loupourtau
e lou pourtalè.
Lou Payran. — Que soy countén, lou me hilh, goarde toustem
lou larè, e quoan lous maynadots sien mey grans, amuche us la
boentat e la beutat, l'istori de la case oun soun baduts, lous countes
dous bielhs; qu'aymaran aquere terre néuricère, aquere terre
beroye e amistouse e n'aberan pas, coum tu disès, lou gourrinè
d'ana courre Sagorre e Magorre. E quoan lou déute de la grane
Patrie sie pagat que tournaram a la dou Biarn, a la Gascougne, e
la hosse dou segrat que sera toustem aquiu ta ha us broumba que
lou lou debé que-us estaque à la terre dous payrans. Lou plà esta
que s aquesech pèu tribalh e lou tribalh qu'ey a case !
Lou hôu qu'en sah mey dëns sa maysou
Que lou saye déns la dous aules.
Lou die oun lou me debis sourtira dou tou cap, que daras û cop
d'oélh sus lou cemitèri dous bielhs terradous ; lou lou soubeni
que-t rebiscoulara e que sera ta tu ûe nabère force mirabilhouse.

�— 102 Que sey plâ que lous moussus de oey que dîsen que tout lou
goastadis d'oun ey parlât qu'ey lou prougrès, mes nou caleré pas
que Prougrès goastesse la race horte de la Gascougne.
Ne bouy pas acaba chens te dise quauques bercéts d'û pouète
d'Aussau :
Diu me dau ! b-an cambiat hère
Las bielhes modes d'Aussau ;
Ta bédé mode nabère
Nou eau plus courre ta Pàu.
Aquéts bèts jupous de rase
Las bèstes dé courdelhat,
Y lous giléts heyts à case,
Tout aco qu'at an léchât.
N'ey pas sulaméns de pélhe
Qu'an cambiat dens nouste endrét
Que-s soun dats a la boutelhe
Y qu'an amassât gran sét.
Aquéts bercéts, lou mé hilh, que soun mey bertadès que jamey.
L'arrè-hi'h. — Mercés, Pay, (que-u se minye de poutous) lou
boste arrè-hilh que sera fidèu à las dues Patries (lous Gascous e
lous Biarnés qu'an la loue e la de France) e qu'amucharèy aus
maynadots l'amou dou larè, de la lengue e dou nouste cournè.
Au més de noubembre de lénde anade, au moumén oun lou
chaure hasè cade las darrères castagnes, û matî qu'endenoun la
campane clacassère qui trangalhabe la mourt dou bielh Peyre.
Abans, e desempuch tabé, lou Yan ne manqua jamey d'esta lou
reyén dous sous maynadots ta ço qu-'ère l'istori de La Case.
Gade maynadye de Yan qu'a la soue meterie e cadû qu'atrasse
aysience e tribalh.
J. CANÏOU,

Reyén, à Mirepeix.

ESPLIC
Tindades à la grabe : Etoffe teinte par son séjour dans la terre glaise
mouillée et mélangée avec de la sciure de bois et du campêche
Arcoule : Filasse moins grossière que l'étoupe.
Bouniqueries : Sucreries, friandises.
Arradits : Racines.
Scgrat : Lieu sacré ou religieux, cimetière
Eschaliba : Laver les écheveaux de fil récemment filé.
Ttangalha : Son de cloche, sons lugubres et espacés donnant l'idée de la
douleur.
Ninoles, mounaques : [ oupées.

�Bouts de bosc !
L'estiu, per lous sendés, quoan s'adroumin las flous,
Dab béroyes cansous, dab piu, piu d'ausérous,
Qu'aymi d'audi, gran bosc, sus la yerbe ségude,
Esmiraglan moun cô, ta bouts tan esmabude.
Que perpite, pertout ; qué-s mescle au parla biu
De l'ayroulet gayinan
e lou gabe agradiu
Que batale, capbath dou terré qui sauneye ;
Acera, dens lou cèu, lou clâ lugrà punteye
Gran bosc, qu'aymi tabé, d'audi ta bouts d'amou,
Eyte de dous perhums, d'embriagante aulou,
De silences prégouns, de bielhs moûts, de bielhs ayres,
(Lou sourelh que n'ey mut e lous ausèts boudayresl.
Quoan punte lou lugrâ, qu'as refris d'autes cops ;
Dou tems, oun, lou gran Rey croumpabe pas d'esclops...
Qu'aymaben, alabéts, nouste terre mayrane,
L'arriu briben, gauyous, l'arrisoulente plane,
Lou clouchè benedit, la mountanhes de nèu,
Lou larè dous Payrans ; dou Biarn, lou bèth cèu !...
Que ploures, dequet tems, las cansous amoureuses
Elous béroys marquis dab perruques blanquouses,
Gran bosc ! per lous sendès, quoan s'adroumin las flous !
Mlle PUYOU,
de Pau.

�- 104 -

Lous couate ertès de la Marioun
Qu'ère toustem estade arrapiante, la Marioun, més dempuch la
mourt dou sou omi, bèt tems y a, qu'ère badude bilène a ha hasti
e sarre piastres d'inqu au pun de nou pas gausa bibe. A part cauque emberiaguère qui-s balhèbe de cop en cop pramoun n-ou calé
pas croumpa lou bin, l'abarasse ne déspenè pas austan bau dise
arre. B'ère bèt yourn de heste couan la bedèn lou dit a chibau
sus un tros de frico pausat mey soubén susmesture descoueyte ou
eslouride que sus pan de tchoyne bién frés !
E n'ère pas chéns dinès pourtan, Ço que lusibe au sou, erteratye
du praube défuu, més a youissénce sounque, que poudè baie un
milè d'escuts, e lou soun begn à d'ère a puch près austan.
Més qui sab couan de pistoles s'apielèben déns lou carric estuyat
qui sab oun ?
Déns un moumén de holle poupade au brouquet, la Marioun
tout à fait esberide labets qu'abè muchat aus besins û causse én
han tringla louis d'aur e escuts. Qu'y abè dets ans decò, e la causse
qu'ère mey qu'à mietat plegne.
Que benèbe groun, bin, boy e légumes ; qu'eslhebèbe pouralhe;
qu'éngrechèbe guits, auques, même un porc — én parlan pér
réspect — més presque tout que prenè lou camin dou marcat.
Qu'abè én sus quinze céns Hures a la Caisse d'éspargne, e lou
boussicot de tout ana, bouéytat déns lou magot couan ère trop
plegn, ço qu'arribèbe cade anade.
Ah ! b'aurè dounc poudut pagas de bous boussins, la désanade
austan céque qu'ù legne ! Més nou ! que balè mielhe ha arride
lous ertés, un dou sou omi e très pér ère !
N'én aymèbe pas nad toutun, e se n'abè pas cragnut de mouri
én han testemén, gran pér ma fè, n'en auré pas heyt nad de
yelous, pramoun que n'auré pas dechat arre a digun. Tabegn,
couan l'éntenèben dise qu'ère mourte arrech ne troubere l'aryen
coutchat, touts qu'èren segus qu'én sera atau.
Couan éstouc à l'agounie, lous couate értès que s'appressa-n.
B-ous tardèbe de la bede cluca e d'entene lou darrè bouhet ! '
Talèu mourte, lou cabinet qu'estouc foulhat. Sou deban de la
tirete que trouban un porte-mounède a mietat bouéyt chéns grane
balou, e au miey dous linçòs e de las hardes cauques escuts ; én
tout trente-cinq pistoles... Oun yasèbe lou reste ?

�- 105 —
Qu'èren aqui, lous couate ertès, a s'espia l'un Faut, a ha courre
lous ouélhs pertout e sus tout, a carcula lous prêts de ço que
bedèn. Ço qui-ous prudibe pér-dessus tout qu'ère de descoubri
l'éndrét oun droumibe lou trésor ; cadun à l'escu dous auts qu-ou
cérquèbe déns l'énténtioun dou prene un cop soulet. Oui, més
nad ne s'en anèbe, e touts lous couate que belhèben la mourte.
Certes, n'abèn pas pou qu-ous panassin lou cos près à éntahuca ;
e toutun, touts que damourèben... Se s'ère perdut cauqu'arre !
Lou maye ertè clap l'un dous très auts que gouéyta la maysoun
péndén l'énterremén. Touts dus qu'èren carcats de ha lou disna...
Ne poden pas toustém ploura ou han sémblans que diable, e arre
ne cruse austan l'estoumac Coum la pene, même se n'existe pas
— sustout labéts — pramou qu'és eau trop turménta énta eschuga
larmes de coumande.
Qu'y abè ouéus, salât dehéns e piocs dehore, a pourtade de la
man ; més lous cauléts e las sabures qu'èren au casau. Coum ha ?
Se l'un s'én ba, lou qui damoure, belhèu que troubera l'estuyò;
més qu'és pot tabegn que lou de dehore qu'aura la mediche chance ;
lou hasard qu'és tan gran !

t

Réllexioun heyte, ne l'un ne l'aut ne gausa quitta lou coumpagnoun; e couan lous dus qui aben heyt las aunous e tournan dou
prat, lou repech n'ère pas prés.
. Miyourn qu'abè trucat pourtan e la hami dempuch au méns dus
ores que l'abè souat à l'estoumac de touts. Or énta que crida lous
cousines pudique nad n'abè counfiénce en digun ?
Enfin, voilà lous énhamiats a taule. En guise de benedictioun
lou mey trufandè de la troupe que disouc au gran ertè dap un
surious coumique : « Puchqu as la mietat, tu, minye e béu coum
très ; nous auts très que minyeram e que béuram coum un. Dau,
dau, hardit, e tien-te boutouat ! »
La soupe abalade e la goudale prese, lou pourquét-e la coueche
d'auque espediats dap force lampades. la moulete, lous piocs e la
salade éngloutits én bebe a beyres plégns, las lénques que cou-•
mençan as bira : que parlan de partatye tout chouau d'abord,
més hort bénlèu. Lou café, lou'pousse café e lous bins cauts que
balhan à touts un esprit que digun n'és counechèbe à yun.
Més quegn sa bat labéts !
— You, que bouy la cautère. - You, lou tourne-broche. — You,
la litchère e lous cauterouns. — You, la batterie de cousine.—
Aquets linçòs que herén lou megn aha. — Que pretèri las serbiètes.

�— 106 —
— You, las camises e las hardes. — Qu'ém countenti de la pendule... E atau én cridan toustém mey hort, digun n'escoutan
lous auts.
La nouéyt qu-ous gaha ataulats deban ûsarambèle deboutelhes,
las ûs estuchades, las autes aus très quarts bouéytes... e, a part
l'aryén, arre n'ère partatyat éncouère. Arrèch ne parla de gagna
case, e touts énsembles, lou capcaut, l'estoumac gousgnit, que
tournan belha, pas déns la crampe de la mourte, més auprès dou
houéc, tout éu minyan un gnac e arrupa de bèts lampats.
Que s'adroumiben. lous praubilhas ! Toutun, maugrè la pintère
qui ous hasè esbadalha, fréta lous pérpèts, estira, estorce coum
béncilhs, l'aubete qu-ous trouba dechidats, la lénque ieque, desmemouriats, près a s tourna chapita, peleya, truca-s au besougn.
Lou tourrin heyt — un tourrin a l'ibrougne pr ou cop — én
l'arrupan bourén, culhè pér culhè, qu'és séntin arrebiscla. E la
batalère e la pléyteyère que tourna-n couménça, coum tabegn la
hartère. Ah ! lous ertès que hasèn boune payère a las fristoulhes
de la bielhe !
Coude-li-coude, que cércan pértout lou magot : au soulè, débat
lous téules, lous cabirouns, las poutres, lous traucs de las paréts,
déns touts lous couegns e recouegns ; én bach, sus lous cabinéts
e dehéns, déns las palhasses, las potches dous abits, lou méndre
arre ; que lhéban la plaque dou larè, la truhe, lous carrèus qui
ne yuntèben pas, lous tins dou tchay... Arre ! énloc arre !
A la sout dou tessoun, a l'escuderie de l'ase, a la hegnère, a la
hournère, a l'éscalhère, arré ! yamey arré !
E lou nas de touts que s'estirèbe én gaimaches arresibles ; de
tems én tems û ensurte pimentade pér la coulère e adoubade pr ou
despieyt que partibe a l'adresse de la mourte ; yureméns a ha peta
lou prigle que seguiben, én baguenau pourtan, puchque lou carric
n'és troubèbe pas
— « Hartarh sé ! crida l'un ;" que seram, belhèu, mey urous
après abe bién minyat e bién but ! Que beyram douman !
L'abis qu'estouc boun.Touts amassesqu'ésmétoun à cousineya:
toupins, padères, grilhes e casseroles que bouriben, que chis
clèben au mey ha.
Couan de tems e dura lou soupa arrousat d'un sarrot de flacouns
debinnau e bin bielh, barreyats sus la taule; toute lacade de
taques de toutes las espèces e de toutes las coulous ?
Digun d'éts n at auré poudut dise : aquet gusas de bin prés de
toute fayçoun e a granschourruts éncouère, pataqueyat per l'aygue

�— 107 —
de bie, lou sucre e lou citroun, qu'espatrassa lous bebedous alucats, chalumats dempuch la belhe. Péndén que l'un cubabe sus la
taule, lou besin qu'arrounquèbe à terre, lou troisième que yasèbe
én penén e l'aut que cantèbe coum un hou, més énta s'éstene
bénlèu pér dessus un beriac.
Oh ! lou beroy tablèu !
Que droumia coum arrats d'inqu-ati matin, chens se soucia
d'arré.
Dap lou soumelh, lou humet de l'arcool que s'ère estupat chéns
decha las idés trop clares. Mourts de set, lous ibrougnes que
crédoun trouba l'ésprit au houns dou beyre; toutun, que saboun
arrestas a pun.
Qu'és meten à tourna
arrebiren... Pas de carric !

cérca ;

que

ban,

bienen,

biren,

— Oun lou diable e l'a dounc boutât, aquere sourcière ? e disèn
touts én un cop. Couan déspiterém la cahute n ou trouberém
pas !
— Tè ! qu'ém bién û idé, disouc lou gran ertè. Que sabéts touts
coum la Marioun aymèbe l'ase tapouat dempuch chéys més. Qu'am
cércat pértout lou magot, més pas auprès de l'ase... S'anèbem
bede ?
Ta lèu dit, ta lèy heyt. La hosse ouberte, lous os troubats dap un
reste de pèt e de péus qui flaureyeben lè, nabe trobe éncoère.
— « Que lou diable s'émporti la Marioun e lous souns dinès ! »
Aqui qu'estouc la soulete pregari pér la défunte qui, s'abè dupât
lous souns ertès, ous abè tout de même dechat ço que ne poudèbe
pas estuya.
(Parlâ de Chalosse)

Louis

LAMAIGNÈRE.

�- 108 —

La Prime announçade
Ab pêne sé lous prads e lous rouméns bérdéyen ;
Qué soun encouère arids lous plechs e lous casaus ;
Touts lous bos qué soun nuds, e souléts que puntéyen,
Lous permès déschudads e trémoulans, lous saus.
Mé cabbad ung array un anyou qué débére,
Béstid de bérd, de rose e frés coum un espous ;
Qu'announce énta douman l'eslourésoun nébère
De la terre esmabude e dous arrams poumpous.
Qué miralhe én passan la sou' care lusènte
De l'azul, den l'arrous, den l'aygue dous arrius ;
Qué goucguéye d'u' buts mèy douce e gayhasènte
Que la len dous auréys, lés gracis dous abrius.
«
«
«
«

Que-t saludi, se dits campagne biryinale,
Lou Ségnou qu'é dab tu ; qué bas ésta douman
La May dou Maye Rèy, d'u' Glori dibinale,
The thén tout l'unibers sancé den la sou' man.

«
«
«
«

Que pods esta chens met : qué séras emprégnade
De toutes lés bertuds célestiales, dous sangs
The caden de la Crouts ; e Digne approubagnade,
Que plegnéras betlèu touts lous noustes parsans.

a
«
«
«

Que-t canten lous aouzèts sus la branque badibe,
Déyà que rétrénech lou toun noûm immourtau.
Que-t porti lous arrids de l'arrose prendibe,
Dou sou lugarnéyan den lou megn débantau. »

Mars 1910.

Yausèp GASCOUN.
de Sort (Ghalosse).

�— 109 —

MARIUS FONTAN
Qu'ems hurous d'apréne que lou nouste amie, Marius Fontan,
qu'ey heyt officier d'académie.
M. Fontaa, hilh de la terre Armagnacaise, que cante en bouyan,
que tribalhe chens ces, lou cam de case ela lenque mayrane.
Dens lou ben qui houleye per las cassoures, dens l'aret qui
esquisse la tasque, l'arriu qui gourgueye, l'auset qui piule e la flou
qui s'esparpalhe, qu'entén toustem la grane bouts de la nature
mieyjourale, soun amue de pouète que s'ahouéque e, pàusan
l'aguilhade au cournè, que prén lou calam, e haut ! En aban !
Qu'escriu en l'haunou dou cèu benedit de la petite patrie : qu'a
plegnat lous Reclams de coundes, istoris, cantes, de tout ourdi e
de beroy escantilh...
Bravo, Marius !
L'Escole qu'ey fière de tu ! E que-t salude, balen tribalhadou,
counfray debot, e amie féau.

• •

Adrien

PLANTÉ.

Drin d'istôri febusiane
Moussu lou Mèste-calamè
dous « Reclams de Biarn e de Gascougne ».
De segu, qu'ey beroy de béde quin ue maysou se bastéch, mes
quoan mey intéressant ey soubén lou counde de toutço qui a calut
ha permè de la basti !...
Yan dou Bousquet qu'ey u bergougnous (lous franchimans que
diserén « un modeste »), que m'escusarat dounc si la bertat e m
force à counda-b aço :
En 1892, Camélat e you qu'abèm créât YArmanac Patouès de la
Bigorre ta l'an de gracie Í893. Qu'ère m u pa de maynats, — biban !
quin passe ! — e nou couneguèm que chic de cause dou Felibridye,
aço dit enta qu'arrés nou sie estounat de la manière doun ère
acatralhat aquet armanacot, lou soul despuch lous de Vignancour.
L'an d'après que bouloum ha miélhe e qu'abièm u councours.

�- 110 Mous de Planté, toustém bràbe e ahoegat, que biengou dinqu'à
ïarbe ta présida la Yurade qui s'amassa héns la maysou de bile ;
que y èren aquiu Filadelfo, Mous de Du Pouey, Rosapelly, Labrouche, Yan Palay, Camélat e boste serbidou coum secretàris,
d'autes encoère, lhèu ?... que y a tant !
A d'aquet councours, mèstes coum Labaig-Langlade e Pelissou
qu'abèn mandat obres màyes ; Yan dou Bousquet que s'en pourta
lou permè prêts de prose dab aquere escricade Nouce au bosc de
Baure ; atáu que bém counechences.
Loungues anades que-ns abém escriut quasi toute semmane.
Despuch .. la bite-bitante qu'a hèyt mey reàles las letres... Tant-y-a
que, batlèu, Camelat, Lafore e you que hém u pè-trubès oun se
biengou sède — chens bantaciou — lou permè nèn dou felibridye
biarnés e gascou counstituat.
L'Armanac Gascou qui parî en-1894 qu'abou prou beroy àyre.
En 1895, Lafore e Camélat qu'aboun l'idée d'establi ue Escole ;
qu'anàbi parti souldat, mes, au daban que-ns amassèm touts très
à Pau e que debisèm tout lou die d'aquere famouse Escole qui
calé quilha. Lafore que-s carga de béde M. Planté, qui digou tio,
b'at poudét créde ! Camélat que bî M. Dejeanne e Yan Passy ; you
qu'escribouy, hardit coum u bàscou, à Mous de Lespy e à Isidore
Salles qui-m hasèn l'aunou de-m gabida p'ous sendès biarnés...
Cheys ou sept més apuch, l'Escole qu'ère apitade.
De la caserne enla Diu sap si ey pensàbi ! e be m hé gay de sabé
que nouste idée de gouyats abenturous qu'abè prés cos e amno !...
B'at bedét pla, Yan dou Bousquet n'at abè pas dit tout ! Qu'où
eau escusa : maridat de fresc que l'ey permetut d'abé lou cap
alhur9.
Adichat, amie. Que lou Boun Diu be goàrde à bous, à l'Escole e
à touts lous escouliès, loungademéns !
Simin

PALAY.

�— 111 —

LETRES DE TOUT TREM

line Petite CissEiMioij : Soinmes-ps « Béâmes ou Biarnés » ?
« St-Pée d'Oloron, le 4 avril 1911.
Au très honoré Jules CAREIVE, Maître dans le « gay saxoir », à Nay
« Bien cher Monsieur,
« Vous mêlez incidemment mon nom dans une réplique pleine
d'humour, mais je n'ai garde de m'en plaindre. Votre lettre fera
plus pour le succès d'une juste réclamation auprès des doctes
correspondants de l'Escole Gastou-Phœbus, que tel article additionnel au règlement qui pourrait toutefois en être la suite logique et
naturelle.
« Combien le prote regrette aujourd'hui cette substitution de
mots que rien ne semblait légitimer !
« Nous trouvons-nous en face d'un plaisant ou d'un puriste ? Je
ne sais. Votre correcteur abhorre sans doute la hardiesse du grand
poète national, qui fièrement déclare dans sa réponse à un acte
d'accusation :
Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
Plus de mot sénateur, plus de mot roturier !

« Et puisque le glossaire vous met aux prises avec l'imprimeur,
voulez-vous me permettre de soulever cette question que j'estime
à sa place dans nos Reclams :
« Devons-nous dire « Béarnés ou Biarnés »? Si c'est une petite
tempête que je vois poindre parmi les « Escoliés », elle n'en vient
pas moins à son heure puisque nous goûtons encore les charmes
de « Ventôse ».
« Personnellement, j'inclinerais à penser que (j Béarnés » serait
préférable à « Biarnés ». Souffrez, bien cher Monsieur Carrive,
que je vous expose brièvement les motifs de mon choix. Béarn est
l'abréviatif de Beneharnum, ville détruite, dit-on, au ixe siècle. Les
savants de l'Ecole nous diront que bé — bi. Si le respect du passé
et de la tradition est une des raisons d'être de notre Ecole, nous
devons préférer le premier vocable au second.
« Mais à cette première question s'en ajoute une autre : quelle
serait la signification première de « Béarnais » ?
« Harnez est un terme commun au basque, au bas-breton et à
notre langue méridionale. Il désigne soit des outils de travaux

�- 112 —
champêtres, soit des objets en fer dans les deux premiers cas. Nos
ancêtres du Béarn, et particulièrement les habitants de la vieille
cité de Beneharnum, excellaient ils dans l'art de faire les dits
« harnez » ? Le fer ne manquait pas dans le pays et les forges
d'Urdos étaient déjà célèbres au temps d'Annibal. qui se serait
arrêté dans la Haute-Vallée pour y donner de nouvelles armes à
ses soldats. Que l'industrie du fer et surtout celle des armes se
soient au temps jadis localisées dans une grande cité, cela se
comprend alors que la défense était l'une des premières occupations de la tribu, de la cité ou de la phratrie.
« Nous pouvons aussi hasarder deux explications très plausibles
pour les amants du Biarn ou du Biarnés. Les anciens, les autochtones très prudents et très prévoyants, avaient ils toujours un
double harn"z, une double armure? Avaient-ils une prédilection
pour l'outil ou l'arme à deux tranchants ?
« Lorsque la maison de Béarn s'est alliée à la maison de Foix,
les nouveaux souverains, dans leur enthousiasme, ont-ils voulu
d'un mot caractériser leur nouveau domaine, le pays du vin, et
ont-ils changé « Béarn en Biarn » ? Le pays de Foix a bien le fer,
mais la vigne n'y est guère cultivée. Le vin de Jurançon, de Bellocq, de Portet a pu régénérer les nouveaux vicomtes dont l'ardeur
guerrière se manifeste à la première génération pour s'épanouir et
briller tout particulièrement avec Gaston-Phœhus, l'arrière petitfils de Boger Bernard, venu en droite ligne du pays de Foix. Nul
doute que le nouveau terroir n'ait influencé sur le caractère de
Phébus, « esprit fin et délié, ami des arts, cultivant les lettres,
goûtant la musique, et passionné pour la chasse ». — EYT.
« Excusez, bien cher Monsieur Carrive, cette communication
d'une certaine opportunité. Le dernier mot appartient aux vrais
linguistes et aux savants archéologues, dont hélas ! je ne saurais
être que par une très faible sympathie.
« Respectueusement à vous, très honoré Maître.
« J.

LACAZE,

« Instituteur à Oloron (St-Pée) ».

EXPLICATIONS.
Béarnais, vient de Beneharnum par synérèse ou
contraction de syllabes et signifie bon harnez ; Biarn, peut provenir de
bi = deux : double harnez ; Biarn, pourrait encore signifier vin et harnez.

J.

mm

L.

�— 113 —

Noubèles
Pau. — Que bedém dab plasé quin la lengue mayrane ey
arcoelhude liens lous oustaus lous mey arrebouhiècs. Quoan sera,
mercés à J. V. Lalanne, dens lou Bulletinde l'Association des Anciens
Elèves de l'Ecole Normale des Basses-Pyrénées, o bé, amies, aquiu
medich. Pou n° 1 d'augan qu'y leyim u article de Mous de Planté
sous Bàscous e la loue istòrie, puch lou counde Mouchicou de
J. V. Lalanne qui n proumet d'autes.
Pountacq. — En quauques dies, lou 14 de May, qu'auram las
hèstes en l'aunou de Bisens de Bataille, lou poète biarnés doun
las cantes ban parecbe toutare (au prêts de 5 liures) aus burèus de
" La Bouts de la Terre ". Lous counfrays de Gastou-Febus e de
l'Escole deres Pirenées que s'y troubaran pénsi, noumbrous e
gauyous. Lou prougrame de la yournade que seré aqueste : Lou
Dimmenye à dèts ores, à la Misse que la familhe Bataille hara dise,
eslòdye dou pouète défunt per lou canounye Quidarrè e lou
missiounàri Maupas. A la sourtide qu'aneran dab la musique
pountaquese dinque à la maysou dou pouète.
M. Carassou, mayrede Pontacq que remetera la pèyre escribude
à la familhe, la corale que dara ue cante de M. G. Mirât de Pau,
Simin Palay que parlara sus la Patrie e ue pouesie que sera dite
per u yoen pountaqués en l'aunou de Bataille.
Apuch que saludaran sus la place l'estatue de Barbanegre e
gnaut gouyat de perquiu que declamara la pèce de Bataille sus
Huningue.
A l'ue ore disna à la Maysou coumune, dab l'arcoelhence dou
counselh municipau. Embia l'escot de 40 sos au Secretàri de la
Mairie de Pountacq abans lou 12.
De cap à las très, felibreyade poupulàri.

�— 114 —

Auch. — LouLarè Gascou, la yoene soucietat de counferences
que perseguech la soue proupagande à Bic, à Maubesi d'Armagnac,

à Auch, etc. Bères acampades oun batalen proufessous de

l'Escole Normale e dou Lycée, reyents,

curés : dous béde atau

coustate coustat lou mounde que s'en estoune... e qu'aplaudech.

Toulouse. — La Gascougne que s'en at porte augan au councours de la bielhe Académie dous Yocs flouraus. Mous de Levrat
de Simorre (deya courounat l'an passât per Gastou-Febus) que-s
coelh ue rose musquete dab las soues pouesies ligades : Per tu
Gascougne; lou Simin Palay qu'a ue flo.u parière dab dues pèces :
La Bonne Bouta e Rencures.
Lous auts prêts que soun u souci qui floque La Liounido pouemi
emprimat de J. Lhermite e ue primabère destacade per E. Lamourère dab lou sou recoelh mentabut: De cla en cla.
Aqueste tour, à l'Enstitut catoulique, l'abat Sarran d'Auch e
l'abat Medan de Gimount qu'an counferenciat sus la cansou gascoune.
L'amie Rosés de Brousse que passe président dous Toulousans
de Toulouse, la pouderouse soucietat foundade per Marius BacquiéFounade, tan lèu partit.
A Toulouse encoère M. Marius Léger, directou de La Belle
Chanson qu'ourganise yocs flouraus en lengue nouste, oerats lon
prougrame.
Ta la Pouesie : 1° Cantate ou leyende sus Toulouse (60 bers lou
mey) ; 2° Cansou (cinq ou cheys couplets) ; 3° Sudyèclibre (200 bèrs
lou mey).
Ta la Prose : 1° Estudi sus Clémence Isaure

r

2° Counde, istori

ou leyende dou païs d'O (200 arreques lou mey).
Manda abans lou 15 de Yulh (dap 40 sos se nou soun abounats à
La Belle Chanson), à M. Marius Léger, 3, Place dou Capitole,.
Toulouse.

Mountpeliè. — Lou nabèt douctou en letres, Y. Millardet, qu'ey
noumat hens l'ensegnamen superiou e

cargat d'u cours à la

Facultat de letres de Mountpeliè. Coumplimens hère au noustesabén counfray.
M. C.

Au N° de Yulh que balheram beroy s ar'tigles de Louis Batcaver
Marius Fontan e d'autes balens qui ne-s harten pas yamey de tribalha.

�— 115 —

La Tour de l'Arrelodye d'Orthe^
Per lou Louis de BATCAVE &lt;»&gt;
»

Hè mau dise tout so que, d'u cap a Faute de l'estiu s'amasse
arroumigue, e toute la catabe qui s'estrusse hens l'escuiagnous
arroumiguè.
Hè mau dise tabey tout so que lou Louis de Batcave s'a amassât
de causes qui tagnen au. passât dou Biarn. Que eau abé-u bis,
toustem hundan, hérucan p'ou miey dous bielhs papés, a Orthez,
a Pau, a Paris, oun se boulhe ; e toustem, coum l'arroumigue
couentade, tourna-s'en ta case dap nabère catabe a d'arrecatta-s
hens l'arroumiguè sou, doun sorten de quouan en quouans obres
sapientes, tau gay dous aymadous dous peis de case, e tau proufieyt de touts.
Aqueste cop, qu'ey u tribalh sus la Tour de l'Arrelodye d'Orthez.
Lous de la nouste èrbe ne l'an pas yamey biste a d'aquere arrelodye, mes que l'an de toustem a yamey entenude mentabe p'ous
pays lous. Lous us que la plouraben coum ue cause qui ère estade
la glori e l'aunou Coumunau ; lous auts que disèn que n'ère pas
sounqu'u amassis de mourté e de calhaus chens graci ni balou, e
qu'abèn de segu plaa heyt de tira-le dou pucheu.
Lous qui leyeran lou libiot dou Batcave que s'at beyran ; las
cartes de l'Orthez d'autes 'cops e lous imadyes de la Tour qu'ous
heran lhèu bede tabey qui abè drét e qui abè rasou.
Mes ne eau pas créde que seran sounque lous de la bile de Gastou-Phébus qui trouberan plasé a leye l'histouère de l'arrelodye
d'Orthez. Lou Batcave qu'y enter-méscle ue estudi de las Tours de
queth ourdi qui estoun apitades mey que mey capbath France,
dou tems de l'Adye-Mieyanssè ; que counde quin estoun ligades a
la bite de la Coumnne doun èren coum qui diséré lou coo ; qu'amuche las qui damouren quilhades p'ous parsaas a d'arroun : la
de Bagnères-de-Bigorre, la d'Agen...
Aus qui aymen de tourna béde las hèytes dou Passât e a couneche quin s'atbiraben lous payrans, gay que herade léye lou tribalh
dou Batcave. Aqueste escriut, lou dit menin que-m dits qu'ey lou
prumè d'ue bère e nabère couade. Tan de bou !
Y. B.
(1) Emprimat a Pau enso de Lescher-Moutoué, 11, carrère de la Préfecture. Que-s ben tabey enso de Faget, empriinadou-liberayre, à Orihez.

�— 116 —

AVIS
Le Trésorier prie les Membres de l'Escole
d'avoir l'obligeance de lui envoyer le montant de
leurs cotisations d'ici au 15 Mai. Passé ce délai
ils les fera recouvrer par la poste avec 0 fr. 50
de plus pour frais.

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
,
PA'T.

_s

.

——

EMPRIMERIE VIGNANC0UR— PLACE DOU PALAYS.

�</text>
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              <text>Planté, Adrien (1841-1912)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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