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                  <text>Lotis ârmnB mereés dois Présidée
De dréle, de gauche e de drinou pertout, Afous de Planté
qu'a coelhut souhèts de boune anade p'ous entours de cap
d'au.
Aquéres mèrques d'amisfal que l'an hèyt hère de gag, que
l'an hèyt pemebalelou có e qu'ère en dues de respouné-g coum
at sab ha, dab gaugou e boune graci, quoand û cop d'èr,
— n'en eau pas még pèr baléns qui sien, — e l'a marfandit:
labéts, touhèc, touhèc ! mau de cap, Inau de bras e mau de
cames, besites don médge e Ihèu iabé dou surgén, ourdi,
boulouns ou nou, d'esta-s barrât a la crampe, au cout dou
hoéc e défense de lége, d'escribe, de debisa !
Oh ! arrèg hurousemén de que ha abé póu.
Tan plâ que lou Présidai que-m demande de desencusa-u
aus amies qui l'an souhetaf. la boune anade, — qu'é hèyt ! —
E d'embia-us a touls au sou noum û brassât de gaugous,
— qu'é hèyt encoère! —
Que crèy d'esta lou reclam dons escouliès touls en souhetanlou de tourna lèu decap ensus cliquet e fresquét.
J.-V. LALANNE.

�— m —

(Storafts Nationaux Qmcùm^

François-Eugène Garay de Monglave, né à Bayonne en
1796, mort en 1873, est un littérateur dont la plume fertile
s'est exercée en des genres divers ('). A l'âge de 18 ans il
prenait du service au Brésil (1814), d'où il passait bientôt
en Portugal (1819), puis venait fonder à Paris un journal
satirique le Diable boiteux (1823).
Professeur à l'Ecole des sourds-muets de Paris il créa,
avec quelques notables, l'Institut historique (1833) dont il
fut nommé secrétaire perpétuel. A ce titre il adressa au
Ministre de l'Instruction publique le document suivant qui
se termine vraiment trop en plaidoyer pro domo. M. de
Monglave pratiquait médiocrement l'humilité scientifique !
Il m'a paru intéressant de ne pas laisser ce document
oublié dans un dossier de la Bibliothèque Nationale. Que de
réserves il importerait cependant de formuler, chose à quoi
nous ne nous risquerons point par manque de goût poulies commentaires interlinéaires (s). C'est que Garay de
Monglave était davantage un littérateur qu'un esprit scientifique; ses brochures administratives, ses petits pamphlets et
ses romans en fournissent la preuve à satiété.
Cette notice adressée au Ministre n'était point œuvre
entièrement inédite. Garay de Monglave en avait donné la
primeur à ses compatriotes, car il a publié dans le Courrier
de Bayonne divers articles dont celui-ci : Je citerai notamment L'auteur de la chanson des Tilloliers Lesca, n° du 11
novembre 1852 : Le Counsulte, n° du 18 novembre ; Le patz
que bin de s'announça n° du 2 décembre ; Requeste dous gardes
de bille, n° du 16 décembre ; Chants nationaux béarnais,
nos des 5, 12, 19 juin et 4 août 1853 ; Chants nationaux gascons, n° du 11 août.
Louis

BATCAVK.

(1) Larousse. Biographie t. XI, p. 440.

(2)

Les notes aue j'ai cru devoir joindre sont indiquées par une astérisque.

�— 27 A Monsieur le Ministre de l'Instruction Publique (*')
Monsieur le Ministre,
J'ai eu l'honneur d'adresser à Votre Excellence, les 19 décembre 1852, 8 et 12 avril courant, avec des notices explicatives, quelques chants nationaux euscariens et béarnais, des
Basses-Pyrénées. J'achève aujourd'hui la tâche que je me
suis imposée en soumettant à son appréciation éclairée
quelques chants gascons, qui complètent mes spécimens de
poésie populaire de ce département.
Déjà un de mes compatriotes a eu l'honneur d'envoyer à
Vote Excellence la Chanson des Tilloliers (**), cette âpre
ballade des mariniers de la Nive et de l'Adour, épanouie à
la brise de l'Océan, tout imprégnée du sel de varech et qui,
loin de la terre natale, vit encore dans la mémoire et le cœur
des Bayonnais à quelques kilomètres de distance de la
pastorale béarnaise, si gracieuse, si délicate et si mignarde,
en face de la poésie euscarienne, si riche en chants nationaux guerriers, en romances d'amour, en inspirations de
bardes pyrénéens, en vieilles tragédies, rappelant le berceau
de la Melpomène grecque, en comédies satiriques, reflétant
les canevas moqueurs d'Aristophane, Bayonne, d'abord
citadelle romaine, puis république gasconne sous le protectorat des rois d'Angleterre, puis ville si éminemment française, Bayonne, où jamais Yescuara ne fut parlé, et dans les
archives de laquelle le gascon succède, sans interruption,
au latin et le français au gascon, Bayonne, qui fut moins la
capitale du Labourd basque, comme elle en avait le titre,
qu'une forteresse construite pour tenir en respect, autant
que possible, les turbulents euscariens des environs, qui y
envoyaient annuellement un bataillon de leurs milices plutôt
en otages qu'en défenseurs, Bayonne a vu longtemps fleurir
sous ses murs, dans deux communes adjacentes au SudOuest, et dans quelques bourgs et villages de l'Est, éparpillés
au milieu des populations euscariennes, dans le voisinage
(*) Hippolyte Fortoul. On peut consulter sur la publication projetée du
Recueil des Poésies populaires de France, Bladé, Contes populaires de la
Gascogne, t. i, p. x.
(**) Clr Revue du Béarn et du Pays Basque, a&gt;inée 1905, p. 132.

�-

28

-

de l'Adour et jusqu'à la rive gauche de la Bidouze, un
rameau détaché de l'arbre des troubadours provençaux,
languedociens, béarnais ; plus rude, plus dur, plus raboteux
que toutes ses autres branches, et grossièrement ébauché par
la hache des baleiniers et des corsaires de l'Océan.
En fouillant bien dans ce que la tradition nous a conservé
de cette poésie pleine d'une brusque originalité, nous découvririons plusieurs Noëls, d'où s'élève une odeur de terroir
qui enivre l'exilé, et dans lesquels il n'est pas rare de trouver
des couplets comme les suivants :
JOUANOTTE

Jouan, lou mey, lhebatz bous !
Bous droumitz trop gran pause.
Anem, dab lous pastous,
Bede ibe bère cause
Nadau ! Cantatz Nadau, Nadau,Nadau !
JODAN

Habetz bous minyat caus
Per reba atau, Jouanotte ?
Lechatz lou mounde en patz !
Qui haye couente que trotte !
Nadau ! Cantatz Nadau, Nadau, Nadau!
JOUANOTTE

Lou bestia dens la cour
Qu'es tourmente, qu'es fâche,
E coum s'ère gran your,
Brâme peur ana pâche
Nadau! Cantatz Nadau, Nadau, Nadau!
JOUAN

Aci Moussu Courtiau
Qu'ha lâchât ibe pere
Pourtem l'y dab un eau
Peur que hasi gauchere
Nadau ! Cantatz Nadau, Nadau, Nadau !
JOUANOTTE

Qui l'hauré jamey dit.
Pus qu'habetz boulut nache
Que n'hauretz pas causit
Lou castet de Bidache ? (s)
Nadau ! CantatzNadau, Nadau, Nadau!"

JEANNETTE

Jean, mon homme, levez-vous !
Vous faites un trop long somme,
Allons, avec les bergers,
Voir une si belle chose !
Noël ! Chantez Noël, Noël, Noël)
JEAN

Avez-vous donc mangé des choux
Pour rêver de la sorte, Jeannette?
Laissez le monde en paix !
Que celui qui a des affaires, trotte !
Noël ! Chantez Noël, Noël, Noël !
JEANNETTE

Le bétail dans la cour
Se tourmente et se fâche,
Et, comme s'il était grand jour,
Demande, en mugissant, d'aller au
[pâturage
Noël ! Chantez Noël, Noël, Noël !
JEAN

Ici Monsieur Courtiau (1)
A laissé une poire.
Apportons-la lui avec un chou
Pour qu'il fasse bonne chère !
Noël ! Chantez Noël, Noël, Noël !
JEANNETTE

Mon Dieu qui jamais eût pu croire
Puisque ici-bas vous voulez naître,
Que vous n'auriez pas choisi
Le château de Bidache ?
Noël! Chantez Noël, Noël, Noël.

(1) Riche propriétaire, le Marquis de Carabas du pays en ce temps-là.
(2) Chef-lieu de l'ancienne seigneurie de Gramont, brûlé en 1793.
(*) Ce cantique, qui est beaucoup plus long, se trouve avec des variantes
dans La fleur choisie des Noëls nouveaux, français et gascons, nouvelle
édition, Bayonne l'auvet jeune, juin 1817, p. 90, dont le texte est reproduit
mieux orthographié dans Cantiques béarnais... seguits per lou mey béroys
Nadaus Béarnés y Gascous d'aùtescops, (des PP. Bénédictins d'Urt) Bayonne,
Lamaignère, 1891, p. 50.

�— 29 —
En 1776, Paul Duhart-Fauvet, imprimeur à Bayonne,
publia, sous le titre de Fables caousides de La Fontaine en
bers gascouns, une imitation libre, fort libre même, en gascon
bayonnais, d'un certain nombre de fables choisies de l'ami
de Mme de la Sablière Au mérite d'une belle exécution
typographique (*) cet ouvrage, devenu fort rare, joint celui
d'un texte d'une facilité gracieuse, d'une allure naïve, d'une
verve étincelante. Parmi les auteurs anonymes de ce recueil,
deux noms ont surnagé, ceux de Jean Betbeder et de Pierre
Lesca de Hitze. Convenons toutefois que l'instrument dont
ils se sont servis, a été pour eux un précieux auxiliaire !
Comparons la fable suivante de Lesca avec celle de La
Fontaine.
LOU RENARD E LOUS ARRESINS
Bouns oubrès n'han toustem besougne
Un certain renard de Gascougne,
Biarnès billeou, billeou nourman,
Aco n'importe, lou truhan
Anat ère en pélérinatye
Ou, si boulets, en garrouatye.
Qu'habè bet courre, en nade part,
Ne troubabe un boucin de lard
D'apétit, peur co, ne manquabe
Lou fourban. Un your, coum passabe
Près d'ibe treille de muscats,
Lusens, madus, haut pendrillats,
Countan de s'en freuta la gaute,
Lhèbe lou cap, saute, ressaute.
Bin cops qu'es passe, lou garrhus,
Un bèt pam de léncou p'ou mus :
(*) A cette belle exécution typographique M. J. Yinson a consacré un article
Le chef-d'œuvre de la Typographie bayonnaise dans Mélanges de linguistique. ... Paris, Leroux, I88Û, p. 238. M. Léonce Couture a étudié Le La
Fontaine de Bayonne dans la Revue d'Aquitaine t. m (1859) p. 157 et sv.
M. l'abbé Foix, a retrouvé et décrit un nouveau manuscrit. Revue de Gascogne, 1904, p. 322, et 1905, p. 32.
Signalons, puisqu'on ne paraît pas l'avoir fait jusqu'à ce jour, les deux
recueils suivants mentionnés dans Catalogue général des manuscrits des
bibliothèques publiques de France, t. i. Rouen, par H. Omont. Paris, l'Ion,
1886, in-8°, p. 471, n° 1670: « Fables gasconnes, tome prumè s traduction
des fables de La Fontaine, vin» s. Papier 160 p., 205 sur 145 mill. Rel. maroquin Olive. — n°167l 1 Fables chouasiries de, plusieurs autous francés et
estranyès, traduites dou francés en gascoun per M. Darretche de Bayonne,
capitaine d'infanterie ; augmentades et corrijades per M. Dubourg, meste
escriben de led. bile et membre de l'Académie royale d'escriture à Paris, en
l'annade 1769 » xvni" s. Papier, 219 feuillets, 198 sur 134 mill. Cartonné.
Collection Coquebert de Montbret. Ils ont fait l'objet, de notre part, d'une
communication non encore imprimée au Congrès des Sociétés savantes du
Sud-Ouest, tenu à Bayonne-Biarritz en août 1911.

�- 30 Aygues l'ou binèn à le bouque.
Chis pas de piocs, dab ibe clouque,
Ne l'hauren hèyt nié de plési,
Tant n'y habè de bets à causi !
Que s'estire é prén l'abiade.
« B'et y darrey coque dentade,
Ou b'y perderey moun lalin !
Hep ! » Tant que saute, qu'à la fin
Las ère fort. Tant mé sautabe,
Tant me dous muscats reculabe.
Tant y ha que lou praube ahamiat,
Las, afflaquit, yuste creubat:
« Que soun trop berts ! s'eus boute a dise,
N'hey que ha de tau marchandise.
Que les gouyes é lous baylets
S'ous minyen ! Qu'es biande peur ets ». (*)

LE RENARD ET LES RAISINS
Bons ouvriers manquent parfois d'ouvrage
Certain renard de Gascogne,
Béarnais peut-être, peut-être normand,
Peu nous importe le truand
Etait allé en pèlerinage,
Ou, si vous l'aimez mieux, à la maraude.
Mais il avait beau courir, d'aucun côté,
B ne trouvait un morceau de lard.
D'appétit pourtant il ne manquait pas,
Le forban.. .. Un jour, comme il passait
Près d'une treille du muscats
Luisants, murs, haut suspendus,
Comptant s'en frotter le museau,
B lève le nez, saute, ressaute,
Et vingt fois le larron se passe
Un pied de langue sur les babines :
L'eau lui en venait à la bouche ;
Six paires de poussins, avec la poule,
Ne lui auraient pas fait plus de plaisir,
Tant il y en avait de beaux à choisir !
(*) La copie de cette traduction n'est pas conforme à la graphie de l'imprimé,
ce qui, à tout le moins, indique peu d'exactitude de la part de M. Garay de
Monglave. Je noterai un changement de sens par la ponctuation :
D'apetit per 'co ne manquabe.
Lou fourban, un your com passabe...
et la suppression des quatre derniers vers ou de l'affabulation :
Atau fort soubén ibe buse,
Com lou renard, qu'es desencuse ;
E quén ne sab oun se gaha
N'es pas, s'ou dits, lou mei aha.

�— 31 —
Il s'étire, il prend l'essor.
« J'y donnerai certes quelque bon coup de dent
Ou j'y perdrai mon latin, dit-il,
Heup ! » Mais il sauta tant et tant,
Qu'à la fin il lut las ; car plus il sautait,
Plus les maudits muscats reculaient.
Tant il y a que le pauvre affamé,
Exténué, épuisé, presque mort :
« Us sont trop verts, se prit-il à dire.
Je n'ai que faire de cette marchandise.
Que les savants, et les goujats
S'en donnent à cœur joie ! C'est viande pour leur estomac*

Pierre Lesca de Hitze, l'Anacréon de Bayonne (*), naquit,
dans cette ville, en 1729. Beaucoup de verve et d'originalité,
une gaîté intéressante, une grande érudition, une modestie
plus grande encore, un cœur bon et compatissant, telles
furent les qualités littéraires et morales de ce poète éminemment populaire, dont les œuvres, jamais recueillies, jamais
publiées, se sont conservées, comme un précieux dépôt,
dans la mémoire de ses contemporains et de leurs descendants, pour qui le nom de l'auteur qui les égaie tant, est
souvent un mystère. Quoique issu d'une ancienne famille
cuscarienne, maître Lesca, qui n'écrivait pas dans la langue
de ses ancêtres, mais en gascon, fut tonnelier et marchand
de vin, comme maître Adam Billaut avait été menuisier.
Mais le chansonnier de Nevers était un flatteur à la solde des
grands, et Lesca, en célébrant les princes, garda toujours son
indépendance. Ce n'est point un gentilhomme à manchettes,
à la façon de Florian, comme le béarnais Despourrins. C'est
un descendant direct de Mathurin Régnier, de Rabelais, de
Montaigne, de Villon surtout. Enfant de la bourgeoisie, il
tend la main au peuple, se mêle à ses jeux et trinque avec
lui. On sent en lui le fils de la petite république bourgeoise
de Bayonne, qui prévoit l'heure de la grande république
française, où il aura besoin de s'appuyer sur les fils du
peuple.
On cite, parmi ses meilleures productions, la Chanson des
Tilloliers (car elle est bien de lui et nous la possédons écrite
de sa main et signée de son nom), la Consultation, la Ronde
des marchandes d'agneaux (agneleries), Y Ode en l'honneur de
O L'anacréon de Bayonne serait plutôt Larrcbat sur lequel on n'a pas
oublié la délicate étude de M. E. Bourciez.

�— 32 —
la naissance du Dauphin, fils de Louis XVI, la Chanson du
Carnaval, la Chanson des cocus, la Requête des gardes de
ville, son charmant poëme héroï-comique de la Bouchère
culbutée. L'Ode sur la naissance du Dauphin reçut pour
récompense des autorités bayonnaises un magnifique pâté
de jambon et de cuisses d'oie, production du pays, qui lui
fut apporté en pompe, dans son chai, par les magistrats municipaux, sous l'escorte de la garde soldée, en grande tenue.
Son poëme de la Bouchère culbutée eut un sort bien différent : il fut déféré au tribunal de la commune, qui, le sourire
sur les lèvres, ne put, la loi à la main, se dispenser de condamner l'auteur à une assez forte amende, payable, selon le
texte écrit, en ardits bielhs ou naous (enliardsvieuxou neufs),
Lesca s'exécuta spirituellement : il employa le délai que lui
laissait le jugement, à recueillir tous les vieux liards effacés,
amincis, rognés, de la ville et de la banlieue, et acquitta ainsi
son amende, avec grands transports de joie des loustics de
la localité et des juges eux-mêmes Pour la première fois
peut-être, les battus ne payèrent pas l'amende.
La vieillesse de Pierre Lesca fut douce et exempte d'infirmités: il s'endormit sans souffrance, en 1807, à l'âge de
80 ans, entouré de sa famille et de ses nombreux amis de
toutes les classes de la population. Bayonne entier pleura
son poète, qui l'avait fait tant rire. Ce fut un jour de deuil
pour la ville. Les autorités assistèrent en corps à ses obsèques,
et le peuple s'y porta en foule ; toutes les corporations ouvrières y figurèrent avec leurs vieilles bannières du moyenâge, le tonnelier marchand de vin en tête. L'auteur de cette
notice a beaucoup connu le fils de Lesca : en 1849, il lui
rendait visite dans le chai dont il avait hérité de son père ;
et c'est de sa bouche surtout qu'il tient les détails qui précèdent. C'était un homme instruit et distingué. Il est mort
depuis, laissant quatre enfants : Lesca, que les Bayonnais de
cinquante-cinq ans et plusse rappellent avoir vu, des premiers, dans leurs rangs, en 1815, lorsque la garde nationale
de leur ville et ses braves marins, sans calculer le nombre,
coururent à la rencontre des Espagnols qui envahissaient la
France, et qui est mort, il y a une vingtaine d'années, à
Vénézuela ; Frédéric, qui voyage en Californie ; Achille,
prêtre au diocèse de Meaux, et Alphonse, conseiller d'une
cour impériale.
(A suivre).

�- 33 -

Medalhe de brounze dou concours de 1911

Per û beth se de julh, à la clarou doucine
De la lue qui-s llièbe, e-s miralhe a l'arriu,
Ue May toute joene, en pregan lou boun Diu
Alole lou nénè liens la matelassine.
Oelhs ouberts, amistous, care blangue egrassine,
Menin ne pot droumi, sus lou poun deu bagniu,
De senti la frescure ou d'enténe lou briu
De l'aygue qui lusech, débat, toute roussine.
Coum la cape deu ceu tacat d'aur, peu moumen,
Mas d'oumbres e de luts, de leitou de roumen,
Cante de roussignòu plàsen mey que lou die.
Mes. ta la rnay,que soun e la terre e lou ceu ?...
Qu'espie l'anjou soul : Sus lou poun en arceu
Ayulhade, qu'où tié coum ûe sente oustie !
Farlâ de Charrc-JSavarrenx
■

DENIZET-

—

Lotss Escouliès de Fefeus
(Bssay dedlcat à la mie may)

(Medalhe de brounze dou councours de 1911.)
Dous mès purmès berssels, ô may que-t hey l'oumadye!
Quoand sérèn drin bariats, loutu, que-t baran gay;
Si plà dise nou sey, tu coumprens moun lengadye
E de tendres poutous pagueras moun Essay !

Qu'em lous gays troubadous de Biarn e de Gascougne !
De toun renoum, ô peys, qu'em lous baléns oubrès.
Que-t boulém gran e hort : e chéris pou ni bergougne
Qu'em, en hilhs pietadous, lous cantayres dou brès!
Escouliès de Febus, grans cercayres d'estéles,
Cap au cèu que lhebam lous oelhs toustém curious ;
Dous crums escuranhous qu'esperrecam las télés,
Ta touts que hèm lusî, dou sou, lous arrays blous !

�— 3.4 —
Dous ayous que goardam lous soubenis de glôri,
Lous usadyes anciéns e lou sabrous parlà,
Lous bielhs arrepourès, las leyendes, l'histôri,
La blouse, lou berret e la cinte de là,
Que cantam, dou beth Biarn lous gàbes e las planes,
Las bignes d'Armagnac, lous mounts blûs e grandous
De la Bigorre e lous pignadas de las Lanes
E suber tout, ô peys, toun cëu mirabelhous !
Sus la Terre mayrane û machan bent bouhata
Lou parlà n'ère mey qu'û patoès hastiau,
U franchiman bastard chic à chic s'y mesclabe
Coum l'arougne à l'aciè, coum la quère au courau.
Lous « centralisatous », hens mediche payère
Boulèn anibela, toësa touts lous francés :
Ta touts, û soul parlà ; ta touts, pelhe parière,
Nou calé méy gascous, lanusquets, ni hiarnés !
Hens la noeyt dou desbroum, la Gascougne adroumide
Nou bedè lou danyè apressa-s e grandi :
La praube Lengue d'O esbrecade, desruide,
Au corn dous bielhs larès s'escounè ta s mouri !
Mes toun sòu yenerous, ô terre désoulade,
D'û chisclet que hasou quilha lous saubadous
Qui tribalhèn, baléns, à ta rebiscoulade
A soubres d'enyenie, d'escrius e de cansous !
N'eren pas qu'û pugnat: mes qu'abèn boune ahide,
Lou cò plà cabilhat elou bouhet puchan !
E nous auts, escouliès, qu'entenoum la brounide
Dous reclams desbelhats per l'aperet tringlan!
Bigourdàs Lanusquets, Biarnés delà ribère
E mountagnous tilhous, que-n's em touts atrassats
Au tour d'aquets baléns qui-t bôlin toustem bère
O terre dous payrans, coum aus dies passats !
Qu'em lous gays troubadous de Biarn et de Gascougne !
De toun renoum, ô peys, qu'em lous baléns oubrès.
Que-t boulém gran et hort : e chens pòu ni bergougne
Qu'em, en hilhs piétadous, lous cantayres dou brès.
Nouste cô qu'ey prou gran ; à d'ayse que pot tiéne
L'amou dou petit peys e dou nouste parla
Dab l'amou de la France e la fé dens f'abiéne.
Qu'abém dues patries e très mays à bayla !
(Parlà de Pau)

Jean

ABADIE,

de Nay.

�— 33 —

JL@ua Sapa blanc
Medalhe de brounze dou Councours de i91i
Qu'èri youenot, que poudi pla abé enter sèt ou oèyt ans. Hort
esbérit que n'èri a d'aquet atye, qu'anabi ta l'escole d'ous grans,
so de Moussu ou reyen, au soum de la maysou coumune. Que y
apréni prou lèu a leye s'ou lablèu e apuch sus lou libé e, tabé a
d'à scribé dabor sus era lose dab crayous de caillaus, après sus û
cayè dab ûe plume de hèr saussade debens de l'encre. Quoan
sabouy tout aco que-n estouy bèt drin flèr coum p'at poudét pensa.
Mes desempucb qui abi aprengut tan de causes nou èri pas mey
tournât en la Assou, ni l'ouncle ni 'ra tante d'aquiu que nou a-t
saben. E toutu ! quin se-m basé de loung d'ous y ana amucba.
Pèr bèt dityaus mati, papa prou eschourdat per las mées
demandes que-m balbè la permissiou d'ana-y. You nou-m héy pas
prega. Que-m boutèy auta lèu lou cami débat d'ous pès e, en
daban Peyrot.
L'ouncle qu'estou countén de bedé de qu'abè û nébout tan
sapien. Que-m basou pla disna, é, n ta-m recoumpensa que m
balbè û siulot de crestayre. Quin gran mercés lou dey ! B'èri dounc
you countén !
En bouhan au siulot qué partéchi en fana tout en bèt caminan
bedé ra mée tante qui-s damourabe sus et bor d'où cami de tourna
m'en. Qu'èren batleu quoate ores e tata que m'auberi lou brespè.
Apétit nou-n manquabi à d'aquére époque é, û quillou de pâ per
tan espés qui 'stessé nou-m hasè abé pou. Tabé que brespeyèy dab
pâ d'où hèyt en case.
Qu'amuchèy a tata tout so qui sabi ha, leyé, escribé, counta,
enfin tout e, qu'où digouy tabé dé qué l'ouncle countén, en ta
recoumpensa-m qué m'abè dat û siulot.
Que't darèy you, labéts, en ta-t merca lou nié goy?
So qui boulhat, tata.
Miam, qu'ey so qui t haré plasé ?
Entertan qui parlabe, que guignabi ûe sout barrade dab ûe téle
de las de ha ségounès. Darrè d'aquet télat que bédi desempucb û
moumen û arùu de lapis qui pinnaben y e s debertiben. Touts que
hasèn grimaces. Au bet miey que-n y abè ù tout blanc ; béroy !
béroy ! qu'abè lous oeils arrouys. Nou-n abi jamey bist û parié.

�- 36 -

Qu'abéri plâ boulut demanda-u a tata, mey quin ha? e gauza ? U
lapi que-m semblabe que debè cousta câ. Toutû la hemne qui
séguibe ets mesoeils que-m digou :
Ey u lapi qui bos ?
Nou ou respounouy arré ; qu'abi pòu que s trufesse.
Miam, quoau ey lou qui-t agrade ? parle qu'où te darey.
O ! tata, si ou digouy, oui ; que-n bouléri û; lou qui-m haré
plasé que séré aquet blanc permou qu'a lousoeils rouys.
E dounc, si-m dits, que pots parti tranquillé ; dimars, en
m'abian ta u marcat qu'où te miarey a case. Anem, adiu dounc ;
digues beroy bonjour a boste ; en ta dimars.
Adichats, tata, si ou respouni, a nouste qu'abéran de las bostes
noubèles ; en ta dimars.
Tout countén que gain lou cami. Nou marchabi pas, ni tapoc
nou courri, mes que crey que boulabi. Nou toucabi pas pè en terre
de tan qui èri urous. Lou siulot de crestayre que l'abi hens la
potche e, dimars, qu'abéri lou lapi.
A pênes arribat a case que disi a la permère hemne qui trobi
tout lou bounur qui abi e lou dé qui-m arribaré dimars.
Géni ! si ou te cridi, Tata que-m ba pourta, dimars, û lapi
blanc. Qu'ey beroy, si sabet ! qu'a lous oeilhs arrouys.
Qu'io, maynat, si-m respoun, y e t'a dit quoau dimars out'anabe
pourta ?
Qu'èts drollé, bous, dimars qui arribe, tè.
Anem, Anem qu'at bédéram, mes soubien-te maynat de so qui-t
disi ; « Lou qui counte sus « Poste » que deu counta dus cops ».
Que bòu disé dé qué n'as pas encoère lou lapi, e, 1'« oste » que
poudéré plâ 'sta la toue tante.
Bessè ?
Que-m sabéras disé si èy résou.
Tau diastre qu'io que-n abou résou. Et dimars que passé ;
d'autes que soun tournais e qu'an tournât passa e, jamey plus nou
ey bist lou lapi blanc dab lous oeils rouys, mes desempuch au
mench you nou-m souy desmoumbrat l'arrepoè « Lou qui counte
sus l'«oste » que deu counta dus cops » e que n'ey hèyt lou mé
proufièyt.
Amies lectous, adare qui-ou p'ey amuchatsi nou ou sabét, tirât
p'en tabé tout l'espleyt qui pouchquat.
MOURTHÉ

Esplic : « L'oste &gt;, ûgnauté, en franchiman : autrui.

(de Nay).

�— 37 -

Medalhe de brounze au Councours de 1911
Qu'a bère pause, amie, qu'as dechat lou péïs,
Dab idés en lou cap à eusses apitades.
Tu que bos tout sabé, sustout lou broy debis,
Lou francés plan capsat, à bères estirades.
Qu'èsadare à Paris, engragnat pr'ous sapiéns.
Mé thabèques dab èts, mé qu'as la plume ayside.
Aco be créy, bissé, pramoun tu qu'ad susthéns :
S'as l'esclamat au froun n'as pa l'amne enluside.
Paris qu'é gran ; Paris qu'é bèt.
So que s'y béyt qu'é héyt per plase,
E tout your qu'y gn'a dou nabèt...
Mé n'y soun pa ta plan qu'à case !
E quègne case am nous assiu !
As tu troubat — béy lou toun counde —
Nad péïs autan agradiu ?
Counècherés mé brabe mounde ?
Ta gran que sî, Paris n'y pot pa ha dab nous.
Le Chalosse e lou Biarn, le Bigorre e le Lane,
Les planes e lous mouns, Adou, Gabes e Lous,
Oun reboumbe lou crid dé le léncou mayrane,
Pertout que soum à nouste.
E so qu'at à Paris ?
Le Tour Eiffel ? Au Diu me dau ! le broyé escale !
A quoan podet pouya capsus lou bos cèu gris ?
Be crèy que-p gaudirét s'abét lou Bignemale !
Qu'ad carrères de choès : que pe-n bantet tabéy.
E nous, ne-n am pas doun th'ous harén rampèu, boute! (1)
E belhèu mé que méns ?... Que-t estouni, qu'ad béy !
Toutun ne serquis pa : soubién-té d ue : escoute.
(lj Expression pour éviter un juron.

�— 38 —
Partim, un broy matin, dou castet Mouncausit;
(Asso qu'ès a ta case, au canté dePouyane)
Anam sé-n, au traslay, arré de tan aysit,
E seguin lou camin en th'au Tue de Mourlane.
Qu'y bèy boun, s ou camin. Ni plané ni coustut,
Que seguéch. hort brouyoun, lou cim de le couline.
A tout bire-coudét qu'am un cluché puntut,
Apitat au mitan d'ù bourgade proupine.
E quoan bèt lou péïs ! Arrestam-sé pr'assiu.
Espiam enta capsus : Le Cbalosse gragnibe
Que s'eslase aux nous oélbs. Arré ne-s béy pouebiu,
Ni lous tues, ni lous bos dab le hoèlbe prendibe.
Les bignes e lous cams, les lanes e lous prats,
Les méysous, lous casàus, lous bousquéts, lous biladyes,
Tout aco, sparéyut per pédas bigarrais,
Que s'estén, en mourin, dinqu'aus mé hauts estadyes.
Espi ! Lou sou que s'é lhebat.
Lous cams tout de nau que bérdéyen,
Lou prué qu'é blan apelhat,
Arrèlhes e plëch que flouréyen.
Assiu, près de nous, lou péysan,
Countén e matié, que tribalhe;
Que siule e que mande : " Bé Yuan " !
Se soumi', le terre que balhe.
Lahore, lougn, lou Biarn que luséch, tout daurat,
E darré, punteyan dinqu'au céu, le mountagne !
Aco le bère cause, ô moun Diu adorât,
E quoant é thicouyoun l'omi, pugnot de hagne !
Espi toustém ! E l'oelh hèy courre méy aban.
Ne béyts pas oun finéch, ni tapauc oun couménse,
Aquét moun, estinglat dou couchan au lheban,
Cims quilhats en le nuble. Espie encoère, e pénse !...
Biram-sé ta cabbat. Qu'é doun asso ? Le ma ?
Que-n a la coulou bérde, e, tabéy l'estenude.
Pr'un thic que créderéu de l'entène brama.
Ditz me, ne-t semble pa, que l'aygue que remude ?

�- 39 —
Que soun lous pignadas de Lane e Maransin
Segoutits per lou bén. Cauque méysou blauquide
Que luséch coum u' béle en la plane chéns fin,
Dinqu'au pun oun lou céu dab le terre e s maride.
Au houns, au pé dou tue, que cou le nouste Adou.
Amistousote goéy, lhéu, douman arrauyouse.
Tu tb'aslou sabé, dits, aymable troubadou,
Laudé-n lous borts flourits en u' cansoun gauyouse.
Tout s-en arrit, assiu, un cop l iber passât.
Aqués broy petit bourg, esberit, qu'é Laurède,
Lusén coum un so nau. Autalèu trabersat,
Apouricat s ou pouy, qué Mugroun the bam béde.
Soubén, en caminan, que s estanquem ta 'spia ;
E, lous oélhs regalats de tout so que s'arrraye,
Que disem : " Quoant é bét" ! pucb que-s tournem abia.
Arroun Mugroun, Mountaut : lou céu que paréch maye.
A capsus, à cabbat, tout que sémble mé cla.
Tout qué-s muche mé gran, lou Tursan e le Lane.
Que pouyem thicà thic. Le biste, d'are en-là,
Que héy lou tour dou cére. Arrestam ! Qu'é Mourlane !
Amie, ham lén u' pause. Atasso, pèr Paris?
At u' carrère atau, e lounque de chéys lègues ?
Nani, desugu pa ! Ne-n y an yamé bis';
E qu'y podem passa-y pr'assiu, n'y a pa sègues !
Encoère aco n'é pas so qu'am de mé curious.
Bin cops per an, au méns, chéns barra le carrère,
A touts lous nous décors que chanyen les coulous.
Esmiraglé-t, arroun, que sî broyé, le terre !
E qu'y soun brabes, lous moundots.
Ne die pas que sin coum imayes,
Ni qu'ad-arroun que-s balhia pots,
Mé ne gn'a pa 'nloc de mé sayes.
Que soun d'acord dab lou besin ;
Sipendén ne bolen pa goêyre
'Sta pientats à l'arrebouhin,
Ou labéts, bruyt coum à la fèyre 1

�- 40 —
Que-s pert cauque pioucot. E puch, de lougn-en-lougn,
(Trop ne bourri parla d'aquères couyounades)
Que s béyt cauque niniu, badut chéus nad besouga,
Scuzepét plouricous d'amous plan estuyades.
E qu'ès, à pus-préts, tout. Lou bin que béy canta,
Mé ne rén pas testuts. Que déchem à les biles
Apaches e fripouns : que se-n podem banta.
Ne goardem pa dab nous que lous omis utiles.
Amie, tourne te-n y ! Lou péïs qu'é prou broy
Ta 'sta cantat per tu, th'as l'amne d'un pouète.
Que-n seram touts urous, à méns cauque yanloy.
Mé, qu'y pensi, en parlan, u' cause que-m enquiète.
N'ém pa sapiéns, assiu ; que-t troubéres soulét.
En souneyan, que-t béy — n'ad bas pa boulé 'ntène —
Coum un lila flourit en un cam de caulét...
Damourét à Paris. Ne-s pouyrém pas coumprène.
Tout mélhe carculat, que crèy qu'auras resoun :
Tu que parles francés, nous que parlem gascoun.
(Parlâ de Chalosse)

LACOUTURE,

de Laurède.

■

^t&amp;Q

NABETH CÔTOPilÂY
M. Gardères, Paul, Commis au Ministère des finances, 10, rue
des Volontaires, à Paris.

L'AOTÛLÔGIE

■

Que broumbi aus austous que souy près a recébe lou prousèy e
lous bèrs qui èy demandât enta Tautologie.
J.-V. L.

�Pau. — L'ibèr qu'apourique lou mounde de las biles en
parlatòris e counferénces. Aus prumès dies de Decéme, qu'ey lou
Simin Palay qui batalabe dens la crampe de l'Enstitut poupulàri
sus u sudyèc pla troubat : Las nouces biarnéses. Ue ore à la seguide
que passé sus lou rite de l'acte lou mey counsequent de la bite e doun
las tanques prencipaus sounl°Lasbistes, qui d'ourdenàri setiénen
per u die de hèyre e de marcat dab l'ayude amigue ou interessade
dou thalamè ; 2° L'aha qui s'esperuque coume gnaute aha, bende
ou croumpe e oun mesuren ço qu'auran lous espous coume aryén,
hardes ou terres ; 3° Lou porte-lhèyt brespade de hèste qui
debanteye lou die dou maridadye, serade oun porten lou moubiliè
de l u dous espous ; 4° Lou maridadye dab la ceremounie de la
couroune e dou ciutadye.
E lous escoutadous qu'aplaudin au mey truca lou counde
d'aqueres coustumes que lous ancèstres an dechades aus lous
arrè-hilhs.
Bayoune. — Dens la maysou dou haure nou y-a que cabilhes
de boès se disen e lou qui ey de case qu'ey souben lou méy mau
serbit. Atau n'arribe dou discours au coungrès catoulic de
Bayoune, hèyt pou président de Gastou-Febus e doun lous
" Reclams " n'an pas bouhat arré.
Mous de Planté qu'y ensegnè quin maynats e maynades de
Gascougne s'en ban cerca soubén misère au loc de fourtune à la
gran bile e à las Amériques : Estaca las nabères yeneracious au

�— 42 pèys neurissè, ha ayma la terre mayrane e ço qui-u tagn qu'ey
encoère lou remèdi ta que s'abache lou boèyt de las campagnes.
A.la fî dou discours, M&amp;nouGieure qui presidabe, que-s lhebè e
que digou mercés à Mous de Planté dou sou sapient e beroy
parlamen.
Sos en Armagnac. — Qu'an desterrat u Sos tout nau. U
Sos qui droumibe débat la tasque dus mile ans a, qu'a

parescut,

à bères oelhs-bistes, dab lous tribalhs de la ligne dous trams.
Lous remparts bastits abans l'arribade dous roumas, las parets
d u temple e quauques enscripcious que soun deya descroubits.
Oun que s broumbe qu'à Sos, l'Adcantua cap dous Souciâtes que
hé tèste dens ue lute renoumade e duradisse à Crassus loctenent
de J. César.
Auch. — En places de Msaou Ceserac abésque de Cahors, la
Soucietat Histourique de Gascougne qu'a noumat ta président lou
becàri yenerau Laclavère, l'eslhèbe lou mey aymat de

Léonce

Couture e qui s'ey hèyt l'editou de las obres esparricades d'aquet
gran mèste.
Toulouse. — Qu'aboun, per Nadau, u pa de counferénces
hèytes per amies de l'obrenouste. La prumére qu'ey Léopold Médan,
proufessou au Coulèdye de Gimount,
Nadaus e la segounde qu'ey dou

Dou

qui l'a balhade sus lous
Levrat, sus

la

pouesie

gasconne. Medan qu'ey lou proufessou qui a coumençat dens u
coulèdye de Gascougne l'ensegnamen seguit de l'istòrie e de la
lengue dou pais e lou Dou Levrat qu'ey pouète et medich, pouète
lauréat de Gastou-Febus e de l'Académie dous yocs flouraus. A
touts dus mercés.
Nice. — L'ancien capouliè dou Felibridye,

Pèyre Devoluy

(coumandant Groslong), qu'ey noumat cap dou génie à Nice, ue
place de las yences de France. Qu'en recébie lous coumplimens
lous méy sentits de la parts dous sous amies de la coumpagnie
febusiane.
M. C.

�— 43 -

OdilOD-Marc

LANNELONGOE

Professeur à la Faculté de Médecine de Paris
Sénateur du Gers
Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine
Vice-Président de l'Escole Gastou-Fébus

Le 21 Décembre 1911 mourait à Paris, en son hôtel de la rue
François Ier, un homme qui faisait honneur à la Gascogne.
Né en 1840, Lannelongue, fils d'un médecin de Castéra-Verduzan,
se sentait invinciblement porté vers les études médicales. Après
de brillants débuts, à vingt neuf ans à peine, en 1869, il conquérait le premier rang au concours d'agrégation de chirurgie et
devenait la même année, chirurgien des Hôpitaux de Paris. Il se
spécialisait dans la chirurgie des enfants et il est universellement
connu pour ses recherches sur les ostéomyélites aiguës et chroniques, sur le traitement de la coxalgie et des kistes congénitaux.
En 1883 il rentrait à l'Académie de Médecine dont il était 'e
président à sa mort ; l'année suivante la Faculté de médecine l'appelait à la chaire de pathologie qu'il avait échangée dans la suite
contre celle de clinique chirurgicale. En 189o il succédait à Verneuil à l'Académie des Sciences ; en 1900 il présidait le Congrès
international tenu à l'occasion de l'Exposition.
Après avoir été candidat à la députation dans son département,
Lannelongue en devenait sénateur en 1906 et il a pris une part
active aux travaux de la Chambre haute lorsqu'il a été traité de
questions d'hygiène ou d'enseignement.
Tout dernièrement il publiait une relation agréable et intéressante de son voyage autour du inonde, écrite dans un style simple.
Il était préoccupé de la question de la dépopulation en France et
indiquait récemment les causes et les remèdes du mal.
11 avait connu au chevet des malades celle qui, de grand cœur
et de grand zèle, de belle fortune aussi, l'aida à pratiquer largement l'œuvre de charité. Car Lannelongue a donné généreusement
avec discrétion et intelligence !
Lannelongue a désiré reposer dans le modeste cimetière de
campagne de Castéra-Verduzan. Ce trait le marque, car il était
bien resté gascon, malgré les avatars glorieux de sa belle carrière
scientifique.
Quand l'Escole vit venir à elle les Gersois qui demandèrent à
être notre quatrième section et à partir la bannière de Fébus du
quatrième quartier, Lannelongue fut unanimement désigné comme
vice-président pour la section du Gers ; on le devait à ses titres
brillants, à sa grande réputation, à son haut prestige moral, on
le devait surtout à son amour de la petite patrie, du Gers enfin.

�Il parut à la réunion d'Eauze dont il fut en partie le généreux
organisateur : on m'entendra suffisamment à ces mots. Et pour le
début de nos réunions dans le Gers, la fête fut seigneuriale. Rien
n'y manqua, pas même le mot d'esprit gascon, et c'est assez de
dire qu'il fut prononcé par Lasies qui, à table, en un gascon de la
belle roche rendit un hommage ému et digne à son ancien concurrent malheureux. Deux mains loyales se serrèrent.
Au Castéra-Verduzan dont-il s'occupait de promouvoir la prospérité des eaux thermales, Lannelongue était aimé de tous. Il y faisait le bien sous des formes multiples. Il y donnait même une
leçon d'art décentralisé bien curieuse car, cet été, Paris pouvait
visiter des salles d'objets d'art en moulages, ou dessins, ou reproductions, destinés au musée dont il était heureux de doter son
lieu d'origine.
Ce serait une erreur de croire que ceux-là seuls aiment leur
petite patrie qui la chantent en vers ou en belle prose, ou la célèbrent par le pinceau ou par le ciseau. Ce sont toutes bonnes façons
de la faire aimer que celles qui contribuent à la faire apprécier, à
la faire admirer sous ses multiples aspects et il a bien mérité celui
qui s'y est essayé.
Cela Lannelongue l'a fait, et largement.
Assez d'autres ont salué le grand savant, l'homme généreux,
pour que nous nous bornions, et l'hommage sera suffisant, à saluer
le grand Gascon, l'ami zélé, l'admirateur de la petite patrie.
Sur la tombe du Castéra Verduzan nous déposons cette modeste
fleur de campagne, cet humble souvenir de Gascogne !
Il eût fallu pour l'assortir des paroles qui l'eussent vraiment encadrée, le verbe généreux, ardent et enthousiaste de l'admirateur
de tout ce qui est gascon et béarnais, de notre cher Président.
Mais, pour une fois, il a bien voulu demander à son coadjuteur
d'exercer sa fonction et c'est pourquoi celui-ci s'est essayé à donner ainsi bien faiblement un témoignage de son admiration très
sincère pour celui qui peut être proposé en exemple tant pour sa
valeur personnelle que pour son dévouement aux œuvres locales ;
car il en est peu qui n'aient connu le chemin de sa bourse.
Puisse ce rappel des titres qui nous rattachent à notre éminent
compatriote et à sa mémoire n'être pas jugé trop indigne de
l'hommage qu'il eût mérité.
Louis BATCAVE.

Lou Yérant
PAU,

EMPRIMERIE

VIGNANCOUR,

E.

:

E.

MARRIMPOUEY.

MARRIMPOUEY

EMPRIMUR.

�</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascougne. - Anade 16, n°02 (Heurè 1912)</text>
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              <text>Reclams. - Annada 16, n°02 (Heurèr 1912) </text>
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              <text>Reclams. - février 1912 - N°2 (16e Année)</text>
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              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
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              <text>Batcave, Louis (1863-1923)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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