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                  <text>Le Bureau de l'Escole réuni à l'Hôtel-de-Ville de Pau, le
Mardi 30 Juillet de 9 h. 1/2 du matin à midi et de 2 heures à
5 heures a examiné, dressé et arrêté deux projets de Statuts
et de Règlement.
Ces projets, qui suivent, seront soumis, pour devenir définitifs, à l'approhation de l'Assemblée générale qui se tiendra
le Lundi 26 Août, à 9 h. 1/2 du matin, à l'Hôtel-de-Ville.
Les membres de l'Escole sont priés de lire ces projets et
de vouloir bien adresser au Bureau toutes réflexions et
observations qui leur paraîtront utiles.
Orthez, 31 Juillet 1912.
Pour le Bureau :
Le Vice-Président général,
Louis BATCAVE.

�166 —

llaîils de rE§&lt;g&lt;s&gt;S«
I.

—

But et composition de la Société
ARTICLE PREMIER

La Société dite Escole Gastou-Febus , fondée en 1896, est constituée dans le but de développer l'élude de la langue maternelle
(mayrane) du Béarn et des trois parties de l'ancienne Gascogne :
Armagnac, Bigorre et Landes, de leur histoire en son sens le plus
étendu, de leurs coutumes, de leurs traditions, de leurs légendes,
enfin de tout ce qui constitue la littérature populaire.
A titre accessoire elle pourra émettre des vœux sur toute question susceptible d'intéresser, dans le présent, le bien-être moral
ou intellectuel des habitants de cette région.
Il est expressément entendu que cette Société s'interdit toute
discussion politique ou religieuse, sous quelque forme que ce soit.
Elle s'inspirera des idées de la tolérance la plus large et du respect
le plus entier des opinions de chacun de ses membres.
ARTICLE

2

La Société a son siège principal à Pau, département des BassesPyrénées, en l'Hôtel de Ville où le Bureau se réunit, selon les circonstances, comme ville la plus centrale. Elle a le dépôt de ses
livres et de ses collections dans l'immeuble qui est sa nu-propriété
au château de Mauvezin, (H.-n.).
ARTICLE 3

Les moyens d'action de la Société sont, notamment : la publication d'un Bulletin mensuel dit Reclams de Biarn e Gascougiie
rédigé en langue mayrane et en français par le Bureau, avec la
collaboration de tous et envoyé gratuitement à tous les membres.
La Société se réunit une fois par an, en séance générale, dans
un lieu des quatre départements formant son ressort. Elle y
institue des concours de jeux floraux dont les prix consistant en
médailles, palmes, livres, sommes d'argent, objets d'art et autres
similaires sont distribués le jour de l'Assemblée générale.
Les jeux floraux comprennent : 1° un concours de poésie et de
prose en langue mayrane ; 2° un concours soit en langue mayrane,

�— 167 —

soit en français, pour les écoles normales de son ressort ; 3° pour
les écoles primaires, un concours de version de langue mayrane
en français, l'Escole poursuivant le double but de conserver la
langue mayrane et de développer le culte de la langue française ;
4° un concours de beaux-arts : musique, dessin et poésie ; 5° l'attribution d'un prix d'histoire ou de linguistique à celui qui sera jugé
le plus méritant.
ARTICLE

4

La Société se compose de membres titulaires versant six francs
et ayant droit à recevoir le Bulletin et de membres perpétuels ayant
racheté leur cotisation par le versement d'une somme de deux
cents francs ou l'attribution d'un don d'égale importance. Les
noms des membres perpétuels figureront sur les listes de la Société
tant qu'elle existera.
ARTICLE

5

La qualité de membre de la Société se perd :

1° par la démis-

sion qui comporte l'obligation d'acquitter les cotisations arriérées
et celle de l'année courante ; 2° par la radiation prononcée, pour
non paiement de la cotisation ou pour motifs graves par le Conseil,
l'intéressé pouvant être appelé en ce dernier cas à fournir des
explications.
Chaque année le trésorier fournit l'état des cotisations arriérées
sur lequel le Bureau est appelé à statuer.
II. — Administration et fonctionnement
ARTICLE

6

La Société est administrée par un Conseil composé de trentetrois membres élus par l'Assemblée générale pour quatre ans.
Dans ce conseil sont choisis les membres du Bureau que le conseil
seul désigne.
Le Bureau est composé de treize membres qui sont :
1° Le Président ;
2° Le Vice-Président général ;
3° Le Secrétaire-général ;
4° Le Secrétaire-général adjoint ;
5° Le Trésorier..

�Puis les représentants de chaque section : Armagnac, Béarn,
Bigorre et Landes, chacune un vice-président et un secrétaire.
Le Conseil a le droit de prendre son président seul en dehors
des membres du Conseil mais parmi les membres de la Société.
Les membres de chaque section sont remplacés par des candidats
désignés par la section elle-même, sous la ratification de l'Assemblée générale.
Il pourra être choisi un Bibliothécaire-conservateur lorsque la
Société le jugera opportun.
Seront en plus admis comme membres du Bureau ayant voix
consultative et délibérative les membres de l'Escole à qui l'honorariat aura été conféré par le Conseil. L'honorariat est d'ores et
déjà acquis à M. Bibal avec le titre de président honoraire pour
ses insignes bienfaits.
L'élection a lieu au vote public. Les votes envoyés par la poste
ou remis avant le dépouillement du scrutin sont admis.
ARTICLE

7

Le Conseil se réunit chaque année au moment de l'Assemblée
générale. Il délibère suivant le nombre des membres présents. Il
est rédigé, séance tenante, par le secrétaire à la section du département où l'on se réunit, ou en son absence, par un secrétaire
nommé ad hoc, procès-verbal des délibérations, lesquelles sont
ensuite signées par les membres.
ARTICLE 8

Etant donné l'éloignement des membres du Bureau, le président
pourra, en cours de l'année, porter à leur connaissance par une
lettre circulaire les questions qui lui paraîtraient intéresser la vie
de la Société. Il leur demandera de formuler leur avis sur cette
lettre et prendre sa décision à la majorité des voix. Le procèsverbal qui sera rédigé sera adressé, avec les pièces, au Secrétairegénéral pour être transcrit sur le registre des délibérations à sa
date. Il sera signé par celui-ci, à la date de sa transcription, et
par le président à la plus prochaine occasion.
ARTICLE

9

Lors de l'Assemblée annuelle, à la réunion du Conseil, il est
donné connaissance de la situation financière et morale de la
Société, de la gestion. Il est voté sur l'approbation de l'exercice
clos et sur les questions portées à l'ordre du jour.

�— 169 —

Extraits des rapports peut être inséré dans le Bulletin, si le
Conseil le décide, en tant que leur teneur peut présenter un
intérêt général.
ARTICLE 10

Les dépenses sont ordonnancées par le Trésorier.
ARTICLE

il

La Société est représentée en juslice par son président et dans
tous les autres cas de la vie civile par le président, le vice-président général, le secrétaire-général ou le trésorier suivant les cas.
ARTICLE 12

Les délibérations du Conseil relatives — par application de
l'article 6 de la loi du 1ER juillet 1901 — aux acquisitions d'immeubles et, sauf urgence, aux baux des locaux, ne sont valables
qu'après approbation d'une Assemblée générale.
Les délibérations relatives à l'acceptation des dons et legs ne
sont valables qu'après l'approbation administrative données dans
les conditions prévues par l'article 910 du Code Civil et les articles
5 et 7 de la loi du 4 février 1901.
III. — Fonds de réserve et ressources annuelles
ARTICLE 13

Le fonds de réserve se compose :
1° Des sommes versées pour rachat des cotisations ;
2° Des dons qui seraient effectués sans obligation d'emploi de la
part du donateur ;
3° Du dixième au moins des cotisations annuelles ;
4° Des intérêts ou revenus de ces biens ;
5° De la nu-propriété du château de Mauvezin (H.-P.)
ARTICLE 14

Les recettes annuelles de l'Escole se composent :
Des cotisations et souscriptions de ses membres ;
2° Des subventions qui peuvent lui être accordées ;
3° Du produit des libéralités;
4° Du revenu de ses biens ;
5° Des souscriptions à ses publications et des annonces faites
1°

dans son Bulletin ;
6° Des ressources créées à titre exceptionnel et, s'il y a lieu, avec
l'agrément de l'autorité compétente.

�— 170

IV. — Modification des Statuts et dissolution
ARTICLE 15

Les statuts ne pourront être modifiés que sur la proposition du
Conseil d'Administration, ou du dixième des membres titulaires,
soumise au bureau au moins un mois avant la séance.
L'Assemblée extraordinaire, spécialement convoquée à cet effet,
ne peut modifier les statuts qu'à la majorité des deux tiers des
membres présents.
Elle doit se composer du quart au moins des membres en
exercice.
ARTICLE 16

L'Assemblée générale appelée à se prononcer sur la dissolution
de l'association et convoquée spécialement à cet etfet doit comprendre, au moins, la moitié plus un des membres en exercice. Si
cette proportion n'est pas atteinte, l'assemblée est convoquée à
nouveau, mais à quinze jours au moins d'intervalle, et cette fois
elle peut valablement délibérer, quel que soit le nombre des
membres présents. Dans tous les cas, la dissolution ne peut être
votée qu'à la majorité des deux tiers des membres présents.
ARTICLE 17

En cas de dissolution volontaire ou forcée, 1 Assemblée générale
désigne un ou plusieurs commissaires chargés de la liquidation
des biens de l'association. Elle attribue l'actif réalisable en argent
à un établissement de son choix par département et les livres en
dons à des bibliothèques ou écoles.
V. — Surveillance et Règlement intérieur
ARTICLE 18

Le président adresse à l'autorité compétente la copie authentique des statuts, ainsi que les modifications qui peuvent y être
apportées, la liste des membres et, d'une façon générale, se conforme aux lois et règlements régissant les sociétés similaires.
ARTICLE 19

Un règlement proposé par le Conseil d'Administration et
approuvé par l'Assemblée générale détermine les conditions de
détail propres à assurer l'exécution des présents statuts.

�— 171 -

I.

—

Avertissement

ARTICLE PREMIER

La Société,

Escale Gastou-Fébus, s'étant constituée dans

une

pensée élevée et désintéressée de décentralisation et de progrès
par l'étude, s'interdit toute matière étrangère à son objet et notamment toute discussion politique et religieuse.
Elle s'interdit également tout ce qui, de près ou de loin, pour
rait être la cause d'une discussion de cette nature.

II

—

Droits des Sociétaires.
ARTICLE 2

Tous les membres de la Société prennent part aux assemblées
générales avec voix délibérative.
Ils reçoivent le Bulletin mensuel, les publications ou insignes
que la société croira devoir distribuer.
Ils pourront jouir de la communication des livres de la Bibliothèque dans des conditions qui seront déterminées lorsque le
Conseil décidera l'application de cette mesure.

III.

—

Travaux et publications de la Société
ARTICLE 3

La Société publie une Revue mensuelle sous le nom de Reclams
de Biarn e Gascougne.
Avec les fonds de l'exercice en cours et ceux de la réserve elle
pourra, soit faire des publications, se rapportant aux objets dont
elle traite, soit souscrire à des publications y ayant trait.
Elle

pourra

également

faire ses

publications, au meilleur

marché possible, dans un but de propagande, pour répandre et
maintenir la connaissances des meilleures pages des écrivains
anciens et contemporains ; éditer de petits dictionnaires, grammaires, histoires, extraits de morceaux choisis, ou travaux de
littérature populaire.
Cependant nulle subvention ne

saurait être accordée qu'à une

œuvre publiée par ses soins, ou du moins qu'elle aurait autorisée
et après,impression, sur rapport d'une commission nommée à cet
effet.
Elle pourra souscrire, en dehors de son ressort, à des œuvres
se référant aux travaux, recherches ou but qu'elle poursuit.

�Toutes les œuvres ou volumes seront déposés en double exemplaire à la bibliothèque du château de Mauvezin (H.-P.) afin de
pouvoir constituer un jour, une bibliothèque circulante et roulante de prêt gratuit à l'usage des membres de la société, dans
des conditions que le Conseil déterminera.
Il ne pourra être rendu compte dans les Redams que d'un
ouvrage dont deux exemplaires seront adressés au président et
destinés l'un à la bibliothèque de la société, l'autre à l'auteur du
compte-rendu.
ARTICLE 4

Il sera constitué dans l'intérieur du Conseil autant de commissions qu'il sera nécessaire. Les membres du Conseil pourront
s'adjoindre des membres de la Société à leur choix pour former
ou compléter les dites commissions, ou encore faire appel à des
personnes plus spécialement compétentes, comme par exemple en
matière de musique ou de dessin. Pour l'attribution du prix d'histoire ou de linguistique on pourra avoir recours aux anciens
lauréats de ce prix dans le déparlement où il y aura lieu de le
décerner, aux représentants de l'enseignement supérieur, ou aux
membres des buraux des sociétés savantes.

IV. — Attributions des principaux dignitaires
ARTICLE 5

Le Président veille à la stricte observation des statuts et règlements.
Il convoque le Conseil et l'Assemblée pour les dates qui lui
paraissent préférables ; il conduit les travaux, dirige les délibérations et représente, en principe, la société dans toute circonstance. En cours d'année il communique avec le Bureau, sous
forme de lettre circulaire, sur les points qui lui paraissent nécessiter une décision collective.
Le Vice-président général remplace le président empêché ou
lorsqu'il reçoit délégation de lui. Il a surtout, auprès du président, le rôle du conseil le plus immédiat.
En cas d'empêchement.du président et du vice-président général, le
Conseil ou l'Assemblée générale sont présidés par l'un des anciens
présidents, le plus ancien ; à leur défaut, par le plus ancien des
vice présidents en fonctions et, en cas d'égalité dans la date de la
nomination, par le plus âgé d'entre eux.

�— 173 —
Le président pourra, s'il le juge convenable, déléguer la présidence des jeux floraux et du banquet à une personnalité marquante.
Le Secrétaire-général est chargé de l'exécution des décisions de
la société, de la correspondance générale, de la garde des documents, des manuscrits non imprimés, de la composition des
Reclams et, d'une façon générale, de toutes les mesures de même
nature intéressant l'Escole.
11 reste dépositaire du registre des délibérations et veille à sa
tenue à jour.
Dans chaque numéro des Réclams il réservera, autant que possible
une part proportionnelle à chaque section ; il provoquera des articles variés en s'abstenant d'en refuser l'impression sans motif
valable ; il veillera strictement à ce que les auteurs, une fois leur
manuscrit livré à l'impression, ne fassent sur les placards des
corrections autres que des corrections de détail, les « corrections
d'auteurs » ou de composition nouvelle demeurant interdites.
Il s'inspirera de ces idées dans le sens le plus large, en évitant
les réponses longues, les articles à tournure de polémique.
Au cas où une communication quelconque à lui adressée, serait
de nature à engager la responsabilité morale ou pécuniaire de
l'Escole, il devra en référer au président qui sera considéré comme
arbitre. Il pourra être fait appel au vice-président général comme
tiers arbitre, mais seulement en cas d'un différend essentiel.
Le secrétaire-général pourra, sur sa demande, être assisté d'un
adjoint dont le rôle sera déterminé par lui d'accord avec le bureau.
Le Trésorier encaisse les recettes de la société et solde les dépenses,

fait les placements sur l'avis du Conseil. Il tient du tout

registre.

Il fournit un compte-rendu annuel

au Conseil et à

l'Assemblée générale.
L'année sociale commence le l°r janvier.
En cas de difficulté dans l'encaissement ou le paiement des
dépenses, il réfère au président qui décide s'il y a lieu de saisir le
Bureau.
Il pourra être établi, quand le Conseil le jugera bon, un Bibliothécaire, conservateur des livres, documents et musée de l'Escole,
dont le rôle et les fonctions seront réglés par le Conseil.
Les Vi.-e présidents de chaque section s'occuperont de promouvoir
dans leur région la fondation de groupements filiaux de l'Escole,
auprès desquels ils seront les représentants de l'Escole.

�- 174 —
Ils s'occuperont d'organiser et de préparer les réunions générales qui se tiendront dans leur région, seront, en général, les
interprêtes des vœux des membres de leur section auprès du
Conseil, à charge d'en référer au président pour les choses qui
auront une importance engageant la Société.
Ils seront assistés chacun d'un Secrétaire remplissant auprès
d'eux ses fontions. Ce secrétaire sera, en outre, le rédacteur des
délibérations que le Conseil ou l'Assemblée tiendront dans la
région à laquelle il appartient. Il en rédigera séance tenante, et au
fur et à mesure des questions portées à l'ordre du jour, le procès
verbal qui sera immédiatement signé par les membres du Conseil
présents et remis au Secrétaire général qui en demeurera dépositaire ; le tout devant être inscrit sur le registre ad hoc visé et
paraphé conformément à la loi.
Il est recommandé aux représentants des quatre sections de ne
pas considérer leurs titres et fonctions comme un mandat honoraire, mais d'envisager leurs sections comme un organisme
vivant, qui doit tendre à avoir et à développer sa vie spéciale.
En dehors de ces dignitaires l'Escole n'en reconnaît pas d'autres
Le Conseil devra donc, dans les réunions publiques, former cords
de tous ses membres comme étant la représentation de la société.
Il pourra appeler à prendre place auprès de lui, toutes personnes
constituées en dignité, en science ou en réputation que bon lui
semblera. Latitude est laissée à cet égard au président chargé des
invitations.
V. — Disposition générale.
ARTICLE 6

La Société comme il vient d'être dit, s'occupera de promouvoir
et de favoriser la constitution de groupements ayant le même but
qu'elle. Elle pourra se les affilier, les considérer comme dérivés
d'elles, les encourager soit en inspirant leurs statuts, soit en leur
envoyant son Bulletin ou les publications qu'elle pourra éditer.
Mais, en principe, elle ne saurait les favoriser par des dons,
ceux-ci ne pouvant être faits qu'aux lauréats des jeux floraux de
l'Escole et les fonds devant être strictement réservés pour l'œuvre
que l'Escole se propose d'accomplir par ses publications.
Nota. — Le présent règlement est simplement énumératif et
non limitatif. Pour le bon fonctionnement de l'Escole le Conseil
pourra donc prendre toutes dispositions qu'il jugera utiles, à
charge d'autorisation ou de ratification par l'Assemblée générale
lorsque le cas le comportera.

�Qu'èy embiat ûe sarrabanténe de létres aus qui escribeu lou
gascou enta demanda-us mestiou dou lou calam ta hiqua lé a
Tautologie.
Qu'èy escribut a quauques ûs tout doy enso qui éy dous escribàs
defuns.
U ou aut, lous hère baléns, que m'an respounut coum eau e
mandat so qui eau.
D'autes qui aymen las obres touteshèytes que-m an dit: Causits
bous medich so qui-b hè besougn ou aus noustes libis ou aus
Reclams oun se trobe.
La maye par méy aysits n'an pas dit ni hèyt arrèy.
Yuste touts que-s desbroumben d'aulhous de hiqua p'ou cap de
daban coum at èy demandât : lou noum, counnoum, subernoum,
date de la nachénse, date de la mour, si l'autou éy defun.
Amies, lou tribalh qui hèy a Febus qu'éy maye qui ne p'én
poudéts ha l'idée. A cops que trobi qu'éy trop. Que-b demandi en
gracis de nou pas espéra que hasi lou boste : ne poutch pas e ne
bouy pas.
Si n'y hiquats pas boune boulountatou l'antologie ne-s liera pas
yaméy e labéts qu'acuserats lous qui debantéyen l'obre de nou pas
abé sabut oubra obre qui duri ; ou que-s hera chéns letradures de
las bostes e labéts que bèy la mine qui trousserais e qu'enteni lous
bostes plagns.
Que-b tourni prega de pensa a so qui-b èy demandât, a so qui
debéts, a so qui yuste touts e-m abéts proumetut Haut, drin de
couradye, hiquats-p'y aban las bacances. Pendén ne penserais pas
qu'a deberti-b. Arroun, d'autes ahas que-b trigueran : qu'aténdi.
J.-V. LALANNE.

&lt;m&gt;
M. Abadie, Pascal (A), instituteur, à Sombrun, par Maubour
guet(H.-P.).

�176

Psauvme i
L'home qui dam gens sçeleratz
No s'acossella, ny camina,
E dam Tacans asseguratz,
Gaynardz, mauparlés, no gorrina :
Qui no pion plassa en la setina
Deus mesprezius de disciplina;
Més de tota sa volentàt
Amoros de la lèy Diuina.
Tostém la contempla e rumina :
Qui segueix aquesta doctrina
Huros pot esta nomentat.

L'homme qui avec gens scélérats
Ne prend conseil ni ne chemine,
Et avec des méchants avérés
Persifleur, médisants ne vagabonde
Qui ne prend place sur le siège
Des contempteurs de discipline,
Mais qui, de toute sa volonté
Amoureux de la loi divine
La contemple toujours et la rumine :
Qui suit cette doctrine
Peut-être proclamé heureux.

Sera coma l'arbe plantât
Au long d'ùa ribera correnta
Qui porta a l'opportunitàt
Phruta saboroza e plazenta,
De qui la hoelha n'es cajenta
Atau la persona crenenta
Da Ley de Diu, prospéra ;
Més coma l'auratye e tormenta
En l'aire las palhas esventa :
Coin un esporbilh, l'amna atenta
D'impiétat, se perderà
En indici no s'Ieuera.

Il sera comme l'arbre planté
Au long d'une eau courante
Qui porte en temps opportun
Fruits savoureux et agréables
Et dont ne tombe la feuille ;
Ainsi la personne craignant
La loi de Dieu prospérera.
Mais comme l'orage et la tempête
Emportant la paille dans les airs,
Gomme en un tourbillon, l'âme entachée
D'Impiété disparaîtra,
Et ne se lèvera pas pour être jugée.

Demèst los bos prene assistentia
E de comparé hugirà
Déjà damnada en sa conscientia
Perqé lo Seno d'excellentia
D'aquetz qi l'an en reuerentia
Coneix plan lo camin tengut ;
Més abusa de sa clementia
Ayma tarda penitentia :
Per camin de tau consequentia,
A bon port degun n'es vengut.

Parmi les bons prendre assistance,
Elle évitera de comparaître
Déjà condamnée en sa conscience :
Car le Seigneur de toute bonté
Pour ceux qui l'ont en révérence
Connaît bien la voie suivie :
Mais abuser de sa clémence
Produit tardive pénitence ;
Par chemin de telle conséquence
Personne à bon port n'est arrivé.
PIERRE DE GARROS.

PEIRE DE GARROS.

Lou Yérant :
PAU,

E. MARRIMPOUEY.

EMPRIMERIE VIGNANCOUR, E. MARRIMPOUEY

EMPRIMUR.

�Au Presidéi?,
Au Sots-Presidéi? Yenerau
Nabèths,
Salut î
0, l'ahoalh de counsequénce qui s'éy amoullat en aquéste
cor de peys enta ha ùe Gascougne méy lègre, méy flouride e
méy goalharde en la France toustém aymade, que bòu bibe,
que bòu praba.
Aquero que bôu dise, au nouste entenut, lou choès dous
dus homis qui l'Amassade Yenerau dou 26 d'Aoust a hiquats,
d'ùe soûle bouts, au cap de daban de l'Escole.
Lou Presidén, Mous Louis de Batcave, letrat, histourién,
homi d'ahas, hèyt a las causes de las assouciances, balén en
quòu pun de coumprouméte la soue santat au tribalh,
a}rmadou dou sou peys nadau dinquo las soues bourrugues,
pouderous de coumpréne e de respetta las oupinious dous
auts tout en demouran-se fidèle a las soues, qu'ère plà l'homi
qui calé enta remplaça Planté. E quin at an coumprés lous
felibres de l'amassade ! Ne-m soubiéni pas d'abé yaméy entenut ùe tounerrade d'aplaudisseméns coum la qui arcoelhou
la noubèle que Mous de Batcave qu'abè enfingues acceptât
la Presidénce. Ue batsarre coum la qui s'y hé que counde
en la bite d'ù homi : qu'ère deya ùe recoumpénse enta-u tribalhedou biarnés, més qu'ère tabé ùe arrecoumandaciou de
ha toustém beroy, de sarra lous anèths de la cadégne amistouse qui déu liga lous rays de Febus : s'èm units que seram
hors, Arrecoumandaciou bagante. ïribalh, uniou, amistat,
toustém qu'éy estât atau lou prougram tout natre de toute la
bite de Batcave. N'abém pas doun a souheta-u ùe grane
presidénce, més a disé-u tout doy: Qu'estats hère beroy s'ou
tue, louncademéns sie !
Au purmè réng arroun lou Presidén, qu'abém boutât Mous
de Bernis, chibalè de la Légiou d'haunou, engeniur en chèf
dous pouns e camîs dou departemén de Hautes-Pyrénées. Si,
pèr las soues hautes founecious éy Bigourdà, pèr la soue
familhe, lou sou barsô, lous sous gous, lou sou amou de la

�— 178 loéngue mayrâne, qu'éy Biarnés de boune tilhe. Qu'éy badut
a Pau, coum lou nouste Henric e coum éth que hé lou purmè
piulét en ûe bastissi yuste naciounale, a la biélhe halle.
Mous de Bernis que chifre dou mati au sé, més que letréye
tabéyr autan aysit quoand s'escat. E aquero que-s coumprén
d'ù homi qui estou recebut en û cop, quoand n'abè pas encoère barbe au menton, enta Poulytechnique e ta Nourmale.
Dus caps en û berrét, hèy, n'y a pas qu'ù de nouste enta ha
tau balentie ! Que porte tabéy hère beroy la paraule en
biarnés : que se l'aparira lous cops qui calhi remplaça lou
Presidén.
« Aquéth choès qu'éy hère bou, se-s dichou ù proufessou
de Facilitât arroun l'elecciou, e que hè haunou a l'Escole ».
Qu'èm mayeméns hurous d'aquére aproubaciou e qu'éy
lou cô ailegrit qui hèm serbitur au nabèth Sots-Presidén
Yenerau.
Assi debath, enta que lou leyedou que counechi plà lou
nouste mounde que balham enfrancés notes biographiques
autan coumplides coum e se las abém poududes proucuri.
I. — Le Président
Pierre-Louis Batcave, né à Orthez (B.-P.) le 22 juillet 1863 de deux familles
béarnaises, dont la paternelle se suit jusqu'au xu'o siècle en sa filiation. 11
étudia la pratique notariale chez un de ses oncles, fit son droit, de la procédure et, dans les études, prit contact avec l'âme et l'esprit des paysans, observa
leurs mœurs. Il poursuivit son stage dans d'importantes études de Paris.
A la fin de ses études classiques, ayant le goût natif du passjé béarnais, il
dépouilla complètement les archives de sa ville natale qu'il retrouvait avec
plaisir durant les vacances ; il analysait tous les papiers et documents qu'il
pouvait rassembler. Dès 1883, il fondait avec quelques amis, à Orthez, une
Société de conférences à laquelle il donnait: une étude sur la Révolution à
Orthez ; l'Administration municipale dans les sénéchaussées d'Orthez et de
Sauveterre. Son désir, dès lors, était de faire la monographie de sa ville natale.
Il a dû y renoncer à raison de la pénurie des documents avant le xvie siècle
et a cru préférable de procéder dès lors sous la forme plus souple et plus large
des monographies.
Il a écrit une étude importante sur « Le statut matrimonial en Béarn et la
constitution de la famille» d'après des documents manuscrits, couronné d'une
médaille d'or au concours de l'Académie de Législation de 1892. En 1904 il
a reçu le grand prix d'histoire de l'Escole pour le Béarn.
Sa collaboration a été diverse.
A la Revue des Basses-Pyrénées et des Landes : Une aventure du maire
d'Orthez en 1789. — Le Béarn et sa langue.— Numismatique Orthézienne. —
Navarrenx en 1718. — Il s'occupa aussi de la partie béarnaise de cette Revue.

�— 179 —
Aux Etudes historiques et religieuses du diocèse de Bayonne. Le Couvent
des Ursulines d'Orthez. — Les Ursulines d'Oloron. —Mémoire inédit de
Marca. — Voyages de Léon Godefroy en Béarn et en Gascogne 1644-46.
En 1904 il fouda et dirigea avec son ami H. Courteault la Revue du Béarn
et du Pays Basque. Citons: D'Audijos dans le pays d'Orthez. — Interprétation
de la rubrique du for de Morlaas sur la clôture des maisons. — Le général
de brigade Lanabère. — Les anciennes courses landaises à Orthez. — La première remontrance en français au parlement de Navarre. — L'arrivée du cardinal Mazarin à Bidache. Plus des notes, des bulletins bibliographiques estimés ; une bonne part était réservée à la langue et à la littérature populaires.
Lorsque M. l'abbé Annat fonda en 1910 la Revue archéologique du Béarn
et du Pays Basque, il demanda à M. Batcave sa collaboration et son concours
pour le Comité de direction. En plus de nombreuses notes il a donné : La
proclamation de la royauté à Orthez en 1814. -- Curieux mariages salisiens.
— A propos de l'autel de la cathédrale de Bayonne de Verdiguier. — Vieil
Orthez. I. La Tour de l'Horloge. — IL La maison des prêtres prébendiers de
l'église St-Pierre. Il a fourni plusieurs notes et documents sur l'art,
A la Bévue de Gascogne. Lettres de Marca. — Lettres de Gassion. —■ Correspondance de Lespès, de Hureaux avec Baluze (sur Bayonne). — La réforme en Béarn au XVIIe siècle. — Jeangaston médecin et poète Orthézien du
xvne siècle. — Contrat d'engagement d'un médecin d'Orthez au xvie siècle.
Au Bulletin de la Société de Borda, de Dax. La maison du roi à Orthez. —
Mémoire de M. de Candeloup sur les Landes.
Au Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau : Jurandes
et maîtrises en Béarn. — Le Cahier des Griefs du Tiers-Etat d'Orthez. — Le
Cahier des Griefs de Castetis. — L'Enseignement primaire à Orthez. — L'Enseignement secondaire. — L'Enseignement supérieur. — Les archives municipales d'Orthez. — Documents des enquêtes de 1792 et de l'an iv sur l'instruction publique en Béarn.
Les décimes en Béarn. -- L'organisation municipale à Orthez. — Le rapport du poids de livre d'Orthez et de Sauveterre
au poids de Toulouse. — L'industrie papetière en Béarn.
Entre temps il collaborait à un bon nombre de journaux en Béarn sous
forme d'articles d'histoire ou de littérature béarnaise. Il a donné notamment
au Démocrate Libéral d'Orthez une centaine d'études se rattachant à cet arrondissement, dont certaines sont importantes; l'une d'elles fut mise en brochure
sous ce titre : Poésies béarnaises de Hourcastremé.
Pendant plusieurs années il a collaboré activement à l'Almanach-Annuaire
de l'arrondissement d'Orthez où il fournissait des notes historiques avec proverbes et dictons sur chaque ville ou village de l'arrondissement et certaines
études, telles que: L'ameublement Orthézien au xvme siècle. — L'alimentation
à Orthez en 1780. — Vieilles maisons, vieilles traditions.
Il a écrit divers articles en béarnais; collaboré à l'Armanac dou Bou Biarnés pour des récits bé.irnais de 189S à 1904 ; au Becueil des Versions gasconnes de S. Lacoste pour six récits ; donné de ci de là quelques contes
béarnais.
Il a réuni sur la littérature béarnaise un amoncellement de notes, d'extraits
qui lui ont servi à rédiger sur un plan volontairement très-restreint une
esquisse de l'histoire de la littérature béarnaise pour la Revue de Provence
A la demande de la Bibliothèque Méridionale de Toulouse il a préparé une

�réédition complète des Psaumes [de Salettes. Il a retrouvé et transcrit une
collection beaucoup plus complète des Fables de La Fontaine traduites en
gascon dont partie fut réimprimée à Bayonne au xvin" siècle.
Il a collaboré à la Réforme Sociale y donnant un certain nombre d'études
sur la région pyrénéenne : La Gascogne au xie siècle. — La Novelle 118 et son
influence sur les lois successorales du Midi. — Une nouvelle cause de destruction pour les familles souches pyrénéennes. — La plus importante : La
constitution de la famille et du patrimoine sous le For en Béarn a pris place
dans l'Enquête sur les lois de succession.
Il collabore à diverses revues : Revue politique et littéraire ; Revue scientifique (à laquelle il a donné Lépreux et Cagots du Sud-Ouest,— Origine béarnaise de Jean de Lamark — Noguès, de Sauveterre, professeur au Jardin des
Plantes); — Union Pyrénéenne ; —Revue des Etudes historiques où il a
publié Montaigne, seigneur de Lahontan.
Quand fut fondée l'Escole Gastou-Febus il s'occupa de lui trouver des adhérents dans la colonie parisienne ; il entraîna l'adhésion de son ami Despagnet
qui se fit comme on l'a dit le sergent recruteur de l'Escole.
Il réunit tous les documents possibles sur le Béarn. Sa bibliothèque, fréquemment visitée des chercheurs et des curieux, possède quelques raretés
locales. Il collectionne estampes, gravures, photographies se rapportant au
Béarn. Des dossiers constitués avec ordre se réfèrent à l'archéologie, à la
littérature populaire (contes, légendes, superstitions). Une série de cartons
renferme la correspondance du grand historien du Béarn, le savant Marca,
copie entreprise durant plusieurs années dans divers dépôts. Présentement
le travail qui a ses soins est une enquête sur les institutions du Béarn, œuvre
de longue haleine.
Sa pensée est vraiment tournée vers le Béarn, objet de ses recherches. En
1902 comme vice-président de l'Association Béarnaise, remplaçant le président, il prononpa au Banquet annuel un discours sur la charité en Béarn et
au Pays Basaue dans le passé ; élu président en 1903 il parla au banquet de
1904 de l'apport fait par le Béarn à la France et montra la part de vérité que
contenait la célèbre parole d'Henri IV.
Voilà un résumé succinct de l'œuvre de M. Batcave. On peut dire que
depuis 29 ans sa collaboration à tout ce qui est Béarnais n'a pas cessé. Les
Reclams en ont eu leur part sous des formes diverses, publications de textes,
de contes, de notes variées.
Nous laissons de côté ici la partie française de l'œuvre de M. Batcave qui
ne rentre pas dans le cadre de nos études. Rappelons qu'il a été en relations
suivies avec Léonce Couture, Tamizey de Larroque, et surtout très intimement lié avec J.-F. Bladé.

II. — Le Vice-Président Général
Né à Pau, le 2 Août 1850 (à la Halle-Vieille).
A fait ses humanités au Lycée de Pau, ses mathématiques au Collège Rollin,
à Paris;
Reçu en 1870 à l'Ecole Normale et à l'Ecole Polytechnique ; a opté pour
l'Ecole Polytechnique ;
Sous-lieutenant d'artillerie pendant la guerre ;
Démissionnaire en 1872 pour raisons de santé ;

�- 181 Entré par la porte basse dans l'Administration des Ponts-et-Ghaussées.
Reçu le n° 1 au concours de Conducteurs de 1875;
En 1876, chargé du service de l'arrondissement de Mauléon (B.-P.);
1881-84, Ecole des Ponts-et-Ghaussées, à Paris;
1884-92 Ingénieur à Mont-de-Marsan, chargé de la construction des chemins
de fer dans les Landes et dans le Gers ;
1892-1905 Ingénieur à Bordeaux, du Contrôle des chemins de fer de l'Etat,
de l'Orléans et du Midi ;
Quelques publications dans la Revue Philomathique.
Professeur du Cours de chemins de fer à l'Ecole de Commerce et d'Industrie ;
Président de l'Association béarnaise et basquaise de Bordeaux ;
Chevalier de la Légion en 1900 :
1905-1907 Ingénieur en Chef du Département des Pyrénées-Orientales ;
1908-1912 Ingénieur en Chef du Département des Hautes-Pyrénées. Chargé
aussi dans le Gers delà construction du chemin de fer d'Auch à Lannemezan ;
Vice-Président de l'Association béarnaise de Tarbes ;
A présidéen 1911 la distribution des prix du Lycée de Tarbes — ainsi
que le banquet annuet des Anciens Elèves du Lycée de Pau.

Lous dus dignitaris noustes que-s toquen pèr méy d'û pun
e que-s coumplèten l'û e Faut. Ne credémpas que lous ahas
de l'Escole que poudousseu esta hiquats eu miélhes mâs.
J.-V. L.

NABBTHS edUNFUÂYS
Comte de Gontaut Biron, (B.), député des Basses-Pyrénées, à Navailles.
M. Louit, (D1), conseiller général, maire de Jegun, (Gers.)
M. Saintot, 82, rue d'Amsterdam, à Paris.
M. Chauffour, Georges, à Nay.
M. Dupuy de Guilheman, juge de paix, à Cazaubon (Gers).
Mme Marcel Poque, à Pontacq.
M. Poque, Louis, à St-Béat (Haute-Garonne).
M. Jean de Lacq, à Ferrières (Hautes-Pyrénées).
M. Teilhard, Auguste, à Nay.
Mlle Soubiran, (A) institutrice à Ygos, (Landes).
Mme Salvador Fagalde, chez M. Pierre, Capbreton (Landes).
M. Belle, Stéphane, maire de Morlaàs.
Mlle Ida Lasvignottes (A), institutrice, à Morlanne.
M. de Sardac (Dr), à Lectoure (Gers).
M. Moureu, Charles, de Mourenx (B.-P.), membre de l'Institut
(Académie des Sciences) et à l'Académie de médecine, professeur
à l'Ecole supérieure de pharmacie, 17, r*ue Soufflot, Paris .

�nion de
26 Aûût 191%

ÍPaíio

C'est à Auch que devait avoir lieu cette aimée l'Assemblée
générale de l'Escole Gaslou-Febus. Tous nos bons amis du
Gers — Lou Cascarot dous permès — devaient, en purs
gascons qu'ils sont, donner à notre « heste annau » un éclat
exceptionnel et vraiment digne d'eux et de l'antique cité
gasconne."
Mais hélas ! en lui ravissant Adrien Planté, son président
vénéré et d'autres membres des plus estimés, la mort a
plongé, pour de longs mois, l'Escole dans le deuil. C'est
pourquoi, renonçant à sa fête, elle a simplement, dans une
réunion tout intime, procédé à ses Jeux floraux, à l'approbation des nouveaux Statuts et Règlement et enfin à l'élection
du Conseil d'administration et du nouveau Bureau.
Cette réunion a eu lieu à l'Hôtel de Ville de Pau, dans la
salle du Conseil municipal, le 26 Août. Elle fut présidée
avec beaucoup de distinction, par le Vice-président, M. Louis
Batcave assisté de MM. Bibal, président d'honneur de l'Escole ;
l'abbé Labaigt-Langlade, vice-président de la Section du
Béarn ; comte de Roquette-Buisson, président de la Société
Académique de Tarbes ; Darclanne, Vice-président de la
Section des Landes ; J. V. Lalanne, Secrétaire-général ;
Laborde-Barbanègre, trésorier ; l'abbé Daugé, Secrétaire de
la Section de Landes ; J. Carrive, rapporteur du Concours
de Prose, et Lhept, rapporteur du Concours des Ecoles»

�— 183 Les assistants, évidemment moins nombreux que les
années précédentes, étaient au nombre de cent environ. Il
nous a été particulièrement agréable de noter la présence
de Mme la Comtesse de Balincourt : Mmes Piganiol et
Lalanne, Mlle Alberte Lalanne, les gracieuses fdles et petitefille de M. Bibal ; de Mme et Mlle Lacaze ; Mme et Mlle Pierre,
Mmes Eyt, Loussalez-Artets, Lalanne, Perguilhem, Coirault.
Parmi les hommes on remarquait : MM. H. Courteault, professeur à l'Université de Bordeaux, Bernis, ingénieur en chef
à Tarbes, X. de Cardaillac, avocat à la Cour d'Appel de Pau,
Comte de Viforano, Lacaze, Marrimpouey, Eyt, S. Palay,
Baudorre, Canton, Gardères, Abadie (de Nay), les abbés
Lacaze et Annat, Larrat, Duboscq, (Yan du Gouf), Lacouture
(de Laurède), Tucat, Pierre, S. Lacoste, Mourthé, Dr Méliande, Casassus (de Billère), et plusieurs autres fervents de
l'Escole dont je regrette de ne pas connaître les noms.
Il convient de mentionner d'une façon spéciale, et on m'en
excusera, je l'espère, la présence d'un modeste, mais très
fervent ami de l'œuvre, M. Jules Cazabonne, d'Oloron. Ce
vieux et fin Béarnais, comme l'a qualifié notre secrétairegénéral, a eu l'heureuse inspiration de venir à la réunion en
blouse et en béret, la blouse portant le crochet en pendeloque des aïeux. Le Bureau, heureux de lui témoigner sa joie
et son estime, l'a inscrit d'office sur la liste des quarante
candidats au Conseil de l'Escole.
Deux absences ont été particulièrement regrettées : celle
du majorai, M. Camélat, qui s'est fait excuser par S. Palay
et celle de l'abbé Sarran, (lou Cascarot) dont on lira plus loin
le télégramme d'excuses
Sur le coup de neuf heures et demie, M. Batcave, se lève
et s'exprime à peu près en ces termes :
« En ouvrant la séance, je dois remercier M. le Maire de Pau
de la courtoisie traditionnelle et libérale avec laquelle il a ouvert
à notre Société, par deux fois en quelcrues semaines, les portes
de la maison municipale. Nous regrettons l'absence du premier
magistrat de cette ville. Par une délégation dont nous avions
apprécié la délicatesse, il avait désigné pour le représenter un de
ses sympathiques adjoints, notre confrère, M. Stanislas Lavigne.
Or, M. Lavigne vient de nous faire savoir qu'il lui est impossible
d'assister à cette réunion, de nous apporter les compliments, les

�— 184 —
félicitations et les assurances dévouées de la municipalité à
l'adresse de l'Escole Gastou-Fébus, retenu qu'il est par une crise
de rhumatisme. Nous regrettons les causes qui tiennent M. l'Ad
joint loin de nous et nous formons les vœux les plus sincères pour
le prompt rétablissement de sa santé. Nous adressons à M. de Lassence et à la municipalité paloise l'expression de nos sentiments
de reconnaissance.
La cérémonie qui nous réunit est tout intime. Le deuil qui
plane sur notre Escole et que nous tenons à cœur de respecter en
est la cause. Il a paru néanmoins au Bureau que l'œuvre devait
affirmer sa vitalité en n'interrompant point ses jeux floraux
annuels et il l'a fait en mettant au concours le programme même
rédigé de la main de notre regretté Président. Nous avons été
unanimes à penser que le maintien de ces Jeux était encore un
hommage à la mémoire de notre cher disparu. C'est donc une
fête strictement littéraire qui nous rassemble. Je déclare ouverte
la séance des

Jeux floraux de 1912
Il terminait à peine, qu'un jeune télégraphiste lui remettait
un télégramme dont il donna immédiatement lecture.
C'est « lou Cascarot », qui s'excuse en ces termes :
« Lou Cascarot d'Auch que mande salut courau de l'Armagnac
au président e a l'amassade dous félibres dens la bile dou nouste
Henric »
SARRAN.
Successivement les différentes rapporteurs, à l'exception
de M. l'abbé Labaigt-Langlade qui se fait suppléer par M. S.
Palay, donnent alors lecture de leurs rapports. Ce sont :
MM. Labaigt-Langlade pour la poésie ; J. Carrive pour la
prose ; Darclanne pour un« roman dialogué » : Lhept, pour
le Concours des Ecoles. Après la lecture de chaque rapport,
les lauréats présents reçoivent leurs récompenses.
Comme intermède, le jeune Bégarie de Pontacq, dit sa
belle poésie couronnée de la médaille de vermeil « A las
boles dou biélh pourtau » et S. Palay lit avec beaucoup d'expression «L'elecciou dou maure de Begolle» le très amusant
conte de M. Abadie, de Sombrun, qui a obtenu la médaille
d'argent.
Puis M. Batcave lit successivement les rapports sur le

�- 185 -

Concours de dessin et de peinture ; sur le Concours de
musique ; sur le grand prix de linguistique et sur le prix
spécial, il termine par son très beau rapport annuel sur la
situation morale de l'Escole.
De tous ces travaux, je ne dirai qu'un mot : ils méritent
tous d'être lus, même par ceux qui les ont entendus. Les
voici donc « in-extenso » :

Rapport sur le Concours de Poésie
DAMES

E MOUSSUS,

Qu'ey you qui debi ha sabé augan oun n'èm de la rebiscoulade
de la nouste lencou mayrane. Mes aban de m'abia que pregui lous
qui-m heran l'aunou de m'audi oude-m leye de s broumba que la
nanete eslame de la mie amne qu'ey autan bielhe que lou me cos ;
e près de s'estupa tau mounde ère nou da que- tant-pertant de
luts ! Toutu l'aucup qui m'an balhat que m'ey agradiu, pramou
que pous, lou cô gaudjt, clama que la malaude. tant alebade per
lous francimants, que ba mielhe.
Que bam ba coum au mouli oun lou graâ puraiè arribat, ey lou
purmè hicat liens la tremoulhe.

Lou nouste Pount
Moussu l'abè Barros, d'Urgons, qu'a embiat dues pèces oun
l'autou s'amuche hèyt ta debiene u beroy pouète. La purmère
qu'ey :

Lou noutte pount.

E se aquet pount sabè debisa

que

demandéré au briu qui passe de musiqueya noeyt e die u mercés
tau qui maneye pramou d'eig tant gausouyement lou soucalam.
Toutu lou francimant que trauque drin trop encoère : bien au
loc de plaâ ; tounerre au loc de pericle ; turbelhousau loc d'arremoulis ; n'ey pas tapoc sus piles mes sus pielas que lous pouns
s'emparen.
Ue menciou d'aunou qu'ey la couroune dade au sou tribalh.

Ode au pang de nouste
La duzau pèce qu'ey u cant au paâ hourneyat a case e hèyt dou
roumen badut aus camps de case, amassais tros per tros per lous
payrans ; paâ qui a ue sabou qui nou-s trobe hens nad aut paâ, e
qui goarde lous cos tant saâs e tant tilhuts.

�— 186 Tout aco qu'ey cantat ta ha ayma l'endret, arribère ou terré, oun
esté lou nouste brès. Mes aci encoère que s'y trobe moûts qui ne
soun pas de case aquets : mountat au loc de puyat ; moulende au
loc de mouliade ; lou mout ancestes qu'ey tabé mau escadut. Que
beden qu'ey estât hèyt ta rima dab aunestes.
Ço que demoure segu qu'ey que l'aulou que pot ha mielhe, e
qu'at liera lou purmè cop qu'eig tourni prene lou calam.
Ue menciou d'aunou qu'ey dade à la soue obre.

Très Trobes
Qu'abem de Moussu Louis Lamaignère, u tribalh hèyt de très
trobes. Hens la purmére trobe lou pouète que cante u matiau de
may oun tout arrid e musiqueye : la nature que s'ey toute hicade
en hèste. A la duzau trobe que hè béde quin per cops ue amne
plapade de sang debien heroutye. A la trezau, qu'ey l'espante
yetade sus la terre per las nubles traucades d'eslambrecs qui
courren per lou cèu e per lous brounits dou pericle qui hèn tout
tremoula ; mes l'ahide en Diu que demoure encoère ; e lous
paysaâs yunten las maâs chens bergougne ta demanda ayude au
qui pot tout; que saben que lou gran para grêle qu'ey la pregari.
Tout aco que seré prou beroy ourdit, mes qu'ey la trame qui
n'ey pas coum caleré : lous moûts francés hicats a part : que n'y
auré d'autes a retouca ; l'abelhe n'a pas crocs : qu'a u hissou e
n'ey pas dab lou hissou qu'ère coelh lou mèu. En hargoan que
debienen haus ! e Moussu Lamaignère qu'at saura ha bede.

A bouque de noeyt
Moussu Arrix, d'Arudy, que-ns hè saboureya u floc badut au
nouste casau biarnés : més per rèyte d'ayercq que s'ey embrumât
d'u bers mau payerai e de dus bers biencuts de France ; aco que
l'a heyt perdedeus sous arams, qu'en a toutu goardat prou, ta que
sie balhat à l'autou ue medalhe de brounze, ta couroune.

Oelhs clucats
Aci qu'ey Mous de Lartigue qui-ns bien ha gousta drin de la
soue pouésie. en pallan dous mysleris de la noeyt : Lous nenous
que soun au lheyt, e las marnas taus adroumi qu'ous disen coundes
de hade, de came-crude, de barbecuye. Ballèu lous nenous que
droumen, ballèu tabé, hens u miralh hèyt enta la loue amne que

�— 187 —
beden passa la hade qui porte au bèc de la fllouse au loc d'u
asclet de lii u tros de mountagne qui hè rèyte tau poun de Dax,
roque qui, sus u man de Diu, ey destournade hens u herm de las
Lanes. Que beden encoère la hade qui deslaboure u camp ta cerca
lou pienti d aur qu'ère s'a perdut, mes que béden passa tabé u
troup de broutches qui acabalades sus manyous d'escoube s'en
ban tau sabat, e que clepen debaig la matelassine.
Qu'audechen après lous gnaulets dous caas dou Rey Artus, e
lous bramets de las bestis pegnicades per las pousoères apitades
sus la loue esquie, e mourts de pòu ne gausen pas aléta
Mes lous arrays de l'aubete que hen clareya lou die sus las
courties dou lheyt e tout que s'estuye, tout dinqu'a la hadete qui
herrupe au calici d u lyri lou chue de mèu que la nature goardabe
ta l'abelhe. E lous nenous cluquen toustem lous oelhs.
En barran ère tabé lous oelhs sus lou mout hantaumes qui n'ey
ni biarnés ni gascou, la yurade que couroune d'ue medalhe
d'aryent l'obre de mous de Lartigue qui sabera gagna hère d'autes
courounes

La heste de Sen Nicoulau
Moussu Duboscq qu'a tirât deu sou calam ue pouésie beroy
escadude tau briu, més qu'ey de dòu ha que s'y trobe tant d'hiatus,
e que très bèrs n'ayen pas la payère yuste, aco que pouderé esta
retoucat en u birat de maâ. Qu'ey tabé nou pas per-desestruguè,
mes pramou de cerca trop l'aysiè que lou mout rèste deu serbi très
cops de rime au mout hèste. Lou cantayre qu'a prou de pouesie
hens l'amne ta poudé ha mielhe e qu'abem l'ahide qu'en's at hera
bede. Ue menciou d'aunou que couroune lou sou tribalh.

Lou counde dou rouchinou
Moussu Lacouture, de Laurède qu'en's dits u dous mèy beroys
coundes troubats per lous noustes pays : la benalèye dou rouchinou
qui droumibe. Aquet tribalh hère plaâ alengat, n'ey pasacabat dab
la pouesie que desireren de y trouba L'aulou que semble esta-s
drin desbroumbat a quauques passatyes. Que hè droumi lou
rouchinou coum u arrat : lous arrats nou droumen pas hère la
noeyt. Lous gnacs de las arroumigues, sustout à l'endret oun se
hèn ue hartère de la praube bestiote, nou hesèn nade rèyte a la
benalèye. l'uch lou rouchinou ne cante pas toute la noeyt lou
medich tros Qu'a mey d ue ritournele e toutes mey beroyes que
la qui prèsten aci au purmè cantayre dous auserous. La yurade
que couroune Moussu Lacouture d'ue medalhe de brounze.

�- 188 —
La bouts de case
Moussu l'abè Poque, cure de Caubios que-n's auherech u can
tique hèyt de tout so que la bouts de case bien musiqueya a la
soue amne : Qu'an clamât que tout aquero qu'ey estât dit mantu
coq. Mes nou sauren pas trop arredise lous hèyts qu'aquere bouts
de case desbelhe hens la nouste memori e qui estaquen aus
endrets, oun la bite abou las soues yoyes e las soues tristésses.
Nou sauren pas trop arredise so qu'aquere bouts hique de dòu
hens lou cô dou qui loegn dou campana qui oumpreya lou sou
brès nou trobe enloc u cèu auta beroy coum lou cèu de la nanete
patrie dechade assera hore.
Qu'agradam dounc lou tribalh de Moussu Poque, plés d'ahide
que s'en embiera d'autes encoère mey beroys. E la yurade que
couroune d'ue menciou d'aunou l'obre d'adare.

L'abor
Moussu l'abè Bouheben, curé de Charre, nou cante pas la terre
qui au temps de la primebère, gaudech lou mounde dab toutes las
bouts qui musiqueyen edab toutes las flous dount ère tech la soue
pelhe : que cante la terre qui aban de s'adroumi balhe a l'homi
lous darrès bées qu'ère tire deu sou sée. Que cante l'abor, lous
dies oun lous pientis aus abelhès degouteyen de mèu, lous dies
oun dous troulhs chourre lou briu qui ba plegna lous touneigts
bentourruts ; lous dies oun lous camps embien a granes bourrades
lou milhoc qui hera crouchi lous soulès ; Tout aco qu'ey dit en u
biarnés qui mérite laudous, e courounat d'ue medalhe de brounze.

L'arrous matiè
Qu'ey Moussu Méliande de Thèzequi ey l'autou d'aquere pèce e
que dam au pouète toutes las laudous qui-s mérite per abé tant
beroy ahielat lou sou calam biarnés.
La yurade que l'auheréch ue medalhe de brounze.

A las boles dou bielh pourtau
Que debém a Moussu Begarie de Pountacq aquet tribalh : tribalh
oun arré nou hè rèyte, ni la beroye lencou, ni Palet pouderouse.
Cantique escricat dou cô sur la bouts de l'homi dits so que l'amne
dou maynatye esprabe ; pouesie dount nou saurem ha ue mey bère
laudou que la qu'eu a hèyt l u dous noustes pouètes lous mey
goustats quoand a dit : « Asso qu'èy de purmè escantilh ! »
A Moussu Begarie qu'ey dade la soûle medalhe de bermelh que
la yurade pousque balha.

�— 189 -

U sé l'estéle d'aur
Se la muse ayme a s'amantoula de mysteri, ne eau pas toutu
que-ns dechi trop a l'endebinade e qu'ayem ob d ue candele ta
trouba lou sendè de l'asse sourtide de las maâs qui l'an cousseyade
Qu'ey doune aquere estele qui-s hè blause lou sé ! Car n'ey pas
quoand la noeyt cad, mes quoand lou die punteye que las esteles
debiénen herides : n'ey pas tapoc quoand la lue s'amuche au cèu
coum ue haus que l'homi dab la hourcaderade de brocs parech :
E lou sou e la lue que s counechen prou ta que lous corns de
Phébé nou hassim pas hasti a Phebus !
Aco e drin mey hicat a despart disem dab lou qui bedem mey
claà e mey loegn que lou cantayre de l'estéle d'aur — qu'a las aies
prou granes ta s poudé ana anida sus lous pics dou Parnasse : e
disem qu'aquet cantayre qu'ey encoère Moussu Regarie a qui dam
aci ue carte de medalhe de brounze.

Ara Memorie de Adrien Planté
Au miey dous cants embiats que s'y trobe so qu'aperam ue
Elégie, u cantique de doulou. Que laudam l'autou déu sou boulé
ha. Que clame dab resou que touts qu'èm en dòu desempuch que
la mourt a panât aus noustes côs lou lugrâ qui hesè tant de luts au
Biarn ! Més qu'ey tabé de dòu ha que la bouts doulente n'aye pas
sabut trouba la note qui calé : Ta ploura u Adrien Planté que eau
d'autes plous.

L'Ellecciou dou Mayre de Begole
Moussu Abadie, reyenta Soumbru.qu'a embiat u tribalh autant
dibertissent coum ey beroy tourneyat : qu'ey a perpaus de l'elecciou dou mayre de Begole. Touts lous counselhès qu'auren boulut
la charpe : e d'amassades sus amassades n'abè poudut sourti arré.
Toutu ne poudèn pas demoura atau. Qu'esté coumbienut que dou
soum du hia besî, coustarrut coum u pic de mountagne, qu'anaben
arrounsa ue poume e lou purmè qui l'atrapére, au mey courre,
qu'estere mayre; la poume qu'ey arrounsade e touts que s'abourrechen a huttes, mes ère que ba tout yuste trebuca, au houns de
la coustalade, ue guihe qui, chens dise mercés, se la claque.
Encoère arré de hèyt, car lou Dominé de l'endret que bien ha ue
batalère sus la ley salique.
E ta feni d'adouba lou garfou, lou qui tient lou calam que balhe
a d'entene que si la poume au loc d'esta raspade per ue guihe ère

�— 190 —
estade glapade pèr u sangla, lous counselhès de Begole que
s'auren coussirat lou camarade tau hica sus lou sieti de la maysou
coumune. Eh! moun Diu. nou sere pas estât lou purmè cop qu
lou mounde auré bis ue bèsti miolou. loup, ours ou marrou lo
bente cintat d'ue charpe !
La yurade que da a Moussu Abadie ue medalhe d'aryent.

Your de marcat
Que diseram d'aquet tribalh ? Tant-pertant dus moûts. Qu'ey ue
ensalade mau adoubade. E que sera bou, ta touts, que lou qui 1
serbide, nou preni pas Testât de pouète !

La lauzette pintrade
L'autou d'aquere pèce, gran francimant, que-ns dits ue hèyte,
arribade per segu, sus la cantère de la Garoune. U ausérè qu'abè
dounc ue lauzete drin gourmande : ne boulé pas sounque grichs
taus sousbrespès e que-s plagn de l'embarras oun se trobe ta la
neuri : U paysaa que s carque de gaha grichs en abounde : lou
marcat qu'ey hèyt a u so per cap. L'endedie lou cassadou qu'arribe
dab u sac degrithumi. L'auserè que birouleye tout aco ; qu'espie,
que tourne espia : e coum ne trobe pas sounque u mascle, car la
lauzete nou bòu pas femelles, que balhe u so au paysaa qui, esmalit
de la trufanderie ne s'en ba pas chens escoupi u drin de hèu, e que
bâtie lou nouste moussu deu noum de gus !
Qu'ey so que y a de mey plaa escadut en aquet tribalh.
Que fenechi per aquestes dus moûts tant de cops sourtits de la
bouque ou deu calam dou qui n'ey pas mey : Febus aban !

Rapport dou Concours de Prose
0 bee tiét, Daunes e Mèstes, que souy augan, coum atbedét, lou
repourtadou dou councours de prouséy.
Qu'en estéy hèyt per très rasous : La purmère qui parecheré
esta la maye, qu'ey : que m'en bouloun, si-m pensi.
La secounde : Si n abi ni chic ni brigue suspesat lou hèch aban
de m'en carga, que l'auri per segu troubat drin pesan ta 'spallottes,
coum las mées e que l'aberi lechat ta mey goalhard que you.
La tresau : Que-m pensèy, u cop la peguésse hèyte, que de brabe
mounde coum lous qui èt, qu'escusen meylèu qu'arcoélhe dab
oéus coats e poumes coéytes, lou pèc qui nou sabera pas anina-b

�ue soûle pausote dab cauqu'ù d'aquets beroys debis plàa causits e
farcits d'imadyes gay haséntes coum lous méstes noustes p'y an
acoustumats
Que eau ha-y ?Nou-n poulch arre, you si, coum p'éy deya estât
dit, an éts soûls la loengue dous dimenyes e de las hèstes ennau,
abibets que you nou counescouy yamey qu'aquere qui tout die
s'en ba per cabbat las carrères mau bestide, peè descause dab, en
cas de besounh de drin de pendot, de tabayole fana ha trachemandeya las maies biélhes hemnes dab lous truquetaulès.
0 bee encoère u cop atau qu'ey, que b en eau counsoula.
Qu'at aberat aysit si coum n'ey que yuste pe diset : qu'a toustem gnasca galfous, craca maquerous e chuca cabilhétes, qu'an lèu
hèyt de s'azeda las dénts, e qu'arroude, are-en quoan, bèt talhuc
de mesture, nou pot que ha trouba la choyne encoère miélhe
quoan pe tourne apari
Ta-d aco e, credét m'en, arré qu'en ta-d aco, que souy estât e
causit e noumat. Arrés, si parech, nat poudè ha coum you.
Aco dit, abans de m'atela a la mée besounhe, coum yamey nou
sabouy cara nade bertad e tabe, coum sèy plaa que m'en goarderat
lou secrét, que bouy dise-b so qui-s passa quoan s'amassèm ta
yutya bostes obres.
Enlugarnat per aquets tribalhs lugreyants coum lou bèt cèu de
Pau, que bouli e que demandèy aus Moussus de la yurade ûe
medalhe d'or ta cadu de bous auts dab, ta cauques us, très ou
coate d'aryen e, ta touts, pialots de coumpliments coum p'at abét
tan beroy méritât.
Moun Diu ! qu'abouy you dit aquiu ! ! Quin hourbari ! ! !
Nou, yamey û gat qui entrere héns û bachèt d'abélhes, nou s'en
béyre de piris.
Hurousamen qu'arres nou s'abèn desbrouinbat per aquiu ni nat
tros de traqué, ni nat manyou d'escoube, sinou ye-m coupaben
l'esquie.
Que m'aboùy a cara e, que m calou prouméte enta-m ha escusa,
de nou dise ni ha que so qui éts boulèn e,
Aci qu'at habet :
L'ensémps dou councours, ça ou la, mieyausè enta la qualitat,
qu'ey bèt drin magrot enta la quantitat.
Qu'au hèyt augan lous Biarnés lengassuts ? Ey dounc la calou
estibénte qui-us a estabanits ?
A-d arré nou serbire de s plagne. Yutyé-m so de hèyt e atendém
de mielhe.

�— 192 Qu'an apitat au bèt soum sus touts lous auts, la pèce :
« La mourt de la Cigalhe » qui s'a gagnât la medalhe de
bermélh.
Mey, coum de trop s'esla pot ha hère de mau, que bouy rende a
l'autou lou gran serbici, entau bira aquere, de drin de peladote.
Auguns dounc que troben que s coumplats drin trop sus soun
sudyec, que busouquéye sus las flourines mey que la cigalhe
estibénte. D'autes que credén que si, ét qui counech la loengue, se
surbelhabe drinou quoan l'escriut, que lechére ta d'autes aquéts
beroys moutéts coum &lt;&lt; unides » « coulines » etc., etc.
Que poudere encoère estaubia-s aquéres petites virgulétes mentabudes « apostrophes » pous franchimans e nou pas encabalales
sus lous adjectifs poussessifs « l'as » « n'as ».
Plaâ que hara encoère de brémba-s,ta l'aut cop, que las coupies
tau councours que deben esta mandades en double, Qu'abem gran
tribalh quoan nou-n abem qu'ûe. Aco soulét, que-u hasè quasi
pèrde la medalhe de bermélh.
Mey, ya, ya, prou atau be-u peleri en plee si lountemps countinuabi e qu'èy toutu gran gay au dise que « h mourt de la cigalhe »
escribude per û autou qui a début léye chanteclair qu'ey, de l'u
cap a l'aut, û beroy tros de prousèy pouetique.
La grafie qu'en ey tabé prou boune. En dus moûts : L'autou qui
counéch e qui maneye beroy la loengue, que s'ey abiat ta ha hère
plaâ. N'a qu'a mey surbelha s.
Que bie en segound, ta diplôme de bermélh :
Lou Bounaparte de nouste
Que troubam aci û counte a l'esperit « natre gascou » expressat
de hère boune loengue, dab prou boune grafie semiat d'abourrides
hurouses — « bira s lou hoéc de l'estoupe » —• « que s'y sabè da
tours », « 1er e lou temps que s'at boulèn », que soun de beroyes
imadyes.
0 bee, tout aquiu qu'ey gascou, mey, l'autou que debera abisa-s
de franchimandeya coum quasi a-d hazè per l'abiade qui tabé ère
drin loungue e traynabe de trop.
Ey et plaâ segu que nou s'y aye yamey escribut arre dous
yeneraus « Couac e Yus » ? Nou bertad ?
— Qu'abém coum tresau dab medalhe d'aryen :
Lou fin boulur
Counte beroy e endiablat, plaâ miat dab boune graphie e tabé

�— 193 —
boune loengue. Tout que seré dounc pou mielhe si l'autou nou
l'habè empipautit de moûts coum « rabit », « recoumpensa »,
« per hasard », « décida » e d'autes coum aquets.
En quin diable de corn de Lanes se parle dounc aquet beroy
« patoès » ?
E lous accéns ta quoan lous pe goardat ?
Anem. Drin mey de soénh ta encoère mielhe mérita coumplimens e medalhe e puya mey capsus.
— Qu'arribe quart, ta gnaute medalhe d'aryen, la pèce :

Que eau goarda-s lous pècs a case
— Aci encoère qu-en abein û de hère beroy grafiat e dit en
boune loengue e qu'a gran rasou, lou cantayre, quoan dits que
sere desagrada-us que de hourni a d aquets bielhs countes liloyse
flourines.
Tabé, que-u pregam d'en atrassa e d'en recatta hère d'aquets en
lous lechan sancés e coum soun ; mey asso ne u deu brigue
empêcha de s'en balha canqu'ù de tout sou e hèyt pèr ét. Diu
mercés que counéch prou la loengue e qu'a l'esperit prou biarnés
ta qu'arré nou l'embargue.
— Ta cinquau dab diplôme de medalhe d'aryen, qu'abem :

La leyende dou bermi de Sen-Yan
Aquere leyende qu'éy, per ma fe, beroy countade mey que
gagneré, toutû a esta drin mey bribente. L'abiade que trayne hère
trop.
La loengue qu'ey boune e de ù autou qui la counech, mey qui,
coum bère troupe d'autes, s'oublide quoan l'escriut.
Lous moûts « taupet », « atenciou », « de près » sarre dens lou
pugu qu'estan autan beroy aci, qu'ù pedoulh sus û cap de maynade.
Puch, que caminen amasse, dab meritis engoaus (« ex-œquo »,
si diseren a l'académie de Lespoursi) ta séngles medalhes de
brounse, las dues pèces :

Lou boun gnafre
Pagat de tournes
Lou purmè qu'a boune grade e tabé de hère beroys moûts ; mey
quine mesclagne de francés ! « figure », ;&lt; dupe », « manège »,
oublique »... qu'ey tout aco ?
La secounde escribude en boune loengue de tout die qu'a trop

�— 194 —

de fautes de grafie e
« réflexions », etc., etc.

tabe

moûts

francés « reproches »,

N'a pas lou sang plaa biarnés lou baylet qui recéu lou cop de pè
aban de disna e qui ne-u tourne qu'apuch lou desèrt. Per nouste
que soun bèt drin mey pressats ta da las tournes quoan s'escat.
— Ta septau que classam encoère la pèce de

Ste-Quyteyre e l'aurounglete
L'autou que-s da aquiu ûe hère beroye leyénde ; mey nou-y
sabém trouba que h^re poc de gascou amagat, coum se pot a
trabèrs lou francés.
Que liera plaa aquet autou de leye e d'estudia enta escribe apuch.
E aquiu qu'ey tout pourmou, que de so d'aus, nou s'y pot dise
arré, que sere deya trop que d'at mentabe.
JULES DE QU'A-RIBE.

Rapport « Roman tiatre »
N'è pa, dé ségu, lé couénte qui-é lou mé m'agradedé ha ço qu'apèren ung « rapport » sus ue pèsse dé tiatre : — é aquo pér très
rasouns mélhe qué pr'ue.
Bédét lé pérmère : A l'éscriout k'èy éndébinad lé mandé l'oubrè,
ung dous mèys amigs, pr'escadènsses. E k'at sabét outa plan coum
you, ous amigs é ous aprigs n'é pa soubèn lou yog dé dise-é-ous
lé bértad.
Lé dusaoute k'é tagnènte de lé pérmère. Coum lé témple é
capsse lou drap, sé ne pouch pa disé-é-m' dou Biarn, ke souy
badud p'ous cantès — én Chalosse, — tabey k'é-m créy a l'abounde
abisad ou mén ta sabe-é qué lés palaoures courtousientes é hèn
flandi farris sus lé care dou qui é lés euguibe. Mé ne carré pa
mayina-b' qu'ayi lou chouès dé tan sé pu da lou mèy abis tan
sulemén. Ke debi plan balha lou séntimén de cinq ou chéis
moustres dou mèy éscantilh, é, quèn outan d'abélhes é hèn lou
mèou n'é pa d'éstouna qu'ayi chiq ou mig d'escousilhoun. E coum
souy badud couhétad, ke séri counfus sé n'abi pa lé chansse d'ar
récapta lou désgrèou d'aquére éscousou.
E boulét-'s ue très assembles aoute rasoun ? Arrés né sab ço
qué hara douman. Sé lou mèy had ère d'oubra, d'are énlà,
quouque chalibari ou quouque coumédie, coumbourrét qué mé

�- 195 —
lés birassi labéts, sé, gouéy éscarpitèbi lés lans dou bésin ? Ne
crédet pa qué m tourneré lés pères à le saque. B'én èt, pérdious,
ségures !
Quèn b'-é disi, en éntamian, qu'abi très rasouns pr-ue d'ésta dé
maou-clupeth t'ous qui-é m'an carquad d'aquéste oubrade ! Et
toutung, praoube asoulét, ké-m' caou bruqua dén lé larguansse
dou méy cabéstre.
Doun, k'èy à débisa-b' d'ue pèsse dé tiatre, sé podem dise, pramoum, pa mé lous camérades qué you ne soun segures que sii ue
pèsse dé tiatre, ou soulide. D'alhous, sé né soum pa mé rénsségnads qu'aquo, qu'én goardi lé coupe lou qui-é l'a bèyte. Né s'é pa
doun abisad de lé capéra d'aqués cotnoum : « Roman tiatre ».
Mé qué sii « roman » ou que sii « tiatre », ké s'apère « Lou sécrèt de l'arrague », e sé-b' plats de sabe-é ço qué s'y débire, béyat
l'istouère qui apoutyi coum s'abin touts lous istouères :
Ung cop, u' mamisèle
— Mamisèle de gran méysoun —
K'acapa tarrible islasoun,
— lé punssèle ! lé punssèle !
ue islasoun de trente naou sebmanes, haut ou bach. Qué boulét-s' ?
Ké s'èren entrèflade — siban lou parla maou gaoutad dous baquès.
Taou désaguis b-é pod escade à tout lou mounde ! — Nou ! perdounat-mé sé m troumpi ! — ke bouy dise, à lés fumèles youénes !
Mé tranquilisat b'-é ! ké goari, lé mamisèle, quèn abou débèrssud
ue nénéte.
Lou had k'éstou qué lou fruyt é s'én pourta dou bènte de lé
may ue arrague, coum ségnou. Sapiét qué lé mamisèle may abè
médiche mèrque. K'é dé créde-é que lé meysoun k'abè quouque
èstan è quouque cabiroun hèyts d'eschards d'arraguè ta qué
toutes lés fumèles grosses d'aquét oustaou é s'émbéyassin d'arragues.
Pér ségu lous dé case né hasoun pa tabardéya lou prèts-heyt.
K'ous prèssa mé d'ana-'n déhèt éstuya lou profit énço d'ue counéchènsse, —- ung arrécardè de tout é d'aoute caouse qui s'aouré
benud lous... arrétalhs dé lés uncles s'arrés abè boulud croumpa
lés-y.
A taou mésti k'amassa proubable dé bèts arditouns puch qué,
gouéy lou yourn, ké castéréye p'ou médich parssa oun damoure lé
may dé lé sou arrécapte.
En d'équo, le mamisèle dé l'islasoun k'ère éstade éspousade

�— 196 —
pr-ung moussu chiq meschidèq qui-é, trouban lé caouye bouyte
pér ségu, né carcula pa l'aousèt ésparboulad.
Moussu l'éspous, pr'-ou moumén, k'é mayre per aquiou, lé
gouyatine, én gouéytes, maridedére, é lou goueytoun téndèn ahamiad dé dénès.
Entertan dus galans ké-s' soun préséntads, l'ung casalè, l'août
aboucat. N'én coundi pas ung trésaout, riche pouyrid de founs é
d'escutouns, gouyat dé hort d'opinioun qui-é s'és arrémad béylét
én ço dé lé méynade — féyssoun de ha-s'y lou camin chèns séguilhoun.
E, à tout aquét mounde, ou log d'ofïri-ous ung adot, lou gouéytoun ké hèy réclam dé mounède. sé bolen espousa. Ké balhera lé
gouyate ou mé disèn. Coum podet pénssa ne ba pa tarrible à
l'aboucat qui-a mé dé lènquou qué d'ardits, né tapaouc ou casalè
à qui é prudiré d'éslasa-s'.
L'aha nè-s déstors pa chèts marcadoles è pléytéys affustads de
taou mode qué maquignouns én fèyre ne pouyrén pa fréta-s'y plan
qué lou diable sapi s ous a broy trénquad lou hiou.
Enter de mieys, l'entrèflade de l'août cop ké hèy sabe-é, ou soun
brabe omi dé marid ; que né l'y a pa miad ou coutèt, é l'éspous, dé
boune coumpousitioun, né béyd pas maou lé caouse. Ké hèy mélhe
qué plan. Ké s'en pérbaou ta mia s' dab èt lé gouyatéte é tabéy
lou béylét d'én sémblans qui-é-s trobe labéts lou nobi d'à boun.
E tout aquo ké s'afïèyte dou mé broy paraoulis qui é-s' pousqui
counssébe. O-b-é débisen dé plan, aquére yen! Ne-s' pod pa ha
mélhe! Qu'ugn màlure qué pr aci é pr aqui é s'y éstabruquin à
disedés franchimans, imayes désyurétades é moûts ta haout apitranglads qu'én paréchen, maou aysids à coumpréne fou mounde
coumun. Chèns aquéts foutésots, bé séré — l'obre — chets
parioun !
El'atrama? E lou dèmiad? Lou Peyrot kè-s' manéye aqui pér
déhen coum ung coulak én lou gaber, pèr lé sasoun. Moussu
Tastet k'és ung mèste é né bey pa qui é pouyré ha-ou rampèou.
Toutung k'agraderé mé lou soun tribalh s'ère aparssad à tros è
trénq coum é malurousemen d'usatye ou tiatre ta poudè mucha-s-'y
La, ké sé-m' désroumbèbe qu'açi k'am ahasd'ab çoqu'apèrém ung
« roman dialogué » si m'ère pérmétud de largua dus moûts dé
franchiman.
Broy tribalh ! broy oubrè !
Lé coumissioun ké-s' hèy gay dé madalha dé bérmélh « lou

�sécrét de l'arrague » ta plan oubrad é counssébud pér Moussu
Tastet, de Sèn-Yan-de-Luz, sourtid de Bimbaste — lou Peyrot de
lé Bèrnatère !
L'ARTÈ DOU POURTAU.

Rapport du Concours des Ecoles
Deux sujets étaient mis au concours : Une poésie française de
Jean Rameau « Le Chardonneret» à traduire en langue béarnaise
— et une page de prose béarnaise « U baylét a la bielhe mode » de
M. Lalanne, à traduire en français.
6 Ecoles ont répondu à l'appel des Reclams : 36 garçons et
34 filles.
Chaque candidat avait à fournir pour chaque devoir traité une
traduction littérale et la traduction littéraire. Le tableau suivant
indique comment on a répondu.
Poésie

Prose

Nomb. d'élèves ayantfait la traduction

Norab. d'élèves ayantfait la traduction

LITTÉRALE

LITTÉRAIRE

LITTÉRALE

LlTTÉRAIhE

42

45

48

06

87

114

201

11

traductions

aurait dû y en avoir 280 si tous les concurrents avaient fait le

travail en entier.
Nous le répétons, tout thème, toute version comporte deux traductions :
1° Une littérale, suivant le texte mot à mot sans souci de la forme
correcte qui ne doit s'employer que dans la traduction littéraire.
2° Une littéraire suivant le texte de très près, et respectant de
façon jalouse la pensée de l'auteur.
Exemple de traduction littérale :
Ta disé-b û cop en yaméy so qui dies a e-m
en sus.
(1) E euphonique ; à sauter comme le que.

(1)

hè sequa de cap

�- 198 -

Pour dire vous une fois en jamais ce que jours a[i) me fait sécher de
tête en dessus.
Ah! que (1) mentabéts lous antics.
Ah! (1) mentionnez les anciens.
— a Que » devant un verbe ne se traduit pas aux modes indicatif
et conditionnel. C'est un mot explétif'. Il ne faut pas suppléer les
pronoms sujets, je, tu, il, nous, vous, ils, sous-entendus, comme en
espagnol. Voilà pourquoi dans Ah ! que mentabéts lous antics, il
faut supprimer le « vous » que plusieurs ont mis avant mentionnez.
Ce serait autre chose si le texte portait: Ah ! bous que mentabéts.
Au subjonctif « que » est conjonction et alors on l'emploie. Le
mérite de la traduction littérale est de donner à chaque mot son
correspondant le plus proche parent.
Ainsi dans U baylét : au mot « hiqua lous câs dehore ». Tous les
chers « menins » de Mirepeix, sauf un, placent les chiens dehors :
On place un domestique, une servante, une marchandise, des
capitaux, un tableau etc. Les chiens on les envoie, on les met dehors ;
on les chasse, mais on ne les place pas (Exception faite pour des
individus qui les mettent en pension chez des particuliers et si on
les leur donne à élever, à dresser.
Ennegride (care) se traduit par noircie plutôt que par brunie;
racine, nègre, noir.
Gigans aymadous : aymadous se traduit mieux par « amis » que
par amoureux.
Tribalh empregnadé e saubadou : travail fécond et sauveur; salutaire conviendra mieux que sauveur dans la traduction littéraire.
Trufandès égale dédaigneux, moqueurs ; dous encountres e faus
incas égale des mauvaises rencontres et fausses imputations.
La lugou dou die ; lugou se traduit mieux parla lumière, la clarté
du jour que par la lueur.
Credéns doit se traduire par Crédules. Croyants se dit de ceux qui
ont la foi, et ne s'emploie qu'en matière religieuse. Crédules est
le terme exact. A Orthez, le mot Credén a surtout le sens qui se
croit plus qu'il ne vaut : prétentieux, ce n'est pas cette acception
de mot qu'il faut prendre.
Las loues doit se remplacer par les leurs. Le béarnais de
M. Lalanne est celui des régions du Béarn où le pronom possessif
(1) Le pronom sujet n'est pas là ; il ne faut pas le mettre dans le mot à
mot.

�— 199 —
s'emploie pour l'adjectif possessif. (Voir le rapport de M. Lacaze
sur le Concours des Ecoles de 1908. Félibrée de Condom. Reclams
page 251).
Frasadçs .-hâbleries; hâbleurs, vantards, fanfarons, importants;
espantaýres : fanfarons ; tabalhe tenude : nappe tendue, mise; precantayre : conjurateur paraît le meilleur terme puisqu'il s'agit
dans le texte de sort (hat) à écarter. Certains ont traduit par guérisseurs.

Precantayre :

qui fait les prières «pregadius» pour

guérir de certains maux, a parfois le sens de guérisseurs, mais
pas ici.
A lou : mot à mot à leur (sous-entendu maison) ; treshumbla : se
faire humble ; mâflamande : main caressante, flatteuse; à saute la
brouste on a souvent donné comme équivalent saute-ruisseau ; c'est
faux. Le saute ruisseau est le commis chargé de courses, des commissions dans les maisons de commerce ; nous préférons bohèmes,
va-nu-pieds ; ne s'en cliqua est à traduire par une périphrase ne s'en
but (avec gourmandise) le mot forme onomatopée rappelant le coup
de langue au palais ou le bruit des lèvres... quand le vin est
bon : clic.
Paraule bayoulante : insinuante ; traboulhère vaut mensongère.
Escoudc-râs : écoue-chiens a été traduit par coupes (sic) queues
de chiens. Cette expression
intraduisible eu français.

est

Elle a

essentiellement
pour

béarnaise

équivalents

et

Pelaguit à

Oloron, Pelagassaa à Orthez, Pelagatiè région de Pau et signifie :
Bohême, parasite, pique-assiette, gens sans aveu, vivant d'un
métier de rencontre). Lounyéyrc littéralement serviette, essuiemains ; sorte de serviette longue étroite servant d'essuie-mains à
une rangée de convives, servant aussi, las! à porter dans leur
bière les morts en terre. Longe ne signifie rien. Au figuré, serbiéte
demesplè : bâton, trique. Voir dans Sermou deu cure de Bideren.
A Arthez. tous les candidats ont mis le passé antérieur fut au
lieu de l'imparfait du subjonctif dans la phrase « pour si charmeuse
que fût leur parole « traboulhère » mensongère.

Traduction Littéraire
Rien ajouter, rien retrancher, rien diminuer, se rapprocher de l'idée
de l'auteur, pas de paraphrase, pas d'invention, pas de trivialité
dans l'expression, mais prendre le plus possible la forme correcte,
de bon goût, élégante, sont règles à observer, dans la traduction
littéraire. Mais suivons.

�— 200 —
U cop en yaméy ne peut se « traduire par une fois à jamais »
forme incorrecte, mais par « une fois pour toutes » :
Le rapporteur veut montrer le danger qu'il y a à supprimer des
parties dans le texte. Dans la phrase de « U baylet a la biélhe
mode... so qui dies a e-m hè sequa... plusieurs concurrents n'ont
pas traduit so qui dies a et la suppression est fâcheuse, car c'est
l'idée principale. Il y a là, implicitement dans ces 4 mots, l'indication d'un double sentiment. Le domestique depuis longtemps
(dies a) souffre d'un état de choses : il aime son maître; il a
gardé, concentré sa peine; par Respect sûrement il n'a pas
parlé ; il n'y peut plus tenir ; l'intérêt du maître maintenant et...
il parle ; amour, respect, voilà les2 sentiments; l'amour l'emporte
et voilà la raison d'être du dialogue.
Encore :
Dans beaucoup de copies on n'a pas traduit trufandès dous
encountres e faus incas ; c'était pourtant essentiel ?
Dédaigneux des mauvaises rencontres semble indiquer la force
physique des aïeux ; dédaigneux des «faus incas » fausses imputations révèle la quiétude morale, les «antics» étaient des sages.
Le qu'en dira-ton, la calomnie les laissaient froids.
— Du danger qu'il y a à ne pas serrer le texte, l'idée. — « Lous
antics que sabèn que quoate ardits que hèn lou so ». Certains ont
traduit. « Les anciens savaient que le sou vaut o centimes », non,
ils ne le savaient pas ; le centime est monnaie moderne. D'autres ?
í» Les anciens savaient que le sou vaut quatre liards; ils n'y ont
rien compris : d'une question économique ils ont fait une question
arithmétique. « Les anciens savaient que quatre liards font le soun,
solution économique.
Ce qui entre lignes ou mots ici, veut dire qu'ils connaissaient
le prix des liards et que lorsque 4 liards avaient été dépensés le
sou y avait passé.
— Ne traduisez pas à côté, vous traduisez à faux ou à lourd.
Voyez plutôt : e n'ous bedén pas amassedous de brén, barreyedous de
harie, despéne chyès ta touca dus, emprounta a dèts per Hure ta ha
lous espantayrts ; abc tabalhe tenude... par : on ne les voyait pas
ramasser du son pour répandre de la farine (ceci est faux parce
que impossible) ; dépenser 6 fr. pour en toucher 2, emprunter
à SO p. %, où dit-on cela ? Pourquoi ne pas traduire simplement
par : dépenser six pour toucher deux, emprunter à dix (sous) par
livre ?

�- 201 —
Le dernier paragraphe a été compris à rebours. Presque tous ont
mis : Chez lui on pouvait humilier le vagabond. Pourtant le texte
est bien clair. On n'a pas su voir que le sujet bandouliè suit le
verbe treshumbla au lieu de le précéder. Or les exemples ne sont
pas rares de ces inversions. Et que penser de ces hôtes de bonne
bouche promenant leur main caressante sur l'échiné des mendiants
&lt;( brame paa »? — Pouah ! C'est le contraire, sous l'expression
figurée
Mais ce que demande surtout le jury, c'est d'affiner le goût,
d'empêcher l'emploi de termes sentant l'argot. Pourquoi laisser
écrire faire de l'esbrouf, faire de l'épate, secouer les puces, aucun
blagueur ne s'en soiffa.
« Tan que hacen traduccious atau que bau mielhe estas ».
On ne doit laisser venir au concours que les travaux sortables ;
les autres on les retient, 11 ne faut pas infliger un supplice au
jury.

Thème : Poésie de J. Rameau
Seuls un élève de l'Ecole supérieure de Nay et les filles de l'Ecole
primaire d'Arthez d'Asson ont fait la traduction littérale. Il semble pourtant qu'on ne peut essayer de la traduction littéraire qu'autant qu'aux termes français, on a su substituer les mots béarnais,
les mots font l'idée!., aussi la traduction littéraire n'a été que
passable ; en général les notes oscillent entre 7 et 13 1/2.
Les compositions de Laurède (Landes) sont soignées, mais les
traductions littérales font défaut. Par ailleurs les traductions littéraires présentent des différences très accusées avec la traduction
littérale et le texte. — Et l'orthographe?
L'orthographe est défectueuse : des candidats ignorent que les
sons aou, èou, iou s'écrivent au, eu, iu. cazaou, casau ; ataou, atau ;
sioula siula. Caouques, doit s'écrire quauques. Au près n'est pas
béarnais, ou dit : au ras.
Traduction littérale : gorgerin se traduit mieux par gouryeréte
(collerette) que par gouryéte ou gouryote, gorgayrii (petite gorge).
11 s'agit plutôt d'un ornement extérieur de la gorge que de la gorge
même.
Certains ont traduit: «Voit ravager son nid par quelques mauvais diables », par Bed debara sounnid ver cauques hils deu diable ».
Aquets chiribicoutins de la may, paréns deu pay ne poden pas
arrenega d'esta francs biarnés, mes n'ey pas lou ffexte ».

�— 202 —
Pitoyables, ne peut se traduire par piétadous. Pietadous se dit de
celui qui est compatissant, non de celui qui est l'objet de la compassion. Il faut traduire par une périphrase ou par un synonyme:
prauboulots, praubichots, a plagne, dignes de piétat, qui hèn
pietat ; corps frustes, maubaduts, mau tourneyats, curs ; accourt:
s'abranléeh, s'abrumë, qu'arribe.
On sent pleurer une âme obscure, a été traduit par : oun que
sen ploura ue amne heride ou deschidade. Sendech est le verbe
sentir ; scn est l'adjectif saint. Amne heride ne traduit pas Amne
cscuro ; pas plus que amne deschidade (éveillée, blessée); c'est un
non-sens
S'éloigne : se hè en la et non enla (enfler].
Epiant a été traduit par lupim, lupan ^français, reluquant)
argoeytan ; mieux vaut argoeytan ; métairie parfois se traduit par
boria? terme archaïque qu'on ne trouve que dans les vieux textes
faut-il faire revivre ces vieux termes ? nous ne le pensons pas.
Soudain : to it d'u cop, de pous ; C'est moi, veut dire textuellement
je suis moi, que souy you; moi, première personne veut souy ; ce
serait irrégulier de mettre qu'ey you, ey, forme de la troisième
personne.
« Voici des grains»: Assiu qn'abet grâs, ou B'assiu gras; forêt
sonore ; base triglan, ou seuba tringlante.
Ils grandissent, ils sont replets : eths praben, elhs soun grassoutéts.
Ils l'entrouvent, s'écrit: que l'entr'orbin ou l'enter-ourbêchen;
eslans, esbalans ; sanglouta, saumura. Une faute commune doun
pour d'oun ; d'oun est un pronon relatif ici.
La traduction littéraire en général a été faible, peu au dessus
de la moyenne. La grosse faute? on n'a pas traduit le tout, on a
amputé, — mutilé serait plus exact — un beau corps.
Un second reproche : Les copies se ressemblent: les traductions
littérales je veux bien; mais les autres! il ne faut pas les faire
sortir d'un commun moule. Le rapporteur souligne.
Forme matérielle. — Il faudrait des écritures plus lisibles; si
plusieurs concurrents ont bien soigné, une école notamment l'a
peu fait.
ïouts aquéts droullats
Qu'escriben coum gats.
Que diseran que non ey hè pas arré. l'erdou, û plat plâ parât qu'a
ue aute faysou.
Est-ce à dire que nous n'ayons pas de compliments à faire?

�— 203 —

Loin de là et la lecture des copies nous a donné la mesure des
efforts faits par les élèves et les maîtres.
Aux lauréats, à tous les concurrents les encouragements du
jury.
A nos amis, leurs maîtres, ardents félibres, sous le couvert de
Gaston Fébus et au nom du Bureau, tous nos sincères et cordiaux
compliments.
I.e Rapporteur,
J. LHEPT.

Rapport sur le Concours de Dessin
Lorsque, il y a cinq ans, l'Escole Gastou-Febus, créa, à côté de ses
concours de littérature et de musique, un concours de dessin, son
ambition n'était pas de recueillir, pour son petit Musée du Château
de Mauvezin, des œuvres importantes comme celles qui font la
richesse des Musées du Louvre et du Luxembourg ; ses désirs
étaient plus modestes : elle espérait obtenir par des procédés plus
artistiques et plus durables que l'épreuve photographique, plus
originaux que la banale carte postale, des vues de nos paysages,
de nos vieux momments, des scènes de la vie de notre belle terre de
Béarn et de Gascogne.
Des rives de l'Adour aux plaines de la Garonne, pouvons-nous
compter le nombre de poètes qui chantent en piose ou en vers, en
béarnais ou en gascon, les charmes de notre petite patrie, son histoire, ses contes et ses légendes ?
N'y a-t-il donc, de Toulouse à Bayonne et de Bordeaux à Bigorre,
d'autres poètes qui, par le crayon, le pinceau ou l'ébauchoir,
puissent, eux aussi, fixer sur le Watmann, la toile, ou dans la
glaise les beautés de nos sites Pyrénéens, de nos Landes, la belle
allure des fils et des belles filles du Béarn et de la Gascogne ?
La terre d'où sont éclos les peintres tels que Bonnat, Gélibert.
Bordes, Echeto, Zo. Pascau, Etcheverry, les sculpteurs Escoula,
Desca, Soulès, n'est pas terre stérile : alentour des grands chênes
poussent les rejetons !
C'est à ceux-ci que l'Escole Gastou-Febus fait appel. — Si le
programme des concours leur semble un peu ardu, ils doivent les
traiter quand même, selon leur goût et selon leur savoir. — Le
Jury chargé du classement n'est ni sévère, ni désobligeant; il est

�— 204 —
heureux d'apprécier les bonnes volontés et d'encourager les efforts.
Si les débuts sont humbles, inexpérimentés, mettons-y de la
persévérance et les progrès apparaîtront peu à peu. — Un brillant
exemple nous est donné cette année, par une gentille lauréate :
elle a pris part aux concours de dessin depuis leur création ;
ses premiers essais furent timides et passèrent presque inaperçus,
mais elle était animée d'une belle volonté qui justifie la devise
servant de signature à ses travaux (vouloir toujours, vouloir quand
même, — à chaque concours nous avons pu constater un progrès
sérieux et cette année, la pervenche de vermeil emblème de
l'Ecole, lui est décernée pour son projet de couverture de la partition musicale, ainsi qu'une médaille d'argent pour l'esquisse
peinte, la semaille du maïs.
Nous espérons bien que son exemple sera suivi, et nous verrons
dans les concours à venir les débutants d'aujourd'hui recevoir à
leur tour de justes récompenses.
Déjà, les élèves des écoles prennent part aux concours littéraires,
nous les verrions avec plaisir participer à nos concours de dessin
— qu'ils y viennent nombreux, et pour cela nous nous adressons
au dévouement de MM. les Professeurs de dessin des Ecoles Normales, des lycées et collèges, cours municipaux. — Qu'il apprennent à leurs élèves à voir, à observer la nature, à la copier, à en
exprimer la beauté ; ils leur apprendront par cela même à mieux
connaître leur pays et à mieux l'aimer.
/er Sujet : Las Bielhotes.
Projet de couverture pour partition musicale d'après le poème
de Al Cartero :
/'■' Prix : Mlle Renée Lâché, 316, Boulevard de Talence, Bordeaux, Heur de Vermeil.
2° Prix : M. Xavier Perez, à Joiny-Cott, par Mirande (Gers),
Fleur d'argent.
&lt;re Mention : Mlle Yvonne Beronneau, 46, Place des Capucins,
Bordeaux, Médaille d'argent.
2e Mention : M. Albert Beaugrand, à Lavardac (Lot et-Garonne),
Médaille de bronze.
3e Mention : Mlle Germaine Methion, 1, rue Maubourguet, Bordeaux, Médaille de bronze.
2e Sujet : La Semaille du Maïs.
Prix : Mlle Renée Lâché, Bordeaux, Médaille d'argent.

�— 205 —

Rapport sur le Concours de Musique
Les pièces envoyées au Concours témoignent d'un manque de
connaissance élémentaire des principes de la composition et de
l'harmonie.
Pour en donner une idée, par comparaison, c'est comme si un
enfant de basse classe s'essayait à composer un roman. Il ne
pourrait généralement attendre, que du seul hasard, un succès.
Des 7 compositions, 6 sont à éliminer, le n° I peut, seul, être
retenu quoique doté d'une faute énorme au début. En effet, sur les
sept premières mesures (6/8 et 2 bémols) la première mesure, au
lieu de 6 croches, en compte 7 ; la seconde est bien ; la troisième
a 7 croches ; la quatrième est bien; la cinquième a 8 croches ; la
sixième de même ; la septième en a 7.
Cette composition n'est pas bien brillante; elle est celle qui
s'éloigne le moins des règles de l'harmonie.
Il est impossible de porter un jugement sur les six autres pièces;
il n'y a pas de mesure qui ne donnerait lieu à une observation.
Une mention au n° 1 sera une récompense largement suffisante.

Rapport sur le Concours de Linguistique
A la distribution des prix du lycée de Mont-de-Marsan, le
30 juillet 1903, un jeune professeur, donnant aux élèves les derniers conseils qu'ils écoutent souvent d'une oreille distraite, savait
éveiller, retenir leur attention, en les engageant à écouter les
récits des anciens, en leur vantant la langue natale : « Cette langue, disait il, mes amis, soyez-en fiers. Elle n'est point comme on
l'en a accusée trop souvent, un idiome vicié et corrompu, un
simple « patois », comme l'on se plaît à dire avec une nuance de
mépris. C'est une langue véritable; elle a la beauté, la richesse et
l'harmonie, et a pu ainsi donner le jour à toute une littérature ;
elle mérite d'être étudiée ; elle peut être un instrument de culture
intellectuelle et morale. » (')
C'est que le maître qui s'exprimait en ces termes connaissait à
fond l'idiome qu'il a étudié pendant les six ans de sa vie universitaire écoulés dans le paisible chef-lieu des Landes. En l'année 1910
le monde scientifique en a eu la preuve.
La librairie Champion mettait en vente le Recueil des textes de
l'ancien dialecte Landais. Paris, in-4°, de LXVIII-340 p. « fruit des
(1) Vr Reclams, 1903, p. 133.

�— 206 explorations dans le passé linguistique »

de cette région des

Landes, avec introduction grammaticale abondante et un glossaire
des mots que ne donne pas le Dictionnaire Béarnais de Lespy et
Raymond. Luchaire dans le recueil qui a été si utile n'avait fourni
que deux textes anciens pour ce territoire.
En 1910 aussi la Biblotlièque méridionale de Privât, à Toulouse,
éditait les deux ouvrages suivants du même professeur : Petit atlas
linguiste d'une région des Landes, in-8° de

LXIV

424 p., à probable-

ment parler de 85 communes autour de Mont-de-Marsan, formant
surtout l'ancien Marsan. L'enquête porte sur 1300 faits linguistiques, rattachés à 400 mots isolés et 400 courtes phrases ayant provoqué 68.000 questions et déterminé autant de réponses, d'après
les procédés de M. Edmont, sur le questionnaire dressé par
M. Gillieron. Trois dimensions des cartes utilisent les 573 cartes
dressées donnant : la première, les empreintes laissées sur le
palais artificiel par un millier de mots landais prononcés par un
habitant de chacune des communes ; la seconde, les tracés graphiques produits par les vibrations buccales et nasales de 153 mots
landais tracés devant un inscripteur ad hoc ; la troisième, la reproduction synoptique et géographique des 85 réponses fournies à des
questions dans les 85 communes avec une carte par phrase et par
partion de phrase étudiée. Un système ingénieux de signes a
permis d indiquer l'aire de chaque mot.
Le troisième volume est intitulé : Études de dialectologie landaise.
Le dëveloppemene des phénomènes additionnels, 1910, in 8° de 224 p.
Utilisant les documents des recueils précédents, l'auteur « essaie
de montrer, par un exemple, quels résultats peut engendrer pour
la connaissance des dialectes dans une région nettement circonscrite la combinaison des trois disciplines qui sollicitent à l'heure
actuelle la curiosité des linguistes et qui ne sont que des applications particulières de la méthode classique de comparaison : l'élude
critique des documents linguistiques ou littéraires..., la méthode
expérimentale..., enfin la méthode géographique. »
Voici ce qu'écrivait notre éminent confrère, M. le professeur
Bourciez (';, de l'œuvre de son disciple : « les trois ouvrages en
question ne sont pas seulement une des meilleures contributions
linguistiques, mais la plus importante vraiment qui ait encore
paru sur une des portions de la zone gascone. Si, en d'autres
points de cette zone, nous avions une dizaine d'études de ce genre
(1) Annales du Midi, 1911, p. 90.

�— 207 —
et de cette valeur, nous saurions, je crois bien, sur l'état actuel de
1 idiome gascon, et même sur son histoire dans le passé, tout ce
que nous pouvons espérer raisonnablement de savoir jamais. »
M. Millardet, car c'est de lui qu'il s'agit, a présenté ces thèses
pour le doctorat en Sorbonne et il les a soutenues avec un tel
succès que les éloges de ses juges ont été assortis d'une nomina
tion à la chaire des langues romanes de la faculté de Montpellier,
illustrée par les Boucherie et les Camille Chabaneau.
Après de tels suffrages, après une si haute consécration, il semblait téméraire que l'Escole Gastou Febus ambitionnât d'ajouter sa
modeste couronne, bien simple, aux lauriers de l'éminent professeur. Mais les audacieux réussissent parfois, et nous avons eu la
joie, 1 honneur, de voir notre proposition acceptée. Pour la première fois, je crois, nous couronnons un maître de l'enseignement
supérieur et nous n'en sommes pas médiocrement fiers.
Et M. Millardet de se récuser, en termes trop aimables, de ce
qu'il n'est qu'un franciman. Or, comme nous tenons dou nouste
Hinric le goût de l'annexion, nous lui conférons de grand cœur
des lettres de naturalité gasconne pour services exceptionnels. Ne
sont-elles pas méritées par cette œuvre monumentale, d'un labeur
patient et fécond, par des notes disertes sur nos dialectes dans
les revues savantes, par le nom même de l'auteur. Il est le fils, en
effet, de l'éminent et modeste botaniste, professeur à la Faculté des
sciences de Bordeaux, universellement connu par ses utiles et
fécondes recherches sur la reconstitution des vignobles français,
par la découverte de la bouillie bordelaise qui permet de lutter
contre les maladies cryplogamiques de la vigne, par l'hybridation
sexuelle pour la création de types résistant au phylloxéra.
L'Escole Gastou Febus se trouve honorée par l'acceptation qu'a
faite M. Millardet de la récompense qui lui est décernée comme
un témoignage de haute estime et de reconnaissance pour ses
utiles travaux.
Louis BATCAVE.

�— 208 -

Palmarès des Jeux Floraux
Concours de Poésie
Médaille de Vermeil
M. Jean-Baptiste Bégarie, de Pontacq, pour A las holes dou bielh
pourtau.
Médailles d'A rgent
M. de Lartigue, de Monguithem (Gers), pour Œlhs clueats.
M. Abadie, instituteur, à Sombrun, pour L'elecciou dou mayre de
Reyole.
Médailles de bronze
M.
M.
M.
M.

Lacouture, de Laurède, pour Lou coundedou roucliinou.
le Docteur Méliande, de Thèze, pour L'arrous matiè.
Arrix, à Aureilhan (JL-P.), pour A bouque de noeyt.
l'abbé Bouheben, pour L'abor.
Diplôme de Médaille de Bronze

M. Jean-Baptiste Bégarie, de Pontacq, pour U se l'estéle d'aur.
Mentions honorables
M. l'abbé Barros, d'Urgon, par Samadet (Landes), pour LOM
nousie ponn.
M. l'abbé Barros, pour .4« pang de nouste.
M. Yan dou Gouf (M. Duboscq), à Capbreton (Landes),, pour La
heste de Sen Nicoulau.
M. l'abbé Poque, curé de Caubios, pour La bouts de case.

Concours de Prose
Médaille de Vermeil
M. de Lartigue, de Monguilhem (Gers), pour La mourt de la
Cigalhe.
Diplôme de Médaille de Vermeil
M. l'abbé Barros, d'Urgon, par Samadet (Landes), pour Lou Rounaparte de nouste.
Médailles d'Argent
M. Yan dou Gouf (M. Duboscq), de Capbreton (Landes), pour
Lou fin boulur.
M. Jean-Baptiste Bégarie, de Pontacq, pour Que eau goarda-s
lous pecs a case.

�— 209 Diplôme de Médaille d'Argent
M. Léon Arrix, à Aureilhan (H.-P.), pour La légende deu bermi
de Sen Yan.
Médailles de bronze (Ex-œquo)
M. Louis Lamaignère, instituteur, à Artassenx (Landes), pour
Lou boun gnafre.
M. le Docteur Méliande, de Thèze, pour Pagat de tournes.

Roman Dialogué
Médaille de vermeil
M. Tastet, dit Peyrot, de St-.)ean de-Luz : Lou secret de l'arrayne.

Concours de Dessin, Peinture etc.
Premier sujet : Las bielhotes
Premier prix: Fleur de vermeil : Mlle Renée Lâché, à Bordeaux.
Deuxième prix : Fleur d'argent : M. Xavier Perez, Joiny Cott, par
Mirande (Gers).
Première Mention : Médaille d'argent : Mlle Yvonne Beronneau,
à Bordeaux.
Deuxième mention : Médaille de bronze : M. Albert Beaugrand,
à Lavardac (Lot et-Garonne).
Troisième Mention : Médaille de bronze : Mlle Germaine Methion
à Bordeaux.
Deuxième sujet : La Semaille du maïs
Prix: Mlle Renée
d'argent.

Lâché,

(Bordeaux). Diplôme de Médaille

Concours de Musique
Une Mention à l'auteur anonyme du morceau Ta deschudamayole.

Grand Prix de Linguistique
M. Millardet, docteur ès-lettres, professeur de philologie romane
à la Faculté des Lettres de Montpellier; pour ses travaux et ses
recherches sur l'ancien dialecte landais ; Médaille de vermeil :
1' Etude.

Prix Spécial
M. Paul Laborde-Barbanègre, avoué près le tribunal civil de
Pau, trésorier de l'Escole, pour son dévoùment, son concours zélé
dans l'organisation des diverses réunions: Une estampe encadrée
l'Assemblée dans un pa&gt;rc de Watteau, gravée par M. Boilvin.
3

�- 210 -

Concours des Ecoles
Prix offerts par M. Bérard, Sous-Secrétaire d'Etat aux BeauxArts:
T. — Une estampe : Les derniers rebelles, gravure de M. Quarante,
d'après Benjamin Constant: M. Ernest Cazajus, de l'Ecole Supérieure de Nay.
II. — Une estampe: Assemblée dans unparc, gravure de M. Boilvin,
d'après Watteau ; à l'Ecole des filles d'Arthez-d'Asson.
III. — Une estampe : La lecture, gravure de M. Chefïier, d'après
Fragonard, à l'Ecole des garçons de Mirepeix.
Prix offert par l'Escole
IV. — Une estampe : La Lecture, décernée par l'Escole, à
M. Loussalez-Artets, instituteur à Arthez-d'Asson, pour ses efforts
longs et persévérants en faveur de la version à l'Escole.
Récompenses aux Élèves
Ecole Supérieure de Nay
Carte de médaille d'argent : Darramon Eloi.
Mirepeix. — Ecole des Eilles
c.
c.

D. M.

. v.
A.

Palette Marthe.
Larrousse Valérie.

D. M. H.

Carrazé Angelina, Gousi Jeanne, Gras Jeanne.

M

Mirepeix. — Ecole des Garçons
c.
c.

M.

v.

Soumoulou Joseph,

M. H.

Gouradjut Clément, Cazaban Félicier.
Fabre Albert, Loustalet Pierre.
Claverie Pierre.

. v.
M. A.

Langle Jeanne,
Sériés Maria, Péré Catherine.

D. M. A.
D. M. H.

Arthez-d'Asson. — Ecole des Filles
c.
c.

D.

c.

M

.

M. A

D. M.

H.

.

M. H

Langle Jeanne, Bégué Marie, Péré Marie-Jeanne, Péré MarieLouise.
Berducou Marceline, Berducou Marguerite, Langle Catherine,
Hourna Lucie, Berducou Octavie.
Batcègue Posa, Guillamet Marie, Poumiès Clémence, Sériés
Antoinette, Grabot Jeanne, Bruchou Renée, Bourié Elise.
Arthez-d'Asson. — Ecole de Garçons

C. M.

v.

Somdecoste Gustave, Bourié Prosper.

G. M.

A.

Péré Pierre, Saubatte Jean, Turounet Jejn-Baptistc.

�— 211 —
D

M. H.

M. H.

Doureau René, Lousplas René, Saubatte Henri, Berducou Paulin,
Ganerot Vincent, Lacure Bernard.
Bousquau Dominique, Péré Pierre, Turon Jean.
Ecole de Garçons de Lauréde. (Landes)

. D. M. A.
D. M. H.

.

M. H

Sombrun Damien, Bourié Prosper.
Duboueilh Maurice, Lestage Louis, Roulier Ferdinand.
Bourlon Michel, Labat Louis.

Rapport de M. Batcaoe
Conformément au pieux usage en honneur dans ces réunions,
nous apportons le dernier salut à ceux qui nous ont quittés. Bien
que la perte de nos collègues, quels qu'ils soient, atteigne vivement l'Escole, l'année écoulée lui a été particulièrement cruelle.
C'est tout d'abord notre lauréat du prix d'histoire à la réunion
d'Argelès, le vénérable Jean Bourdetle que nous pouvons proposer
en exemple. Né dans la pittoresque station thermale, élève de
l'Ecole normale du département, Jean Bourdette subissait les
épreuves du baccalauréat à trente-neuf ans, après avoir été l'élève
de Le Verrier et, vingt ans après, il venait se fixer à Toulouse. Sa
vie jusqu'alors fort active, consacrée surtout à l'enseignement,
allait devenir particulièrement féconde en recherches sur son
pays natal.

Il se livre d'abord à l'étude de la botanique et à

soixante dix ans, malgré

sa

vue

fatiguée, il

entreprend de

débrouiller l'histoire de sa province. Per amou d'et Labeda, il multiplie les travaux, les brochures, les gros livres sur la région qui
lui est chère.

En 1903 nous lui décernions la médaille, prix

d'honneur d'histoire pour la Bigorre et ce lui était un excitant,
car il continuait à activer ses publications,

sentant prochaine

l'heure que redoute le sage ; il mourait à la fin de 1911 après avoir
corrigé les dernières épreuves de l'histoire et des moines de
l'abbaye de St-Savin.

Saluons d'un

souvenir

respectueux la

mémoire de ce beau vieillard qui fut un grand travailleur, un ami
de la terre natale, et plus encore un modèle à imiter.
Le 21 décembre expirait un maître de la médecine, M. le professeur Lannelongne, né à Castéra-Verduzan (Gers),

membre de

l'Académie de Médecine et de l'Académie des Sciences, notre
vice-président pour l'Armagnac. Il s'était spécialisé dans la
chirurgie des enfants et les travaux signés

de son nom font

autorité. Professeur à la Faculté de médecine, sénateur du Gers,
M. Lannelongue présida, par une courtoise délégation de notre

�— 212 —
président, les fêtes d'Eauze auxquelles il voulut donner l'éclat qui
ne leur manqua pas. Resté très attaché au coin de terre natal, il
fonda pour sa petite commune ce musée destiné à donner à la
région une éducation artistique. C'était de bonne décentralisation.
Le nom de Lannelongue était en particulière et haute estime en
France et à l'étranger. C'est suffisamment marquer la perte qu'ont
faites la Gascogne et notre Escole.
Avec l'année nouvelle disparaissait le maître en gai savoir Henri
Pellisson, le félibrc d'Arette, lauréat de nos premiers concours.
Quelle langue châtiée, quelle idée élevée, quel sentiment généreux, c'est ce que montrent ses diverses œuvres en l'honneur de
Lespy, du général Camou, de Jasmin, les chants d'Argelès et
d'Oloron, Nouste-Dame de Sarrance, Discours d'un patriote béarnais, Tarrible espectagle en ère tasque! La Tasque était son
mot favori : Mantengam la tasque, telle était sa devise et pour la
faire aimer, il la célébrait en béarnais sous les formes les plus
diverses, articles de journaux ou d'almanachs. Parfois même, et
de cela je lui dois être plus reconnaissant que tout autre, il
recueillait pour une Revue les contes anciens de sa vallée, d'une
rédaction et d'une langue bien nattes qui étaient une joie pour les
lecteurs. De cet homme bon, simple, au sentiment bienveillant et
généreux, de ce poète à la langue riche, nous garderons, fidèle, le
souvenir.
Peu après survenait la mort de notre très cher et très regretté
président Adrien Planté. Je me sens impuissant à rappeler en
quelques lignes ce qu'il a été pour notre œuvre. Par tradition de
famille il était un pur Béarnais béarnisant de la région d'Orthez
et si la mort d'un père dont le nom est encore vénéré le priva d'un
soutien, il trouva dans la sollicitude intelligente d'une mère de
haut esprit et de grand cœur qui sut l'élever dans le culte de nos
traditions.
Ce qu'il a été pour notre œuvre, il est à peine besoin de le redire.
Quand l'Escole fut fondée, qu'elle se plaça sous le patronage du
gentil seigneur de Moncade dont Adrien Planté, de sa maison de
Départ, voyait face à lui le château avec ses souvenirs poétiques,
elle mit tout spontanément à sa téte celui qui saura faire revivre
le souvenir de Febus. Et lui, il vit aussitôt dans notre œuvre un
moyen de développer davantage l'amour de la terre natale, soit en
racontant les hauts faits de ses enfants, soit en parlant contre les
dangers de l'émigration et, comme suivant l'expression de Mistral :
« dans la langue du peuple, il y a l'âme du peuple » il en voulut

�213 —
propager l'usage par un effort constant. Au devant de notre
bataillon son nom était un emblème, un drapeau autour duquel
se rallièrent bien des personnalités. Aussi, lorsque dans nos réunions annuelles, on le voyait s'adresser au peuple, dans le rayonnement de sa personne sympathique, de son geste généreux, de
sa parole chaude et vibrante, s'échappait de toutes les lèvres la
même expression que notre ami, l'abbé Sarran, a joliment traduite
dans un vers :
Planté beroy e arrisoy.

Et comme il administrait avec son tact généreux notre petite
cohorte ! Son désir et son art de ne contrarier personne était
grand : « Il faut toujours avoir dans la tête un coin ouvert et libre
pour y donner une place aux opinions de ses amis et les y loger en
passant ». Cette délicate pensée de Joubert nul plus que lui ne la
pratiqua et La Bruyère, je crois, lui rappelait « que l'esprit de
politesse est une grande attention à faire que, par nos paroles et
par nos manières, les autres soient contents de nous et nous d'euxmêmes ». Il avait, en effet, ce suprême tact de procurer que dans
une société où les éléments sont bien divers, où le populaire surtout doit dominer, nul n'ait eu à ne pas se louer de lui. C'est ce
qu'il appelait la courtoisie béarnaise et je ne crois point exagérer
en disant qu'il en fut un des plus parfaits représentants.
Quoi d'étonnant alors si, malgré les coups de vent et je puis bien
le dire ici entre nous, car nous sommes en famille, malgré aussi
les coups de tète, la société a toujours prospéré et si, bien vite, le
nom de son président a été aussi populaire aux bords du Rhône
que sur ceux des Gaves et de l'Adour. Ses succès y étaient considérables. Notre ami Camélat, qui l'accompagna chez nos frères de
Provence, nous a dit combien au pays de Ycstrambord il séduisait
son monde, tant sa poignée de main loyale et son sourire
aimable le rendaient sympathique. Cette sympathie affective se
manifestait de toutes façons. Parcourez nos Réclams et vous lirez
combien il saluait avec plaisir les succès de chacun des membres
de l'Escole, combien il aimait à les rappeler dans ses discours à
nos assemblées annuelles. En vrai latin, il répandait les fleurs à
pleines mains.
Aussi le manoir de famille, la laa de Départ ('), a-t-il vu accueillir
nombreux les amis, pèlerins de la poésie ou de l'art. Adrien
C) Vieux tenues béarnais désignant la maison patrimoniale, héréditaire.

�— 514 —
Planté tenait à maintenir dans notre petite ville d'Orthez, où le
culte des bonnes lettres béarnaises ne fut jamais oublié, un peu de
ce qu'était la cité de Fébus au xive siècle lorsque gentils troubadours et ménestrels, voire trouvères, montaient au château Noble,
car ajouterai-je en déformant légèrement un mot de Lamartine:
il y avait pour lui une patrie dans la petite patrie, c'était la ville
qui l'avait vu naître.
Ces qualités natives nous les trouvons dans son œuvre : Odes à
Mistral, à Bosquet. Lisez son poème couronné au concours
Navarrot. Il avait écrit auparavant, en vers, un conte amusant :
La Sent Pourqui dou diable. Chaleur, coloration, envolée, style pur,
telles sont les qualités qui distinguent son œuvre. C'est une p.erte
considérable qu'a faite notre Escole ; un de ces coups pour lesquels
il n'y a pas de consolation.
Mais Adrien Planté ne meurt pas tout entier. Il nous laisse un
souvenir précieusement conservé, un exemple à imiter. Comme
lui, éloignons ce qui peut diviser, recherchons ce qui rapproche.
Restons fidèles à l'idée qui a fait surgir notre Escole, qui la fait
vivre et prospérer, proposer en modèle à ceux qui poursuivent la
même œuvre de décentralisation par la langue, l'histoire et les
arts. Que l'âme généreuse de Planté plane sur notre Escole ! que
son esprit nous pénètre ! Qu'il soit notre bon génie tutélaire ! Mort,
il vivra ainsi longtemps encore.
Après lui disparaissait notre ami Carrère d'Argelès, successivement principal des collèges de Draguignan et d'Oloron II était un
fervent de la terre natale. Vous n'avez pas oublié sa conférence à
Cauterets sur les vallées, en 1909; son étude sur Despourrins. Il
avait doté d'un prix de ,100 fr. la meilleure monographie d'un
village de Bigorre et souvent il a exprimé le regret de ne pas nous
donner un concours plus actif.
Avec Pierre-Daniel Lafore nous avons perdu un ami ardent et
influent de notre Renaissance. Il fut des sept fondateurs qui quillèrent /'Escole à Pau, Béarnais et Bigourdans. Mais les sept se séparèrent, allant chacun de son côté, en tirailleurs.
Or Lafore songeait. Il songeait modestement à faire œuvre populaire. Il prépara un manifeste qu'il me communiqua avec prière de
formuler un avis décisif. Fallait-il le lancer? Le doute n'était pas
possible. Le manifeste fut envoyé à celui qui devait être notre
imprimeur en lui demandant s'il en voulait prendre les frais à sa
charge. Il revenait à Orthez imprimé. Cent numéros étaient mis à
la poste qui, aussitôt, ramenaient soixante-dix adhésions. Quelle

�— 218 —
fut la joie, l'émotion de Lafore, je le puis dire pour en avoir été
témoin. Grâce à lui l'Escole avait coupé les amarres qui la retenaient au port, elle voguait vers les grandes eaux.
Si je rappelle ce souvenir c'est que je crois qu'on doit la vérité
aux morts quand elle leur est un titre d'honneur.
Lafore aimait tout de la terre natale. Linguiste pur, affiné, il
était poète en prose et j'ai à peine besoin de redire ici qu'il portait
un nom estimé dans la littérature béarnaise Rappellerai je ces
œuvres prêtes à prendre place dans notre anthologie : Lou Nadau
dou petit Y an ; Ue nouée au bosc de Baure ; Lou casau dou petit Yan ;
et le brinde ardent de Dax au pays natal « a la lengoe dous payrans » ; et ces divers articles : a .Voste, de Lapeyre ; Pourquoi nous
sommes allés au félibrige « tout en restant avant tout et surtout
des Gascons et des Béarnais » ; le Gascon n'est pas un patois ; Tau
coum ey qu'aymi lou mey peys ; son rapport si littéraire à la réu
nion d'Oloron ? N'oublions pas enfin que, pendant longtemps, il
assura, avec Adrien Planté, la confection de nos bulletins mensuels ; il avait le soin d'adouba, de mettre las especies et sa rubrique
Mcsclngnrs était particulièrement goûtée.
Pour être complet je devrais dire l'amour qu'il eut pour une de
nos traditions gasconnes-béarnaises : les courses de taureaux. Par
la plume il en répandit le goût avec une compétence toute
spéciale.
Mais Lafore n'était pas un théoricien. Il s'étudia à faire passer
dans sa vie les idées qui lui étaient chères. Homme d'affaires,
notaire ou juge de paix, il s'en inspira toujours : il allait au peuple.
Récemment on lui rendait cet hommage que la partie morale des
considérants de ses jugements était écrite dans l'esprit conciliateur
et traditionnaliste d'un moraliste.
A ces amis disparus, et si chers, nous adressons l'expression de
nos regrets émus; à leurs familles, l'hommage de nos sentiments
de condoléance.
#

# *

Mais notre vie sociale ne nous apporte pas que des deuils. La
part faite aux disparus, il nous faut penser aux vivants. Nous
sommes encore à l'âge des longs espoirs et des grands avenirs.
Notre confrère, M. Léon Bérard, de Sauveterre de Béarn, député
d'Orthez, a été appelé au Sous-Secrétariat des Beaux-Arts. Parlant,
hier, à l'inauguration du monument de Mariéton, il se réclamait
des idées qui nous sont chères et aux Provençaaux parlait de son

�— 216 —
Béarn. Il s'est déjà préoccupé de certains travaux de restauration
aux tapisseries du château de Pau ; il pense à conserver les restes
du château noble d'Orthez. M. Bérard a doté notre concours des
Ecoles de trois estampes prises dans l'artistique calchographie du
Louvre. Qu'il reçoive ici nos remerciements.
Mgr Cézérac, président de la Société historique de Gascogne,
vicaire-général d'Auch, l'un des quatre poètes d'Aheus e Flous, un
vrai gascon, a été appelé à l'évêché de Cahors.
MM. Henri Bernadbeigt et Paul Courteault ont reçu la décoration
de la Légion d'Honneur. Henri Bernadbeigt, un bon Béarnais
d'Orthez, est procureur de la République à Toulouse. Paul Courteault, professeur d'Histoire du Sud-Ouest à la Faculté des Lettres
de Bordeaux, vient d'élever la première pierre d'un très beau
monument à Monluc, en rééditant les Commentaires dans un texte
épuré, abondamment annoté : ces notes montrent la valeur de nos
pères.
M. Millardet, élève de notre maître et collègue, M. Bourciez, est
devenu professeur de littérature romane à la Faculté des Lettres
de Montpellier.
Notre liste contient un nom qui a été fort influent dans l'ancien
Béarn et dont nos pères parlaient avec reconnaissance : c'est celui
des Gramont.de Bidache, illustré autrefois dans les armes. Avec
les temps nouveaux, orientation nouvelle. Hier, un duc de Guiche
conquérait en Sorbonne, le diplôme de docteur es sciences avec
une thèse remarquée. Le 8 Juillet, sur le rapport de M. Branly, la
commission spéciale de l'Académie des sciences proposait l'attribution du prix Hughues de 2.500 fr. au comte Arnaud de Gramont, habitant Le Vignal, à Gelos, pour ses travaux très importants
sur la spectroscopie des substances minérales. Ce n'est pas un
secret qu'un fauteuil de cette Académie récompensera la carrière
scientifique d'un travailleur aussi modeste que savant et désintéressé.
M. l'abbé Dubarat, Archiprêtre de St-Martin de Pau, auteur de
travaux très importants sur notre histoire locale, a été appelé à la
présidence de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau.
Parlerai je enfin du réveil littéraire qui me semble avoir été
actif cette année? M. Arnaudin a publié le premier volume de ses
Chansons populaires des Landes. M. Fernand Laudet a fait
applaudir par un auditoire parisien, une conférence sur les contes
de Gascogne, dont les Biarrots eurent la primeur et qu'a publiée
la «Revue Hebdomadaire». M. l'abbé Médan est allé à Toulouse

�— 217 —
conférencier sur les Noëls et notre ancien lauréat, M. le Dr Levrat,
a parlé de la poésie gasconne. Le vaillant Laré gascon d'Auch,
continue de donner des conférences applaudies: de M. Sarrieu,
sur Pè de Garros; de M. Brégail, sur la Vie de Famille en Gas
cogne; et de notre vaillant ami, l'abbé Sarran, sur nos Contes
populaires.

Le Cascarot ne vous redira pas les

ovations

qui

l'accueillent, mais ces reclams viennent jusqu'à nous. En Béarn,
notre confrère au cœur vaillant, Simin Palay, est toujours sur la
brèche : deux fois par mois avec son ami Camélat, dans la « Bouts
de la Terre », et partout où on l'appelle en l'honneur de la terre
mayrane.
Un groupement s'est formé dans le Vic-Bilh et le Madiranais qui
nous a demandé et auquel nous avons été heureux d'accorder
notre sympathique et bienveillante adhésion. La fête du 21 Juillet
à Lembeye fut particulièrement intéressante et nous valut l'adhésion précieuse, en raison du concours des Ecoles, des Inspecteurs
d'Académie et

primaire. C'est d'un

caillou

blanc

que

nous

marquons cette journée.
Me sera-t-il permis de jeter avec vous un coup d'œil sur les
œuvres voisines de la nôtre ? A Bayonne des conférences locales
sont données fréquemment avec

un réel succès et parmi les

orateurs nous signalons notre confrère, M. Graziani, archiviste
municipal. Tarbes en a entendu quelques-unes et notre

ami

Paul Courteault y fut particulièrement applaudi.
Nos compatriotes, M. Henry Roujon, du Gers, ancien directeur
des Beaux-Arts, membre de l'Académie des Beaux Arts, entrait à
l'Académie Française ; M. Charles Moureu, de Mourenx (canton
de Lagor), membre de l'Académie de médecine, entrait à l'Académie des Sciences. A l'Académie Française, M. l'abbé Degert, des
Landes, directeur de la « Revue de Gascogne », remportait un prix
Juteaux Davigneau, de 500fr., pour son «Histoire des Séminaires
français », tandis que M. Charles Samaran, armagnaquais. obtenait
un prix Monthyon de 500 fr., pour son « d'Artagnan », reconstitu
tion historique de la vie et des aventures du vrai mousquetaire :
on lira dans son livre des pages pleines de couleur et de vie sur la
vie provinciale en Gascogne au xvne siècle.
Je m'arrête, car je ne puis tout énumérer, mais j'avais à cœur
de répondre, en passant et en citant à l'article que le Journal des
Débat* publiait cet hiver, sous la

signature d'un membre de

l'Académie des sciences morales, philosophe ou plutôt sociologue
— bien oublieux certes

que

notre

compatriote

Ollé Laprrane

�— 218 —
l'avait précédé —, déclarant que le Midi n'a que des orateurs —
croyez moi bien réservé en ne voyant pas dans ce terme une
qualification préjorative — et que les Académies les ignorent. Ce
docte, homme du Nord, ignorait ce mot de notre Montaigne :
« et ores que le faire soit plus naturel aux Gascons que le dire, si
est ce ou'ils s'arment quelquefois autant de la langue que du bras,
et de l'esprit que du cœur». Soyez donc modestes, gens du nord
delà Loire, un écrivain qui nous connaissait tous, Henri Heine,
prononça un jour cette parole que je tiens pour éloge : « La France,
cette Gascogne du Midi ».
Car nous fûmes et nous sommes aussi bon Français que qui que
ce soit et je n'aurais pas l'outrecuidance de reprendre une preuve
administrée bien des fois par les faits. Permettez moi toutefois
d'évoquer un souvenir national. Je parcourais ces jours-ci les
extraits des registres de nos villes béarnaises d'Oloron et d'Orthez,
il y a deux cents ans. Sur la fin d'août 1712 des feux de joie
s'allumaient partout, les carillons des modestes cloches de nos
campagnes et des bourdons des capdeuils sonnaient un Te Deitm,
s'égrenant de la mer à la montagne, à travers nos pignadas, nos
coteaux et nos plaines pour célébrer la victoire qui selon le mot
de Napoléon — et il était bon juge — avait sauvé la France. Vous
avez tous nommé Denain.
Et Denain nous appartient un peu. Non que je veuille ravir
Villars à nos frères de Provence qui le réclameraient bien haut
certes, mais Villars hésitant avait, par bonheur auprès de lui,
l'intrépide Henri Montesquiou d'Artagnan, que le

portrait de

Largillière, au musée d'Amiens nous représente si vivant avec sa
physionomie calme, ses yeux perçants, son air d'impassible force.
Sa bravoure avait fait merveille à Malplaquet, à côté du lieutenant
général palois de Gassion. « Voyez, s'écriait-il avec belle humeur,
un homme qui s'il avait eu 500 livres de rente n'eut pu être fait
maréchal de France ». Homme de guerre au coup d'œil juste, il
donne l'ordre d'avancer lorsque Villars prescrivait la retraite, il
pousse l'armée française des bords de l'Escaut jusqu'aux lignes
ennemies et à l'enlèvement du camp retranché de Denain. Les
préférences du soldat vont à Montesquiou d'Artagnan
estampes du temps, symptôme de l'esprit public à

et

les

l'époque,

représentent côte à côte les deux vainqueurs : Montesquiou et
Villars.
Et à côté de d'Artagnan, qui trouvons-nous ?
Un prince de Tingry, petit-fils de Luxembourg, le vainqueur de

�— 219 —

Guillaume d'Orange, seigneur en Basse-Navarre ; le duc deGuiche
qui deviendra maréchal en 1724 ; Jean de Gassion, qui ne sera
point maréchal : « on en devait faire plus d'un, écrit Saint Simon,
qui ne le valait pas ». Enfin ce valeureux régiment de Navarre,
composé des nôtres, en tête duquel Villars aimait à défiler à la
parade et qui rivalisa avec Champagne dans les marais (1).
Vous me pardonnerez d'évoquer ce souvenir. Comme beaucoup
d'autres, comme le démontreront l'enseignement de l'histoire
locale, les biographies de nos soldats et de nos marins, nous avons
versé de tout temps, même aux jours lointains de la délivrance de
la France par Jeanne d'Arc, comme il y a cent ans à la guerre de
Russie, notresang pourla France. Nous ne permettrons jamaisqu'on
nous dénie ce droit d'avoir accompli notre devoir. Chaque fois
qu'on nous attaquera, paisiblement, nous fournirons nos preuves.
Elles abondent. Agrippa d'Aubigné parlant de la Gascogne dans
sa préface de Fœnesle s'exprime ainsi : « l'escume de ces cerveaux
bouillants, d'entre lesquels se tirent plus de capitaines et de maréchaux de France que d'aucun lieu ».
Soyons donc fiers de notre belle terre ; chantons ses gloires, sa
langue, ses traditions; étudions son histoire. Pour y parvenir le
mieux possible, restons bien unis.
Notre Escole, grâce à Dieu, a été une école de sympathie large
et tolérante où chacun conservant ses idées personnelles en fait
abdication sur le terrain de nos communes études. .Maintenons
ces principes et, en guise de pensée spirituelle, laissez moi vous
citer, pour vous y exhorter, ces quelques lignes de M. Jules
Lemaître : « La tolérance n'est point l'indifférence, ni le dillettantisme, ni la paresse, au contraire. Elle exige un grand effort, une
perpétuelle surveillance de soi. Elle s'allie très bien avec les
convictions fortes, et c'est parce qu'elle en connaît le prix qu'elle
ne consent point à les haïr chez les autres. Elle implique le respect
de la personne humaine. La tolérance enfin, c'est bien un des
noms de l'esprit critique, mais c'est aussi un des noms de la
modestie et de la charité. Elle est la charité de l'intelligence ».
Donc, restons unis en répétant notre devise : Febus aban!
Louis
(1) Voirie numéro de l'excellente Revue Les Marches de
Juillet, spécialement consacré à cet anniversaire.
d'un grand souffle patriotique.

BATCAVE.

l'Est du 22

Cette revue est animée

�— 229 —
#

Après les Jeux floraux, l'Assemblée passe à la seconde
partie de la réunion, c'est-à-dire à l'approbation des nouveaux Statuts, à l'élection du Conseil d'Administration et à
la nomination des membres du Bureau.
M. Batcave expose que les deux projets de Statuts et de
Règlement, préparés par le Bureau dans sa réunion du
30 Juillet, ont été publiés in extenso dans les Reclams de
Septembre et que les membres de l'Escole ont été invités à
adresser au Bureau, toutes réflexions et observations qui
leur paraîtront utiles.
Après la prise en considération des modifications proposées par MM. Batcave, Dr Méliande et Lalanne, les deux
projets sont approuvés à l'unanimité.
En conséquence de ce vote et au nom du Bureau,
M. Batcave donne communication de la note suivante :
Ratification de l'acquisition du château de Mauvezin.
« Le 28 mars 1907, paractesous seings privés, enregistréàOrthez,
« le 13 Juin suivant, aux droits de 147 fr., M. Albin Bibal a vendu
« à M. Adrien Planté, agissant en qualité de président de l'Escole
« Gast&lt;&gt;u-[&lt;ebus, pour une somme et à des conditions portées à
« l'acte, le château-fort de Mauvezin nécessaire, énonce cet acte, à
« la Société pour son

fonctionnement à

l'avenir, comme

lieu

« certain de réunion pour ses assemblées félibréennes, comme
« salle pour la conservation de ses archives, comme salle de Musée
« pour y déposer les antiquités de Béarn et de Gascogne dont elle
H

entend perpétuer le souvenir.
« Lors des fêtes de la Réunion annuelle de 1907, à Gauterets, FEs-

« co!e se transporta à Mauvezin où la remise réplle du Château fut
« faite réellement à M. Adrien Planté qui en prit réellement pos
« session au nom de l'Escole en une réception consacrée par les
« souvenirs de tous les assistants et par la peinture (Reclams de
« 1907, p. 180 et suivantes). Depuis cette époque, des collections
c de YEscole ont enrichi ce château.
« L'Assemblée générale, pour entrer dans l'esprit des statuts
« qu'elle vient de voter et en tant que le besoin il pourrait être
« utile, ratifie l'acte intervenu entre M. Ribal et M. Planté es qua« lité, le paiement du prix et des frais et vote les fonds nécessaires
« pour la transcription de l'acte d'acquisition sur les registres de
« la conservation des hypothèques de Bagnères-de Bigorre.

�— 221 —

«
«
«
«

« L'Assemblée donne quitus à la succession de son président, en
tant que de besoin, de l'emploi des dites sommes et décide la
trauscription sur ses registres de la présente délibération dont
une copie en forme sera adressée à M. Bibal et une autre copie
annexée à l'acte déposé en mains du représentant de l'Escole ».

Cette motion, mise aux voix, est adoptée à l'unanimité.
Aux termes de Fart. (S des Statuts nouveaux, l'Escole est
administrée par un Conseil composé de quarante membres
élus par l'Assemblée générale pour quatre ans. Dans ce
Conseil sont choisis les membres du Bureau que le Conseil
seul désigne.
En conséquence, il est procédé premièrement à l'élection
du Conseil d'administration. Mais au préalable, M. Lalanne.
secrétaire-général, donne quelques explications sur la formation de la liste des candidats qui va être soumise à l'Assemblée. Elle fut préparée par le Bureau dans sa réunion du
30 Juillet. Les membres présents à cette réunion ont donné
leur adhésion de vive voix ; tous les autres l'ont donné par
écrit.
La liste est composée comme suit et nous la donnons par
ordre alphabétique :
MM. Abadie, à Nay ; L. Batcave, à Orthez ; Bauby, à Orthez ;
Baudorre, à St-Jean Poudge ; Bernis, à Tarbes ; Bourciez, à Bordeaux ; Branet à Auch ; Canton, à Mirepeix ; Camelat, à Arrens ;
Carrive, à Nay ; de Cardaillac, à Pau ; Cassaët, à Eauze ; Cazabonne, à Oloron ; Courteault, à Bordeaux ; Darclanne, à Sort ;
abbé Daugé, à Duhort-Bachen ; A. Despaux, à Salies ; Duboscq, à
Capbreton; Escudé-Quillet, à Orthez ; Eyt, à Aubertin ; Gardère,
à Loubieng ; abbé Labaigt-Langlade, à Casteide-Candau ; abbé
Laborde, à Bruges ; Laborde-Barbanègre, à Pau ; Lacaze, à Pau ;
Lacoste, à Pau ; Lacouture, à Laurède ; Lalanne, à Bidache ;
Larrat, à Capbreton ; E. Larroque, à Orthez; F. de Lartigue, à
Pedeboy ; Lhept, à Serres Castets ; Loussalez-Artets, à Arthezd'Asson ; Marrimpouey, à Pau ; Dr Méliande, à Thèze ; de Mendiry,
à Lembeye ; S. Palay, à Pau ; S. Pouyanne, à Orthez ; abbé Sarran,
à Auch ; abbé Tauzin, à Baigts ; Comte de Viforano, à Andrein.
î

Aucune modification n'étant demandée, la liste ci-dessus
est mise aux voix et obtient l'unanimité des suffrages.

�— 222 —

A ce moment, notre très sympathique Président d'honneur, M. Bibal, demande la parole et en d'excellents termes
fait un bel éloge de M. Batcave dont il pose nettement la
candidature à la Présidence.
Mais écoutez-le :
MESDAMES,

MESSIEURS ET CHERS COLLÈGUES,

Le Bureau de l'Escole Gastou-Fébus a décidé que vous seriez
appelés à désigner par un vote ceux de nos collègues qui doivent
composer le Conseil d'administration de notre Société.
Avant de procéder à ce vote qui a pour conséquence de pourvoir
à la place laissée vacante par le décès prématuré de notre regretté
Président, Adrien Planté, veuillez me permettre d'évoquer, un
instant, devant vous, son souvenir ou sa mémoire.
Beaucoup d'entre nous l'ont vu, bien portant, à la fête de l'année dernière, au château de Mauvezin, et l'ont entendu lorsque,
entouré des gentes Dames de la Cour d'amour, il s'écriait, au banquet de Capvern :
« Souy rebiscoulat coume lou biélh castèt de Maubesi. Senti que
yoeneyi gracis au hoec de la boune amistat Fébusiane. Mantengam dounc aquére amistat. Ayman-sé de mey en mey lous us e
lous autis. Siam de mey en mey units et horts. Nou s'estanquim
pas yamey de tribalha en tau bé de la tasque aymade ! en ta la
glori de la terre mayrane, en ta l'aunou de l'Escole Gastou-Fébus ».
A ce moment, qui de nous aurait cru que quelques mois suffiraient pour anéantir la vigueur de son corps, po-ir éteindre les
flammes de son cœur ? Que, moins d'une année après, nous serions
ici dans le deuil et dans la nécessité de le remplacer.
Autant que tout autre, j'avais ressenti et apprécié les qualités
de son âme et le commerce agréable de ses relations. Mais sa perte
a été bien sensible à nous tous ; et M. Batcave, avec un talent et
une éloquence que je ne saurais atteindre, vient de vous dire
combien était justifiée la douleur que nous avons éprouvée et quel
grand vide sa perte a causé, dans nos affections et le fonctionnement de notre Ecole. Je n'essaierai pas de le redire.
Cependant les divers témoignages qui ont été manifestés, de
son vivant à Adrien Planté, me permettent de penser que je suis
l'interprète de l'Assemblée entière, en exprimant ici mes sentiments personnels d'estime et de regrets.
Ne suffirait-il pas d'ailleurs, de citer ce que M. le Maire Lacoarret,
«
«
«
«
«

�— 223 —
notre collègue à notre réunion de Salies-de-Béarn, disait d'Adrien
Planté:

« Gauyou, sapiénce, balentise, amistousè, « éth qu'at a

tout ; dap éth que serats touslem oli sus aygue ».
Cet éloge ciselé, nul de nous n'a pu l'oublier. J'en profitai, moimême, pour vous entretenir, à l'assemblée de Capbreton, de la
mission que venait de me confier notre Président, alors qu'une
première atteinte de sa maladie l'empêchait de s'y rendre ; et je le
fis en ces termes — que vous voudrez bien me permettre de rappeler, en suivant sous vos yeux les lieclams du 1er Octobre 1910
qui reproduit le compte-rendu de cette Assemblée ;— je vous
disais «.. Mais quels sont donc les hommes qui, selon l'expression
« imagée de

M. Lacoarret, seraient

de nature

à faire flotter

« la barque de Fébus comme l'huile sur eau ? M. Adrien Planté,
« ainsi qu'un capitaine à bord de son navire, dès qu'il aperçoit le
« moindre grain à l'horizon, prend ses dispositions pour résister
« même à l'ouragan,de même M. Adrien Planté semble avoir tout
« prévu pour sauvegarder l'œuvre dont il est le fondateur et le
« grand maître.
« Il y a quelques jours il m'écrivait :
« Ainsi qu'il est convenu avec ces messieurs, les membres du
« Bureau, je vous dirai que, ma santé mini posant un certain repos,
« je croyais nécessaire, pour le bon fonctionnement de YEscole. de
« me donner un suppléant. De même que nousavons un secrétaire« général, nous aurions ainsi un vice-président général qui s'occu« perait, à mon défaut, des détails généraux de l'œuvre et que ce
« suppléant devrait être, à mon avis, M. Louis Batcave (notre
« délégué à Paris) dont la vie est toute consacrée au culte de notre
« petite Patrie et aux intérêts généraux de l'Escole...»
J'ajoutai personnellement:
« L'éloge de M. Louis Batcave n'est pas à faire. Il est connu de
« nous tous. Ses travaux, ses ouvrages, son caractère en ont fait
« un Félibre d'élite, au premier rang. Son dévouement à notre
« cause, les services qu'il a rendus à notre Société ont déjà gagné
« notre reconnaissance. Mais il y a une considération qui domine
« tout: au dessus de notre appréciation plane encore l'avis souve« rain de notre Président et des membres du Bureau. C'est dire
« que sa nomination de Vice Président général devrait être accep« tée à l'unanimité comme par acclamation ».
Et la nomination de M. Batcave fut acclamée, et il reçut, aux
applaudissements répétésde toute l'assemblée, l'accolade de consécration; et M. Batcave nous remercia longuement, chaleureuse-

�— 224 —
ment, en des termes parmi lesquels je suis bien aise de retrouver
ceux-ci. «... Donc, mes chers amis, je vous remercie en vous con« viant au labeur, au travail réel et effectif pour le maintien de
« ce qui constitue notre patrimoine régional, c'est à savoir nos
« traditions et nos coutumes...»
Et, M. Lalanne, notre vaillant secrétaire général, qui rédigea
un remarquable rapport, sur cette assemblée générale, voulut
bien exprimer son appréciation personnelle ; il nous l'a laissée
comme suit, sous sa signature : « Je me garderais d'amoindrir par
« un commentaire quelconque le bel éloge que M. le Président
« honoraire vient de faire de M. Louis Batcave. Je me permets
« seulement de féliciter l'Escole d'avoir su s'attacher par des liens
« plus puissants un homme qui lui a déjà fait tant de bien. Je ne
« saurais jamais trop le répéter; si pendant le septennat que j'ai
« consacré aux Réclams, j'ai eu quelques succès, si j'ai pu rendre
« notre revue un peu intéressante, c'est à ses conseils, à l'aide
« précieuse qu'il m'a prodiguée que je le dois en grande partie.
« M. Batcave est dans toute la force de la vie. du talent. J'espère
« avec tous nos amis qu'il saura, sous la paternelle direction de
« M. Planté, infuser à notre œuvre un peu de sang nouveau, lui
« donner un regain de vitalité et de prospérité ».
Voilà le passé ; voilà le fait acquis. Et depuis M. Batcave nous
a donné tout son concours, son temps, ses connaissances ; il a
classé les papiers de l'Esc le à déposer au musée de Mauvezin,
rédigé les statuts, recueilli la liste des célébrités gasconnes, préparé cette réunion ; et il est là, au milieu de nous, prêt au travail
pour la gloire de la terre mayrane et la prospérité de l'Escole.
Mes chers collègues, je n'abuserai pas davantage de vos instants.
Mais ce qui a été, ce qui est, ce que je vois m'amènent à penser et
à dire que, pour tenir compte de la dernière volonté d'Adrien
Planté, pour suivre les indications de l'Assemblée générale de
Capbreton ou ne pas leur donner un démenti, et aussi pour rendre
hommage aux services rendus, il est convenable, logique et juste
que M. Batcave, notre vice-président général, actif, instruit, ayant
beaucoup de loisirs, devienne aujourd'hui le président effectif de
l'Escole llastou-Fébus (Vifs applaudissements très prolongés).
Cela dépend de vos suffrages, vous êtes les souverains en la
matière. Mais les applaudissements que nous venons d'entendre
indiquent assez que la cause est gagnée ; je vous en félicite et vous
remercie. C'est avec eonfiance que je vous abandonne mes souhaits
et je me hâte de faire miens les derniers cris que poussait Adrien

�— 228 —
Planté au banquet de Capvern: Aimons-nous les uns les autres ;
restons unis et forts ; ne cessons de travailler au succès de la langue aimée, à la gloire de la terre mayrane, à l'honneur de VEscole
Gastou-Fébus.

Un tonnerre d'applaudissements répond à ces belles paroles et aussitôt les 27 conseillers présents se retirent dans
le cabinet de M. le Maire pour procéder à la constitution du
Bureau.
Sont successivement élus :
MM. L. BATGAVE, président.
BERNIS, vice-président général.
J.-V. LALANNE, secrétaire général.
LHEPT, secrétaire général adjoint.
LABORDE-BARBANÈGRE, trésorier.
Abbé LABAIGT-LANGLADE, vice-présid* pour le « Béarn ».
A. LAGAZE, secrétaire
id.
M. GAMELAT, vice-président pour la « Bigorre ».
DARGLANNE, vice-président pour les « Landes ».
Abbé DAUGË, secrétaire

id.

Abbé SARRAN,vice-président pour le « Gers ».
F. de LARTIGUE, secrétaire

id.

On remarquera que le Siège du Secrétariat de la Bigorre
a été laissé vacant. Le Bureau a donné pleins pouvoirs à
M. Camelat pour en choisir le titulaire. Ce choix ratifié
d'avance sera certainement excellent. Quant au Bibliothécaire, sa nomination est provisoirement réservée.
Les Conseillers ayant repris leurs places dans la salle de
réunion, le résultat du vote est proclamé par M. Batcave et
accueilli par des applaudissements prolongés.
Le silence se rétablit bien vite pour écouter M. de Cardaillac, dont nous connaissons tous la réputation de brillant
orateur. En termes émouvants, il nous fait le récit des
naufrages qui tout récemment ont semé la désolation, le
deuil et l'infortune en Biscaye. Il nous apitoie sur le malheureux sort des infortunées victimes de la tempête et
termine en faisant appel à l'obligeance de la toute gracieuse
Mlle Alberte Lalanne pour faire une quête au profit des
familles si cruellement éprouvées
4

�— 226 —
La somme recueillie s'élève à une soixantaine de francs
et sera transmise à qui de droit par les soins de M. de Cardaillac.
C'est donc par une bonne œuvre que la séance se clôtura
sur le coup de midi et demi.
# #

L'heure du déjeunera sonné; aussi la plupart des membres du Conseil et quelques-uns de leurs amis se rendentils directement au restaurant Vue Ponsa et Artigau où un
« fourrier » avait eu soin de faire préparer un repas dont
voici le Menu :
SOUPE GRASSE DAB « GRAS DE CUYE »
PIPERS E TOUMATES D'ARESSY
ANDOULHE DE LESCA E PUS DE PAU
TROEYTES DE BETHARRAM
CIBET DE LÈBE DE CAUBIOS
YIGOT DE MOUTOU DE CAMPAN
DAB MOUNYÉTES DOU BIELÈ DE PAU
OEUS AU LÈYT
PÈRES E POUMES DE MOUNENG.
CAFÉ E POUSSE-CAFÈ
BI DE ROUNTIGXOU E DE YURANSOU

Autour de la table, très correctement dressée et richement
ornée de fleurs naturelles, avaient pris place : Mmes la Comtesse de Balincourt, Loussalez-Artets, Eyt, Pierre et Mlle
Pierre. MM. Abadie, Batcave, Baudorre, Bernis, Canton,
Carrive, de Cardaillac, Cazabonne, Casassus, Darclanne,
l'abbé Daugé et ses deux neveux ; Duboscq, Eyt, l'abbé
Labaig-Langlade, Laborde-Barbanègre, Lacaze, Lacoste,
Lacouture, J.-V.Lalanne, Larrat, Lhept, Loussalez-Artets, le
D1' Méliande, Mourthé, Pierre, Tucat, le Comte de Viforano.
Je dois à la vérité de dire que les convives firent grand
honneur au menu qui fut vraiment exquis. Je suis heureux
d'ajouter que de l'avis de notre sympathique Président « la
maison Ponsa-Artigau mérite le nom de « Restaurant des
Lettres béarnaises et gasconnes ». C'est un éloge si mérité que
je me suis fait un devoir de le transmettre à Mme Vve Ponsa
qui en a été très touchée.

�— 227 —
Amies, counfrays, broumbat-be dounc qu'enso de daune
Ponsa que s'y aparelhe tustem de boune bioque e que l'y
poden arrousa de boun bin.
Le post-scriptum, faisant suite à Y Avis important inséré à
la première page des Reclams du mois d'août, disait.... ne
heram pas doun banquet... ne heram pas nade hèste e ne s'y
cantera pas à la felibreyade ; més que s'y disera pouesies e
coundes...
En reporter scrupuleux, je dois confesser qu'il n'en fut
pas tout à fait ainsi. Certes, le repas n'était pas à proprement parler un banquet; mais... on y chanta. Oh! pas beaucoup... une seule chanson ! Qu'on nous excuse à tous si à
force d'insister nous avons décidé l'abbé Daugé à nous
chanter : Lou Crabé de Mugroun. Inutile de dire que l'aimable chanteur a obtenu son succès accoutumé, ço que
bòu dise que s'èm escargalhats d'arride e qu'am trucat très
cops las mans.
Si ma mémoire ne s'abuse, nous eûmes ensuite le plaisir
d'applaudir Baudorre, qui nous déclama sa « trobe » : Que
sog paysà, puis M. Lacouture — un lauréat du jour — qui
nous débita finement sa poésie couronnée : La cante dou
Rouchignou, qu'on aura le plaisir de lire prochainement,
je l'espère, dans les Reclams.
Enfin c'est le tour d'un autre lauréat, M. Duboscq, counechut en Lanes e ous entours prou noum d'emproun : lou
Yan dou Gouf.
Par une délicate attention et avec la flamme qu'on lui
connaît, il envoie — d'ue buts classente — son Salut au
Biarn ! Mé coiim aquet brabe Maransinot e-ns a muchat
mautrun cop qu'a aryen biu dessus, dehet d'esprit e brigue
lou hiù à la lengue que-s mérite que hiquim aci tout sansé
lou soun

Brinde
S'ém bagans ént'anlore, que parleram un chic coum lous
Marancinots de capbat noste. Adare, si bouléts, que-b diréy caucoum, que-b counderéy un histoérot en parlan coum lous de la
Chalosse, atau coum debisen dou coustat de Sén Sebé. Sabéts,
aquère bielhe bilote prou escuragnouse oun és badut lou famus
yénérau Lamarque é oun s'y trobe ue place hère hère bère, la
place Mourlane.

�N'és pas maye que la de la Councorde de Paris, mè oayre s'én
manque. Soulemén, qu'és hort mé agradibe. Carculat ! D'aquère
place, apitade sus un tue, que s'y bèd 36 clouchès e mé !,..
Pr'aco, you que b declari franquemén que n'èy pas yamé pouduts bédé-us touts, pramou que souy court de biste. Mé lou nos
counfray, Lacouture, l'amie méy, un Chalossés dou permé escantilh qui-n's a serbit l'an darré tau councours dous yocs ue
descripeioun merbelhouse de la Chalosse, ét (se m'a dit), que n'a
bis 36 é miéye. Mé, tabéy, espiat-lou, qu'a l'ért finot é l'oelh couquin s'en y a nad.
Doun, aus entours d'aquère bilote qu'y a ue coumune toute
thicouyote oun lou Yan dou Gouf a damourat pendén quauques
anades. Boutan qu'y a de co 35 ans. Biban ! 35 ans'... Lous
quoate péus qui-m damouren encoère sus la croque que se-m
quilhen arré que d'y pénsa...
Lou Yan qu'ère estât mandat acera coum — si-bou-plét - directou dous alfabèts ; aco bôu dise qu'ensegnabe aus cochous e a las
drolles a leyi, escribe e lou reste
Un your [car bagan qu'ère lou gouyat, Diu merci) én hourucan
dén lous reyistres de l'escole qu'abè troubat un paperot tout
mousit oun t-y abé escriut so que-b bau dise :

Las Capules
Ayude ab Diu oun souy lodyat !
E qu'es lou mounde chabirat ;
At yamé bis mediche cause,
Coum diri berdiuse-berdause ?
Lous homis un debantau qu'an
E las hémnes, au double ban !
Lou péu coupât s'ou cot qui-s rasen
De l'ue à l'aute atau coum saben.
Mé be-m dirat qu'és ue pitat
D'abé toutes lou cot pelât!...
Si bedéts coum soun acoutrades,
Dab quin goûs ères soun couhades,
Per ma fé ! qu'arrideréts hort
E de segu n'auréts pas tort :
Toutes que porten une capule
De téle blanque ou bien de tule,
Dab un mantou dessus l'esqui
Qui sèrb l'iber ta las coubri.

�— 229 Oh ! be soun doun aco ledotes
« Chéns be dise quoan soun pegotes »
Toustém cap haut, cournéte au bén,
L'esclop herrat lou mé soubén
Dinque la quite gouyatine
Qu'a un chalot, ue capeline,
Pelhote courte e nas agut,
Mentoun redoun e cap tounut !...
Yamé, au gran yamé ! you n'ey poudut sabé qui ère aquet sacripan qui sarceyabe ta plan las hémnes de la Chalosse. Aquét, segu,
ne las aymabe pas brigue. N'ère pas coum lou Yan dou Gouf, tè.
Mé, toutun, ne-m tireran pas de la cabougne qu'aquét escarnius
que debè esta quauque reyentot dou Marancin esbarritau mièy de
la Chalosse oun s'anuyabea cinq sos l'ore.
E bé s'aquét oumiot n'es pas encoère mourt e se tournabe hoèy
enla que beyré que las fuméles de la Chalosse que-s dèchen adare
toutes bade lou péu e qué-s cohen prou plan. Si ne soun pas
encoère trabades à la darrère mode, toutes que soun apelhades
dab goùs. E se n'an pas talouns hauts coum asso a las botines,
toutes que porten souliès aus pèslous dimenyes e yours de héste.
Aco, segu, ne soun pas toutes beroyes : qu'en y a de bloundes,
de brunes, de rousses; qu'en y a enta touts lous gous, qué, e qu'at
eau. — (), que beyré aquét trufandè que hoèy lou your n'y a pas
mé de capules en Chalosse que de thanques au Marancin : las
cournétes qu'an hèyt place aus mouchouèrs e aus chapèus é las
thanques à las bechiclétes. Aco, bedét-bous, que s'apère lou prougrès. Ah ! qu'és ue bère cause lou prougrès ! S'ém urous de béde
lou cap d'aqueste siègle oun s'y touriiéye causes tan curiouses,
credéts, counfrays, que-m haré gay de poudé-u béde lou coudau,
car qu'és aqui qu'és toustém lou benim, e que s'y passera, segu,
causes hort esmiragglantes. You. ne seri pas estounat qu'un bèt
your tout lou mounde que partissi en l'ért e que touts qu'és
hicassin a boula lous uns au darré dous auts en baran coude-li
coude à l'entour de la terre atau medich coum hè la lue. Prou cop,
qu'és aco qui sera drôle, pas bray? Mé, praube ! oun seram-nous?
Qu'èm trop biélhs, qu'èm baduts trop lèou n'at beyram pas, é
qu'és aco so qui m'entougne
Toutun, oun que sim, counfrays,
se yamé e-ns arribe noubéles de la terre, nou pas létres, ni yournaus, ni gazétes, nou (car labéts n'escriberam pas mé| tout que-s
hara perla pensade, per l'idée, per la télépatie ! Crédets, amies,

�— 230 —
que-s haram de bets béntes d'arride en chucan lous cauléts per
las arredits.... Mé, oun s'en bam atau? Tournam s'én biste ta las
hemnes de Chalosse qui-ns aténden. Adare que se-m broumbe
que la nouste escole qu'a tienut, n'a pas hère loungtéms, ue
amassade à Sén Sebé.
E bé, qu'èm aci quauques-uns qui n'èrem pas bagans ou pas
encoère escouliès, de modes que n'am pas abut lou plasé d'ana
béde lou floc de la Chalosse ; mé lous counfrays baléns e ahoecats
qui s'an pagat aquet biadyot gayman, qu'an plan bis que las
gouyatines de Sén-Sebé que soun autan beroyes, autan agradibes,
amistadouses e arréquincades que las d'Ayre, dou Moun ou de
Dax. Oh ! las de Dax, pr'ou cop, qu'an la pèt blanque e lusénte e
l'oelh négue e couquin. Aco, bedét-bous que ts hén bara un homi
coum ue pioyne arré qu'en l'espian. Se-b die aco, amies, qu'és
enta que ne sits pas susprés se yamé e-ns gahabe l'idée d'ana ha
ue aplegade dou coustatdou Baga-Bourén qui es, ét, la cause de
tout lou mau. Aqui dessus que m'estanqui, e n'és pas trop léu.
Escusat-me, que b'en prègui, yéns de Pau, qui m'entenéts, se
banti tan la nouste harde. Aco qu'es pramou ne counéchi pas
encoère la boste. Lhèu quén l'ayi biste de proche e un chic estudiade, qui sab, que sé-m desbroumberèy la nouste.
Mé so que sèy et qu'at bouy dise, qu'és que lou bos péyis que
m'agrade hort e se n'éy pas abut lou pensemén dou saluda en
abian, que-m sera gay, segu, d'at ha en acaban :

Salut au Blara
Que-t saludi, Biarn, dab lou toun cèu de Pau !
Lous touns gabes qui pisnen capbat las arribères,
Lous cams, lous bos, las bits, las mountagnes tan bères
Qui hén qu'és un parsà coum n'y a chic atau.
A boste, lous malaus, cerca ban la santat ;
Lous estranyès, a Pau, tan que l'hibèr e dure,
Que troben lou dous prim au loc de la redure.
Ah ! d'esta agradiu que pots segu banta-t.
Mounde de qualitat, sourti de ci qu'an bis :
En cap Yane d'Albret, la reyne chéns payère,
May dou nous boun Henric qui, de touts aymat hère.

�— 231 —
Boulé que lou paysan, urous, bénte-sén-gris !
Aussi lou diménye, ab pan sinou mesture,
La gari au toupin au ménch ta masquedure !...
Bibe Pau ! bibe lou Biarn !
YAN DOU GOUF.

Un double ban salua le brillant orateur.
Et le temps s'écoulait agréablement ; trop rapidement
cependant, car il restait encore du travail sur le chantier.
Mais M. Batcave veille. Beprenant son rôle de Président, il
demande quelques minutes d'attention pour soumettre au
Conseil les questions suivantes :
I. — La première concerne les rapports que YEscole doit
entrenir avec le Félibrige général. MM. S. Palay et Lalanne
expliquent quel est l'état actuel de la question du Félibrige
général. D'autres membres, notamment MM. Darclanne,
Baudorre, l'abbé Daugé et de Cardaillac, demandent ou
fournissent quelques explications et il est décidé que YEscole
Gastou-Febus « restera libre, indépendante et que l'examen
de la question sera repris en temps opportun ».
II. — M. Batcave propose l'envoi de l'adresse habituelle au
grand poète, Mistral. Pas une objection n'est faite, car tous les
assistants sont des admirateurs de l'auteur de «Mireille». (,)
III. — Sur la proposition de M. Batcave, il est convenu que
les membre de YEscole seront invités à collaborer à l'établissement de la « limite linguistique en laquelle est inclus le
ressort de notre Escole pour empêcher toutes difficultés relativement à son domaine ».
IV. — Il est décidé encore que « vu les services rendus par
M. Adrien Planté, premier président, son nom demeura
maintenu sur les listes ».
V. —Il est entendu que « l'envoi des Reclams sera continué
aux familles des membres décédés pendant l'année au cours
(1) A ce sujet, notre Président m'écrit : « Apuch l'amassade, lou président
nabeth que manda au gran pouète Mistrau lous sentimens de
respectuouse

admiraciou

de

l'Escole.

— Mistrau

qu'a

la grane e

respounut

lou

27 d'aoust : « A la brihanto Escole Gastou-Fébus em'à soun flame-nòu président, Louis Batcave, moun gramaci courau per sa despecho amistadouso.
E vivo Biarn en Santo-Estello longo-mai ».
F. MISTRAL.

�— 232 —

de laquelle se sera produit le décès, si la cotisation a été
payée. En tout cas, leur sera adressé le numéro contenant
le compte-rendu de l'Assemblée générale à laquelle aura été
prononcé l'éloge des défunts ».
VI. — Les nouveaux statuts prévoient la constitution de
Commissions et d'un Comité de Rédaction. Voici quelles sont
ces Commissions :
Histoire et Linguistique : MM. Bauby, Bourciez, P. Courteault.
Poésie : MM. Baudorre, Camelat, Darclanne, Daugé, LabaigLanglade, Lacoarret, S. Palay et Sarran.
Prose : MM. Cassaët, Carrive, Lacaze, S. Lacoste.
Ecoles : MM. Canton, Duboscq, Eyt, Lacouture, LoussalezArtets, Lhept, Cardères, Larrat.
Dessin : MM. E. Lacoste, Abadie architecte, E. Larroque.
Finances : MM. Bernis, Branet, Laborde-Barbanègre, Marrimpouey, de Mendiry, Pouyanne.
Législation : MM. Bernis, X. de Cardaillac.
Escudé-Quillet, Lacaze, Laborde-Barbanègre.

Darclanne,

Quant au Comité de Rédaction, il se compose de : MM. Camelat, Darclanne, S. Palay et Sarran. A Ces membres auront
charge d'examiner les pièces, chacun pour l'une des quatre
régions et à fournir leur avis pour le choix des morceaux
à publier en tant que cet avis pourra être utile ».
Le Président et le Secrétaire-général font partie de droit
de chaque Commission et du Comité de Rédaction.
VIL — A partir d'octobre prochain, la quatrième page de
la couverture des Reclams sera réservée pour une réclame
gratuite en faveur des œuvres des écrivains de YEscole. Les
règles orthographiques n'y paraîtront plus que quatre fois
par an ».
L'ordre du jour est enfin épuisé. Mais les langues sont
aiguisées et quelques orateurs demandent successivement à
entretenir l'Assemblée de quelques autres questions qui méritent de retenir son attention.
C'est d'abord M. Lalanne qui fait un nouvel et vigoureux
appel en faveur de Y Anthologie dont la publication fut
décidée à la réunion de Gapbreton. Le temps passe et

�- 233 l'œuvre traîne trop. Que chacun y mette de la bonne volonté
et se hâte. Il est temps de mettre l'œuvre au point.
Dans cet ordre d'idées, M. Batcave expose qu'on pourra
« ou parallèlement ou par la suite, faire de petites publications extraites des Reclams ou d'œuvres de nos auteurs pour
être vendues à très bas prix ou même distribuées gratuitement ». On ferait sans nul doute ainsi de la bonne
propagande.
M. Casassus, de Bielle, propose en excellents termes la
mise à l'étude de l'impression des Reclams en plusieurs
parties ; partie française pour les articles en français ; partie
béarnaise pour les œuvres en béarnais; partie landaise poulies œuvres en landais, etc. Le Comité de rédaction jugera
qu'il y a peut-être quelque chose à faire en ce sens.
La parole passe alors à M. de Cardaillac, qui très habilement expose les raisons pour lesquelles YEscole GastouFebus devrait, d'après lui, commémorer, en septembre 1913,
la bataille de Muret et la mort du roi-poète, Don Pedre
d'Aragon. En homme généreux, M. de Cardaillac a semé
son idée. Trouvera-t-elle dans YEscole un terrain propice
pour germer et arriver à maturité?
A son tour, l'ami Baudorre, qui a toujours quelque bonne
idée sous son béret et qui n'est pas mourméc enta las ha baie,
préconise la reprise de la publication des Causes Biarnéses,
dans l'Indépendant des Basses-Pyrénées si opportunément
commencée par le regretté D. Lafore et émet le vœu qu'il
soit publié û Libi per las Escoles, destiné à faciliter la lâche
aux maîtres qui utilisent le gascon pour l'enseignement du
français.
Enfin pour la bonne bouche, Eyt nous avait réservé son
amusant conte La garie farcide dou Yan Petit qui a soulevé
nos bravos.

Tout se passa donc très simplement mais surtout parfaitement bien. C'est pourquoi tous ceux qui vécurent cette
agréable journée en garderont, j'en suis sûr, un long et
excellent souvenir car ce fut une journée vraiment bonne
pour YEscole.
Elle en sort, en effet, fortement réorganisée et avec, à sa

�— 234 —
tête, des hommes qui ont tous fait depuis longtemps leurs
preuves. Certes nous pouvons compter sur leur entier
dévouement car ils sont tous animés du plus vif désir de
faire prospérer l'Œuvre. Mais, Escoliers de Fébus, il dépend
aussi un peu de nous tous que la prospérité de l'Escole
aille sans cesse grandissant. Ne l'oublions pas un seul instant et prenons la ferme résolution de mettre en pratique
ces sages conseils du si regretté Adrien Planté :
« Ayman sé de mey en mey lous ûs e lous autis ! Siam de mey
en mey units e horts ! Nou s'estanquim pas yamey de tribalha
entau be de la tasque aymàde ! Enta la glori de la terre mayrane !
Enta l'haunou de l'Escole Gastou-Febus !

Mais je sens que YEscole verra encore de beaux jours.
Je m'arrête donc : et crions tous bien fort :
Vive l'Escole et Fébus abant !
Pau le 15 Septembre 1912.
S. LACOSTE.

�A Sas búleB âùu bïelb pourfais
(Mcdalhe bermelhe : purmè prêts dous Yocs.)
Boles dou bielh pourtau, o mas boles beroyes
Qui'nsus lou caminau, floucades de sarpouts,
B'argussabet, perhumadetes coum mounyoyes
E fieres coume aciu lou hasà sus la crouts !
Boles dou bielh pourtau, prouses coum gouyatines,
Qui disét a l'arranc : « Aqueste. qu'ey l'oustau
Doun minyès mante u cop de goustouses gaudines
E doun troubès u lheyt moufle coume u nidau » !
Boles dou bielh pourtau, coum l'auroungle sacrades
E flourides sou miey de liloys agradîus,
Que-b arrouncèn chens cô, dab las sourdes herrades,
Pous têstous, pous labas, atau coum mourterius !
O, choyés, o, coum mourterius a las estuyes !
E sus l'antic pourtau 'sbaryan lous reypetits
Que s'estiren au loc dus d'aquets barbe-cuyes
Miey hemnes, miey lious nou sey de doun yessits!
E-bmembrat qu'u droullou, de sas manotes blangues,
Coume si coumprenè l'ourrou d u tau desbroum,
Plà souben, lous brespaus, be tiré de las hangues.
En mandan glourious u repic pou gran'soum !
Qu'ey you lou drolle aquet a l'amne eschugadoure !
E bet diménye, ada qui souy gran e mey hort,
Que-b tournerey pausa sou pourtalè qui-b ploure
E que-b de flouquerey de sarpouts de moun ort !
E tout lou sé, qu'en beberam d'aquet qui hougne !
Apuch tringan, cantan, drin briac e drin hòu,
Que lhebarey lou got a ma bielhe Gascougne
: Que la puyen atau lou cap a l'arrayòu !
J.-B. BÉGARIE.

Esplic — Sarpout : serpolet ; Mounyoye : mont-joie ; argussa-s
se dresser ; promcs : accueillantes ; nidau : nid de plume ; barbe
cuyc : croque mitaine ; got : coupe.

�La Moult de la (SâjgaîSac
(Medaihe bermelhe, purmè prêts doua Yocs)
L'aube qu'enlusis las coulines, lou houlet tout choau qu'armigalhe las pelengues e las arrousères, un arriu bribejn per las prades esperlitantes d'arrous. Dens las hoelhes, lous nits que-s dechiden, ue alause cante s ou cantet d'un roumenta.
L'alause. — Chireliu..., chireliu. Lou sourelb qu'a puntejat,
desclucats ausets e flourines. Esbelhats-be amies qu'ey l'hore,
desnichats e aulourejats. La hountete que gourgoulhèje, coume ey
boune e clare l'aygue matière. Chireliu... chireliu... Desclucats
balandrans.
Lous grils. — Griù, griù, griù. Sourtin de noustes traucs escus;
gaham l'abiade cabbat las gases timides. Hourupam l'arrous qui
lugreje débat la hoelhes, anam saluda las blanques margalides.
Un merle que s'alisoue las plumes au sourelh, un aurio que-s
passeje.
Lou Merle. — Adiu, aurio.
L'aurio. — Adiu, merle:
Lon Mcr'e. — Qu'es matiè.
L'aurio. — O, toutes las géns que droumen encoère a la borde e
que pouyrey peluca a plasé las guindés sannouses qui-m hasoun
hinquète jé.
Lou Merle. — Boune casse. (L'aurio s'en ba).
Ue agasse qu'alande las branques qui barren lou soun estujo.
Lou Merle. — Adichats, besie.
L'A ganse. — Adichats, besin.
Lou Merle. — Ats plan droumit.
L'Agasse.— Lascines ! N'ey poudut cluca l'oelh. Que j'a per capsus
jou, p ou miey de las hoelhes. un pareil) de paringles peneles,
toute la neyt dus rouchinouns qu'ous an heyt sérénades. Hey ! de
nous auts, tau baterme diuré s'ta defendut. Qu'ey l'aha d'un poc
bau ou d'un minje coan-n'as, de bengue jumpla dat cansouns lou
soumelh d'aquéres perroles, mentre que la brabe gent droum en
d es pepausa de l'increpas de cade die.
Lou Merle. — Que souy dou boste dise.
Ue de las paringles penèles que passe au coustat d'ets en bachan
lou cap.

�- 237 VAgasse, (iragade). — Espiats aquére pipaute, sounque de bese
sas marganhes qu'em hè gaha malici. Beroy mounde, per ma fé.
Lou Merle. — Qu'ats plan resoun, coummay l'agasse.
L'áŷasse. — Ats bis la nouste nauère besie.
Lou Merle.— Aquet orrè herasti qui-ns arribec jé bespe ? Que
l'ey biste e mey audide.
L'Agasse. — Que disen ne hè pas sounque canta. Ey bray ? Sabets
qui ey ?
Lou Merle. — O, ue balandrane, ue saute labrouste, ue courriue.
L'arroumic qui la couneis qu'en sap de loung sur ère. Qu'ey ue
bèsti bijarre, que la hèn Cigalhe, que cante de l'esguit de l'aube
au sou couc, cauquecop que coutunie au cla de lue. Lou mey souben que crèbe de hàmi se ne trobe pas d'emprounta a cauquedun.
Mes sus aco l'aroumic que l'a mandade a sous zius... zius.
h'Agasse. — Aco plan, saberey de que-s debire coan me bèngui
clama necère. Que s eau meshisa d'aquère traque, las soues plagnènces traboulhères qu'ets esmabéchen e qu'ets an leu hicat lou
coutet à la ganurre.
Que soun dels ores, l'agasse s'en ba d'aure en aure cascareja aus
ausets so qui sap e mey encoère sus la nauère arribade. Cots
d'ales e cots d'urpis a prepaus de la cigalhe, las debisères de
l'Agasse qu'en soun la cause.
La Cigalhe, apitranglade au bet soum d'un pin que cante :
Que souy basude un cla matin,
Goan Abriu berdeje a las branques,
Sus un palhat de hoelhes blanques,
Lou sourelh qu'estou moun payrin.
Que souy souléte dons lou mounde
A canta lou sou prebediu,
La g-lori natre de l'estiu,
I.ou goy de la recorte blounde.

L' Aurio. — Ne cante pas trop mau.
Lou Merle (chuilusquejan). — Jou ne trobi pas.
Lou pinsan, (que desgrounsilhe un coublet)
Que counecbi bère arrose
Qui saunejc cade neyt...

La Paringle qu'où hè cara.

�- 238 —
U Agasse — N'am pas prou encoère d'aquéts cantayres bouhemis.
Après lous rouchinouns la Cigalhe !
La Cigalhe, que cante de nauet.
S'ey lou raen co'n drinot liugè
E houlistrane la cabole ;
Toustém la megne cante holle
Hé retreni : bos e bergè.
Coan lou sourelh qui s'arrousègue
Au ceu, crème lous terradous ;
Goan tout s'atayse, jou tout dous
Que hey giscla ma cante pègue

L'Agasse. — Lèse bouts, orre aujami !
La cantayre que-s boute a ha courre la salère hèyte dat ue eslou
d'aglantine, mes lou broulh dous ausets s'ey esperrequat.
Lous Rouchinouns. — N'an pas un quiti mousquit a da-u, qu'ey
tris d'esta praubes.
Las Paringles au pic. — S'ou balhauèm caucoun.
Lou Pic (dat un ert gnacan). Aumounia 'quère rapatalhe cascante
qu'ey ajuda lou bici.
La Cigalhe (qu'espie lou co greu, la salère boeyte). Qu'ey doun
atau pertout.
Dues ores dou bespe, l'auseralhe assadourade que canturleje
s'ou cantet dous nits débat la frescure de las hoelhes.
Lous Rouchinouns s'an megnat la cigalhote e que l'an dat las
soubres dou sou magre repeis, ère qu'a lous oélhs engourgats.
La Cigalhe. — Qu'ets brabes bous auts, mercés.
Lous Rouchinouns. — Brabes qu'em, mes praubes mey.
ÏM Cigalhe. — Labets que cresets que ne m'esbiterey pas pr'aci.
Lous Rouchinouns. — Praubotte, douman qne seran touts countre
tu.
La Cigalhe. — Que souy ta chine e que-m eau ta chic de cause.
Lous Rouchinouns. — O, mes que cantes, oere lou toun pecat ;
qu'embejen tas cansouns d'amoue la toue houlie qu'ous hè spudi
la soue sapience.
La Cigalhe. — Acé que m'arcoelhoun plan praco.
Lous Rouchiuouus. - Pramou ne sabèn pas so qu'ères. Aci ne j'a
pas que : parpalhès, jelous e mauhasecs ; lous qui-t aymeren, qui-t
audiren, qui t ajuderen nou poden, que s trufen d'ets coum de tu.
L'aurio que-t desbrumbera, lou pinsan que s'arrira de tu, lou
merle que s'en trufera, l'agasse qu'en maudisera e qu'aubedirana

�— 239 las leys d'un bielh pic espeluchat doun l'asensiament n'ey pas prou
gran en de plegna lou cupet d'un agland.
Se sabès so que pensen de nous auts! Arrebirades tant que boulem e lou jour, oun e-ns trobin mourts au pè de cauque hay eshoe
lhat per l'abor, nat d'ets nou benguera unii de plous las noustes
auserilhes.
La Cigalhe. — Rouchinouns, aquet hat nou m'echente e coan saberi d'en creba, canta que bouy.
Lous Rouchinouns. — Aco plan cigalhote ; bèn, quilhe toun cap
flertous, que baies mey qu'ets, pramou débat sas margagnes e
sous fadès n'an pas que peguesse e jalousie.
La Cigalhe (s'emboule mey louy). — Qui sap se lous rouchinouns
ne m'an pas flounade. Bau tourna saja. (Que cante).
Lou Merle (lou cap hore dou nit). — Escusats daunéte, qu'ey la
moulhè malause e bostes cansouns au segu nou balen arré en de
goari lou mau de cap. Anats mey louy.
L'aurio e lou pinsan que debisen amasse sus ue branque.
La Cigalhe. — Aquets n'an pas l'ert mâchants, (Que cante).
Dat un gout d'arrous estelat,
A l'ayse hey moun abeurade ;
En de passa cade journade
Qu'ey prou, bissè, d'un groun de blat.
£,oi4 Pinsan (que l'a biste) Oère la cigalhe, qn'ey poulidéte.
L'A urio. —(Baleu, que bam soupa, pus lou soumbruse casut, que-t
megnerey à la case d'ue Mouraloye haroulère. (Que s'emboulen).
Lou Pinsan (en tout ha'na las aies). — Ey bertat aurio, que j'a
gèns qui crèben de hàmi ?
La Cigalhe (tristement). — Qu'at auèn plan dit lous rouchinouns.
(Que cante de nauet au ras dou nit de l'Agasse).

L'eslou da sa flasre embescante
L'abelhe que balbe soun mèu
E jou toustém débat lou cèu
Que hey treni la megne cante.

L'Agasse (esmalide). — Tire en aùan pacante.
Lou Pic (arregagnatcoum un pugnat de cardouns que-s passeje).
Cigalhote, ma migue, escoute asso ; canta nou boute ardits en
bousse, bos un counselh, dèche las cansouns e ta tountoure, bère
houlie e trabalhe.
La Cigalhe. — Meste pic la megne houlie qu'ey la megne bite.

�— 24t —
Lou Pic, — Bouhigue de ben tas paraules, jou que m'esbiti chens
cantes, hè proufleyt dou men prêche.
Ue paringle (qu'où balhe un groun de roument). -- Miguete,
partatjam.
La Cigalhe. — Mercès paringle.
Un Barbot (que passe en tourtejan). - La caritat brabe daunete,
per l'Amou de Diu.
La Cigalhe (que dache case lou groun de blat dens la salère dou
mendicant qui s'ahute chens dise : Mercès).
N'ère pas la pene d'auinounia u, puch qu'où hen do lous mercès!
Lou sou qu'ey couchât, la cigalhe s'ajasse au pè d'un floc de
margalides, débat lous darrès arrays qui l'alipoutinen dens ue gausalhe amourouse. Que mande un adichat courau au nit dous rouchinouns pus que s'adroum en bresilha tout dous, tout dous, coum
en un sauneyt :
Que souy basude un cla matin,
Coan abriu berdeje a las branques...

Lou sourelh s'ey esblinssat e las margalides pleguan la tèste,
qu'escouten la cante d'amou estupa-s dens l'escurade.

Qu'ey lou matin, lous ausets que-sdechiden, lou pinsanet l'aurio
briacs tout dus s'en tournen de bese la Mouraloye.
Lou Pinsan. — So qu'ey aco ?
L'A urio. — Aco, qu'ey la cigalhe qui ey mourte. La soue bouqueté
qu'arrit eucoè. que dirèn que sauneje, las margalides qu'an hèyt
chuma sus sa care lous dégoûts d'arrous.
Aus clams dous pinsans lous ausets qu'arriben.
Las l'aringles s'ajoelhen en plouran.
Lous Rouchinouns. — Qu'ey hurouse e que cante adare au ceu
dous barre-hos luès.
Lou Merle (tout desalenat) So que ja ? So que ja ?
L'Agasse. — Chic de cause, aquère houlistrane de cigalhe qu'ey
mourte.
FRANÇOIS DE LARTIGUE

Monguilhem (Gers).

�— 241

Lous Tillolè

Chanson Bayonnaise
de LESCA.

Paroles française
de Isidore SALUES.

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£T£Í ta. íc, £ct

£a

III

II
Qu'en soun estats deban Peillic, (bis)

Moussu Verdiè que-b saludam, (bis)

Moussu lou coumte qu'ous a dit : (bis)

Dab lou nos berret a la man, (bis)

« Un couple de pistoles,

1

Mes enfants, seront bonnes.
Pour boire à ma santé,

I
l

Escusats le hardiesse,
D'ibe brabe yoenesse,

Vivent les Tillolés ! «

)

Tra la...

.
6'

Qui bin per z'embita
A le bède sauta.
Tra la.,.

�— 242 —
IV

VI

Binéts, Mesdames, si bous plats, (bis)

En arriban au poun Mayou, (bis)

Assi qu'èm d'honestes gouyats

Quartiè de Bayoune le flou (bis)

(bis)

Ne cregnits le galerne,

Dou haut de la tillole

Ni lou bin de citerne,

Qu'an hèyt le cab'iole,

bis.

Dab nous qu'am Chateliè

Uoun poun de Pïnecaut

Lou brabe Tilloliè.

bis.

Qu'an hèyt lou sibresaut.

Tra la...

Tra la...

vn

V
Per promena lou temps qu'es bèt, (bis)

Puch, en reprenén l'abiroun, (bis)

Embarcat-bous au nos bachèt ; (bis)

Que sVn bat drét, a Sén Leoun

La noste goubernante,

Ensegna le yoenesse

\

Qu'es fort broyé e charmante ; /
Per esta de Paris

Pèr bagna dab hardiésse,

bis.

Pèr apréne com eau

Que semble dou pays.

bis.

A ha lou sibresaut.

Tra la...

Tra la...

Couplets Français
ii

III

Sous la garde de Saint Léon, (bis)

Depuis le pont de Pannecau, (bis)

Des Bayonnais le grand patron, (bis)
Admirez ma tillole,

Jusqu'à la barre du Boucan, (bis)

Construite à Mousterole,

Ma barque souveraine,

Par Jean le charpentier

De ce vaste domaine

bis.

Sillonne le flot bleu,

Connu du monde entier !

A la grâce de Dieu !

Tra la. .

Tra la...
IV
Allons ! les filles de vingt ans, ibis)
Venez rejoindre vos galants, (bis)
Malgré vent et marée.
D'une marche assurée.
Nous abordons toujours,
A l'Ile des amours !
Tra la...

bis.

bis.

�— 243 —

Lous Reclams
Aus mémbres dou Counsélh de l'Escole.

Suban l'article 3 dous Statuts, lous Reclams que dében esta
escributs p ou Burèu ou Counsélh dab l'ayude de toutes las boulountats. Que s'en èm debisats lou Fresidén e you e qu'abém pensât bou de dise aus counfrays de quine mestiou e boulerém d'are
enla ha esplèyt. Que touqueram drin a tout so qui potagradaa
û Biarnés, a û Gascou, de fayssou que lou mémbre dou Counsélh
lou méy repropri enta d escribe e s pousqui oumén ayda-s de las
soues endiques sinou dou sou calam.
Lou numéro qu'aura toustém 20 payes blanques e 4 blues, més
que demanderam au nouste emprimur d'emplega « caractères »
méy despariès: 3 ou 4 escantilhs que sufirén ta balha a la rebiste
méy beroy cop d'oélh.
L'usancedous culs de lampe, qui soun soubén lous medich, ne-s
ba pas trop. A la fi dous articles oumén que serém d'abis de nou
pas hiqua-n'y : bouta-y melèu ù quatrî, û histoerét en chèys arrèques. ûe fine respounse : que m'en hasin proubisiou lous qui-n
saben.
Més so qui bouleri. qu'éy de balha de téms en quoant û pourtroèt. que pouyrém abia-s p'ou dou Presidén nabèth ; ûe imadye
debisante, coun la Couscoulhe dou brès d'Henricou, lou sou Castèth, lou poun d'Orthez, la tou de Mouncade, las roèynes de Bidache, etc.
Las quoate payes blues que poden, a cops abé usance méy pratique. A la place dous mémbres dou burèu, quoand s'escadi plâ,
que hiqueram la listre de las coumissious, dou coumitat de redacciou a couusulta quoand lou Secretari yenerau ayi besougn dou
sou abis sus la balou due pèce. Tour pèr tour, a la darrère paye,
qu'emprimeram las règles de la grafie e lous libis biarnés a béne.
Lous autous ne hèn pas fourtune, lous editous tapauc qu'arrecoumandam aus counfrays de léye soubén aquére paye, sustout
quoand lou porte-mounéde lou ayi endoum. La tersau paye que
demoure tas las anounces pagades. Que pregam lous amies de
proucuri-s'én quauques-ûes pramou que lou boèyt n'a pas yaméy
arregoulat arrés.
Lou Burèu, pèr la fî de garbe, qu'a descidat que lous Reclams
ne poden pas encoère esta emprimats touts sancés en biarnés :
qu'y eau artigles francés pramou que la tèrse partide dous escouliès qui soun dab nous ta ha rebiscoula la loéngue, qui balhen
enta-d'aquero lou lou aryén, ne la saben pas ou ne la coumprénen
pas prou enta léye-lé d'abourride. La boune coupie francése qu'éy

�— 244 —
a malayse a trouba, que-m prenerèy la libertat de tarrita lous
méstes dou calam írancés, counfrays noustes, enta que m'en
balhin, qu'ous prègui de ha-m boune care quoand truqui a la
loue porte. Tan qu'a so de biarnés ou de gascou, l'embarras ne
sera pas tan gran, més que hèy assiu aperét a touts lous amies
noustes, e qu'ous demandi a touts de manda-m quauqu'arrèy enta
qu'y ayi « dibersitat ».
Gnaute pregari qui-m herén hère de gay d'arcoélhe dabboéntat :
Siats touts prou amistous enta decha-m largance de ha paréche tous
bostes escriuts au mournén qui-m semblera lou miélhe enta la beroye
fayssou de la rebiste. Horemis, plâ entenut, lous cas oun y a interès
mayou a pari délire.
Tout autou qui aura fournit û tribalh de counsequénee, etsémple : û artigle de cinq ou chèys payes qui l'a balhat tribalh e demandât téms, que recéura, si ou hè plasé, pèr arrèy, cinq escantilhs
dou numéro oun parira lou sou tribalh.
Toute la coupie que déu esta mandade au Secretari Yenerau
carcat d'aparia lous Reclams.
Horemis la listre dous counfrays nabèths qui bau miélhe embia
tout drét a l'emprimur.
Assiu las rubriques qui heran, tour pèr tour, la mestiou dou
numéro :
1° Artigles d'abiade, en francés ou gascou, sus tout so qui toque
a l'obre ou au péys ;
2° Lous de hoèy lou die, prousèys e pouesies dous autous qui soun
en bite ;
3° Lous d'autes cops, prousèys e pouesies d'autous mours ;
4° Biographies d'homis illustres dou peys ;
5° Histori, géographif, biadyes, Que balheram, au numéro qui
bién, lou coumencemén|d'ûe petite histori dou Biarn pèr Louis de
Batcave. Aquéth libiot que hera serbici aus reyéns carcats d'amucha-lé can e can dab la Francése. Arroun so dou Biarn que
seguiran las historis d'Armagnac, de Lanes, de Bigorre, si
counfrays baléns e-s bolen balha la péne d'escribé-n ;
6° Létres de gaye humou, autedemén dit humouristiques. A la
mode de las de St Yan Tauziet, Hourcadut, Nostradamus. Qu'éy
en létres d'aquére manière qui sort flourit, aboundous, gnaquén,
esmiragglan l'esprit de la race. Qu'en èy demandât a quauques-ûs
qui-m semblaben abé lou cabélh atourmerat enta sabé-n ha de
beroyes. Més ne s'y saben pas préne, si disen. Yan dou Gouf
que-m a desrountat : «Balhé-m û moudèle, si-m disè». 0 hilh de
quauque ! Lou moudèle que l'as au discours qui as prounounçat
a Pau, a la il de..., l'arregoulère e n'en saurés pas trouba de

�- 245 -

miélhe (1). Atau qu'en ère tabé de Mous de Jourdain qui hesè
prose chéns at sabé ;
7° Musique, 3 séries. Cantes poupularis qui soun estades deya
emprimades; cantes poupularis nou encoère emprimades; cantes
d'autous qui biben. De tout aquero que heram tiradyes a d espar
enta que-s counsèrbin equ'anin a l'endrét doun n'aurén pas début
sourti : lou larè de la brabe yén de Gascougne.
8° Brin de tout. Lou titre que debise de medich. Touts lous escouliès de Febus que-m mandin counderilhots chéns letradure
peguésses ta-d arride, yocs de soucietat e de maynadyes, folk-Tore
de boune sabou, etc.
9° Causes de Noustc. So qui Mous de Bourciez e mentau las familiaritats de l'histori, coustumes, usadyes, sourcierumi (abis a
Moussu Lacouture). Las hartères paysànes, tribalhs, maridadyes,
nechénses, mours; lous passe-téms publics, bals, courses, hèstes,
danses, calhebaris ; leyéndes, segnous, counsélhs municipals,
mayres, reyéns, curés, barbès (fratèrs) mesties despariès.
10° Lous menturs ou tracassiès, cassedous, pesquedous, farsurs,
biadyedous, mandians, gagne-petits, yén qui an hèyt la guerre, e
tabé lous qui soun tournais de peys estranyès.
11° Noubèks, Mours, badudes, «succès», més bracs, etc.
12° Libis nabèlhs, counte renduts.
13° Brin de paysanterie e d'endustrie de nouste: utis, usadyes
biélhs ou naus, sau a Salies, berréts a Aulourou e Nay, cintes,
aygue de bite, armagnac, arrousie en Lanes, lèyt e roumadye a la
mountagne, etc.
14° Las arridoundères de la médecine e dous pouticayres (abis a
Meliande).
15° Talhucs dous libis a béne.
16° Las iìazétes. Aquiu que signaleram lous artigles dous yournals amies qui soun bous a léye.
Que souy au cap de la béte. Se m'èy desbroumbat quauqu'arré
que m at disin, dab plasé que coumpleterèy. Més que-m sémtle
que hén aquéth prougram qu'y a mestiou ta touts lous gous, carn
enta touts lous estoumacs. Counfrays, si bouléts que lous Heclami
que sien beroys, beyats so qui sabéts ha en tout aquéro*e mandatsm-éc. Que-b prouméti de ha-n de bous usadyes.
J.V.

LALANNE.

Voir ce discours dans le compte-rendu de Sylvain Lacoste.

�U Mtssaîye aus Côunfrays de l'Escete
Que m'en tournabi, sus la brespade dou 26 d'aoust, de l'amassade de Pau.Qu'ère l'hore tardibe dou sou-couc, que-m demourabe
bère camade a ha de dues lègues, e que m'abiabi, pressât, de cap
ta case.
Ne boulouy pas, toutû, passa per coustat dou petit cemitèri
flourit de Départ chéns besita la toumbe dou brabe capdau défunt
de l'Escole. Que-m hesi u debé, e que sentibi qu'ère u besoung
tau mèy cô, de pourta-u lou nouste salut, e coum u perhum e u
soubiéne de la felibrade de dòu oun s'y abè tan debisat d'éth.
Au cap de la bie. que m'estanquèy deban lou grilhat qui embarre
lou corn dou segrat oun ey sepelit au mièy dous sous ; e, tout
esmabut, que dechabi puya taus mèys pots lou pregari de l'amie
tau credént e tau yuste qui-ns a dechats, cinq mes a, tristes e
doulénts de l'abé pergut... E que m souy despartit dequiu, apatsat
p'ou silenci acalmant dou camp de repaus, à pênes troublât per
lous darrès piulis dous auserots qui s'anidaben héns lousarrousès
e lous cypriès, e counsoulat per l'asségurance que lou Mèste s'en
ey anat aquiu oun lou boun Diu arrecapte lous bous.
Cabbath lou caminau, qu'èy pensât e arre-pensat ad éth. A
mouménts que tournabi bede aquere care de beroy homi arcoeIhént et gaymant, aquéths oelhs arridents e dous, miralhs d ue
bère inteliyénce e d'u cô qui ère toute bountat, e que m semblabe
entene aquere bouts encantadoure e tan amistouse, charmi dous
qui l'aprouchaben.
E aquere mediche noèyt, qu'èy sauneyat ad éth, que l'èy bist,
audit et debisat. Que p'at bau counda...
— « Amie, si m'a dit atau, que-t tourni la besite qui m'as
hèyte en-d'hore, e qui esperabi : que sabi que-t broumbabes de
you...
— « Mèste, que-m hètz hère d'haunou, e que souy hurous dou
rencountre. Quin pe troubatz ?
— v&lt; Hère plà.
Ne-b chagrinetz pas. Que-y a u temps enta
ploura, u gn'aut enta s'arregaha. Que sèy quoant m'aymabetz e
quoant m'abetz regretat. You tabèy que p'aymabi hère, que
p'aymerèy toustemps, e drin de la mie amne que demourera dab
bous auts.
« Que souy au cèu de sente Estéle, oun m'an arcoelhut Pelissou
e Yan Palay, Salles e Lespy, Gassiat e Couture, e toutl'ahoalh dous

�_ 247 félibres amies qui m'y abèn debanteyat, e oun m'a tan lèu yuntat
aquéth brabe Lafore.
« Qu'y èm touts hurous, e las noustes amnes, leuyères et
souptes, liberades de touts impédiménts, de toute estaque courpourale e dous thepics de la terre, que-s mauten aysidément e
que-s porten en u moumént oun las plats d'esta. Qu'èri, hoèy,
au mièy de bous auts, en la boste aplegade, que p'èy touts recounechuts.
« Que souy countént dou boste descis, e de so qu'abetz eslegut
a la mie place gn'aut hilh dou méy Orthez tan aymat, — cintat
inclite de Fébus, — aquéth en louquoau abi metut toutes las mies
complasénces e qui ey lou miélhe counfldént de la mie pensade :
que-b arremercii de m'abé tan plà coumprés.
« E adare, couratye ! L'obre qui abèm abiade amasses, perseguitz le dab éth. Lou drapèu qui abi tiengut haut e fèrme pendént
quinze ans e mèy, et qui las mies praubes màs desfalhentes an
dechat ana, eth que l'a coelhut e relhebat : seguitz-lou pertout,
demouratz-y toustemps fldèus, sarratz-pe a l'entourn d'éth, en
nou han touts qu'u soul cô, ue soûle amne.
« E nous auts, acera-haut, qu'aplaudiram aus bostes tribalhs e
que-ns regaudiran dous bostes succès a biéne. Arrèy de so qui-b
toque ne-ns dèche indiférents, e aquiu qu'èm infourmats de
tout.
« Ah ! si poudètz béde, dou nouste sièti en-la, quoant ey beroy
aquéth parsâ de France qui p'a despartit ue Proubidénce besiadoure e proudigue de fabous, aquéth pèys benedit bourdat per
las Pyrénéves e la Mà d'Aryént, lou riban de l'Adou e lous
pignadas dou Marensî. e las bignes qui berdeyen e maduren sous
coustous de l'Armagnac, be seretz ourgulhous dequere countrade
mirabilhouse qui ey la boste terre mayrane !
« Qu'ey a la glourificaciou dequere terre chèns parière qui p'ètz
bouats : la boste enterprése qu'èy bère subèr toutes. Ne p'en
dechetz yamèy destourna, a maugrat de tout so qui pouderan dise
aquéths countradictous e detractous arrebouhiècs e hastiaus, qui
escoupechen coum bilèns sus so qui nou coumprenen. L'aupiniou
dous pècs ne counde pas.
« E toustemps e de mèy en mèy, per l'amou e per la glori dou
petit Biarn, de la fière Gascougne e de la douce France, la boste
debise sie, coum per lou passât : Fébus abant !
« Que sèy la pregoune e meritade estime qui abetz entau mèy
successou, e lou boste pietadous amou de la tasque, e lou boste
tesic ahoecat de l'idéau fébusién. Aquéths sentiménts, touts qu'ous
esprabatz, e qu'ous retrobi mayément, si s pot dise, enso dous
mémbres dou Burèu qui bién des'arrenabi e dous qui, d'are-en-la.

�— 248 —
soun aperats au Counsélh de l'Escole. Qu'éy l'ahide qu'en p'y han
touts, e de toute l'abounde dou cô, en y sourtira gran bèy tad ère,
e que heratz hurouse, e proufleytable au felibrige gascou-biarnés,
ue présidénce qui debetz souheta hère loungue, dab l'ayude de
Diu.
« Que bèy, ta bous auts, dab gran espoèr, lusi, magnifique,
l'aube proumetedoure d u bèth e aboundous abiéne. E quines
resous d'espera sount las bostes! Que bienen ta bous auts, e que
p'enhourtechen dous mayes encouratyements, homis qui sount tout
so de mèy gran e de mèy sapiént, de mèy nouble. aymant e bou.
Espiatz sounque so qui p'a hèyt aquéth « homi de gran cô »,
coum l'aperabi, hoèy hè yuste u an, en la félibrade de Maubesî —
la darrère ta you, malaye ! — lou mèy amie Bibal, présidént
d'haunou e bienfaytou de l'Escole. Per tan qui-u detz de recounechénsse, yamèy n ou quiteratz de tout so qui p'a balut ue amistat
debouade coum la soue, tant de cops e couralemént manifestade
en paraules e p'ous escriuts, e mèy magnifiquemént encoère per
lous efèyts. E que p'en bouleri de nou pas. aus sous coustats,
destingua Moussu lou coumte de Viforano, tant yenerous, éth
tabéy, enta l'obre. Grans mercés qu'ous sount débuts, e a touts
lous amies, counechuts, ou incounechuts per grane e laudable
moudestie, qui-b sustienen e defenden.
« E lou temps que s'aprèsse oun auratz l'agrademént sancé d ue
administraciou dinqu'adare menshidèute de la las bostes intencious, e qui b dera betlèu toute largansse : que-y a passât au
poudé menistres taus coum lou Felibre Maurice Faure, qui an
proubat, p'ou lou propi exémple, quoant ère chic foundat lou
méchant alèb qui-b lhebaben adbersaris deleyaus,en pé maucutan
de « séparatisme ». Qu'a dechat, aquéth, u rés qui ne sera pas
aysit d'escouba.
« E hié encoère — asso que-b toque de hère près - en Orange,
oun présidabe à l'inauguraciou dou mounumént de Paul Mariéton,
û membre counsequént de la boste Escole, e Biarnés de boune
souque, s'en y a, coum eau créde, — Moussu Bérard, — lou yoén
e balént députât d'Orthez, Sots-Secretari d'Estat, en tèrmis coum
éth soul lous sab expressa, que laudabe lous troubadous e glourificabe las bères léngues e las letradures admirables dou nouste
Mieydi,e.
« Tout aco qu'ey de fabourable auguri, e sénte Estèle que-b
proutètye.
« Qu'èy parlât dous troubadous, e asso que m'amie a ue recoumandaciou qui-t carqui de transmete de las mies parts aus
counfrays.
« Qu'èy a-us ha u arcast ;

�— 249 —
« Heretès e countinuadous dous troubadous, que deberetz segui
la tradiciou qui pan déchade e qui pretendetz de ha rebibe. Or
douuc, que b trobi fautius sus aquéth punt, e qu'abetz hèyt bère
manque, — bahide chéns at créde. Per aco ne s'en eau pas da
dou cap countre las muralhes : lou curé, si dits l'arrepoè, que s
pèque a la misse e lou reyént a la mustre, e lou qui n'a yamèy
fautat n'ey pas encoère badut.
« Lo s troubadous, moun amie, qu'estessen praubes musicayres barruès, ou riches e puchéns segnous e chibaliès, qu'èren
abant tout homis galans e courtés, e que dedicaben las loues
trobes poétiques a las yéules dames e castelanes dount sabèn, en
beroys bèrs flatayres e flaugnacs, a bèths cops de rèste laudatius
ta esta francs, coumplimenta la beutat e las gracis. Boutam
qu'estesse hore de payère, e pas Ihèu toustemps innoucénte e
haunéste la loue galanterie, — ta tout que-y a u mièy ; mes la
boste, quin s'ey muchade?
« Bertad qu'ey qu'abelz ue rèyne, e que l'entournatz e l'adournatz d'ue graciouse cour de frésques yoénesses, én las bostes hèstes
félibrenques dous Yocs Flouraus : qu'ey aco la Cour d'amou.
remembrance e rebiscoulade de la coustume antique.
« Mes n'ey pas prou. Que poudètz ha mèy e miélhe : qu'en
abètz lou parât, e n'en abetz pas proufieytat, quoan se soun establils lou Counsélh e lou Burèu nabèth de l'Escole.
« Que-m semble que p ou temps qui trabersam, e oun lou « féminisme M ey tant à la mode, qu'aberetz poudut, chéns pe ha trufa
de bous auts, da-y entrade a quauques ues de las aymables félibrésses qui b haunouren de la loue coumpagnie, coum serén
Filadelfe e dame Paul Guillot, e damisèle Alberte Lalanne, la
toute mignounéte arre hilhe de Bibal, e l'esberide Salière Ysabè
de Saubot, qui abetz mèy d u cop aplaudide déns lou rolle de la
« Ninote » dou Charpie, — e quoant d autes encoère, qui an hèyt,
coum aquéres, las loues probes, e qui herén autan boune figure
aquiu coum mant'ue « barbe d'homi ! »
« Aném! que calera repara lou fachous desbroumb, ta-lèu qui-s
pousque. Qu'at diseras a l'amie Lalanne... e que hera lou rèste.
Qu'où féliciti de s'esta au poste d'haunou e de tribalh oun l'a
mantiengut la boste counfiénee. De tout témps, que s'ey hère
amaneyat tau renoum e ta la crechénee de l'Escole, e qu'espèri
que sera, dab lou capdau Batcave coum dab you, l'amie de bou
counsélh toustemps escoutat, e déns lou Burèu, lou hardit, escarrabelhat e ahanat oubrè dount l'ardou tau tribalh e la goalharde
balentisse ne-s dan ni paus ni cès.
« Ad éths e au brabe Lhèpt, qui s'an près en ayude, e a touts
lous baléns de l'Escole, santat, amistat e salut!

�- 250 —
« Que-t quiti. Que s'en ba témps que tourni puya t'aus amies
qui m'espèren bère pause a. qui m créden lhéu ta courre la
patantèyne, e qui-m pouderén mete aus arrèsts. Adiu dounc, hè
plà la coumissiou qui t'èy dade, e quoand tournis esta de passade
coussire : enta tu, qu'y serèy toustémps.
— « N'y manquerèy pas, Méste, e la coumissiou que sera hèyte.
Adichatz ! Coumpliménts t'acera bèc, e que se m'arrecoumanderatz
au La fore... »
Auta-lèu qu'a retrenit lou crit maytiè d u hasâ... e que-m souy
deschudat.
E que m'èy prés lou calam, ta-b repourta lou dit dou Méste
Planté : amie Lalanne, adare que p'at beyatz !
J.

GARDÈRE.

H

L@MS

Ealéms

Mous de Larbaigt, direçtou de l'Escole supérioure de Nay,
qu'éy estât noumat en ûe escole màye a Cadillac, (GiroundeJ.
Mous de Larbaigt qu'éy û gran amie de la loéngue mayrâne.
Chéns pòu, ni hounle, ni bergougne, que l'a boutade a la soue
escole, can a can dab la francése. Augan qu'éy û dous sous
escouliès qui s'en a pourtat lou purmè prêts dous Yocs de las
escoles - prêts dou Ministre.
Musicien de bou trém, que s'ère debertit a hiqua a très bouts
las cantes las méy beroyes dous pastous biarnés e que las hesè
canta, a las hèstes de las escoles. p'ous sous escouliès e qu'ous
coundabe lous coundes dou cor dou hoéc en ta ha-us arride e
conserba-us l'esprit de la race. Se credéts que l'a hèyt dou tor
aquero? Diu nou! La probe qu'éy que puye d'û osque e que
l'amistat d'ous de Nay que l'éy bribénte e qu'où sera fidèute.
Lous felibres, abans de decha-u parti, que l'an embitat a da n
ûe tringlade. E Moussu Blancq e Mourthé l'ahoécat e Abadie que
l'an hèyt adechats toucans.
Assiu que-m hè gay de balha lou bersét d'Abadie.
A Mous de Larbaigt
Salut
dous amies de Nay.
Lou 9 de Septéme 1912.

Aysits. beroy seduts en aqueste taulade,
Lous amies que-m'an dit : — « Haut, apresse-t, gouyat!
« Tu qui as prou boune bouts e la lengue ahiélàde
A nouste amie Larbaigt. per touts, dits adichat !

�- 2ol c Anem, dèche-t ana : bam, parle tu qui sàbes ! »
Guand mercés ! Qu'ets charmants ! Ah, lou beroy miscap
Qui-m balhats !,.. Que nou poutch tira céses ni habes
Dou cabeilh rebouhièc ; bedéts, qu'ey mâchant cap !
Quin m'en càu debira d'ûe coénte parière ?
Que souy pec coum la lûe e Larbaigt qu'èy sapient :
Que s trufera de you e de boune manière
Si peguesséyi trop : pietat, moussu Reyent !
Mes, goayre n'ey besoungn de-m turmenta la bile,
D'espréme las templégues, de-m cap-bira l'esprit
Ta p serbî û discours coum dîsen à la bile,
Touts aquéths moûts eschucs soun... bouquet estarit !
Hens lou cô qu'ey troubat tout so qui p'ey à dise
Amie Larbaigt, ta bous n'ey pas qu'à desclabàu
E, lou cahiè ubert, nàde trachamandise
Nou-m puyera su's pots après lou tour de clàu.
Mes, quin pe diserey toutes las bounes causes
Qui lou temps, chic à chic, hens moun cô reccatta ?
Boeytam lou à d'arroun e dap quoate paràules :
Amistat, soubenis, lou degrèu de-p quitta...
A Nay, en chic de temps, qu'abét prés grane place
Lous qui p'an counegut, de tire p an aymat !
Sapience, amistousè, esprit e boune race
Soun las màyes bertuts qui-ns abét amuchat,
.Mes tabé, beyat drin, à uoeyt, tout aquet mounde
Biengut ta-p bayoula coum jamey n'est estât !
Touts que p mànden santat, coumplimens en abounde.
Lou Innchde oey qu'ey la hèste de l'amistat !
Loegn de nous que partit : ataù que-n ba la bîte...
Mes, bremba-pe toustem qu'abét amies à Nay
Qui seguéchen dou cô l'ômi charmant qui-ous quite.
Si noubèles embiat, que-s haran toustem gay !

�— 252 —

La snaiTOm d@s Fritr@§ )Prêb&lt;ênûmrB
M. Louis Batcave vient de publier une nouvelle étude sur le
vieil Ortliez : « La Maison des Prêtres Prébendiers de l'église
St-Pierre. » Il s'agit d'un « Oustau » Orthézien, où ses aïeux ont
vécu depuis 1716. Mais cette monographie est plus et mieux qu'un
simple plaidoyer « pro domo», suivant l'expression ?pirituelle de
l'auteur. Car les vieux murs renferment l'énigme de notre existence passagère, emportée par le tourbillon des années et la
maison béarnaise d'autrefois mérite tout spécialement d'attirer
notre attention pour le rôle considérable qu'elle a joué dans les
relations sociales de nos aïeux.
M. Batcave nous décrit d'abord cette maison du Bourg vieux
d'Orthez qui, à proximité du rempart, participait à la défense de
la ville avec ses murs épais, son escalier de pierre, sa grand'salle
à laquelle on accédait par un pont-levis, ses meurtrières et sa
charpente, qui reproduit « l'image d'une carène de navire renversée». Cette description, agrémentée de jolis dessins, donne une
idée précise de l'architecture d'une maison à la fin du xive siècle.
Puis il passe en revue les propriétaires successifs de cette maison
depuis René Nabascoy jusqu'à Antoine Batcave, sculpteur, maître
menuisier, qui acheta cet immeuble le 14 mai 1716. Depuis cette
date cette maison n'a cessé d'appartenir à la famille de l'auteur,
transmise de père en fils par droit de primogéniture. Elle avait
été occupée antérieurement par Antoine et Jean de Marque, oncle
et neveu, prêtres prébendiers de l'église St-Pierre, qui furent
accusés de faire de la fausse monnaie.
Les faux monnayeurs étaient très nombreux au xvne siècle et
ils formaient de riches et puissantes associations, où l'on voyait
« des gentilshommes, des gens de loi, des marchands, des prêtres
et des femmes» et l'opinion publique était indulgente pour ce
crime, sévèrement puni par les tribunaux du roi.
L'affaire des « Prêtres Prébendiers » fut conduite par Pierre de
St-Macary, doyen du Parlement de Navarre et subdélégué de
l'intendant. Les documents publiés par M. Batcave permettent de
suivre pas à pas les détails de cette instruction. Antoine et Jean

�de Marque, ainsi que leurs complices, furent emprisonnés à la
Conciergerie et traduits devant le Parlement. Comme les juges de
la ïournelle étaient prédisposés en leur faveur on craignait de les
voir acquitter ; aussi le roi ordonna-t-il que l'affaire serait portée
devant la Grande Chambre. Sur ces entrefaites les prisonniers
s'évadèrent et eurent le temps de se sauver en Espagne Ils n'en
furent pas moins condamnés à mort par contumace suivant arrêt
du Parlement du 18 Mars 1709 et pendus en effigie. Cinq ans
après, leurs biens furent licités devant Me Apestegui, notaire
royal, suivant acte en date du 14 Mai 1716, au profit d'Antoine
Batcave, qui fut investi solennellement de la possession de la
manière suivante :
« Et en marque de ladite possession ai introduit ledit de Batcave
« en ladite maison, luy ai fait fermer et ouvrir les portes, comme
« aussi sur ladite place, jardin et basse cour, sur lesquels je l'ai
« fait promener, jeter des cailloux, arracher des herbes et lui ai
« fait faire les autres actes requis et nécessaires en pareil cas, en
« sorte qu'il en est resté le véritable maître, avec défenses à
« toutes personnes de le troubler, à telles peines que de droit. »
A ce propos M. Batcave fait des remarques très intéressantes
sur la tradition réelle des immeubles dans l'ancien droit ; il y voit
une institution d'origine anglaise qui se serait infiltrée dans le
Béarn, pays de droit écritCette courte analyse ne saurait donner une idée complète de
l'ouvrage de M. Batcave, si connu pour sa vaste érudition et pour
son talent littéraire. Il serait difficile de tirer un parti plus judicieux des documents et de vivifier le passé avec plus de ferveur.
Dans un style, exempt d'emphase, mais non dépourvu de grâce,
M. Batcave nous initie aux traditions, aux lois et à la vie de nos
ancêtres. L'histoire n'est pas seulement ponr lui l'analyse laborieuse des textes ; elle est aussi, sous la forme d'un récit attachant,
un hommage pieux à la mémoire des ancêtres et une glorification
émue de la patrie béarnaise.
A. DUJARDIN.

�— 254 -

Noubèles
Grand Io Floura Setenari de 1913. — Lou councours
qu'éy ubèr a touts lous escribâs de loéngue d'Oc. Touts lous
dialectes que eoun admetuts més la grafie adouptade en cade
regiou pèr lous mèstes qu'éy de rigou. Touts lous sudyècs, toutes
las fayssous que poden esta présentais en cade secciou :
a) Pouesie : Odes, cantes, pouèmis, reculhs, tiatre, etc.
b) Prose : Coundes, galéjades, roumans, histori, sciénce, tiatre, etc.
Las obres publicades desémpuch ménch de sèt ans que poden
councouri coum las obres inédites.
La yurade que balhera, û purmè prêts, dus sigouns prêts, dus
tresaus drèts e autan de mencious qui heran besougn : que sera
màgarnide d'autan de flous, yolhes, medalhes d'aur e d'aryén qui
calhi, chéns counda ûe soume de mile liures e ugn'aute de cinq
céns liures en mounède ta la purmère yoye de pouesie e ta la
purmère de prousèy.
Ta touqua la mounéde que eau esta felibre manteuèire escribut
abans lou 31 de decéme 1912.
Las obres, — en double etsemplari se soun inédites ; en triple
se soun emprimades — que dében esta mandades, aban lou 15 de
Heurè 1913, au bayle dou Felibridge : Dr J. Fallen a Aubagne
(Bouches-du Rhône).
A d éth tabéy que-s dében adressa lous qui boulhin lou prougram coumplit d'aquéths yocs.
Qu'engadyam a councouri touts lous baléns de Febus : qu'abém
prou de taléns pèr nouste enta-d esta segu que, si atbolen, ûe bère
partide dous prêts que-s bièyran acouta-s ta-d aquéste part de
Gascougne
La Mourt ! ! !
Aquéste més d'aoust qu'a hèyt la plégue, a Paris, û biélh Biarnés
de boune souque, Mous Guelfe de Lailhacar, arréhilh d'Aulourou
e de Salies. Lous sous ayòus qu'estoun mémbres de la yurade
d'Aulourou, yudyes au parlemén de Pau. Lou nouste counfray,
birat de cap ta-u negoci, qu'ère anat ta las Amériques. Se n'abè
pas escribut que sabè beroy debisa de la tasque ; e libis, papés,
pergams de Biarn, tout so qui-s poudè croumpa a truques d'ardits,
que bienè ta u sou libiè. Que saludam, lou qui abè gay de mentabé-s « û biélh gentiu de Biarn ».
L. R.

�La Bouts de la Terre. — N° Aoust-Setéme. Descentralisaciou, Andièu
de Laniazère. — Escole Gastou-Febus, amassadeannau de 1912. - L'Acciou,
Jean Lccoq.
En aunou de Paul Marieton, M. G. — Gantes et coundes de
la Plane, de la Coste e de la Mountagne, pouesies e prousèy de D1' Méliande,
L'Arriberés dou Gabe, H. D., A. Bibes, Jean de la Ma, etc.
Dou 15 de Seténie : Beroy artigle sus La Noublésse de la Léngue, pèr
J. Lhermitte (Fray Savinian). — U discours au Lycée de Tarbes, pèr Mous
Labescat, sus l'amne Gascoune. — Tout caut, Gante de Baudorre, Musique
de Castaingt.
Chronique du Midi. — Xavier de Cardaillac qu'y announce la nouminaciou de M. l'archiprêtre Dubarat coumpresidén de la Soucietat de las Sapiénces, Letradures et Arts de Pau, que dits de hère beroyes causes de Adrien
Planté e que dèche cadé ûe larme sus la hosse dou nouste praube amie, dou
nouste ray, P.-D. Lafore.
Vivo Prouvenço ! N° d'Aoust : Lou mistralisme nostre, L. R. — Après
la chavano, A. de Seynes. L'Escole e lou Felibrige, J. de Fouent-Viezano.
Dah gran plasé que seguim de l'oélhedou cô la coude-l'y-sègue dous artigles
qui aquére rebiste e hè sus la Loéngue a l'Escole. — Fatorgo de la bello
endourmido, Jean de la Vaulongo. — Jean Lorrain à Niço, P. Devoluy.
La République des Travailleurs. — Caritatous autan coum balén, lou
nouste presideB d'haunou, Mous de Bibal que bièy de ha ûe foundaciou nabère. Atau qu'a escribut au Gounsélh Yenerau dou Gers... « Je mets à la disposition du Département du Gers, pendant trente ans, une somme annuelle
de 600 francs qui seront attribués par la Commission départementale, à l'entrée de l'hiver, vers le 1er décembre, et par mandat de cent francs, à six veuves
d'ouvriers les plus méritantes, ayant à leur charge plus de deux enfants, âgés
de moins de 13 ans ». Parié que hasin lous qui an cô e fourtune 1

�— 256 —
Lou Franc-Parler d'Orthez. — Létre de Moussu Berard, sots-secretari
d'Estat aus Bèths-Arts, lou nouste counfray. Que proumét que l'Estat qu'aydera la bile d'Orthez a-d arranya la Tour de Mouncade. 1 .a mediche gazéte que
dits que Moussu Berard, en han besite a l'espitau qu'a balhat a la memori de
Mous Adrien de Planté so qui l'éy début. Aquero ne s'estoune pas de
M. Berard.
La Terre d'Oc. — Au N" de garbe, qu'anounce la mour dou sou sigoun
presidén, qui s'ère desmetut quauques ans a : Louvis Vèrnho. En coundan
la soue bite felibrénque, la redacciou qu'escriut asso : « Sept felibres de
VEscolo Moundino doun cinq de las countrados de Biarn e Gascounho, foundon VEscolo Gastou-Febus. Les foundatous an tengut que demèst élis, flgurèsson dous felibres toulousans per temounha que la foundaciou de la nouvèlo
Escolo es la résulta delà proupagando de YEscolo Moundino en Biarn e
Gascounho. L'Escole Gastou-Febus es dounc, un pauc, uno filholo de VEscolo
Moundino.
La France de Bordeaux et du Sud-Ouest. — Aux Propos Bordelais,
sinnat Claude Pascal : « Il est manifeste que par la complexité plus savante
de leurs formes grammaticales, par l'harmonie plus expressive de leur vocabulaire et par la richesse même de leur littérature, certains dialectes de la
langue d'oc l'emportaient beaucoup sur tous les dialectes d'oïl, y compris le
français «. E arroun que hè hauuou au nouste countray. Félix Arnaudin, de
Labouhèyre, doun, e dits éth, « je viens de parcourir avec un plaisir que je
voudrais voir partager par tous nos lecteurs, le beau volume consacré aux
chansons populaires des pays de Born, du Marsan, du Bazadais en un mot de
la Lande landaise.
Era Bouts dera Mountanho, d'Aoust-Setéme, que balhe lou « prougramo dera hè.slo dera 'Scolo deras Pirenéos a Aspètch e as embirous es 16 è
17 de Setéme 1912 ». Coum toustém aquére hèste que proumét d'esta beroye
e tringlante. Mous de Sarrieu qu'a hèyt au Presidén e au Secretari Yenerau
de Febus la gauyou d'embita-us-y. Que seré a malayse d'esta méy courtés.
méy amistous. Augan encoère ne pouyram pas ana-y. Més qu'où pregam assiu
de coélhe û brassât de grans mercés dab touts lous noustes souhèts enta-d
aquére balénte 'Scolo deras Pirenéos. — A léye a-d aquéthN0 dab û ahoalhs
de pouesies e de prousèy la fî d'ûe estudi enteressante sus l'endustrie dera
Bat d'Auro (era des draps) de Fr. Marsan.
L'Echo d'Oloron que dits dus moûts de la toumbe de Navarrot qui éy
abandounade : qu'en debiseram nous tabé ta-u purmè numéro.
L. R.

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU, EMPRIMERIE VIGNANCOUR, E. MARRIMPOUEY

EMPRIMUR.

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              <text>Q'à-Ribe, Jules de </text>
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              <text>L'arte dou pourtaou</text>
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              <text>Mistral, Frédéric (1830-1914)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" alt="" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Contributeur</name>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Documents</text>
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      <name>Patrimòni cultural = Patrimoine culturel</name>
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