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                  <text>Au cours d'une récente villégiature oloronaise, l'occasion
me fut offerte d'accomplir un pèlerinage à la tombe de
Navarrot. C'est, nul ne l'ignore, Lucq-de-Béarn qui la possède, Lucq où Navarrot vécut ses dernières années dans sa
propriété de Passama et où il voulut reposer à côté de sa
mère. J'y suis allé par cette route montante, non sablonneuse,
mais pourtant malaisée, dont la réputation n'est plus à faire
et que les chevaux eux-mêmes trouvent dure. Mais j'avais
deux compensations.
D'abord, le site. Pas de village le long de ce ruban de dix
kilomètres et presque pas de maisons. Des bois, toujours
des bois, avec des dessous tantôt gazonnés, tantôt envahis
par de hautes fougères, et d'où venaient par intervalles,
d'humides et affolantes odeurs de champignon. De chaque
côté du chemin, sur le faîte du talus, en bordures épaisses,
d'admirables bruyères, de celles que peint Didier-Pouget,
rouges et roses à l'aller, et, le soir, au retour, par l'effet du
soleil déclinant, d'un mauve qui passait au noir. Bref un
coin de Béarn à la fois riant et sévère d'un charme inaccoutumé.
J'avais ensuite, et surtout, le souvenir chantant des petits'
chefs-d'œuvre de Xavier que m'apprit de bonne heure, une
mélodieuse voix, désormais éteinte. Je songeais avec quelle
générosité Navarrot a obligé et oblige chaque jour les Béarnais,
en leur fournissant, dans leur idiome, l'expression tantôt
harmonieuse, tantôt piquante, toujours juste, d'idées et de
sentiments que, sans lui, ils n'auraient fait ou ne feraient
que bégayer. A travers Aspe, Ossau et Barétous, au village,
au bourg et à la ville, que de convives gourmands lui empruntent des vers et des refrains pour exhaler leur satisfaction
épicurienne, quand le rouge monte aux pommettes et
qu'apparaît le Jurançon (La Bistanflûtë) ! Que de fêtes locales
auxquelles il fournit la cantate bien connue mais toujours
nouvelle : il y en a pour Bedous, pour Aydius, pour Ousse,

�— 258 pour Accous, pour Escos. Quel Palois ne vibre à UHouspitalitat à Pau et quel Oloronais au Bielh Aulourou, saluf! Que
de jolis détails de mœurs fixés dans L'Estanguet, lous Pougnoucots et las Laères, d'un réalisme àla Madame Angot ! Enfin,
que de voyageurs disent toujours, en son langage, leurs adieux
à nos vallées et à celle qu'ils y laissent (Lous Adius) ! Et même
que d'électeurs et de politiciens désabusés ont recours à ses
fines satires pour se consoler de leurs amertumes en les
chantant en les rythmant (Aûs Electous hartanès deu Bearn.
— Remercimentz ans Electous Municipaûs. — Dialogue entre
Moussu Matheu, éleciou yJan de Mingequannas, lou bouhèmi.)
Je songeais donc à tout ce répertoire charmant, dont le
rappel me mettait, en quelque sorte, en état de grâce
poétique pour m'incliner devant le tombeau.
Je me figurais celui-ci dans un angle choisi du cimetière
de campagne, sinon richement entretenu, du moins pieusement conservé et soigné par les vivants, fidèles à un compatriote illustre qui, né à Oloron, a voulu reposer en terre
de Lucq.
Or, qu'ai-je trouvé ? L'abandon et presque la ruine.
Entourées d'une grille complètement rouillée et qui ne ferme
plus, trois dalles s'allongent envahies par l'herbe et par
l'humidité. Celle sous laquelle s'anéantissent les restes de
Navarrot, plus noire que grise, laisse à peine apercevoir les
inscriptions biographiques et des quatre vers de Lespy qu'on
y a, jadis gravés :
Taa lountems, qui sous mountz y per las arribères,
Nouste lengatje es parlara,
Tas cansous, Navarrot, seran toustem nabères ;
De toun coô, de toun noum, cadu se broumbara.

quelques lettres seulement apparaissent. C'est désolé et
désolant. Il ne suffit pas d'avoir élevé un buste sur une place
publique, d'avoir donné le nom de Navarrot à des écoles,
d'avoir sauvegardé l'immeuble urbain qu'il habita. Puisque
nous savons où est sa demeure dernière, nous avons le
devoir de veiller sur elle et de l'honorer. Car enfin, s'il est
vrai que l'immortalité d'un poète est dans l'éternité de ses
poèmes et que le principal, pour la gloire de Navarrot, soit
de vivre sur les lèvres béarnaises, il n'en est pas moins que

�— 259 —

ce qui fut matériellement lui repose là, digne dès lors d'une
commémoration active et concrète.
Le 25 décembre prochain, il va y avoir cinquante ans que
s'ouvrit et se ferma cette tombe. Pourquoi ne pas profiter de
cet anniverssaire pour relever solennellement ce qui croule?
Tous les Félibres du Béarn et des alentours et de plus loin
(je pense aux fêtes de 1890) s'associeraient, j'en suis certain,
de tout cœur à une restauration qui s'impose... en attendant
une édition nouvelle des Chansons. Mais les détenteurs de
l'inédit se laisseront-ils jamais fléchir? Cela, d'ailleurs, c'est
autre chose. Allons au plus pressé.
A. LABORDE-MILAA.

***

Alentour d8Û€ teumlb®
Qu'èy passât ûe loungue requèste de la mîe bite a Lucq, yuste
au rebat de la biélhe tou dous Barnabites, e a quoate pas de la hosse
dou gay coumpagnou, dou Biarnés plâhasén doua la mâ ère
toustém ubèrte, dou gran pouète qui estou Nabarrot. Tabé quoand
Laborde-Milàa e-m abou hèyt audi lou sou plagn tan patrioutique
e tan oundrat de douce pouesie, touts lous soubiénes luquéts,
— soubiénes de bint ans, més autan fréscs coum s'èren de yé, —
que-m tournan pèr ahoalhs a l'esprit, a l'amne, au plèy dou cô. E
que bi encoère pèr la pensade la biélhe ciutat biarnése, oun se
soun counserbades toutes natres, méy nétes qu'enloc, la loéngue
benedite de las mays noustes, la balentie dous ayòus, l'amou de
la terre tan frutèque e tan neurissère enta-d aquéths qui l'esperniquen coum aquiu.
Que bi e qu'entenouy la bouts aymadoure dous biélhs e de las
biélhes qui-m amuchan quin calé debisa e escribe lou biarnés.
Mours que soun, lous praubots, més que biben toustém héns
l'arrepléc oun s'estuye l'amistat bertadère mie. Que bi e qu'entenouy lous arrepourès, lous coundes, las leyéudes, las cantes
dous yoéns de labéts, hoèy iloucats de néu coum you. Ne-b bouy
pas dise tout so qui lou mèy purmè libi Coundes Biarnés e déu a-d
aquéths amies, pramou que la mîe par que-b parecheré dehèt
petite. Més que-m hè gay de hiqua assiu lou lou noum e d'euibia-

�— 260 —
us p'ou canè de la nouste rebiste las raies amistouses arrecoumandacious : Lou Bernât de Candaou, lou Fransoès de Pardies, Yan
de Labufio e touts lous de lou. Tout so de biélh, tout so de beroy,
tout so qui ère de dise ou de counda, éths qu'at sabèn e quin at
coundaben ! N'èy pas troubat, en nat cor dou Biarn, gnaute
Biarnése qui sabousse debisa û biarnés tan escricat coum daune
Claire. De souheta que seré qu'abousse pariounes en cade biladye
dou peys. Atau be serém plâ segus que la letradure poupulari
counserbade quo d'are pèr tradiciou ne s perderé pas yaméy.
Toustém pèr la pensade de l'esprit e dou cô qu'arrebi lou
maysoau de Passamâ, dab lou sou houstau pitat s ou tue, pèr delà
par dou Bedat. Aquiu que s'amassaben û cop pèrsemmane ta hesteya dab lou pouète, deberti-s en ne han de toutes, arride aus
hahas en ne countan de peberudes, lous letrats de l'endrét, gays e
francs coumpagnous: lous Baudéant, lous Hélie, lous Beryerot; e
quauque cop, quoand lou bén ère a la sayésse, caperà e dominé.
Lou qui boulousse counéche tout Nabarrot que deuré demanda lou
lou secrét a las murralbes dou biélh houstau !
Arroun deberan la péne que saludabi l'escole de las maynades,
foundaciou de Nabarrot.
Nou-m abenturèy pas a d ana quòu cemitèri, quòu segrat coum
disèn lous antics. N'abou pas ourgulh ta la soue darrère pausade
lou nouste Zabiè, ûe grilhe toute simple, ûe pèyre ab péne piquade
a aproupriade pèr la fine boucharde, û pa de cyprès, qu'éy tout.
D'aulhous so quin-n a dit Laborde-Milàa de l'abandou d'aquére
cause sénte que-m abè herit lou cô.
Més que-m broumbèy labéts, — oh! pèr auburi, n'en èri pas
dehèt segu, — que dou mèy téms, û ou dus cops pèr més, lou
bénitè de l'endrét qu'anabe espeluqua las hèrbes e neteya la toumbe
pèr quauques souriquots qui ou balhaben. Que pensèy a ûe foundaciou e ta sabé quin se debirabe qu'escribu dus moûts de létre
a l'abat Biers, caperâ de Lucq, qui-m ère estât amistous e brabe.
Courriè pèr courriè que recebu aquéste respounse :
Lucq-de-Béarn, 30 Septembre 1912.
Monsieur Lalanne,
Je m'empresse de tous fournir les renseignements demandés sur le
legs Navarrot. Ce legs fait à la fabrique de Lucq était de 2.500 fr. Il
fut autorisé par décret du 14 avril 1876. Il produit aujourd'hui 84 fr.
d'intérêts.

�— 261 —
Voici en partie une copie du titre de rente.
Extrait d'inscription du Grand-Livre.
N° 0.460.009.

Série 6.

Rente 84 fr.
Trimestre

21 fr.

Lucq (la Fabrique de l'Eglise succursale de)
Legs du sieur François Navarrot à charge de soigner, entretenir et
restaurer à perpétuité le petit enclos avec grille en fer, concédé dans le
cimetière de cette paroisse pour la famille du testateur. (Décret du 14
avril Í876.) Le bureau de bienfaisance a été mis en possession de ces
fonds. Il va se réunir cette semaine pour délibérer sur la somme nécessaire à la réparation des quatre tombes de la famille Navarrot. Les
travaux vont être exécutés au plus tôt comme me l'a promis M. le Maire.
Lucq prend donc à sa charge toutes les dépenses et veillera désormais
comme autrefois à l'entretien de cette tombe si chère à l'Escole GastouFébus.

C)
Veuillez me croire, Mondeur Lalanne,
Votre tout dévoué
MERS, Curé.

Ne sèy pas dise prou de grans mercés au brabe caperâ de Lucq.
Noun soulemén que s'a balhat la coupie, preciouse enta nous, dou
titre dou legs, més encoère qu'a anat, d'éth medich, p'ou soul plasé
de ha lou bèy, broumba au Mayj-e lou debé dou Burèu de plâhasénce. Aquero qu'éy méy que beroy, Moussu Curé e que poudéts
esta-n segure, touts lous felibres que-b en sauran grat.
Cinq dies apuch que recebi gnaute létre :
Lucq-de-Béarn, le 4 oct. 1912.
Mon cher Collègue,
Nommé récemment instituteur à Lucq, je deviens par la même occasion, secrétaire de mairie en cette commune. Le Bureau de Bienfaisance
a voté dans sa dernière séance, un crédit de cent francs afin que la
tombe de Navarrot soit restaurée et fleurie pour la fête des morts.
M. le Maire de Lucq a désiré que cette décision vous soit communiquée.

..... n

il est naturel que vous vous intéressiez au tombeau de l'illustre chansonnier du Béarn.
Cordialement à vous.
P. BOSQ,
instituteur à Lucq-de-Béarn.
(1) Que remplaci pèr ùe arrèque de puns û coumplimén trop flatous enta
you.

�— 262 —
Quin ba beroy enta-us ahas quoand s'enténen atau caperà e
mayre e reyén ! E si lous très e bolen belha s'ou drin de proube
qui demoure de l'autou de tan triglans pouèmis, be poudém esta
tranquiles p'ou téms a biéne. Qu'èy arremerciat coum se déu a
Moussu reyén e que l'èy pregat de dise a Moussu lou Mayre quoand
lou sab de grat, lou Secretari Yenerau de Febus, de la soue atenciou e de la balentie qui a hiquade a repara û desbroumbe qui
s'abè piquât au cô.
# #

Lous leyedous que m'en boulerén si clababi assiu aquéste artigle.
Puchqué lou noum de Nabarrot éy estât liiquat en daban qu'ous
agradera de léye quauqu'arré de la soue obre. Que bau doun enta
us ha plasé pusa ûe cante, non pas au libi de Lespy, qui éy estât
amacat dab tan de soégn e de sapiénce, més en ù libiot, hèyt,
publiquat, pèr l'autou éth mëdiclî,
« A Oloron, de l'Imprimerie de P. Serres, rue Sablière, 1834,
titulat :
Estrées Béarnéses au proufieyt deous praubes per M. X. Navarrot ».
Qu'ère la coustume de Nabarrot, de béne lous sous coubléts
enta ha dou bèy e pèr aquiu la soue memori que mérite amistat
mayoure.
Lou libiot que s'abie atau :
« Bonjour, bon an.
Mes très chers compatriotes,
Je prends la liberté de recommander les pauvres de ma paroisse
à vos bontés et quelques légers refrains à votre indulgence. Vous
répondrez à ce double appel si vous m'aidez à l'accomplissement
d'une bonne œuvre, sans trop regarder à mes petites compositions
qui, par leur titre seul, doivent échapper à la critique littéraire !..
La létre que fenibe pèr aquéste boutade :
« Qui que vous soyez tous, puristes, dévots fieffés, pécheurs maudits,
j'en appelle à votre philantropie ; il s'agit d'une bonne œuvre ; ne
regardez point à son auteur ; faites-nous l'aumône, et que le manteau du pauvre dissimule à vos yeux les nudités et les misères du
poète ».
Berlat, las soues hèytes qu'èren soubén hère crudes, de las de
guilheri, s'auré dit la mîe mayrane, més lou sou esprit qu'ère cla

�— 263 —
e nét coum l'aygue qui chourre pèr la henèrcle d'ûe arroque au pè
de la mountagne.
Beyats béde.

LAS TRIBULATIOUS D U MOUSSURET (&lt;)
A diou mé daou quine galère
D'esta moussu ta ha l'amou !
Aouprès de la mey haroulère
Qué perd soun téms y soun sermou.
Y d'abord dab las damiselles,
Lurs flous y lurs hieous d'arréchaou,
Y lurs cartous y lurs dentelles,
Nou, n'ia pas taou clot deou cachaou.
Més quan bey quauque maynadette
Dap sa girafïe suou coustat,
Soun pé fi, sa raube courtette,
D'amou qu'èm senti trenspourtat.
Aou poude-cot jou qué m'eslanci,
Y qué l'abordi coum u hoou ;
Déj'autour d'ère qu'em balanci,
En han bet drin lou parpalhou :
— Diou bé ja lountemps qui p' perségui,
Siou die lou chapeou à la ma ;
— Jey, quin sudat ! moussu, quep' prégui
Dep coubri ta nou p'enrhuma.
— Si sabét quin lou mé co p'ayme !
— Qu'at crey moussu, mey qu'et trop boû;
— D'amou per bous que crey qu'em sayne.
— Ah ! moussu, quep' truffât de jou.
— Que biberi, qué crey, dep' bédé
Chens pa ni bi, oui, Diou biban !
— Plus qu'at jurât qué p'en caou crédé,
Mey moussu tirât en daban ;
Anat trouba las damiselles,
Eres qu'an lou parla mey dous.
— Ah ! noum' sérem pas ta cruelles !
— Jou nou souy pas heyte enta bous.
— Per ma fé quines macherettes ;
Qu'em semblera pa bénédit
(1) Que dèohi la grade de Nabarrot chéns cambia-y ûe tilléte, badoun que
sie, soubén fautibe. Lou leyedou que troubera plasé a coumpara-lé dab la qui
a balhat l.espy.

�— 264 —
Moussu, plus qu'em bénet flurettes,
Abét mounédes d'u ardit ?
— Qu'abet la came fine y dure.
— Dure, Moussu, coum u barrouil ;
Aquo qu'ey de mingea mesture,
D'aillous qu'ey came denquoii jouill.
— Pla malhurous ey lou qui gause
Fixa dus oueils auta fripous,
— Nou p'an crey panât gran cause
— Amigue dat mé dus poutous.
— Dus pots Moussu ! qu'abet lous bostes.
Gouardat-lous pé coum jou lous més.
— Noup' fachet pas, au diu bibostes,
Ou qué p'embrassi tout u més.
— U més que hé quate semmanes;
Moussu qu'et trop entreprenen ;
Léchât me dounc. Quines ribanes
Abét aou bénte, impertinén !
A diou mé daou ! bé l'abet bère
Bep' daù u bet hètem en là...
Deja de la mie machère,
Qué part u brut qui m' semble cla...
A diou me daou quine galère
D'esta moussu ta ha l'amou !
Auprès de la mey haroulère
Qué perd soun temps y soun sermou.
*

# *

Lou qui n'a pas biscut mièy sègle a l'endarrè ne coumprenera
pas aquéste dite : « Que le manteau du pauvre dissimule à vos yeux
les nudités et les misères du poète ». A maugrat de so qui-n disè,
l'escribâ, n'y abè pas autan a castiga qu'aquero. S'abè hèyt quauques
peguésses lou nouste Zabiè, n'èren pas de las qui hèn bâcha lous
oélhs, lou sou défaut qu'ère subèr tout d'esta demourat yoén quo
la soue darrère hore, de boué-s deberti e ha deberti lous auts. Si-m
permetéts ù passadye tout brac qu'où puserèy au mèy libi : Lou
prousèy d'ù Biarnés parit l'an passât a Pau, enso de Vignancour. Au mèy entenut ne seré pas aysit d'amucha méy bertadè
remén, a l'arrayòu dou sou, la care dou pouète toute natre :
Nabarrot qu'ère l'homi de l'arride. Toutes las benalèyes de la bite

�- 26b —
que las prenè en arridén. Qu'arridb quoand lous autes se debertiben.
Qu'arridè se lou hat malecarous e l'embiabe tumades heroudyes. Qu'arridè quoand auré calut trembla ou ploura. Que s'en arridè encoère au
moumén qui la mour desdentaie ou biénou ha coussire. En arridén
que la hase gnargues, e que-s trufabe d'ère l'arris aus pots. Se ne-m
bouléts pas crède sus paraule, anats doun léije enso de Beaudéant lou
passadye qui escribè û moumentot aban de cluqua la perpére :
Qu'éy haut ou bach asso :
« Enta dimars que heram carnau.
Més qui s'en anira purmè, lou nouble ou you ?
Si lou porc e-m debantéye, que hasin embit dous gay s coumpagnous
mèy s.
Més si you orbi la cléde de la bie nègre, carnau que sie dat tout dat
a Madelène ! ».
yiichè que parti lou purmè e l'histori mayraste ne dits pas se lou
carnau s'en arridou.
#
# #

L'oumbre dou pouète que planéye encoère, maugrat dou téms,
sus la yén e las causes de Lucq. Upelerinadye ta Passamâ, ûe couroune sus la toumbe fignoulade pèr lous soégns dou Mayre, ûe
batalère biarnése sus la place de la glèyze, dab quauques cantes
coum La BistanpZûte, Oiisse la bien aymade, Lou Segnou de Mountalibet cantades aquiu pèr ûe bouts puchante, que prouberén au
poble de Lucq que la loéngue dous ancèstres n'éy pas mourte e
que ne bòu pas mouri.
Ne crèy pas que l'Escole que-s pousqui, de dies, amassa-s ouficiélemén a Lucq ; mes bienquin lous beroys dies, las eslous, las
bounes sentous de la primabère, ou lou sourélh lusén e cautét,
d'û abor coum lou de hoèy, be seré beroy, en s'entenén, de mia
t'aquiu û ahoalh de felibres.
Que s'en parleram, bertat, Mous de Batcave, Mous de Bernis,
Mous de Laborde-Milàa, Mous Jules de Cazaboune e lous d'Aulourou, dab curé, mayre et reyén de Lucq. E so qui ne s'éy pas
yaméy hèyt que-s pouyra ha.
Sus aquére ahide, gnaute gran mercés au sapién proufessou
Laborde-Milàa, dab û brassât de gauyous enta-us de Lucq.
J.-V.

LALANNE.

�— 266 —

Léîre wionûèle de gaje

toamicSHui

PER NOSTIÍADAMUS

Paris, 26 d'Octobre.
Moussu de Claquehoit, mémbre a Balansû.
Be seré doun countén lou pipi se-m bedè tan prùpi coum souy,
apelhat en dragou, dap û chapèu lusén coum la herrade frésque
fretade, e ûe grane suite... qui pén !
En ta que-m pousqui béde atau pròpi abans que ne tourni,
pregatz-lou de m'embia dèts liures en ta-m ha tira lou pourtrèt :
que couménsi la mîe létre pèr aquiu, en cas que s'em desbroum
bassi.
Qu ey parié toutu, qu'aberéts poudut ha chèls demanda prouteccious en ta-m ha entra a la cabalerie e esta en garnisou a Paris.
You que credi en estan cabaliè de nou pas habé qua-m pourta ;
que m'apercebi que y a aute cause a ha
N'éy pas û chibau qui ey entrât au serbici d'ù cabaliè : qu'éy u
cabaliè qui éy entrât au serbici d'û chibau.
A l'aubéte, chèts poudé dise qu'èy mau de cap, que m eau llieba
entaupienta méy a-darroun que nehè nat biélh fat barbut ; que m
ou eau tabéu laba en endréts que pèr nouste s'accounténten de
boucha.
Que eau ha passeya lou chibau en lou tienén pèr lou licot ;
qu'où eau ha arroude abans you de minya ! Quoand crèy de poudé
drin repausa-m, quetuten eu ta d ana ha bébe moussu biét d'ase !
A case a quoan trepabi, que m disèts que-m anàbetz hica
dehore : a la cabalerie per habé soulemén drin broutounat que-m
han hicat dehens.
Més e qu'y eau ha ? que préni lou téms coum bién e que-m
moumbri que, a trubès tout, que minyi boucherie e que debisi
francés tout die !
A puch, abé estât dragou, que probe que soun bèths homis, chèts
tingue ni meringue, aus quaus pouderén balha de couíìénce las
gouyates en maridatye a de ménch, coum se hèyuste toustém (|ue
quoand toumen dou serbice, ne las hayin maridadesdap quauque
esgarranchit aryentous, qui n'éy pas estât soulemén bou enta ha
û cabaliè a pè.
Autedemén, que p diserèy que souy arribat a Paris en boune
santat e que coundi qu'aquésle que-p troubera parie.

�— 267 —
Que coundi, tabéy, qu'habétz méy d'ardits que you enta m'en
poude hort embia, pramou qu'èy babut hère d'aucasious pèr la
boste faute : milèu que de-m carqua d'ana ha coumpliméns aus
de pèr nouste, qui preténden d'habé gahat la lue dab las déns à
Paris, qu'aberéts hèyt miélhe de m balha méy de pialhes.
Que p'ous èy anats béde lous dus counechuts. lou Pierroulin de
Minyequoanpot et lou Yantinot de Gnaspehabes.
Hens las loues létres que pretendèn, l'ù de mia ù hère gran trî
e Faute d'habé ûe hère hère place : e doun lou Minyequanpot que
hique, dap ûe palecoupe, lou carbou a la mécanique d û petit
camî de hè, qui ne sor pas de Paris, aperat tramvè, e lou Gnaspehabes qu'éy escoubedou d'ûe place de Paris.
Que m'ham embitat a d ana soupa dap éths héns û brouchou.
Las boutélhes que parechèn hèytes soulemén enta gousta. Pèr las
saucisses qu'èren autan petites que las dou Fanor e de la Soumise...
e qu'habèn, de segu, autan mechan gous.
So que y ha de méy beroy, quoand ha calut paga, lou Minyequoanpot e lou Gnaspehabes qu'habèn encoère a cruba la setmane...
ou que se l'habèn despenude.
La nouste besîe, la Sourinéte de Debertis, que-m habè, tabéy,
carcat'd'ana béde la soue hilhole qui ère madame à Paris.
Qu'y souy anat; qu'èren ùe troupe de madames apapuchades de
séde de toutes las coulous, méy propis que las dames dous castèths
biarnés. Gauyouses que soun hère estades ; enta m'embita qu'an
hèyt arriba bi qui hesè grame.
Més. coum partibi chèts paga, que m'han treltat, en francés. de
peliè. Que eau esta toustém courtés dap las madames : qu'èy pagat
lou bi qui hesè grame, coum èy hèyt dou soupa que lous de Paris
apèren dinna.
D'habé boulut esta cabaliè coum lous moussus dous castèths,
que hè que souy lou baylét d û chibau. So qui èy méy malurous,
d'habé boulut ana ha besite, coum n'èri carcat. a la yén de pèr
nouste qui credéts moussus e madames, que souy chèts la pille.
Qu'és counéch beroy que ne soun pas moussus e madames bertadères, pramou s'en èren estats que-m haberén balhatau loc de-m
ha despéne.
U miscat n'arribe pas yaméy s.oul. En tournan de ha las besites,
qu'èri tan esmabut que m souy trebucat a la cousine dous dragous, de cap a u grau toupî de founte qui. en francés, s'apère
marmite. Aquéth utis que balè dèts escuts, que s'éy escalhal en ùe
troupe de tros. Se n ou pagui pas en quarante hoèyt hores, que

�- 268 bau esta hicat au sout perchèys més, so qui seré û gran deshaunou
enta ûe familhe, maysou oun han toustém dat mile escuts a las
caddétes !
En ta esbita aquétli gran malhur, que-b prègui, las mâs yuntes,
de m'embia auta lèu la mîe carte leyude, au ménch lous dèts
escuts en ta paga lou toupi de founte qui haberén poudut plà ha
de hè.
Labéts que disém que eau dèts liures en ta-m ha tira lou pour
trèt enta-u pipi e ta la minai, et dèts escuts enta-u toupî de founte.
Coum souy desblous, que-b prègui d'ayusta tout so qui pousquits,
en ta que ne patéchi pas de la hàmi ni de la sét.
Qu'éy toustém encoère pramou dou chibau : n'èy pas lou téms de
disé-b de beroyes causes coum at bouli ha: que sera ta quoand
hayi recebut lous pialhes.
Adechats touts lous de case, pourtatz-pe plâ e hètz beroy.
Yantin de CLAQUEHORT.
(La respounse ta-u purmè numéro.)
dgfèh

MAESOAÎDYE
Loudimars, 8 d'ouctoubre 1912, qu'éy estât célébrât a DuhortBachen lou maridadye de Mous Louis de Monnier de Beauvallon,
ingénieur à Denain, dab madamisèle Marie de Cardaillac, hilhedou
nouste counfray e gran amie, barou Zabié de Cardaillac, — escribâ
de choès, debisedou de purmère régue, aboucat à la Cour d'appel
de Pau, — e de la baroune badude de Chauton.
La hèste qu'a tringlat, grane e bère, héns lou biélh castèth du
Lau, au mièy d'ûe hourre de paréns e d'amies e d'ûe soucietat oun
abém bist lous grans noums de la countrade.
Aus espous que mandam lous noustes bots.
E que-s regaudim dou houns dou cô dou gran bounhur qui
aquére aliance e balhe à l'hurous pay, lou nouste coullabouratou e
lou nouste counfray.

ABÏS
Lou trop de mestiou que s'a empêchât de balha aquéste cop la
cantede Despourrins : En t'oun bas, Pastourouléte.
L. R.

�- 2b9 —

Roubi lou Sounadou. — Pastourale en cinq estanques e en
prose, per MIQUÈU DE CAMÉLAT.
Dinque adare lou mayourau d'Arrens qu'abè subertout renoum
de pouète. En permères, qu'escribou cansous mountagnoles,
lègres e sabrouses; qu'en hé ùe garbe qui s'apera : « Et piu-piu
déra me lagùta ». Aquét piu-piu qu'ère deya lou gourguéy d'ù
ausèt qui cante plâ e gui-n sab méy d'ûe.
Puch, qu'esté lou cap-d'obre, « Beline ». La pastoure pirénénque
qu'agrada hère hère aus aymadous de la tasque. Talèu qui parescou,
que s tirèn lou berrét e que digoun : « que-ns a badut û pouète » !
E dounc, enta cambia û drin, Miquèu de Camelat que-ns balhe
adare ûe pastourale en prose. Que hè toustém gay de béde quin ba
ha û pouète qui saye de calameya ûe obre loungueen léngue de tout
die, que bouy dise en prose. E si boulét sabé quin a oubrat, hèt
coum you : leyat « Roubi lou Sounadou ».
Qu'éy bederat nou pas persounadyes de piastre ou de cartou,
espelits touts sancés hens lou cabos dou prousatou ; méy persounadyes de carn e d'os, bertadès, qui-s maben coum bous e you. e
pariés aus qui croudzat per las carrères dou biladye.
Lou Yimti toustém assecat, quoau éy lou qui nou l'a bist? Qu'où
diserén pintrat, sou fèyt quoan desquilhe lou pintou. Que sie blanc,
rouy ou palhét, lou bî qu'où sab bou toustém. Et nou pénse qu'a la
chuquéte ; qu'où ne harét bébe héns û tos, a condiciou de l'y paga.
Per chic qu'où crederi fray mieyou d'ù besî nouste qui aberé turlat
chéns fî ni counde e qui disè bint cops per die : « Aném, boutilhe
méy biste ; que se-m escape de bébe ».
E lou Mayre ? Quin brabe ômi ! Que boù esta amie dab touts. Nou
l'agrade pas d'esta mesclat aus ahas de l'û e de l'aute, e qu'at dits :
« Nou-m mescléts pas a you a toutes las sauces », ou encoère :
« Nou p'ayey pas dit arré, per aco ». A soubres d'apadza Roubi e
Pau-Hic qui-s boulèn darriga lous oélhs e arrougagna-s lou hidye,
qu'ous boute d'arcord en maridan Boubinet, hilh de l'û dab Margot,
hilhe de l'aute... Aberét troubat aquére ? Nou pas, per ma fé, you ;
tabé que m hè gay de clama : Plâ hèyt, Moussòu mayre, et tournât
p'y quoan pouscat !
Lou rolle de Roubi que tié la maye plasse; qu'éy ét qui a hèyt
batia la Pastourale. Aquét musicayre qu'éy de la pèt de Couhét.
Enta tambourineya qu'éy passât mèste, e lou praube Pau-Hic, qui u
dé autescops las permères endiques, n'ou pod pas méy ha rampèu.
Dab soun diatche d'utis que haré trepa lous escamats e que s'en
bante : « Diu qui créy ! Autalèu qui souy puyat sus la barrique,
adiu l'arrepaus! Que desbelhari las cames d'u mourt! » U cop qui

�— 270 —

abè la flabute e Ion tambouri en mâs, n'ère pas mey û òmi, qu'ère
û arrelodye e lou diable ét médich nou l'abéré pas arrestat.
Mey labéts si-m bat dise, entau ha estanga, lou mouyén que seré
estât aysit : nou y aberé pas abut qu'au tira l'utis? E dounc, que p
troumpat. Broumbat-pe que Koubi tambourinayre qu'ère tabé
sounadou e qu'où demouraben las campanes. E Diusabsi s'en sabè
serbi ! que s'en aberé birat la plouye. Per bèt sé, aquéres campanes
destracades, au loc de souna l'Anyelus coum se hè pertout, que-s
bputèn a youga lou Pantalou, la lialade e lous Sauts bascous...
Que y abou per l'endrét ûe susmaute dou pét de perigle. Lous
ùs que-s segnabene lous auts que-s mouriben d'arride. Lou mayre
qu'abè rasou de dise a Pau Hic : « Bèn ! nou l'y poudém ha ne tu
ne you ».
N'abém pas pretendut d'esplica, en quauques arrèques, 1 idée e
l'ana de la pastourale ; que bau miélhe de decha aquét plasé entaus
leyedous de Roubi lou Sounadou. Méy so qui-s pod dise qu'ey asso.
Chens cerca lous grans moûts ni desteca « tirades », Miquèu de
Camelat que desglare aysidemén las cinq estanques. La soue
longue, chéns macule ni mesclagne f rancimande que riuléye e qu'éy
clare coum l'aygue qui debare de las pênes hautes. Lou mayourau —
aco que s counéch - qu'a sabut abé oélhs enta béde e coulous enta
pintra. A trubès l'obre, que bedét a passa ûe per ùe las cares tau
coum débin esta : las ûes dabarrugues e plécs, las autes arridéntes
e gauyouses, permou qu'en eau de toutes enta ha ù m ounde.
Dab aquéres qualitats, lou prousatou que-s demoure pariou dou
pouète e n'éy pas chic dise. De tout aco qu'où mandam laudous
plà couralemén e coum s'at mérite.
A. LACAZE.
GEORGE FONSEGRIVE : Léon Ollê-Laprune — Paris, Bloud, in-16,
0 fr. CO. Moussu Ollé-Laprune, d'ûe famille de Pau, méste de
counferences a l'Escole normale superioure, membre de l'Académie
de las Sciences morales et politiques.

E. ROLLAND : Flore populaire ou Llhtoire naturelle des plantes dans
leurs rapports arec la linguistique et le folklore. — Paris, Libraires,
commissionnaires, août 1912, in-8" de viu-272 p., 8 fr. Adoubât
per mous de Gaidoz, amie de Rolland. A l'abis qui debanteye lou
libique poden leye : « MM. Batcave, Camélat et ïarissan, comme
on voit par leurs fréquentes communications, collaborent à cette
œuvre pour la région pyrénéenne. (13éarn et Gascogne). »
PIERRE LASSERRE : Le Crime de, liiodos. — Paris, Plon-Nourrit.
1012. in-18 de 332 pages, 3 fr 50. Viodos, qu'ey deu cantou de
Mauléou (B. P.) L'autou qu'ey d'Orthez.
SYLVAIN TRÉRUCQ : La Chanson populaire et la Vie rurale des Pyrénées à In Vendée. — Bordeaux, Feret et fils, 2 vol. gr. in-8°, 20 fr.

Abbé Claude DAUGÉ: Rion des Landes, son histoire.
Castanet, in-8° de x — 459 p.

Bergerac,
L. B.

�— 271 —

Petite Histoire du Béarn à l'usage ûes Ecoies primaires
Par Louis

BATCAVE

CHAPITRE I

Sommaire description du Béarn
I. Limites du Béarn. — II. Le Gave de Pau. — III. Région béarnaise du Nord. — IV. Le Gave d'Oloron. — V Pays d'entre
deux gaves.
7. — Le Béarn qui a fourni, en 4790, les deux tiers du département
actuel des Basses-Pyrénées, se composait du territoire borné au nord
par le Bas-Armagnac, le Tursan, la Chalosse ; au midi par les monts
d'Aragon et de Haute-Navarre ; à l'est par l'ancien comté de Bigorre et
à l'ouest par la précôté de Dax, la Basse-Navarre et la Soûle: il formait
à peu près un triangle dont la base se trouvait entre l'tst et le midi
et allait se rétrécissant vers le nord-ouest.
H. — Le Béarn primitif comprenait

seulemcîit

les populations

dont le territoire, jusqu'à Argagnon, était baigné par le beau cours d'eau
appelé le gave de l'au ou gave béarnais, entré en mugissant près de
St-Pé, a travers les grands rochers qui l'enserrent, puis semblant s'adoucir et s'apaiser en un cours cependant rapide quand il arrose ta plaine
fertile (arribère) : il est l'artère du pays. Sur ses bords s'étaient élevées
des villes importantes : Nay, coquette et industrielle ; Pau avec son site
incomparable ; Lcscar, l'antique Beneharnum et l'écêché béarnais ;
Orthez. la forte capitale, durant longtemps, du Béarn et poste fortifié
vers la Gascogne ; Mongiscard et son fort ; Bellocq avec son bel appareil
de fortifications.
III.— Outre cette plaine, limitée mr sa gauche par h s coteaux
formant la ligne de séparation des bassins des gaves de Pau et d'Oloron
le Béarn se composait ensuite des régions suivantes : 1° le pays de
Montaner aux vignobles estimés, vers la Bigorre ; 2° du côté de l'Armagnac, le riche Vic-Bilh, (chef-lieu Lembeye), avec ses vins fins, vigoureux, agréables au goût et de bonnes terres labourables ; 3° vers la riante
Cha'osse, les quartiers de Garlin et de Thèze et le pays de Soubestre,
(chef-Uni Garos), limité aunord par la Chalosse, à l'est par le Vicbilh,
au sud et à l'ouest par le Béarn, suivant la ligne par Monlardon,
Bougarber, Boumourt, Arnos, Castillon, Arthez, Mesplede, Balansun,
Orthez, Bonnut et Sault-de-Navailles : ce territoire occupe de vastes
espaces déserts, ("touyas, herms), ou l'ajonc et le genêt poussent en
liberté ; 4° enfin Orthez et sa plaine se prolongent jusqufà la prévoté de
Dax, avec de fertiles terres aux cultures variées.

�- 272 —
IV. — Le gave d'Oloron développe son cours dans un qtiadrilatère
irrégulier, avec une large et longue plaine et les trois vallées béarnaises
d'Ossau, Aspe et Barétous. Il est formé du gave d'Ossau dont la source
se trouve près de Saillen en Aragon, du gave d'Aspe coulant du Somport
et tous deux confondant leurs eaux limpides, demandent leur nom à
l'antique cité béarnaise.
La plaine offre ses grasses terres d'alluvion (arribéres), propres à la
culture des céréales et des grains ; les vaUées avec leurs plaines fertiles
nourrissent de nombreux troupeaux.
A près avoir recueilli les eaux du Saizon (1 ) ou gave de Mauléon, le gave
d'Oloron termine son cours en se jetant dans le gave de Pau, près de
Peyrehoradc. Il a baigné les remparts des vieit^s villes béarnaises :
Oloron; Navarrenx poste fortifié et citadelle du Béarn; Sauveterre
dont les ruines anciennes disent la vaillance.
V. - Le pays d'entre les deux gaves est formé de collines cultivées,
égayées par les vignobles de Jurançon, lìan, Gelos, St-Faust et
Moncin, avec les villes de Monein et de Salies, au sel dès longtemps
réputé en Gascogne.
Voilà la terre des dieux, variée et pittoresque, avec, comme fond de
tableau, les Pyrénées et la dentelure de leurs cimes neigeuses. De ces
monts, descendent d&lt;s contreforts boisés, mollement ondulés, parfois
incultes, mais souvent conquis par la vigne, séparant de courtes plaines
où des bosquet* agréablement verts découpent le paysage et lui donnent
l'aspect fort riant.
C'est la région dont nom allons parcourir l'histoire à grands traits.
LECTURES
Marca: Histoire du Béarn. Description du Béarn, /re éd. pp: 251257, nouvelle édition p.p. 331-339. - Abbé Menjoulet : Chronique
d'Oloron, t. I. Description du bassin du gave d'Oloron, p.p. 22-28 ;
32-33; 37-38; 45-48.
INTERROGATIONS
Quelles sont les limites du Béarn?. — Qu'est-ce que le Béarn primitif?
le gave de Pau ? Villes arrosées par lui ?. — Région du nord, la décrire ?
— Description du pays arrosé par le gave d'Oloron ?. — du pays entre
deux gaves ?,
(1) On écrivait plus exactement autrefois Suson. Marca. Hist. de Béarn
liv. xiv. ch. i. 5.

�Hère de causes au Bulleti de la Société archéologique don Gers, 2e trimestre. — Foundaciou incounegude de dues bastides en Astarac au xme siècle,
La Lanne Arqué et Cabres (Mondon). — Estudi sus lou metge AugusteProsper Filhol, medeci e annaliste d'Auch, 1772-1849 (Bompeix). — Le général Laroche (Barada e Breyail) dehet counechut a Bayoune e au Bascoat
dou tems de la prumère Reboulutiou a la guerre countre lous Espagnols. —■
La période reboulutiounari à Eauze (Gastex). — Origine et développement de
Bic-Fezensac (Z. Baquél. — Mosaïque troubade a Auch (Métivier).
Rebiste de Gascougne, seteme-ottobre. - La bite rurale en Gascougne
(Duffour), so qui tanhè au coumerce dousgrans — Redglament dous Yudious
de Bayoune (Degert), hicat en lettres de moulle au xvin6 siècle. — Bielhes
csuses de Bigorre (S. Mondon), la Yustice de Tamarit(a Bordères ea Luz).
Rebiste arqueologique dou Biarn e dou peys basque, octobre. — Lou
Conseil Yenerau de las Bâches-Pyrénées en 1852 (L. Batcave). Notes secrètes
dou préfet sus cadu dous membres. — Lousreys de France e lous Priviletyes
dou Biarn (Annat) serment prestat a Louis XVI lou 31 de décerne 1775, coum
soubera de Biarn. — Histoire dou tribalh a Pountacq : l'Agriculture
(G. Deaurain) : tout so qui touque aus boeus (coulou : blanc, bermelh, saubanh e castanh), a las baques (dobleras, tersoles, de dus ou très ans), aus
betets qui baduts grans eren anolhs, e las betères que badèn bimes. Las
bestis de race bovine mesclades qu'èren mentabudes tabey bouin ou bouhin
(de bouy, boeu), baqay (de baque) : moûts qui nou soun liens Lespy. Que s'y
debise apuch de las bestis de race ovine, olhes (brebis), bassibas (moutou
d'u an) : que disen tabey : bestia lanut ou de lane, bestia oelbin. Arnes,
gazaihe, utis, countrats de transport, pets de cestis, qu'y ey debisat de tout.
— Cleryè dou diocèse de Bayoune (Daranatz), dous dus doueyanats de Pau e
dou d'Orthez desempuch lou Councourdat. — Fables gasconnes de Bayoune,
announce de 1827, que s'en y benè a Pau per 4 liures. Adare quoand per
escas e s'en y trobe, que eau da pou mench ue double pistole.
La Bebiste dou Traditiounalisrne frances e estranyè, aoust, qu'amuche
encoere u cop que la cansou Aquères mountines qu'ère counechude en
usquoans parsas.
La liebiste dous dus Moundes, dou 1er d'octobre, qu'ha u artigle de
M. D. Zolla. La coundiciou dous salariats dous camps e l'exode rural. Dab
l'enqueste sus lasseutades de la campagne publicade p'ou Ministèri de l'Agriculture que bedem que hens las Hautes-Pyrenées lou louguè qu'ha cambiat
atau coum sec de 1892 a 1910 : baylets homis, 191 fr. à 317 ; gouyes, 130 à
185 ; bayletots 193 à 295. — Hens lou Gers lous petits prouprietaris que
s'éstan a la campagne. N'han pas reyte d'esta ayudats per lous baylets ; dab
oli de bras que saben pla arrembira la terre mayrane e tira-n boune garbe.
Lou baylet de case, neurit, lougat, que gagne dounc mey qu'autescops. Toutu
que s'en y trobe menchs a rema que d'autes cops pramou Ion pla-esta qu'a
hort prabat.
Lou nouste counfray, mous E. de Seyrès, meste d'obres en pé a Lourdes,
qu'ha publicat ue broucadurette. Le Musée de l'Image pyrénéiste, projeté

�par la Société pyrénéiste du F.aveclan, avecle concours de la ville de Lourdes
et de la Fédération internationale des Sociétés Pyrénéistes. Lourdes, Impr.
Carret, in-8°, 15 p. Lou titre qu'at dits beroy : qu'ey questiou d'u Musée e
l'endret qu'ey tout troubat : lou bielh castetli tant beroy quilhat sus u poey.
Qu'y hiqueran tableous, dessis, grabadures, cartes postales, so d'ancia e so
de nabeth, ta amucha so quieren las habitudes e las coustumes d'autes cops.
Cartes de géographie, photographies de las hestes dous bilatyes e de las
biles ; lous accidens de mountagne ; las affiches p'a beroy oundrades ; lous
costumes e lheu documents sus l'histori d'homis e d'endrets de Bigorre.
Lourdes, lou Labourd, lou Bascoat, lou Biarn, la Bigorre e lou Labedan,
lous peys de Couminges, de Foix e de Roussillou qu'auran cadu la soue sale.
Se per bounlmr s'y escaden que pouderan apuch ha : 1° U Musée d'art
reliyous ta saubre las bLlhes peyres, menuseries oubrades de fi, lous retables de beroyes coulous, las statues de peyre ou de boys beroy ping'ourlades
p'ous artistes sculpturs ; 2° la salle Capdevielle, dab las obres dou pintre
lourdes ; 3e u Musée lapidère e préhistorique dab las peyres sculptades dous
mounuments e lous débris de bestis de las espeluques ; 4° lou Musée de
l'industrie Pyreneu. Ne-s desbroumberan pas, si-m pensi, la bielhe industrie :
pientis e claus de St-Pè.
Mous de Sevrés qu'ha ue fiere idée. L'Escole Gastou Febus qu'ey trop amadoure dou passât ta nou pas balha-u ayude. E bissè quoand cridi biahore
que respouneram per u gran hilhet : « A l'ayude ! » en l'haunou dou Musée.
Lou Temps n° dou 5 octoubre. D'aqueths diatches de Franchimans ! que-s
maucuten d'esta Cascous e bissè, autaleu trubersade la Garoune, que-s
prenen payère de tant que nou s'y poude-m pas recouneche. Mous de
Gunisset-Carnot, hens la soue chronique « La bitea la campagne » que dits
que no sabè mèy quin ère Yan de France au Nord, de tant qui hasè plouye.
Que l'ey bienut bede a Bourdeu e Yan de France dou Mieydie ne-s semblable
pas a la soue mitât tant hère calouren. Ta-s deberti Mous de Cunisset qu'ha
boulut bede courses de baques. E sabetz so qui lira agradat ? Las baques?
Nou. - Lheu las beroyes Bourdaleses? Tapoc. — Lous escarturs basques!
Pauvres Lanusquets ! Qu'ey bou de dise qu'en France, à Paris, à la Sorboune, a las escoles hautes, (aus sapiens, « les pays basques » que soun las
planes e lous terrés qui ban de Bourdeu en quio Toulouse, Lou mouyen
labets qu'y ayi Gascous hens u pays... basque.
Nouvelle Revue historique de droit français et étranger mai-juin 291-308.
Mous Ch. de Luppe qee publique coutûmes de St-Jean Poutge (Gers), 3 de
heurè 1306.
L. B.
Vivo Prouvenço — Sinnat L. B., artigle hère beroy e hère bou sus
Lou Mistralisme noslre e lou Mistralisme di Pouliticaire francihot. La
douctrinc de Mistral. * Que l'etiqueto parisena siegue rèi, emperaire o repu« blico, la revendicacioun miejournalo es toustèms la mémo ». En pouesie
coum en prose :
«
«
«
«

Nautre en plen jour
Voulén parla toujour
La lengo doù Miejour,
Vaqui lou Felibrige. •

�— 27b —
... « Esclapen, manden au diablo aquelo centralisacioun, mecanico d'esclavnge que li despoto fabriquèron, e qu'a lança la France dcsprouvesido,
desarraado,nuso e cruso dins uno guerre- moustruouse. Au lio de remouca,
de replana de loungo e d'unifourmisa coume uno taulo de faioù, au lio
d'encaserna e cresta la nacioun, rejouvenissen-la dins lis indepedènei
prouvincialo e coumunalo, dins lou fort nouvelum de la nature maire e dins
la drudiero doù terradou, »
E l'autou apuch abé citât Mistral, au sou noum qu'ayuste dat resou : « Un
félibre a d'àutri garbo à liga que discuti sus la meiouro formo de gouvér.
A li dre majour de sa terro e de soun pople à faire valé, n'a de reclama lou
respèt doù gouvèr quint que siegue. »
E mcy loégn : « Leissen, nàutri felibre, li disputo poulitico i gént que n'en
fan mestiè. »
Aquiu qu'éy la douctrine dou Méste. De l'aute ne pallim pas, qu'èy douctrine de brumalbère e de patacs.

«
«
«
«
«
«

La Bouts de la Terre, 1er d'octobre. Artigle d'abiade : La Bérou de la
nouste loénguc. Que seré lhèu estât miélho de batia-u : La Bertadère
Loéngue, pramou que hoèy lou die so qui pallam qu'éy soubén û yirgou qui
heré arride lous payrans si arresbiscoulaben. La mode qu'en éy de dise :
chèse au loc de cadière ou carrièyre ; paniè, biande e charrue au loc de tistèt
ou pèyroû, carn e arét... Qu'éy aquére mudère de la loéngue qui ne boù pas
lou nouste countrav, e qu'a resou. (Tournam enta-us moûts qui emplegaben
lous payrans e que seram segus de debisa de bou biarnés. En seguide : La
Coulounisaciou en Algérie. — Sus lou tahuc de Nabarrot, Laborde-Milaà.—
Aymadoure e douce pouesie dou defun Presidén nouste, Planté. — Lou Pastou,
F. de Lartigue, Decham ha lou boun Biu, C. Daugé. LJArcachounés e lou
Proubençau, U baient a Paris, J. Duffourcq, etc. ..
Le Courrier de Bayonne. La Bouts de la Terre qu'a augan anat ha
la soue hèste félibrénque a Rion-dos-Landes. Aquiu qu'èren lous dus Palay,
Miquèu de Camélat, lous abats Douzi e Daugé dab û ahoalh de mounde
curious d'entène lous debis de case, hurous d'applaudi la loéngue de las
mays; e que s'y soun hèyts, qu'at poudéts créde. Arroun lou banquét, dus
reyéns, escouliès de Febus, Léopold Lacouture e Lamaignère qu'an dit trobes
de las loues qui ous an balut aplaudisseméns chéns counde. Més lou qui, dab
Palay, e sémble abé-s'en pourtat lou pounpoum, qu'éy Camelat.
La gazéte bayounéso que dits : « Force est à Camelat de se lever. Ce poète
aux expressions fleuries, et documenté autant que le plus fort linguiste, mais
ainsi que l'a dit l'abbé Daugé, modeste à l'excès, semblable à la violette qui
se cache pour exhaler son parfum, nous tient suspendus à ses lèvres, émus,
saisis d'admiration.
Ah ! l'on voudrait que son discours ne finît jamais » !
Diable de Camelat, qui-s seré maucutat a las amassades de Febus oun n'a
yaméy hèyt qu'escouta, que la Hade aymadoure dou beroy debis e l'abousse
tan escricademén coupât lou hiu ! Més arré nou s'estoune pas méy de éth.
Beline que l'a counsacrat gran pouète, Roubi que se l'amuche prouseyadou
de bonne tilhe e lous discours qui dits a toutes las felibreyades de la Bouts
qu'en hèn û ouratou de gran talén. Bissè, b'ourbira toutes las hoélhes dou
sou libi, ta l'an a la hèste de Gastou-Febus ? 0, ou sinou !...

�— 276 —
La Terre d'Oc. Pour les Régions, d'André Sourreil. Lou goubernemén,
en boulén cambia la l'ayssou de bouta, qu'éy estât miat a cambia la circounscripciou de l'elecciou e qu'a partit la France pèr regious. Coum s'y calé
alénde la Coumissiou dous deputats carcade d'estudia la cause qu'a hèyt ère
ungn'aute partilhe. Més arrèy d'aquero ne bau pas gran cause au pun de
biste nouste qui éy lou de la Fédération régionaliste française :
« Il faut à la France une division régionale large, homogène, en rapport
« avec les affinités économiques, les nouveaux moyens de communication,
« mais où ne seront pas négligés les importants facteurs que fournissent la
« la constitution géologique, la race, les mœurs et l'histoire. ». Sourreil
« qu'ayuste: « Si le Félibrige avait une organisation tant soit peu sérieuse, i[
« est incontestable qu'il pourrait aider puissamment et très efficacement à
« l'établissement d'une carte géographique de l'Occitanie avec des divisions
« régionales rationnelles. » Lou nouste counfray que bouleré dab lous felibres de l'Escolo Moundino coumença û tribalh surious aquiu dessus. Si
quauqu'ù de Febus e bòu ayda-s-y, n'a pas sounque a-d escribe a Moussu
Sourreil, 15, Garrièro Denfert-Rochereau a Toulouse.
Indépendant des Basses-Pyrénées. Enta las escoles, " il a été décidé qu'une séance d'une heure et demie par semaine sera consacrée aux
exercices pratiques de dessin industriel et qu'il sera créé un cours hebdomadaire ayant pour objet l'Histoire contemporaine et l'Instruction civique, avec
quelques leçons sur l'Histoire et les personnages célèbres du Béarn. Ce
nouveau cours, exclusivement réservé aux élèves âgés de plus de 16 ans, est
destiné à bien préparer ces jeunes gens à l'accomplissement, quand le
moment sera venu, de leurs devoirs de soldats et de citoyens.
Le Figaro, supplément littéraire du 12 Octobre. Hère beroye leyénde
basquéte titulade Arrigoriaga. U bouliét patrioutique que flambouréye de Fû
cap a Faute d'aquére histori. Lous Bascous, debanteyats pèr Loup de Busturia, le Seigneur Blanc que piquen en tros lous Asturiens, enemics qui an
hourat lou sóu de la patrie. Arribats a la termière, lous bencedous que s'estanquen deban û cassou qui sèrb de hite, « dédaignant de poursuivre plus
longtemps les fuyards... Alors, Loup de Busturia, le Seigneur Blanc s'approcha du chêne vénérable, gardien de la frontière euskarienne, et brandissant
sa dague au large tranchant, il l'enfonça dans la dure écorce comme un signe
de victoire, comme un défi jeté à ceux qui oseraient par la suite fouler en
ennemis le libre sol biscayen. »
Atau la guerre qu'éy d'ayma.
L'autou, Sanche de Gramont, qu'éy counfray nouste. Assiu que liiquam
l'ahide de poudé ballèù oundra lous Reclams de la soue prose sabre e horte.
J.-V. L.

Lou Yérant: E. MARRIMPOU li Y.
PAO,

EMPRIMlilUE

VIGNA.NCOUR,

E.

MARRIMPOUEY

EMPRIMUR.

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              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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