<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="22546" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/22546?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T01:53:54+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="144187">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/33629ea4ff9a7215cd791b7fb8c5607a.jpg</src>
      <authentication>0bc994b14e50b86d37cccda1ca7d17e2</authentication>
    </file>
    <file fileId="144188">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/00350f6f3ca15090843e6cdf5c96f25d.pdf</src>
      <authentication>432319edc5701311f465cc68d6e83e77</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="738010">
                  <text>�HISTORIQUE
DE

L'ÉCOLE

SAINT

HUBERT

L'Ecole félibréenne de St Hubert doit sa fonda¬
tion k un félibre mort à la
guerre:Jean de Barrau, ators caporal an 86
plus tard membre des Comités
Directeurs de l'Action Française et des Camelots du
Roi , puis secrétaare de
Monseigneur le duc d'Or¬
léans.
,

Avec Louis Magnin, il célébrait à
peine son ad¬
mission dans 1' Ordre des Chevaliers de St Hubert
du sein du quel Jean de Barrau fit un
jour jailHr la
,

première Ecole félibréenne

de

Velay.

Le 14 mars 1913 les Chevaliers de St Hubert
pro¬
cédaient à 1' installation officielle de Jean de Barrau
comme
Cabiscol de la nouvelle Ecole qu'ils instau¬

raient dans leur Ordre, pour rénover l'ancienne
«Cour de l'Epervier du
Puy-Sainte-Marie», avec ses

Jeux Floraux traditionnels
trefois

:

rose

et les

prix décernés

et

au¬

marguerite d'argent
Ils décidaient
que ces deux fleurs seraient remises, chaque année,
aux
meilleurs poètes de langue d'oc et de
langue
d'oïl, et que la Cour de l'Epervier composée pour
trois ans des sept Chevaliers restaurateurs de cette
antique institution serait ensuite uniquement for¬
mée des lauréats vellaves
ayant obtenu chaque an¬
née
la plus haute récompense pour une œuvre en
langue provençale ; enfin que le « Petit Vignard »
journal de l'Ordre, serait l'organe officiel de l'Ecole.
.

,

,

,

,

,

�—

581

—

Le 35 mars 191a , jour anniversaire des ancientêtes de Notre
Dame du Puy , ils inauguraient
solennellement leurs Jeux Floraux dans le grand sa¬
lon du Prieuré de St Jean , et couronnaient un
poè¬
me de l'abbé Oddes,
qui était proclamé , le premier,
Prince de la Cour de l'Epervier.
aes

-

Celle-ci comptait alors sept membres : Jean de
Barrau, Georges de Mourgues, Robert Couguet, Lou¬
is Magnin, Georges
Bonnet Jacques Blanc Albert
Boudon-Lashermes.
,

,

Le 5 mai, au cours d'une chevauchée des Cheva¬
liers au Château de la Roche-Lambert
avec goûter
chez Régis Delolme et
souper au Champagne à Saint
Paulien , Jean de Barrau annonce
,

qu' il vient d'être
Louis Magnin pour aller faire une vil¬
légiature de quarante jours à Belvezet, afin d'y pro¬
céder à l'installation d'un
champ de tir
11 convie
tous les Chevaliers à venir tenir
chapitre à Pradelles, à cette occasion.

désigné

avec

.

Le 22 en efiet Louis part
pour Belvezet avec Jean
de Barrau. Ensemble ils passent
quarante jours dans
la bruyère, en vrais poètes,
perdus dans la nature.
La félibrée de Pradelles eut lisu

près.

Nous

avons

donné le

des 7

nom

en

effet,

peu a-

fondateurs.

Les

le

cinq premiers tombèrent héroïquement sur
champ de bataille, en 1914 au début de la guer¬
,

re.

Lorsque celle-ci éclata, les Chevaliers de St Hubert déci lèrent que
pendant la durée des hostilités
la Cour de 1' Epervier ne
pourrait siéger

que

dans

�—

58a

—

les tranchée
L' Ecole du Bombardement fut créée
dans ce but, en janvier 1915, et la
proclamation qui
fut lancée à ce sujet fut signée de
Jacques Blanc
,

,

grand-maître de St Hubert de Boudon baile de la
Maintenance
de Sabatier, Prince de la Cour de 1E*
pervier d'Alain Charrasse Eyraud d'en Va Jóusè
,

,

,

,

,

,

de la Plueio, Pierre Mialon

Aux premiers lauréats
Oddes , Boudon-Lashermes

Gabriel Durand, l'abbé
vinrent s'ajouter de la
sorte : Jean Sabatier,
Eyraud d'en Va Francis Pouzol, Lucien Vailhorgues Louis Abric Gustave Arsac, Germaine de la Rochette, Docteur Boncompain.
,

,

,

,

,

De 1912 est ce sonnet de Louis

A

JEAN

Magnin

:

DE BARRAU

Je m'exerce à la rime, au chant de l'alouette,
Sur la haute montagne où broute le taureau
Ma Muse en liberté galope et pirouette
Comme un poulain de Belvezet, ô de Barrau !
Tandis qu'un sapeur blanc plante une silhouette
Pour le tir de demain, j'arrache du fourreau
Mon glaive poétique engourdi
Je souhaite,
Vous sur qui Marianne a jeté son carreau,

Que vous n'oubliez pas ces jours passés ensemble
A respirer l'air pur des bois, qui nous grisait
En

ces

lieux où la voix du monde

se

taisait.

Car vous ne regrettiez nullement, ce me
semble,
Fier camelot du Roi que la Gueuse écrasait,
D'avoir serVi la République à Belvezet !

�-58J~

Ce fut bientôt la France
qu'il fallut servir.

Surpris par la mobilisation à Bruxelles où le re¬
tenait son service
près de Monseigneur le duc d'Or¬
léans , Jean de Barrau
rejoignit assez tôt son régi¬
ment pour venir se faire tuer à
la frontière à la mê¬
date que

me

Louis Magnin.

« On va vivre des
heures
le premier août
Déjà le sang
.

plus rapide

»

passionnantes, écrit-il
circule plus chaud

et

Le 2, il quitte Bruxelles : «
Ça y est !..
va-t-en guerre \ C'est l'activité
fébrile, la

presque la

Jean s'en
nouveauté,

gaieté !...

« Il me tarde
d'aller faire des nouvelles
de les attendre... »

au

lieu

« On nous
arrête, écrit il le 3. Plus de train !
Nous avons pris un guide
et passé la frontière par
des sentiers de
contrebandiers, sous un clair de lune
magnifique. C'était délicieux !...»
,

Le 4, il part de Paris
pour Lodéve : «Nous avons
tout le loisir d'admirer les délicieux
paysages, et ce¬
la a quelque chose de bien
tés du pays que

joli,cette

l'on

va

défendre

revue

des beau¬

»

En route ! écrit-il le 6. Mon bataillon est
par¬
me laissait avec la
réserve, qui ne partira que
tard. J'ai supplié un officier de m'emmener
et

«

ti. On

plus
j'ai pu partir à midi...

Nous sommes entassés
le moral est parfait. »

,

comme

des

harengs, mais

�-584

Et, le 8
mène

,

de Contrexéville

eaux!

aux

—

:

«Voilà

Que d'attentions!...

qu'on

nous

»

Sa dernière lettre est du 15 août....

Le 18 , à 5 heures du soir , il tombait en entraî¬
ses hommes à l'assaut, devant Rohrbach.

nant

Blessé
pour

une

repartir

première fois à la jambe, il se releva
cri de:« En avant! Vive la France !»

au

Une seconde balle

l'atteignit à la tête, à dix mè¬
l'ennemi, et l'étendit mort, sur le coup.

tres de

Louis Magnin était parti avec le 86
moral excellent, écrivait-il le 8 août, et
rien. »
«

Nous n'avons pas

.

«

J'ai

un

n'ai peur de

bougé depuis notre débar¬

quement, ajoutait-il le 9. Les nouvelles militaires of¬
ficielles sont excellentes. Les Allemands battent en
retraite devant Liège. Demain nous allons suivre le
mouvement en avant et franchir à notre tour la fron¬
tière. »

écris du champ de bataille, dit-il dans
Il y a deux heures que le combat
est engagé
Nous avançons, et l'artillerie allemande
11e tire
plus. Le 20 bataillon est en réserve ; il s' est
assez
fatigué, cette nuit. On m'a envoyé avec ma sec¬
tion, après 30 kilomèlres de marche, le matin, recon¬
naître, le soir, un village occupé par les Allemands
«

une

Je

vous

lettre du

10.

.

.

Nous les
sus. Pas

avons vus
un

,

et ils

homme n'a

nous

eu une

ont même tiré des¬

égratignure. Pendant

�la nuit cent balles m'ont
passé entre les jambes, tan¬
dis que j' étais en
petit poste au contact des casques
à pointe. Priez bien
pour que je sois courageux ! car
cette première nuit aux
avant-postes n'a pas été sans
émotions pour moi. »

Le 13 , il écrit : «Nous avons vu
arriver hier au
cantonnement le premier convoi de blessés
français.
Nous avançons toujours. »

où

Et, le 15 : «Je
nous avons

vous

couché

,

écris du champ de bataille,
cette nuit
à la belle étoile
,

du blé récemment
coupé. La journée a été assez
dure pour notre infanterie
Le 38 a eu un bataillon
bien éprouvé par les obusiers allemands. Le lieute¬
nant Soubrier a été blessé. Peu de tués: un.
vingtai¬
ne environ. Le canon
gronde de tous les côtés
Nous sommes maîtres du
village que j' avais recon¬
sur

.

nu

avant-hier.»

nitif

Le 19 : «Toujours ça
sera pour demain ou

comme un

Le

22

,

ogre.... »

un

bataille... Le combat défi¬
après-demain
Je mange
.

dernier billet, tout froissé:

« On se bat
depuis avant-hier avec acharnement.
J'ai vu le feu.... et quel feu !... Le pauvre capitaine
Degoutin a été tué d'un coup de baïonnette. Je com¬
mande la Compagnie, qui
est réduite de 340 à 160.»

11

ne

devait pas

la commander longtemps!

Quelques heures plus tard il tombait, la tête fracas¬
sée, en entraînant sa Compagnie, devant le pont de
Baccarat.

�Avec Louis
rat

Magnin fut également tué à Bacca¬
tombé glorieusement à la tête
section, le 25 août, dans une charge à la baïon¬

Georges Bonnet

de sa
nette.

,

•

«

Il

fait

plus que son devoir ! écrit le colonel
L'éclat de son héroïsme rejaillit sur le corps
a

du 38.
tout entier.

»

François Moulin fut tué à quelques jours de là
Nancy, frappé d'une balle en plein cœur.

devant

Puis
ges

ce

,

fut le tour du Cabiscol de

de Mourgues

rau.

,

l'Ecole, Geor¬
qui avait succédé à Jean de Bar-

Le jour même de la mobilisation ,
devait avoir
lieu la répétition générale d'une
grande revue loca¬
le que les Chevaliers de Saint Hubert devaient
pour

jouer

le 15 août.

«

criait

Nous

jouerons notre pièce à Berlin !...

Georges de Mourgues,

en nous

août, sur le boulevard.
Cavalier
l'infanterie.

A

,

il fut détaché

» nous

croisant

,

le

2

éclaireur dans

comme

Fontenay,

en rentrant de mission
il rencon¬
qui reviennent en débandade, ayant
été fort éprouvés.
,

tre des cavaliers

11 les rallie, et, à leur tête,
charge les Allemands.
Repoussé une première fois il reforme les survi¬
vants de sa petite troupe et tente à nouveau d' arrê¬
,

ter l'ennemi.

Mais il tombe bientôt
atteint d'un coup de baïonnette.

,

mortellement

�-

Un mois
le champ

587

—

après c'est Robert Couguet qui reste
de bataille où il vient d'être nomme
sous-lieutenant peu de jours auparavant.
sur

,

,

La cérémonie de sa promotion n'a pas manqué
de pittoresque. Devant tout le 286 assemblé,
le colo¬
nel d'Ollone a lancé d'une voix sonore le cri tradi¬
tionnel : « Sous-officiers, caporaux et soldats ! Vous
reconnaîtrez pour votre officier le sous - lieutenant

Couguet !

»

Et le brave Robert
qui n'a pu se procurer d'épée brandit un énorme coupe-choux de cavalerie
beaucoup plus grand que lui !
,

,

,

Il est barbu comme un sapeur , et écrit à l'ami
Boudon : « Tu m'as légué tes moustaches , en par¬
tant pour Jérusalem.... Aujourd'hui je te lègue ma
barbe, que j'ai fort épaisse et fort laide !.... »

A la i8u

'»

Compagnie, il est le boute-en-train qui
répand pax'tout la gaîté. Si l'Ecole du Bombardement
y fait merveille, c'est à Robert qu'elle le doit, car il
y a créé un état d'esprit jovial et goguenard dont
el¬
le gardera désormais l'empreinte impérissable.
Mais , le 12
vant St Baussant.

décembre, le régiment attaque de¬
Couguet sort le premier de la tran¬
chée^ la tête de la Compagnie. Déjà il s'élance dans
la tranchée ennemie, lorsqu'il tombe soudain mor¬
tellement frappé.
,

Après Couguet
en

,

Alsace.

c'est Noël Malègue, qui est tué

Et enfin André de

Courbières, parti dans les hus¬
remarquable soldat, à qui sa bravoure avait
valu les galons d' officier et une superbe citation
à
1' Ordre de l'Armée »
mort glorieusement à Carency en juin 11)15.
sards,

«

,

�I

��-

L' ESCOLO

590

—

SANT

UBERT

Dounan dins aquèi numéro l'istourique
de nosto
escolo Sant Ubert , que tout lou mounde nous demando , e qu'avèn destacha dei
libre

près la

guerro :

petiot
édita
Les Chevaliers de Saint Hubert.

L'avèn leissa

en

francés,

coume

a-

i'èro adeja.

Troubarés encaro , eici contro , lou pourtra de
dous de nostes foundatours de l'escolo, que soun es¬
tas tuas à la guerro : Jan de Barrau e Louis
Magnin.

�NOSTE

JOURNALET

Despieí voitnge ans, nosto Crounico de SantMaiàu a remplaça lou proumié journalet doits Chivaliés de Sant Ubert, ~ « Lou Petit Vignard » - , qu*
aviò deja quatorge ans de vido fegoundo.

Acò fai

pèr noste journalet

un quart

de siècle

d'eisistènço.

n'en

Spun pas noumbrouses lei revistos literàris que
podon dire tout eitant !

E nous fan rire lous faus felibres que
dison la mort e crèson de tua la pensado
fox-trott !

n'en preà cops de

Despiei vounge ans nosto Crounico fai soun pe¬
tiot trin-trin, semenant lou bon grau sus la terro de
Vêlai
maugrat tóutos las atacos dous jalous e dous
,

ases

que

d'esprit

ié fan la guerro pèr ço qu'an
coumprendre soun obro.

pas agu prou

per

Voulountouso

e

testardo

coume

lou mounta-

•gnard dei Puei la Crounico de San! Maiôu se leissara pas jamai arresta per lous enentis de la
lengo
,

nostro.

min
ron

Flamberjo ei vent, maugrat tout fara

soun chamanteni tóutos las tradiciouns que faguel'ounour e lou renoum de noste païs.
,

per

La Redacioun

�BRiNDE

A

LA

DEl

MAJOURAU

SANTO

ESTELLO

FOURNIER

DEI

PUEI

Gèntos donos, cars counfraires,
Quand nostre valènt Capoulié sounèt sa rampëîado annadièiro pèr arramba toutes lous fidèls de
nostro causo dins vostro ciuta't ( la Civitas Vellavorum des Ancians, l'Anicium et Podium de
l'Age Mejan )
e nous couvidèt à i festeja la Santo Estèlo
,

,

quauques Majourals
chats de veni. M'ôu

lengadoucians sioguèrou empacargat de vous traire soun salut.

Vous lou tràsi aladounc

plimens, Felibres del Vêlai

e vous
,

fòu nostres

coum-

pèr vostro magnifiée

o-

bro fclibrenco.

En

dignes rebrouts de vostres troubadours Pèire
Cardenal, Gavaudan, Perdigoun Sant Didié d'Apcher, Capduelh, avès entendut Frédéric Mistral, nos¬
tre illustre subre
mèstre regretat , quand vous deraandavo de nous ajuda à rendre soun amo, pecaire,
à nostre Miejour despersouna e desparaula, qu'acô's
sa superbo
espressiu.
,

,

-

Avès ausit atabé vostre Baile
eridavo :

afougat

que vous

Zùu ! felibre dóu Puei, gangassas vostro cagno
L'avès
E

poudriô

autre de

poulidamen gangassado, vostro cagno !..
dire, en lou revirant un pauquetou, un

se

sous verses :

Soun crid restountissènt

a

reviha li mount.

î

�Eyiaud d'en Va

�Mès clavarai aqui mous coumplimens , que
felicitacîus vou 'n òu fachos de pus tindantos e
mai granados.

Dirai soulamen à

de
de

amies

quand serai de re¬
rajo toujours dins
vostros venos
N'ai pas soulamen pèr provo vostre
noble prefach felibrenc, mès encaro la faissou
vertadieramen freirenalo,qu'avès de reçaupre lous noumous

tour, que lou sang de la Raço
.

,

vèls troubadours.

Tant qu'ourganisarés
un aculh tant gracius

de parèl-hos fèstos, e que
à vostres couvidats, «parage e courtesìo » seròu pas morts nimai toutos nostros qualitats miejournalos.
farés

Desempèi qu' avèm pausat lous pèds sus las ca~
carrieiros, avèm avut qu' à leva lou
det, - que disi? sèns aveire besoun de leva lou det, lados de vostros

sèm estats rensegnats, acoumpagnats, acountentats.

Avèm avut à nostre entour

uno

colo de gens

,

d'amies, de fraires, pèr nous coumplaire, nous moustra las poulidos euriousitats de vostro vilo.

Tabé seriò un groussieiras se trincàvi pas à tant
d'amenanço couralo, à tant de bravetat amistadouso.
Per acô

faire, seriò pla tentât de vous delata simplamen lou brinde del famous mounge de Mountaudoun, prince de la Court del Puech, que toutes avès
legit eoumo iéu dins «Glòri Oublidado » , d'En Boudon.

Coumenço

pes mots :

A la plus gènto,
Aussi ma coupo
e,

linalamen, aquelo

vostro

caro

« plus
vilo del Puech.

Mès acò seriò
autre.

à la plus bello
de tout cor !

vous

gènto

paga

e

plus bello

» es...

ambé la mounedo d'un

�Vejo-aici aladounc, lou brinde mèu, fargat,
gound ma deviso felibrenco : « Coumo sàbi ! »
-

v

'■

-

-A ■—

.

;

.

'

■

.

.

,

'

se

v

Viio del

Puèch, o pèrlo del Vêlai
Beluguejanto al miè d'un bèl parterre,
Talo uno reino al founs de soun palai,
Béu nostro fe dins aquel sant cratèro.

Béu nostre espèr coumo un perfum de
Tu que l'amour de nostro lengo altèro,
Vilo del Puèch, o perlo del Vêlai

giai,

Beluguejanto al miè d'un bèl parterro.

E ieu, vengut de luenc
aperenlai,
Del païs d'Oc ount flouris moun
Biterro,
Aussi la Coupo en l'ounou de ta terro,
A toun gàubi qu'à tout lou mounde
plai,
Vilo del Puèch, o perlo del Vêlai.

Renat Fournier

�596

MANDADIS

PÉR

SANTO

A

ESTELLO

moun

ami lou Mèstre

en

Gai-Sabê

Albert Boudon-Lashermes

Daut ! Daut ! Auboi e tambourin,
Fasès clanti vòsti refrin
Au bèu païs de la dentello
Ounte se fai la Santo Estello !

i

De la

di Dom i serre dóu Vêlai,
Vuei, dóu soulèu latin treluson li dardai
Sus noste sòu que lis aleno....
roco

E touto la belour verturiouso de Mai
Sus la Naturo ebrido espandis sèmpre
Sis ufanouso e lóngui treno....

mai

La Cansoun Miejournalo alargo si refrin
H fernesis lou cèu ounte em' un gai entrin
Courron li mot de nosto lengo...
Di dougan roudanen au cimèu dis acrin
Di felibre ehourlant lou vin pur de si rin
S'ausis mounta la fièro arengo !

L'estrambord enlumino e trefoulis li
E tóuti lis espèr e tóuti li record
Dis afouga de la Coumtesso,

Qu'an fa lou

sarramen

cor....

d'èstre digne di Mort,

Revoulunon dins l'èr en un flame desbord
De fe, de voio e d'ardidesso.

�597

Daut ! Daut ! Auboi e tambourin,
Fasès clanti vòsti refrin
Au bèu païs de la dentello
Ounte se fai la Santo Estello !

La Cour de l'Esparvié
Di jo mantenenciau

Pouèto

e

aubouro l'auriflouí

e courouno
troubairis vincèire

de flour

Que pèr benastruga la Jouvènço e l'Amour
An, sus sa liro d'or, fa brounzi la rumour
Dóu

paraulis de nòsti rèire !

en plen cèu l'imne de la Béuta....
clantis, belugueto e vivo de fierta,
La tendro e douço parladuro
Dôu pople, trefouli de l'ausi caseaia,

E s'enauro

E

Coume se si resson ié venien reviha
Li pantai de sa jouventuro !

Lou Vêlai es ebri de soulèu e de cant....
E s'ausis de pertout de refrin pretoucant

vers l'Empirèio....
di carlamuso e dis auboi jougant
Se debano lou long e pouéti ri ban
Di farandolo e di bourrèio !

S'esperlounga

Au

soun

Veici veni li Cavalié de Sant Ubert,
Mascle valènt, jouventas libre e fièr

Que senton crèisse sout

sa

jargo

li mèmis espèr
Que nòsti fraire brun de l'Empèri sóuvèrt !
Li flame gardian de Camargo !
Lou

meme

Veici veni

afougamen

e

peréu li chatouno de Crau

carga de matin sis ajust dimenchau
Pèr enflouri de sa liéurèio,
l.'eissame esbléugissènt di dono d'Issinjau
De Brioudo e dôu Puei, que sourrison 'mé gau
I gènti sorro de Mirèio !

Qu'an

�-

598

Dins l'antico ciéuta qu'en aquéu jour reviéu,
Lou Miejour a ramba sis aposte e
Sout sa bandièro esbarluganto....
E d'un geste afetous, dis Aliscamp
Dóu vin de l'Ideau qu'embriago si fiéu
Mistrau emplis la Coupo Santo !

si priéu

de Dieu,

Daut ! Daut !

Auboi

e

tambourin,

Fasès clanti vòsti refrin
Au bèu païs de la dentello
Ounte se fai la Santo Estello

!

Louis Abric

CARNAVAL

Le carnaval, qui déchaîne
Des bandes de jeunes fous,
Est une excellente aubaine
Pour certains, mais pas pour

tous.

Quels désordres il entraîne !

Mieux vaudrait rester chez vous,
Pauvres vieilles que l'on traîne
A d'aimables rendez-vous !

Car les vieux qui vous attendent
Et dont toutes les dents branlent
Ne peuvent que vous leurrer ;

Je vois déjà leur sourire,

Mais pour un qui vous fait rire
Combien vous feront pleurer !
V. de

Mijolla

��LA

VEUILLO

MEISOU

Amount, vés Hivernou, vount lou vènt fai varai
Et crosso lous sapis quand fiaulo ou soun boufaire
Longtèms dins sas paris, la meisou de moun paire
Arrousè

sous

efans tout lou tour de la mai.

Lous vesias, bès et forts, se gala ou l'araire
Ou la piocho et la beisso, arrancha lous balais.
Issarta l'estivaillo et cubri lous
garais,
La liado achaba, s'asseta en soun caire.

Avouro un grangier calo ount moun
paire ei
Lous petiots an fila coumo mouchos dóu
La meisou

s'agrapis et corbo

un

nischu,

bru,
pau l'ichino,

Mas m'agrado toujours. Quand l'aseime dés l'hort
Adouc quoqua via s'imouei dins ma
peitrino,
Moun cœur et lou soulè ié fant un mantè d'or

Dóutour

LOU

SERMOUN

Boncompain

D1ALOUGA

Prestre zelat, un missiounàri
Ous parouchians aviò prêcha

Que, lou sèr, èro necessàri
De veni toutes l'escouta.

�—

6oï

I'auriò de nouvèu !

car

lou Diable,

Aquélo piho d'apoustat,
Pèr s'apara, lou misérable,
Lou Diable auriò

Lou sèr adounc

soun

un

avoucat.

paure

Pèro

Faguè lou rôle d'avoucat
Dei Diable ; acò'èro chauso amèro,
Mai chaudiò que quaucun lou fa !

Toutes

coumprenguèron l'afaire

E risien de vèire

aplata

Lous argumens dei paure

paire
Qu'èro countènt d'èstre piala.
Mai

bègue à la tèsto duro
Que n'aviò pas bèn escouta
Coumprenguè rièn à l'aventuro
E seguè prest de se facha.
un

«Mai ! iéu counèisse

Diguè noste

aquèi moussu,
vòu faire ?

ome, e que

Jamai aviéu rièn entendu

D'aquèi trabai,

moun paure

paire !

A ! Pamèns ! que set
devengut !
Iéu vous cresiéu bon catoulico !
Venès deféndre Belzebut !
vous set dounc bouta de sa clico ?

Se noste curât aviò près
Uno biho pèr vous secouire
Acô vous auriò bién après
De pas veni vous faire escouire.

Quand tournaret à la missioun
Gardas vosto lengo, moun paire,
Autramen faset atencioun,
Saret batu coume un pas-gaire
! &gt;/
Abat Oddes

�—

6o2

DE

MARIDAGE

—

COUNVENÈNÇO

Prince bèn couneigu vouguè
S'encanaia dins la finanço,
E lou bèu-paire ié diguè :
« A l'ounour de vosto
alianço

Segur estache forço

près,
Mai siéu un tantinet souspres !
A voste entour cò dèu desplaire,

Perqué

ma

famiho ei d'un sang

Que vosto casto estimo gaire.»
« Avèn dóu
sang pèr très, bèu-paire !
Respond lou prince en se pargant.

-

-«Adounc terminaren l'afaire,

Avèn, gèndre, l'equivalènt :
Avèn, nautre, dóu très pèr cènt.

»

Capitàni Boudon

£\S?£LJ-°
L

tî

iyraud d'tn Vcc.

»

�—

CHANSOUNS

6C&gt;3

—

FELIBRENCOS

MA

DE

VELAI

POUBELLO

Coume estampave, aier, pèr ma Crounico,

En moun oustau plen de reculimen,
Quaucun sounè la campaneto antico
Qu'es lou plus béu jouiéu dóu bastimen.

Mi lougatàri, en chalot dei fin-fège,
Ei grand coumplet sautèron dins la cour....
A ! Segnour Dieu ! qun
resplendènt courtège
Se boulegavo en ma charreiro en flour !

Moussu lou Maire emé soun secretàri,
Soun arpentaire e soun grand toumbarèu,
Pièi lous agènts, à mino tutelàri,
Chascun tant gènt, chascun tant

agradiéu !

Nous adusien

poubello
resplendour lusènto de béuta...
Hoi ! mous entants ! qu'èro poulido
Esbléugissènto e lisqueto à crouca !
uno

crano

En

e

bello,

�—

6O4

—

Tout à l'entour, ei lindau de la porto,
L'oustau entié badavo, estavousi :
Avien jamai rèn vist d'aquesto sorto
E sabien pas de que poudiô servi !

Desbadarnant la bouëto sens vergougno
L'uno faguè : « Cò's propret e gentoun !
Es bèn, verai ! 'no drolo de besougno!
Cò'ei pèr sarra counfituro e tourtoun ! »

Mai vitamen l'autro diguè : « Ma mio,
Pèr ié bouta de poumpo e de pastèu
I'aurien pas mes tant gentouno maniho !'
Cò's un cartoun pèr pourta soun chapèu ! »

La

en requihant sa taio,
L'an fa nègre de tout cousta,

Filoumèno,

Venguè

: «

E lou patroun, qu'à soun journau trabaio,
Lou vóu rempli d'encro pir estampa ! »

chaudo,
gaiard,
Faguè lou tour de l'ort, disènt : &lt;? Foutraudo !

Mai l'Angeliso, uno qu'a tèsto
Embé l'engèn, pourta d'un pas
Moussu Boudoun vôu repassa

Vôu faire

encaro un crâne e

la mar !

long vouiage

;

que vesès dins ma mò
lé vai bouta tout soun petiot bagage :
Cò'ei sa valiso, e vai parti demò !

Aquèi saquet

Boudon-Lashermes

��—

6o6

M. TERRASSE

—

-

VISSAGUET

La mort de M.
Terrasse-Vissaguet es un
dèu pèr lou Felibrige velaien.

dòu

cru-

Direitour de nostes Muséons dei Puei, counservaire dei moubilié dous
Bèus-Arts, M. Terrasse èro
Chivalié de Sant Ubert despiei la renouvacioun de

l'Ordre,

e devèn à soun pincèu lou grand tablèu de
Chaussoun que gardo lou retra de touio la
tauleja-

do santo-estelenco de Igu.

Quand lei Chivaliés de Sant Ubert Vouguèron*
un tiatre, ^1.Terrasse n'en
faguè tous décors
e quand creèron lou
proumie journalet de l'Ordre :
i Lou Petit
Vignard » n'en faguè las ilustraciouns
e n'en
fuguè lou redatour lou plus ardent.
Quand s'ourganisèron J'Hscolo Pèire Cardinal e
fa Mantenènço de Vêlai, n'en
coumf renguè l'ideau,
tout literàri e velaien
ié vougué travaia de touto
founda

,

,

soun amo

d'artisto

e

,

de ponot.

Aviò tant fa pèr nous-autres que ié
poudian rèn
refusa. E quand fuguè nouma Counservaire dei Mou¬
bilié

d'arquéoulougio pèr lous Bèus Arts me venguè demanda de ié faire l'album dei richesses artis,

ticos de la terro de Vêlai.

Faliò faire lou travai-à gratis courre tout lou
despartamen pèr faire las foutogralios, piti à Chaus¬
soun n'en tira d'agrandissrmens.
Mai embé'n couinpan de routo coume M. Terrasse auriuu bèn fa lou
tour de la terro. L'album se faguè, en très
eisemplàci, e dins de dimensiouns pas ourdinàris.
,

Pièi

venguè la guerro e se foundè l'Ecò dei Bousquetoun. M. Terrasse que lou receviò regulieramen
escriguè-t-à soun direitour dins nosto bello lengo
ponoto que parlavo tant bèn, las tant poulidos«Letros à noste Baile » qu'editan vuei embé las « Letros
d
Guerro » de Jôusè de la Plueio. Saran pèr lous
felibres uno de ìas obros en proso velaienco las
pu
gaiardos e las pu claros de nosto respelido d'O.
,

A. Boudon-Lashermes

�LICEWCIOUSO

CANT

VIII

©G©fc©&amp;

Pamèns, dins rèn de tèms, la chourmaiasso infamo
Pòu empura l'incèndi e metre Anis en flamo !
Marcéu s'óufre à prêcha li femo e lis enfant,
Licenciouso cour acampa li pacan
Dins li mas, à l'entour de la cièuta deserto.
Mai deja Valamir a fa souna l'alerto
E si German soun arriba de tout coustat.
La sequèlo se créi en païs counquista
E triounflo, bourrin-bourran, sènso vergougno.

Valamir

se tèn à despart, cregnènt la fougno
Que vai moustra, segur, dins lou proumié moumen,
Lou pople quand saupra lou grand bourroulamen,
La revòuto d'Estilicoun e soun alianço
Emè l'envahissèire enemi que s'enanço....
Laisso à si gènt lou suen d'anouncia tout acò
E resto en soun palais pèr alesti soun cop.

Mentre-tant, li pacan arribon de tout caire
Pèr lou marcat d'Anis. Masiero e fartaiaire
I taulié dóu forum alandon si caulet,
Si irago, si meloun, si faiôu verdoulet,
Soun burre, soun caiat, si froumage e sis iòu.
Partout vers la ciéuta Vacaminon de miôu,

D'ègo pourtant de fais, de chivau e de miolo
Carrejant de lachiero ; e d'ase, e de carriolo,
H de pedoun en aio, arribant di campas
Cargî de canestello, encoumbra de cabas;
De vignard adusènt la frucho de sa vigno
E d'ambulant cridant d ensalado o de pigno.
Dintre tout lou varai li lengo van soun trin :
La novo s'espandis e vanego enterin.
Sus lou forum, davans lou Pes de l'Emperaire,
Tout un atroupamen coumenço de se faire
E li soudard german ié porjon li resoun

Qu'an li Gau pèr segui lou sort d'Estilicoun.
Mai dóu founs de la foulo un crid subran proutesto
E vèn descadena 'no poulido tempèsto :
« Gau-Rouman ! li German sèmpre vous an trahi,
Vous an sèmpre engana, vous an sèmpre envahi....
Se n'en chau mesfisa coume de la vipèro !..»

palais es à l'espèro
Dóu tèms que si soudard ié van tèndre si las,
Acour au trounamen que fai lou poupulas
E troubo li pacan pebrin e bousinaire
A l'entour de Marcèu qu'en soun dedu venjaire
Lis empuro à bandi li traite
Valamir, que dins soun

d'Óutro-Rin,

�-

6o8

—

Dins la vilo, estrangié, mènes bèn tant de trin ! »
Fai lou traite.
« German, crèse que dins l'Empèri
Lis estrangié maudi soun li Barbare arlèri

«

-

Qu'escoutèlon li Gau e que cremon li mas !
E que dóu sòu galés farien lèu un ermas
Se noun nous despachan de ié barra l'estrado ! »
-«Vai-t-en d'eici, Crestian ! »- « Vai-t-en, traite, à l'armado
Que desertes ansin, la viho dóu coumbat !
Ta plaço es pas aquil... Vai-t-en lèu retrouba
Ti coumpagnoun, lis óuficié de l'Emperaire,
E li franc velaien qu'aparon lou terraire
E pagon de soun sang lou dre de resta Gau !
Se soun tóuti emparti! Degun isto au fougau !
Soulet, li Germanas an cala ! » - «Ti paraulo
Me destourbaran pas !.. Avèn de Diéu,en Gaulo,
Pos rempourta lou tiéu! » - « Moun Dieu ourdouno e vòu
Que reste dins Anis pèr en garda lou sòu
Enterin qu'Escutàri eilabas fai mirando
Contro li Vandalas sóuvage de ta bando! »
«Vai ! li couneitras proun,li Vandale, deman !
Qu'escrapouchinaran Crestian coume Rouman,
-

Faran la Gaulo libro

-

«

e

ié rendran

sa

glôri.

»

Osco ! Emé li German la Gaulo fara ílòri !

Quand pourras tourna-mai, en cantant toun bardit,
Oufri,sus li roucas,à ti Dieu de bandit
De sacrifice uman ! Nòsti Dieu soun trop cande
Pèr tu !... Te fau de sang? N'en vos touca lou brande ?
Car lou pan di Crestian o lou viscle li Gau
Noun pòu t'assadoula, bouta toun cor en gau !
Lou viscle a pas de sang! Te n'en fau!...Pèr ta raço
Lou jit rouge que gisclo e la car que s'estrasso
Chalon soulet de Diéu digne de ta nacioun !»
Vèses dounc pas, Crestian, qu'Anis e Revessioun
Soun miéu! » fai Valamir, car lou pople reguigno.
«T'ai que proun escoutal» Dins lou palais s'esbigno
Dóu tèms que li pacan pèr aclama Marcèu
Fan tringla cranamen milo crid vers lou cèu.
-

�—

6og

—

Lou traite sournaru sènt pali soun estello,
La Fourtuno adeja ié parèis infidèlo,
Pèr enraia d'un cop l'auvàri que sourgis

Acampo si soudard. Soun lèst au chapladis
E pèr escoutela soun sèmpre gènt de trio.

Cambarado ! ié fai, eici sian de coutrio !
Se siéu mèstre d'Anis, piharen lis oustau,
Aurés li coupo d'or e lis inde argentau,
Li palais di richas e li chato poulido....
Tastarés de bon vin e tarés bono vido!
Mai se voulèn gibla lou païs anician,
Nous tau desbarrassa de l'evesque crestian.*
«

Acò vai ! que ié vèn un soudard de la troupo
Pivela pèr lis or, li jouiau e li coupo
Di patrician d'Anis. Anuei te pourgiran
La tèsto de Marcèu dins un di plat d'aram
Escrincela pèr li festin de Papianiho.

-

Nautre,

nous pagaren sus li vas e li fiho
lou vin d'aquéu nèsci de Severin ! »
Em'acò, li ferouge e sóuvage gourrin
Se rounson coume fou à través de la vio
E butasson d'un cop la pauro pacaniho
E

sus

Qu'enviróuto Marcèu. L'evesque es aganta,
Mau-mena, tabasa, pica de tout coustat.
S'afoundro sout li cop, lou tirassan li lâche
Pèr li pèd, pèr li bras, e pèr coumpli lou pache
Un ié tranco la tèsto.

Mai, tout ensaunousi,
Lou Sant sesis

cap !... Lou pople, estabousi,
S'espanto e trefoulis en vèire que l'emporto
Dintre tout lou païs pèr carrièro e pèr orto...
Li soudard soun toumba, foudreja sus lou sòu.
soun

Dins lou flot di pacan se fai tout un revòu :
D'uni an fugi, d'autre prouclamon lou miracle,
D'autre an segui Marcèu pèr vèire l'espetacle

D'aquéu mort, côu-trenca, marchant

sens cabussa;
D'autre an boumbi sus li German embardassa
E subran, empura d'uno santo furio,
En fan un chaple espaventous dins la terriho.
Mai l'evesque martir dins l'aigo dóu sourgènt
L vo sa tèsto sanguinouso, e trelusént
D'uno clarour misteriouso e benesido

sus lou sou, sènso alen e sèns vido.
prefum celestiau embaumo li jardin
F dins la resplendour poulido dóu matin
S'emplano sus Anis coume uno auro divino,
F.mplissènt li coulet, li coumbo e li ravino.

Retoumbo
Un

�—

JOS

FLOURAUS

6 lo

DEI

—

PUEI

SANTO

-

-

MARÌO

Avèn célébra nostes Jos Flouraus lou 27 d'abritu
dins la Salo dei Festos dous Cbivaliés de San!
Ubert,
magnificamen decourado d'auriflamos eis aimos dous
ancians troubadours de Vêlai.

Lous pouètos s'èron pas présentas en tant
noumbre qu' à l'ourdinàri, e,

grand
après l'ardour e l'entiin
qu' avien moustras, l'an darrié, pèr lous « Grands Jos
Flouraus

sant de

»

acò'èro un pau inévitable. Mai
rèn manda pèr 1924
toutes

nous

.

que se

La

lou

volon bi ratrapa, l'an que

jurado

beila très ilours

en

s'escudison

nous

vtn.

:

genèst d'or, à M. Louis Peyroche, de Malataverno

la flour dei
la

a

,

roso

Mezenc, à M. Enri Magnin, d'Aurec

d'ai-gènt, à M. Felis André, dei Mounastié

M. Peyroche es esta prouclama Prince de la Court
de rEsparvié pèr 1924 e noumarò laRèino de l'an
que
vèn. Sa fiho es estado chausido couine Rèino
an,

pèr lou dóutour Boncompain, lauréat de

d'aquest

1923.

Pièi s'ei douna

jados

en

uno representacioun de dos
galepatoues efrancés: L' espitru d'en Va
e La

counferènci

,

sus

lou Puei.

j

��—

6î 2

—

L' ESCLUSSI

L'estello di set rai trevavo au cementèri....
Mistrau s'èro ajassa dins la soulenno
pas
Tout un pople espóuti plouravo soun
trespas
Ë Maiano
aissejavo avau sus soun

Empèri !

Alor tout

ce

Que bressè
Tout
Tout

ce
ce

que canto emé gau la cansoun
li pantai de nostro
jouventuro....

que nous adus, de resson, la Naturo
que lou soulèu abro de fernisoun !...

Tout ce que dis lou saume eterne
que s'enauro
Di campas Miéterran dins
l'espèro d'abriéu....
Tout ce que se reviho,
aleno, canto o viéu
Ë que fiso sa crido i
poutouno de l'auro !....
Lou

long balin-balan di clouquié miejournau

Qu'esgaion d'angelus li planuro

e li colo
Li milo cridadis
que fuson de l'escolo
Quouro miejour n'alando is enfant lou lindau...

Lou rajou que cascaio e l'aucèu
que bresiho
Souto lou pâli fres dis óulivedo en ilour
Lou ventoulet que fai, conme autant
d'aurifloua,
Se clina li
rampau verturious di triho...
Lou rounfle dóu mistrau
que brandis l'aubrarié...
Lou cantadis gaiet de l'oundo

grumejanto
Que fai clapouteja la mar beluguejanto...
galoi chamatan di pastre e di bouié...

Lou
,

Lou bramadis di tau dintre li palunaio
De la Camargo esterlo e de
l'immenso Crau..

fi dis avé tournant di
pasturgage d'aut,
Lou dindin dis esquerle e lou brut di
sounaio...

L'ourla dis abrivado folo... L'Estrambord
Dóu pople apignela dins lou cièri... L'oundado
D'aclamacioun que court sus aquelo
acampado
Quouro l'orne es vincèire i lucho de la Mort...
Lou batedis di cor
que s'en van long di lèio
Dins lou chalun di
vèspre e di calabrun siau,
Viéure la douço pas de sis
espèr nouviau
En sounjant à l'amour de Vincèn

pèr Mirèio.

�La cisampo que bufo à l'orle di fourèst
E que fai
gingoula li bôri destéulado...
Lou siéula
plagnitiéu di branco despampado
Ounte la primo adus la sabo i bourre lèst...

Tout ce que bretounejo encaro
nosto lengo,
Tout ce que n'en redis lis estroio d'amour...
Touto voues que se mesclo à la santo rumour
Que fai s'esperlounga sèmpre mai nosto arengo...
Lou vounvoun dis abiho à l'entour di
brusquet
Que laisson raisseja lou mèu de si cambreto...
Li galoi cacalas di drôle, sus l'aireto
Ounte vènon jouga, lou
vtspre, à

pèd cauquet...

L'amo dóu

vilajoun

que dins li tantossado
soulèu sis oustau blanc de caus...
Li refrin ajougui que monton dóu
fougau
Qu'assousto un roudelet de chato enamourado...

Ëstalouiro

Li vièis èr

au

desapres d'auboi, de tambourin
tant bèn gavoto e farandoulo,

Qu'acoumpagnon

Souto l'autin flouri d'un
pargue de piboulo...
La musico di brande e soun febrous entrin...

Tout

ce

Tout
Tout

ce

ce

Tout

ce

qu'es estramtord, gau, amour, pouèsip,
dis la terro à la glòri dóu cèu,
l'ome lauso e que canto l'aucèu,
qu'es ideau, tout ce qu'es armounio,

que
que

Quand Mistrau fnguè mort, tout, tout
s'amudiguè..
Tout sentiguè passa l'Oumbro
que davalavo,
F. sus l'atupimen dóu
Miejour qu'escoutavo

Lou soulèu patriau alor

s'escoundeguè !

Ritme, brut, glatimen,

resson, ire min, auiasso,
cansoun, plagnimento e trespir,
Tout semblé s'atuda 'mé lou darnié
aouspir
D'Aquéu qu'avié soubra l'ideau de sa Raço !

Cridadisso,

Mai lou soulèu se cocho e noun
mor!
De si rai
Lou celestre longtèms se tencl o e
s'enlumino.
L'oumbro dóu calabrun es toujour cremesino
Coume Tanbo que duerb la draio au

jour

que

nais.

Mai lou soulèu se cocho e noun mor !
Se tremounto
Es pèr miel
recampa de belugo à sa lus
E faire raisseja sa como de trelus
Dins la vastour dóu cèu
que s'azuro quand mounto !

�-

6M

Soulèu d'un ideau, Mistrau
s'endourmiguè
Quand la Mort l'acatè de si niéule destrùssi,
Mai pèr aquéu soulèu noun fuguè qu'un esclùssi
E pèr uno aubo eterno alor
trelusiguè

L'engèni qu'enaurè

sa

pensado mestresso....

E subre l'atahut dóu Patriarco ama,
Li mascle,
desempièi, soun vengu s'abrama
De lume, d'enavans, de voio e d'arderesso.

Chasque

an

li vèi

acourre

à-n-aquéu

cros

Ounte s'es ajassa l'Emperaire, lou Rèire
Venon ié ranfourti sa fisanço e si crèire
E ié vèire greia lis espèr
patriau !

reiau

Louis Abrîe

�MANTENÈIRES

DOUS JOS FLOURAUS
( Escolo Sant Ubert )

DEI PUEI

fcfc©©©©

Presidènt

A.
Boudon-Lasherir.es, dóutour en dre, mèstre en GaiSabé, vice-sendi de la mantenenço de Vêlai, reire-secre:

tàri de la Soucieta Academico dei Puei
redatour à « La
Revue Fédéraliste», membre dei covmitât de redacicun
das « Amitiés foréziennes et velhrcs »
diieitcn de la
Crounico de Sant Maiôu , cabisccu ce l'escolo ielibrenco de Sant
Ubert, rèire-cabiscèu de F Escclo dei Ecrmbardamen, rèire-direitour de l'Ecô dei Bousquetoun,prin¬
ce de la Court de
l'Esparvié dei Puei en 1903, 1907,1014
e
1920.
,

,

Vice-presidènts

: Abat Cddes de la Valette de Villeverte
curât de
Bèu-Soulèu pouèto, artisto-pintre e aviateur,
de
pLnce
la Court de
l'Esparvié en 1912.
,

,

Batisto Eyraud d'en Va, mèstre en Gai
Sabé, pouèchansounié
ancian redatour à l'Ecô dei Bousque¬
toun
amai ej « Cahots de la Roulante » - autour dei
«Letros de la trenchado » cabiscôu de l'escolo felibrenco d'en Va,
prince de la Court de l'Esparvié en 1921.
to

e

,

,

,

,

Baile

:

Dóutour An Iré Favre,
poucto e gai countaire, prince de la
Court de l'Esparvié en
1902.

Clavaire

:

Jóusè de la Flueio { Lucian V'; il! c n us )
pcuèto e
chansounié
ancian Redatoir cr cl cle de E Eco deu
Bousquetoun, autour di « Letics s ma Eino » prince
,

,

,

de la Court de

l'Esparvié

en 1917.

Louis

Abric, pouèto, mestre en Gai Sabé ledatcur à 1' « Echo du
Vidourle, prince de la Couit de l'Esparvié en 1918.
Jóusè Amar pouèto e chansounié lauréat dous Jos Flouraus dei
Puei, ancian rèdatcur à l'Ecô dôu Eousquetcun.
Gustàvi Arsac, pouèto, auteur de « La Révolution au
Fuy», prin¬
ce de la Court de
l'Esparvié en 1919.
,

,

,

Dóutour Albert Arsac.
Marcèu Astorg, artisto pintre.
Maurise Bataille, baile de l'escolo
d'Issinjau.
Mmo Maurise Bataille.
Mmo Anfos Bataille.
Louis Becquet, artisto escrircelane.
Vitour Bellangreville. pcucto, lauréat devs
Jcs Flcutars dei Tvei.
Mmo Bellangreville.
Mllo Valentino
Bellangreville.
Nouvè Béraud, artisto pintre.
Aguste Berthet, artisto pintre.
Andréu Besqueut, escultour, medaio d'or dei Salern de Paris.
Jaque Blanc, estacha d'ambassado à Prago,Grand-Mcs!re dousChi-

valiés de Sant Ubert.
Mmo Jaque Blanc.
Anfos Blanc, de la soucieta literàri de « L'Almanach » de Ericudo.
Louis Blanchard, editour.
Mllo Marthe Blanchard.
Dóutour Boncompain, pcuèto , clrr rire de la Me rte r.c r c o de Vê¬
lai, assessour de l'escolo d'Issinjau , prince de la Ccurt
de l'Esparvié en 1923.
Mmo Boncompain.

�—

616

—

Dóutour Pau Bonnand, chansounié.
Mmo Pau Bonnand
Gracian Bonnet, pouèto, autour de « La
Dóutour Pau Bonnet.
Henri Bonhomme, estudiant.
Charles Borie, artisto pintre.

Bourrasque

Georges Boudon, bibliophile, ancien secrétaire
démique du Puy.
Mmo Georges Boudon/

ce

»

.

la Société Aca¬

Mmo Boudon-Lashermes.

Capitàni Boudon, pouèto, chivaliè de la legicun d'ounour

,

lauréat

dous Jos Flouraus dei Puei.
Alain Boudon-Lashermes.
Mlle Louise Boute, poèto, lauréat dous Jos Flcm us cci Luei.
Audouard Boutillon, artisto musicaiie, anci; n itdateur à 11 cò.
Maurise Bruel, pouèto, lauréat dtus Jcs Fkutiis cei luei.
Enri Brun, estudiant.
Pèire Calel, pouèto, rèire direitcur de « l'Echo des Gcuihis», lau¬
réat dous Jos Flouraus dei Puei.

Jan Carlet, pouèto.
Abat Canot, curât de Langeac. pcùèlo, lauieat t'eus J&lt; s Fit mis.
Aguste Chalencon, escultour.
Louis Chambonnet, pouèto e chanscunié.
Aguste Chambonnet.
Alan Charrasse, pouèto, catiscòu d'e teneur ce Le set le 1 ; r.t l leit,
redatour au « Bon Stmtnaire »
prince ce la Ccurt.de
l'Esparvié en 191(1.
,

Leoun Charvériat.
Enri Chonion, estudiant.
Mllo Suzano Chouvy.
Leoun Cortial, biblioufile.
Leoun de Courtilles, pouèto. Je ure st cet s" les Flcmus cci L'uti.
Jan Coze. pouèto, lauréat dors Jos Fie un 1 s, a se c s: c 1 j et le ; c e lo
Sant Ubert, Rèi de l'Auceloun pèr aquest an.
Bernât Coze, estudiant.
Louis Danjou, chansounié, lauréat deus Jos Flcuirus cci 1 ici.
Antòni Découzon, chansounié.
Abat Denaves. pouèto, rèire-direitcvr ce Ja «Narctc ce la Seine».
Aleissandre Descours.
Mmo Aleissandre Descours.
Enmanuel Dossat, rèire-bastounié dous avoucats de Valcnco.
Setime Dupin, pouèto, autour de «La Nature et le Rêve» et du

Mystère"de Notre-Dame-du-Fuy, clavaire de Fescolo St
Ubert, lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.
«

Mmo Gilbert Dupin.
Mllo Genevièvo Dupin.
Mllo Bernadeto Dupin.
Audouard Dupin.
Dóutour Aguste Durand,

Prormié Ccr.se dei luei, chital't

ce

la

legioun d'ounour.
Emile Durand.

pouèto, autour de « Remcn lrarçc s c di «Fcuprince de la Court de l'Esparvié en 1913.
Mmo Grabiéu Durand, Rèino dous felibres de Vêlai en 1913.
Mmo Eyraud d'en Va .
Felis Fabre, pouèto, autour de «C'est l'estrambcrd ! » e de « Feuil¬
les Eparses »
lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.
Michael Fairniss, pouèto, direitour de « La Galère», lauréat dous
Jos Flouraus dei Puei.
Grabiéu Durand,
toun

»

,

,

Petrus

Fayard.

��—

Abat Fayard, curât
Louis Fayolle,

6i 7

—

de Tiranjo, pouèto, lauréat dous los Flouraus.

Jan Ferne, pouèto, redatour à la Galère,lauréat dous Jos Flouraus.
Jari Gallet, estudiant.
Maurise Gallet, estudiant.
Bertrand Gallice, pouèto, ancian redatour en chtfe de l'Ecò
lau¬
réat dous Jos Flouraus dei Puei.
Pau Garde, caricaturisto, ancian dessinaire de l'Ecò.
,

Alfret Garde.
Mllo Lucio Gay.
Marcèu Gay, estudiant.
Mllo Ano-Mario Gondre, Rèino dous felibres de Vêlai en 1921.
Mllo Margarido Gondre.
Camille Grellet, artisto dessinaire.
Frederi GaiLlemot, pouèto, autour dous « Papillons de Velry &gt;/ ,
lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.
Gastoun Lashermes, ancian président dei «Citucloun» , redatour
à l'Ecò, lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.

Silvan Lashermes, chansounié, redatour à l'licò, lauréat dous Jos
Flouraus dei Puei.
Tan Latour, estudiant.
Pau Laurent, escultour.
Antôni de Licques, ancian redatour à l'Ecò dôu Bousquetoun.
Pèire Magne, estudiant.
Mllo Elisabet Mignin, pouèto, lauréat dous Jos Flouraus.
Mllo Carmen Magnin, pouèto.
En ri Magnin , pouèto, prince de la Court de l'Esparvié en iuco.
Marcèu de 1 i; &gt; 1 celle, rèire-direitour dé «l'Echo des Guitounes».
Mrno Malet de Vergèze, artisto pintre.

Jan Malhommo, ancian redatour à l'Ecò dóu Bousquetoun.
Clemènt Malhomme,ancian redatour à l'Kcò.
Enri Mars set
rèire - bastounié dous avouent s dei Puei e direitour
,

de « l' Avenir de la Haute-Loire
Dautour Louis Martin, artisto dessinaire.

.

Aleissandre Mazodier, redatour is Amitiés foréziennis et vellaves.
Mllo Ano Meiller, pouèto, Rèino dous felibres de Vêlai en 1922.
Jóusè Merle, relatuir en chèfe de la «Gazette d'Yssii len .s» , et
biscùu de l'escolo d'Issinjau.
Pèire Mia'o't
: t vivourtié, lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.

-

.

Agustin Michel, brstounié dous avoucats d'Issinjau.
Vitour de Mijollas, pouèto.
D mtour P'ire de Mourgues, medecin-chèfe dei Lispènsàri.

Mllo Margtrido Oulicn.
Albert Paridis, chansounié.
Marcelin Petiot, chansounié.
Mllo A.melio Peyroche, Rèino dous felibres de Vêlai en 192,].
Louis Payrothe, pouèto, óuticié de l'estrucioun publico, prir.ee
la Court de l'Esparvié en 1924.
Mllo Mario Pignal, artisto pintre.
Louis Pipet, baile de l'escolo d'Issinjau.

de

Miquèu Pomarat, pouèto, baile de l'escolo Sant Ubert.
Dóutour Andréu Porte
membre dei coumitat de redacioun dits
,

«

Amitiés foréziennes et vellaves

Jaque Prénat. direitour de la

«

»

.

Confrérie de St Gerieys, redatoir

à la « Revue Fédéraliste »
membre dei coumitat de reda¬
cioun dei « Soirées du Petit Versailles »
Glaudius Ranchon, direitour de la «Gazette d'Yssingeauxy,. r: sessour de l'escolo d'Issinjau.
Tan Sabatier, pouèto, prince de la Court de l'Esparvié en mis.
Abat Sève, assessour de l'escolo dei Boumbardsmen, kgii 1 r c c r,

.

Regis Souvignet, pouèto.
"
(inour, medaio militari...
Atari Theillère, escrivan regiounalisto. autour dei « Manoir &gt;■ .
Mllo Louisa Theyssier,pouèto,lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.
Enri Thiérault,pouèto,lauréat dous Jos Flouraus,redatour à la Gai' je.
Vicoumte de Vaux, artisto pintre,autour des «Châteaux du A c l; y
.

�—

6i9

—

LICEN CIOU SO

999999

CANT

IX

Lî soudard
gau-rouman se soun enrebeli.
Soun parti pèr Chazello ounte s'es establi
Valamir. Mai la Fado es bèn lèu à Chazello,
F

parlo loungamen à la troupo infidelo.

Valamir

qu'adeja crèi soun sort triounfau
La troubo dins lou
Camp, arresounant li Gau.
Lou traite pèr lou cop tout subran
s'engimerro,
Sus la chato boumbis,
trepejant de coulèro.
Sa ràbi à soun galet
s'arresto en un crid rau,
D'uno man brutalasso
sa

aganto
destrau,
Embardasso la Fado e i'espóutis la tèsto.
Licenciouso cai, fréulo, dins li genèsto
Qu'envirôuton l'estrado. Adeja trento Gau

Voulant à

soun

ajudo

an pica lou brutau
tour sout li cop de la foulo'
Mai la Druidesso ei morto !.... e soun
sang que rajoulo
Ensaunousis li lauso e l'erbo dóu camin

Que s'afoundro à

soun

Sus Fermas sóuvertous s'emplano un
long frémi n
De segren e de dòu. L'armado
enrebelido,
En vèire que la Fado a vitima sa vido
Pèr sauva soun païs,
coumpren subran soun tort.

Trampelo

li Diéu pèr n'en venja la mort
courrous, e qu'amount la Druidesso
Que leissè sagata castigue sa treitesso.
Sentènt que dins soun cor lou pitre a
respeli,
S'alunchejo, leissant dous Gau pèr sepeli
La chato escoutelado, e van
jougne l'armado
Don patrice e d'Avit, coume
vouguè la Fado.
que

lé moustron

soun

�—

Ó20

—

Licenciouso jais aqui, sus lou gazoun
Au liuen, la nuei s'emplano, oumbrouso, sus li mount,
Escafant e brouiant dins sa tramo prefoundo
Lou gàubi e li countour di roucas e di broundo.

La soulitudo emplis lôu païs sournaru
De soun chale divin ; e, pereila, lou brut
Di legioun que s'en van se perd dins l'embrumado
Dóu tèms que resplendis sout sa capo estelado
Lou cèu ensoumiha pèr lou siau bressamen
De l'auro que fresis misteriousamen

Trento annado an passa
Descoura pèr la mort de

Crussi dins lis esglàri,
Fado, Ermentàri
En remembranço
d'elo es devengu crestian,
Prèire dóu culte nôu, pièi
evesque anician.
Li Vandale, espóuti pertout
pèr lis armado,
Bandi

pèr Coustantin,

an

sa

fugi l'encountrado.

Aèce, sènso egau despiti mai de vint an,
Enclucho sènso arrèst de triounfle esclatant ;
Vincèire J'Alaric, a sauva la patrio
Di bando d'Atila qu'en soun orro furio
Voulié faire di Gaulo un erme abandouna.
I Camp Catalauni l'an escrapóuchina,
E li cors di soudard
d'aquéu rèi de magagno

Engraisson desenant li prado de Champagno.
Avit, pertout célébré e pertout aclrma,
Desempièi quàuqui jour vèn d'èstre prouclama
Emperaire de Roumo e segnour de l'Empèri.
Un courtège de rèi,
esbléugissènt e lèri,
L'a deja reçaupu, couiouna, dins Toulouso.
E la ciéuta velavo, abramado e
jalouso
De la glòri d'u-n íiéu mèstre dóu mounde
entié,
L'espèro dins si barri en triounflaire autié.

�—

621

—

L'Emperaire s'empart pèr Roumo

dous courrèire
au prèire
Qu'Avit arribara deman, soulennamen,

Manda

vers

Ermentàri

an

;

counèisse

E que, se remembrant lou noble devouamen

Qu'aparè, passa-tèms, de la fèro furio
Di Vandale arlandié lou sòu de la patrio,
Vai veni pèr Chazello e ié vòu saluda
Lou cros adoulenti que noun
pòu óublida.
La

Fado, pèr Anis,

es encaro

la Santo.

Sèmpre

van envouca soun ajudo puissante
Sus lou cros ufanous ounte dintre li fau
Se vèi soun estatùo ; e souventet li Gau
lé vènon porge en plour de
garbello flour'ido
E de viscle sacra, dins lis ouro marrido.

Tambèn, sâchènt qu'Avit arribo d'eilamount

Pèr vesita lou cros deja
forço en renoum,
Li ciéutadin emai van landa vés Chazello

E, long dóu grand camin, la fièro ribambello
dono, di chatouno e dóu pople ninoi
Serpejo, loungarudo, en ribanet galoi.
Di

A Chazello deja li gènt de l'encountrado
An de-longo envahi lis abord de l'estrado.
Lis anician dóu Puei bèn lèu lis an rejoun,
E quouro lou badet signalo à l'ourizount
Lou courtège imperiau, acô's uno erso umano
Inmènso que subran varaiejo e tresano.
Chascun cour sus la routo e lou gazoun flouri,
Se boulego lèu-lèu, trepejo e fai de crid.

Pamèns, pèr aculi l'escorto que s'enanço
Li decurioun dóu Puei an bouta
d'ourdounanço
Dins la foulo esbaudido, e se sarro un brisoun.
Firme il tari es vengu pèr ié mena rejoun ;
Se plaço lou proumié 'mé si Conse e si prèire
Pèr mestreja si Gau, que tóuti volon vèire
Soun aqui, près dóu cros, blancas dintre si fau
E lou noble Emperaire arribo d'eilavau
Dins lou resplendimen dis armo e di bandiero

Qu'un cèu tout empourpra dauro
En tèsto de si

sa

longo tiero.

gènt marchon li Visigot
Que pèr Avit vincèire an lucha de bèu cop ;
Richamen chimarra d'estofo preciouso
Qu'à jabo fai lusi la flambour souleiouso
D'un matin clarinèu, caracolon bragard
Sus de chivau mouscous que fan soun a li bard.
Soun rèi, Téoudouri, coundus l'egrègi bando
Que sus lou grand camin fai coume uno garlando
D'escarlato, d'azur, de cremesin e d'or.

�—

6aa

—•

Pièi

s'avanço en bel ordi-e e tarot équipage
Lou crâne bataioun di Gau dóu fièr
visage,
Pourtant lis estendard
qu'an près sus li German,
Lis ensigno galéso e lis
eiglas rouman.
Dins un oundejamen
d'or, de brounze e de sedo,
Qu'esbriho sus l'oumbrun verdoulènt di pinedo,
Li simbèu di très
pople envóuton l'umble cros,
Soulennamen quiha dins la man dis eros.
Avit

a

devista

sus

l'estrado Ermentàri.

Après tant de pegin, de malur

e

d'esgJàri,

lé fai gau de revèire un vièi ami d'antan
En un jour benesi de triounfle e'sclatant.
Estren long-tèms l'evesque, e ié semblo reviéure

Li jour grèu que la Fado
aduguè lou deliéure
pèr li German.

Au païs de Vêlai nafra

Pièi,

au rode dóu cros,

l'Emperaire Eouman

Fai tança pèr si gént lis estendard vandale
Près sus lis enemi. Se vòu óufri lou chale
De li porge à la chato inmoulado ourramen
En de tèms d'espavènto e de bourroulamen

Aqui saran l'óumage emai la remembranço
D'aquéu qu'enfin pouguè souna la deliéuranço
Quand li soudard mutin regagnèron soun camp
Pèr bandi lou barbare
impie. E quatecant

Sus lou vas de la noblo e valènto chatouno
Lou César esmougu vai
pausa la courouno
De trelusènt lausié que lou Sénat rouman
lé mandé pèr simbèu d'un
règne triounilant,
Dóu tèms qu'à soun entour la floto tout entiero
Dis estendard, dis
aiglo e di richi bandiero
Se clino lentamen davans lou cros
beni,
E que souto li fau treva dóu souveni
Di jour qu'an precedi la

S'emplano

pas e

un

la vitòri

long fremin de calamo

e

de

glòri.,

��—

LA

Ó24

FESTO

—

DEI

MAI
of|

Avèn
nouvello
dous Jos
La

planta lou Mai, aquest an, à l'oustau de nosto
Rèino, Mllo Peyroche, prouclamado à l'a camp
Flouraus dei 27 d'abrièu.

gènto soubeirano, qu'ounouro tóutos las Muscs,
sus la liro o lou vióuloun coume
a reialamen reçaupus
embé toute

qu' ei sènso egalo
sus la paleto
nous
e

,

soun

,

amablo famiho.

Ei noum de l'Escolo Sant Ubert lou cabiscòu ié
vetè bon règne :

sou-

Rèino, acò's pèr vous saluda
Qu'en aquèi jour avèn quita
Noste Puei pèr Malatéverno
E que venèn planta lou Mai
Qu'anuei se planto plus jamai
En nosto terro trop mouderno.
Sian vengus dins voste v lage'
Pèr vous ié crida : Bon reinage

!

Reinage gai e benurous.
Reinage daura d'esperanço,
De bè soulèi e d'alegranço,
D'estrambord poulit e jouions.
Aquèi reinage nous agrado
Car dins nosto felibrejado
Adurés voste parla clar,
Lou parla de noste terraire
Que voulèn jamai leissa caire
Mai bèn garda vièu e gaiard.
Anuei, à la Rèino jouineto

Que pèr scètre a la coulougneto
E pèr empèri lou Vêlai
Souvetan bon
En

A l'aubo dei
La

novo

règne de fado

aquesto bello journado

Rèino

gènt

mes

de Mai.

respoundeguè pèr

un

poulit sounet

Renouvaires ardènts, vous que la fe ranimo,
Vous mande moun salut, aqueste jour de Mai,
Felibres valeirous qu'en l'aubo de la primo
Me fasès Rèino dei Vêlai.
Merci d'aquel ounour! En retour, dins ma rimo
Troubarés mous souvets de bonur sènso esmais
Pèr qu'un soulèi clarihe en la plus nauto cimo
E vous enfioque de sous rais !

Que joio e benuranço en voste oustau flourije !
Que pertout e toujours la chansoun restountije,
Anuei, coume aièr e demô !
E que, d'un meme eslan, chasque cuer bate e vibre
Pèr qu'un meme estrambord unije lous felibres
Coume lous cinq digts de la mo !

:

�695

—

UOU

TÈMPLK

—

IV APOULOUN

A

S'es escri de ehausos e de chausos
legendàri de noste rouchas de Pagna.

sus

PAGNA

lou santuàri

Un doucumen de
1759, counserva à Ja Bibliouteco
Naciounalo e qu'encaro es jamai esta
publica nous
beilo sus aquèi « tèmple
d'Apouloun » de rensignainens precious.
Acô's uno noto escricho de la mo de
'Dom Vaissette dins lou manescri de Ja «
Couleicioun
de Lengadò, tome xvi, folio
153.
,

Sian

urous

,

de lou reproudurre eici

DESCRIPTION

qui

se

DU

TEMPLE

:

D'APOLLON

voit dans l'ancien château de Polignac,

situé dans le

Velay, près de la

ville du

Puy.

L'ancien château de Polignac est bâti sur un vaste
rocher, consacré à Apollon longtemps avant
que la religion chrétienne eût été portée dans les Gau¬
les. Ce fait est prouvé
par les histoires les plus ancien¬
et haut

des provinces
d'Auvergne, de Bourgogne, de Lyon,
celle du pays de Velay, où ce château est situé.

nes

et par

On y

voit le temple d'Apollon, qui subsiste
aujourd'hui en son entier.
Ce monument
a

pieds 8
largeur.

23

de

,

qui est de la plus haute antiquité
de longueur sur 15 pieds 3 pouces
,

pouces

Il est éclairé par
a

trois fenêtres dont la plus grande

cinq pieds de hauteur

que

encore

,

et les deux autres n'en

ont

trois et demi.

On

s'étendra pas à décrire la voûte souterraine
dessous de ce temple et qui en occupe tou¬
te la longueur et toute la
largeur. C'étoit le lieu où la
Divinité annonçoit ses oracles.
ne

qui est

au

Là il subsiste

quel

encore un

se mettoit le

massif de bâtiment

sur

le¬

trépied sacré.

Ce massif de bâtiment est rond. II a
sept pieds de
,
et, au milieu, est une ouverture quarrée sur la¬

tour

quelle

se

mettoit le trépied.

�-

6*6

—

Le temple est orné de peintures à fresques de là
plus haute antiquité, ET TOUTES ALLÉGORIQUES
A LA DIVINITÉ QU' ON VENAIT Y ADORER.
C'est le Roy Midas, avec ces mots : REX AS1NUS,
jugement entre le dieu Pari et Apollon, le Minotaure, les douze figures du Zodiaque, dont quelques-runes
subsistent encore en entier. On y voit, dans les frises
et dans les cartouches, des
serpents, des corbeaux, des
loups, des cerfs tous animaux dédiés au même dieu
par les Anciens.

le

,

On y voit aussi des batailles des sièges de villes ,
des figures d'hommes extraordinaires
Tout cela demanderoit une dissertation particulière, dahs laquelle
les curieux trouveroient de quoi contenter leur
gcût.
,

.

L'Idole, qui n'est plus dans le temple, et qui devroit

être à couvert et n' être pas exposée aux injures de
l'air et aux .insultes d ' un peuple
grossier , est d'une

pierre blanche, elle a quatre pieds de largeur sur trois
et demi de hauteur, d'une forme à peu près ovale.
Il paroit qu'elle a été dorée. Gruter , qui dans son
recueil des «Inscriptions Romaines» a voulu nous en
donner une idée l'a faite dessigner avec des rayons,
,

qui n'est

conforme à la vérité. C'est une che¬
velure épaisse et qui paroit merne avoir été, dans les
premiers temps, travaillée avec assez de soin.
ce

pas

Les cors antiques, dont l'un est d'ivoire, et qu'il y a
lieu de croire avoir servi pour appeler les peuples au

sacrifice,sont

encore dans le temple et sont
l'attention des curieux.

dignes de

C'est à 1' érudition et au goût qu' a pour les belleslettres M. Bellidentis, écuyer et seigneur de Bains, que
nous sommes redevables de la connoissance et de la

description de cet ancien monument.

D'aquélos pinturos noste coumpatriote Cbabron dé¬
jà 'n aviò parla, dei tèms de Louis XIV, e noste counfraire M. Rouchon quauque jour n'en vai estampa de
bellos pajos. N'en gardaren eici qu'uno chauso:la plaço de chasco pinturo.
Pan e Apouloun èron tout en aut de la proumèiro
vóuto, dei coustat dei Meijour. Midas, qu'à miés ama
lou chant de Pan qu'aquèi d'Apouloun
i'aviò gagna
sas aurihos d'ase, èro tout à coustat, dins lou
segound
carrèu dei coustat dei miejour. Dei meme coustat, e
tout contro la fenèstre
èren lous signes dei zoudiaque, e, sus lou Sagitàri, èro lou Grifoun « dins un cer¬
cle d'or. Sus la mémo vòuto e toujours contro la fenèstro, èro lou Labirinte dei Minotaure, qu' Icare deviò s'en envoula, pièi èstre puni pèr Apouloun-Soulèi.
,

,

�627

—

RENOUVELAMEN
DOUS

JOS

—

BURÉU

DE1

FLOURAUS

DEI

L'ACADÈMI

DE

PUEI

-

SANÏO

-

MARIO

Lous lauréats dous Jos Flouraus dei Puei se souri acampas à
Chaussoun, lou 18 de jun, pèr ié renouvela Jou Burèu, coume s'es
toujours fa de cinq en cinq ans.
Lou

dous

meme jour es estado arrestado
la tiero dous Mantenèires
Jos Flouraus, coume se fai à chasco eleicioun de Burèu.

Ei
caro

noums

jougne

qu'avèn dounas dins noste darrié

numéro

chau

en-

;

Baroun d'Anthouard, menistre plenipouttnciàri de Franço.
Abat Enri Brémond, de l'Academio Franceso.
R. P. Andréu Brémond, S. J. autour de « La Piété Grecque » .
Mllo Elisabeth Borione, pouèto, lauréat dous Jos Flouraus dei Puei.
Paul Oddes de la Valette de Villeverte.
Marcellin Peyvel, direitour de l'usino à pas de St Chamound.
Ferdinand de Romieu, ancian ajoun ei C onse de Pradello.
Mmo Ferdinand de Romieu.
Renat Soyer, chansounié, lauréat dous Jos Flouraus.

[an Tbeillère, dentelaire.
Mmo Vachey de Mourgues, Rtino dous felitres
Nourbert de Veron de la Combe, mèstre es Jos
Andréu de Veyrac, estudiant.

de Vêlai en j914.
Flouraus.

Jaque de Veyrac, secretàri de S. A. R. Don [aime de Ecuibcun.
Roubert de Veyrac, escultour, escoulan de l'Eicolo dcus Bèus-Arts.

A l'unanimita lou Burèu

Président

Vice-presidènts

:

:

es

esta refourma

Clavaire

:
:

acù

:

Boudon-Lashermes.

Abat Oddes
Dóutour

Secretàri

coume

Louis
Lucian

Boncompain.

Peyroche
Vailhorgues.

Avans la taulejado , fuguèron présentas lous 6 voulûmes manuscris de l'istouèro dgus Jos Flouraus dei Puei-Santo-Mario, que
lous dous proumiés an uno prefàci de F Abat Brémond e de soun
fraire Andréu.

�—

PLUS

6a8

FORTS

—

QUE

MISTRAL

Chasque cop que fasès quicon de btu, sias counxpèr tout lou mounde. Se, d'asard, vosto obro lai
mirando, tout lou mounde n'en vòu prendre la direibatu

cioun

e

la vira de

soun

coustat.

Lou vesèn
tral lou

pèr lou felibrige velaien couine Mis¬
veguè pèr l'ourtougiàfi de la lengo.

Se lou Mèstre èro pas vengu , pèr sauva la lengo.
ié douna sa formo mouderno e sa grafio tant simplo
e lindo e claro,
degun parlarié, vuei , cie l'ourtcugràfi

prouvençalo.
vòu parèisse

Mai lou Maianen faguè fiôri, e chascun
fort que l'autour de Mirèio.

pu

Avien pas apeita sa mort ptr ié faire adeja la leiDins mas archives de l'Escolo Si nt Ul trl ai u-

eoun.

letro que me mandé Mistral, lou 17 de mars 1913,
pèr me coumplimenta d'aver chausi , pèr mous pouèmos e
moun Escolo
la gralio maianer.co e Jeu biais
no

felibren.
« Es un signe, disiò, que Dieu es emé nous-autre!
Acò vèn bèu d'à poun , au inoumen qu'à Beziés discutisson l'ourtougràfi prouvençalo! »

Vuei, Brunoun Durand

es

quasi trata de retardié

ço que dins sa gramatico precouniso la grafio mistralenco. Acò noun empacharò qu'encaro la precounisaren dins la gramatico velaienco qu'anan estampa.

pèr

N'en chau pas counclure que voulèn pas aceta de
perfeciounamens légitimés à l'ourtougràfi felibrenco,
pèr ié permetre de s'ajusta à chasque dialeite miejournau
Lou librounet qu'edifo vuei lou majourau Sarrieu nous semblo mai que ton e mai que sàvi en tant
espinouso questioun.
.

dis tant judiciousamen de 1' ourtougràfi unico pèr toutes lous dialeites , e dous biais di¬
vers de la prounouncia ,
tout acò l'ensignan despièi
quinge ans à L'Escolo Sant Ubert, e !' avèn estampa
dins lou proumié numéro de nosto Crounico.
Tout ço que

Tambèn de tout

cor

aprouvan ço que

dis vuei lou

majourau.
A. Boudon-Lashennes

��LOU

DESPART

PÉR

LA

GUERRO

Avian sacat lou fe; la meissou
s'avançava.
Tout lou mounde èra aus
champs e l'obra menaçava
Quand, lou sates ei sèr e lou proumié d'avoust,
Ausiguèron souna lbu clairoun, las componas
De Saugos ei 'ssinjau, dei Puei
jusqu'à Craponas :
Cò'èra lou « Gardo à vous !

En tout trabailhadour lous carrèus

Levant lou

s'arrestèran,

l'èr, las fennas escoutèran :
«Que diable sarò 'cò ? I'o bè quicon de nôu. &gt;/
Mai deja de pertout cridavan lous
gendarmas:
« Lous Prussians soun eici !
tóutes prenès las armas
Que la França vous vòu ! »
nas en

Guilhaume vôu régna subre touta la terra !
« Poudian bè tant vanta
que i'auriò

-

pu

»

de

guerra
nostas voues ! »

Tornan lous députais demonda
Dision lous païsons
Mai lou jour davalava,
Dous serres e dei cèu la granda oumbra
toumbava,
Nèira coume lous boues.

Chascun rintret
Pas un uei
A pena lou

se

vas se.

sarret

aus

Que la nuei fuguet lonja !
nisaus de la gronja....

soulèi esclairet lou mati

Que lou mounde partion pèr la proumèira Messa,
E lous vueis

en purant lur fasion la
Que chaudrio bièn pati.

proumessa

Lou curât iè

diguet : « Vous baile una medaia
garantirót ei mèi de la mitraia.
Courage, mous effants ! Chau avèr lou vainquèr !
Prenès un pau de pô, de lard, e 'na bouteilba,
E partès en chantant, lou chapel à l'aureiJha
Que

vous

Pèr

vous

douna de l'èr.

En arribant ei Puei mountas à Nostra-Dama,
Li recoumandarés voste corps e vosta ama,
Alumarés un cierge ei pèd de soun autar
E pièi davalarés, chascun en sa caserna.
Embludesias jamai que lou Bon Dieu gouverna
E siachés bons soudards !

«

De moubilisacioun l'aficha èra apejada
A la pouita dei jour coume un drap de bujada.
Dous drapèus enlaças moustrant lur coplicot.

Toujours aquelas vias fan pavour ei vilage
Mai tann'es aus Francis, quand an repres courage,
La mort

coume un

fricot.

!

�—

e^i

—

Deja ragaillardis, lous paires de familla
Embrassan lous effants; chasque garçou,sa mia;
Las fermas en plourant garnissan lou sachou,
Et quand l'ail bièn remplit chauchan la poutounada
A lur ome, pèr qu'en sa rouja proumenada
Pense à lur meinajou.

De toutes lous chamins, de Briva, de

Taulha,
D'Espàvi, de Sant Just, de Louda, de Pagna,
L'on vesiòt arriba de pertout lous soudards.
Lou Puei fuguet lèu pie coume una fermigeira.
S'en anéran couija subre un lei de fougeira
E 'speita lous de,sparts.
L'endemò, toutes nòus abihats de garança,
Partien lous regimens pèr defèndre la Fiança.
Vèse enca s'eibranla la fourèst dous lu sis
Et lous souliers ferrats rasclavan la calada
Coume una roda en fioc emb'una davalada.
Pertout lou fer lusis.
Ëi cèu tout ab un cop resounet lou trounouire
Pèr ço que lou Bon Dieu decidava d'escouire.
Lous ornes à la fi l'avien eisaspera.
Lou cregnien gaire mai qu'una piurida idola,
Tratant sa religioun de veilla faribola,
S'en moucavan pera.
Tout lou mounde sentiôt que l'aura èra chanjada
lit qu'acò'èra à soun tour de mena la bujada.

Meichants,

que

voulets fa de la terra

un

charnier,

Pouirrets tout taire tua ! mai dins ehasca bataia
Lou Bon Diéu triarôt lou froument de la paia
Pèr rempli soun granier.
«

Partets, braves effants, defendels bièn la França.

Subre voste drapèu l'auctu de l'esperança
Ot nichât, m'es avis. Escrasats l'enemi.

Sougnats un darriè cop la Vierge de
Pièi lou pistou dei trin finet dins sa
Et brulet lou chami.

Courneilla !
bareilla

//

Dous Francés, dous Prussians las doas grandes aimadas
S'atacan coume fan doas boi
as afrounladas.
'
Tout regiscla d'eilius, pertout un brut d'infèr.
Lous bèus canouns d'acier poulis coume de reillas,
Lous grapauds, lous mourtiers gros coume de bareillas
Escrachan fiòc e fèr.

Se passet quauques jours bièn pesants pèr las maires
Que souvènt pèr ploura s'escoundien dins lous caires.
Sabien que lous soudards se batien' mai pas mai.
Et beicop avien vist la pleuia de ferraia
Que boumis lou canoun. Sejats pèr la mitraia
N'en revendrien

jamai !

Chanounge Badiou

�—

632

—

ESSINJAU

Au pèd de soun chatè bati sus lou rouchier,
D'àutrîs cops, Essinjau, en sas cledos de pèiros
Ou sas meisous sarras, sas istritos charreiros,
Semblavo uno parjado arrande soun bargier.

Lou par s'is iversa. Coume berbezinèiro
Que s'avido pertout, sèns cregne lou dangier
La villo s'icavertso, arrapo Mountbarnier,
Se pauso dins Poumpet et bagno en sa ribeiro.

Gis de brut, la semano : auvé mas lous carrés
Ount fennos ou ious digs fant vira ious fusès.
Lou jòu, que de trafi. En proucessiou davalo

Lou mountagnier qu'adus soun vedès e sous jais
Lou vèpre, quand soulè darriér Eymo se jais
S'atubant sous chalès, lusènts coume d'estialos.

Dóutour

A

NOSTES

Boncompain

ABOUNAS

Rapelare à quauques abounas en retard que
l'abounamen à la Crounico ei de 8 francs e que saran
bien braves de nous lei manda quand lou pourren fai¬
re.

�—

LETRO
A

DE

LA

SOUN

'&gt;33

•-

ROUSETO
FRINGAIRE

DE

MOUNÏUSCLAT

LOU

SOUDARD

Moun char fringaire, l'autre
Ta petioto Rouseto
Ero mountado faire un tour
Amount vés la Pradeto
Pèr culi de genèst en flour
E de margarideto.

jour

Ié rescountrè 'no soucieta

Que jougué de cantico
E que fasiò chanta
'No besougno de mecanico
Virant de tout coustat
Souto un entounoueir à musico.
Coume aprouchave douçamen
Pèr vèire marcha l'instrumen

Quaucun

me

prenguè vitamen,

Disènt : «Zòu! rintras dins l'oustau !
Dansarés la bourrèio un pau !
Mountrarés pereila
Coume se viro à Mountusclat.

M'aduguè just ei bèu mitan,

Aviéu un pau vergougno
Davans de chato de vint an
Boufant dins de besougno,
De drôle qu'avien begu tant

Qu'avien roujo la trougno.
Chascun cridavo mai que mai
E fasiò de tempèsto,
De brut e de varai
A n'en faire perdre la tèsto.

Jamai, jamai, jamai
Aviéu vist tant jouiouso festo !
Tambèn coume fiho e drouloun
Avien l'èr d'èstre bon garçoun,
Gai cambarado e bièn gentoun
En ai bièn vira quàuqui tour
Embé bon pas e bello ardour,
E lou mounde,à coustat,
Me guinchavo, forço espanta.

�—

634

Me beilèron de bon vin blanc

Rempli de limounado,
Sucra, moussous e peteillant
Coume de petarado,
E m'en dounèron tant

e

tant

Qu'en avièu la virado !
Pièi prenguèron sei mirlitoun
Pèr faire de plus bello
Un varai de demoun,
Chantant à pleno gargamello....

Quitère la meisoun,
Sentènt vira

ma

coucourello.

E lou cervèu tout treboula
Ai bèn vougu redavala
Pèr m'entourna vés Mountusclat,
Mai me prenguère à soumiha
E sèns poudé me reviha

Restère jusqu'ei jour
Lou nas dins l'erbo e dins lei flour.

E vaqui coume, l'autre jour
Ta petioto Rouseto
E1-0 mountado faire un tour
Amount vés la Pradeto
Pèr culi de genèst en flour
E de margarideto.

A. Boudon-Lashermes

��TOURISTES

,

COUREZ

OU

-

VOUS ?

Qu'allez-vous demander à la Suisse, touristes ?
N'avons-nous pas ici ce qui vous fait courir ?
Voyez ! Perçant la nùe où l'azur vient mourir
Les Titans sont venus, armés de leurs balistes,
Entasser à

nouveau

Pélion

sur

Ossa.

Quel est donc le géant qui tous vous cabossa,
O monts découronnés qui fûtes des cratères ?
Dans le bleu de

Depuis mille

vos

ans

lacs

se

perchés

Comme sont les entants

mirent les châteaux

sur

aux

le crêt des coteaux
de leurs mères.

genoux

Les dykes ont partout, aussi droits que des i ,
De cette terre en feu cote à cote surgi
Tels que des pains de sucre épandus pêle-mêle,
Et ces dykes, soudés aux granits rougeoyants,

Paraissent,

au

coucher du soleil, flamboyants,
qu'une chandelle.

Chacun d'eux s'allumant ainsi

Notre

bêtise, hélas ! sera-t-elle éternelle ?
Faut-il, pour qu'il soit beau, qu'un site soit au loin ?
Combien pourraient venir qui restent dans leur coin
Et s'en vont t'ignorant, o mon pays vellave !
Que ceux-là soient pleurés qui meurent sans te voir
Et n'ont pas admiré, lorsque tombe le soir,
Le soleil embrasant tes pics, tes sucs, ta lave,
Notre Velay, toujours pimpant en son enclave !

Victor de

Mijolla

�•4 637

—

MARÏDAGE

FELIBREN

En Issinjau, Moussu l'abat Oddes, curât de BèuSoulèu , a benesi lou maridage de M. Testud , telibre
dei Puei, e de Mllo Rey, felibresso Issingelèso.
A tóutidous , la Crounico es urouso
meiours souvets de bonur.

d'óufri

sous

Sian

toujours countènts de vèire se perpétua la
adeja trop raro dous pouètes amai óublidan pas que lou nòvi es un bon pouèto
lauteat de
nostes Jos Flouraus de l'an darrié, e poudèn pas miés
faire en 1' ounour de souu maridage que de douna
dins nosto Crounico lous poulits vers que faguè pèr

lignado

,

,

,

,

,

,

la vilo dei Puei.

OUMAGE

A

LA

VILO

DEI

PUEI

En d'aquèi jour de festo et de Ja Santo Esteilho,
Vène, vilo dei Puei, t'apourta'moun salut,
Dire coume siés gènto et mounstra tei merveilho,
Vène te far counèisse, amai chante pèr tu.

Te vèse, moun païs, entoura de mountogrlo
Em tous oustaus bastis en forme d sclua ié,
Sèmbes ageinouiat ous pèds de la èbicVno
Coume lous pelerin, lou jour dei TubiH.
••

Toun grand rouchié d'Aguïo em sa :■
A coustat de la Vierge es plonta
r
En lançant vés lou ciau sa flecho

Que beicop de rouchié jalouson

/

chapello

o
r

r
&lt;:

bello

�Coume d'autres païs soun

jalons de la Vierge
Que faguè dîns lou tèms, amâi encaro anuei,
Courre lous estrangié pèr passa lur eiverge
De veni i'adoura Nosto-Damo dei Puei,

E quand passan eilai, à travers tas charréiro,
Sougna lei gènto pouit dount tous oustau soun pie,
D'un cop nous arrestan pèr ausi las prieiros
De las fenno ei couvige embé lur chapelet.

Aiar, vilo dei Puei, iéu te vène apourta
Ei noum de tous effonts nosto recouneissanço,
Te dire 'encaro un cop nosto fidelita,
Noste amour dei païs em aquèi de la Franço.

Et vous, effonts dei Puei, que vivès d'esperanço
Perdu dins quauque cair, belèu à l'estrangié,
Pèr vous rescounfourta gardas toujours counfianço,
Souventas-voue dei Puei et de sous trei rouchié!

Claudius Testud

Lom. 3«lie

j

Eyraui d'in Vit.

�—

A

NOSTO

639

RÈINO

DE

VELAI

QUE TANT BÈN NOUS A REÇAUPUS

Rèino, dins voste gènt oustau
Qu'escound sa porto ei cros dei
Dintre las prados dei vilage,

vau

Nous avès tant bèn reçaupus

Qu'anuei nous-autres poudèn plus
Que vous n'en veni rendre oumage !

Pèr un « Reinage » plen d'entrin
Nous avès óufert un festin
De rèi !.... coume ei tèms de las fados
Se n'en fasiò-t-ei chastè-fort
Ounte las Bellos pèr un sort
Eron cent ans ensoumihados !

Lèu vous n'en cride grand merci î
Que n'en siéu tout estabousi
E me n'en lipe las babinos !....
Avès un acuiènt cubert
En un valoun gentamen verd,
Dins la pu bello dei ravinos !....

E lous ostes de la meisoun,
Vous lou dise, lous ostes soun

Forço amistous !

E pèr acò

Salude la Rèino e sa maire,
Amai lou Mèstre, bon troubaire,
E soun einat dei meme cop.

Un invita

�6lfG
—

--

-

LOU

c:c

LIGNOU

Davalis dóu Mezin.Dins Lèiro vai meri.
Mas fas tant de dutours, cragnis tant las

drisseiros

Que, d'en aut, lou mioulard

que gaito lous pougis
Crèi vèire de voulaus ateiras pèr las pèiros.

Coume

grosso serp que dert sous la brueiro
au soulè dins un lei bian garni
Ount l'auro ni lou frid ne te podon sasi.
En toun aigo souvènt se sogno la bargeiro.
uno

T'agroumis

Lous peissous dins tous gourgs se segon en troupè,
Lou felibre coumpren tas chansous en patouè,
Botis uno centuro à tous chastès si fièrs,

Te fachis quauques cops, et toun

Qu'itcumo de coulèro

e

aigo prigoundo

coulo à pleno boundo

Va mourlha lous rouchiers de

sa

rillo de fer.

Dóutour

UN

EX-VOTO

DE

GUIDO

Boncompain

FRANCISCUS

La glèiso de Sant Laurent dei Puei a de Guido
Franciscus uno bello pinturo que (ai 1' admiracioun
dous artistos. Acò's un ex-vo1o de Madamo de Coubladour à Sant Hiacinto; sian urous de n'en reproudurre dins aquèi numéro un poulit dessin fa pèr l'a¬
mi Roubert de Veyrac, amai un dessin de l'Oustau
de Coubladour pèr noste ami lou vicoumte de Vaux
e 'no
gènto pouësio de Madamisello Magnin , d'Aurec, uno de las inoumbrablos rèire-petitos-fihos que
lous Coubladour leissèron dins lou Vêlai.

�LOU

CABAS

PERFUMA

Chansouneto

-

souveni

En quitant la taulejado
Très felibres en balado
Se soun troubas
Près d'un cabas

Que sentió la vióuleto,
Ah ! Ah !

Que sentiò la vióuleto.

Eou proumié diguè : « 'No chato
Pèr chanta quauquo cantato
A depausa

'Quèi pitiot sa
Qu'embaumo la vióuleto,
Ah ! Ah !

Qu'embaumo la vióuleto. »

Eou segound faguè, plus sage :
«Lou chau bada sèns tapage,
Se ié veira

Quicon qu'aura
Fino óudour de vióuleto,
Ah ! Ah !
Fino óudour de vióuleto. »

E l'autre diguè : «
l'a quicon dins la

Maseto !

saqueto
Que fai cli-cla
Apereila :
Fai de brut, la vióuleto !
Ah ! Ah !
Fai de brut, la

vióuleto !

�—

642

—

Quand fuguè desbadarnado
La sacocho festounado
Lous fourcenas
Bouton lou nas
Dins lou cabassoun à vióuleto,

Ah ! Ah !
Dins lou cabassoun à vióuleto !

Se ié troubè 'no floucado
De póudro bèn perfumado

Vela, vela
Pèr què lou sa
Flouravo la vióuleto,
Ah ! Ah !
Flouravo la vióuleto.

MOURALITA

A Na Mario-Roso de

Mourgues

Fiheto, quand anas faire
Quauque jo pèr vous distraire,
Leissas dounc pas
Voste cabas
Se sènt bon la vióuleto,
Ah ! Ah !
Se sènt bon la vióuleto.

A. Boudon-Lashermes

��—

644

—

LITANIES

A

MADAME

DE

COUBLADOUR

Dame de missel et

d'image

Que suit toujours un jeune page,
O Madame de Coubladour
Notre chère et commune aïeule
Et non commune assurément,

Voyez comme ce temps est veule !....
pitié vos pauvres descendants !

Et prenez en

A genoux dans votre chapelle
Vous priez pour quelque infidèle,
O Madame de Coubladour
Aux yeux doux, à l'âme sereine,
Bonne à tous, chez qui l'indigent
S'en vient faire bercer sa peine
Chère Dame, Dame d'Amour,

Regardez, prosternes, les derniers troubadours

!

Prenez en pitié votre race !
Elle veut suivre votre trace,
O Madame de Coubladour !....

Je voudrais dans votre peinture
Pouvoir entendre le murmure
De vos « Ave » , de vos désirs—
Daignez de nous vous souvenir !
Vers vous, en paradis, nous lançons nos

soupirs !

Grande, illustre et sainte grand-mère,
Sourire exquis, mais cœur austère,
O Madame de Coubladour,
Votre logis est en dentelle,
Tout est sculpture, arceaux charmants,

��î™,

^45

Tout est

féerique et ravissant,
Enluminé,,... poème en pierre,

Mais
Ne réservant

vous êtes simple d'atours,
qu'à Dieu brocarts munificents.

Près de Saint Hyacinthe, à l'église,
Portez l'antienne, et dites-lui
Avant que le beau jour ait lui
De vous rejoindre en ses parvis,
Dites-lui que la terre est grise !...

Ici, plus de noble splendeur !
Plus d'idéal ! Plus de grandeur !...
Oh ! qu'il suscite encor quelque vaste entreprise

Car pour lui nulle lourde charge
Ne fut pesante.... Bras hardis,
Cœur plus encor.que les bras, large
O Madame de Coubladour,
Notre âme n'est pas étonnée
De vous voir choisir un patron
Idoine à votre destinée,
Si plein d'amour de Dieu, si bon,

!...

—

Transportant
Loin du

comme un

Barbare,

jeu l'ostensoir et Mar
Polognie !...

en

De Coubladour o douce Dame
Venez ranimer notre flamme
Avec le saint dominicain !

Je

vous fais cette litanie,
O grand-mère !
Je vous en prie,
Les innombrables pèlerins
Vos descendants, prosternés contre terre
Ne savent que crier misère !
Exaucez leurs accents ! Regardez leur amour,
O Madame de Coubladour !

Elisabeth

Magnin

�PÈR

LI

SET

TROUBAIRE

TOULOUSAN

Lou tèms a debana sièis siècle sus lou mou 11 de,
O troubaire, despièi qu'avès près lou rampau,
E voste noum demoro encaro egrègi e mounde
Au mitan dóu floucas que s'aubouro à cha pau.

Pereilalin, neblous, voste èime fai

m

irando

E vosto obro reviéu sèmpre jouino en sa flour,
Vosto obro que sourgis, meravihouso e grando
Dins soun resplendimen d'uianouso belour.

Lou revoulun dis âge a daia dins soun iro
Lis empèri, li prince e li trône ourgueious,
Mai dóu tèms qu'eiçavau tout, ai-las ! se treviro
Lou Gai Sabé resto regounfle e souleious !

Car nosto raço aura

sèmpre si gai cantaire
sèmpre nôsti vilo auran si troubadour....
Sian li fiéu di pouèto ! e dins nôsti terraire
Sèmpre li cor voudran serva li Lèi d'Amour
E

garrudo en soun gàubi de glòri
Qu'aurioulo d'esplendour lou trelus dóu passa,
La lengo d'or renais, e triounflo, e fai flôri
Inmourtalo

D'un

e

esbléugissamen qu'es

Pèr dessubre li lavo

e

pancaro amoussa.

li cresto raiolo

fiô noste cèu esclatant,
La Muso di bèu vers ié jitè sa taio'o,
Fièr drapèu qu'an segui li capoulu d'antan.
Qu'abraso de

soun

�Avié proun

pivela, passa-tèms, li grand mèstre
parla d'O qu'avès tant bèn garda !
Pièi, dintre un grèu varai de dòu e d'escauféstre,
Troubaire toulousan, vous venguè-t-enfada.
De noste

Soun chalun vous bressè de sa cansoun divino
E sa lindo clarour enfiouquè vèsti cor ;

Espandiguè subran dins la ciéuta moundino
Lou rite benesi dis eternau record.

E vuei, en espóussant li póudro de l'Istòri,
Nautre, vòsti felen noublamen embranda,
De vosto obro de Dieu saludan la memòri
Dins un pïous fremin de pople estrambourda.

A. Boudon-Lashermes

EN

ANANT

El

MOULIN

Quand Marioun vai ei moulin
sa coulougno de lin.
S'ajouco sus soun ase,

Fielo
A

l'ase, à l'ase, à l'ase !

S'ajouco

sus soun ase

Martin

E davalo ei moulin.

Lou mounié fasiò la meissoun,
lé diguè : « Bonjour, Marioun
Boutas aqui voste ase,
A l'ase, à l'ase, à l'ase !
Boutas aqui voste ase Martin
A coustat dei moulin.

!

�Dei tèms que lou moulin moulié
Marioun parlavo ei mouniè.
Lou loup manjè soun ase,
A l'ase, à l'ase, à l'ase !
Lou loup manjè soun ase Martin
Dins lou prat dei moulin.

«

Mounié,

moun paure ase es

manja

Coume tarai pèr m'entourna ?
Me chau querre un autre ase,
A l'ase, â l'ase, à l'ase !
Me chau querre un autre ase Martin

Que

me

mène ei moulin.

-«Ai trento escut sout moun peitrii
Prenès en des, leissas m'en vint.
Achatarés un ase,
A l'ase, à l'ase, à l'ase !

Achatarés

Que

un

vous

ase

Martin

mèno ei moulin.

Soun orne la vesènt veni
De rire poudiô pas teni.
« Es
pas aqui noste ase,
A l'ase, à l'ase, à l'ase !
Es pas aqui noste ase Martin

Que revèn dei moulin.

Noste ase avió lou péu lusènt
Las aurihos en rabatènt,
Auras près un autre ase,
A l'ase, à l'ase, à l'ase !
Auras près un autre ase Martin
En partent dei moulin.»

-

«

Sabes dounc pas, foutu

Que lous

bardèu,
chanjon de pèu !
qu'a fa noste ase,

ases

Có'ei ço
A l'ase, à l'ase, à l'ase !
Cò'ei ço qu'a fa noste ase Martin
En anant ei moulin.

Reculi

pér Silvan Lasherm

�650

—

ROCHOBAROUN

Quiha sus soun rouchas sóuvage
Que doumino tout, d'eilamount,
Lou vuei chastelas d'un autre âge
Bado entre la piano e lou mount.

A sous pèds, Bas en pas estalo
Sous oustaus centuras de flours
Davans la Lèiro que davalo
En flots de lusèntos coulours.

La

grando rouino soumihouso

Vèi courre la Lèiro à la mar,
Courre la foulo trabaiouso
A l'oubrage de touto part...:.

Courre lou trin dins la campagno
E l'avioun dins lou cial gris

Impassiblo

sus sa

Dous varais

se

mountagno

gausso e se ris

!...

Eugèni Gay

�LA

SANTO

-

ESTELLO

DE

BAS

-

EN

-

BASSET

Aquesto annado, festaren la Santo Estello à Ba s- e n -Ba s set, p èr
lou souveni de l'Abat Chambonnet, que fugué lou
precursour de nosto obro e partejè-t-embé Amat Giroun et 1' Abat
Meiller 1' ounour de sauva de 1' óublit nosto lengo velavo , pèr ié
permetre d'apeita lou revèi souna pèr Mistral en 1913.

ié

coumemoura

Dins lou

numéro

que

vèn dounaren lou

prougrame

entié de

festos, mai poudèn dire anuei que saran dignos d'aquélos que
jusqu'eici fuguèron tant bèn réussidos.
las

Lou

jour chausi ei lou dimenche

14

de setèmbre.

A 11 ouros
Messo felibrenco embé chants en Jenjo rostio ai¬
mai sermoun en dialeite velaien ; e la musico municipalo de Bas
ié vai faire ausi lous plus bèus de sous èrs.
,

A miejour, fourmacioun dei courtège pèr se
embé la musico. Taulejado santo-estelenco.

roun

Lou sèr , felibrejado , pièi vesito
e dicho de pouèmos en l'ounour

rendre à l'Oustau

de las rouinos cfe Rochobadei chastèu e de soun passa.

Acò's lou proumié cop que l'Escolo d'Issinjau se charjo d'ourganisa la Santo Estello, e sian btn certans que Jeu vai faire embé
tant d'œtrambord e d'entrin que la festo que nous alestis pèr lou
14 de setèmbre sara mai gènto encaro e mai artistico que tóutos
nostos festos passados.

lou sarô pèr toutes lous ourganisaires que vai
païs: Moussu de Vissaguet, Proumié Conse de Bas,
lou dóutour Ragonnet, que soun arribado en coustume à la Santo
Estello dei Pont de l'Encento aguè tant d'estrambord en 1921, nostes amis Hilàri e Jan Theillère, toujours lests à se dévoua de tout
cor pèr tout ço qu'es de l'amo e de la vido dei terraire e de la patrio, l'Escolo d'Issinjau pou que faire meraveiho.

Ajudado

coume

trouba dins lou

Lou dóutour Boncompain e M.Peyroche , que soun à la tèsto
de l'ourganisacioun, troubaran dins Bas de bèn crânes pouètos, e
faren pas à l'ami Peyvel l'injuro de pensa que vai resta dins soun

gaz

de Saut Chamound dei tèms qu'anaren toutes à Bas.

pas

coumpleto !

Lou dise sèns vergougno : sens

noste Marcellin la festo sario

�6&lt;j2

VIÈIO PASTOURELLO VELLAVO

Amount subre la Chalm dei Pin
I'aviò-t-uno pastouro

Que pèr lous rouchas
lé trevavo à touto

em soun

chin

ouro.

Mai l'auro a tant, de tout coustat,
Boufa sus lous ermas

Qu'un bèu jour a tout empourta
Sus un grand nivoulas.

Dins lou cèu blu, bèn aut, bèn
La gènto pastourello
S'es envoulado en un uiau
Liuen dous planas d'airello,

aut,

Leissant treva sus lous crestouns
Enca bagnas d'eigagno
Sas fèdos amai sous moutouns,
Soulets dins la mountagno.

Mai, long dous ermes e dous blats,
Pèr

garda sa parjado
D'anges dei cèu soun davalas
Dins la nuei argentado.

E,ié revènon cbasque sèr
Treva dins l'oumbro niouro
Em lou troupèu que sus lou chier
A leissa la pastouro.

Reculi

pèr Pèire Mialoun

��INQUIETUM
DONEC

EST

COR

REQUIESCAT

NOSTRUM

IN

TE

Enivrons-nous, mon cœur, de la tendresse vaine
Qui laisse âpre à la bouche un goût désenchanté.
Pressons le vin d'amour dans une coupe humaine.
Est-ce que rien, jamais, ne vous a contenté ?

Ah ! cette course encor vers le désert hanté
Par les gémissements d'autres âmes en
peine....
Ta plus verte oasis
la plus douce fontaine
Et.... vous reviendrez vite et comme

épouvanté

Qui t'a fait, triste
Le

rameau

Le leurre

se

aux

cœur,

si las et si farouche...!'

flétrit dans la main qui le touche...
mornes yeux met son pas dans mon

Demain, pareil à hier, s'enfoncera dans l'ombre
Chaque désir éteint fait la route plus sombre....
Mon cœur,

quand

serez-vous

détaché d'ici-bas ?

Elisabeth

Magnin

�—

6^5

—

MATIN

Déjà le jour naissant

a doré la montagne,
Au fond du val désert les champs dorment encor.
Le laboureur attend pour se mettre en
campagne
L'astre au sillage d'or.

Dans les bois verdissants l'oiselet

se

réveille

Remplissant les buissons de son clair gazouillis,
Dans le ravin profond le ruisseau s'émerveille
Ht chante doucement dans le fond de

son

lit.

Puis, petit à petit,'la lumière est plus blanche,
Le champ reprend sa vie et le bois ses chansons,
La rosée en perlant, très pâL à chaque branche
Sur un parterre herbeux coule en minces sillons.
,

Puis l'horizon rougit et bientôt se colore
Des premiers rayons d'or des beaux jours renaissants.
Le soleil apparaît, grandit, grandit encore,
Lentement s'achemine, et monte triomphant.

Le

jour réapparaît. Sorti de

sa

demeure,

Le laboureur vaillant retrace son sillon,
Les grands bœufs nonchalants
que le zéphir
Tirent le soc pointu, poussés par l'aiguillon.

effleure

A peine au crépuscule ils finiront leur tâche.
Qu'importe la fatigue et le soleil ardent!
Ils sauront travailler jusqu'au soir sans relâche
Et leur maître

sera

content.

Victor

Bellangreville

�SOYEZ

MAUDITS

î

Ils sont venus s'asseoir à mon foyer,
Et sous mes yeux, sur la foi d'un grimoire,
Ils ont saisi la croix et le collier

Depuis trente ans fermés en cette armoire.
Mes

pleurs n'ont pu sauver ce souvenir

me parlait de femmes disparues,
Mais ils m'ont dit qu'ils allaient revenir
Pour l'emporter dans leurs griffes crochues.

Qui

Soyez maudits, hommes de la chicane,

Vautours dont l'aire est un noir Tribunal !
Quand vous vendrez ma chaumière et mon âne
J'irai me pendre au fond du communal !

Ils m'ont tout pris : la table, le buffet,
Et ce fusil que me laissa mon père,

Approchez donc, oisillons qui venez

Sous la fenêtre endormir

ma

misère !

Fus-je pour vous si cruel, si méchant
Que les bandits qui vinrent de la ville
Pour m'enlever et mon âne et mon champ
Et la masure où je trouvais asile ?

Ce maigre champ nous donnait, chaque été,
A moi' du pain ; à mon âne, sa paille.
Un ruisseau clair en découle, argenté,
C'est là, tous deux, que nous faisions ripaille.

�—

f57

—

Je n'irai plus, au coucher du soleil,
épis dont l'or fut ma richesse.
Je n'irai plus vous voir, à son réveil,

Voir les
Sillons

qu'on vole à

ma pauvre

vieillesse.

Depuis quatre

ans, venus on ne sait d'où,
De noirs sorciers font choir ici la grêle.

Quand la moisson nous promettait beaucoup
L'orage vint, qui s'abattit sur elle.

Hélas! le fisc ignore nos malheurs,
Il veut de l'or, et c'est nous qu'il pressure.

Je

ne peux plus
Voilà pourquoi

lui porter mes sueurs,
il me prend ma masure !

ne veux pas, la besace
Loin du pays courir après

à la main.
l'aumône.
Quand ils viendront, sans doute est-ce demain,
Je me pendrai là-bas, Dieu me pardonne !

Je

Que sur leur tête il venge mon trépas
Puisque ce jour est pour eux jour de fête.
Je les attends
Entre

mes

; ils ne saisiront pas
mains la corde déjà prête.

Soyez maudits, hommes de la chicane,
Vautours dont l'aire

est un noir

Tribunal !

Quand vous vendrez ma chaumière et mon âne
J'irai me pendre au fond du communal !

Victor de

Mijolla

�BRAM

PÈR

LOU

PATOUÉ

Patoué de mous anchiens, patoué de moun païs,
Biliau chaudra meri. L'escolo et la pereiro,
Lous libres, lous journaus t'achabont sous ious cops.
Tous vieus moûts, tous imagis et toun èimo s'en vant.
Noun aud ta voues encaro : acò'ei mas de tranché
Macheira de patoué.

Et en broujant acò, en dedins, quauqua via
Me cachino lou cœur. Car iéu t'ame, patoué.
Au chabit dóu malaut, arrande lous bons vieus

Que te cougnissont bian, me gale de

t'auvi.

Musico à moun aurilho e mia pèr mas babinos
Ou qu gousier se bado et lengo viro mei
Et ta voues resplendis coume un brut de trounouire
Pèr lous champs et lous boues.

Et pèr que mous étants ne t'eichublont pera
Ai jarbeira tous moûts, ai inna tous
Ai iscouta toun èime. Ou tout acô, patoué,
Vau chanta moun païs. Car moun païs et tqu

imagis,

Pèr iéu set de bessous qu'ame tous dous parié,
Te beile aquelous chants, ount, coume de relicos
Ai bouta tous vieus moûts.

Dóutour

Boncompain

�%

�—

PÈR
EN

IÉ

UNO

66a

—

FEL1BRESSO
UNO

MANDANT

DE

VELAI

GRAMAIRE

Vous mande vuei un petiot libre
Ounte ei tout de long countengu
Tout ço que dièu saupre un felibre

Qu'à la sciènci ei pervengu.

L'aculirés dins l'oustalado
Embé respet e grand ounour.
N'en farés voste cambarado
Lou counsultarés chasque jour.

De la sorto vendrés sabènto
En bono e claro lengo d'O.
Poudrés chanta de chansoun
Sarés urouso coume acô.

gènto,

Quand faren de felibrejado,

De Santo-Estello o de councèrt
Embé lis àbi de parado

Qu'ei païsan beilon grand èr,

lé prendrés couifo gaio e bello,
Coutihoun de sedo brouda,
Gentounet fichu de dentello....
Pièi à Bas pourrés davala.

*

Jan de la Lunèiro

�—

LI

66i

—

PAN -COUDOUN

M'esperlingue, o cambarado !
Car Alan, sèmpre gentoan,
M'a pasta, de man astrado,
Un fièr gastèu de coudoun.
Pèr qu'aquéu se bèn fricasse
Lis a près moufle e poupu..,

Aquéu bougre de Charrasse
Veramen es un roumpu !
Dins chascun emé sa lamo
A fa 'n trau pèr ié bouta
De sucroun que sara J'amo

D'aquéu tourtoun tant vanta.

Pièi

a

roula dins la

pasto

Chasque fru devoutamen.
Saran plus vermei, mai basto !
Gagnaran au chanjamen.

Car au four, jouiouso troupo,
Se van counfi bèn plan-plan
Pèr regala de sa poupo
Lis ami de Mèstre Alan.

Jousè de Picardan

�LOU

MEIGA

O païs caboussa coume de darbounèiros,

Meiga vount lou darbou èro lou fiò d'infèr,
Itoublo ount lous plounjouns sount de rouchiers de fèr
Que pingont dins lous chias ount noun inno de pèiros

Te cha leissa dounda. Rocho, Saussa, Quirèiro
Ant basti lou chastè que pèr toujours se dert.
L'home trais de tous flancs las lausos dóu cubert
Escounduas dins tous cros, las meisous fant pranièiro.

Au plus naut de tous faus la iasso fai soun nis
Et las fias vant jita arrande tous sapis,

L'ivèr, la niou t'acasso

Vount la burlo

Mai, l'itiou, tous

en

ou soun

mióulant

lincho de mort

amasso

de

counièiros,

fant de bellos pouintos nèiros
Ount lou soulè pendolo uno medailho d'or.
sucs

Dóutour

Boncompain

��Alan Boudon-Lashermes es tout -urousfaire saupre l'espelido de sa sourreto, Marìo-Jóusèfo, arribado à Chaussoun lou
de

vous

ii

d'avoust 1924.

Vous counvido à veni , en coustume
ancian de Vêlai , à la festo de soun batisme

felibren, que sarò célébra lou dimenche 7 de
setèmbre à 3 ouros de vèspre,
à Chaussoun.

Na Mario-Roso de
Mourgues , ex-Rèino
dous felibres de Vêlai, e M. lou dóutour
Vachey an l'ounour de vous faire assaupre l'es¬

pelido de sa chatouno, Odilo, neissudo à Paragol lou 25 d'avoust 1924.

�—

664

—

En Pèire Bouteyre , clavaire 4e l'-Ëscolo dei Boumbardamen, a lou grand plesi de
vous faire
saupre soun maridage embé Na

Mario

Coffy.

En Louis H

Michard

,

de l'Escolo dei

Boumbardamen, a )'01:11 our de vous iaire sau¬
pre soun maridage cmbt Na Margarido Huchedé.

Pèr lous nôvis, toutes nostes vots de
bounur et
toutes nostes souvets de

longo vido

ouso, embé de drôle noumbrous
tihos !

e

urouso

e

joui-

de noumbrousos

�—

A

-

N

-

666

—.

BGUDON

ALAN

à l'óucasioun de la
de

sa sorre

LA5HERMES

neissènço

Mihoun-Fineto

Brave Alan, gramaci de toun flame assabé !
Vèses ? adeja siés un pouderous sambé,
Car t'an croumpa, ti gènt, uno gènto sourreto.

Que d'ur, de

gau,

de

pas

fague sèmpre si freto !

Aro te

prouvarai, se vos, « pèr A plus B »
Qu'aquesto devendra mestresso en Gai Sabé
Coume toun paire Albert, e, tau ta maire Aneto,
Bono, digno, poulido, amistouso e fineto.

Ansin

sara peréu de tu ; pos ié coumta :
Raço racejo. Ounourarés en verita
Toun Vêlai pintouresc e la Patrio entiero.

Car, nosto terro d'O coungreiant J'estrambord,
La valènço e l'esté, ta raço e tu d'abord
De si nòbli cepoun

Bèu-Mount
lou

iq

aloungarés la tiero.

d'Aurenjo,

d'Avoust 1934

Louis Charrasse
majourau dóu Felibrige

�—

A

MOUN

66 7

AMI ALBERT

pèr la neissènço de
MARIO

-

sa

BOUDON

chato

JOUSÈFO

Dins lou Reiaume de Chaussoun
Souto li flour, dins li poutoun, .
Uno princesso galantouno,
La pus agradivo chatouno,
Dins la lus a dubert lis iue.

E de bèn liuen, dins la calamo,
Gènto fa.leto e bèlli Damo,

Felibre, artisto

e

gènt de lèi,

An adu si presènt d'elèi
A la gènto Mihoun-Fineto.

Pèr

ma
part, voudriéu que lou sort
l'aduguèsse tout l'estrambord
Que se pàu agué dins la vido ;
Pièi que toujour siègue ravido
E que siavo siègon si niue.

Pèr tu, Albert, pèr toun Aneto,
Pèr toun Alan e sa sourreto,
Vosti dous poulits angeloun,
Te mande li meiour poutoun
De Bebert, d'Alan, de Berteto.

Bèu-Mount,
lou

20

d'avoust.

Alan Charrasse

Cabiscòu d'ounour
de St Ubert

�—

NA

MARÌO
PÈR
DE

SA

-

668

ROSO

DE

MOURGUES

V ESPELIDO
PETIOTO

ODILO

Pèr nosto Rèino d'antan
E per sa chatouno Odilo

Qu'espelis en nosto vilo
Claman, dansan e chantan !

Saludan l'enfant

poulido
Qu'en aquèi tant bèu moumen
Vèn de faire gentamen
Soun intrado dins la vido !

Fasèn de vot pèr l'enfant
Pèr que siègue graciouso.

Toujours gaio

e benurouso
Dins setanto cop set an !

Qu'un rai lusènt d'esperanço

lé beile entrin e santa !
E que rèn vengue gasta
Soun sort teissu d'alegranço

!

Pièi que l'estrambord enfin
Que bressé toujours sa maire
lé proudigue pèr ié plaire
Un jouious e clar destin !

A. Boudon-Lashermes
Cabiscôu de St Ubert

�—

PÈR

ALAN
à la

6é9

LASHERMES

BOUDON

neissènço de

MARIO

sa sorre

JOUSÈFO

-

Balin - balan !
Dóu Puei an souna li campano....
E lou cor di Boudon tresano !
Balin - balan !
Lou jouine Alan

Cambarelejo

e ris e canto :
A 'no sourreto. E qu'es galanto

Balin - balan !
A Chaussoun lou mounde es
Di Boudon s'alongo la gèsto.
Balin balan !
Dins soun brès blanc

en

!

festo....

-

Marìo-Jóusèfo soumiho

:

La bado touto la famibo !

Balin - balan !
Aco's uno espelido gaio...
L'oustau di Boudon es en aio.
Balin - balan !
Mi vot s'en van

S'apoundre à-n-aquelo alegrio.
Longo-mai, Jousèfo-Mario !

Marius

Jouveau

Capoulié dóu Felibrige

�—

6jo

MANDADIS
AU

JOUINE ALAN

BOUDON

LASHERMES

Uno sourreto ?... Benisqueto !....
Courae Dieu t'amo, moun enfant,
De te faire l'urous coumpan
D'uno poulido angelouneto !...

Uno jouvènto ?... O paire e maire !
Quunto dèu èstre vosto gau
De vèire voste gènt fougau
S'esgaieja de mai d'esclaire

E de sourrire bressadis !
Fiho e garçoun ? Bello causido !
Li Rèi n'an pas de pus poulido,
Se n'en cresèn ço que se dis.

Que Dieu astrugue la bressolo
Ounte espelis en aquéu jouiLa flour qu'a culi voste amour
Dins li jardin de vôsti colo

Souto li tribo d'en Chaussoun.
E longo-mai dins la cala m o
Diéu ensouleie vôstis amo

D'espèr

e

de benedicioun.

Louis Abric
Mèstre

en

Gai Sabé

�A

PÉR

L' AMI

SOUN

BOUTEYRE

MARIDAGE

Ei jour alègre e benesi
De toun gentounet maridage,
Ami Bouteyre, ai grand plesi
A te désira pèr partage

D'un cor bèn sincère e dévot
Tout lou bonur que se souveto

Quand pèr d'ami se fai de vot
Uno jarbo bèn bravouneto !

Que l'aveni pèr tóutidous
Sièje counstella d'alegranço !
Lou cièu toujours brihant e dous,
Lou sort toujours plen d'esperanço!

A. Boudon-Lashermes

�—-

LA

CHANSON

672

DE

MARIE

-

JOSÈPHE

C'est toujours même paysage,
La Vierge, les monts, le village
Mais tout me paraît plus nouveau

Rivage
Où vient aborder un berceau
Si beau !

C'est un
La voile

Et,

sur

esquif frêle et rapide,
pointe, tout humide,
la poupe, le portrait
en

Candide
D'une Dame au divin attrait,
Et c'est

C'est l'Estelle, douce patronne
Et l'emblème de la mignonne

Qui s'en vient régner

en ces

lieux...

Fleuronne
Mon

petit cœur de
Joyeux !

rose, aux yeux

Combien

jolie ! Et quel sourire
Qui tout conquiert, qui tout attire !
Je le voudrais, mais je ne peux
Ton rire

Décrire
au bruit mélodieux,
O Dieux !

Et déjà l'on peut voir les fées
Courant avec leurs coryphées

�—

673

~

Et les mains pleines de présents,
Coiffées
D'un beau rayon étincelant,
Vivant.

Ce rayon d'or sur ta figure
Se pose
Et j'entends le murmure
De tous les vœux que l'on te fait,

Je jure.
Mie ! écoute

encore un

Ligure

secret

:

Dieu t'a donnée en récompense.
C'est toi, la joie et l'espérance !....
Régnez, reinette, sur Chausson !
D'avance

Régnez !.... Nous, fêtons les Boudons !...
Chantons !....

Elisabeth

DARRIÈRO

Es escri

neissènços

e

Magtiin

OURO

qu'aquèi numéro sarò la Crounico dei
dous maridages !

Noste ami de Romieu , ancian ajoun de soun
cousin de Ribains à Pradello e mantenèire de nostes

Jos Flouraus despièi 1907, nous mando aquèi bi-

hetoun

:

Madamo e Moussu Ferdinand de Fomieu soun
de vous faire assaupre l'espelido de la petioto
Mario-Odilo, neissudo lou 21 d'avoust 1924.

urous

�L'AMI

FERDINAND

DE

ROMIEU

pèr la neissènço de sa chato
MARÌO ODILO
-

Pèr festa Mario-Odilo
Sus Pégaze siéu
mounta,
E Pegaze filo, filo,...

Que pode plus l'arresta !

M'enlevant d'un cop, moun
ègo
Pèr ei cièu prendre soun vôu

Sus lei cimos se
E varaio coume

boulego
un

fou.

Deja lou Puei dins la brumo
S'escound ei found de soun trau,
E

Pegaze, blanc d'escumo,

Franchis d'un bound coumbo

e vau.

Leissant peramount Pradello,
Lou Mezenc pièi lou
Meigau,
Dins uno courso nouvello
Sus Lioun passo moun chivau !

L'Ain parèis !.... Ié sian,
Pegaze!
Arresto, moun bel ami !
Me menariòs ei Caucase,
E n'en sariéu pas ravi!

Sant-Jan-lou-Vuei !.... Iéu davale.
Ohé ! boun-jour, Ferdinand !
Jusqu'eici, dei Puei, escale
«•

Pèr saluda toun enfant.

lé porte dins ma
besaço
Milo e milo douns divers...
Siéu uno fado,
«

bagasso !
Pièisqu'ambe pèr lous èrs!

Siéu uno Fado!.... A la
noço,
Ei batisme vau toujours.
Mai siéu pas la Carabosso!..
Porte de vers e de flours !

Pèr ta chato, en ma
museto,
Ai pourta souvets
gentouns.
Zóu ! qu'auboure ma bagueto
E que ié beile mei douns !

«

Odilo !

saras

poulido !

Auras cor, joio e santa !
Auras de flours plen ta vido

E

saras

gènto à

crouca

!

»

A. Boudon-Lashermes

�—

MOUN

675

AMI

—

ALBERT

BOUDON

pèr la neissènço de

sa

fiho

Albert, fasiés deja flòri

Dins ta bôri
Km' un crâne e fièr einat
E gramaciaves li

fado,
Cambarado
Dóu fiéu que t'avien douna.

Au

jour d'uei, urous coumpaire,
Siés lou paire
D'uno bello e gènto
enfant,
D'uno chato graciouso
E

jouiouso,

Digno

sourreto d'Alan.

Siés bèn na 'mé la
Se devino

crespino !

Qu'aqaéu couple d'enfantoun
Encaro

aura

de sourreto

Mignouneto

E de risèire freiroun !

T

"labatier

�—

A

676

MARIE

Je reviens à

—

-

JOSÈPHE

vous, ma

jolie,

Car je veux vous baiser encor
Avant de m'en aller, ma mie,
Ma gente mie aux cheveux d'or.

Et tout bas, tout bas,
Ne voulez-vous pas

Que je vous dise ma tendresse,
Que je forme des vœux pour vous ?
Tout doucement je vous caresse,
Petit Bijou ! Petit Bijou !

Sais-tu ce que je te souhaite ?
Dieu mette en ton cœur la bonté !
Et voilà ma seule requête,
A genoux, en ce soir d'été.

Aime ! Aime bien !
Le reste n'est rien.
L'amour est la Vie et l'Etoile
Le seul amour, c'est le bonheur !
Mets l'amour en vent dans ta voile
Et fais l'amour Roi dans ton cœur !

Elisabeth

Magnin

�LAS

FADOS

DEI

BRESSÈUS

En la piano verturouso,
Dins lou silloun dei pibous,

Qu'es la traino nivoulouso
Que se lèvo ei bord dei riou ?
Clarta roso, formos blanchos

Que soi'ton d'entre las branchos,
Voulant, sautejant en round !
Cô'es las fados qu'à la hato
S'en van festa d'uno chato
La neissènço peramount !
Car l'auro dins la pradello
Ieu n'a-t-adu la nouvello

Jusqu'en ieus rouchas proufounds !
E dins la coumbo
Dei très rouchiés
Coume uno troumbo
D'un pèd lougié
Mounton las fados
Em de risados !....
Ieu mantè blanc

Lavagnant l'erbo
Frolo la gerbo
En voulejant ;
£ dins ieu joio
Las flours de soio
En l'esplendour
De la mountagno,
De ieu eigagno
Sechon lous plours.
Tout en aut contro la draio
Ounte es l'oustau blanchintu,
Pèr lou trau de la saraio

Arribon jusqu'ei bressèu
Pièi, enroudant l'espelido,
L'uno ié fai : «Ma poulido,
Auras belour et béuta ! »
La

segoundo

: «

Saras sajo

Coume l'agnèu que pacajo
-« Iéu t'aduse la
bounta,

!

»

Respond l'autro, em ma brassado !
Adiéu, chatouno ounourado !
Talo

es

nostro voulounta !

E dins la lando
Peu s'entournant
Tóutos de bando
En davalant,
Couron las fados
Em ieu risados

Pèr lous prats verds
Et l'ermo sauro,
Batu pèr l'auro
Lou vèu se perd !
Formo blancheto,
Niaulo fouleto

Que la flour biou
pibos
Jousto las ribos,
Lou long dei riou.
Entre las

Louis

Peyroche

Vice-sendi de la

Mantenènço

�—

POUR

678~-

L' HEUREUSE

DE

MARIE

-

NAISSANCE

JOSÈPHE

Dans votre berceau de dentelles

Dormez, mignonne aux jolis yeux !
Que les visions les plus belles
Passent

en vos

rêves

joyeux !....

Or du Velay les nobles fées,
De bonnets tuyautés coiffées,
Sous les ombrages de Chausson,
Pendant son repos sont venues
Sans aucun bruit, mais très émues,
Combler de leurs dons le poupon.

L'une lui souhaite la richesse
Beaucoup en tirent vanité ;
Elle ne vaut que si l'on laisse

Large part à la charité.

Une autre estime encor mieux faire
En lui concédant la gaîté,
La fleur qui ne cesse de plaire

Quand

a

disparu la beauté.

Car la beauté passe très vite,
C'est même un don très vaporeux ;
Urgèle, je vous sollicite
Pour un choix plus avantageux !

Soit ! Faisons-lui, comme à son
Don d'une robuste santé.
Elle n'y perdra rien, j'espère.
On pourra l'en complimenter.

père,

�—

679

—

Telle,

que son bon cœur inspire,
Lui promit de lui dispenser
Le gai savoir, l'art de bien dire,

L'esprit, qu'on aime à dépenser.

Mais les quatre dernières
fées,
Vieilles et respectables sœurs,
En personnes bien avisées
Lui firent les dons les meilleurs ;

Lui transmirent donc la
sagesse
En y joignant l'humilité
Puis une bonté sans
faiblesse,
Et l'ornèrent de

piété.

Ces vertus attendent d'éclore
Dans son âme trop neuve
encore,
Mais elles germeront
toujours,
Avec le céleste secours.

Dans votre berceau de dentelles

Dormez, mignonne aux jolis yeux 1
Que les visions les plus belles
Passent en vos rêves
joyeux !....

Henri

MOUN

AMI

ALBERT

BOUDON

Albert, la Fourtuno t'amo
Tóuti li vot de toun
A peno soun fa d'un

Magnin

1

amo

cop
sort t'aclamo
E li coumplis coume acô !

Qu'adeja lou

Remercio ti diéu làri !
Li diéu làri tutelàri
Dóu Reiaume de Chaussoun,
Pièis que t'an douna lou
pari :
Uno fiho em'un garçoun
!
M. Pouchon

�A

MARIE

-

JOSÉPHE

Vous ne vous doutez pas, Mijo, ma douce reine,
O nouvelle Mijo, vous ne vous doutez pas

Que bientôt
Pour

vous

va

surgir, très gallo,très romaine,
perle des villas.

abriter mieux, la

Elle n'était

encor qu'une ombre, un vain
mirage
Qui se montre au couchant et s'écroule soudain
Et parfois j'en riais.... L'on riait.... Le vieux
âge
Est sans pitié parfois et se croit très malin.

Et

pourtant elle existe, elle

se

;

montre, et dresse

Dans un monde éveillé ses portiques vainqueurs
Où la foule des invités court et s'empresse :
Vous comptez vos sujets et vous comptez des cœurs

Ce ne sont que festons, ce ne sont qu'astragales,
Des frises, bas-reliefs, des ceris et des oiseaux;
Des fresques et des paons ornent toutes les salles,
Et les greniers, la grange, ont du blé par monceaux

Que belle est la villa ! Que grande, hospitalière !

Ses jardins sont ornés de fleurs de tous pays,
Et la fleur du Mezenc et la rose trémière,
Et la .volière des oiseaux du paradis.

Mais ce sont les repas, si longs, si délectables,
Tous ces gâteaux sortant du four, ces hydromels....
Les chansons du dessert, virelais tout aimables....
Un pèlerin survient, tout droit, de Compostel.

Là, tout est réuni, le celte, le ligure,
encoie inccnvertis....
Saint Georges n'est pas loin, pourtant ; et sa figure

Quelques païens peut-être,

Est celle d'un aïeul fêté par ses

petits.

�—

68i

~

Les dames ont hennins ou coiffes de dentelles,
On parle provençal, et notre langue d'oc
Retrouve enfin sa place et son rang, ses fidèles,
Dans la villa, tout est admis, hormis le toc.

Un artiste, un bon prêtre, un ami, un poète,
Un peintre
Mais peut-on, tout ensemble,

à la fois.,.?

Oui, oui, car Boussoulet vous le garde et le prête !
Alan, Mijo....seront instruits par cette voix.

Mais

dirai-je les chants ? conter.ai-je les fêtes ?

Les amis survenant, les vendanges, les jeux,
Le vin coulant à flot, les chasses, les conquêtes
Ou bien m'arrêtera i-je à temps, si je le peux ?

O très noble
La paix sous

villa, villa gallo-romaine î
ton ombrage et l'amour dans 1on sein !...
Comme est rouge ton toit ! Que ta face est sereine !
La Colombe t'habite.... Et mieux, c'est l'Esprit Saint !

En

croirai-je mon songe ? En croirai-je ma lyre ?
Je vois cette lignée emmy cette villa
Tout comme je vous vois ! Ce n'est point un délire :
Alan, sa sœur., les vingt
vont demeurer par là.

Et

nous

chanterons tous la .chanson chaussonoise

grimperons tous, pendant les soirs d'hiver,
Pour voir fleurir le gui, pour y cueillir l'armoise
Et dépouiller tous les rameaux du sapin vert.
Et

nous

Quelles lueurs ! Quelles brillantes girandoles !
Le palais du génie et le nid de beauté
Mais cette vision féerique s'envole,

Songe

pour

le moment, bientôt réalité !

Elisabeth

Magnin

�—

A

NA

RÈINO

—

GABRIELLO

DOUS

VENGUDO
LOU

682

A

BATISME

PEYROCHE

FELIBRES

DE

PÈR PRESIDA

CHAUSSOUN
FELIBREN

DE

Grando Rèino ilustro e
Dous felibres de Vêlai,

VELAI

MARÌO-JÓUSÈFO

gènto

En grando poumpo e varai
Sout lei bandièro lusènto

Vous saludan, aquèi jour,
Dins Chaussoun que vous aclamo
Noste brusc toujour eissamo,

E, vanegant dins lei flour

E lei vigno de la colo,
Chasque jour ei nous adus
Quauque felibre de plus
Pèr groussi la bando folo.

Anuei,

nous

arribo eici

'No chatouno gentouneto
Que dor, que chanto e que teto
Sèns repaus e sèns merci.

E

pèr festa la chatouno
Que la voulèn bateja
Nous troubas gaiard deja
Pèr

vous

faire

uno

courouno.

Pèr présida noste acamp
Sias vengudo, graciouso ;
Vosto Court en ei jouiouso
E vòstei page fringant!

Rèino!

vous óufrèn l'aubado
Dei voues e dei tambourin !
Nosto Rèino a bel entrin,
Nosto Rèino nous agrado !

!...

��—

684

—

Gènto Rèino dei bèu Vêlai,
Que Santo Estello de soun rai

Vèngue daura nosto courouno !
Que vous adugue en sa bounta
Gràci, estrambord, joio e santa !
Que lou bonur vous envirouno !
À Chaussoun, Rèino, tóutidous
En aquèi jour sian benurous
De reçaupre la gènto fado
Dous felibres gais troubadours

Qu'eici volon garda toujours
Lou vuei parla de l'encountrado.

Quand sian mountas peramoundaut
Vous prouclama dins voste oustau,
Vous avèn ausi nous retraire
De poulits vers, e sian ravis
D'averuno Rèino que dis
Tant bèn la lengo dei terraire !
Uno Rèino que fai d'aploumb
Ploura las cordos dei vióuloun,

Que

saup mescla sus sa paleto
Lou blu, lou rouge e l'indigò
Pèr faire sourgi coume acò
Un bèu tablèu sout sa bagueto

!

E quand anaren eilabas
Eesta la Santo Estello à Bas,
Lou mounde vengu pèr la voto
En vous vesènt bèn aut dirô :

Aquélous s'enganon

pas trop
Pèr chausi 'no Rèino faroto '

Pèr la Rèino que saludan,
Pèr soun reinage estrambourdant,
Anuei danson las auriflamo !
Rèino de noste fièr Vêlai,
En grando poumpo e grand varai
Voste Reiaume vous aclamo !

�RESPOUNSO

DE

LA

REINO

Au petiot angeloun,
à la chato gentouno
Que semblo sourrisènto à quauque raive d'or
E que dert
belamen, mignouno e poupudouno,
De

moun cor

amistous i'aduse lous trésors.

Et tout ço que countèn de
joio et d'alegranço
Subre lou verdigan
d'aquèi bressèu nouvè
Coume un rai de bonur et de
douçu esperanço
Emb' un bouquet de flours

despause

mous souvets.

Gabriello Peyroche,
Rèino dous felibres de Vêlai

( Lous petiots pages aduson
pièi lou bounetoun de Mijò,

LA

Mijò,

moun

vts

la Rèino lou bressèu
couissinet.)

sus un

REINO

bel enfantounet,

Prenès voste petiot

LOUS

bounet,

PAGES

Voste bounet de felibresso,
Sarés bèn gènto coume acò !
Cò's un coustume bèn ponot,
Lou gardarés dins vosto bresso.
Vostos maires l'avien
pourta,
Bèn galantoun e bèn
brouda,
Cubert de paieto e d'estello,
Embé de floureto d'argènt

Que lou fan gracious

e

gènt,

Festouna de fino dentello.

( i.ous pages aduson la raubo de
LA

Mijò,

ma

Mijò. )

REINO

mignouno fiheto,

Prenès vosto bello raubeto.

�—

686

—

PAGES

LOUS

Mijó,
Qu'aurés l'èr d'un brave marmot,
Bèn bèu, bèn gaiard e bèn sage.

Prenès vosto raubo,

Cò'ei lou coustume dei passa,

Que ié voulèn pas deleissa,
Cò'ei lou souveni d'un autre âge
Vostos maires l'avien

( Lous pages

!

pourta

aduson lou chalot )
LA

REINO

Mijò, prenès voste chalot
Qu'acò vous sarò bèn farot,
LOUS

PAGES

vous farò bèn bravouneto !
Lou chalots dous Chalots dei Puei

E

Qu'encaro voulèn vèire anuei
pèr nosto chatouneto.

Pourta

( Lous pages

aduson la cigalo )
LA

REINO

Mijò, prenès vosto cigalo,
cigalo prouvençalo.

Vosto

(Lous pages

chanton la Coupo Santo, pièi chasque

pouèto vèn dire o chanta sei vers )

�—

SANTO

L'ACADÉMIE

A

PUY

LOUS

—

ESTELLO

NOCES

DU

687

-

BAS

DE

D'ARGENT
DES

JEUX FLORAUX

SAINTE

FELIBRES

-

MARIE

DE

VELAI

Pèr ounoura la Santo Estello
Et festa nostre avenament
Avès prens couifo de dentello,
Vesto dei vueis, riban lusent,

Peu, mesclant vostras coulours vives
Ei banneiros dous troubadours,
Dins nostros coumbos aubourives
Siés vengus chanta Iou Meijour.

A vous, jouinesso raiounanto,
A vous la joio et l'estrambord,
Tout ça qu'es ciar, tout ça qu'enchanto,

Ça

que

rènd noble et

que

fai fort.

Dins quelo draio souleiouso
De nostros vueios tradicious

Gardaren, plens d'ardour eirouso,
Nostre parla gènt et curious.
Et vous, mèstre de pouësio
Qu'anuei m'avès tant fai d'ounour,
Vostro Rètno vous remercio
Amai vous tous que siés sa cour
La courouneto qu'ai en testo
N'en vole flouri sèns façou

L'espijo d'or, pèr que s'apresto
gènto meissou.

A beila 'no

Gabriello

Peyroche

Rèino dous felibres de Vel

�NOTRE

DAME

DE

FRANCE

Sainte Vierge Marie, à l'enfer formidable
Comme l'est une armée immense de
guerriers,
Fort puissant de David, rempart
inexpugnable.
Dame des anciens Preux, Reine des Chevaliers,

De ces vaillants soldats nous sommes héritiers
Comme eux, en cette vie étrange et misérable
Où la paix est fragile et le
triomphe instable,
A toi nous consacrons nos
entiers.

espoirs tout

Dans ta ville du Puy tout parle de conquête :
Le bronze des canons dont ta statue est faite
Et

Duguesclin dormant

son

ultime sommeil..

Sur nos armes fais luire un radieux soleil
Et conduis-nous encor de victoire en victoire
Pour que de marchepied te servi- notre

gloire.

th

Magnin

�—-

A

NOS

687

—

FÉLIBRES

Le succès des fêtes de Bas doit
confort et une leçon.

nous

être

un

ré¬

Au Puy, MM. Lauze et Falcon avaient fait l'impos¬
sible pour les faire échouer. A la dernière heure, ap¬
prenant que l'affaire réussissait sans lui, M. Lauze se

résigna à venir.
Or

le succès d'hier nous prouve que nous pou¬
parfaitement nous passer de ces faux lélibres de
flirt et de dancing qui ont affecté de ne pas aller à Bas.
,

vons

Tous les bons éléments félibréens y étaient pré¬
sents, et ces éléments, débarrassés de tous les impedi¬
menta qui entravaient jusqu'ici ncs fêtes et nos réu¬
nions, suffisent entièrement, on l'a vu à assurer une
,

complète réussite.

sons

mes

Restons donc entre nous, les vrais félibres, et fai¬
de nos assemblées des fêtes de famille, tout inti¬
et

cordiales,

comme

celle d'hier.

Mais méfions-nous de la manœuvre de l'an passé.
Le clan adverse sollicita sournoisement les adhésions
des bons félibres étrangers au

Puy, et alla jusqu'à fai¬

re

encaisser leurs cotisations par une

banque.

Qu'on le sache bien : seul le docteur Boncoma qualité pour recevoir des cotisations en dehors
Puy ; seuls MM. Pe7roche, Boncompain et Bou,

pain
du

,

don-Lashermes, membres du bureau de la Maintenan¬
ce, ont qualité pour recevoir des adhésions en dehors
du

Puy.

A. Boudon-Lashermes

�688

—

—

D' ALBERT

DISCOURS

BOUDON

LASHERMES

d'abriéu 1924

JOS FLOURAUS DEI 27

El

-

Meidamos, Messies,
L'an 1924 marcarò belamen uno dato pèr lous amis de nosto literaturo, de nosto pouësio regicunalisto e de nostes Jos Flouraus.
Se ié sarô coumemoura d'un cop la foundacioun dei

Coulège dei Gai Sabé, à Toulouso

la creacioun de nosto Academio
dei Puei-Santo-Mario, que festo en
e

ços

,

i'o b00 ans d'acô,

dons Jcs Flcuraus

aquèi jour sei No-

d'argènt.

chars tousouleLous set
dins lou

Aquelous souvenis bessouns nous soun

tidous. E chau pas crèire,d'abord, que Toulouso
to pou saluda la foundacioun dei
ht.
troubadours qu'en l'an 1323 se i' acampèicn

Gai-Se

vergié das Augustinos

,

faguèron que renouva

Toulouso
uno institucioun qu'eisifiar o rctjr
vilo dei Puei despièi mai de ico ers. n:si que
ta dei Vêlai poudiô plus garda de la rouino.
,

,

dins

dirs la
la cicu-

J.ous troubadours toulousans fvguùc'n lous ssua ai¬
de nostos Courts d'Amour e ce la bello leng 0 d O

res

lou Puei n'en fuguè Iong-ttms la capitalo literàii
pouëtico. E pèr acô , nous autres, velaicns , courne
nostes iraires de Toulouso
p&lt; uc'cn pas leissa pasea
que

e

,

l'aniversàri de j323 sens saluda lous tons lengadoucians que fuguèron l'ounour dous ténus lous plus marrits de la vido de nosto prouvinço.

E se nosto vilo dei Puei deguè-t-un jour leissa pren¬
dre à Toulouso la reiauta literàri qu'annei itlt\o à
soun tour la Prouvènço, la causo en es dins lous evenimens de poulitico regiounalo que vengueron rcuina lou v'elai après l'espelido glouriouso e magnifico
dous grands troubadours qu
icn neste

inmcurtalisè

fai

o 800 ans 1' acô , e que M. Fabre n'en
reviéure la vido ernbé tant d'art , dins lous litres qu'o
counsacras à Pèire Cardinal, F en s ce ChrpUuil, Gui¬
llaume e Jausserand de Sant Deidié , Perdigcvn, Grvaudan
Garin Lou Brun , Garin d'Apchier , amai ei

pais

,

i'

,

grand

papo

Clemènt

,

noste evesque

Puei.

Se la dato de 1323 nous
louso

coume

-

troubadour dei

rapello l'avenimen de Tou¬

rèino de la literaturo d'oc, nous pou pas

faire óublida que lou Puei la fuguè long-tcms avans
Toulouso, e que la Court de l'Esparvié dei
Mario fuguè, i'o 800 d'acô, l'acampado ilustro e renoumado de tout ço que la terro d' Oc countavo de

Puei-Santo-

pouètos

e

de chantaires.

�—

Sourtis de la

689

—

capitalo dei Vêlai dins lou metìi'e tèms

que las counfrariés religiousos e literàris de NostoDamo dei Puei, lous Pueis d'Amour faguèron couine
elos la counquesto de la Franço entièro, passèron las
frountièros dei Reiaume, e se retroubèron sus lou sòu
de l'Espagno e dins la capitalo de 1'Angleteno couine
dins las Flandres e lou Roussihoun.

la ciéuta
punicioun
d'uno sedicioun poupulàri
tn 1277
vtnguè marca
lou coumençamen d'uno rcuino eu' gel al tu n las
guerres civilos e la disputo proun famoiso dei 1 apo
L'aboulicioun de noste Coupsulat

,

que

ponoto n'en fuguè privado pèr lou Rti, en
,

embé lou Rèi
Puei soufriguè

,

Capitalo religiouso ce Ja Franco, 1&lt; u
mai qu' aucuno autre vjJo d n o eutrello qu'arrestè tout d' un top lous grands rouir ada¬
ges dous pelegrins de l'Europe entière à la gh'iso argelico dei Mount Anis. Capitalo poulitico dei Vêlai,
soufriguè-t-encaro de F aboulicie un de tas liancbiifs
coumunalos, que ié leissavo plus lou biais cl'&lt; ujf mi¬
sa coume dins lou passa las grandos festos de la Court
de l'Esparvié.
.

Toulouso sauvé l'institueici n, e d
formo nouvello , en ioundant lous Jos

venguèron
Marcel

e

renouva dins
lou segnour de

deinè. pièi, sa
Fie un us que
,

la vilo dei Puei Giabié c!e St
Mountgiraud.

Aquelous Jos Flouraus, lous avian restauias, ncusun darrié cop, i'o 25 ans d'acò d'âqui, en soi itènt de la classo d'un mèstre que faguè de sous esce uians d'ardents amis de la literatuio e de la pouésio
autres,

,

M. l'abat Enri Brémound.

Mèstre de retourico à St Michel, l'Abat Bu'mound
avió founda dins sa classo uno Academio Jiteràri. A

despart, sous eScoulans decictte 1: de countuma
l'obro, que fuguè prouspèro. André Favre e Boudonsoun

Lashermes,qu'en èron lous bailes, pouguèron bèn lèu
mounstra de gros voulûmes dei gèntos pouésios de
tóutes lous counfraires ilustrados pèr lou craioun
,

nervous

de Nourbert de Veron de la Combe

minado

pèr lou pincèu farot de Grabié Bard.

,

o

enlu-

Un quart de siècle es intra dins lou nègre passai,
mai tóutes lous proumits mantenèiies de nestes Jcs
Flouraus que soun pas esta daias dins las trenchadcs

pèr

uno mort

crudtlo, ié

soun restas

fidèus.

Lous bailes se soun pas arrestas, ce;pu » 25 ans , de
reculi sus lou Grand Libre d'Or et us jos Flouraus
tóutos las obros que soun estados coure mates, chasque an, pèr lou 25 de mars; lous dessinaires an countunia d'enrouda de poulits dessins las pajos dei precious recuei ; e lous pouètos soun restas tant fidelamen dévots à 'no tradicioun literàri vie'io ce 25 prir-

tèms, qu'en aquèi jour es encaro un escculan de l'A¬
bat Brémond, - Enri Magnin, - qu'es lou proumié lau¬
réat de pouésio franceso dins nostes Jos Flourrrs de
1924.

�—

690

"

E sian urous, anuei, dei tèms que l'Académie Franvai durbi sas portos à noste ancian mèstre, de ié
manda , nous-autres, sous ancians academicians , lou
souveni bèn amistous e recouneisst nt d'escoulans que
l'an pas óublida e que l'óublidon pas, ei jour dei Noceso

ços d'argènt d'uno soucieta
de l'èstre e de la vido.

literàri

que

i'es redevable

Ei lendemò de sa foundacioun
l'Àcadtmio deus
Jos Flouraus s'èro fusiounado embé 'no vièio counlia,

rié literàri e artistico dei Puei : lous Chivalic's de bant
IJbert. Enfin lou 30 de mars 1900 , avîô founda 'no
soucieta pèr l'estùdi de la lengo velaienco.
,

Mai sabian pancaro qu'aquelo lengo ère lou prouvençau. Acò's à noste eicelènt ami Jan ce 1 arrru que
devèn d'èstre felibres. Nous iagvè u iBcfit la kiuo
de Mistral, nous mounstrè la pat» nta » ti diakins te

insigne la e'cuttii o
Felibrige. Parti/, ut,
pièi, pèr Paris, dei tèms que M. Fabre deveniô noste
mèstre en prouvençalisme, nous ourganisavo de cours
la

Prouvènço

felibrenco

e

e

e dei Vêlai : nous
la vido istourico dei

de counferèncis.

Iéu qu'aviéu remplaça Jan de Barrau à l'Escolo St
IJbert
escriguère à Mistral pèr ié demanda la creacioun d'uno Mantenènço felibrenco de Vêlai. La res,

dei Mèstre pièi la prefàci que beilè, l'an d'a¬
près, pèr lei Glòri Otiblidado
soun estados tant de
cops publiados que ié rev.endren pas.
pounso

,

,

La Mantenènço fuguè voutado en 1914. Adeja M.
Fabre nous aviô dubert las portos de l'Oustau de vilo
dei Puei, pièi 2quelos de sa Bibliouteco. Pèr lous bès
articles qu'escriguè, avans coume dei tèms de la guer-

faguè counèisse de tout coustat. Avian acamdeja lous pouètos velaiens de lengo d'Oil, se ié faguèron ajougne aquélous de lengo d'O. E quand anuei courounan d'obros coume aquelos de MM. Peyroche e Boncompain
poudèn dire qu' en 25 ans la
10, nous

pa

,

meissoun s'es bèn adoubado.
Nostos noços d'argènt sounon la reneissenço e la
en Vêlai. Aiaro faren de trabai per l'aveni !

respelido

f-

�691

—

SANTO
COUROUNAMEN

RÈINO

—

ESTELLO

DE

NA

DOUS

DE

BAS
PEYROCHE

GABRIELLO

FELIBRES

VELAI

DE

La vilo de Bas es cuberto de flours de banièros ,
d'auriflamos de sapins enguierlandas e d'arcs de triounfle pèr lous felibres : « Rèina bravouneta . vous
saluan ! » porto lou proumié.
« A tu, Vêlai, païs de
pouësia ! » dis iou segound. Un autie tncsio : « Cunour à lous felibres ! »
E vint suites
le u k ng cit i
boulevard e de las charrtiros, clr.mcn la «Bienvegnudo à lous amis ! » que Leonn Chambcnnet escriguè
subre soun oustau.
,

,

,

MM. de
net

e

Vissaguet, Proumié Censé de Bas, RagonTheillière, an bèn la tóutos chausos e l'ourga,

nisacioun es uno meraveibo !
D'àu1c ir ( vbil&lt; e f:curidos van apeita lous le litre s à Jaqin e lus remen
davans l'Oustau de vilo. Aqui h u C &lt; 1 : e Jcis'ifit c o
ei noum de la poupulacioun , dei tims que la musico
ié fai ausi la Coufo Santo.
Pièi lou courtage gagno la glèko pèr la Messo felibrenco. Lous felibres, en cousu me, en pl ;;&lt; n la nef
e lou cor.
Mllos Gire e Pouzol chante 11 belrmen de
canticos en lengo d'oc. I 'al at Ce c es lai k u seimeun
en dialeite velaien.
Mèstrcs 1 i'act e e 1 &lt; n ; rer.e fi n
soun a lous viculoi.r.s
1 a n uaicc de 1rs jcvgo sevs
.

pu

grands èrs.

Lou courtège repart pèr i'.rriq via e '&lt;
de marbre sus Loi si au de l'Abat C 1 a
cursour dei felibri £ e i ele.ie n ; 1er lune
bro mai que bello d'un pres-de-Rct n o.
lou boulevard, enrouda et fouis. &gt; M.
co

Boncompain,l'Abat Fayard, parlon
Chambonnet, ei

libres de l'ounour que fan
E toutes, rintron
sènso admira

à tcur. Leoun

de la famiho. temereïo lous fe¬

noum

noun

tour

ir c't rc plrbe met., ptecki pc v.ttc , 0
es jnstala sus
de Vissaguet,
n

à

fraire.

soun

à l'Oustau Catty pèi la taulejado,

l'enseigno

que

Eici Moussu Gatty
Paro la fam et bello de

ié briho

:

bon vi.

A la taulo d'ounour, la Rèino dous ielibies de Vêlai,
la gènto Mllo Pe^ roche, es acoumpmgnauo de toute sa
Court ; das ancianos Reines ; dei Burèu de la Manttnènço ; de MM. Fabre, anejan Senui , e Merle, cabiscòu de l'Escolo d'issinjau , dous ancians Princes de la
Court de l'Esparvié : Enri Magnin, Abat Oddes, Bon¬

compain, Boudon-Lashermes ; d'aquèi .i'aquest an, M.
Peyroche ; de MM. Marignan, direitour ue la « Revue
du Moyen-Age »
Tenant, direitour das « Amitiés fo,

réziennes et vellaves »
Perrin Desmord. Mme Romanette, redaîours à la &lt; Semaine », à la « Tribune»
e à la « Paix-»",
Ranchon
direitour de la « Gazette
,

,

,

d'Yssingeaux

»

R'oyet, direitour à' « Art et Photo»,
députa, d'Anthouard, menistre pleni,

Michel, anemn
poutenciàfi de Franço
de

,

Maiartre, counseié genersu,

Vissaguet, Ragonnet, Ttieillîie, Augustin Michel,

Louis Pipet ; pièi dous pouètos dei terraire : Mllos
Elisabeth e Carmen Magnin , MM. Denis Souvignet,
Leoun Chambonnet, Abat Fayard, Abat Oddes, Louis

Girard, Grabié Servant, Vitour Bellangreville.

�Ei

Champagno, brinde dei Conse, de M. Peyroche,

etc.., Louis Pipet chanto la
Coupo Santo. Pièi partèn
à la Court d'Amour , que
coumenço pèr lou courounamen de la Rèino , emb' un discours mai que
gènt

dei dóutour Boncompain. La Rèino
bello pouësio, pièi soun paire, M.

respound pèr uno
, lou
fin

Peyroche

pouèto de Malataverno, pous dis sa « Rebculo » e sei
Rougaciouns » Mmo Audras chanto deliciousamen
«
Magali » e « Lou roussignòu » Lous Issingele's jougon lou Nouvè de l'Abat Chambonnet
Se danso de
gaiardos bourrèios, qu'acoumpagr o sus .«a cabreto un
«

.

.

.

mèstre cabretaire. S' ause encaro Mèstres Rcmanette
e Pitacco ,
pièi la musico de Bas. Uno farandculo generalo dins las charrèiros de la vilo vèn achaba la festo.

cor

!

A touto la poupulacioun de Bas,
gramaci de tout
Gramaci à MM. de Vissaguet, Ragonnet, Hilàri

Jan Theillère, Boncompain e Peyroche'
amai à tóutes lous coumissàris !
e

SERMOU

PÈR

M.

L* ABAT

A
DE

LA

PROUNOUNÇA

ODDES, CURAT

LA

MESSO

SANTO

à la musico,

DE

BOUSSOULET

FF.LIBRENCO

ESTELLO

DE

BAS

Moussus et chars felibres et gcntos

felibressos,

Quand lous sept mèstres en la 1er go cucitano se reuniguèron à Font-Segugno piè jin. k t iouncin.cn
de l'istituciou felibrenco, lur îdèio èro d'empacha
de
mouri lou parla de nostes paires.
,

Ço que beicop an apela lou Parisianisme, cousi geimò de l'Americanisme, menaçavo
d'englouti prè tou¬

jours l'istrumen de la civilisacicu miejournalo, e dei
meme cop, de faire eichubla lei venerablos trrdicicus
de la naciou óucitano. Lou dangié èro bti, e lou mau
s'èro dejó bièn escavarta. Gràci à lur talent,
ajuda prè
lur amour de la petioto patrio
enno clèdo seguet
plantado, qu'arrestè l'envasiou menaçonto, et lou miejour ausiguè tourna la douço armounio de sa lengo
,

,

llourido.

Mai, to bè, Moussus et chars felibres, lou mouvamen
qu' aquous ornes de grondo intelligènço an la naisse,
dèu pas s'arresta ei parla de la nacioun óucitano.
Loui mèstres dei Felibrige an
vougu mei qu'acò, et
l'istituciou felibrenco n'es pas soulamen enno academio badado ei parla gènt et gracious et à la pouésio
acò's encaro enno grondo familho ount de flaires vegnus d'en pau pertout aprènon à se counèisse
prè
,

,

mei s'estima

e

mei s'ama.

�Or aquelo amista ei justamen la
grondo reglo dei
crestian. Et si, en de jours couine
anuei, nous fai plasé de dire la paraulo dei libre sacra : « Ecce
quam bonum et quam
jucundum habitare fratres in unum » ,
acô nous es mai bien
agreable de pensa que noste assemblado nous ajudo à

pratica la proumèiro de las
crestianos, qu'es la charita.

-vertus

Mai, to bè, sabèn toutes que l'amour de Dieu es lou
joroumié dous coumendamens, et que lou segound es
parié que nous fai enno oubligrcicu d'ama nosles
semblables. Lou tèms d'anuei, beltu mai
que d'autres
es
pie de causos de desuniou et de desordre ; la fi de
la guerro n'o pas adiu la
paiz, lous interests soun tou¬
jours óupousas et la bono entento eisisto pas mei
dins lou mounde que penso
que dins lou mounde que
trabailho. La passiou d'avèr e de
jouï semblo èstre devengudo la grondo lèi dei mounde.
,

,

Quand Dieu, après lou pechat dei proumier home
lou coundanet à la penitènci dei trabai
L' home ausiguet aquela duro
païaulo :
«Manjaras toun po à la susour de toun fiont ! &gt; Et

l'aguet chassa de l'Eden

,

,

.

sabès toutes, Moussus et chars fe 1 iV11
s, ci e sel eiblique lou po, coume o di l'Abat Mei lier,

jas de trabaia,

dins la terro s'escound ;
Prè n'avèr un mourcèi chau moui ll a bit n
pregovi d.
Lous valiènts n'an bè
prou mai lous feignons s'tn pas s or

Sabès toutes que lou trabai ei dur. 1

pèr l'adouci

nous o

beila

un

a

rrcuviciir ço

scnlimen

qu'apelk n l'in¬
terest, que fai trouba de plrsé dins la fatigo et relèvo
lou courage
Demandas en d'aquèi trabaiaiie de la
terro pèr què se levo de to bon -rnati
p» r se jaire lorg
tèms soulamen après la nuei
vengudo. Vous dirò que
.

l'interest de sa familho et de sa bcurco vou coumando
Demandas en d'aquti sabènt que passo
jours et
nueis à foulha lous secrets de la natuio
pèr què mino sa santa à
persegre enno obro ingrato
dirò
.

,

qu'acò's prè

,

soun

proufit

L'interest ei donc
de

e

enno

l'ounour de

grondo via,

forço prè faire lou bè. Malurcusi n

l'home

vous

soun

non.

en ressort pie
la n ali&lt;,c &lt;. e

en

o
faussa aquèi ressort
1' inleresl ei cevtngu
terrible istrumen de guerro et de desuniou que
i'age, et dessout chasco causo que nous armo lous us
contro lous autres, i'o
toujours la que; e i c'ii hhm.
La paiz et l'interest semblon s'aira coun e
l'ai^o e ku
fiò
Aquelo situaciou poudiô-t-èstre mcuitalo
Mai
Dieu nous o douna sa religiou d'amour
que nous fai
vèire en chasque home nóste fraire
et nous oublige
de l'ama
Aqui es lou grand remèdi contro lou mau
de l'interest.
L'Evangilo bouto touto chauso m sa plr,ço, et lou sauvaire de la naciou sarò toujours lou cru¬
,

lou pu

.

.

.

,

.

cifia dei Calvaire.

�Or noste groupamen, Moussus et chars felibres, es
groupamen de paiz, un groupamen d'amista . Vés
nous-autres, n'i'o rièn de ço que diviso, tout ei ccuntfaire nous unis, e si quauque ccp , aven de rivaus,
lous trouban toujours subre lous chamis ensouleilbas
dei Parnasso, e nosto venjanço es d'aplaudi ei bounur
que lous o menas ous caires lous pu flouris.

tin

,

D'aquèi las, dounc, champeiran la bono tradiciou,
qu'ei verai, vés ço qu'ei bo, vés
ço qu'ei brave, nous mènon tout dre à Diéu,que poussèdo perfatamen aquelos très qualitas.
et nostes esfors vés ço

Mai, to bè, Moussus et chars felibres de Vêlai, vospresènço anuei dins la gènto glèiso de la parocho
Bas, fai coumprene à toutes que n'avès pas eibluda
la fe de vostes paires, que voulès segre lou chami que
vous an moustra, et que la mémo esperanço que lous
Counservas afaguet agi, ei la rasou de vosto vido
quous sentimens de religiou, vous ajudaran à supour-

to
de

,

.

ta lou bon tèms de la vido. Mai si l'auro se

fai pu bello, si la burlo que ravajo pas souJamen lous serres eilevas, mai quauque cop las amos dei paure mounde ,
vèt

jour à boufa , sarés pu forts prè pourta vosto
pèrço que Diéu la pourtarò embé vous. Diéu aplanirò ço que lou malur auriò de trop rude , et soun
amour farò tout prouficha ei salut de voslo amo
lou
mau coume lou bè : « Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum » dis lou libre de l'imitaciou.
un

crous,

,

A ! malurous ei l'home

qu'eibludo soun C'reatour et
laisso mena prè lous sentimens de la naluro ,
pèrço qu'o perdiu lous sentimens de la gràci. Semblo
un paure matelot
sèns cesso balouta prè la mar en
coulèro
et que saup pas que davans ei i' o lou port
dei salut, et que prè i'arriba n'o ma qu'à gouverna su¬
bre lou fiò que ié moustro l'intrado.
que se

,

,

Chars felibres de Vêlai, n'imitacbias pas la foulio
d'aquéles qu' ei mitan dei dangié refuson de sougna
lou phare que lous sauvariô !... Et que Santo Estello
vous mène toutes dei las ounte troubarés Dieu
prè
touto l'Etergnita !
,

�SANTO

ESTELLO DE

BAS

14 de setèmbre 1934

Jambaioun
dei

mountagnos de Vêlai

Petiotos bouchados felibrencos

Quenellos de truitos de l'Anço
Civet de lèbre
à la Rochobaroun

Mourilhos de Lablau
crèmo Basseso

Chapoun à la brocho
Fourmo

d'Issinjau

Courbeilho de fruts
Gastè

Regènço

Mignardisos de tout biais
Vin fin de Sant

Juliò

�CANTICO

A

NOSTRO

DE

DAMO

FRANÇÛ

Lou

Puei, Brioudo, Eissinjau,
Vierge tant amado,
Sus aquèi rouchié si naut
T'óufront

uno

aubado.

Nostro voues escoutaras,
O Rèino de Franço,
Et dóu cia benesiras
Nosto Maintenanço.

Què rouchié ei norme
A cops de cisè
Pèr te faire un trône
Lou Bon Dieu taillé.
Sus la grosso pèiro
La vilo dóu Puei
Et la Franço entèire
T'an planté depuei.
Coume lou tèms passo
I'o quatorge mei

Qu'aquèi pople
Te chantavo

ou

!

en masso
Puei.

Sus lous bords de Lèire
Ount se miro Bas
Sa bou de se vèire,
De tourna chantas.
De si gènto eigliso
Nostre eicampoulou
L'alo de la briso

Pourtarô partout.
Ou pasteur eimable.
A tout soun troupè,
Ou mèro hounourable,
A tout soun Counsè,
Nosto Maintenanço
Dis cènt cops merci
Gardo l'assuranço
De tournas eici !

!

Abat
curât de

Fayayd
Tiranjos

�—

DISCOURS

697

DE

—

M.

DE

VISSAGUET

Mesdames, Messieurs les félibres de la Maintenance de Velay
Au

de la population bassoise, permettez-moi
remercier de la délicate attention que vous avez de faire
apposer une plaque de marbre sur la mai¬
son de M. le chanoine Chambonnet, l'une des
gloires
de notre pays.
de

nom

vous

M. 1' abbé Chambonnet
bien connus de musicien

en dehors de ses talents
doué d'une voix de ténor
qui faisait l'admiration de tous ceux qui avaient la bon¬
ne fortune de l'entendre, était
poète félibre à ses heu¬
res ;
il a mis en vers avec un réel talent et dans la
langue expressive du pays, diverses fables de La Fon¬
taine, et il a composé un Noël en patois qui a été ad¬
miré de tous. Je regrette vivement de ne pouvoir,dans
votre belle langue,vous en retracer quelques passages.
M. Léon Chambonnet, son frère, vous en fera part avec le brio qui le caractérise.
,

,

,

M.le chanoine Chambonnet était né à Bas le 27 Mai
1857. Apres son ordination il fut appelé par M. l'abbé
Chambonnet, son oncle chanoine titulaire de la ca¬
thédrale de Bourges, dans cet important archidiocèse.
D'abord vicaire, puis curé à Bouesse, ses talents de
musicien le désignèrent bien vite au poste important
de chef de maîtrise à la cathédrale
dont il ne quitta
,

,

la

baguette de commandement qu'à

subitement le 17 novembre 1909.

sa

mort

,

arrivée

Selon ses dernières volontés ses restes furent rame¬
nés à Bas, où ils reposent au cimetière natal , au pied
des ruines du vieux château de Rochebaron dent il était si fier, aussi venait-il avec plaisir , chaque année,

retremper pendant deux mois dans son cher petit
Bas, où ses premiers mots, en arrivant, étaient de jo¬

se

yeux

bonjours

en

patois.

Qu'il me soit permis d'évoquer ici son amabilité si
franche , sa bonhomie spirituelle , ainsi que le souve¬
nir d' une visite que j' eus 1' occasion de lui faire , à

Bourges, en iqo8, où il
gnifique cathédrale 1'
plus belles de France.
,

me
une

fit les honneurs de sa ma¬
des plus anciennes et des

Je termine, Mesdames, Messieurs les félibres, pour
bien vite la parole à mon excellent ami
M.

laisser

,

l'abbéFayard curé de Tiranges,poète félibre de grand
talent, qui va nous tenir bientôt sous le charme de sa
muse poétique.
Je vous remercie une fois de plus de
l'honneur que vous

faites à M. le chanoine Chambon¬

net, qui était bien des vôtres,et de l'honueur que vous
faites aussi à notre
sence

petit pays,par l'éclat de votre pré¬
qui laissera parmi nous le plus aimable et le

meilleur souvenir.

�PROUCLAMACIOU

MÈSTRE

DE

AOU

LEOUN

POPLE

CHAMBOUNET

DOUS

FELIBRES

Meidamas, Moussus, Païsans, Nobles

et

Parvegnus!

Chés tous bian sages de ses ètie
vëgnus,
Ma par yéu et moun ane avèn
prou courdiu.
Vous parle de moun ane
parça que la legenda dit
Que vés Bas acò'ei le païs de lous anes.
Dins le tèms acô se
pouya.
Ma anuei le pau que
y damore
Acò'ei ma de ragimore.
L'histouara nons dit
Que le deifiount Samson aoiibè 'na gamatclia d'ane
Tuè mai de mila Filistins

Qu'apeitava

par vegni vés Bas
Si lous èra vegnu
querre
Damourava pas youn Filistin sus teire
Que l'homme èra bè si fort
Que lei tours de Retchabarou yaayoun pas
Pesa youn luyi d'or.
Ma enfi puisque chés
vegnu dins quaou païs d'agrément
Sacas-vous à l'oustaou et calas-vous lei dents !

LOUS

FELIBRES

Depei youn mei aouve tetzour brama,
Qu'acò'ei que se vai passa vés La.
Vés la grossa Catin m avanctre
Et belamen ié
diguère :
« Cò'ei lous felibies
que vènoun vés La. »
« Lous felibres ?
Qu'acô'ei acô ? »
« Acò'ei
gni la parretia, gni le tjavagnò,
Pas meme le luti qu'ei vés
Mougnistrô.
-

-

Acô'ei de mounde que vènoun vés Ba
Par dire à vostrous petits de
parla patoua.
Car anuei parloun ma français
Et

Et

apeloun acô : le progrès !
Ah ! ei tjinte !!
Ma acô vaau pas lei filles : aii
your bounet de pouinte
Eroun tjentes, èroun couquetta
Aouyount deimounta vés la Chaumetta.
Anuei les veyés vegni aii youn grand
tchapè
Flouqua de davans, flouqua de darrié.....
Cò you vai coume
youn gant à youn sarrayié.
You tchaou plus parla d'ana
loumourtja,
Amoun mai leissa aou vieux faire aquela via,
Et lous garçous ! lous veyés ma habillas ein Moussus
An meme de pardechus !
N'ai vediu qu'ayount de gibus
qu'ayoun pas meme tquinse seïu par prendre l'omnibus.
Que tcatiu ne prène par se.
Yiéu m'arreite parça qu'ai
trop se.
Ma puisqua dins quela féta l'an z'ei
ybre,
Braman tous

en

chœur

:

Viva lous felibres !

Léoun Chambounet

�RONDEAU

POUR ALAIN

Pour le Poupon repose
Pour sa maman, moult
Le chargerai pour vous

icy

mon cœur

!

souhaits pleins d'ardeur !
de ma caresse
Quand il viendra, tout pétri de tendresse,
L'enfantelet de vermeille couleur.

Le

vois, de là, fraîche corbeille

en fleur,
jeux, comme l'Amour, vainqueur !
Ouy ! voudrais bien me parer de jeunesse
Pour le Poupon !

En ris et

Alain tant bel à la courtoise humeur,
« Grâce » après luy s'en vient, timide sœur.
Dans ses attraits que « Velay » reconnaisse
Votre semblance, Anne, douce déesse !
En ce jour d'huy taisons vœux de bonheur
Pour le Poupon !

Elisabeth

C

Magnin

�CHARLES

SEPT

L'orage se dissipe et déchire les voiles
Qui cachaient aux regards les brillantes étoiles.
L'aube déjà commence à blanchir l'horizon,
Le froid devient plus vif et donne le frisson.
Mais bientôt le soleil à l'aurore succède
Et le vent fait sentir une haleine plus tiède.
Le prince, à la fenêtre, admire devant lui
Le point de vue offert par la ville du Puy :
Sur un mont escarpé l'antique cathédrale
Dans le vide suspend sa net originale.
Le sol, trop incliné, refusant le niveau,
Il fallut recourir à ce moyen nouveau :

L'église s'appuyant sur une triple arcade
Au dessus des maisons étage sa façade ;
Sur d'immenses piliers l'édifice élevé
Se trouve, par ce fait, de souterrains privé :
Un escalier sans fin y remplace la crypte.
Avec dévotion, à son retour d'Egypte,
Saint Louis accourut pour visiter ce lieu.
Prisonnier du Soudan, il avait fait ce vœu.
Le Puy reçut alors cette Vierge, sa gloire,
A laquelle on donna le nom de Vierge Noire.
Charmé de ces détails, à son tour le Dauphin
Veut à ce sanctuaire aller en pèlerin

Et partir à l'instant pour s'y rencie tu plis vite.
Au repos c'est en vain que son hôte l'invite,
Les pages ont déjà harnaché lts chevaux.
A peine ont-ils fini que, devenus dévots,

à remplir d'autie tâche servile,
le chemin de la ville.
peine on hisse le prélat
Dont le poids compromet l'équilibre du bât.
Par égard le Dauphin ralentit son allure,
11 attend du vieillard la paisible monture.
N'ayant

pas

Us prennent au galop
Sur sa mule à grand'

Aux abords de la ville il voit venir à lui
La foule prévenue on ne sait trop par qui.
Des curieux s'augmente à chaque instant le

nombre,
garnis et la porte s'encombre.
Les gardes, les archers arrivent tour à tour
Et veulent s'aligner devant la double tour
Mais ne parviennent pas à maintenir la foule
Qui, sans le moindre égard, les pousse et les refoule.
Les

murs en

sont

�BRINDE

DE

M.

PEYROCHE, VICE-SENDI

Mesdamas, Moussus et chars felibres,
Après lous gèntes discours que venès d'ausi, pensaqu'es pas besoin de mei parla. Ma,coumo viIssinjalou de la Mantenènço de Vêlai, tène à
ajusta un mot embé d'autant mei de plasei qu'aquèi
rés bian
ce-sendi

,

mot

es

pas encaro esta dit.

Peu, me fai joio de prendre la paraulo eici ei mei
d'aquelo piano verturouso ei pèds d'aqueios nautos
mountagnos, ount lou païsan, persegant soun obro fecoundo, trabaio, patis et meurt. Car, cò'es d'aquèi pa¬
ïsan mantenaire que vous vole
parla.
,

,

I'o gros très cents ans, uno bando de
pillards arribont à la pico dei jour davans la vilo
d'issinjau , posont un pétard contro uno porto, la crèbont
et se saccont dins las charrèiros en bramant: «Sins lous mèstres ! Villo prenso ! »
Lou curât Reboulh de vés la Vèio, qu'anavo dire la
proumeiro,se trobo aqui, arrapo uno pertusano e sauto subre lou chef de la bando : «Pas encaro ! Aux ar¬
mas! »
Issinjau se lèvo, lous païsans vtnont de tous
îous las et se trasont contro l'enemi. Tout se ten

Lout

cènts

chaplo
E pèr fini, lous pillards,de quatre
qu'èront s'en anèront ma quaranto !

se

Anuei lous tèms sount pera changeas. Et
pamèns
sei segur que lou païsan d' avoujo
eiietie de 1' tin e
de sous Grands
a counseivô mai que tc-ut autre
ei
found de soun cuer , las sanos tradicious
que ;ount
tous foundamens de soun pa s et seivon de chantou
à la Naciou. Car, si quauque cop lous eiversaires,
que
de tout tèms an charchô la grabujo, arribar ont vés sa
,

,

,

porto en bramant
anuei

coumo

encaro

!

: «Sins lous mèstres ! villo prenso !&gt;
hier la respomo se rit) la mémo : « Pas

»

Non, pas encaro !... Pas tant que i'aurô dins nostre
païs de païsans mantenaires; d'aquelous que sous ieu
rudo escorso gardont
emb' uno foi pre uioundo l'a¬
mour de ieu parla clar.de ieu meisou
acuiènto, de ieu
terro aubourivo, de ieu vuei clouchié...
,

,

Et cò'es en l'ounour d'aquel aparaire de la terro ,
dount davalèn tous, de proche ou de loin ;
d'aquel o.me de tradiciou et de
raço, soulide et calme défenseur
de l'ordre souciau ; cô'es en soun
ounour, dise, et en
l'ounour .le sa valènto coumpagno, que lève moun vèire
Au Païsan mantenaire dei Vêlai !

�DÓUTOUR BONCOMPAIN

DEI

DISCOURS

l'Esparvié dei Puei-Santo-Mario

Prince de la Court de

Gènto

Rèino,

Lous Rèis de Franço se fasiont courouria vés Reims
dins la Champagno , jouto aque païs de Lorreno que

sougnavont de caire, pèr lii bouta, un jour, la mo destabè, vous voulèn courouna, eici,vés
Bas, qu'es la «boulo» dous païs dóu Forez et dóu Vê¬
lai, pèr lia ensemble, sous vostre joug, aquelous dous
païs que soun fraires et pèr d'un meme cop, abela
vostro part. Car, vailhènto et bravouneto coumo ses,
vous chau uno grosso borio
oube meisou de mèstre
et pigeounier
et noun un petiot caire de pas grand
via, et avoure crèse que l'avès, la bello part , et que

soubre. Et vous,

,

,

,

,

,

seris countento.

Pèr vous courouna, auriou
et las ilours de moun païs , las

voudiu irai, de ilours,
llours de mous balais,
quelas flours que botont à ncstiis roucbiers cet no
uno couifo d'or, et que lous effants de ceur ichampont
à brassado pèr davans le Boun Dieu, quand se permeno pèr las charrèiros de nòstris bourgs. Mas la primo
es passado et lhau l'estiou s'acbabo .
I.ous balais ant
grana. Diéu sap vount sount liours flours !

Pèr vous courouna, me resto lou bouquit de mas
paraulos. Et encaro si eious un calij nsirt, si sabious
bian vira un coumplimen
Mas lous moûts lougiés
m'estranhont. Ma voues es rudo coumo la biso quand
burlo diris l'ivèr. De bado, viau que viau, n'ei mas aque bouquit, car, de segur, me chau parla , me chau
dire ce que sens et ce que voulèn, nous-autres felibres
pèr ça que n'i'a de mounde que nous coumprenont
.

pas.

Nous autres, felibres, amen nostre païs, nostre pa
toues, lous coustumes et las coutumos de nôstris rèire

grands, et voulèn faire
para dous estrangiés.

ama

tout acò, le manteni et le

De nostre païs amen tout : sous sucs dauras pèr le
soulèi levant, pièi que se fant nièrs, lou vèpre, quand
darrièr z' eis le soulèi t'intrant sejai dins qu'uno ni-

�aulo d'or

ribeiros, Leiro, Ugnou, Anço e J)uneique marmouttont en patoues soubre liours pèiros
rundos ; sas costos , oube ljour mantè de balais
de
challaios et de brueiros, vount s' agripont de
paures
pis tourcbus ; et sous grands boues , que chantont ,
quand lous erosso le vènt. Oué, apien tout acô, poudès me crèire
Et quand , nous-autres soudards
en
tournant dóu front
en davalant d'amount
vesiont
dins lou cia las nautos parits
de nostros piountagnos,
nostre ceur se sarravo , et :si .aiou s
:

sas

ro

,

,

,

,

saupu,

.

povdiu

belhau aurious pLoura,

si aie us

,

Et, tabè, nostro lepgo, l'amen, aque pat,o,ues de nòsr
tris vieus,que sono clar coumo uno eschinlo, et
qu'es
ta vieu que le francé, - aquelo
Jengo qu'ant parla ta
gentamen lous itroubaires d'àutris

cc

p s.

Et belhau

un

jour, quand soubre nostro pauro Franço, vounte lous
efants s' abarissont gaire et vounte lous cros se vouidont , lous estrangiers serant

vengius ta noumbrous

que las graillos soubre las estoublos
belhau , per se
munisse entre Frances chaudra parla p;atoues.
Quelo lengo adonne sera nostro fioujbl,esso.
,

Tout parié, amen nòstris
c'hapès ,dount las larjos a!los nous bedlont un èr ta décida, nòstris
petiots gikts
flouris et nòstris loungs guetous qu-e nous

paront dóu
las couifos e las raubos de tóutos las coulours
que fant sembla las tfannos à de'bian gùntos flours. et
que volont ta bia-n
qnaikì viro b l currtio car ne
sout pas estiïtos et manquent
prs.d'estofo.

frid,

-

,

,

,

Et nous souvejièn toaijours eióu.boun vieu terns.,
quand tout le mounda è.ro de boun mounde quand
.lous vesis s'ajudavont et s'ajmavont quand las lounjos vihados arroussavont sous lous chalès
et tout le
tour d'un flou de garnos et d'estelous
lous ornes ptr
davisa, las fennos pèr faire de pouintos, et lous jouâ¬
mes pèr badina.
,

,

,

,

Et tout acô voulèn l'ouno.ura et leimantesni ta
que

ipouirreu. Sabe bè que lou tèms d'anuei, lou francés,
.la modo,volont le faire eissubla, le bouta deforo cqu.nio la meichanto aurisso
que seco.uei et desrocho Iqu-S

�abres lous mai nauts , coumo la ribèiro en coulèro
que dibordo et accasso , sout sas aigos , ious prats et
lous blads d'ei l'entour. Parais, nous chau pas
eglaia ,
felibres
Nostre trabai es belbau mai leive que noun
se
pense. Ai vediu de braves païsans m'escoula, forjo
badado ; quand ious legious lous vers de nostre Abbé
Meiller. Ei vediu, en ious parlant patoues, de malautes sourire et eissubla liour mau. Et vesès, Rèino, que
de gènte mounde s'es acampa anuei
nous auvi et
.

nous

de tout liour

pèr

Oué

le sente uno
passât n'es pas mort
dins nostre païs, mas s'escound. Nous le chau descas¬
sa, nous le chau descrousa.
sougna

voues me

le dit

:

ceur

l'amour de

.

,

,

soun

Sout las flours dóu fouier,

quand le fiôc se dert,
de bouffe 1' a lhau fai clarilha
CÒ' es
sous èis
que s'iveilhont. Pèr pau que n'oun la poulo,
la veilho vigno plouro. Cò'es sa vido que colo
Que
le meichant efant igraugno
un cereisier,de l'entailho
n'en sort uno sabo pejouso. Cô'es soun sang que s'en
A'ai. Dins la terro bian issartado
que l'rraiie a iboulha pregound
si samenas la grano nourriceiro" lous
un

petiot

cop

.

.

,

,

blads brolhont

,

sarras.

Cô'es

soun

meilleur présent.

Eh bè !

nous autres, lous
felibres, seren Icus boufaique racubont lou íìòc,lous poulaires que fant p'Ioura la vigno , lous entalbaires
que volont vèire coula
la sabo, et lous samenaires que
preparont la meissou.

res

Quela meissou, crise que sera bcno. Belh.au la virei pas. Vous, la virris. Et un
jour, quand vôstris chabièus blouns serount devengius blancs, nôstris blads
seront nauts

noumbrous

,

liours espijos granadcs

,

lous felibres

Adounc si à vostres petiots étants que
mountaront soubre vostro faudo, countas que
iugtris
la Rèino dous felibres
dous premiers felibres , vous
aseimaront oube d'eis curious et fiefs, et vous poutounaront bian amistousamen,.:.... car lous étants d'aque
.

,

,

tèms,

coumo

lous bès, serant felibres.

�DISCOUR

M.

,

L' ABAT

FAYARD

Chapè bas davans la meisou
Ount neisseguet lou grand Tiersou
Mai que lou mabre, que las tiers,
1 faran plasé nostres cuers.

!

Que de mounde arroussas outour de ta meisou,
Moun vieux, moun grand ami ! Restaras Cl.ambounet
Pèr tous couchitoyens ;
Pèr dóu coulège lous copains
Saras toujours Tiersou,
Lou farçaire finot, l'homme au pequit bou net...
Tant de flers, de drapes, sèns çoumta las
guirlandns
De

sapis, reposoirs, lampions, richas óufrandas
Que se balança» de pertout
Depei le cubert ou salou,
De la cusino ou galetas,
Soun la provo qu'ichi et Bas
Le mounde se soun chuipassas.
Dengu n'en sarò pas uno pico eitounas :
Sés an toujours bien lait las vias
Lous habitants des Bas ;

Garde

l'espoir qu'un certain medachi
Sourô ius dire a tius : merchi.
Pèr n'en revegnis a Tiersou

( De i parlas aimhi i demande

perdou )
si t'aian di : « jan des Tiranjns
pa's chantaiô tas louanjus „
Ourias fait, n'en sh.u sur uno bono risas,
Toun pès sus Jan se seriù les amen levas.
Chinquanto ans, acò'i louang ! acô semblo mas Lit r,
Ht parais n'o pissò d'm lariers et d'hivers !
Que d'aigo sout le pont de Lèire
A coulò ! A Jan i semblo vèire
Ou coulège dos Mougnistreou
t'o chinquanto ans
Nun jour dins toun

Un coulegien, pas grand, prou
Casqueto en arrier relevas,

greou,

Dins las alèias proumenas.
Kn eitugio coume Bibi
Mai que d'un cop èiro eitourdi.

Que lo caisso

ou gros ventre, ou found Jóu colidor
Boum ! Boum ! » Louis poussas pèr un resscr
Sauto lous vieil?: bancs quatre à quatre.
Coume un soudard preit à se battre
Ous lambins mesuro un emplâtre,
Passo sout soun nas sa fiouloto
Et franchis dons proumeis le sivou de la porto.
Le moureè coumenças, roussignèus, chardougnis,
Pèr entendre Tiersou abandounon ius gnis,

Fasse

:

&lt;

(ouquo
Que

ous

angis dóu paradis

ravis, jalous, et sans ausas quinquis,
De peouro de perdre uno noto
Bidan tout douçamen don paradis la porto.
soun

Vèse davans mous ès le bon moussu Mondon
( Anuei l'apelarian « un ase dôu piston »
Sus l'ouriho, countènt, tourmentas soun bounet,

�—

Sout

704

—

yunetas rire à Louis Chambounet
Quand soun eilève oubé briò

sas

Enièvo le darei solò.

Barthélémy, Neirou, Mondon, Moulin, Marcet,
Fay, Vial, Gérenton, lous Faures, Loudaret,
Tont de boun mounde acò, de saints prétris surtout.
( Un saint prêtre à soun tour serò nostre Tiersou. )
Coumbetou, le brigand, a raubò lo meisQU
Ounte eirous et countènts
Aian de nostro vio passò le meyur

L'amaves, moun Tiersou; l'amen tous,

tèms.
Mougnistrec u.

Coume d'autris save qu'ayas le cuer bian greou
De vèire nostre gnis runas,
Sous murs et so chapello eic' arunas !

L'amaves, Mougnistreou,

quàse outant que te un Las.

Acò'ei pas pau dire, vous save.
Eras Beirichou de corps, mas veilave
De cuer. Amaves pèrdessus tout toun pais.

Coûtas, planas, rouebiers,

paris

Te sayò bou de lous revèire ;
Troueitas de l'Anço, Andrablo et Lèiro
Te sayô bou de los peichas,

Canyas, lebroudous et perdris,
Acoumpagna de tous amis,
Te sayo bou de lous chassas.
Te prène pèr témoin, me deimentiras pas
Si dise : I'o chinquanto ans, lo vilo des Bas
Oubé Tenço, Sinjau, rivalisavo pas.
Acò'èro un bourg de rian du tout.
De perçus, de blouso pertout,
( N'en passe pèr pas dire tout ) .
De louan en louan quouquo remiso,

Quouquo meisou plutei neiro que griso,
Uno cafurno pèr eigliso !

Gràci à Imbard, de Vissaguet,
A yus intelligènt Counsè,
Lo vilo o chanjò de chamiso,
Ei devenguo en pau de tèms
Lo perlo dóu deipartamen.

eitrangiers vostro vilo nouvello
L'an surnoumò « Niço lo Bello » .
Sous abris, sas villas, tous sous jardis en flour,
Sas ruyas bian couivas rappelan lou Meijour.
Eirous soun lous païs qu'an voutò pèr un mairo
Qu'o remplaçô pèr le bian-ètre lo misèro !
Lous

�—

705

—

Si nostre grand Tiersou tournavo sus lo terro
Chantariò : « Citouyens des Bas,
Coude à coude marchas ! lous eicoutessas pas
Dóu pople aquelous faus amis

Que pareisson quican et soun mas de couquis.
Uno fes ou pouvei, adiou bellas proumessas,
D'aquelous charlatans tapas dur sus las fessas ! //
Le héros de la féto, ou coulège, Tiersou,
Ero pas soulamen un franc brave garçou
Un mujichin hors ligno, un chantre, un roussignou.
Pourtavo

sus

le frount lo marco dóu Bon Diou.

Me semblo le vèire à ganou et lo chapello
Près de l'harmonium qu'eiclairo uno chandelle,
De chabèus longs, frangnets, encadrant tout lou
«

frount

Une, deux, » dit Mondon, lous dous ès ou plafound.
Tierou lanço sa voues. Ah ! las gèntas rouladas !
De soun cuer tout en fiò mountavon las silabas.
N'en doutessas pas, mous amis,
Nous se cresiòt ou paradis.
To voues, lo voues qu'ou cia poussèdo un angihou.

Seguet causo, brave Tiersou,
Que Bourges te raubet à la vilo dóu Puei.
Soun meiur chantre crèse,
Perduit ainsi le diocèse,
Sans parlas dóu prêtre parfait
Qu'aquèi jour Bourges nous raubet.
,

Bourges, rauberas soun corps, pas soun amo,
Le cuer eichubio pas quand amo.
Le camail, lous hounouis, n'en respounde, à Louis
An jamai fait eichublas sous amis,
Encaro mis soun Bas, so Lèire, soun pais.
Si chantre, musiebin hors ligno se moutret,
Si soun coulège et soun païs toujours amet,
Le rèi de nostro festo en patoues coumpouset
De fablas à ravis, que tous, petits et grands,
Le vespre, à la vihas, l'hiver, deibataran.

Musichin, chantre, fabuliste,
En tout Tiersou

se motro artiste.
Noun soulamen dóu grand Meiller
Tiersou pòu choussa le souyer,
Crèse qu'avans de rèndre l'amo
Meiller l'inspiret de sa flamo.
Coume eiretage i leisset
Soun esprit gaulois, soun pincé.

�—

7 o6

—

Un darei mout : A tous un grand merci !
Eh bè ! moussu lou medaci,
De me boutas ganét n'aguéras pas rusou.
Vai, me la payaras, Fonsou 1
Ou paure vieux, ou paure Jan
As leissò l'ounour et le souan
De dire ço qu'èro Tiersou :
L'ounour te revègno, Fonsou.
Poi bè rire, vesto fmo !
Te counserve un chi de ma chino !

BRINDE

BOUDON

DE

Gènto Rèino,

LASHERMES

Meidamos, Messies.

Quand avèn founda la Mantenènço de Vêlai, embé
que siéu urous de saluda eici , e
que fuguè toujours noste mèstre e noste mentor dins
tóutos las obros literàris qu'avèn acoumplidos despièi,
Las dos proumèiros adesiouns que nous arribèron luguèron de dous abitants de la vilo de Bas : Grabié
Durand e Johanès Theillère.
l'eicelènt M. Fabre

,

Lou segound, qu'èro Conse de Eas, èro lou nebout
d'aquèi sabènt Abat Iheilltre que î a g u è tant de pit-

cious libres sus lous ancians souvenis de la vido istourico de noste bèu païs de Vêlai ; e lou proumié, qu'èro
abouticàri dins voste bourg, èro un grand e fin pouè-

to, que

fuguè lou meiour de la nouvello Mantenènço.

Iéu, garde pïousamen la letro de Mistral que saluen Grabié Dnrand lou pu grand pcuèto de Jend'O
go
de nostos Escolos de Vêlai.
davo

E, lou vesès, en venènt à Bas testa la Santo Estello,
sian pas en pais estrangié , d'abord que nosto picumèiro Rèino dous felibres de Vêlai fuguè de
osio vi¬
lo.
E se lou souveni de Grabié Durand e de Johants

Theillère, que mous braves amis Hilàri e Jan Theillè¬
re lou representon tant bien dins noste coumita, - se
lou souveni d'aquelous dous felibres de nosto Mante¬
nènço e de nosto gènto rèino Ano-Mario Durand encaro

lou

aviò besoun de quauquo

men

soun

lo de Bas.

ajudo, la troubarian dins

de dous autres pouètos que plus anciànasourtis de la vièio e bono raço de vosto vi¬

renoum

�—

7°7

—

Embé la Santo Estello festan anuei lei

Noços d'ar-

gènt de nostes Jos Flouraus ; acò's lou jour de saluda
toutes lous pouètos, e noumarai lous dous pu grands
de Bas : Vitour de Laprade, que sa famiho èro de voste caire despièi 400 ans, - e l'Abat Chambounet, que
fuguè-t-embé 1' Abat Meiller e ncste An:al Giu n lcu
precursour dei Felibrige velaien.
Noumarai amai lei vivènts : lous pouètcs de Bas,
Mllo Boute
qu' o tant bèn chanta Rochobaroun , e
Léoun Chambounet. lou fin pouèto dei terraire , que
laisso pas toumba la liro de soun liane ; lous
tos d'Aurec
que soun vendus lits à noslo tsulejado,
,

pouè¬

,

que ié sarien quatre se Mllo Pignal èro pas malauto,
lou pouèto de Tiranjo, M. l'Abat Fayard, qu'es
de voste cantoun
qu' avian agu deja lcu plesi

e

amai
dhmi

-

,

davans l'oustau de l'Abat Meiller, à
avian agu la joio de courouna , l'an
dei Puei

,

e

Mountregard, qu'

dairié

.

à la festo

qu'encaro nous o paila tant gaiardim.cn,

aquèi matin.
Tabè lève

moun

pouètos de Bas !

vèire à 1'

cunour

de toutes loi s

A M. l'Abat Fayard !.. A Léoun
gènto vilo !

Chambounet !... A vosto

CANTICO

A

NOSTES

Rèino de Vêlai

e

SANTS

DE

VELAI

rèino dei Puei,

/ierge tant benido, o Vierge Mario,
Eici nous ves's acampas anuei
Pèr vous imploura pèr nosto patrio !
N'en voulèn sauva lou passa tant gènt
Que lou tèms gravé dins un fin de lavo.
Sa couifo à festuuns, soun riban lusènt,
E

sa

lengo d'O, sa lengo vellavo.

envouca toujours lous grands Sants
Qu'avien imploura nostes anciaris paires !
Nous acourdaran lous secours puissants
Que podon dei ciau beila pèr Jours fraires.
Toutes lous prian de noun óublida
Que soun lous patrouns de vilo garrudo
O de bourg farot, e qu'avèn garda
Nostos tradiciouns, gràci à lour ajudo.

Voulèn

Nous chau à Sant

Thyrse ôufrir

un

refrin,

Que iuguè de Bas lou Sant tutelàri,
Pièi à Sant Mayol, à Sant Marcelin,
Santo Sigoulèno e Sant Escutàri,
Sant Juliò, Sant Jôrgi e Sant Sigismound,
Sant Frount, Sant Vouzi, Santo Margarido,
Et pèr que sus nous veilhe bièn d'amount
A Sant Chaire amai 'no gerbo flourido !

A. Boudon-Lashermes

�—

70i

—

aulo d'or

: sas ribeiros,
Leiro, Lignou, Anço e Duneique marmouttont en patoues soubre liours pèiros
rundos ; sas costos
oube liour mantè de balais , de
challaios et de brueiros. vount s' agripont de paures
pis tourchus ; et sous grands boues , que chantont ,
quand lous crosso le vènt. Oué, amen tout acô, poudès me crèire
Et quand , nous-autres soudards
en
tournant dóu front
en davalant d' amount
vesiont
dins lou cia las nautos parits de nostros
mouniagnos,
nostre ceur se sarravo
et si aiovs pcv diu , si ai eus

ro

,

.

,

,

,

,

saupu,belhau aurions ploura.

Et, tabè, nostro lengo, l'amen, aque patoues de nôstris vieus, que sono clar coumo uno eschinlo, et
qu'es
ta vieu que le francé, - aquelo
lengo qu' ant parla ta
gentamen lous troubaires d'àutris ceps. Et belhau un
jour, quand soubre nostro pauro Franço, vounte lous
efants s' abarissont gaire et vounte lous ci os se vouidont
lous estrangiers serant vengius ta noumbrous
que las graillos soubre las estoublos
belhau
pèr se
counisse entre Francés chaudra parla patoues.
Quelo lengo adounc sera nostro noublesso.
,

,

,

Tout parié, amen nòstris chapès dount las larjes alos nous beilont un èr ta décida, nèstris
petiots gilets
tlouris et nôstris

loungs guetôus que nous paront dóu
las couifos e las raubos de tôutos las coulours
que fant sembla las fenros à ie bian gèntos flòurs. et
que volont ta bian
quand vijo 1; bcvrrèio car ne
sout pas estritos et manque nt pas d'estofo.
t'rid,

-

,

,

,

Et nous souventn toujours ci eu beun vieu tems
quand tout le m'ounda èro de boun mounde quand
lous vesis s'ajudavont et s'amavont quand las lounjos vihados arroussavont sous lous chalès
et tout le
tour d'un fìòc de garnos et d'estelous
lous omts ptr
davisa, las fennos pèr faire de pouintos, et lous jouines pèr badina.
,

,

,

,

,

Et tout acô voulèn l'ounoura et le manteni ta
que
pouirren. Sabe bè que lou tèms d'anuei, lou fiancés,
la modo,volont le faire eissubla, le bouta deforo cou¬
mo la meichanto aurisso
que secouei et desrocho lous

��LE

ROI

EST

MORT

Les nobles, les bourgeois, sortis de leurs quartiers,
Doivent céder la place aux bruyants écoliers.
Le bailli, les consuls, le juge-mage, en robe ;
Le Chapitre, en l'ochet; les paroisses, en aube ;
Pour présenter les clefs, des fillettes en blanc,

Réclament, mais

Le

en

vain, l'honneur du premier rang.

peuple, de l'audace ayant le privilège,

Pour acclamer le prince envahit le cortège.
Les femmes, les enfants se pressent sur ses pas
Et toute la jeunesse au milieu des vivats
Parle de s'enrôler et veut en signer l'acte.

peine, une foule compacte,
à pied l'hôtel épiscopal.
La pente, trop abrupte, abattrait un cheval.
Son hote en arrivant reçoit une missive,
Il y jette les yeux et sa surprise est vive :
«Le Roi, dit-il, est mort.... Eh bien ! Vive le.Roi !

Traversant,
Le

prince

non sans

gagne

Ce dernier veut en vain répnmer son émoi,
Il se sent malgré lui tomber en défaillance.

L'évêque ajoute, après

un instant de silence :
Nous devons nous soumettre aux décress du Seigneur
Calmez votre chagrin, dans un monde meilleur
L'âme de votre père est heureuse sans doute.
«

Prions pour le défunt ! Que le Ciel nous écoute
Notre Roi trop longtemps ici-bas a souffert,
Le céleste séjour lui sera vite ouvert.

!

Que le Dieu tout-puissant dans sa miséricorde
Lui donne ce repos qu'aux élus il accorde !
Qu'il le reçoive en paix parmi les bienheureux
Et qu'il permette enfin, pour combler tous mes vœux,
A notre jeune Roi de commencer son règne
En relevant des Lys la glorieuse enseigne ! &gt;,

��—

BRINDE

DE

7O8

M.

—

L'ABBÉ

FAYARD

Attention !
Monsieur Boudon !

Dans un joyeux cercle d'amis
Plaisanter un peu m'est permis !
Grande est ma joie, en cette fête,

De régler une vieille dette.

J'en appelle à Monsieur Ranchon î
D'aller jusqu'au sang Dieu me garde ;
Duel d'un nouveau genre. En garde !....
Pas de quartier, Monsieur Boudon !
Si vous
A table

me
un

demandez pourquoi
semblable tournoi ?

Je réponds avec assurance
Qu'abuser de la patience
D'un vieux curé, à cheveux blancs,
Contre l'honneur est une injure
Dont je veux laver la souillure
Malgré mes soixante quatre ans.
N'en déplaise à Monsieur Boudon,
L'heureux châtelain de Chosson
Dont le regard moqueur me nargue,
Nous la connaissons, la Camargue !

Je l'ai

parcourue en tous sens
Par une belle matinée.
Oh ! l'inoubliable journée.

Qui remonte à plus de trente

ans

!

Le soleil, - oui, Monsieur Boudon !
Sur Saint Gilles, sur Albaron,
Dardait rouges rayons de flamme

Quand tout chante

au cœur

et dans l'âme,

Que peut de Phébus le courroux ?...
On méprisera ses furies,
Nous irons aux Saintes Maries,
Dût-on marcher sur les genoux

!

Comme il est dit dans la chanson,
Les vieux, fier seigneur de Chosson,

( J'en appelle à la Maintenance ! )
Du
Le

-

passé gardent souvenance.
passé leur semble être hier !
Aujourd'hui que de tout félibre
A l'unisson chaque cœur vibre,
De ce passé je suis très fier.

�-

De

7° 9

cela, bientôt quarante

ans

!....

( On peut avoir ies cheveux blancs )

...

Du

rivage, à plus ''une iieue,
J'ai vogué sur la Grande Bleue.
Du Rhône au cours torrentueux
Sur la mer poursuivant leur route,
Avec elle engageant la joûte,
Grondaient les îlots présomptueux.

j'ai

vu

paître

au

milieu des joncs,

Comme les troupe mx sur nos monts,
Ce coursier nain, à robe grise,

Que, bien à tort, plus d'un méprise,
Ce Camargue au regard de feu,
Ennemi du mors, de tout maître,
Se cabrant.... S 'il veut se soumettre
Pour lui la distance est un jeu !
N'en déplaise à Monsieur Boudon,
D'un manuscrit à moi larron,
Avant de tomber sur l'arène

J'ai

vu ces

fiers taureaux d'ébène,

Encadrés par leurs gardians,
Lance en arrêt sur leur monture,
Déboucher à rapide allure,
Au grand effroi des habitants.
N'en déplaise à Monsieur Boudon,
La Tarasque de Tarascon
M'a fait l'honneur de sa maison !...

Que dire de ces Arlésiennes
Au profil grec, au port de reines,
Que jalousent Les Parisiennes,
Que célébra, Monsieur Boudon.
Toute la presse de Lyon ?
Un remords, un remords cuisant
Me tourmente, amis, bien souvent.
L'immortel Mistral, le grand Fabre,
Dont plus d'un ciseau sur le marbre
A tracé les noms glorieux
Pardonneront Jean de Tiranges
D'unir ses très humbles louanges
A celles qu'appelaient ses vœux.

Tiersou, mon cher de Vissaguet,
Assiste, invisible, au banquet.
Notre gai copain de collège •
Pour qui fut un jeu le solfège,
Fidèle à Bas, à Monistrol,
En ce jour accorde sa lyre,
Esquisse son plus doux sourire
Et vers les cieux repi-end son vol.

*

�—

Certain de

710

l'approbation

De tous, mon cher Monsieur Boudon,
Je prends encor permission
De saluer en votre nom
Ce grand évêque dont la mitre
Honore Bas à plus d'un titre,
Dont le cœur bat à l'unisson
Du nôtre.
Un ban, Monsieur Boudon.
Au grand évêque Chassagnon !
Dans

petit cercle c'a mis
son cœur est permis.
Membres de notre Maintenance,
Tous enfants de Dieu, de la France,
un

Epancher

Serrons les coudes et les rrngs ;
Montrons aux orgueilleux sectaires

Que le pays des

«

Brisera les fers des

Inventaires
tyrans 1

»

Je termine.... Trois fois parcen,
"Gentil paladin de Chosson !
Si ce rustre Jean de Tiranges,
A d'autres prodiguant louanges,
Sur vous décocha plus d'un trait.
Scrutez bien votre conscience

:

Trop légitime est sa vengeance !
Rappelez-vous certain méfait

BRAM

DE

DENIS

SOUVIGNET

Anttei crâne soulè grillo Rocho-Baroun
Douno grand vio chu Lèiro, à sous bourgs, à sous mounts.
Nòtris remerchiamens aus noutàblis de Bas,
( Mouchu de
Vissaguet ) , que nous ant à dinas ;
Moun plus genquit salut à lo Rèino dóu jour
Et à tôutas las Damos assemblas à so Cour.
Lo Coupo Santo ourna de Jo boueissou dous Dious

Que fai rèiva lous morts et babilla lous vious
Me permet de souhata que notro San Estello
Chise toujours féta,plus brillanto, plus bello !
Bève à vous-àutris tóuts, felibres
réugnis !
Vous fasse Diou trento ans
deigusta si boun vi !

�—

7n

—

GRAMACï

Ei pople de Bas,
gramaci !
Car nous o reçaupus eici
Tant gentamen, pèr Santo Estello J
lé disèn merci de tout cor
Pèr tout l'entrin e lou décor
D'uno festo tant gaio e bello !

Merci

pèr Moussu Ragounet
Que tout lou jour se demenet
Pèr nous ourganisa la
festo,

Fin tresourié qu'en soun trésor

Faguet toumba de pièços d'or
De façoun agradivo e
presto.
Pièi à Moussu de
Vissaguet
Nouvè merci !... que nous
faguet
Gènt acuei, à l'Oustau de vilo.
A sa musico, gramaci !

Que tout lou jour faguet ausi
Tant de poulits èrs à la filo !

Hilàri e Jan Theillère a m ai
Se soun douna proun
de trabai
Pèr que la festo nous agrado.
Cridan merci pèr tóutidous
Que soun estas bièn amistous
Dins aquelo bello

journado !

NOS

ROCHES

Sur les monts de chez

il est des roches
grises
pour des châteaux, pour des églises,
Ou bien pour des forts crénelés
Que le temps a démantelés.
nous

Que l'on prendrait

.

Et la mousse les
enveloppe.....
Et les genêts fleuris semés dans le

Des

gazon

Semblent, ainsi qu'en un blason,
besans d'or sur un champ de
synope.
Elisabeth

Magnin

�L'HOSPITALIÈRE

A

VILLE

DE

BAS

O Bas, ville jolie, hospitalière et bonne,
Que Nature à souhait combla de ses présents,
Où l'hiver est sans fiel et vermeil est l'automne,
Où sur les verts coteaux s'attarde le printemps !
Le chantre de Mantoue eût, sous tes frais 'onrbrag.es
Charmé de ta beauté, de tes gais paysages,
Près de ta sablière élevé son palais,

Et,

sur sa

lyre d'or, proclamé tes attraits !

Tu n'es pas la cité fumeuse et trépidante
Que l'homme a transformée en enfer angoissant,

Où, chaque jour,
La bataille pour

se livre, inhumaine et ardente,
l'or, avide conquérant.

De Pomone et Cérès tu fus le doux asile
Et les rayons dorés qui frappent tes sillons
Lentement et sans bruit éclosent les millions

Que

par

l'effort des tiens jette ton sol fertile.

En toi tout est repos,

le calme est ton partage
jamais l'épervier n'habita tes halliers.
Jamais le noir autan n'habita ton bocage
Où s'ébattent gaîment les geais et les ramiers.
Et

qui du Gerbier descend
épand son fioi pesant,
Pour ne pas inquiéter ta paix, ton haimcnie
S'étale sur tes bords et suspend sa furie.
Même le fleuve altier
Et qui, de roc en roc,

Un jour de cet été, les fils des troubadours
Accoururent vers toi te dire leurs ; me urs
Et dans ton temple saint égrener leur prière.
Cité vellave, o Bas, tu les reçus en mère !
Avec leur cœur ton cœur battit à l'unissen
Car en voyant les fils tu reconnus leurs pères,
Les poètes d'autan que vers Rochebaion
Gui lèrent de tes preux les mœurs hospitalières.

Cité, sois bénie, et que Dieu t'accompagne !
Que le malheur de toi s'écarte à tout jamais !
Que des troupeaux nombreux animei t ta camp; pre
Que les blés jaunissants surchargent tes guérets !
O

Abbé Oddes

I'

O

VINGT

CINQ ANS

D'

ACÓ

Après la guerro avèn décida de faire de piaquepèr counserva lou souveni de nostes mantenèires morts à la flour de l'âge,-d'acampa lours obros
e lours pourtrats pèr lous sauva de l'óublit.
Anuei beilan lou pourtra de Renat Frayssineau
(pajo 713) e de Pèire de Fraix de Figon (pajo 719).
Avian deja parla dei segound , e racounta coume fuguè tua à 1' enemi.
M. lou général Frayssi¬
neau, paire dei proumié , nous mando anuei quau-

tos

'

quos pouësios ineditos de soun fiéu . que daton
25 ans, e que sian urous de reproudurre eici ;

de

��CONTE

BLEU

Certain poète, un jour, tout couvert 4e rougeurs.,
Fit un horrible affront à Dame Poésie
En envoyant dinguer sa coupe d'ambroisie
Pour se rincer la dalle avec des « quatre fleurs &gt;, ,
Dès qu'elle eut vent d'un crime aussi grave, la Muse
Bondit vers le coupable, et, sévère, lui dit :
-« Casse encor la vaisselle des dieux, mon petit !
Et bois des « quatre fleurs » puisque .cela t'amuse 1
« Mais ne t'épate pas de ne jamais revoir
•Celle qui te rendit poète, espèce d'âne !
Je ne veux point aimer un buveur de tisane
On rougirait de moi, dans l'Olympe 1... Bonsoir

!

&gt;

Et la Muse fila par le premier nuage
Le rimeur, direz-vous peut-être, s'affola ?...
Eh bien ! non !..,.. Mais il dit : « Je connais

Mignonne, avant

un

mois

nous

celle-là !
ferons don ménage ! »

Huit

jours après, cheveux au vey.t, lyre à la main,
Guéri, tout blond, tout frais,tout beau, tout gai, tout rose,
'Le poète.,réduit à ne parler qu'en prose,
■Suivait, les yeux remplis de rêves, son chemin.......
En le voyant, du ciel : « Mais, saperlipopette !
Dit la Muse.j il n'a plus de rougeurs, maintenant !
11 est superbe ;! Il est sublime !
En Lui tournant
Le dos, c'est une énorme gaffe que j'ai faite !.»

Et,

quelque chose au cœur la chatouillait,,
dégringole sur terre,
S'approche du rêveur qui marchait, solitaire,
Et passe autour du sien un petit bras douillet.
comme

La Muse lestement

-

« Tiens ? te voilà ? dit l'autre en jouant la surprise,
Je croyais qu'on était brouillé, moi, tous les deux ?
Tu te trompes '! - Oh ! non !.. c'est bien toi que je veux.
Moi? Mais oui, toi ! - Mais non,voyons! tu t'es méprise
-

Nullement! et je viens implorer mon pardon
Pour t'avoir fait, rêveur, une pareille crasse !
Allons'! embrasse encor ta 'Muse qui t'embrasse
'Et dis-lui que-tu l'aimes toujours... - Ah mais non
-

;!

Tu vas auparavant me dire, tête folle,
Pourquoi tu une reviens, comme ç:a,brusquement;? »
Elle mit ses yeux dans ses yeux, et gentiment.:
« Mon chéri, tu m'as plus la petite vérole ! &gt;
«

Moralité

'Cette fable, dirait Esope, montre,que
iLa Muse, hélas ! est femme avant L'être déesse'!..,.
"N'importe;!,.. mon rimeur la garda pourmiaîtresse,
lEt de leur union naquit ce Conte BÌeu.

�—

7*5

—

L'ENFANT

Tu dors !.... réveille-toi, mon
ange au doux sourire !
Ta mère est devant toi, veillant sur ton sommeil :
Elle attend doucement l'heure de ton réveil
Et Son œil dans le tien avec amour se mire.

Le

soleil, déjà haut, brille dans le ciel bleu

Il se reflète,enfant, sur ton
visage rose.
Mais voici que déjà de ta lèvre mi-close
Sort un gémissement, et tu rouvres les

;

yeux.

Sur terre on t'aime, enfant, mais Dieu dans la
patrie
T'attend, et c'est bientôt qu'il viendra l'appeler.
Va jouir de son ciel et quitte cette vie,
Car un ange est trop beau
pour vivre et pour pleurer.

Ainsi toi, que d'en haut le

Rédempteur admire !

Le lendemain matin, l'enfant domnit encor.
Sur sa lèvre on voyait éclore un doux sourire.
Un sourire divin.... Hélas! il était mort !

Mais loin de nos malheurs, loin de toutes nos larmes,
Il est allé revoir le Dieu de son amour
Là tu seras heureux, tu n'auras plus d'alarmes.

Adieu,

mon ange

! adieu !... J'irai te voir

LES

un

jour.

MOINEAUX

A Mademoiselle Germaine de

Montaigut

Les

petits moineaux folichons
Quand la terre se refait belle

Pour fêter la saison nouvelle
S'entredonnent des baluchons.
*

Les pierrots n'ont pas la manie
Des bals tristes et somptueux,
Aussi vous reçoit-on chez eux
Tout à fait sans cérémonie.

Comme buffet, un peu de pain
Dérobé sur une croisée,
Une ou deux gouttes de rosée
Prise au meilleur crû du matin.

Comme orchestre.... Oh! c'est très bizarre
Les petits moineaux n'en ont pas.
Ils savent prendre leurs ébats
Sans le concours d'une fanfare,

�—

7I6

—■

Car chacun d'entre eux, sifflotant
D'une manière sans pareille,
Peut valser dans l'air à merveille
Et s'accompagner en chantant.

Comme canapé, la verdure

D'un arbre
chlorophyllien
Dont le zéphir aérien
Berce mollement la ramure,
Un mince plumage ouaté
Comme luxueuse toilette,
Comme chapeau, rien sur la tête,
Comme salon, l'immensité.

Quand Monsieur le soleil égaie
Le salon de la gent moineau
En l'éclairant a giorno,
Si vous saviez ce qu'on s'en paie

!...

Tous, même les plus distingués,
et boivent sans
scrupule ;
Aussi, quand vient le crépuscule.
Ces bons moineaux sont plutôt gais.
Dansent

Dans l'immensité bleue et blanche,
Faite d'azur et de coton,
On voit leur joyeux peloton
Se dérouler de branche en branche.
Et pendant que, le bec dans l'eau,
Tout le populo les admire,
Les moineaux éclatent de rire
Et se moquent du populo.

SIMPLE

HISTOIRE

Sur les ailes du

temps la tristesse s'envoi*

Dans le salon de la

marquise
Rempli de très vieux bibelots
La petite fille est assise
Près de la fenêtre, en
sanglots.
Suivant l'ordre de

Robespierre

Le peuple s'est débarrassé
Hier de sa vieille grand'mère,

Aujourd'hui de

son

fiancé.

Maintenant la petite fille

Songe qu'il lui faudra bientôt,
Puisqu'elle est de noble famille,
Tomber sous l'ignoble couteau.
Et la mignonne enfant sapglote,
Son petit mouchoir à la main,
En attendant le Sans-culotte
Qui viendra la chercher demain.
Et l'on pourrait croire, à cette
heure,
Que dans ce riche appartement
L'image de celle qui pleure

Doive vivre éternellement

Dans le salon de la marquise
Le Moët et Chandon coule à
flots,
Et le petit marquis se grise
Au milieu des vieux bibelots.

1893

�LE

CAVALIER

Vers les monts de
l'Oural, de l'aube
Perçant la brume glaciale et crevant

au

crépuscules

l'air,
Le cavalier du tsar
galope, sabre au clair,
Dans la plaine sans fin
que la neige immacule.
Sur la route, en
dépit de ses forces d'hercule,
L'hiver doit le tuer, mais il
nargue l'hiver,
Et, sachant que jamais un soldat
ne
recule,
Il avance
toujours, héroïquement fier.

Mais

bientôt, allongé sous la neige qui tombe,
Auprès de son cheval le cavalier
succombe

Sans même avoir, de
loin,

Ainsi,

vers

L'homme

l'Idéal,

avance

Pour mourir

vu

les

monts de

l'Oural.

sans repos et sans trêve

toujours

au

galop de

son rêve

avoir entrevu l'Idéal.

sans

LE

DÉPART

Coifté d'airain,
ganté d'acier, chaussé de fer,
Brillant de mille feux sous
sa

cotte de mailles,
Un noble chevalier
partait, heureux et fier
D'aller cueillir l'honneur au

jardin des batailles.

On a toujours été
vainqueur dans sa maison
Et comme ses aïeux il
avait l'assurance
D'ajouter une gloire encore à son blason
De noble chevalier du
Royaume de France.
Il rayonnait ; mais
'Il vit sa
jeune

en

fiancée,

quittant le vieux manoir
en manteau noir,

Pleurer dans la
chapelle

une

sainte

prière,

Et lui qui tout à l'heure
était parti joyeux
De son casque,
soudain, rabattit la visière :
Une larme d'amour avait
mouillé ses yeux !

PETIT

BRETON

Petit

Breton, fils des bruyères,
Poétique et joyeux gamin,
J'aime à te voir lancer des
pierres,
Assis sur le
bord du chemin.

Cependant que ta chèvre broute
Sur le fossé, près de la route
Où les landes sentent si
bon,
J'admire ton profil rustique
Sous le beau ciel de
Petit Breton.

l'Armorique,

�—

7i8

—

Petit Breton, je viens entendre,
Le soir, chanter ton biniou,
Et rien ne me parait plus tendre

Que ces airs nés Je ne

sais où.
baisse

Dans le vague du jour qui
Sa voix monte, monte, et s'affaisse,
Demi rêve, demi chanson,
Comme un feu follet qui s'allume,

Brille, et disparait dans la

brume,

Petit Breton.
Petit Breton,

parmi les landes

£ien souvent il te semble voir
Les héros des vieilles légendes
Qui te font pleurer chaque soir.
Et tu trembles, crainte naïve !
Ton âme simple et primitive
Se révèle dans ce frisson
Ton âme, c'est la beauté même !
C'est l'unique beauté que j'aime,
Petit Breton !

PETITE

BRETONNE

Je ne connais pas la fillette
Dont voici le joli minois,
Mais je la trouve gentillette
Et je l'adore en tapinois.
Ce n'est qu'une humble paysanne,
La mignonne que tu vois là,
au vieux temps, la Duchesse
Portait le costume qu'elle a.

Mais,

Anrie.

Elle est du peuple, pauvre fille !
Mais elle est du pays d'Armor
Où dans la plus humble famille
L'âme est vaillante et le cœur d'or.
La mignonne, elle n'est pas riche,
Mais je n'aurais pu trouver mieux,
Et puis, les écus, je m'en fiche,
Du moment qu'elle a de beaux yeux
Et d'abord si jamais personne
Trouve mon amour étonnant

Je dirai : « Ma mie est bretonne
Et je suis breton bretonnant ! »

}

�«

�—

720

LE

-Sous les

murs

Etendu,

comme un

—

LION

de Belfort, la cité courageuse,

chien gardant le seuil ami,,

ans on le croit endormi,
œil étincelle et sa gueule est baveuse-.

Depuis plus de vingt
Mais

son

Tournant vers les vainqueurs sa face
Il attend ; et là-bas l'éternel ennemi

dédaigneuse,,

L'ayant blessé jadis le croit mort à demi.
Mais il vit, et son âme est toujours orgueilleuse-,
H attend. Et bientôt le vieux lion

français,,

liberté, de gloire, de succès,
Aux yeux du monde entier relèvera la tête.

ivre de

l'esclavage est bien près de finir,,
Et, pour mieux réparer sa première défaite,.

11 sait que

Le vaincu du Passé

regarde l'Avenir.......

RIMES

[&gt;'• AVRIL

Votre amour s'est enfui, mignonne, avec les roses I
Tant qu'elles fleurissaient rous m'artz adoré,
Mais quand l'automne a rame ré es jours moroses
Vous n'êtes plus venue et j'ai beaucoup pleuré
Votre amour s'est enfui, mignonne, avec les roses 1

J'ai passé mon hiver à souffrir loin de vous,
Revoyant les jours d'autrefois, si pleins de charmes,
Où nous nous promenions, faisant des projets fous ......
Et seul au coin du feu, les yeux voilés de larmes,
J'ai passé mon hiver à souffrir loin de vous.
Mais mon cœur attristé revit à l'espérance
De retrouver vos mots câlins et vos doux yeux,
Car le printemps, qui sait guérir toute souffrance,
A parsemé les champs de couples amoureux

Et

mon cœur

attristé revit à l'espérance.

Aussi dans

un baiser je vous le dis très bas,
Puisqu'avec le printemps renaissent teutes el r ses,
Mignonne, avouez-le, ne vous semble-t-il pas
Que votre amour sera parmi les fleurs écloses ?
Aussi dans un baiser je vous le dis très bas :
Votre amour renaîtra, mignonne, avec les roses !

ENVOI

Pourquoi donc, mignonne, hier soir,
Avez-vous, pour cueillir des roses,
Enlevé vos gants et fait voir
Dix

amours

de

petits doigts roses ?

J'étais légèrement toqué.

Mais hier en cueillant des roses
Ils m'ont tout à fait détraqué,
Vos amours de petits doigts roses

!

Et maintenant je ne vois plus
Qu'une femme, des doigts, des roses...
Pourquoi diable les ai-je vus,
Ces amours de petits doigts roses ?

�—

721

—

MARIDAGES

FELIBRENS

Noste ami Clemènt Malhomme, de l'Escolo dei
Boumbardamen,nous fai saupre soun maridage emhé la fiho de soun coumandant, Roger I.amblin.

Lou

pouèto Denis Souvignet, que nous aviò regaiardamen à Las Granjos de Mountregard, marido soun garçoun Régis embé Mllo Ju¬
lio Varnier, de Rionze fiho de
M.Auguste Varnier
e de Mllo Sabatier. La
gènto nôvio ei la cousino de
Na Gabriello Peyroche nosto Rèino dous Felibres
çaupus tant

,

,

,

de Vêlai.

Nous

manco

de

plaço pèr reproudurre eici tou¬

tes lous vers que soun estas mandas ei dous
paris
de nòvis pèr lous felibres velaiens
Pamèns beilaren anuei aquèi
poulit blinde de Mèstre Denis Sou¬
.

vignet

:

AUS

NÉOUVEIS,

A

VOUS

TOUS

!

Moun

djanqui veire ournò de 1 o boueissou dous dious
Que fai raiva lous morts et babilla lous vious,
Me permet de souhata pèr notris dous fìançòs
Cinquanto ans de plaseis, de bounheur et de viô.

Qu'eilèvan pèr lou mti de gaillards efanlous,

Tous richis de vigour, fis, nervous, malissous,
Richesso dou fouier, djoio mai qu'un trésor,
Amant de tout liu cœur parents, frairis et sors

Un boun souhait
Lou succès

pèr lo viô,toujour de crano miso,

fourtuna, but de touto entrepriso.

Lo famillo Varnier voudrò me perdouna
.En quaou grand jour de feto que nous a

pèr dina,

�Un franc remerciamen et mo recouneissènço
Pèr qu'un nouvè meinadge martche à so coumencènço

Que sé lève moun vèire à so prousperitò,
Qu'aus votris, à vous tous, bève à votro santò !

Que lo Vierdjo de Diou, lous Saints dou Paradis,
Lèvan liu blancho mo pèr vous tous beneji !

Denis

A

NOSTES

Souvignet

LEITOURS

Noste journalet achabo anuei sei 2*, ans de viAprès lous très voulûmes dei «Petiot Vignard» :
( 1899 à 1905, 1905 à 1910, 1910 à 1912 ), après lous
dous proumiés voulûmes de la Crounico ( 1913 à 1915
e 1015 à 19S4 ) anan coumença,embé lou numéro de
janvié 1925 un nouvè voulume.
do.

E se chascun nousvòu bèn
bello obro e bon trabai.

ajuda faren

encaro

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="737827">
            <text>Auvergne</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="737838">
            <text>Revistas literàrias e artisticas = Revues littéraires et artistiques</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737810">
              <text>La Crounico de Sant-Maiòu. - Annada 11, 1924</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737811">
              <text>La Crounico de Sant-Maiòu. - Annada 11, 1924</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737812">
              <text>Boudon-Lashermes, Albert (1882-1967). Directeur de publication</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737814">
              <text>Badiou-Amant (Le Puy-en-Velay)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737840">
              <text>Escolo félibrenco velaienco Pèire Cardenal (Le Puy-en-Velay)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737815">
              <text>1924</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737816">
              <text>2020-04-27 FB</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737817">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737818">
              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/33629ea4ff9a7215cd791b7fb8c5607a.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737819">
              <text>http://www.sudoc.fr/136603025</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737820">
              <text>&lt;em&gt;La Crounico de Sant-Mai&amp;ograve;u&amp;nbsp;&lt;/em&gt; &lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/20209" target="_blank" rel="noopener"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737821">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737822">
              <text>1 fasc. (pp. 580-722) ;  32 cm</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737823">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737824">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737825">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737826">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737828">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/22546</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737829">
              <text>FRB340325101_P-5_1924</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737834">
              <text>Littérature occitane -- Auvergne (France)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737835">
              <text>Poésie occitane -- Auvergne (France)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737836">
              <text>Félibrige</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737843">
              <text>Vellave (dialecte)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737837">
              <text>Domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="38">
          <name>Coverage</name>
          <description>The spatial or temporal topic of the resource, the spatial applicability of the resource, or the jurisdiction under which the resource is relevant</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737841">
              <text>Velay (France)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="115">
          <name>Spatial Coverage</name>
          <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737842">
              <text>point(46.8853391,4.3301417)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737844">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;La Crounico de Sant-Mai&amp;ograve;u&lt;/em&gt;&amp;nbsp;est enti&amp;egrave;rement r&amp;eacute;dig&amp;eacute;e en occitan, elle contient principalement des po&amp;eacute;sies mais comprend aussi des informations sur les activit&amp;eacute;s f&amp;eacute;libr&amp;eacute;ennes en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral et celles de la maintenance du Velay en particulier. Les num&amp;eacute;ros parus pendant la guerre donnent des nouvelles des f&amp;eacute;libres mobilis&amp;eacute;s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737845">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;La Crounico de Sant-Mai&amp;ograve;u&lt;/em&gt; es enti&amp;egrave;rament redigida en occitan, conten principalament de poesias mas compren tanben d'informacions sus las activitats felibrencas en general e las de la mantenen&amp;ccedil;a de Velai en particular. Los numer&amp;ograve;s pareguts pendent la gu&amp;egrave;rra balhan de nov&amp;egrave;las dels felibres mobilizats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="37">
          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737846">
              <text>Fournier, René (1871-1940)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737996">
              <text>Abric, Louis (1886-1953)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737997">
              <text>Boncompain, Auguste (1885-1962)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737998">
              <text>Oddes, (Abbé)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="737999">
              <text>Badiou, Eugène (1864-1924)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738000">
              <text>Testud, Claudius</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738001">
              <text>Magnin, Elisabeth</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738002">
              <text>Gay, Eugène</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738003">
              <text>Charrasse, Louis (1868-1927)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738004">
              <text>Charrasse, Alain (1891-1954)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738005">
              <text>Jouveau, Marius (1878-1949)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738006">
              <text>Peyroche, Louis</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738007">
              <text>Peyroche, Gabrielle</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738008">
              <text>Chambonnet, Léon-Claude (1869-1935)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="738009">
              <text>Fayard, Jean-Marie (1860-1930)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="824014">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, P 5</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737830">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737831">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737832">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737833">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="737839">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="1918">
      <name>Auvernha = Auvergne</name>
    </tag>
    <tag tagId="1965">
      <name>Guèrra 14-18 = Guerre 14-18</name>
    </tag>
    <tag tagId="2347">
      <name>Poesia = Poésie</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
