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                  <text>18* Anade.

10 de May 1914.

M
Les vieillards se plaisent à dire que les saisons changent, et que
le printemps, notamment, était plus exact autrefois qu'aujourd'hui
dans son retour périodique.
Je crois bien qu'ils se trompent.
Voltaire disait, il y a plus d'un siècle :
« Le mois de mai n'est beau que chez les poètes». Nous pouvons
ajouter : et dans le souvenir des vieillards.
Mais ces souvenirs ne sont qu'une illusion. Us se rapportent à
l'époque de leur jeunesse, alors que la sève montait en eux, que
leurs vingt ans fleurissaient et que leurs rêves étaient roses. Le
printemps était dans leur cœur, mais.au dehors, la pluie tombait
et le vent soufflait, parfois glacial, à moins qu'une désolante
sécheresse ne vînt paralyser la végétation et ruiner les espérances
des cultivateurs.
Et les bons vieux de cette époque disaient aussi : « De mon
temps... »
Quoi qu'il en so&lt;t. c'est le renouveau : vertes prairies, arbres en
fleurs, roses ouvertes. Et puis, frileux ou brûlant, le mois de Mai
apporte toujours les prémices de la belle saison. C'est encore
pourquoi il s'épanouit dans l'esprit des poètes, et il se retrouve
poétisé dans le souvenir des vieillards ; pourquoi aussi on l'aime,
et pourquoi, de date immémoriale, la jeunesse l'a célébré par de
joyeuses fêtes.
Autrefois, dans les campagnes landaises, les jeunes gens se
concertaient, et, pendant la dernière nuit d'aviil, ils plantaient
l'arbre de mai, tout enguirlandé de fleurs, devant la porte des
jeunes filles de bon renom.
Cet usage n'existe plus que dans quelques rares localités. Dans
d'autres, il s'est depuis longtemps modifié : le mai est planté
devant la maison de certaines notabilités ; ailleurs il a complètement disparu.
Mais l'habitude de célébrer une fête dans le courant du mois
subsiste dans la plupart des villages de la Chalosse et dans quelques-uns du Marensin. Elle se perd, cependant, d'année en année,
dans les contrées où les courses landaises étaient le seul divertissement apprécié du public. Et, certes, il n'y a pas lieu de le

�— 86 regretter, au contraire. Telles qu'elles se font actuellement dans
les petites communes, ces courses n'offrent plus aucun attrait.
Une foule de légendes et de coutumes pittoresques s'attachent
au mois de mai.
Les Grecs et les Romains croyaient que mai était en la puissance
des mauvais esprits. Ils le regardaient surtout comme néfaste au
au mariage.
n Que les vierges et les veuves se gardent bien d'allumer dans
le mois de mai les flambeaux de l'hyménée, disait un poète latin,
car ils se changeraient bientôt en torches funèbres ».
Cette superstition existe encore dans plusieurs régions de la
France, et surtout dans les Landes, où l'on cite souvent le dicton :
Noces de mai, noces mortelles.
Presque partout, autrefois, le mois de mai était consacré à la
glorification de la jeune fille.
Dans le Centre, les jeunes gens suspendaient, devant la porte
de la fiancée, un rameau vert enlacé d'une branche d'aubépine.
Dans le Jura, la fête était tout à fait galante. Les jeunes gens
s'entendaient pour déclarer quelle était la plus séduisante jeune
fille du village, et pendant la nuit, ils plantaient, devant sa maison, un mai enguirlandé de verdure, de fleurs, de rubans et de
dentelles.
Par contre, dans certaines contrées, dans les Hautes-Alpes, par
exemple, on faisait affront aux jeunes filles dont la conduite n'était
pas régulière, en ornant le mai, par dérision, d'un bouquet d'oignons.
Dans les provinces du Nord on célébra, pendant longtemps,
une gracieuse cérémonie qui s'appelait la bénédiction des blés.
Au matin du 1er mai, les jeunes filles, habillées de blanc et
parées de roses, les paysans et les paysannes enguirlandés, parcouraient les champs en jetant des fleurs et des feuilles de buis
sur leur passage.
Dans le Midi, on choisissait une jeune fille que l'on parait entièrement de roses blanches. Elle prenait place, entourée de ses
compagnes, sur un tonneau enguirlandé, porté par des cultivateurs. Elle personnifiait la déesse de mai.
A l'origine, chaque passant était tenu de donner un baiser à la
déesse improvisée ; mais, dans la suite, au lieu d'un baiser, ce fut
une pièce de monnaie qu'il fallut déposer aux pieds de la Belle de
Mai.

�- 87 -

C'était assurément plus pratique, mais beaucoup moins poétique.
Voici enfin une coutume tout à fait piquante qui, jadis, fleurissait en Bourgogne :
« Les femmes mariées y bénéficiaient d'un singulier privilège :
défense était faite aux Bourguignons d'infliger une correction
manuelle à leurs épouses pendant toute la durée du mois de mai.
Des chartes formelles avaient conféré, notamment, cette prérogative à la population féminine de Luxeuil et de Devecey. Au
XVIE siècle, les maris, humiliés essayèrent de se révolter ; mais les
dames de Luxeuil s'empressèrent de traduire les rebelles à la
justice seigneuriale, et, en 1533, le comte Jean de la Palud leur
concéda de nouveau ce privilège » (1).
Si les maris, réfractaires aux ordres du seigneur de Luxeuil,
s'avisaient de passer outre, une autre charte accordait aux femmes
le droit de sévir. Voici l'article :

«
«
«
«

« Toutes et quantes fois qu'un mari frappe sa femme durant le
mois de may, les femmes du lieu doivent le trotter sur l'asne
par joyeuseté et esbattement, ou le mettre sur charrette et
trébuchet, et conduire dirry trois jours durant, en lui baillant
son droit, c'est assavoir pain, eau et fromage ».

« Un homme marié de Devecey, ayant subi cette humiliante
punition, au mois de mai 1427, ses amis intentèrent un procès au
beau sexe et voulurent le déposséder de ses droits. Mais le seigneur
abbé de Saint-Vincent, par une salutaire ordonnance en date du
48 Juin 1427, maintint énergiquement la coutume locale, et,
depuis cette époque, le sexe fort n'osa plus regimber » (1).
Telle est la force des traditions, que la Révolution de 1789, qui
supprima tant de privilèges, ne réussit pas à venir à bout de la
prérogative accordée aux Franc-Comtoises. En 1815 et jusqu'en
1840, la ville de Salins put voir encore plusieurs maris « frottés
sur des asnes » pour avoir enfreint la charte.
Je m'imagine que quelques-uns prenaient leur revanche dès le
premier juin.
L. LACOUTURE.

(1) Mœurs et Coutu.ïies des Bourguignons, p. L. Garron — Paris, Louis
Vives, éditeur, 23, rue Cassette (1857).

�(Parla de Biarn)
1
En nad païs n'ey bist parie,
Coum la bèutat qui bàu canta,
De Baretous be'n ey la trie,
Amies, boulhat drin m'escouta :
2

L'arrizoulet de sa bouqueté
Be lugarneye coum lou sou,
E sa frescou de macherete
Dèus amourous b'èy l'amessou.
3
Coum betli relotge d'amourettes,
Tout escounut henz lou soubac,
Henz lous gusmetz de sas poupetes
Sauteriqueye u dous tic-tac :
4
Lou beroy sou d'aqueres hores,
Oh ! trop hurous qui l'audira,
En hourrupan u paa d'amores
Qui soun débat soun lacara :
5

Lous bethz oelhous que jou bouy dise
Embroutcharén lous sentz dèu Cèu,
Ta 'mbreyaga-s d'aquet délice,
Ethz bacharén sens nad degrèu !...
6
Mey nou sauratz, e nou-b hè rète,
La qui m'ha jou tant encantat,
Débat lou cèu, lou cèu d'Arête,
Brilhe la flou qui b ey cantat.
U DE

BARETOUS.

(1) Qu'abém dehèt gay de balha aquéste flou dou Felibre de Baretous qui
n'ère pas yaméy estade emprimade pèr nouste e que disém grans mercés a
Mous Yausèp de Pouthiou-Lavielle qui se l'a proucuride.

�(Parla de Biarn).
Diméntje sé, apuch soupa, que-s aprouchèm det hoéc, y que
hém atau « le cercle de famille » : eu se prouseyan drin que-s
boulèm cauha lous pès abans d'ana droumi.
Et nouste petit Enric, escarrabelhat, que-s puje sus éts més
joulhs y aquiu, urous, aymadou, drin flaman, que prén plasé a
tira-m ét nas, eras aurélhes, éts moustachous sustout e per fis,
quoand bét que souy de boune umou — ço qui nou-m abièy pas
toustém. — qu'en arribe oun bòu : que prén tout choalines era
cadéna déra mountre, que la bayle drin e
qu'attrape la
mountre.
B'éy dounc urous alabéts ! que la gaymantéje, que l'espie dab
amou, qu'escoute ér arrat qui éy dehéns, qu'où mé hè enténe tabé
e que-m dits : « Que la mé balheras, papa, quoand sie gran ? »
— « 0, amie Enric, o ! Et tou gran pay que la-m a dade quoand
me maridèy (qu'y a dies de quero !!') ét que l'abè abude coum
presén ; ûe troupe d'escouliès recounechéns que-s èren coutisats
y qu'où croumpèn aquere bère cadégne e aquére beroje mountre.
E bédés ! — qué digouy a Enric — s'y a dies qu'aquére mountre
éy nouste e s'ey tieném ?... »
Més nau ores qué souen a h grane pendule, a l'arrelotje, a ûe
petite pendule tabé ; e la mama que dits : « Haut, que soun nau
ores, que eau ana droumi ! » — E alabéts touts que-s lhebam, que
s'en hém crouchi séngles e que s souhetam boune noèyt.
Si lou sé nou souy pas jaméy pressât ta-m en ana t'at lhèyt,
qu'at counfessi aci, lou matî tapoc en ta-m lheba ; tabé que-m
demourèy drin méy tout soul at cor dét hoéc en pensan a quauques
custious qui m'abè pausat ét mé hilh a perpaus dera mountre.
Et maynatjé nou bedè pas que fou beroy petit jiji. lusén, y n'entenè
pas que l'arrat qui ère dehéns ; més jou que héy quòuques reflecsious sus ère ore y sustout sus éras manigles qui se la balhen.

Era mountre, petit jiji, beroy, lusén, que-s porte at poutchét
det gilét : qu'éy a si médich. Quin plasé t'at maynatjé ét die oun
l'y balhen ! Qu'éy ét pay, éra may quoand ét hilh a abut lou certificat d'estudis — ou ét payrî ou éra mayrîe ét die dera purmère

�— 90 coumuniou, ou tabé û ounclé d'Américo ou... d'aulhous ! Enfingues
que l'a abude aquére mountre tan delerade ! Quoant de cops pèr
die e l'espie ! quoant de cops e balhe ère ore a ra marna, at papa,
ats camerades ! Y ét sé que la se pause sus era tauléte de noèyt,
dap û gran soégn, sus û béroy tros de lâ, ta que nou-s cascantéji
pas ou que n'aje pas rét.
Qu'ey û aha entenut dap la marna : éra mountre ne sourtira pas
dét cabinét qu'ét dimentjé. Més, b'éy loungue era semmane [
Qu'y a ûe aucasiou, û biatjé, ét maynatjé que- gahe lèu era mountre. Ballèou que la pourtera tout die y alabéts que debién era soue
coumpagne d'éras noèyts y d'éts dies. Atau qu'a l'oro ta parti ta
l'escole — quauque cop tabé pendén l'escole quoand se debéye,
ou quoand hè û tribalh a prèts-hèyt.
Mey tart, era mountre qu'anera en quauque burèu, t'at regimén,
t'aulhous encoère, que seguira pertout ét maynatjé, badut joén
omi e arroum omi.
Quoant de soubiénes e broumbera aquére mountre, de gays e
de tristes !
#

#

#

Era marna qu'abè entenut soua nau ores a la grane pendule.
Ah ! éra pendule n'éy pas méy éra mountre : aquéste qué soue ta
touts éts de case. Plaçade a l'endrét de la maysou d'oun se déu
enténe a touts éts cors, que soue èra lhébabe ét dejuna, ét disna,
ét soupa, l'ore dé s'ana repausa. Més qu'a souat tabé quauque
cop trop biste ta la cousinère qui s'éy desbroumbade a batala dap
quauque besîe, ta l'escouliè qui s'éy adroumit, t'at pay qui s'éy
desbroumbat a léje ét journal.
Parié, quoand de dous mouméns e s broumbe aquére pendule !
Quoand û hilh hore case despuch lountéms e déu arriba déns ûe
ore, miéje ore, dèts minutes... Més tabé éra noèyt, quoand souffréchen, be marche a plasé aquére pendule y éts sous trucs be
tarden a-s ha audi !
Que seri curious de sabé quine maysou n'a pas ûe pendule grane
qui ey de touts éts de case y que touts e counsulten !
Qu'ey éra nouste arrelotje qui s'apère, que l'espiam chéns y pensa
quoand passam at pè dét gran campanè. Ets escouliès y éts
aoubrès qui soun adroumits que courren t'at tribalh e que soun
urous de béde qu'an dencoère dues minutes d'abance... Lous
balénls que soun partits abans l'ore, tabé en espian l'arrelotje
qu'arroumèren per aquiou en attendén lou moumén d'entra a

�- 91 —
l'ateliè. Més aquére arrelotje que soue tabé la fî deu tribalh. Qu'éy
alabéts qui eau bedé éts escouliès, éts emplegats, éts aoubrès,
éts paysas, decha aquiu éts utis, éras saloupétes, sourti counténs
a la pensade que-s ban retrouba dab éts de case ta minja drin de
garbure e drin de mascadure. Bé passe biste aquére ore ! Era
arrelotje que tourne soùa lou moumén de repréne ét tribalh. Que
eau bede alabéts touts courré : escouliès, aubrès, aubrères, emplegats... ét paysà, soul, qu'en ba toustém at sou tri: qu'arribe
toustém a téms, éth...
Quin plasé quoand arroun ûe loungue absénee, e rebedém at
soum d ét clouchè aquére arrelotje ! Quins soubiénes e-sbroumbe!
éras belhades passades en familhe autour déu hoéc ; éras partides
dab amies qui paréchen toustém trop braques ; e toustém qu'éy
l'arrelotje qui éy aubligade de separa-s.
L'arrelotje qué camine toustém ; ère agulhe que bire e nous auts
que passam, que badém bielhs...
Qu'en y a ûe aute arrelotje qui nou soue pas, més qui marche
toustém : qu'éy era d éra gare... Ah ! b'en da doun trucs at cô
aquére ! Qu'an pòu de manqua ét tri,... que courren... Enfègn !
qu'arriben a témps : ét trî n'éy pas partit. Més d'auts qu'an courrut
hère e qu'arriben trop tart. Qu'an entenut ét cop de siulet y éra
machine que s'ey hicade en moubemén.
Quin plasé tabé t'ats qui aténden û hilh, û pay, ûe may, û amie,
en espian l'arrelotje qui mèrque l'ore dé l'arribade dét trî !
# #

Qu'èri sourtit û sé, t'ana ha ûe coumissiou, tournât ta case, que
bi luts at salou. Qu'éy bau ! En passan la porte qu'enteni la petite
pendule, plaeade sus éra cheminèje — que soue nau ores. Très ou
quoate persounes qu'èren biengudesta ha besite. Apuch éts coumpliméns, toustém éts medich, que m'asségouy ; que-s calé tiéne
boutouats, debisa plâ suriousemén ; qu'espiabi soubén l'agulhe
d'éra pendule. B'anabe a plasé! B'estouy countén quoand selhebèn
touts ta parti !...
Quaouques dies aban, qu'abém abut tabé ûe besite d'amies, qui
batalaben e arridèn de bou cô ; que hém drin de musique, briulou
e piano amasses, la marna que cantè tabé hère plâ, arroun que
prengoum û bèyroulot, pendén aquét témps, ér'agulhe qu'abè
marchât h'ire biste... éra pendule que soua mièje noèyt.Oh ! déjà !
si cridèm touts ! ! ! Que-s digoum boune noèyt e que-s proumetoum de recoumença.

�— 92 —
Qu'éy a dise peraquiu ? Qu'aquére pendule petite nou la bedém
pas e nou l'enteném que quoand abém besites 'De quéres besites
qu'en y a de tout ourdi : de debejéntes e de gayes. Autan éras ûes
soun arrebouhièques, éras autes soun plaséntas.
#

* #

Més qu'en abém encoère ûe aute pendule — pétite tabé — qui
soue hère beroy y ét sé que-m tarde soubén de l'ana béde y
enténe : qu'éy éra pendule d'éra crampe, pausade sus éra chemi- '
nèye, dessus û beroy tapis tout blanc.
Que la bedém d'ét lhèyt enla. Ah ! aquére qu'éy témoégn de dous
mouméns qui passama la crampe ; aquiu qu'èm tranquiles, que
poudém batala chéns pòu dous escoutedous.
B'éy doun plasé quoand nou droumim pas d'enténe aquét tic
tac ; que-s tién de prose ; qu'où seguim, qué countam, chéns at
boulé ha, lous tics e lous tacs. Més b'éy mé plasé, quoand abém
hèyt û bou droumi d'espia ér'ore e b'èm counténs de sabé qu'abém
encoère dues, très ores a droumi.
Cade medalhe qu'a sou rebès, coum disen. Quoand souffrim at
lhèyt, be troubam loungues éras ores e be s tarde d'enténe éra
beroje sounerie !
#

* *
Que eau councludi de tout aquéste debis ? Que sie mountre,
arrelotje, pendule grane ou petite, que-s amuchen que lou témps
que passe e nous auts tabé, qué s'at troubam au diu bibostes, més
n'y a pas aquiu dequé tuma-s countre éras muralhes.
Que poudém tabé ajusta qu'éy û gran prougrès de hèyt despuch
lou témps oun ne counechèn pas que la mountre sourelhère dinque
oèy oun bedém aquéres petites mountres qui souen e qui soun de
beroyes causines qui hèn tan de gay p'éra maysou.
Louis

SARRAILII.

~c&lt;?&gt;

M. Lamarque (J.-BJ, représentant de Commerce, 9, rue Pédecoste, à Orthez.
M. Thiébaut (François) (A), directeur de l'Ecole privée de garçons, rue Bourg-Vieux, à Orthez.
M. l'abbé Cazenave (Vincent) (A), curé de Montestrucq, B.-P.

�— 93 —

ruare sauíbadat
(SEGDIDE)

(Parla de Chalosse)

E qui sab de nous auts au delugn coum s'acassen
Las bestiotes au trot dab plagns en tremouléy
Huyén lous panadous en tan d'omis qui passen ?
Lou gran yert qu'en es pley...
D'aban la noeyt barrade oun desplegue l'aprigue
Sus tan d'eschabarrast de panads e de crims,
Lou herumi chèns trigue
Qu'a mathiad, qu'a thioupid, chafiran souns benims ;
Adiu lou goaytedou gahad... ah quegne péne !
S'arrounquébe s'ou tard la mute dous briacs
Ta huye ? mé dou hèms de la sarrabanténe
N'y hume que patacs ; '
B'an ets espessouta lou troupét qui-u damoure
Ta harta s dinqu'a l'aube ? ad sab lou pastourét ?
Luside saubadoure
Ne u hisse e ne-u pegnique en debath dou berrét?
E sa may qui l'atèn escoutam quin se daule :
« Armade qui-m gahas mey espous ta-u glaupi
» De touns lounqs houhardas s'y cayd nade paraule
&lt;( Respoun : que hès aqui ?
« Que cerques e que bos ? entoun bas ? que demandes ?
« Arroun l'eschabarrast qui s'entèn destourna
« Ta trana-t guirelandes
« Quegne brouste berdouse e t damoure a pana ?
« Boulcan bourroumbassè, goumitère hastiale
« De bahurles baylets dous mounarques yelous,
« Esparbès ahamiads qui-m flingalhet de l'aie
« Ta tira m mile plous,
« Courréts!... puchque ma bite oun d'ayma ne-m counéchi
« Que se-m boeyte e s'eslurre en bost negue arremoulh,
« Roeynassès que-b maudéchi
« E mey pugn que-b seguech au darrè garrangoulh 1 »

�— 94 —
L'armade s'eslugnan hens la nuble de proube
La batsarre dous bros, dous sabres, dous chibaus
Au delounq dous camirts que s'ahane e s'escoube
Lous souns pècs pleys de blaus ;
En aban !... lou pastou de segui dab las olhes
Qui-s carrussen a tros ta mouri l'endouman
Mesclagnes e gaholhes
D'armes, bèstis e yèns arguitchades de sanc.
De case oun lou gran camp chèns nade obre badalhe
Oun l'arpègue s'ayaque en la rèyte de bras
Qu'entènen Bellingtoun countre Soult enbatalhe
Crouchi louspacheras ;
E lou hum dous canouns coum la brume qui pouye
Que s'eslase s'ous prads e s'ou gabe d'Ortès
Quèn au miey de la touye
Lou pastou descasid es demande : are oun t'ès ?
Mesclad aus estranyès qui puden la yasude
Chens poudé coumprené-us en coélhen cauque truc
Que seguech amalayse e tandore que chude
De pas en estrabuc...
Me qu'espère... au miscayt l'esperènce bes hense !
De l'agnère au deban de quoau sèg lou tim-toum,
Eth adare que pénse
A l'ore oun ba cadé per la herre ou lou ploum !
Escapa-s ? la bère obre ; anoeyt a l'escuragne
Que s'eslurrera soul per la tuste dou plach...
Nou, l'amnese-u d'arrigue entenén brameplagne
Soun bestia qui ne pach ;
Mé qu'où bien la pensade, ah lou co ben ou claque,
Pruth ! partits agnerots e huyets a l'oustau
L'esquire que-us destaque
Ta touca lou troupèt qui s'eslugne tout choau...
Las bèstis bedem-nous esbrusades d'eschénte ?
Chéns pastou ? chéns esquire ? e lou cang tout pathioc
Qui n musoque tout doy detz a doudze sus trénte ?
Ah daune quegn eschoc !
E lou mey pastourét ? qu'es lou crit qui l'athioule
De la pou d'un malur s'en a goelhs engourgads,
Ere, bibe aqui soûle ?
Que hara sur la terre oun de flèus èm plagads ?

�— 93 —
Mey Pierroun ? mey aymad ? de boutz flaque e tegnère
Qu'apère hens la rïule encragnén lou dou réd,
A sabé se n'y bouhe en la magre legnère
Cauqne négue secrét ?
E plagns e saumuquets floucalhen soun bisadye
De tremlims a segouts de larmeys a chourrucs.
Dens un brabe pipiadye
Que la guerre n'escoute e hort pague de trucs !
(A segui)

PÈYROT DE LA BERNATÈRE.

-3$e.

(Saihad© mu cedoun
(Parla d'Armagnac)
Lou Bernatoun qu'aouéouo un chibau dous més assiouasats.
Que l'embiaouo un cop ou auté hè dus sauts au pechadé, pramou
chibau qui nou carrejo pas prou qu'a besouy de s'estira las camos
e d'arreguisna, couo quilhado, coum és la modo dous chibaus ;
aco qu'ous pot bira lou cop de sang.
De-n manda lous chibaus qu'ous hè tabé hemsa e nou se-n
troben que melhou.
Moun chibau dou Bernatoun quehemsaouograns de siouaso qui
n'èren ni mouluts, ni délits, e unbrulhde pigoss'amassaouonenta
plàà disna au darrè d'ét.
Per un cop, las pigos aroeytaouon lou chibau quan aquesté e s
bouto a lheoua la couo enta hè so que sabéts.
Toutos d'esparrica las pétros e de s'amassa lous grans bouns
coumo la coquo cauto au sourtit dou hour.
Gn'aouc uo mes hardido que las autes.
Aquéro que pericaouo lous grans a mesuro que sourtiouon, e,
quan lou chibau aouc hèyt, que se-n angouc perica a la bouco dou
hour.
Lou traòuc que-s barro e ma pigo que se-t y demoro gahado
p'ou bèc coumo en un cedoun.
Lou chibau, qui nou sabéouopas so qui-u pindoulaouo au darrè,
que gaho lou galop, sauto lou barat e se-n tourno.
E lou Bernatoun qu'aoué hèyt uo preso coumo james nou s'èro
bis : uo pigo gahado au cedoun débat la couo dou chibau.
So qu'éy toutun lou gourmantè !
CANTOGRIT.

�MIQUÈU DE CAMELAT.

—

GASTOU-FEBUS, pèee en cinq estanques e en

bèrs. — Que coste : quinze sos ; ediciòu de la

« Bouts de la Terre »,

Pau, 11, carrère de la Préfecture, 1914, — in-12 de 66 payes.
Aqueste prime, ue béroye tare que bién de berdeya à la souque deu téatre
gascou Lou meste qui a abiat aquére obre nou s'a pas acoustumats à tribalbs
de péguesses, e quoan hè sourti ue nabère trobe, que s'en baula péne de s'y
estanga daban e d'en prene la payère.
Qu'ey de Gastou-Febus, lou bescounte de gran renoum, lou payri de .
YEscole nouste, qui debise lou poète beroy emparaulat, e la coente que-s
passe à l'Espitau d'Aurioun, pendén lou cauraas de l'estiu, à la fi deu
sègle xiviiu. A l'entour deu prince, que bédéin Flouréte, l'araigote galante,
qui-s trobe plâ à la Cour, amistouseyade per lou meste, e qui hè de la pègue
ou de la bole ta nou pas que-s deshén d'ère. Dus omis tabé qu'an l'amistatde
Febus : fban, u deus sous bastards, qui crét à pauses que lou sou pay que
tourne lous dies, coum disen, e qui n'abérè pas póu de... l'ayda à mouri, ta
coumanda à la soue place sus la terre de Biarn ; l'escudè Arnaut, qui bét dab
péne e doulou lou sou meste drin bariat, e qui, en cas de so qui pot arriba,
hè tout so qui eau ta-s tiéne l'amie deus qui séran lous successous deu
coumte. Pendén que Febus ey en pipiadye, suban so qui pensen fban e
Arnaut, ou dilhèu casse e perseguech ue mousque blue d'ideau e de beutat,
en cantan las soues amous de darrè las « mountines qui tan hautes soun »,
u cabaliè qu'arribe : qu'ey lou barou de Coarraze, ue de las mey balentes
espades de la terre biarnése, qni bién demanda au coumte de perdouna e de
ha gràci à Matèu de Castetbou. Arnéguets e miasses de Febus qui nou bóu
pas enténe à parla de perdou, herou de Coarraze qui a póu que l'aparesquie
quauque mîscap de la part d'u ômi benyatiu coum lou prince d'Orthez, e qui
ta sauba la soue cabesse, pense a-u ha passa lou goust deu pâ, si hè besougn.
En u semau d'aygue, hens la crampe deu coumte, que destrempe quauques
ounces d'u tarrible pousou, entertan que Febus casse l'ours cabbat lous boscs
de Saubaterre. La casse acabade, lou meste, gouhit

de calourasse, que

demande a-s laba las mâs, més à péne t'aygue a toucat lous sous digts, que
lou rét de la mourt que-u clabe la bite.
L'istòrie aci qu'ey mesclade à la leyende. L'istòrie, tout lou mounde que la
sab. Au ras de Saubaterre, u die escousént d'estiu, que passé lou Febus,
arroun ue casse à l'ours, au moumén oun lou barréyèn drin d'aygue fresque
sus las mâs. Lou prumè crit qu'esté qu'ère estât empousoat e u parelh aha
n'abéré pas abut arré d'estounan en aquet tems oun lou pousou ère de mode
e sustout en ue famille oun nou s'y abè pas parlât que trop de proubes de
pousoéris. L'istôrie bertadére nou s'ey pas arrestade à d'aquére supousiciou
qu'ue taie mourt estousse lou feyt dou pousou, més u poète qu'a lou drét de
dise so qui l'istôrie nou sap pas, sustout si balhe coulou de bertat au sou
paraulis.
E de segu qu'ey so qui a heyt Miquèu de Camelat. Touts, per l'entour de
Febus, qu'entertiénen lou pensamén de tira la bite au coumte : Arnaut, per'

�— 97 u' que crét pèc lou sou meste, que-u bouléré sourti de hountes ; lou
bastard Iban nou-s bét pas lou die oun sera lou sou érétè ; lou Coarraze, de
pou de péri, que pense à balha lou prumè truc.
Aquére mourt de Febus, pensade e arrebouride per las très cabesses, que
hè l'unitat deu drame e que hè passa del'u cap à l'aute, enter las debisades
deus persounadyes, coum ue bouhade d'espabente e de herou.
Lous caractères, l'ana deus persounadyes n'an pas soulamén la coulou de
la bertat, que soun bertadés coum l'istôrie. Febus, suban l'istôrie, qu'ère u
batalhè de grane payère, cassayre de herums e tabé a pauses pescadou
d'idéau, troubadou e poète, drin coutilhoè soubén meylèu qu'arré mey, hort
empensat à la fî de la soue bite permou de touts lous murtres e malicies
qui-u pésaben sus la counscience, meschidèu decap aus deu sou entour, luèc
e isagn coum quauqu'u qui n'ey pas tranquile Leyet lou Gastou-Febus de
Camelat e digat-me si n'a pas plâ prés la payère e heyt la pintrure deu
persounadye ? Si plâ, e nou-y manque nat array d'or ni tapocnade bounugue.
Qu'ey lou Febus bertadé de la bite-bitante.
Lous herueayres de pergams que poudéran serca d'arroeyt à Camelat sus
ue cause ou gnaute : qu'a heyt de Matèu de Castetbou u bielh enemic de
Febus e, ta dise la bertat, n'abè pas que quinze ans quoan mouri lou
liescoumte biarnés ; nou poudè pas dounc ha-u hère d'oumpre ni d'empatch.
Més aco qu'ey chic de cause.
Quauque cap leuyè tabé, quauqu'u d'aquets qui nou boulérén serca en ue
pèce de téatre qu'ue couyounade, l'aucàsiou de-s ha bère pèt d'arride, nou
troubera pas lou sou aha en aquére obre e que hara lou desdincous, à méns
que nou l'embie bèt pic ou pélade. Més si ue coumédie déu diberti e lia
cbiscla lous tartalhs d'arride, si ue pastourale déu débisa deus aharots e de
las péguesses deu mounde de la terre, qu'ey reserbat au drame de-s ha pataqueya lou cô dal an las granes susmautes de la bite, héri-s de doulou en
parlan de quauque maye péne, ha-s ayraa la reliyou, lou patriotisme ou las
tradicious deus antics. Lou drame qu'a la bertut de tirade l'oumpre deu
d''sbroumbe e de tourna ha bibe suôu téatre lou passât nouste, u persounatye
de l'istôrie de la nouste race : Gastou-Febus, si-m pénsi, qu'ey u caddet de
coumpte-ha e que eau lauda lou meste qui l'a quilhat tout biu daban lous
noustes oelhs.
L'acciou que-s desgumère chens arrouséga ni chic ni brigue, A tu, à you,
tout que-s passe dab lou briu de la bite ; lous omis d'alabets, omis de guerre,
drin mahéras per choès, que débèn atau parla brac e oubra mey que parla.'
Aco nou bôu pas dise que sie l'obre séque e chens nerbi ni medout. Déns la
bite d'ù ômi que s'escaden pauses de toutes, de las tristes e de las gauyouses ;
las ores d'u die que soun las ues douces coum l'aubéte, las autes negrouses
e tristes coum lou sou-couc : atau parié, en aquet drame, las benalèyes de
grâci charmantine que-s mesclen aus crits dé heresse e d'ire.
La loengue que hè parié : sabrouse e aulourénte coum ue arrague ou ue
flou de mountagne, qu'éy aulhous nerbiouse e horte coum u cop de huet ou
u crit de guerre. Si bouli, quoan de beroys acoumparès, de moûts de boune
ley poudéri hica aci sus l'escoubat ! I ou poète Camelat qu'ey riche pouyrit
d'expressious poulides, d'imadyes estiglantes mey que loles de casau, de
rimes musicayres, e n'a pas qu'a parla ta semia dab abounde la richesse soue.
Que counéchi quauque sercayre d'ariques qui abè troubat dens las prumères

�- 98 —

obres deu nouste amie quauque moût de mau coumpréne, moûts de la mode
bielhe, moûts de la case soue, més lou de mey machan acountenta nou troubéra en aqueste pèce qu'u parla limpre, clâ, biarnés tout natre, de prun è
escantilh.
Gastou-Febus que hè aunou au calam qui l'a adoubât e que séra ue de las
mey beroyes flous au casau de Gascougne. Nou-y a pas nat ùmi de goust e
de sabé qui nou salude coum càu aquére pèce e qui nou truque las mâs, en
enténen desglara lous bèrs d'aquet pouèmi.
J.-B. L.
Capitaine Vidal de la Blache. L'Evacuatiou de l'Espagne e l'imbasiou dou
Mieydie (julh 1813 — abriu 1814). Paris. Berger-Levraut, 1914, in-8", 2 vol.
Oubratye de prumè ourdi.
V. Foix. La Couslume de Tartas. Dax, Labéque, 1913, in-8°.
V. Foix. Robert Mahieu, marchand de cartes de Dax. Dax, Labéque, 1913,
in-8».
Navarre e Debergé. Le Tout-Pyrénéen. Guide annuaire. Delà cote d'aryent
e de la cote Bascou a la cote Bermelhe. Paris, 20, rue Cler, in-12.

s«e-

Petite Histoire du Béarn à l'usage des Ecoles primaires
par Louis

BATCAVE (SUITE)

CHAPITRE VII

DYNASTIE DE FOIX
§ I. — I. Roger-Bernard, sa lutte contre le comte d'Armagnac ;
son alliance française. — II. Gaston IX ; il combat les Flamands.
— III. Gaston X ; actes en Béarn ; combat entre Aspois et
Lavedanais ; il aide Philippe de Valois.
Les seigneurs et les communautés avaient prêté serment à Morlaàs (1286), à Roger-Bernard de Foix. Ce vicomte avait pour dieul
Raymond-Roger, comte de Foix, troubadour dont le nom s'est conservé
gracieux et poétique.
Mathe, comtesse d'Armagnac, ayant réclam'é le pays de Marsan que
Constance prétendait

posséder, il s'ensuivit une guerre. Le comte

d'Armagnac accusait le seigneur béarnais d'avoir falsifié le testament
de leur beau-père.

Un combat singulier fut

décidé et renvoyé par

Philippe le Bel après la fin de la guerre contre les Anglais.

�— 99"A son avènement, Roger-Bernard avait rendu hommage au roi d'Angleterre, àMorlaàs, pour la vicomte de Marsan et la terre de Béarn
qu'il aurait tenues en fief de ce prince du chef de sa femme Marguerite.
Il recherchait aussi une alliance contre Philippe le Bel, dont il sera
l'allié. Mais l'indépendance du Béarn ne fut pas atteinte, nulle
assemblée n'ayant autorisé cet acte.
Le vicomte eut quelques difficultés avec l'évêquede Lescar dont il avait
envahi les terres et, faute de les rendre, encourrut l'excommunication.
Le 12 mai 1290, il jure à Oloron le maintien du for et meurt à Tarascon
(3 mars 1302) laissant un fils marié à Jeanne d'Artois, fille de Robert,
comte d'Artois, et frère de St-Louis, sous les ordres de qui il avait
combattu les Anglais.
II. Gaston IX, son fils, eut encore des démêlés avec le comte d'Armagnac à propos du Marsan et du Gabard'an, terre engagée au vicomte de
Foix. Une condamnation ayant été prononcée, il allait restituer ce pays
lorsque le roi de France le mit sous le séquestre en lui concédant le
château de Gabarret.
Lorsque Louis le Hutin alla combattre les Flamands, Gaston le suivit
et mourut à Pontoise (13 décembre 1313). Dixnotables béarnais assistèrent à sa sépulture qui fut faite aux Augustins de Paris.
III. Gaston X était à peine âgé de 15 ans lorsqu'il succéda à son
père sous la tutelle de Jeanne d'Artois, qui confirma, le for d'Orthez
après que les bourgeois l'aurait exhibé fièrement pour le maintien de
leurs privilèges.
Il épousa Eléonore de Comminges beaucoup plus âgée que lui et qui
aurait dit : « Si you sabi de certeigo que lou coumte de Foueix
degousse estar moun marit, you l'esperari naxer ».
En Béarn Gaston renouvelle les franchises d'Oloron (6 avril 1323),
et voit une terrible peste ravager le pays (1339). Une lutte s'engage
entre les vallées d'Aspe et de Lavedan, la magie semble avoir eu prise
sur des esprits superstitieux. Les Aspois sont massacrés, et pat un acte
signé à Bedous (1348) les Lavedanais s'engagent à payer une redevance
(tribut des médailles) qui a été acquittée jusqu'en 1789.
Le vicomte aide Philippe de Valois contre les Flamands et les Anglais,
et assiste aux deux guerres engagées contre eux. Il assiégea Tartas que
lés d'Albret occupaient au nom des Anglais. En prix de ce concours il
obtint la possession du Gabardan et la vicomté de Lautrec que le roi de
France lui concéda, Il mourut au siège d'Algésiras (1344).
(A suivre).

�— 100 —

Rebiste historique e archéologique dou Biarn e dou Pays
Bascou, Abriu. — /. Annat, Lou clergé de !a Rebouluciou hens lous
archipretrats de Maslacq e Pardies-de-Mouneingn, p. 145. — J.Mignou.
Rolle de la Milice de Biarn ou de las Bandes Biarnes (Goumpagnie de Nay),
p. 163. — G. Beaurain, Histori dou tribail a Pountacq : l'Industrie e lou
Coumerce, p. 176.
Rebiste de las Hautes-Pyreneus, Mars. — M. Fourcade Miqueu
Alicot, p. 65. — L. Dantin, Las apparicious de Lourdes en 1858 (seguide),
p. 76. — L. Canet, Las origines municipales dou colletye de Tarbes, p. 90.
Annales de la Soucietat d'Agriculture de las Lannes, Yenè-raars.
— A. de Laborde-Lassalle, Lou metayatye, p. 1. Las Lannes, segound ue
statistique officielle de 1876 que countaben sus 37.304 exploitatious,
27.484 metayries, 3.580 affermes e 6.240 régies dous mestés. L'autou, courn
u qui s'y entend, qne baille explics sus lou metayatye de las Lannes qui-ou
semble de préféra ta las exploitatious rurales.
Mémorial de las Pyrénées, 14 avril 1914. — /. Aubert, Centenari dou
14 abriu 1814. Lou blocus de Bayoune. Lou darrécop de canou de la guerre
d'Espagne.
Era Bouts dera Mountanho, Mars-Abriu. — Y.-T). Bufor, L'Eglise et
les usages locaux. L'autou que pretén que la Glèyse qu'a counserbat las
tradicious dou peys despulhades de tout so qui ère supèrsticiou.
Burdigala, Avril. — Paul Margueritte, Ma Maison. L'Escribâ que hè
lou pourtroèt d'ûe maysou dou peys de Lanes, s'ou bor de la mà, a Hossegor.
Vivo Prouvenço ! Mars. — Pèire Devoluy, La Mort de Mistral. — Jàli
Rounjat, Nostradamus. Bèrs e proses de Antounin Glaize, Jan Grand,
P. Vézian, Marius Chabrand, Enri Broc, etc.
La Bouts de la Terre, lè d'Abriu. — Miquèu de Camelat e Simin
Palay, Frédéric Mistrau. Bèrs e proses de Daune G-, Lou Cap Couy,1
Fontan Marius, L'Esbagat, C. Baugé. Daunine c Rousin de Yan de Hustach.
La quinzenade, Camélat.
Liá Annalo dòu pople de Prouvenço, Heure, — /. Lhermitc, Lou
Prouvençau a l'Escolo.
L'Action régionaliste, Mars. — Au Coungrès régionaliste de 1913. Le
Régionalisme et la beauté française par Charles Brun. —. Discours de
M, L. Hubert, mayre de Chartres.
L. H.

�— 101 —

1 Abriu. — E s'y a minyat hort pechs ; si èren estats sounque abriulets ?
— Bayoune. M. Gazalis qu'ey heyt loctenent de marine ? — Tarbes, Lou
24e d'artillerie que s'abie decap a Bourdeu ?
2. — Biarritz. M. Léon, proufessou de philousouphie, que hè ue counference sus lous Troubadous. — Pau. M. Broch qu'en hè ue sus Agrippa
d'Aubignè, lou tarrible amie d'Henric lou nouste, qui a esgarrauchat lous
Gascous. — Mount-de-Marsâ. M. Francis Planté, que hè musique au lycée.
4. — Soun noumats yutyes de pats : M. Estiva a Bayoune, M. Artagnan a
Nabarfencx en place de M. Poullenot, passât yutye a Muret. — Soustons.
Haunous de M. Branère, medeci.
5. — Rameus. Y hasè bou bent penden lou cant de la Passiou ? Qoant de
Biarnes e de Gascous e s'at an espiat ? — Etsaut. Lou saryent ou baylet de
bille Rougiand qu'ey tnat a St-Ouen, au ras de Paris, per apaches. Lou prelet
de poulice, au die de las haunous, qu'a célébrât lou baient Biarnes : que l'an
sepelit a Bordes. — Pau. Grane heste d'abiatiou, que remeten au représentent dou goubernemen i'abiou : Biarn e Pays Basque. Banquet, discours.
6. — Biarritz. Besite dou rey d'Espagne arribat de Madrid.
7. — Peyrehourade. Haunous de M. Arthur Léon, ayent de chanye haunourari, adjoint au mayre, homi caritatiu.
8. — Pau. Haunous de M. Terrier, bice-présiden dou Counseil de Préfecture. — Pontonx. Haunous de M. Paul Serres d'ue bielhe famille de Dax,
parenciè de M. Hector Serres naturaliste sapien.
9. — Pau. Daune Touya, bielhote escricadette, que tire lous cent ans :
qu'ey badude a Orthez. Beude desempuch chichante ans, aco ne l'a pas heyt
rnau.
11. — Dissatte sant. En y a hère qui ayin heyt coum autes cops a Maslacq
oun trucaben las coetes en cantan : « Sors, sors, purnache, lou boun Diu
qu'ey ressuscitât. »
12. — Pasques. E s'y a minyat hort mouletes dab lardous ? Autes cops, a
Lahourcade, la persoune sourtide do la misse que hesè u pot a la prumère
persoune de rencountre en disen : « Lou boun Diu qu'ey ressuscitât. » La
coustume que-s trobe en parsâs de Russie.
13. — Paoutots, oeus tintats, e s'en y a arroudut ?
14. — Bayoune. Gentenari dou darrè coumbat en France. La garnisou que
hesou ue tarrible sourtide countre lous alliats. Se lous Francés e s'at broumben, lou coronel W.-Hill James qu'a quillat tabey ue peyre-marme en,
haunous dous Angles : que s'at meritaben.
15. — Sen-Sebè. Maridatye dou loctenent Raté dou 5° dou génie dab
damisèle Geneviève Balletou. Beroye amassade de mounde.
16. — Arudy. M. Pujalet, directou de la Suretat yenerale au menistère de
Hnteriou qu'ey mourt. Haunous a Sen-Philippe dou Roule de Paris. Qu'ère
estât directou dous musées naciounaus. Biarnes courtes, serbiciau, aufficiè
de la Leyiou d'Haunou. — Pau M. Tessier qu'ey noumat garde de las aygues
e dous boscs. — Heste de las Flous, oun s'y bet boitures, bicycletes, automobiles oundrades mey que mey. — Bruxelles. Maridatye de M. Batsalle de
Sevignac dab damisèle Henriette Van Schoor : benedictiou per Mgr Batiffol,

�- 102 17. — Biarritz. — Grane heste de musique au thiatre en fabou dou Soubeni, frances e de la Crouts rouye de Biarritz. — Tartes. Lou 10'hussards
que coumence a arriba de Bourdeu. — T)ax. M Remy d'Avezac de Moran,
directou de YAban-G-arde, que s'ey mourt cop sec au casteig d'Orist. Qu'ère
arrè-hilh de la famille de Sarps, seignou de Siets,e lous sous auyous qu'eren
au ras dous reys a Bersailles. Lou defun qu'estou amistous hens la soue
gazete enta l'Escole Gastou-Febus.
18. — Benesse-Maremne. Mourt a 80 ans dedaune Henric Amilhau, beude
d'u presiden de crampe a la Cour d'appel de Toulouse, en so dou ray sou
lou marquis de Gaupene d'Aspremount.
20. — Orthez. Grane heste ta coumemoura l.ou centenari dou coumbat
d'Orthez lou 27 de heurè. Qu'an quillat ue peyro marme a la prouprietat dou
Yertou au ras dou cami oun estoun tuats lous homis dou 21" Cassedous. Lou
presiden dou Coumitat, colonel Dufau d'Orthez, qu'a mentabut so qui s'ère
passât en 1814 ; M. Richard, sous-prefet qu'a heyt u discours de gran style ;
M. Berard, députât, qu'a debisat beroy. Musique dou 18e; rallye GastouFebus de Saubaterre ; lou sé la bielhe tou de Febus qu'ère en hoec de mille
coulous. — A Sen-Boès qu'an pausat ue plaque en haunou dou yenerau
Bechaud qui estou tuat. — Pau. Las coustumes bielhes que ban renabi. Lous
emplegats de la Basoche — qui estoun toustems de boune tilhe — que hèn
ue beroye tauieyade: badoun a Pau que s'y entenèn autes cops. — Lourdes.
Coungrès de las soucietats pyreneistes. — Sen-Sebè. Course de baques. —
Castera-Verduzan. Gabalcade hère plâ adoubade.
20. —Bayoune. Mourt de M. Darricau, hilh d'u medeci, ancien mayistrat,
qui a publicat ue estudi : « la Republique a Bayoune ». — Aulourou. Haunous de daune Soubirou-Lavigne. — Pau. Grane partide de pèlote bascou : au
tems dou nouste Henric qu'en y habè en hère d'endrets de Pau partides atau.
21. — Sen-Sebè. Maridatye de M. Pierre Laborde, hilh d'u medeci de
Biarritz, arrè-hilh de Bounut, dab damisèle Christine de Laporterie.
22. —Bayoune. Mourt de M. Joachim Laborde, aboucat e ancien batouniè,
hilh d'u noutari, nebout d'u mayre de Sen-Esprit e d'u aufflciè mourt a
Waterloo. — Tournay. Mourt de M. Denagiscarde, ancien noutari, yutye a
Tarbes.
23. — Biarritz. Counference de M. Graziani : Mistrau e la soue obre. —
Toulouse. Maridatye a la Dalbade de M. Jehan de Laborde-Lassale, nebout
dau directou de la Nabère-Chalosse dab damisèle Henriette de Felzins, hilhe
dou defun barou e de la baroune, badude de Lestapis. Temoengs : MM. P. de
Lestapis, de Sarrieu, André de Laborde-Lassale e coumte Molinier.
25. — Pau. Que yoguen au thiatre la « Raube rouye ». L'autou M. Brieux,
de l'Académie francese, qu'a hicat la pèce, lous persounatyes a Mauleou : qu'y
beden Bascous.
26. — Electious. Lous noustes counfrays MM. Noulens, mcnistre de la
guerre, L. Berard, que soun noumats a Mirando e a Orthez.
27. — Bagnères-de^-Bigorre. Haunous de M. Marchand, directou de l'obserbatori dou Pic de Mieydie. Proufessous d'Unibersitat en raubes ta ha
seguissi.
28. — L'abiou nabeigt batiat que s'en ba de Pau a Bagnères-de-Bigorre en
40 minutes.
30. — Orthez. Maridatye de M. H. Terré, de Pau, dab damisèle LasalleCalès.

�En Ariwagnac
Conférence pédagogique du Canton de l'Isle-Jourdain
4 Novembre' 1913.
(SUITE)

ORTHOGRAPHE
A). —

SIMILITUDE DES SONS

FRANÇAIS

a) o - au - eau
Au son o français correspondent en gascon, les sons:
o : botto (botte), hosso (fosse), costo [.côte).
oit: cantoun (canton), pount (pont), boun (boni.
Au a pour équivalent aou :
saouta (sauter), aoubo (aube), automne (aoutouno).
Eau correspond à :
et : aouset (oiseau), castet (château).
èou : ramèou (rameau), platèou (plateau), bandèou (bandeau).
b) an, en
En général, les sons gascons an et en correspondent à leurs
équivalents français. Toutefois, uu certain nombre de mots renfermant le son an français, prennent en gascon, la valeur de en.
Par exemple ; aisance, médisance, puissance, séance, etc.
c) ai - et - è - è
Au son ;
ai correspond aï : mai (mai), gaï (geai).
et correspond et : parquet (paquet), baylet (valet).
è correspond è : prumèro (première).
ê correspond è : intrès (intérêt).
d) ain - ein- in
Au son :
ain correspond an : man (main), pan (pain), piano (plaine).
ein correspond en: plen (plein), beno (veine).
in correspond in : bin (vin), lin (lin)
e) Noms terminés par e - i - u, ée, ie - ue
Aux terminaisons e - i - u correspondent, en gascon, les terminaisons at-it-ut: santé, santat ; parti, partit; reçu, récébut.
Si un e muet vient s'ajouter à ces terminaisons, les terminaisons
gasconnes deviennent :
ado ou eyo : entrée, entrado ; cheminée, chemineyo.
ido ou ejo : partie, partido ; envie, envejo ou embejo.
udo : goulue, gouludo.
B). — SUPPRESSION DES LETTRES EN FRANÇAIS
Pour montrer la valeur de l'accent vv dans les mots où il remplace l's comparer ces mots à leurs équivalents gascons :
pate, pasto ; patte, pato ; forêt, hourest ; tête, testo ; côte, costo.

�— 104 —

C). — DÉSINENCES MUETTES EN FRANÇAIS
Les finales s, t, c, ne se prononcent pas en français : en gascon
elles conservent leur valeur :
compas, coumpas ; avocat, aboucai; front, frount ; blanc, blanc.
D'une façon générale on peut dire que ce que l'on entend en
gascon doit s'écrire en français.

SYNTAXE
Elle peut être utilisée de deux façons :
pour expliquer la syntaxe française;
pour réagir contre l'usage, en français des tournures propres
au gascon.
Le gascon comptant autant d'espèces de mots que le français
nous allons les examiner successivement en signalant les particularités propres à chacune d'elles.
[a) Nom
1° Le gascon emploie les infinitifs et les participes comme substantifs en les faisant précéder de l'article :
lou laoura ; le labourer ; le labour ;
lou dailha : le faucher ; la fauchaison.

En français, on dit de même : le manger, le boire, le dormir, etc.
Mais ces exemples de verbes comme substantifs sont rares. En
gascon, ils sont au contraires, très fréquents. D'où, nécessité de
prévenir contre eux nos élèves.
2° Certains mots du masculin sont féminins en gascon et réciproquement :
Masculin : oli (huile) ; relotje. (horloge).
Féminin : lèbé ''lièvre) ; leit (lait) ; sau (sel) ; canebo (chanvre) ;
moungeto (haricot).

Tout en mettant en garde nos élèves contre ces contradictions,
nous pourrons le cas échéant, utiliser ces particularités pour
expliquer les formes usitées par les vieux auteurs. Ainsi : La
Fontaine a écrit :
Il arriva qu'au temps où la chanvre se sème.
Elle vit un manant en couvrir maint sillon.
(L'Hirondelle et les Petits Oiseaux).

3° La distinction du pluriel des noms en al d'avec celui des noms
en eau se fera par l'examen des formes gasconnes :
chevai donnera chevaux, chibaows
bandeau dounera bandeaux, bandions
château donnera châteaux, casteis.

i

(A suivre)
Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAO, EMPRIMERIE

VIGNANCOUR,

E.

MAI1R1MPOUEY,

EMPRIMUR.

�</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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