<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="2652" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="http://occitanica.eu/items/show/2652?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T02:39:59+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="1479" order="1">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/0375338b70b6792c382d838651d9546f.jpg</src>
      <authentication>146999704fb8c137a5a2c14612a7e431</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="5">
          <name>Omeka Image File</name>
          <description>The metadata element set that was included in the `files_images` table in previous versions of Omeka. These elements are common to all image files.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="74">
              <name>Bit Depth</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198848">
                  <text>8</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="75">
              <name>Channels</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198849">
                  <text>3</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="73">
              <name>Height</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198852">
                  <text>1131</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="79">
              <name>IPTC Array</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198853">
                  <text>a:1:{s:11:"object_name";s:14:"1911 15e Anade";}</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="78">
              <name>IPTC String</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198854">
                  <text>object_name:1911 15e Anade
</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="72">
              <name>Width</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="198855">
                  <text>1696</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="138358" order="2">
      <src>http://occitanica.eu/files/original/a3bc8cbfbba7fabac793ffd0c7ad6ede.pdf</src>
      <authentication>e35b233a52baa903c89a964d748be63b</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="622033">
                  <text>18e Anade.

Setéme-Oucíoubre 1914.

Cher Monsieur,

Je suis très profondément touché de. l'honneur que vous me
faites en me demandant, pour le Bulletin de l'Escole GastouFebus, quelques mots pour saluer, au nom des Pyrénéens,
les soldats Béarnais, Bigourdans, Gascons, qui, sur les champs
de bataille, rivalisent avec tous leurs frères de France de
courage et d'héroïque entrain.
Bien souvent, vous le savez, mieux que les paroles les plus
éloquentes, les faits traduisent les vrais sentiments, les vraies
impressions des populations, et je ne crois pas pouvoir mieux
répondre à voire désir, qu'en vous narrant tout simplement
ce dont j'ai été témoin.
Il y a quelques jours, à l'heure grave où le gouvernement
venait, à raison des nécessités de la guerre, de quitter Paris,
à ce moment où malgré la certitude absolue du succès final,
on ne pouvait s'empêcher de jeter un regard un peu anxieux
sur l'avenir, je passais devant une des nombreuses casernes
improvisées renfermant des réservistes qui devaient partir le
lendemain pour aller, dans les premiers rangs de notre armée,
remplacer leurs camarades tués ou blessés. — Il était tard ;
comme en jour de fêle, ils chantaient le chant des montagnards; nul des chanteurs ne pouvait soupçonner qu'il était
écouté, c'était donc bien le chant répondant le mieux à leurs
sentiments intimes qu'ils disaient, et dans l'accent si franchement viril avec lequel ils prononçaient : « halte-là, les montagnards sont là, » on sentait que ces mots traduisaient bien
réellement leur pensée. C'était le vieil instinct guerrier de leurs
ancêtres, de ces fiers Gascons, de ces fiers Pyrénéens, qui,
regardaient comme leur plus précieux privilège l'honneur de

�- 166 —

défendre la frontière Française, qui se réveillait en eux. Ils
abandonnaient leurs familles, leurs champs, leurs moissons,
et dans leur volonté de défendre leur pays, l'honneur de la
France, ils n'avaient rien trouvé de mieux que de dire à
l'ennemi, avec leur bravoure gaie, et franchement gasconne :
« halle-là, les montagnards sont là ».
Nous pouvons disserter sur la nécessité de défendre la civilisation contre la barbarie, de sauver les idées d'humanité,
de liberté, de justice qui se sont incarnées dans notre France,
mieux que les plus savants, mieux que les plus éloquents, le
peuple de France, par le chant de nos héroïques gascons, dit
le mot qui résume tout : « halte-là, les montagnards sont là. »
Dans l'orgueil légitime de la petite patrie, confondu avec le
culte sacré de la grande patrie la France, nos Pyrénéens
affirmaient sans forfanterie, sans bravade, la résolution
ferme, énergique, inébranlable, de tout sacrifier même la vie,
pour sauver la patrie qui ne doit pas, qui ne peut pas périr,
la France immortelle.
Honneur à ces braves, traduisant si simplement, si noblement dans leur héroïsme tranquille et résolu, le sentiment
national, et disons tous, avec eux, aux sauvages barbares
envahisseurs :
Halte-là, les montagnards sont là
Halte-là, halte-là, les Français sont là.

�- 167 -

Lou coumandant de nabiu, Mous de Dupourquè, ancién députât,
que s'escribè lou 4 de setéme, ûe létre toute ahoecade pèr l'amou
de la patrie.
Qu'en tiram ta-u maye plasé dou leyedou aquéstes bères paraules
qui touts lous Fransés deberén apréne de cô :
a Dieu veuille que ce sang généreux fasse germer sur notre sol une riche
« moisson de tolérance, de véritable fraternité et que nous nous réveillions
« de ce sombre drame aussi unis, aussi sincèrement unis que nous le
« sommes en ce moment à la Frontière.
« Restons français, uniquement français, pendant et après la lutte
« homérique de la civilisation gréco-latine contre la barbarie teutonne,
« infiniment plus bestiale, plus sauvage que celle des Huns.
« Prêchez dans notre chère Escole Gastou-Febus l'union et la paix, la
« paix et l'union qui seules sont productives de richesses morales, artis« tiques et matérielles, celles-ci devant céder le pas aux deux autres,
« car la richesse matérielle émascule les nations qui lui donnent la première
« place dans leurs préoccupations
».
O DUPOURQUÈ.
■

■

D'un mandement de Mgr Cézérac, évêque de Cahors,
notre confrère en Febus, nous extrayons les patriotiques paroles qui suivent :
« N'oubliez pas, mes frères bien aimés, que l'obéissance aux
pouvoirs établis est plus particulièrement un devoir à cette heure
angoissante.
« 11 faut que cessent toutes discordes entre citoyens, ne regardons pas qui tient le drapeau ; il n'y a plus ni division, ni partis;
il n'y a que la France.
« Vous ne serez pas surpris d'entendre votre évêque, votre père,
vous donner avec toute la flamme de son âme, cette consigne de
devoir et de patriotisme ».
-aefsrs

ABIS A€S LEYEDOCS
Lou malur dous téms que-s lié puchéu enta pari més per més.
Enta quoand tournera m debisa ? N'at sabém pas! Dilhèu ta cap
d'an, dilhèu abans. Diu boulhi que sie lèu e que lou purmè mout
dou numéro que clami : Bittori !
L. R.

�— 168 —

Assiu que balham très talhucs batalhès. Lou purmè sinnat Ader,
qu'ey trèyt dou libi de J. Michelet, titulat « Poètes Gascons du
Gers ». Ader qu'ey l'autou de « Lou Gentilome gascouu e lous
hèits de gouerre dèu gran è pouderous Henric Gascoun, Rèy
de France et de Naouarre. »
Lou sigoun qu'éy pusat au libi de Xavier de Cardaillac, titulat
« Jasmin ».
Lou tersau qu'au flourit en « Gascougne » d'Isidore Salles.
Lou quoatau que bièy de « Vivo Prouvenço », n" de Yulhét, e qu'ey
sinnat de Pèire Devoluy, noum de letradure dou capitène fransés
Paul Gros-Long.

I
(l'aria d'Armagnac
doit xvne sècie).

L'un cour a l'arquabouse, é Faute espaurit s'arme
De couirasse, brassais, gouantelets, è mourrioun,
Aquet pren l'armedast, aqueste lou bourdoun,
Asset la pertusane, è Faute Fallabarde
Brounès coumo taoiians tout dret au cos dé garde
E sorten desbandats, mau-abisats, brouillous,
Coum d'un tounet d de bin gessen lous mouscaillous.

Arribe lou Gascoun lou coutèt à la man,
Que lous da mes de pics, que de trosses de pan,
Açi n'escane cent, aquiu ne pren cinquante,
Bei hijh de boune mai que d'esglasi eschaurits,
S'en soun, counils paurucs, en la tute hugits

Qui bibe ? qui bela ? doune, doune, Arm', arm, arme,
Açi que eau pensa de decha lou butin
Dé par dius è sa mai, ou bira lou camin
Atuque entruque-ataque, ane la camisade
Passe, repasse, dau, tourne la pistoulade,

�— 169 —
Chique lou coutelas, dau, dau, dits lou Gascoun,
Sapien aquestes gens en quina terre soun,
Tue, doune au chic-chac, pele pele, repele encouère,
Tire, dau au défaut atraouès la bisière

L'un mourish suou chibal, l'aute ei désarsounat,
Aquet rennes coupât d'augide n'ei anat
Asset a un pic suou cap, Faute Fa sus lous brasses
Aquet cride, moun Diu, aquet coueite lous passés,
Ahute pè de lèbé, adiu came agusat,
Bet huge dab la poou n'ei jamés debesat.
Atau dap lou lugran, suou maitin segue è lie,
D'aouant que lou soureil bengue esclari lou die
Lou cabaillé Gascoun, abenturat toutjour
En toute terre è loc, sie de neit, sie de jour,
A chibal ou pietoun, en toute sorte d'arme,
Man de Lion aus cops, oueil de Gat à l'allarme.....
ADER.

II
(Parla dou parsâ d'Agen).
Al dézert de l'Africo où l'Emir grinço ei ploùro,
Ana-li demanda ço que pèze lou bras
De Ferrabouc, Durrius, Cassagnolo, Tampouro
Et surtout del brabe Tartas
Oh ! quan aquet se bat es trop bèt de lou bèyre !
Al temp de l'Amperur alors on pot se creyre
Al moumen de cargà dan soun Fier regimen
Quan à la mort sous èls counbidon
Et qué sous capitânis cridon :
« Colonel, oun nous troubaren ? »
El respoun : — « En aban ! darrè lou triple reng !... »
Et d'amb'es, sabre en mâ, se lanço, tout brigalho
Et darrè la triplo muralho,
De bayounetos, de mitralho,
Lous retrôbo, à Fendret, marcat, deja famus ;
Noun pas touts, mais y sount. .. El l'ennemi ? gn'es plus !
JASMIN,

�— 170 —
III

LOU MARÉCHAL EXELMANS (*&gt;

(Parla de Lanncs).

I
Un bèt sou d'hiber qu'arrayabe
(Lous bets yourns qu'an chic de parens !)
Sus lou camin de Sent Laurens,
Un bielh sourdat que-s passeyabe.
Magre, sec coum un escalhoun,
D'un bastoun le man esquipade
Que-s tinè dret corn soue espade,
Quent ère au cap de l'escadroun.
E que pensabe aus yourns de glori,
Aus grans esbrouns oun s'ère bis
E lou coumbat, com un chemis,
Qu'où rebinè dens le memori !
A sedze ans, au bruyt dou canoun,
Que s'en ère anat a la guerre...
Sedze ans après, sabetz so qu'ère ?...
Yenerau de Napouleoun !
Dous sourdats, en yourn de batailles,
Tustemps en cap, quaucop soulet,
Qu'abè traucat, com un boulet
Lous batalhouns e les murralhes.
Pertout qu'ère anat chens soupic :
Italie ! Espanhe ! Allemanhe,
E dens le darrère campanhe,
Qu'abè hounsat lou darrè pic !

(1) Oun que saben que lou manescau Exelmans badut à Bar-le-Duc, e la
familhe de Laborde-Noguès, d'Ustarits, qu'èren parensiès. Exelmans qu'aymabe hère Bayoune oun s'ère estât sourdat.

�- m ii
Saludat de le yent qui passe,
Que hey rencountre d'un counscrit
Qui s'en bine de Sent-Esprit
Lou sort tirât, l'aurelhe basse.
— « Bam ! que portes en toun peyro ! »
— « Ah ! Moussu, triste marchandise :
Lou sort qu'ey bien dret dou maudise,
Qu'embalhe un mechan numéro ! »
— « Que preni part a tant de pene :
De serbi qu'es doun desgradat ? »
— « Nani, Moussu, que souy sourdat ! »
— « Malurous ! so que-m eau entene ! ! ! »
E lou bielh sourdat se dressant
E de haut, espiant lou maynatye :
— « Diu de Diu ! balhats me toun atye :
Qu'où serbirey de remplassant. »
Isidore

SALLES,

Gascounhe p. 218.

IV
I

bons ami

de VIVO

PROUVÉNÇO !

Noun ai lou bon lésé de vèire lis esprovo d'aqueste numéro, e
de proun tèms bessai nosto voues felibrenco noun bresihara plus.
Car la guerro

superbo,

l'amourouse

esperado, desplego

si

drapèu ; e nàutri, fiéu de Gaulo, auzour! dins la bagarro, nous es
grand fèste et grand baudour de s'alanda coume li rèire !
Uno escoumesso inmoundo vèn de mètre l'Austrio, la Prusso
segrenouso, VErbfeind abourri, au band di civilisacioun !
Auzour ! pèr la patrio e contre li Barbare !
Auzour! pèr bèn coumbatre e mouri fieramen, o fiéu de Gaulo,
eici-sian, Prouvençau !
Pèire

4"

d'amust.

DEVOLUV,

�Jeux floraux de 1914
Nos lauréats et une partie des membres de nos Jurys
sont sur le champ de bataille, faisant leur devoir de patriotes et
de soldats ; en outre, Paris n'a pu nous envoyer ni diplômes, ni
médailles, ni ileurs. Comme nous avons été forcés de renoncer à
la fête félibréenne annuelle, nous devons, provisoirement du
moins, renoncer aussi à la distribution des récompenses dont
l'attribution n'a d'ailleurs pu être faite par les juges des concours.
Mais il est une satisfaction immédiate que nous pouvons offrir à nos
littérateurs et à nos artistes, celle de leur faire connaître le classement de leurs travaux ; nous le donnons ci-après :

Classement des Œuvres du Concours,
I. — Poésie.
M. P. Abadie, instituteur à Sombrun (H.-P.), pour ses
trois pièces : Lous d'Ibos, Matiau d'abor, La Mour dou
Cassou.
ex-œquo.
^ p j s bathé, à Tournecoupe (Gers), pour sa poésie :
au
a
[
Tourna, men, au parsant.
2. M. l'Abbé Lucien Poque, à Caubios (B.-P.), pour sa pièce :
Nos 1

j

Yulhét.

3. M. Louis Lamaignère, à Artassenx (Landes), pour Un bèt patac.
4. M. le dr Emile Lhept, à Lescar (B.-P.) pour Lou Cabilhat.
0. M. l'abbé Joseph Naves, à Le Vignau-Lussagnet (Landes), pour
Un Cô ta dus.
G. M. Yan dou Gouf, à Capbreton (Landes), pour Le pésque d'auts
cops.
7. M. l'abbé Barros, à Urgons (Landes), pour La Ramelinc.
8. M. J.-G. Lalubin, à Damazan (Lot-et-Garonne), pour Cansoun
de bués.
9. M. J. Casassus, à Bilhères (B.-P.), pour A. Mistral.
10. M. J.-B. Gastellu, à Sauveterre (B.-P.), pour La Mourt dou
Souldat.
11. M. J. Casassus à Bilhères (B. P.), pour Cansou biarnëse.
12. M. Louis Verdier, à Auvillars (Tarn-et-Garonne), pour lou
Nean.
13. M. Emile Fouque, à Baigts (B.-P.), pour Ouey lou die.
14. -M, Berthoumieu-Couchicot, à Mansouet (Landes), pour La
Mme Gasconne.

�— 173 —
Six pièces n'ont pu être classées soit à cause de leur faiblesse,
soit parce qu'elles sont écrites en une langue présentant trop de
différence avec celle de nos quatre départements du Sud-Ouest.

II, — Prose.
dr

1. M. le
Méliande, à Thèze (B.-P.), pour A la biélhe glèyse de
nouste.
2. M. l'abbé Naves, à Levignau-Lussagnet (Landes), pour LouIIau.
3. Mlle Prat, institutrice à Cescau (B.-P.), pour Noèyt d'ibèr.
4. M. le dr Méliande, à Thèze (B.-P.), pour Mourt de Moussu
Darripe.
5. M. Marcellin Laborie, à Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne),
pour Lou Printéms.
6. M. Henri Carrère, instituteur à Mazerolles (B.-P.), pour
Médian rèbe.
1. Mlle Célestine Lateulade, à Hasparren (B.-P.), pour Crédo a
brèspes.
8. M. Joseph Morlan, à Montréal (Gers), pour Lou Pount dou
Diable.
9. M. l'abbé Barros, à Urgons (Landes), pour Hoalie de papous e
mamétes.
10. M. Louis Lamaignère, à Artassenx (Landes), pour Lous Broussalous.
11. M. Joseph Morlan, à Montréal (Gers), pour Ilémnos e poulitico.
12. M. J.-B. Gastellu, à Sauveterre (B.-P.), pour Damourat aupeys.
13. Mme Joseph du Barry, à Sarrancolin (H.-P.), pour Esplandou.

III. — Musique.
1.
2.
3.
4.

M.
M,
M.
M.

Castaingt, 8, rue du Moulin, à Pau (B.-P.).
Faure, 171, boulevard de la Villette, à Paris.
Jean Mécène, à Pontaillac (Charente Inférieure).
l'abbé Poque, à Caubios (B.-P.).

IV. — Peinture, Dessin.
La Cante de Bernatou.
1. Mlle Dupeyras, à Lavardac (Lot-et-Garonne).
2. M. Marius Sillières, 9, rue Tustal, à Bordeaux.
3. M. Beaugrand, à Lavardac (Lot-et-Garonne).
Marchande de marrons.
1.
2.
3.
4.

M. Roger Desplanques, 22, rue Bori, à Bordeaux.
M. René Harbol, 18, rue Ernest Bersot, à Bordeaux.
xM. Christian Restât, 91. rue Dubourdieu, à Bordeaux.
M. René Gaillard, 68, avenue Jeanne-d'Arc, à Bègles (Gironde).

�— 174 —

Paysage.
1. Mlle Simone Nux, à Lectoure (Gers).
2. M. Alexis Fuzeré, à Bidache (B,-P.)
3. Mlle Yvonne David, 155, cours de Toulouse, à Bordeaux.

Divers.
Une mention spéciale est due à l'Institution Soulé, de SaintLaurent-de-Neste (H.-P.), pour le lot de 23 dessins, qu'elle a
envoyés à notre concours. Pour les motifs exprimés en tète du
classement, nous ne pouvons pour l'instant lui décerner que des
félicitations; il est à souhaiter que son exemple soit suivi par
les écoles publiques et privées de tout le Sud-Ouest.

Quelques non-classés.
Toujours plus haut; Quand même; Suzanne ; Massilia ; Ordre et
Progrès, dénotent de l'application et la bonne volonté, nous sommes heureux de les encourager à persister dans ces efforts, car les
bons résultats ne tarderont pas à se montrer.

V. —

Contes et légendes en 25 lignes.

1° Ecoles primaires élémentaires.
1. Pourtuchâa Henri, à Cescau (B.-P.) ; — 2. Pourtuchàa Valérie,
à Cescau (B.-P.) ; —3. Carnet St-Landry Fernand, à Cescau (B.-P.);
4. Camy Jean, à Sauveterre-de-Béarn (B,-P. ); — 5. Péré Marie
Jeanne, à Arthez-d'Asson (B.-P.); — 6. Tambourré Marcelle, à
Arthez-d'Asson (B.-P.); — 7. Daleas Henri, à Burg (H.-P.); —
8. Cambot Laurent, à Sauveterre-de Béarn (B.-P.) ; —9, Cazaban
Léon, à Cescau (B.-P.) ;— 10. Jacot Georgette, à Arthez d'Asson
(B.-P.); — 11. Labat André, à Sauveterre-de Béarn (B.-P,); —
12. Hourna Léontine, à Arthez-d'Asson (B.-P,) ; — 13. Lousplas
Adélaïde, à Arthez-d'Asson (B.-P..) ; — 14. Lailheugue Augusta,
à Labaslide-Chalosse (Landes) ; — 15. Delux Maria, â LabastideChalosse (Landes) ; — 16. Abadie Jeanne, à Boos (LandesJ ; —
17. Feugas Léon, à Sauveterre-de-Béarn (B. P.) ; — 18. Langlade
Catherine, à Arthez d'Asson (B.-P.) ; — 19. Bégué Marie, à Arthezd'Asson (B.-P.) ; — 20. Mandrou Reine, à Arthez-d'Asson (B.-P.) ;
21. Carribou Louis, à Sauveterre-de-Béarn (B.-P.) ; — 22. Cachen
Lucie, à Arthez d'Asson (B.-P.); — 23. Coustet Marie-Louise, à
Arthez-d'Asson (B.-P.); — 24. Aguerre Pierre, à Sauveterre deBéarn (B.-P.); — 25. Batcéque Rosa, à Arthez-d'Asson (B.-P.);
— 26. Sériés Antoinette, à Arthez-d'Asson (B.-P.) ; — 27. Lacoste
Marcel, à Burg (H.-P.); — 28. Muthular Jean, à Sauveterre-deBéarn (B.-P.); — 29. Sallette François, à Sauveterre-de-Béarn
(B;-P.) ; — 30. Pommiès Clémence, à Arthez-d'Asson (B.-P.) ;
31. Loussalez-Artets Marie, à Arthez-d'Asson (B.-P.); — 32. Ber-

�ducou Roméline, à Arthez-d'Asson (B.-P.); — 33. Péré MarieLouise, à Arthez d'Asson (B. P.); — 34. Bourié Julia, à Arthezd'Asson (B.-P ) ; — 3o. Lachampre Albanie, à Arthez-d'Asson
(B.-P.); — 36. Saubatte Marie, à Arthez d'Asson (B,-P.); —
37. Dupouy Léopold, à Burg (H.-P. ); — 38. Dupouy Jean-Marie,
•à Burg (IL P.) ; — 39. Buzaud Gaston, à Burg (H.-P.) ; — 40. Langle Marie, à Arthez-d'Asson (B.-P.).
2o Ecoles primaires supérieures.
I. Arnauné V., institution Soulé ; — 2. Abadie Fernande, Airesur-Adour ; — 3. Desbarat, institution Soulé.

VI. — Traductions.
I. — Classement des Ecoles d'après la note moyenne
de leurs élèves.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.

Sauveterre-de-Béarn : 8 copies, moyenne 13.
Labastide Chalosse (Landes) : 2 copies, moyenne 12 1/2.
Cescau (Basses-Pyrénées) : 2 copies, moyenne 12.
Nay (Basses-Pyrénées), Ecole supérieure : 3 copies, moyenne 11.
Aire (Landes), Ecole supérieure de Filles : 1 copie, moyenne 11.
Arthez d'Asson (Basses-Pyrénées) : 34 copies, moyenne 10.
Boos : 1 copie, moyenne 10.
Burg (Hautes-Pyrénées) : 9 copies, moyenne 9.
Larceveau (Basses-Pyrénées) : 4 copies, moyenne 9.
II. — Récompenses obtenues par les divers concurrents.

Mentions honorables : Carribou Louis ; Labat André ; Salette
François ; Lousplas Adélaïde ; Batcèque Rosa ; Guillamet Maria ;
Mandron Peine ; Saubatte Marie ; Jacot Georgette ; Bourié Julia ;
Ithurburu Catherine ; Berducou Octavie ; Pouyoune Rosa ; Sériés
Antoinette ; Bourdettes Marie ; Dourau Marie ; Tridoy Lucie ;
Abadie Jeanne; Lailheugue Augusta ; Lacoste Marcel; Bruzaud
Gaston ; Abadie Fernande ; Vignes Léon ; Coustet Marie-Louise ;
Monplaisir Madeleine.
Rappels démentions honorables : Lachampre Albanie ; Péré MarieLouise.
Diplômes de Médailles de bronze : Cachen Lucie ; Hourna Léontine;
Hourna Lucie; Chalan Berthe ; Camy Jean; Cambot Laurent;
Muthular Jean ; Feugas Léon; Deluc Maria; Lateulade Noélie;
Dupouy Léopold ; Darramon Eloi.
Rappels de Médailles de bronze

:

Grabot

Jeanne ;

Pommiès

Clémence.
Diplômes de Médailles d'argent : Tambourré Marcelle ; Langle
Catherine ; Aguerre Pierre.
Rappels de Médailles d'argent : Péré Marie Jeanne; Taillantou
Albert.
Diplôme de Médaille de vermeil : Bégué Marie.

�— 176 —

Las ducs Pouesies n° 1 dou Councours
i
MAYTIAU

D'ABOR
(Parla de Bigorre).

Qu'ère u mayti, pe-us darrès dies de l'abor,
Quoan de-us cassous gigants, las hoelhes, coulou d'or
E s'en ban à bèts bols, coum eschàmes d'abelhes.
Lous pics, deyà, qu'auèn bestit de blanques pelhes,
Lou sourelh raountagnol, de sa douce clarou,
Que tinlàue d'aryen las ilous de Marterou ;
E, sus l'erbe dous prats, d'arrous trempe, aquet die,
Que boulàue u diamant au soum de cade brie.
Ue brume leuyère, en puyant cap au cèu,
Au bielh tuco pelât, que hèue u subercèu,
Dens Tort, mieyt nud, las estiglantes parpalholes
Que chucàuen lou sang de las darrères loles,
La-haut, su-u coustalat, aus beryès despoulhats,
Lous tridats beuedas, de d ore desbelhats,
Que perucàuen dab lous mèrlous batalàyres
Lous graynous d'arrasims desbroumbats pe-us bregnàyres:
Lous ausets esberits, au bosc, aquet mayti.
Que cantàuen en chorl'estiu de Sen-Marti,
Darrès dies gaymants de la sasou beroye,
Qui ns e dèchen dens l'amne encoère drin de yoye !

Lou nouste campané qu'arridèue au sourelh ;
E, su-u soué teyt bielhot, bagnat d'array bermelh,
Batalàue u'scabot numerous d'arounletes :
Las yoenines que s'assayàuen las aletes,
Boulateyant pe-u cèu, dens l'ayre tèbe e blous,
Estounades de beye acera lous picous
Touts caperats de blanc, despuch la noeyt passade.
Cade may qu'ère aquiu, dab la soue casade :
« Miguetes, sedisèn las bielhes, per augan,
« L'estiu qu'ey acabat ; lous bèts dies s'en ban,
« Ouey qu'ère drin fresquet l'arrous de l'escurade,
« E, yé sé, su-us grans pics, la neu qu'ey debaràde.

�— 177 —
« Que eau parti ; lous mouscalhous que soun finits ;
« Dinquo-u printemps, que bam quita lous noustes nids ».
« — 0, demourem drin mes, respounèn las yoenines ;
« N'ey pas encoère temps de passa las mountines.
« Lou cèu qu'ey blu, l'àyre leuyè, lou sourelh yoen ;
« E lous orts que soun plés encoè d'eslous d'aryen ».
« — Maynades se digou la mesbielhe, à las choyés !
« Mourtes lhèu que seran, douma, las flous beroyes !
« Cragnats, de-u sou d'abor, lous arrays trashidous :
« Espiat, au houns dou Cèu, acet brumalh negrous ;
« De la terre, au brespè, que choupira la pelhe !
« Miguetes, escoutat boste mamete bielhe :
« Quoan lous milhocs pe-us camps, e soun descabelhats,
« Quoan beyet, aus beryès, lous chermens despoulhàts ;
« Quan la paloume passe en troupe numerouse,
« E que lou semiadou, de sa ma pouderouse
« Yete lou roumentbloun à pugnats pe-us barèyts ;
« Quoan, aus prats yerbassuts, lous ardalhs e soun hèyts ;
« Quoan lou pic ourgulhous d'u màntou blanc s'aprigue,
« E, que-u souc, darrè-u boue, coudéye la couarigue ;
« Quoan entenet lou couac, heroùdye dou courbach ;
« Quoan beyet l'oumpre grane e lou sourelh tout bach,
« Bèt lèu, la terre en do qu'estuyera l'auyàmi :
« 0 ! praubines. huyet ! que-b mouriret de hàmi ! »
#

* #
Qu'escoutàui, pens'u, lous debis amistous
De la bielhe arounlete, aus petits auserous.
Que coumprenèy ço qui-us disèue, en soun lengàdye :
Dens u gourguey charmant, que us parlé dou gran biàdye,
Aus pays blus, oun lou sourelh, en cade cor,
Hè madura, sus l'iranyè, las poumes d'or;
Parsas encantadous. terre de mirabelhes,
Oun las hades pintrèn las arroses bermelhes ;
Oun lous casaus e soun toustem oundrats de nau ;
Terre beroye, oun lou printemps ey eternau !
Loungtemps que iebisèn las auroungles beroyes.
Puch, las mays qu'amassèn aroun d'ères las choyés ;
Lou bielh clouchè que retreni de crids gauyous :
« Adiu ! dinquo-u printemps, disèn lous auserous ».
E, lou signau balhat, toute la troupelade,
Decap la mar d'azur, que gahè la boulade.
P. ABADIE.

�— 178 —

I

bis

,

TOURNE, MEN, AU PARSANT
(l'aria d'Armagnacq).
S'enten pas oaire mèi, o Gascougne lourido !
Dins tous seudés oumbrencs, las cansous d'aules cops.
Oun soun lou boè pesuc, l'auelhèro iberido ? (1)
Qu'as hèit des hilhs, d'aquets que pourtauon esclops?
Digo, marna, perqué les paisants fan dichado? (2)
As tu marcandejat toun amour è toun pan
En nat des hasendès (3) balents que t'an laurado ?
T és desdito jamei quan as toucat à man ?
Nou, tèrro de raoun brès, ès toutjour la balénto
Qu'adouraon les biélhs pairis au cor goustous, (4)
La pourièro y'ô) des fruts, de las llous, la bruhénto (6)
Que saumo rimos d'or p'ou barèit des coustous.
Mèi les droullats d'auèi an touts l'amo gamado.
Lou cla de tous maitis é les bruts de tous sés
Les destimborlon pas (8) : s'aimon mèi la crumado
De la bilo que put que tous herums sanssés
Digo, tu que t'en bas, hilh de la bourdilèro,
Loègn de l'ariau (9) pairal oun tous anssiens soun morts :
Perque t'adoundo (10) pas l'ausouso batalèro
Damb soun cèu trelusent que manégo (11) les forts ?
Lou fegnantè te croch é lou cranè t'engano : (12)
As les nèrbis trop mots ende tengue Tarai.
Que bas hè per capsus '? — Biue damb la fangano (13)
E mouri renegous (14) loègn des oèlhs de ta mai.
Sai-bé ! auras sus rents uio touino (15) lusento,
E uio chèno en or ser toun bente ganit ;
Siras un mièi moussu débat lou cèu que bento, '16)
Coumo'n cagn a l'estac, un mièi moussu transit.
E, se tournos jamèi carrussa tas camassos (17)
Au larè mespresat, siras prou coujaran (18)
Ende parla pas mèi patoès, è las agassos (19)
De tu, fransimant de rebrèc, se truferan.

�- 179 —
Tourne-, men, au pais oun la cigale canto :
Dempèi que l'as quittât, les ausèts soun en dol.
Tourno lèu que t'atend, damb soun amo bacanto, (20)
Lou campèst oun bastic soun nisé toun auyol.
Les grans biòus aloungats sou souste de lapénto, (21)
Les agnèts, les pourets, è l'amistous Labri,
Astourats d'auejè, sens tu hèn la meménto, (22)
Soullats engarrantsits (23) qu'atenden de mouri.
Las goujatos i soun sansséros è rusténeos (24)
Coumo lou picopout que rits dins les uchaus.
Rifagna qu'aimon prou è soun pas auserencos : (25)
Soun las serenos. mic, de nostes bièlhs oustaus
Trouberas la tche eau. Pourtera pas courtinos, (26)
Mèi soûls, libres, aurats touts dus l'amo san plécs — A —
L'amou bous trichera de per las barranquinos, (27)
E beurats lou bin blous qu'a lou goust des poutets.
Tourno.-Ende te hestéja, ouè que tout s'apario,
E tout lusis. L'oumbro es mèi fresco au bord des rius.
E repapio, lou bent, sa doulento pregàrio
A l'anjèlus dou sé quan brounzinon les nius.
Sentiras la mamòi é la pimpareléto
Qu'escampon p ou segas lour cor d'amou rajent, (28)
Atretant qu'a capsus dou cèu blu, Laurinléto
Bresso soun bol hardit. damb la cansoun dou bent.
Quan sîos las, lou sé, s'en benguera l'estélo
T'amistousa dambe soun aire bergougnous. (29)
E quan sîos setut, sou bielh souc, a la sélo, (30)
T'endroumeras en debisa dambe las flous.
Paul SABATHÉ.
ESPLIC : \. Rusée, fine. — 2. Délaissée. — 3. Travailleurs. — 4. Ardent. — 5. Productrice. — 6. Active. — 7. Malade. — 8. Troubler. —
9. Hameau. — 10. Dompter. — H. Trempe. - 12. L'orgueil t'étoufle. —
13. Vivre de faim. — 14. Blasphémateur. — 15. Redingote. — 16. Eblouissant. — '17. Traîner ses jambes lasses. — 18. Sot.
19. Les pies. —
20. Veuve, esseulée. — 21. Sur la litière de l'étahle. — 22. Malades d'ennui,
agonisent. — 23. Engourdis. — 24. Saines et vigoureuses. — 25. Ombrageuses. — 26. Voilette. — 27. Vous gardera du mauvais sort. — 28. Incandescent. — 29. Timide. — 30. Abri.
A. Le c précédé d'une voyelle a le son du t : pléts.

�COUNDES DOUS ESCOUL1ÈS
ET HOL È'T CASSAYRÉ
(Parla de Bigorre).
Désempus que sap ménti, Touffère n'a pas abésounh d'arrés
enta coundaun né. Escoutat sé quén disèuo ér 'aoute-dia :
« Quon béngouri hol, qué y a dèts ans pratchèou, ét mèro
que-ra hé parti enta Bourdèou, en ûo maysou de forço. You qu'en
pénsauoy qu'atchéou-laguens nou calousso hè arré. En arriba, un
gale de medecî qu'én béngou gaba è estaqua-m en û piquét at
méy de ûo laquo dé hango. Qué m'y énfounceri dentcho éra cinto,
Un moumént après, enta essaya dé sourti-m d'aquét pastèt, qué
béri sinnés at medecî énta disé ou qu'èroï mélhou. Alabéts, qu'en
sourtirén d'aquét bagn énta licha-m passeya p'éra court.
At cap dé û moumént qué béiouri û cassayré tout arréstat
deouan éra porto. Qué l'apérèri et qua-u disouri : « Perdou,
moussu, e-m boulét disé, sé nou soy trop curious sé qu'én bèt de
tout aquét attiralb? » Et cabaliè que-m arrespouuou : « Beyét
aquét chibaou déoun soy puyat, que-m porto lougn sounsé
fatiga-m.
Aquét aousèt de qui porti éna mà, qu'ey ù esparbè dressât enta
gaha at bol éras callos, éras tourtéras, é- pourta-las-mé. Aqués câs
que soun enta hè lheua ét gibiè ».
— Bien, sé l'arrespounouri. Més quan né tirât dét gibiè dé qui
gahat cad'un ?
— Cent ou cent ciuquanto francs.
— E quon emplégat énta entréténgue és bostis câs, ét chibaou
ét'ausèt?
— Dilhèou, quinzé cops més.
— Oh ! alabéts partit bisté, auans qu'et nouste medecî né bous
béio. Qué m'a hèt plounja ena hango dintcho éra cinta pér
bagatèlos, è qu'éy presqué ségu qué bous qu'éy seriot enfounçat
dintcho-t'cot, sé jamés et béngouéouc a sabé ét machon empléc dé
qui het déras taryos ? ».
V. ARNALNÉ,

Institution Soulé.

�— 181 —

LA BORDE DOU DIABLE
(l'aria de Biarn)
Qu'ey abè û homi ena Hérrèra qui-s aperabe Bertranou. Qu era
û brabe homi urous, tranquille mes hèra embeyous. Que-s abè
bicat en cap de basti-s ûe bera borde auprès de sa maysoun, mes
oun èren lous dinès ?
Pèr bèt die que troubè lou diable e qu'où couutè sas pénas :
« Que bos ùe borde? Que la pots abé doumâ ! — Nou, bessè ! se
respoun Bertranou. — Coum t'at disi. Més a la coundiciou que-m
bénias éra to amne. Ey dit ? — 0 plâ. — E dounc, talèu qui lou
pout e canté, tu qu'as la borde e you era tou amne. Marcat hèyt ».
Lou diable que partéch e Bertranou s'en tourne ta case.
Lo noèyt nou pot droumi. Qu'endén lous diablots qui hèn û
arrut destermenat e que regreta era so proumesse. Que-s lhèbe e
nou pot tiéne en place.
Yaninétte la so hémne qu'où demande sa qui a. « Qu'at bos
sabé ? E dounc aquéste brespau qu'èy troubat lou diable e qu'abém
hèyt u marcat. A noèyt que m bastéch ûe borde e ta pagamém
que l'èybenut la mé amne. La borde qué sérafénide aban lou crit
dou pout — : Malhurous sies, mes lèchem tu ha qu'et boy tira de
péna. »
Quoan bedou la borde a mièyes teytade, Yaninétte que courrou
ta-u pourèdab la luts et autalèu lou pout que s hiquè a canta.
Si abètsbits lous diablots eschourra-s dou tèyt e escapa-s coum
gats escouats !
Bertranou qu'abou la borda dab lou tèyt houradat permou arrés
nou la boulou féni, qu'ère lou diable qui l'abè heyte, é lou diable
n'abou pas la soue amne.
Marcelle ÏAMBODRRÉ,
Ecole primaire d'Arthez-d'Asson.

L'HENRICOU CASTIGAT
(Parla de Biarn).
Lou nouste Henric, û beroy rèy de France, badut a Pau, qu'es
nauri a Bilhère, ûe béroye coumune qui toque la bile.
Qu'es paréch qu'ère badut tout dentat, et au permé cop qui la
soue may, la rèyne Yane, ou boulou balha la poupe, crac ! que la
coupa lou capulh.
Qué hé parié a ûe troupe de naurisses ; alabéts la may ne poudè
pas méy trouba nade hémne qui ou boulousse balha la poupe. E
qu'at crèy plâ.
Alabéts, la rèyne Yane qu'ana trouba ûe bère et youéne bémne,
frés acoucbade, que la préga d'où préne lou gouyatot et qu'où
balha la permissiou d'où castiga si la boulé gnaca la poupe.

�— 182 —
Lou naurigat autalèu qui abou la poupe a la bouque, que sarra
dap las déns : la naurisse qu'où balha û couhatot...
Lou youén rèy que decha de poupa et que l'espia tout estounat.
Que-s tourna métte a poupa, que tourna lia entra la dén, û
gnaute couhat méy biu ; que tourna espia la naurisse ; e despuch
aquét cop que s'at tiengou pèr dit, que poupa chéns yaméy ha
semblans de boulé mouchica.
Jean CAMY,
Ecole primaire de Sauveterre.

Duc de la Salle de Rochemaure, CAUSERIES. — Aurillac, imprimerie Moderne, 1914. Lou mayourau de Glavières-Ayrens doun l'obre letrade
a deya endoum que bièy de lia paréche aquéth nabèth libi de près de 500
payes : qu'y troubam l'ana cla e nét acoustumat au sou calam ; û sabé estenut
qui l'a, segu, coustat cèrques e cèrques dab ûe sabou de grandou e de
toulerénce qui-s hè gay.
3r$frQ-

La prise de Tljienville
(1558)

En 1558 ce fut une fête pour les Français que de prendre Thionville sur les Impériaux. Notre compatriote Monluc en a laissé un
récit qui peut passer à juste titre pour l'une des plus belles pages
des Commentaires. Nous ne pouvons le reproduire en entier, il est
trop long, mais nous en emprunterons quelques passages à l'édition si soignée, si minutieuse, que notre ami Paul Courteault,
publie et dont le second volume a paru récemment (Paris, Picard,
in-8°, t. n). Avec Monluc se trouvaient Sarlabous le jeune ou
Raymond de Cardaillac, Pierre-Bertrand de Monluc ou le capitaine
Peyrot, époux de Marguerite de Caupène, Lago fils de Jean de
Meritein, sieur de Lago et de durs et de Catherine de Bérenx
« vaillant homme et bien advisé », et combien d'autres !
Monluc vient trouver le duc de Cuise à Metz : « Je le trouvay
(en juin) qui montoit à cheval pour aller recognoistre Thionville,
et ne voulust que j'y allasse, pour ce que j'avois faict une grande
traitte (et, à la vérité, je n'estois guère sain) ; et y retourna le soir
mesmes, et me dit que, si Dieu nous faisoitla grâce de la prendre,

�— 183 —
qu'il y avoit à gagner de l'honneur. Il m'appeloit toujours se
jouant de moy « Mouseigne » ; et me dit en riant : « Courage,
Mouseigne, j'espère que nous l'emporterons ». Et le matin partis
mes, car tout son cas estoit prest. Je veux dire une chose, et à la
vérité, sans flatterie, que c'estoit un des plus diligens lieutenans
de roy que j'eusse encore servi, de dix-huict soubs que j'avois fait
service au Roy ».
« Or il assiégea la ville du costé de delà l'eau,la rivière entre deux,
laquelle il fit sonder, si elle estoit guères profonde, par cinq ou
six soldats que j'amenay : et ne fusmes que cinq ou six avecques
luy, dont M. de Bourdillon et M. d'Estrée en estoyent. Et trouvasmes qu'aucuns en y auraient jusques à la braye et d'autres jusques
à la ceinture. Je luy dis que, si de ce costé-là estoit le plus faible,
qu'il n'arresta point d'y faire la batterie, car je ne craignois pas
que je n'y fisse passer les soldats pour aller à l'assaut, et que moy
mesmes leur monstrerois le chemin. La nuict après, nous mismes
les gabions sur le bord de la rivière ; et le matin, au poinct du
jour, l'artillerie commencea à tirer à la tour [des Puces], laquelle
fut ouverte du costé de main gauche, tirant à un ravellin que
flanquoit ladite tour, et aussi fust ouverte une petite tourelle qui
estoit entre la grande tour et le ravellin. Voylià tout ce qui se peut
faire en cest endroit-là. Les ennemis mirent douze pièces grosses
vis à vis de nostre artillerie et commencèrent à faire une contrebatterie sur les onze heures avant midy ; et avant les deux, ils
nous eurent mis tous nos gabions en pièces, sauf un et la moitié
d'un autre, là où nous tenions le ventre en terre, dix ou douze
que nous estions, car tous les soldats et pionniers furent contraints
de s'oster de là et s'aller mettre derrière une autre tranchée, plus
de six vingt pas derrière nous. Et si les ennemis se fussent bazardez
de passer l'eau, il nous ostoyent l'artillerie et l'eussent peu jetter
à leur aise dans la rivière ; car les soldats qui s'estoyent retirez
à l'autre tranchée, ne nous pouvoient venir secourir qu'à la mercy
de leur artillerie et de leur arquebuserie, de tant que la rivière
n'estoit pas de plus de soixante-dix pas de large et alloit à quatre
pas delà muraille. Monsieur le marquis d'Elbœuf ne m'abandonna
jamais, et quatorze ou quinze gentilshommes de la suite de M. de
Guise. Et ainsi demeurasmes jusqu'à la nuict, que l'on remit
autant de gabions, et les doublasmes ; mais ce fut pour néant, car
nous ne pouvions faire aucune chose à la muraille de nostre batterie, parce qu'elle avoit de grandes terrasses par derrière, de
sorte que deux ou trois charrettes y pouvoient aller de bout à bout

�- 184 à l'entour de la ville. Je ne vis jamais forteresse mieux pourtraitte
que celle-là. »
Mais le siège est pénible, Monluc va montrer son héroïsme.

J

« Et à la poincte du jour [21 nous commençâmes à faire tirer le
canon au trou. M. de Guise avoit faict faire des engins de tables
espassés]de plus d'un grand pied, pour mettre devant le canon
quand il auroit tiré afin que les ennemis estans aux casemates ne
tuassent noz canonniers, Il y avoit deux petites roues à chasque
bout, qui touchoient en terre ; et avec une petite cordette l'on tiroit
cest engin, et couvroit le devant du canon, de sorte que les arquebuzades ne pouvoient passer. Et ainsi tirasmes quinze ou vingt
coups à ce^trou, si bien qu'un homme tout à son aise y pouvoit
passer. Le canon ne pouvoit porter dommage à leurs casemates,
pour ce qu'elles estoient un peu à main droite, et homme ne pouvoit
s'approcher du trou sans estre blessé ou mort. M. de Guise me
manda'quefje regardasse si je pourrais loger trois ou quatre cents
hommes depuis la tour jusques au ravelin, et qu'il m'envoyoit des
gabions et des pionniers. Il avaict fait faire des mantelets pour
mettre despuis la tour jusques à la rivière, où il y pouvoit avoir
sept ou huict pas ; et de là nos arquebuziers tiraient à ceux qui se
monstroient à la courtine. Noz enseignes se mirent au long de la
muraille despuis la tour jusques au ravelin ; et ceux de la plateforme voyoient au long de la courtine, et les nostres, qui estoient
contre le ravelin à costé de la canonnière leur tiraient, et moy je
faisois tirer de dernier les mantelets. M. de Nevers, père de ces
trois filles qui sont en vie, estoit venu là et se tenoit contre ceste
traverse au pied de la tour. M. de Guise estoit de l'autre costé de
la rivière à l'artillerie. Poton, seneschal d'Agenais, commandoit
l'une des quatre couleuvrines, qui faisoit de fort bons coups et
nous faisoit grand bien, car il tiroit toujours en haut de la courtine et à la plate-forme à ceux qui monstroient la teste pour tirer
à nos gens contre-bas. Cela dura plus de quatre ou cinq heures.
M. de Guise me manda par M. de Cipierre que je regardasse si
l'on pouvoit mettre les gabions qu'il m'avoit envoyé contre la
muraille et le trou ; mais tous ceux qui se monstroient pour poser
les gabions estoient morts ou blessez. Je m'advisay de mettre cent
ou six vingts pionniers dans l'eauë, contre le bord de la rivière,
pour faire une tranchée au long d'icelle, tirant au ravelin. M. de
Cipierre vit la grand difficulté et impossibilité qu'il y avoit et
trouva le capitaine La Bordezière mort, son enseigne blessé, qui
mourut après. Vous n'eussiez veu que soldats blessez, lesquels on

�- 183 —
amenoit penser, les mantelets tous en pièces de coups de pierre,
de sorte que nous estions tous au découvert, tirant les uns contre
les autres comme l'on tire à la butte. J'avois bien rengé noz
affaires, car j'avois faict mettre la plupart de l'arquebuzerie à
centaines. A mesure que noz gens n'avoient point de poudre, j'en
faisois toujours venir d'autres. Et tout le péril et mal tomboit là
où j'estois ; car tant les couleuvrines qui tiroient au découvert,
tenoient les ennemis en telle craincte qu*e nul n'ozoit se hausser
pour tirer contre bas aux nostres, estans contre la muraille, mais
tiroient lausjours à nous, que estions en butte. M. de Bordillon,
par le commandement de M. de Nevers, me vint prendre par
dernier avec les deux bras et me porta plus de six pas en arrière,
me disant: « Hè, que voulez vous ? hè, que voulez vous faire? Ne
voyez vous pas, si vous estes mort, que tout cecy est perdu et que
ces soldats perdront cœur ? » Alors je me desfis de luy et luy dis :
« Et ne voyez-vous pas aussi que, si je ne suis pas là avecques les
soldats, que tous abandonneront ce coing, et les ennemis tueront
tout ce qui est au long de la muraille, car lors ils se hausseront à
leur aise pour tirer contre-bas ? » M. de Nevers me crioit aussi de
l'autre costé du trou, pour me faire retirer, ce que je ne vouluz
faire, et dis à M. de Bourdillon belles paroles: « Il est dict
aujourd'buy ce que Dieu voudra faire de moy: je ne le puis
eschapper. J'ay beau fuyr, si ce lieu doit estre mon tombeau ».
Sans dire mot, je m'en retournay au lieu dont il m'avoit tiré ».
L'héroïsme de Monluc, de ses compagnons d'armes allait vite
porter ses fruits. Les mineurs anglais faisaient de bonne besogne
contre la ville. M de Guise « s'en alla despescher un courrier au
Roy, car il tarde aux grands que les nouvelles ne volent. Sa
Majesté faisoit lire les passages de Nostradamus le jour devant, et
lisoient pour le lendemain bonnes nouvelles au Roy. Le courrier
y arriva ce jour mesmes, et le lendemain y avoit ville rendue. On
dira que ce sont des resveries ; mais si ay-je vu plusieurs telles
choses de cest homme. La tour fut prinse entre les quatre ou cinq
heures après midy. Nous avions combattu despuis les dix heures,
et comptions que le combat avoit duré de six à sept heures. Ce
combat et celuy du fort de Camolia à Siene sont les plus longs et
les plus périlleux combats où je me suis jamais trouvé, bataille
ou sans bataille : car il y faisoit bien chaud; aussi plusieurs y
demeuroient...
* « M. de Nevers et M. de Bourdillon s'en estoient allez avecques
M. de Guise, et retournaient le lendemain au soleil levant [21]. Le

•

�— 186 —
dict sr de Nevers se feit apporter son disner sur les huict heures.
Comme nous mangions sur trois tambours où ses gens avoient
mis la nappe, estans assis sur autres trois, à peine eusmes nous
beu chacun un coup que les sentinelles me vindrent dire que au
coing de la ville un trompette sonnoit en chamade. Je baillay le
tambour sur lequel j'étois assis à son maistre, afin qu'il luy allast
respondre. Le tambour me rapporta que le trompette luy avoit
dict que j'advertisse M. de Guise qu'ils vouloient parlementer, car
ils sçavoient que je commandois là. Et comme M. de Neveis et
M. de Bourdillon l'entendirent, ils laissèrent le manger et allèrent
monter à cheval, courant vus M. de Guise. Le dict seigneur y
envoya incontinent un sien trompette, auquel ils donnèrent charge
de dire à M. de Guise que, s'il luy plaisoit leur envoyer quatre
gentils hommes pour parlementer, ils en bailleroieut autres quatre
pour ostages. M. de Guise y envoya M. de La Brosse, M. de Bourdillon et Esclabolle, et un autre, dont je ne suis reeors. Ils firent la
capitulation qu'ils sortiroient avecques l'argent qu'ils pourraient
porter sur eux ; et, pour ne mentir point, il ne me souvient des
autres articles ».
Quelques temps après, le 8 août, Monluc donnait à Marchais,
dans l'Aisne, un dîner qu'il nous raconte avec sa belle humeur.
« Deux heures avant jour, MM. de Bordillon et de ïavannes,
mareschaux de camp, se rendirent au lieu où tout le camp estoit
assigné ; et, à mesure que nous arrivions, ils nous bailloient le
lieu où il falloit que nous fussions. Et avant que tout le camp fût
en bataille, il fut plus de huict heures. Il faisoit un grand chaut.
M. de Guise se rendit à l'aube du jour, il aidoit à mettre en
bataille l'armée. Je fus mis avecques les Français entre des Suisses
et un bataillon d'Allemans. Et passant M. de Guise par devant
nostre bataillon, il dit : « Pleust à Dieu qu'il y eust icy quelque
bon compagnon qui eust un ilascon de vin et du pain pour boire
un coup. Car je'n'auroy pas temps d'aller à Pierrepont disner
avant que le Boy soit arrivé. » Je luy dis : « Monsieur, voulez-vous
venir disner à mes tantes ? (Il n'y avoit pas plus d'une arquebuzade). Je vous donneroy de fort bon vin français et gascon, et
force perdriaux ». Alors il me dit ; « Oui, mousseigne, mais les
perdriaux seront de vostre pays, des aux et des oignons ». Je luy
respondis que ce ne serait l'un ny l'autre, mais que je luy donnerois aussi bien à disner que s'il estoit dans son logis, et le vin
aussi froid qu'il en sçauroit boire, et via de Gascogne, et de bonne
eau. Alors il me dit : « Vous mocquez-vous point mousseigne ? »

�- 187 —
Et je luy dis : « Non, sur ma foy. — Ouy, dit-il, mais je ne puis
laisser passer le duc de Saxe » (1). Je luy respondis : « Amenez
capitaines et tout, car j'ay prou à manger pour tous ». J'avois
promis, le soir devant, à MM. de Bordillon et de Tavannes de leur
donner à disner, après qu'ils auraient mis le camp en bataille,
mais ils n'y peurent venir, pour ce qu'une partie de la cavalerie,
qui estoit logée loin, n'estoit encore arrivée ; et, d'autre part,
j'avois un des bons vivandiers de l'armée. M. de Guise alla chercher le duc de Saxe, ensemble ses capitaines. J'envoyoy en
diligence à mon maistre d'hostel, afin que tout fust prest. Mes
gens avoyent fait faire une cave dans terre, dans laquelle le vin et
l'eau y demeuroyent aussi frais que glasse. Et de bonne fortune,
je me trouvay force perdriaux, cailles, paons d'Inde, levrauts et
tout ce que l'on eust peu souhaitter pour faire un beau festin, avec
pâtisserie et tartres ; car je m'assurais bien que MM. de Bordillon
et de Tavannes ne viendraient pas seuls, lesquels je voulois bien
traiter, pour ce que j'estois bien aymé d'eux. Ils furent si bien
traitez rue M. de Guise demanda au duc de Saxe, par son truche
ment, qu'est-ce que luy sembloit du colonnel des François et s'il
ne nous avoient pas bien traitiez et donné de bon vin. Le duc
respondit que, si le Roy leur eust donné à disner, il ne les eust
pas mieux traittez ny donné de meilleur vin ny plus frais. Les
capitaines du duc de Saxe ne l'espargnoient, beuvant tousjours à
nos capitaines françoys, lesquels j'avois mené aussi avec moy. Et
encore que MM. de Bordillon et de Tavannes fussent venus, si ne
m'eussent-ils pas surpris ; car, après la table de [M. de Guise, il
n'y en avoit une seule en tout le camp plus longue ny mieux
fournie que la miene. Et tousjours j'en ay usé ainsi, en quelque
charge que j'aye eu ; car pour honorer la charge que j'aye eue de
mes maistres, j'ay voulu faire croistre ma despence. J'ay veu
tousjours ceux qui ont vescu ainsi estre plus en crédit que les
autres et mieux suivis : car tel gentilhomme est sorty de bon lieu,
qui ne sçait bien souvent où aller disner ; et, sçachant quelque
bonne table, volontiers il s'y rendra ; et, s'il vous suit à table,
volontiers il vous suivra ailleurs, s'il est tant soit peu bien nay et
nourry. Pour retourner à mes hostes, quand ils sortirent de table,
M. de Guise me dit comment mes gens pouvoient faire blanchir le
linge sur quoi je leur avois donné à disner. Je luy dis que
(1) Jean-Guillaume, duc de Saxe (1031-1573) qui amenait à Henri II un
corps de reîtres Allemands,

�— 188 —
c'estoient deux hommes que j'avois qui le blanchissoient : « Vrayement, dit-il, vous estes servi en prince ». Et là dessus entretint le
duc de Saxe en disant plus de bien de moy qu'il n'y en sçauroit
avoir. Je dis à M. de (ìuise qu'il me fist donner de l'argent au Roy
pour faire de la vaiselle d'argent, afin qu'une autre fois, quand ils
me feraient cest honneur de venir manger à mes pavillons, je les
fisse servir comme il leur appartenoit. M. de Guise le dit au duc
de Saxe, lequel dit qu'il le vouloit dire au Roy. Et comme ils
voulurent monter à cheval pour retourner au camp on leur vint
dire que le Roy estoit parti de Marché, et qu'il s'en venoit au
camp. Eux deux s'en allèrent au devant, et nous retournasmes
chacun en sa place, tant les capitaines du duc que nous autres,
que tous estions, je vous asseure, bien soûls et la teste pleine. Ils
rencontrèrent le Roy à un quart de lieue des batailles. Sa Majesté
leur demanda s'ilsavaient disné. M. de Guise luy respondit qu'ouy,
aussi bien qu'ils eussent disné il y avoit un an. Et pour ce qu'ils
venoient devers les batailles, Sa Majesté leur dit qu'ils n'avoient
pas disné à Pierrepont. M. de Guise luy dit : « Vous ne sçauriez
deviner que nous a donné à disner, ny qui nous a si bien traittez».
Alors le Roy luy demanda : « Et qui ? — C'est, respond M. de
Guise, Monluç. — Je croy qu'il vous a donné des viandes de son
pays, dit le Roy, des aulx et des oignons, et le vin bien chaud ».
Sur quoy M. de Guise luy compta comme ils avoient esté traittez.
Le Roy le demanda au duc par son truchement, lequel respondit
que, si Sa Majesté leur avoit donné à disuer, il ne leur ent sçeu
donner de meilleures viandes, ny de meilleur vin, ny plus frais,
que. puisque j'estois si bon compagnon, qu'il faloit que Sa Majesté
me donnast de l'argent pour faire de la vaisselle d'argent, car rien
ne leur avait manqué que cela, et que M. de Guise et luy m'avoient
promis de luy faire ceste demande. Le Roy leur promit qu'il le
ferait et que, puisque je dependois si honnorablement, il m'en
vouloit donner le moyen plus qu'il n'avoit fait jusques à ceste
heure-là ».
P. S. — Nous ne nous doutions pas au moment où ce récit était
envoyé à l'impression que le 8 septembre 1914 la victoire inscrirait
le nom de Marchais sur nos drapeaux. L'ombre de Monluc a dû
être satisfaite des Gascons. Le 18e de ligne, dont le dépôt est à Pau,
qui comprend dans ses rangs tant de vaillants Pyrénéens a mérité
d'être cité à l'ordre du jour de l'armée, son drapeau a été décoré
de la Légion d'Honneur sur le champ de bataille. Honneur à eux !
L. B.
Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU, EMPRIMERIE

VIGNANCOUR,

E.

MARRIMPOUEY,

EMPRIMUR.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="267281">
            <text>Aquitaine</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="267282">
            <text>Gascon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="129">
        <name>Aire Culturelle</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="267283">
            <text>Gascogne</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236415">
              <text>Reclams de Biarn e Gascougne. - Anade 18, n°09-10 (Séteme-Octobre 1914)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236416">
              <text>Reclams. - Annada 18, n°09-10 (Seteme-Octobre 1914) </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236417">
              <text>Occitan (langue) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236418">
              <text>Littérature occitane -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236419">
              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236420">
              <text>Littérature gasconne -- Périodiques</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236421">
              <text>Reclams. - septembre-octobre 1914 - N°9-10 (18e Année)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236423">
              <text>Roquette-Buisson, comte de </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236424">
              <text>Dupourqué, C.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236425">
              <text>Ader</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236426">
              <text>Jasmin</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236427">
              <text>Salles, Isidore (1821-1900)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236428">
              <text>Devoluy, Pierre (1862-1932)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236429">
              <text>Abadie, Pascal (1856 - 1932)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236430">
              <text>Sabathé, Paul</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236431">
              <text>Arnauné, V.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236432">
              <text>Tambourré, Marcelle </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236433">
              <text>Camy, Jean </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236434">
              <text>Marrimpouey, E. </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236435">
              <text>Batcave, Louis (1863-1923)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236437">
              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236438">
              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236439">
              <text>Imprimerie de Vignancour (Pau)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236440">
              <text>1914</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236441">
              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236442">
              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236443">
              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236444">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236445">
              <text>1 vol. (24 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236446">
              <text>fre</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236447">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236448">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236449">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="236450">
              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2652"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2652&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="236451">
              <text>INOC_Y2_8_1914_09-10</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="267278">
              <text>Domaine public/Domeni public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="267279">
              <text>Certains droits réservés</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="267280">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595537">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595538">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595539">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="635024">
              <text>Inoc</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="640858">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="60">
      <name>Béarn</name>
    </tag>
    <tag tagId="402">
      <name>Gascogne</name>
    </tag>
    <tag tagId="376">
      <name>Reclams</name>
    </tag>
    <tag tagId="125">
      <name>Revue</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
