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15 d'Aoust 1916.

Le BÉARN et L'ALLEMAGNE
dans leurs rapports anciens
il peut sembler singulier de trouver dans notre histoire locale,
— j'ai regret de ne pouvoir parler ici, que du Béarn (1) — quelques
points de contact avec l'Allemagne. A y réfléchir cependant, la
chose paraîtra moins étonnante, pour peu qu'on se rappelle que
la route crée les relations. Notre région était traversée par des
voies menant à Compostelle, lous camis roumivs, le « chemin français », disent les Espagnols, formant, développant les relations
commerciales. Dans un livre récent, dont peu de mois avant les
hostilités la science d'outre-Rhin signalait la maîtrise, M. Bédier
a fort bien précisé et démontré ce point.
Qu'ils soient passés nombreux, les Allemands, dans notre jolie
région de Gascogne, nul doute. Ouvrons le censier de Béarn,
dressé par ordre de Gaston,-Febus en 1385. A Oloron, voici un
Aleman aster (fabriquant de hampes de lances) ; à Nay, Bardolet
d'Alaman, Guilhem deus Alaman, Menyolet d'Alaman, à Thèze,
Berdot d'Alaman. Ce nom même devient prénom : à Arette,
Alaman deus Verges ; des femmes le portent, Alamane de Lane,
de Louvie-Juzon. Ces formes de prénoms, de noms, postulent,
semble-t-ii, une origine allemande (2).
Le Cartulaire d'Oloron, constate, à la date du 25 avril 1471, que
« les marchands d'Alemanche passent au péage d'Oloron ».
Les guerres de religion les amènent dans notre région. Arnaut de
Bilhère, canonnier allemand, qui sans doute avait pris un nom
béarnais, est fondeur de l'artillerie de Jeanne d'Albret. Un gen(1) Il est des faits si connus qu'il est presque inutiles de les rappeler.
Notre compatriote, le comte de Gontaut-Biron, fut un bon serviteur de la
France comme ambassadeur en Allemagne. L'empereur Guillaume I" le reçut,
en audience de congé et, les yeux mouillés de larmes : « Vous nous quittez,
dit-il? c'est une grande affliction pour moi. C'est à vous que nous devons les
bonnes relations avec la France ; oui, poursuivit-il en prenant les mains de
M. de Gontaut-Biron dans les siennes, c'est bien à vous. »
(2) Je ne cacherai pas que je trouve, sur une liste de saints, le vénérable
Alaman, au Mont Gassin, v. 1099 ; S. Alaman. Mais étaient-ils donc si
connus au xrve siècle alors qu'aujourd'hui ils le sont peu ? Au reste,
n'étaient-ils pas d'origine allemande ?

�— 22 —
tilhomme allemand,
indemnité en 1584.

Georges Frédéric de Spanheim, reçoit une

Des Allemands on en trouve, bien entendu, aux stations thermales. L'historien de Thou se croit un
Eaux-Bonnes,

parce qu'il

intrépide

buveur

aux

absorbe quotidiennement vingt cinq

verres d'eau sulfureuse. Mais il a son maître, un jeune Allemand
de capacité robuste, qui atteint le chiffre de trente deux verres,
par jour aussi.

Le fameux duel

au bock Pouyer-Quertier et

Bismark a donc un authentique précédent. Espérons que le vin de
Jurançon, par sa liqueur
aqueux.

généreuse,

compensait

ce

régime

L'Allemand a t-il donc alors seulement de mauvaise qualités
que ce mot se prenne au sens péjoratif ? Le docte Bordeu, le
grand médecin, un maître du pur Béarnais, nous dit qu'en sa
jeunesse on désignait, par ce qualificatif, un « homme inutile ».
Rivarès, recueillant un vieil écho de la chanson de Boland, rappelle
qu'un Gcmflon est un traître Mayençais. Le mot n'était pas perdu
dans nos campagnes, reste peut-être de quelque tragédie populaire ; j'en ai entendu doter une personne accusée de lâcheté.
Dans Sacaze, allemande ne rappelle plus qu'une danse :
Adiou clarous ! guitares
Flûtes, tambours, briulous,
Allemandes (1) e fanfares.
A de certains moments les rapports ont été sur le point de se
s

e

préciser davantage. Au xm siècle un vicomte puissant des Pyré
nées Gaston VIII, époux de Marthe de Bigorre, avait quatre filles.
« Or, écrit notre excellent chroniqueur Marca,

la dignité de la

maison de Béarn était en telle considération en ce temps, que
Constance, fille aînée de Gaston, fut recherchée en mariage par
les fils de trois rois et le frère d'un autre, dont elle épousa les
deux ». En effet, veuve d'Alphonse, infant d'Aragon, promise à
Henri, fils de Thibaut, roi de Navarre, elle épousa en 1263 Henri,
fils aîné de Richard, roi d'Allemagne, un Anglais, frère du comte
de Cornouailles, couronné à'Aix la-Chapelle en 1258, motif pris
« de ce que les Allemands ne peuvent supporter un Allemand, à
cause de sa superbe, haïssent les Français et détestent les Italiens,
à cause de leur avarice insatiable, et communiquent plus facilement avec un Anglais, à cause du rapport de leur langue et de
(1) Allemande, danse mentionnée dans YOrchesographie de Jehan Tabourot,
Langres, 1589, réimprimée par Vieweg, Taris, 1888.

�— 23 —
l'origine commune de leurs nations ». Les articles de mariage
sont conservés aux Archives à Pau.Gaston donnait en dot à sa fille
les vicomtés de Gabardan et de Brulhois, divers domaines au diocèse de Bazas, le Béarn et le Marsan, au cas où il ne laisserait pas
d'héritier mâle.
Le château d'Orthez, fondé, rebâti par Gaston, faillit être une
place forte inféodée à l'Allemagne. Les événements en décidèrent
autrement. Au siècle suivant notre Gaston-Febus en partait pour
voler au secours des chevaliers de l'Ordre Teutonique contre
les barbares Prussiens ; qu il décousait, comme il faisait des sangliers dans la forêt d'Orion.
Au début du xviB siècle, en 1503, Henri Ier de Béarn, IIe de
Navarre, naissait à Sanguesa, le 18 août, après la mort de son
aîné ; le chroniqueur Favyn nous raconte ce qui suit : « Les rois,
ses père et mère, voyant qu'ils ne pouvaient élever d'enfants,
firent tenir sur les fonds du baptême celui ci par deux Allemands
qui allaient' en pèlerinage à Saint-Jacques en Galice. L'un
desquels s'appelait Henri, qui lui donna son nom, et l'autre
Adam. Les Espagnols, médisants et malicieux, se moquèrent de
cette dévotion, disant que c'était un présage assuré, que ce prince
tout le temps de sa vie serait errant et vagabond sans retraite
assurée, ainsi qu'un pèlerin, hors de son royaume de Navarre ».
Le prénom dou nouste Henric serait donc d'origine allemande !
Henri d'Albret fut un ami dévoué de la France, prisonnier à Pa vie
et époux de Marguerite d'Angoulême, sœur du roi de France.
Par l'effet des unions princières, unions politiques comme on
le sait, le Béarn au xvie siècle, allait avoir un roi allemand. La
main de Jeanne d'Albret était recherchée, dès le tout jeune âge
de la princesse. Charles-Quint la demande pour son fils l'infant
don Philippe, mais François Ier avait en Allemagne un allié fort
fidèle en la personne de Charles d'Egmont, duc de Gueldre.
L'héritier du duc, fils de Jean H, duc de Clèves et de Maria
de Juliers, sera récompensé. Le 17 Juillet 1540 le contrat de
mariage est signé. Vraiment les Allemands regardent beaucoup
de nos côtés : Catherine d'Albret, la sœur du roi de Navarre,
faillit épouser le duc de Brunswick. Sa sœur Isabeau avait été
offerte au prince Frédéric de Bavière. Dans les projets de mariage
du duc de Clèves et de Jeanne, on négligea seulement de savoir si
le cœur de la jeune princesse éprouvait de l'inclination pour
l'Allemand. Or, il était tout à fait rebelle au projet. Le pape
annule le mariage comme vicié par défaut de consentement. Le

�— 24 —
duc de s'écrier : « Que le Tout-Puissant saitjloué et béni ! » L'histoire ne dit pas de quelles exclamations la petite princesse salua
la nouvelle. Il n'est pas téméraire de le présumer. Tan de bou !
Les rapports avec l'Allemagne semblent assez fréquents Un
ancien ministre, Daniel Martin, de Castétis près Orthez, venu au
catholicisme, est auteur, dès 1635, de divers ouvrages destinés à
faciliter l'étude de la langue allemande qui sont édités à Strasbourg. Les pèlerins sillonnent toujours notre pays. Dans un dialogue, le Lescarien Fondeville, un de nos meilleurs poètes
béarnais les dépeint. Un personnage Rodger, parle dous gigans
d'Allemagne.
PEYROT

Que soun aquets gigans ?
RODGER

Oun ne bet lous estius,
De la race passa per lous camîs roumius,
Grans coum Pantagruel, e qui touts han las barbes
De coulou de safrâ, loungues coum bères garbes,
Qui bramen en cantant, e qui parlen d'u tou
Que semble qu'èn parlant eths chapin (1) escautou
Ou qu'han lous paladâs empastats de castagnes ;
Aqueths roumius que soun hilhs de las Allemagnes.
PEYROT

You n'ey bist cauque cop passa per las carrères
Qui per lous bourgs hasèn de ta granes boylères, (')
Que de touts lous oustaus hasèn sourti las gens.
MENYOU

You b'en ey bist tabe que pourtaben ingens
Penuts catbath lou coth coum beths chicoys armaris
Dehens deus quoans haben liloys extrourdinairis,
Que déchaben bede per ardits ou dinés.
Au xvne siècle, M. de Forcade-Biaix, d'uDe famille béarnaise,
est un des généraux les plus distingués de Frédéric II, le grand
roi de Prusse, et grand maître de la maison du prince royal.
Sous Napoléon, le général Salha, comte de Hone, de Bardos,
est ministre de la guerre de Westphalie (1807), comme le fut aussi
(1) Avoir la bouche pleine d'escautou.
(2) Bruit confus, pêle-mêle, avec instruments de musique, apparemment
comme en 1870, avant la guerre.

�— 25 —
le général Lagrange, de Sampessere (Gers) ; ils se plaignaient que
les soldats de ce pays eussent « la tête dure ! », U calhau!
Enfin, et chose singulière ! la toute petite commune de Bédeille
canton de Montaner, est une souveraineté dont les droits utiles
appartiennent au roi de Prusse. Ils s'en souciaient médiocrement;
elle rapportait 2000 livres, surtout en avoine. Elle fut longtemps à
vendre, sans trouver, je pense, d'acquéreur. Elle venait au roi
par l'échange des biens des d'Albret avec ceux des Bouillon. Il y
exerçait la justice, il y avait un marché. Lorsque le département
des Basses-Pyrénées fut constitué Bédeille résista. Bédeille
dépendait du roi de Prusse ! Bédeille fut annexée et le roi n'en fit
pas un casm belli.
C'est qu'il ne fallait pas se frotter aux poilus de la Révolution et
de l'Empire. Ceux que le général Foch, de Tarbes, conduit aujourd'hui, peuvent penser aux ancêtres que conduisait Bernadotte,
vainqueur des Prussiens à Schleitz, Saalfeld, Iéna, Halle,
Lubeck, Magdebourg, Bransberg, Spandau, l'un des coopérateurs
de la victoire de Wagram. Au xvne siècle le glorieux Gassion s'est
déjà illustré à Leipzig, a Ingolstadt, à Nuremberg, où il sauve
l'armée suédoise. Un modeste, le maréchal des logis Guindey abat
un prince royal. Aux jours de la retraite, l'intrépide Barb.anègre
résiste héroïquement et superbement à Huningue.
Gascons et Béarnais sont disposés à ajouter des pages immortelles à celles que leurs prédécesseurs, qu'eux-mêmes, ont inscrites
au livre d'or de la gloire de notre pays. La tradition française
relie le présent à tout le passé. On raconte qu'à Jemmapes les
masses s'élançant à l'assaut pour prendre les hauteurs, de droite
part ce cri : « En avant ! Navarre sans peur ! » et de gauche
répond : ■&lt; Vive Auvergne, sans tache! » Les Volontaires se solidarisaient avec les anciens, par ces cris de guerre d'autrefois, dans
les mêmes sentiments d'honneur et de valeur. A Verdun plusieurs
de nos régiments régionaux se sont distingués ; leurs drapeaux
ne portent ils pas ces noms de victoires françaises en Allemagne :
Iéna, Friedland, Ekmulhl, Eylau, Essling, Wagram, Berlin;
Vienne en Autriche ! nombreux sont les noms marqués d'un signe
d'honneur. Nos vœux accompagnent nos héroïques soldats jusqu'à
la grande victoire, jusqu'à la défaite complète de l'Allemagne !
Louis

BATCAVE

�— 26 —
Lous noustes counfrays e amies nou s'an pas desbroumbat lou
nouste defun amie, Emmanuel Delbousquet, mèste en pè d'escribe
tan beroy en fraricés e en gascou, amie de la terre mayrâne, dous
pis, dous escarturs, de la mâ qui brame. Delbousquet qu'abè ue
hilhe, charmante damisèle, qui s'a demandât d'esta escriute sus la
nouste listre en place dou pay sou. Aco qu'ey estât hèyt. Enta
s'arremercia que-s mande la pouesie qui bat s leye.

La Margaridète
Amigo, digo-mes oun ba ?
Pè-nuso e touto soulète ?
Bas à la hount margarietète
Lou loup mâchant t'y minlhèra !
La drôle a près lou soun banoun,
S'en es anade a la hountète
E de sa bouco flouridète
S'èscape uo bèro cansoun.
Mè lou loup què l'a entènude
E què la biste s'auança
E dit beroyo margaride
Sè bos m'en bau t'acoumpagna.
E lou loup ère-un bet gouyat
Mè pas mey bet qu'èro la drolè
La maïnadè coum-uo holè
Det auè lou cap tout birat.
Mè lou galan s'en es anat ;
E rèstade touto soulète
E la dèchado ploureya
La praubo flou margaridète.
Triste coumo lou soun banoun
Que sè boulé tua la hillè
Me se rappèlè la maisonn
E la suo marna que hilè.
La mino pas mey hèsbèride
Lou co malau e çhabirat
Sè rappèlè la margaride
De tous lous poutous d'au gouyat.
Adaro lou loup m'a minlha
Sè dit la juèno praubète
N'e t'a dèchat margaridète
Arè que lous ouèilhs per ploura.
Germaine
Toulouse 1916.

DELBOUSQUET.

�— 27 —

À Mous de Lalanne
Qu'ey pla legit lou boste « petit mout aus
à Faute.
bien
nouste Lalanne! d'

» d'un cap
Biarnès
a

Tio ! « e qui ba paga l'abounomen ? »
Un aute aurè dit sulomen « lous qui pouyran ».
Mès lou nouste secretari yenerau qu'y met méy de fayçouns,
tire sa lengo, e bire lou calam. Escoutats so que clame e ne m'en
boudra pas de lou répéta dus cops : « E tè, aquéths qui an au cô
« l'amou de l'obre, qui pénsen que ne déu pas péri a l'arroèyt de
« la prigglade e qui goarden hèns la biélhe causse de la mayrâne
« quauque bilhetot desbroumbat. Aquéts que pagueran p'ous auts.»
Oun es dounc lou Felibre qui pouyré résista en aquet aperét?
chens serca dens la potye lou bilhet desbroumbat ? Serco, amie,
e tire lou bilhét. Mès lou secretari yenerau que dit encoère aquéstes
moûts : « que flniri atau : dou burèu que souy, you, lou qui a lou
a mèy d'ans e lou mèy de barbe Manque; que demandi l'haunou
« de despouchiqua lou purmè e que decheri cade hens la tirelire
« quauqu'arrèy : ou bin sos ou bin liures ».
Debise coum eau, lou noste Lalanne; mès que parle tabé en
mèste « ou bin sos ou bin liures. » Que eau coumpréne? Lou petit
chiffre es lou minimum ; lou gros paréch èste lou maximum.
Cadû diu hè so que pot, mès chens dépassa lou maximum Atau
qu'èy sercat lous bilhéts, n'èron pas desbroumbats ; héns lou
tas, y en abèbo de gros e de petits ; e talèou que mous dits an
toucat lou bilhetot de bin liures, l'èy prés en ta hè plazé à noste
boun secretari, chéns despassa la limite, è l'ey fichut à la poste en
lou pregan de lou recébe atau.
Aco n'èro pas prou : benebi de recébe sus lou men burèu un
petit librot que parech hèyt en ta Febus e sous Felibres. Tè, me
souy dit, que eau l'embia à noste secretari yenerau.
Boutera las bin liures héns la tirelire e espiera lou librot à soun
burèu, qu'y troubera touts de case noste : Biarnès, Armagnacès,
Bigourdans, Vascouns, de las Lanes au Couserans.
Qu'es ét qui, passan per la glèyse de Capbretoun, a balhat lou
prumè l'idéo de calameya sus las hèytes dou pais, de la Garoune
dinqu'a las Pyrenéos ; paréch plâ juste que sio lou prumè à recébe
lou librot
E, Diu biban ! me semble l'entène crida : « Bibe Gascougne.
Fébus abau ! »
BIBAL (Armagnac).
P. S. — Si lou librot, moun car Mous de Lalanne, bous plats e
diu hè plazé aus counfrays, pouyrats adise, en boun biarnès, que
sera embiat aus qui auran pagat aus Réclams, « de bin sos a bin
liures. »
B.

�— 28 —

Lous Péluts de Gascougne
Haut! aci qu'èm, lous Péluts de Gascougne,
Lous hilhs mouréts de-u pays dou sourelh.
Qui bo tasta nouste soulide pougne?
Qui bo saya s'auém hort lou cabelh ?
Gare au-s hurgats ! Coum lou taure qui tume,
Péluts gascous n'an yamés reculât.
E-us auét bist ? N'an pas pou à la brume ;
Aci que soun ; Bòchous bandits tremlat !
Hore de nouste ! ô race maladite,
Qui, trop loungtems, hourat lou sòu francés.
Hore de nouste ! Ou que-b auram la bite ;
Qu'éy décharat lous bostes os sancés.
E l'enténét lou nouste crid de guerre ?
tébus aban ! qui-b hè ruha lou nas ;
Quoan rétrénech sus nouste bielhe terre,
Gare au-s Gascous ! Nou bous y hidét pas !
De d'Artagnan, qu'auém touts la sang rouye ;
L'aride au-s oelhs, que mourim en soullats;
Pics e patacs, atau coume la plouye,
Que cayéran su-us bostes cabilats.
Hore de nouste ! ô race maladite,
Qui, trop loungtems, hourat lou sòu francés.
Hore de nouste ! Ou que-b auram la bite ;
Qu'éy décharat lous bostes os sancés.
Su-us frays d'Oïl que-b arrouncèt û die,
Tau coume loups embriagats de sang ;
E que-b calou, Poples, pléga l'esquie
Débat lou pè dou bandit miaçant.
Mès qu'èm benguts, lous Péluts de Gascougne,
E, dauan éts, Bòchous, que reculât !
Oùn èts? Bandits, éy la pou qui-b empougne ?
Dens lous terrés, are que-b estuyat !
Que-n sourtirat de bostes nègres tûtes,
Bouhous pudents; oùn biuét à I'escu.
U die, lèu, que partirai à hutes ;
Que-b cassaram la bayounéte au c ...
P.

ABADIE,

de Soumbru (Bigorre).

ESPLIC. — Hurgat : coup de pointe. — Tuma : coup de tête du taureau.
— Houra : fouler. - Saneé : entier. — Ruha : se dit d'une contraction du
nez produite par une sensation désagréable. — Cabilat : grosse tête. —
Frays d'Oïl : nos frères du Nord. — S'arrounça : se jeter brutalement. —
Pléga l'esquie : se courber devant l'envahisseur. — Terrés : terriers. —
Estuya-s : se cacher. — Tûtes : trou, repaire des fauves. — Escu : obscurité.
■— Bouhous : taupes.

�- 29 —

Lou Hau
(yV°

2 dou councours de proue en 1914)

Que souy bénléu bieilh, dab lous péus" blancs, la bouque escacbalade, lous pès rumatimats. Gracis a Diu loutun, lou cap qu'és
sensé e l'estoumac saniu. Qu'èy dounc prou de luts e d'alén ta b
counda un istoèrot tout pignaroun.
Qu'y a déco dehèt lountéms, un an aroun la mourt de Nouste
Segnou Jesus-Christ.
Sent Pierre e Sent Yan, qu'éren partits ta prédica l'Evangile.
Coum n'abèn pasdinès que biatyèbena pè, unasoulot magrilhas
qu'ous carréyèbe tout lou fenardio.
Estancats au houns d'un tue calhabut, l'asou n'abè pas méy nat
estralhoun. Coum ha, ta pouya la coste ?
Méy leuyè que lou Pierre, lou Yan que seguéch un biot tourtiu
au houns dou quoan humèbe ûe thaminèye.
Qu'ère là forye (1) d'un hau, é marescau se calè.
Aquét hau, que yurabe, coum nat caretè. Adichats, méste, se dit Sent Yan, qu'am aci un asoulot desentenut, desherrat dous quoate pès. N am pas nat ardit ta-b paga la
passade : ne herats pas dounc bère soutade, au noum dou boun
Diu, bouléts toutun hica-u lous estralhouns?
Et perqué pas !
En pagues, n at pas sounque a bouha, que-b balheram tout ço
que boulhits.
Que-m ba, largat lou saumét.
Mièye hore arroun, l'asou qu'ère herrat.
Qu'at aqui lou menistre, dat-mé ço que m at prométut.
Et que bos, se dits Sent Pierre ?
Qu'èy un hardèu de bagans. qui biénen a tout bire-coudét a la
forye, ta-m ha pegueya : que bouleri que lou qui s'assèyti sus
aquét souquét, n'en sorti pas chèts you qu'at boulhi. —
Acourdat !
Et que bos de you, se dits Sent Yan ?
Espiats aquét cerisè au mièy dou casau. Lous coches que m
panen toutes las cerises, n'en pouch pas jaméy gnaspa nade. Hats
que lou qui pouyi dessus, n'en pouschqui pas debara chèts you. —
Acourdat !
Et p ou trésau estralhoun, se dit Sent Pierre ?
La mîe hémne que m'estusse soubén lou porte-mounéde ; que-m
seré gay, que ne poudoussi pas tira-n nat ardit que you n'at
saboussi. — Acourdat !
Et lou Pierre s'en ba dab l'asou.
Que damoure un quoatau estralhoun, se dit Sent Yan, que bos
en pagues ? (Lou Pierre n'entén pas).
Hé bé, que demandi d'esta toustém oun sera lou mégn debantau de coé.
(1) En Béarn que disen la hargou. L. R.

�- 30 —
Que-m ba ! Àdiu e mercés ta l'asou.
Lou Pierre et lou Yan, s'en anoun au soum dou tue e lou hau
matha lou hè.
L'endouman, aroun aquét aha, un eslazit cadou sus la man
dou hau.
Ah ! se dits, lou diable se m'en porti !
Autalèu, qu'aparéch déban ét, un gran ournias rouye, bestit
de négue.
Thés-tu ?...
Lou diable, que-t biéni arrecoulhi, ta t'empourta.
Atén un thic, dechê m feni d'agusa aquéts herris, e entèrtéms,
sèyt té sus aquet souquetot.
Lou diable que s'assèyte. Enta benlèu que cride.
Eh bé ! n'as pas finit encoère ? que m'entèstes dab touns patacs
sou hè.
Si fèt. haut en aban. Amaneyé-t.
Et lou diable coude
e tout, que s trobe estacat au souquet, tire
qui tire, chirgue qui chirgue, pas mouyén de s destaca.
Aqueste n és pas faute, noum d'un ! Es dounc sourciè ? se dits
lou diable.
Sourciè ou nou, ne sourtiras pas déqui aban de m prouméte de
nou pas méy hica lous pès aci dehén.
Qu'en yuri la fé.
Labéts, f...ich lou cam et tournis pas méy.
Très més aroun, lou hau pensèbe pas méy au diable, quoan ûe
bruslasie ou cadou s'ou caputh dou nas.
Ay ay ! lou diable se. m'emporti !
Autalèu lou cournut apparéch.
Souy aci, e carcat de coéntes encoère, amaneyé t e ha dehèt...
N'èy pas que ûe pus a hica a l'arresterine dou Bernât. Bam,
dues minutes, tan se pu.
Té ! bèy minya dues cerises, soun madures coum l'arrague.
Lou diable puye sus l'arble e que-s harte de cerises.
Hé bé, gran sadout, partim dounc, se dits lou hau.
Lou diable que bo debarra, més bèy te faire... lanière; pédits,
coude, péus. uncles, tout que s'estaque au cerisè.
Brigan, se dits... m'as encoère escoumenyat.
Escoumenyat ou nou, debarefas pas se bos tourna encoère aci'.
Ne tournerèy pas mey.
Debarre labéts. Un cop a terre, lou diable s'ahute a galops.
Un dibés sé lou hau qu'es dèche cade lou martèt s'ou dit pouga.
Ah ! hilh dou diable !
Un homi pelut, nègue coum la souye que-s pite deban ét :
. Thés tu ?
Lou hilh dou diable. Lou mégn payque m'embieta t'arrecoulhe,
m'arrecoumandan plan de nou pas m'assèyta s'ou souquet, ni de
puya au bèc dou cerisè. Partim de tire.
N'ey pas encoère finit aquet pousse en aban (i)
M'en fichi, que l'acaberas den l'infèr,
Lou praube hau que camineyèbe. Arribats a mitât camin: Espie,
se dits au hilh dou diable, espie asquères budagnes, que soun
(1) Fourche.

�— 31 —
hautes! hé! Lou boun Diu soul pot ha de ta bères causes; lou
toun pay n'a pas tan de poudé.
Que nou ? tè, e que s'estire, que s'estire dinca qu'és a la hautou
de las budagnes.
Oh ! se pots bade ta gran, segu ne pots pas t'aminceya au pun
de t hica déns aquét porte-mounéde-.
Que nou ? tè, e qu'y saute dehéns.
Coum at poudéts pensa, lou hau qu'où clucheteya de tire e lou
diable den la bousse, s'entournèc à la forye.
Minyat pèr lou bielhè, lou hau que bienouc a mouri e tout drét
s'en ana truca a la porte dou cèu.
Thés aqui, se dits Sent Pierre ?
Lou marescau the-b a hicat lous estralbouns a l'asou.
Ah! maudit! bèy t'en béde lou toun amie-lou diable, gran
yuredou, gran arneguedou, gran nas d'ibrougne.
Aqués s'en ba truca a la porte de l'infèr : Pam ! l'am !
Thés aqui ?
Lou hau de Lussagnet.
Gran balarién ! qu'as hèyt dou hilh dou diable ? n'és pas encoère
tournât desempuch que lou soun pay l'abè embiat a tou case.
Que l'èy dén lou porte-mounéde, e que l'èy dechat sus la terre,
mantuns qu'en an ertérat.
Bèy lou cerca e sort d'éci.
Ahurbit a la porte dou cèu e de l'infèr, lou hau que tourne au
p-a radis.
Qu'ès encoère aqui, se dits Sent Pierre ?•
Obé se m bouléts pas decha béde íou Méste boun Diu, déchats
mé au méns balha un pous de nas den lou soun castèt.
T'at mérites pas trop, sacripan, toutûn espie un thic
Pendén que lou Pierre encatèbe la porte daurade, lou hau desliguèbe lou soun debantau de coé, e raou, que l'embie au mitan.
dou cèu. Autalèu que s'y trobe au coustat.
Tout esmalit. Sent Pierre qu'où bo ha sourti : aquéste que
cride coum un bruslat.
Lou boun Diu, entenén aquét brut, qu'arribe de tire.
E qu'y a ?
Méste, se dits lou Pierre, aquét balarien de hau que m'a fourçat
la porte, e ne bo pas sourti.
Lou Yan que m'a dit que seri toustém oun seré lou mégn debantau
de coé Et qu'es au cèu, you labets que m'y damouri
E pramoun dou quoatau estralhoun d'asou lou hau.que
damoura dén lou cèu.
NAVES (Lannes).
.
Encoère que-s sembli hère au counde dou Bonhomme Misère, l'histori
dou Hau qu'éy heroye. Enta you qu'éy hère agrailibe, pramou que-m
amuchc ûe sigounde fayssou d'entra au Cèu. Qu'èy deya dit quin abè
hèyt Zaalhes enta-d entra-y, a maugrat de Sent l'ierre; més qu'éy
proubable que lous L^nusquéts, qui soun tan fis, que s'y saben pré ne
encoère autemén : lous qui at sapin que-m herén gay de m'at escribe.
J. V. ialanne.

�— 32 -

La bravoure Gasconne
Un de mes amis, après la lecture de mon dernier article à propos des poilus de Gascogne, m'a demandé quelques précisions sur la
bravoure que j'attribuais aux Gascons dans les-siècles passés. Ce
serait tout un cours d'histoire qu'il faudrait entreprendre Je me
contenterai de grouper les citations des vieux auteurs qui ont
célébré la valeur gasconne. Ces textes sont, Dieu merci, connus,
mais peut être quelques lecteurs trouveront-ils un intérêt à les
voir alignés comme dans une revue militaire
La grande libératrice de la France, Jeanne d'Arc, appréciait la
vaillance des capitaines gascons dont elle était entourée, en disant :
« Ils étaient tous soldats fols et adventureux qui ne voulaient pas
rester rasibus des murailles pour esviter les traits, mais allaient
jouer de l'espée en pleins champs », (Jehanne d'Arc et les capitaines
gascons, par J.

DE CARSALADE DU PONT. —

Rerue de Gascogne, 1892).

Brantôme (1527-1614) écrivait : « Comme ce nom de soldat gascon s'estoit espandu parmi la chrestienté, voire une partie du
monde, tout soldat françois, mais qu'il fust vaillant, on le tendit
pour Gascon. » [Rodomontades espaignolles).
Agrippa d'Aubigné, avant de raconter les Aventures du baron de
Fœncste (,1617), où il daube sur les Gascons, sent le besoin de s'excuser en quelque sorte et il déclare que « sur toutes les parties de
la France, il affectionne la Gascogne et en ses discours communs,
n'estime et ne loue rien tant que les Gascons. » Il a soin de remarquer que.le personnage de Fœneste n'est, dans son intention, que
« l'escume de ces cerveaux

bouillants

[de Gascogne], d'entre

lesquels se tirent plus de Capitaines et de Mareschaux de France,
que d'aucun autre lieu. »
Florimond de Hœrnond, préfaçant en 1592 les Commentaires de
Moulue, célèbre la Gascogne comme « un magazin de soldats, la
pépinière des armées, la fleur et le chois de la plus belliqueuse
noblesse de la terre, et l'essaim de tant de braves guerriers, qui
peuvent contester l'honneur et la vaillance avec les plus fameux
capitènes grecs et romains qui furent oncques. »
Et si nous voulions parcourir les Commentaires de Biaise de
iMonluc, nous n'en (inirions pas de citer les phrases pittoresques
et expressives où il manifeste son ardeur belliqueuse, « chargeant
de cul et de teste », flétrit les embusqués de son temps, « toujours

�— 33 —
crouspys sur les cendres », et « mangeant la poule du bonhomme
auprès du feu », chante le soldat qui tombe sur le champ de
bataille « le ventre au soleil », et proclame en connaisseur « qu'il
n'est si bon soldat que le Gascon. »
Etienne Pasquier (1529-1615), dans une de ces Lettres, porte ce
jugement sur l'ouvrage de Monluc : « Vous trouverez dedans ses
commentaires un style soldatesque, entremêlé du langage de
Gascogne, de laquelle il étoit extrait : chose non à luy malséante,
pour estre le Gascon naturellement soldat. »
A la fin du règne de Louis XIV un de Gassion leva un régiment
qui porta son nom et « le forma presque tout entier de Béarnais,
et comme leur serment favori est au Diu bibant, on l'avait surnommé assez plaisamment le régiment des Au Diu bibant ». (La
Société béarnaise au XVIIIe siècle, p. 242).
Ce surnom caractéristique, donné aux soldats béarnais, nous le
retrouvons dans la lre campagne d'Italie (1796). La 39e demi-brigade, commandée par un Oloronais, Pourailly, frère d'un autre
Pourailly, qui s'illustra dans les campagnes napoléoniennes, était
composée de jeunes gens béarnais. Bonaparte les avait surnommés
ses Dieu-vivant, à cause du juron familier qui revenait souvent sur
leurs lèvres. Un jour que ces Dieu-vivant enlevaient avec un
entrain irrésistible un retranchement formidable, le général
Bonaparte se tourna vers un autre Béarnais, Latrille, — devenu
plus tard comte de Lorencez, — alors aide de camp du général
Augereau, et s'écria : « Je ne suis pas étonné si Henri IV a conquis
sa couronne à l'aide des Béarnais, Avec eux, je voudrais faire la
conquête du monde. » A la bataille de Millesimo, Pourailly fut tué
à la tête de son régiment. Bonaparte le remplaça par un Gascon,
Lannes, — le futur duc de Montebello, — et en le présentant aux
soldats, il leur dit : « Mes Dieu-vivant, vous avez perdu le brave
des braves, mais je vous en donne un autre pour le remplacer ».
(Lettres de la baronne Sophie de Crouseiihes, par A. PLANTÉ.— Bulletin
de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, tome xxvi, p. 513.)
Cette simple énumération de textes, qu'on pourrait encore
rendre plus longue, est assez suggestive par elle-même et se passe
de commentaires
J.-B.

LABORDE.

�NOUVEAUX MEMBRES
M. Macary (Albert), Sergent-major au 143e R. I. T., 2e Compagnie, 37, rue Gassies, Pau.
M. Sarrailh (Henri), Adjudant de Bataillon au 143° R. I. T.
(1er bataillon), Substitut du Procureur de la République au Tri
bunal de Bergerac, Billères-Pau.
M. Bayle (Auguste), Sergent-fourrier au 143e R. I. T., 2e Compagnie, rue Fieffé, 77, Bordeaux.
M. Claverie (Louis), Caporal-fourrier au 143e R. I. T., 2e Compagnie, 4, rue du XIV Juillet, Pau.
M. Rey (Georges), Sergent au 143e R. I. T., 2e Compagnie, Juge
d'Instruction au Tribunal de Compiègne, Conseiller général des
Basses-Pyrénées, Trésorerie Générale, Pau.
M. Pedeutour (Henri), Sous Lieutenant au 143" R. I. T., 3e Compagnie, 9, Place-du-Palais, Pau.
M. le Commandant Camors, Chef d'Etat-major du 9e corps
d'armée.
M. le Capitaine Camgaston, au 143e régiment territorial, aux
armées.
M. le Lieutenant Voiron, 143e régiment territorial, 2e Cie.
Salut a-d aquére coumpagnic de baléns !
-3«©-

Bibliographie
Un Nouveau « De Viris »

Il y a vingt ans fut fondée « l'Ecole Gaston Phœbus » qui, comprenant le
territoire depuis la Gascogne toulousaine jusqu'à la mer, a pour but, par
l'histoire, par la langue natale, par le respect des traditions, de développer
l'amour de ce joli coin de France, si pittoresque, si varié, et aussi de faire
mieux aimer la grande patrie. Là se pratique l'union sacrée, où prêtres,
curés et instituteurs fraternisent pour le plus grand bien de l'œuvre. Cette
Ecole est dans ses meubles ; elle possède le solide château fort de Mauvczin,
près Bagnères-de-Bigorre, pour le dépôt de ses collections, et le capitaine
Fracasse ne s'y reconnaîtrait pas. Elle a publié une série de volumes destinés
à faciliter les études et les recherches. Ces jours-ci vient de paraître le De
Viris illustrions Vasconiœ, rédigé et publié par M. Bibal, président d'honneur et bienfaiteur de l'Ecole, conseiller général du Gers. Sous forme brève

�t

- 35 -

sont notées des illustrations de la région, quelques portraits y ont été joints.
Ce n'est point là une énuraératidn de Gascogne, c'est une liste de faits vrais
qu'un culte pieux élève à la mémoire des ansêtres.
qu'à lire, sans aucune peine.

Les enfants n'auront

Au seizième siècle Florimond de Rœmond saluait,

dans la Gascogne, le

magasin des soldats, la pépinière des armées. Elle a fourni à la France :
2 connétables, 27 maréchaux, Bernadotte, Bosquet, Gassion, les Gramont,
Lannes, les Lescun, Magnan,

Uonluc, Niel, Boquelaure, St-Lary, de Ther-

mes ; 20 amiraux, Bruix, Ornozan, Villaret-Joyeuse, joignons leur, Prégent
de Bidoux, Dominique de Gourgues, le Petit-Renaud ; 2 intendants généraux ;
1 capitaine-général ; 28 généraux de division, dont plusieurs chefs de corps
d'armée, Bourbaki, Gallieni ; 37 généraux de brigade ; 22 lieutenants-généraux ; 24 maréchaux de camp. N'oublions pas le grand Larrey et son fils,
Vergez le célèbre « Jambe de fer », chirurgien aussi, amputé à Namur en
1792.
Il faut une place à part pour ces compagnons de Jeanne d'Arc : Barbazan,
le chevalier sans peur ; Bouzan de Fages, le populaire La Hire et son camarade Poton de Xaintrailles. Les Armagnacs combattirent le bon combat pour
la France.
Un d'Autras fut écrivain ; d'Artagnan tient surtout son illustration de
Dumas.
A l'Eglise : 12 saints, dont François-Xavier, le grand apôtre de la charité
Vincent de Paul ; 15 cardinaux, de Foix, d'Ossat et Lavigerie ; un prédicateur réputé, le Père de Ravignan. Un janséniste célèbre, Uuvergier de
Hauranne. Parmi les réformés: d'Abbadie et Laplacette, écrivains appréciés
au dix-septième siècle ; F. Pécaut.
Un général des Chartreux ; un supérieur général des Frères des Ecoles
chrétiennes ; un général des Dominicains ; un supérieur des Prémontrés.
Des médec ns et chirurgiens de renom : Bordeu, Depaul, Fayet, Huarte,
Lannelongue, Paul Reclus, Sénac de Meilhan.
A la politique : le directeur Roger Ducos ; 27 ministres ; 15 ambassadeurs ;
des orateurs : Barrère, Gassagnac, Chesnelong, Floquet.
A l'Institut: 34 académiciens, surtout des hommes de science ; et à côté de
ces savants il faut citer Fermât et de Romas, Gaston Planté, Elisée et Onés ime
Reclus.
Des économistes et des juristes: Bastiat, Batbie, Gabarrus, Gujas, Laffltto,
Troplong.
Des écrivains : Théophile Gautier, Laurentie, de Pêne, Laurent Tailhade,
Ténot, J.-J. Weiss.
Nous n'énumérons pas les chanteurs, ils sont légion; ni les lemmes de
Gascogne connues : Mmes Gu'mard, Montansier, Montespan, Tallien Cabarrus.
Nous ne parlerons pas des vicomtes ou des rois, sinon pour rappeler le
plus populaire, celui qui, avec un bon sourire, « unit la France au Béarn! »,
lou nouste llenric, le roi de la poule au pot.

Louis BATCAVË.
(Journal des Débats n° du 23 Juillet 1916.)

�- 36 —
Abbé DAUGÉ. Le Mariage et la Famille en Gascogne d'après les Proverbes et les Chansons. Paris, Picard ; Bordeaux, Feret, 1916, in-8°, 290 p.
Lou nouste baient coimfray que hè libes, broucadures, té ! que-m hè
pensa à las crabes. Qu'eu ey dab aqueste au bingtau. Qu'a bist, qu'a espiat
de toute part et que s'a-t counde. En prumères que-s ba dise quin se hè la
cèrque de gouyats e gouyates, la nouce e las soues coustumes. Lou brioulou
carat, la nobi que ba-t daune dé la maysou, so qui deu esta ûe brabe daune,
la daune que hè la boune maysou. De la goèrre, de la fldélitat à la terre doù
pays, de la mourt, dou beudatye et de las secoundes nouces, que debise hère
plà lou nouste counfray : tout aco sarcit d'arrepourès, de cantes bielhes.
Que bedém beroy so qu'y a de pouesie liens la bite de la campagne.
Ne seri pas d'accord dab mous de Daugé ta dise » le droit d'aînesse
faisait des victimes ». Qu'èy counechut mey d'u paysà, mey d'u métayè
aynat, qui a pagat cà lou dret d'esta aynat, tribalhan ta la case quoan lous
caddets èren à las escoles — Ne pensi pas que lou mout tahut (p. 153) siyi
de date fresque ; qu'où trobi au sègle quinzau ; d'Orthez à Saubeterre qu'où
counsèrbeu lou loung dou camî roumiu ; à Garros, en 1607, lous cagots,
doun ère lou mestie, que refusen de ha croffes e arques taus mourts :
probe d'u usatye antic. — Hère agradable qu'ey a leye so qui n'ère pas
counechut dou crimalh, auqoau l'hussiè balhe la cedule, quoan lou méste de
la maysou ne boou pas pareche ; autes cops ta hica en poussessiou lou croumpadou d'ûe case que disèn « en senhal de poussessiou qui l'y hica lou
crimalh hens la ma. » Mous de Daugé que debise dou tinel landes; dou
coustat de las Lannes e decap à Puyoo, Lahountà, qu'y abè coumunautats
de très, quoate, cinq, chèis e mey de familhe, debanteyats pèr lou cap
d'oustau. Baylets, se dits mous de Daugé, obe ô, coum pertout ou-n y a û
qui coumande, mileu assouciats — Lou bî de Yuransou qu'a serbit ta unta lous
pots dou nouste Henric. Au maynadot frésc badut que hesèn prene autes
cops ù bagn de bî bielh ta-u da force. Metayès de Gascougne, de las Lannes
sustout nou-s mudaben hère autes cops. Mous de d'Abbadie, do l'Institut,
qu'abè à l'entourn de Peyrehourade ue famille de metayès que s'estabe
sus l'endret desempuch 800 ans, oèyt sègles ?
Lou libe de mous de Daugé que deu estàleyut, ne-s pot pas goayre analysa.
Que s'y trobe de tout, coustumes, drét, pratiques e tabey cauques perucades.
Lou nouste baient counfray que-n sap hère de plume et que s'at amuche
beroy enguirlandai. Mous de Larroque d'Orthez que s'a coelhut lous arrepourès dou sou parsâ; mous de Rosapelly, coum mousdeLespy, qu'amasse
lous arrepourès de bilatye de las Hautes-Pyreneus et que s'y bét que las
coustumes soun de mediche souque. Leyéts, dounques, touts, lou libi dou
nouste balént secretari ; que sera û bou moument de passât tau boste plasé
e ta la boste instrucciou.
Louis BATCÂVE

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU, EMPRIMERIE VIGNANCOUR, E.

MARRIMPOUEY, EMPRIMUR.

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              <text>Reclams. - Annada 19, n°02 (Aost-Seteme 1916) </text>
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              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
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              <text>Reclams. - aout-septembre 1916 - N°2 (19e Année)</text>
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              <text>Batcave, Louis (1863-1923)</text>
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              <text>Delbousquet, Germaine</text>
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              <text>Bibal</text>
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              <text>Aradie, Pascal ( 1856- 1932)</text>
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              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
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              <text>Laborde, Jean-Baptiste (1878-1963)</text>
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              <text>Marrimpouey, E.</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Imprimerie de Vignancour (Pau)</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2656"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2656&lt;/a&gt;</text>
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