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                  <text>15 d'Aoust 1917.

20* Anade.

Lou Biarnés, coum lou sou ray Iou Gascou. qu'éy ûe
loéngue. Lou mout de patoès-que déu doun esta espudit p'ous
Reclams e p'ous Biarnés e Gascous qui bolen ha au debis dous
payrans l'haunou qui l'ey debude.

Cotisations et Dons volontaires
pour assurer la publication des « Reclams » pendant
la durée de la guerre.
Règles suivies :
a) Les mobilisés qui ne peuvent payer ne payeront rien.
b) Les mobilisés et les civils qui peuvent payer,
donneront chacun selon ses moyens et sa générosité.
Tout donateur recevra la prime superbe offerte gracieusement
par M. Bibal : le De Vins illmtribus Vasconiœ pourvu qu'il fasse
connaître son adresse complète.
Adresser les souscriptions soit à M. Laborde-Barbanègre, trésorier, avoué, à Pau, soit à M- Louis Batcave, président de l'Escole,
27, rue Molitor, Paris; soit à M. J.-V. Lalanne, Secrétaire Général,
à Bidache.
13e Liste
Souscriptions reçues par M. Laborde-Barbanègre, Trésorier.
M. Seyrès, architecte, Lourdes
M. Jocqs (Dr), 51, rue de Rome, Paris
Total
14e

5 fr.
20 »
25 fr.

Liste

Souscriptions reçues par M. Louis Batcave, Président.
M. H. Gaidoz, directeur à l'Ecole des Hautes Etudes
de la Sorbonne, Paris
M. le Lieutenant-Colonel Dufau, Orthez
M. Léopold Bauby, Qrthez
Total

20 fr.
5 »
20 »
45 fr.

15e Liste
Souscriptions reçues par M. J.-V. Lalanne, Secrétaire Général.
M. J.-S. Dabadie, curé d'Amou (Landes)
M. Jean Rameau, au Pourtaou de Cauneille, par Peyrehorade
M. Xavier de Gardaillac, capitaine de territoriale,
engagévolontaire, Pau. .
M. P. Larrouture, percepteur, à Lachapelle-sous-Rougemont (Haut-Rhin)
A reporter

6 ir.
10 »
10 »
10 »
36 fr.

�— 118 —
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.

Report
Paren, gendarme, Bidache (B.-P )
Moncassin, maire, Lalanne-Arqué (Gers)
Georges Gamors, industriel, Igon (B.-P.)
Lapuyade Jules, boulanger, Montant (B.-P.)
Pomès Cyprien, comptable, Goar aze (B.-P.)
Eugène Larroque, mobilisé, Orthez (B.-P.). .....
Gardère Henri, inst. mob., Tarnos-Forges ('Landes
Casteignau, notaire mobilisé, Habas (Landes)...,
Henri Lartigau, industriel, Montaut
...
Charles Vîvé, Labastide-Villel'ranche
Casassus, propriétaire, Bilhères, par Bielle (B -P).
Séris, propriétaire Orthez-Gastetarbe

36
5
5
10
5
5
20
2
(i
10
5
10
10

fr.
■&gt;
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»
»

10
5
8
6

»
»
»
»

Ceux qui redoublent :
M.
M.
M.
M.

Jean Rameau
(liste Lalanne.)
Mathieu Castaingt, instituteur honoraire, Pau., (id.)
le lieutenant Masounabe, 26« artillerie, S. P.168 (ici.)
Eygun, instituteur, Bruges (liste. Lab.-Barbanègre)
TOTAL

Report des 13«, 14' et 15« listes 25 fr.+ 15 fr.+ 158 fr.
Report des listes précédentes.'...
Total de la Souscription à ce jour

158 fr.
2-28 fr.
1.066 fr.
1 .294 fr.

La liste qui précède est surtout remarquable par les souscriptions de cinq mobilisés. Ceux-là n'ont pas voulu bénéficier de
l'immunité que nous leur avons offerte. Honneur et merci à eux !
Merci à tous d'ailleurs !
Merci surtout à notre confrère et ami, M. Cyprien Pomès, qui
non content de verser son obole, a spontanément battu le rappel
des cotisations autour de lui et fait des recrues nouvelles qui
nous sont précieuses et auxquelles nous souhaitons cordiale bienvenue. 11 serait à souhaiter qu'il trouvât des imitateurs dans tel et
tel centres, où vibre le plus pur patriotisme et où cependant les
bourses nous restent fermées.
Est-ce indifférence, lassitude, dédain? Nullement. L'explication
nous en est fournie par un déraciné revenu au pays pour quelques
jours. Il nous écrit :
« La guerre ici, contrairement à ce qui se passe dans les grandes
villes, est une occasion de prospérité

M au tout y est

à la guerre ; l'Escole même chez ses amis, passe en bien second plan, à
ce point qu'on oublie facilement le payement de la Cotisation, pouvant
la payer ». Nous prions nos amis qui ont déjà fait leur devoir, de
vouloir bien, comme l'a fait Cyprien Pomès, rappeler à ceux de
nos confrères qui ne sont pas dans la gêne, que l'Escole existe
toujours et que notre Revue est

toujours vivante.

Tellement

vivante que Jean Rameau, l'exquis poète de la Lyre Haute, nous

�— 119 -écrivait le mois dernier : « Je lis vos Reclams, je les savoure et je
serais désolé si cette excellente publication devait être interrompue. »
Nous l'avons déjà dit et nous ne saurionstrop le répéter : Nulle
part, dans aucune province du Midi, aucune Escole n'a pu obtenir,
dans ses souscriptions, un succès pareil au nôtre. Nous arrivons
bons premiers, laissant bien des vaillants loin, derrière nous.
Nous n'avons jamais été plus fier d'être né en ce coin des Pyrénées
où rien ne manque : ni les crêtes neigeuses, ni la verdure
odorante, ni la chanson harmonieuse de la mer de Gascogne, ni
la poésie des âmes et des choses, ni les dévouements généreux.
Mais peut-on dire qu'on a fait quelque chose tant qu'il reste
encore à faire ?
Hèp, hèp, les distraits et les oublieux ! Enta l'haunou de la
patrie gascoune, enta que lous peluts que pousquin léye quauqu'arré de case néns las trencades arrousades de hoéc e de
mitralhe.
J.-V. LALANNE.

se©-

LIBI D'AUR
de la familhe felibrénque
Moussu Marcel Jean Rameau, (Labaïgt), saryan au 218e de Pau,
badut à Paris lou 6 dou Més mourt 1884, mourt ta la France lou
9 d'aoust 1916, deban Verdun, au « réduit » d'Avocourt.
Citaciou :
« Labaigt-Rameau, Jean, Marcel, soldat au '218° régiment d'infanterie,
détaché à la section des écoutes d'une armée.
« Soldat plein de courage et d'abnégation ; s'est toujours acquitté du service délicat qui lui était confié avec le plus grand entrain et un mépris
absolu du danger, s'exposant sans hésiter aux plus violents bombardements
pour assurer la continuité des liaisons. A été mortellement blessé le 8 août
1916, dans l'accomplissement de sa mission. »
Général R. NIVELLE

Qu'éy lou yenerau Nivelle qui pèr ûe létre, toute de la soue mâ,
embia au malhurous pay la citaciou « de cet admirable soldat ».
Roger Saintot, lieutenant d'artillerie aviateur, chevalier de la
Légion d'Honneur, croix de guerre, cinq fois cité, mort au champ
d'honneur le G Juillet 1917, à l'âge de 24 ans.
Béde, se-b plats, a

LAS LÉTRES.

�— 120 -

Grande et Petites Patries
Dans son cours du mercredi au Collège de France, M. Camille
Jullian, de l'Institut, ancien professeur à la Faculté des Lettres de
Bordeaux , le savant historien de nos origines nationales, étudie la
formation de l'unité gauloise. Il a consacré la leçon du 16 mai à
rechercher ce que sont la grande et la petite patrie, quel antagonisme il y a eu entre ces deux idées, quelle utilisation peut être
faite de l'amour de la petite patrie.
Il avait expliqué précédemment qu'à l'exemple de la Grècè
antique, selon l'observation de Fustelde Coulanges, la Grèce avait
péri par ses divisions mêmes, division de peuples, division de
familles où la même religion n'est plus pratiquée. L'unité lui vint
des Romains, mais elle avait perdu sa liberté.
La vraie idée de patrie, il la faut prendre chez les anciens, dans
Cicéron surtout, car les écrivains de cette époque, Fustel de
Coulanges l'a bien démontré, donneraient à cette expression une
teinte religieuse, qui nous manque et qui est cependant de son
essence (1).
L'amour de la petite patrie, c'est aimer sa province plus que sa
ville, plus que son quartier, aimer le Limousin plus que Limoges,
l'Alsace plus que Strasbourg, le Bordelais plus que Bordeaux, la
Provence plus que Marseille, plus même que la Cannebière dont
est le professeur, car à la Cannebière on voit au delà :- la mer
bleue ou mer latine, les hauts monts violets qui rappellent
l'Hellade. ces éléments enfin de la nature qui font la Provence ce
qu'elle est dans sa découpure géographique.
(1) Je me permets ici une parenthèse pour renvoyer les lecteurs à la Cité
antique liv. ni, ch. xil. «Le patriotisme, l'exil, » dont voici le début : «Le mot
patrie chez les anciens signifiait la terre des pères, terra patria. La patrie
de chaque homme était la part de sol que sa religion domestique ou nationale
avait sanctifiée, la terre où étaient déposés les ossements de ses ancêtres et
que leurs âmes occupaient. La petite patrie était l'enclos de la famille, avec
son tombeau et son foyer. La grande patrie était la cité, avec son prytanée et
ses héros, avec son enceinte sacrée et son territoire marqué par la religion.
« Terre sacrée de la patrie », disaient les Grecs. Ce n'était pas un vain mot.
Ce sol éta t véritablement sacré pour l'homme, car il était habité par ses
dieux. Etat, Cité, Patrie, ces mots n'étaient pas une abstraction comme chez
les modernes ;

i's représentaient réellement tout un ensemble de divinités

locales avec un culte de chaque jour et des croyances puissantes sur l'âme.

�— 121 —
A l'amour de la petite patrie importe peu le mot qui le spécialise. Pour un Basque, par exemple, Euskara ne contient pas en
soi de qualification particulière.
Il entre peu d'histoire dans le patriotisme français. L'histoire
locale ? mais on l'ignore : un Basque ne sait pas ce qui se passait
chez lui il y a cent ans et cependant il appartient à un peuple chez
lequel l'amour-propre local est le plus développé.
L'histoire littéraire d'une province ? mais son rôle est extrêmement secondaire. Des Bretons, des Basques ont une langue à
laquelle ils demeurent fort attachés, mais même chez eux il n'y a
pas d'histoire littéraire. Mistral a bien créé en Provence un mouvement littéraire admirable, mais il est superficiel en ce sens qu'il
reste œuvre de lettré, il n'atteint pas la masse de la région. Le
Limousin, objectera-t on, peut se réclamer d'excellents poètes,un
Bertrand de Born, un Guillaume d'Aquitaine. Oui, c'est entendu,
mais ce sont là de belles et glorieuses exceptions, cela ne va pas
jusqu'à créer une vie littéraire propre et spéciale à la province.
Dans le patriotisme français, au contraire, la vie littéraire est un
facteur considérable depuis Ronsard. Les vers de Corneille résonnent de façon héroïque. Cet ensemble exalte le patriotisme.
Les héros français sont un symbole magnifique du patriotisme
général : un Saint Louis, un Duguesclin, une Jeanne d'Arc, un
Henri IV, ce symbolisme, le patriotisme local l'ignore : Un Henri IV
est peu connu en Béarn ; de même le roi René en Provence, la
reine Anne en Bretagne.
Qu'est-ce donc que le patriotisme local ? Tâchons de le définir.
C'est, pour un provincial, ce qui l'unit à « ses pays », ce sont les
vieilles habitudes contractées ensemble,

l'assistance aux fêtes

religieuses, aux marchés, aux frairies ;

les mêmes habitudes

locales, fêtes de baptême, de mariage, d'enterrement, menus jeux:
pour un Lyonnais, le jeu de boule ; pour un Basque, la pelote.
Voilà les éléments qui font partie du tempérament provincial,
c'est aussi la vue en commun des mêmes horizons ; pour un Provençal, la mer bleue, les Alpilles roses.
Le patriotisme général marche

de concert

avec l'humanité

éternelle. Le patriotisme local a ses côtés particuliers : le culte des
morts, la croix des chemins, toutes ces choses de la terre ou intimes qui vous prennent et vous enveloppent.
L'esprit du terroir est donc un facteur extrêmement important
à conserver, car il vient des sources les plus profondes de la vie.
La Providence nous a placés dans un cadre déterminé, comme elle

�a mis les moutons en troupeaux ; nous sommes en contact permanent avec les choses solides, avec la terre qui agit sur nous. De là
vient qu'on a fait la terre mère des hommes et des sentiments.
Voilà ce qu'est l'amour du terroir.
L'antagonisme entre les deux patries a existé de tout temps.
L'unité de l'histoire ancienne, c'est surtout le culte entre les deux
patries : en Italie, en Grèce, en Judée surtout où les tribus ne
veulent pas se ranger sous la loi de Jérusalem. Les Grecs, et nous
le voyons bien encore, répugnent à l'unité. L'impossibilité de certaines régions à composer autre chose que des petites patries,
voilà la cause, Momsen disait il y a cinquante ans, il a souvent
répété : La Gaule a été la première à venir à la conception d'une
patrie. Que de petites patries sur notre sol ancien : les Séquanes,
les Eduens, les Rèmes, etc.. Au Ier siècle avant Jésus-Christ, ces
peuples s'imaginent que la vie locale a moins de valeur que l'idée
delà grande vie nationale; Rome seule pourra la développer.
Rome flatte ces peuples, aux Rèmes elle sait ingénieusement
inspirer que, comme elle, ils descendent de Remus et bientôt elle
cueille ces peuples comme on cueille un fruit mûr. Rome unifie à
ce point que la ville des Eduens a disparu. Partout la langue latine
remplace le Gaulois et 1 impérialisme naît du patriotisme local
exagéré, de l'hypertrophie des petites nationalités.
Au moyen-âge on peut bien signaler chez nous des luttes entre
provinces, mais il y a déjà une unité nationale, il existe une
France, la douce France ; dès le xie siècle la chanson de Roland,
née entre Blaye et Roncevaux, en est l'épopée.
L'amour du terroir développé fait de grandes choses, de belles
œuvres eu sortent, c'est l'art local, souvent promisà de belles destinées. Ici, de l'Ile de France, voici la merveilleuse effervescence
de l'art gothique, dont les Allemands n'ont été, en somme, que'les
maladroils copistes. Voilà pourquoi ils s'acharnent à détruire nos
vieilles cathédrales, nos vieux châteaux, nos vieux hôtels de ville,
notre art du passé et qui nous fait ce que nous sommes.
11 y a eu cependant des antagonismes de petites patries avec la
grande : Bordeaux, anglais au xnr et au xive siècles ; au xv" et au
xvie siècles l'alliance avec l'impérialisme représenté par CharlesQuint ; au xvrie siècle La Rochelle protestante s'unissant à l'Angleterre. Mais ces essais avortèrent, L'hégémonie de notre langue,
la netteté de nos frontières si bien découpées par la Providence,
tels furent, entre autres, les éléments qui l'emportèrent.
La petite patrie a toujours échoué, elle échouera toujours en

�— 123 —
tant qu'elle représente l'individualité spéciale. Mais elle existe
comme sentiment ; nos champs de bataille le prouvent : on s'y
sent Français par dessus tout.N'empêche qu'on est Gascon, Basque,
Provençal et Breton, et ce patriotisme local double, pour ainsi
dire, le patriotisme général. A Dixmude, regards contre regards,
oreilles contre oreilles, tous les gars se sentent Bretons et ils sont
fiers pour leur pays. Au vieil Harmand, les Provençaux encerclés
résistent jusqu'au moment où on vient les délivrer, en chantant
des chansons du pays ; leur idiome leur donne la force de résister.
A Moronvillers les gars d'un département de Provence attendent
le secours et ils entonnent la Coupa Santa. Ces gens-là symbolisent
de belles régions bien françaises, un amour-propre local fort
développé ; le pays y a-t-il perdu ?
L'amour propre local double le sentiment patriotique général,
il lui donne plus de force et de chaleur. Ce sont les différentes
manières d'un même sentiment,
De «parfaits imbéciles » qu'on excuse l'expression, ont été cause
qu'on a pris en grippe le patriotisme local: Provence, Gascogne,
Bretagne. A tort la centralisation (1) à outrance a atrophié ce
sentiment. Trop de destructions ont été opérées, il importe de
réagir.
Après cette guerre, il ne faudra pas seulement restaurer nos
finances, redresser nos maisons démolies, réédifier nos monuments, il faudra développer les sentiments provinciaux. Décentralisation administrative, unité de provinces, personnalité du
département, combien de choses s'imposeront à l'étude. Il faudra
réer une vie locale plus intense en respectant le vieux patriotisme
d'antan.
Louis BATCAVE.
(1) Etonnons-nous que des professeurs de philosophie prônent 'en 1917,
la centralisation comme seule bienfaisante, l'abolition des « patois ». Ils
devraient se contenter d'engager leurs élèves à étudier ces questions avec le
doute prudent de Dcscartes.
L. B.
«"SSÔçr»

Enta la hosse d'ù medecî.
Aci débat desempuch quauques dies,
Droun pèr toustém lou gran médye Saupic
Qui hère hort ta goari malaudies,
Plâ tristemén s'éy mourt dou Sarrampic.
A. LACAZE.

�Yocs Flouraus de 1917
Lou delay qui abèm balhat qu'ère drin brac e n'abém pas. coum
ère acoustumat, broumbat la cause héns las gazétes dou parsâ.
Ayustats ad aquero lou tesic de la guerre e lous mile puchéus de
la bite e ne-b estounerats pas que la récolte que sie magre.
Assiu las dites de so qui abém recebut.
1 Ta pkga. 2 Inde irœ. 3 Intelligenti pauca. 4 Lous bés e la bite
enta-us abé. 5 Bisque la France. 6 Toustém tout drét. 7 Boun co e
mâchant cap e Lou cap proche dou bonnet. 8 Cœur de Linette.
Qu'èm loégn de la centéne qui flouribe au berdurè pèr téms de
pats.
Que pregam doun lous escribàs couneguts ou nou dé l'Escole,
autan plà lous qui-s pataquéyen a la guerre coum lous qui soun a
l'endost pèr case de manda s, enta-u councours, quauque pouesie
ou quauque prose. A las reyéntes e aus reyéns amies de tarrita
drin enta nous lous gouyatots escouliès.
E o, la guerre n'éy pas u empath. U dous noustes amies b'a hèyt
û libi de pouesies héns las trencades ; lou balén Claberie de
Saubaterre, ûe cante qui s brounéch au repaus e en caminan ; e
aquéstes dies medich, lou nouste counfray Bardou, de Pau, que
hiquabe ûe musique a la tan beroye Pregari de Nadau de Baudorre.
Que reculam doun, dab lou counsentimén dou Presidén, lous Yocs dinquòu purmè de noubembre. Lou N°
d'aquéth més qu'en sera retardât, més arrés n'y perdera arrèy,
lou dou Més mourt qu'aura autan d'endoum qui besougn sera enta
paga so qui éy début.
E maugrat qui la guerre e s'ayi rapiat û ahoalh de Méstes, qu'en
y damoure prou au peys enta d afèyta ûe yurade suriouse. Beyats :
Armagnac : abat Sarran, Paul Sabathé.
Biarn : Carrive, Simin Palay.
Bigorre : Abadie, Simin Palay.
Lannes : abat Daugé, Artè dou Pourtaou.
Membres de drét: Presidén, Secretari Yenerau.
A l'obre doun lou cap haut e lou cô calourénc, lous qui ne bolen

�— 125
[h!- que lous Reclams que s'estaréchin. Pramou que ne bibém pas
soulemén d'ardits, més tabé de la paraule de bite e de gauyou.
A las recoumpénses proumetudes que heram ù ayustè.

Marrimpouey que-s balhera quauques PROUSÈYS BIARNÉS,
quauques HILHES DE MASSICAM ta n ha gauyou a-us qui s'at meritin.
Lhèu Mous de Bibal quauques DE VIRIS. E que pregam lousautous
qui-n an de soubres d'auheri las loues obres.
J.-V. L.

.

s*è$ása

Bibe cent ans
Bibe cent ans, quine peguesse!
E touts que la boulerén ba.
Jou lou prumè, s'èy prou d'adresse,
Dinc'a cent ans que bouy bouha.

Per tan qui sien estats manobres
De glori lhèu, lhèu de talén,
Per tan qui s'auran déchat obres
Coum ne-n hè pas mant'un balén,

So que-n aurèy ? Sounque misère,
E lou mendre de touts lous maus
Que sera, débat la machère,
Nou pas abé déns ne cachaus.

Lèu tout que se-n tournera proube
S'ou camin dou téms é dous ans.
La mort qu'éy lou gran cop d'escoube
Qui nétéje petits e grans.

Lou qui biu de trop bères pauses
Aus auts, a-d ét que hè puchiu.
Amies, la mielhe de las causes
Qu'éy d'ana prou lèu au boun Diu.

La terre ? U gn'aut joèn que la houre.
La glori ? Gn'aut l'espousera,
Un pec se-n ba : lou qui damoure
Hè dab gu'aut au qui mey héra.

Bint ans : l'omi que lié la hoelhe.
Enta trente ans que tire eslous.
A quarante ans, l'omi cabelhe ;
A sessante ans qu'a las doulous.

E p'ou cèu blu lou sou que bire,
E tout se-n tourne arré de hèyt,
E sus terre soul que s'at bire
Lou qui 'nt'ou céu tire la lèyt.

A settante ans, l'omi se-n tourne.
A coate bins qu'és échourdit ;
Que se-n ba, que bire e que tourne
E ne sab pas mey so que-s dit.

Sabets aco so que bo dise
Pr'assi cabbat coum per Bourdèu ?
Arré ne bau la barbe grise
Se ne s'an pas gagnât lou cèu.

Ne hè pas sounque balha coentes
En crése encoè de ha besouy,
E que-n sèy dous joéns ments e mentes
Qui s'ous boulerén sabé louy.

Dihort lou 13 d'ottobre de 1916.
G.

DAUGÉ

(Larmes).

�- 12b —

La Gatin
(Counde)
Qu'ère ue Bigourdane de Trébouns, de u coustat de Bagnères.
TJe bère fumèle. per ma fé ! Més tou balè pas ca. De dore qu'auè
hèyt boula la béréte per dessus lous palliés. La garce ! n'éy pas ère
qu'aura hèyt ménti lou bielh arréprouè qui court per nouste :
Baques de Labassère
E hennés de Trébouns,
Déchat-les oun sount.
Que s'apéràue Catin. Coume de yuste, qu'ère maridàde. Lou sué
ome, û Yoan-Henné, braboulas coume û so, n'auè pas yamés boutât
lou hoéc en nade hount.

La Catin que-s débértiue ; l'orne que-s

clucàue lous oelhs ; lou toupi que bouriue e tout qu'anàue pla.
Que l'apéràuen Ré. Gouats quin l'ère aparit aquet subérnoum.
Lou brabe ome qu'arrénégàue ; que disè : Foutarré ! Aquét arrénéguet que l'arribàue au-s pots, a cade moumént, atau coume lou
Gloria Patri a Brèspes, a la fi dous sèaumes. Bellèu que troubè lou
mout trop loung : que l'achoumè ue piétade ; que digou

Tarré !

Troploung encoë, que l'abraquè la dusau e nou démourè pas més
que la darrère, Ré. Més que la hèue i ouléya déguéns la bouque dab
très ou quoate B ; qu'aurét crégut d'énténe û esboulhadis de
calhaus a décabén ue galihorce. Aquet subérnoum de Ré que u
démourè ; nou l'apérèn pas més qu'atau.
Ré que-s mouri lou permé. La séparaciou dab la Catin qu'estou
esmabénte. A toutes fis, que la boulé hè ségui. Mes la daune n'auè
pas acabat las sues auhertes e que-u déchè parti tout soul. Auan
lou darrè bouhét, que-u proumétou toutu de l'ana trouba en chic
de téms.

Ré que s'en anè tout drét au Cèu. Sent Pierre que

l'oubri la porte e lou Boun Diu, plé de miséricordie eut'aus coucuts,
que-u s'amassè. Sent Pierre que s'en hésou û amie e, de quoan ea
quoan que-u hidàue las claus.
Las ! A dégu n'espragne la tarrible Dalhàỳre ! La Catin qu'éy
passé au sué tour. Ere tabé, que s'en anè décap au Cèu. Més quine
arcoelhénce e poudèue aténde de la part dou Grau Yudye ? Per
ségu, n'auè pas de bous papès a présénta-u ! Nou s'y hidàue
brique.

�— 127 —
Yuste, aquét die, — gouats quine chance !

— lou -Ré que

ténguèue lou poste de Sent Pierre, apérat per lou Boun Diu enta û
ahè pressât,
Quauqu'ù que truque a la porte : Pam ! Para !
Ré que tire lou nas au trauquét.
Quoan la Catin e béyou la caréle de-u sué défunt que poussé û
crid de yoye : « Ré ! »
L'orne nou la récounéch pas detire.
« Ré ! »
« — Qui ès ?

i)

« — Catin ! »
E lou brabe conçut, tout gauyous, que ba tira lou bouroulh e
que-u dit :
« Pace. » (Passez).
Atau qu'éntrè au Cèu la Catin de Trédouvs, ya que nou s'a t
méritèsse goayre.
Despuch labets,

quoan quauqu'ù e s'én ba d'aqueste bats de

termes, lou Curé que l'ahouque û tros louj e puch que-u dit en lou
souheta bou biàdye :
« Re qui-es-cat in pace. »
P.

ABADIE,

de Soumbru (Bigorre).
Esplic : Achouma: couper le bout, la cime;

Pléiade: pied,

syllabe;

Ksbouilhadis : éboulement ; A uhertes : méfaits ; Trauquét : guichet ; C.aréle :
figure ; Bouroulh : verrou ; Ahouca : : escorter.

NABÈTHS COUNFRAYS

M. J. S. Dabadie, curé d'Amou, Landes.
M. P. Larrouture, percepteur à Lachapelle-sous-Rougemont,
territoire de Belfort, Haut-Rhin.
M. Paren, gendarme à Bidache, (B.-P.)
M. Georges Camors, industriel à Igon, (B.-P.)
M. Henri Lartigau, industriel à Montant, (B.-P.)
M. Charles Vivé, à Labastide Villefranche, (B.-P.)

�I
- 128 —

Roussignoulet
Cante Biarnése de Despourrins
Arréemprimat en ïhaunou clous Peluts
qui canten biarnés au froun.

AlL^ moderato.

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^ÍÍÍ Af/i

raí^

repèl- Jous s/tts darrès éèrj.

u

III

Ere que pressentibe

Tau coum la tourterèle

Lou die deu parti !

En quittan soun pariou,

l ou cò que se-ra mouribe

Moun cô toustém fidèle

De la béde soufri.

Saunéye a soun amou.

D'ûe bouts langourouse

j

Dits, m'estregnén la mâ

/

Oubyèt de ma tendresse
bls

Au noum de l'amistat,

B'en seri malburouse

Plagnét lou qui b adresse

Si-ns calé sépara

Soun darrè adichat

bis.

�— 129 —

Lou Biarnés éy ûe loéngue
ou û patoès ?
Ad aquére custiou pausade pèr nous aus darrès Réclama, cinq
letradous de l'Escole que s'an respounut. Que soun : MM. Jean
Rameau, Paul Courteault, loctenén Masounabe, archiprêtre
Dubarat e lou proufessou de loéngues roumanes a l'Unibersitat de
Bourdèu, Mous de Bourciez
Toutes aquéres létres que soun
mayemén beroyes e ta-u n° qui bièy qu'en debiseram. La de Mous
de Bourciez, coum s'y calé aténde, que hè la probe néte e clare
que lou Biarnés e lou Gascou que soun loéngues e pas patoès: que
l'emprimeram toute sancére.
D'autes amies que s'en anouncen méy ; que las receberam dab
plasé E ta nou pas que aquére counsultaciou que s pèrdi que las
amasseram can a can, coum û libiot, e que las embieram ta la
bibliothèque de Pau e ûe coupie ta u Musée nouste de Maubezî.
Perqué doun e tieném tan a ha lheba lou cap a la &gt; praube
bergougnouse ». Mistral qu'at a dit en û debis esmiragglan.
Leyéts :
« ÇO QUE VOULÈN'? Escoutas-me ,
« Voulèn que nôsti drôle, au-liô d'èstre éleva dins lou mesprés de nosto
lengo (ço que fai que, plus tard, mespresaran la terro, la vièio terro maire
ounte Dieu lis a fa naisseï, voulèn que nôsti drôle countùniou de parla la
lengo de la terro, la lengo ounte soun mèstre, la lengo ounte soun fier, ounte
soun fori, ounte soun libre.
« Voulèn que nôsti ebato, au-liô d'èstre elevado dins lou desden de nôsti
causo de Prouvènço, au-lio d'ambiciouna li fanfarlucbo de Paris o de
Madrid, countùniou de parla la lengo de soun brès, la douço lengo de s1
maire, e que demoron, simplo dins lou mas ounte nasquèron, e que porton
longo-mai lou riban arlaten coume un diadème de rèino.
« Voulèn que noste pople en-liogo de groupi dins l'ignourènço de sa
propro istôri, de sa grandour passado, de sa persounalila, aprengue enfin si
titre de noublesso, aprengue que si paire se soun counsidera toujour coume
uno raço, aprengue qu'an sacbu, nôsti vièi prouvençau, viéure sémpre en
ome libre, e toustèms se defèndre coume tau : à Marsiho, autre-tèms contro
la Roumo de Gesar ; dins lis Aliscamp d'Arle, à la Gardo-Freinct, contro li
Sarrasin ; à Toulouso, à Beziés, à Bèu-Caire, en Avignoun, contro li iaus
crousa de Simoun de Mount-fort ; à Marsiho, à Frejus, à Touloun, e pertout,
contro li lansquenet de l'emperaire Carie-Quint.
« Fau que sache, noste pople, que sesoun, nôsti rèire, apoundu libramen,
mai dignamen, à la gt-nerouso Franco : dignamen, valent à-dire en reservant
sa lengo, si coustumo, sis us e soun noum naciounau. Fau que sache, uoste
pople, que la lengo que parlo es estado, quand o vougu, la lengo pouëtieo e
literàri de l'Europo, la lengo de l'amour, dóu Gai-Sabé, de liberta municipalo,
de la civilisaciouu...

�— 130 —
o Pople valent, yaqui ço que voulèn t'aprene : à pas rougi, davans degun,
coume uu vincu, à pas rougi de toun istôri, à pas rougi de ta patrto, à pas
rougi de ta naturo. à reprene toun rèng entre li pople dôu Miejour. . . Jî
quand chasco Prouvènço e cliasco Catalougno, aura d'aquelo sorto rccounquist soun ounour, veirès que nôsti vilo redevendran ciéuta : e mounte noun
i'a plus qn'uno poussé prouvincialo, veirès naisse lis art, veirès crèisse li
letro, veirès grandi lis ome, veirès flouri uno nacioun. »
A la place de Proubénce, hiquats Biarn e Gascougne, e qu'abéts
aquiu tout natre so qui nous tabé e boulém.
Més labéts e-s pouyrén dise qu'arrenegats la France ? Oh ! que
nou, au Diu bibostes ! Esta Gascou qu'éy esta dus cops Francés.
L'Artè dou Pourtaou qui éy a nouste quauqu'arré de méy qu'û zéro
en chiffre, qu'a publicat û libi a l'haunou de las dues loéngues:
Lous dus parlas de nouste. Lous Reclams que debisen las dues loéngues ; e lou qui escriut aquéste escriture qu'a dit en ûe amassade
yenerau, aplaudit de touts : Que boulerém que touts lous de
Gascougne que poudoussen debisa lou gascou coum Nabarrot e
Despourrins e lou francés coum Bossuet et Voltaire.
Qui-s pot balha défaut ?
J.-V. L.
s34&amp;*-

COUNCOURS DE LAS ESCOLES (1914).

Perqué la mar éy salade.
Qu'ère p ou cô de l'hibèr. U homi que s'en tournabe dou bosc
dab û hach de légne sus l'esquîe. Que trebuqua ûe biélhe hère
mau

apelhade qui

ou demanda lou hach enta cauha s û drin.

Hère brabe, l'homi que l'y balha. En clianyes, la biélhe qu'où déû
moulinét a sau hère drolle. Arribat a case, l'homi qu'es bouta a
ha tourneya lou moulinet e detire qu'en sourti tan de sau que la
cabane qu'en estou cougnide. Qu'ère la richésse. Més û besî yelous
qu'où panà lou moulinét. Ta nou pas esta gahat pèr la yén de
yustici, que-s sauba loégn, loégn. En passan sus l'aygue chéns fî
que hé tourneya lou moulinét : lou batèu qu'es plegna de sau
méy que ne calé, que s'ahouna e lou boulur que-s nega. Més desempuch labéts lou moulinet que bire bare chéns estanc oun s'ère
ahounat e qu'éy pramou d'aquero que l'aygue de la mar éy salade.
Jean MOTHULAR.
Escouliè a l'escole de Saubaterre en Biarn.

�Las Létres
i
Lous qui hèn bibe lous Reclams.
Qu'en èy ûe sarrabanténe e n'en poutch mentabe que quauques
ûes,que prègui lous qui demoureran a l'escurade de desencusa-m.
Que m'abierèy. p ou nebout e hilhòu dou Caddet de llourcadut
douns'ey debisat assiu e tabé en ûe gazéte d'Orthez, despuch dus
més. Que m'escriut :
Tournât de la guerre coum prouprietari-paysà, classe 89, ne sabi pas arrèy
de l'Escole desempuch 1914. Dab plasé qu'èy bist l'arrebiscoulade dous
noustes amistous Reclams; enta préne la mie par de la coutise, que-b mandi
û bilhetot de bingt Hures
Quoant lou Peys e bièy. car arroun tan de
téms passât au mièy do la batsarre !. . . Ah ! d'esta û artiste enta pintrura
sus la téle las noustes serrades, las noustes bats, lous noustes gabes e lou
blanc e lou blu de las Pyrénées ! Si poudi ! e quoant èy de yelousitat enta
bous auts touts qui las abéts cantades ! . . . .
Eugène LARROQUE.
Lou dous cantedou de la Gascougne, Jean Rameau, qu'éy estât
piquât au cô pèr la torpilhe murtrère qui l'a amurtrft lou hilh sus
aquéth tue de glori qui-s mentau Verdun. Que l'èy demandât so
qui calé enta hiqua au Libi d'Aur dous Reclams en purmères, e
mey tard sus la téle a Maubezi, lou noum dou héros cadut a la
batalhe. Qui s'at meritabe méy qu'éth ? Eu méy de trénte libis
leyuts pèr toute la France, arrebirats en manterûes loéngues
estranyères, qu'a gloriflquat la terre, lou mounde, las pélhes, las
coustumes e l'ana, lou cèu e lous gabes, quauque cop l'histori de
Lannes e Biarn. Lou nouste peys, mercés au sou calam yenerous,
qu'a grasit en reuoum e si û ahoalh de leyedous e saben goèy en
Italie, en Angleterre e d'autes endréts qu'y a ûe Gascougne, e
counéchen lou berretot e lou madras de pèr nouste, qu'éy ad éth
qui éy début. Badoun enyuste touts lous sous libis que trouberats,
pour-ci pour-la beroys escantilhs de la loéngue mayràne. « Là où
le français ne peut, que le gascon y aille disait Montaigne ! »
Dab ûe boune graci doun lou disi gran mercés que m'a respounut
coum at bouli.
Marcel Jean Rameau

(LabaïghJ,

qu'ère saryan au

rendou lous galous enta passa enterprète

218e, que

aus postes d'escoute.

Qu'ère licenciât ès-lettres, en drét, e espettur de la Soucietat

�— 132 —
Yenerale. « Notre fils, e-m dits Yan Rameau, écrivait et parlait le
gascon comme un fèlibre. Bien souvent dans la tranchée, il
avait joué sur l'ocarina des airs béarnais pour égayer un peu ses
compatriotes. Je l'ai appris par la lecture'de son carnet de route ».
Au noum dous Reclams que prègui lou pouète d'agrada las méy
amistouses consoulacious.
A pèrpaus de Maubezî que dits : « Ce château m'obsède e m'attire
depuis longtemps. J'espère, avant de mourir, aller le voir ».
Ta ûe amne coum la soue. Maubezî^ e lou peys qui-s bét dou
bèc de la tou qu'éy coun û saunèy dou cèu.
Roger Saintot qu'ère lou nebout e coum lou hilh d'adoupciou
dou nouste amie Carrive de Nay qui, sus la mîe demande e m'a
balhat so qui cale ta u libi d'aur. Carrive que me l'abè présentât a
la felibreyade de Fau e qué-m broumbi encoère d'aquéth beroy
gouyat, a l'oélh pregoun, a la tiénse moudèste, plèy de bite e
d'abiéne, qu'ère escouliè de Centrale ! La soue praube may, abeudide yoéne, n'abè pas sounque éth. E la boumbe en coupan la
béte dou hilh, qu'a piquât lou cô delà may, qui ploure e qui éy
flère tout amasse. Qu'y a dequé suban la darrère citaciou.
« Observateur de tout premier ordre. N'a cessé de prodiguer à sa division
son concours le plus dévoué avec une activité et une audace iég-ondaires. Le
6 Juillet 1917, chargé d'accomplir l'attaque du M. .. H ..., volait à l'assaut
à la tête des fantassins quand il est glorieusement tombé au milieu d'eux. »

Touts lous noustes dòus que ban a daune Saintot, a daune et a
Mous de Carrive.
II

Lou De Viris de Mous de Bibal.
Assiu encoère que-m eau bourna. Enta feui-n dab Jean Rameau
coumensan per so qui-n a escribut.
« Je viens de recevoir le bel ouvrage, j'en suis ravi, je le consulterai
souvent ; c'est un monument précieux pour tous ceux qui ont comme moi le
culte de la terre natale. »

De Maxime Lanusse, douctou en letradure.
« En réunissant dans ce beau volume, aussi élégant de forme que riche
de fonds, les gloires de la Gascogne, vous avez rendu à tous les Gascons un
service signalé : vous leur montrez leurs titres de noblesse ; et comme noblesse
oblige, cette liste si longue s'allongera encore. »

Dou yenerau Paquette.
« Avec quel plaisir j'ai constaté que bien souvent les gloires de la Gascogne

�— 133 —

et du Béarn étaient aussi de belles gloires françaises ! Je vous remercie d'avoir
pensé à celui qui est si fu r de commander Gascons et Béarnais et qui sent
se serrer, chaque jour davantage, les liens qui l'attachent à votre beau pays ».

De Cyprien Pomès.
« Ce livre mérite non seulement d'être lu mais conservé de père en fils
dans tous les larès de Gascogne et Béarn ».

Boune idée aquiu amie Cyprien. Enta-d aproucha-s'én, Mous de
Bibal qu'a embiat lou sou libi a touts lous libiès de cade cap-loc de
cantou dous quoates departeméns. You qui l'espii ha, drin esmabut,
que-m demandi : Oun s'estanquera doun aquéth brabe homi ?
Pramou que la soue boéntat qu'ey chéns estanc.
J.-V. LALANNE.

«s^»

Historis bertadères.
FIT-PUT 1(1)
A Tarbes:
Daune X
une Paulése lebisiénte, escarrabelhade qui n'a
pas lous oélhs ni la loéngue au houns de la pothe, que s'en tourne
aus quoate pès decap enta la gare.
En passan deban û Brouchou, que tume ûe taule oun s'abéuren
û pa d'Annamites de « l'Arsenal. »
Diu biban ! e cride l'û, en han lusi lous arnauts de plasé e lhèu
d'embéye.
Macarèu ! e respoun l'aut coum û reclam.
La beroye fumèle que s'arrebire escoupémen : Fit Put ! se hè
ère dab û beroy arrisoulét.
E de béde û hemnot, en terre bigourdâne, sabé me plâ qu'éths
las gaymanteries de la loéngue francése, lous Annamites qu'en
damouranla bouque liante.
Pierre

BERNIS.

(Biarn).

(1) Aquéths dus moûts, suban ûe grane gazéte de Paris, que sèrben boèy
mèy que lous Dius bibans a mentahe, au froun, lous sourdats de Biarn e
Gascougne.

�- 134 —

Mercés Capitène!
Las trencades, lous assauts, tabé lou malandrè, chéns counda la
batsarre dous chichante-quinze, e dous moustres a grane gaute,
que l'abèn hèyt repropi ta la batalhe, lou praube sourdat. Për
amou ou caritat, lou capitène que se l'abè prèys ta ourdounance.
Serbi y'ou hasè plâ, niés n'ou bedèn yaméy arride, ne l'entenèn
yaméy debisa. Lou tribalh tenit, que-s hiquabe en û cout escu e
aquiu que hesè saunèys de ne sèy quigne coulou. Qu'èy ahide que
bedè passa deban lous oélhs la moulhè e lous gouyatots, la baque e
lou beterot, lous de case, lous besîs, lous amies. N'ère pas anat ta u
peys encoère fouchtre hèy, n'éy pas soubén lou tour d ous qui s
repausen. E quoand bedè parti, ta d'aquéste patrie encantade
qui-s mentau Gascougne, pèr'ahoalhs, ûe sarrabanténe de gouyats
anilhans e pinnetans, lou cô que s'ou henè mayeméns.
Lou capitène û die qu'abou pièytat.
— Tè, sourdat, aquiu que l'as la permissiou tan delerade, ès
countén ?
Ne coumprenou pas detire ; més ballèu que-s quilha drét coum
û i, e pourtan la mâ a coustat dou képi, coum se déu :
— Ah ! m
, moun Capitène.
Brabe homi, lou Capitène que coumprenou mercés e que s'en
arridou.
Countat pèr daune P
-34gfy&amp;

Lous de nouste a la guerre
Au yenerau Paquette qui hè canta cantes biarnéses acera hore,
oun se baten, qu'abi escribut dus moutots en l'ernbian lous
Heclams de Yulh. Que m'a respounut pèr aquéste létre qui lous
felibres, autan coum you, e trouberan hère beroye.
30« Division
Le Général

S. P. G
Q. G. le 18 Juillet 1917.
Monsieur le Secrétaire Général,

Votre aimable lettre m'a beaucoup touché., et vous vous en excusez !
Oui, j'aime les chants de votre pays, de ce pays qui est un peu devenu le
mien !

�— 133 —
D'abord, ils sont beaux, et leur gravité sied aux moments que nous vivons.
Et puis, à les chanter ensemble, nos braves revivent ensemble un moment
de là-bas, et les cœurs s'unissent en même temps que les voix.
J'ai reçu votre Revue dont un de mes officiers m'a. traduit le passage que
vous m'aviez signalé. Et je suis tout confus à l'idée du Musée !
Merci encore, cher Monsieur, et veuillez recevoir l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
Général PAQUETTE.

Aquére létre dab lou restait qu'èy abiat ta Maubezî.
Quauques dies desempuch aquére qu'en recebi ugn'aute qui-m
balhe noubèles agradibes :
La Chapelle-sous Rougemont, territori de Belfort, le

1917.

« Lous noustes Biarnés e Gascous que soun assiu au goèyt care a
l'Alsace. La musique dou 18e que s'a deya hèyt la gauyou de dus beroys
« councerts ».
« Diménye que souy anat béde passa la rebiste, (la revue) e arroun las
hèstes hèytes enta-u cap d'an de l'entrade dous Francés a Masevaux (Alsace
rapiado). Lous Biarnés qu'y an hèyt hère beroy. Alsaciénes de choès, bestides
de la pélhe de lou, tan escricade, qu'ous an, chéns nat mout de mesounye,
aprigats de flous.
« Dibèys-sé, lou T. A. F., (so qui bôu dise tiâtre a las armades francésesl,
dou 18", qu'a biènut youga ûe pèce beroyemén tringlante, debath û emban
pitat au mièy dou pâti de nouste. Lou yenerau Paquette qu'y ère e que truquabe las mâs a ha-lés esperissa »...
P. LAKROUTURE.

Que-b dits aquéth noum! Ne-b sémble pas qu'a coum ûe sabou
de la brane biarnése ? E si qu'en éy de nouste. E lou qui atau se
mentau qu'éy precettou en terre de Belfort, desarrigat de case
desempuch tout ỳoenot. Mercés au marescau de logis F., doun e-b
debisabi l'aute die, qu'èy hèyt counechénces dah éth, e dab quign
plasé : la soue may qu'éy ûe Hilhe de Massicam ! ! ! Pensats s'ère
aus illes aquéth brabe amie, desseparat de touts lous de la soue
race desempuch tan de téms, quoand a bist arriba enta lou, lou
balén 18e. Qu'èy ahide qu'a début debisa a la soue Yaninéte dab
autan d'eslame que lou Soulheban (0 quoand lous Dius bibans de
l'Emperadou abèn anat passa ûe noèyt a Berénx.
J.-V. L.
(1) Soulheban qu'éy lou yénse gbuyat de la Goumcdie mie titulade la Bilhe
de Massicam.

�Lous d'autes cops.
La cante dous ausèths.
En bengo de la picouréyo,
Encridan Itis eTeréyo,
L'Aurungleto débat lou tet
Arrepitolo soùn gay moutét
Dessus la cailhiouo apausado,
A tout marraus aprioûsado.
La Lauzete per lauza Diou
Dab soun tiro liro piou piou,
Debas lou Céou dretcoumo uo biro
En bét tiro lira se tiro,
E quan nou pot més haut tira
En bat tourno liro lira.
La Meilhengueto meilhenguejo
La Cardineto cardinejo ;
En boula lis coumo lou liô
Tirou, birou, crido l'Auriô.
Per las coumos lou Merle eychioulo,
E lou Gay nilho, pioulo, é mioulo,
Lou Charrit charrito peous prats,
La Perdits coudousquo peous blats...
Jean-Géraud

DASTROS.

Badut a Saint-Glar de Lomagne, (Gers) ; qu'éy
lhùu lou méy gran pouète gascou dou XVIP sègle.
(Tirât de Poètes Gascons du Gers de J. Michelet).

Esplics : Arrepitolo, répète ; cailhiouo, cheville ; marmus, bruits ; biro,
trait ; meilhengueto, mésange ; lià, lin ; charrit, oiseau des prairies ; coudousquo, cacabe.

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU,

EMPRIMER1E VIGNANCOUR,

E.

MARRIMPOUEY,

EMPRIMUR.

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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" alt="" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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