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                  <text>���■ne

���ALBUM AUVERGNAT.

�Auvergne , ô doux pays , séjour délicieux
Le plus charmant peut-être après celui des cieux
J'aime tes bons vieillards aux costumes celtiques
Admirables reflets des montagnes antiques ;
Ta musette si chère aux jeunes villageois
Préférant leur bourrée à tout l'or de nos rois !
E....t. B. d'Aurillac.

�ALBUM

AUVERGNAT,
BOUB18ÉES , MOHTASHABBJSS, CBTAMSOÏTS, H"OBIfi
JPATOE3 B'AUVEB©HE ; Il·lUSTISÉ

BE

ET

POÈMES MF

©BAVUMES BEPJBÉSEFTAM BES BASSES

ET SCÈBE3 VIMLAQEOISES, OU SE TBOUJVKHT BEJPBQBUITS
BES MLUS ISEMAMQTUABXJES BU BÉFABTEMEM BU

PAR J.-B

BES

COSTUMES

BUX=BE=BÒME ,

BOUILLET,

!tl&lt;&gt;nilirc il* plusieurs Académies et Sociétés savantes, auteur de plusieurs
ouvrages sur l'Auvergne.

JÎt0ttHtt0

ỳ

TYPOGRAPHIE DE P.-A. DESROSIERS,
É D I TEU n.

��ous devons dire ici que nous ne sommes ni poète,
ni musicien, et que nous n'avons, dans cette publication, d'autre mérite que celui de compilateur.
Recherchant avec soin, depuis trente ans, tout ce
qui a rapport à l'histoire de notre remarquable province, nous
n'avons pas dû négliger les costumes si variés que la civilisation
nous enlève très-sensiblement, et qui finiront par disparaître
totalement. Nous n'avons pas négligé non plus de recueillir les

�6

INTRODUCTION.

chants populaires, les chants de Noël, si fortement empreints
de l'esprit auvergnat, et les poèmes inspirés au milieu des détails de la vie champêtre, ou improvisés dans les salles gothiques
de nos anciens manoirs, poèmes et chants qui, par une grande
liberté d'expression et une grande naïveté primitive, peignent,
d'une manière si vraie et si originale, les mœurs du pays (1).
L'Auvergne, qui a eu ses troubadours comme la Provence,
a vu disparaître à peu près entièrement, par l'effet de la civilisation , ce goût de poésie populaire qui racontait d'une manière si naïve aussi, un peu burlesque peut-être, les exploits
chevaleresques de nos guerriers et le bonheur des champs.
Après les troubadours, qui ont tant écrit en patois, ce goût s'est
réveillé dans les xvne et xvme siècles ; d'autres poètes nous ont
laissé des morceaux de quelque mérite. De nos jours, M. Roy,
de Gelles, et M. Ravel, deClermont, ont composé aussi des
pièces qui respirent une grande vérité du langage rustique.
Le patois auvergnat si varié, que bourgeois et paysans parlaient usuellement il y a moins d'un siècle , n'existe plus
guère que dans les campagnes, et encore a-t-il perdu beaucoup
de son originalité.
Ce que nous connaissons de notre patois nous fait voir que
son orthographe n'a, pour ainsi dire, rien de constant; de même
que les costumes, elle varie très-sensiblement, à peu près dans
chaque canton. Il en est de même de sa prononciation; rien n'est

(i)

Nous ne pouvons pas inscrire ici le nom de toutes les personnes auxquelles notre

reconnaissance est redevable des airs et des morceaux de patois , mais nous ne pouvons
omettre celui de M. Imbert père, juge de paix à Clermont, en remerciement de l'extrême
complaisance qu'il a mise à noter en musique le plus grand nombre des airs que nous
publions. Qu'il veuille donc bien recevoir ici l'expression de toute notre gratitude.

�INTRODUCTION.

7

donc plus difficile que de fixer des règles à cet égard. Nous
n'entreprendrons pas cette tâche qui a été très-savamment
remplie par M. H. Doniol, dans le
L'ANCIENNE AUVERGNE

ET

VOYAGE

PITTORESQUE

de

LE VELAY (t. III, p. 21).

Nos poètes ne tenaient pas rigoureusement à un principe, à
une règle grammaticale, chacun écrivait ses pensées à peu près
à sa manière.L'un d'eux montre assez,parle quatrain suivant,
le peu de prétentions qu'il attachait au jugement qu'on portera
sur ses œuvres ; il nous dit :
&lt; Fâchez daus courneys, daus bouchons,
&lt; De la panas ou daus tourchons
■ De tout eycou, m'en scieucie, couma
« Dau vent que bouffa au Peu de Douma. ■
(Faites des cornets, des bouchons,
Des essuie-mains ou des torchons ;
De tout cela je me soucie comme
Du vent qui souffle au l'uy de-Dôme.)

Jusqu'ici on s'est plus particulièrement attaché à rendre la
prononciation des mots; c'est aussi à la prononciation que nous
nous sommes attaché plus particulièrement.
Dans les longues veillées d'hiver, plusieurs familles se rassemblent dans une étable ou autour d'un vaste foyer, et là on
chante des chansons et surtout des noëls demi-dévots, demibadins, qui donnent une si juste idée de la dévotion assez tolérante de nos pères.
Un ancien chansonnier nous l'a dit :
» C'est au hameau, dans une étable,
• Qu'on se rassemble chaque soir;
« Les vieilles ont le dévidoir,
• Les vieux ont le broc sur la table^

�8

INTRODUCTI'ON.

&lt; Los jeunes garçons amoureux
■ Des fillettes de l'assemblée,
« Abrègent, par des chants, des jeux,
« Des longs hivers la veillée. •

Les danses et les chansons d'Auvergne ont un caractère toutà-fait particulier qui nous a semblé digne de fixer l'attention de
toutes les personnes qui traversent ou qui parcourent notre
belle contrée. L'action quelquefois un peu sauvage que nos villageois mettent à la danse, les gestes de leurs mains, le bruit
de leurs pieds, n'ont pas cette allure de gaîté observée généralement dans les amusements du même genre chez les paysans
des contrées qui nous avoisinent, et notamment chez ceux du
Bourbonnais. Rangés sur deux lignes parallèles , les danseurs
s'ébranlent en même temps, marchent l'un sur l'autre, pour
reculer et avancer de nouveau, jusqu'au moment où le signal
est donné pour que les deux lignes s'entrecroisent et que chaque cavalier change de danseuse. Les deux danses favorites
sont la bougée et la montagnarde. La bourrée a quelque chose
de léger, la montagnarde quelque chose de lourd, mais de
très - original. Dans l'arrondissement d'Ambert, une autre
danse , appelée vireneyre, ressemble un peu à la montagnarde ,
elle se danse en tournant. A Manzat, la bourrée du loup a trois
figurants, dont deux cavaliers. La femme se place entre eux,
et tandis que tous trois vont en avant et en arrière, elle fait
alternativement face à tous les deux, qui jamais ne lui répondent; celui vers lequel elle se tourne, se retourne toujours à
l'opposé en même temps qu'elle vers lui.
Tout tend à se perfectionner, le langage, les costumes et les
mœurs; ce n'est que depuis peu d'années que la contredanse
;\ été introduite dans nos campagnes, mais la contredanse

�INTRODUCTION.

9

plus animée que dans nos villes : l'entrechat, le pas de zéphir,
les ailes de pigeons y sont admirés.
Le plus ordinairement, dans les petits comités, on danse au
son de la voix, en variant les intonations pour éviter la moriotonie; le beau est de prononcer des paroles, et il est rare que
chaque village n'ait pas son chanteur ou sa chanteuse, son
rnusetei ou sa museleire. Dans les grandes circonstances, dans
les fêtes patronales, par exemple, l'orchestre est composé d'un
tambour etd'un fifre, ou seulement de la musette chérie, qu'on
appelle chabre (chèvre). Celle-ci a le plus grand attrait dans nos
montagnes, tout un village s'émeut à ses sons.
Les bourrées et les montagnardes chantées pour la danse,
n'ont ordinairement qu'un seul couplet; mais plusieurs chansons ont des airs de bourrées ou de montagnardes.
Les costumes d'Auvergne ont aussi quelque chose de trèsoriginal (1). Au milieu de nos populations, on reconnaît le montagnard à ses vêtements de drap bleu, à son chapeau noir à grandes ailes et souvent à son bonnet de laine rouge ; d'autres fois à
son long manteau de laine rayé de rouge et de bleu et à ses cheveux bouclés tombant sur les épaules. Les femmes sont vêtues
de grosse bure bleue, la robe, relevée sur le derrière, laisse voir
le rebord inférieur doublé d'indienne de couleur très-apparente
et un jupon rayé, rouge et blanc, ou bleu et blanc; les manches
de la robe, ne dépassant pas le coude, ont de doubles parements de soie de couleurs variées et dorées. Dans tout le pays,
au corsage, sous les omoplates, sont toujours appliqués deux
(I) M. Delorieux, professeur de dessin à Clermont, a commencé une publication de
costumes auvergnats qui présente déjà beaucoup d'intérêt. Il est fort à désirer que cette
publication soit complétée.

�10

INTRODUCTION.

losanges ou trapèzes de velours noir'; la tète de la femme est
couverte d'une coiffe et d'un chapeau de paille bordé de velours noir.
L'habitant de la plaine est plus particulièrement vêtu de bure
grise ou blanche, coiffé d'une casquette de feutre gris ou d'un
chapeau noir à forme haute (1).
Dans plusieurs cantons, les costumes ont une grande ressemblance avec ceux des Gallo-Romains. Nos planches reproduisent
très-exactement ces costumes par localités, mais pour en donner encore une idée plus complète, nous entrerons dans quelques détails plus précis.
Les jours de fêtes, les villageois de la montagne portent une
large veste de serge bleue. Dans la Limagne, cette veste, appelée
casaque , est blanche et plissée sur le derrière. Dans la montagne, elle est garnie de boutons blancs en os, et de boutons de
même étoffe que la veste dans la Limagne ; elle croise sur la
poitrine et couvre quelquefois un gilet de même étoffe à grandes poches, retombant un peu sur le haut des cuisses.
La culotte appelée braye était anciennement le haut de
chausses, réuni sur le devant au moyen d'une petite cheville
de bois ou de la clé du coffre (2), et elle avait des poches de
chaque côté , le long des cuisses. Dans la montagne elle est
quelquefois très-ample; d'autres fois elle est presque collante,
se prolongeant jusqu'au bas de la jambe, en forme de guêtres,
et recouvrant la surface du pied; d'autres fois encore, elle
est serrée au-dessous du genou au moyen d'une jarretière rouge

(1) Environs de Riom.

(Í2) Dans nos montagnes, chacun a son coffre, où il enferme ses hardes et son argent.

�INTRODUCTION.

11

qui la fixe en même temps que les guêtres, de même couleur
que la culotte. Dans la Limagne, où le langage est comme le
climat, moins rude, les costumes, les manières, les usages et
les moeurs sont bien différents. La culotte est d'une étoffe de
laine blanche et les guêtres sont de toile en été et de laine en
hiver. Cette culotte est retenue naturellement au-dessus des
hanches. Une large ceinture jaune, de cuir, que ferme une
large boucle de cuivre est posée sur l'abdomen. Dans la Limagne aussi, le chapeau à corne est précisément le chapeau à
claque (1), quelquefois seulement relevé sur le devant ou sur le
derrière (2).
Dans la montagne, les proportions du chapeau rond à
larges ailes varient beaucoup. Dans la partie nord du département, notamment dans les cantons de Pionsat et de SaintGervais, la dimension des ailes est prodigieuse.
La chemise est particulièrement remarquable chez les vieillards surtout, par le col, dont le devant retombe en forme de
rabat sur la poitrine (5). Une agrafe en forme de cœur ou d'anneau la ferme sur la poitrine.
Dans les environs de Thiers, le costume des villageois est tout
particulier, il se distingue par une grande veste en forme de
paletot de laine brune ou blanche et par un grand tablier de
peau de couleur jaune foncé, et le dimanche par un tablier de
toile blanche.
En hiver ou par le mauvais temps, le montagnard porte un

(1) Canton de Riom.
(2) Canton de Maringues.
(3) Canton de Maringues.

�12

INTRODUCTION.

manteau de serge bleue, (saïle des anciens) mais le plus ordinairement de serge blanche, appelé limousine, rayé perpendiculairement de bandes rouges et de bandes bleues ou noires. Les
femmes portent une mante courte, en serge bleue, appelée capeLe costume des femmes est compliqué et difficile à décrire,
à cause de sa trop grande variété. Chaque canton, et quelquefois chaque commune , a le sien ; mais les plus remarquables
sont ceux de La tour, de Pionsat, de Saint-Bonnet, près de
Riom, et ceux de la Limagne et des environs de Thiers. La
coiffure varie aussi beaucoup : à Latour c'est une pièce d'étoffe
noire arlistement phssée, retenue sur le haut de la tète par un
demi cercle de fil de laiton, auquel on donne le nom de sarramaliça (serre-malice); d'autres fois c'est un petit chapeau de
paille d'une forme assez gracieuse , relevé et orné de rubans de
velours noir. A Pionsat, les femmes portent des chapeaux de
paille ou des coiffes à longues barbes relevées et fixées sur les
côtés de la tête. A St-Bonnet, où la robe, froncée d'une grande
quantité de plis , est relevée sur le derrière au moyen de trois
crochets, ouverte en cœur sur la poitrine et gracieusement
retenue par un lacet, la coiffe, à fond arrondi et plissé, a aussi
de longues barbes doublées et empesées retombant sur le derrière et flottant sur les épaules pendant les travaux; rentrées
chez elles, les femmes relèvent les barbes et les fixent au
bonnet. Le costume, dans quelques parties de la Limagne (1),
ressemble un peu à ce dernier, quant au devant de la robe et
quant à la coiffe, mais il est moins gracieux.Près de Thiers,
la coiffe des femmes est pointue sur le haut de la tète, et des

(1) Canton de Vic-le-Gomte.

�INTRODUCTION.

1-'5

espèces de barbes vont en s'abaissant sur le derrière et sur
les épaules. Pour se garantir du soleil ou de la pluie , ces mêmes femmes portent de grandes nattes de pailles, appelées
ormillas, de forme ronde, et très-larges. Dans les temps ordinaires, cette natte est attachée derrière le dos en forme de bouclier (1). D'autres femmes de la même contrée sont coiffées au
moyen d'un mouchoir ou d'une étoffe de couleur peu gracieusement portée, mais assez originale.
Dans l'arrondissement d'Ambert, à Courpières et à Augerolles notamment, la coiffe est très-petite, quelquefois recouverte par un chapeau de paille très-mignon , ressemblant aux
capoltes des dames de la ville; sur le derrière est une petite
natte recouvrant le cou.
L'ensemble de ces costumes a , comme nous l'avons dit ,
quelque chose de très - original que nous avons mis le plus
grand soin à reproduire dans nos planches.
Nous terminerons cette Introduction, peui-être un peu longue,
par de courtes notices sur nos principaux troubadours et sur
les anciens auteurs qui ont écrit en patois d'Auvergne.

TROUBADOURS AUVERGNATS.

1°

PIERRE

ROGIERS, chanoine de Clermont au xn" siècle, fui, à la cour de la vi-

comtesse de Narbonne, célébrer les charmes de la souveraine; puis chez le seigneur
d'Orange, chez le roi d'Aragon et chez le comte de Toulouse. Il mourut moine de Grainmont.

( 1 ) Voyez la planche de Sermentison.

�i4
2°

INTRODUCTION.
GAUSELME FAYDIT,

poète débauché, suivit Richard-Cœur-de-Lion en Terre-

Sainte. Il l'abandonna pour Marie de Vendatour, dont il célébra les charmes dans des poésies
nombreuses.
3°

LE MOINE DE

MONTAUDON, le plus licencieux de tous les poètes duxme siècle.

Il quitta l'Auvergne pour aller à la cour du roi d'Aragon et fut célèbre dans toute l'Espagne
par ses vers II revint dans le Roussillon et mourut au prieuré de Villefranche.
4°

PIERRE D'AUVERGNE,

regardé longtemps comme le prince des troubadours.

Ses vers amoureux se rapportent plus particulièrement à Clarette de Baux, belle provençale. Retiré dans un monastère, il s'occupa de poésie religieuse.
5° Le DAUPHIN

D'AUVERGNE,

que peu de poètes égalèrent, au xme siècle,

aimait les troubadours et les attirait près de lui.
6°

GUILLAUME DE SAINT-DIDIER,

riche seigneur auvergnat, épris delà sœur

du Dauphin d'Auvergne, la marquise de Polignac.

AUTEURS QUI ONT ÉCRIT PLUS RÉCEMMENT DES VERS EN PATOIS
1°

FRANÇOIS

PEZANT, né à Clermont, vers 1585, a composé plusieurs Noëls qu'il

offrit à Charles IX pendant son voyage en Auvergne, et que le roi accueillit avec beaucoup
de bonté.
2°

JOSEPH

PASTUREL, fils de Gabriel Pasturel, lieutenant particulier de l'ancien

bailliage de Montferrand, a été chantre de l'église de Montferrand. Son caractère naturellement gai et son esprit très-cultivé, le faisaient aimer et rechercher des personnes notables
de la province. Peu d'hommes ont aussi bien connu que lui les finesses et les expressions
propres et originales de notre patois ; cela n'a rien d'étonnant : de son temps , dans les
meilleures maisons de la ville et de la campagne, la langue ordinaire était le patois ; le
français n'était qu'une langue de parade dont on n'usait que dans les grandes occasions et
dans les cérémonies. Joseph Pasturel est mort le 3 novembre 1676.
On lui attribue une paraphrase du troisième livre de l'Imitation de J-C: De interna
consolatione. Il a fait Y Home countent, le quatrième livre de i'Eneïde, le Couchire, et une
chanson après un jubilé.
3°

GABRIEL

PASTUREL était le frère de Joseph Pasturel et le plus jeune des quatre

fils de Gabriel Pasturel, lieutenant particulier de l'ancien bailliage de Montferrand. 11 avait
beaucoup d'esprit : son principal talent était de composer, sur-le-champ, des chansons et des
épigrammes. Il a fait très-peu de poésies auvergnates ; mais celles qui sont arrivées jusqu'à
nous sont d'une bonne facture (1). Quelques voyages de Paris lui firent tourner le goût
qu'il avait pour les vers du côté de la poésie française. 11 eut l'honneur d'être connu de

(I ) Des Noëls et des chansons.

�INTRODUCTION.

15

Mme Raine de Savoie , Christine de France, qui l'attira à la cour de Turin par une pension
de 500 écus, et lui fit ensuite donner une charge de gentilhomme ordinaire de S. A. R.
Me? le duc de Savoie. Il mourut à Turin, vers la fin du xvne siècle (1).
4°

FRANÇOIS

PERDRIX dédia à François de Ribeyre, son parrain, premier président

à la cour des aides de Clermont, en 1692, la description de la vue dont on jouit de la place
d'Espagne à Clermont.
5° LABORIEUX l'ainé, bourgeois de Clermont, a été marié, mais il n'a pas laissé
de postérité. 11 a composé une description circonstanciée de ce qui s'est passé au temps des
Grands Jours de 1665, et un poème sur les vendanges.
6°

CLAUDE

LABORIEUX, frère du précédent, né à Clermont vers 1615, fut cha-

noine de l'église cathédrale de la même ville et vicaire-général. 11 mourut en 1689.
On a de lui la paraphrase des Psaumes de la Pénitence.
7°

AMABLE

FAUCON, de Riom, exerçait dans cette ville la profession de chapelier;

il mourut très-pauvre en 1808. lia mis en vers burlesques auvergnats la Henriade de Voltaire, et a fait le Conte des Perdrix.

(1) Thomas Pasturel, Carme Déchaussé, poète grec et latin, était un frère de Joseph et
de Gabriel Pasturel : on ne dit pas qu'il se soit occupé de vers patois.

����ALBUM AUVERGNAT

PRÈS DE RIOM.

La Rarbou-nai-sa,zon dit qu'la sa-vou - na, ma mei-re.

if
La Rarbounai-se, zon ditqu'Ia sa-vou - na; Zon ditqu'lasa-vou

na, la juén-na, dro-la, zon dit qu'lasavou - na aupa-ys bas.
La Barbounaisa,
Zon dit qu'la savouna,
Ma meire,

La Bourbonnaise,
On dit qu'elle veut s'en aller,
Ma mère,

La Barbounaise,
Zon dit que la savouna. Bis).
La juénna, drola,

La Bourbonnaise,
On dit qu'elle veut s'en aller.-

Zon dit que la savouna,

On dit qu'elle veut s'en aller,

Au Pavs-Bas.

La jeune fillette,
Au Pays-Bas.
2e.

La Barbounaise

La Bourbonnaise

Quitta son pays,

Quitte son pays,

Ma meire ;

Ma mère ;

La Barbounaise
Quitta son pays ;

La Bourbonnaise
Quitte son pays ;

La quitta son pays,

Elle quitte son pays,
La Bourbonnaise,

La Barbounaise,
La quitta son pays,
Par na à Paris.

Elle quitte son pays,
Pour aller à Paris.

(Bis;.

�Yeu
1

-

ria - na,

l'ai-mo,
w

P-

l'ai-ma-rai tou-jou que la
»

*

*•

•

n

7
yei i l'ai-mo d'a - mour.

J-

é

4

é

l'ai-ma-rai tou-, ou qu'lajuénna

- *

!

i*
Yeu

*

4

«—■ —-1

drola, la neu mais le jour.

Je l'aime,

Yeu Faimo,

Je l'aimerai toujours

Yeu Faimo d'amour.
Yeu l'aimo,

Je l'arme d'amour.

L'aimarai toujou

Je l'aimerai toujours

La Marianne,
Je l'aime,

Qu'la juénna drola,

La jeune fille,

La neu mais le jour.

La nuit et le jour.
AUTRE.
Pierre

Le Piarre
Yo sé marida

S'est marié
Un jour de vendredi,

Un jour de veudre,
Par pas faire gras ;

Pour ne pas faire gras ;

La tréfla,

La pomme de terre,

Lous pis fricassas

Les pois fricassés

Et la belida

Et la bouillie
Ne lui manqueront pas.

Li manquaront pas.

1

l'ai - mo,

L'aimarai toujou
Que la Mariana,

AUTRE.
0 Juanna,

1
J

Ma-

Jeanne,

Quen vous densarez,

Quand vous danserez,

Ténias vous dreite,
Démenas sous deix.

Tenez-vous droite,
Remuez les doigts.

Lous hommes,

Les hommes

Que vous font densa,

Qui vous font danser

Ne sont pas vôtres,
Les faut mouénageas.

Ne sont pas à vous,
11 faut les ménager.

,

���— 19 —
IB®lUMII

©'MUGO"»

—

Ah ! te l'au- ras

ya-da!

pas, te

Ah! te l'au-ras

1
-V
lr—
l'au-ras pas, la dé - bra-

pas, Te l'au-ras

pas T'inpas-se-

ra!

Ah \ te l'auras pas

Ah ! tu ne l'auras pas,

Te l'auras pas,

Tu ne l'auras pas,

La débrayada !

La dévergondée !

Ah ! te l'auras pas,
Te l'auras pas,

Ah ! tu ne l'auras pas,

T'in passera !

Tu t'en passeras !

Tu ne l'auras pas

A U T (Ì E .

Mas te la verras pus,

Tu ne la verras plus,

Te la verras pus,
La mia Juanne ;

Tu ne la verras plus,

Mas te la verras pus,

Tu ne la verras plus,

Ma mie Jeanne;

Te la verras pus,

Tu ne la verras plus,

Lia sa zey pus.

Elle n'y est plus.

�20

Lou peis-sou zai-ma

l'ai - ga,

pras, la-de - ra; Lou peis-sou zai-ma

pras;

C'est couma les

l'ai-ga,

tau-pa laus

la tau-pa

fil-las,

*

î?

zai-mons lous

ai - gnios.

Lou poisson zaima l'aiga,

Le poisson aime l'eau,

La taupa laus pras, ladera ;
Lou peissou zaima l'aiga,

La taupe les prés, ladera ;

La taupa laus pras ;
C'est couma les Allas,

La taupe les prés ;

Le poisson aime l'eau,
C'est comme les filles,

Zaimonslousaignios, ladera.

Elles aiment les ainés, ladera ;

C'est couma les fdlas,

C'est comme les fdles,

Zaimons lous aignios.

Elles aiment les ainés.

2°.

2e.
Passant vé la rebeyre,
Bien escarbilla, ladera ;
Passant vé la rebeyre,
Bien escarbilla ;

Passant vers la rivière,
Bien éveillé, ladera ;
Passant vers la rivière,
Bien éveillé ;

Rcncountrouns la mouneire,

Nous rencontrons la meunière,

Aqui faut densa ladera ;

Ici il faut danser, ladera ;

Uencountrouns la mouneire,

Nous rencontrons la meunière,

Aqui faut densa.

Ici il faut danser.

5e.

5e.

La mouneire est genta,

La meunière est gentille,

Fait boun l'embrassa, ladera ;

11 fait bon l'embrasser, ladera

La mouneire est genta,
Fait boun l'embrassa ;

La meunière est gentille,

La rcgardouns pas ladera ;

Il fait bon l'embrasser;
C'est comme les laides,
On ne les regarde pas, ladera ,

Scbe couma la laida,

C'est comme les laides,

La rcgardouns pas.

(Inné les regarde pas.

Scbe couma la laida,

laus

fil-las, Zaimons.lous aignios,la - de-ra,

-M.

C'est cou-ma les

La

���— 21 —

ïcha nous zon un jau et treis pou-las quand n'ensei-gua

u-nal'au-tra pou-na. Quand n'en-sei-gna

u - na mai que

l'au-tra tou-ta no-tra pou-las sont ma - Io-das. Tra la la la...

Tcha nous zon un jau et trois poulas,

Chez nous nous avons un coq et trois poules,

Quand n'enseigua una , l'autra pouna ;

Quant le coq en suit une, l'autre est jalouse ;

Quand n'enseigua una mai que l'autra,
Touta notra poulas sont malodas.

Quand il suit 1 une et l'autre,
Toutes nos poules sont malades.

�— 22 —

Al - Ions

bois;

Al - Ions

au

au

bois,

pe- tite,

bois, pe-tite, al - Ions

al - Ions

au

au

bois:

Nous y

cueil-le- rons des noi - set - tes, des noi - set- tes,

Nous y

cueil-le - rons des noi-sett' et nous ri - ions.

���- 23 —

Tant que j'a-vais des noi-set-tes, Les amants sont bien ve-nus;

Tant que j'a-vais des noi-set-tes, Les

A pré-sent que j'n'en ai plus,

A

amants sont bien ve-nus.

De noi-set-tes, De noi-set-tes,

pré-sent que j'n'en ai plus, Les

amants ne

viennent plus.

������(BOURRÉE ®E IPÛÍNTMJJIMR-

ll'^ulL·1fíll^ftì^t%FiM
©©(UJRRÉII

PI

©AOINIT-SBERTOÌ.

�����— 30 —

!©UB53ÉI ©'«©ÜIPEiatE.

(Voyez planche 3.)

(Voyez planche 6.)

�— 31 —

!©IUMII BE ©LISIHOIMT.

16 ï'.*.*

?-r 0 - *

�— 32 —

���MONTAGNARDE DE PONTGIBAUD.

Re

nias, jue

ve-

na

dro

la,

Re ve-

dro

la,

Re

ÜÉÉÉ

P
nias dien mon

chateix; Re ve-

nias dien mon cha teix,

gai, Quit

m

tas

vo

nias, jue

Oh

tro

Revenias juena drola,

=;ai !

na

oh

coui ffa, Pre

(bis).

gai !

nias

en

ve-

gai

cha

pet.

Revenez, jeune fillette,

Revemas dien mon chateix,

Revenez dans mon château

Oh gai ! oh gai ! gai, gai,

Oh gai ! oh gai! gai, gai,

Quittas votro couiffa,

Quittez votre coiffe,

Prenias en chapet.

Prenez un chapeau.

e.

2

La hourréeia dan quatri,

bis

La bourrée à quatre,

La bourréeia vé bien

La bourrée va bien ;

Oh gai ! oh gai ! gai, gai,

Oh gai ! oh gai ! gai, gai,

Quand l'ei bien juada.

Quand elle est bien jouée,

Quand l'muzetei la dit bien.

Quand le ménétrier la dit bien.

�MONTAGNARDE DU MONT-DORE.

Pas-

ty&lt;

sa-

vo

inchas-seir

Tout le longd'in

bos,

Pas-

W|Jj^jiMi:rirfi

sa-

vo

in chas- seir

de tir- ra

la

Tout le long d'in

lé-bre, tir-rait

La bal-loque tir - ra - vo N ei-ro

W—

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;

9

la

bos ;

bel- la Ma-

plomb,
0—r

w

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fi- no mar-chan- di - so, fa- gai dan- sa

Passavo in chasseir,
bis'
Tout le long d'in bos ;
Mas au lieu de tirra la lébre,
Tirrait la bella Marion.
La ballo que tirravo,
N'eiro pas de plomb,
Éro de flno marchandiso,
Fa gai dansa la Marion.

Mas

E0

J

au lieu

ri-

on.

ro

•—m-

la Ma-ri-

de

• 1
on.

11 passa un chasseur
^
bis.
Tout le long d'un bois ; \
Mais au lieu de tirer le lièvre,
11 tira sur la belle Marion.
La balle qu'il tira
N'était pas de plomb ;
Elle était de fine marchandise
Qui fit danser la Marion.

AUTRE.

Ein passant las planchetas,
Moun pei z'a manqua,
S'est tombade à la renversa,
Mon coutillou s'est mouilla ;
Ne purez pas Nanetta,
Le tarent sécha,
Farentuna bella fougheada,
Farent sécha le coutillou.

En passant la planchette,
Mon pied a manqué,
Je suis tombé à la renverse,
Mon cotillon s'est mouillé ;
Ne pleurez pas, Nanette,
Nous le ferons sécher,
Nous ferons un beau feu,
Nous ferons sécher le cotillon.

���— 31 —

MONTAGNARDE DE SAINT-SAUVE.

Int'

kin

me-

va-

che-

o

pas-

na-

vin

do

le

so

le

la

che-

tsa-

na-

y

a
bou

Qui

po-

de

lnt'o passo le ver d'antan
Qui kin menavin la chevado.
La chevado, le tsanabou, le tsanabou,
Qui po de vi qu'érô tant bou.

ver d'an-

vi

va-

m
rò

Que

La

do.

bou,

qu'e-

tan

le

tsa-na-

tant

bou.

Où a passé l'été dernier,
Qui amenait l'avoine,
L'avoine, le chenevis, lechenevis,
Le peu de vin qui était si bon.

2e.

Didza garçon qu'amaya mé,
1
D'unò bouteill'o ou de nò drolo.f ^ **)■
Unô bouteill'o mon costo, à mon costo,
Quand zoyo se yen l'òbuiyo.

3e.

Unô fillo douna de pennô,
J
De la penno la neu le jour, j \ ls&gt;De la penno la neu le jour, la neu le jour,
Jamais le cœur n'a de sedjour.

Dites, garçon, qu'aimez-vous mieux
D'une bouteille ou d'une fille,
Une bouteille à mon côté, à mon côté,
Quand j'ai soif je la bois.

3e.

Une fille donne de la peine,
De la peine la nuit, le jour,
De la peine la nuit, le jour, la nuit, le jour,
Jamais le cœur n'a de repos.

�— 32 —

MONTAGNARDE DE SAUXILLANGES.
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Vi-

gna - tes, Veis

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chi ri-

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Dis-tingous tou-

et

jou.

Vivent les Auvergnats !

Viva leus Ouvergnats !
Viva leus Ouvergnates !

Vivent les Auvergnates !

Veis bien pour densa ;

Ils vont bien pour danser,

Viva leus Ouvergnats!

Vivent les Auvergnats.

Zeimous be chanta,

Ils aiment bien chanter,

Auchi rire et bieure,

Aussi rire et boire,

Et par taire la mouche

Et pour faire l'amour,

Distingous toujou.

Se distinguent toujours

AUTRE.
Sche voulia pas densa,

Si vous ne voulez pas danser,

I

Garçouns de la Mountagna ;

Garçons de la Montagne ;
(bit).

Sche voulia mas dourmir,
Ne faillya pas venir. ..

Si vous voulez dormir,
Il ne fallait pas venir

La la....

2e.
Qu'êtes-vousvenu chercher,

Que sey veingus thercha,
Garçouns de la Mountagna ;
Que sez veingus thercha,

Garçons de la Montagne ;
Qu'êtes-vous venu chercher,
Si vous ne voulez pas danser.

(

Sche voulia pas densa.
La la ..

Vous poudeiz be partir,
Garçouns de la Mountagna ;

Vous pouvez bien partir,
(bis).

Garçons de la Montagne ,

Vous poudeiz be partir,

Vous pouvez bien partir,

Sche voulias mas dourmir.

Si vous voulez dormir.

�MONTAGNARDE DE PONTGIBAUD.

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nias dien mon cha teix,

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Revenias juena drola,

gai !

na

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(bis).

dro

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Re

gai !

nias

en

ve-

gai

cha

pet.

Revenez, jeune fillette,

Revemas dien mon chateix,

Revenez dans mon château

Oh gai ! oh gai ! gai, gai,

Oh gai! oh gai! gai, gai,

Quittas votro couiffa,

Quittez votre coiffe,

Prenias en chapet.

Prenez un chapeau.

2e.

La hourréeia dan quatri,

bis

La bourrée à quatre,

La bourréeia vé bien

La bourrée va bien ;

Oh gai ! oh gai! gai, gai,

Oh gai ! oh gai ! gai, gai,

Quand l'ei bien juada.

Quand elle est bien jouée,

Quand l'muzetei la dit bien.

Quand le ménétrier la dit bien.

�— 26 —

MONTAGNARDE DU MONT-DORE.

Pas-

sa-

sa-

vo

inchas-seir

vo in chas- seir

de tir- ra la

Tout le long d'in bos,

Tout le long d'in

lé-bre, tir-rait

La bal-loque tir - ra - vo N ei-ro
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0

pas de
0

la

bos ;

bel- la Ma-

plomb,

Tout le long d'in bos ;

bis ■

Mas au lieu de tirra la lébre,
Tirrait la bella Marion.
La ballo que tirravo,
N'eiro pas de plomb,
Éro de flno marchandiso,
Fa gai dansa la Marion.

au lieu

ri-

E-

on.

ro

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—V-

fi- no mar-chan- di - so, fa- gai dan- sa

Passavo in chasseir,

Mas

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la Ma-ri- on.

Il passa un chasseur
Tout le long d'un bois ;

)
)

.
1

'

Mais au lieu de tirer le lièvre,
Il tira sur la belle Marion.
La balle qu'il tira
N'était pas de plomb ;
Elle était de fine marchandise
Qui fit danser la Marion.

AUTRE.

Ein passant las planchetas,
Moun pei z'a manqua,
S'est tombade à la renversa,
Mon coutillou s'est mouilla ;

En passant la planchette,
Mon pied a manqué,
Je suis tombé à la renverse,
Mon cotillon s'est mouillé ;
Ne pleurez pas, Nanette,

Ne purez pas Nanetta,
Le tarent sécha,

Nous le ferons sécher,

Farentuna bella fougheada,

Nous ferons un beau feu,

Farent sécha le coutillou.

Nous ferons sécher le cotillon.

�MONTAGNARDE DE SAINT-SAUVE.

Int'

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o

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bis.
Que n'in menavin la chevado. )
La chevado, le tsanabou, le tsanabou,
Qui po de vi qu'érò tant bou.

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bou.

Où a passé l'été dernier,
Qui amenait l'avoine,
L'avoine , le chenevis , le cbenevis ,
Le peu de vin qui était si bon.

2e

Didza garçon qu'amaya mé,
{ bis.
D unò bouteill'o ou de nò drolo 1
ünò bouteill'ò mon costo, à mon costo,
Quand zoyo se yeu l'ò buiyo.

Dites, garçon, qu'aimez-vous mieux
D'une bouteille ou d'une fille,
Une bouteille à mon coté, à mon côté,
Quand j'ai soif je la bois.

Unò fillo douna de pennò,
}
De la penno la neu le jour,
)
De la penno la neu le jour, la neu le jour,
Jamais le cœur n'a de sedjour.

Une fille donne de la peine.
De la peine la nuit, le jour,
De la peine la nuit, le jour, la nuit, le jour,
Jamais le cœur n'a de repos.

�— 40 —

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par fai- re l'a- mou Sche distingons tou-

Viva leus Ouvergnats !
Viva leus Ouvergnates !
Veis bien pour densa ,

jou.

Vivent les Auvergnats !
Vivent les Auvergnates !
Ils vont bien pour danser,

Viva leus Ouvergnats !

Vivent les Auvergnats !

Zeimons be chanta ,

Ils aiment bien chanter,

Auchi rire et bieure,

Aussi rire et boire,

Et par faire l'amou ,
Sche distingons toujou.

Et pour faire l'amour,
Se distinguent toujours.
AUTRE.

Sche voulia pas densa ,

Si vous ne voulez pas danser,
Garçons de la Montagne ;

Garçouns de la Mountagna;
Sche voulia mas dourmir,

bis.

Si vous voulez dormir,
11 ne fallait pas venir.

Ne faillya pas venir...
La la...
2=

Qu'êtes-vous venu chercher,

Que sey veingus tbercha ,

Garçons de la Montagne;

Garçouns de la Mountagna ;
Que sez veingus thercha,

bis.

Qu'êtes-vous venu chercher,
Si vous ne voulez pas danser.

Sche voulia pas densa.
La la...

3e
3e

Vous pouvez bien partir,

Vous poudeiz be partir,
Garçouns de la Mountagna ;
Vous poudeiz be partir,
Sche voulias mas dourmir.

Garçons de la Montagne,

bis.

Vous pouvez bien parlir,
Si vous voulez dormir.

�MONTAGNARDE DE PONTGIBAUD.

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ra, ï 'as de

f_P_g -

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-

mie ; Gre - lin, gre-lin • tara, Pas de mie,Yon'aipas.

Zei treis oulagnas dien ma gata ,

J'ai trois noisettes dans ma poche,

La preine, la faze grelinta ;

Je les prends, je les fais grelinter-,,
Grelin, grelinte ;

Grelin, grelintara,
Pas de mie,

Pas d'amie,
Pas d'amie,

Pas de mie;
Grelin, grelintara,

Grelin, grelinte.

Pas de mie,

Pas d'amie,
Je n'en ai pas.

Yo n'ai pas.

MONTAGNARDE DE ROCHEFORT.

mm

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y

Plan-teirouns

la

De

en ar - bre

li - ber-

•
7
ta

ta ;

Va-zeil le,

Et

PÍanteirouns

quand le

plan
plai

-

en ar-bre

tei - ra

de

la

li-bcr-

L'arrou-sei - teis

0 f
t
pas Va-zeille , Quand le plan - tei-ra

L'arrousei teis

PÍanteirouns en arbre

On planta un arbre,

Delà liberta Vazeille,
PÍanteirouns en arbre

De la liberté Vazeille, (1 )
On planta un arbre

De la liberta ;

De la liberté ;

Et quand le planteira

Et quand on le planta,
On ne l'arrosa pas Vazeille,

L'arrouseiteis pas Vazeille,
Quand le planteira
L'arrouseiteis pas.

Quand on le planta ,
On ne l'arrosa pas.
(1) Nom d'un Village.

pas.

�- 42 —

MONTAGNARDE DE SEKMINTISON,
PRES DE THIERS.

Fa

tcha pe - ta lous

v

v

- tcha pe-talous

péis Sur

péisLamouta - gnardoFat-

le pa - vei.

Pa
w

i

^

p

-

chen-ço

P&gt;

k k

Paubre gar - çon, La jeûnas

drôla

El lia

ra

-

Faites peter les pieds

Fatcha peta lous péis
La moutagnardo,

La montagnarde,

Fatcha peta lous péis

Faites peter les pieds

Sur le pavei.

Sur le pavé;
Patience

Pachenço
Paubre garçon.

Pauvre garçon,

La jeûnas drôla

La jeune fille

Ellia razon.

Elle a raison.
Je ne la vois pas venir

La vedza pas veni
La miéna drolle,

zon.

bis.

Ma jeune maîtresse,

La vedza pas veni,

Je ne la vois pas venir

Devé Moulli ;

De vers Moulins ;

Couradge

Courage

Paubre garçons,

Pauvres garçons,

Embé na drolle

Avec une fille
Nous danserons.

Nous danserons.

Donnez-lui du foin

Bella y dau fe
Embé que l'aze,

bis.

A cette bête,

Bella y dau fe

Donnez-lui du foin

Mandgara be ;

Elle mangera bien ;

Lou paubre

La pauvre

Par travailla,

Pour travailler,

Embé par viaure

Ainsi que pour rire
Faut bien manger.

Faut be mandga.

�MONTAGNARDE DE PONTGIBAUD.

rrnrrn^rr|J
à
i('l&gt;irrr'rrnrrrJ
La

voule la Ma - riana, La

voulc la Ma-riana, La voule mei l'auré.

me ne - rai, Mal - gré son
La voule la Mariana ,
La voule mei l'auré,
L'a nirai carre ,
L'amènerai,
Malgré son père,
L'épousarai.

bis.

vou-lemeil'au ré,

L'a

ni-rai

pè - re, L'é- pou-

sa -

Je la veux la Marianne,
Je la veux et je l'aurai ;
Je l'irai chercher,
Je l'amènerai,
Et malgré son père
Je l'épouserai.

AUTRE.
Zei tant na brava vigna,
La poudei pas pouéla
La poudei pas pouéla ;
Souletta ;
Me faut marida
Par m'adjuda.
2e.
Ai dau vi dien ma cava,
Le poudei pas tira ;
Le poudei pas tira
Souletta,
Me faut marida
Par m'adjuda.
Ai dau lâ à ma travada,
Le poudei pas coupa ;
Le poudei pas coupa
Souletta ;
Me faut marida
Par m'adiuda.
4'.
Tché nous in na marmita,
La poudei pas mounta ;
La poudei pas mounta
Souletta;
Me faut marida
Par la mounta.
5°.
Demo yo me marida,
Vous véne couvida ;
Che voulei dansa
Veina veire,
Che voulei mandgea
Ne venia pas.

bis.

bis

bis.

! bis.

j bis.

J'ai une bien belle vigne,
Je ne la peux pas piocher ,
Je ne la peux pas piocher
Seulette;
11 faut me marier
Pour m'aider.
2e.
J'ai du vin dans ma cave,
Je ne puis pas le tirer,
Je ne puis pas le tirer
Seulette ;
Il faut me marier
Pour m'aider.
3'.
J'ai du lard pendu à la voûte,
Je ne puis pas le couper ,
Je ne puis pas le couper
Seulette ;
11 faut me marier
Pour m'aider.
Chez nous ont une marmite,
Je ne puis pas la monter ,
Je ne puis pas la monter
Seulette ;
Il faut me marier
Pour la monter.
5«.
Demain je me marie,
Je viens vous inviter,
Si vous voulez danser
Venez me voir ;
Si vous voulez manger
Ne venez pas.

La

car-re, L'a-

rai.

�MONTAGNARDE DE ROGHEFORT.

MONTAGNARDE DE THIERS.

i^^rigCri^riFfitr;igCri

MONTAGNARDE DE LATOÜR.

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�wlïns, Imp. de P. A Desrosiers.

��MONTAGNARDES DE ROGHEFORT.

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�— 46 —

MONTAGNARDE DE ROGHEFORT.

MONTAGNARDE DE LA MONTAGNE,
EN GENERAL.

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�— 47 —

MONTAGNARDES DE SAINT-NECTAIRE.

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�- 48 —

MONTAGNARDE DE LA MONTAGNE
EN GÉNÉRAL.

MONTAGNARDES DE PONTGIBAUD

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JOLIE

VARIANTE

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DE

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L'AIR

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Lfi CflW rfc fflfl MtPj,

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�CHANSONS.
CHANSON SUR UN AIR DE MONTAGNARDE•
Le cœur

de ma mie l'y fait

de ma mie l'y fait

i ,h
è'

}

-V&lt;1

N

A A *1

soulage un pau, Quandiola

vau vèire,

L'y fait tant de mau ;
Quand io la vau vèire
La soulage un pau.

\ bis.
bis.

2.
Bouessa vous Montagnes,
Levas vous vallons,
M'einpeicha de veire,
Ma mie Jeanneton.

Que m'amessa pas,
La coytaya de pailla,
La fa va brûla.

vau vè

bis.

la

soulage un pan

Le cœur de ma mie
Lui fait tant de mal ;
Quand je vais la voir,
Je la soulage un peu.

Baissez-vous, montagnes,
Levez-vous, vallons,
Ma mie Janneton.

3.
bis.
bis.

Si j'avais une amie
Qui ne m'aimasse pas,
Je la couvrirais de paille,
le la ferais brûler.
4.

Yo lei tant chercha,
De buissouns par buissouns,
Que yo lei troubada
Imbei d'autres garçouns

bis.
bis.

la

- 1

-Hr

Vous m'empêchez de voir

bis.

~#—

re

2.

3.
Sche zaya ne mie

—#-

i.

1.
Le cœur de ma mie

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* ^ ^—U- «

A-* —A

à

tant demau, Lecœur

tant de mau; Qt tant iiola

-é^Ê

m

Je l'ai tant cherchée.
De buissons par buissons.
Que je l'ai trouvée
Avec d'autres garçons
7

�— 50
S.

5.
Didjia donc, ma mia,

Ins.

Dites donc, ma mie,

Que fadjia vous ti,

Que faisiez-vous ici ?

Fiala ma couligna,

Je file ma quenouille,
Je garde mes brebis.

bis.

Garda mos barbis.

6.
Me zon dit, Jeannetta,

bis.

Qué vous se marida.
Yo lei s'en n'a veira

bis.

Schi quero versta.

Je suis allé voir
Ce qu'il y a de vrai.
7.

7.

J'en ai bien trouvé trente

N'ai bue trouba trenta

bis.

Que me z'ont zama ;
Mais la z'ai laissadas,

On m'a dit, Jeannette,
Que vous vous mariez.

\ bis.

Car me plaijions pas.

Qui m'ont aimé ;
Mais je les ai laissées,
Car elles ne me plaisaient pas.
8.
Il n'y en a qu'une

N'yau repu ma una
Que me z'au tcharma,
Car zei la pusdzenta,

bis.

Qui m'a charmé,
Car c'est la plus gentille

bis.

Qui sait bien aimer.

Mais sau bien zama.

Paubre a quête annada,
Malheiroux sei yeux,
Maridou ma mia
Et me laissont yeux.

Pauvre cette année,
^ bis.

Malheureux que je suis ;

j

On marie ma mie,
bis.

10.

10.
Sche zei maridada,
Sabe que farai ;
M'en irai à la guiarra
Et lei moudrai.

j
j

Si elle est mariée,
bis.

Je sais bien ce que je ferai ;

bis.

Je m'en irai à la guerre,
Et j'y mourrai.

il.

11.
Adeicha ma meiro,

Et on me laisse moi.

bis.

Adieu, ma mère,

Vous me verrez pu ;

Vous ne me verrez plus ;

Yo m'envo dimencho,

Je m'en vais dimanche,

Tournarai dilieu.

} bis.

Je reviendrai lundi.

���— 51 —

CHANSON DU FAUBOURG DE SAINT-ALYRE,
A CLERMONT.

ZeironttreisfennasdeNounent,Zeironttreis

ncnt; fague ton

l'entre pré sò
0

S

é i 0

-^0\-9

nò, Se bouteton au dé

De

Lieure tcha cuntchupi-

_a

Zei ront treis fennas de Nounent,
Zei ront treis fennas de Nounent ;
Fague ton l'entreprésò
De bieure tchacun tchupinò,
Se bouteton au déû
De bieure treis pientes de vi.

2.
Quand zuguétont tchabo liur vi,
Par le brò se prenons tou tri ;
Se bouteton dien la tête
Qu'à Cliarmont fageons fête,
Que le djour de la Toussaint
Sounarontle tocossin.

3.
Quand fuguetout vé le pont de Bouy,

6&gt;

»—

fi De bieure treis pientes

1.

fcnnasde Nou-

Uno tombait dien la fangeô
Grand Diu ! la tchozo itraugea,
L'autre lo vouguet releva
Lei tombetout toutas douas.

i.
Lius hommès que venions de lé
Ah ! poras fennas, que zavei,
N'in foulio pas ten prindre
De quel ollie de septembre,
N'in preni tchacun son foueix,
Et soubre ce que l'on se foué.

M

de vi

1.
Il y avait trois femmes de Nohanent,
Il y avait trois femmes de Nohanent,
Qui firent l'entreprise
De boire chacune chopine,
Se mirent au défi
De boire trois pintes de vin.

2.
Quand elles eurent achevé leur vin,
Par le bras se prirent toutes trois ;
Elles se mirent dans la tête
Qu'à Clermont on faisait fête,
Et que le jour de la Toussaint,
Ou sonnerait le tocsin.

3.
Quand elles furent vers le pont de Bouy,
Là le chemin est étroit,

Ati le tchami zé étri,

al

Une tombe dans la boue,
Grand Dieu ! la chose étrange,
L'autre la voulut relever.
Elles tombèrent toutes deux.

4.
Les hommes qui venaient de là,
Ah ! pauvres femmes, qu'avez-vous ?
Il n'en fallait pas tant prendre,
De cette huile de septembre,
N'en prendre que chacun son faix,
Et savoir ce que l'on se fait.

�LA BERGERE Dû PUY-DE-DOME.

Qucnd ycu

gnonc

la-bou - ré

ze

-

ra

vio - lette,

Pe - ti - to

to,

pe

ta, mi-

Quend yeu

ze

-

Mar - go - tou,

ra

pe-

Pe - ti-to

mm
Mar - go - tou,

Pe - ti - to

Mar - go

-

tou

t.

1.

Quend yeu zera petita, mignone labouré

Quand j'étais petite, mignonne, labourez

Quend yeu zera petito,

[violette,

Petito Margolou (1er).

Quand j'étais petite,
Petite Margoton.

2.
Yeu gardava las houillas (migonne...)

Je gardais les brebis,

Yeu gardava las houillas,

Les brebis et les moutons.

Las houillas et los moutous (1er).

3-

3.

N'en gardava pas gueire (mignonne...)

Je n'en gardais pas beaucoup,

N'en gardava pas guèire,

Je n'en gardais que deux.

N'en gardava mas doux (ter).

4.

4.

N'ia un que zeiro barlie (mignonne...)

Il y en a un qui était borgne,

N'ia un que zeiro barlie,

L'autre était boiteux.

L'autre zeiro bouitoux (ter).

[violette.

�— 53 —
5.
Soubrele chami n'impasse, (mignonne...)

Sur le chemin, vint à passer

Soubre le chami n'impasse,
Moucheu des Chazeiroux (ter).

Monsieur de Chazeron.

6.

6.

Sche vous eira pus grande, (mignonne...)

Si vous étiez plus grande,

Sche vous eira pus grande,

Je vous mènerais avec moi.

Vous menay'imbé nous (ter).
7.
Moucheu, parmon jeun'âge,(mignonne...)

Monsieur, pour mon jeune âge,

Moucheu, par monjeun'âge,

M'abandonneriez-vous ?

M'abandonnaya vous ? (1er)
8.
L'herbaqu'esldien la prade, (mignonne...)

L'herbe qui est dans la prairie

L'herba qu'est dien la prade,

Croît la nuit et le jour.

Creit la neit men le jou (ter).
9.

9.

N'en fait las juénas fillas, (mignonne...)

Ainsi font les jeunes filles

N'en fait las juénas fillas,

Quand elles sont prises d'amour.

Quand l'ey sont preit d'amour (ter).

�CHANSON [DE ROCHEFORT.

\&amp;
QuendMari oun s'en

vé lòfond,

Quend Mari-oun s'en
3~

x
vé lò fond,

bah bah

Liaumartcha

bah de-rirette,Gai

i.

pas,liau court tou djou. De-ri-rou,

gai oh gai

gaide-ri-re - tte.

1.

Quend Marioun s'en vé lò fond (bis\,

Quand Marion s'en va à la fontaine,

Liau martcho pas, liau court toudjou.

Elle ne marche pas, elle court toujours.

Derirou,
Bah ! bah ! bah ! derirette,
Gai ! gai t
Oh ! gai ! gai ! derirette.

2.
Liau martcho pas, liau court toudjou (bis),

Elle ne marche pas, elle court toujours ;

In sontchami rencountro l'aumou.

Dans son chemin, elle rencontre l'amour.

Derirou,
Bah ! bah !...

In son tchami rencountro l'aumou (bis).

Dans son chemin, elle rencontre l'amour,

Aumou, aumou, embrassins nous.

Amour, amour, embrassons-nous.

Derirou,
l.
Aumou, aumou, imbrassins nous (bis),
Fatsins vite, dépouitcheins-nous.
Derirou,

Amour, amour, embrassons-nous,
Faisons vite, dépêchons nous.

�— 55 —

Patsins vite, dépouitcheins nous (bis),
Zei tant de besugn'ò lò mouizou.

Faisons vite, dépêchons-nous,
J'ai tant d'ouvrage à la maison.

Derirou,
6.

6.

Zei tant de besugn'ò lò mouizou (bis),

J'ai tant d'ouvrage à la maison,

La pat'o l'artchò le fio au fou.

La pâte à la meie, le feu au four.

Derirou,
7.
La pat'o l'artchò le fio au fou (bis),
Et moun home que zei dzalou.

7.
La pâte à la meie, le feu au four,
Et mon homme qui est jaloux.

Derirou,

Et moun home que zei dzalou (bis),
Tous leux dzaloux futchont motous.

Et mon homme qui est jaloux.
Que tous les jaloux fussent des moutons.

Derirou,
9.

9.

Tous leux dzaloux futchont motous (bis),

Que tous les jaloux fussent des moutons,

Et yeu la bardzéra de tous.

Et moi la bergère de tous.

Derirou,
10
Et yeu la bardzéra de tous (bis),
Yeu leu fayo mandza au loup.
Derirou,
Bah ! bah 1 bah ! derirette,
Gai ! gai !
Oh ! gai ! gai ! derirette.

10.
Et moi la bergère de tous,
Je les ferais manger au loup.

�CHANSON DU CANTON DE SAINT-GERVAIS,
SUR UN AIR DE MONTAGNARDE.

Schezeira dro-Jet-ta,

/amais

fHÉÉ
ra-dro - let - ta,

mernaridaya,schezei

F
Ja-mais

me marida

ya ;

Resta

F
rai sou -

let-ta,

let-ta,

Gar-da-

rai ma liber

Gar-da - rai ma liber -

Sche zeira droletla.

bis.

Jamais me maridaya ;
Restarai souletta,

bis.

Gardarai ma liberta.
Me sei maridada,
Zei pardiu ma liberta ;
Sche tournava veive,
La tournarai massa.
N'aya pri un homme
Que vouilla m'ébouria,
L'envia faire fouère,
Traderi dera la la.
A'se vendié récide,
Se voulia fouère pardonna,
N'désie mas de mouème,
Traderi dera la la.
Sche tourna Juenetta,
Yeu prendrai ma liberta,
Restarai souletta,
Gardarai ma liberta.
Touta las flllettas
Qu'oun resta sensmaridas,
S'en sount meu troubadas,
La n'en saboun mou tchanta-

&lt; bit.

I
I
I
I
I

bis.

la; Resta

raison-

ta
Si j'étais fillette,
Jamais je ne me marierais,
Je resterais seulette
Et garderais ma liberté.
Je me suis mariée,
J'ai perdu ma liberié.
Si je devenais veuve,
Je la reprendrais.
J'ai pris un homme

bis.

Qui voulait me battre,
Je l'ai envoyé faire faire

bis.

Traderi dera la la.
Il se vint rendre,

bis.
bis.

I
I
I I

bis .

bis.

his

bis.

Il voulut se faire pardonner.
Je lui dis de même
Traderi dera la la.
Si je redevenais Jeunette,
Je reprendrais ma liberté.
Je resterais seulette.
Je garderais ma liberté,
Toutes les fillettes
Qui sont resté sans se marier,
S'en sont mieux trouvées,
Elles n'en savent que mieux chanter.

�CHANSON DU FAUBOURG DE SAINT-ALYRE,
A CLERMONT.

1/ lit1 5'

-

S

^ -'" g

g- ^—

Djua no que fia -

Sonfu-zétom- bavo,

tio - to,

0

-

Y

&lt;M—■

la -vo

Au mei tan d'un

Fia-ladou-ça - m en;

*-

Yeu-ly

0~
/-

Neus ma-ri-da - rin.

1.
Jeanne qui filait

Au meitan d'un pra,

Au milieu d'un pré,

Son fuzé tombavo ;
Y le nai massa.

Je l'ai ramassé.

Son fuseau tomba ;

Fiala douçamen;

Je lui dis : Petite,
File doucement ;

Quand chera grandeto,

Quand tu seras grande,

Neus maridarin (bis\
2.

Nous nous marierons (bis).
2.

La d'jeuno filletto
Me fait leu zeux doux,

La jeune fillette

D'amour de tendresso ;
N'in se be d'jalloux.

D'amour de tendresse ;

Me fait les yeux doux,

Goumo un chasseir,

J'en suis bien jaloux.
Comme un chasseur,

La tenis de près ;

Je la tins de près;

Pas être parloir,

Je ne suis pas parleur,

Garda le secret (bis).
3.
Bon d'jour, mamétresso,

4^
* /

7—

Djuano que fialavo

Yeu ly dit : petioto,

dit pe-

0

—

/— S—

pra,

Quand chera gran-

0

Neus ma - ri •• da - rin,

1.

7

le naimas - sa,

0-^ 0-^ 0—

de-to,

*—

Je garde le secret (bis).
3.
Bonjour, ma maîtresse,

Votre servitou ;

Votre serviteur ;

Baisa la menetto,

Baisez la main,

Fazei très poutous ;

Faites trois baisers ;

Te chera eirouzo

Tu seras heureux.

N'apréinda pas

N'appréhende pas

D'être malheirouzo,

D'être malheureuse,
Tant que tu m'aimeras (bis).

Tant que maimarás (bis).

�CHANSON D'OLBY,
SUR UN AIR DE MONTAGNARDE.

An
À

1

kl '.

L(I,H

ne zen vez

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Mne zen v ez lo fc ind, Nou tros za - nr lents leï sont

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S

pas,

Le

mien

neï zey

1.

pas.

1.

Anne zen vez lo fond,
Petite citoyenna ;
Anne zen vez lo fond,
Noutros zaments leï sont.
Oh! yola nie a pas,
Ni par doux ni par quatris ;
Oh! yo la nie a pas.
Le mien neï zey pas.

Allons à la fontaine,
Petite citoyenne ;
Allons à la fontaine,
Nos amants y sont.
Oh ! il n'y en a pas,
Ni pour deux ni pour quatre ;
Oh ! il n'y en a pas,
Le mien n'y est pas.

2.

2.
J'y irai demain,
Petite citoyenne ;
J'y irai demain,
Le mien y sera.

Yo lai neïrai demo,
Petito citoyenna ;
Yo lai neïrai demo,
Le mien y la cheira,
La la dera la la...

AUTRE CHANSON DE LA LIMAGNE, SUR LE MÊME AIR.
Qu'où ei le cura d'Aunat,
Que n'a féni son prône,
Fillas, maridas-vous ;
Lous garçons s'en vont tous.
Oh ! laissa n'a lous vieux ;
O gai, gai, gardas lous jeûnas;
Oh! laissa n'a lous vieux ;
Lous jeunes valons mieux.

bis.

bis.

C'est le curé d'Aunat,
Quand il a fini son prône,
Filles, mariez-vous ;
Les garçons s'en vont tous.
Oh! laissez aller les vieux ;
O gay, gay, gardez les jeunes ;
Oh ! laissez aller les vieux ;
Les jeunes valent mieux.

AUTRE CHASON DE MURAT-LE-QUA1RE.
Say veniez pus,
Petita citoyenna ;
Say veniez pus,
Laus galants les sont pûs.
Y sont vé la Vendeix,
Petita citoyenna ;
Y sont vé la Vendeix,
Que battons laus Anglais (1).

Si vous ne venez plus,
Petite citoyenne ;
Si vous ne venez plus,
Les galants n'y sont plus.
Ils sont à Vendeix,
Petite citoyenne ;
Us sont à Vendeix,
Qui battent les Anglais.

(1) La Uoche Vendeix, montagne sur laquelle existait un château occupé, en 1390, par les Anglais.

��S&amp;S^a

Imp

( Costume d'Hiver.)

P A. Despoaiers, à Moulins.

�CHANSON DE ROCHEFORT.

Quand yo zei ro

pe

-

ti - tou - no, Mi - ou-na,bour-

da doviou - let ta, Quand yo zei ro

M ap pe

la vouns

Na -

M,»rr?i M
Na - ne

-

tou,

1.
Quand yo zeiro petitouno,
Miouna, bourda do viouletta,
Quand yo zeiro petitouno,
M'appelavounsNanetou (1er).
2.
N'en gardava las ouillas,
Miouna, bourda do viouletta.
N'en gardava las ouillas,
Las ouillas mas los moutous [ter).
Las menavo deygada,
Miouna, bourda do viouletta;
Las menavo deygada,
A l'oumbretto d'in bouissou (ter).
4.
Le bouissou fait fiouquetta,
Miouna, bourda do viouletta ;
Le bouissou fait fiouquetta,
M'en dormiguèré dessous (ter).

ne

- tou,

pe

-

ti

-

tou - no.

M'ap pe la vouns

JJJJirr?ir&lt;
M'appe

la vouns Na - ne - tou.

i.

Quand j'étais petite.
Mignonne, bordée de violette ;
Quand j'étais petite,
On m'appelait Nanette.
2.
Je gardais les brebis,
Mignonne, etc.,
Je gardais les brebis,
Les brebis et les moutons.
3.
Je les menais paître,
Mignonne, etc.,
Je les menais paître
A l'ombre d'un buisson.
4.
Le buisson était en fleurs,
Mignonne, etc.,
Le buisson était en fleurs,
Je m'endormis dessous.

�60 —
5.

5.
Treis cavaliers passeront,

Trois cavaliers passèrent

Miouna, bourda do viouletta ;

Mignonne, etc.,
Trois cavaliers passèrent.

Treis cavaliers passeront,
Diguérount : Belle, bonjou

ter).

6.

Et me dirent : Belle, bonjour.
6.

Bonjour, bonjour, la belle,

Bonjour, bonjour, la belle,

Miouna, bourda do viouletta ;

Mignonne, etc.,

Bonjour, bonjour, la belle,

Bonjour, bonjour, la belle,

Que faites-vous ici (fer)?

Que faites-vous ici ?

7.

7.

Passas, passas au lardgi,

Passez, passez au large,

Miouna, bourda do viouletta ;

Mignonne, etc.,

Passas, passas au lardgi,
Mes amours sont pes pour vous (ter).

Passez, passez au large,
Mes amours ne sont pas pour vous.

8.

8.

Sont pour in gentilhomme,

Ils sont pour un gentilhomme,

Miouna, bourda do viouletta ;

Mignonne, etc.,

Sont pour in gentilhomme
Que n'a mei d'argent que vous (1er).

Qui a plus d'argent que vous.

9

Ils sont pour un gentilhomme
9.

Pourta la braya roudge,
Miouna, bourda do viouletta ;

11 porte la culotte rouge,

Pourta la braya roudge,

Il porte la culotte rouge,

Et le dgille develou (ter).

Et le gilet de velours.

10.

Mignonne, etc.,

10.

Las épaulettas blevas,

Les épaulettes bleues,

Miouna, bourda do violetta;

Mignonne, etc.,

Las épaulettas blevas,

Les épaulettes bleues,

Au mantet lous galous (ter).

Au manteau le galon.

11.

11.

Le tchapet, la coucarda,

Le chapeau, la cocarde,

Miouna, bourda do viouletta ;

Mignonne, etc.,

Le tchapet, la coucarda,

Le chapeau, la cocarde,

Couma lous grands garçous fier)

Comme les grands garçons.

�— 61 —

LA BARDGÉRO DE COURPEIRO.
(LA BERGÈRE DE COURPIÈRE.)

Quand

yeu zé-ro

zou.Mefadgeon gar da las

pe - tio to, Pe - tio toàlamoué-

ouil las, Las ouil las, los mou tous.

jmtTjjjy-ti
Pau -

brcsto,pau -

1 nu
1

bres - to, In

teindei

la

11

i

j

ra - zou.

i.

1.
Quand yeu zéro petioto,

Quand j'étais petite,

Petioto à la mouézou,

Petite à la maison,

Me fadgeon garda las ouillas,
Las ouillas^ los moutous ;

On me faisait garder les brebis,

Paubresto, paubresto,

^

Pauvrette, pauvrette,

Inleindei la razou.

)

Les brebis, les moutons ;

bis.

2.

bis.

Entendez la raison.

2.

Dingu me veniont veire

Personne ne venait me voir

En gardant mos moustous,

En gardant mes moutons ;

Ouro que sei grandeto,

A présent que je suis grande,

Venons de doux en doux.

Ils viennent de deux en deux.

Paubresto, paubresto,
Inteindeila razou.

bis.

Pauvrette, pauvrette,

bis.

Entendez la raison.

3.
Ouro que sei grandeto,

A présent que je suis grande,

Venons de doux en doux.

Ils viennent de deux en deux.

L'un me prêt la menotto,

L'un me prend la main,

Et l'autre in poustou.

Et l'autre un baiser.

Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou.

bis.

Pauvrette, pauvrette,
Entendez la raison.

|
)

bis.

i.
L'un me prêt la menotto,

L'un me prend la main,

Et l'autre in poustou,
Et l'autre me demando :

Et l'autre un baiser,
Et l'autre me demande :

Bello, maymaya vous'

Belle, m'aimez-vous?

Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou.

bis.

Pauvrette, pauvrette,
Entendez la raison.

bis.

�— 62
S.

S.
Et l'autre me demando,
Bello, maymaya vous ?
Sabe par coumen fouère ;
Dirai yeu oui ou noun
Paubresto, paubresto,
i
Inteindei la razou.
\

.

Et l'autre me demande :
Belle, m'aimez-vous?
Je ne sais comment faire ;
Dirai-je oui ou non.
Pauvrette, pauvrette,
Entendez la raison.

I

bis.

6.
Sabe par coumen fouère,
Dirai yeu oui ou noun ;
Che yeu dise que famé,.
L'aurai ti tous los d'jiou.
Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou.

bis.

7.

7.
Che yeu dise que l'amé,
L'aurai ti tous los d'jiou ;
Ma che yeu le rebute,
Pardrai mon servitou.
Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou.

bis.

Si je dis que je l'aime,
Je l'aurai, ici, tous les jours ;
Mais si je le rebute,
Je perdrai mon serviteur.
Pauvrette, pauvrette,
(
bis
Entendez la raison.
|

bis.

Mais si je le rebute,
Je perdrai mon serviteur.
Vous autres, jeunes filles,
Que me conseillez-vous?
Pauvrette, pauvrette,
1
Entendez la raison.
J

8..

8.
Ma che yeu le rebute,
Pardrai mon servitou.
Vous autra d'jeuna fillas,
Que me conseillas vou ?
Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou,

^

9.

9.
Vous autra d'jeuna fillas,
Que me conseillas vou ?
Leus bous eiffans son rari,
S'en troba pas partou.
Paubresto, paubresto,
Inteindei la razou

Je ne sais comment faire,
Dirai-je oui ou non ;
Si je dis que je l'aime,
Je l'aurai, ici, tous les jours.
Pauvrette, pauvrette,
(
Entendez la raison.
\

bis.

Vous autres jeunes filles,
Que me conseillez-vous ?
Les bons enfants sont rares,
Il ne s'en trouve pas partout.
Pauvrette, pauvrette,
j ..
Entendez la raison.
'

*

�— 63 —

ROMANCE
COMPOSÉE

PAR
DE

M.

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re-naî - tra, le jour

m'y trou- ve

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DORE.

mon cœur a

cher, j'é-tais

1 i m lit

MONT

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Quand il

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DU

pas, toi que

»

.w -

CLERMONT-TONNERRE ,

MONTAGNARDE

i ien dras - tu

-y

DE

Viendras-tu pas, toi que mon cœur adore,
Sur ce rocher, j'étais avant l'aurore,
Déjàla nuitvient,la nuit m'y trouve encore,
Quand il renaîtra,
Le jour m'y trouvera.

Dans ce bosquet, seul témoin de mes larmes,
N'ai pas toujours connu tristes alarmes ;
A l'amour, toi, moi, nous trouvions des charmes.
Aujourd'hui, hélas !
N'y vois qu'amour et moi.

Viens au plus tôt consoler ton amie.
Cruel amant, je vais perdre la vie ;
Ne sais tu pas bien que je vivais de ta vie ;
Il faut donc gémir,
Attendre, et puis mourir.

co - re ;
p-

ra.

Hi

�— 64 —

LE VIEILLARD D'AMOUR.

Muos parents mezons
r-0 0

me zon s

m

m

é

m a - ri - da do,

FF

s

ma - ri *
7

é

é

da do,

Muos parents

é

Em bè un vieux

\-\ hj } Jp

y

1

viel - ard d'a- 1
4 *-

0

mour,Pe ti to,

Em bé un vieux

1.

viellard d'a-mour, Ma mour.

i.

Muos parents me zons mandado {bis)

Quand le conte feugné fénido (bis],

Embé un vieu viellard d'amour,

Lalovelta chantave le jour,
Petito,

Petito,
Embé un vieu viellard d'amour.
Mamour.

Lalovelta chantave le jour,
Mamour.

2.
Le proumei seir de ma nocetto (bis),

Ah ! leva vous, Jeanno, ma mie (bit),

Quand feuguettein coucha tuo doux,

Billia vous donc, car zei grand jour,
Petito,

Petito,
Quand feuguettein coucha tuo doux,
Mamour.

3.
Se bouteit à me foueire un conte (bit),
De suos pareins luos pus honoroux,
Petito,
De suos pareins luos pus honoroux,
Mamour.

Billia vous donc car zei grand jour,
Mamour.

\

�PREMIÈRE NUIT DES NOCES D'UNE JOUVENCELLE
ItOMANCE SUR LE MÊME AIR QUE LA PRÉCÉDENTE (1).

1.

5.

Mes parents m'ont fait l'épousée

Quand eut fini l'historiette,

D'un vieillard de fortune aisée,
Sur la foi d'hymen scrupuleux,

Chanta le coq, puis l'alouette.
Eh quoi ! c'est déjà petit jour,

Petite,
Plein d'honneur comme ses aïeux

Jeannette !!!
Eh quoi ! c'est déjà le retour

Si vieux.

Du jour !

2.

6.

Le premier soir de ma nocette,
Quand me vint retrouver seulette,
Toussa bien fort, et puis me dit :
Jeannette,
Me voudrais-tu voir dans ton lit
Petit.

Ah ! levez-vous, Jeanne, ma mie,
Ne faites donc pas l'endormie.
Ah ! levez-vous, car il est jour,
Pauvrette,
Habillez-vous, il est grand jour,
Mamour.

3.
7.
Monsieur, dit Jeannette confuse,
Couchez-vous si ça vous amuse ;
Car, m'ont bien dit mes deux mamans,
Refuse,

Ü filles ! qui, comme Jeannette,
Attendez le soir de nocette,
Dieu vous garde d'un vieillard d'honneur
Fillette,

Et puis après petits moments,
Consens.

i.

Dieu vous garde d'un vieillard d'honneur
Mon cœur.

Mors, quand fut dans ma couchette,
Commença une historiette,
La descendance de ses aïeux,
Jeannette,
L'histoire de tous ses vieux Aïeux
Si vieux.

(I) Cette Romance est la traduction de la précédente, que M. de Barante, préfet de Genève (département du
Léman), fit lors d'une visite à M. le comte de Hontlosier, à Randane.

9

�— 66 —

CHANSON DE TAUVES.

In un

drons; In un

frais bou - cage, Treis jou

frais bou

Ieide, da qué

cage, Treis jou - lies

leide, Touta

1.
In un frais boucage,
as,
Treis joulies tendrons

\
}

bis

Dans un frais bocage,
Trois jolies tendrons,
Toutes seules,

2.

2.
\

f
1

j

bis

Garçons de la Rodde,
A quoi pensez-vous,
Lesquelles, lesquelles,

bis

Demoiselles,

J

Ne sont pas pour vous.

Gardas voutra linga,

)

Gardez votre langue

Pour in autre jour,
Daqué leide, daqué leide,

j

Ne sont pas pour vous.

3.

3.

Damoïselles,

bis.

bis

i.

4.

Si vous en voulez une,

Che n'en voulia una,

bis.

Pourta d'aus écus,

Apportez des écus,
Lesquelles, lesquelles,

Daqué leide, daqué leide,
Los aimouns biaucoup.

Demoiselles,
Se moquent de vous.

Se moquons de vous.

Damoïselles,

Pour un autre jour,
Lesquelles, lesquelles,

5

\

bis

ten-

Da que

pro me - nons.

Se promenaient.

Les s'y promenons.

Damoïselles,

ten drons.

Lesquelles, lesquelles,
b,s

Touta soulas

Daqué leide, daqué leide,

lies

1.

Daqué leide, daqué leide,

Garçous de la Rodde,
Daqué pensez-vous,

soulas Les s'y

-

Demoiselles,
Les aiment beaucoup.

��NH5.

�67 —

CHANSON
SUR

L'AIR

DE

LA

BOURBONNAISE,

NOTÉ

PAGE

1.

17.

i.

Une Cigale,

Una Schigala,
Dau biau temps passa;

bis.

I ^

Du beau temps passé ; f

Dau biau temps passa

Du beau temps passé

Una Schigala,

Une Cigale,

Dau biau temps passa

Du beau temps passé

N'a re massa.

N'a rien amassé.

2.
Tchaz sa védjina,
Quand la frei vinguet ;

\ bis.

Chez sa voisine,

i

Quand le froid vint ;

j

Quand la frei vinguet

Quand le froid vint,

Tchaz sa védjina,

Chez sa voisine,

Quand la frei vinguet

Quand le froid vint

La s'en fuguet.

Elle s'en alla.

3.

3.

Pauvre voisine,

Paubra védjina ,
| ,.
Yo z'ai tant d'eifants ; )

J'ai tant d'enfants ;

Yo z'ai tant d'eifants

J'ai tant d'enfants

bis.

J'ai tant d'enfants

Yo z'ai tant d'eifants

Maintenant j'ai faim.

Bei mau z'ai fam.

4.

4.
Quand teyo glanavas, ì ■
D'aqué fadjia vous,

J

Quand je glanais,

1

De quoi faisiez-vous;

(

De quoi faisiez vous

D'aqué fadjia vous

Quand je glanais,

Quand te yo glanavas,

De quoi faisiez-vous

D'aqué fadjia vous

Par la moisson.

Par la meissou.

5.

5.

Pauvre voisine,

Paubra védjina,
Chantiavous tretous ;

bis.

Nous chantions tous ;

bis.

Nous chantions tous,

Chantiavous tretous

Pauvre voisine,
Nous chantions tous

Paubra védjina,
Chantiavous tretous

Par la moisson.

Par la meissou.

6.

6.

Bei voustros petits

&lt;

)

Pauvre voisine,

Paubra védjina,

Densa ma mia,

bis.

, I

Bei voustros petits
Densa ma mia,

Dansez ma mie,
bis.

Avec vos petits ;
Avec vos petits
Dansez ma mie,

Bei voustros petits

Avec vos petits

Yivas d'aqui.

Et vivez de cela.

bis.

�— 68 —

JUGEMENT DES JEUNES FILLES
SUR LES GARÇONS DE PLUSIEURS VILLAGES

ET DE HAMEAUX DE LA MONTAGNE

(MONTAGNARDE TRÈS-DANSANTE.)

" é

è

Caux de

Vou le -

vy, Ma pau

1

-

Vou

-

i

-

le

-

vy, Ma pau ra

vy, beuvons

ra

vi.Gai, gai,

dau

le

fran, La

de

de

-

dro la, Caux de

Caux de

de

Vou

ri de - ran.

1•1
1
1

dau

vi Gai, gai,

gai,

Mai caux d'Chanat,
Ma paura drola,
Mai caux d'Chanat
Badouns liour na.
Gai, gai, etc.

bis.

Ceux de Volvic,
Ma pauvre fille,
Ceux de Volvic
Boivent du vin,
Gai, gai, gai,
Fran, fran, fran,
Laderi deran ;
Ceux de Volvic
Boivent du vin,
Gai, gai, gai,
Fran, fran, fran,
Laderi deran.
2.

j
i

I
1

dau

Fran, fran,

ran.

!

2.

le-

Caux de

1.
Caux de Voulevy.
Ma paura drola,
Caux de Voulevy,
Beuvons dau vi.
Gai, gai, gai,
Fran, fran, fran,
Laderi deran.
Caux de Voulevy
Beuvons dau vi.
Gai, gai, gai,
Fran, fran, fran,
Laderi deran.

+

h , ỳ Js J ■—H

vy Beu vons

ri

^

\rou le - vy beuvons

gai,Fran,fran, fran, La

-

i

vi ;

drola, Caux de

N
Vou

-

Et ceux de Chanat,
Ma pauvre fille,
Et ceux de Chanat
Ouvrent leur nez.
Gai, gai, etc.

�— 69

3.

5.

Mai caux de Tarnant

Et ceux de Ternant

Que d'aux chalants.

Sont des bavards.

4.

4.

Mai caux d'Lachamps

Et ceux de Lachamps

Sont d'aux fegniants.

Sont des fainéants.

5.

5.

Mai caux d'Aulagnat

Et ceux d'Allagnat

Sont d'aux gaillas.

Sont des gaillards.

6.

6.

Mai caux de Cessat

Et ceux de Cessat

Sent d'aux cagnats.

Sont en dessous.

7.
i caux d'Ourby
Sont d'aux couquis.

7.
Et ceux d'Olby
Sont des trompeurs.
8.

8.
Caux de Nabouzat

Ceux de Nébouzat

Sont d'aux fadas.

Sont des niais.

9.

9.

L'aux Recoulounas

Ceux de Récollène

Sont d'aux renas.

Sont des renards.

10.

10.

Caux de Rochafort

Ceux de Rochefort

Sont Faux pus forts.

Sont les plus forts.

il.
Mai tous caux Couhet
Sont d'aux cadets.
12.

11.
Et tous ceux de Couhet
Sont des muscadins.
12.

Caux de Pontgebaud

Ceux de Pontgibaud

Fadzons Taux sots.

Font les sots.

13.
Mai caux de Bromont
Quou d'aux vourmonls.

14.

13.
Et ceux de Bromont
Sont des morveux.
14.

Mai tous caux Miants

Et tous les Mians (1)

Sont d'aux gourmands.

Sont des gourmands.

45.

15.

Mai caux de St-Ou

Et ceux de Saint-Ours

Entarrons tout.

Enterrent tout.

(1) On appelle Mim», les habitants des villages au-dessous de Pontgibaud, au nord-est.

�— 70 —

CHANSON.
Air

:

N'EY MA CHIN SOUS,

noté page

35.

Scheitôt qu'où eijour,
Mon paubre Jean se leva,
Scheitôt qu'où ei jour,
Me soïta le bondjour.
Damoura thi,
Margarita, ma mie,
Jeuta lou couchous,
Fas beulir lou tourchoux.

Sitôt qu'il est jour,
Mon pauvre Jean se lève.
Sitôt qu'il est jour,
11 me souhaile le bonjour.
Demeure ici,
Marguerite, ma mie,
J'ouvre les cochons.
Je fais bouillir les torchons (la lessive)

Sche le vedgha,
Tant bien couma vaisille,
Le zaimaya,
Sche le vedgha flala.
Saus aiguliers
Sont longs, mai d'une aune,
Sont tant parei,
Aquou fai bien plaisei.

Si vous le voyez,
Tant bien comme il vaiselle,
Vous l'aimeriez.
Si vous le voyez filer.
Ses aiguillers
Sont longs au moins d'une aune,
Ils sont tellement pareils,
Que cela fait bien plaisir.

CHANSON DE FOURNOLS.
AIR

DU

CHANT

DES

I.

Í.

D'inte véni tiou donc,
Petit Jouan, moun âmi?
Traîna malheur, tcharcha proufit ;
D'inte véni tiou donc,
Petit Jouan, moun âmi ?

D'où viens-tu donc,
Petit Jean, mon ami ?
Traîne malheur, cherche profit ( I),
D'où viens-tu donc,
Petit Jean, mon ami ?

2.
You véne de la feira,
Meire, mamour;
You véne de la feira,
Pensarias-vous ?

(1)

VÊPRES.

Traîne malheur, cherche profit : Malheureux, mendiant.

2.
Je viens de la foire,
Mère, mamour;
Je viens de la foire,
Le croiriez-vous ?

�71 —
3.

3.
De qué lei chei na tcharcha,

De quoi es-tu allé chercher,

Petit Jouan, moun âmi?
Traîna malheur, tcharcha proufit ;

Petit Jean, mon ami?
Traîne malheur, cherche profit ;

De qué lei chei na tcharcha,

De quoi es-tu allé chercher,

Petit Jouan, moun âmi ?

Petit Jean, mon ami ?
4.

4.
Lei sei na tcharcha na féna,
Moire, mamour ;
Lei sei na tcharcha na féna,
Pensarias-vous?

Je suis allé chercher une femme,
Mère, mamour;
Je suis allé chercher une femme,
Le croiriez-vous ?
4.

S.
lnte la fara coutcha,

Où la feras-tu coucher,

Petit Jouan, moun âmi ?
Traina malheur, tcharcha proufit ;

Petit Jean, mon ami ?

lnte la fara coutcha,

Où la feras-tu coucher,

Petit Jouan, moun âmi ?

Petit Jean, mon ami ?

Traîne malheur, cherche profit ;

6.

6.
Dien l'établie de la ouillia,
Meire, mamoor;
Dien l'établie de la ouillia,
Pensarias-vous ?

Dans rétable des moutons,
Mère, mamour ;
Dans l'étable des moutons,
Le croiriez-vous ?
7.

7.
Tiou l'incroutelaria touta,

Tu la crotteras toute,

Petit Jouan, moun âmi ?
Traina malheur, tcharcha proufit ;

Petit Jean, mon ami,

Tiou l'incroutelaria touta,

Tu la crotteras toute,
Petit Jean, mon ami.

Petit Jouan, moun âmi ?

Traîne malheur, cherche profit ;

8.

8.
Bé la relia de l'araire la dicroutelarai,
Meire, mamour;
Bé la relia de l'araire la dicroutelarai,
Pensarias-vous?

Avec le soc de l'araire, je la décrotterai,
Mère, mamour;
Avec le soc de l'araire, je la décrotterai,
Le croiriez-vous ?
9.

9.
Tu la tueras,

Tiou la tiouara.
Petit Jouan, moun àmi ;

Petit Jean, mon ami ;

Traina malheur, tcharcha proufit ;

Traîne malheur, cherche profit ;

Tiou la tiouara,

Tu la tueras.
Petit Jean, mon ami.

Petit Jouan, moun âmi.
10.
De la pé de qué la nouré be nautra,
Meire, mamour;
De la pé de qué la nouré be nautra,
Pensarias-vous ?

10,
De la peau de celle-là, j'en aurai bien une autre
Mère, mamour ;
De la peau de celle-là, j'en aurai bien une autre
Le croiriez vous ?

�— 72 —

CHANT DE LABOUREUR

Quand le

bou - ié

vinguet d'au tsamps, Quand le bou-

ircrrwi.

ié

vin guet d'au

tsamps

Em

bei

son
Irerrwb.

liar

do,

Em

bei son

ei

gu

liar

ei

gu-

morendo.

do.

I.
Quand le bouié vinguet d'au tsamps (bis)

Quand le bouvier revient des champs

Embei son éiguliardo (bis).

Avec son aiguillon.

2.
Troubet sa féna pré dau üo (bis),
Touto depampouillado (bis).

2.
Il trouve sa femme près du feu,
Toute déshabillée (ses vêtements en désordre).

3.
Oh ! de qué za donc poura féna (bis) 1
Yeu zai la vintrouillada (bis).

i.
Voué tiou na soupa de pourada (bis)
Par garir ta vintrouillada (bis).
5.

3.
Qu'avez-vous donc, pauvre femme ?
J'ai la colique.
4.
Veux-tu une soupe de poireaux
Pour guérir ta colique ?
5.

Dzean, quand nirez tira dau vi (bis),

Jean, quand tu iras tirer du vin,

Sarra pas tant l'éïpiarlo (bis).

Ne serre pas tant le fausset.

6.
Le petit pau que n'in tomboro (bis)
Rouzora ma courado (bis).

6.
Le peu qui en tombera
Arrosera mon gosier.

�— 73 —

NOËL.

Sur r Air : J'AIME MIEUX MA MIE, Ô GAY.

Bargé chanten tous Noé

Bergers, chantons tous Noël

A queyta journada,

A cette journée,

Par l'amour dau Rey nouvé,

Pour l'amour du Roi nouveau ,

Et de l'Acouchada,

Et de l'accouchée,

Que nous a foé tant d'honnour,

Qui nous a fait tant d'honneur,

De pourta le Redemptour,

De porter le Rédempteur ,

De nature humaino, gay,

Dénature humaine, gay,

De nature humaino.

De nature humaine.

Anen lé jouyouzament
Et de bon courage,

Allons y joyeusement

Tu que densa gayement,
Qua beau parsonnage,

Toi qui danses gaiement,

Deychausse me ton eyclio,
Laisse lau dien aqué clio.

Quitte tes sabots,
Laisse-les dans ce lieu.

Et de bon courage,
Et qui es beau personnage,

Et mené la dance, gay,

Et mène la danse, gay,

Et mené la dance.

Et mène la danse.

Marguerita vené sé

Marguerite, viens ici,

Que de tout se mêle,

Que tous s'en mêlent,

Yau ne sey pas quo vous sé
Prenia voutre houmeylle,
Fâcha be voutre devey

Je ne sais pas qui vous êtes,
Prenez votre houmeille, (Costume)
Faites bien votre devoir

Aquoey be voutre meitey,

C'est bien votre métier ,

De dansa et rire, gay,

De danser et rire, gay ,

De dansa et rire.

De danser et rire.

De Nounen venguet Marso,

DeNahanent vint Marcel,

En sa chalebreta,
Que prenguet fazen un so

En sa charrette,

Nautre Guillaumeta ,

Notre Guillaumette,

11 prit en faisant un saut

Cirgue venguet de Durtau

Cirgues vint de Durtol,

Se cuget rompre le eau,
A la Malaudeyre, gay,

Il faillit se rompre le cou,

A la Malaudeyre.

A la Malaudière.

A la Malaudière, gay,

10

�74 —
De Rouyat venguet Ligey

De Royat vint Ligier

En bey sa bargeyra,

Avec sa bergère,
Que rencontra un berger

Que rencontret un bargei
Dedin Chamaleira.

Dedans Chamalières.

Un autre bon compagnou,

Un autre bon compagnon ,

Que devaloit deMont-Rougnou

Qui descendait de Montrognon,

A notre assemblada, gay,

A notre assemblée, gay ,

A notre assemblada.

A notre assemblée.

Nous ne crenian gey le frey,

Nous ne craignons point le froid,

Le glas, ni la nega,

La glace, ni la neige ,

D'ana veyre le bon Rey
N'avian ma envega :

D'aller voir le bon Roi
Nous avions envie :

Davant marchave Michaud

Devant marchait Michel

Encore que fut deychaud,
Fazio la chalada, gay,

Quoiqu'il fût nu-pieds.
Faisait la chalade, gay, (danse)

Fazio la cbalada.

Faisait la chalade.

Anen lé tout d'un accor

Allons-y tous d'un accord

En grand diligença,

En grand-diligence,

Ly présenta de bon cor

Lui présenter de bon cœur

Honnour et reverença :

Honneur et révérence :

Car ly foere autre presen ,

Carde lui faire autre présent,
Nous ne pouvons pour le moment,

Ne pouden par le presen,
Au Fils ni à la Mouëra, gay,
Au Fils ni à la Mouëra.
Nou n'aven or ni argen
Ni guère mouneda,
Comme on aque la gen
Que porton la seda,
Y ne nauzon re laissa
Ma un argo petassa,
Et la pobre armeta, gay,
Et la pobre armeta.

Au fils ni à la mère, gay,
Au ûls ni à la mère.
Nous n'avons ni or ni argent,
Ni guères de monnaie,
Comme en ont les gens,
Qui portent la soie ,
Ils ne nous ont rien laissé
Qu'un vêtement rapiécé,
Et la pauvre armoire, gay,
Et la pauvre armoire.

Nau aven mile soucy
Que nau fon batailla ,
Et tant d'autrey negocy,

Nous avons mille soucis
Qui nous tourmentent,

Lau cey et la tailla,
Jamoùé n'en veyren la fy

Le cens et la taille ,
Jamais nous n'en verrons la fin

Si Noé le petit fy

Si Noël le petit fils

Et tant d'autres affaires ,

Ne nau y ajuda, gay ,

Ne nous aide, gay

Ne nau y ajuda.

Ne nous aide.

Laissen don notre beytio
Sen dengu ne garde,
Car le bon Ange dau ceo

Laissons donc notre bétail
Sans que personne le garde,

Le nau contregarde,

Nous le contregarde ,

De la verenouse dent

De la vénimeuse dent

Car le bon ange des cieux

D'aqué traître loup morden,

De ce traître loup mordant,

Que tant l'envegave, gay,

Qui 1 enviait tant, gay,

Que tant l'envegave.

Qui l'enviait tant.

�— 75 —
Peu que son vengu lau Ious

Puisque sont venus les loups

En voutra cliarreira,
Gen de Cliarmou chassa lou

Dans vos chemins,
Gens de Clermont, chassez-les

A bon cops de peira,
Bouta liour lau chis apré,

A grands coups de pierres,
Mettez leur les chiens après,

Peu que son vengu si pré

Puisqu'ils sont venus si près

Mangha votra œiiilha, gay,

Manger vos brebis, gay,

Mangha votra œiiilha.

Manger vos brebis.

Pregen le pastour Noé

Prions le pasteur Noël

Qu'ey vengut en tearre,

Qui est venu sur terre,

Que garde be son troupé

Qu'il garde bien son troupeau
De peste et de guerre ;

De peste et de guiarre ;
Et quand vendro au darrey jour,

Et quand viendra le dernier jour,
Nous veuille mettre au séjour,

Nau veüilhe mettre au séjour.

De ses anges bénis, gay,
De ses anges bénis.

De sau beney Angey, gay,
De sau beney Angey.

NOËL
COMPOSÉ

PAR

FRANÇOIS

PEZANT,
VOYAGE

Sur l'Air :

Noé chanten
En daqueyta joumada,
Noé chanten

ET
EN

OFFERT

A CHARLES

IX,

PENDANT

AUVERGNE.

ILS SONT TROIS FOLS.

Noël chantons
En cette journée,
Noël chantons

Et nous rejoiiissen.

Et nous réjouissons.

A l'houra de meinu

A l'heure de minuit

En gardant le beytio,

En gardant le bétail,

A la cyma d'un peu

A la cime d'un puy

L'Ange ey vengut dau ceo.

L'ange est venu du ciel.

Qu'ero fort beau,

11 était fort beau,

De cor et de visage ,

De corps et de visage,
Jamais personne
Ne vit semblable jouvenceau.

Jamoué un tau
Ne veguey jouvenceau.
Noé chanten, etc.
A foiié son embassada
Nou l'aven eycouta ,
Qu'ero be acoutrada
A dit en son dicta,
Et recita
De Noé la vengude,
Tou par verta
En Bethlem la cita.
Noé chanten, etc.

Noël chantons, etc.
Il a fait son ambassade
Nous l'avons écouté,
Il était bien habillé
Il a dit, en son langage,
Et récité
De Noël la venue,
Tout par vérité
En Bethléem la cité.
Noël chantons, etc.

SON

�76 —
Ou le fau an a veyre,
Laisser) nautrey eyclio,

11 faut aller le voir,

De joya le grand Peyre

De joie le grand père

Faguet trey soubressaux.

Fit trois sauts.

Quittons nos sabots,

Lau eyehaveaux

Les zigzags

Nou fazjan par la nega,

Nous faisions parla neige,

Tou lau rivaux

Toutes les ravines

Sautaven à grand saux

Nous sautions à grands sauts.

Noé chanten, etc.
Une fort belle eyteala ,

Noël chantons, etc.
Une fort belle étoile

Nous a donna claita ,

Nous a donné clarté,

Entrement din la Viala ,

Dans la ville entrés,

Tout y fuguetbada.

Tout ouvert était.

Mal arriba,

Mal logé,

Din une petito eytable.
Tout eyfronda

Dans une petite étable,
Toute découverte

Aven Noé trouba.

Nous avons Noël trouvé.

Noé chanten, etc.
Ver la Moüera benigna

Noël chantons, etc.
Vers la Mère sainte

Nou anémen tout drey,

Nous allâmes tout droit,

Nous faguet bonne mina,

Elle nous fit bonne mine,
Nous vînmes bien à-propos.
Joseph au Roi,

Venguémen be adrey.
Jauzé au Rey,
La foughade allumava,

Le feu allumait,

Mourio de frey,

Il mourait de froid,

Et bouffave saus dey.

Et soufflait ses doigts.
Noël chantons, etc.

Noé chanten, etc.
En granda reverença
Nau l'aven adora,

En grande révérence
Nous l'avons adoré,

Or, argen, ni chavença

Or, argent, ni pain blanc

Ne li aven douna.

Nous ne lui avons donné.

Dau gras chabry

Des gras cabris

Dounemen à la Mouëre,

Nous donnâmes à la Mère,

Au peti Fils

Au petit Fils

De bons rasins confis.

De bons raisins confis.

Noé chanten, etc.

Noël chantons, etc.

Margo. nautra bargeyra

Marguerite, autre bergère

Ly dounet un poulet ;
Un pichou, nautra neira,
Q'avio le peau foulet.

Lui donna un poulet

;

Un pigeon, un autre Noire,
Qui avait le poil follet.
Un beau chardonneret

Un beau charlet
Ly dounet Peyronnella,
Nautre valet,

Un autre domestique,

Dau vy de son barlet.

Du vin de son baril.

Noé chanten, etc.
Ly dounemen l'aubada,

Lui donna Peyronelle,

Noël chantons, etc.
Nous lui donnâmes l'aubade,

En nautre tabouri,

Avec notre tambourin.

Nou fazian la gambada

Nous faisions la gambade

�_ 77 —
Le petit Fils riait,

Le petit Fils s'en ri,
Et en risen,

Et en riant,

Prengués noutra eytrena ;

Il prit nos étrennes ;

D'autre prezen

D'autres présents

Navien par le presen.

Nous n'avions pour le moment.

Noé chanten, etc.

Noël chantons, etc.

Toula nautra bargeira
Que nau avion segu,

Toutes nos bergères
Qui nous avaient suivi,

Fagueron la pregeyra,

Firent la prière,

Au petit Fils Jésus,

Au petit fils Jésus,

De nau douna,
Après la mort, la vida,

De nous donner,
Après la mort, la vie

Que deuou dura

Qui doit durer

Toujour in sécula.

Toujours in sécula (dans les siècles).
Noël chantons, etc.

Noé chanten, etc.

NOËL
COMPOSÉ

PAR FRANÇOIS

PEZANT,

Sur l'Air :

AU

COMMENCEMENT

LANTURLU ,

DU XVIIe

SIÈCLE

LANTURLU.

Courage moueinada

Courage, ménagères

Qu'avé bon couré,

Qui avez bons cœurs,

Douna im'oubada

Donnez une aubade

Au Rei d'au Touré,

Au Roi du Toure

Peu d'une voix forte
Fredouna quoque chansou

Puis d'une voix forte
Fredonnez quelque chanson

(1),

Au garçou,

Au garçon,

Qu'eitou sou,
Nautrei pécha porte.

Nos péchés il porte.

Yau ley din la crèche,

Il est dans la crèche,

Soubre un pau de fe,

Sur un peu de foin,

Qui est tout seul,

Sens oly, sans mèche,

Sans huile, sans mèche,

Sens feo, ni bouffe,

Sans feu, ni soufflet.

Sa Mouëre ey couchada,

Sa mère est couchée,

Sens rideau, ni tour de lei,

Sans rideaux, ni tour de lit,

Sen chalei

Sans bois de lit

De nughei

De noyer

Soubre une pailhada.

Sur de la paille.

(1 ) Robinet de bois, très-chanté des buveurs.

�— 78 —
Jouzé que patega,

Joseph qui piétine,

Dé mouri de frei,

Doit mourir de froid,

Lau pé din la nega

Les pieds dans la neige

Fen un grand pointei.

Fend un grand pieu,

Parliour foiiere coiiere

Pour leur faire cuire

Daubrey, que n'ey pas tro char,

Du bouillon qui n'est pas trop cher

Par la char,

Pour la viande,

Et le lar,

Et le lard ,

Que son din le doueire.

Qui sont dans la marmite.

Ei-quou l'équipage
D'un Rei si puissen

D'un Roi si puissant,

Est-ce l'équipage

D'un prince dau san ,

Est-ce le bagage
D'un prince du sang,

Mon Diau quo patiença

Mon Dieu, quelle patience

De vou veire en tau eita

De vous voir en tel état

Depiata,

De pitié,

Si mata,
Par nautre imprudença.

Si maté,

Si nautra maliça

Si notre malice

Ei causa d'aquou,

Est cause de cela,
Votre grande justice

Ei-quou le bagage

Votra grand justiça
Par n'avei razou,

Par notre imprudence.

Pour avoir raison,

A tramei la pesta
Que nou za ten coussegu,

A tramé la peste

Que dengu

Que personne

N'ei vengu
Fouëre votre festa.

N'est venu

Qui nous a tant affligé,

Faire votre fête.

Sen Julhe a sa tearra,

Saint Jules a sa terre.

Remplide de cor,

Remplie de cœur,

Cessa vostre guiarre ;

Cessez votre guerre ;

Siabey nau d'accor,

Soyez avec nous d'accord,

Peu faren partida

Puis nous ferons partie

Per chanta d'un ton nouvé ;

Pour chanter d'un ton nouveau ;

Noé, noé,

Noël, Noël,

Noé, noé,

Noël, Noël,

Touta nautra vida.

Toute notre vie.

�— 79 —

NOËL
COMPOSÉ

PAR

GABRIEL

Air :

PASTUREL, A

MON DIEU

!

LA FIN

CHANGEZ

DU XVIIe SIÈCLE.

DE PLACE.

Vous avez be beau rire,

Vous avez beau rire,

Lau pé sou laus chaufeo,
Quand vou séz pré dau feo ;

Les pieds sur les chenets,
Et rechigner le grand vent
Quand vous êtes près du feu.

Quitta que roudeau,

Quittez ce grand feu ;

Yau zé apprey une nouvella

J'ai appris une nouvelle,

Et rechigna l'eicire

Que le bon Nadau

Que le bon Noël

Ero naqu d'una pioucella,

Etait né d'une Vierge,

Din que éta sazou .

Dans celte saison.

Yo ley tou sou
Soubre un liassou,

Il est tout seul,

Din un paleiassou

Sur une botte de paille,
Dans un panier,

Sen aucun drapé dessou

Sans aucun drap dessous.

Yo ley dien une eytable,

Il est dans une étable,

Sens veirio ni chassi,

Sans fenêtres vitrées ni châssis,

Tou nu, tou miserable,

Tout nu, tout misérable,

Et quemen tou transi.

Et presque tout transi.

Sens le giraudé dau bon Jauzé

Sans le manteau du bon Joseph

Que l'envartouilla,

Qui l'enveloppe,

Et sens le gouné

Et sans la jupe
De sa mère qui se dépouille,

De sa Jlouëre que se dépouilla
Le pobre eipeilla

Le pauvre déguenillé

Serio moüilla,

Serait mouillé,

Sous que pailla

Sur cette paille

Quey tou eibouillia,

Qui est toute éparpillée,

Et plé de nega et de glia.

Et pleine de neige et de glace.

Quou foué trop de coucire

Cela fait trop de mal

De louzi fréssouna,

De l'entendre frissonner.

You ne pode pu rire,

Je ne peux plus rire,

You le mou fo ana
Veire que bon Oiau

Il me faut y aller

Aupré d'un miau que porta pena,

Voir ce bon Dieu,
Auprès d'un âne qui porte peine,

Et auprès d'un beaou
Que leichandi de son halena ;

Et auprès d'un bœuf
Qui le réchauffe de son haleine.

Quou ney pas le drei,
Qu'aqué bon Rey,

Il n'est pas juste

Endurei frei,

Endure le froid

Din aqué t endrei,

Dans cet endroit

Qu'ei si sale et si eitrui.

Qui est si sale et si étroit.

Que ce bon roi

�— 80 —
Bon Diau changea de plaça,
Vou sé trop mo eici,
Yau zé una bourrassa,

Bon Dieu ! changez de place,
Vous êtes trop mal ici.
J'ai une layette,

Un drapé, un coeici,

Un drapeau, un coussin,

Dau bié, dau beguis,

Des linges, des vêtements,

Dau coubarlou, la brassouleira,

Des couvre-pieds, une brassière,

Un tour de cadis,

Un tour de Cadis

Par envourpa votra branleira,

Pour envelopper votre berceau,
Un joli hochet,

Un genti grêlé,
Le deigalé,

L'amusement

De mon belé.

De mon grand-père enfant,

Moué un goubelé,

Aussi un gobelet

Et dau vi dins mon barlé.

Et du vin dans mon baril.

Jauzé pleghea bagage,

Joseph, pliez bagage,

Vou séz tout accoura,

Vous êtes tout transi ;

Pourta me que l'Etalage,

Portez-moi cette image

Que deou être adoura,

Qui doit être adorée ;

Sarra l'artifé,

Fermez l'attirail

Et le goune de la Jaleita,

Et le sein de l'accouchée,
Et tout votre fardeau,

Et tout votre fait,
Votre cizé et votre sceita,
Nau pidansaren,

Votre ciseau et votre scie.
Nou&lt; ferons bonne chère,

Nau chaufaren,
Nau chantaren,

Nous chanterons,

Et n'eipargnaren

Et nous n'épargnerons

Char, ni vi, ni chazaren.

Ni viande, ni vin , ni pain blanc.

Nous nous chaufferons,

Si qué bonhour m'arriba

Si ce bonheur m'arrive ,

You ne creigne re pu,

Je ne crains plus rien ,

Ni vargnau Jano, ni sa griba,

Ni Vargnaud, ni son cercueil (1),
Satan, ni Belzebuth,

Satein, ni Barzébuth,
Ni tout ce quantei,
D'aquella triste tablatura,

Ni tout ce qu'il y a
De cette triste tablature.

Qu'un aime ratei,

Qu'un esprit ratier

Po devina din la natura,
Comme laus impôts,

Peut deviner dans la nature ;

Quei dei peu pau,

Qui, depuis peu,

Comme les impôts

Mau à propos,

Mal à propos,

Meichan eicharpau

Méchant chardon

Qu'eiciugnon nautre repau.

Qui épuisent notre repos.

(1) Ni Vargnaud. fossoyeur de Montferrand au temps de la peste ; ni sa griba, cercueil où l'on portait
les corps.

�— 81 —

NOËL.
Air :

BONJOUR,

BONJOUR,

MA COMMÈRE.

Chanten treitou parla benvenguda,

Chantons tous pour la bienvenue

De Noë : nou autrei bargé,

De Noël : nous autres bergers,

De l'Ange, l'aven tout entenduda,

De l'Ange, nous l'avons tous entendu,

Ver se nau niren lau promé.

Vers lui nous irons les premiers.

Tou autour d'une fougeada,

Tous autour d'un bon feu ,

La neu gardan le beytio,

La nuit gardant le bétail ;

Ala freduraet gialada,

A la froidure et à la gelée,

Nau chaufaven au fougo ;

Nous nous chauffions au feu ;

En fazen nautra vilhada,

En faisant notre veillée,

Nau a dit l'Ange dau ceo,

Nous a dit l'Ange du ciel,

Qu'une vierga ero couchada

Qu'une vierge était accouchée

Do Fy de Diau éterno.
Chanten treitou, etc.

Du fils de Dieu éternel.

Et nau a dit davantage,
Que vo teni sau Eita.

Chantons tous, etc.
11

nous a dit encore,

Qu'il veut tenir ses Etats.

Anen i de bon courage,

Allons-y de bon courage,

For be seren eicouta.
Parti guemen dau vialage,

Fort bien nous serons écoutés.

En chami nau sen bouta ,

Partis gaîment du village,
En chemin nous nous sommes mis,

Ni auguet mauva passage,

11

Par quo fussen arreita.

Pour que nous fussions arrêtés.

Chanten treitou, etc.

faudrait un mauvais passage,
Chantons tous, etc.

Le troubemen dien la crèche,

Nous le trouvâmes dans la crèche

D'un eitable deicoubear,

D'une étable découverte,

Aupré d'un beau que le lèche

Auprès d'un bœuf qui le léchait,

Et d'un ase tout eivear;

Et d'un âne tout éveillé;

Sa moiiere son drapet sèche.

Sa mère son drapeau sèche,

Jausé creigno fort l'heivear,
N'avion gei de linge seiche,

Joseph craint fort l'hiver,
Ils n'avaient point de linges secs,

Se chaufavon de beau vear.

Se chauffaient de bois vert.

Chanten treitou, etc.

Chantons tous, etc.

Chacun de nau le saluda,

Chacun de nous le salua

Et li faguet son présen ,

Et lui fit son présent,

Ayant tou la teste nuda,

Ayant tous la tête nue,

Que ly fuguet for plazen :

Ça lui fut fort plaisant :

La razou de la venguda,
Chacun s'i li voué disen,

La raison de la visite,

Naguemen la lingua muda,

Nullement la langue muette.

Nau auziguet en rizen.
Chanten treitou, etc.

Nous écouta en riant.

Chacun la lui disait,

Chantons tous, etc.

�— 82
Nau li contenien la vida,

Nous lui racontâmes la vie

Dau pastour et pastoureau,

Du pasteur et du pastoureau,

Que devion être la guida,

Qui devaient être les guides

De liour œiiilha et troupeau ;

De leurs brebis et troupeau ;

Lhiour avarice infinida,

Leur avarice infinie

En demande de nouveau,

En demande de nouveau,

Si ne lhiour tené la brida,
Y seron toujour ribau.

Si vous ne leur tenez la bride,
Ils seront toujours voleurs.

Chanten treitou, etc.

Chantons tous, etc.

Nau dirian be quoque chosa

Nous dirions bien quelque chose

Dau Seignour d'aquei pai,

Des seigneurs de ce pays ;

Ma dengu parla ne noza,
Nou lau farïan ebai,

Nous les rendrions confus,

Soubre vou l'on se reposa,
Y ne seron pas mari,

Sur vous l'on se repose,
Ils ne seront pas fâchés,

Si din notre lettre cloza,

Si dans notre lettre close.

Nou y metten notre advi.

Nous y mettons notre avis.

Chanten treitou, etc.

Mais personne ne parle et n'ose ,

Chantons tous, etc.

Tro de siegei de justice,

Trop de sièges de justice,

Tro d'officier nau aven,

Trop d'officiers nous avons

Que rongcon par avarice

Qui rongent par avarice

La partida be souven :

Les parties bien souvent :

Tou voüé coume l'eicarvice,
Ne sai pas coume viven,

Tout va comme l'écrevisse,

Mettes y ordre et poulice,

Mettez-y ordre et police,

Vou sé pniden et saben.
Chanten treitou, etc.

Vous êtes prudent et savant.

Force financé en França

Trop de financiers en France

Nous ne savons pas comme nous vivons,

Chantons tous, etc.

Nau aven et trésauré,

Nous avons, ainsi que des trésoriers,

L'on nen fario une dança,

L'on en ferait une danse

Pu grande que de bargé ;

Plus nombreuse que de bergers.

Y son tou plei d'arrogança,
Son devengu boubancers,

Ils sont tous pleins d'arrogance,

Avant que mania finança ,

Avant de manier finances,

N'avion vaillan trei deners.

lis n'avaient pas vaillant trois deniers.

Chanlen treitou, etc.

Sont devenus bambocheurs ;

Chantons tous, etc.

Nou nou pouden pas defendre,
Daquou leirou usuré,

Nous ne pouvons pas nous défendre
De ces larrons usuriers,

Blad ni vi ne volon vendre,
Serron cava et grenei ;

Blé ni vin ne veulent vendre,
Ferment cave et grenier.

Si fo à l'uzure prendre,

S'il faut à l'usure prendre,

Vou preitaron voulontei ;

Ils vous prêteront volontiers,

Si tou ne lo fazé pendre,

Si tous vous ne les faites pendre,

Gataron voutrei bargers.

Ils gâteront vos bergers.

Chanten treitou, etc.
Tant de sargeans de la tailla ,

Chantons tous, etc.
Tant de sergents de la taille,

Quoquei leveur de deffau,

Quelques leveurs de deffauts,

Nou fen si for la batailla,

Nous font si fort la bataille

Et nou dounon tant d'assau ;

Et nous donnent l?nt d'assauts.

�— 83
Si argent on ne leur donne,

Si argent l'on ne liour bailla,

Ils nous font dix mille maux ,

Y nou fon dex mille mau,

Ils prennent le lit et la faux

Prenon le lei et la dailha,

Pour quelques rôles tous faulx.

Par quoquei rollei tou fau.
Chanten treitou, etc.

Chantons tous, etc.

Nou fon la pâla coulour,

Nos vins de cette année
Ont la pâle couleur,

Y son vear couma pourrada,

Us sont verts comme poireaux,

A qui son be la doulour,

Ce sont bien des douleurs.

Nou dounon pi qu'enrageada

Us nous donnent, pis qu'enragé,
La colique tous les jours.

Nautre vi d'aqueite anada

La coulique tou lau jour,

Faites que l'autre vendange,

Si vou plé l'autre vinada,

Donne davantage et meilleur.

Douna en moiié et meilhour.

Chantons tous, etc.

Chanten treitou, etc.
Nou pregemen for la moiiere

Nous prierons fort la mère,

Que prejesse son garsou,
De pensa à notre affoiiere,

Qu'elle prie son garçon
De penser à notre affaire

Et d'en foiiere la rasou,

Et de nous rendre justice.

Et qu'en son benei repoiiere,

Et qu'en sa bénie demeure,

Quan se vendro la sazou,

Quand viendra la saison.

Veiiilhe aupré de Diau le Poiiere.

Veuille auprès de Dieu le Père,
Tous nous mettre en sa maison.

Treitou mette en sa moizou.

Chantons tous, etc.

Chanten treitou, etc.

NOËL.
SUR

Ho I la genta nouvela
Q'aven gu aqueite neu,

L'AIR

D'UNE

BOURRÉE.

Oh ! la bonne nouvelle
Que nous avons eue cette nuit,

Sen coeife, sen dentela

Sans coiffe , sans dentelle ,

Amoé sen coulé de neu ,

Ainsi que sans collet de nuit ,

Din une moeizounette,

Dans une maisonnette
Une vierge sans bonnette ,

Une Vierge sen bou nette ,
Domino ni cournette,

Domino ni cornette ,

Ei acouchade à la meineu.

Est accouchée à minuit.

Un Rei qu'ei Diau et homme,
Yo zau foué soubre dau fé ,

Un roi qui est Dieu et homme ,

Que ne so pas que chôme ,
Par nau tau douna la pé

Il ne faut pas qu'il chôme ,
Pour bientôt nous donner la paix.

Heirode l'envegave,

Hérode l'enviait

Elle a fait sur du foin ,

Et de le tua peletave,

Et de le tuer il lui tardait,

Sa troupe grondeinave,
Comme le bru d'un roufé.

Sa troupe grognait,
Comme le bruit d'une crécelle.

�Yo lei sen brassouleira .

Il est sans brassière ,

Sen bedi, sen teiteirou,

Sans béguins , sans biberon ,

Sen croucé , sen crouceira ,

Sans berceau , sans berceuse ,

Sau meilhour drapeau son rou ,

Ses meilleurs drapeaux sont roux ;

N'a ma une bourasse

11 n'a qu'une couverte

Lie quoque tro de bezasse

De quelque mauvaise besace
Pour lui couvrir la face,

Par li coubri la face ,
Yo beau din un pichei rou.

11 boit dans un pot cassé.

Lau bargé se roucavon

Les bergers se heurtent

Par li douna dau presen ,
Et pou quant s'entournavon ,

Pour lui donner des présents ,
Et puis quand ils s'en retournent,

Tou liou zero abuzen.

Tout leur est agréable.

Et lau Angei, de proie

Et les anges de cadeaux

Remplission une jaloie

Remplissent une cage,

Que Jauzé de grand joie

Que Joseph en grande joie

Conservave en rizen.

Conservait en riant.

Le beau que lèche l'ane ,

Le bœuf qui lèche l'âne ,

Sort de son partu de na ,

Sort du trou de son nez ,

Sen que guère s'affane ,

Sans beaucoup se fatiguer ,
La chaleur de ses veines ,

La chalour de sa vena
Par eicheinda la Moiiera,

Pour réchauffer la mère

Et l'Enfant que po tou foiiere

Et l'enfant qui peut tout faire

Et que pau tou deifoüere :

Et qui peut tout défaire ,
Puisque la mer il a bornée.

Peu que la Mar zo bourna.
Ma quoei un'estrange chose :

Mais c'est une étrange chose ,

Diau foué cou par nau sauva ,

Dieu fait ça pour nous sauver,

Et par métamorphose,

Et par métamorphose

Tou nautrei pécha lava ,

Tous nos péchés laver ;

Moé paye nautre taille

Il paie aussi notre taille

A dau gueu de rafataille

A des gueux de vauriens

Que non vaillen la maille :
La le bon Diau sio loua.

Qui n'ont pas vaillant un sou :

Pardouna nautra fota ,
Bouta nau din vostre Ceo ,

Pardonnez nos fautes,
Mettez-nous dans votre Ciel

Que lé zo gi de nota,
De noiza , ni de prouceo ,

Où il n'y a pas de notes [de registre

Pacha nau tou enteire

Passez-nous tous entiers

Le bon Dieu soit loué !

De chicanes , ni de procès.

Dedin la grande feneire ,

Dans la grande demeure ,

Veire vostre lumeire,
Tou rangea comme caceo.

Voir vos lumières
Toutes rangées en ligne.

�— 85 —

NOËL
COMPOSÉ

PAR

GABRIEL

Air : Du

PASTUREL,

COTILLON,

MA

A

LA

COMMÈRE,

FIN

e

DU XVII

QUAND

JE

SIÈCLE.

DANSE.

Ah Grabié ! Ah misérable !

Ah Gabriel ! Ah misérable !

Tu ne n'as ny fé ny leg.
Ton Diau z'ei dint une étable,
Et tu seis dint un bon leit.

Tu n'as n'y foi ni loi.
Ton Dieu est dans une étable
Et tu es dans un bon lit.

Courra lebrei,

Cours , lévrier,
Vas y tout droit,

Vouez lez tout dreit.
Tira, vira,

Tire , vire
Ce fumier ;

Qué foumarei;
Bouta un pau de paille freicha

Mets un peu de paille fraîche

Sous la mouëra de ton Rey ,

Sous la mère de ton Roi,

Et que le bon Diau te creicha ,

Et que le bon Dieu te bénisse,

Sens se, nous eren tous preis.

Sans lui nous étions tous damnés.

Aquou'ei bien Diau ,

Ceci est bien Dieu ,

Tout z'ei bien siau ;

Tout est bien lui ;

Vegha le beaou
Qu'ei dévoutiaou,
Bouffa, rouffa
Contre son tiau,
Lé quitta de que l'engueta ,
Ly rend l'haunour que ly deau ;

Vois le bœuf
Qui est pieux,
Souffle , ronfle
Contre son derrière ;
Il le quitte dès que tu le regardes ,
Lui rend l'honneur qu'il lui doit ;

Et te Grabié , grossa teta ,

Et toi Gabriel, grosse tête,

Ne ly rendei pas le teaou.

Tu ne lui rends pas le tien.

Et quou be yo

C'est bien lui

(ju'ei Rey dou Céo ;

Qui est le roi du Ciel ;

Yo l'ei pûs beau

Il est plus beau

Que milla angeaux.

Que mille anges.

Sorta, porta

Sors, porte
Quelques drapeaux,

Qu'auqu'eis drapeaux,
D'aumentre que l'accoucha

Pendant que l'accouchée

De saus doux viargeis poupeaux,
L'y donna quauqua bechada

De son doux enfant Jésus,

De lait pûs doux que dau meo.

De lait plus doux que du miel.

Dounas, Mario,

Donne, Marie,

Yo purario;

11 pleurerait ;

Lui donne quelques bouchées

Quou le tuario,

Cela le tuerait

Et dounario

Et donnerait,

Crenta, plenta,

Crainte et plainte,

Grand fachario ,

Grande colère

Au bon Jausé que se seigna

Au bon Joseph qui se signe

De veire Diau si petiot,
Et sens l'ange que l'enseigna ,

De voir Dieu si petit,

Yo ne seria pas Chreitio

Il ne serait pas chrétien.

(1) Qui lui apprend le Mystère qui s'est passé

Et sans l'ange qui l'enseigne , (I)

Marie.

�— 86 —

NOËL.
Sur l'air :

LAS MON DIEU, Y A-T-IL AISE, QU'AU MIEN, ETC.

Peu qu'aven la paix en França,

Puisque nous avons la pais en France,

Rejauzissen nau, bargé,

Réjouissons-nous, bergers.

Chacun se mette à la dança,

Que chacun se mette à la danse,

Siau be dispos et ligé :

Soit bien dispos et léger :

Noé nau douna
Nouvelle bouna

Noël nous donne

Par l'Ange messagey,

Par l'Ange messager,

Que pu de guiarra

Que plus de guerre

N'auren en tearra,

Nous n'aurons sur terre,

Nouvelle bonne

Yo neypas messongey.

Il n'est pas menteur.

Noé par foiiere la féta ,
Nau a douna dau bon vi.

Noël pour faire la fête,

Nau n'en mettren din la têta

Nous nous en mettrons dans la tête,

Dau milhour à mon avi.

Du meilleur, à mon avis.

Nous a donné de bon vin.

D'aqueita annada,

De cette année,

Goûte d'aygada
Ne beouren pas souven.

Goutte de petit vin,

Vi de moueynage

Ce vin de ménage

Sero abeaurage

Sera le breuvage

Au Frerey dau couven.

Des frères du couvent.

Vous aurey bouna vinada,

Vous aurez de bon vin,

Rejauzissa vous coutau,

Réjouissez-vous, buveurs.

Noé la n3u a dounada

Noël nous l'a donné,

Jamoiié n'en suguet de tau.
Gen de montagna,

Jamais il n'en fut de tel.

En la chastaigna,
Que petarrada

Avec la châtaigne,
Boiront tant de vin doux,
Que de pétarades (coups de poing)

Seron dounada

Seront données

Beauron tant de vi dou,

Nous n'en boirons pas souvent.

Gens de montagne,

Quant seron be sadou.

Quand ils seront bien sous.

Yau néi pas pau que la neira

Je n'ai pas peur que les puces

Nau piquon d'aquey estiau ,

Nous piquent dans cet état,

Fusson grossa comme peyra

Fussent-elles grosses comme pierre

Ou be grossa comme un eau ;

Ou bien grosses comme un œuf ;

Ma que de l'oly

Mais de l'huile

Dau Rey Bacoly,

Du Roi Bacchus
Mettons force à la lampe,
Nous n'aurons pas de malaise ,

Metten force au chaley,
N'auren melaize,
Et à nautre aize
Dourmiren din le ley.

Et à notre aise,
Nous dormirons dans le lit.

�- 87 Ferm que se morfonduda,

Femmes qui vous fatiguez,

Si la têta vous foiié mau,

Si la tête vous fait mal,

Vou serai touta tonduda.

Vous serez toutes étourdies ;

Fassa le chabe pu nau,

Faites le chevet plus haut,

Par medecina

Par médecine

Non de racina,

Non des racines.

Mangearey d'un houret,

Vous mangerez du porc;

Bon vi dau Sendre

Bon vin du Cendre,

Vou faudra prendre,

Il vous faudra prendre

Par gari le couret.

Pour guérir le gosier.

Que faron mademoyzela

Que feront ces demoiselles

Que sont touta de velour,
Qu'amon moiié vi que prounela "?

Qui sont toutes de velours,
Qui aiment mieux vin que prunelles?

Ilha beauron comme nou,

Elles boiront comme nous ;

De la pepida

De la pipie

Sero garida,

Seront guéries

Et parlaron lati,

Et parleront latin,

Que la simoize

Que la simoize,

Sen foiiere noize

Sans faire noise,

Voiieydara le mati.

Videra le matin.

Aquela gen de vialage,

Ces gens de village,

Aquiau grau viellard mouchou,

Ces gros vieux Messieurs,

Ne vandrion autre poutage

Ne voudront d'autre potage

Ma beaure comme couc.hou ;

Que boire comme des cochons ;

D'aquelle piancha
Que sort de l'ancha,

De cette engeance
Qui sort de l'anche,

Beauron tant tou lau jour,

Boiront tant tous les jours,

Que din la grangha,

Que dans la grange

Et par la fangha,

Et par la fange.

Tombaron comme lour.

Tomberont comme des brutes.

Lau chassadou à la chasse
Chacun boutelha pour chasse;

Les chasseurs à la chasse
Porteront force flacons :
Chacun bouteille par chasseur;

Lau batardou dau caquou,

Les batteurs de pavés,

Portaron force flacou :

Par rocs et peyras

Par rocs et par rochers,

Nautra lebreira

Nos lévrières

Yron comme le vent,

Iront comme le vent,

Nautra chinalha,

Nos chiens,

Brigua batalha,
Rancontraron souvent.

Livrant bataille,
Rencontreront souvent.

Labouradou à la vigna,

Laboureurs à !a vigue,

Quant il auron be moucha,

Quand ils auront bien taillé,

Faron pourta grossa ligna

Feront porter le gros bois

A liour miaulé au marcha :

Par leurs mulets au marché.

Gen de pratiqua,

Gens de pratique,

Et la musiqua,

Et la musique,

Tresaurés et marchands.

Trésoriers et marchands,

A la bechada,

A la maraude

De la brouchada

Du petit bois
Seront pris dans les champs.

Seron prey par lau champs.

�— 88
Noé tant de be nau faça,

Noël tant de bien nous fasse,

Quand deicy seren partis,

Quand d'ici nous serons partis,

Que le vegean facé à laça,

Que nous le voyons face à face

En son beney paradis :

Dans son béni paradis :
Sa bienvenue

Sa be venguda,
Nau sio en adjuda

Nous soit en aide,

Et en natura recour;

Et en nature secourable,

Sa bonta granda,

Sa bonté grande,

Couma commanda

Comme il le dit,

Sero nautre secour.

Sera notre secours.

NOËL.

Sur l'air :

DIS-MOI, CHATEAUVERT.

Bargé leva vou,

Bergers, levez-vous.

L'Eiteale ei tant claira,

L'étoile est très-claire,

Augba que par tou

Entendez que partout

Un Ange deiclara,

Un Ange déclare

Qu'aven agu

Que nous avons eu

Diau le Fi bevengu.

Dieu le Fils bienvenu.

Par nau rejauzi

Pour nous réjouir

D'aquelle embassada,
Vou nau fo chauzi

De cette ambassade,
11 nous faut choisir

Din nautre brigada,

Dans notre société,

Lou boun éifan,

Les bons enfants

Qu'on putau se que fan.

Qui ont plutôt soif que faim.

You sei tou ravi

Je suis tout ravi

D'aqueite visita ;

De cette visite,

Chargen nau de vi

Chargeons-nous de vin

Putau que de mira,

Plutôt que de miroirs,

Par eicbandi

Pour échauffer

Nautre cor engourdi.

Notre corps engourdi.

Vou fo que Maunei
Porte la parola,
Yo loi lazinei,

Il faut que Meunier
Porte la parole,
Il est instruit

Amoiié din l'escola,

Plus qu'à l'école,

Dau courtizan

Des courtisans
Il faut qu'il parle le mieux.

Que le fo be dizan.

�— 89 —
Girard que n'a gi

Girard qui n'a point

La lingue deiviada,

La langue démise,

Vendro au lougi

Viendra au logis

Dire une cenada,

Dire une partie

De sa chansou
A l'honneur dau garçou.

De sa chanson
En l'honneur du garçon.

Si fo fredouna,

S'il faut fredonner,

Michau que sarpenta,

Michel qui joue du serpent,

Ma qu'âge entouna,

Pourvu qu'il ait bu,

A la voix fort genta,
Par empoicha

Il a la voix fort jolie
Pour empêcher

L'enfant de se fâcha.

L'enfant de se fâcher.

Par estre conten

Pour être contents

Din nautre voyage

Dans notre voyage,

Fo mena bonten,

Il faut mener bon temps,

Moé tou son maiiainage,

Ainsi que toute sa maison,

Par daygala

Pour amuser

Le bon Diau deyvala.

Le bon Dieu descendu.

Si par lau chami

Si par les chemins

N'aviau de pidança ;

Nous n'avions de pitance,

Pierre, nautre ami.

Pierre, notre ami,

Que manie finança,

Qui manie finances,

Troubaro prou,

Trouvera assez,

Peu que l'argen foué tou

Puisque l'argent fait tout.

Ma que nau sian loin.

Mais que nous soyons loin

Dau bru de la viala

Du bruit de la ville,

N'aghen pas de soin

N'ayons pas de souci

De ce que s'enfiala,
Par queia gen
Qu'attrapon tou l'argen.
Si fon dau parti
De sau, de gabela,
Que par eipari

De ce qui s'y vole
Par ces agents
Qui attrapent tout l'argent.
S'ils font des parties
De sauts, de gabelle,
Que pour récompense

L'orme de Tavela,

L'orme de tavelle {la bastonnade)

Liour sio douna,
Sen liour re pardouna.

Leur soit donné,

Ne nau melen pas,

Ne nous mêlons pas

De tou quau affoueri,

De toutes ces affaires,

Seguen le compa

Suivons la trace

De nautrei vieu poueri,

De nos vieux pères,

Sans leur rien pardonner.

Peu qu'en lieur ten,

I'uisqu'en leur temps.

Y vivion tout conten.

Ils vivaient tous contents.

12

�90 —
Chantons seulement

Chanten soulamen
De Noé la fêta,
Viven sagement,

Vivons sagement ;

Le ceo nau apeta,

Le ciel nous attend,

Ma qua d'eici,

Pourvu que d'ici là,

N'agen d'autre souci.

Nous n'ayons d'autres soucis.

De Noël la fête,

NOËL.
Sur l'air :

DE ARNAUD

L'ENFANT.

Nou nou deveu be rejauzi,

Nous nous devons bien réjouir,

Peu que nou deven tou jouzi,

Puisque nous devons tous jouir,

De la naissence dau gran Rei,

De la naissance du grand roi,

Quei vengu'par nou be adrei.

Qui est venu pour nous bien à propos.

Elei naqui en Bethlem ,
Anen lé don tou vitamen ,

11

est né à Bethléem,

Allons y donc tous vivement ;
faut que j'y sois le premier,

Ou fo qu'you lé sio le proumei.

11

Car de treitou dize le mei.

Car de tous je dis le mieux.

You li diré en mon dita :

Je lui dirai en mon langage :

Seignour, vou se bien apeita

Seigneur, vous êtes bien attendu

D'Abram , d'Ysa et de Jacob ,

D'Abraham , d'Isaac et de Jacob,
Car vous paierez leur écot.

Car vou payarei liour eico.
De lon tem y son preizouné ,

Depuis longtemps ils sont prisonniers

Amoüé d'autrei qu'eron proumé ,

Ainsi que d'autres qui y étaient les premiers,

Treitou vou lau rachetarei,
Sen en laissa pas un darrei.

Tous vous les rachèterez,
Sans en laisser un seul en arrière.

Marso li diro peu apré :

Marsel lui dira après :

Seigneur, iou sei vengu eipré ,

Seigneur, je suis venu exprès,

Per vou presenta de bon cor ,

Pour vous présenter de bon cœur

Mon sarvice jusqu'à la mort.

Mon service jusqu'à la mort.

Guillou que bugueguo un pau,

Guillot qui bagaye un peu ,

Li presentero son houstau.

Lui présentera sa maison.

Couli qu'ei toujour à l'abri,

Colin qui est toujours à l'abri,

Li dounaro un gia chabri.

Lui donnera un gras cabri.

Ma tou aquou n'ei rei au pri,

Mais tout cela n'est rien auprès

De Peirot habilia de gri,

De Pierre habillé de gris,

Que li dounaro vo prezen ,

Qui lui donnera vos présents,

Qu'amaro moé qu'or ni argen.

Qu'il aimera mieux qu'or ou argent.

�91 —
Et li dounaro seo menti,

Et lui donnera son manteau ,

Dau chapou embei doua padri,

Des chapons avec deux perdrix ,

Et dau pu gra de sou troupé

Et des plus gras de son troupeau
Trois moutons et leurs peaux.

Trei moutou, ensemble liour pé.

Car Jouan mei le contentaro :

Mais le dernier , meilleur sera ,
Car Jean , davantage le contentera ,

Quant le prejaro par traitou ,

Quand il le priera pour tous,

Garda nautra œiiilha dau lou.

De garder nos brebis du loup.

Ma le darrei, meilhour sero,

Clianten don son avenemen ,

Chantons donc son avènement,

Peu qu élei nautra sauvamen ;

Puis qu'il est notre Sauveur;

Chanten sen li fouere aucun tor ,

Chantons sans lui faire aucun tort,
Puisque pour nous il va souffrir la mort.

Peu que par nou vé souífrir mor.

����LES PERDRIX,
CONTE,

PAR AMABLE FAUCON, DE RIOM, MORT EN

1808.

Boun jour, Toinoun, coumo te partas-tu ?
Que le temps mot dura deipeu qu'yo t'ai vegu ;
Yo z'ai tailla ma plumo quatre quots par t'écrire ,
Quatre quots liet toumbado sens poudeis re te dire.
Quand yo voule rimer , yo perde la razou ,
Quou ve de moun pau d'aime . noun pas de la sazou ;
Enfin, quand yo dioyot gâter tout moun papey,
Faut te dire doux moûts ; la gourdio est dins mos deys,
Qu'où n'est pas de Blézois qu'yo voule te parler,
Bey que moundo peuilloux n'yo mas à se grater ;
Ne parlons pas non pus do piètre Cambregi,
Das quos meichens soudas preniens pau de souchy.
Ce qu'yo z'ai à te dire , z'est be plus naturel,
Yo nos ai pas pillia do brave Pasturel,
Q'ou n'est pas las aqchos do nebou de Priam ,
Quyo voule te coumpter, quou est quellas d'un paizant.
Ta counigu moun ouncble, à l'eiro un pau bavar ;
Mais quand faillot mentir à nos amvat pas.
A me digeot un jour , loungtemps m'en souvendrai,
Qu'uno fenno paut faire , més qu'yo te n'apprendrai.
Autour de Malintrat demouravo un paizant
Que le mati sourlet par ner veire sos champs;
Coumbau quou'ouerot soun nou ; billiot à l'eiro frère
Da quet que nos pelavens Annet le Tabazeire.
Un laire parsediot un troupet de padrix,
Douas se neitount reicoundre dedins qu'un eibaupi ;

�Notre gaillas las gaitto, et d'in ou doux sauts ,
A travers do chibiot, trapo los doux ogeaux :
Yo vous tene, ma miyas , bey yo vous dinarés,
Et sens perdre de temps, se boulto à la plumés ;
Quand a l'aguet bouta que paubre beitio nud ,
Que le temps ly duravot d'être chez se vingut :
Jacquelino, ma fenno , dicet ly en rigeant,
Vegeo ce que yo z'ai preit en reveniant dos champs,
Boutto z'ot à la brocho, et facho z'ot bien couaire ,
Quou chirot be millou que dos bouter au douaire ;
Yo vaut en attendant que to faras rôtir ,
Chez moucheux le cura le prier de venir.
D'abord la moueinageiro faguet l'empatinado ,
Lia trapo soun baleis, netio la chaminado,
Lia netio auchi sa chambre le tour de soun fugei,
Part doter souloment ce qu'est le pus eipei,
Dins le moins d'un moumant soun flot fuguet luma.
Que ne fayot oun pas par recebre un cura :
L'embroucho le beitiou , se bouttot à le virer ,
Après ly aveis boutta dos lard par l'engraisser ,
Le flot z'eirot violant, et le gibier goutavo ,
Embey sos deys lechoux souvent lia le tatavo ;
Enfin , tout fuguet queut et narmo ne veniot.
Lia deibrouchot le tout, zot boutot auprès do flot,
Mas par malheur, ou le diable vouguet
Qu'autour de l'hate les restet uno pet ;
Jaquelino la trapo , l'avalo en un moumant,
Touto autro en même cas, n'auzot be fait autant ;
Ha moun Dieu! qu'à quou est bou, quou zot un goût parfet
Jameis yo me teindreis d'en manger un mourcet,
D'uno lia pre la poto , la tiret un pau fort,
La queusso la seguet, sens faire un grant eiffort,
Lia tato enquéra , peu tato un autre quot,
A forço de tater lia chabet le fricot.
Mas quou n'est pas le tout d'aveis fait quel affaire,
Faut chercher la repounço qu'à Coumbaud yo vaut faire
Paubro que farai-yo ? hélas, de yo quou est fait !
Jargueuzo que te seis , quou est toun daret mourcet.
La mouére dos humains fuguet un pau gourmando ,
Mas jamais tant que yo lia ne fuguet friando ;
Courage, Jaquelino , billiau quou chirot re,
Chi yo zai le bounheur de gagner moun chabe ,

�— 95 —
Par moucheus le cura , quou z"ot grando apparanço
Que yo l'appouezarai d'un coup d'œu d'espéranço.
Coumbaud , en arribant, announço le cura ;
Hé be, ma paubro fenno, as-tu tout prépara ?
Hélas, moun boun ami, que te vas te fâcher,
Notre paubre rôti le chat ve d'empourter.
Que pelas-tu un chat? dicet Coumbaud furieux,
Yo vaut faire vouler toun amo dins los cheux.
Te fâche pas , fadas , le chat not re tata,
Treitout se te bien chaud dessous notre grand plat
Anne , deipeichens-nos , le cura vai venir ;
Sa notre pus biau linge par la tablo garnir ;
Nos nos eitablirens dins le fount do jardi,
Ati nos dinarens et biorens do boun vi,
Nos babillarens bien, mas quou chirot pas tout,
Quou te faudrot auchi chanter une chansou.
Moun homme , moun ami, te faut faire un chantet ;
Par partager la tourtot, faut guzer toun cotet ;
Hier te me le preiteitoi par pialer dos eignoux ,
A coupavo à pu près coumo mos doux genoux.
A quou est bien dit, moun ange, yo les vaut d'aque pas.
A descent dins la cour, bouttot casaquo à bis ,
Sa mollo eirot mountado, au-dessoubre un sabot
Que soubre eillo goutavot et n'avot got à got ;
Par manier uno mollo a quou eirot un pelari,
Capable de déifier tous los gagno petit.
Quou ero un plazei de veire de quo façou lia navo ,
Et coumo sous sos dois le flot eitincellavo :
Soun cotet dessoubre eillo fageot un bruit chi fort,
Quoun s'entendiot pas mé que quand on sannount un port.
Moucheu le cura vé , mounto dins la eugino.
Hélas ! notre pasteur, yo z'ais un grand chagrain ,
Mou homme soubre-vous z'ot de mauvas dessains,
Quou n'est pas temps de rire, sauvas-vous, cregeas-me,
Billiau quou est par vous thiuer qu'a vous meno chez se ;
Chi yot quou be pouchible , que me dizeis-tu ti!
Toun homme m'ot priât par manger duas padrix ;

�— 96 —
Aquou est dessous la tounno que nos devens dîner ,
Quou eirot ti qu'yo pensavo de bien me régaler.
Sauvas-vons, cregeas-me, a quou est dejalouzio ,
Qu'à prétend vous couper l'uno et l'autro orillio ;
Vegea-le dins la cour, setiat soubre un fouquet,
Que dessoubre sa mau essayo soun cotet,
Vous ne vezés eichi ni padris, ni padraux,
A l'est dins le dessein de vous faire do maux.
À que proupos, la pau s'emparo do cura,
A l'auyo eita be n'aise de fure comm'un chat ;
Do cota de chez se avirot le davan ;
Par les être putot, a traverse los champs :
De le veire vouler, a quou eiro uno marvillo,
Dins soun partu de thio n'eintreisso uno dcntillo.
Coumbaud, moun ami, s eicredet Jaquelino,
Notre brave curaz'ot voueida la cugino;
Amot dit que chez se à l'ayot dos amis,
Qu erount mieux que te par manger las padrix.
Est-ce qu'un padraux est fait pour un cheti paizant,
Pour manger ces mourceaux, c'est pour lui trop friant ;
Après m'avei dit quou, à lot preis las ganteiras,
Vegeo le que s'en fut chanau par las chareiras :
Vite, depeicho te, chi t'en voulés tater,
Facho tout toun pochible par poudei le traper.
Coumbaud, coum'un furieux, enfialo le chami,
Soun cotet à la mau, fugiot tant qu'un mati ;
Couqui, vouleur, laroun, cura de Malintra,
Toutas douas las aureis qnand dioyot être eicourcha.
Le cura, boun eivier, fugiot de bouno sorto,
A guagno soun chez se, et peu sarro sa porto,
A ne se fiavot pas à sos chimpleis varroux,
A bouttet par darrei trois ou quatre satous ;
Peu par soun eichalet a grimpet au pu vite,
Et dedins soun grcnei a vai chercher un gitte ;
Se sarre par darrès et peu bade^un voule,
Par veire chi Coumbaud z'eiro devant che se.
Aie veguet d'en bas queressemblavo un fo,
Que vouliot enfounçer la porto embey son thyo ;

�— 97 —
Que vouleis-tu de yo, couqui, eiffoulera,
Le pus fameux couqui que chot dins Malintra ?
Ce qui yo voule de te ; las voule toutas douas,
Ou be, au proumei rencountre, yo te thiue dins las rouas.
Tu n'auras pas do tout, te seis un malheiroux,
Que sens aucuno fauto, te faras pendre un jour.
Hé be, coumposens dount, baillo m'en dos moins uno,
Ou yo casse ta porto, car le diable me meno ;
Chitôt Coumbaud s eitacho après le pourtalou,
Tout trcmblavo à la cop et satous et varroux.
Le bon cura credavot, boun Dieu, fâchas marvillas ;
Saint Jacque moun patrou, sauvas-me mas orillas :
La couliquo le pre, a l'ayot la venctto,
Au quarre do greneis a lachet l'aiguilletot.
Coumbaud n'entend repus, billau quel homme est mort;
Par s'eintourner chez se a fait tout son effort.
Ha ! chi yot z'eussot pensa de veire un parei tou,
Me chi yot pas levât uno heuro davant jour.
Toinoun, que pensas-tu de la fenno d'entant?
Billau qu'ellas d'aneu n'en fagount tout autant,
Yo z'ai entendu par ma paubro grand'meiro,
Quou faut toujours sauver la proumeiro couleiro
Te troubaras, Billau, moun coumpte un pau trop loung ;
Que faire, moun ami? ligeot-le jusqu'au fount,
Yo z'ai tous tos papeis sarras dins ma casseto,
Billau be que dos mienneis t'en fazès regeo netto :
Yo m'en rapporte à te, à ta propro counchenço,
Le boun Dieu te conserve et te baillo pachcnço !

13

�— 98 —

LES PERDRIX.

Bonjour, Antoinette, comment te portes-tu?
Que le temps m'a duré, depuis que je ne t'ai vu ;
J'ai taillé ma plume quatre fois pour t'écrire ,
Quatre fois elle est tombée , sans pouvoir rien te dire.
Quand je veux rimer , je perds la raison ,
Cela vient de mon peu d'esprit, non pas de la saison ;
Enfin, quand je devrais gâter tout mon papier,
Il faut te dire deux mots : le froid est dans mes doigts,
Ce n'est pas de Blézois que je veux te parler,
Avec ces gens pouilleux, il n'y a qu'à se gratter,
Ne parlons pas non plus du piètre Cambregi,
De ces méchants soldats prenant peu de souci.
Ce que j'ai à te dire , est bien plus naturel,
Je n'ai pas pillé le brave Pasturel,
Ce n'est pas les actions du neveu de Priam
Que je veux te raconter, ce sont celles d'un paysan.
Tu as connu mon oncle, il était un peu bavard ;
Mais quand il fallait mentir, il ne l'aimait pas.
Il me disait un jour, longtemps je m'en souviendrai,
Qu'une femme peut faire plus que je ne t'en apprendrai.
Au tour de Malintrat, demeurait un paysan
Qui le matin sortit, pour aller voir ses champs ,
Combaud , c'était son nom, peut-être il était frère
De celui que nous appelions Annet le Tabazcire
Un Loire poursuivait une compagnie de Perdrix ,
Deux se cachèrent dans un aubépin ;
Notre gaillard les guette , et d'un ou deux sauts
A travers le buisson, attrape les deux oiseaux ;
Je vous tiens , mes amies, avec moi vous dînerez,
Et sans perdre de temps, il se met à les plumer.
Quand il eut mis ces pauvres bêtes nues ,
Le temps lui durait d'être chez lui rendu :
Jacqueline , ma femme , lui dit-il en riant,

�— 99 —
Vois ce que j'ai pris en revenant des champs,
Mets-le à la broche, et fais-le bien cuire ,
Ce sera bien meilleur que de le mettre dans la marmite :
Je vais en attendant que tu le feras rôtir,
Chez Monsieur le curé le prier de venir.
D'abord la ménagère fit l'empressée ,
Elle prend son balai, nettoie la cheminée ,
Elle balaie aussi sa chambre, le tour de son foyer ,
Pour ôter seulement le plus épais ;
Dans moins d'un moment, son feu fut allumé.
Que ne ferait-on pas pour recevoir un curé !
Elle embroche les bêtes, se met à les tourner
Après y avoir mis du lard pour les engraisser;
Le feu était violent et le gibier dégouttait ;
Avec ses doigts souvent elle le goûtait ;
Enfin, tout fut cuit et personne ne venait.
Elle débroche le tout, le met auprès du feu ,
Mais, par malheur, ou le diable voulut
Qu'autour de l'âtre il restât un pied ;
Jacqueline l'attrape, l'avale en un moment ;
Tout autre, dans le même cas, en aurait fait autant :
Ah ! mon Dieu ! que c'est bon, ça a un goût parfait,
Jamais je ne me tiendrai d'en manger un morceau.
D'une des perdrix elle prit la patte, la tira un peu fort,
La cuisse la suivit, sans faire un grand effort ;
Elle goûte encore, puis elle goûte une autre fois,
A force de goûter elle finit le fricot.
Mais ce n'est pas tout d'avoir fait cette affaire ,
Il faut chercher la réponse qu'à Combaud je veux faire.
Pauvre, que ferai-je ! Hélas , de moi c'en est fait !
Malheureuse que tu es , c'est ton dernier morceau.
La mère des humains fut un peu gourmande ,
Mais jamais tant que moi elle ne fut friande ;
Courage , Jacqueline, peut-être ça ne sera rien ,
Si j'ai le bonheur de gagner mon chevet ;
Pour Monsieur le curé, il y a grande apparence
Que je l'appaiserai avec de l'eau bénite.
Combaud, en arrivant, annonça le curé :
Eh bien , ma pauvre femme , as-tu tout préparé ?
Hélas! mon bon ami, que tu vas te fâcher,
Notre pauvre rôti, le chat vient de l'emporter.

�— 100 —
Qu'appelles-tuun chat? dit Combaud furieux ,
Ne te fâche pas, imbécile, le chat n'a rien touché ,
Tout se tient bien chaud , dessous notre grand plat.
Allons, dépêchons-nous, le curé va venir ;
Sors notre plus beau linge pour garnir la table,
Nous nous attablerons dans le fond du jardin ,
Là, nous dînerons et boirons du bon vin,
Nous causerons bien, mais ça ne sera pas tout,
11 te faudra aussi chanter une chanson.
Mon homme, mon ami, il te faut faire un chanteau ;
Pour partager la tourte, il faut aiguiser ton couteau.
Hier tu me le prêtas pour peler des oignons ,
Il coupait à peu près comme mes deux genoux.
C'est bien dit, mon ange , j'y vas de ce pas.
Il descend dans la cour, mit casaque bas,
Sa meule était montée au-dessous d'un sabot
Qui sur elle gouttait et allait goutte-à-goutte ;
Pour manier une meule, c'était un pèlerin
Capable de défier tous les gagne-petit ;
C'était un plaisir de voir de quelle façon elle allait,
Et comme sous ses doigts le feu étincelait :
Son couteau, sur elle, faisait un bruit si fort,
Qu'on ne s'entendait pas plus que quand on saigne un pore.
Monsieur le curé vint, monta dans la cuisine.
Hélas ! notre pasteur, j'ai un grand chagrin,
Mon homme sur vous a de mauvais desseins ;
11 n'est pas temps de rire , sauvez-vous, croyez-moi,
Peut-être c'est pour vous tuer qu'il vous amène chez lui.
Serait-il bien possible, que me dis-tu là !
Ton homme m'a prié pour manger deux perdrix ;
C'est sous la tonne que nous devons dîner,
C'était là que je pensais de bien me régaler.
Sauvez-vous , croyez-moi, c'est de la jalousie ;
Il prétend vous couper l'une et l'autre oreilles ;
Voyez-le dans la cour, assis sur un petit tonneau,
Qui sur sa main essaie son couteau.
Vous ne voyez ici ni perdrix, ni perdreaux ,
11 est dans le dessein de vous faire du mal.

�— 101 —
A ce propos, la peur s'empare du curé.
Il aurait été bien aise de fuir comme un chat;
Du côté de chez lui a tourné le devant.
Pour y arriver plus tôt, il traversa les champs :
De le voir voler, c'était une merveille ;
Dans son derrière, il ne serait pas entré une lentille.
Combaud, mon ami, s'écria Jacqueline,
Notre brave curé a vidé la cuisine,
Il m'a dit que chez lui il avait des amis
Plus capables que toi de manger les perdrix :
Est-ce qu'un perdreau est fait pour un paysan ?
Pour manger ces morceaux, c'est pour lui trop friand.
Après m'avoir dit cela, il a pris la fuite.
Vois-le qui s'enfuit là-haut sur le chemin :
Vite, dépèches-toi, si tu veux en tâter,
Fais tout ton possible pour pouvoir l'attraper.
Combaud, comme un furieux, enfda le chemin,
Son couteau à la main, fuyait comme un gros chien :
Coquin, voleur, larron, curé de Malintrat,
Toutes deux je les aurai, quand je devrais être écorché.
Le curé, bon coureur, fuyait de bonne sorte,
Il gagne son chez-soi, et puis ferme sa porte;
Il ne se fiait pas à ses simples verroux,
Il mit par derrière trois ou quatre bâtons ;
Puis, par son escalier il grimpa au plus vite,
Et dedans son grenier alla chercher un gîte.
Il se ferma par derrière, et puis ouvrit un volet
Pour voir si Combaud était devant chez lui,
Il le vit en bas qui ressemblait à un fou ;
Il voulait enfoncer la porte avec son derrière.
Que veux-tu de moi, coquin, effarouché,
Le plus fameux coquin qui soit dans Malintrat ?
Ce que je veux de toi ? Je les veux toutes deux,
Ou bien, à la première rencontre, je te tue dans la rue.
Tu n'en auras pas du tout, tu es un malheureux,
Qui, sans faute, te feras pendre un jour.
Eh bien ! composons donc. Donne-m'en au moins une,
Ou je casse ta porte, car le diable me mène.

�— 102 —
Aussitôt, Combaud s'attache à la petite porte.
Tout tremblait à la fois, et bâtons et verrous.
Le bon curé criait : Mon Dieu ! faites merveilles !
Saint Jacques, mon patron, sauvez-moi mes oreilles !
La colique le prend, il avait la venette,
Au coin du grenier a lâché l'aiguillette.
Combaud n'entend plus rien, peut-être cet homme est mort.
Pour s'en retourner chez lui, il fit tout son effort.
Ah ! si j'avais pensé de voir un pareil tour,
Je ne me serais pas levé une heure avant jour.
Antoinette, que penses-tu des femmes d'autrefois ?
Peut-être que celles d'aujourd'hui en font tout autant.
J'ai entendu dire à ma pauvre grand'mère,
Qu'il faut toujours éviter la première colère.
Tu trouveras peut-être mon conte un peu trop long ;
Que faire, mon amie, lis-le jusqu'au fond.
J'ai tous tes papiers fermés dans ma cassette ;
Peut-être bien que des miens tu en fais raie nette ;
Je m'en rapporte à toi, à ta propre conscience.
Le bon Dieu te conserve et te donne patience !

�— 103 —

L'HOME CONTEN
POEME,

PAR JOSEPH PASTUREL, PRÊTRE DE MONTFERRAND,

MORT EN

1.
Heiroux, que sens souci, sens proucez, sens querella,
Ei conten de tenir la quoua de sa padella,
Et, que bien parvegu de ce que faut chez se,
Ne crent ni fam, ni se.
2.
Qu'attend, par selevâ, la jangouillanta aubada
Que foué, tous laus matis, sa petita moueinada ;
Qu'auzi chanta son jhau, et vé de son chabe,
Son doueire que but be.
3.
Que ne crent ni sarghent, ni proucureur, ni jughe :
Que n'a pas d'einemi, ni seignour que le thuge ;
Que n'a gis de papés, par jagoussa chacun,
Et ne té re d'aucun.
4.
Qu'ei fort de son granei et daus rangs de sa cava,
Que sont si be tengus, que re ne lez s'embava ;
Que se sint un garçou et dous ou treis valeis,
Que n'amon pas le leit.
5.
Que ne chatta jamoué ni bure, ni chandeala,
Qu'ei conten daus habits que sa fenna ly fiala,
Enfin ne chatta re de tout ce que l'y faut,
Mas le fear et la sau.

1676.

�— 104 —
6.
Que voué tous laus matis, pinchâ l'égua benéita,
Peu, troba à son retour chez se la soupa preita,
Et sens autra façou visita son toure,
Embeiun trô d'houre.
7.
Qu'après avei douna bon ordre à sa familla,
Par amassa, sens brut, quauqués liards à sa filla,
Un bâtou à la mô, segut de dous lebrez,
Voué veire saus aubrez.
8.
Qu'au plasei deaou avei un hôme de la sorta,
Que se sint un beau be a l'entour de sa porta ;
Sens re deaoure au seignour tout bien quite et bien chiaou,
Laboura de saus beaous
9.
En un liô eilevat soubre une jhenta monta,
Loen de brut, eicarta de passage, et de routa,
A l'abri dau bizouar, enfin dins un climat,
Ni trop sec ni trop mat
10.
Qu'au plasei d'eicouta marmouta dins la prada,
Entre de petits rocs, la cliareta naiada ;
Se plenghe daus cailloux que ly fason l'affront
De ly rima le front.
11.
Qu'au ne charmariô pas un tau soulituda,
Onte re ne reipeond, mas la filletta muda
Que rechigna laus mots, et quand serion d'un Rey,.
Vò avei lederrei.
12.
Ente laus auselous dispouton embei l'aura
Que foué milla fredous par lazina sa flora,
Qu'en revencha d'aquou, touta plena d'amour,
Ly foué un leit de flours

�— 105 —
13.
S'ei yô prou sadoula dau plasei de defora,
Yò torna visita sa plasenta demora ;
Mas, d'avant que dentra, s'arresta par auzi
Piaulata saus pausis.
14
Yô torna donc che se, et sens suget de grougna,
Troba que saus valeis ont bien foué liour besougna ;
Que sa fenna a douna la meiclia daus couchous
Et le grò daus pichous.
15.
Una sella à la mô, s'approcha de son doueire,
Sens s'eimaya de que sa fenna ly foué coueire,
Si qu'où z'ei dau baten, dau broudé, dau tiaulard,
Ou quauque trô de lard.
16.
Dessoubre un tranchadou, en la quoua de la lossa,
Yô n'en tira un taillou et daquou foué sa noça.
Las pardrix, chez laus grands, n'ont pas tant de succe
Couma son lard chez se.
17.
Après, en attendant que digestiau se fâche,
De paou que le soulei ne l'eunighe et le fâche,
Soubre son cachapei, yô compta le beitiau
Qu'ei de dins son courtiau.
18.
Qu'où ei mas toujours plasei; daumentre la musique
D'un dindou, d'un auchou, d'un jhau, ou d'una piqua,
Ly chanton daus mouteis de si drolets accords,
Que font crabâ le cor.
19.
Mas ce que moué ly plé qu'où ei son jhau et sa poula,
Qu'après avei farci liour parpei, depâmoula,
Fason milla façous, et de l'ala, et daus pê,
D'amour et de respê.
14

�— 106 —
20.
Et peu, quand le soulei commença sa ronleta,
D una mô, son boussé, de l'autre sa fiauleta,
Yô se voué eyvenlà sous quauque grand nughei,
Par veire son barghei.
21.
A ti vous entendriaz rasouna dins la caûta,
Laus fredous qu'ils fason taus dous, soubre liour fiauta.
Quand l'un joua, l'autre attend, et peu couma l'eico,
Fiauta tout sou, son cô.
22.
Mas, quand le trop fiauta liour sécha la courniola,
Yô fouè signe au barghei qu'yô z'a dau vi que flaula,
Que sens autra façou, sauta couma un lebrci,
Par avei part au brei.
23.
Têta à têta, tous dous, setiaz couma confrereis,
Sens souci ni dau vent, dau tem, ni daus affouéreis,
Ils levont le boussé, et sens foucre d'eiforts,
Le liauron dins le corps,
24.
Cependen le soulei deiplegha sa tualetta,
Par s'ana repausa dins sa matta couchetta ;
La manobra n'a jheu, et tout quitta la mô,
Par apeitâ de mô.
25.
Tout s'arriba embei se, peu yô sarra sa porta,
Yô troba sa moueisou, couma si cilla era morta,
Car le brut de sa cour, avant que fâcha nei,
Dort, dins le jhalinei.
26.
Yô lâcha saus mâtis, que ly fason tau fêta,
Que ly sauton partout jusqu'à soubre la têta ;
Qu'où ei sa garda et son guet, dont yô l'ei pus s'egur
Que n'ei pas le Grand-Turc.

�— 107 —
27.
Sa familla l'attend bei la touailla boutada,
Chacun de saus valeis a sa soupa trempada ;
Mas narma n'ausario fouère ana le cueilliey,
Mas quand le moueitre ly ei.
28.
Tout ly porta d'haunour, touta la moueisounada,
Tabe yo n'entra pas, sens avei la coulada ;
Peu, quand yô l'a seignat son ciculla de baou,
Chacun mangha sens poou.
29.
D'autreis propos n'y a pas, mas de bon labourage,
Couma ou faut augmenta le be, dins le moueinaghe,
Yô marqua laus endreis, qu'yô vô leissa chauma,
Et quand yô vô fuma.
30.
L'ordre aneici douna, chacun ly dit : prou fassa !
Peu s'en vont finament remuda liour paillassa ;
Sa fenna voué davant par eichandir le leit,
Diau sat quaus deigaleis.
31.
Veghas-ti laus plasés de la vida rustiqua,
Et qu'approcha le moué de la vida angeliqua,
N'avei meitei de re, et viaoure sens passiaou,
D'amour et d'ambetiaou.
32.
Laus grands ne taton pas lo plasei dins liour vida ;
Entre tant de tracas, la joya n'ei bânida,
L'envegha, le souci, l'ambetiaou et l'amour,
La chassont de la cour.
33.
Qu'où n'ei mas par semblant, quand ly a se lez foué veirc,
Couma on trompa un efant embei un roughc veirc,
Ou n'y a mas la moueisou de mon hôme conien
Onte ly ei, en tout tem

�— 108 —
34.
Ati le trop grand brut n'eissorba las aurillas,
Ati, l'on ne crent re, par l'haunour de las Allas,
Ati l'on crent be moué le ravage dau loup
Que las mas dau filou.
35.
Anfln a qu'où ei le liô, que le repos habita,
Onte le vrc plasei, sens farda se deibita,
Onte l'on dort sens paou d'avei de faux vesis,
Ni moué trop de cusis.
36.
Ati l'on ne vet pas fouère la chata-mita,
Par augmenta d'un grô, l'eitat, ni la marmita,
Narma ati n'ei fourça de dauta le chapé,
N'y de fouère le pê
de vedé.

�— 109 —

L'HOMME CONTENT.

i.
Heureux, qui sans souci, sans procès , sans querelles ,
Est content de tenir la queue de sa poêle ,
Et qui, bien pourvu de ce qu'il faut chez lui,
Ne craint ni faim , ni soif.
2.
Qui attend, pour se lever , l'agréable aubade
Que fait tous les matins sa petite ménagerie ;
Qui entend chanter son coq , et voit de son chevet
Sa marmite qui bout bien.
3.
Qui ne craint ni huissier, ni procureur, ni juge ;
Qui n'a pas d'ennemis , ni seigneur qui le gruge ;
Qui n'a point de papier, pour tracasser chacun ,
Et ne tient rien de personne.

4.
Qui est fort de son grenier et des rangs de sa cave
Qui sont si bien tenus que rien ne s'y perd ;
Qui se sent un garçon et deux ou trois valets
Qui n'aiment pas le lit.
5.
Qui n'achète jamais ni beurre, ni chandelle ,
Qui est content des habits que sa femme lui file ;
Enfin, qui n'achète rien de tout ce qu'il lui faut,
Excepté le fer et le sel.
6.
Qui va tous les matins prendre l'eau bénite ,
Puis trouve, à son retour, chez lui, la soupe prête;
Et sans autre façon visite son robinet
Avec un morceau de pain.

�— 110 —
7.
Qui, après avoir donné bon ordre à sa famille ,
Pour ramasser, sans bruit, quelques liards pour ses fdles ,
Un bâton à la main , suivi de deux lévriers ,
Va voir ses ouvriers.
8.
Quel plaisir doit avoir un homme do la sorte,
Qui se sent un bon bien à l'entour de sa porte ,
Sans rien devoir au seigneur, tout bien quitte et bien sien,
Et laboure avec ses bœufs ;
9.
En un lieu élevé sur une jolie côte,
Loin du bruit, écarté de passage et de route ,
À l'abri de la bise , enfin dans un climat
Ni trop sec , ni trop humide.
10.
Quel plaisir d'écouter couler dans les prés ,
Entre de petits rocs, le clair ruisseau.
Se plaindre des cailloux qui lui font l'affront
De lui rider le front
11.
Qui ne serait pas charmé par une telle solitude,
Où rien ne répond , si ce n'est l'écho
Qui rechigne les mots, et, quand ils seraient d'un roi ,
Veut avoir le dernier.
12.
Où les petits oiseaux disputent avec le zéphir,
Qui fait mille fredons pour flatter sa flore
Laquelle, en revanche de cela, toute pleine d'amour,
Lui fait un lit de fleurs.
13.
S'est-il assez énivré du plaisir du dehors,
Il retourne visiter sa plaisante demeure ;
Mais avant d'entrer , il s'arrête, pour entendre
Piauler ses petits poulets.

�— 111 —
14
11 retourne donc chez lui, et sans sujet de grogner,
Trouve que ses valets ont bien fait leur besogne ,
Que sa femme a donné le mélange aux cochons
Et le grain aux pigeons.
15.
Une sellette à la main , s'approche de sa marmite ,
Sans s'inquiéter de ce que sa femme y fait cuire ,
Si c'est du flanc, de la queue, de la culotte (de bœuf),
Ou quelque mauvais morceau de lard.
16.
Sur une assiette, avec la queue de la cuillère à pot,
11 en tire un morceau, et de cela il fait sa noce.
Les perdrix, chez les grands. n'ont pas autant de saveur
Que son lard chez soi.
17.
Après, en attendant que digestion se fasse ,
De peur que le soleil ne l'ennuie et le fâche ,
De son banc de pierre , il compte le bétail
Qui est dans sa basse cour.
18.
C'est toujours plaisir d'entendre la musique
D'un dindon, d'une petite oie, d'un coq ou d'une poule,
Lui chantant des motets, de si drôles accords
Qui font mourir de rire.
19.
Mais ce qui lui plaît le plus , c'est son coq et ses poules
Qui, après avoir farci leur gosier d'orge ,
Font mille façons, et des ailes et des pieds ,
D'amour et de respect
20.
Et puis, quand le soleil commence à se mouvoir,
D'une main son baril, de l'autre sa flûte,
Il va s'étendre sous quelque grand noyer
Pour voir son berger.

�— 112 —
21.
De là vous entendriez raisonner dans les côtes ,
Les fredons qu'ils font tous deux sur leur flûte :
Quand l'un joue , l'autre attend, et puis, comme l'écho ,
Joue tout seul, à son tour.
22.
Mais quand le trop jouer leur sèche le gosier ,
Il fait signe au berger qu'il a du vin qui grise ;
Celui-ci, sans autres façons, saute comme un lévrier,
Pour avoir part à la boisson.
23.
Tête-à-tête tous deux , assis comme confrères ,
Sans souci ni du vent, du temps , ni des affaires ,
Ils lèvent le baril, sans faire d'efforts,
Le vident dans leur corps.
24
Cependant le soleil déploie sa toilette ,
Pour aller se reposer dans sa molle couchette ;
Le manœuvre en joie quitte l'ouvrage ,
Pour attendre le lendemain.
25.
Tout se retire avec lui, puis il ferme sa porte ;
Il trouve sa maison comme si elle était morte,
Car le bruit de sa cour, avant qu'il fasse nuit,
Dort dans le poulailler.
26.
Il lâche ses chiens qui lui font grande fête,
Us lui sautent partout, jusque sur la tête ;
C'est sa garde et son guet dont il est plus sûr
Que ne l'est le grand Turc.
27.
Sa famille l'attend avec la nappe mise,
Chacun de ses valets a sa soupe trempée ;
Mais personne n'oserait faire aller la cuillère
Si ce n'est quand le maître y est.

�— 113 —
28.
Tout lui porte honneur, toute la maison ,
Aussi il n'entre pas sans avoir l'accolade ;
Puis, quand il a lait le signe de la croix sur son écuelle de bois,
Chacun mange sans peur.
-29.
D'autres propos il n'y en a pas. si ce n'est du labourage,
Comment il faut augmenter le bien dans le ménage ;
Il marque les endroits qu'il veut laisser chômer,
Et quand il veut fumer.
30.
L'ordre ainsi donné, chacun lui fait des souhaits ,
Puis s'en vont doucement remuer leur paillasse ,
Sa femme va à l'avance pour échauffer le lit,
Dieu sait comme elle est dégagée.
31.
Voyez-là les plaisirs de la vie rustique ,
Et qui approchent le plus de la vie angélique ;
Vous n'avez souci de rien et vivez sans passion
D'amour et d'ambition.
32.
Les grands ne goûtent pas le plaisir dans leur vie ;
Entre tant de tracas , la joie en est banie ,
L'envie, le souci, l'ambition et l'amour
La chassent de la cour.
33.
Ce n'est que par feinte, quand elle s'y fait voir,
Comme on trompe un enfant avec un rouge-gorge ;
Il n'y a que la maison de mon homme content
Où elle y soit en tout temps.
34.
Là, le trop grand bruit ne rompt pas les oreilles ;
Là, l'on ne craint rien pour l'honneur des filles ;
Là , l'on craint bien mieux le ravage du loup
Que les mains des filoux.
13

�— 114 —
35.
Enfin, c'est le lieu où le repos habite ,
Où le vrai plaisir, sans fard, se débite,
Où l'on dort sans peur d'avoir de faux voisins
Ni aussi trop de cousins.
36.
Là, on ne voit pas faire la patte de velours ,
Pour augmenter d'un grain l'état ni la marmite ;
Personne, là , n'est forcé d'ôter le chapeau
Ni de faire le pied de veau.

�SAINT BENAI DE POUNTGIBAUD.

TOINA
RACOUNTA A SAUS FIS A IRAIS ANDRÉ,

MICHAU, AUGUSTE ET BARTHELEMY,

L'HISTORIA DE SAINT BENAI, PATRU DE POUNTGIBAUD.

Vous sabaï, maus amis, que partu zoun couliuma,
Quand cragnounlemautemps, oulapleudja, oulabruma,
Ou quauque grand malheur, ou doumbe le tunarri,
De faire bai la chliochas en grand charivari.
Chi quou nai pas partu, cou se fait din las viallas
De Broumon, Pountgibaud, païs près de las Goulas,
Sen parla de St-Ours, St-Peirre, Bounabaud ;
Yo m'entretendrai neu dau fameu Pountgibaud ;
Yo ne parlaya pas de sa baila rebaira,
Dau chatè, ni daus bos, ni de sa granda cheira,
Sen me chiutis le cœui chatuilla de plazai 5
Ma, tretens mon chudjet, yo nen zai le lezai,
Nous parlarens dau bos à soun tou, à sa plaça ;
Yo m'en vaus coumenças, aicauta-me, de gràça.
En djour dounc que le temps zaira couvet de gnaulas,
Et que chacun cragna de se bagnas l'aipaulas,
Le tunarri rounflant din laus nuadjai nais,
Chiarpentava en chliaquant, en aibranlans laus ais,
Couaira pas fenazous, tu drai din le mai d'au,
Laus fes zéroun coupas, et chacun zaya pau,
Au mai zaïa razu, car, va le sai, la pleudja
Daus nuadjais aipais à galo se dégadja ;
Auchitau le suneur. couaira Piare Cazau,
Laissa qui saus soulas, din la gliez d'uen sau,
Se trubè tu d'abord, au s'attacha à la corda ;

�— 116 —
Laus uns à doux djanoux credoun miscrieorda,
Et d'autrais de puras, laus aifans de couris,
De lala vez le pount fazoun mas nas vegnis ;
Pendent tuta qué temps Chiaule se débourdava,
Et tuta notre fe din son cours empourtava,
Bouna Viardja, boun Dieu, que vens-nous devegnis,
Le dailludje ai vendiu, nous vens dounc tous fignis !
La pleudja cependent tourjours s'augoumentava,
Et le pauve Cazau sen se guechis sunava ,
Quand le cura Clement, vendietoun tout courant,
Seguius daux vieux Naudei, Falet, Piarau Mantrant :
Cazau, credétoun is, vai, coura din la viala,
Vai, fâcha rassemblas le mounde de sous l'âla,
Peu ça ribarai tous, nous déliberarens
Ce qu'en chi grand malheur, maus amis, nous farens.
Cazau din za què temps n'aya re din sa brayas,
Auchi courias tan maï, que djamais ne fayas 5
Dins zun petit moument tu le mounde zai vendiu ;
Chacun saira praissa, chacun saira rendiu.
Alors le boun cura dit què pau de paraulas,
Au léra chi countri quau poudia pas piaulas :
Maus aifans, predjen Dieu què pau nous conservas,
Laissens qui notre fe, pensens à nous sauvas ;
Tu le mounde auchitau nava gagna la porta,
Et vous auya credju que le diable l'emporta,
Quand le cura credè qua cou nera pas cou ;
Ma yo n'en poude pus, maus amis, yo ceu rou,
Yo vous laisse parlas; didja, que vens-nous faire ?
Quand Falct s'avançant, dissé : piéta, moun paire,
Yo creze avi truba le filoun quaite eau.
Chin caquaux, dit Piaro, ne zai pu tant de pau.
Chaba dounc : tutas laus patrous de la parodias
Zoun biauco de poudai, pregnens dounc de la bâchas,
Et, sens que sulamen nous en caute en denai,
Daitacharens da qui notre vieux saint Benai,
Nous le pourtarens tous au bord de la rebaira,
Peuça daivotomen nous farens na priéra ;
Alors, je djure alors que le fe dau Boutu
Davant nous, notre saint, na, s'arraitara, tu
Naudai, Piaro, Cazau, nous segrens le cura,
Et quand nous ribarens, le fe s'arraitara.

�117 —
Que counseil approuva, nous se met en devaï
De sourtir de soun coin le paubre saint Benai ;
Au lairas tout couvert de tialas d'aragnadas,
Sas paubras mas daus viards zeroun tuta raudjadas,
Sas aurillas, saus eus soun puris par le temps,
Et billio mai de cent rats zayoun raudja saus reins.
Au n'aya re d'entai ? Parduna-me, na chamba,
Saus bras zeroun medgis, sa téta eicaruchada ;
Au semblava tu drai putaut à saint Fouti,
Qu'au boun vieux saint Benai. Falet, tut essauti,
Pa le sourtis dau coin bintau se bouta à l'obras,
Et le voulent tiras, y cassa l'autre bras.
Boun Dieu, que farens-nous, gna pas morce que tegne ;
Alors le boun Cazau pré le bra pa le pougne,
Le bou su le brancas que diau pourtas le saint ;
Mai chi voulias countas laus morchiaux.. , mai de cent :
Le paubre malhairoux nen fadiè bai sa chamba,
Sa téta bai saus bras... Maus amis, couai chabé :
Que diable fara-t-au, sa téta ne té pas ;
Enfin, que voulai-vous... Ne nous rebutons pas.
Cazau, fâcha sunar notre chliocha à grand branle
Ça fau demora trai pa que narme s'aipanle,
Tour à tour sunarais, pu nus autrais partens ;
Car, pa sauva le fe, ma figa s'en vai temps.
Chaque Pountgibaudois zai sous soun parpleudja,
Bardja autant que pau, de temps en temps s'enbaidja,
Las fennas darés y sount sous lius capuchous ;
Una creda, en purant, ah i paubras, maus ochous ;
L'autra, pu tristament, moun Dieu, sauva moun dague,
Pregna souen de nôtre âne, et laissa faire l'aiguë ;
Paubra, que farai-yo, dit l'autra, en se disulent,
Mou nome s'en zai na carre notra djument,
Et narma zai tourna ; sauva notra cavala,
Moun paur omc djamai ne za voudiu la gala,
Ma cavala, moun Dieu, chiu l'un diau se sauvas.
Taisa-vous, dit Bertin, fenna, couai prou credas.
Ma noun, riba au Chambon, l'aiga zera chi grossa,
Que vous poudié pas na va le proumai foussa ;
Foudié doun s'en tournas ; ils n etoun va le pounl ;
Tuta laus pu dévos près daus curas s'attrupount,

�— 118 —
Zauya vediu passa tu le fe pa charradas.
Et laus Pontgibaudois ! lius fermas daisuladas.
Y zaya un boun moument que le saint zaira qui,
Et tu le fe pourtant passava par aqui :
Le boun cura digia soun Ave, Maria,
Et le bavou Cane credave Alléluia !
Yo ne vous dirai pas tuta laus Oremus,
Laus Credo, laus Pater, gnin zaya tant et pus,
Et malgré cou pourtant tourjous le fe passava,
Et raffinât Falet zera qui qu'enradjava.
Au s'imadjina alors, couma soun bra manquava,
Que le boun saint Benai poudia ne pas avai
Sa puissanta vertu, soun tout-puissant poudai ;
Au vous raduba alors le saint bai tu saus membreis ;
Peu, se virant ves tous, au s'aicredé : Vous autreis,
Cou gnira quaite co, le saint zai tut entai ;
Peu, regardiant le saint, au y dit : Saint Benai,
Yo te fau, moun ami, na daraira priéra ;
Moun paubre, aicauta-la... gardia doun la rebaira,
Vai le fe, tu l'espoir de tant de malhairoux ;
Vai-le se chariaulas subre Chiaule en courroux,
Chi te nous aida pas, te nous coupa laus viaurais.
Hélas ! sauva le fe, te dunen laus riviaurais,
Et chi caucun de nous za poudiu t'offensas,
A doux djanoux, Benai, yo vene te praissas
De parduna enfin, au nu daque las larmas
Que raipendoun par te tant de fidelas armas.
Hélas ! entendai-tiu brama notrais vediaix !
Hélas ! entendai-tiu bella notrais agnaix !
Saint Benai, saint Benai, moun ami, vai ta honta,
Nous prouvaras-tiu pa ta generusa bonta.
Credja-me, saint Benai, gnin raista mas trai brins,
Facha-laus demoras ou t'arrache laus crins ;
Tès, vedja ça vegnis la darraira charrada.
Ma tu le fe bentau za passa sous l'arcada,
Quand d'un air furioux, indigna, tut countrit,
Couma nome, en un mot, que za pardu l'esprit ;
Au creda : Mandja-le ; tès, vai nadar bai se ;
Yo creze que n'aura djamais ni fan ni se.
Ainchi chaba Falet, au fai pouchar le saint 5
Tu le mounda aituna gardiava que pudent,

�— 119 Scguens laus mouvamcns de l'aiga que le porta ;
Chaque Pountgibaudois s'en vai davant sa porta,
Et pense tristament à ce que vai de vaire,
En soupirant, digia, què saint ne valia re
Auchi zavens-nous fait en nuvai saint Benai,
Què da qui quaite co de tu laus saints zai rai :
Yo bai Piare et Legay, Maisonneuve ou doun nautre
Nous portens le brancas va què nouvel apotre.
Ma chi quauque biau djour tu le fe dau boutu
Et de tuta laus pras que se truboun dessu
Rounzairas, et Voulames, et Rebaira, et la Pala
Vougliouns nas vouyadjas darés la Cota-Mala,
Va laus ros dau mougli, va la Councha-Lenchas,
Yo me chardje tu sou de le faire pouchas.

�SAINT BENOIT DE PONTGIBAUD-

ANTOINE
RACONTE A SES FRÈRES ANDRÉ, MICHEL, AUGUSTE ET BARTHÉLÉMY,

L'HISTOIRE

DE SAINT BENOIT, PATRON DE PONTGIBAUD, A L'OCCASION D'UN GRAND
DÉBORDEMENT DE LA SIOULE.

PAIR M. HABITAS, AVOUÉ A CITEMMOIÎT.

Vous savez , mes amis, que partout on a coutume ,
Quand on craint le mauvais temps, ou la pluie , ou la brume,
Ou quelque grand malheur , ou bien le tonnerre,
De faire sonner la cloche en grand branle.
Si ce n'est pas partout, cela se fait dans les villes
De Braumont, Pontgibaud , pays près des Goules.
Sans parler de Saint-Ours, Saint-Pierre , Bonnabaud ,
Je m'entretiendrai aujourd'hui du fameux Pontgibaud ;
Je ne parlerai pas de sa belle rivière ,
Du château, ni du bois, ni de sa grande chaire (1),
Sans me sentir le cœur chatouillé de plaisir ;
Mais, traitant mon sujet, j'en ai le loisir ,
Nous parlerons du bois à son tour , à sa place ;
Je m'en vais commencer , écoutez-moi, de grâce.
Un jour donc que le temps était couvert de brouillards,
Et que chacun craignait de se mouiller les épaules ,
Le tonnerre ronflait dans les nuages noirs ,
Charpentait en claquant, en ébranlant les airs ,
C'était le temps des foins , précisément au mois d'août,

(1) Coulée de lave.

�— 121 —
Les foins étaient coupés , et chacun avait peur -,
Aussi avait-il raison , car vers le soir, la pluie
Des nuages épais à grands pas se dégageait ;
Aussitôt le sonneur, c'était Pierre Cazau ,
Laissa là ses souliers, dans l'Eglise d'un saut
Se trouva tout d'abord , il s'attacha à la corde ;
Les uns à deux genoux criaient miséricorde ,
Et d'autres de pleurer, les enfants de courir ,
De la halle vers le pont ils ne faisaient qu'aller et venir ;
Pendant tout ce temps la Sioule débordait,
Et tout notre foin était emporté par le courant ;
Bonne Vierge, bon Dieu , qu'allons-nous devenir ,
Le déluge est venu, nous allons donc tous finir !
La pluie cependant toujours augmentait,
Et le pauvre Cazau sans se fatiguer sonnait,
Quand le curé Clément, vint tout courant,
Suivi du vieux Naudei, Falot, Piarau, Mantrant :
Cazau, crièrent-ils , vas, cours dans la ville,
Vas, fais rassembler le monde sous la halle,
Puis vous arriverez tous , nous délibérerons
Ce qu'en si grand malheur, mes amis, nous ferons.
Cazau en ce moment n'avait rien dans sa culotte ,
Aussi il courait plus que vous ne pourriez courir ;
Dans un petit moment tout le monde était venu ;
Chacun s'était pressé , chacun s'était rendu.
Alors le bon curé dit ce peu de paroles,
11 était si contrit qu'il ne pouvait parler :
Mes enfants , prions Dieu qui peut nous conserver ,
Laissons là notre foin , pensons à nous sauver ;
Tout le inonde aussitôt avait gagné la porte ,
Et vous auriez cru que le diable les emportait,
Quand le curé cria que ce n'était pas çà ;
Mais je n'en peux plus, mes amis , je suis rompu ,
Je vous laisse parler, dites, qu'allons-nous faire ?
Quand Falet s'avança, il dit : attendez , mon père ,
Je crois avoir trouvé le moyen cette fois,
Cinq œufs (1), dit Pierre , je n'ai plus autant de peur.
Fini donc : tous les patrons de la paroisse
(1) Jurement.

16

�— 122 —
Ont beaucoup de pouvoir , prenons donc des haches,
Et sans que seulement il nous en coûte un denier ,
Nous détacherons de là notre vieux Saint Benoît,
Nous le porterons tous au bord de la rivière,
Puis dévotement nous ferons des prières ;
Alors, je jure alors que le foin du Boulon (1 )
Devant nous notre Saint, ici s'arrêtera tout,
Naudai, Pierre Cazau , nous suivrons le curé ,
Et quand nous arriverons , le foin s'arrêtera.
Le conseil approuvé, nous nous mimes en devoir
De sortir de son coin le pauvre Saint Benoît ;
Il était tout couvert de toiles d'araignées,
Ses pauvres mains des vers étaient toutes rongées ,
Ses oreilles, ses yeux sont pourris par le temps ,
Et peut-être plus de cent rats avaient rongé ses reins.
Il n'avait rien d'entier ? Pardonnez-moi, une jambe ;
Ses bras étaient moisis , sa tète percillée ;
Il ressemblait vraiment plutôt à Saint Foutin
Qu'au bon vieux Saint Benoît. Falet, tout étourdi,
Pour le sortir du coin bientôt se mit à l'œuvre ,
Et le voulant tirer, lui cassa l'autre bras.
Bon Dieu, que ferons-nous, il n'y a pas un morceau qui tienne,
Alors le bon Cazau prit le bras par le poignet,
Le met sur le brancard qui doit porter le Saint ;
Mais si vous vouliez compter les morceaux..., plus de cent :
Le pauvre malheureux en fit avec ses jambes ,
Sa tête ainsi que ses bras... Mes amis c'est fini 5
Que diable fera-t-il, sa tète ne tient pas ;
Enfin , que voulez-vous... Ne nous rebutons pas.
Cazau, fais sonner notre cloche à grand branle ,
11 faut demeurer trois pour que personne ne se fatigue ,
Tour-à-tour vous sonnerez, puis nous autres partons ;
Car pour sauver le foin , ma foi il s'en va temps.
Chaque Pontgibaudois est sous son parapluie ,
Se fatigue autant qu'il peut, quelquefois se met dans l'eau.
Les femmes, derrière, sont sous leurs capuchons ;
Une crie en pleurant : Ah ! pauvres, mes oisons !
L'autre , plus tristement : mon Dieu , sauvez mon oie mâle !
(1) Le Boulon, nom du haul de la prairie de Ponlgibaud.

�— 123 —
Prenez soin de noire âne, et laissez faire l'eau ;
Pauvre, que ferai-je , dit l'autre, en se désolant,
Mon homme est allé chercher notre jument,
Et personne n'est revenu; sauvez notre jument,
Mon pauvre homme n'a jamais valu la gale ,
Ma jument, mon Dieu , si l'un doit se sauver.
Taizez-vous , dit Bertin , femmes , c'est assez crié.
Mais en arrivant au Chambon (1), l'eau était si grosse,
Que vous ne pouviez pas aller au premier fossé ;
Il fallut donc s'en retourner ; ils allèrent vers le pont ;
Tous les plus dévots près du curé s'attroupèrent,
Vous auriez vu passer le foin par charretées,
Et les Pontgibaudois, leurs femmes désolées.
Il y avait un bon moment que le Saint était là ,
Et tout le foin pourtant passait par là :
Le bon curé disait son Ave Maria,
Et le baveux Cané criait Alléluia !
Je ne vous dirai pas tous les Oremus ,
Les Credo, les Pater, il y en avait tant et plus..
Et malgré cela pourtant toujours le foin passait,
Et l'affiné Falet était là qui enrageait.
11 s'imagina alors , comme son bras manquait,
Que le bon Saint Benoit pouvait ne pas avoir
Sa puissante vertu , son tout-puissant pouvoir ;
Il vous rhabilla alors le Saint, et tous ses membres \
Puis se retournant vers tous, il s'écria : vous autres ,
Ça ira cette fois , le Saint est tout entier ;
Puis regardant le Saint, il lui dit : Saint Benoit,
Je te fais, mon ami, une dernière prière ;
Mon pauvre, écoute-!a... Regarde donc la rivière ,
Vois le foin , tout l'espoir de tant de malheureux ,
Vois le se charrier sur la Sioule en courroux ,
Si tu ne nous aides pas, tu nous coupes les vivres.
Hélas ! sauves le foin , nous te donnons les regains ,
Et si chacun de nous a pu t'offenser ,
A deux genoux, Benoît, je viens te presser
De pardonner enfin, au nom de ces larmes
Que répandent pour toi tant de fidèles âmes.

(I) Partie de la praiiic.

�Hélas ! entends-tu crier nos veaux ?
Hélas ! entends-tu bêler nos agneaux ?
Saint Benoît, Saint Benoît, mon ami, vois ta honte;
Ne nous prouveras-tu pas ta généreuse bonté ,
Crois moi, Saint Benoît,, il n'en reste que trois brins ,
Fais-les demeurer ou je t'arrache les crins ;
Tiens, vois venir ici la dernière charretée.
Mais tout le foin bientôt aura passé sous l'arcade ,
Quand d'un air furieux, indigné, tout contrit,
Comme un homme en un mot qui a perdu l'esprit,
Il crie; manges-le; tiens, vas nager avec lui ;
Je crois que tu n'auras jamais ni faim , ni soif.
Ainsi finit Falet, il fait plonger le Saint ;
Tout le monde étonné regardait ce puant,
Suivant le mouvement de l'eau qui le porte ;
Chaque Pontgibaudois s'en va devant sa porte ,
Et pense tristement à ce qu'il vient de voir ;
En soupirant, il disait, que ce saint ne valait rien.
Aussi avons-nous fait un nouveau Saint Benoît,
Celui-là, cette fois , de tous les Saints est Roi ,
Moi, avec Pierre et Legay, Maisonneuve et un autre ,
Nous portons le brancard vers ce nouvel apôtre.
Mais si quelque beau jour tout le foin du Bouton
Et de tous les prés qui se trouvent dessus,
Ronzières, et Voulûmes, et Rivière, et La Palle (1) ,
Voulaient aller voyager derrière la Côte-Male ,
Vers les rochers du moulin, vers la Couche-Lanche,
Je me charge tout seul de le faire plonger.

( I) Parcelle de la prairie

��LE COUMPLIMEN DAU SAUVAGE
QU'EI

SOUBRE

LA

GRANDO

FON

L'AIGUO,

DE

CLIARMOU,

QU'IO

DAVAN

L'APPELLO

JTOUÈ PAIS MOircjHiœir

SA

L'ÉVEICHA,

NIMPHO.

I/AVOUCA

BECHOT.

Nimpho, mamour, bon ser, vou chia la be vengudo,
Ou glio mé de trente an qu'ïau ne vous zé vegudo ;
Ne me quitta don pu ni la neu ni le jour,
Veignia, monta cé-su, fâcha minti quau lour
Tout aquau envegeou, que ne voulion pas creire
Que jamoué pu eichi nau ne pauguessen veire.
Ma quou n'ei pa prou de me foueita le tiau,
Quan vou fazé boundir l'eifor de voutre riau,
Passa par moun ranchau par mé fouére la féto,
Baigna-me tou le cor, mounta soubre ma této ;
Peu, quan vou deiscendrei, quou chero le plazei
De veire eicom pissa tout aquau marmouzei.
Nau bealen tou de se, et sen quoquo rouzado,
Qu avian din lau beau ten par dau ran de mudado,
Vou ne troubaria pa votre sauvage eichi,
lo cherio mor un co, le paubre ei tou tranchi.
Ma quou ne cherio re d'avei gu la pupido,
En sechan soubre pè, d'avei pardu la vido;
Quouei be encora pire, lau affroun que m'on fouè,
De lau vou dire tou, ïau n'aurio jamouè fouè ;
Ou n'y a peti ni gran, homei, fenna, figlias,
Que cen cò tou lau jou ne m'ageon chanta pouillas.
Tantau l'un me digio : que foué què gran lourdau
Dessoubre quello fon, jucha coum'un dindau ;

AU

RETOUR

DE

�LE COMPLIMENT DU SAUVAGE
PLACÉ SUR LA GRANDE FONTAINE DE CLERMONT, AU RETOUR DE L'EAU QU'IL
APPELLE SA NYMPHE.

If AIT IA1 HKJHSIEim IL'AVOCAT EKCHOT.

Nymphe, mon amour, bon soir, soyez la bien venue,
11 y a plus de trente ans qne je no vous ai vue ;
Ne me quittez donc plus ni la nuit ni le jour,
Venez, montez ici, faites mentir ces niais ,
Tous ces envieux, qui ne voulaient pas croire
Que jamais plus ici nous ne puissions voir.
Mais ce n'est pas assez de me fouetter le derrière,
Quand vous faites bondir les flots de votre ruisseau,
Passez par mon tuyau pour mieux faire plaisir.
Baignez-moi tout le corps, montez sur ma tête;
Puis, quand vous descendrez, ce sera le plaisir
De voir comment agissent tous ces petits marmouzets.
Nous crions tous de soif, et sans quelques rosées,
Que nous avons dans le beau temps, par suite d'orages,
Vous ne trouveriez pas votre Sauvage ici,
Il serait mort ; le pauvre est tout transi ;
Mais ce ne serait rien d'avoir eu la pipie ,
En séchant sur pied , d'avoir perdu la vie ;
C'est bien encore pire, les affronts qu'on m'a faits,
De vous les dire tous, je n'aurais jamais fini ;
Il n'y a ni petits, ni grands, hommes , femmes , filles ,
Qui cent fois le jour ne m'aient dit des injures.
Tantôt l'un me disait : que fait ce grand lourdaud
Dessus cette fontaine , juche comme un dindon;

�L'autre, ïau le vo trcina dedin uno chiveiro,
Par fouérc le daru dedin ma chanabeiro.
Ne fachei pa, diguè le vale d'un fournei,
lo poura lie sarvi d'âne à noutre maunei.
Un grand seitre enragea de se en d'un co de daillo,
Ma boulado roumpè, que sauvé ma vidaillo.
Daquè-l-affroun moun cor fugué chi abbatiu,
Qu'ïau ne li pouguei pa dire, maudi chia-tiu !
Deipeu tou lau eifan que venon de l'eicolo,
Se mouquavon de me, bei moun tro de massolo,
Et par me meiprisa, à gran co de pon queu,
Que sourtion mà dau four, me pouchavoun lau zcu
La Francezo, l'Ali, l'Anno, la Genevièvo,
Qu'avion roumpu liour pô en venen de Fongièvo ,
Venion dessou moun na, por me dire, jarguen,
lau te doune ne daguè, que n'a de blan din l'eu;
D'autra, maudi chia-tu, tant me douna d'aflouére,
D'ana sei co dau jour coure vé Beaurepouéro ;
La autra que venion gâta de Saint-Andriou,
Cregion se mé vengea, de me dire . coudiou,
Chi vailla un farniou, ta fenno Tirataino
Ne t'aurio pa quitta, par courre la quinquaino ;
lau ne dise re pu, ïau n'é beglio trô di;
Enfin, ïau zé pa di la vido d'un Lazare,
Ma, be qu'ïau chio sauvage, ïau ne sé pas barbare,
lau lau pardoune tou par l'amour dau boun Diau
Qu'apré tan de mau ten, za gu piata de ïau.

�— 129 —
'L'autre, je vais le traîner dans une brouette,
Pour faire le pantin dans ma chenevière.
Ne le faites pas, dit le valet d'un boulanger ,
11 pourra bien servir d'âne à notre meunier.
Un grand faucheur enragé de soif, d'un coup de faulx
Ma massue a brisé, ce qui me sauva la tête !
De cet affront mon cœur fut si abattu ,
Que je ne lui pus pas dire , sois maudit !
Depuis, tous les enfants qui viennent de l'école ,
Se moquent de moi, ainsi que de ma mauvaise massue ,
Et pour me mépriser , à grands coups de pommes cuites
Qui sortaient du four, me pochaient les yeux ;
La Françoise, l'Ali, l'Anne , la Geneviève,
Qui avaient rompu leurs pots en venant de Fontgiève,
Venaient dessous mon nez, pour me dire : Coquin,
Je te donne plus d'argent que tu n'as de blanc dans l'œil ;
D'autres, que tu sois maudit, tant tu me donnes de peine,
D'aller six fois par jour courir à Beaurepaire ;
Les autres qui venaient, fatiguées, de Saint-André,
Croyaient se mieux venger en me disant : cocu ,
Si tu valais quelque chose, ta femme Tiretaine
Ne t'aurait pas quitté , pour courir la prétantaine;
Je ne dis plus rien , j'en ai peut-être trop dit ;
Enfin , je n'ai pas dit la vie d'un saint,
Mais bien que je sois sauvage , je ne suis pas barbare ,
Je les pardonne tous pour l'amour du bon Dieu ,
Qui après tant de mauvais temps , a eu pitié de moi.

17

�REIPOUNSO DE LA NIMPIIO
AU COUMPLIMEN DE SOUN COMPOUÉRE

LE SAUVAGE.

Coumpouèrc, quou ei be la razou,
Qu'apré que din voutro moueïsou,
Vou m'avé chi be recebudo,
lau n'age pa la linguo mudo,
Et qu'ïau reipounde vitamen
A voutre genti coumplimen.
Vou cherei ben aize d'apprendre,
Coumo ïau do vous foucre entendre,
Ce que m'é de même avengu
Deipeu qu'ïau ne vous zei végu.
Chi la chalour vou ennigeavo,
Et chi tan de ten vou duravo
De me veire menado eichi,
Par rampli voutre gran bachi,
Cregea qu'ïau n'éro bé punido,
lau ne cregio pu d'être en vido,
Tan moun cime zéro eitouna ;
Car jamoué ne vou zé pouna,
Le cor pu sarra qu'uno peiro,
lau maudichio la fontaneiro,
Que par nau bouta de meicor,
Nau roumpè la vena dau cor.
lau digio : què paubre sauvage,
Qu'ei tou deinu, qu'ei soubre l'âge,
Deau être devengu tou se,
lo chero beglio mor de se,
Peu toumba dedin la charreiro ;
Vou faudrio qu'ïo fusso de peiro,

�RÉPONSE DE LÀ NYMPHE
AU COMPLIMENT DE SON COMPÈRE LE SAUVAGE.

Compère , c'est bien à propos,
Qu'après que dans votre maison
Vous m'avez si bien reçu,
Je n'aie pas la langue muette,
Et que je réponde promptement
A votre joli compliment.
Vous serez bien aise d'apprendre,
Comme moi de vous faire entendre
Ce qui m'est aussi arrivé
Depuis que je ne vous ai vu.
Si la chaleur vous ennuyait,
Et si le temps vous durait
De me voir amenée ici,
Pour remplir votre grand bassin ,
Croyez que j'en étais bien punie,
Je ne croyais plus être en vie
Tant mon esprit était étonné ;
Car jamais je ne vous ai peiné.
Le cœur plus serré qu'une pierre ,
Je maudissais la fontainière
Qui, pour nous mettre en discorde ,
Nous rompait les veines du cœur.
Je disais : ce pauvre sauvage ,
Qui est tout nu, qui est âgé,
Doit être devenu tout sec,
Il sera peut-être mort de soif,
Puis tombé sur le chemin,
Il faudrait qu'il fût de pierre

�— 132 —
Par avei dcmoura tou drei,
Embeï la raïo dau soulci,
A quou ei li fouére tro de tor,
lau crèze bien qu'ïo chcra mor,
Hé qu'au zo-be pensa sen rire,
Ce que tu vené de me dire-;
Ce que tou le mounde t'a foüé,
Ce que te digion, à moüé moüé ;
A quou ei ce que me tourmentavo.
Et par deipi ïau m'en anavo
M'eissali dedin lau-rivau,
Par lau foussa, par lau ranchau,
Et quagimen touto l'anado
lau lavavo mà la bujado.
Ma, ce que me rcjaugiguè,.
Et tou moun cor rire faguè,
Quou ei qu'à la fi del'autro nado,
Quan y me dounavon l'aubado,
Que la flauta et lau tambour
Fagion vé Rouïa tan de tour,
Et pourtavon tan de pidanço,
Que jamoué ne fuguè tan danso ;
Quoqun me doune quoque avi
Que tu zavia begu dau vi (1).
lau diguei tau chitau. courage,
Vou fau que moun paubre sauvage
N'ageo gi gu de mal heivcar,
Et que le vi ne chio pa char.
Peu, ce que me faguè moué rire,
Quou ei quan iau liau entendei dire
Que moun chami cheriau tou foué
A journado ou à prei foué,
Et qu'ïau te devio veni veire,
Netto et cliaro coum'un veire.
Coumo le jour fuguè douna,
Nau pensen avei pintouna.
Iau sourtiguei de din ma groutoT
Et men anei sen veire goutto
Par un chami que voué tou drei

(1) On fit aller, celte année-là, la grande fontaine avec du Tin.

�— 133 —
Pour être demeuré tout droit
A l'ardeur des rayons du soleil;
C'est lui faire trop de tort,
Je crois bien qu'il sera mort.
J'ai bien pensé, sans rire,
A ce que tu viens de me dire :
Ce que tout le monde t'a fait,
Ce qu'on te disait tant et tant,
C'est ce qui me tonrmentait.
Et par dépit, je m'en allais
Me promener dans les ruisseaux,
Dans les fossés, dans les tuyaux ;
Et presque toute l'année,
Je lavais aussi la lessive.
Mais ce qui me réjouissait,
Et tout mon corps riait,
C'est qu'à la fin de l'autre année,
Quand on me donnait l'aubade,
Que les fifres et les tambours
Faisaient vers Royat tant de tours,
Où l'on portait tant de pitance,
Que jamais il ne fut tant dansé,
Quelqu'un me donna avis
Que tu avais bu du vin.
Je dis aussitôt : Courage !
Il faut que mon pauvre Sauvage
N'ait point eu de mal cet hiver,
Et que le vin ne soit pas cher.
Puis, ce qui me fit le plus rire,
C'est quand je leur entendais dire
Que mon chemin serait tout fait,
A journée ou à prix fait,
Et que je devais te venir voir,
Nette et claire comme un verre.
Comme le jour fut donné,
Nous pensâmes avoir pinté.
Je sortis de ma grotte,
Et je m'en fus sans voir goutte,
Par un chemin qui va tout droit

�— 134 —
A la vigno do Taillandei ;
Peu, me fourrci této proumeiro
Din-t-uno longue- chatouneiro
Que m'a tan sarra la coudeno
Qu'ïau nen pardei qu'agi l'haleno ;
Car, ma fi, vou ne fau pa ereire
Que, quan tu m'a tournado veirc,
Iau chio vengudo, moun ami,
Tourjou par aquè vieu chami
Qu ei dau cauta de Chamaleiro
Et d'aquè gran cliuchei de peiro,
Qu'un moucine, que foué l'entendu,
Za deipeu quoque ten vendu ,
Par nen mé bati la eugino,
Jamoué la peiro la pu fino.
Mà que bauchon be moun partu,
Chi l'é me trapon jamoué pu,
Et chi din què quartei ïau toumbe ;
Vou lé za tan de meichan mounde
Que, quan i zavion moué de se,
Me sarravon chacun cha se.
Et quan vou me cregia pardudo,
Iau cherio be souven vengudo,
Par arrousa din quoque jardi.
A quou ei bien vré ce que se di,
En noutre rustique lingage,
Qu'enbei le ten loun a de l'âge.
Quoque gran moueitre fontanei,
Qu'a un saïou de velour nei,
Ei vengu dau cauta de Franco,
Quou nei pa sen forço finanço
Quan què moundo quitton Pari,
Par veni din queitc paï ;
Mà tabe quou ei chaba de fouére,
A quou ei dau fontanei le pouére,
Et touta ma sor, coumo ïau,
Li on be de l'aubligachiau.
A quou ei què brave parsounage,
Que condui tout aque l'aubrage,
Et za fouc minti la fenna
Que digion qu'aurio pc de na.

�— 135 —
A la vigne de Taillandier;
Puis, je me fourrai tête première
Dans une longue chatonnière,
Qui m'a tant serré la couenne (peau),
Que j'en perdis quasi l haleine ;
Car, ma foi, il ne faut pas croire
Que, quand tu m'as revue ,
Je sois venu, mon ami,
Toujours par ce vieux chemin
Qui est du côté de Chamalières
Et de ce grand clocher de pierres ,
Qu un moine , qui fait l'entendu ,
A depuis quelque temps vendu,
Pour bâtir la cuisine',
De la pierre la plus fine.
Mais qu'on bouche bien mon ouverture,
Si l'on m'y attrape jamais plus ,
Et si dans ce quartier je tombe ,
Où il y a tant de méchant monde
Que, quand ils n'avaient plus soif,
Ils me fermaient chacun chez soi.
Et quand vous me croyiez perdue ,
Je serais bien souvent venue ,
Pour couler dans quelques jardins.
C'est bien vrai ce qui se dit
Dans notre rustique langage
Qu'avec le temps l'on a de l'expérience.
Quelque grand maître fontainier,
Qui a une veste de velours noir,
Est venu du côté de France ,
Ce n'est pas sans force finances
Quand ce monde quitte Paris,
Pour venir^dans ce pays ;
Mais aussi c'est fini de faire ,
Il est des fontainiers le père ;
Et toutes mes sœurs, comme moi,
Lui ont bien de l'obligation.
C'est ce brave personnage
Qui conduit tout cet ouvrage ,
Et il a fait mentir les femmes
Qui disaient qu'il aurait un pied de nez.

�— 132 —
Mà, quou ci gran co, que jamoué rire
Ne fuguè scn quoque couchire !
Mà be vengudo jusqu'eichi
A chi-be eissugnia lau bourchi,
Que l'oun ne sa pa coumo fouére
Par achaba que grand affouére.
Cliarmou deau moué de milla fran,
Que vou ne n'y a de jour en l'an,
Sen counta tan de raubatori,
Pirei qu'aquau dau pèr'Antori.
Vou n'y a que soun chi de lezei,
De dire pré de liour fougei,
En fazen de liour pô pidanço,
Nau n'auren pù de suchistanço,
Lau jejuista payaron tou ;
Mà quoque fa creirio-be quou.
Aquè mounde enbei liour eicolo,
Sa chi-be nau bailla la colo.
Que de tou ce qui zon proumei,
Jamoué ne s'en veiro denei.
Aquello fino Reverenço
Ne di pa tou ce qu'eiglio penso.
Chi dedin le foussa dau cor (des tuyaux)
Cherio toumba quoque tresor,
Par païa touto ma deipenso,
0 la grando réjaüissenço !
Mà aquou nei ma pardre ten,
Et se païa d'are et de ven.
Beglio putau de ma parsouno
lau faré quoquo bouno soumo.
lau sé preito d'ana partou,
Mà qu'aquou chio par le boun bou ;
Aquou ei tou ce qu'ïau poude fouére ;
Et par achaba queite affouére
Enbei quoque pô de lati
Qu'ïau zé massa de par ati,
Peu que n'aven ni crou ni pialo,
Par païa ce que deau la vialo,
Iau zé foué, en peti de mou,
Aqucitciver soubre Cliarmou.

�— 137 —
"Mais c'est mieux de ne jamais rire
Ne fût-ce sans quelque remords.
Ma bienvenue jusqu'ici
A si bien épuise la bourse,
Que l'on ne sait pas comment faire
Pour achever cette grande affaire.
Clermont doit plus de mille francs,
Qu'il n'y a de jours dans l'an ,
Sans compter tant de vols,
Pires que ceux du père Antori ;
Où il n'y a que son chien de lésé,
De dire près de leur foyer ,
En faisant de leur pain pitance :
Nous n'aurons plus de subsistances,
Les jésuites paieront tout.
Mais quelque fat croirait bien cela;
Ce monde avec leur école ,
Savent si bien nous donner la colle ,
Que de tout ce qu'ils ont promis,
Jamais il ne s'en verra un denier.
Cette fine révérence
Ne dit pas tout ce qu'elle pense.
Si dans le fossé des tuyaux
Il était tombé quelque trésor ,
Pour payer toute ma dépense ,
A la grande réjouissance !
Mais ce n'est que perdre du temps ,
Ça se paie d'air et de vent ;
Peut-être, plus tôt de ma personne
Je ferai quelque bonne somme.
Je suis prête à aller partout,
Mais que ce soit par le bon côté ;
C'est tout ce que je peux faire ;
Et pour achever cette affaire,
Avec quelque peu de latin
Que j'ai ramassé par-ci par-là ,
Puisque nous n'avons ni croix ni pile
Pour payer ce que doit la ville ,
J'ai fait, en peu de mots,
Ces vers sur Clermont.

�POÈME SUR LÀ TERRASSE ET LE REMPART
DE LA PORTE CHAMPET,

DONT LA DÉMOLITION A COMMENCÉ EN

1688

ET A ÉTÉ FINIE

Un jour que le chagrin ché nau me tourmentavo,
M'aubligé à sourti son saubre onte iau navo.
Aian foué quoquei pa, tou d'un co m'avizei
De passa à la porto dau Champé, par plazei,
Veire à que marran d'homei à la Terrasso
Que la deimoulichioun par la réduire eu plaço ;
Coumo ïau y fuguei tou sou counchideran
Tou-t-aquau païsan que-z-eroun tou de ran,
L'un bei un queirelen , l'autre en bei une beisso ,
Vou faillo veire quou coum'-i-z-eroun de preisso
A remuda la tearro de partou lau coustas ,
D'autrei bei la chiveira que la venioun daula ;
A quou n'avo dau mé ; n'y avio ma la Terrasso
Que fagio din qué ten uno lourdo grimaço,
Par uno tristo mino et un rechigniamen,
Que temouniavo avei dau meicountatamen
De se veire tratado d'uno chi rudo sorto ,
S'en que jamoué ïau sache qu'eiglio-z-ageo foué fauto ,
Ce que m'aubligé lor, pourta de coumpachiau ,
D'in pau la counsola din soun affliction,
Par un peti discour que l'i faguei entendre,

EN

1692.

�SUR LA TERRASSE ET LE REMPART

￼

DE LA PORTE CHAMPET

PONT LA DÉMOLITION A COMMENCÉ EN

1688

ET A ÉTÉ FINIE EN

JPAK FEAHÇOIS KEEttBIX:.

Un jour que le chagrin chez moi me tourmentait,
Il m'obligea à sortir sans savoir où j'allais.
Ayant fait quelques pas, tout-à-coup je m'avisai
De passer à la porte Champcix, par plaisir,
Voir ces importants hommes, à la Terrasse,
Qui la démolissaient pour en faire une place;
Comme j'étais tout seul à considérer
Tous ces paysans qui étaient en rang -,
L'un avec une pioche , l'autre avec une bêche,
Il fallait voir comme ils étaient pressés
A remuer la terre de tous côtés ,
D'autres avec des brouettes venaient l'ôter ,
Cela allait du mieux ; il n'y avait que la Terrasse
Qui faisait dans ce temps une grosse grimace,
Par une triste mine et un réchignement
Elle témoignait avoir du mécontentement
De se voir traitée d'une si rude sorte ,
Sans que jamais, je sache, elle n'ait fait faute ;
Ce qui m'obligea alors, par compassion,
D'un peu la consoler dans son affliction,
Par un petit discours que je lui fis entendre ,

1692.

�— 1-íO —

Qu'eiglio n'avio pa tou le sujé de se plcndre 5
Que ce qu'oun n'en fagio n'èro ma par soun met,
Et qu'aquou se fario avan que chio dou mci.
Sacho , l'i diguei-ïau , deizoulado Terrasso,
Que loun a resoulu de te réduire en plaço ,
Din le counser de vialo gl'ya deijà pré d'un an ,
Et d'au counsentamen de Moucheu l'Intcndan ;
Ante tou tau vegi, quan-z-oun saubu l'affouëre ,
Soun tou eita ravi de te veire défouére.
Tou coumo chi-z-eira quoque grand éléphan
Qu'aurio gu deivoura quoeun de liau eifan ;
Jusque au jacoupi, que soun gen de counchienço ,
N'en foun tou entre-i grando rejaugissenço ,
Be louen d'avei par te aucunament piata ,
De ce que loun te voue fouère changea d'eita ;
S'en te parla enquéro d'aqué là religiausas ,
Que soun à toun endrei tellamen malichiausas,
Qu'eiglia te vaudrioun veire plato couina la mo,
Et qu'aquou fusso aneu putau qu'apré demo.
Iau ne sé pas d'oun vé aquello mauvaillenço ,
Car quo gran mau poudio liau fouère ta presenço ?
Chiquou n'ai pa qu'alor que t'avia tauicanous,
Fagia toumba liau vitra et branla liour moueizou.
Enfin quo que n'en chio , paubre infortunado ,
Vou fau te veire à ba din la fi de la nado ,
Son que tu t'ozei plendre d'un mou tan-soulamen ,
De tou ce qu'oun te foué de mauva tratamen.
Ma ïau-z-é auchi be autro chozo à te dire,
Que deau te rejaugi jusqu'à te fouère rire ,
Quouei que l'oun deau, un jour, dessoubre te planta
Quoque genti boucage ante vendroun chanta ,
Le mati, millo augeau de din toun vcar fuliage,
Que te rejaugiroun par liour tendre ramage ;
Et peu quan faro beau, soubre le cor dau jour,
Tu voira le beau mounde y fouère milió tour,
De touta coundiebiau, à pé et en carrosso;
Au lio que tu n'avia ma dessoubre ta bosse
Quoquei peti eifan entre-i devisan ,
Ou bc le pu souven quoque grau païsan ,

�— 141 Qu'elle n'avait pas trop sujet de se plaindre ;
Que ce qu'on en faisait n'était que pour son mieux,
Et que cela se ferait avant qu'il fût deux mois.
Sache, lui dis-je, désolée Terrasse,
Que l'on a résolu de te réduire en place.
Dans le conseil de ville , il y a déjà près d'un an ,
Et du consentement de Monsieur l'intendant ;
Où tous les voisins, quand ils ont su l'affaire
Ont été ravis de te voir défaire.
Tout comme si tu étais quelque grand éléphant
Qui aurait dévoré quelques-uns de leurs enfants ;
Jusqu'aux Jacobins, qui sont des gens de conscience,
Qui font tous entr'cux grande réjouissance,
Bien loin d'avoir pour toi pitié,
De ce que l'on te va faire changer de destination ;
Sans te parler encore de ces religieuses
Qui sont à ton endroit tellement malicieuses ,
Qu'elles voudraient te voir plate comme la main
Et que ce fût aujourd'hui plutôt qu'après demain.
Je ne sais pas d'où vient cette malveillance,
Car quel grand mal pouvait leur faire ta présence ?
Si ce n'est lorsque tu avais tes canons,
Tu faisais tomber leurs vitres, ébranlais leurs maisons.
Enfin , quoi qu'il en soit, pauvre infortunée ,
Il faut te voir détruite à la fin de l'année ,
Sans que tu oses te plaindre d'un mot seulement
De tout ce qu'on te fait de mauvais traitement.
Mais j'ai aussi autre chose à te dire,
Qui doit te réjouir jusqu'à te faire rire ;
C'est que l'on doit un jour sur toi planter
Quelque joli bosquet où viendront chanter ,
Le matin , mille oiseaux dans ton vert feuillage,
Qui te réjouiront par leur tendre ramage.
Et puis, quand il fera beau , dans le courant du jour,
Tu verras le beau monde y faire mille tours,
De toutes conditions, à pied et en carrosse ,
Au lieu que tu n'avais sur ta bosse
Que quelques petits enfants entre eux s'amusant,
Ou bien le plus souvent quelques gros paysans ,

�— 142 —
Piqua , lau bra croueiza , tou coumo-z-ei un abrc,
Autramcn , par me dire, coumoun chandelabre ,
Duran touto la nado , en beauten, en heivear,
A veire la viroundei, ou prendre lauzé vear.
Apré, soubre le sei, te vendro de la flglias ,
Genta, leste, et dreita coumo de la quillia,
Enbei à liau cauta quoqu"ei genti garçou ,
En parlan d'amoureta, chantan plugieur chansou ,
Dessoubre l'aupéra tou-t-en air de mugiquo
Don fau par la chanta vei la voi Angeliquo ;
D'aucun co n'y auro d'autra que cheroun sen galen ,
Que s'einpatinaroun à parla de riban ,
De dantéla , de gan , ou be de liau fountagei,
Que la foun ressembla de louen à quoquei angei,
D'aquau angei de cero, veti de tafetar,
Que loun souglio bouta dessoubre lau autar.
Ma quou nei pa ti la centième partido
De ce que tu veira lor qu'oun t'aura unido ;
Car de tau dire tou vou faudrio tou-t-un jour,
Moue ïau crèze encora qu'ïo se troubario cour.
Encora qu'ati n'y a prou par te fouère entendre
Qua quouei le pu gran be que tu sauria pretendre.
Cesso doun ta doulour, toun chagrin , toun souchi,
Peu que tu chera mé sen te baugea d'eichi.
Vegeo-ti ce qu"ïau-z-é par avhouro à te dire ;
Adieu, vou sen voué ten que d'eichi ïau me tire.
Et peu ïau la laissei jusqu'au mei de mar ,
Qu'ïau la fugei reveire, un jour, soubre le tar.
Chitau que me vegué me fagué gran caresso ,
M'arreitan par le bra , et me tiran sen cesso ,
Ce que me countrengué de m'arreita tout cour,
Et peu apré enchuito me tengué que discour :
Boun scr , Mouchcu, boun ser , ïau sé voutro chiarvento,
De cé un po de ten ïau se de din l'atendo ,
Tourjou din l'impachienço , tourjou din le souchi
Dé vou veire un jour parmena par eichi,
Tou par vou temougnia , qu'ïau sé voutr' aubligeado ,
D'être eitado de vou un jour bien soulageado ;
Quou éro, chi vou souvè , apré la Sain Marti,
Lor qu'oun éro apré ïau par me dauta d'ati ;

�— 143 -Plantés, les bras croisés, comme un arbre,
Autrement, pour mieux dire, comme un candélabre,
Durant toute l'année , en beau temps , en hiver,
A voir la pirouette ou prendre l'oiseau vert.
Après , sur le soir, il te viendra des filles
Gentilles, lestes et droites comme des quilles ,
Avec elles, à leur côté, quelques gentils garçons ,
Parlant d'amourette , chantant plusieurs chansons
Sur l'opéra , tout en air de musique ,
Dont il faut pour les chanter avoir une voix angélique.
D'autres fois, il y en aura d'autres qui seront sans galants ,
Qui s"empresseront à parler de rubans ,
De dentelles, de gants , ou bien de leurs fantaisies,
Qui les font ressembler de loin à des anges ,
De ces anges de cire vêtus de taffetas ,
Que l'on pourrait mettre sur les autels.
Mais ce n'est pas là la centième partie
De ce que tu verras lorsqu'on t'auras unie ;
Car pour te le dire tout, il faudrait tout un jour,
Je crois encore qu'il se trouverait court.
Quoiqu'ici il y en ait assez pour te faire entendre
Que c'est le plus grand bien que tu saurais prétendre.
Cesse donc ta douleur, ton chagrin, ton souci,
Puisque lu seras mieux sans te bouger d'ici.
Voici ce que j'ai, pour le présent, à te dire;
Adieu, il s'en va temps que d'ici je me retire.
Et puis je la laissai jusqu'au mois de mars ,
Que je la fus revoir un jour sur le soir ;
Sitôt qu'elle me vit, elle me fit grande caresse ,
M'arrêtant par le bras, et me tirant sans cesse,
Ce qui me contraignit de m'arrêter tout court,
Et puis ensuite me tint ce discours :
Bon soir, Monsieur , bon soir, je suis votre servante,
Depuis un peu de temps je suis dans l'attente ,
Toujours dans l'impatience, toujours dans le souci
De vous voir un jour promener par ici,
Pour vous témoigner que je suis votre obligée ,
D'avoir été, de vous , un jour bien soulagée ;
C'était, s'il vous souvient, après la Saint-Martin ,
Lorsqu'on était après moi pour m'ôter de là ;

�— 144 —
Vou y avio què jour trcnto homei ton de teiro ,
Qu'avïoun pa moué de ïau piata que d'uno peiro ;
Car i me deichiravoun enbei tan de plazei,
Que treitou se piquavoun à quo fario le mei ;
Vou le venio par lor tan de moundc-z-au veire,
Que n'au-z-aurio vegu aurio peno dau creire ;
Sen qu'amo vivento me dounesso secour ,
Ma quan vou que fuguètei toucha de ma doulour ,
Onte me diguètei qu'oun me boutaro en plaço,
Qu'ïau cherio beauco mé que d'être en terrasso ;
Que quan louen aurio foué, oun veirio, tou lau jour,
Quantita de beau monde y fouère millo tour ,
De touta coundichiau à pé et en carosso ,
Au lio de païsan qu'habita'oun ma bosso.
Aquoci fort vré , vou jure, yau n'ei deija vengu
Quantita de la vialo , moué dau incounigu ;
Iau ne sé ma faehado , vou-z-en damando excuso ,
Quan me diguètei quou , d'être eitado chi buzo ,
De ne vou avei pa, de din qué moumen ,
Foué en quoque façou quoque remarchiamen.
Quouéro be mouen devei chi ïau fusso pa eitado
De la façou qu'ïau-z-éro enteiramen troublado ,
De veire apré ïau chi gran noumbre de gen ,
Qu'en dou mei-z-oun fué millo, moue beglio douge con ,
Que veinoun tou lau jour par brigado de tranto,
Coumo ïau vou-z-é di, moué souven de chinquanto.
La proumeiro brigado fugè d'aquau dau Por ,
Que coumencètoun a fouére brecho soubre moun cor ,
Apré lau avei foué de boun mati bien bcaure ;
Car loun liau fournichio^dau po, dau vi par viauro.
Quou ei tou ce qu'i n'avioun, car par ce qu'ei d'argen ,
Jamoué aucun de i n'a vegu un dougen.
Apré le Por passa, auchi-tau ïau vo veire
Veni tou Sain-Ginei, et apré quou Sain-Pcire ,
Enchuite, le faubour , et peu lau vialagei,
Sen en manqua aucun jusqu'à liau bargei,
Saint-Alari, Nounen , Durtau et Chamaleiro,
Rouïat, et peu Beaumou, Roumagna et Aubeiro ,
Sen aublida Ceira , Cliamença , Boisejou ,
Que soun sunau autour dau peu de Mounrougnou.
Iau vou leisse pensa lor quo-z-èro ma peno ,

�— 145 —
îl y avait ce jour trente hommes tous en rang ,
Qui n'avaient pas plus de moi pitié que d'une pierre ;
Car ils me déchiraient avec tant de plaisir ,
Que tous se piquaient à qui ferait le mieux.
Il y venait alors tant de monde le voir.
Qui ne l'aurait vu , aurait peine à le croire ;
Sans qu'âme vivante me donnât secours ,
Excepté vous qui fûtes touché de ma douleur ,
Où vous me dites qu'on me mettrait en place ,
Que je serais beaucoup mieux que d'être en terrasse ;
Que, quand l'on aurait fait, on verrait, tous les jours,
Quantité de beau monde y faire mille tours ,
De toutes conditions , à pied et en carrosse ,
Au lieu de paysans qui habitaient ma cime.
Cela est très-vrai, je vous le jure, il est déjà venu
Quantité de la ville, ainsi que des étrangers,
Je ne suis que fâchée, je vous en demande excuse,
Quand vous me dites cela , d'avoir été si buse ,
De ne vous avoir pas, dans ce moment,
Fait en quelque façon des remercîments ;
C'était bien mon devoir, si je n'eusse pas été
Comme j'étais , entièrement troublée ,
De voir après moi un si grand nombre de gens,
Qu'en deux mois ont fait mille, peut-être douze cents ;
Qui venaient tous les jours par brigade de trente ,
Comme je vous ai dit, plus souvent de cinquante.
La première brigade fut ceux du Port,
Qui commencèrent de faire brèche sur mon corps,
Après les avoir fait de grand matin boire ;
Car on leur fournissait du pain , du vin pour vivre ,
C'est tout ce qu'ils en avaient, car pour ce qui est d'argent,
Jamais aucun d'eux n'a vu un sou.
Après le Port passé , aussitôt je vis
Venir tout Saint-Gcnès ; et après cela, Saint-Pierre;
Ensuite le faubourg ; et puis les villages
Sans en manquer aucun , jusqu'à leur bergers,
Saint-Alyre , Nohanent, Durtol et Chamalière ,
Royat, et puis Beaumont, Romagnat et Aubièrc ,
Sans oublier Ceyrat, Clémcnsat, Boisséjour ,
Qui sont là-haut autour du Puy de Montrognon.
Je vous laisse penser alor.; quelle était ma peine ,
19

�— 146 —
De veire tan de mounde dessoubre ma coudeno ,
Me coupa a mourcheau, me jeta au foussa,
Sen jamoué de ma vido lau avei aufença ;
Ma cbi-tau m'avei di, lendemo, qu'ïau ne minte,
Ce qu'a quou-z-èro à fouére , ïau fuguei chi countcnto ,
Qu'ïau ne respirei pu , ma par vei le plazei
D être réduite en plaço , peu qu'aquou n'avo mei.
Moué de fait quou éro mé, chi m'avioun pa laissado
Ati, sen me chaba ; car aquou m'a fachado,
Autan coumo le jour que loun me coumencè ,
D'avei leissa de reste encore qué mourcè.
Car aquou ei pu vilain que loun ne saubrio dire ,
Et qu'aubligeo souven dau mounde de sen rire ,
Disen que loun devio be tan s'empatina
Dau mena chi avan par-z-au abandouna.
Ma que fario ïau ti, ma quan prendre pachienço . .
Iau crèze qu'aquo-z-ei la véritable chienço ;
Quan ïau me dounario de la tête à la eau,
Loun ne me flniriopa par aquou pu-tau ;
Car loun ne songeo ma avhour enbei la guiarro ,
Qu'aven bei l'Empereur , lHaulando et l'Angleterre1
Guiarro , que-z-ei vengudo toute de cheau de sen ,
Que pobe nau-z-avei foué laissa coumo sen ;
Ma que chioquou ou non , iau ne men chiausse guère,
Iau ne passa moun dau , reprenien noutre affouére.
L'autre jour, moun vegi, aqué paubre Rempar,
Se plenio coumo ïau grandamen de sa par,
Digen que loun avio gata touto sa taillo,
Et que io ne cherio jamoué repu que vaillo ;
Que loun lavio leissa tou boussu, tou tourlu.
Un cauta qu'éro n'hau, et l'autre abatu,
Ce que fuguè la causo qu'un jour uno charrette
Prengué fort be la peno de fouère la rounletto,
Coumo vou poudé creire, din le foun dau foussa ;
Le charretei toumba fugué chi fracassa,
Qu'auchitau ïo douné cen co Rempar au diable,
L'appelan gran vilain, jargneu, migerable,
Enbei ta lounguo eichino engrauniadopar tou,
Que n'a re de parei d'un bou à l'autre bon.
A!or paubre Rempar, en daquello reproche,
Vengué tou-t-eitouna coum' un fondeur de clioche,

�— 147 De voir tant de monde sur ma peau ,
Me couper à morceaux, me jeter dans les fossés,
Sans jamais de ma vie les avoir offensés ;
Mais aussitôt m'avoir dit, le lendemain, que je ne mente ,
Ce qu'on avait à faire, je fus si contente
Que je ne respirai plus que pour avoir le plaisir
D'être réduite en place , puisque cela allait mieux.
Comme de fait cela était mieux, si on ne m'avait pas laissée
Là, sans m'achever ; tout cela m'a fâchée
Autant que le jour où l'on me commença ,
D'avoir laissé de reste encore ee morceau.
Cela est plus vilain que l'on ne saurait dire;
Ce qui oblige souvent le monde d'en rire ,
Disant que l'on devait bien tant s'empresser
De le mener si avant pour l'abandonner.
Mais que ferai-je là, si ce n'est de prendre patience ,
Je crois que cela est la véritable science ;
Quand je me frapperais la tête contre le mur ,
L'on ne me finirait pas, pour cela, plus tôt;
Car on ne songe à présent qu'à la guerre
Que nous avons avec l'Empereur, la Hollande et l'Angleterre,
Guerre qui est venue subitement,
Qui peut bien nous avoir fait laisser comme nous sommes;
Mais que ce soit ou non, je ne m'en soucie guère,
J'ai fait mon devoir, reprenons notre affaire.
L'autre jour, mon voisin, ce pauvre Rempart,
Se plaignait, comme moi, grandement de sa part,
Disant que l'on avait gâté toute sa taille,
Et qu'il ne serait jamais plus rien qui vaille ;
Qu'on l'avait laissé tout bossu, tout tortu,
Un côté qui était haut et l'autre abattu,
Ce qui fut la cause qu'un jour une charrette,
Prit fort bien la peine de faire une roulette,
Comme vous pouvez le croire, dans le'fond du fossé ;
Le charretier tombé fut si fracassé,
Qu'aussitôt il donna cent fois le Rempart au diable,
L'appelant grand vilain, vaurien, misérable,
Avec ta longue échine, égratignée partout,
Qui n'a rien de pareil d'un bout à l'autre bout.
Alors pauvre Rempart, de ce reproche,
Vint tout étonné, comme un fondeur de cloches,

�— 148 —
Sen l i poudei rcipoundre, pa un mou soulamerr,
Par dire qu'ïo n'avio pa tor aucunamen.
Et deipeu aqué ten vou n'y a rejougissenço,
Que peuche l'empoueicha de n'en peardre pachienço.
Encora qu'ïau l'i dige souven : tu sei bien lour
De tan de couchira, ma fini ta doulour,
Et fouére coumo ïau, viaure din l'esperanço,
Que loun boutaro-tau fi a noutro souffranço.
Car vou ne nau fau ma dou mei tan soulamen
Par nau fini tau dou quagi entciramen.
Apré quou nau cheren tau dou la proumenado
De Cliarmou la pu gento, a moué la pu gaillardo ;
Car nau-z-auren, sen nau douna de vanita,
Tou ce que gl'ya do beau de vé noutre cauta :
Tou le soulei levan, ton l'aspé de la bizo
Que ran sain et gaillar tou ce qu'eiglio avizo,
Touto quello vegudo daquè riche marei,
Et tou davan lau-zeu le Mounfarran dau Rei,
Chantourgue, Mounjouzé, la Cauta, que vignioble,
Que z'ei de tou Cliarmou le pu beau, le pu noble,
Et peu a noutre pé què l'aimable valon,
Tou rampli de varduro, de mouli tou dau Ion ;
Tan d'autrei batimen coumo què Saint-Alari,
Champfluri et Chantouen, moué tou le Seminari,
Soubre tou aqué lio charman de Benacbi,
Que se vé tou-t-cntei sen se baugea d'eichi.
Admira sa moueizou, soun vardiei, soun boucage,
Que semble jusqu'au chiau pourta soun beau fuliage;
Soun partearre, soun pra, sau charmei retaglias,
Enbei soun laberinthe, qu'ei tou entourtilla.
De veire tout-a-quou d'eichi qu'ei tou de teiro,
Vou fau n'être charma, quan loun cherio de peiro.
Et peu qu'en dizé vou, gl'y a vou re de chi beau
En quoque endrei que chio sou la vouto dau chiau !
Lau meicheu eitrangei, lor qu'i nau vcnoun veire,
Disoun que cherian beau moué qu'oun ne saurio creirc
Chi loun nau-z-avio be uni de fin quen loun,
Et apré quou planta dau abrei, tou dau loun.
Aian un chi boun air en bei quello vegudo,
Que-z-ei be par le mouen d'heu légua d'eitcndudo.
Ma la longua parola foun, dizoun, lausjour cour;
Lè soulei-za deija lountcn qu'a foué soun lour,

�— 149 —
Sans lui pouvoir répondre un mot seulement,
Pour dire qu'il n'avait tort aucunement.
Et depuis ce temps, il n'y a pas de réjouissance
Qui puisse l'empêcher de perdre patience,
Encore que je lui disais souvent : tu es bien lourd
De tant te désoler, finis ta douleur,
Et fais comme moi, vis dans l'espérance,
L'on mettra bientôt fin à notre souffrance.
Car il ne nous faut que deux mois seulement
Pour nous finir tous deux presque entièrement.
Après cela nous serons tous deux la promenade
De Clermont, la plus jolie, la plus gaie ;
Car nous aurons, sans nous donner de vanité,
Tout ce qu'il y a de beau de notre côté :
Tout le soleil levant, tout l'aspect de la bise,
Qui rend frais, gai, tout ce qu'il regarde,
Toute la vue de ce riche marais,
Et tout devant les yeux le Montferrand du roi,
Chanturgue, Montjuzet, les Côtes, ce vignoble,
Qui est, de tout Clermont, le plus beau, le plus noble,
Et puis, à nos pieds, cet aimable vallon,
Tout rempli de verdure, de moulins tout du long ;
Tant d'autres bâtiments comme Saint-Alyre,
Champfleury et Chantouin ainsi que tout le Séminaire,
Surtout ce lieu charmant de Bien-Assis,
Qui se voit tout entier sans se déranger d'ici.
Admirez sa maison, son verger, son bosquet
Qui semble jusqu'aux cieux porter son beau feuillage;
Son parterre, son pré, ses charmilles taillées,
Ainsi que son labyrinthe qui est entortillé.
De voir tout cela d'ici si bien arrangé,
On en est charmé lors même qu'on serait de pierre.
Et puis, qu'en dites-vous, qu'il n'y a rien de si beau,
En quelque endroit que ce soit, sous la voûte des cieux !
Les Messieurs étrangers, lorsqu'ils viennent nous voir,
Disent que nous serions beaux, plus qu'on ne saurait croire,
Si l'on nous avait bien unis d'un bout à l'autre,
Et après cela, plantés d'arbres tout du long.
Ayant un si bon air, avec cette vue,
Qui a bien au moins huit lieues d'étendue.
Mais les paroles longues font, dit-on, les jours courts;
Le soleil a déjà, depuis longtemps, fait son tour,

�— 150 —
Et nau leisso la neu que eoumenço for bnino,
À cauzo qu'a presen vou ne foué pa de luno,
Et coum'enbei aquou, de din queitou sazou,
Le sei n'ei pa be chau defore la mouézou,
lau vo fini de po de vou fouère marfoundre ;
Et peu vou-z-en irei davan que chio pu sounbre,
Auchi be iau vou n'é be prou di par méneu,
Adeichia don, Moucheur, boun ser et bounoneu
Vegea-ti soun discour tau que vené d'aprendre ;
Deipeu ïau-z-é passa quatre an sen pû 1 entendre,
Noun pa ce que s'appello un mou tan soulamen,
Jusqu'à ce qu'oun la gudo chabado enteiramen.
Qu'éro un po apré un jour que-z-éro féto,
N'y soungeant pa, aïant autro chauzo en této,
Quan eiglio me tiré lor par moun justa-cor,
Chifor que me fagué trassalir tou le cor;
Me digen apré quou beglio milla parola,
Qu'iau prenguei à l'abor par quoqua faribola.
Ma deipeu-z-ei vegu qu'eiglio digio varta.
Augea, en po de mou, iau vou-z-au vo counta.
Et be, me digué glio, n'é iau pa bouno mino,
V'houro que-z-oun chaba d'applati moun eichino ?
Quant-oun me coumencè, me digia be varta,
Qu'en plaço, ïau-z-aurio cen co moué de beauta ;
Tou soun de votre accor; ïau nen sé chi ravido,
Qu'ïau nen cherei pu gaïo le resto de ma vido.
Vou fau creire qu'ïau-z-é bien de l'aubligachiau
En da qu'au preisounei, Espagnol de Nachiau ;
Car sen i loun n'aurio jamoué gu la pensado
De me sourti d'ati au mouen d'aqueito nado.
Ma quou ei n'aifouère foué, par la grachio de Diau,
Moué be tau le Rempar-z-au chéro coumo ïau ;
Car Moucheu le proumei pregidan, de Ribeyro,
Z-a jura fortamen, tou ten pleno charreiro,
Qu'ïau breulario peutau sau librei au fougei,
Qu'aquou ne fuchio foué d'avan que chio trei mei,
Moué beglio jusqu'au pé de la porto Pautearlo,
Car bien dau co m'oun di que souven ïau n'en parlo,
Afin que de sunau loun peuche aizadamen
Deicendre uno carrosso cichian-ba courramen.
Chi un co aquou-z-ei, que nau veren de monde !
Moué dau gran, quou s'enten, et iau vou-z-en reipoiindc

�Et nous laisse la nuit qui commence fort bruncj
A cause qu'à présent il n'y a pas de lune.
Et comme avec cela, dans cette saison,
Le soir n'est pas bien chaud hors de la maison,
Je vais finir, de peur de vous faire enrhumer ;
Et puis vous vous en irez avant qu'il fasse plus sombre
Ainsi je vous en ai bien assez dit pour aujourd'hui,
Adieu donc, Monsieur, bonsoir et bonne nuit.
Voilà son discours tel que vous venez d'apprendre ;
Depuis, j'ai passé quatre ans sans l'entendre,
Non pas ce qui s'appelle un mot seulement.
Jusqu'à ce qu'on l'a eu finie entièrement.
C était un peu après un jour de fête,
N'y songeant pas, ayant autre chose en tête,
Quand elle me tira par mon juste-au-corps,
Si fort qu'elle me fit tressaillir tout le corps ;
Me disant, après cela, peut-être mille paroles,
Que je pris d abord pour quelques fariboles.
Mais depuis, j'ai vu qu'elle disait la vérité.
Ecoutez, en peu de mots, je vais vous le raconter.
Eh bien ! me dit-elle, n'ai-je pas bonne mine,
Maintenant qu'ils ont fini d'aplatir mon échine?
Quand on me commença, tu me disais bien la vérité,
Qu'en place, j'aurais cent fois plus de beauté;
Tous sont de votre avis; j'en suis si ravie,
Que j'en serai plus gaie, le reste de ma vie.
11 faut croire que j'ai bien de l'obligation
A ces prisonniers, espagnols de nation;
Car, sans eux, on n'aurait jamais eu la pensée
De me sortir de là, au moins cette année.
Mais c'est une affaire faite, par la grâce de Dieu,
Et bientôt le Rempart le sera comme moi;
Car Monsieur le premier Président, de Ribeyre,
A juré fortement, tout en pleine promenade,
Qu'il brûlerait plutôt ses livres au foyer,
Que cela ne fût fait avant qu'il soit trois mois,
Et peut-être jusqu'aux pieds de la porte Poterne,
Car bien des fois on m'a dit que souvent il en parle.
Afin que de là-haut on puisse aisément
Descendre un carrosse ici, en bas, couramment.
Si une fois cela est, que nous verrons de monde !
Mais du grand, cela s'entend, et je vous en réponds ;

�— 152 —
Ma chi aqué l'homc-z-a pcnsado par aquou,
lo nau lcissaro pa son en veyre le bou.
V'houro, quou ci pa le tou, ïau cherei bien enquèro
Quoque cliauzo de moué, chi ce que loun espero,
Se foué, coumo loundi, que-z-ei do transpourta
Le cor de gardo aupré de la porto à cauta.
Afin qu'ïau chio jouento bei la plaço dau Ormei ;
Meicheur de Frédafoun, Laborie, qu'au d'où homei
Z-au-z'oun par plugieur co baillo par le certain,
Qu'aquou cherio avan que fusso po de ten.
Par aquou i vouloun fouère racha lau ormei,
Auchi be la chineliei lau randoun tou diíformei,
Par nau bouta ensemble touta doua de plen pé,
A la vraio mesuro de la porte Champé.
Jugea, chi aprè quou vou l'y auro din la vialo
Une plaço que chio pu gento, pu jauvialo ?
Non, à ce que n'en dizoun, vou s'en troubaro pa
En quoque endrei que chio que l'oun porto sau pa ;
Amouéïau vou achure qu ïau-z-au vole creire,
Tan qu'ïau vèze souven dau Meicheu de Saint-Peire,
D'aquau de Saint-Genei parmena par eichi,
Abandouna liour Jaude enbei son gran bachi,
Que marquo-be qu'un jour le Rempar bei ma plaço,
L'i faroun-be abbatre un po de soun audaço,
Que ïo l'a de se veire lau pu grand tou lau jour;
Ce que l'inflo le cor grau coumo un tambour.
Vou semblo, a m'entendre, qu'ïau n'en parle d'en vegeo,
Iau ne sounge pa ti, iau fau be qu'io z-au cregeo ;
Car coumo paudrio iau n'en parla d'aneichi,
Iau que ne sabe re, ma par quoque rechi.
Qu'io crège doun chio vo qu'aquouei pa iau qu'au dise ;
Car de moun naturer jamoué iau ne médise ;
Qu'ïo sen prenie enbei la meita de Cliarmou,
Que-z-au z-oun di tou n'hau, sen qu'iau n'age di mou.
Ma n'abuse iau pa tro de voutro pachienço ?
Iau crèze vou-z-avei foué fouère penitenço,
De vou-z-avei tengu eichi un tro loun ten,
Vou-z-empoueichan dana prendre le passa ten,
De din l'houro que z-ci, à beaure la tarceiro,
Bei quoqu'ami, qu'auria trouba din la charreiro ;
Ma vou-z-avé prou ten. Adeichia, n'a vou-z-en
Charcha quoque boun vi que chio pa maufazen.

�— 153 —
Mais si, de cet homme, sa pensée est ainsi,
11 ne nous laissera pas sans en voir la fin.
Maintenant ce n'est pas tout, je serai bien encore
Quelque chose de plus, si ce que l'on espère
Se fait, comme l'on dit, qui est de transporter
Le corps-de-garde auprès de la porte à côté,
Afin que je sois jointe à la place des Ormeaux ;
Messieurs de Freydefond, Laborie, ces deux hommes,
L'ont, par plusieurs fois, donné pour certain,
Que cela serait avant qu'il fût peu de temps.
Pour cela, ils veulent faire arracher les ormeaux,
Parce que les chenilles les rendent tout difformes,
Pour nous mettre ensemble toutes deux de plain pied,
A la vraie mesure de la porte Champeix.
Jugez si, après cela, il y aura dans la ville
Une place plus jolie, plus gaie ?
Non, à ce qu'on dit, il ne s'en trouvera pas
En quelque endroit que l'on porte ses pas ;
Et je vous assure que je veux bien le croire,
Tant je vois souvent des Messieurs de Saint-Pierre,
De ceux de Saint-Genès se promener par ici,
Abandonner leur Jaude avec son grand bassin,
Qui marque bien qu'un jour le Rempart, ainsi que ma place,
Lui feront bien abattre un peu de son audace,
Qu'il a de se voir le plus grand, tous les jours ;
Ce qui lui enfle le corps gros comme un tambour.
Il vous semble, à m'entendre, que j'en parle d'envie;
Je ne songe pas à cela, il faut bien que je croie,
Car comment pourrais-je en parler ainsi,
Moi qui no sais rien que par quelque récit.
Qu'il croie donc, s'il veut, que ce n'est pas moi qui le dis ;
Car de mon naturel, jamais je ne médis ;
Qu'il s'en prenne à la moitié de Clermont,
Qu'il a dit tout haut, sans que j'en aie dit mot.
Mais n'abusé-je pas trop de votre patience ?
Je crois vous avoir fait faire pénitence,
De vous avoir tenu ici trop long temps,
Vons empêchant d'aller prendre le passe-temps,
A l'heure qu'il est, à boire la tercière
Avec quelque ami que vous auriez trouvé en chemin ;
Mais vous avez assez de temps. Adieu ! allez-vous-en
Chercher quelque bon vin qui ne soit pas malfaisant
20

�DESCRIPTION DE LA VENDANGE
ET DE LA MANIERE DE FAIRE LE VIN,
VAM M. IiABOffilECX: (JL'AÏHTÉ),

BOURGEOIS DE CLERMONT, AU MILIEU DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

LAS VENDEGNAS.

î.
Rcquinquatc petita Musa,
Veitissa ton pus brave habi ;
Reprenia ton genti babi,
Souvens por refusa l'on musa.
Ihantha un pau, din queita sasou ,
Assambla rima embei rasou,
Môtra-te d'una humour jouyousa.
Dijha nous petit mour bouffon ,
Sens gis fouère la deidignousa ,
Couma las vendegnas se font.
2.
0 le grand plasei, dins l'autonna ,
Quand le céo n'eit pas charvailla ;
Que le razin eren pau le glia ,
Et que la biza ne l'eitouna ;
Quand las rayas d'un beau soulei,
A la rousada font la ley,
Que soubre la vigna yô s'eivenla.
Deipeu le mati jusqu'au sei,
Et rend pus sèche qu'una meula ,
Le pampre, la grouna et laus seips.

�DESCRIPTION DE LA VENDANGE
T DE LA MANIÈRE DE FAIRE LE VI»
FAIS M. UIOBIHIS (l'ilïÉ),

BOURGEOIS DE CLERMONT, AU MILIEU DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

LES VENDANGES.

Requinque-toi, petite muse,
Prends ton plus bel habit,
Reprends ton gentil babil,
Souvent qui refuse, muse.
Parle un peu, dans cette saison,
Assemble rime avec raison,
Montre-toi d'une humeur joyeuse.
Dis-nous, petit visage bouffon,
Sans faire la dédaigneuse,
Comment les vendanges se font.
2.
0 le grand plaisir, en automne,
Quand le ciel n'est pas barbouillé,
Quand le raisin craint peu la rosée blanche,
Et que la bise ne l'étonnc ;
Quand les rayons d'un beau soleil,
A la rosée font la loi,
Quand sur les vignes il s'étale,
Depuis le matin jusqu'au soir,
Et rend plus sec qu'une amende,
Le pampre, le grain et les ceps.

�— 156 —
3.
Dins què tem, que tout se souleilla ,
Que laus passeras bien hardis,
Becheton dins tous laus jardis,
Laus meillours muscats d'una treilla ,
Un pouyau de fdlas les courts ,
On a beau la tenir de court,
Le long d'un treillis l'una eichala ,
Par cueuillir le razin pendu ,
Et l'autra par fauta d'eichalla ,
Se sert d'un poucissê, qu'ci fendu.
4.
Laus garçous sont-ils de la fêta,
Eillas les font le charvally
Et bramô, jusqu'à jour failli.
Ont la brida soubre la tèta,
La pus sagha, pré d'un chapê,
Ne pot pas tenir dins sa pê ;
Pré lescampa , cours, sauta eipingua ,
Chapit laus cboux dins laus cassiaux ,
Tous lez se rompt, tous lez s'eischinguas ,
La grossa latta et lauspoueissiaux.
5.
Quand s'eiquarquilla la lezearta,
Et que madurei le scpan ,
Tout le monde voué par laus pans ,
Et loen de son foughei s'eicarta ;
Chacun les goula, et pré son foué ,
Et Diau sat qu'au mau les se foué,
Et couma una vigna s'accoutra ,
Quand pau ou prou l'on se meipré ,
Et qu'una haya l'una par l'autra ,
Un grand troupé de fdlas pré.
6.
A quou ei le pays de coucagna ,
Ne sez quand de monde lez voué ,

�— ^57 3.
Dans ce temps, où tout le monde prend le soleil,
Où les moineaux bien hardis,
Becquettent dans tous les jardins,
Les meilleurs muscats d'une treille ;
Une troupe de fdles y court,
On a beau les tenir de près,
Le long d'un treillis l'une monte,
Pour cueillir le raisin pendu,
Et l'autre, à défaut d'échelle,
Se sert d'un échalas fendu.
4.
Les garçons sont-ils de la fête,
Elles leur font le charivari,
Et crient jusqu'à la fin du jour.
Elles ont la bride sur la tète ;
La plus sage près d'un chapeau,
Ne peut pas tenir dans sa peau ,
Prend la fuite, court, saute, bondit,
Foule aux pieds les choux dans les carrés,
Tout se rompt, tout se brise,
Les grosses lattes et les échalas.
5.
Quand le petit lézard s'étend au soleil,
Et quand mûrit le raisin,
Tout le monde va par les vignes,
Et loin de son foyer s'écarte ;
Chacun y mange et prend son faix ;
Et Dieu sait le mal qui s'y fait,
Et comme une vigne est arrangée,
Quand peu ou prou l'on se méprend,
Et qu'un sentier, l'une après l'autre,
Une grande troupe de filles prend.
6.
C'est le pays de Cocagne,
On ne sait combien de gens y vont ;

�— 158 —
Las siarvcntas les font liour foué ,
Cent palissas sont en campagna.
Comblas de Frayés, de Broumeaux
Que lez sont pûs doux que d'au mcaux ,
Ou daus muscats de quauqua touna.
De tau prouvisiau beaucô sert,
Et dins l'hiver se troba bouna
Par fouère un bon plat de deissert.
7.
Le Frayé sous l'arque s'eipompa,
Segut dau Broumé, dau Chani ;
De cez, de lez l'on vet venir,
Le poule , le pâte , la pompa.
Si l'un les remplit son panei
D'un Broumé blanc, d'un Chani nei,
Un autre, d'una veurgha francha ,
Foué de razins bien chausis ,
Una granda, et belle poueilancha ,
Souven aux deipens daus vesis.
8.
Quauque malautru, quauque garda,
Lez s'envoué , et foué le fâcha.
Arma d'un grand et long fourcha
Ou de quaqua veilla halebarda ,
A que daru, quê grand fadar ,
Que foué le meichant, le soudar.
Le moueitre de la vigna trompa ,
Et quauqua crautas de pâte,
Seis blancs, et quauqua part de pompa,
Font betau teisa qué gâtei.
9.
Taus gens ne valon pas le pendre,
Quau couquis, que n'ont re valien ,
Dins laus champs, ni sous liour palien,
On de bons razins à revendre.
Dins laus pans chacun d'ys n'en pré ,
Et si quauqu'un laus soubrepré ,

�— 159 —
Les servantes y font leur provision,
Cent corbeilles sont en campagne.
Combles de Frayers, de Broumés (raisins),
Qui sont plus doux que du miel,
Ou des muscats de quelque tonne.
De telles provisions servent beaucoup,
Et dans l'hiver se trouvent bonnes,
Pour faire un bon plat de dessert.
7.
Le Frayer sous l'arceau s'étale,
Suivi du Broumé, du Chani ;
De çà, de là, l'on voit venir,
Le poulet, le pâté, le gâteau.
Si l'un y remplit son panier,
D'un Broumé blanc, d'un Chani noir,
Un autre, avec un osier flexible,
Fait, de raisins bien choisis,
Un grand et beau paquet,
Souvent aux dépens du voisin.
8.
Quelque malautru, quelque gardien,
Arrive et se fâche,
Armé d'une grande et longue fourche,
Ou de quelque vieille hallebarde ;
Ce démon, ce grand imbécile,
Fait le méchant, le mauvais soldat.
Le maître de la vigne trompé,
Et quelques croûtes de pâté,
Six blancs et un morceau de gâteau,
Font bientôt taire ce gardien.
9.
De tels gens ne valent pas le pendre ;
Ces coquins, qui n'ont rien vaillant,
Dans les champs et sous leur toit,
Ont de bons raisins à revendre.
Dans les vignes chacun d'eux en prend,
Et si quelqu'un les surprend,

�— 160 —
Jls Irobont toujours liours dcifouéta
D'aquaus larrons , d'aquaus vouleurs ;
Si justica liour era fouetta,
On s'en faria de bons galeurs.
10.
Un cop, qu'au son de la trompetta,
Ou be, dau patapatapan,
Dins las ruas, ont creda laus pans,
L'enfegha mouénagei trapeta.
Vez la porta Sent-Laurcns court,
Foué sous laus carmes força tours,
Se garnit de carcleis, de vearghas,
De douélas, de fous, de bondous,
Par poensou, par cubas, ou por chargha,
Et s'assura d'un rcliadou.
11.
Ils tabourlont par tous laus quartcis,
D'au pus loen ils se font auzir;
On n'y a mas que, de bien chauzir.
Laus reliadous ne sont pas rareis.
Quand quel aubri n'ei pas coueitat ;
Quand yô relia, et bouta en eitat
De lczei, touta la futailla,
Las chosasbeaucô mei se font,
Si vous les faut fouère una entailla,
Ou be retreischir qu'auque fond.
12.
Le mâti, laus martis, l'eyceta,
Le rabot, la tira et le lou,
La furetta, embei l'embirou,
La virabrouquin, l'armineta,
Le galafe, le jhabladou,
L'engaffa, embei le fendadou,
Le lieghe, la seita, et la plancha,
Las douélas, le fons, le compar,
La fouéssa, et la vcargha, bien francha,
Sont de sasou, de toutas parts.

�— 161 —

Ils trouvent toujours leur excuse.
A ces larrons, à ces voleurs,
Si justice leur était faite,
On en ferait de bons galériens.
10.

Quand au son de la trompette,
Ou bien du tambour,
Dans les rues on publie les bans,
Le propriétaire empressé,
Vers la Porte-Saint-Laurent court,
Fait, sous les Carmes, plusieurs tours,
Se munit de cercles, d'osier,
De douves, de fonds, de bondons
Pour tonneaux, pour cuves, ou pour charger
Et s'assurer d'un tonnelier.
11.

Ils cognent à grand bruit dans tous les quartiers,
De très-loin ils se font entendre ;
11 n'y a qu'à bien choisir,
Les tonneliers ne sont pas rares.
Quand ces ouvriers ne sont pas trop occupés,
Quand ils relient et mettent en état
De servir, toute la futaille,
Les choses beaucoup mieux se font,
S'il faut faire une entaille,
Ou bien rétrécir quelque fond.
12.

Le mâtin, les martins, l'essettc,
Le rabot, la tire et le loup,
L'avant-clou avec l'embiron
Le vilbrequin, l'crminette,
Le galcfe, le petit rabot,
L'engafe avec le fendeur,
Le liège, la scie et la planche,
Les douves, le fond, le compas,
Les cercles et l'osier bien flexible,
Sont de saison de toutes parts.
21

�— 162 —
13.
La manobra dcitrassounada,
Embei son panei son cauté,
Davant jours vé laus gras, se té,
Par gagna si pôt, sa journada.
Chacun yo creda son sadou,
Foué de grands et d'eigreis fredous.
Un rcgimen de gens de guiarra,
Foué moen de brut, quand yô se bât,
Narma n'entend ni céo, ni tarra,
Vous diriaz quaquou ci le sabat.
14.
Mas quand quella raça ei lughada ,
Tout s'eipouffa, dins pau de tem ;
Narma pus d'au quartei n'entend
A quella musica enrageada.
Dins la ruas ni sous laus baleis,
Repus laus vesis, n'impourtuna,
Et chacun sens pus bargigna,
S'en voué content de sa fourtuna,
Vez le pan que faut vendeguâ.
15.
La manobra se troba preita
A remplir vite son panei,
Et sens leissa chauma l'ânei,
A vcndegnâ se motra adreita.
Le razin tomba de partout,
Le sep n'ei pas genti d'au tout,
Quand yô n'a re mas quand la fouilla.
Yô paré nû, triste et cheitiau,
On n'y a près narma que n'en veuilla,
Et chacun ly vira le tiaou.
16.
Le liaura panei s'empatina ,
Foué la moueinagci, l'ensegha ;

�— 163 —
13.
La manœuvre réveillée,
Avec son panier, son couteau,
Avant jour vers les Gras se tient (1)
Pour gagner, si elle peut, sa journée.
Chacun y cric à son aise,
Y fait de grands et d'aigres cris.
Un régiment de gens de guerre
Fait moins de bruit quand il se bat 5
Personne n'entend ni ciel ni terre,
On dirait que c'est le sabbat.
14.
Mais quand cette race est louée,
Tout se disperse dans peu de temps ;
Plus personne du quartier n'entend
Cette musique enragée.
Dans les rues ni sous les auvents,
Plus rien n'importune les voisins ;
Et chacun, sans contester,
S'en va, content de sa fortune,
Vers le lieu qu'il faut vendanger.
15.
La manœuvre se trouve prête
A remplir vite son panier,
Et sans laisser chômer l'ânier,
A vendanger se montre adroite.
Le raisin tombe de partout,
Le cep n'est pas gracieux du tout,
Quand il n'a rien que les feuilles.
Il paraît nu, triste et chétif,
Personne n'en veut plus,
Et chacun lui tourne le derrière.
16.
Le porte-hotte fait l'empressé,
Fait le maître, le supérieur;

(1) Place de Clermont où l'on va louer les manœuvres.

�— 164 —
Et pûs sale et nei qu'un pegha ,
Le long daus seips, toujours troutina.
D'un trô de corda centura,
De ramei laus rens pintura,
Voué tout cata de raza en raza ,
Chargha qu'yô l'ei couma un miaule,
D'una bearta qu'ei moué que raza ,
Le pobre corps n'en perd l'hâle.
17.
De lez schiqua , couma una folla,
La fennad'aulabouradou.
Si pau que tomba de vi doux ,
De la bearta , ou de la bacholla ;
Et son mari foué milla tours ,
S'endardina , et de tout le jour,
Qué moueitre moueinagei chauma,
Dtichargea le liaura panei ;
Garda la vigna , fouè la sauma,
Et pré grand soin de son ânei.
18.
L'ânei de son coûta pré pena ,
Et demanda tout ce qu'yô vô,
Siò par se, siô par son chavau :
D'au pô blanc, d'au vi, de l'avena ,
Le festin ei tau ajhança.
Qnand ils ont tau dous pidença,
Si la sauma se troba preita ,
Ils vont sens fouère de deitour ,
Par la charreira la pus dreita,
Vez le enbaghe fouère un tour.
19.
Ils vont à travers una armeia ,
De charretas, de chars , d'anez,
De chavaux, de gens, de panez ,
Onte laus péta, l'entremcia

�— 165 —
Plus sale et plus noir qu'un broyeur de poix,
Le long des ceps toujours il trotte.
D'une mauvaise corde ceinturé,
Les reins couverts de jus de raisin,
Va, tout courbé, de fossé en fossé,
Chargé qu'il est comme un mulet,
D'une hotte qui est plus que rase ,
Son pauvre corps en perd haleine.
17.
Là-bas, crie comme une folle,
La femme du propriétaire,
Pour peu qu'il tombe de vin doux,
De la hotte ou de la bacholle ;
Et son mari fait mille tours,
Se démène ; et tout le jour,
Ce maître, ce chef, surveille,
Décharge le porte-hotte,
Garde la vigne, fait les sommes (1),
Et prend grand soin de son ânier.
18.
L'ànier, de son côté, prend de la peine
Et demande tout ce qu'il veut,
Soit pour lui, soit pour son cheval :
Du pain blanc, du vin, de l'avoine,
Le festin est bientôt préparé.
Quand ils ont tous deux bien dîné,
Si les sommes se trouvent prêtes,
Ils vont, sans faire de détour,
Par le chemin le plus droit,
Vers le cellier faire un voyage.
19.
Ils vont à travers une armée
De charrettes, de chars, d aniers,
De chevaux, de gens, de paniers ;
Où les attend la manche

11) La somme est composée rte deux baeholles.

�— 166 —
Fouéta de quauque Irô de pau ,
Que sort par un partus de eau,
Dins la rua , sa gorgha bien largha ,
Jamoué chosa ne venguet mei.
Dins son goulayou l'on deichargha.
Et la vendegna et le ramei.
20.
L'una et l'autra bachola liaura ,
L'ânei que sauta couma un chat
Soubre son bât, se ve juchât.
Une persouna seriô guiaura,
D'avei le corps si sagouilla ,
Et qué cavalier barbouillât,
De chaque cauta sa bachola,
De re ne se plent pau, ni trop;
Mas chanta, quand son tiau bricolas,
Et s'en voué toujours le grand trot.
21
De paou que, par quaqua dresseira ,
L'ânei ne robe quauque tour,
Un garçon garda tout le jour,
La vigna que deau la parceira ;
Yô ne la quitta pas d'un pas,
De paon qu'yô l'a de se trompa.
Entre las mas, té quauqua brocha,
Et d'un vieux cauté sens ressort,
De bouna fe, soubre sa crocha,
Marqua chaqua sauma que sort.
22.
Las vendegneires sens çarvella ,
Roussignoulant couma que siô :
Sens honta chanton qué que siô ,
Touta chanson liour ei nou vella.
Lez risont de bon appétit,
Autant le grand que le petit,
Et sans respect, fraulha le drilla.
La coubritéta et le bendou ,

�— 167 —
Faite de quelques mauvaises planches,
Qui sort par un trou de mur,
Dans la rue, sa bouche bien large,
Jamais chose ne descendit mieux.
Dans son gosier l'on décharge
Et la vendange, et le vin doux.
20.
L'une et l'autre bacholles vides,
L'ànier, qui saute comme un chat,
Sur son bât va se jucher.
Une personne serait ivre
D'avoir le corps si secoué.
Et ce cavalier barbouillé,
De chaque côté sa bacholle,
De rien ne se plaint, du peu ou du trop ;
Il chante quand son derrière frappe,
Et s'en va toujours au grand trot.
21.
De peur que, par quelque chemin détourné,
L'ânier ne vole quelque voyage,
Un garçon garde tout le jour
La vigne qui doit la percière ;
Il ne la quitte pas d'un pas,
De peur qu'il a de se tromper.
Entre les mains, il tient quelque broche,
Et avec un vieux couteau sans ressort,
De bonne foi, sur sa croche,
Marque chaque somme qui sort.
22.
Les vendangeuses sans cervelles,
Chantant telles qu'elles sont ;
Sans honte, chantent quoi que ce soit,
Toute chanson leur est nouvelle.
Elles rient de bon appétit,
Autant du grand que du petit,
Sans respect, houspillent le drille.
La coiffure et le bandeau,

�— 168 —
On deichiqueta quauqua filla ,
Que sens brut z'a passa las-dou.
23.
Après liour chant et liour langogua ,
Quauqu'una d'eillas pré le da
Et tout le jour le bec bada ,
Foué d'aus contcis de la cigogna.
La manobra a jheu de lauzi ;
Mas soubre tout se rejhauzi,
Si soubrevé qu'auqu'a parsouna.
Sio bourgeois ou be meiteiriau ,
Que sens se rechigna , ly douna
Quauqua re par son deneiriau.
24.
Le sei, l'on creda, à tearra à tearra ,
Quand laus seips sont quasi tous nus,
Sens razins , ni graus, ni'menus,
Le deimei ve, jamoué tau guiarra,
Siô moueine , prêtre , ou paysan ,
Quand la sauma en la saûpesant,
Tant siò pau légeira se troba ,
Chacun s'emporta, et bat d'au peis,
Après s'être bien foué la boba ,
Un pau de razin foué la paix.
25.
Si le tem, tant siô pau champissa ,
Si la biza rompt le poueissé,
Si quauque pau dins un cassé,
La negha , de blanc le tapissa,
Le deimei toujours coubeitoux,
Foué le malôde, le piatoux,
Et la vouéx minça, le tent blême,
Embei força faussa rasous,
Par fouère deiminir le dême,
Troba ne scz quant d'encheizous.

�— 1(59 —
Ou déchiquetent quelque fllle
Qui, sans bruit, a passé Ladoux (1).
23.
Après leur chant et leurs mauvais chants,
Quelqu'une d'elles prend la parole,
Et tout le jour la bouche ouverte,
Fait des contes de la cigogne.
La manœuvre jouit à loisir;
Mais surtout elle se réjouit,
S'il survient quelque personne,
Soit bourgeois ou ouvriers,
Qui, sans se rechigner, lui donne
Quelque chose pour étrennes.
24.
Le soir, l'on crie : A terre ! à terre (2) !
Lorsque les ceps sont presque tout nus,
Sans raisins, ni gros ni menus.
Le dîmier ne vient jamais sans grogner,
Soit moine, prêtre ou paysan,
Quand la somme, en la soupesant,
Tant soit peu légère se trouve,
Chacun s'emporte et frappe des pieds.
Après s'être bien mis en colère,
Un peu de raisins fait la paix.
25.
Si le temps n'est pas au beau,
Si la bise rompt les échalas,
Si quelque peu, dans un carré,
La neige, de blanc la tapisse,
Le dîmier, toujours avide,
Fait le malade, le piteux,
Et la voix faible, le teint blême,
Avec force fausses raisons
Pour obtenir do la diminution,
Trouve ne sait combien d'excuses.
(!) Colline entre Clermont et Kiom. On dit d'une fille suspecte : Elle a passé Ladoux.
{'2) Cris pour appeler le percepteur de la dîme

22

�— 170 —
26.
Mas yô rit be, quand le céo pura,
Et le mo-ur conten, le meichant,
Léssa la cubas par laus champs,
Tant que la grossa pleuva dura.
Sent qué tem que vét bien adrei
Et par trompa ly sert de titre,
Yô payariô l'abbé le priau,
Son seignour, amoué le chapitre,
De l'égua que court par le riaou.
27.
Re pus ne resta din la vigna,
Ni bachola, ni bachoulous,
Chacun ly montra laus talons,
La léssa, la fut, la rechigna.
Et on n'y a mas dins laus cassiaux,
Laus seips, le pampre et laus poueissiaux.
Le liaura panei, la manobra,
Le moueitre et las vendegneiris,
Quitton de bon cor embei l'obra,
La plaça et las grapcteiris.
28.
A quella darreira manobra.
Que ne vendegna mas par se,
Que seg la vigna, sep par sep,
Et partout la troba bien pobra ;
Pré be ce que le sep rctê
Mas la fourcha, après le rate
Ne pot pas fouère grands presa.
Tau manobra, trop tau par cos,
Vet par roba, mas soubre presa,
Perd son panei, gagna dans cops.
29.
Tout le monde les se tracassa,
Vous ne sauria dire qua quou ei,
D'un cauta le feghc se couei,
Eicy la tripa se fricassa,

�— 171 26.
Mais il rit bien quand le ciel pleure :
Avec l'air content, le méchant
Laisse la cuve dans les champs,
Tant que la grosse pluie dure.
Sent que ce temps vient bien à propos,
Pour tromper, lui sert de titre,
Il payera l'abbé, le prieur,
Son seigneur, ainsi que son chapitre,
De l'eau qui coule dans le ruisseau.
27.
Plus rien ne reste dans la vigne,
Ni bacholle, ni petite bacholle ;
Chacun lui montre les talons,
On la laisse, on la fuie, on la rechigne
Il n'y a dans les carrés,
Que les ceps, le pampre et les échalas.
Le porte-hotte, la manœuvre,
Le maître et les vendangeuses,
Quittent de bon cœur, avec l'ouvrage,
La place et les grapilleurs.
28.
Cette dernière manœuvre,
Qui ne vendange que pour elle,
Qui suit la vigne, cep par cep,
Partout la trouve bien pauvre -,
Elle prend bien ce que le cep conserve
Mais la fourche après le râteau
Ne peut pas faire grande prise.
Telle manœuvre, trop tôt parfois,
Va pour voler, mais surprise,
Perd son panier, gagne des coups.
29.
Tout le monde se tracasse,
On ne saurait dire ce que cela est,
D'un côté le foie se cuit,
Ici la tripe se fricasse,

�— 172 —
Et l'cicudella de l'aubrei,
A ti se trampe d'un bon ]&gt;rci.
Laus graus Mousieurs sont en padella ;
Et tau bouta la mô partout,
Et té la quoua de la padella,
Qu'ei gloriau d'être mannitou.
30.
Dins qué tem, en dépit qu'on aghe,
Laus sarpelis, laus capichous,
Laus graus bourghois, laus varniehous,
Font d'abouti, dins le moueinaghe.
En vendegnas tout aï parei,
Et le Douyen et le Chourei,
D'un os de gigot, d'une cipaula,
Y pidençon de campagnia.
Una bachola sert de taula,
Et tous vivont sens ccrmounia.
31.
Tau siarventa foué la poupina,
Que beaou sens façou, son sadou.
D'una roudeta de vi doux,
La Tourreira, la Jacoupina,
Que font d'au monde pau d'citat.
Font dau razinat, d'ameita
Et le moueinaghei le pus lutre,
Que vô bien garnir son celley,
Foué d'au mou pus doux que daus sucre
Et tous l'au s'en lécha laus deis.
.:

32.

Laus moucineis vont par laus cubagheis,
Et chacun d'ys le mei que pot,
N'en sort pas sens remplir son pot.
Laus bourghois vont par laus vialagheis
De cez de lez le monde court,
Dins le présidial, dins la cour,
Laus conseillers levont le siège \
Le Seminari prê campos,

�— 173 —
Et l'écuelle de l'ouvrier,
Là, sè remplit d'un bon bouillon.
Les grands Messieurs sont à la poêle,
Et tel qui met la main partout,
Et tient la queue de la poêle,
Est glorieux d'être marmiton
30.
Dans ce temps, en dépit qu'on ait,
Les surplis, les capuchons,
Les gros bourgeois, les vignerons,
Font ensemble le ménage
En vendanges, tous sont égaux,
Le doyen et le chantre,
D'un os de gigot, d'une épaule,
Pidencent en compagnie ;
Une bachole sert de table,
Et tous vivent sans cérémonie.
31.
Telle servante qui fait la dégoûtée,
Boit sans-façon son soûl.
D'une pleine jatte de vin doux,
Les tourrières, les religieuses
Qui font du monde peu de cas -,
Font du raisiné de moitié.
Et le maître le plus friand,
Qui veut bien garnir son cellier,
Fait du vin cuit plus doux que du sucre,
Et tous s'en lèchent les doigts.
32
Les moines vont dans les cuvages,
Et chacun d'eux, le plus qu'il peut,
N'en sort pas sans avoir rempli son pot.
Les bourgeois vont dans les villages,
D'ici, de là, le monde court,
Dans le présidial, dans la cour,
Les conseillers lèvent le siège,
Le séminaire prend la décampe,

�— 174 —
Laus Jesuista, dins liour colliéghe,
Sens eicoulés, sont en repos.
33.
Quand la granda cuba ci nettiada,
Galafetada de partout,
De veilla pilla ou de coutou,
Soubre saus sautreis bien seitada ;
Que le cubage ei bien garni
Daus beaux meubles de Saint Varni,
L'ancha et la gierba bien boutada,
Le moueinaghei que pré plasei,
Que vé sa vendegna arnassada,
La foula quand à le lesei.
34.
Un paysan, la jamba nuda,
En trapejhant tout son sadou,
Chaupit par avei le vi doux,
La grossa grouna et la menuda.
Le jhus dau frayei, dau chani,
L'eiclianligha, vez l'embouni.
Tous laus brumeaux yô l'eicaschigha,
De la pesantour de son corps,
Laus razins si fort eipautigha,
Que le vi de partout n'en sort.
35.
Après que la cuba ei levada,
Que laus razins passont son bord,
Et que le vi, qu'ei le pus fort,
La pôsse de vez la travada,
L'on pôt n'en tira le ramci ;
Mas davancei, qu'où ei beaucô mci,
De passa, par dauta la crassa,
Le vi cubât, dins sa chalour,
A travers un papei de traça
Par mei jugha de sa coulour.

�— 175 —
Les jésuites, dans leur collège,
Sans écoliers, sont en repos.
33.
Quand la grande cuve est nettoyée,
Calfeutrée de partout
De vieux chiffons ou de coton,
Sur ses soutres bien assise ;
Quand le cuvage est bien garni
De beaux meubles de Saint-Verni,
Le robinet et la gerbe placés,
Le maître prend plaisir,
Quand il voit sa vendange ramassée,
La foule quand il a le loisir.
34.
Un paysan, les jambes nues,
En piétinant de toute sa force,
Foule aux pieds, pour avoir le vin doux,
Les grosses graines et les menues.
Le jus du Frayer et du Chani,
L'éclaboussé jusqu'au nombril.
Tous les brumeaux il écrase,
De la pesanteur de son corps,
Les raisins si fort écrasés,
Que le vin de partout en sort.
35
Après que la cuve est levée (fermentée),
Que les raisins dépassent les bords,
Et que le vin, qui est le plus fort,
La pousse vers le plafond,
L'on peut en tirer le premier vin ;
Mais auparavant, il est beaucoup mieux,
De passer, pour ôter la crasse,
Le vin cuvé, dans sa chaleur,
A travers un papier de trace
Pour mieux juger de sa couleur.

�— 176 —
36.
Le grau vi n'ei gis de requêta,
Siô le vi vieux, siô le nouvé,
Le vi trop cliar leciva vé.
Le pûs fi varnichou s'enquêta,
Si vou faut le tira be tau,
La neut, le mati, le tantau,
A tou moumen voué vez son veire,
Et vè sa cuba que bullit,
Ne vô pas se mêma s'encreirc,
De grand paou qu'yo la de faillir.
37.
Après quou, si le vi se môtra
Ny par trop rouge, ny trop cliar;
Si laus œus le trobon gaillard,
Dins qué tem le païsan caûtra,
Auprès de lancha, le jhadau.
Yo n'ci ni daru ni lourdaut,
Tira son vi, re ne l'eitouna ;
Mas gayamen, et de bon cor,
Et le mour counten, yô l'entouna,
Et remplit son fût jusqu'au bord.
38.
Laus trouilladous, que sont de fêta,
Vont quarre l'asse cez de lez,
Et laus carmeis, laus courdelez,
Par laus trous, vont fouère liour quêta ;
Chaque mendiant la foué d'à part.
Dau vi tira toujours sa part,
Et le bon pera, le bon frère,
Be conten quand quou vé souven,
Se té be grand, quand yo pot fouère
Bouna quêta par le couven.
39.
Le trouilladou lez s'eiparmcna,
Yô voué dau pé, à bon ciscicn ;

�— 177 —
36.
Le gros vin n'a point de débit,
Soit le vin vieux, soit le nouveau,
Le vin trop clair devient lessivé.
Le plus fin vigneron s'inquiète,
S'il faut le tirer bientôt,
La nuit, le matin, le tantôt,
A tous moments, va avec son verre,
Et voit sa cuve qui fermente,
Ne veut pas lui-même se croire,
De peur qu'il a de faillir.
37.
Après cela , si le vin se montre
Ni trop rouge , ni trop clair ;
Si les yeux le trouvent gaillard ,
Dans ce temps le paysan joint,
Auprès du robinet, l'auge.
Il n'est ni sot, ni lourdaud,
Tire son vin , rien ne l'étonné;
Mais gaiement et de bon cœur,
Et l'air content il l'entonne ,
Et remplit son fût jusqu'au bord.
38.
Les fouleurs qui sont de fête,
Vont chercher le marc par-ci par-là,
Et les Carmes, les Cordeliers,
Vers les pressoirs vont faire leur quête;
Chaque mendiant la fait à part.
Du vin il tire toujours sa part,
Et le bon père, le bon frère,
Bien content quand cela va souvent,
Se tient bien grand quand il peut faire
Bonne quête pour le couvent.
39.
Lefoulcur de cuve s'y promène,
11 va des pieds à bon escient ;
23

�— 178 —
Yò l'eítourdit le pus patien,
De l'eitrange jhaffe qu'yô mena.
Et n'a guère le ventre creus,
Dins le cubage et vez le treu.
Le bramaré roba de Fasse,
Et dau ramei, laus pleis seilloux.
Quand par le treu faut que l'on passe,
L'on passa par laus grezillous.
40.
Que sert de boutà quaquo garda,
Toujours le baumian ei ravi
De rauba de l'asse , d'au vi,
Au tem, que moué Ion se pré garda.
Ils n epargnout ni liours cusis,
Liours compoueireis, ni liours vesis,
Le pus daru que min s'empressa,
Creiriô de gagna laus pardous ,
D'avei prou d'eime, prou d'adressa,
Par trompa son coufessadou.
41.
Las vendegnas se font sens tara,
Quand de tout le jour naus n'a ven,
Ni frei, ni pleuva, ni grand vent.
Dins tout le pan on foué fanfara,
Mas la pleuva rend tout fanghoux ,
Et le grand vent, qu'el ennighoux,
Rompt tout, vé le pan, vé la viala,
Le frei naus foué bouffa laus deis,
Et tout le monde, quand vou giala,
Reicoud saus braus, jusqu'aux coudeis.
42.
L'égua et le vent douna de l'obra,
Soubre tout, s'ils sontd'ameita ;
Mas le frei bouta en pobre eitat
Et laus razins et la manobra.
Tout le monde ei lourd dins le frei,
Le meillour moucitre ei mal adrci,

�— 179 —
Il étourdit le plus patient
De tous ses bavardages.
Il n'a guères le ventre creux,
Dans le cuvage et vers le pressoir,
Le crieur vole du marc
Et du vin doux, à plein sceau.
Quand par le pressoir il faut que Ton passe,
C'est passer par les mains des grugeurs.
40.
A quoi sert de mettre quelque surveillant,
Toujours le fripon est satisfait
De voler du marc , du vin,
Quelque soin qu'on mette à le surveiller.
Ils n'épargnent ni leurs cousins,
Ni leurs compères, ni leurs voisins ,
Le plus sot qui moins s'empresse ,
Croirait gagner le pardon,
D'avoir assez d'esprit, assez d'adresse
Pour tromper son confesseur.
41.
Les vendanges se font sans inconvénient,
Quand durant le jour nous n'avons ,
Ni froid, ni pluie, ni grand vent.
Dans tout le territoire on fait fanfare ;
Mais la pluie rend tout fangeux
Et le grand vent ennuyeux ,
Rompt tout, vers le vignoble, vers la ville;
Le froid nous fait souffler les doigts,
Tout le monde , quand il gèle,
Cache ses bras jusqu'aux coudes.
42.
L'eau et le vent donnent de la besogne,
Surtout s'ils sont de concert ;
Mais le froid met en mauvais état
Et les raisins et la manœuvre.
Tout le monde est lourd dans le froid,
Le meilleur maître est maladroit

�— Í80 —
D'un cô que l'ongliada l'attrapas,
Tout transi, dins un terreadou.
De la mô, la manobra eichapa,
Cent cos son cautc sarradou.
43.
Le paysan pau se remudaj
Las fennas las mas dins le se,
Lesson en patiença le sep.
Liour granda lingua devé muda,
La garda breula le poueissé.
L'anei sens brut, son chavau seg.
Le liaura panei pau trabailla,
Et ne pot pas pleghà le corps,
Narma pus ne foué re que vailla,
Et tout le monde ei dimei mort.
44.
Laus razins sont-ils dins la bearta,
Dins la bachola, parle saou;
Dins un panei, dins un lançau,
Ou dins quauquc trop de coubearta ;
Le moueitre, ni moué le deimei,
Ne cregnon rc par le ramei.
La vendegnas n'ei mas verdura,
Et se sint si pau dau soulei ,
Que de la grouna ronda et dura,
Vous n'en fariaz daus marteleis.
45.
L'un s'cnfut la têta coubearta,
De son argaut, de son sayous,
L'autre s'endala tout jouyaux
La meita d'au corps dins sa bearta.
La pleuva créisi d'ali, à ti,
La manobra lessa tout ti,
Son vieux cauté rauillat, renguaina,
Sauta partout couma un chabri,
Et groulousa, court la quinquéna,
Par bouta sa têta à l'abri.

�— 181 —
Uno fois que l'onglée l'a saisi,
Tout transit dans un terroir.
De la main, la manœuvre échappe ,
Cent fois, son couteau de vendangeur.
43.
Le paysan peut se remuer ;
Les femmes, les mains dans le sein,
Laissent en patience le cep.
Leur grande langue devient muette,
Le gardien brûle l'échalas.
L'amer, sans bruit, suit son cheval.
Le porte-hotte, pour travailler,
Ne peut pas plier le corps.
Personne ne fait plus rien qui vaille,
Et tout le monde est à demi mort.
44.
Les raisins sont-ils dans la hotte,
Dans la bachole ou par terre,
Dans un panier, dans un drap de lit,
Ou dans une mauvaise couverte,
Le maître, pas plus que le dimier ,
Ne craignent rien pour le vin doux.
La vendange n'est que verdure,
Et se sent si peu du soleil,
Que des graines rondes et dures ,
Vous en feriez des osselets.
45.
L'un s'enfuit la tête couverte,
De son vêtement, de sa blouse ;
L'autre décampe tout joyeux,
La moitié du corps dans sa hotte.
La pluie augmente de là, à là,
La manœuvre laisse tout là.
Son vieux couteau rouillé rengainé,
Saute partout comme un chevreau ,
Et crottée, court la prétentaine ,
Pour mettre sa tête à l'abri.

�— 182 —
46.
Quand le ceò pura et se rechigna,
Et jetta tout son grand sadou
L'égua, par son arrouzadou,
Sonbre laus champs soubre la vigna,
Partout s'eiliampont laus chavaux.
Laus chamit son pleins de rivaux,
Chacun patouilla dins la fangha,
Ben heiroux que troba un nughei,
Pus conten, que troba una grangha
Ou la cabana d'un barghei.
47.
Quand le vent detouta sa força,
Dins un pan se met à bouffa,
Quand on l'entend et sint rouffa,
Par nient la manobra s eiforça
De tenir bon dins laus cassiaux,
Tout plegha, laus seips, laus poueissiaux.
La grouna que se sint foueitada,
Tomba par le sau, sous le sep ;
Quand que grand vent pré sa boutada,
Re ne pot tenir contre se.
48.
Dins laus lios bas, soubre la caûta,
Ou a pcna à se tenir drei ;
Le vent n'eipargnat aucun endreit,
Foué de partout la viravauta.
Yô porta en l'air, et foué sauta,
Las feuillas de tous laus cautas ,
Jamoué la plus tarribla guiarra;
De re ne sert de bargigna.
L'enragha jetta tout par tearra
Et narma ne pot vindegna.
49.
Le païsan plegha bagage,
Emporta tout, le mei qu'yô pot,

�— 183 —
46.
Quand le ciel pleure et se rechigne,
Et jette abondamment
L'eau, par son arrosoir,
Sur les champs , sur la vigne ,
Partout les chevaux font des glissades.
Les chemins son pleins de ruisseaux ,
Chacun patouille dans la fange ;
Bien heureux qui trouve un noyer,
Plus content, qui trouve une grange
Ou la cabane d'un berger.
47.
Quand le vent, de toutes ses forces,
Dans un vignoble se met à souffler,
Quand on l'entend et sent ronfler,
En vain la manœuvre s'efforce
De tenir bon dans les carrés :
Tout ploie , les ceps, les échalas.
La graine qui se sent battue,
Tombe par terre sous le cep ;
Quand ce grand vent prend son essor,
Rien ne peut tenir contre lui.
48.
Dans les lieux bas, sur les côtes,
On a de la peine à se tenir droit ;
Le vent n'épargne aucun endroit,
Fait partout des tourbillons.
11 porte en l'air et fait sauter,
Les feuilles de tous les côtés ;
Jamais la plus terrible guerre ;
Rien ne peut lui résister.
L'enragé jette tout par terre,
Et personne ne peut vendanger.
49.
Le paysan plie bagage,
Emporte tout, le plus qu'il peut,

�— 184 —
Son bousse, sa fourma et son pô,
Voué ravauda dins son cubage.
Ennighat de perdre son jour ,
Et ronçant laus cils, les s'encourt,
Se plent dau mautem, se couschira,
Et par jaugir de son lesei,
Les tracassa tout, et lez vira
Davant darré, ce que les ei.

PRÉCEPTES
POUR LA FAÇON DES VIGNES ET L'USAGE DU VIN.

50.
Ton babil, Musa, naus enseigna,
Couma las vendegnas se font.
Digha nous quauquare dau fond,
D'onte naus tiren la vendegna.
La cautengha monta be naut ;
Sens argent, on ei be penaut,
Quand on faut paya la journadâ
Au païsan que ten la mô,
Et ne viaou mas, touta l'annada,
Toujours dau jour au lendemô.
51.
Par rendre une vigna bien bouna,
Ou fau bina, terça, quarta,
Dau foumarei bien cicarta,
Le bon Labouradou li douna.
Selon le tem et la sasous,
Sans y faillir, sa mauvasou ;
La fouei, la pouéla, la chapoula,
La veursa bien et sens grondi,
Jusqu'au fin bout de chaqu a boula,
Foué ne sez quants de versadis.

�— 185 —
Son baril, son fromage et son pain,
Va ravauder dans son cuvage.
Ennuyé de perdre sa journée,
Fronçant les sourcils, il se sauve,
Se plaint du mauvais temps , enrage ,
Et pour jouir de son loisir,
Il tracasse tout et y tourne
Devant derrière, ce qui y est.

PRÉCEPTES
POUR LA FAÇON DES VIGNES ET L'USAGE DU VIN.

50.
Ton babil, Muse, nous a enseigné
Comment les vendanges se font
Dis-nous quelque chose du fond,
D'où nous tirons la vendange
La dépense monte bien haut :
Sans argent on est bien déconcerté ,
Quand il faut payer les journées
Au paysan qui tend la main,
Et ne vit pendant l'année,
Toujours du jour au lendemain.
51.
Pour rendre une vigne bien bonne,
Il faut remuer la terre deux, trois, quatre fois,
Du fumier bien écarté,
Le bon cultivateur lui donne.
Selon le temps et la saison,
Sans négliger sa culture;
La piocher, l'échalasser, la tailler,
La verser sans la briser,
Jusqu'au fin bout de chaque bourgeon,
Faire je ne sais combien de provins.
24

�— 186 52.
Yó la té partout bien razada,
La tearra que vous fau dauta,
Yô la jetta daus dous caùtas.
Coumaou faut, la rend eifeuillada,
Par versà lez foué de bons craus,
Sourtit laus rocs petits et graus ;
Cbauzit laus seis de bouna raça,
Lez foué partout bien la liazous,
L'eichandit d'un pau de piaunaça,
Et conserva las parasous.
53.
La vigna douna de la pena,
Durant l'an dins un terradou ;
Trabailla le labouradou,
Cent cos la vira et la démena,
Avant que d'avei dau ramei.
Le vi ne vet pas dins un mei,
Le rasins ne vet pas de m'ema
Qu'un champignon soubre le champ ;
Le vi ne vet pas de se m'ema,
Couma un eicharpaut par laus champs.
54.
Vous vezés be que le vi caûta,
Mas qu'au n'emporta le balan,
Ou la pena qu'on a tout l'an,
Ou la cautengha, qu'ei be naûta.
A bien dire ce que vou nei
Et compta denei par denei,
De ce que chaque jour on bailla,
Dins qué traca, dins qué trafi,
Le moueinaghei, que moué, rambailla
De son vi n'a pas grand proufi.
55.
Que de païsans dins l'annada,
Contrefason laus bons valeis,

�— 187 —
52.
11 la tient partout avec des fossés ;
La terre qu'il faut ôter ,
Il la jette des deux côtés.
Comme il faut, il la rend meuble ,
Pour faire les provins, il fait de bons creux,
Il en sort les rocs, petits et gros ;
Choisit les ceps de bonne espèce,
Il fait partout bien les liaisons ,
L'échauffé d'un peu de colombine,
Et conserve les branches.

53.
La vigne donne de la peine ,
Durant l'année, dans un terroir;
Travaille le cultivateur,
Cent fois la tourne et la remue
Avant d'avoir du vin doux.
Le vin ne vient pas dans un mois,
Le raisin ne vient pas de même
Qu'un champignon sur le champ,
Le vin ne vient pas de lui-même,
Comme un chardon dans les champs.
54.
Vous voyez bien que le vin coûte ;
Mais emporte l'équilibre,
Ou la peine qu'on a toute l'année,
Ou la dépense qui est bien notoire.
A bien dire ce qu'il en est,
Et compté denier par denier,
De ce que chaque jour on donne,
Dans ce traca, dans ce trafic;
Le propriétaire qui économise le plus,
De son vin n'a pas grand profit.
55.
Que de paysans dans l'année
Contrefont les bons valets ,

�— 188 —
S'einouaillont le ventre au soulei,
Et ne rendont gis liour journada ?
Un moueitre a l'eime bien pesant
Que cret tout de son païsan ,
Le pûs souven, au liô de foueire,
Yo deurt ou fouéta le boussé,
Et par fouère bullir son doueire ,
Laus sert emporta epoueissc.
56.
Ou n'y a re que tant naus deigoute,
Couma quand dins la cava vé .
Quauque mau que vet de nouvé.
Quauquebon ordre, qu'on y boute,
On cret saus futa bien couma faut,
Sens taras et sens aucun défaut,
Et souvens quand mins on y pensa,
Et que re dautou ne foué paou,
On perd sa pena et sa deipensa,
L'on troba son vi par le saou.
57.
Un fons aura quitta sa place,
Ou sera mau galafeta ;
Quauque çarclit z'aura peta,
Une douéla aura quauqua blassa.
Le bon vi, paussa devendra ,
Quand le tounarri s'entendra.
En tout tems ou 1 ya ben à crendre,
Et le moueinaghei le pus fi,
Ne sat quémen, coument s'y prendre,
Par le sauva jusqu'à la fi.
58.
Le lourd counitpau, ny l'eidoula,
Quau pena qué jhus a douna;
Davant, après être entonna,
Et tau fear, tau cliau, s'en sadoula.
N'abusen pas d'un si grand be,
L'hôme sage, l'home de be,

�— 189 —
S'étendent le ventre au soleil,
Et ne gagnent pas leurs journées.
Un maître à l'esprit bien pesant
S'il croit tout de son paysan,
Le plus souvent au lieu de fossoyer ,
Il dort ou vide le baril,
Et pour faire bouillir sa marmite,
les soirs il emporte les échalas.
56.
Il n'y a rien de plus dégoûtant,
Comme quand dans la cave on voit,
Quelque mal qui arrive de nouveau.
Quelque bon ordre qu'on y mette,
On croit ses tonneaux bien comme il faut,
Sans tares et sans aucun défaut,
Et souvent quand le moins on y pense,
Et que rien du tout ne fait peur,
On perd sa peine et sa dépense,
On trouve son vin par terre.
57.
Un fond aura quitté sa place,
Ou sera mal calfeutré ;
Quelque cercle se sera cassé,
Une douve aura quelque fente.
Le bon vin, poussé deviendra
Quand le tonnerre grondera.
En tout temps il y a bien à craindre,
Et le vigneron le plus rusé,
Ne sait pas comment s'y prendre,
Pour le sauver jusqu'à la fin.
58.
Le sot connait peu, même le simple,
Quelle peine ce jus a donné,
Avant, après être entonné,
Tel qu'on le fait, tel qu'il est, s'en grisent.
N'abusons pas d'un si grand bien,
L'homme sage, l'homme de bien,

�— 190 —
Pau quauque cô, prendre l'eissore,
Et jouyaux, voueida son cacou ;
Mas faut pas que n'arma s'enyore,
Le vi n'ei pas foué par aquou.
59.
Quand la ehalour ei bien ardenta,
Que laus razins sont ben nuris,
Qu'ils ne sont ni mous, ni puris,
Que la vendegna ei bien fondenta ;
Laus meiteiriaux font de las liours,
De dous vis , volon le meillour.
Quand le prix d'au vi se ravala,
Au pé d'un sep, près d'un édit,
Le païsan tout pur l'avala,
L'eigada n'a pûs de crédit.
60.
Quand le vi partout cez redoueira ;
Quau vida mena l'artisan,
Couma cez viaou le païsan,
Quand l'abondanca laus flatouéra.
L'un leisa reuilla son fessou,
L'autre devingut paressoux,
Se té bien pau dius sa boutiqua.
Laus chalonghez sont mau servi,
Le meiteiriau perd sa pratiqua,
Et qu'au n'ei causa, ma le vi.
61.
Si notre rey bien en couléra,
Envouyava de chaque liô,
Tous las eivrouignas, que vouliô
Le sarvir, vingt ans en galéra,
La bella arméia qu'yô fariô ;
Que de gens l'on se deifariô.
La mar deichargeariô la tearra,
Si dins aquau cachots de bau,
Tant d'eyvrognas fasion la guiarra,
Le turc s'enfelariô de paou.

�— 191 —
Peut quelquefois prendre une licence,
Et joyeux, vider sa tasse ;
Mais il ne faut pas que personne s'énivre,
Le vin n'est pas fait pour cela.
59.
Quand la chaleur est bien ardente,
Que les raisins sont bien nourris,
Qu'ils ne sont ni mous, ni pourris,
Que la vendange est bien fondante,
Les artisans font des leurs ,
De deux vins veulent le meilleur.
Quand le prix du vin diminue,
Au pied d'un cep, près d'un sentier,
Le paysan tout pur l'avale,
Le petit vin n'a plus de crédit.
60.
Quand le vin est abondant,
Quelle vie mène l'artisan;
Comment vit le paysan
Quand l'abondance les flatte.
L'un laisse rouiller sa pioche,
L'autre, devenu paresseux,
Se tient bien peu dans sa boutique.
Les chalans sont mal servis,
L'artisan perd ses pratiques,
Et qui en est la cause, c'est le vin.
61.
Si notre roi bien en colère,
Envoyait de chaque lieu,
Tous les ivrognes, qui veulent
Le servir, vingt ans sur un vaisseau,
La belle armée qu'il ferait ;
Que de gens l'on se déferait,
La mer déchargerait la terre,
Si dans ces cachots de bois,
Tant d'ivrognes faisaient la guerre,
Le turc tremblerait de peur.

�62Si le vi manqua quauqua annada,
Un aubrei dau rang daus fiaulans,
Se foué sage durant quel an,
Et ne perd re de sa journada.
Yô ne beau, ni ne court pas tant,
Quou n'ei pûs le même d'autans;
Trop de vi gata bien dau monde ;
Un aubrei rouéna sa moueisou.
Ou n'y a mas l'égua que le donde,
Et que le mette à la rasou.
63
Vous vesez couma viaou le monde,
Quant de gens lez sont mau contens.
Quand le vi se sint dau mau tem,
Ou n'y a narma eicy que n'en gronda,
Et quand naus aven força vi,
Que le ceô naus a bien sarvi,
Quau honta n'ei quou pas, quau tacha
Couma 1 hôme, la fenna beou,
Et nous eiprouven que la vacha
Tira be tant couma le beou.
64.
Quand on s'arrêta dins son boaure,
Le vi naus donna la sanda.
Ce jhus n'ei jamoué gourmanda,
Par l'home d'eime que sat viaoura.
Le bon vi n'a pas son parei,
Chez l'artisan, ny chez le rey;
Quand quê jhus dins un cor furetta,
Le pus triste moueine n'en rit ;
Yô chichilla la menouretta ,
Et rejauzy le peleri.
65.
Tant siô la vianda rara et chara,
Tant siou laus festins délicats,

�— 193 —
62.
Si le vin manque quelque année,
Un ouvrier du rang des ivrognes,
Se fait sage durant cette année
Et ne perd rien de sa journée.
Il ne boit, ni ne court pas autant,
Ce n'est plus le même de l'an dernier;
Trop de vin gâte bien du monde ;
Un ouvrier ruine sa maison.
Il n'y a que l'eau qui le dompte,
Et qui le mette à la raison.
63.
Vous voyez comment vit le monde,
Combien de gens y sont mécontents.
Quand le vin se sent du mauvais temps
Il n'y a personne ici qui ne gronde,
Et quand nous avons beaucoup de vin,
Que le ciel nous a bien servi,
Quelle honte n'est-ce pas, quelle tache
Comme l'homme, la femme boivent ;
Et nous avons la preuve que la vache
Tire bien autant que le bœuf.
64.
Quand on s'arrête et qu'on boit peu,
Le vin nous donne la santé.
Ce jus n'est jamais gourmandé,
Pour l'homme d'esprit qui sait vivre.
Le bon vin n'a pas son pareil,
Chez l'artisan, ni chez le roi ;
Quand ce jus, dans un corps pénétre,
Le plus triste moine en rit ;
Il chatouille la bonne sœur
Et réjouit le pèlerin.
65.
Tant soit la viande, rare et chère,
Tant soient les festins délicats ,

�— 194 —
Sens le vi quou n'ei pas grand cas ;
Sens le vi l'on foué pobra chara ;
Sens laus flacons, sens laus boussiaux,
Pau sadeis sont les bous mourceaux ;
Sens le vi, la meillour pâture,
Paré dura couma dau bau;
Tous laus plas sont de se bautura,
Et la taula porta le daou.
66.
Le vi d'ujhan n'ei pas tant pire,
Yo mignoda prou le coure,
Et laus confreireis dau toure,
Cez farontbe quauque bon rire.
Quou n'ei pas que si le seignour ,
Nausl'aguesse donna meillour,
Chacun n'aurio be de la joya;
Mas on faut, le mati, le sei,
Dau pau, dau prou, qu'yo naus envoya,
Toujours l'y dire grand-marcei

�— 195 —
Sans le vin, ce n'est pas grand chose ;
Sans le vin, on fait triste chère ;
Sans les flacons, sans les barils,
Peu savoureux sont les bons morceaux;
Sans le vin, la meilleure pâture,
Paraît dure comme du bois ;
Tous les plats ont un air de tristesse ,
Et la table porte le deuil.
66.
Le vin de cette année n'est pas trop mauvais,
Il flatte assez le gosier,
Et les confrères du robinet,
Feront bien ici quelques bons rires.
Ce n'est pas que si le Seigneur ,
Nous l'eût donné meilleur,
Chacun en aurait bien de la joie ;
Mais il faut, le matin, le soir,
Du peu, du prou, qu'il nous envoie.
Toujours lui dire grand'merci.

Moulins.— Typ. de P.-A.

DESROSIEIIS.

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'&lt;em&gt;Album auvergnat&lt;/em&gt;, recueille le r&amp;eacute;sultat de trente ans de recherches de Jean-Baptiste Bouillet sur les chants et la litt&amp;eacute;rature de sa r&amp;eacute;gion, l'Auvergne.&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Illustr&amp;eacute; de gravures repr&amp;eacute;sentant des sc&amp;egrave;nes de vie quotidienne et des sc&amp;egrave;nes de danse (bourr&amp;eacute;e), cet album donne ainsi un aper&amp;ccedil;u visuel des costumes traditionnels auvergnats.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Bouillet, Jean-Baptiste (1799-1878). Éditeur scientifique</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, CR XIX-275</text>
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              <text>Vignette : http://www.occitanica.eu/omeka/files/square_thumbnails/d5df99793d478aafe6e271e52d8b9b85.jpg</text>
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