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Des royaumes aux nations ? L’ Europe barbare du Ve au VIIe siècle 1
Dans un sermon prononcé en décembre 410, quelques mois après le sac de Rome, Augustin fait
parler le Christ en ces termes : « Tu es étonné parce que le monde touche à sa fin ? Étonne-toi plutôt de
le voir parvenu à un âge si avancé. Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt 2. »
Ces propos reflètent le choc ressenti par la population d’Hippone lorsqu’elle a eu vent du pillage par les
troupes d’Alaric de la cité éternelle, huit cent ans après celui des Gaulois menés par Brennos en 390
avant J.-C. Cet événement, traumatisant pour beaucoup de contemporains, n’est en somme que la
conséquence logique d’un phénomène à l’œuvre depuis le Ier siècle : la pénétration progressive des
barbares dans l’Empire romain, désignée généralement par les chercheurs au moyen de l’expression
« invasions barbares ». Il faut ici souligner que cette expression a surtout été utilisée par des historiens
des pays correspondants à d’anciennes provinces romaines (France, Italie, Espagne) alors que les
historiens allemands lui préfèrent celle de « migration des peuples » (Völkerwanderungen)3. En réalité,
comme l’a montré H. Inglebert dans un ouvrage très utile 4, les différents déplacements de populations
ne sont pas tous des invasions : ces dernières désignent exclusivement le déplacement d’un peuple qui
vise à gagner une guerre, fait une entrée soudaine et parfois violente sur le territoire d’une population
autochtone, la soumettant ou la chassant par le pillage et la destruction. Il est préférable, quand on a
affaire à un simple déplacement, de parler de migration, comme le font les Allemands.
Les rapports politiques et administratifs entre l’Empire romain et les peuples qui cherchent à
s’installer dans les provinces sont régis par des statuts juridiques précis. L’installation peut être la
conséquence de la défaite d’un peuple (les prisonniers de guerre qui ne sont pas réduits en esclavage sont
déportés ou dispersés sur le territoire) ; elle peut être aussi le fait d’immigrations volontaires, après des
réorganisations de frontières. Mais, souvent, aux IIIe et IVe siècles, les populations désirant s’installer sur
le territoire signent un foedus, un traité qui leur accorde des terres en échange d’une contribution
militaire. Ces populations peuvent s’administrer dans le cadre de leur justice traditionnelle (alors que les
citoyens romains résidant dans la zone continuent de dépendre de la justice romaine) et leurs chefs
1 Cet article, issu d’une communication, a pour seul but d’offrir au lecteur curieux un panorama général de la situation
politique de l’Empire romain occidental aux Ve et VIe siècles. J’ai donc pris le parti de ne pas mentionner de sources,
renvoyant pour cela aux travaux cités dans les notes.
2 AUG., Serm. 81, 8.
3 Voir P. HEATHER, Empires and Barbarians. Migration, Development and the Birth of Europe, Londres, Pan
Macmillan, 2009, p. 12-21.
4 H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident, Paris, Éditions
Autrement, 2009, p. 5. Toutes les cartes utilisées dans cet article proviennent de son atlas (voir www.autrement.com). Je
remercie ici C. Gendrier et H. Inglebert qui m’ont autorisé à reproduire les cartes.

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obtiennent parfois le droit de citoyenneté 5. À partir de la deuxième moitié du IVe siècle, sous la poussée
des Huns, plusieurs populations germaniques pénètrent le limes, cherchant davantage à s’insérer dans
l’Empire et à profiter de ses richesses qu’à le détruire. Ces vagues de migrations bouleversent
profondément l’Occident romain et donnent naissance, au tournant des Ve-VIe siècles, à un certain
nombre de royaumes, qui s’installent plus ou moins durablement en Espagne, en Italie, en Afrique du
Nord et en Gaule. Les transformations politiques, administratives et culturelles que vivent alors les
anciennes provinces invitent à s’interroger : assiste-on aux prémices de nations gothe, lombarde et
vandale ? Ce terme de nation, qui peut paraître anachronique, doit être entendu au sens où l’emploie S.
Teillet6, à savoir comme une interaction entre un pouvoir royal reconnu par tous, une communauté
politique et un territoire, comme une conscience nationale, consécutive à la fusion entre une population
d’origine « barbare » et un groupe autochtone fortement romanisé, qui partagent une même
communauté de société et de destin. Je tenterai d’apporter des éléments de réponse à cette question en
étudiant, dans une première partie, la naissance des royaumes barbares au Ve siècle puis, dans un second
temps, en analysant l’évolution très différenciée qu’ont connue ces royaumes au VIe siècle.

I. La fin l’Empire romain d’Occident et la naissance des royaumes barbares
1. La situation au début du Ve siècle
Au début du Ve siècle, on assiste à plusieurs mouvements de populations 7. À l’est, les Goths
Greuthunges (appelés communément Ostrogoths 8), installés en Russie méridionale, subissent à la fin du
IVe siècle, plusieurs attaques des Huns, peuple dont on ne connaît pas l’origine géographique précise
(probablement l’Asie centrale). Une partie des Ostrogoths intègre l’armée des Huns et les autres se
dirigent vers l’Ouest, vers le Dniestr, afin de rejoindre les Goths Tervinges, ou Wisigoths. Ces derniers
sont à leur tour pressés par les Huns ; ils demandent à l’empereur Valens de leur laisser passer le Danube
et s’installent en Mésie en 376. En échange de cette installation, Valens prévoit de les utiliser comme
5

Voir P. HEATHER, « Foedera and foederati in the Fourth Century », W. POHL (éd.) Kingdoms of the Empire. The
Integration of Barbarians in Late Antiquity, Leyde-New York-Cologne, Brill, 1997, p. 57-74.
6 S. TEILLET, Des Goths à la nation gothique. Les origines de l’idée de nation en Occident du Ve au VIIe siècle, Paris,
Belles Lettres, 2011 (1e éd. 1984), p. 1-15.
7 Voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II : De l’avènement de Dioclétien au début
du IVe siècle, Paris, Aubier, 1979, 1, p. 105-178 ; P. HEATHER, Goths and Romans, 332-489, Oxford, Clarendon Press,
1991, p. 122-224.
8 Sur la terminologie, voir H. WOLFRAM, Histoire des Goths, trad. Fr. Straschitz, J. Mély, Paris, Albin Michel, 1990 (1e
éd. 1979), p. 31-38.

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mercenaires dans sa guerre contre les Perses.

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Mais, affamés par des fonctionnaires romains qui leur revendent des matières premières à des
prix prohibitifs, ils pillent les provinces de Thrace pour se nourrir, rejoints en 377 par des renforts
alains, huns et taïfales. Valens abandonne son projet d’une expédition contre les Perses Sassanides et
arrive à Constantinople en 378, rassemblant une armée de 15 000 à 20 000 hommes et d’autant de
troupes auxiliaires. La bataille d’Andrinople, engagée le 9 août 378 alors que l’empereur était prêt à
négocier face aux très nombreux effectifs des adversaires, est un désastre pour l’Empire romain :
l’empereur y laisse la vie, ainsi que celle des deux tiers de ses soldats.

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Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

D’un point de vue politique, cette défaite bloque la situation : Gratien, l’empereur d’Occident, ne peut
intervenir car les frontières du haut Danube restent menacées. Mais les Goths échouent à prendre
Constantinople, ville fortifiée défendue par des fédérés arabes. Ils ne peuvent quitter les Balkans par la
mer ni retourner vers le Nord à cause des Huns et connaissent des problèmes de ravitaillement. Il faut
attendre la nomination de Théodose comme empereur d’Orient en janvier 379 pour que la situation
évolue. Après avoir reconstitué une armée composée pour partie de mercenaires huns et goths battue en
380 près de Thessalonique, le nouvel empereur signe, en 382, un foedus avec les Goths Tervinges et leurs

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alliés : il leur donne des terres en Thrace où ils conservent leur autonomie politique et économique et,
en échange, les Goths fournissent des soldats comme mercenaires 9.
En 395, à la mort de Théodose, les jeunes Arcadius et Honorius deviennent respectivement
empereur d’Orient et d’Occident. Le deuxième, âgé alors de 10 ans, est sous la tutelle de Stilichon, chef
de l’armée d’origine vandale, marié à Serena, la nièce de Théodose. Les Goths, dégagés du foedus qui les
avait liés à Théodose, obtiennent le droit de retourner au nord de la Mésie, mais leurs anciennes terres
ont été ravagées par les Huns. Ils cherchent alors, en vain, à obtenir un nouveau foedus avec Honorius.
Alaric, l’un des chefs des fédérés goths, se révolte dans les Balkans ; Stilichon mène alors deux
expéditions contre lui, en 395 et en 397.

9

Sur ces événements, voir É. DEMOUGEOT, « Modalités d’établissement des fédérés barbares de Gratien et de
Théodose », Mélanges d’histoire ancienne offerts à William Seston, Paris, De Boccard, 1954, p. 143-160 (repris
dans É. DEMOUGEOT, L’Empire romain et les barbares d’Occident [IVe-VIIe siècles]. Scripta varia, Paris, Publications
de la Sorbonne, 1988, p. 43-60) ; H. WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 131-152.

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Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

L’empereur Arcadius nomme Alaric maître de la milice en Illyrie orientale afin de le fixer et de limiter la
puissance de Stilichon, dont la présence en Orient inquiète Constantinople. En 401, voyant qu’il ne
peut plus espérer devenir maître de la milice de Constantinople et en raison de la montée d’un
sentiment anti-goth en Illyrie, Alaric décide de tenter sa chance en Occident : il prend Aquilée, assiège
Milan, provoquant la fuite de l’empereur Honorius vers Ravenne, ville réputée imprenable car elle est
protégée par des marais, mais est défait par les troupes occidentales, menées par Stilichon, à Pollentia et
à Vérone en 402.

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Cartes issues de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Les troupes d’Alaric ne sont pas les seules à convoiter l’Italie. En 405, les Goths païens de
Radagaise, fuyant les Huns, attaquent la péninsule et ravagent la Cisalpine 10. Stilichon les bat en 406 à
Fiesole, près de Florence, puis enrôle 12 000 Goths dans son armée. Il fait nommer Alaric maître de la
milice en Illyrie occidentale pour s’en servir contre Constantinople (notamment dans les problèmes liés
10 Sur ces événements, voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II, 1, p. 421-464 ; H.
WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 152-185.

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à la succession d’Arcadius, mort en 408) et lui promet 1000 livres d’or par an. Mais Stilichon est
exécuté le 22 août 408, sur l’ordre d’Honorius qui l’accuse de complot. L’empereur d’Occident refuse de
payer l’or promis par Stilichon aux Goths d’Alaric. Ce refus, ainsi que le climat hostile qui se développe
en Italie où des familles de soldats goths sont assassinées, précipite les événements. Bénéficiant du
renfort des Goths de Radagaise qui avaient servi sous le commandement de Stilichon, Alaric assiège
Rome à l’automne 408 : les sénateurs achètent son départ. En 409, Alaric demande le droit d’installer
ses troupes au nord des Alpes et des subsides annuels en blé. Le nouveau refus d’Honorius provoque un
nouveau siège de Rome. Le chef goth contraint alors aussi le Sénat à décider la déchéance d’Honorius et
à proclamer empereur le sénateur Priscus Attale ; tous deux marchent sur Ravenne où s’est replié
Honorius. L’échec du siège de Ravenne et la fidélité à Honorius du comte d’Afrique Héraclien, qui
coupe le ravitaillement en blé vers Rome, obligent Alaric à renégocier, sans succès. Le 24 août 410, le
chef goth prend Rome : ses troupes, composées de chrétiens homéens, ne détruisent pas la ville et ne
massacrent pas ses habitants mais la pillent et prennent en otage Galla Placidia, la sœur d’Honorius 11.
Elles gagnent ensuite le sud de l’Italie pour aller en Afrique, projet auquel la mort d’Alaric dans une
tempête met fin.

Les troubles politiques que connaît l’Italie au début du Ve siècle ont aussi des conséquences en
Gaule, en Bretagne (la Britannia romaine) et en Hispanie. En effet, pour repousser Radagaise qui
menaçait l’Italie, Stilichon avait dégarni la frontière du Rhin de ses meilleures troupes, ouvrant la voie à
de vastes mouvements de population en Gaule. Auparavant, en 401, poussés par les Huns, des Vandales
Silings et Hasdings provenant de Pologne et de Tchéquie, des Alains, d’origine iranienne, et des Suèves,
venant de l’est des Carpates, avaient migré vers le Rhin et attaqué la Rhétie, entraînant derrière eux les
Burgondes, qui s’installent alors entre Worms et Spire, et les Alamans en Alsace. À la fin de 406,
Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin, détruisant Trêves et Mayence, puis se dirigent vers le sud
de la Gaule.

11 Sur Galla Placidia, voir É. DEMOUGEOT, « L’évolution politique de Galla Placidia », Gerión, 3 (1985), p. 183-210
(repris dans É. DEMOUGEOT, L’Empire romain, p. 273-300), ici p. 184-187.

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Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Les fédérés francs, installés sur le territoire, tentent de résister mais sont rapidement submergés 12.
Seul l’usurpateur Constantin III, qui s’est proclamé empereur en Bretagne, débarque en Gaule avec son
armée, mais il ne parvient pas à endiguer l’invasion. Il s’installe alors à Arles en 407 pour les surveiller,
étend son autorité sur l’Hispanie et projette d’intervenir en Italie 13. En Bretagne, le départ de
Constantin III favorise les attaques des Pictes d’Écosse et des Scots d’Irlande et la création de petits
royaumes romano-bretons à la place des cités14.
En Gaule, Honorius charge alors son général, le patrice Flavius Constance (le futur Constance
III), de lutter contre Constantin III, éliminé en 411. Mais, en Gaule du Nord, Jovin, soutenu par les
Burgondes, les Alains, les Francs et les Alamans, est proclamé empereur. Le nouveau chef des Wisigoths,
Athaulf, qui a conduit ses troupes en 412 de l’Italie vers la Gaule, se concilie les faveurs d’Honorius en
le débarrassant de Jovin, exécuté en 413, contre une promesse de foedus et de ravitaillement en blé. En
12 Voir P. PÉRIN, L.-C. FEFFER, Les Francs, I : À la conquête de la Gaule, Paris, Armand Colin, 1987, p. 77-87.
13 Voir É. DEMOUGEOT, « Constantin III, l’empereur d’Arles », Hommage à André Dupont (1897-1972). Études
médiévales languedociennes, Montpellier, Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon,
1974, p. 83-125 (repris dans É. DEMOUGEOT, L’Empire romain, p. 171-213) ; A. CHASTAGNOL, « Le repli sur Arles des
services administratifs gaulois en l’an 407 de notre ère », Revue historique, 505 (1973), p. 23-40.
14 Voir CHR. A. SNYDER, An Age of Tyrants : Britain and the Brittons, AD 400-600, University Park, Pennsylvania State
University Press, 1998.

�10
413, la révolte d’Héraclien en Afrique empêche Honorius de livrer le blé promis aux Goths, provoquant
la réaction d’Athaulf qui épouse, le 1 er janvier 414, Galla Placidia, se rattachant ainsi à la dynastie
théodosienne, et reconnaît à nouveau Priscus Attale comme empereur 15. Athaulf est assassiné l’année
suivante16.

Après avoir traversé et pillé la Gaule, les Alains, les Vandales et les Suèves passent les Pyrénées en
septembre 409, grâce à l’aide du général romain Gerontius. Ce dernier, qui avait combattu aux côtés de
Constantin III avant de s’opposer à lui et à son fils Constant, proclame en 409 Maxime empereur en
Tarraconaise. Il va ensuite assiéger Vienne en 411, s’empare de Constant et le fait décapiter, puis, la
même année, fuit en Hispanie à l’arrivée des troupes de Flavius Constance, où il meurt, provoquant la
chute de l’usurpateur Maxime. Après deux ans de lutte, l’Hispanie est partagée en 411 : les Vandales
Hasdings et les Suèves s’installent en Galice, les Alains en Lusitanie et en Carthaginoise et les Vandales
Silings en Bétique. Seule la Tarraconaise, province dans laquelle Honorius a des propriétés familiales,
reste aux mains de l’Empire.

15 Voir É. DEMOUGEOT, « L’évolution politique de Galla Placidia », ici p. 188-190.
16 Voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II, 1, p. 464-472 ; P. HEATHER, « The
Emergence of the Visigothic kingdom », J. DRINKWATER, H. ELTON (éd.), Fifth-century Gaul : A Crisis of Identity ?,
Cambridge, Cambridge University Press, 1992, p. 85-94.

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Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Cependant, ce fragile équilibre est menacé lorsque les Goths venus d’Italie gagnent l’Aquitaine
et s’installent en 415 à Barcelone. Athaulf, assassiné en 415, est remplacé par Wallia, qui conduit ses
troupes vers le sud pour tenter de passer en Afrique, sans succès. Wallia signe un accord avec Honorius :
en échange de leur installation en Aquitaine seconde et en Novempopulanie, les Goths combattent pour
l’empereur en Espagne17. De fait, en 417-418, les Goths exterminent les Vandales Silings, forcent les
Alains à se rallier aux Hasdings, et les Suèves, qui signent un foedus avec Honorius, à se contenter de la
Galice. L’usurpateur Maxime est tué en 422 lors d’une expédition romano-gothe contre les Vandales
Silings en Bétique.

2. L’effondrement progressif de l’Empire d’Occident (423-455)
Si la situation semble s’être stabilisée à la fin des années 410, la mort d’Honorius en 423
entraîne une nouvelle vague de troubles politiques. Son neveu, Valentinien III, est trop jeune pour
monter sur le trône d’Occident. L’empereur d’Orient Théodose II, après avoir vaincu l’usurpateur Jean,
primicier des notaires, confère le titre impérial à Valentinien en 425 et le fiance à sa fille Eudoxie.
Durant cette période, le principal détenteur du pouvoir, aux côtés de Galla Placidia 18, la mère de
Valentinien, est le patrice Aetius, un général mésien qui entretient d’étroites relations avec l’aristocratie
romaine.
En Gaule, Aetius parvient à empêcher le successeur de Vallia, Théodoric I er, de gagner la
Méditerranée en le repoussant d’Arles et de Narbonne en 436 ; la paix finit par être négociée en 439 :
Théodoric obtient une large autonomie et son territoire est augmenté dans la province de
Novempopulanie19. Les Francs qui, jusque-là collaboraient avec le pouvoir romain, cherchent alors à
conquérir de nouveaux territoires : les Francs rhénans prennent Trêves et Cologne mais Aetius les
repousse sur la rive droite du Rhin en 446, les Francs saliens s’étendent au sud et, vers 425, atteignent
Cambrai, avant d’être battus en 448 et contraints à se replier sur Tournai. Les Burgondes, fédérés à
l’Empire, rompent leur accord et s’étendent jusque vers Spire et Strasbourg ; Aetius, avec l’aide des
mercenaires hunniques d’Attila, parvient à les battre et les installe en Sapaudia (Jura et plateaux suisses),
selon les termes d’un foedus qui leur est très favorable en leur accordant de nombreuses terres prises aux
17 Voir à ce sujet M. ROUCHE, L’Aquitaine des Wisigoths aux Arabes (418-781) : naissance d’une région, Paris,
Éditions de l’E.H.E.S.S., 1979.
18 Sur son rôle politique à cette période, voir É. DEMOUGEOT, « L’évolution politique de Galla Placidia », ici p. 196-210.
19 Voir H. WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 187-191.

�12
Gallo-romains20. Aetius traite aussi aves les Alains restés en Gaule : il en établit un groupe dans la région
de Valence et un autre près d’Orléans. En Armorique, les Bretons, chassés par les Scots et les Saxons,
commencent à s’installer sur les côtes : Aetius fait envoyer contre eux les Alains, mais, en dépit de leur
victoire, l’Armorique reste en pratique indépendante.
Les succès militaires d’Aetius sont liés, en grande partie, à son alliance avec les Huns, mais, pour
payer ces derniers, il doit leur céder, après 433, les revenus fiscaux des provinces de Pannonie première,
de Valérie et de Savie. Les chefs huns fédérés autour d’Attila et de son frère Bléda finissent par attaquer
l’Empire romain d’Orient en 440-441, faisant échouer l’expédition de Théodose contre les Vandales
d’Afrique21.

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

La première campagne se clôt par la chute de la ville de Naissus ; les Huns obtiennent le
versement d’un tribut annuel de 1400 livres d’or. Après l’éviction de son frère, Attila engage une
20 Sur les Burgondes, voir R. KAISER, Die Burgunder, Stuttgart, Kohlhammer, 2004 ; K. ESCHER, Les Burgondes, Ier-VIe
siècles apr. J.-C., Paris, Éditions Errances, 2006, p. 17-68.
21 Voir la passionnante biographie de M. ROUCHE, Attila : la violence nomade, Paris, Fayard, 2009. Voir aussi I. BÓNA,
Les Huns. Le grand empire barbare d’Europe (IVe-Ve siècles), trad. K. Escher, Paris, Éditions Errance, 2002 (1e éd.
1993), p. 41-77.

�13
deuxième campagne en 447, qui le mène jusqu’à Constantinople. Si la capitale s’avère imprenable,
comme le veut sa réputation, les Huns sont de redoutables adversaires, d’autant plus qu’ils ont appris, au
contact des Romains, la poliorcétique. Le tribut versé monte alors à 2100 livres d’or, somme que
Marcien, le successeur de Théodose II, refuse de payer en 450. Malgré tout, Attila accepte de restituer
les prisonniers romains d’Orient afin de pouvoir diriger ses troupes vers l’Occident, où il espère piller la
Gaule. Il doit en effet maintenir, au moyen de cadeaux pris sur les butins, les relations qu’il entretient
avec ses alliés, parmi lesquels divers groupes de Goths.
En 451 Attila attaque la Gaule du Nord 22, passant par Strasbourg, Metz et Reims en direction de
Troyes et d’Orléans.

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Aetius s’allie alors avec les Wisigoths menés par Théodoric I er et sauve Orléans. Attila est battu
au Campus Mauriacus (les Champs Catalauniques, près de Troyes) le 20 juin 451, bataille durant
laquelle Théodoric meurt et son fils Thorismond est proclamé roi des Wisigoths ; les Huns se replient
alors vers le Rhin. Ce conflit réanime les prétentions des Wisigoths, qui ne tardent pas à menacer
Narbonne et Arles mais leur roi est tué par ses frères en 453. Son successeur, Théodoric II, prudent,
confirme le statut de son royaume, fédéré de l’Empire, dans ses limites légales.
La fin de la dynastie théodosienne provoque aussi de nouveaux troubles en Hispanie et en
Afrique. En effet, les Vandales et les Suèves ne restent pas longtemps fidèles à leur traité de fédération.
En 428, ils s’emparent de Séville et de Carthagène puis occupent les Baléares. Les Vandales, qui sont le
premier peuple germanique à maîtriser la mer, passent en Afrique, via Tanger, en 429, sous la conduite
22 Sur ces événements, voir É. DEMOUGEOT, « Attila et les Gaules », Mémoires de la société d’agriculture, commerce,
sciences et arts de la Marne, 73 (1958), p. 7-42 (repris dans É. DEMOUGEOT, L’Empire romain, p. 215-250) ; P.
HEATHER, « The Huns and the End of the Roman Empire in Western Europe », English Historical Review, 110
(1995), p. 4-41.

�14
de Genséric, laissant le champ libre aux Suèves qui attaquent la Galice intérieure, occupent la Lusitanie
en 440, la Bétique en 441 et progressent ensuite en Carthaginoise.

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

En Afrique, les Vandales longent les côtes et arrivent à Hippone en mai-juin 430 ; la ville
assiégée, tombe en juillet-août 43123. Seules Carthage et Constantine résistent encore. La migration
vandale entraîne l’indépendance de fait de la steppe prédésertique en Libye et de certaines régions
montagneuses.

23 FR. M. CLOVER , The Late Roman West and the Vandals, Aldershot, Variorum, 1993 ; A. MERRILLS,
R. MILES, The Vandals, Oxford, Oxford University Press, 2010 ; Y. MODÉRAN, « L’établissement
territorial des Vandales en Afrique », Antiquité tardive (L’Afrique vandale et byzantine [1re partie]),
10 (2002), p. 87-122 ; J. CONANT, Staying Roman. Conquest and Identity in Africa and the
Mediterranean, 439-700, Cambridge, Cambridge University Press, 2012, p. 19-196.

�15

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

Rome signe le 11 février 435 un foedus avec les Vandales : ils s’installent en Maurétanie
Césarienne et Sitifienne et dans la région d’Hippone. Mais la paix est de courte durée : le 19 octobre
439 Genséric prend Carthage par surprise, privant Rome d’une grande partie de ses ressources, puis
occupe la Byzacène et la Tripolitaine.

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En 440 Théodose II envoie une armée en Sicile mais il doit la rappeler l’année suivante à cause de la
menace hunnique dans les Balkans. La paix est signée en 442 : Genséric obtient une partie de la
Numidie, la Proconsulaire, la Byzacène et la Tripolitaine et rend les Maurétanies et Constantine. Il
continue à fournir un tribut en blé pour ravitailler Rome et envoie son fils Hunéric à Rome où il est
fiancé en 445 à Eudoxie la Jeune. Le royaume vandale apparaît alors plus comme un allié de l’Empire
que comme un état fédéré. Genséric se proclame rex Vandalorum et Alanorum, titre qui reflète les limites
de l’acculturation entre les Romains d’Afrique et le nouveau pouvoir. Si tout porte à croire que les
structures administratives romaines se maintiennent, notamment l’organisation municipale et
provinciale, Genséric n’hésite pas, pour installer les Vandales dans la région de Carthage, à confisquer les
biens des sénateurs romains et de l’Église catholique et à exiler les sénateurs et les clercs, notamment
l’évêque de Carthage, Quoduultdeus, en Italie. Les Vandales, convertis à l’arianisme d’Ulfila
probablement au contact des Wisigoths d’Espagne au début du Ve siècle, pratiquent une politique
répressive méthodique contre les catholiques, essentiellement en Proconsulaire, en refusant de laisser
ordonner un certain nombre d’évêques, dont le successeur de Deogratias en 456-457 à Carthage,
laissant le siège épiscopal vacant jusque vers 47424.

3. La fin de l’Empire romain d’Occident (455-480)
À la mort de Valentinien III, en 455, l’Occident romain est partagé entre royaumes
indépendants (celui des Vandales), royaumes fédérés (ceux des Wisigoths et des Burgondes), et régions
abandonnées ou hors de contrôle (une grande partie de l’Hispanie soumise aux Suèves, l’Armorique, la
Bretagne) ; seule la péninsule italique échappe encore aux divisions territoriales. Pétrone Maxime, l’un
des responsables de l’assassinat de Valentinien, se fait proclamer empereur, épouse Eudoxie (l’ancienne
femme de Valentinien), et force Eudoxie la Jeune, promise à Hunéric, à épouser son fils Pallade 25.
Genséric envoie alors une expédition qui pille Rome pendant quinze jours, aux termes d’un accord passé
avec les autorités locales et le pape Léon le Grand, épargnant la population et les bâtiments. Il enlève
24 Voir Y. MODÉRAN, « L’Afrique et la persécution vandale », J.-M. MAYEUR, CH. PIETRI et al. (dir.),
Histoire du christianisme, 3 : Les Églises d’Orient et d’Occident (432-610), Paris, Desclée, 2000, p.
247-278 ; ID., « Une guerre de religion : les deux Églises d’Afrique à l’époque vandale », Antiquité
tardive (L’Afrique vandale et byzantine [2e partie]), 11 (2003), p. 21-44.
25 Sur la fin de l’Empire romain d’Occident, voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares,
II, 2, p. 573-618.

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Eudoxie et la marie à son fils Hunéric. Avitus succède à Pétrone avec l’appui des aristocrates gaulois et
de Théodoric II mais, en Italie, le général Ricimer fait proclamer empereur Majorien en 457. Ce
général, patrice commandant des troupes d’Italie, est d’origine barbare (son père est suève et il est, par sa
mère, le petit-fils du roi wisigoth Vallia) ; il ne peut donc espérer accéder au trône mais, entre 456 et
472, il dirige en pratique l’Italie, qui voit se succéder, entre 455 et 480, neuf empereurs différents.
Avitus, aidé pourtant par les Burgondes, est rapidement battu par Majorien qui reprend le contrôle de la
Gaule, avec le général Egidius, allié aux Francs Saliens de Childéric, puis va en Espagne préparer la
guerre contre les Vandales. Ricimer nomme alors Sévère empereur en 461, mais ce dernier n’est reconnu
ni par Constantinople ni par Egidius en Gaule. La région connaît alors de nombreux troubles 26 : le roi
burgonde Gondioc, allié de Ricimer, devient maître de la milice des Gaules et occupe Lyon et Arles,
tandis que Théodoric II s’installe en Narbonnaise en 462. Deux ans après la mort de Sévère, en 467,
l’empereur d’Orient, Léon Ier, tente de reprendre le contrôle de la situation en nommant Anthémius
empereur d’Occident, mais ce dernier est assiégé dans Rome par Ricimer et les Burgondes, siège durant
lequel il trouve la mort pendant que la ville est pillée pour la troisième fois. Ricimer nomme alors
Olybrius empereur, puis, après leur mort la même année, Gondebaud, roi des Burgondes, fait élire
Glycerius en 473, chassé l’année suivante par Julius Népos, nommé empereur par Léon I er. En 475,
l’empereur d’Occident ne contrôle plus que l’Italie, la Dalmatie et la Provence méridionale.

26 Voir P. PÉRIN, L.-C. FEFFER, Les Francs, I, p. 105-109.

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Le pouvoir impérial romain sur l’Occident s’éteint peu à peu : Flavius Oreste, ancien proche d’Attila,
proclame son fils Romulus Auguste (dit Augustule) empereur, contraignant Julius Népos à se réfugier en
Dalmatie, mais les mercennaires germains qui soutenaient Oreste le tuent et élisent à leur tour, en 476,
Odoacre roi des peuples. Romulus Augustule est envoyé en Campanie et Odoacre renvoie les symboles
impériaux, la pourpre et le diadème, à Constantinople : il reconnaît Zénon comme seul empereur. À la
mort de Julius Népos, en 480, il n’y a plus d’empereur d’Occident.
La mort d’Attila en 453 entraîne la fin d’un autre pouvoir, celui du royaume hunnique. Les
Gépides, qui contrôlent la Dacie, deviennent indépendants vers 454, les Goths de Pannonie en 455,
puis les Skires vers 460. Cet éclatement provoque un nouveau flux migratoire vers le territoire impérial :
entre 465 et 470 Constantinople résiste aux attaques de divers groupes goths et huns, jusqu’à ce que ces
derniers s’installent comme fédérés au sud du Danube. Les Goths de Pannonie, conduits par Valamer,
sont alors le groupe dominant : ils détruisent le royaume des Skires avant 470 et s’installent dans les
Balkans après 473. Théodoric l’Amale, qui succède à Valamer en 474, devient maître de la milice en
Illyrie. Il parvient à réunir autour de lui les Ostrogoths en fédérant plusieurs groupes (Goths, Ruges,
Alains, Alamans, Hérules, Skires, Gépides), donnant le jour à une nouvelle puissance, alliée de

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Constantinople dans la lutte contre les Isauriens. L’empereur Zénon nomme d’ailleurs leur chef consul
en 484.
Les royaumes wisigoths et vandales affirment eux aussi leur puissance durant cette période. En
Hispanie, le royaume des Wisigoths connaît, durant cette période, une grande expansion 27. Théodoric II
écrase les Suèves à la demande de l’empereur Avitus, en 456, les cantonnant à la Galice en 464. Les
Wisigoths obtiennent la Narbonnaise en 462 et lancent plusieurs attaques en Gaule : ils battent les
fédérés armoricains en 468 et atteignent la Loire et, à l’est, ils progressent jusqu’au Rhône, obtiennent
l’Auvergne en 475 et Marseille l’année suivante. En 473, leur nouveau roi, Euric, occupe aussi la
Tarraconaise : il contrôle alors toute l’Hispanie à l’exception du Nord-Ouest, tenu par les Suèves 28.
Quant à l’Afrique, le roi Genséric annexe, après le pillage de Rome, la Maurétanie Césarienne et
la Maurétanie Sitifienne. Il semble qu’il ait alors créé deux provinces, l’une réunissant la Numidie
occidentale et la Maurétanie Sitifienne et l’autre correspondant à la partie de la Césarienne sur laquelle
s’exerçait son autorité, même si une partie de ces territoires était déjà plus ou moins aux mains des
Maures29. Il devient de ce fait le roi barbare le plus puissant d’Occident. Les Vandales envahissent aussi
la Sicile en 468, après l’échec de l’expédition d’Anthémius contre les Vandales. Constantinople signe la
paix avec eux en 474.

À la fin du Ve siècle, le paysage du pouvoir en Europe occidentale est donc profondément
modifié. La plupart des anciennes provinces romaines de la pars Occidentis sont devenues des royaumes
indépendants : en Afrique, le royaume vandale, en Lusitanie et au nord-ouest de l’Espagne, le royaume
suève, en Espagne et dans une grande partie du sud la Gaule, le royaume wisigoth, en Lyonnaise et en
Sapaudie, le royaume burgonde, au nord-est de la Gaule, les royaumes francs, et en Italie le royaume
ostrogoth. Ces nouveaux états, vont, au VI e siècle, fixer leurs frontières et développer leur propre
système de gouvernement. Ce processus favorisera, dans certains cas, l’émergence des prémices de
nations barbares.
27 Voir R. COLLINS, Visigothic Spain, 409-711, Malden-Oxford-Victoria, Blackwell Publishing, 2006 (1e éd. 2004), p.
26-37.
28 Voir H. WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 196-205.
29 Voir Y. MODÉRAN, « Les frontières mouvantes du royaume vandale », CL. LEPELLEY, X. DUPUIS (éd.), Frontières et
limites géographiques de l’Afrique du nord antique. Hommage à Pierre Salama. Actes de la table ronde réunie à
Paris les 2 et 3 mai 1997 par le Centre de recherche sur l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge (Université de
Paris X-Nanterre) et le Réseau interuniversitaire d’études africaines (École pratique des hautes études-IVe section),
Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 241-263.

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II. Les royaumes au VI e siècle : une évolution différenciée
1. Le royaume wisigoth et la renaissance culturelle du VI e siècle
À partir de 476, l’administration romaine disparaît peu à peu dans le royaume wisigoth : le roi
désigne un comte, romain ou goth, pour gouverner les cités. Ce phénomène s’accompagne d’une
véritable politique législative : le rhéteur Léon de Narbonne rédige, en 476, le Code d’Euric, un texte de
loi fixant par écrit les lois orales germaniques. La royauté gothe devient alors une monarchie territoriale :
le peuple est régi par un souverain et obéit à une législation valable sur un territoire précis 30. Ce code est
remplacé peu après par le Bréviaire d’Alaric (appelé aussi Loi romaine des Wisigoths), promulgué à Airesur-Adour en 506 par le roi Alaric II (484-507), qui compile des passages du Code Théodosien, des
rescrits, des novelles et des textes des jurisconsultes romains classiques (Gaius, Papinien, Paul),
interprétés pour le peuple wisigoth 31. Ce code permet d’ailleurs à Alaric II de rallier les notables galloromains dans un contexte difficile : celui de la menace d’une guerre contre le roi des Francs, Clovis. En
effet, ce dernier, favorable au catholicisme, mène une véritable politique expansioniste : en 507, après la
bataille de Vouillé dans laquelle Alaric II trouve la mort, il récupère l’Aquitaine et la région de Toulouse.
Le royaume wisigoth est alors réduit à l’Hispanie et à la Septimanie et Tolède en devient la capitale.

30 Sur le royaume de Toulouse durant le règne d’Alaric II, voir H. WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 205-260.
31 Voir M. ROUCHE, BR. DUMÉZIL (éd.), Le Bréviaire d’Alaric : aux origines du Code civil, Paris, PUPS, 2008.

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Le royaume connaît ensuite une période de troubles politiques internes 32 : le fils illégitime
d’Alaric, Gésalic, règne de 507 à 511, avant d’être chassé par le roi ostrogoth Théodoric qui installe son
petit-fils Amalaric (fils légitime d’Alaric et de sa fille Théodegota) sur le trône. Amalaric, homéen,
favorise la collaboration politique avec les évêques catholiques, mais celle-ci se complique lorsque
Constantinople occupe le sud de l’Espagne, à partir de 552, provoquant la réaction du roi Léovigilde
(569-586) : il combat les Byzantins, annexe le royaume suève vers 585 et tente, après 580, une union
32 Voir R. COLLINS, Visigothic Spain, p. 38-63.

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religieuse des Hispano-Romains et des Wisigoths autour de l’homéisme, sans succès. Il faut attendre, en
587, la conversion au catholicisme du roi Reccarède, suivie, en 589, lors du 3 e concile de Tolède, de
celle de tous les Wisigoths, pour unifier les populations d’Hispanie autour de la monarchie gothe ; les
hérétiques, les païens et les juifs sont alors invités à se convertir 33. Cette décision met un terme à une
division ethnique et culturelle entre Romains et Goths et permet, à long terme, la « fusion nationale »
hispanique. L’unification religieuse du royaume s’accompagne, en 615, d’une législation anti-juive : le
roi Sisebut ordonne la conversion forcée de tous les juifs du territoire. Cette loi, difficile à appliquer, est
plusieurs fois réaffimée au VIIe siècle. Elle est le premier signe d’une évolution générale vers un nouveau
modèle de société : la chrétienté.
Cette période consacre aussi la renaissance culturelle de l’Espagne, liée en partie au flux de
réfugiés africains fuyant, à partir de 650, l’invasion arabe et apportant avec eux des manuscrits qui
viennent enrichir les bibliothèques de la Péninsule. Autour de la figure et de l’œuvre d’Isidore de Séville,
évêque entre 570 et 636, se met en place une réorganisation générale des moyens de savoir. Une triple
action est entreprise : relever le niveau culturel des clercs et des moines, forger les instruments
intellectuels de ce programme et associer les laïcs au mouvement. L’Espagne est alors l’un des foyers les
plus vivants de la Latinitas : on assiste à une restauration de la communication écrite (dont la législation
est l’un des meilleurs exemples) et à une amélioration de la communication orale. Tolède voit se
succéder des évêques fins lettrés (Eugène III, Ildefonse ou Julien) 34. Cette renaissance culturelle
témoigne de la symbiose réalisée en Espagne entre la Romanitas culturelle tardo-antique et des structures
politiques et religieuses wisigothes. On assiste donc, à partir de la deuxième moitié du VI e siècle, aux
prémices de la future nation wisigothe35.

2. Du royaume ostrogoth au royaume lombard : la lente émergence de la nation romanogothique italienne ?
En 476, Odoacre est élu par ses soldats et désigné comme « roi des peuples ». En pratique, il
n’est pas vraiment le roi d’une nation germanique mais seulement le chef d’une armée d’effectif moyen,
constituée de Barbares d’origines diverses 36. Pour les Romains et l’empereur de Constantinople qu’il
33 Voir à ce sujet BR. DUMÉZIL, Les Racines chrétiennes de l’Europe. Conversion et liberté dans les royaumes
barbares, Ve-VIIIe siècle, Paris, Fayard, 2005, p. 275-283.
34 Voir M. BANNIARD, Genèse culturelle de l’Europe, Ve-VIIIe siècle, Paris, Seuil, 1989, p. 107-115.
35 Voir la longue étude sur l’émergence de la nation gothique espagnole de S. TEILLET, Des Goths à la nation gothique,
p. 461-644.
36 Voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II, 2, p. 796-833 ; H. WOLFRAM, Histoire des
Goths, p. 283-293.

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reconnaît officiellement, il porte le titre de patrice et est désigné, dans les documents officiels, non par
celui de roi mais par celui de uir praecellentissimus. À la fin de son règne, il adopte le gentilice Flavius, ce
qui lui confère une certaine noblesse romaine. Durant son règne, entre 476 et 493, on n’observe pas de
rupture administrative : il gouverne en s’appuyant sur les bureaux de Ravenne, sur l’aristocratie
sénatoriale, loyalement ralliée à lui, et sur une armée barbare mieux implantée (en particulier en Italie
du Nord où elle a reçu des terres) et plus fidèle qu’avant. Il cherche seulement, bien que de confession
homéenne, à contrôler l’élection des papes, tout en prenant soin de choisir, pour le représenter à
l’élection de Felix III en 483, l’un des membres les plus éminents de l’aristocratie.
En 476, il s’accorde avec Genséric sur la Sicile et parvient à la récupérer, assurant de ce fait
l’essentiel du ravitaillement en blé, mais il doit céder la Provence aux Wisigoths. Très vite, des tensions
avec Constantinople apparaissent : en 481, il occupe la Dalmatie qui relevait du pouvoir de l’Empire
romain d’Orient et, en 487-488, il détruit le royaume des Ruges au nord du Danube et fait évacuer une
partie des Romains du Norique ripuaire en Italie.

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À la fin de 488, l’empereur Zénon, qui n’accepte pas la perte de la Dalmatie et veut écarter les
Ostrogoths des Balkans, propose à Théodoric l’Amale, le chef des Goths des Balkans, d’attaquer
Odoacre. Théodoric arrive en Italie en 489 ; Odoacre est battu mais résiste à Ravenne jusqu’en 493.
Quatre ans plus tard, en 497, Théodoric est reconnu par Constantinople comme maître de la
milice, roi des Goths et patrice des Romains 37. Sa position est différente de celle de son prédecesseur : il
est le roi d’un peuple à titre héréditaire et le titre de roi lui a été concédé aussi bien par les Romains que
37 Sur Théodoric, voir H. WOLFRAM, Histoire des Goths, p. 293-349.

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par les Goths. Il revêt la pourpre et le diadème et prend lui aussi le gentilice Flavius. L’un des
fondements de sa politique reposant sur la stricte séparation entre les deux races, il organise et dirige une
double administration, l’une militaire et gothique et l’autre civile et romaine. Il étend les frontières de
son royaume en prenant la Pannonie seconde aux Gépides en 504 et la Provence en 508.

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Son règne est une époque de prospérité pour l’Italie : la civilisation romaine se maintient dans
les grandes villes, il restaure des monuments antiques et bâtit des palais et des églises à Ravenne, Pavie,
Vérone ou Rome38. Il favorise les lettres latines, aidé par l’évêque Ennode de Pavie, le sénateur
38 Voir M. BANNIARD, Genèse culturelle de l’Europe, p. 116-119.

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Cassiodore, préfet du prétoire, et Boèce, sénateur philosophe qui traduit les œuvres d’Aristote en latin.
L’œuvre historique de Cassiodore a largement contribué à faire évoluer la conception des Goths,
d’ennemis du monde romain vers la forme quasi nationale du royaume gothique d’Italie, bien qu’elle
s’efforce encore de concevoir le royaume ostrogoth comme un prolongement de l’Empire romain. Ainsi,
dans sa Chronique, Cassiodore insère habilement Théodoric dans la succession des empereurs et, dans
les Variae, il prône l’idéal d’une communauté entre Goths et Romains d’Italie, sous l’autorité du roi
goth. Son texte le plus novateur est incontestablement son Histoire des Goths (que l’on connaît par la
réédition qu’en a fait Jordanès, puisque l’œuvre originale est perdue), centrée, comme son nom
l’indique, uniquement sur le passé du peuple. L’idée de nation gothique qui y est exprimée est fondée
sur une romanisation des Goths en même temps que sur une adaptation du pouvoir impérial au
principe monarchique barbare. Pourtant, cette Histoire se conclut sur la chute de l’empire ostrogothique
et le triomphe de Justinien, signe de l’échec de la tentative de créer une nouvelle nation romaine formée
de la communauté des Goths et des Romains39.

De fait, Théodoric se heurte, à partir de 500, à l’expansion des Francs : après la victoire de
Clovis à Vouillé en 507, le roi prend en main le gouvernement de l’Espagne wisigothique au nom de
son petit-fils Amalaric II. Il défend également en 523-524 le royaume des Burgondes contre les fils du
roi franc. Des tensions politico-religieuses se font alors également sentir avec Constantinople : plusieurs
sénateurs et consuls, dont Boèce et Symmaque, accusés de complicité avec l’Empire d’Orient, sont
exécutés, et le pape Jean Ier est emprisonné. En 526, Théodoric meurt : sa fille Amalasonthe devient
régente au nom de son fils Athalaric, rend la Septimanie à l’Espagne, et mène une politique
d’apaisement envers le Sénat de Rome (elle restitue aux enfants de Boèce et de Symmaque les biens
confisqués à leurs pères) et envers Constantinople. À la mort de son fils, elle épouse, en 535, son cousin
Théodat, lui offrant de ce fait le pouvoir, mais celui-ci la fait arrêter et assassiner, avant de mourir
quelques mois plus tard. La guerre éclate alors : les élites italiennes se rallient à Justinien contre les
Goths, témoignant des limites de l’intégration gothe dans la société romaine tardo-antique. Les troupes
de Bélisaire prennent la Dalmatie, la Sicile, la Calabre puis arrivent à Rome en 536 ; la ville est ensuite
assiégée par les troupes de Vitigès, le successeur de Théodat, qui ne parviennent à la reprendre. En 540,
l’armée impériale prend Ravenne ; Vitigès, vaincu, est nommé patrice et reçoit des domaines en Asie.
39 Sur l’œuvre de Cassiodore, voir S. TEILLET, Des Goths à la nation gothique, p. 281-303 et sur l’Histoire des Goths
de Cassiodore-Jordanès, p. 305-334.

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Durant encore quinze ans, les luttes entre Goths et Byzantins se succèdent pour la conquête de l’Italie :
Rome est prise par les troupes du goth Totila en 546, récupérée par Bélisaire en 548, puis assiégée de
nouveau par les Goths en 550. Justinien, face à la situation, réagit en envoyant son général Narsès avec
une armée beaucoup plus importante, qui, en 552, écrase celle de Totila au nord de Rome. Les derniers
Goths se rendent en 555.
Justinien décide alors d’annexer l’Italie à l’Empire. À cet effet, il promulgue, le 13 août 554, la
Pragmatique Sanction : la Dalmatie est détachée de l’Italie au profit de l’Orient, la Sicile, qui dépend elle
aussi désormais de l’Orient, a son propre gouverneur et seule l’Italie constitue une préfecture du prétoire
distincte, divisée en provinces, dont Ravenne est la capitale. La ville de Rome, dévastée, n’est plus qu’un
village, malgré la présence maintenue du pape et du Sénat.
Cette situation est éphémère car les Lombards envahissent l’Italie en 567, deux ans après la mort
de Justinien. Ce peuple, qui vient de l’Elbe supérieur, a profité en 488-489 de la destruction du
royaume des Ruges par Odoacre pour s’y installer et a peu à peu étendu son territoire, d’abord en
défaisant les Hérules en 508, puis en chassant le reste des populations suèves du moyen Danube 40. Au
milieu du VIe siècle, les Lombards occupent la Pannonie, et s’allient avec Justinien pour lutter contre les
Ostrogoths en Italie (en échange de la protection impériale contre les Gépides). En 567, Alboïn vainct
les Gépides et se dirige vers l’Italie en compagnie de goupes armés des Carpates. De nombreuses villes se
rendent, dont Milan, et le roi met en place un nouveau système de gouvernement : il crée à Cividale del
Friuli un duché modelé sur le modèle militaire romain. À la mort d’Alboïn, le royaume lombard, dont
l’organisation est encore très lâche, se divise en duchés qui suivent chacun leur propre politique, avant
d’être réunis par le duc Authari (584-590)41. Ce royaume est le dernier à s’installer sur le territoire de
l’Empire d’Occident pendant l’Antiquité tardive.
Malgré les nombreuses destructions qu’elle a provoquées, la reconquête justinienne contribue
fortement au maintien de véritables réserves culturelles, notamment à Ravenne, qui reste une ville
administrative, une ville de l’écrit et de la culture latine. Avec l’invasion et la naissance du royaume
lombard, la société civile, profondément bouleversée, ne peut plus fournir des cadres sociaux et cuturels
traditionnels aussi performants. L’Église prend alors activement le relais, représentée par l’une des plus
grandes figures intellectuelles du VIe siècle, Grégoire le Grand. Son œuvre, marquée par une perspective
eschatologique, contient de nombreuses mises en garde contre un savoir trop marqué par la tradition
40 Voir N. CHRISTIE, The Lombards. The Ancient Longobards, Oxford-Malden, Blackwell Publishers, 1995.
41 Voir ST. GASPARI, I duchi longobardi, Rome, Nella sede dell’Istituto, 1978.

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profane ; il reproche par exemple à l’évêque Didier de Vienne d’enseigner la grammaire et les auteurs
païens. Il est l’un des grands acteurs de la conservation de la langue latine dans l’Italie lombarde,
transmettant aux nouveaux royaumes une part de l’héritage impérial et leur apportant un élément neuf,
la conversion, qui permet à la gens barbare d’accéder au statut de communauté politique. Pour lui, le
modèle par excellence de cette transition vers un tel statut est la gens Francorum, seule gens, à son
époque, a avoir adhéré au catholicisme. Il propose en somme une conception politique fondée sur la
monarchie religieuse42.
De fait, la cour lombarde de Pavie s’intéresse aux questions religieuses : au milieu du VIIe siècle,
les rapports continuels entretenus avec la papauté romaine aboutissent à la conversion au catholicisme
des anciens envahisseurs ariens. De plus, en 643, le roi Rothari fait compiler et éditer un recueil de lois
entièrement écrites en latin, à l’exception des mots techniques, qui restent sous leur forme germanique.
Il est vraisemblable que la majorité des Lombards oublie assez rapidement son idiome au profit d’une
assimilation par l’orbis romanus. En 614, la fondation du monastère de Bobbio, qui compense en partie
le démembrement du Mont-Cassin en 580, est l’un des symboles forts de cette renaissance culturelle,
intellectuelle et religieuse latine.
Peut-on parler, à la fin de cette période, d’une « nation » italienne ? Le royaume lombard en
porte les prémisses, visibles notamment à travers la politique législative et religieuse du VI e siècle.
Cependant, l’émergence d’un sentiment national y est beaucoup plus lente qu’en Espagne wisigothique,
en partie parce que le territoire italien est le plus profondément marqué par le modèle impérial. C’est ce
que montre notamment le fait que les rois ostrogoths revêtent les emblèmes impériaux, que CassiodoreJordanès écrit l’histoire de son peuple dans la continuité de celle de l’Empire romain, ou encore qu’un
peuple comme les Lombards adopte rapidement le latin. La Romanitas exerce encore une emprise trop
forte pour rendre véritablement sensible la naissance d’une nation lombarde.

3. L’unification du royaume franc
À la mort du mérovingien Childéric vers 481, le royaume des Francs saliens ne se compose que
du nord de la Gaule, autour de Tournai et de Reims.

42 Sur Grégoire le Grand, voir S. TEILLET, Des Goths à la nation gothique, p. 335-366.

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Clovis, le fils et successeur de Childéric, est le principal acteur de l’unification de la Gaule 43. Il
s’allie avec les Francs rhénans en contractant un mariage avec une princesse de la monarchie franque,
mariage dont est issu Thierry. Soutenu par l’évêque Rémi de Reims qui craint les Wisigoths homéens, il
bat Syagrius, le fils du général Egidius allié aux Wisigoths, à Soissons en 486, puis soumet les
Thuringiens vers 491. En 492-493, il épouse Clotilde, princesse burgonde catholique, symbole fort de
son alliance avec l’épiscopat ; ce mariage hypergamique lui permet de hisser les Francs au rang de grande
43 Sur le règne de Clovis, voir ST. LEBECQ, Les Origines franques, Ve-IXe siècle, Paris, Seuil (Nouvelle histoire de la
France médiévale, 1), 1990, p. 45-60 ; P. PÉRIN, L.-C. FEFFER, Les Francs, I, p. 135-174 ; P. J. GEARY, Naissance de la
France. Le monde mérovingien, trad. J. Carlier, I. Detienne, Paris, Flammarion, 1989 (1e éd. 1988), p. 98-140.

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puissance. En 496, il aide les Francs rhénans à battre les Alamans (bataille de Tolbaic) puis vainct ces
derniers en 506. Il dirige alors ses troupes vers le sud, lançant des raids en Aquitaine en 494 et 498, puis
menant une vaste campagne contre les Wisigohs qui lui permet de conquérir l’Aquitaine après la bataille
de Vouillé en 507.

Carte issue de H. INGLEBERT, L’Atlas de Rome et des barbares (IIIe-VIe siècle). La fin de l’Empire romain en Occident

L’année suivante, il reçoit, à Tours, les ornements consulaires des mains d’Anastase et choisit désormais
Paris comme résidence impériale. C’est également durant cette période, entre 500 et 508, qu’il a
vraisemblablement été baptisé par Rémi avec ses guerriers, même s’il est probable qu’il ait choisi la

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religion catholique peu après son mariage avec Clotilde 44.
Le royaume des Francs est alors le seul converti au christianisme catholique, conversion
officialisée en 511, lors du concile d’Orléans qui condamne l’homéisme. Après avoir vaincu les
Wisigoths, Clovis étend à tous les Romains de son regnum le Bréviaire d’Alaric et complète la loi salique
pour les Francs (code rédigé en latin qui porte surtout sur le droit pénal et les compositions pécuniaires
pour mettre fin à la vengeance privée). À sa mort, le regnum francorum n’est pas divisé mais ses fils se
partagent le pouvoir, selon la tradition germanique : Thierry s’installe à Reims, Clotaire à Soissons,
Clodomir à Orléans et Childebert à Paris 45. Après l’annexion du royaume burgonde en 534 et celle de la
Provence en 536-537, le royaume franc est finalement unifié par Clotaire I er en 560, puis partagé par ses
fils à sa mort en 561.
La politique des Francs menés par Clovis repose sur une alliance avec les évêques et la noblesse
gallo-romaine. De fait, les rois francs se convertissent vite non seulement au catholicisme mais aussi à
certains aspects de la culture antique juridiques, médicaux. L’aristocratie franque s’est rapidement
pourvue de l’instruction écrite nécessaire à l’exercice de son pouvoir et à la défense de ses droits. Comme
en Hispanie et en Italie, le VIe siècle est celui du recul des lieux de l’éducation publique au profit des
moyens de formation assurés par l’Église, au niveau paroissial et épiscopal 46. Le témoignage de l’un des
plus grands évêques de cette période, Grégoire de Tours, illustre la volonté d’ancrer le royaume
mérovingien dans la tradition romaine. En effet, son Histoire des Francs, dont le titre originel est Dix
livres d’histoire (Decem libros historiarum) est une histoire universelle du monde et de l’Église depuis la
Genèse, même si la moitié des livres est consacrée à la Gaule mérovingienne. Ainsi, dans la lignée des
historiens chrétiens, l’auteur suggère que le royaume franc est un prolongement de l’Empire romain ; il
présente Clovis non comme une envahisseur germain mais sous les traits d’un gouverneur de Gaule.
Pour lui, le regnum Francorum présente des incohérences qui l’empêchent d’accéder au rang de nation.
Ces incohérences reposent sur une incompatiblité entre une réalité romaine, celle des cités et de leurs
habitants, profondément romanisés, et une réalité germanique, celle des détenteurs du pouvoir, qui
cherchent à faire appliquer un système politique d’origine germanique (le partage du pouvoir entre des
fils, la polygamie royale). Pour Grégoire, les Galliae sont toujours des provinces romaines d’antan et ne
peuvent être envisagées comme un territoire unitaire et unifié. On ne peut donc parler, selon lui, de
44 Voir à ce sujet BR. DUMÉZIL, Les Racines chrétiennes de l’Europe, p. 217-223.
45 Voir ST. LEBECQ, Les Origines franques, p. 61-72 ; P. PÉRIN, L.-C. FEFFER, Les Francs, I, p. 175-186 ; P. J. GEARY,
Naissance de la France, p. 141-208.
46 Voir M. BANNIARD, Genèse culturelle de l’Europe, p. 91-107.

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nation franque car l’unité nationale ne peut se faire que dans la véritable patrie des Francs, le regnum
Franciae, le royaume d’Austrasie de Sigebert et Childebert II47.
Ainsi, si l’on décèle une véritable politique d’unification du territoire, qui s’accompagne d’une
christianisation progressive et d’un effort législatif, le royaume, qui s’inscrit en continuité de l’Empire
romain, n’est pas encore une nation au VIe siècle. Le royaume franc rappelle en cela plusieurs
caractéristiques des royaumes ostrogoth et lombard.

4. La fin des royaumes burgonde et vandale
À la mort de Chilpéric Ier, vers 480, Gondebaud devient roi des Burgondes avec ses trois frères,
Chilpéric II, Gondemar et Godégisile 48. Les deux premiers meurent assez rapidement, provoquant un
nouveau partage entre Gondebaud et Godégisile : le premier installe sa capitale à Lyon et le second à
Genève. Les deux frères se mènent une guerre farouche en 500, durant laquelle Gondebaud fait le siège
de Vienne et tue son frère. Le roi Gondebaud règne alors seul mais, pour montrer sa bonne foi romaine,
il demande à l’empereur d’Orient de le confirmer dans son rang de magister militum. Au début du VIe
siècle, il promulgue la Loi des Burgondes (appellée aussi Loi Gondemette) qui fixe les usages à respecter
par les sujets burgondes de son royaume, et la Loi romaine des Burgondes, qui s’applique aux sujets galloromains. Cette stricte séparation entre les deux peuples se voit aussi à l’échelle administrative :
Gondebaud veille en effet à ce que, dans chaque cité, un comte romain et un burgonde soient en
fonction. De confession arienne, malgré les efforts de l’évêque Avit de Vienne, son conseiller, pour le
convertir, il s’attache à maintenir un équilibre entre ariens et catholiques. Sa femme, Carétène, est ellemême catholique et joue un rôle important dans sa politique de conciliation. Pour éviter les problèmes
qu’il a connus avec ses frères, Gondebaud applique le système de la primogéniture : il fait reconnaître
comme son successeur son fils Sigismond, qui monte sur le trône en 516, mais est tué en 523 par
Clodomir lors de la tentative du roi franc de conquête de la Bourgogne. Le frère cadet de Godomar
règne jusqu’à l’annexion du royaume en 534 par les Francs.

En 476, Odoacre reconnaît le royaume vandale de Genséric. Le successeur de ce dernier,
Hunéric, adopte au début de son règne une politique religieuse plus clémente envers les catholiques.
47 Sur l’œuvre de Grégoire de Tours, voir S. TEILLET, Des Goths à la nation gothique, p. 367-420.
48 Voir É. DEMOUGEOT, La formation de l’Europe et les invasions barbares, II, 2, p. 649-674 ; K. ESCHER, Les
Burgondes, p. 102-141.

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Mais, dès les années 480, il tente d’éradiquer le catholicisme dans l’ensemble des territoires sous son
autorité. Après l’échec de la conférence de 484 qui devait, d’après Hunéric, convaincre les catholiques de
la vérité de la doctrine arienne, il promulgue un édit, le 7 février, ordonnant la fermeture des églises et
interdisant toute pratique du culte catholique, édit qui, pour la première fois, touche aussi les provinces
de Numidie et de Byzacène et s’applique aussi aux laïcs. Cet édit est complété le 25 février par une
obligation de se convertir à l’arianisme sous peine de pénalités. Son successeur, Gunthamund, annule
l’édit mais, dès 499, la répression anti-catholique est réactivée : le roi interdit de sacrer de nouveaux
évêques. Il faut attendre son successeur, Hildéric, pour que les catholiques aient une véritable liberté de
culte (les élections épiscopales sont autorisées dans tout le royaume), liberté dont le symbole est la
tenue, en 525 mais surtout en 534, de grands conciles ayant pour but de restructurer un clergé
catholique mis à mal par un siècle de domination vandale. Hildéric est d’ailleurs à l’origine d’une
nouvelle orientation dynastique (il se réclame de Théodose et d’Honorius) et d’une politique
d’ouverture nouvelle envers les élites.
Le lent affaiblissement du pouvoir vandale au début du VI e siècle, et l’absence de toute véritable
fusion entre les Vandales ariens et les Romano-africains très majoritairement catholiques permet aux
troupes de Bélisaire, en août 533, de se rendre maîtres de Carthage en à peine deux mois. Le dernier roi
vandale, Gelimer, se rend en mars 534, et les Romains d’Orient rétablissent la province d’Afrique du
Nord le mois suivant.
La deuxième moitié du Ve siècle et le début du VIe sont une période de grande production
littéraire et de grande vivacité culturelle. On connaît de nombreux poètes dans les cercles carthaginois
(Dracontius, Luxorius, Fulgence le Mythographe, les auteurs de l’Anthologie latine, pour ne citer que les
plus connus) ainsi que plusieurs théologiens qui ont rédigé des traités anti-hérétiques (Fulgence de
Ruspe, Vigile de Thapse, Cerealis de Castellum par exemple), mais leurs œuvres sont peu liées au
pouvoir ou à l’élite vandale : elles restent dans le cercle fermé de la Romanitas, et avant le règne
d’Hildéric, il semble que les rois ne s’intéressaient qu’assez peu à la production littéraire africaine. Il est
d’ailleurs intéressant de remarquer qu’aucun lettré ne s’est senti encouragé à écrire une histoire du
royaume vandale ; la seule que l’on connaisse vient du byzantin Procope 49. Ces remarques tendent à
montrer que la royauté vandale n’a pas tenté de créer d’unité nationale : aucune loi n’est parvenue
jusqu’à nous (alors que les souverains de l’Hispanie, de la Gaule et de l’Italie ont promulgué des codes
49 Voir à ce sujet la conférence donnée par K. VÖSSING au collège de France le 28 mai 2013 intitulée : « La culture en
Afrique vandale – qu’est-ce qui a changé ? », que l’on peut écouter à l’adresse suivante : http://www.college-defrance.fr/site/john-scheid/guestlecturer-2013-05-28-14h30.htm.

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de lois franques et gothes) et les élites vandales, qui ont appris le latin notamment pour les débats
religieux, n’ont laissé que de rares traces écrites, essentiellement funéraires. Il semble que leur seule
véritable politique ait consisté à créer une unité arienne, non pas dans une finalité ethnique et nationale,
mais afin de légitimer son existence, de justifier la conquête d’un royaume à plusieurs reprises menacé
par l’Empire byzantin. Malgré l’intégration partielle des élites vandales dans la Romanitas, on ne peut
parler d’une nation, au sens d’une intéraction entre un pouvoir royal, une communauté et un territoire.

Les migrations successives du Ve siècle ont donc permis la création de plusieurs royaumes
barbares, qui, à l’exception du royaume vandale, sont à l’origine des royaumes fédérés à l’Empire.
Malgré les multiples conflits que connaît la fin du monde tardo-antique, un sentiment national semble
apparaître au VIe siècle dans le royaume wisigoth et dans les royaumes goth et lombard. L’acculturation
progressive des élites et des populations s’est joué non dans le sens d’une barbarisation de la Romania
mais dans celui d’une romanisation de la Barbaria, indice fort de la permanence du modèle romain dans
la politique et les mentalités tardo-antiques. Dans le passage du système impérial occidental à des formes
de gouvernement monarchiques s’exerçant sur une territoire limité, l’Église a joué un rôle très
important : non seulement elle a favorisé, par la conversion, l’intégration des peuples et la
reconnaissance officielle des royaumes, mais elle a remplacé l’organisation municipale et provinciale en
multipliant les diocèses et les paroisses et en prenant en charge les systèmes éducatifs. Ce maillage
progressif des terrritoires donne peu à peu naissance à un monde nouveau, celui de la chrétienté
médiévale. Ainsi peut-on nuancer les propos que prête Augustin au Christ : le sac de Rome ne marque
pas la fin d’un monde, mais celui d’un empire, l’Empire d’Occident. Comme l’homme, le monde tardoantique survit, sous une nouvelle forme.

Sabine FIALON,
post-doctorante,
Programme CoFund Marie Curie,
LASLA,
Université de Liège
sabine.fialon@gmail.com

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              <text>Vignette : http://occitanica.eu/omeka/files/original/5da0a433f97db8e3778e2ff1ce90961d.jpg</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: #000000;"&gt;&lt;span style="color: #000000;"&gt;Sabine Fialon est docteur en Histoire Ancienne, Universit&amp;eacute; Paul Val&amp;eacute;ry - Montpellier III.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les cartes figurant dans cette communication sont extraites de l'ouvrage de Herv&amp;eacute; Inglebert et ClaireLevasseur, &lt;em&gt;Atlas de Rome et des barbares&lt;/em&gt; &lt;em&gt;(V&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; - VI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&amp;egrave;cle)&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;paru aux &amp;eacute;ditions&lt;/span&gt; &lt;a title="Aller sur le site des &amp;eacute;ditions Autrement" href="http://autrement.com/ouvrage/atlas-de-rome-et-des-barbares-iiie-vie-siecle-herve-inglebert-claire-levasseur" target="_blank" rel="noopener"&gt;Autrement&lt;/a&gt; &lt;span style="color: #000000;"&gt;en 2009.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;img style="float: left; margin: 10px;" src="http://occitanica.eu/omeka/files/original/50c1441d1d1fe24b633e1523bd4d2b4d.png" alt="" width="150" /&gt;</text>
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          <name>Creator</name>
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              <text>Fialon, Sabine</text>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Article scientifique</text>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Histoire et cultures en Languedoc</text>
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