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                  <text>Lou Prousèy
d'à Biarnés
Ceundes c Histoercts

pèr
J.-V. LALANNE

���4

�Lou Prousèy d'à Biarnés

�OBRES DOU MEDIGH AUTOU

Coundes Biarnés, couélhuts aus Parsaàs miéytadès dous Péys de
Biarn [Ouvrage couronné par l'Académie Nationale des Sciences,
Belles-Lettres et Arts de Bordeaux (1890).
Ue Benyénce (1899).
Tringlade (1906).

�Lou Prousèy
d'u Biarnés
COUNDES E HISTOEROTS
pèr

J.-V. LALANNE

PAU
Etnprimerie Vigoapccur, E. Marrimpcuey, Emprimur
(Libiè de I'Escole Sasteu Fcbasi
MCMXI

BIBLIOTHEQUE ŒSTÎAÎÎ mWM

�CAO

3BS

�A VEscole Gastou-Febus,
Au sou Presidén,
Aus cinq qui dab éth e dab y ou e Van foundade;
A la Loéngue Biarnése e Gascoune,
A touts lous qui la debisen, qui la léyen, qui l'escriben;
Aus amies de la Terre mayrâne,
De las coustumes sânes e simples dous bouyadous ;
Aus homis de fé qui s'an aydats;
A louis lous qui s'estan fidèus
Au paclou de pats e de toulerénce
Qui a flourit debath la banère de Febus,
Que hèy aumenance d'aquéste prousèy biarnés.
J.-V. LALANNE.

�«

�PRÉFACE

9

PRÉFACE

« Après le plaisir d'entendre des contes, je n'en sais pas
de plus grand que celui même de conter », écrivait, un jour,
l'aimable Charles Nodier. Et, il faut le croire, J.-V. Lalanne
est tout à fait de cet avis : il prit un « plaisir extrême » à
entendre narrer, en son village natal de Bellocq, aux heures
de la tendre enfance, puis en diverses localités où le porta
l'accomplissement de son devoir d'éducateur, ces récits pour
lesquels les ruraux n'ont que dédain, car il nous offrit
naguère un premier volume, et aujourd'hui, l'heure de la
retraite venue, encore actif, ahoécat, il présente au pays de
Béarn, aux amateurs de sa littérature populaire, un second
recueil dont il me demande de dire quelques mots.
Certes, j'avais regret à répondre à son vœu amical, car un
pareil volume se suffit à lui-même et je souhaiterais volontiers que la « harangue restât au bout du pont. » Nul lecteur
Béarnais ou Gascon ne songerait à s'en plaindre. Mais
l'amour propre est ingénieux, subtil, suggère de bonnes raisons de se décider. Peut-être, ai-je pensé, ne sera-t-il pas
inutile, du moins pour les folkloristes, d'indiquer ce qu'est
cette collection de récits, et voilà démontrée l'utilité de la
harangue.

�10

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Donc, et j'y reviens, pendant les longues années d'une vie
active, occupée, Lalanne a recueilli de ci, de là, d'un peu
partout, des sujets d'affabulations populaires. Il les a emmagasinés dans ces cases dont un philosophe nous dit que la
mémoire est constituée et sans tenir à être ce que mon excellent ami J.-F. Bladé appelait un « scribe intègre et pieux »,
— d'aucuns accusent le conteur gascon d'avoir transcrit de
« belles infidèles ! » — il en a tiré, à point nommé, ces récits.
De là, il ressort que les folkloristes devront user du présent
recueil avec précaution. On ne leur offre pas, ils en sont
avisés, une collection conforme aux exigences des mythologues. Nullement. Lalanne a puisé dans le fonds, dans le
tréfonds populaire, au gré de son caprice, la trame de son
récit qu'il a coloré des enjolivements suggérés par une imagination riche, abondante, soutenue par une langue nerveuse, sobre et cependant pleine de suc et de moelle. En un
mot il a écrit pour conter, comme le désirait Voltaire : « Je
veux qu'un conte soit fondé sur la vraisemblance et qu'il ne
ressemble pas toujours à un rêve ; je désire qu'il n'ait rien
de trivial ni d'extravagant ; je voudrais surtout que sous le
voile de la fable, il laissât entrevoir aux yeux exercés quelque vérité fine qui échappe au vulgaire. »
Le procédé n'est pas nouveau. Lorsque Charles Perrault
publiait, en 1697, chez Claude Barbin, et sans nom d'auteur, l'un des petits livres les plus exquis du xvue siècle et qui
fut tout de suite vraiment populaire, qui l'est resté, il était
un personnage important dans la Bépublique des Lettres :
académicien vénérable, auteur de gros ouvrages, d'un poème
épique. Eh ! bien, cet humble volume, écrit comme en se
jouant, par manière de distraction, garantira toujours son
nom de l'oubli. Il eut le succès que l'on sait et de nombreuses générations rediront le mot de La Fontaine sur Peau
d'âne.
Par délassement aussi Lalanne a lié cette seconde gerbe.
Ces contes ont réapparu à l'imagination du narrateur, sans
ordre cherché : il les a enregistrés et couchés par écrit. Ne

�PRÉFACE

11

cherchons donc point des catégories logiques : cela n'empêche point cependant que l'on n'y puisse faire des groupements.
Voici d'abord les animaux et en tête Maître Renard. On
le dote de malice, d'astuce et La Fontaine a célébré le
Renard gascon. Eh bien ! j'y ai regret, mais le Goupil
Béarnais me semble être arrivé tard, le jour de la création,
à la distribution des dons de l'intelligence. Dans Pets et
giboulée, il prend la fuite devant ces raisins dorés à souhait
et le coup de cette queue que, dans la chasse, il porte au
nez des chiens pour les détourner de la piste, lui sert à luimême d'épouvantail. Dans le Chat et le Renard, le félin
doucereux le met dedans fort poliment. Renard se venge,
c'est entendu, mais il a été d'abord pris au piège. Il lui vient
envie de connaître l'espace, comme un homme-oiseau et
l'aigle le laisse choir sur le sol (l'Aigle et le Renard). Décidément c'est bien la faillite de sa réputation et comme le
Bonhomme le connaissait mal ! Heureusement qu'il prend sa
revanche avec Maître Ysengrin dans les Trois chevrettes
béarnaises, proches parentes de celles dont Rabelais a conté
l'histoire. Il faut effrayer le Loup qui a jeté son dévolu sur
les trois bêlantes bêtes et leur a donné une journée pour se
mettre bien en point. Une ruse de guerre renouvelée des
vieux Gaulois aura plein succès. Des boules seront mises au
haut de quatre cornes : deux cornes en resteront privées et
le dialogue s'engage. — Chevrettes, qu'avez-vous au bout des
cornes'? — Des yeux de loups.— Et pourquoi l'une de vous
n'en a-t-elle pas ? — Pour y mettre les tiens, Loup. — D'ici
on voit la fuite d'Ysengrin. —Le Propos des trois Bêtes est
significatif. Une pluie torrentielle a entraîné vers la Bidouze
enflée par les eaux une meule de paille portant le chat, le
coq et la bonne vieille poule. Les deux mâles sont peu
courageux : ils miaulent et cocoricotent plaintivement,
tandis que la dame de la basse-cour les console, en raillant
j'imagine, et en poursuivant son office de picoreuse. Elle
avait raison. Un cri sauveteur les amène à la rive et tandis

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LOU PROUSEY

D'U BIARNES

que ses compagnons se tirent des grègues, la bonne bête
va tranquillement déposer son œuf où il faut.
Et ce défilé des gens avisés, terme poliment atténué dont
je qualifie ceux que caractérise une absence totale de sens
moral. Le borgne raille le bossu qui de bonne heure promène
son paquet et celui-ci de riposter : Quelle heure, il est, je
ne sais ; mais de bonne heure, je pense, puisque chez toi
une seule fenêtre est ouverte (Le Borgne et le Bossu). Il faut
le voir est un conte dont je soupçonne Lahontan d'avoir
fourni les éléments. Les habitants de ce village, auquel se
rattache le souvenir de l'immortel auteur des Essais, ont
quelque vénération pour Eole : ils sont placés en face du
vent de mer! Un juge objecte à un témoin du sexe féminin:
on n'est bon témoin que quand on a vu. Or la pécore n'était
pas comme le diablotin dont parle Rabelais, elle savait
tonner et le fit entendre. — Mais, il fallait avoir vu ! —
Dans, Lève la perruque, un jouvenceau plaît à une jeune
fille qui avait du de quoi — (le mot était français avant d'être
resté béarnais) — et faisait la difficile : il avait si bonne
façon et surtout si belle chevelure blanche descendant harmonieusement sur les épaules! On signe un contrat stipulant
perte de l'apport pour qui romprait les fiançailles. A l'église,
interrogé par le prêtre prêt à bénir, le garçon poli soulève
sa perruque pour dire oui. Effroi de la belle qui se dédit
en le voyant cap-pélat (chauve) d'où le proverbe : Pour bien
traiter ses affaires, il faut lever sa perruque.
J'ai porté un jugement sévère sur les avisés et Dulong le
justifie avec abondance. C'était un fieffé coquin et voleur
que ce particulier qui se résolut un jour à s'amender et à
passer par la boîte aux trente-six trous. En écoutant le chapelet des péchés, l'homme de Dieu s'endort et, — chassez le
naturel il revient au galop, vous vous rappelez la chatte
d'Esope — Dulong en profite pour tâter fructueusement sa
poche et l'alléger de la bourse. Il s'accuse aussitôt d'avoir
pris dix écus — Rendez-les. — Les voulez-vous ? — Qu'en
ai-je besoin '? — Que faut-il donc faire si le volé ne les veut

�PRÉFACE

13

pas '? — Les garder ! — Mon père absolvez-moi. Et comme
Bidau s'entend à berner le juge qui veut l'amener à confesser
un crime : il lui promet de répéter ses refrains. L'homme de
loi commence : Bidau est un brave homme — Bidau est un
brave homme — Bidau a tué un homme — Oh ! non, Bidau
ne chante pas cela. Morale : Un méfait ne trouve jamais son
auteur. Le Pasteur en voyage est le narré du plaidoyer qui a
rendu Saint Yves patron des avocats. Le Pasteur Ossalois
reproduit la réponse d'un pasteur de la vallée, fine et malicieuse, au Seigneur qui, dans la salle du château de Pau, à
une tenue des Etats de la province, lui demandait narquoisement comment on siffle pour réunir les brebis. L'homme
delà montagne de le lui montrer en sifflant... doucement et
discrètement :... ainsi fait-on quand les bêtes sont proches.
— Autre scène qui n'est pas pour démentir l'esprit de finesse
des gars d'Ossau : elle se passe à Pau (le Pasteur et le Sellier).
Le pasteur venant pour la première fois dans la capitale, voit
chez un sellier un beau cheval de montre ; il le vante au
négociant qui répond : J'en suis l'auteur. — Diable, vous
êtes plus fort que votre père. — Et pourquoi '? — Vous avez
fait un cheval, il n'avait su faire qu'un âne. — Dans le
Testament du Seigneur de Saucède un héritier déshérité
recourt à un de ces fins limiers de procédure qui ont plus
d'un tour dans leur bissac : c'est le propre meunier du
seigneur. Le décès survenu, le coquin se met au lit, et au
notaire mandé dicte un testament par lequel le Seigneur
l'institue son héritier.
Plusieurs contes sont d'inspiration religieuse. Aide-toi
mon hommel A Baigts, Notre-Seigneur voyageant avec Saint
Pierre, rencontre deux charretiers embourbés dont l'un
invoque le secours du ciel, tandis que l'autre jure et tempête
pour s'encourager à extraire la voiture de l'ornière. A celui-ci
vont les préférences du Sauveur. Saint Pierre aiderait plutôt
le premier. Il fait piètre figure dans la légende béarnaise le
bon porte-clefs du Paradis. Dans la Prière, Dieu lui promet
un poulain de trois ans contre un âne, sa monture, s'il est

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LOU PROUSEY D'U BIARNES

capable de réciter le pater sans distraction. Et Pierre de
commencer pour s'interrompre aussitôt par ces mots : « Y
joindrez-vous la selle? » — Notre Seigneur eut dessein un
jour d'adoucir l'entêtement des Basques. Hélas, il y a bien
mal réussi (Mouchicou) ! Aussi fut-il décrété que les fils de
l'Euskal-Herria n'entreraient point au Paradis. Comme de
juste le premier qui se présenta fut éconduit et s'installa
près de la porte sur un siège. Puis un beau jour, pfuit... il
parvient à se glisser dans une longue théorie. Colère de
Saint Pierre. Comment le retrouver ? Autant vaudrait chercher une aiguille dans une botte de paille. Une bonne idée
lui vient à l'esprit, un intendant en usera au xvme siècle
pour faire payer aux Basques leurs impôts. Il mande un
tambourin et en avant zizi, pampam, Mouchicou. D'entendre l'air classique, le Basque se met à baller et l'apôtre
vous l'envoie dehors, je ne dis que ça. Et le Basque balle,
balle, tant et si bien que toutes les fenêtres du palais céleste
s'ouvrent pour permettre de regarder, puis la théorie céleste
en tait autant et Saint Pierre lui-même, se sent des fourmillements aux jambes, cristi !... Le Basque en profite,
s'avance, exécute un bond magistral et le voilà au Paradis
maître de la porte. L'apôtre est obligé de composer avec lui
et ainsi on a chance de rencontrer des Basques au Paradis si
quelques-uns d'entre eux, comme je le leur souhaite, ont
mérité d'y avoir accès. Une fois non pas deux est le récit
bien connu de la porte du Ciel refusée par le grave porteclefs à un homme qui a eu la sottise de prendre deux femmes
successivement.
h'Avenir. Dieu change l'orgueil des Ossalois qui croient
voir l'avenir et leur donne l'espoir d'une vallée pleine de
délices. — Le curé de Lucq a une façon un peu vive de prouver
le mystère de la Trinité au catéchisme. Disons qu'il avait
été dénoncé à son évêque par les habitants du monastère.
La fourche a trois dents qui ne font qu'une fourche. Ce
moine que vous voyez, qui nous écoute, est barbu comme un
bouc, déchaussé comme un chien, ayant ceinture comme

/

«

�PRÉFACE

15

un voleur et le tout fait... un joli homme. — Comment au
pays des Landes on entre au Ciel : c'est peu compliqué ; on
demande à voir un brin, on entre et l'on fait comme un
célèbre maréchal de France au xixe siècle ! — Trois primeurs
en Ossau. Un pauvre est dédaigné par le couple riche, par
le lévite et tombe accablé de fatigue sur le chemin. Survient
une jeune fille qui le restaure. Le pauvre lui donne en remerciement : le feu, l'eau, le parfum de la virginité et l'honneur.
C'était, on l'a bien deviné, le Sauveur. Telle l'œuvre, tel
l'ouvrier, long récit, de belle envolée, de la lutte des deux
principes : le bien et le mal, Satan veut s'égaler à Dieu,
créer une personne : son orgueil est châtié.
Ceci nous mène aux récits concernant les hommes d'église.
Oh ! il n'y a rien de méchant, rien de malicieux et Dieu sait
cependant si nos aïeux se privaient de mettre en scène tout
ce qui portait robe, soit de prêtre, soit de juge ou d'avocat.
On n'ignore pas avec quelle liberté, quelle licence même,
nos Fabliaux en ont usé.
Le Prêtre et le Meunier nous présente un dialogue amusant.
Comment vous appelez-vous meunier '? — Je ne m'appelle
jamais, c'est moi qu'on appelle. — Où mène ce chemin ? —
Je ne l'ai jamais vu bouger de place. — Que fait-on de la
canaille chez vous'?— Si je vous le disais, vous ne le croiriez
pas. — A Jurançon, un prêtre s'amusa à recouvrir d'une
soutane certain biberon qui aurait dû s'appeler Tâtevin.
Revêtant l'esprit de son nouvel emploi, notre homme réussit
à entrer en grâces auprès de l'évêque de Lescar qui le nomme
curé de Saubole. Là, le régent malin se méfie que l'homme
de Dieu ignore le latin et pour en avoir le cœur net décide
de se faire enterrer vivant. Le curé bronche dans la lecture
de l'office, ordonne au peuple de sortir et punit le curieux
en lui assénant un maître coup d'escabeau qui vous le laisse
mort. Et rouvrant les portes : « Avisez-vous, vous autres,
quand vous m'apporterez un mort, qu'il le soit bien. Nous
avons failli enterrer un vivant ». Le Monde de Monein aime
les avances. Un évêque d'Oloron, grand seigneur, se plai-

�16

LOU PROUSEY D'U BIARNES

gnait au curé que les habitants de cette paroisse ne lui rendissent pas hommage. Le curé l'invite à parcourir la rue
avec lui : il cause à l'un, à l'autre, caresse les enfants et
reçoit mille bénédictions. Oui, dit l'évêque, mais vous faites
les avances. — Oh, nous ne sommes pas ici en France,
reprend l'homme de Dieu, et si vous voulez des honneurs à
Monein, gagnez-vous-en.
J'ai plaisir à retrouver la version d'un conte de fée, la Fée
Béarnaise, bien connu, mais regret aussi à ce qu'il soit le
seul. Une jeune fille va laver un « ventre », expression par
laquelle, en Béarn, nous désignons les intestins servant à
confectionner les gras-doubles. Un boyau s'échappe que la
fée fait retrouver sur un jasmin en même temps qu'une
étoile vient se poser sur la tête de l'enfant. La voyant si belle,
sa sœur en pense crever de jalousie. Elle essaie, mais en
vain, de recommencer l'expérience ; elle en est ridiculement
marquée. Persécutions contre la favorite des fées jusqu'au
jour où un fds de Roi la réclame en mariage.
Passons maintenant aux nobles. Saluons d'abord notre
Henri et le Meunier Michaud, récit ample dont l'action bien
connue est localisée en Béarn. — A la noce d'un de ses
soumis Le Seigneur de Navailles consent à abandonner ce
fameux droit dont on ne parle tant que parce qu'il n'a
jamais existé dans son obscène réalité, à la condition toutefois qu'il lui sera permis d'embrasser la mariée. Généreux,
il promet à son soumis qu'il en pourra faire autant à la future
dame du château. Or le jour arrive où la demeure féodale
va recevoir une. nouvelle maîtresse. Et ce jour-là le soumis
va réclamer son dû, qui lui est accordé, et se retire en
grommelant : « Pourquoi n'était-ce pas autre chose ! »
Suivent les récits longs, imagés, descriptifs. Le Pont
d'Orthez et la légende classique de sa fondation par le diable ;
les Revenants où passe comme le frisson d'épouvante que
suscitent certaines œuvres d'Edgard Poë ; le souvenir de la
Pechoune, la douce centenaire de Bidache ; le Pays que
j'aime le mieux, et c'est le pays natal, Bellocq, l'ancienne

�PRÉFACE

17

bastide ; le Valet à l'ancienne mode, celui de l'antique moulin
de Massicam à Bérenx, vieil entêté, attaché à la terre qui est
presque sienne, un tenant des pratiques anciennes ; le Régent
à l'ancienne mode, ou choix d'un régent à Sainte-Suzanne :
il y a là un portrait de seigneur dont on trouverait, je crois,
peu d'exemplaires en Béarn, où souvent le noble laboura sa
terre un peu plus grande que celle du paysan ; mais j'aime ce
salut au dominé de l'ancien temps qui eut bien ses qualités et
ses vertus modestes. Enfin pour terminer un long, long récit
Un farceur de choix, défilé de farces diverses et amusantes.
Voilà rapidement résumé ce que contient ce recueil. L'auteur a mis à le composer ses qualités habituelles de narrateur, sobre, vivant, intéressant et mouvementé. J'ai à peine
besoin de louer la langue qu'il manie avec tant d'aisance.
Elle a été l'objet de trop de jugements favorables pour que
j'aie quoi que ce soit à y ajouter. Lalanne reste fidèle à luimême et la diversité des récits auxquels il la ploie montre la
richesse de sa palette. Je n'aurais que l'embarras du choix
pour citer quelques extraits significatifs, tant les petits
tableaux abondent. Je ne puis cependant résister au plaisir
de faire une exception. Lalanne a eu joie à célébrer le
pays natal avec cette longue coudée du Gave que le soleil
couchant dore de ses feux, et met en défi qui que ce soit
de le contredire. Ce n'est certes pas moi qu'il trouvera pour
son adversaire. Si, à l'ombre des vieilles tours du château
de la reine Jeanne, non loin de la Chambre des Fées,
Lalanne sentit peut-être sourdre une vocation d'écrivain du
pays Béarnais pour en célébrer le passé, je ne puis oublier
qu'aux heures pleines de poésie gracieuse de la première
enfance, mes regards posèrent souvent sur ce paysage que
me révéla la campagne et que peut-être les pierres du château
m'inspirèrent le goût des monuments Béarnais. On m'excusera donc si je cite ce passage avec le plaisir que l'auteur a
eu à l'écrire :
«Entèr Berénx e Baylocq, biladyes de l'amassât de Salies,
que quirauléyen ûe arruade de tarrès qui n'an pas la

�18

LOU PROUSEY D'U BIARNES

renoumiade d'ous de Yuransou, més qui saben toutù autan
coum éths amistousa lou passeyedou.
Be soun doun éths beroys e gaymans pèr la primabère,
quoand lou roumén e cabélhe e qui lou milhoc e la habole
amanten coum d'ûe nebade bérde la sole blancouse de la
terre ; quoand la bit e bidélhe lou tath a l'entour de la tire ;
quoand la hoélhe e floque lou cassou, agrade lou brouth
dou tauzî I
Lou berdurè que puye, que debère, que s'esparpalhe, en
estuyan debath lous arreplécs dou sou debantau, ù eschami
de tribalhedous.
Lou pic de la destrau, maneyade per la mâ brinchude dou
bousquè, que trauque la hoelhade ; l'aperét dou bouyadou,
la cante dou bignè, lous anilhéts de la pourîe, lou dindou
de las esquires, lou cloc-cloc de las arrodes broussères, las
mile bouts dous auserous a l'aie lauyère qu'y hèn ûe musique de bite, de yoye e d'amou : en baganaut qu'en cerqueréts d'autan beroye aus houstaus de la bile oun, a
pous de pecétes, e claroune lou couyre, e sounsaynéye lou
briulou. »
En lisant ces lignes, revenait à ma mémoire un fragment
de l'étude de Sainte-Beuve sur Virgile, qui précède la traduction de Félix Lemaistre : « Ainsi Virgile est surtout
sensible à la fraîcheur profonde d'un doux paysage verdoyant et dormant ; au murmure des abeilles dans la haie ;
au chant, mais un peu lointain de l'émondeur là-bas, sur le
coteau ; au roucoulement plus voisin du ramier ou de la
tourterelle ; il aime cette solitude silencieuse et tranquille,
cette monotonie qui prête à une demi-tristesse et au rêve. »
Ne sent-on pas dans le petit tableau béarnais cette poésie
des champs !
On peut lire ces récits en toute confiance. Rien, je le crois,
ne suscitera la critique. Surtout qu'on n'aille pas chercher
au-delà de ces plaisanteries anodines, de ces facéties. Il y a
une bonne tenue morale, une gaîté à la manière de cette
définition de La Fontaine : « Je n'appelle pas gaîté ce qui

�PRÉFACE

19

excite le rire, mais un certain charme, un air agréable qu'on
peut donner à toute sorte de sujets. »
Louis

BATCAVE.

En tête de ce livre écrit par un Béarnais à l'honneur de la
langue Béarnaise, je voulais aussi mettre une préface en
Béarnais. Mais les explications qui précèdent m'ont suggéré
de l'écrire en Français. J'ai entendu des mythologues
adresser à Lalanne, à l'occasion de son premier recueil, le
reproche qu'on ne pût faire le départ du fonds traditionnel
et des enjolivements. J'ai été maintes fois questionné à ce
sujet. J'ai donc voulu expliquer son procédé de composition et, dès lors, il m'a paru préférable de le faire en usant
de la langue nationale et c'est aussi le motif pour lequel j'ai
traduit les titres des récits.
Orthez, août 19H.

��PETS E GRESILHE

21

I

Pets e Gresilhe

n'èren pas encoère de sesou, més
poursi-pourla qu'y abè au bitadye quauques
bits dourèques : lous arresims qu'y èren dehèt
abansats U arramat de bestiotes ahamiades,
abélhes, brèspes e broussalous, auserous e
hissangles que s'y arpastaben lou die chéns counda lous
auyamis qui soulen d'espiga desempuch la noèyt-héns
dinquo l'aubéte.
Lou renar sustout, hère méy encoère que lou tach escusèc,
qu'y hesè gran dou-mau. En déballes lou bignè que hesè
piquét a la lambrou de las estéles ; a cén pas lou finar, lou
nas en l'èr, qu'où bentabe e que troubabe toustém lou
mouyén d'entra e de sourti chéns dounyè ta la soue pèth.
Més ùe noèyt, de la mâ en houlie, que bouhabe ûe
bentanîe qui desrountabe arroques e cassous centenàris ; la
plouye que chourrabe coum qui la destourne au cop de
cautères.
Méste renar ne pensabe pas d'abé arrèy a cragne. A gran
lasé que s'en hé û bénte : coum disen, hartère de nau dies,
n'en poudè pas méy agousilha. A la lugou dous eslambrécs
qu'espiabe lous cougnéts madus e qu'ous disè dab la gayhasénee qui balhe ûe counsciénee tranquile : Ne-m toquits
pas, praubins, ou sinou !
EROUGNES

�22

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Bellèu û cop de prigglade tarrible qu'où segouti dous pès
au cap. Espaurit, que ciïda decap ta-u cèu : Luts, luts, nou
pas péts !
A maugrat de la bouherade, lou bignè qu'ère a l'argoèyt,
au mièy dou plèch, debath û cassou, troussât en ûe flechade.
Lou crit qu'où hé quilha de cap ensus. Que larga û cop de
fesilh chéns béde e toutû prou de drét puchqué lous ploums
e tringuereyan a las aurélhes dou berougnedou noèytiu. Que
s'escapa aus quoate pès en mourgagnan :
Péts aban, gresilhe arroun,
Que passe drin mesure.
Cames lauyères e pès baléns
Tirats-me d'assiu tan qui ey téms.

Més lou floc de la coude a cade pè que trebuquabe la bit
e que l'empechabe de courre. Toustém debisan a maugrat
dou dounyè, lou renar encoère que rougnabe : Demoun de
coude, perqué lou diable chermentéyes ? deché-us doun
droumi tranquiles !

�LOU

GAT

E

LOU

RENAR

23

II

Lou Grat e lou Renar

usquoans dies, lou renar e lou gat que
hibèn en bous besîs : nas e.... nas, coum abèn
coustume de dise lous papous. Més a l'amistat
de la canalhe n'ayits pas méy de fidance qu'au
sourélh de heurè : poulligats û moumén pèr
l'intrès que s'espartéchen a la purmère nublade brasouse
qui punléye acera hore, sus l'arribère de la mâ qui brame.
U matî, la brume qu'ère espésse, que l'aurén poudude
héne dab lou coutèth. Ne calé pas pensa a hiqua lou nas a
la pouralhère ou a ha lou goèyt au cor dou gufét, s'ou
passadye de la sourits grassoutéte : ta-d aquero que eau
bedé-y de cla. En atendén doun que Yan de France esbassibasse l'escurade, que dessidan ûe partide de quilhes.
Tresquilhéts e dus de boule, sèts rebès e cornequilhes que
miaben brousside, quoand ûe bande de câs e plaboun au
mièy dou quilhè. Lou gat qu'ous arrounsa lou tecou entèr
las cames; e arroun, bire-te-lés, en dus sauts que gradilha
ta-u bèc de l'esquilhoutè. Lou renar, embarratper l'enemic,
qu'en coelhou ûe mandilhade, a l'entan qui lou coumpay
e gnaulabe de plasé en han lusi lous arnauts, en enguichan
tan qui poudè : Ks-ks ! ks-ks !
Quingn se sourti d'aquére l'animaut enflouquat? Dab
quigne poutingue e-s fréta éth lous pics de la soue pèth
ESEMPUCH

�24

LOU PROUSEY D'U BIARNES

eschiquetade, esperissade? L'histoi'i n'at dits pas. Més maie
hèrbe ne pot péri! Lèu qu'estou de pès, goarit e benyatiu.
Qu'ana trouba lou gat, l'arrisoulét aus pots e méy amistous que yaméy.
Qu'abém a feni la partide de Faute die, s'ou dichou éth,
més aban que-t bouy ha û presén : que t'èy croumpat ù pa
de broudequîs a la h ère de Mourlas, mesure-t'ous!
Qu'èren hèyts d'ù pa de cros d'esquilhots e lou courdouniè
que s'abè desbroumbat de ha-us lusi e de hiqua-y crouchidéres. Més lous gats de labéts n'èren pas fats coum lous de
hoèy lou die.
— Lou qui tien cas dou presén
Qu'où hique debath la dén,

se respounou lou moussu de las urpes diaquéntes; e, en han
la gode de plasé, que s'ous payera detire : que l'anaben
coum l'agulhou daurat a l'agulhade toste de mesplè.
A-d aquéth moumén que s'audi, a dues pourtades de
fesilh, lou hablét d'û câ lebrè qui abèla dén gnaquénte ta las
lèbes qui porten coude lounque.
A hoéye, amie ! e hiqué-t las cames darrè-u coth, e crida
lou renar en sauban-sé aus quoate pès. Més lou gat, a maugrat dous sous sauts-perilhous e de las soues cabiroles ne
poudou yaméy puya ta s'ou nouguè. Labéts que s'atapi au
mièy de la brouchague, qu'escoupibe e qu'arnegabe : au
gran, au gran !
En despièyt dous sous plagnéts, lou câ qu'en lou passa :
n'en abou pas ta-u clot dou cachau.
Tau heras,
Tau coelhéras.

�LAS TRES CRABETES

25

m

Las Très Crabétes

cop qu'y abè très crabétes qui s'en anaben ta
^# ' ^
brousta a ^a mountagne. Qu'atrapan lou loup.
CST^A
— ^un Dius&gt; crabétes, oun bats ?
^yi^
— Que bam brousta a la mountagne.
f
— Que p'én bouleri plâ minya.
— 0 nani, nani, ballèu, quoand tourném que seram méy
hartes.
— E doun labéts que-b bau aténde assiu.
E las crabétes que partin toutes tristes enta s'ana harta.
Quoand estén hartes que-s digoun :
— 0 toutù ne s'én poudém pas escapa.
Labéts que s'en toumaben toutes cap bâches e quoand
estén ù tros en daban qu'atrapèn lou renar.
Que las demanda :
— Qu'abéts, crabétes, qu'abéts, be-m semblats plâ tristes !
— 0 arré, nani.
— O si, si, qu'abéts quauqu'arré, diséts mé-c.
— E doun labéts que p'at bam dise : lou loup que s'atén
acera, que se-s bôu minya.
— Que-m balhats, que p'ou biri ?
— Que-b hèm harta de lèyt dinquo que la pichits p'ou
foundemén.
v«.,^,

�26

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Labéts lou renar que-s hiqua a ha-lés séngles bourroulétes
de terre, que las y hiqua au cap dous cors, a toutes sounque
en ûe.
— Quoand lou loup e-b béyi que-b ba demanda so qui
abéts au cap dous cors, qu'où diserats :
Oélhs de loup !
Eth que-b tournera demanda :
— E acéré perqué n'en a pas ?
Que respounerats :
— Pramou que bòu lous bostes.
Labéts las crabétes qu'èren hère counténtes e qu'arriban
en sautan au ras dou loup.
Talèu qui las bi, que pe las demande :
— Qu'abéts, crabétes, au cap dous cors, qu'abéts '?
Oélhs de loup !
— E acéré perqué n'en a pas ?
— Pramou que bòu lous bostes.
A-d aquére respounse, lou loup que s'esbaria, que-s hiqua
a courre, que-s trebuqua en ûe came de cassou e que-s
henou lou tès dou cap.
E las crabétes que s'en tournan hère counténtes enta lou.

�LA PARLADURE DE TRES BESTIOTES

27

IV

La Parla dure de très bestiotes

ou bén-plouye que bouhabe au méy-ha desempuch quarante-hoèyt hores. La Bidouze qu'abè
enlat e l'aygue puyat quo la cantère dou barat,
quand dou cèu enla e debera ûe nublade mièy
brume e mièy plouye caute coum l'estup pèr
garbe. Qu'at destrempa tout dehén e dehore, capbath e
capsus. Au bèc de la mountagne, la néu que-s hiqua a founde ;
e labéts la Bidouze, tan brabe de coustume, qu'estenou lous
sous bras sus ûe lègue de larye, qu'apriga las barthes dou
Thys, de Garruch e de Sarsalue en han coussire a toute
porte.
Que bin lèu passa las hèrbes a carrétes, lous arbous dab
las arredits a la capsus, bilhous de boys, mubles e arnés :
couralîs anegats entèr aygues que birouleyaben. A cade
cutour de l'arribe, la yén dab de granes barres qu'estanquaben tout so qui poudèn.
U burguè de palhe que parechou ballèu doucemén halat
p'ou briu de l'aygue. Tan doucemén qu'y aurén poudut
droumi dehén coum en ûe catsère de plume.
Au cuccurucquét qu'ère apitat lou hasâ. Qu'espiabe hoéye
lous cams e las maysous, més chéns trembla coum se tagn
au capulat qui porte la baléntie héns la soue cléque rouye.
A mièye requèste, dab toutes las urpes ayarpat, la peluche

�28

LOU PROUSEY D'U BIARNES

arissade, lou gat qu'en moulé de fî en escoupin : Fut, fut, fut !
B'auré melèu aymat d'esta, au cout dou hoéc !
Au bèth houns, cloue, cloue, cloue, cloue, la garîe
qu'escarbutabe la palhe enta espiga lous grâs de roumén.
Qu'arriban bellèu deban Champî oun y abè û hardèu
de mounde.
En bedén aquéth bachèth chéns bêle, qui s'en anabe atau
a la graci de Diu, qu'où souhetan couradye e bou biadye.
Lou gat méy arissat que yaméy que respounou :
Que ba mau,
Que ba mau !

Lou hasà éth que s'apita au caputh de la barre, qu'alounca lou coth ; e en espianla place oun auré début lusi lou
sourélh que canta :
Qu'èm touts perguta !

Més la biélhe clouque qui s'en abè bis de grises dab
l'esparbè, la causéte e lou renar que respounou :
Pa 'ncare
Pa 'ncare,
Pa 'ncare,

Resou qu'abè la balénte.
A Port de Cassou, de la cantère enla, que yetan ù cable
dab ù grip au cap ta dessus lou burguè e qu'où hénabourda.
Lou hasâ que boula ta dehén la pouralhère, la garîe que
s'en ana ha l'oéu au peyro ; e lou coucar de gat, entran ta
dehén aus quoate pès, que s'aloula darrè la truhe.

�L'AGLE E LOU RENAR

29

V

L'A§le e lou Renar

ou renar qu'ère yasut pèr terre. Qu'entenè bate
lou priggle e que credè qu'ère aquero l'arroèyt
d'ûe nouée dou cèu.
— Que bourri plâ esta-y, tè, se dichou éth,
y^ps* que-m harteri beroy, qu'a dus dies n'èy pas hèyt
bara la bouque !... Quins cops de pistoulét !
L'agle qui ère à l'escout, qu'où demanda :
— E bos que t'y myi, you, ent'aquiu bèc '?
— 0, quoant me herés gay !
— Hiqué-t doun sus las mies espalles.
Labéts lou renar que gradilha ta sus las soues espalles e
l'û subèr l'aut que puyan ta-u bèc, bèc. Lou priggle que
brounibe toustém e lou renar que disè : Que-m bau beroy
harta, tè, aquiu bèc, quins cops de pistoulét !
Quoand aboun pergut la terre de bistes, lou rèy dous
ausèths que balha ûe segoutide.
— Oh ! ne-m dèchis pas cadé, hòu !
— Nou, nou, n'ayis pas pou !
— Que-m bau beroy harta, tè, quins cops de pistoulét !
Més ballèu l'agle que dé ûe segoutide maye que la purmère e lou renar que s'enlurra.
En cadén que trouba û courbas qui ou demanda :
— E t'oun ne bas, renar ?

�30

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Que t'at diserèy gnaute cop, are n'èy pas lou téms.
Arribat a la hautou d'û campanè que bi usquoans paysâs
en tribalh de bate.
— Palhe, palhe, se-s hiqua labéts a crida biahore.
Més lous batedous n'entenoun pas.
A i-as de terre qu'abou ûe darrère pregari :
— Hoeyéts d'aquiu, pèyres ou que-b hèy en picalhs !
Las pèyres eschourdes ne-s mau tan pas. Lou renar qu'y
cadou dessus e que s'y esglacha.

�LOU BOUSSUT E LOU BORNI

31

VI

Lou Boussut e lou Borni

gran dore que passabe ù die pèr la carrère
méste boussut e la tougne ne semblabe pas
pesa-u susTespalle méy qu'ùe mousque s'ou cor
d'ûe baque.
Méste sarthou, ou si-b alogue mélhe, méste
talhur, borni de l'oélh drét, que l'espiabe arriba de l'oélh
gauch, d'où qui bét la palhe e yaméy lou piterau.
Dab û èr trufandè, que t'ou dits escoupemén :
— B'èts doun baléns pèr boste, enta passeya de ta gran
matî ù endoum coum lou qui portes sus las humes. Atau
qu'éy toustém estât, lou tignous qu'apère galous.
Mous de la tougne ne-s fâcha pas. Més que hé lou coumqui de cerqua héns lou pouthic ûe mountre qui n'y ère pas
yaméy estade. E arroun, en lou guignan éth tabé dab û èr
trufandè que t'ou respoun :
— Gouyat, que m'èy dechat la mountre a case, e ne
poutch pas disé-t au yuste quine hore éy ; més que déu
esta hère matî pramou que bèy qu'a boste n'an pas encoère
ourbit qu'ûe fernèste.
E

�32

i!ou

PROUSEY D'C

BIARNES

vu

Béde que eau

homi de noublésse qu'abè hèyt crouchi û pa de
poutous sus las machères d'ûe yaubèle qui s'en
credè pèr chèys ardits.
D'aquiu, plèytèy.
— c So qui sabéts » e demanda lou yudye a û
temoégn? ûe bielhote de chichante ans qui n'abè pas la
perpite a la loéngue.
— Moussu, lous pots qu'èren de payère, a trénte pas que
m'an eschourdide.
— 0 bé, més ous abéts bis?
— E quin boulèts qu'ous bissi ?
— Béde que eau, anats-pé sède.
Drin escandalisade, la biélhe que-s bira escoupemén ; e
dou biroulét ûe brousside que se l'escapa coum la dou rugle
quoand a las esprémses.
— Abanhèyte, desfrountade, arrauya lou yudye !
— E arroun, Moussu ?
Bouque yoéne de medich qu'arrit,
E rugle de biélhe de médich que prigle.

Per toutes fis qu'éy so qui abéts bis?
— E que boulèts que bissi?
— E doun béde que eau, anats-pé sède.

�LHEBE LA PARRUQUE

33

VIII

Lhèbe la Parruque

^T

'.Ji^Y

E riche hertère qu'abè la maridère, més qu'ère
^ dificultouse.
Ne boulé pas û bloun pramou que la yén de
pèr nouste qu'en aurén hèyt yangles ;
Ne ù rous:

Dou peu rous e dou câ coudot,
Qu'en hoèy qui pot ;

U prim, en birouleyan-se debath l'aprigue, que l'auré
hèyte blaus ;
U gras, ha, ha, ha ! san-pansar-burguét !
Lous ans que s'escourrèn e lou nobi tan belat ne parechè
pas.
Pèr ù bèth cop toutû qu'y arriba beroy gouyat, gauyous e
amistous, ni prim, ni gras, ni bloun, ni brun, més tourneyat
au moullou, dab û pa d'oélhs blus coum la cape dou cèu e
ù cap de péu de la blancou dou liri, qui ou deberaben pèr
debath par de las espalles.
De touts gous que eau ta ha û mounde ; aquére peluche
qui hesè parbira lou cap a las autes yaubèles qu'agrada a la
riche hertère.
Alouga-s que bouloun amasses.
Coum èren touts dus de boune maysou, l'adot de la flan-

�34

LOU PROUSEY D'U BIARNES

sade qu'estou ayensade e pagade pèr deban noutari, hèyt
pèr escriut lou coumbiéncut que lou qui s'en destourneré
que perderé lou sou dequé.
Tout lou pejrs qu'estoun embitats a la nouce.
A la glèyse, lou caperâ coum de coustume que demande :
— Bous, lou de la peluche blanque, e boulèts préne la
yaubèle assiu presénte pèr la boste leyitime espouse, suban
la lèy de la nouste sénte may la glèyse ?
— 0 bé o !
E lou nobi en disén aquero, que-s tira la parruque e que
parechou a l'array dou sou coum lou boun Diu l'abè hèyt
dab ù cap de péu rous toutû coum bères goûtes d'aur.
— E bous, yaubèle...
U crit biahore que-s hé labéts audi : la gouyate qu'abè lhebat lous oélhs e ne bedè pas méy peluche blanque. Au plèy
dou cap que cridabe e qu'arnegabe :
Péu rous e câ coudot,
Houy dou cagot !

En arridén, chéns brigue de malici, lou nobi que la
respoun :
Que t'en destournes '?
Poégn de tournes !

Aquero que gagnen las gouyates a-d esta tan dificultouses.
Més la mnstre que serbi aus Biarnés e desempuch qu'an
coustume de dise :
Ta plâ sabé lous ahas,
Lhèbe la parruque.

�DELOUNG

35

IX

Deloung

, û brame-pâ qui soulè d'abé las màs trop
soubén untades de bésc, que boulou ha la pats
dab lou boun Diu. Enter éth medich que-s yura
de nou yaméy tourna delera lou dequé dous auts
e ta-s abugada la counsciénce que s'ana coun-

ELOUNG

fessa.
A mièyes de la coénte, lou caperâ arreberat de rantoynes
que s'adroumi au houns de la boèyte sénte.
Drin escandalisat d'aquero, Deloung que l'anabe ha
desbelha de-pous, quoand lou malin halena a las soues
aurélhes pensades de panatori.
La fé, l'aucusiou qu'ère bère autan coum riale e n'ère pas
éth qui abè hèyt biéne l'adroumilhè sacrilèdye :
— D'aulhous, moun Diu, e disè Deloung, que sera aquéste
lou darrè cop e que m'en bau counfessa bellèu !...
En s'abisan de trebuqua enloc, lou boulur que trauqua la
pothe nègre e qu'en tira la bousse : qu'y abè dèts escuts,
ûe fourtune.
— Oun n'èrem, oun n'èrem, e dichou au cap d'û moumentot lou caperâ en roubin-se lous oélhs ?
— Que disi, moun père, qu'abi panât trénte liures.
— Malhurous I Ayarpa so dous auts
que eau tourna si
bos que-t perdouni.
— 0 plâ, més

�36

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— N'y a pas més a courre, tourna que eau detire.
— E doun que heram toustém coum plâ sie hèyt. E las
boulèts bous, moun pèrel
— You? E que bos que t'én f...ichi?
— Que eau doun que hàsi se pèr escunce lou panât n'ous
bòu pas dou panedou '?
— Chéns carquemén de counsciénee que t'ous pouyras
labéts goarda.
— Que-m poudéts absolbe de grat, moun père, que sera
hèyt coum at boulèts. Quoand Deloung estou partit, lou
curé que-s trouba la pothe boèyte. Autalèu que sourti de la
glèyse e que l'acoudilha en aperan au plèy dou cap. A-d
aquéth moumén lou panedou que gahabe las trubèrses enta
coupa camî.
— Hòu Deloung, ho-ho-hòu, e cridabe lou caperâ, tourné-m lous dèts escuts.
— 0 bé, de loung, perdiu : au cornequilhe, au cornequilhe ! Lou qui ne hè pas quoand pot, ne hè pas quoand
bòu.
Deloung ne tourna méy paréche.
Resou qu'abèn lous pays biarnés :
Gat qui sourigat a,
Souriga que liera.

�X

Bidau

ELÈU drin Yan que arré méy, yaméy ne s'abè
^ dab arrés abut nat mout ; yaméy n'abè coelhut
nat patinfiat : ûc mousque, dab las soues alétes
leuyères que s'enauré halatlous sous mauhèyts.
Que s'en debertiben a cops e que dechabe ha.
Més û die, — n'y a pas chibau qui ne brounchi — que s'en
dé d'ùe paraule mau dite : d'û cop de pugn que tua ù homi.
Tan qu'ère gran lou sou renoum de boental que ne s'y
trouba pas au peys ù soul temoégn ta hiqua-l'y.
Lou yudye qu'où birouleyabe de toute fayssou.
— Aboue, Bidau, e per ma fé t'at yuri, d'aquéste cop
encoère ne minyeras pas lou pâ dou Rèy.
— Nou souy pas }rou, Moussu lou yudye.
— Que sabém, garçou, qu'ey éth qui a "coumençat.
— O plà, més nou souy pas you.
— De segu, qu'auré hèyt sourti lou carpaut dou hourat.
— Resou qu'abéts, més ne l'èy pas touquat.
— Ta plâ dise, que s'at a beroy cerquat.
— Bah ! hère fî qu'èts, més ne souy pas ausèth de cauye,
n'at abéts doun pas coumprés encoère ? Toutù û bou entenedou dab mièye paraule qu'en a prou.

�38

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Adare que bèy que n'ès pas ù murtè. Regaudim-se
amasses e cantam-ne dus bèrs. You que couménci, hè tu
lou repét.
— Bidau qu'ey û brabe homi.
Bidau countén d'aquére dite que hesè ana lou cap de soum
a houns, e arroun que cantourreyabe a plaserines :
— Bidau qu'ey û brabe homi.
Lou yudye en seguin :
— Bidau qu'ey û beroy homi.
— Bidau qu'ey hère beroy homi.
— Bidau qu'a aucigut ù homi.
— E nou, perdiu, hòu, yudye de gran mercés, ne cante
pas atau Bidau.
Bertat dit : û mauhèyt ne trobe yaméy méste.

�39

XI

Lou Pastou de biadye

v^|/j/

printéms qu'abè abut plouyes plâhaséntes,
aubèles cautétes e l'hèrbe qu'abè poussât dinquo
» mièye came capbath las pénes arrayades pèr
aquéth sourélh de Biarn qui semie chéns counda
la richésse e la santat.
Quign bounhur enta l'aulhade, quigne allegrie enta l'aulhè !
Tout que prababe au cuyala coum la lèyt a la cautère ;
oulhes e moutous, agnèths e anesquétes.
Tabé quand l'abor estenou per dessus lous capuléts
blanquinous las soues télés brumouses, doutze moutous
dous méy en estât qu'estoun abiats enta l'arribère.
Praubes bèstis qui debèn saboureya sus la taule dou riche
e regaudi tout ù hibèr l'houstalét rèyturous de la mountagne I
Lou pastou que hé ù marcat d'aur : escuts e pecétes que
tringuereyaben au houns de la soue bousse ahamiade e
aquéths trin-trins qui ne soulèn pas audi-s pèr las galihorces
que hesèn ha tic-tac au cô dou mountagnè.
Que-s de largance d'ûe aubergade a-d aquére aucusiou
e qu'en demanda û pintou dou blanc dab û regalét de pâ
de roumén e ù boussî de bendrésque.
A la débite, qu'ey lou proufièyt.

É

ou

�40

LOU PROUSEY D'U BIARNES

La daune qui sabè lou sou mestiè que hesè flamboureya
ùe tranchéte de yambou, arroun que roundaleyabe a l'entour
de la taule e que disè au pastou :
— Bé bapréne plasé, î, lou qui minyi aquéste mascadure ?
— 0 plà ! e you d'aquére sabou qui heré arrebiscoula lous
mours, que m'en hèy beroy nautat.
Ballèu que paga so de minyat e de bebut e que s'abia
decap ta case.
Arrauyouse de tan d'aganidè, la benedoure de pintous
qu'où hé ha arrepè :
— Hôu pastou ! e la sabou qui t'a arregoulat, ta quoand me
la bas paga !
— Qu'as, pèr la sacrebius resou, qu'èy de segu pergut la
termountane.
A l'entertan que-s tira dus escuts de la boussote e debath
lou nas de la daune qui s'ous credè deya héns lou pouchic,
qu'ous hesè tringuereya.
— Balhe-m'én oumén û en pagues.
— Fifiu ! you qu'èy sentit sabous, tu qu'as audit trin-trins,
qu'èm quits et amies. Hè beroy e lou boun Diu te goardi
de mau !

«

�LOU PASTOU E LOU SERE

41

XII

Lou Pastou e lou Serè

pastou sus l'actye qui n'abè pas yaméy deberat
de la mountagne, qu'estou foursat ù die de ha
û biadye enta Pau. Yudyats drin s'estou estounat quoand arriba a l'endrét plasén subernoumat dab tan de resou la Flou dou Mieydie !
Aquéres lounques carrères d'houstaus blancs, yaunes,
blus ou pingourlals ; las enségnes dab létres daurades, flourétes e bestiotes ; lasboutigues dous pouticayres ; lou castèth
d'Henricou, las places e las glèyses, tout aquero qu'èren
merbèlhes enta-d éth.
Qu'en anabe estounat, esmudit, chéns pensa a bébe ou a
minya, chéns pensa a l'aha de counsequénce qui l'abè clamât dou touroun paternau. A la soue care lugarneyante,
qu'auréts dits l'escouliè berierè qui-s pane l'escole a-d escus
&lt;te pay e may.
Arribat enso d'ù serè que s'estanqua deban û chibau serat
e bridât qui atendè lou chibalè chéns mauta ni pè ni pate.
Aquére qu'où sembla de las de guilheri.
Que s'aproucha sus la punte e qu'où bayoula la courpière
dab û ayre entenut toutù coum auré poudut ha lou mey fi
maquignou de Mazéres.
Lou serè que credou d'abé ahas dab ù guilhém-branè e
que boulou ha-u serbi de soulas.

�42

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Quoant de trufandises e de couyounades y plabloun aquiu,
you nou-n sèy arré : qu'où debisabe dou chibau coum s'ère
estât en bite e per la fî que l'y tira bentable.
Oubrès e bagans dou besiât que s'èren atustats e que s'en
hesèn ù bénte aus despéns dou pegas qui semblabe eschour
e abugle.
Més per tan pèc qui sémbli û homi, n'ou hiquits pas yaméy
lou dit a la bouque.
— E m'ou croumpes, pastou, e disè lou serè ?
— Nou pas nou, n'éy pas aquéste bèsti hilhe de cabale.
— B'éy habille, î, lou qui l'a hèyte.
— 0 plâ !
— E doun que souy you aquéth.
— O ! b'èts hère méy rafinat que lou boste pay !
— Aquero perqué !
— Bous qu'abéts hèyt ù chibau, éth n'abè pas sabut ha
qu'û asou.

�LOU PASTOU AUSSALES

43

XIII

Lou Pastou aussalés

'ou téms dous segnous, las lanes dou Poun-Loung
qu'èren de la Balée. Lou prince dou Biarn qu'en
croumpa usquoans yournades oun basti desempuch la bile e lou castèth de Pau.
Fièrs de las loues libertats e dous lous pribilèdyes, lous Aussalés ne bouloun ta paguemén, ni sos,
ni dinès, ni terres labouradisses, ni franquésses nabères.
Nou ! arrèy de tout aquero ! Que-s reserban tout doy la place
d'haunou a toutes las amassades dous Estats.
Per û bèth die, la rèyne Marguerite que coumbida lous
deputats dous très ourdis. Per escunce l'embassadou de
France qu'ère de passade a Pau e qu'estou de la hèste.
Que s'abè grane ahide de tauleya au ras de la rèyne autan
pramou de la gauyou dou sou debis, que de la berou e de
l'amistousè qui hesèn d'ère l'eslou de Biarn e France.
Qu'auré boulut créde melèu que lou gabe que gradilheré
ta la mountagne que de béde France debera de la purmère
place.
Qu'atendè doun ta-d abansa-s ù arrisoulét de la rèyne
quoand ń paysâ apelhat de la culote blanque e dou bestot
bermelh e s'ana lou purmè de touts sède-s, pa a pa dab la
Margaridéte, au bèth cap de la taule

�44

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Homi d'ù mounde oun l'arris ne bòu pas toustém dise
countentè, hère beroy l'embassadou que sabou estuya
l'amarou qui, coum bèth bouridé, ou puya ta-us pots e ta
la nine dous oélhs.
Entèr boussîs, que debisa au paysâ coum si d'arré n'ère ;
la soue paraule qu'ère douce coum l'holi de minya, a cops
medich que la hesè flaugnaque e flatougnèque.
Més lou paysâ qui n'ère pas badut de yé que sentibe lou
hissou en aquéth hardèu de gaymanteries e ne respounè que
pèr û mout quoand ne poudè pas ha autemén.
Arroun dus bèyroulots de Yuransou, — oh ! abisats-p-y lous
de France a-d aquére chuquéte calourénque ! — lou gran
segnou que-s desboutoa drin méy qui n'auré lhèu calut :
— Quign hès, pastou, quoand lou sourélh e s'éy ahounat
acera hore, héns la mà pregounte, enta-d apera lou troupèth
e barra-u au cuyala ?
— Segnou, qu'èm assiu aus Estais e nou pas a la balée.
Més puchqu'èts atau curious, sabiéts dab you goarda
l'aulhade ù quinzenat de dies e qu'audirats hourga lous câs
e bela las anésques.
— Oh! debise chéns pòu, l'histori qu'en regaudira lou rèy
au Loubre de France.
Chéns se ha méy prega, lou paysâ entèr léns que chiula.
— Bah ! n'éy pas poussible que chiulis tan choaus ! Lou
bén, lous sautsperilhous de las arrius, lous auts arroèyts
de la terre qu'empecherén d'audi.
— Be plâ, Segnou, que chiuli de segu méy d'abourride
quoand las oulhes e soun loégnloégn pèr capbath la péne ou
plâ apiterades au capulét blancous de la mountagne ; més
aquéste fayssou qu'éy hère prou, la fé p'at yuri, quoand las
bèstis e soun au bèth ras de you.

�LOU CAPERA E LOU MOULIE

45

XIV

Lou Caperâ e lou Mouliè

RROUN û d'aquéths apes apetisséns qui hiquen
au
u au co e
"""^Sjt g y°
oulibes au cerbèth, lou caperâ
de Mounégn e lous sous dus bicaris qu'anaben
da û tour de passèy.
~]f=&gt;
Au houns de la coste de la Biélhe que hén
rencountre de Thanquit-Thanquét, ûmouliè bielhot, arrounsilhat qui abè hourrupat ta disna û ouliat dehèt magre e û
couchét d'aygue clare.
Lou purmè bicari, dab bèth èr de trufes que-b e l'estanque.
— E quign p'aperats, mouliè, se-b plats?
— A boste coumande, Moussu, ne-m apèri pas yaméy,
que soun lous auts qui-m apèren.
— Hé, si disou lou sigoun bicari, drin escandalisat
d'aquére respounse, e-m sauréts dise t'oun tire aquéste
camî?
— Aquéste camî, yaméy ne-s maute, que l'èy toustém bis
a la mediche place.
Lou caperâ ne boulou pas qu'estésse lou dit qu'abè lou
darrè mout Thanquit-Thanquét, que-b ou demande :
— Que hèn de la canalhe pèr boste, mouliè ?
— En pé demandan escuses, Moussu curé, ne-b bouy pas
respoune.
— Perqué doun?
— Pramou que se-b disi la bertat, ne-m bouleréts pas
créde.

�46

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XV

Ibrougne de Yuransou

A

fourtune n'éy pas ta-u qui la cèrque, més ta-u
qui la trobe. Eslénque coum la coude de l'anyèle,
la yaubèle que hoèy entèr lous dits e ne soun
pas touquéts lous qui la poden amarra.

H^Ỳ1^

U Yuransoét, — qu'ère badut dab la calote,

— que réussi a l'embesqua, nou pas en tribalhan, nou pas
en estaubian, nou baleré pas si nou de p'en dise l'histori,
més en amistousan-se d'aquére chuquéte qui chourre a
pichorres capbath lous poèys encantadous qui soun de Pau
la flou.
Cade die, lou sourélh matiè qu'où troubabe deya s'ou
trénte-û ; a mieydie qu'en abè beroye esquire ; pèr l'entour
dou sou couc, hartère de nau dies ; badoun a l'hore de las
broutches que-s brusabe debath l'emban dou prebytoère.
Lou caperâ dab la goubernante que s'abisan ù cop, enta-d
arride, d'apelha-u d'ûe soutane roubide e d'û chapèu a très
cors. Més lou Yuransou, — demandais s'eybertatau Nouste
Henric, — que balhe esperit e couradye, amou de glori,
tesic de grandou. Quoand se bi flgnoulat d'aquére fayssou,
l'ibrougne

que-s senti tout ugn-aute homi. Coum a la

detshèyte d'û mau-saunèy, que-s fréta lous oélhs, que s'espia
dou cap au pè e que s'acamina enta Lesca demanda a
l'abésque absouluciou dous miscats passats.

�IBROUGNE DE YURANSOU

47

— Qu'aymàbi a ha bèth poutou a la boutélhe, Mounsegnou, pramou d'aquero lou defun abésque, dab lou boun
Diu sie, que m'abè trèyt la misse ; més deban lou Haut e la
boune Bièrye que p'at yuri, n'en beurèy pas méy qu'û passecoth pèr die d'are-enla.
N'éy pas la mour dou pecadou qui lou boun Diu e bòu,
tabé Mounsegnou que-s decha esmabe e qu'où hé la gauyou
de la parropi de Saubole.
De latî n'en sabè téque, lou nabèth caperâ, més quauques
guilhésques dab drin de gnirgou-gnargou, plâ ou mau,
que hesèn l'aha dous Sauboulots qui n'y bedèn pas que
brume.
Toutû lou dominé, û d'aulhou biencut bahide, qu'ère fî
coum las agulhes de Paris : en cantan la misse qu'ourbibe
l'oélh e que tenè l'aurélhe.
— Aquéste caperâ, e dichou éth au-s de Saubole, ne-m a
pas l'èr dehèt crestiâ. Que eau assiu ha ûe habillésse enta
sabé so qui la mâ e pot abé de pregoun. Que-m bats barra
héns lou cahuth d'û mour, et pourta-m enta la glèyse, au
mièy dous besîs e dou canalhè qui ploureran si poden.Que
bouy esta penut p'ou dit dou pè si ne poutch desherni la
bertat, quoand léyi, ou que prègui ou que canti lou caperâ,
pramou que labéts ne-s meschidera pas méy de you.
Tau hèyt, tau dit.
Las haunous qu'èren coumensades, las plouremiques que
hesèn brouni lous plagns de l'aurost. Cantabre e benitè
qu'abèn deya gourgueyat ûe sarrabanténe de requièms, lous
de Saubole que pregaben. Deyû, dehèt a malayse, lou
caperâ que s'aflaquibe e que sentibe arriba l'engoéche ;
quisab? dilhèu anabe éth tabé barra la perpére. Aquére
que seré ûe bourricade de laspeludes ! Nou !... —Lous mèys
rays, e dichou éth, ûe létre dou libi que m'estanque ; que-m
hè puchéu, ne poutch pas méy abansa ; qu'èybesougn enta-d
escounyuria lou trebuc de ha cap a cap drin de prose dab
lou mour : anats en p'at pregan da û tour pèr debath lous
cassous dou segrat.

�48

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Fî countre fi n'y a pas doublure e-s pensaben lous de
Saubole, praube reyén !
Quoand la darrère fumèle abou passât lou soulhét de la
glèyse, lou curé que courrou ta dehén la sacristie e aquiu
que s'en cliqua ûe pinte de galét en dues halenades.
Dominé qu'où guignabe pèr ûe henèrcle e tout choalétes que
s'en arridè. Malhurousemén caperâ qu'où bi en se bouchan
lous pots ; autalèu, d'û cop d'escabèle qu'où henou la cerimane : n'ey pas dat en û mour de cligna lous bius ! Qu'ourbi
arroun las portes de la glèyse e que debisa atau :
— Bous auts, lous de Saubole, quoand me portits û mour,
que sie plâ mour !
Michè de reyén, que l'anabem sepeli en bite se n'abi abut
l'abisemén de disé-u dus moûts aban de mia-u enta la hosse.
Bequiescat in pace !
Aquére benalèye qu'abou gran reboum pèr la parropi, e
l'ibrougne de Yurançou que biscou l'adye d'û homi héns la
camise d'û caperâ chéns parie.

�MOUNDE DE MOUNEGN

49

XVI

Mounde de Mcunégn

carriu lusén de la pintrure nabe e daurat p'ous
arrays gau)rous don sourélh matiè, qu'arriba û
die ta Mounégn dab û tri de gran segnou.
Lous chibaus apapuchats de flourétes bermelhes, qu'eslambrequeyaben a toute pèyre dou
camî : lous esquirous dab lous trin-trins, lou huét dab lous
clic-clacs, las arrodes dab lous claquèths que hesèn grane
brousside.
Au mièy de tout aquéth arroèyt, ayaquat sus ùe méte de
séde, de manigles d'aur, de fringalhères de tule, l'abésque
d'Aulourou nabèreméns arribat de France, que passabe
glourious chéns tan soulemén oelha lou poble esparpalhat
capbath lous cams e las hiadéres. Atau que semblable dise
Mounsegou : N'y a pas que lous ausèths e you qui... brounéchin en l'ayre !
Be s'abè beroy hiquat lou dit héns l'oélh dou cap, s'abè
credut d'espanta lous Mounégnthous. U abésque chéns arrisouléts ni benediccious, qu'ey doun éth aquero ?
Tabé y'ou dechan passa baudeméns coum û marcadè de
cautès e d'esquirétes. Mièye doutzéne de maynadyes haroulès
qu'où hén tan-se-pu seguissi en cridan : Darrè, darrè, darrè !
Arribat au prebytoère, lou Prince de la Glèyse que-s
4

�50

LOU PROUSEY D'U

BIARNES

plagnou au caperâ dous parroupiâs de Mounégn qui, pèr
esta Biarnés, n'èren pas dehèt courtés.
Ah ! Mounsegnou, ou respounou lou caperâ, so qui-m
diséts que m'estoune hère e qu'y déu aquiu abé û mauentenemén. Seguits me, se-b plats, e beyam béde.
Caperâ e abésque qu'en anan labéts pa a pa e a cade pas,
lou curé que hesè û estanquét. Au praube que balhabe û
souriquét, au maynadye ûe tapadéte sus l'aurélhe ; aus
paysâs que debisabe de semîes, a las paysânes de l'auyami ;
dinquo terre que hesè serbitur aus moussus e a las madames.
Tout aquéth mounde gauyous e amistous que l'embriagaben
de gaymanteries.
Quoand, arroun ûe hore de passèy, e s'en estoun tournats
ta-u cor dou hoéc, lou caperâ en arrisouleyan que debisa a
Mounsegnou.
— E doungues que diséts dous Mounégnthous ? En abéts
abut hartère de poulitésses e d'haunous ?
— B'at crèy beroy ! Ne hasès, tu, toutes las abanses !
— Ah ! n'èm pas assiu en France, goarats, Mounsegnou :
Mounde de Mounégn,
Se bos haunou, gagne-t'én !

�LOU TESTEMEN DOU SEGNOU DE SAUCEDE

51

XVII

Lou Testemén dou Segnou de Saucéde

espar d'û nebout, hilh de la soue so, lou
I î£ Segnou de Saucéde n'ère pas aparentat de la
L-J caus. Aquéth nebout, siban l'histori, ne las abè
pas hèytes toutes au catserou. A quarante ans,
qu'ère biélh e crouchit, e so de sou lampat ou
partit per las esclauses de la houlie ta-u clot hastiau oun
gouféch lou cascantè. Pourtades ta Saucéde p'ou clapit dous
clacassès, las soues benalèyes qu'en abèn enhastiquat lou
Segnou badoun que n'estésse pas dous méy senticous.
Defénse qu'ère hèyte au nebout de yaméy houra lou soulhét
dou castèth ; defénse aus bayléts, a las gouyes de yaméy
mentabé-u daban lou méste.
Menin empath aquero ta-u co dou nebout, mésgran puchéu
ta la soue bousse.
Lou biélh Segnou que s'en anabe tout die daban lous
oélhs e la goubernadoure qui l'abè hèyt tan e méy de serbicis, que s'abè ahide d'arrapa tout lou dequé : nou s'en
abè bis quéque ta ha-u testeménta.
Més malhurousemén enta-d ère, lou Segnou qu'abè û
moulî s'ou gabe e aquiu û mouliè coum ne s'en y canéye
goayre au Biarn p'ou die de hoèy.
Poulin qu'ère lou sou noum.
Poulin de Saucéde qui n'ou counechè doun ?
-D

�52

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Que piquabe la moule, qu'ensacoutabe la harîe, qu'en
anabe ta-u carrèy dou matî dinquò-u sé e toutû yaméy arreberat, yaméy de maie humou, l'arris toustém s'ous pots e la
cante a la bouque. De la bile e de l'arribère, las daunes e
lous moussus en hestèy, qu'anabem ta Saucéde sounque
p'ou plasé d'audi de Poulin lou claquèth amistous. Mercés a
la soue care masclùde, aus sous oélhs estigglans, a la soue
esquîe cinglante, que l'abèn subernoumat lou miralh de las
yaubèles. Drin aboucat a pauses pergudes, la causéte n'abè
pas lou nâs méy fî, la hèrre méy agusénte. Lou renar enfiouquat medich nou l'auré poudut balha endiques ou mustre.
B'at sabèn beroy lous rapians, lous roufians de Pau e d'Aulourou ! Quoand lous debisàben de Poulin que saludàben
escoupemén : dab éth n'y abè ropi a grata, buhe a pugnera.
Lou nebout desherterat qu'où demanda ayude, e ta pagueménqu'où proumetè méy de lar que de mesture.
Trop poulit qu'ès enta-d esta haunéste, armugabe Poulin
entèr éth medich, més roat countre fî n'y a pas doublure,
chéns tu que saurèy dou toupî tira lou mèy talhuc.
Quoand, a la campane dou Mayou de la terre e souna ta-u
Segnou l'hore dou garrangoulh, a-d aquéth moumén oun la
counechénce e s'en ba hoèytibe au daban de la bite, lous
duscoumpays qu'anan balha lou truc dou martèth a la porte
dou castèth e arroun que coumandan en méstes
Toute la bayletalhe poursi-pourla qu'estoun largats en
estafétes.
Lèu lou Segnou que clucha las perpéres. Chéns cinquoanteya,lous dus coumpays qu'où claban detirehéns û cabinél;
arroun lou mouliè, la care enhariade, la bounéte couhade
dinque sus lou nâs, que-s bouta héns lou clot dou nouble
defun.
Clamât en grane prèsse, lou noutari qu'abou a tourna
escribe.
— Que bouléts doun, Segnou, arreha lou testemén ?
— U plagn doulén que sourti tout doy de debath l'aprigue.
— Debisats tan qui ey téms !

�LOU TESTEMEN DOU SEGNOU DE SAUCEDE

53

— Je laisse... mon moulin... mon moulin... à monmunier...
et le restant... à mon névu.

— Que diséts, ouncle ? Lou moulî au mouliè, qui n'éy ne
amie, ne parén, ne apric ?
— Ah ! mon Diu !... Je mé murs... Ecrivez... ce que je
dis... ou sans cela,... rien de fait !

Lou qui tire pèr daban qu'en tire dou bou. Méste dou
moulî, Poulin que trouba cén partits per û ; que-s marida
dab bère nore e lous sous arrehilhs, heriès de la soue allegrie
que hèn encoère bara la moule.
Clic-clac, clic-clac,
Tic e tique tac,
Lou moulî qu'ey barrât
E lou counde acabat.

�54

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XVIII

Lou Segnou de Nabalhes

, questau de Nabalhes, que-s boutabe aquéth
die à la counfrayiïe.
Beroy, balén e yoén, ahurbit e plâ desgauchit,
que parechè sus l'escoubat.
Que s'abè causit û talhuc de nautat, la méy
lebisiénte maynade d'aquéth plat peys.
Mercés au cabau estaubiat desempuch lounques anades,
que hé ûe nouce a terre-trémble, oun estoun embitats besîs,
countre-besîs, paréns e tagnéns, amies e aprics.
Coumpagnous e coumpagnères que touleyaben desempuch
méy de dues hores e qu'en èren au flouquét de la hèste,
quoand parechou lou Segnou de Nabalhes.
Autalèu lous bèrs qui aleteyaben sus las bouquétes arridoundères que s'espartin dab l'allegrie.
Parié coum lou hasâ qui s'apite s'ous esperous, dab û
crit de malici, lou nobi que lheba lou cap e lous sous oélhs
hissans que flaminaben eslambrécs.
La nobi, — praubine ! — quo las perpéres bermelhe que
s'athapoulabe bergougnouse countre l'espalle de l'aymadou.
Atau lous pouriquéts que s'estuyen debath l'aie cautéte de la
clouque quoand roundaléye l'esparbè ou lou hàli.
Perqué doun aquére estrangle? Perqué tan d'arrauye e
tan de pòu? Yén de hoèy, aquero que-b estoune ?U segnou
ERÈT

�LOU SEGNOU DE NABALHES

55

n'éy pas sounque ù homi, bertat? E per malin qui sie, cén
countre û que s'at biren a-d ayse !
0 plâ ! Més labéts lou Segnou qu'abè û drét, drét maledit
p'ous homis e coundannat de Diu ; drét hastiau entèr touts...
Entaqué mentabé-u ! Decham-né pèrdedinquòu soubiéne.
E que lous noustes arrehilhs, s'ous disen û die qu'y abou en
Biarn ûe hounte cagnère coum aquére, e pousquin respoune :
Qu'én abéts mentit pèr la ganurre dou coth !
Sus la nouce qu'y planeyabe ù aram de herésse.
Quins malhurs anaben éths houni au ras d'aquére taule
aboundouse e amistouse ?
Ah ! si credèn que decheré passa l'aygue per oun cour,
lou gcnyat qui-n hesè cula mièye doudzéne lous dies de
hèste entèr dus bèyres de l'arrefìat! Segnou ou questau tout
lou mounde que soun parious deban l'amou coum deban
la mour !
Au haut Diu biban !
E bi aquero lou Segnou dab aquéthoélh douMéstequi bét
tout? Endebina quoand y poudè yéche de malhurs d'ùe
susmaute dou puble en û tau moumén? Ou melèu e senti
éth quauqu'arré de bou pèr acera hore oun l'haunéste yén
e soulen d'abé lou cô ?
Qui at sab !
D'asso ou d'aquero, que hé û abansét e l'arris' aus pots, la
boéntat à la bouque, que debisa au nobi :
— Qu'es badut dab la calote, Perèt, que souy hoèy marfandit dou palmou e gourpit de l'esquîe : ne bouy pas pèr
tout lou mèy drét que balha dus poutous a la nobi. A tu la
soue béutat, la soue birginilat.
Dus poutous, Mounsegnou, las aies de la mousque que
s'en halen autan. Hats-ne très tabéy se-b pot ha plasé ; més,
sus la boste paraule de gentiu, que m bats assiu prouméte
qu'a l'aucusiou que-m paguerats de tournes.
N'y abè pas méy amacs de prigglade, tabé tout lou mounde
e-s hiquan a-d arride, nouble de Nabalhes lou purmè. Prouméte que hé a-d ayse e aquero n'estouna pas a-d arrés ;

�56

LOU PROUSEY D'U BIARNES

touts que sabèn de segu, qu'at abè dit manterû cop, qu'ère
repropi ta la maridère.
Toutû ne eau pas yaméy dise : d'aquére aygue ne beurèy.
A la sesou de berougnes, quoand lous bignès ne pénsen qu'a
ha chourra bourrét, lou segnou qu'abou û arrebusquét de
yoenésse e que feni pèr ha la peguésse.
Lou die de la nouce, Perèt qu'apera la moulhè e que la
dichou :
— Balhé-m ùe camise de pléc e siré-m lous souliès, qu'èy
a-d ana enta-u castèth.
— Tau die coum hoèy? Qu'as pergut la termountane ?
— Hè so qui you e disi.
Afèytat de las pélhes de hèste en-nau, Perèt qu'en ana.
Qu'abou drin de mau enta-d entra. Baylets, gouyes e lacays
qu'où barraben camî, més que-s sabou ha balé lou cap.
Arribat au mièy de la nouce, lous ducs e lous countes,
lous barous e lous biscountes, las granes daunes dab las
mamizèles, que l'espiaben, mé que mé estounats d'aquére
hésite.
Chéns perpereya, Perèt que s'aproucha dou segnou :
— Que biéni régla aquéth petit counde qui-m debéts.
E en dus moûts que l'arrenabi la memòri.
— Paraule de segnou, paraule de rèy, e dichou Nabalhes,
e deban toute la noublésse estabanits, qu'où decha poutiqueya la nouble nobi.
Arroun, cap bach, engratan-sél'aurélhe,que s'entournabe.
Au ras dou pourtalè que hé coum bèth arrepè.
Nabalhes qui ou seguibe pèr darrè que-t ou dits :
— Ne sémbles pas countén Perèt?...
— Oh! n'èy pas aquero, Mounsegnou, més quoant éy
fachous que ne-b ayi pas prestat drinou méy : qu'èts tan bou
paguedou!

�HENRICOU E LOU MOULIE MIEY-CAUT

57

XIX

Henricou e lou Mouliè Mièy-Caut

quauques lègues de Pau, sus lacantère d'aquéth
^^*^ gabe qui passéye capbath planes e mouns las
soues aygues, a bèths cops gaymantétes dab
gourguèys de gay e d'amou ; més a cops tabé
Ìf^ arrauyouses de malici dab gourgoulhs e arneguéts, que s'apitabe lou moulî dou mouliè Mièy-Caut méy
counegut p'ou subèrnoum de Mitréne-Miclau.
Biarnés de boune souque, Mièy-Caut qu'abè lou batalh
arridén e lou tribalh aysit.
De la bile et de l'arribère, las daunes et lous moussus
qu'anaben ta-u moulî sounque p'ou plasé d'audi de MièyCaut lou claquèth amistous.
Que calé drin bedé quign p'atourmeligabe la paysane
arrebouhièque qui ou cerquabe de custiou quoand, pèr
escunce, abè abut la pugnère mourdénte ! Peguésses ta-d
arride, historis dou corn dou hoéc, arrisouléts e gaymanteries, noudigues coèytes au sou e arrayades a l'oumpre,
qu'en y pèyrebatè labéts coum castagnes ou esquilhots p'ou
téms d'ûe latade.
Més a maugrat de las soues trufanderies, qu'y abè de
beroys penseméns debath la soue tufe grise e quauqu'arré
de nouble que tictaqueyabe a l'endost de la soue chamarre
enhariâde : l'aygue e lou cèu blu, la cassourre glanîbe, lous

�58

LOU PROUSEY D'U BIARNES

ayres aulouréns, lou selhou e la moule tour pèr tour que
cantabe ; e lous sous bei'séfs qu'aleteyàben s'ous pots de la
mayrâne crouchide pèr lous ans, autan plâ coum de la
maynâde escarrabelhade e lauyère p'ous sendès de la bite.
Qui n'a sabut au Biarn lou rebalays de la soue Oubrère
arridénte ?
Mitréne-Miclau !
Brounéch quoand hè bèth, batale quoand plau,
Moule balénte,
Oubrère arridénte,
Une midûne, mitréne-miclau !

E toutù, en despièyt d'aquéres qualitats qui-n hesèn û
mouliè coum ne s'en y canéye pas a-d arroun, la soue
memori n'auré pas hèyt afroun au tribalh dou téms chéns
la benalèye qui assiu pe bau counda.
U sé, s'ou truc de mièye-noèyt, que s'audi, héns lou bosc
reyau, a quauques pas dou moulî, ù cop de fesilh qui balha
la trembléte a tout so qui droumibe, bèstis e yén, arbous»
hèrbes e flous. Lou cas dou moulî que bablan au murtè e
lou mouliè, de pès en ù birat d'oélh, que sauta pèr la fernèste e que courrou d'abourride decap ta-u tapuc d'estoupe
encoère ardén qui abè serbit de bourre.
Au bèth ras, ù sarri cournut e pelut, praubin d'éth ! qu'en
ère a las darrères, a l'entan qu'û estranyè qui n'abè pas l'èr
ahurbit e l'espiabe en frétan-se lous oélhs.
Mièy-Caut que sauta a la ganurre de l'homi ; e dab aquére
mâ qui maneyàbe lous sacs coum hè lou bén de la plume
lauyère, qu'où pourta melèu que n'ou hé camina enta-u
moulî. La moulière encoère lègre e Catau, la hilhe bero)re,
qu'atendèn espaurides dab la candèle de yéme aus dits.
— Que so qui hesès au bosc, e demanda lou mouliè, a
l'hore oun la brabe yén e-s repausen dou tribalh dou die?
Fesilha las bèstis reyales, bertal? E trobes qu'a trop de
plasés lou Méste amie, desempuch qui ù hat malecarous e
s'en l'a halat ta-u mièy de la catabe de France?

�HENRICOU E LOU MOULIE MIEY-CAUT

59

— Qui ès tu medich qui debises tan haut e qui t'a pagat
enta goarda lou yibiè dou Rèy ?
— Qui m'a pagat, peliè ? A doun besougn de pagues û
Biarnés enta-d abisa a so dou Rèy? Tout assiu qu'éy d'Henricou, lous cassous e la terre, l'aygue qui briuléye e la
maysou de Clique-Claque, chéns counda la bite de MièyCaut. Respoun ou sinou que t'estaqui dab la cadégne de hè
a l'estipe de la cléde coum û escapat de la hourque.
Quauqu'arré coum ù aram de bounhur que passa, més
hoèytiu, sus la care de l'incounegut. Oh ! audi la bertat ù
cop en yaméy ; esta maumiat e laudat coum lou purmè
biencut : sabé e apréne encoère ; lève chéns empàth ne
trebuc au houns dou co d'aquéth puble aymadou, lou maye
dous grans
quigne aubèle !
— Cassedou dou seguissi dou Rèy, que-m souy esbarrit
au mièy dou bosc. Arreberat, esperissat dou cap au pè,
que-m souy ayaquat e apuch adroumit sus ûe tuste de héus.
— Afrountur! Coum se lous gentius e-s ban bourcla au
peys de la brane. Coum se lou Rèy n'ère pas au Loubre de
France e nou en Biarn.
— Sapis, Mièy-Caut, que Henric, arsecous de tourna béde
lous sous feaus Biarnés qu'éy tournât enta Pau desempuch
usquoans dies. Loudyé-m a noèyt, doumâ qu'auras ûe
recoumpénse reyale.
— Adare qu'en souy segu. Qu'ès û courtisâ, û d'aquéths
mandrègns qui ne sàben que prouméte, qui ne disen yaméy
tè ! més toustém balhe /Toutù, pramou d'Henricou, qu'auras
a nouste ùe place au palhè e gnaute a la taule. Hémne,
aluque lou hoéc detire e tu, Catau, hè chicha ùe coéche
d'auque e chèys oéus en couquéte.
Mercés au palhetou biarnés, gauyous qu'estou l'ape
noèytiu. Lou cassedou qui abè beroye béute que coundabe
las historis de la Cour e que hesè founde d'arride lou mouliè ;
apuch coum ù maynadye qui arrèque la binténe, que-s
debertibe a las coumays dab Catau la beroye.
Lou noura d'Henricou que rebienè soubén.

�60

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Que-t broumbes doun toustém d'Henric e que l'aymes
encoère ?
Mièy-Caut que respounè per û dous sous berséts :
Mitréne-Miclau !
La bittori glouriouse, de Paris dinqu'à Pau.
A biahores, mille cops qu'a 'redit
Lou sou noum benedit.
Més que pot esta la balentie d'Henricou
Au pa de sa boentat, de soun amou !

Arroun Mièy-Caut que-s hiqua a batala coum ûe arrode
descougnade dous sous ahas, dou sou moulî, de la pratique,
dous gentius hastiaus, dou sourélh e de la plouye.
— Perqué doun n'as pas au co lous serbidous dou Rèy ?
— Yagans, flamanse boulurs, se yaméy e bèy Henricou,
qu'où diserèy de balha per aquiu bère esgramade. Ourgulhous dous mile escuts estaubiats sus la pugnère, MièyCaut, û die, que boulou croumpa lou moulî. U d'aquéths
noubles serbidous que prencou lous ardits e nou-m balha
yaméy ni moule ni maysou pramou que siban ûe lèy maledite, û pèle-higuè coum you ne pot ayensa-s moulî de gabe.
— Oh ! lou Rèy de segu n'en a yaméy sabut l'histori ; més
que calé plagné-t, ana-u trouba, ha esquoartera lou boulur— Ha, ha, ha, ha !
— Qu'as a-d arride ? Henric qu'éy yuste, qu'a yurat lou
for e que balhe drét au praube coum au riche : qu'auras la
moule e lou moulî, mouliè !
— E you Pierrouton labéts, e crida Catau, en sautan de
plasé.
— Aquero qu'éy gnaute aha, Segnou, e dichou Mièy-Caut,
en tiran-se lou berrét p'ou purmè cop de la noèytade e lou
qui-m balhe lou méy de thepic. Las maridanses qu'èren
hèytes, las hèyres croumpades, més quoand Pierrot, lou
pay de Pierroutou, e sabou lou desaguis qui-ns arribabe,
qu'en embia ta-u peys de las flaùtes l'aymadoure Catau.
Pregaris e plous e larmes que l'an hèyt toutû coum en û
asou û cop de berrét.

�HENRICOU E LOU MOULIE MIEY-CAUT

61

— Qu'auras Pierroutou, praubine, e Henricou quepaguera
lous briulous de la nouce, sustout s'ou dèches ha, sus aquére
macheréte tan bermélhe e tan fresquéte mièye doudzéne de
poutous.
Anam droumî, mouliè; e doumâ, au purmè piulét dou
caccaracâ, aparié-t enta segui-m, que eau que lous coucars
que la pèrrin.
L'endedie, acabalat sus la mule dab lou cassedou en
trousse, Mièy-Caut que prenou la bie de Pau.
— Auserèy yaméy debisa au Rèy '? E arroun quin lou
pouyrèy recounéche au mièy de l'ahoalh de moussuréts
guinguilhats e galounats.
— Lou Rèy qu'escoute la bertat de quigne bouque qui
sorti, trop hurous quoand la pot sabé, debise chéns pòu.
Tan qu'a recounéche Henricou, aquero ne sera pas a malayse. Bayléts e serbidous, sourdats, ouficiès e noubles
gentius, caps couys e caps bach que s'esteran bouque
barrade, lou Rèy soulét que-s tienera drét e quilhat, soulét
tabé que sera couhat.
Las portes dou castèth que s'ourbin chéns trebuc deban
lous biadyedous e detire, coum hères arroumigues qui dan
ta l'arroumiguè,la hourre dous noubles segnous que s'amassan, caps couys e caps bach e bouque barrade.
Lou cassedou e Mièy-Caut que sautan enta terre.
— Espie plâ, Mièy-Caut e digues adare se recounéches
assiu lou Rèy.
— La fé, Sire, se n'èts pas bous Henric que souy you de
segu, pramou que bous e you souléts qu'èm encoère couhats.
Apuch que-s tira lou berrét, que hiqua û youlh a terre e
qu'espia, a trubès larmes de yoye, aquéth gran hilhot dou
Biarn qui abè pourtat tan haut lou renoum de la terre
mayrâne.
— 0 lou mèyRèy, o Henricou aymat, qu'èrets doun bous?
E you que p'èy debisat dab tan de libertat !
— Sully, apera Henric, lou moulî de Mitréne que sera
balhat tout dat à Miclau. Lou galapiâ qui s'éy serbit dou mèy

�62

LOU PROUSEY D'U BIARNES

noum ta-d afrounta de mile escuts û hilhot d'aquéth puble
de Biarn qui tan me tièy au co que sera rayât de noublésse
e pèr la bite encauyoulat. Dèts mille escuts d'aur de la tiréte
reyale que heran l'adot de Catau la beroye e toute la Cour
qu'anera dansa a la nouce.
Atau qu'éy lou nouste boulé reyau.
Mièy-Caut ne-s tienè pas de pès. D'ûe bouts tremoulante
que canta lou sou darrè bersét :
Mitréne-Miclaut !
Tan qui briuleyera
Lou gabe neurissè,
Tan qui piupiulera
Lou pinsâ tracassiè,
Dou puble e de Mièy-Caut
Ta-u nouste Rèy Henric,
Lou co toustém hera tic-tic.

�AYDE-T-Y,

MO UN HOMI

63

XX

Aydé-t-y, rpoun ho mi î

dab sén Pierre en han, ù die, ù tour depassèy
capbath la serrade de Baigts, pèr la cantère de
Bounut, que tuman ù carretè. Ayulhat au mièy
, dou camî, lous oélhs lhebats ta-u cèu lou boetè
que pregabe lou boun Diu de desenclouta-u lou
bros qui se l'ère engrabat héns ùe goule.
— Courrém, Segnou, e tiram-lou de pênes, e dichou sén
Pierre, detire qui ou bi e qui l'audi.
Més Jésus que passa chéns espia ni respoune.
Drinou méy loégn qu'en trouban ugn-aute au medich
pun. Qu'arnegabe : Mile carrétes de Diu bibans ! Que chaquabe lous boéus : Bè, Martî, bè, hilh d'aquéste, hilh de
tau ! Que desglountibe l'arrode : Lous cinq céns mile couhéts
d'ihèr se t'en carrussin! E que sudade a cade péu la goûte.
Jésus que-s hé enta-u ras e d'ù cop de hume, qu'at hiqua
tout au sâ, homi e boéus e bros.
Pierre que l'espia estounat.
Lou Méste labéts, dab lou sou dibinau arrisoulét :
Aprén encoère aquéste bertat, Pierre :
ESUS

Aydé-t-y, moun homi,
Diu que-t aydera !

�64

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XXI

La Pre§ari

Segnouaus Apostous qu'amuchabe la soue
mustre.
— Quoand hasits la pregari, ous disè éth, que
serats ayulhats, cap bach, mâs yuntes e nou
penserais arré méy qu'a Diu, lou Pay dou cèu.
Oélhs e aurélhes pertout qu'a, p ou peys dous lugàs e sus la
terre, dou sim de la mountagne au trehouns de la mâ pregoune, lou nouste Pay, lou Diu dou Cèu. Si pecats, dab éth
que p'atbèyrats.
— Bertadère que déu de segu esta la boste paraule, Segnou :
més pèr so de you, la boste mustre qu'éy dehèt bagante.
Yaméy en tau pun ne-m dera défaut lou boste Pay, lou Diu
♦

OUSTE

dou Cèu.
— Pierre, Pierre, au casau enflayrat nou y a yaméy abut
chéns quauque broc arrose bermélhe. Drinou ménch credéns
que bòu aus criats lou Diu dou cèu.
— Ayats méy d'afidance, Segnou, en lou boste serbidou.
— E doun countre l'asou carreyedou de rèyte e de praubè
que-t trouquerèy bèth pourî de très ans s'ès pouderous dou
patèr sancé chéns pensa ni habes ni céses.
— Maye péne! Paier noster qui es in cœlis... Hèy Segnou,
e m'y hiquerats tabé la sère

�L ABIENE

65

XXII

L'Abiéne
die, la porte dou Cèu que s'ourbi ta û ahoalh
de pastous afèytats dou berrét rous e de la
bèste rouye. Qu'entran chens grâne ahide e
apuch dues hores de passèy ne semblaben pas
dehèt esmiragglats de las causes merbelhouses
semiàdes toutù a hardèus per aquéth houstau
chéns parie.
— Que pénses tu d'asso, Martinou, e dichou û beroy biélh
renoumiat per la blancou de la coudichéte qui l'aprigabe,
coum bère nebade, lou coth e las espalles ?
— Tan bèth, tan floc, coum soulen de dise pèr Orthez !
Que calé drin bedé dab quign desdégn alounca lous pots,
en disén aquéth arrepourè, û d'aulhou-biencut, se-b plats.
Jésus qui abè audit, que s'atusta entad-éths.
— De quins parsâs e bienéts bous auts, amies ?
— Hé ! de la Balée, dounseban !
— Qu'éy doun oli subèr aygue, la boste balée ?
— Que bau méy pam ecera que cane per assiu. Lous
herbadyes qu'y soun gras, las anésques prendibes ; coum la
méurane, las noustes yaubèles qu'an la machère bermélhe :
libertat e franquésses, sapiénee dou presén, dou passât e de
l'abiéne, arrèy n'y manque.
Jésus qui s'en anabe tout empensat, que hé arrepè.
— So qui déu arriba tabé que saben pèr boste ?
5

�66

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Oh ! quin miraggle !
Quin a poudutlou Pay decha pèrde pèr dessus terre aquére
dibinale bertut, la sapiénce de l'abiéne ? Més tout aquero
que soun dilhèu espantous e bantoris. Anam drin béde. E
d'û cop d'ale qu'estou en Aussau. Que trouba û paysâ qui
plantabe û palengat de yuncs.
— Perqué, ou demanda Jésus, n'as pas tu hèyt aquiu û
beroy plante-broc, qui auré pèr û sègle birat dou milhouca
la pouralhe e lou bestia ?
— En hoèyt dies que serèy cos, la mie barralhe que
durera autan coum you.
— E lous tous hilhs ?
— Nou-n èy pas.
— Lous nebouts, lous paréns ?
— Per so qui bàlen, qu'en auran de soubres.
— Co eschut e ourgulhous, atau be soun, pèr trop de
sapiénce, lous d'Aussau.
E la soue dréte puchante que-s pausa s'ou cap dou tribalhedou.
— D'are enla, la toue biste que sera barrade ta las causes
de l'abiéne. Més au loc de so qui-t abéyi, que-t balhi ûe
nautat qui liera de l'homi lou méy hurous dous criats de
Diu. Enta la yoenésse, aquére nautat que hera semiàlhe
d'arrosés p'ous sendès bourdats de houniméns. Dab ère,
l'homi sus l'adye que s'arridera dous trebucs e que-s trufera
de las cadudes. E quoand l'hore dous grans ayèys, aye
sounat a la campane de la bite, coum û lugâ qui luséch au
mièy de l'escurade, qu'amuchera au bielhar la bie d'ûe
balée qui bau la toue, que m'en pots créde. A tu l'esperénce
e a you l'abiéne, n'auras pas pergut au cambie.
E Jésus, au mièy d'û eslamat, que tourna puya ta-u cèu.

�U COP NOU PAS DUS

67

XXIII

V cep, pou pas dus

qui-m èy, thic ou mic, broulhat las
cartes dab lou diable de l'ihèr, que souy badut
l'amie de Pierre, l'apostou en pè dou soula dou
cèu. Més l'amie bertadè, co feaus e mâ ubèrte,
chéns penseméns de trubès ni portes de darrè ;
d'aquéths amies, qui n'an pas sounque la bachère d'aryén a
parti-s.
Se m'en sab drin de mau de ha lou tumehus dab méste
Couhét, aquero que soun gnaut pa de manyes e qu'y hiqueram payère aban que lou sourélh ne-s couqui û hardèu de
cops.
Que ne-b ségnits, yén de glèyse, mounde de debouciou,
lou diable dous mèys coundes ne-s sémble pas méy ta-u
dous Ebanyilis que lou coucuth enta l'agasse. Se aquéste éy
malin e nègre, l'aute qu'éy melèu pegas, drin Yan-Pierre^
coum disen au peys de la brane.
E d'aulhous e sabéts bous auts de qui pouyram abé
besougn û die?
Ne eau pas yaméy dise : D'aquére aygue ne beurèy !
Ta rebiéne a l'amie Pierre, ne s'y passe pas û die que
nou-m embyi quauqu'û dous sous anyous en estaféte, ta-m
ha aumenance de quauque nautat ou tan-se-pu ta regaudi-m
de las noubèles d'acera, hore. Curious que n'en souy
ESEMPUCH

�68

LOU PROUSEY D'U BIARNES

brigue, més toutû qu'aymi hère a sabé las causes : sabé
nou carque.
Hoèy mati doun qu'èri bagan e de gayhasénte humou,
que-m souy ataulat dab lou dibinau messadyè e que s'en
abém chiulat cadû la soue, d'aquéth qui desligue la paraule
de l'homi qui truse la terre, toutû coum de l'anyou qui
boule pèr las hautous dou cèu. You qu'èy batalat coum û
arrat borni, éth que m'en a dit de las de guilheiï.
Ue sus û mialè que p'en bouy assiu counda.
Ne sèy pas, se-m a dit l'anyou, quin as poudut amistousa
l'apostou bouheroc ; que eau qu'ayis bertuts insabudes p'ou
cèu. Lous ans qui pésen sus la soues humes, ne l'an pas hèyt
bade tegnè, que s'en manque bèth drin. S'a yaméy sabut
arride, lous bius ne s'en poden broumba, tabé ye l'abém
subernoumat l'arrebouhièc.
Que dits e que hè, a pauses, d'aquéres peguésses, oun que
crèyré qu'arrepipie.
Dab éth que eau abé lous papés clas e lous ahas néts enta
que s'orbin lous pourtaus d'aryén dou Paradis.
Badoun quoand n'éy pas de lûe ! Diu pe goardi de ha
labéts la peguésse arroun laquoau ne s'en y hè nade méy.
Yé brèspe que s'abè hiquat au cap d'ana ha û tour de
passèy. You qu'où tieni lou paraplouye, gnaut anyou lou
makila de Bascou en cas d'encountres.
N'abèm pas hèyt cinq céns pas, qu'audibem apera, crida
chiula biahore : Chiule, chiule, e mourgagnabe Pierre. Més
lou chiuledou que hesè tan d'arroèyt que las hoélhes au
caputh de l'arrame que tremautaben toutû coum quoand
lou prigle au mièy de la bentanîe e hè brouni lous sous
tarribles ulléts. Qu'abèm a cragne que Jésus qui hesè û
bèc, qu'en estousse desbelhat, espaurit, eschourdit.
— Quauque brame-pâ dou Biarn de segu, e rougnabe
Pierre esmaliciat. Aquére catabe que soun pertout a case,
en loc ne poden yaméy pèth abasta.
Ham arrepè, qu'en lou bam embia sicut in cœlo.
— Hòu, Pierre, ho, ho, ho, ho...u !

�U COP NOU PAS DUS

69

— Hòu, Pierre, ho, ho, ho..., hòu! escarnibe l'apostou
en naseyan, lous pots e lou nas arissats. Atén drin, que t'en
bau f... you, Pierre mounèrre... Que bièys ha t'assiu,
escapat de la hourque, tros d'arnopi, arrebadut, pastèth
cintat !
— Qu'arribi d'ùe camade chéns torse ni borse, dou peys
d'Henricou oun lous méstes e soulen d'esta courtés e lous
bayléts baléns e poulits. La porte detire, e que-t proumeti
de nou pas dise au Pay que hesès a las coumays quoand
debès esta assiu ta-d ourbi lous qui an arregoulère de la bite.
— Becut e aban-hèyt, neteyé-m la bie ; yaméy de tu las
planes dou cèu ne seran boussudes.
— Neteya la bie ? E t'oun bos que m'en ani ?
— Ta-u diable de l'ihèr, lous dus que herats parie.
— Anoum ! L'ihèr pendén la bite, l'ihèr arroun la mour,
lou pébe e la sau, lou pipèr dab lou binâgre, que debè atau
esta. B'éy a plagne lou hat d'ous qui ne soun pas baduts dab
la calote !
— So qui bòu dise aquero, l'ihèr pendén la bite?
— Figuré-t, garçou, que souy estât maridat dab la méy
malîne moulhè qui ayi poussât debath la cape dou cèu.
De très péts qui couhét abè hèyts, ère qu'ère l'ù.
— Qu'ès estât maridat, michè ?
E labéts sus la care de Pierre que passa coum ûe memembrance de benalèyesqui lous sègles n'abèn poudut derrui.
D'ûe bouts endoulouride e amistouse qui n'aurén pas
espérât arroun la malici d'endore :
— Say, praube de tu, éntre ta nouste, e que la pats dou
Segnou, coum l'holi plâhasénte amouiléchi la halhasse qui
lou deshur e t'a hèyte au co.
Dab péne s'abè fenit de debisa, que s'y audi a dues pourtades de fesilh, û espatracat d'arride qui hé tourna l'arrauye
héns lous oélhs e sus la bouque de Sén-Pierre.
— Aban-hèyt ! Escoude-câ ! Mau-apprèys e mau-lencoat !
— Tout choaus, Apostou dibinau, orb toutes liântes las
portes d'aryén de l'houstau dou boun Diu.

�70

LOU PROUSEY D U BIARNES

Que souy estât maridat, apuch abeudit e pèr malhur qn'èy
hèyt la peguésse d'arrealouga-m û sigoun cop.
— U cop, que pot ana, més dus que passe mesure. Fitè!
Lou cèu n'éy pas estât bastit ta-us pècs ni ta-us bourricous.
Dou Biarn, lou 22 de Yulhét 1897.
Pierre, lou mèy amie,
N'ayis pas rencùre ta l'anyoulin coumissiounè se m'a
drinou batalat de las causes qui seguremén aurés boulut
estuya. Que bos ! Assiu coum enquera, n'y a pas que lou
Gran que sie parfèyt.
Ne-m hasis tapauc maie care se pèr aquéste, e-t balhi ù
bou abis : lous amies soûls aus amies que disen la bertat.
U cop, nou pas dus, atau be sémble lou tou dit.
E doun, en despièyt de la toue sapiénce mayoure, que-t
troumpes.
Lou purmè maridadye, quoand tout e ba plâ, ne soun de
segu que caressînes, poutous e baylînes, amou la noèyt,
amou lou die, amou toustém, amou pertout.
Més lou sigoun, chéns te desplàse, que porte ta-u larè la
soue partilhe de sabou e de bounhur, pourbu que la nore e
sie brabe e boune.
Tasté-n e que m'at diseras.
L'arrisoulét labéts qu'aleteyera encoère sus lous tous pots
e la toue bouque qu'aura ù mout de boéntat enta toutes las
criatures, pèr bourroucudes qui sien, qui lou trop plèy de
la bite e t'embiera ta-u cèu.
Lous bius labéts, au loc de Pierre-la-gnaque, que-t mentaberan Pierroulin-l'amistous.
E nou disis pas que t'en trufes : au tou adye coum au
mèy, aquéres causes que hèn gay.

�LA SENTE TERNITAT

71

XXIV

La Sente Ternitat

ou caperâ de Luc qu'ère adourat de la parropi.
Las garîes las méy mourdéntes, lous hidyes gras,
la frute daurade, lous galabîs e las pecétes que
briuleyaben decap ta-u prebytoère toutû coum
^Ỳ1^ las escourres enta la mâ.
Arrèy enta-us Barnabites qui bramàben de yelou, héns lou
coumbén, a l'endos de la tou qui lhèbe encoère ourgulhousemén lou cap per dessus lou campanè de la glèyse.
En baganaut lous mounyes que hesèn pregaris matî e sé,
en baganaut la campane que carrilhounabe pèr las hèstes
en nau.
La soue bouts d'aryén n'abè pas lou méy petit reboum e
la loue capère qu'ère toustém boèyte. De segu lou caperâ
qu'abè empousoerat lou puble.
Lou mounye en pè que s'abisa labéts de ha-u mile guilhésques, de lheba-u de lès alèps ; més que s'en dabe coum û
asou d'û cop de berrét :
Proube qui ne gahe,
En segoutin qu'en ba.

Per toutes fis qu'où denouncia a l'abésque d'amucha la
maie paraule.
L'houstau. — be sabéts aquére bertat? — qu'éy lèu desruit

�72

LOU PROUSEY D'U BIARNES

quoand l'oubrè e desarrigue la pèyre clabère ; l'abésque doun
qu'estou hère esmalit e que balha detire l'ourdi au denounciadou d'ana audi touts lous surmous e arroun de ha-n-lou
repor.
Se coumensa de bou grat, aquero ne-s demande pas.
S'abè sabut quine camusade e l'atendè ! més ne s'en y bén
pas a la hére.
U die, atrouperats coum bèth ahoalh d'auserous, lous
gouyatols que disèn lou catrechime.
Lou caperâ que demanda :
— Quoant y a de Dius?
— N en y a pas e ne pot pas abé-n-y sounque û.
— Lou Pay éy Diu ?
— 0 bé o !
— Lou Hilh éy Diu ?
— O bé o !
— Lou Sént-Esprit éy Diu '?
— O bé o !
— E quoant hè aquero de Dius ?
— Très de segu !
Bahide quio, lou mounye que-s fretabe las mâs de plasé e
que s'en arridè ; més lou caperâ qui ou guignabe de biscor,
que-s disè entèr éth medich : Se l'asou e s'én pénse ûe, lou
touquedou que s'én pénse dues ! Atén-té drin, aquéste dab
las autes que pourteras ent'Aulourou.
— Que-t troumpes, praubin, las très persounes pèr desparières qui sien, ne hèn pas qu'û soulét Diu. Aquero qu'éy û
mystèri qui-s mentau lou de la Sénte Ternitat.
B'y a très pues au tihourc ?
— Bé plâ !
— E ne hè pas qu'û soul arnés.
En bouléts ugn-aute probe ?
Espiat acéth mounye qui a coum bèth èr de ha yangles
aubrabe mounde, au rebat de la predicadére ! Qu'éy barbut
coum ù bouc, pè-descaus coum ù câ, cintat coum ù boulur
e aquéres très causes ne hèn pas qu'û
bero}' homi.

�QUIN, AU PEYS DE LANES, ENTREN AU CEU

73

XXV

Ûuin, au Peys de Lanes, éntrcn au Cèu

coum n'éy toustém pèr garbe, Yan de France
gaymanteyabe la terre dous sous arrays
TNt^T* matîès. L'arrous, a cade goûte, que lusibe de
toutes las coulous dou cére. Gauyous, escarrabelhats, seguedoures e seguedous, ensa enla,
de la haus agusénte, que hesèn bère teneralhe de roumén.
Sus la cantère, Yoan e Martî, agranes lampades, que rasaben
l'herbe tegnère. Lou mèrlou arridoundè, sus û secalh
apourat, que chiulabe û rebalays de glori a l'entan qui
l'escourre, quirauleyan a trubès la saligue sabourénte e
briuleyabe choalines :
ALÉN

^jfjlfì,

Briu, briu, briu,
Auserou de Diu,
Adiu!

O bé, tout que passe, tout que s'en ba, tout que-s dits
adiu : yoenésse, gauyou, bounhur, amistat, amou, esguit du
sourélh bermélh. Lou méy escarrabelhat dous bius nou pot
yaméy esta segu dou l'endedie.
Segat a mièye requèste de la camade, Zaalhes, aquéth
matîau oun tout e semblabe ha coumbit a la yoye, que s'en
anabe dab rencure p'ou sendè d'oun yaméy arrés n'a hèyt
arrepè.
Qui, en terre lanusquéte, n'a pas counechut Zaalhes? Méy
maquignou que pa}rsâ, au Moun e a Sén-Sebé, a Dax e a

�74

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Bayoune, a Hayét, Habas e Pèj-rehourade, pèr Sagorre ou
Magorre, Maransî ou Chalosse, n'aurén poudut, chéns éth,
ha û marcat de boéus. Quoand, de loégn, e bedèn puntej^a
û chibau blanc, gras coum ù cén de claus, niés l'oélh hissan
e lou pè lauyè ; s'ou chibau û tros d'homi pas maye qu'ù
esclop ; dab ù berrét a la mode basquéte, qui tout doy e
l'aprigabe la couroune ; ù escarni de blousot qui, en pallan
per respèt, e dechabe, entèr eu e bénte, rouyeya la cinte
dous Biarnés ; ûe care trufandère oun flouriben amasses
l'arride cagnè e û pip coum la souye negrous, boetès e
paysâs, marcadès e passeyedous bagans, en û crit d'allegrie
que disèn : Tè, Zaalhes ! Zaalhes, trabatén coum û escarbalh ;
cridassè coum lou gay au téms de la cerise ; semian a
pugnats, chéns counda, lous moûts prestits de pipèr e
d'espèci, l'esperit qui hè founde d'arride ; afrountur coum
û arrat borni ; arnegan parié la mesounye e la bertat ; han
passa, a truques de bantòris, ûe baque pouyride dous
ausèths per ûe bîme sane coum ûe ascle d'alh ; adrét coum
lou fî boulur ta ha pèrde ûe pistole per pa de boéus croumpats e agradats ; e dab aquero, parén de touts, amie de
touts, balén ta touts ; e pouderous de téne la mâ au michè
apuch abé-u engrabat dinquòu coth en lou hanga.
Qu'en anabe doun t'acera hore, acabalat, cap bach e l'oélh
cluc, armugan entèr éth medich sus las causes pègues e
haroulères de la soue braque bite. D'ûe mâ doulénte, qu'alisabe lou cri dou chibau blanc, soul amie qui Fausse boulut
ha seguissi. E qu'où dise, la ganurre estrégnte, la bouts p'ou
purmè cop, en quarante ans, plourassère : Quin se las bam
bira pèr aquiu, hòu
Cause qui nou pouyré créde û hor calhau, e toutû bertadère, la bèsti que coumprenou e que respounou per û anilhét
e û culhebét. Coum qui bòu dise : Qu'en abém bis de tan
heroudyes e n'y abém pas soulemén dechat û péu de la
peluche ; haut lou cap ; e, en aban, bè, bou, bè !
Oh ! quine idée, esta encoère boetè au pourtalè dou cèu ;
debisa hère e nou dise arré ; aboa lou magrè, denega so de

�QUIN, AU PEYS DE LANES, ENTREN AU CEU

75

gras, au Gran Haut ! finasseya dab lou Yudye coum dab û
Guilhem-branè qui bòu trouqua û pa d'anoulhs a pales
countre ù pa de boéus a mièyes. Qui sab !
Pèr maie chance, n'y abè pas abounde aquéth die au
tribunal celestial. Ue birgine de cinq ans tout doy dab ûe
biélhe debote mourte arréquedére. Lou counde qu'estou lèu
hèyt e rebatut : la birgine a la glori, au hoéc la debote !
Adare qu'ère lou tour de Zaalhes. Lou chibau blanc que-s
tienè drét coum ûe barre de hè e lou chibalè que lugarnèbe,
chéns mouta, pèr entèr-de-mièy las aulhéres quilhades de
la bèsti.
E asso qu'éy ? se-s pensa Sén Pierre, lous mours n'an pas
coustume d'arriba en tau esquipadye. E qu'espiabe espantat.
L'aute qu'où dechabe ha chéns perpereya. Per fis, lou tarrible goardià de la porte dou Cèu que demande :
— D'oun ès tu e quin te hès ?
— De Tetiu, au boste serbici, s'en èri capable.
— Tetiu, beroye pouralhe ! Qu'abém assiu lou curé qui
s'en disera du moûts, si eau...
— Lou curé, Segnou, qu'éy û brabe e û sént homi, chéns
pé desplase : que souy estât cinq ans lou sou enfant de cur
e qu'éy aydat dèts-e-hoèyt ans la soue gouye a ha-u lous
trips e las saucisses.
— Quio, més quin t'apères '?
— Que l'arroulhabi tabé lou casau ta planta las caulétes e
qu'où hési lou brouquét quoand boulé abrouqua la barrique.
— Anoum, esdebure, lou tou noum !
— Qu'èy enta patrou lou maye sén dou Cèu, lou gran
Apostou qui tièy las claus de la glèyse dou boun Diu.
Pierre qu'estouy batiat ; més lous de case e dou besiât que-m
mentabèn Pierroulét, pramou que ne souy pas yaméy estât
bèth homi, ni hère goalhar, pramou tabéy qu'abi ûcourilhin
qui ne poudè chéns esmabé-s béde pâti lous malhurous.
— Qu'as oumén la loéngue plâ ahielade. May de Diu,
quoant de paraules ! Dits-me quin te sinnes e hèm béde lou
cap dou nas.

�75

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Més lou chibau blanc que-s tienè toustém drét coum ûe
barre de hè e lou chibalè, a-d aquére custiou, que lugarnèbe
chéns mouta, per entèr-de-mièy las aurélhes quilhades de la
bèsti !
Sén Pierre, debeyat d'aténde, dab l'ayude d'û anyou qui,
de la soue aie blanque e rouye, e l'esbentabe enta bira-u la
calou, que-s suslheba ta béde.
Au cap d'ûe pause que-s tourna sède.
En arrounsilhan lou tés, en arrauquilhan la bouts, que
disè entèr léns, coum se debisabe ta-d éth soulét :
— Bascou pèr lou cap, Biarnés pèr la cinte, Lanusquét
pèr la léncou, quin pelousar, quin parroupiâ ! Que eau
feni-n! Anyou de la troumpéte, soune lou caperâ de Tetiu.
— O piala dou cèu, yolhe de bertat e de glori, gran payrî
dou méy petit homi de Lanes, n'as pas besougn de nat
temoégn, la mîe amne qu'éy blanque coum lou die qui
sourti de las màs dou Criatou.
— Labéts perqué nou dits quin te mentaus ? Es chrestiâ
tau soulemén?
— Lou mèy cos que repause en terre sénte, a l'oumpre
de la crouts.
— Sus la toue care qu'èy leyut lou gourmandè.
— So qui éntre pèr la bouque ne cascantéye pas lou cô.
— Lou feniantè...
— E m'auréts, bous, yaméy hèyt lou mèy tribalh, gran
Sén?
— Coutilhoè !
— Jésus qu'a dit : Lou qui sie chèts mac que yéti la
purmère pèyre.
— Qu'as lous dits apicoats.
— Que soun l'obre dou boste Diu e dou mèy, e ne-s soun
yaméy ourbits sounque ta so de début, ou ta parti lou gnac
de la mesture dab méy praube que you.
A-d aquéth moumén û espatracat d'arride que hé retreni
lous ayres e lou curé de Tetiu, qui arribabe en se dingou-

�QUIN, AU PEYS DE LANES, ENTREN AU CEU

77

leyan tau coum soulè de ha sus terre, que crida : Qu'ès
doun aquiu, lou mèy praube Zaalhes?
Escoupemén, Sén Pierre que hé û saut sus place.
— M'at semblabe que ne poudè esta qu'û bandouliè
d'aquéth calitre. Dit e audit que lou noumat Zaalhes que
sera ahourcat e arroun roustit e bourit, pèr Fetèrnitat, a la
cautère la méy bouriénte de l'ihèr. Anoum, fltè, e a ugnaute !
Més lou chibau blanc que-s tienè toustém drét coum ûe
barre de hè e lou chibalè, a-d aquére coundamnassiou, que
lugarnèbe chéns mouta, per entèr-de-mièy las aurélhes
quilhades de la bèsti.
Sén Pierre n'abou pas lou téms de gaha malici. Lou rouchinou, hiquat aquiu pèr lou boun Diu enta-d esbassiba las
îmous nègres de l'Apostou, qu'en dé ûe taranlade e que
semia drin de gauyou au mièy de l'aram de herésse. Zaalhes,
p'ou purmè cop labéts, que lheba lou cap, que-s pita sus
lous estriuts e d'aquére bouts qui regaudibe lous boetès,
croumpedous, benedous, acourdedous, touquedous, e espiedous, desempuch Moun de Marsâ dinquo Hayét e Pèyrehourade :
— Digues, tu, cantedou chéns parie, si s'a méritât l'ihèr,
Zaalhes, qui-t bira la dén de la sèrp e arroun espargna la
toue coade !
— Aquero qu'éy la pure bertat, e gourgueya lou rèy de
las cansous.
— Perqué n'at as pas dit a téms, Michè, e digou lou
Yudye. La senténci, adare qu'éy dite e qu'éy escriute,
malhur de malhur !
— Ne-b soubiénqui pas, Segnou, so qui abéts hèyt que
demouri hèyt ; més si-m bouléts ha drin de gay arroun tan
e tan de péne, balhats-me ûe gràci.
— Debise !
— Dechats-me soulemén espia ûe pausote lou dehéns dou
Cèu.
— Ho, nou sèy ?

�78

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Cause qui-s pot, se dichou l'anyou a l'aie blanque e
rouye, en leyén s'ou gran libi ; més a coundissiou que lou
coundamnat ne hiquera a l'houstau que la punte dou nâs.
S'y hiquabe lou nâs sancé, nade puchànce ne pouyré méy
acassa-u.
— Ya-ya-ya-ya-ya-ya-ya-au-hi-hi-hi-hi! anilha Zaalhes.
E lou chibau, que-s bira de eu, que sauta, que pinneta,
que culhebeta ; e, pè-arrè, que passa lou pourtalè dou Cèu.
— Y'ous baau doubleban bourra, bé, se-s dichou lou curé,
qui s'en arridè coum û cascalh !
— Que hès, que hès ? e cridan lou yudye e lous anyous ?
— Qu'éntri a la cularrè, gran Sén, û pecadou coum you
nou-s mérite pas d'entra coum tout lou mounde.
— N'as pas lou drét sounque a la punte dou nâs.
— Bertat, més quoand la punte y sie que-m estanquerèy.
La punte arroun la caus, lou nâs sancé qu'y estou lèu !
Ya-ya-ya-ya-ya-au hi-hi-hi-hi ! Arrit-t'én, Curé ! Escusès
Sén Pierre ! Més adare qu'y souy e que m'y estau !
Atau lou Lanusquét que crayouna lou mé abisat dous
apostous e qu'abou lou Cèu arroun abé gagnât l'ihèr...
Balén coum n'éy toustém pèr garbe, Yan de France, a-d
aquére hore, que gaymanteyàbe la terre dous sous darrès
arrays. L'arrous que coumensàbe a pourta aus cams drin de
frescou. Counténs de la garbàde, seguedoures e seguedous
arrencats, la haus s'ou bras, que s'en tournàben en debisan
gauyous. Sus la cantère, Yoan e Martî que tiràben lou bros
en arroumegan legremén. Lou mèrlou arridoundè, sus û
secalh apourat, que chiulàbe ù rebalays de glori, a l'entan
qui l'escourre, quirauleyan a trubès la saligue sabourénte, e
briuleyabe tout choalines ! Zaalhes, dab ère, coum û reboum
d'ûe cause sénte, doucemén, que canta lou repét en dusau
bouts :
Briu, briu, briu,
Terre de Diu,
Adiu !

�79

LOU POUN D'ORTHEZ

XXVI

Lou Poun d'Orthez

'jt^s'iU.

^MÏI

iAîXi

J

UOAND

l'agle e planéye entèr cèu e teiTe pou cuc-

curuC( ue

r

l t de la mountagne, en passe} an lous
oélhs capbath las pênes, las galihorces, lous

garimbauts ; e loégn, a trubès de las arribères
"Ý"
engragnades, lous auyamis que s'atapéchen espaurits héns lou fourrasta chéns ta soulemén gausa urpes ou
pès màbe, tan soun murtrères las yarpes d'aquéth gigan
dous ayres.
r

Pariou de l'ausèth reyau, lou puchan segnou qui a) atsabe
a la hourquîe de Mouncade que princeyàbe pèr planes e pèr
mouns ; e l'histori de la soues benalèyes que hesè tremauta
las brées dou cô lou méy esberit.
Yaméy enloc ne s'y abè bist rèy tan batalhè !...
A la guerre, que cadèn a l'entour d'éth lous enemics coum
lous cabélhs madus au talh de la haus segadoure.
A la casse, oun qu'ère esmiragglat de bedé-u, lou pau a
la mâ ; entèr las cames la cabale anilhante e pinnetante ; au
bén la soue peluche nègre, acoudilha crits biahore dab lous
câs, tout soulét, lou sangla arrauyous.
Qui doungues e-s seré poudut banta d'abé-u yaméy hèyt
cula ?
N'abè pou a-d arré, ne a Diu ne a diable, e tout qu'ère
tarrible en éth, tout dinquòu sou noum, que l'abèn mentabut Loup.

�80

LOU PROUSEV D'U BIARNES

U cop qui abè noeyteyat p'ou soumeriquét de Barsalay,
que s'en tournabe dab û soul lacay ta coumpagnou. Maye
qu'a la gaute dou loup, l'escu que-s seré poudut, dab û pa
d'estalhans, talhuca en artalhs. Ugn'aute que lou biscoumte
qu'auré hèyt arrepè ; més éth, chéns tesic de tums ou de
tougnades, que camina en-d aban a trubès hiâs, touyas e
boscs : que s'esbarri.
A l'entertan, frèbe quoarte sus mau caut, de la soues coébes pregounes, la mâ enhouliade que larga bentanîe, plouye
a pichorres, chichèrcle a toumbaròus. Lou prigle dessus par
Bayoune que rugla e las mile bouts de la bouherade qu'en
carreyan lou reboum pèr touts lous cors, cournéts e cournetous dou Biarn.
Au larè, las fumèles qu'abèn estrussat la filouse e dab
saumucs que pregaben : Sénte Barbe, Sénte Lène, Sénte
Marie-Madelène, ayats pieytiat dous pecadous e dous praubes maris qui soun sus la mâ.
Lous homis espaurits qu'aletaben entèr éths : Malaye de
nous, quauque brame-pâ que s'éy anoèyt penut !
E lou biscoumte que tirabe lou sou camî, autan ayse e
lègre, coum s'ère estât de taulèy dab lous yentius et las daunes de la biscoumtat.
S'ou truc de mièye noèyt qu'atermia a Départ. U darrè
empath que l'y attende : lou gabe que s'ère desmayrat e la
mayade, coum ûe plume lauyère que s'en abè halat la nau.
Esmalit que hé labèts peta û arneguét qui s'audi de Magrét
dinquo Castetarbe. Autalèu, coum ûe respounse dou cèu,
coum û abis dibinau, lou rugle qu'eslamâ lous ayres e qu'amurtri l'escudè au sou coustat.
Lou biscoumte nou-n hé counte ; e en han crouchi la
hèrre d'arrauye : Quoand caleré a Gouhét balha la mieytat
dou mèy patrimòni, abans û an, qu'apiterèy assiu û poun
de pèyre.
A mout dit, que plabou deban éth, û homi maye d'û pè de
rèy qu'û hilh de hémne : rouyes qu'abè la care, las pélhes
e l'espade :

�LOU POUN D'ORTHEZ

81

— Assiu que souy enta-d ayda, debise.
— Qui ès tu ?
— Lou qui mande lou rugle e manéye lou prigle.
— Puchque tan puchan ès, bastéch doun assiu û poun de
pèyre.
— Que-m balheras per tau serbici ?
— Tout so qui boulhis, baquétes, ardits e pecétes, lou
mèy cos, l'amne tabé per suberpés se eau.
— Ha, ha !... Lou cos e l'amne ! Bèths dies a que soun
aquero busquéts d'ihèr. Que delèri, enta-d acouloura lou
mèy nègre reyaume, las nau puncèles qui s'ou poun las purmères e passeran.
— Dat tout dat ! Més quin te mentàben au tou peys ?
Chéns respoune, de lasoue esquèrre maledite, l'homi rouy
qu'ayarpa lou biscoumte, que pausa lou pè sus l'ounde halabastrère e qu'où passa de l'aute coustat de gabe coum ûe
bourroungle de lèuye.
— Qui ès tu, qui ès tu ?
Més l'homi rouy qu'abè gahat l'acoudilhe. A cinq céns pas
que-s bedè encoère la hourque a la mâ, au cap û pa de cors,
entèr lous cors dus moûts de hoéc : Lou Hastiau.
L'endematî lous d'Orthez que trouban, au loc de la nau, û
beroy poun dab ûe tou sus l'estrém qui pourtabe dinquo la
nublade lou sou cabélh ourgulhous. Ugn'aute pèyre qu'y
manquabe tout doy. Lou diable que Fana desarriga au cô de
la mountagne. Dèts chibaus ne Faurén poudude màbe ; éth,
chéns arreberadye que la carreyabe per lous ayres, a l'entan
qui lous auserous ou hesèn seguissi dous lous gourguèys de
yoye e qui lou sourélh ou gaymanteyabe las aies dous sous
arrays lugarneyans.
Quin deshur enta bous autes, yaubèles d'Orthez, escricadétes coum l'arrose sus Farrousè e blanques coum lou liri
dous casaus ! Lou Hastiau que boule, qu'abanse, qu'arribe,
que guigne dab û malin arsèc la beutat, l'allegrie de la boste
aymadoure yoenésse. L'ihèr qu'espie e a gargalhs que s'én
arrit, lou cèu que tremaute e s'ou pourtalè dou celestial
s

�82

LOU PROUSEY D'U BIARNES

houstau, lou gran patrou de la parropi, sén Pierre, que-s
cluque lous oélhs e que saumuque. D'ûe bouts engourgoustide que clame ayude a-d Aquéth qui soulét éy pouderous.
— E decheras-tu coumpli l'obre de malìci, o Diu, doun
la prebedénci estén ûe plâhasénte mâ dinque subèr lou maye
arrouséc de la terre ? Hique en pa, a la roumane de yustici,
las haséndres d'aquéres birgines qui, de l'esguit dou die a
l'aubéte de la noèyt e glorifiquen de gausialhes lou tou noum
segnat, dab las hèytes d'aquéth mayou de la terre qui, a
toute hore de la soue bite, nou s'esté de gusmera ù gusméth,
hoèy hore de payère, tout adoubât de guilfrésques, d'arneguéts, de grignes, de murtris e de hasti enta la causes sentes.
Coth-bire aquéste, s'én ès de boun-boulé, toutû la soue frougne heroudye qu'éy apariade enta-u gourg de l'ihèr. Ou
melèu puchque la toue boentat éy maye que la mâ pregoune,
méy haute que la mountagne esbariadibe, méy douce que
que l'ayroulét printâ, estaubie encoère lou noucién hastiau ;
més tabé, hè arrisoulét a las flourétes pingourlades qui
d'Orthez e hèn lou floc tan sabourén, tan aymadou enta-u
mèy cô d'anyou-goardiâ e de pay-bou !
A-d aquére pregari, las bartabères dou cèu que baran sus
lous gouns d'aur e û anyou a las blanques aies, la couroune
d'estéle s'ou cap, estigglan de glori e de luts, que sourti pèr
l'ourdi dou Segnou. Ue darrère larme, de la care de Pierre,
que briuleyabe ta-u houns. D'ûe hissade lauyère, lou messadye dibinau que la debanleya ; héns û brilhantou houradat coum û coupét que la coelhou e arroun que l'hisoupa ta
dessus lou malin. Toucade a la caus, la soûle aie qu'en estou
cramade e alebade.
Quin tarrible buglét e brama éth labéts ! Lous bius que
s'én broumban toute la bite e lous arrehilhs biarnés que s'at
counden encoère la noèyt au cout dou hoéc. De l'aie sâne,
coum qui hè de tripes courades, que balha dues ou très hissades, las darrères, Apuch, en birouleyan, bire-debath, biredessus que cadou de patèrnes a l'estremère dou Poun-Loung
en û loc mentabut Biellenabe. La pèyre qui éy toustém

�LOU POUN

D'ORTHEZ

83

demourade. A maugrat de las soues urpes, d'acè nabèreméns
caussades, ne la poudou méy ayarpa ni mauta...
En pipiadye, que s'acamina decap Orthez e qu'y arriba
en thanqueyan, lou sé, a la noèyt-héns. Quoand bi lou sou
tribalh a pun, quoand pensa a las liloyes qui perdè, Tarrauye
qu'où balha û nabèth courau : qu'abrassa e que segouti la
tou dab ûe hourtalésse qui n'a pas parioune, més en baganaut, tou e pialas que demouran pitats.
Labéts, ruglan de grigne que lheba lous oélhs enta-u bée e
que clama : Qu'as bensut aquéste cop, Pierre, més a you la
bensibe de l'abiéne. Ne t'en truferas pas, Orthez, e aquéste
poun, la glori dou peys, que hera barreya ûe arriu de plous
dinquòu die oun lou sang dou Yuste aye, cap e capliures,
eschugat lou débeda dous Biarnés.
En baganaut que bouloun a-d Orthez coumpli lou poun,
que s'esté tougnut. A maugrat d'aquero lou biscoumte ourgulhous de la soue hourtalésse coum d'ûe obre de la soue
puchance, qu'y escribou aquéstes balalhères paraules, qui
soun hoèy encoère lou dit d'Orthez :
Toque-y si gauses !

�84

LOU PRdUSEY

D'U

BIARNES

XXVII

Mouchicou
u cèu coum sus la terre que soulen de tauleya
«!* bèth drin.
Pèc lou qui n'at crét.
Abéts yaméy audit qu'en y ave tournât û
soulét d'aquéth reyaume oun la yén e dében
esta enhasticats de merbèlhes ? E quign heré, se-b plats, lou
boun Diu, ta-d amestha tan de mounde qui-n abèn a palhèrous sur terre sounque dab bouniqueries ! Lou hour, au
Diu bibostes, que-s cauhe pèr la bouque.
Tan qu'a so de you, n'y anerèy pas per las trubèrses enta
dise-l'y-éc au Méste dous anyous quoand me hasi l'embit de
nautat : per estigglan qui sie l'honstau, ne-m bèyrats pas
lountéms las puntes se n'y a pas haiière pèr boste ; que souy
gourman coum û gat de yudye !
U die doun, arroun û beroy taulèy, Nouste Segnou qu'en
abè bère esquiréte. Que batalèbe coum ûe arrode descougnade. Lous sous espantous que hesèn arride lou Pay qui
éy méy carat e méy paour, l'adye que s'at bòu. Nou debisabe
lou Hilh dou Puchan sounque d'arrasa las mâs de France,
d'esbouni las mountagnes. Dou rugle, que s'en heré ûe
pioyne. Autan aysit que l'ère de muda la care dou soulè oun
liren las estéles coum au cardinal de renabi la soue pélhe
pigalhade en han brounî, pèr lous ayresgauyous borrotchius,
aymadous tatatius.

�MOUCHICOU

85

— Ah ! Segnou, se dichou Sén Pierre, tout aquero qu'at
sabém de segu que soun enta bous yocs de maynadye. Més
que sèy û puble capbath las pênes de la mountagne entèr
Espagne e France qui de toustém a yaméy e s'éy badinât de
la puchance dou cèu. Acera hòre que disen : Loéngue de
hémne, nèrbi d'hussiè, e cap de Bascou : très causes qui-m
balhen la trembléte sounque de pensa-y.
— Bèth poudemén de cap ! Se atau éy lou mèy boulé,
qu'at amoullerèy tout a la mie fayssou, hémne batalurde,
hussiè chanître e aganît, Bascou arrebouhièc.
— La hémne carade, l'hussiè pieytadous o Segnou, que
soun dues nautats qui ne s poden trèye sounque d'ûe mâ
dibinale ; més que poudéts ha ou decha, toustém Bascou
que s'estera Bascou.
— Foutringles! Sabé qu'at bam, e Jésus que s'abia enta-u
Bascoat.
Sén Pierre, dab Diu lou Pay, coum û pa de maynadyes que
s'en arridèn e a l'aurélhe que couchcoucheyàben : Ne se las
a pas bistes toutes au catserou !
Bensedou de la mour, que-s pensabe lou Saubadou
d'amoufli aquére race pèr cabourrude qui estésse. Be s'abè
beroy hiquat lou dit héns l'oélh dou cap !
U an, dus, très ans, Jésus que-s passeya pèr mountagnes e
pèr bats, de parsà en parsâ, d'houstau en houstau, més lou
sou debis gayhasén en baganaut que brounibe beroy e choalétes. Qu'où seguiben, que l'audiben dab gran curiousè, més
amistousa-s, més emprousi-s, poégn-poégn, coum lou tisnè.
De las loues bouques trufandères ne sourtibe yaméy qu'û
yirgoû qui esperissabe las aurélhes, gnirgou-gnargou, carriscou-carrascou ; tabé l'Homi dibinau que tourna puya ta-u
cèu.
Drin cap bach e aie penén, que dichou a sén Pierre : Tu,
sabs, nou-n arcoélhis nat au Paradis, sinou dab you que t'at
bèyras.
L'Apostou que hé boune goarde ; e, au purmè qui truqua
a la porte :

�86

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— En-d arrè, hòu, n'y a pas méy cèu enta-us Bascous.
— Nou, alajin
cèu que n'en y a pas ta Bascou ? Que
n'y sauran aquero, bay !
E en mourgagnan que s'ana sède au rebat d'ûe cassourre,
a pourtade de la porte.
Per bèth ou bén ou plouye, aquiu que s'esté cinq ou chèys
més ; e are-y 'n-quoand que l'audiben gnourga : Estatekila
Celuik Uchkaldunen ? Ikhoussien diagu, bay !
Per fis, en ûe die d'abounde, coum ûe anyèle eslénque,
que trauqua ta-u mièy de la hourre e qu'entra a l'escounut.
Quoand sén Pierre n'ou bi pas méy a la place acoustumade que-s mechida de la benalèye e que-s hiqua detire en
cèrques de moun Bascou.
Més quin lou calé desherni au mièy de tan de mounde ?
U anyou qui sabè lou téc dous Uchkaldunac qu'où balha
pèr abis de ha youga Mouchicou.
Très talhucs de lard e cinq saucisses, hardit e lauyè chéns
nat dinè...
Detire qui lou tembourî abou hèyt brouni aquéth rebalays
embroutchat, adiu pauruquè d'adare e tesic de l'abiéne !
Lou Bascou que-s tire lou berrét qu'où yéte pèr terre e qu'anilhe lou maye arincina en puyan toustém la bouts :
Ya-ya-ya-ya-ya-ya-au-hi-hi-hi-hi-hi !
Arroun, coupât e dus... culhebéts e pinnéts a desglounti
lou taulat e la serimane dou cèu.
Sén Pierre labéts que-s nique a courre decap ta-d éth,
que-b ou gahe per debath de las eschères e que pe l'embie ta
dehore pèr las bies de las cèrques.
Qu'auréts hèyt bous auts, Gascous, Bigourdâs ou Biarnés?
L'aie penénte e lou cap cluc que-b seréts estuyats en û hourat de bouhou ?
Lou Bascou, éth, méy lauyè que la hoélhe esbalansade pèr
l'ayroulét printâ, que tira en-d daban la soue dansère. Sus
la punte que birouleyabe, la timplégue que plegabe, a hautou de la cinte que pinnetabe dab ûe beroye graci, ù
gaymantè, ûe hourtalésse qui nou créchen goayre en ù

�MOUCHICOU

87

medich brouth que sus la péne de la mountagne basquéte.
Quin lous trigabe lou curiousè a-d aquéths qui pubien lou
cèu, pourtedous de blanques aies, hountàs de luts e de
berou qui la haus ne pouyra yaméy dalha ! Toutes las frinèstes qu'en èren cougnides. E de miliars de bouts gauyouses que sourtiben aquéstes enguiches, tarribles coum lou
bramét dou rugle a force d'esta granes e pregounes : A tu,
a tu, Bascou, simple e coupât, traderi dera en aban dus,
coupât e simple, bira, tourna bira, sauta, bira encoère !...
E lou fiufiu de la flaûte e lou zoun zoun dou tembourî,
dab lous esglas de yoye, lous crits biahore-horce, lou hariharòu dous celestials, tout aquero que hesè û hestèy coum
ne s'en y abè 3'améy caneyat de taus au peys de las estéles.
Més ballèu la porte de l'houstau que s'ourbi e las sarrabanténes dous anyous, dous arcanyous e dous serafîs, en O
que s atustan ; arroun, coum halats pèr ûe bouherade de
houlie, la fé, se hiquan touts a dansa. Las loéngues sèrpagudes de pèr nouste que boulerén dise que Sén Pierre
medich qu'auré abut coum bères alures de ha-n autan.
Oh ! la beroye oelhade, la d'aquére houre qui, a pèrte de
bistes, e puyabe, deberabe, s'alisabe coum hèn las oundades
de la mâ blue, quoand las gaymantéye l'alét dou peys oun
s'ahoune estigglante e rouye l'arrode dou die !
Qu'en y abè enta-d esta embriagats e moumbirats.
E qu'en èren touts segureméns sounque YUchkalduna qui
n'abè pas yaméy pergut la termountane.
Au moumén qui la roundaleyade lou mia au pun qui calé,
que s'abacha ta gaha lou balans ; e arroun, atau lou sarri
cornequilhat e nèrbi d'acè, d'û sautperilhou qu'ana cade de
pès au ras de la porle. En û birat d'oélh que la clababe ; e,
lheban en l'ayre la clau gigante dab ù amac de trucs e de
patacs :
Qu'il n'y aura pas de ciel pour les Basques, nous le verrons
bien, oui !
Mouchicou que s'estanca séc.
Més de so qui ère pouderous ù soulét countre touts !

�88

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Toutû tan ahurbide qu'ère la soue care, tan batalhè que
semblabe lou sou bras que l'Apostou en pè e-s decha amoufli
lou cô : arrebouhièc ou nou, aquéth homi au Cèu que debè
ha haunou.
Pierre doun que hé û abansét.
— Orb la porte, Bascou : ta tu e ta-us de boste qu'y aura
d'are enla siètis de nautat au cèu.
E la porte que s'ourbi.
A l'entan, lou fiufìu de la flaûte que fiufluleya, la sounsayne dou tembouri que sounsayneya e de las toupies, de
las couquèles, de las litchèrres que s'escapan buherades de
bouniqueries.
Alajin, e-s pensa lou Bascou, Mouchicou e boune taule,
assiu ta you beroy case qu'en y a.
Que s'y esté.

�89

TRES NAUTATS EN AUSSAU

XXVIII

Très nautats en Aussau

Je me méfie d'une génération dont toute la
chasteté est remontée aux oreilles.
Armand

SILVESIRE.

lous payrans arrebiscoulaben, ne counecherén
I pas méy lous parsâs qui ous an bist nache.
Bertadère en tout loc, aquére bertat qu'éy
encoère yénse per Aussau. Ariban, la brouchague e la touye qu'abèn péne d'y bade ; pas ùe
moare, pas ùe lambrusque ; quauques herbadyes soulemén
pourci-pourla, coum ta prouba que la may de la terre n'en
ère pas encoère a las darrères. L'agle soulét, aquéth rèy
dous ayres, dab l'homi, aquéth rèy de la terre, qu'y abèn
bastit nids et houstaléts, més quoant riales, quoant espartits ! Aussau e la balée, la hàmi dab la sét, atau qu'anabe lou
dit de Toulouse dinquo Bourdèu.
A maugrat d'aquero, û praubét, d'aquéths qui de soulhét
en soulhét e s'en demanden, que gradilhabe las pênes û
matiâu de yulhét, cabiròu, a sole de pè, û barrot a la mâ,
la biasse flouche en bandoulière. Be déu esta nègre la hàmi
ta ha brabeya las arroques de la mountagne, au tenélh dou
sou, chens sabé encoère, se au cap de la trote y a û gnac de
mesture, û boussî de masquedure !
E

�90

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Que s'arroussegabe, lou malhurous, e la sudou capbath
la care qu'où caneyabe a pichorres.
Ballèu que-s tuma dab û homi e ûe hémne, marit e coundoum bahide, qui deberaben coussuts e arridéns enta la
plane.
— Ayats piéytat, brabe yén, e balhats ùe brigalhère a
l'ahamiat ! Més an lou téms d'audi, lous coéntats qui camînen dab lou plasé en trousse V
E lou praubét que tira en-d aban capbach e arrousséc. A
cade pèyre-hoéc qui trebuquabe dous sous pès en chiquéts
que dechabe ûe tralhade bermélhe.
Arribe û caperâ.
— La caritat pramou de Diu enta sauba la bite dou michè
qui tremoule de hàmi e delère de sét !
Lou caperâ piche-courdétes que passa lis. Toutû lous sous
pots pieytadous que brouniben coum bèth gourguèy de pregari.
Mieydie que sounabe a la campane dou capulét ; mieydie,
hore benedite ta-u bouyadou qui a despuch l'aubéte, coutrat
la terre, arradutlou sòu, hore de repaus ta-u manestrau, de
regaudissance ta la nore, de yoye e de plasé ta la familhote
qui hèn tringuereya las culhéres de metau sus las siétes flourades, a l'entour de la taule oun flambouréyen la garbure,
lous tros de pèrne e la mesture toste ; més hore hastiale ta-d
aquéth qui n'a pas abalat harîe, hore de langou, de misèri,
d'engoéche, hore de mour.
E l'arrayòu que hissabe, la balaguère, are-y 'n-quoant que
bouhabe gauherades de hoéc : enloc ûe plechade, enloc ûe
brouste dab oumprétes plâhaséntes.
Arroun abé espiat lou cèu, darrère aiTame d'ous qui n'an
pas a-d espéra l'ayude dous homis, lou praubét que hé
ouncoère dus ou très abanséts e que cadou dab û yemit,
darrère buhe dou crusòu qui s'estupe. Hurousemén ùe pastouréte en cèrques d'ùe anésque esbarride que passa. Au
houns dou peyròu qu'abè tout doy û argagn de mesture e
cinq ou chèys hourrups de bî. Que s'arrounsa dou cos

�TRES NAUTATS EN AUSSAU

91

qu'où suslheba lou cap e a-petit-fu qu'où hé chourra lou bî
entèr las déns claberades.
Miragle ! Lou cuyou yaméy ne-s boeytabe e lou praubét, a
drinous, qu'arrebiscoulabe ; las déns que s'ou descluchetaben, las perpéres qu'où silhaben : la soue care, la soue pélhe
que-s mudaben. Ballèu la pastoure que bedè de cap ensus û
homi dab toute la berou de la yoenésse. Qu'où tenou l'argagn. Detire qui l'abou hiquat debath lou cachau, la mesture
que s'alounqua, que s'apregounti e l'ahamiat que s'en manduqua arregoulère. A l'entertan lous sous penalhs que-s hesèn
de séde e d'aur ; lous sous oélhs estigglans, coum lou sourélh
que lugarneyaben ; a l'entour dou sou tès dibinau que lusibe
de mile hoécs ûe couroune d'estéles : qu'ère lou Christ.
La soue bouts labéts que-s hé audi aymadoure coum lous
ayrouléts de la primabère qui houléyen au mièy dous berdurès enflayrats.
— Lous hurous de la bite, l'homi de pregari que soun
passats e lous lous côs que-s soun estats eschucs, las loues
mâs barrades. Tu qu'ès biengude, hilhe de la caritat,
praube, esperrecade coum las pastoures d'aquéstes parsâs e
que m'as saubat. Pramou de tu, la mountagne e la balée
que seran benedites. Pèr assiu n'y a que glas e to l'hibèr ;
héns la cabane que clacoutéye lou pastou ; pèr la bise la néu
e la gresilhe, las oulhes au cledat que s'entéquen ; lou tarrible rét qu'acasse lous auyamis, que brulle lous herbadyes,
que torre la lèyt e la mesture ; la hémne qu'en pèr l'arris e
l'aymadou l'amou. Dab lou larè cautét, lou bounhur que
prabera a la cabane.
Purmère nautat, que-t hèy presén dou hoéc.
— E se ra'ou pèrdi, Segnou,
Ta-u trouba que herèy you ?
— Deban tu que camineras,
Oun béyes hum, aquiu qu'où trouberas.

— Atau coum l'hibèr qu'éy mauhasén l'estiu. Sourélh de
France e bén d'Espagne, coumpay e coumpagnou maie-

�92

LOU PROUSEY D'U BIARNES

carous, que hèn d'aquéstes pênes û mayne de l'ihèr.
Sigounde nautat, que-t hèy presén de l'aygue.
— E se me la pèrdi, Segnou,
Ta trouba-lé que herèy you?
— Deban tu que camineras,
Oun béyes yunc, aquiu que la trouberas.

Aygue e hoéc, bite coumplide de la mountagne, lous
thesaurs dou cèu qu'empregneran Aussau,
— E tout aquero, Segnou,
Que sera pramou de you ?

— Ayes gay, pastouréte, hilhe de la caritat. Enta tu
souléte qu'èy ûe tèrse nautat qui hera de tu la lole de la
mountagne. Coum la briuléte aulourénte, coum l'arrose
bermélhe, pertout oun passis que decheras lou perhum de
la biryinitat. Més abise-t-y : lou malin que soûle de couchcoucheya a l'aurélhe de l'inouciénte yaubèle debis bouladyes,
debis de houlie e de plasé. Malaye se tan-se-pu l'audéches,
malaye se t'en encréts : û pic de loéngue, û faus-incas, û
pas esquèr que poden per yaméy entequa la toue blancou.
— Qu'éy doun aquero, Segnou,
Qu'auqu'arré de hère bèth, de hère bou?

— May de Diu, lous ségns dou paradis que s'en herén
boulurs !
— Hèts lèu, lèu, Segnou...
— Darrère e merbelhouse nautat, que-t hèy presén de
l'haunou. Estuyade au houns de la tutère escure, embrouquichade, pèr fis e tarritans qui sien, arrés, que tu n'at
boulhis, ne la pouderan yaméy arrapa.
— Més se me la pèrdi, Segnou,
Ta trouba-lé que herèy you ?
— Quoand mile ans e courrerés
Se la perdès, yaméy nou la trouberés.

Toute empensade, la pastoure que bira lous oélhs. Quin
cambiamén ! Dou soumeriquét de la mountagne dinquòu

�TRES NAUTATS EN AUSSAU

93

bèth houns de la balée, Aussau qu'ère semiat d'houstaléts
plaséns. De cade larè, la humerade que s'espartibe lauyère
pèr lous ayres. Las pênes que s'èren floucades d'arbous e
l'arribère de tout so qui pot plase a l'homi, fourrastas
aboundous, milhoucas, roumenterîs, hautis daurats. U gabe
gayhasén, en cabirouleyan, que briuleyabe las laudous dou
boun Diu. S'ou bor de l'ayguéte amistouse ; la pè-descausse,
dab lou sou cousî lou lapî, que hesèn mile arricouquéts ;
lou sarri aurèste que garimbeyade ; lous auserous que
piulaben ; l'ayre qu'ère dous, lou cèu blu ; lou cô de la
pastoure a grans pous que tictaqueyabe. Atau que debè esta,
a l'aubéte dous téms, la may de la terre quoand sourti de las
mâs dou Criatou.
Ballèu û bouhét de beufumét qu'entèrmaliga lou Saubadou
e a plaserines qu'où hala ta las hautous dou cèu.
La pastoure, las mâs yuntes que prega :
— Ue darrère mustre, Segnou
Enta-m goarda l'haunou !

Jésus arridén que la respounou :
— Plasé d'amou,
Fenéch en piou !

�94

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XXIX

Tau l Obrc, tau l'Cubrè

qui sab e qui pot, qui a toustém biscut e
qui yaméy ne s'acabera, oélh empregnedé de
bite e de hourtalésse, Diu en û mout, ta-d
apera-u coum assiu ou mentaben, ù die que
s'arrebera de s'esta.
N'abou pas sounque a boulé enta ha obre mayoure.
A la soue coumande, lou sourélh e la lûe, lou lugâ e las
estéles que lusin au mièy de l'escurade. E de la soue mâ
puchante, coum lou lauradou qui lanse lou grâ a pugnades,
que semia per mialès, héns lou boèyt chéns payère, eschamis de moundes qui desempuch e liren, cadû pèr la soue
bie chéns yaméy esbarri-s, chéns se yaméy tuma-s.
Au mièy d'aquéres merbèlhes, que basti lou Paradis, larè
de luts e de calou : nade loéngue n'a yaméy poudut bertaderemén disé-n la grandou.
Lous pays biarnés toutû qui de segu e debèn abé la biste
méy raflnade que la yén de hoèy que l'abèn bis de terre
îhore e qu'an dechat dit aus arrehilhs de nouste quauqu'arré
d'aquéth loc, en pa douquoau lou sourélh ne sémble goayre
qu'û bèrmi de luts.
Las muralhes qu'en èren de cristau, lou taulat d'aryén
e lou soulè d'aur. U printéms toustém flourit, toustém tabéy,
qu'y empleâbe l'ayre d'aulouréntes sentous.
QUÉTH

�TAU L'OBRE, TAU L'OUBRE

95

Lou plasé, lou bounhur e l'amou que poussaben a-d
aquéth parsâ coum hèn la flou au berdurè, lou cabélh aus
cams, l'hèrbe prouse capbath lous hiâs.
U sièti lusén de milious d'arrays que parechè dessus
par û tue de diamans e lou Puchan qu'y ère sedut
dab toute la soue glori. E lous ahoalhs dous anyous, dous
arcanyous e dous serafîs atustats a l'entour qu'où regaudiben de las loues cantes amistouses.
Goardiâ de la halhère qui debè arde au ras dou sièti de
glori, chéns yaméy estupa-s, û anyou, la noèyt tau coum lou
die, qu'y brullabe l'encéns, e aquéth aucup de nautat qu'où
balhabe û poudé, û renoum qui ou hesèn lou purmè dous
criats dou cèu.
Lucifèr, qu'ère lou sou noum.
La soue bouts, tout cop qui lou téms e s'en halabe l'hore
sus las soues aies hoèj'tibes que-s hesè audi coum ù clarou
d'aryén :
A cade truc de la campane,
Dou nouste amou l'eslame,
Au Diu dou cèu que hè haunou.
Benedit lou noum dou Segnou !

Lucifèr soulét que poudè abesiâ lou Rèy dous rèys,
debisa-u care a care, coélhe lou purmè, coum û arrous
aulourén, lou thesaur de las soues nautats. Quoand s'ou cluchaben las perpéres, lou sou cap s'ous youlhs de Diu que
hesè la pausade ; e labéts qu'aleteyaben a l'entour d'éth û
ahoalh de beroys saunèys. Quoant de grandou, quoant de
glori, quin plâ-esta ! E poudè habé-y place enta poudeméns
de cap, enta maies hores au mièy d'aquéth bounhur !
Ah ! pallam-né dus moûts dou bounhur.
En despièyt de so qui s'an amuchat, au cèu coum sus la
terre, que so qui éy éth?
U beroy die qui s'acabe en prigglade ?
L'escourre qui briuléye ?
Lou bén qui boule ?

�96

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Nou, ménch encoère, n'éy pas sounque û bouhét.
Coum û bouhét tabé que s'esbarri la gauyou de l'anyou
dou hoéc e de la luts.
Lou sou cò, tegnè coum la purmère arrague qui madure a
l'arraguè, que s'ère amistousat de la beroye Roussane, deya
grane entèr las mayes, més toustém ahamiade de grandou,
toustém boulerouse de gradilha haut, haut, toustém a la
capsus. Chéns paus ne cèsse que gourgueyabe gourguèys
d'ourgulh a l'aurélhe de l'aymadou.
— Oh ! b'ès tu beroy e b'ès tu gran, ou disè ère. Bé soun
dous lous arrays qui arrayen lous tous oélhs ; b'éy embriagan l'arrisoulét dous tous poutins ; b'éy tarrible la hourtalésse dou tou bras e yenerous l'arsèc qui pernebat au tou cô !
Dab la couroune qui lugarnéye s'ou tès dou Méste, que serés
encoère maye que Diu. Tu rèy e you rèyne, l'amou e la
beutat, la yoenésse e la frescou de l'arrose, que herém
amasses causes merbelhouses e lou tou noum, Lucifèr, que
seré adourat dinquo la fî dous sègles. A nous quoand tu at
boulhis, l'adare e l'abiéne, la glori chéns parie, l'amou chéns
coumparè ; a nous lou cèu e lous moundes, estéles, lugâs e
sourélhs ; a nous lou sièti de hoéc, a nous tout !
Més estabanit de tan de froun, l'anyou de luts que birabe
lous oélhs e a-d aquére tenterique ne bouhabe buhe.
La bouts de l'aymadoure labéts que badè arrauyouse.
— Que trémbles, qu'as pòu ! Baylét, atise doun lou hoéc ;
questau, escarbute la brase ; coucar, estuyé-t e bâche l'aie !
Lous mèys poutous, las mies estrétes enta-d aquéth qui
aura au cô ûe goûte de sang, û lambruscat de couradye.
Arroun, cambian de souneréte, qu'en balhabe ûe taranlade de saumucs e de larmes :
— Praubîne de you, be seri you hurouse de nou pas abé-t
yaméy counechut... La mîe care qu'abè la blancou dou liri ;
lou mèy cos lou bermelhou de l'arrose ; lous mèys oélhs
qu'èren ûe houn de tendrésse e d'amou ; las mîes alétes
lauyères que hesèn affroun a l'auserou qui passe coum lou
bén en cantan rebalays gauyous. Touts que-m espiaben e

�TAU L'OBRE,

TAU L'OUBRE

97

que sentibi la yelou punteya a trubès de las laudous. Diu
éth medich que prenè plasé a-m béde.
Ah ! se s'y benè s'abi-sabuts ! Malaye d'abé-t yaméy aymat !
Immourtalitat de deshur! Ne poudoussi you hené-m lou
cap countre ûe arroque ou feni au mièy dou hoéc coum lou
busquét qui n'a méy ni hoélhe ni sape !
Aquéth paraulis, mile cops arredit, de mile fayssous atourmerat, qu'enpousoera lou cô de l'anyou e qu'y semia, e qu'y
hé yermia e qu'y hé poussa a sauts, l'hèrbe mauhasénte
qui-s mentau Tembéye.
Enloubatat a la fi, a pous de malicis, de plous ou de
gaymanteries, Lucifèr qu'arrounsa û cop de pè au hoéc de
bite e que gausa espia, dinquòu houns de la nine, l'oélh dou
Pouderous.
Més au moumén qui de la soue mâ abanhèyte, anabe
arrapa la couroune delerade, lous eslambrécs qu'eschiquetan
lous ayres e lou rugle que hé brouni lous sous ulléts de
herésse ; dab la bentanie, las mile bouts de la prigglade que
hén trembla toute la bastici dou cèu.E l'escurade nègre que
dauneya au loc de la clarou lugarneyante. En û clignét,
l'armade dous celestials qu'estou de pès ; e d'ù soûle bouts,
arroun lou crit biahore de pics et de patacs que clama lou
bersét d'amou :
Hosanna ta-d aquéth qui manéye lou mounde,
Qui a criât lou sourélh, lou cèu, la terre e l'ounde !

Ballèu û pét de rugle que manda lou choalines ; e, a la
lugou de l'eslambréc, que bin lou Gran s'ou sièti de hoéc, la
care arridénte. N'abè pas mautat. Que semblable espéra e
dise :
Diu ne pague pas tout sé,
Més que pague au sou lasé.

Mayemén esberit, Sén Miquèu que hé labéts û abansét e
la soue espade que trebuqua l'espade de l'arregagnat.
E lous bius labéts que bin lou purmè patac batalhè, û
patac de gigans.

�98

LOU PROUSEY D'u BIARNES

L'acè, tan qu'èren grans lou courau e la balentie dous dus
anyous, que boula en piealhs. Arroun, bire-debath, biredessus, estrégntes, pandach e crits arrauquilhous !
Lèu, bensedou pèr lou drét e la yustici, Sén Miquèu que pausa loupè s'ou cap de Lucifèr e dab û tihourcquel'ahourqua.
Pèr fis lou Gran que-s lheba :
— Anyou dou hoéc, causit au mièy d'ûe nublade qui balèn
autan coum tu, pèr la mie boéntat qu'abi partit dab tu la
beutat, lou courau e la puchance. Méy ras qu'arrés, que
regabes lou sièti e la mie graci qu'abè hèyt de tu û criât de
choès. Malin, qui as hèyt palhè dous mèys plâ-hèyts ; sacrilèdye, qui as gausat oelha la couroune de luts, que-t coundamni a bibe. Lou hoéc que s'atourmeliguera a tu e que-t
brullera toustém chéns yaméy poudé-t crusumi. Aquére
guirouflèye qui as adaymat que-t seguira pertout ta desrounta-t, ta-d arrougagna-t dab lou soubiéne dou bounhur
pergut. D'are enla, que-t mentauras Satan, so qui bòu dise
l'anyou de l'escurade, l'anyou dou mau. Bèn e hoèy maledit !
E la musique dou Cèu que canta :
Glori e bittori a tu, Segnou,
A tu tabé lou nouste co, lou nouste amou !

A l'entan, lou Cèu que s'esparti debath lous pès dous
maledits ; e, en despièyt de las loues aies, que coumença
enta-d éths lou purmè turmén, lou turmén de la cadude.
Que lou hat malecarous e-s goardi d'ûe tau benalèye !
Lou sang que puye ta-u cô e dou cô enta-u cerbèth ; lous
nèrbis que s'alouquen, que s'arrounsilhen, que s'abraquen ;
la bouque que s'orb e que-s barre chéns poudé hallapa ûe
boucade d'èr enta-us palmous qui bramen afangale ; l'oélh
que passe pèr toutes las coulous dou cérc ; lous péus que
s'arissen ; la pensade que s'engoéche ; û malandrè qui n'a
pas noum que pegnique a toutes las brinches coum ûe bèsti
hastiale qui hisseré de mile hissous, qui grapigneré de mile
yarpes agudes ; e arroun la pou, la pou nègre, la pòu heroudye
de la tumade, de l'insabut.

�TAU L'OBRE, TAU L'OUBRE

99

Sèt ans e sèt dies que dura aquére cadude.
Aus riales mouméns qui la pensade punteyabe en despièyt
de tout, lous malhurous qu'aperaben la mour. So qui bòu
dise la fî dou mau, lou desbroumbe, lou repaus arroun la
péne. Més la mour arrebouhièque que hoeyè ta nou pas ha
afroun a-u qui abè dit : Que-t coundamni a bibe.
Per fis, tan qu'ère grane l'abourride, que s'anan ahouna
dinquôu bèth houns de la mâ pregoune.
Tout û puble d'auyamis que hén tuste a l'entour d'éths.
Qu'en y abè de grans e de thicoys, de miancès, de loungs,
de redouns, de plats, de patachuts, de blancs, de rouys, de
nègres, de pigalhats ; de paurucs, d'esberits, de coucars, e
de baléns ; de malins, d'afangalats qui dous dus desgansoulats n'aurén hèyt qu'û boussî. Més lou hoéc d'ihèr
qu'ardè en éths. A cén pas, l'aygue que-s bouta a-d arride,
arroun a pallaca ; e labéts lous péchs a hoéye en coudel'y-sègue. U double briu que s'en carrussa lous maledits, l'û
ta dréte, Faute ta senèstre. Satan qu'atermia sus ûe arroque
puntagude e Roussane que-s pergou capbath ou capsus p'ou
mièy de quauque bourroulh gran coum û mounde, e toutù
petit coum ùe cabole d'esplingue au pâ de la mâ chéns
tèrmi ou chéns fî.
Hurouse benalèye ta-u cô dou Malin : en despièyt de
l'escousou qui ou brullabe d'abourride ; de las esperissades,
de las gnosques qui l'abèn deschiquetat, qu'où sembla labéts
que la bite encoère n'ère pas trop nère.
Quoand Satan abou drin bouhat, qu'espia la mâ e
qu'escouta las soues bouts mysteriouses. Aquére estenude
qui l'oélh ne pot abrassa ; las cantétes qui cante lègremén
quoand éy de gave humou, pourtades sus las aies dous
ayrouléts sabouréns ; la malici qui la segoutéch a cops
quoand las oundes e hèn sauts-perilhous en tuman las
arroques dab ûe brousside qui hè tremoula la terre e plagne
lous ayres ; lous moundes qui alole héns las soues coébes
pregounes, qui neuréch dous sous berdurès, tout aquero que
l'esmabou e que ploura.

�100

LOU PROUSEY O'U BIARNES

Quauqu'arré de bou que bouribe encore au houns dou sou
cô ; e, a maugrat qui nou boulousse, que-s decha escapa
aquéstes paraules :
— Oh ! lou qui a hèyt aquére merbèlhe qu'éy de segu lou
maye de so qui biu.
Diu, oubrè escriquat, arrés ne pot payera lou sou poudé
dab lou tou poudé ; lou méy gran, au ras de tu n'éy pas tan
soulemén û grâ de proube !
Més ballèu l'ourgulh qui l'abè desapitat de la purmère
place qu'arrebira las bounes pensades e labéts que hé peta
doudze bros d'escarnis e d'arneguéts.
— E you tabé, e dichou éth, que souy beroy oubrè. E
you tabé qu'èy sabé e sabé-ha. Diu hastiau, esgarrinchat,
coum tu que herèy ûe mâ publade e debisante qui cantera
la mîe glori.
Que-s hiqua detire en cèrques d'û loc coumode. Arroun
que truqua très cops lou sòu dou sou tihourc. A la purmère
begade, qu'en hé sourti l'aygue qui apriga la terre loégn,
loégn a bistes pergudes. A la sigounte, que l'empregna de
bestiotes de tout escantilh. A la tersau, qu'y hé crèche a
brassats herbadyes e arbouléts.
Lou cô de Satan labéts qu'enla de plasé.
Més a l'entan que-s hé audi darrè éth û arris qui ou dé la
trembléte de l'arredits dou péu a la sole dou pè, arris trufandè e maliboulén, so qui pèr nouste apèren û arride de câ
e ûe bouts hastiale que debisa :
— Ah ! que la credès ahounade pèr toustém héns l'armoulh
de la mâ pregoune, l'anyouléte de l'amou ! Praube pèc,
coum si maie hèrbe e poudè yaméy péri ! Satan, anyou de
l'ihèr, Roussane de l'aygue escapade, que-t hè serbénte.
Qu'at bèy, que l'as troubade beroye aquére mâ de Diu e
qu'as boulut encoère payera-t dab lou qui éy chéns payère.
Bère pèrque, hôu, ne-t talhuques pas lou pâ a la liure. La
toue merbèlhe de segu qu'éy lounque e larye, e ta-u qui n'a
pas hourrupat au gran couch, bebut a la pregoune salère,
cabirouleyat au balans de l'ounde esmaliciade, o ! que pot

�TAU L'OBRE, TAU L'OUBRE

101

sembla-s enta la mâ bertadère. Més espie plâ, n'y as pas
hiquat aygue quôu cabilha. En baganaut qu'as abourrit la
hourque, lou houns que s'estera hangut e qu'en sourtira ûe
pudentisse, semialhère de mourtalhe. Lous auyamis qui
heran pèr aquiu ou nits ou yats, que seran ou lès [ou mauhaséns : graoulhes e carpauts, escrèpis, quiraules e bipères.
En baganaut tabé qu'as hèyt enla las machères e bouhat
d'abourride, n'as pas tan soulemén poudut ha arride la téle
de l'aygue. Chéns endoum ni bentanîe so qui as hèyt n'éy
pas qu'û escarni de mâ, que l'apereran grabè. Coum de
resou, oère,
Lous câs hèn câs
Lous gats hèn gats.

Satan n'en poudou audi méy. D'û cop d'espade qu'empouncha Roussane a la came d'û cassou, toutû coum hè au
limac babirous la paysâne balénte.
E que hoeyou loégn, hère loégn de la maledite.
Au cap de très dies e très noèyts, que pausa lou pè s'ou
capulét d'ûe mountagne. Qu'ère pèr la primabère bahide.
Las pênes que berdeyàben, l'arram que s'apelhàbe de flous,
las escourres que hesèn coumays pèr debath las oumprétes ;
lous agnerous, en belan, que pinnetaben a truque-talou de
las aoulhes. Tout aquero qu'ère beroy, més d'ûe berou
pasible qui ne-s semblabe brigue ta la beutat de la mâ. En
passan pèr las hautous de l'ayre, û ausèth qu'oumpreya
Satan e bèth tros de terre alentour d'éth Apuntat decap ta-u
cèu, lous sous oélhs, chéns perpereya, qu'espiaben lou sourélh. Tan haut que puya que de la terre ne semblable pas
maye qu'û golis. Arroun que houni coum l'eslambréc sus
l'ahoalh dous agneréts e qu'en ayarpa û dab las soues urpes
acerades. Coum qui-s debertéch que s'en lou hala ta-u sou
estuyô e qu'où parti dab louperuc entèr la coade ahamiade.
La balentie, lou courau, l'anâ d'aquére bèsti qui-s mabè en
aquéth paradis de la terre coum lou Méste dous anyous héns
lou sou cèu qu'abè quauqu'arré de reyau oun s'endebinabe
encoère lou dit dou Puchan.

�102

LOU PROUSEY D U BIARNES

— E you tabé qu'en herèy autan e dichou Satan.
Detire que s'arcussa lous bras ; héns ùe mèyt de pèyre,
amasses que presti la car e lou sang, arroun que talhuqua
lous os ; en û biroulét que hé la bastissi, lou courpiou e las
costes, lou cap e las pâtes ; dab las estalhans que fignoula la
plume, e apuch, coum abè bis oubra au Gran, sus l'obre soue
que bouha û bouhét de bite.
Countén dou hèyt, que dé quoate pas a-d arrecules.
— Aquéste cop qu'èy bensut, Diu dou Cèu, se dichou en
lheban lou cap.
Ha, ha, ha, ha, ha!
E lous reclams de la mountagne
qu'arredisoun l'arris trufandè de la Roussane qui hesè tatès
de loégn enla entèr dues arroques.
Ah ! lou beroy auyami ! Quin éy doumadye que cluqui las
perpéres a la lugou dou die! Lou tou ausèth, Satan, ne
pouyra boula qu'a l'escurade. Coum lou câ escusèc, ne
sourtira pas sounque la noèyt enta pataqueya las bestiotes
dou boun Diu. Que l'audiran pertout oun lou malhur e
poussi, pertout oun s'y barréyi larmes. Michè, au loc de
l'agle, qu'as hèyt la cayèque. Tabé que sera toustém bertat
de dise :
Lous cas hèn câs,
Lous gats hèn gats.

D'û reboum de gigan, Satan que boulou sauta sus la
Roussane. Més ne s'y gahe pas dues lèbes au médich las.
L'anyouléte maucutouse que s'ahouna ta-u houns d'ûe
galihorce qui l'oélh dou mountagnè n'a yaméy poudut payera
chéns arissou. Drin tar, Satan que-s broumba qu'ère dab
méu qui-s embésquen las mousques e que-s hiqua a-d
apera-lé d'ûe bouts amourouse en proumetén-lé amistat e
perdou. Més lou reclam escarnious de la mountagne qu'où
respounou : Oéus e poumes ! Oéus e poumes !
En aquéth moumén, l'anyou dou raau que counechou la
pòu. Dinquo labéts ne s'en ère pas dat dous escarnis, ni de
las guilhésques. Més desempuch qui Tabou manquade, que

�TAU L'OBRE, TAU L'OUBRE

103

senti que n'ère pas lou méy goalhar. Lou hourat aurèste oun
se troubabe, la henèrcle escure, esbariadibe qui boumibe
gnargues, la miasse qui sentibe a l'entour d'éth chéns poudé
sabé a quine hore ni de quin hourat e sourtirén lou truc e
lou pic, tout aquero amasses qu'acaban lou sou restot de
balentie. Lou cô que s'ou hiqua a pernebate la barloque, las
soues aurélhes qu'entenoun coum l'arroèyt de mile troumpétes e lous 'oélhs qu'où hén candèles. Chéns sabé perqué,
que-s bouta a bate l'aie e que tira en-d aban, chéns espia
t'oun dabe, chéns pensade, chéns nat tesic sounque lou de
hoéye. Que demoura en l'èr tan qui abou bouhét. A la fî,
que-s decha cade au mièy d'û bosc oun ne s'ère yaméy hèyt
brouni lou pic de la destrau. Nas a nas que-s tuma dab ù
criât a la care blanque, au tes larye, a l'oélh pregoun e hissan qui caminabe de cap-ensus. De la soue bouque que sourtibe la paraule, aquére nautat qui ou broumbabe las yoyes
dou cèu. Aquiu méy qu'enloc que recounechè l'obre de Diu.
Oh ! ha éth tabé, criatures parières, poubla-n ù parsâ insabut, ha-s ayma, adoura a l'escounut de laRoussane, e arroun
esta hurous... Lou beroy saunèy : Tout aquero, éth qu'at
hera. Lou Gran, en desapitan-lou de la grandou, ne l'abè
pas trèyt nat dous poudés qui l'abè ariban balhats.
Detire que-s amaneya dab soégn, dab atenciou, dab arsèc
e bellèu qu'abou criât û homi. O, û homi tout natre e tout
qu'y ère trounc e brouncs, lou cap e las narits, la bouque^
lous oélhs e las perpéres. En dehén que s'audibe tictaqueya
lou cô, briuleya lou sang. Dab lou bouhét la paraule que
sourti de la soue bouque.
— Tu, s'ou dichou Satan, que-t mentabi l'homi bousquè ;
lhebé-t e camine !
Autalèu l'homi bousquè qu'estou de pès e dab ù beroy
arrisoulét que debisa :
— Pay de la terre, que-t hèy haunou !
Lou bounhur de Satan qu'estou tan gran que pèr u moumentot ne pensa pas méy a la benalèye qui l'abè hèyt cabiroule}ra dou cèu. Bounhur encoère méy brac que gran.

�104

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Escoupemén, que sourti dou houns de la terre l'arride cagnè
de la fumèle maledite ; més tan agut e tan heroudye ! Lou
diable qu'en abou lou berdigo e l'homi frésc badut qu'en hé
û tan gran saut que la ganurre que s'ou desaumenga. Desempuch ne poudou pas méy aparelha dus moûts. Quoand boulou debisa ne sabou ha audi sounque crits qui esquissaben
las aurélhes a l'entan qui la bouque ou badè grimassouse.
L'homi bousquè n'ère pas méy qu'ù mounar.
— Espie e hè coumparè se gauses, Satan, e dichou
l'anyouléte :
Obre de Diu, obre de masclc,
Obre de Malin, obre de coarrou.

Atau qu'en sera tan qui lou téms e duri. Yaméy enta-u
bèy ne seras pouderous. Sèc doun la soûle bie qui la malici
dou Puchan e t'a dechade liante. Semie lou mau pèr planes
e pèr mouns. A pichorres hè barreya larmes e plous.
Desrounte lous bous enta ha-us malins. Cascantéye so de
beroy e hè-c badé heroudye. Apedagne de bèths engoalhs
s'ou pourtalè de l'ihèr. Arnégue Diu e las causes séntes,
toutû en tout loc e en tout téms,
Lous cas hèn cas
Lou gats hèn gats.

Bensut pèr la tresau passade, lou cap cluc e l'aie bâche,
Satan n'espraba pas méy de hoéye lou sou hat.
Sus la terre qui a empousoat de la soue halét pudénte,
las soues obres pertout que-s boulerén apita-s, arrebendi-s a
countre de las obres de Diu. Més ne soun pas sounque û
escarni de la berou. E quand l'array de l'oélh e-s pause sus
ères, que las gahe la trembléte, que capbachen pèr l'oumpre
e que s'esbassiben ta héns l'escurade dab lous ausèths
noèytius.
Las obres dou Puchan au countrari que s'esparpalhen
a l'array dou sourélh, que soungranes, plâhaséntes e beroyes
e que disen en û debis de glori lou poudé empregnadé dou
Criatou.

�TAU L'OBRE, TAU L'OUBRE

105

Yaméy lous bius ne s'y soun pas troumpats. E quoand lous
pays biarnés e debisaben de l'obre de bite e de l'obre de
mour, qu'abèn coustume de dise, e quoant abèn resou,
Tau l'obre,
Tau l'oubrè !

�106

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XXX

Hade Biarnése
daune de qualitat que s'ère abeudide quoand
binteyabe encoère. Sus la hosse dou nouble
mour, qu'abè yurat de nou pas yaméy espia
tan soulemén l'oumpre d'ugn-aute homi e de
bibe souléte entèr lou soubiéne e la soue hilhote
pourtroèt de l'aymadou qui habè hoeyut la terre.
Hoéc de brouste ! Aban lou cap d'an, la béude que s'ère
arrealougade. Qu'abouùe sigounde maynàde autan heroudye
coum la purmère ère brabe e berouyine.
Lou perqué, qu'où disi qui pousqui ! Més la may qu'espudi aquére e qu'adoura aquéste. Ta l'ùe n'y abè pas arrèy
de prou bèth ne de trop ca. L'aute, de tros e de tréncs
bestide, que hesè lous tribalhs rountès e ne frayrabe pas
que dab la yén d'arrèy, dab so qui lous qui s'en créden e
mentaben la coucardalhe.
Au mièy de l'hibèr, quoand las tempoures de Nadau
aboun semiat la yelade p'ous cams e lou tô pèr las arrius,
a case que l'embian ta-d ana laba û bénte. Lou briu que
s'en la pourta û budèth ; se s'en tournabe chéns enta case,
quine batanâde e s'en coelheré !
Hurousemén lou boun Diu que balhe soubén ayude a so
de sou. Ue hade que passabe a-d aquéth moumén sus la
cantère de l'arriu. Lous oélhs engourgoustits e la bouts
estranglade de saumucs que la hé aquéste pregari :
E

— Hade, haderou,
Se-m auréts bis lou buderou.

�HADE BIARNESE

107

— A cén pas d'assiu, berouyéte, grispat a ûe branque de
yansemî qu'où trouberas. Bèn-né counténte :
E quand hasi piu piu lou rouchinou,
Decap ta-u cèu lhèbe lou cabourrou.

Detire qui abou hiquat la mâ s'ou buderou, aban d'abé
poudut dise gran mercés, que-s hé audi en ù brouth tout
pingourlat de flourétes lou rebalays gauyous dou printâ
cantedou. La yaubèle que lheba lous oélhs enta-d espia
l'ausèth au peruc encantat. Autalèu, dou cèu enla, que
debera lugarneyante, en despièyt dous arrays dou sourélh,
ûe estéle d'aur qui s'ana pausa sus lou sou tès biryinau.
Desempuch labéts la soue care que clareya e pèr las noèyts
las méy escures, toutù coum claréye lou bèrmi de luts en
han lou sou passèy sus lou bor de la plechade aulourénte.
La sô qu'en pensa creba de yelou. Ere tabé que boulou
ana laba ù bénte e quoand lou briu de l'aygue e s'en abou
pourtat û budèth, qu'apera la hade au plèy dou cap :
— Hade, haderou,
Se m'auréts bis lou buderou ?

— Sèc l'escourre briulénte, e respounou ûe bouts arrauquilhouse qui semblabe sourti de, quauque crampe estuyade
debath l'aygue. Entermaligat autour d'û pè de cardou qu'où
trouberas :
E quoand l'asou brounéchi bèths hîhâs,
Lhèbe lou cap e freté-t lou nâs.

Chéns pensa a dise serbénte, la yaubèle que courrou. Lèu
lou saumét qu'abourri la soue cante e la gouyate, fréte-l'yfréte lou nàs. Labéts au cap de la soue cheminèye heroudye
que l'y poussa la yénse aurélhe de bourrou qui-s sie yaméy
passeyade p'ous sendès d'Aysus.
Endebinats, se poudéts, la hounte de la hilhe e l'arrauye
de la may.
Qui-n paga las foulanyères '? La hilhe beroye ! Qu'estou
barrade a la hournère, a l'entan qui l'aute e-s yanglabe sus
ûe carièyre de séde a la crampe d'haunou.
Més desempuch labéts la cagnote que s'ana sède tout die

�108

LOU PROUSEY D'U BIARNES

au soulhét de la porte e a touts lous qui passaben que
hablade :
— Hiu, hau, hère !
Aurélhe d'asou en la cadière,
Estéle d'aur en la hournère !

Pèr ù bèth die lou hilh dou rèy que biencou a passa e
qu'estou curious de sabé so qui aquére cante boulé dise.
Quoand abou bis la gouyate qui pourtabe entèr lous oélhs
l'array benedit dou Cèu, esmiragglat de la soue yoenésse e
de la soue beutat, que la boulou ta hémne e que-s niarida
dab ère.
Lous gentius dou peys e dous peys besîs qu'estoun embitats a la nouce. Ne s'y bedè aquiu que princes, ducs, countes,
biscountes, yaubèles e daunes de noublésse afèytades de la
méy béroye pélhe qui-s sie yaméy techude au peys de
Nabarre e de France.
Ne s'audiben en lou palays que lou reboum de cén musiques. Lou sô, las muralhes e la taule qu'èren empouyournits
de garbétes de flous sabouréntes. E toutû, au mièy de causes
tan bères, quauqu'arré que hesè oumpre. Segude a la
purmère place, entèr lou nobi et la nobi, û tros de paysâne
dab lou coutilhou de beuséte, ù mouchoèr dou coth croutsat
pèr daban e ligat darrè l'esquîe ; s'ou cap û madras en
coude, que semblabe escarni ta la haute yén qui hesèn
seguissi au prince.
Arrés toutû ne bouhabe téque, pramou qu'abèn endebinat qu'ère aquére la hade tarrible ou aymadoure suban
l'escadénce, la hade d'estéle d'aur ou d'aurélhe d'asou ; la
hade biarnése.
A la fî de la nouce n'abè pas encoère moutat. Que la bin
labéts passeya lous oélhs sus lous embitats, lheba-s a malayse
coum lou praubét qui ne pot ha cames e que l'entenoun
entèr léns :
Béude qui de gnaut marit e taste,
Malaye, se de may e bat raayraste !

E s'ou moumén, que disparechou. Arrés n'a sabut yaméy
dise ni quin ni per oun.

�LOUS REBENANS

109

XXXI

Lous Rebenans
m

dus homis qui-s peléyen a-de-bounes.
Que-s disen de tout. Que hèn lou terre-trémble.
Arrèy, se sémble, n'ous pot ha cula : ni las
miasses, ni lous amacs, ni trucs, ni pics, ni
patacs ; ni lou dit dou mounde, ni lou Diu dou
Cèu, ni aquéth moussu qui ne hè pas gay a-d arrés e qui
pèr nouste e s'apère : lou dous courdous.
Que soun soubén de brabes homis qui l'arrauye a moumbirats ; e que seré méy pèc qu'éths lou qui crèyré la dètsau
partide de so qui ous bouméch la bouque.
Que s'at an abut sus û clapit de hémne, ou sus û hourat
qui lou gouyatot a trauquat au plèch, ou sus quauques
lampades qui-n a balhat a panât lou boéu esbarrit sus la
cantère besîe.
Doumâ n'y penseran pas méy. Passais doun chéns
escouta, chéns enguicha ou chéns trembla.
A cops toutû, en lou desbor esmaliciat, que-s dèchen
escapa quauque bertat d'aquéste escantilh : « Que t'auri méy
de pòu mour que biu » !
0 ! l'homi de la terre, mourdén enta-d éth coum enta-us
auts, qu'éy balén deban touts lous miscats. Que l'arribin
a-d éth ou au mayram, a la récolte ou au canalhè, lou sou
cô ne pernebat pas méy a-d arroun, lous sous oélhs que
s'estan eschucs : e, coum de coustume, que-s lhèbe aban
l'aubéte, que repèche très cops pèr die, que da tour au
siSi.

SCOUTATS

�110

LOU PROUSEY D'U BIARNES

bestia, que coutre, que bouye, qu'arrascle, que debise a
Yoan ou au Martî e que dèche lou sourélh ha a plaserines
lou tour de cade die.
Nou ! lous bius ne-s poden pas banta d'abé-u yaméy hèyt
passa û arissou entèr pèth e car e que potbertaderemén dise :
« Que t'auri méy de pòu mour que biu » !
Més detire qui la mour e pique, pèr lou, lou cassou a
l'arredits, quin s'y debire nègre !
Ne p'aténdits pas a û hardèu de plous, a ûe cautère de
larmes; que-s dechera escapa quauques saumucs tout doy e
a-d escus, pramou qu'auré bergougne aquéth goalhar, se las
fumèles ou bedèn ploura. Toutû ne p'y hidits pas : esta e
paréche que soun dus : paréche balén deban la mour aquero
que pot; esta-n qu'éy ugn'aute coénte. Espiats quign soun
mabedisses las nines dous sous oélhs, quin s'arrebire a
tout-pip-pap ta-u qui éy yasut acera entèr las courtîes dou
lhèyt, beroyemén aloulat sus û couchî de la blancou dou
liri, lous chapeléts a las mas, la crouts sus l'estoumac ! A la
noèyt-héns, seguits-lou ta-u lhèyt. Las perpéres ne s'ou bolen
pas cluqua, e lou droumî ne bièy pèr fis que quoand l'escurade e s'éy escapade deban la luts. Aquéth mau-esta dou
cerbèth e dous nèrbis, aquére malaudie de l'esprit e de
l'amne, thic ou mic que toque tout lou mounde e ne s'én
ba pas toustém quoand lou defun e hè la darrère pausade
au houns de lahosse. Malaye se, a la maysou en dòus, lou
gat pèr las pars de mièye noèyt e hè escoupemén lou sou
aperét d'amou : Arrr...naut ! Arrr...naut! Se û arrat au graè e
s'en carrusse pèr la peroque û cabélh de milhoc ; se lou taulat
de la crampe e hè crique-craque ; se pèr ûe prigglade, la bentanîe e-s hisse ta dehén p'ou canè de la cheminèye, lou hourat
de la clau ou las henèrcles de la porte ! L'endedie û aram de
herésse qu'amantoulera toute la maysou e las besîes, de
soula en soula, qu'anounceran la heroudye noubèle : « De
bères, amigue, assé qu'en y a arribat enso dou Pouriquè. E
sabs, lou Simounet, qui abém enterrât enta dibèys que ba ha
hoèyt dies ? E doun, qu'éy tournât anoèyt e que hè en l'hous-

�LOUS REBENANS

111

tau ûebatsarre qui s'audéch dou pitè de la coste enla ». E la
coste qu'éy oumén a ûe lègue d'aquiu, pramou que la bertat
ne pot esta bertadère e bistable se n'éy pas d'ûe payère de
gigan. Aban dus cops binte-quoate hores, las benalèyes dou
Rebenan que-s soun esparpalhades en touts lous cors dou
parsâ : « Pèr la cheminèye, e you qu'at sèy e qu'at poutch
yura au Gran dous Grans, qu'y debare gauherades de hoéc
e lou dehén que put de soufre e de bitum ! » Las amous dou
gat e de la gâte que soun plagnéts a desarriga las tripes ; lou
passèy de milhoc, cadégnes de hè arroussegades dou sôu
aus cabirous ; e lou bouhét doubén qu'éy ûe bouts de l'aute
mounde qui debisedablaloéngue d'ûe fumèle de pèrnouste.
0 ! que l'an entenut lou praube defun : « Hilhs e hilhes,
besîs e besîes, amies e amigues, ayats pieytat de you ! »
Lou Rebenan n'éy pas a l'ihèr, pramou que de l'ihèr coum
dou cèu n'en y tourne yaméy nat. Lou Rebenan qu'éy lou
malhurousquipourgue a l'espurgatori quauquepecat qui lou
caperâ n'a pas poudut mourse cap e capliures au lhèyt de
mour. Hurous encoère au sou malhur lou Rebenan, pramou
que si lous de case an ûe buhe d'amou, ûe béte de caritat,
a-d ayse qu'où tireran de las eslames centenaris : dab quauques patèrs, û brassât de misses, drin de mousilhe, oun
qu'en bét l'aha.
La bite dou mour labéts qu'éy passade au crible ou miélhe
au hiu de la loéngue.
L'û que-s broumbe qu'ère estât drin parpalhòu p'ou téms
de la yoenésse. « E o ! qu'at èy touslém dit, qu'abè la maye
par au miscat de la Yanote ; be sabéts quoau ? La qui s'abè
pergut la gansole de l'escloupéte : û bros de milhoc ou û
catau de bî qu'en lou tireran ! »
L'aute que-s plagn d'û marcat de boéus ; qu'ous y abè hèyts
néts coum ûe ascle d'alh, badoun qu'estoussin pouyrits d'ausèths. a Tout matî qui-s lhèbi, l'hertè qu'e-m deura cént
escuts de boune mounéde » !
Lous tagnéns que s'y hèn éths tabé : a touts qu'abè hèyt pic
ou pelade e qu'esperissen la soue reputaciou coum herén ûe

�112

LOU PROUSEY D'U BIARNES

bande de câs d'û bénte de baque. Qu'an hère de bèc tan qui
lou sourélh e luséch, més detire qui eau aluqua la candèle,
chutis mutis e la trembléte. Lou méy hardit que bièy lou
méy pauruc. E cadû, en û pensemén plâ estuyat, que hè
aquéste pregari : « Moun Diu, birats-me lou Rebenan ! »
Tan qu'a-us de case, que patéchen la noèyt, que patéchen
lou die, que bachen lous oélhs deban lou descrit ; que disen
pregaris dab ou chéns l'ayude dou caperâ. Soubén en s'estuyan coum lou qui pàne, que ban tira ûe counsulte dou
sourciè, dou pousoè. Suban lou sou counsélh, a touts lous
hourats de la maysou que bouten la crouts dou Segnou
Jésus ; dab ù brouth de laurè qu'hysopen d'aygue segnade
loustaulats, las paréts, lasmurralhes, lous mubles, la baterie
de cousine, lous arnés, las bèstis, e sustout lous bros e lou
toumbarôu enta que-s demourin tranquiles a la borde.
Quauque cop que hiquen de eu ensus la mesure de mesura
lou milhoc e lou roumén, dab û cièrye benedit aluquat pèr
debath, e a coustat û escritoli, û calam e ûe hoélhe de papé.
Lous hertès haunéstes, éths, que hèn courre mounéde
pertout oun maucuten lou defun d'abé hèyt quauque manque. Qu'en èy counechut û ou dus en la mîe bite deya lounque ; pas méy, pramou que l'aryén 'qu'éy bou a goarda, se
disen ; pramou tabéy que se lous hertès audiben d'aquére
aurélhe, lou lou dequé que s'en aneré en humerade ; pramou que lou qui éy partit qu'ère amassedou e que seré fachat
d'abé dechat barreyedous.
Atau ou autemén lou Rebenan que fenéch pèr tourna-s'én
e decha la brabe yén droumî autan qui-n poden abé hàmi.
Més lou soubiéne de las soues benalèyes que demoure ; e
quauque cop, au cout dou hoéc, en clignan decap ta touts lous
cors, que s'at counden choalines pendén las lounques noèyts
de l'ibèr. E touts que-s sénten encoère tremauta las brées
de l'esquîe. La mour e lou sou mystèri atau qu'at bòlen.
Toutû qu'en sèy û qui-s trufabe d'ûe amne en pênes coum
û asou d'û cop de berrét. Que s'en trufabe e qu'en tirabe
glori e que hesè yangles dous pècs qui tremblaben en passan

�LOUS REBENANS

.

113

la noèyt deban lou segrat. Tabé ye l'abèn subernoumat
Moussu de Bantoris, badoun qui estésse bertadèremén balén
subèr lous baléns.
Lou Yan de Pèlehiguè e lou Yanin de Sarrebrouquét, û pa
de beroys gouyats qui abèn hèyt la campagne de Russie dab
lou defun Emperadou, lou purmè, lou Gran, que l'atelan û
die.
— Bouy paria, s'ou disoun éths, que se û rebenan te
tumabe ûe noèyt sus quauque camî que-t escaperés a l'acoudilhe coum hè lou câ de porte quoand l'an estaquat ûe cache
a la coude de darrè.
— E doun pariam, e a paus : quoate escuts de cinq liures
countre û luis d'aur rouy coum û oélh de carpaut.
Bantoris qu'abè û cam d'arrabes au ras dou segrat,
tegnères coum l'arrague e de l'endoum d'û mesturét de
minya-û. L'endenoèyt lous sanglas de dues cames qu'en
lou panan dus aprics e que s'y tournan tout sé a-d arroun
pendén û hoèytenat de dies.
Lou Yan e lou Yanin que s'en l'arridèn e qu'où disèn :
— Quauque rebenan que sera, amie, qui ba ha enso de
tou recrube ta las amnes dou segrat. Aquiu qu'as l'aucusiou
de ha béde s'as péus au cap e nèrbi a las mâs.
— Quoand seré lou diable dab lous cors que m'at paguera
aban l'aubéte de doumâ.
— Beyam béde, û balén coum tu se ba caplheba-s deban
la mour e lou sou mystèri !
Tout lou die, Bantoris que s'y hé a mour ta basti-s ûe
cabane, mièy légne e mièy palhe ; e quoand la noèyt ai*riba,
que s'en y ana au goèyt dab û fesilh a dus cops, ûe hourque
de hè e ûe coutèle frésc agusade : boulur ou diable ou
rebenan, abis a nos... qu'éy proche de Pau.
Las hores que passaben, lounques, lounques coum la hàmi
dou coarésme ; l'homi au goèyt que las coundabe e qu'aperabe l'esguit dou die dab tout l'arsèc doun ère pouderous.
S'éy û boulur, e-s disè éth, qu'où bèyram de nau a ounze ;
s'éy û rebenan, — e lous arissous qu'où segoutiben tout ; —
8

�114

LOU PROUSEY D'U BIARNES

s'éy û rebenan, que punteyera de mièye-noèyt a l'ûe hore.
Mièye-noèyt quesoune : ûe, dues... ounze, doudze... «Ah !
moun Diu ! » Lounque, lounque, l'arrelodye que hè lou
repét. « Séns e séntes dou paradis, a l'ayude » ! E lou
goèytedou que guignabe dou coustat dou cemitèri per ûe
henèrcle qui abè hèyte héns la parét de palhe e de légne.
Lou sou bouhét que bouhabe brac e la mâ, coum û estoc,
qu'estregnè lou fesilh.
Tout d'û cop acera, a cén pas, s'ou capulét de la murralhe
dou cemitèri, que-s hè béde quauq'arré de gran, loung,
loung, espés, espés ; que diserén ù homi amantoulat d'ûe
bêle blanque a la mode dous Arabes; ne remude pas de
mén-e-ménch qu'ù piala de pèyre ou de buste ; la lûe, au
plèy, que l'embie a hardèus lous sous arrays blancous e
qu'où hè paréche mayemén blanc encoère.
Lou goèytedou que l'a bis, e lous péus que s'ou soun
quilhats, e lous oélhs qu'où sorten dou cap ; e las mâs e lous
pès coum ûe ban'e de hè que s'ou tiénen bandats, chéns
poudé-s plega-s ou mauta-s; e la pensade e lou boulé e touts
lous séns que s'én lou soun anats a la boulade dou sou
cerbèth.
L'homi blanc que-s dèche enlurra quòu houns de la
murralhe e que s'abie a plasé chéns arroèyt.
Au medich moumén d'ûe bouts qui au mièy dou choalines
de la noèyt e sémble la bouts d'û becut, que dits aquéstes
paraules tarribles :
— « Depuis quejesuis sorti de mon tombeau, je n'ai jamais
vu pareil arrabio. »

Gnaut homi blanc que paréch labéts e que respoun :
— Où vas-tu mon âme ?
— Tout droit à la cabane !

Bantoris a-d aquére miasse que-s drésse coum ûe sèrp
hourade, d'û cop de cap que trauque la cabane e méy mour
que biu que-s saube aus quoate pès.
Nats ne s'en poden trufa de la mour e dou sou mystèri !

�LA PECHOUNË

115

XXXII

La Pechoune
(Marie Dara£nès, béude de Yan Percbicot, badude a Bidache
lou 14 Messidor, an 7).

de loégn biencut, aperat enta Bidache
pèr la béutat dous noustes tues, dous noustes
boscs, de las noustes arribères, arroun û passèy
enta las roèynes qui goarden lou soubiéne de las
ìì^Ỳ^ gaymanteries de Corisande e d'Henricou, ne s'en
tourne pas yaméy chéns demanda : « S'auréts gnaute nautat
pèr aquéste parsâ ? »
O béde segu, quel'abém la nautat, la yénse de Gascougne,
la méy biélhe de France. Qu'abém la Pechoune, qui a hèyt
cén chèys ans lou cinq de garbe darrè. Cén chèys ans, arré
méy qu'aquero I Anidade a la sigounde requèste de la
maysou Marianéte, desempuch méy d'û sègle, qu'abesîe,
debath lous trabatèlhs l'auringléte cantadoure ou que hè a
las coumays dab lou passerou trabatén e cridassè.
Ne l'abi pas biste très ans a ; e diquero, dab mièye
doudzéne de coumpagnès que m'en héy la camade.
Que-m arcoelhou dab aquére gaymanterie simple e amistouse qui l'a hèyte poupulari a trénte lègues dous entours.
Mièy ayacade sus ù lhèyt oun tout e blanquéye, apelhade
d'û coussot blanc coum la lole dou liri, couhade a l'antic d'û
mouchoèr nègre, qu'éy beroy aquére la mayrane dou téms
passât.
'ESTRANYÈ

�116

LOU PROUSEY D'U BIARNES

N'a pas hère cambiat desempuch l'aute cop. L'aurélhe
toutû que s'éy aflaquide e chèys més a, ne pot pas méy ha
cames. Més l'oélh qu'éy escarrabelhat, la bouque arridénte,
la loéngue chéns trabes, l'esperit esberit e puntagut.
Ne-m dèche pas lou téms de ha-lé serbitur : « Qu'èts aquiu,
Moussu ? B'a hère ne-b èy pas bis ! E quin ba la Madame ?
E l'Henricou éy hardit '? »
Arroun que debise, que batale chéns yaméy pèrde lou hiu
e lous soubiénes de la yoenésse qu'aletéyen sus la soue
bouque : qu'en souy esmiragglat !
— Quin adye abéts, Pechoune ?
— Que souy s'ous sèt ans !
— Bère pèrque, hèy, qu'éy lou moumén d'ana enta
l'escole !
— 0 plâ, se-m bouléts amucha de camina, més dou
b-a ba nou-n èy rèyte.
— Labéts doun, que bibéts coum bère rentière ?
— Quio, gouyat, coum ûe héte enta recébe lous preséns e
quoand ne m'en balhen pas, que m'en pàyri.
— E-b broumbats dou téms oun èrets gouyatote ?
— N'èy pas sounque a barra lous oélhs, que-m bèy pèdescausse capbath las carrères ; ou, dab las camerades, ha
cabiroles ou arricouquéts s'ou debantau berdous dou castèth
de Gramoun. Més las camerades oun soun, oun soun !
— E soun ères qui-b abèn subèrnoumat La Pechoune ?
— Aquero qu'éy toute ûe histori. L'endedie de la mîe
badude, ûe besîe, coum se hè entèr mounde de quauqu'arrèy, que bienou béde la may e a you tabé bahide quio. Més
n'èri pas maye que lou dit pos. Hòu gouyate, se dits la besîe,
quin se pot qu'ûe hémne grane coum tu qu'ayi hèyt ûe
maynade autan petite ? Ne sémble û pechot dou Lihoury !
— La Pechoune, e brouni coum û reboum la mîe so, ayaquade au medich lhèyt au ras de you. Atau Pechoune qu'estouy batiade, Pechoune que souy demourade.
— Qu'abéts abut lou téms de badé desempuch. N'èts pas
estade soubén malaude ?

�LA PECHOUNE

117

— So qui èy croumpat de poutingues n'a pas dat mau de
bénte aus pouticayres. Toutû n'èri pas dehèt ahurbide au
purmè soue delà bite. Pèr l'adye dous très chèys, que m'èri
amistousade dou mèy praube Yan, dab lou boun Diu sie !
Més lous biélhs que s'y hiquan trabes pramou que-m maucutaben d'esta palmouniste. Ha, ha, ha, ha, ha !...
— A quin adye e-b èts maridade ?
— Oh! n'ère pas deban-yé. Atendéts. Que debi abé bintenau ans e qu'y èy atrapat dab lous esclops. Qu'ère capbath
1828, lou més de las flous, e ta disé-b toute la bertat, lou
doutzau die dou més.
— Abéts abut hère de familhe ?
— Qu'en èy abut sèt, e qu'en èy hèyt dus en û cop. Oh!
n'éy pas bero}re coumedie d'abé dus mieyous. Qu'ère, en
pallan pèr respèt, la sesou de tua lous porcs; lou matî qu'abi
hourneyat e tout lou die qu'y abou mique-maque. A la noèythéns, you mediche qu'aluqui lou toundrét, que-m yasi au
lhèyt dou coustat de la galère. E arroun, ah ! yè, yè, yè, yèy,
Yesus, moun Diu, Sénte boune bièrye Marie !
— Bam, arrepuyats lou briu de la bite, quin abét biscut
desempuch lou 5 de yulhét 1799?
— De mesture, poutadye, moulue e pechote, drin de car
lou diménye, dab bèth bourrât de bî e û toupî de dobe las
hèstes en-nau. Tribalha, trimâ, penâ, suda, ha lou dehén
ta-us ùs e ta-us auts, ana ta-u bosc, houdya, sarcla lou
casau, héya, amassa hoélhes ta hourna, soégna lou Yan e
lou canalhè. Aquiu, Moussu, qu'abéts lou secrét d'ana delà
cént ans. Adare, coum ûe amigue de la obres hèytes, que
bibi d'arréntes. E, en guignan la Martilhe, la soue hilhote
biélhe de 73 ans e lou sou hilhot Yan-Baptiste, 70 ans : Réntière, mercés a-d aquéths praubots, qui s'at tirerén de la
bouque enta balha-m'én. Badoun n'ous èy pas bissiats.
Beyats, la Martilhe ne s'abè pas minyat û oéu sancé quôu die
d'espousa.
— Abéts quauque soubiéne dous ans batalhedous ?
— Oh ! l'Empereur ! Que l'abèn hèyt ûe cante, més n'éy

�118

LOU PROUSEY D'U BIARNES

m;

pas prou beroye enta canta-lé pèr deban bous. E lous
Angles ? Qu'en y abè, qu'en y abè pèr assiu de qué estanqua
Bidouse e Lihoury. Que benî esquilhots e pechotes pèr
labels. Brabe mounde qu'èren, que-m pagaben dab pecétes
de cinquante sos e dab escuts de chèys liures, niés que calé
pèrde cinq sos a cade escut.
— E-m pouderéts canta ùe cante d'ariban ?
— Diu mercés quio ! E d'ùe bouts qui ne trémble pas
yuste brigue :
Mariez-moi, ma mère,
11 en est temps
Cessez, cessez, ma fille,
Ce discours-là.
Si vous ne changez pas de raison,
Votre pére qui est si prompt,
Vous châtiera.
Cessez, cessez, ma fille,
Ce discours-là.

Pòu de fatiga-lé, que remudi lous pès coum qui bòu parti.
— Hèp, hèp, se-m cride, e, aquéste en gascou ?
La pamparruque,
Lou pay qu'em truque

— En sabéts nat dous qui-b an debanteyat au parsâ de
Bidache qui ayi biscut autan coum bous ?
— Lous de oèytante n'y soun pas riales, quauques-ù qu'y
ban a nabante coum la Ninote dou Hau de Came, qui régue
nabante-cinq ans. Mes de la cenléne, ne s'en y bét pas
trétze a la doudzéne.
— E toutû gnaute fumèle que s'en porte sus bous la
poume.
— A Bidache ?
— A Bidache medich.
— Aquére qu'éy de las guilheri.
— Escoutats, au doubleban !
Tirât dous libis de la parropi de Bidache. Entèrremén
de 1703.

�LA PECHOUNE

119

« Dominique de Larrieu dite Lestihourque, ayant vécu
chrétiennement durant sa vie et dans son bon sens, mémoire
et entendement, jusqu'à ce jourd'huy qu'elle est décédée
de vieillesse, dans son lit, âgée de cent vingt-trois ans a ete
enterrée au cimetière du prt lieu le dix-neuvième d'Octobre 1703, par moi.
Sinnats: 1» FORGUES, 2° A. CHALOSSE ptre. »
Qu'auri doun encoère dèts e sèt ans a bibe? Enténs-tu,
hòu, Martillie? Que t'at die a de bounes, s'én arribi aquiu,
que-m tournerèy cerqua ugn'aute Yan. Tu que-m mieras
p'ou bras e bous, Moussu, que-m herats presén de la
couroune.
Sus aquére badinerie que m'én tourni ta case esmabut
de tan de clareyante luts en aquéth crusòu, en aquéth
toundrét d'û sègle qui s'éy deya pergut héns l'arré dou
desbroum.
Que plégui lou tes dou cap e respettuousemén que-m descoèyfi deban tu, nautat de Bidache, arré-mayrane gascoune,
may dou sèt, qui de praubè ous as neurits e s'ou sendè dou
debé ous as tan beroy debanteyats. De segu lou Diu dou cèu,
en te crian Pechoune que t'abè hèyte d'ûe mestiou qui ne-s
canéye pas a-d arroun. Més so qui t'a balut de gradilha tan
légremén l'escale dou centenat ; de decha acera hore-hore,
pèr darrè tu la hourre de rèys, de noubles, de richars, de
bagans, dous aysits de la bite, que soun las coustumes tribalhedoures, simples e baléntes dous papous gascous : qu'y ès
toustém estade fidèute. D'aquére fayssou que-s balhes beroy
etsémple et yenerouse mustre. Sèg toustém a plaserines la
toue bie e balhe défaut a la Lestihourque, enta qué, a 123
ans, e pousquis encoère canta, coum l'auserét dous coundes :
Riu, chiu, chiu,
Petit Pechou
Qu'éy encoère biu !
(17 de Yulhét 1905).
Marie Daragnès qu'éy mourte a Bidache lou 16 de heure 1906 a l'adye de
106 ans 7 més e 12 dies.

�120

LOU PROUSEY D'U BIARNES

XXXIII

Lou Péys qui aymi lou me y
m

siLït-

Berénx e Baylocq, biladyes de l'amassât de
Salies, que quirauléyen ûe arruade de tarrès qui
n'an pas la renoumiade d'ous de Yuransou més
qui saben toutû autan coum éths amistousa lou
passej'edou.
Be soun doun éths beroys e gaymans pèr la primabère,
quoand lou roumén e cabélhe e qui lou milhoc e la habole
amanten coum d'ùe nebade bérde la sole blancouse de la
terre ; quoand la bit e bidélhe lou tath a l'entour de la tire ;
quoand la hoélhe e floque lou cassou, agrade lou brouth
dou tauzî !
Lou berdurè que puye, que debère, que s'esparpalhe,
en estuyan debath lous arreplécs dou sou debantau, ù
eschami de tribalhedous.
Lou pic de la destrau maneyade pèr la mâ brinchude dou
bousquè, que trauque la hoelhade. L'aperét dou bouyadou,
la cante don bignè, lous anilhéts de la pourîe, lou dindòu de
las esquires, lou cloc-cloc de las arrodes broussères, las mile
bouts dous auserous a l'aie lauyère qu'y hèn ûe musique de
bite, de yoye e d'amou : en baganaut qu'en cerqueréts
d'autan beroye ans houstaus de la bile oun, a pous de pecétes c claroune lou couyre, e sounsaynéye lou briulou.
Poursi pourla que-s pite, au mièy due esclaride, bère
NTÈR

�LOUS PEYS QUI AYMI LOU MEY

121

maysoéte, care Manque coum lou liri dous casaus, frinèstes
grisalhades, tèyt yuste plané de téule-coupe rouye. Au mièy
dou pati, l'esperniquedou esperoât e courounat que hè a las
coumays dab û ahoalh de garîes mesclades p'ou mièy d'ûe
sarrabanténe de guits, d'aucats e de poulingoys qui peruquen,
qui espeluquen, qui bouhilhen e qui clacasseyeran tho
quoand hàsin pallaqua lou toupî de las hèstes en-nau ou
arride la cautère quauques dies arroun la pourchinèle.
La daune balénte d'aquéth mounde amaneyan, enloc ne
paréch, més que s'endebine tribalhante, estrussante, acapante
sounque en bedén la humerade qui la cheminèye ourgulhouse, e bouhe, lauyère e gauyouse, héns l'ayre blu ; e la
teneralhe de la bugade blanque s'ou plèch dou casau, de bér
bestit e coèyfat.
Méy loégn, s'ou cuccurucquét, la baque neurissère que
lampe a granes boucades l'bèrbe prouse e las margueridétes
de la prade, a l'entan qui lou beterot ahamiat e se la chuque
p'ous pintous.
Més espiats a l'endaban, bous auts qui-b agradats de so
qui la may de la terre a semiat pèr nouste d'ûe mâ tan
aboundouse.
Acera hore, dou coustat oun Yan de France tout matî e
s'aluque lous arnauts, que-s pite decap ta-u cèu, méste dous
tarrès e rèy de la plane, lou touroun de Sén-Pic. Puyats,
gradilhats a trubès bitadyes, milhoucas, roumenterîs, touyas
e boscs : l'oelhade qui-b atén au sim que s'at bau.
Toutù hats drin a plasé, gaynes lounques e timplégues
escarrabelhades !
Cerquats assiu lou plap de sang doun lous batalhès arrauyous e bermelhanla péne,la tuste oun s'estuyanenta-dapunta
la canaule murtrère, lou loc oun cadoun tan de baléns touts
pèr deban piquats. Qu'ous bèy encoère côs, tourrats pèr la
mour, la care decap au cèu, lous pots arreguinchats qui
sémblen desgourya lou darrè arneguét.
Abisats e tourséts camî. Aquéth clot a la grane lose, oun
créch hoèy la brouchague, qu'ère autes cops lou hourat dou

�122

LOU PROUSEY D'u BIARNES

diable, d'aquéth diable dou counde, qui-s decha toune quo
la pèth pèr lou bourdè de Sén Pic. D"aquére henèrcle
eschiquetade, arregagnade coum la gaute d'ûe brouthe, que
sourtin lou hoéc e la humerade soufrade au moumén qui
Mouriquét e s'ahouna au hounimén dou poun de Berénx
qui paréch acera houns.
Adare qu'èts au bèc.
Louncademén espiats !
Tout so qui l'inyenie de l'homi, tout so qui l'empregnadé
de la may de la terre an poudut cria de méy beroy, de méy
nouble, de méy gran, que s'esparpalhe capbath e capsus las
arribères besîes.
Tout au ras, la tou de Mouncade qui brounéch encoère
dous reclams dou cor de Gastou-Febus ; e loégn, loégn,
acera hore-hore, l'agulhe dou campanè de Pau qui pèr
auburi e-s bét punteya héns lou capèth dou cèu. E lou riban
aryentat dou gabe qui cou, qui pinnéte, qui brounéch, qui
musiquéye, qui regaudéch la plane. Tabé lous biladyes dou
Biarn esberits, baléns, amaneyans coum bèths cabens d'abélhes, can a can dab lous poèys e las arribères lanusquétes
oun yaunéye a pèrte de bistes lou roumén pertout cap cluc,
oun berdéye lou milhoc tan beroyemén agradat per la trembléte de la bêle e la flouréteblanque delà habole. Perdarrè,
Salies la plâhasénte dab lou floc de castèths e de berdurès,
atustats alentour de la houn salade, qui balhe yoentut au
bielhè, hourtalésse, amou e gay a-d aquéths qui hèn lous
purmès abanséts s'ou senderou de la bite.
Més pèr aymadou qui sie Sén Pic, n'éy pas sounque û
mieyou. A l'aute cap de cadégne, decap t'oun la mà hole hè
brouni lous sous braméts en dansan la faramande de malici
ou de gay, que s'apite autan gran, autan riche de soubiénes,
lou Castera de Baylocq. Maye de berou, maye de noublésse
encoère si aquero e-s pot. Pramou que yuste aus sous pès
que-s quilhe encoère drét so qui soubre dou Castèth de la
Bèyne Yane, derruit, quine coucardisse ! méy pèr la ma
aurèste de l'homi que pèr l'arrougagn dou téms. E tan

�123

agradiu toutû, quoand lou sourélh e gaymantéye la soue
cinte de pèyre e las sèt tous qui demouren aquiu coum û
segnau de la balentie couralude dons antics !
Entèr lou gabe e la couline qui ban de pa, coum dus
arrouderats, la terre que s'alise larye de mièye lègue soulemén, estuyan coum hè l'aganit dou sou thesaur, ùe yolhe
chéns parie, la yolhe de la pouesie e dou mystèri.
Anats, tournats, espiats, cerquats, birouleyats, roundaleyats : qu'y passerais bin cops au ras chéns yaméy maucuta-lé.
Que-b en bouy counda l'histori.
Lou gabe, û die, que courrè la courriule bagamounde
capbath las mountagnes de Bigorre e las arribères dou
Biarn. Que rega en passan ùe hadèrne maye mile cops que
lou casau enflayrat oun Diu abè acasat lou purmè pay e la
purmère may dous homis. Obre de la hade qui segnouréye
l'ounde briuleyante, n'abè pas coustat qu'û cop de foaste
enta yesi, oundrade de toutes las lugous qui lahesènlusénte
coum lou miralh a l'arrayòu dou sou.
Perqué n'auri pas you tabé e-s dichou éth, ù cor de la
terre oun ha ùe pausade quoand, gourpit pèr aquéth tribalh
gigan, toustém d'arrecouménse, e sentéchi lou bouhét
bouha brac e las cames piqua miut.
E labéts que-s broumba de la terre beroye qui s'alounque
desempuch Berénx dinquo Baylocq.E lou cô arrenabitpèr û
arrebusquét de yoénésse qu'y abia las soues ajrgues cantourreyantes. A mièye requèste que s'estanqua. Arroun qu'ourbi
lous sous bras goalhars, que s'en amigalha ù centenat de
yournades e que las abrassa dab ùe estréte d'amou enta halés plâ soues. E coum l'aymadou e hè sus las poupétes de
l'aymadoure qu'y pausat douceméntot lou cap ; e, p'ou
purmè cop desempuch l'abiade dous sègles, que cluqua lous
oélhs e que s'adroumi.
Autalèu que courroun de tout coustat las hades amigues ;
e sus aquére terre nauticouse que semian la cassourre glanîbe, lou grâ neurissè, la hiàdére sabourénte, la touye eslou-

�124

LOU PROUSEY D U BIARNES

ride, la galitorte a la chuquéte embriagante ; e pèr mialès,
las hèrbes bidelhantes qui puyan, qui gradilhan pertout de
fayssou a nou pas decha passa l'array dou sou que ta
gaymanteya la terre de las sèt coulous dou cérc.
En aquéth estuyòu de la pats e dou mystèri, la dibinitat
cassedoure que pourta la calle e la perdits, lou lapî e la
lèbe, lou couloum e la paloume, a l'entan qui la may dou
péch emproubagnabe l'escourre de troguens, aubours,
halècs, cabos, anyèles, lamprères, platuches, mullous, troèytes, coulacs, toucâs e saumous.
Quoand lou gabe e-s debelha que trouba lou sou yats
beroy e qu'où mentabou l'Isle de Massicam.
Se demourahère de téms insabutdousbius aquéth estuyòu
dou repaus, l'histori n'at dits pas. Més entèr-de-mièy dus
biladyes autan baléns coum lous de Baylocq e de Berénx
n'ère pas aysit de bira-s la mâ de l'homi. U die ù Baylouquî
qu'y entra e que s'en hé méste. Qu'en trèytiâ û gran tros e
que basti p'ou houns û houstalét e ù moulî. Hurousemén
qu'ère aquéth û hilh de la terre : ne sabou pas goasta so qui
las hades abèn hèyt tan beroy.
Dab lou gabe qui houléye, la plane qui engragne, la
couline oun tout arrit e cante, Castera, Massicam e Sén-Picq,
e pot abé-y, diséts-mé, peys méy agradiu, méy aymadou
qu'aquéth '?
Que disi : nou !
Que lhèbi lou dit lou qui auré lou froun de-m da défaut !

�U BAYLET DE LA MODE BIELHE

125

xxxiv

V baylét de la mode biélhe

purmè halhét dou hasâ, Pierroulîn, que seras
de pès doumâ. Doucét qu'éy l'ayre, a pun la
terre : se boulém augan beroy milhouca, nou-s
eau méy abusa-s. Oère quin bequîen lous tarrès
de Saubade e quoant berdéye aus cams la
habole de Mouncla.
— N'y pensats pas, Méste ! Apariade de segu qu'en ère
assé la terre, més arroun l'arrousét d'anoèyt, qu'éy tout
d'arrecouménse. Que eau oumén dus dies enta decha ha la
crouste : a dela-doumâ la pausère.
— Es tu moumbirat, lou mèy brabe Pierroulin. Deladoumâ, tout lou die que sera dimèrs.
— E arroun ? Coum lous auts n'a pas doun hèyt aquéth
die lou boun Diu ? L'arrasclou, lou dimèrs, toutû coum lou
dimars ou lou diyaus qu'esperisse lou tarroc. E la fé, n'èy
yaméy audit que lou piboèt que perpitésse, que lou talhuc
de pèrne que saboureyésse ménch pramou que lou dimèrs
qu'éy l'endedie dou dimars.
— Cadû que s'at bire e que s'at arrebire coum lou plats a
lou. Quoand sies cap en bèth maysoau, dou pè esquèr ou
dou pè drét que-t abieras e dab Diu soulét que t'at bèyras.
u

�126

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Més a nouste, toutû coum de toustém a yaméy an hèyt lous
papous que s'y hera :
Dimars, diyaus, dissatde, lou milhoc qu'abieras
Ou tout l'an malandrè que coelheras.

Pierroulin qu'ère d'aquéths bayléts qui biben e mouréchen
oun se soun ù cops remats ; qui dou méste aymen tout : la
yén e l'auyami, lou cabélh grâiu ou la récolte rèyturouse ;
qui soun gauyous si la coade éy gauyouse, e qui plouren
quoan lou deshur bayole la nidade de la soue aie malecarouse. Arré-nou-arré qu'èren enta-d éth las noèyts chéns
pausade, la camise qui-s pot estorse, la plouye a-d enduga,
lou tribalh mourdén dab lou minya escarrat e la seutade
leuyère. Tau coum l'espade balén, tau coum lou câ dentagut, fidèu e prebedén... Més tabé arrebouhièc e mourgagnan,
bertadè hilh de petournét, soubéntes cops que lhebabe lou
halhou ; e, au pic, riale qu'ère se ne tournabe pelade.
Pariou dou pourî qui s'ou cop de foaste anilhe e culhebéte,
Pierroulin, a l'arrebusquét dou méste, que s'arreguinna.
— E que-b abéts hiquat héns la cabole que-m hèn pòu a
you, Pierroulin, bouyadou en pè de Massicam desempuch û
quarantenat d'anèyes, las bostes rantòynes de brouchùmi
d'oélh malin ou de mau-dat ? Que tremouli de herésse quoand
la pigue e cride la hàmi en sauteriqueyan sus la sole dou
cam ou qui la cayèque a la bouts de carrasque e hè audi
l'aperét noèytiu ? Historis de pèpis, miasses de pèle-higuès,
bestiè de yén saumiòlou, benalèyes maynadères de Cussiule
ou de Camecrude, arrepourès e dits de hè-te-m'én-enla.
— Kss, kss ! Abite, abite !
N'èy pas besougn d'enguiches trufandères ta disé-b û cop
en yaméy so qui dies a mé hè sequa de cap ensus.
— Broumbé-t, Pierroulin, que souy, you, lou méste.
— Lou méste de hiqua lous câs dahore, o bé, que serats
malhurousemén ballèu. Ah ! que mentabéts lous antics e
sus éths que bouléts payera lou boste ana ! Més lous antics
qu'èren masclaus a la care ennegride per l'arrayòu dou sou ;
baléns dab las mâs cathudes, bisades, halhades, las henèr-

�U BAYLET DE LA MODE BIELHE

127

cles arrasédes de terre ; gigans aymadous dou tribalh empregnadé e saubadou ; trufandès dous encountres e faus incas
pèr la lugou dou die ou l'escurade de la noèyt ; credéns tabé
si bouléts, au cor dou hoéc, pramou de ha pernebate lou
cô de la rapatalhe dab las loues frasades e las historis de
gnaute mounde ! Més que s'abiassen dou pè drét ou dou pè
tor, audéch asso, Massicam, lous antics que sabèn que
quoate ardits que hèn lou so ; n'abrassaben yaméy que so
qui poudèn estrégne ; e n'ous bedèn pas, amassedous de
brén, barreyedous de harîe, despéne chèys ta touqua dus,
emprounta a déts pèr liure ta ha lous espantoayres ; abé
tabalhe tenude, gufét ubèr, bousse toute liante ta-us disedous
d'abiéne, ta-us precantayres dou hat rembèrs. A lou que
poudè treshumbla lou bandouliè, passeya ûe mâ flamande
dou bèc au houns de l'esquîe lou brame-pâ barruè, nat
saute-la-brouste ne s'en cliqua yaméy ûe doèle a la barrique
dou cor pèr bayoulante qui estousse la soue paraule traboulhère. Ah! se-m descordi aquéstes dies, quin pe bau segouti
las lâs a mièye doudzéne d'aquéths escoude-câs ! Quin p'ous
bau doubla las costes dab ûe lounyèyre de mesplè !
Pèr desliberade qui abousse la loéngue, yaméy Pierroulin
n'abè tau batalh hèyt audi. Massicam qu'en ère esmudit. La
hounte bergougnau qu'où segoutibe tout. Dab la soue care
enhariâde de mouliè e la calote Manque, tout natre que
semblabe û desenterrat. Lou baylét ne s'én balha brigue e
au tras lay coum si la prigglade n'abè tounerreyat que s'en
dé enta l'estable. Toutû lou qui l'abousse espiat a l'oélh
dinquòu houns de la nine, qu'y auré poudut léye drinou
ménch de malici e drinou méy de saumucs.
Tout empensat que hé cadé û brassât de hoélhe ta l'arrousteliè. Més lou Palét, a maugrat de la saubou aulourénte
d'aquére mascadure de choès, que bira lou cap, qu'alounqua
lou coth e de la soue loéngue babirouse, qu'où balha très ou
quoate lecades d'amistat.
Praube biélh, e dichou lou baylét d ue bouts engourgoustide !

�128

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Qui, praube biélh ! Lou Palét gayman ou lou Massicam
bergougnau-rèyturous !
Lous dus dilhèu, pramou que lou terradou, au houns dou
cô, que hè assouciance de l'homi e de la bèsti.
Més ballèu, accouhan lou berrét d'abourride, coum ta-d
acassa penseméns de maies hores qu'entèrhalena : Lou
suryén pièytadous que hè pourta la plague bermiouse :
piqua e ha sayna ta sauba lou doy qui soubre dou moulî e
dou maysoau, atau d'are enla que m'éy début. Patéch doun
e endugue, baylét, pourbu que lou mèy hissou que hissi e
que la mie mâ que sie mourdénte.
E ta coumensa :
Dimèrs lou milhoc que s'abiera,
Ou, dab you, Massicam que s'at bèyra !

�LOU REYEN DE LA BIELHE MODE

129

xxxv

Lou reyén de la biélhe mode
'ou téms de la mîe histori, a Sénte-Suzane qu'abèn
û beroy caperâ e ù beroy mayre.
En so qui éy dou mayre, las loéngues agudes
— qu'en y a pertout quauqu'ûe, a Sénte-Suzane
coum aulhou, — que boulèn dise coum l'arrepourè:
0, beroy mayre s'en ère la mode !
Més decham batala las garces de loéngues e tiram en aban
lou nouste camî.
A Sénte-Suzane doun qu'abèn beroy curé e beroy mayre
e ta-d adouba ûe ternitat de berouyè, lous yurats qu'abèn
hèyt lou descis d'abé tabé û beroy reyén. Pensats doun,
Sénte-Suzane qu'ère lou floc dou peys qu'abè lou castèth
de Baure, lou bosc de Baure, lous bagns de Baure, dus ou
très moulîs s'ou Lâ, e û campanè puntagut qui-s bedè dou
caminau enla e qui hasè arreguinna las parropis besîes e
countre-besîes. En ta pourta-s'én la poume sus Orthez
medich, que so qui calé ? Au doubleban, arré méy qu'û
reyén, més û beroy reyén.
Hère counténs qu'èren d'aquero la yén de Sénte-Suzane :
pays e mays, gouyats e gouyates, las gouyates sustout. Manterûes que-s pensaben entèr ères mediches :
E qui at sab, lou hat qu'en hè de toutes, lhèu be sera enta
you lou beroy reyén I
9

�130

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Countén tabé lou caperâ, ne housse que ta poudé dise :
Lou mèy réyén ! Qu'a dit asso, qu'a hèyt aquéro, lou mèy
reyén ! Quin beroy Kyriè a hoèy cantat ! E lou Dixit doun ?
E l'abéts entenut resouna debath la cape de la glèyse? Que
s'y biénin payera de Berénx ou de Castètbou, de Birou, de
Lago, d'Orthez tabé si bòlen dab lou mèy reyén, lou mèy
beroy reyén !
Oh ! se pèr aulhous e hèn quauque cop guilhésques aus
reyéns lous caperâs, boun Diu dous anyous e dous arcanyous, au mèy you que herèy gausialhes.
O ! E ta coumença, detire qui sie agradat, qu'abiera las
mesades p'ou prebytoère e arroun qu'y bièyra disna tout
diménye e pèr la hèstes en-nau, O ! quoand caleré escantoa
lou cabau de l'espurgatoriestuyathénslaperoque dou lhèyt.
E perqué, hèy, aquero ne-s pouyré pas? Ah! bagamoundalhe, e-b bouléts cara? Lou caperâ qu'éy lou pay de toute
la parropi, qu'en éy lou pastou ; lous gouyatots, au dise
dou Libi, que soun lous agnerots dou cuyala e lou reyén
coum lou fidèu Pigou, que goardera, qu'amuchera lous hilhs
de las agnères, que m'ous hera arrequa de drét dab la dén e
lou barrot, pramou que eau torse lou bensilh tan qui éy téms.
Aquéths penseméns e d'autes de medich escantilh que
hesèn dou curé û nabèth homi. Ne touquabe pas de pès a
terre. A la boèyte sénte, a-d arroun qu'où troubaben brabe
ta las macadures de l'amne ; au prône ne debisabe pas méy
que de boéntat e de perdou ; e que l'arriba dus cops en disén
maytines de feni lous berséts pèr l'Alleluia, lou diyaus san,
Hurousemén nade debote n'at abè pas entenut !
Lou die de Pascoétes, pèr la par de cinq hores, arroun
brèspes, que-s debè ha au prebytoère lou batsimoun, ou ta
debisa coum hèn hoèy lou die mièy franchiman : l'etsamén
dous candidats. Suban so qui pensabe lou curé, au mayre,
au mayou de la fabrique e a-d éth medich curé que rebiènè
l'haunou d'esta apreciadous.
Ne sèy pas s'at èy encoère dit, lou mayre qu'ère lou
castellâ de Baure. Més n'abè pas nat péu de la brabe yén

�LOU REYEN DE LA BIELHE MODE

131

qui lous de nouste y an, bèth téms a, counechuts. D'aulhoubiencut, d'oun ? Arrés n'at poudè dise au yuste, que-s hesè
de grane noublésse. Bertaderemén, d'û nouble qu'abè lous
défauts, més nade qualitat. Ourgulhous, eschuc, minyepraubes, desdincous de tout sounque de so de sou, qu'auré
dechat creba û homi melèu que de da û pas a l'endaban ou
de tira ùe baquéte de la pothe. Lou puble, au sou entenut,
n'ère pas hèyt sounque ta serbi aus plasés de la yén de qualitat. Lou die oun n'en abousse poudut tira ni sou ni trou
qu'en auré hèyt ûe halhère au mièy de l'arrèc qui oumpréye
lous Bagns de Baure.
Bandouliè daurat a touste cousture, tros de pedoulh arrebestit, aquero qu'ère. Més noubles coum aquéth que s'en y
pot croumpa a la hére !
Quine camusade en coelhou lou brabe caperâ lou dissadde brèspe quoand s'anabe enténe dab éth enta causi lou
reyén, lou beroy reyén, lou reyén dous sous saunèys e dou
sou cô.
— Serbitur, nouble barou !
— Diu te goardi, caperâ.
— La boste santat que ba beroy ?
— O, ho !
— Las récoltes dous bostes cams, lou boste bestia, las
causes dou castèth tabé ? Anoum, lou boun Diu qu'éy gran
e que l'éy début de ha grasi lous mayous de la terre. Lou
sou sén noum que sie benedit.
— Atau sie !
— Que-s herats bahide l'haunou de biené-b assède s'ou
sièti de noublésse,a la glèyse, doumâ matî e doumâ brèspe?
— U homi de la mie payère que ba ta la misse, n'estousse
que ta ha-s bedé segut quoand lous brame-pâs e s'ayulhen.
Més las brèspes que-m gnaquen caperâ: que soun bounes
ta la rapatalhe.
— Qu'abi pensât, qu'auri boulut, que m'auré hèyt gay se-b
abè agradat de biéne dab you causi lou reyén...
— Tè, bous tabé qu'abéts penseméns pariés coum lous

�132

LOU PROUSEY D'U BIARNES

yurats de la parropi, que bouléts que la canalhe que disin
lou b-a ba ! N'éy pas prou que sapin esperniqua la terre ?
— Lou curé, pertout oun n'y a, n'a pas miélhe ayude que
lou reyén.
— Plasé qu'éy de nou pas calé que grata-s las uncles!
Qu'éy aquero so qui bouléts dise. E quoant e-b en y arribe
d'aganits de places.
— U pa tout doy. L'û qu'éy Baylouquî. Oubrè de la destrau, brabe gouyat se m'an dit ; que s'a coupât las dues
cames en thouriqueyan d'ûe serimane enla, e que sera
impoutecat tan qui bisqui ; pay de chèys de familhe, hémne
malaudisse.
— Huganautalhe de Baylocq. Plâ que Testa. Embiats-lou
enta-u castèth, qu'en heram û pastis enta-us câs ou ûe cautère de bebenè enta-us porcs...
— Més qu'éy bou cathoulic, barou.
— So de dit, dit !
— L'aute que-s arribe de la mountagne.
— Lou de loégn arribat,
Que troumpe ou qu'éy troumpat.

N'y a pas que mounde arregagnats p'ous tarrès, curé,
b'auri pòu a la boste place de ha lou loup aulhè. Abéts bis
l'abésque dies as ?
— Nou pas nou.
— Coupe qu'abéts, you que l'èy bis e que l'èy dit la cante
d'aquéths limacs, d'aquéres sengraûses, d'aquére pudentisse
qui-s mentaben reyéns. E la sabéts, caperâ, aquére cante ?
— Nou, nou pensi pas d'abé-lé yaméy entenude.
— Escoutats, ne pouyrats pas d'are-enla disé-n autan :
Siaumes que canteran,
Gatrechismes que heran,
Gampanes que souneran,
Glèyses qu'escouberan,
Barbes que raseran,
Humerès qu'arcusseran
Bach que treshumbleran,
A cade priggle que tremouleran,

�LOU REYEN DE LA BIELHE MODE

133

Aus escarnis ne mouteran,
E si téms y soubre qu'escoulieran.
Atau, curé, balhi qui balhe,
Qu'éy la dèts-lèy de la reyentalhe !

— E qu'a dit Mounsegnou, se-b plats, barou '?
— Que lous caperâs que pèrden la bie dou cèu quoand an
trop d'esprit.
Oh! la beroye boule-marie qui s'en tourna aquéth sé,
pourtade sus ù pa d'alétes bermelhes, enta-u cèu de SénteSuzane. Adiu, saunèys de boentat, saunèys d'amistat, sauynès
d'ana gauyous! N'èts pas hèyts enta-d aquéste bite.
Tournât ta-u prebytoère, lou curé que cadou au pè de la
crouts e que ploura. Que so qui poudè entèr l'engludi de
l'abésque e lou martèth dou barou ?
L'endedie, lous dus reyéns qu'arriban a l'hore dite. Més
lou caperâ n'ère pas a case, que l'abè calut ana en courrén
dinquo la termière de Mountgiscar, pourta lous darrès
sacreméns a ûe bielhote qui abè arregoulère de la terre ; e
lou mayre qu'ère de passèy dab lou chibau e lous câs. Lou
purmè yurat e lou signoun, Baratou e Carsusâ, dab lou
benitè qu'ous hén arcoélh e qu'ous balhan entrade au reyistre.
Homis de goalharde humou qu'èren de segu Baratou e
Carsusâ e que poudèn paréche sus l'escoubat. Lou pintou
sus la taule e lou bèyre a la mâ, n'aurén pas balhat rampèu
a nat riberénc, a nat mountagnòu. Més entèr dus reyéns,
causilou méy sapién, qu'èren aquero gnaute pa de causses.
— E quin se las bam bira, hòu Baratou, edichou Carsusâ ?
— La fé, n'at sèy pas goayre. E bos qu'ous yoguim a
crouts ou pilles ?
— E you, s'ous bouhe a l'aurélhe lou benitè, que-m
prenéts pèr û zéro de chiffre.
— Qu'as resou, a force de souna la misse qu'en as début
apréne de loung e de larye.
— Dechats-me ha.
A tu, Baylouquî, lou Graduel.
A tu, Montagnòu, l'Antiphonaire.

�134

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Leyéts amasses.
Plâ, plâ !
Cantats adare!
Lou Mountagnòu que s'ère atalat dab lou Credo dou
purmè toun e la soue bouts lauyère e fine coum Taie de
l'auringléte que semblabe û aperét dou cèu.
Més lou Baylouquî qu'en ère a û bersét de brèspes e que
s'y hesè coum û pét de priggle qui a mile reboums a toute
cournalère de maysou, a cade birepléc dou camî :
In èhèxipitu Iséraël de Egypito ho, Doouminus Jacob de
poouripulo, baribaro ho !

— May de Diu, se hé Baratou, lou beroy Credo e lou
beroy hòmi, causim aquéth.
— E-t bos cara, hilh de quauque, e respounou Carsusâ,
dits s'as yaméy audit a brèspes û siaume cantat, resounat
dab la bouts e dab lou nas tau coum l'In exitu. Lou baribaro de la fî que-m a hèyt passa û arissou entèr pèth e car.
Que bouy lou Baylouquî:
— Ni l'û ni l'aut encoère, se dits lou benitè. Beyam béde
quin se ban sourti d'aquéste analyse.
Diu qu'ey bou.
Lou Mountagnòu qu'escriut : Diu, sustanpif propi.
Lou Baylouquî : Diu, noum propi.
Pèr debath mâ, lou curé qu'abè balhat aquéth passadye e
lou sou paperot que pourtabe : noum propi. Bibe Baylocq,
se crida labéts lou benitè.
Perqué doun, e hén aquéste cop amasses lous dus yurats'?
Sustanpif qu'éy ûe cause de grandou, au Mountagnòu lou
poumpoum. A dus countre ù, que calou bâcha l'aie.
Baylouquî qu'abè besougn de la place enta boussa la bouque au sou canalhè. Qu'y coundabe, que la credè soue e
qu'en lou cousta prou de téms aban de coumpréne. Més
quoand se bi pergut, quoand sabou que ta-u praube que
s'en ère encoère tournade la biasse, que-s lheba mourdentemén ; dab l'ayude de l'escasse e d'ùe carrièyre que s'arrebira
e que parti thanquét-thanquéth. Au soula de la porte que hé

�LOU REYEN DE LA BIELHE MODE

135

adichats : Bou brèspe, méstes, e gran mercés toutû ! A truques de balentie qu'ère demourat homi, més au houns de la
bouque arrauquilhouse, qu'y abè coum bère peguessine de
saumucs. D'entené-u que hesè heri lou cô.
Mountagnòu, ah! lou brabe homi, ah ! lou beroy reyén !
qu'où segui au traslay.
— Qu'ès doun hère malhurous, Baylouquî ?
— N'y a pas û passe-coth au gufét nouste e que eau ha
bara hoèyt bouques tout die. A la boulountat de Diu ! Au
nouste peys hurousemén, n'en y a pas yaméy mour nat de
hami.
— Praube pay e praube coade ! Més caminats chéns
arrebira-b ; que souy riche puchqu'èy la place : la mesade
houstau pèr houstau, loudyat, blanquit e apougnoucat dab
dèts escuts au cap de l'an. 0, que souy hère riche. Tè,
que-m y soubre dou biadye ù escut de chèys liures e mièye
doutzéne de sos. Que-thiqui l'escut en la pothe ; ne remudis
pas doun, n'èy pas besougn d'arrèy you ; e au cap de l'an
que-s partiram la seutade.
Que m'en heri û pam de la mîe bite ta poudé sabé quin
se las a birades dab lou castellâ e lou curé lou beroy reyén
de Sénte-Suzane. Més l'histori mayhasti dou téms passât
n'abè pas oélhs enta so de petit e qu'a dechat a l'oumpre
dou desbroum lou gouyat biencut de la mountagne.
Que-m maucuti toutù qu'aura hèyt coum lous auts
reyéns de labéts, escouliat croèts a, b, c, d, chifrat û cop ou
gnaut, dit catrechismes, cantat latî, serbit de baylét a
tout lou mounde, huetat dab la brouste, bourrât a cop de
barre lou canalhè enla ha-us bade lou cap moufle. Més que
pèr coustat qu'aura tabé hèyt hère de dou-bèy ; mestiè
qu'amuche e au purmè trebuc qui l'a tumat, be sabéts
aquero '? lou paysâ qu'a toustém aperat a l'ayude lou reyén.
Praube dominé dou téms passât, n'ères pas autan pèc
coum at bolen dise, més n'ère pas la toue faute se n'én
sabès pas drinou méy de cap e de plume.

�136

LOU PROUSEY

D'U BIARNES

Badut soubéntes cops au cout d'û larè chéns auyou héns
ùe crampe chéns arcalhèyt, au ras d'û gufet chéns mesture,
pèr la graci de Diu qu'abès punteyat, poussât e cabelhat.
S'aprenous de léye, qu'estou pèr caritat. Se tribalhas qu'estou chéns endiques ni mustres. Mercés au piquepouth qui
aymabes drinou trop, que brabeyas, en trufan-té, la frèbe e
lou mau caut, la rèytes e las gnargues dous homis e que
poudous camina en han pertout doudze mestiès, trédze
misèris.
Més ne-t denégui pas pèr aquero, ô lou mèy ancèstre
dous téms purmès, pramou que pèr michè qui-t héssen,
que-m paréch toutû coum lou bèrmi de luts qui pourta, au
cap dou sou peruc, drin de gauyou héns lou cerbèth escu
dous arrépapous biarnés ; pramou que drin pèr drin que
pensas e qu'ous hés pensa ; pramou que mercés a quauqu'arrèy qui nou sèy, qui ne-s bét e qui ne-s ioque, e qui
toutû e-s trobe au nouste peys e pas autes ; mercés a-d
aquero, qu'aydas a ha dou puble de Biarn û puble fièr
e libre.
Reyén de la biélhe mode, que-t aymi e que-t hèy serbitur !

�U ESCANTILH DE FARSUR

137

xxxvi

V escantill? de farsur

Mfk^Sfe.UE

s escr

'
ibi farsur, farçur, falsur ou falçur,
aquéth mouth que sèrb a mentabe lou qui-n hé
de peludes, lou quin-trousse de las de calhauarrousat enta ha arride.
Més l'arride dou biladye n'éy pas l'arride
beroy e fî de la yén qui-n saben de plume, qui s'escarcalhe
tout soul a ûe paraule a dus talhs, a û pléc de la care, a û
array debisan dous oélhs.
Nou, n'èm pas autan rafinats qu'aquero pèr nouste.
Au peys dou pipèr ]e de l'espèci, lou farsur que déu esta
arregagnat, empertinén au sou debis, malin, aban-hèyt e
mardâ a las soues hèytes.
La peguésse dous auts qu'où hè counde ; més que l'y sèrb
d'abé cames lounques, bras brinchuts e pugnsbaléns. Pèr
tan pèc qui sie û homi ne-s counténte pas toustém de dise :
ah ! s'ou hiquen lou dit a la bouque.
Lou mèy farsur qu'a biscut de car e d'os, que l'èy plâ
counechut quoand èri yoén, qu'èy bis usquoans tours dous
sous e lous auts que m'ous an dits lous qui ous sabèn.
Qu'éy doun asso ûe histori bertadère e nou pas ù counde.
Beroye ou lède que la balhi coum la sèy : qu'en diserèy prou,
se crèy, enta ha lou pourtroèt dou farsur dou biélh téms. La
race que s'èn pèr, se disen ; e, aboam-s'éc, per aquero lou
sourélh ne-s lhebera pas en gn-aute endrét.

'^V

Pwgî

:

�138

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Qu'ère û gouyat gaynut e hèyt au tour lou nouste farsur ;
qu'abè lous oélhs blus, lou péu esquiroulat e rous, tabé yé
l'abèn subernoumat lou Rous de Loustaunau. Haunéste
qu'estou toustém, braboulas tabé, n'auré pas hèyt doumau a
ùe mousque en at boulén ha, més qu'abè lhèu lou cô drin
eschuc ; e, qu'at ani béde lou qui n'at crét, a-d éth qui ne
pensabe pas sounque a ha deberti lous auts, arrés ne-s soun
pas yaméy pouduts banta d'abé bis l'arris aleteya sus lous
sous pots. N'ère pas gran debisedou ; e quoand abè hèyt û
tour, que seré estât a malayse de gaha-u pèr la loéngue.
Au sou téms d'escouliadye, lous gouyatots que l'abèn
bateyat tumehus.
Las guilhésques qui hé labéts que soun parières coum las
de la maye par dous escouliès. Quauques-ùes toutû que
sabèn a l'usclat.
Labalande qu'ère pèr labéts lou sou reyén ; lous escouliès,
batalurs, trabaténs, arregagnats, n'abèn pas enta-d éth gran
escout, tabé a tout pip-pap que gahabe d'aquéres malicis qui
herén pèrde la termountane au yénse cabélh dou Biarn e de
Gascougne. Pensats-pé drin se-s debirabe soubén estrilhades
e mandilhades! Sounque de pensa-y que balhe lous arissous.
Lou Rous qu'en coelhè, la soue grane par, que las parabe
chéns bouha téque, mourgagna û escarni ou barreya ûe
larme, de fayssou qu'où credèn touts, e lou reyén p'ou cap
de daban, repropi enta la bensibe.
Croumpa qu'où hésse lou qui n'ou counechè !
Dominé n'abè pas yaméy abut û huét de doudze lounyes
coum n'ère la mode, pramou que, malhurousemén ta-d éth,
qu'ère mâgarnit de mounéde coum û carpaut de plumes.
Més qu'abè de beroys carreléts de très ou quoate pams qui,
ou balhabe lou menusè en pagues de quauque counde qui
ou tirabe. Lou Rous que s'abisade freta-usdab quauqu'arré
qui n'abèm pas yaméy sabut au segu ; — lous abisats que
credèn qu'ère dab ûe ascle d'alh ; — e labéts, a tout truc qui
truquabe lou dominé, lou carrelét que-s hesè en brises coum
lou bèyre.

�U ESCANTILH DE FARSUR

139

E Diu mercés, que serbibe soubén aquéth arnés de
Couhét : s'ou mouth de las cames, s'ous moundoulhs de car
oun se sèdenl'haunéste yén, s'ou caputh dous dits arrenquats
coum lous quoate cors de las galhes, sus la peluche dou cap
enta mata l'auyami, e disèn en arridén lous gouyatots. O»
en arridén ! N'y a pas arré de méy tarrible coum lou canalhè
pèr aquéth adye, oarats; aus saumucs que hèn toustém
mesclagne de quauque arris.
E sabéts so que gagna l'escouliè benyatiu ? De ha cambia
lou carrelét enta-d ûe branque d'aberou. E lous trucs que
plaboun méy a-d arroun encoère.
Més a l'entan qui lous pays e las mays, au loc d'achoala,
enguichaben : Kss, Kss! lou Rous qu'en armugabe ûe de
croustilhouses.
Tan plâ que hé, que tout brèspe lou reyén que s'ou
goaytabe quo bouque de noèyt dab mièye doudzéne de
camerades. Coum û auribath escusèc, lou Rous qu'ère toustém en û cor tout soulét.
Tumehus, s'ou hesèn lous auts !
Eth que dechabe dise.
Pèr û bèth cop, a la porte que hén : toc, toc.
— Entrais !
— Toc, toc ! toc, toc ! toc, toc !
— Que-b èy dit d'entra.
— Toc, toc ! toc, toc !
— E bos entra hòu, truquedou de poumes coèytes ?
Gouyatot, bèn béde qui éy aquiu.
— N'y a pas arrés, hèy, méste.
— Que sera quauque guilhém-branè qui hè dou Yan.
— Que-s hiquam touts a tourna léye ou escribe chéns
pensa a la benalèye.
— Toc, toc !
— Encoère ?
— Toc, toc !
— B'at bam doun, au doubleban, sabé, ya !
En duts sauts lou reyén qu'ourbi la porte. N'y abè pas

�140

LOC PROUSEY D'U BIARNES

arrés. Lous escouliès que s'èren lhebats, la hémne dou
reyén e ûe besîe esbagade, en audin l'arroèyt qu'abèn courrut ; touts amasses que cerquan pèr debath lous escalès, héns
las crampes e lous cabinéts de la pélhe ; enloc ne s'y trouba
tralhades dou truquedou.
Lou reyén n'arridè pas, las fumèles qu'èren estounades e
lous gouyatots que disèn : « Aquéth truquedou que déu esta
sourciè! » Lou Rous, atau coum toustém, ne moutabe pas,
qu'espiabe la bouque ubèrte. Més lou qui ausse hèyt recèrc
pèr la soue place qu'y auré troubat û hiu tintât de blu qui
puyabe « enbisible » ta-u soulè en regan lou piterau.
L'endedie qu'estou la mediche coumedie. Aquéste cop,
lou reyén qu'abou pòu e lou crit qu'ana de l'û cap de carrère
a l'aut, que l'amne d'û defun que tournabe.
Lou prouclam qu'en arriba ta la case dou farsur e la soue
farse qu'en prenou ugn-aute bie.
A la nabère begade, lous trucs dou houns que puyan ta-u
soulè, qu'èren grans, sécs e qu'abèn reboum en touts lous
cors de la biélhe maysou.
A mau grat qui lou sourélh e lusisse encoère, Labalande
que-s bouta a trembla, lous gouyatots a-d arride ; lou Rous
soulét coum û mabre que demoura mut e rét ; més au houns
dou cô oun arrés ne poudè léye ûe soûle arrue dou libi,
que-s debè deberti coum ûe escarbalh de la pòu de l'û e de
l'arris dous auts. Qu'aperan lous besîs, qu'en y arriba mièye
doudzéne dab hourques, coutèles e dalhots.
Praube rebenan, se ne t'escapes pas pèr quauque henèrcle,
que bas esta beroy alougat I
A l'entan qui l'ahoalh dous batalhès e puyaben l'escalè,
lous trucs que brouniben méy mourdéns : pou-pou-ou-ououm !
Au ras de la porte de la crampe, Labalande que manqua
de las cames e que s'esbouni. Lou méy assensiat que digou
labéts : « Ne soun pas dalhes ni dalhots qui eau assiu, amies,
més sinnes de crouts e pregaris. De profundis ! »

�U ESCANTILH DE FARSUR

141

Arroun qu'entran atustats, la hourque a l'en-daban en
gourgueyan : « Requiescat in pace ! »
Més la crampe que-s trouba boèyte, e la courtîe dou lhèyt
barrade.
Lou méy hardit que l'ourbi.
U gat de nau coudes si sabéts so qui trouban !
Quauqu'arré coum û asou-fantôme dab loungues aurélhes
e ûe coude de dues aunes, hèyte de cames de causses
biélhes. Qu'ère sedut s'ou lhèyt. A l'ûe pate qu'abè û carrelét
de nouguè tout nau e a l'aute û alfabét coum dominé quoand
hesè dise: Croèts, a, b, c, d...
Touts amasses que poussan ù espatracat d'arride a desglounti lous taulats e las paréts ; més arrés ne poudou yaméy
sabé qui abè truquât lous trucs, ni quin ù asou de palhe e
de perrécs abè poudut ana-s'én ha l'escole ta-u lhèyt dou
reyén, pramou que, coum de coustume, lous Rous que s'este
e rét e mut.
Lou Rous adare qu'éy badut gran, la barbe qu'où pousse,
qu'a fenit l'apprentissadye de charpantè e qu'en ba pèr las
portes ha piqua la destrau e bara las tarabères. Aubrè balén,
qu'a autan de pratiques coum ne bòu e las gouyates que
l'espien dab û èr de sabi-sabi : qu'en proufièyte. Praubines!
Més au câ qu'éy de cassa e a la lèbe de-s sauba. Toutû s'en
emparaula û hai'dèu, — enta-d aquero que-s paréch que
sabè ha bara la loéngue, — n'en goasta pas nade, que-s
countenta de ha-lés guilhésques, beroyes ou lèdes, aquero
que l'ère parié ; més soubén qu'èren melèu lèdes.
La qui hé a la Sourinéte que l'auré méritât d'esta escoarterat.
Qu'ère pèr Coarémne. Dab lous dus rays qu'arrecourrè
lou tèyt de la glèyse. De loégn que-t bét ;arriba la gouyate
estuyade cap e tout héns lou mantelèt.
— Say, se dits au Peyot.
— T'oun?
— Say e hè dehèt.
Que deberan aus quoate pès.

�142

LOU PROUSEY D'U BURNES

— Hiqué-t aquiu a yenous.
Aquiu qu'ère lou counfessiounau.
— Més b'ès hòu ?
— Nou la Sourinéte qu'arribe e que bouy counfessa-lé :
l'afiusat qu'a lou drét de sabé so qui pénse l'afiusade soue.
Tout en debisan que-s hiqua a la place dou caperâ e dab
lou Peyot que hesèn lou coum-qui de la counfessiou.
Sourinéte qu'arriba, que s'ayulha, que prega e quoand
lou hourat dou penitén e-s boèyta, qu'y entra chéns maucut.
Aysit qu'ère de ha dou caperâ, é bertat? Ne calé pas
sounque escout.
Més la tenterique dou diable, la tenterique de sabé detire
qu'où hé tira trop lèu lou hissou. Que debisa coum û barruè
e nou pas coum û curé.
Sourinéte qu'abè troubat la farse drin escousénte, lou pay
sou e lou ray tabé. Hurousemén lou fenimén que hé tout
lou mounde counténs. Arroun û passèy pèr deban lou mayre
e lou curé dab quoate temoégns, lou marit que poudou a la
moulhè demanda tan qui boulou lous sous penseméns.
Més se sabou toute la bertat,
Que bouy esta escapitat.

Lou maridadye ne goari pas lou Rous.
Cinq ou chèys cops qu'arrebiscoula lou truc dou dominé.
Enso d'û tisnè que hé téche lou telè la noèyt, sus las
ounze e mièye. Espaurit lou pay qu'apera lou hilh : « Biséns,
porte las hores, lou demoun que turménte la téle ». E au
moumén qui s'ourbi lou libi ta precanta l'esprit de la noèyt,
û bouhét qu'estupa la candèle.
A Yan de Clarinètes, desbelhat pèr la truquère d'ihèr,
qu'embia s'ou nas, dou soulè enla, pic séc, dus, très cops de
seguide, û berrét cerclât dab û bensilh. Clarinètes que sauta
dou lhèyt, que courrou ta-u graè, dou graè ta-u tèyt e que l'y
balou au farsur d'abé la timplégue cinglante. Aquéth cop que
hé de segu arride toute la carrère, més aus sous despéns,
pramou que la bertat ne demoure pas toustém insabude.

�U ESCANTILH DE FARSUR

143

Quoant de cops e l'eschiquetan las aurélhes dab aquéste
dit : « Qu'en as troubat û qui t'a hèyt rampèu ? N'èy pas
aysit, hòu, de ha cula lou Clarinètes ». Lou Rous ne raoutabe pas, més ne poudè pas mourse d'abé serbit de soulas e
qu'atendè la bensibe coum lou gat a l'argoèyt de la sourits.
Clarinètes ne pintabe pas soubén, més quoand s'abiabe,
n'abè pas estanc, que s'en cliquabe ûe doèle sancére e labéts
que soulè de dise : « Se la hèm, hèm-lé ! » Tan e méy que la
hé ûe noèyt, qu'a l'esguit dou die, quoand s'en tourna ta
case, las cames n'ou bouloun pas méy pour ta ; que-s yasou
a l'estrém dou camî, lou cap sus ûe pièle de terre e lou drin
de counechénce qui ou soubrabe que parti ta-u péys dous
saunèys.
Lou Rous qui-n anabe ta-u tribalh, qu'où trebuqua.
Pieytadous, qu'où sarra dous arrouderats.Escarnious, qu'où
digou en arridén : Hè beroy, adare que mé la bas paga.
Quoand abou la garlope a la mâ, au loc de ha-s-y a-d-aroun
coum de coustume, Rous que lampouineyabe, que-s tienè
lou palada hén la paume de la mâ e que demourabe empensat. La daune qu'où demanda :
— Ne sémbles pas ahurbit de hoèy, Rous.
— Ho !
— Es malau ? E boulerés drin de goûte ou dues arribanes
dab mesture toste ?
— Nou, nou !
— Qu'as doun?
— Que eau que-b at disi, lou secrét que m'escane, més
yurats sus lous Ebanyèlis que-b at bats goarda ta bous
souléte.j
La daune que yura. Hilhe de la mayrâne curiouse,"qu'auré
yurat cén cops ta sabé û secrét. Sermén nou carque.
— Bé sabéts, Clarinètes ?
— 0, câ e gat, amies coum rays.
— Que l'èy troubat s'ou cami de la Trèyture. Michè ! quin
miscat !
— Debise, en l'aurés balhat ûe bourclade ?

�144

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— You? En medich téms que badè blanc coum la camise.
— Malhurous, e l'as afoulat oumén ? Qu'as lou pugn
mourdén.
— Nou ! més qu'aléte encoère e que bouhe, que bouhe,
tè, coum la boste Finète quoand arrounque.
— Encoère biu ? Perqué ne l'as pas hèyt tourna ta case ?
— Ne pot pas ha cames.
— 0 Rous, Rous, que las y as coupades, bertat? Toutes
dues !
— Nou ! Qui a dit aquero ? Que soun mesounyes, î ! E
arroun, qu'abéts yurat. Anats-p'én, hoeyéts d'aquiu, dechatsmé tribalha.
Be counechè las fumèles lou farsur ! Au cap de mièye
hore, que sabèn a toute maysou que lou Clarinètes qu'ère
yasut s'ou camî de la Trèyture, las dues cames coupades.
N'ère pas mour, més que debè esta abansat ; desempuch
yuste dues hores qu'abè lou garrangoulh ;lhèu, praube d'éth,
en éy a las darrères !
U mùrti, — pramou qu'ère û mùrti aquero, qu'at calé
créde, n'at poudèn pas denega, lou murtè que s'ère saubat,
més que l'acoudilhaben de l'aute par d'aygue, aban la noèyt
que sera gahatl — û mùrti doun qu'éy cause riale aus
noustes petits biladyes oun la yén e soun pasibles, brabes,
oun touts e soun paréns, tagnéns, amies. Tabé la noubèle
be hiqua lou peys en susmaute.
Coum ûe proucessiou, que partin touts lous qui poudèn
ana-s'én de case decap ta-u camî de la Trèyture. Lous abisats
que s'abèn hèyt segui û bayar dab û pa de counnes, dab
couchîs, aprigues e matalassines. En passan que hén coussire dou médye, tesic de la persoune, e de moussu curé,
tesic de l'amne.
Quoand s'apercebou lou tue qui hesè lou qui s'enpassabe,
lous debis que s'estanquan, lous passéts que-s hesoun lauyès
e la hourre que s'atusta tout choalines.
Lou garrangoulh qu'où dabe coum lou bouhét de la
hargou.

�U ESCANTILH DE FARSOR

145

&lt;r Praube Clarinètes, quin triste hat, feni aquiu e atau ! »
L'amie Yan qu'abè l'aurélhe fine, qu'ourbi la perpére, que
bi l'ahoalh de mounde, que-s lheba s'ou foundemén e dab
l'arride franc qui balhe lou piquepouth :
« A la boste santat, amies, e se la hèm, hèm-lé !
Nou!
Biram la hoélhe dou libi.
Au farsur a cops, lous aymadous de l'allegrie que bouloun
youga la trousse, més qu'en pourtan soubén las foulanyères.
Martou, be sabéts qui? La hémne sourrude, bourrude,
barbude, qui gagnabe tan de galabîs en benén pâ e bî e car,
e tan de pecétes en disén l'abiéne bertadè, en biran la sourcieralhe dou bestia, en goarin lou mau-dat, lou hat
malecarous e tabé touts lous entées deberats ou dou cèu ou
de l'ihèr. Pramou, au Diu bibostes, qu'éy dat au suryén de
soegna aquéths miscats coum a û asou d'ahoelha mestures.
Qu'ère lou dilûs gras e Martou qu'abè hèyt, ûe toupie de
poutadye autan grane coum lou cubét d'abugada û bugadét.
Qu'y abè ûe troupe de trebucs a-d aquéth poutadye, dus tros
de loum, dus quartiès de guit e d'auquat e ûe garîe, en pe
demandan escuses, farside dou hourat de daban au hourat
de darrè. La sabou en humerade que flamboureyabe pèr
toute la maysou; e, pèr las fernèstes, que hesè estanqua au
mièy de la carrère, lous qui-n anaben ta-u marcat. Au sou
lengoadye que disè : « Entrais doun, ûe goudale de dus sos
e û pintou de très que tiénen l'homi yoén e frés, » E touts
lous qui abèn pille que s'estanquaben e las cuillères que
tringuereyaben sus las siétes flourades e lous gauyous debis
que cliqueteyaben e qu'arreyoeniben la biélhe maysou de la
sourcière Martou.
Tumehus que passabe e nou s'arrebirabe. Martou que
l'apère, e, bou grat mau grat, qu'où hé ataula, abéura e
minya.
— Asso qu'éy û embit s'ou dichou ère ; en pagues hèm û
petit serbici : puchque bas ta la bile, pourté-m au Quidelou,
lou noutari dou beroy mounde, aquéste pa de pious e dits a
10

�146

LOU PBOUSEY D'U BIARNÈS

la Quideléte de ha-n û courbelhou dab ûe boutélhe dou
tanat enta soupa au sé.
En disén aquero que troussabe autan miut qui poudè lous
ausèths dehéns ûe gazéte e qu'ous ligabe dab ûe liguéte
rouye.
— Atén, atén, ne mautis pas, que t'ous hiqui héns la
pothe de darrè de la biasse, la de daban qu'a trop d'endoum.
Que hé coum disè. Més au Rous que sembla qu'y ère drin
malestrugue e qu'abè calut ana dus cops enta-u hautot ta
bouta û soul paquét.
Que parti en disén gran mercés: qu'ère aduquat Tumetms.
Més au birepléc purmè que tire lou paquét e que l'espie.
Badoun qu'estésse troussât dab ûe gazéte e ligat dab ûe
liguéte rouye, qu'abè coum û bèth èr de crayounade. Douceméntotes qu'où destroussa e qu'y trouba ?... û pa d'arrats
peluts, barbuts, sourruts, autan coum daune Martou.
Chéns esmali-s, lou Rous que hé arrepè e que plabou au
salou oun s'y hesè û prousèy qui debè de segu esta debertissan. Lous bebedous qu'arridèn aus hahas d'aquéth arride
chéns fi qui-s mentau l'arride pegau. Badoun a la barbecuye
Martou, lous nas e lou mentou qu'en la hesèn chalibourdou.
— Daune, se dits lou crayounur crayounat, que-m souy
arrebirat de la coste dou Pèdoubos enla : qu'y plabusquéye
e que seré hère a dise se n'abèm pas û carnabal trempât :
se-m presteréts û paraplouye ?
— O, de bou grat, sèt-té û pas, que eau que puyi ta-u
soulè.
Au loc de sedé-s, Rous que la segui, més que s'estanqua a
la cousine. En û biroulét de oélhs, qu'ahoune lous arrats
héns la toupie e qu'en tire la garîe.
Quoand Martou estou deberade dab lou paraplouye, que
trouba lou Rous de piquéts, lou paquét liguetat de rouy a la
biasse ; pas ûe brée de la soue care ne tremautabe : qu'ère
yuste pecat de deberti-s aus despéns d'û pèc coum aquéth.
Tan estros qu'ère, qu'auré minyat la sibade sûs û eu de
barrique !

�U ESCANTILH DE FARSUR

147

Lou sé au soupa, quoand Martou abou hèyt la goudale,
qu'ana tira de la toupie lous ducs trebucs darrès. Qu'èy
pieytat de bous auts, homis e hémnes qui leyéts, ne-b
diserèy pas doun so qui abienou. Més la reputaciou dou
Rous que praba, que praba, que praba coum la lèyt a la
cautère, sustout enso dous qui n'abèn pas repêchât pèr
carnabal a la taule de Martou.
Que calou ûe poutingue dou pouticayre enta goari lous
rebocs de la sourcière.
Sus ounze hores que feni pèr adroumi-s.
Més a mièye noèyt, a-d aquére hore oun l'armade dou
mau e hén lous èrs, oun s'esparpalhe capbath e capsus ta-d
ana ha l'obre noèytibe de malhur, a la maysou de Martou
qu'y abou û trimbelabaste coum ne s'en y entén pas qu'a
l'ilièr bahide. Dou bèc au houns dous escalès, qu'ère ûe
brousside, qu'auréts dit û bros d'arrebots qui deberaben
chéns cès ta tourna puya e debera encoère. Héns las crampes, û esprit malin que sautabe, que birouleyabe ; las
carièyres e lous mubles que semblaben esta de la hèste ; a
la borde lous arnés que s'èren hiquats a dansa. Pèr s'ou
tèyt, capsus la serimane, las téules e las loses que hesèn
musique. E dab aquero ûs arneguéts, ûs crits biahore qui
hén desbelha tout lou besîau. Aquéth sabat que dura quûu
die. Arrés n'abè courrut a l'ayude. E sabéts, que s'at biri
coum pousqui la sourcière, s'a hèyt pactou dab lou diable,
qu'éy yuste que pàgui !
Tabé quoand l'endedie e la bin, blanque coum ûe desenterrade, més toutû de'cap ensus, qu'estoun beroy estounats
lous dous entours, que la credèn partide ta-u péys dou hoéc
e dou soufre.
Lèu qu'aboun l'esplic de la prigglade. Hén la palhe de
l'estable, que trouban lou gat de Martou dab ûe esquire de
baque mourdentemén ligade a la coude. Que s'ère esbounit
aquiu quoand las forces e l'abèn manquât.
E ta que sabousse la sourcière que n'ère pas aquero ûe
bensibe de Mouriquét, lou farsur que l'abè claberade a la

�148

LOU PROUSEY D'U BIARNES

porte, dab ûe tadye, aquéste moutot : Que decheras droumi
lou câ quoand droun, hòu, beroye alezane ! »
Usquoans farses dou Rous, se-m bats dise, que-s sémblen
hère enta-us miscats qui hèn courre lous moussus qui porten
courdous pigalhats. Quin se hè que lou farsur nouste n'ayi
pas yaméy anat counda lous cabirous de la cauyole ?
D'aquére oun barren mounde qu'y a e qui, se disen : N'éy
pas hèyte enta-us câs !
Oh ! lous qui aquero e demanden, ne counéchen pas plâ
l'anâ dous biladyes dou Biarn, p'ou mièytan dou sègle
darrè. Enta-d ana ha coussire a la yandarmerie que
calé labéts qu'y abousse mour d'homi. Ue sarsiâde pèr
mardâne qui estésse, ûe came alebade, û bras poudat, lou
tès dou cap henut, ne balèn pas ûe denounce. Tout aquero
que-s goaribe, que s'apedassabe soulét, ne calé pas que drin
de paciénce. Labéts ta que ha arride la yén de yustici,
proucururs e hussiès, abouats e aboucats, race de minye
riches e de grate praubes ?
E arroun, abéts yaméy bis coundanna û homi chéns
probes? Esprabats de ha debisa û temoégn encoère hoèy
quoand pot ha de ménch e qui n'a pas intrès a desclucheta
lous pots? N'éy pas aysit. Entèr éth medich que-s dits:
Abis-a-nos, qu'éy proche de Pau, doumâ que pot esta lou
mèy tour ; lous curious que s'en anin ha flaûtes e guimbaléts,
you n'éy pas bis e ne sèy pas arrèy. Mellam-sé de so qui-s
tagn.
TJOU

qui ta-u marcat chéns coénte e ba,

Lou boun Diu qu'en l'y da !

Mercés a-d aquéth pléc de la pensade biarnése, lou Rous
n'en pati pas las foulanyères. Dus cops toutû, que hé bère
bire d'ana pourta lou nas deban la yustici.
Yan de l'Os, lou yénse pourcatè dou peys, qu'abè hèyt
croumpe d'û trentenat de pourcots en û marcat dou Bascoat.
Més a lou, las cours qu'en èren deya cougnides coum û barricot de chardines ; que debou doun larga la minyance basquéte pèr dehén lou pati. Arreberat, pèr la trote e la gouhe

�U ESCANTILH DE FARSUR

149

dou die, n'abou pas embéye d'apastura-us en arriban. Que
heran coum you, se-s pensa éth, qu'esdeyoeran doumâ
matî. Més aquéth entenut n'arregoula pas las bèstis, tabé yé
rougnan biahore la hami e la sét.
Lou Rous qui roundaleyabe pèr enquera, que-s proumetou beroy esbat. U cop n'éy pas coustume, que youga lou
tour ta-d éth soulét.
Que s'ana amassa ûe haute de milhocs au cam de l'arribère. E, ne sèy pas s'at èy dit, lou Rous ne manquabe pas
de letradure ; qu'abè leyut au Libi que Samsou qu'abè ligat
très céns renars coude a coude enta hiqua lou hoéc au roumén dous Philistins. N'ère pas prou malin, éth, ta boulé
tousta Yan de l'Os dab la soue bitoalhe, nou ! Més oun ère
lou mau de boulé-s drin deberti pèr aquére noèyt tan beroye
e tan douce dou més de setéme ? Coum lou Samsou dou
biélh téms doun, que s'aproucha de las bèstis, que las fréta
l'esquîe ta ha-lés demoura dous ; e dab ûe liguéte tilhude
que las flouqua la coude de séngles cabélhs de milhoc. A
gule afangalade, nas de câ. Lous porcs ahamiats que sentin
la bouniquerie e que s'acoudilhan l'û a l'aute, en rougnan
de plasé, en ourbin la gaute toute liante ; més qu'ous y arriba
û hardèu de miscats : en credén de gaha û milhoc, que gnaquaben soubén ûe coude.
L'endematî, lou pàti de Yan de l'Os qu'ère destrempat
coum dab ûe plouye bermèlhe ; touts lous porcs qu'èren
coudots, e mièye doudzénede pilles, depatèrnes a la capsus.
De segu, n'abè pas pensât a-d aquéth malhur, lou farsur ;
més arroun aquero, n'y a pas mouyén de ha moulétes chéns
claqua oéus. D'aulhous be poudè ha débite Yan de l'Os ? E
pèr nouste, a la débite qu'éy lou proufièyt.
Quoand se bi las bèstis esbrigalhades, lou marchan de
bitous que-s hiqua a crida coum lou gay au téms de la cerise.
Detire que l'y arriba counsoulacious e endiques, méy que
n'en poudou mourse.
— Que déu esta aquéth hilh de quauque de Rous, s'ou
hesè lu.

�150

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— O, you que l'èy bis passa dab û hautot de milhoc, se
disou l'aut.
— Badoun, yaméy ne l'abachi, e hé ù tresau, se n'ère pas
éth qui ère acabalat, came-ci, came-la, a las ounze e mièye,
s'ou capulét de la murralhe dou pàti, e crida ûe daunéte
besie.
— Chou, chou, prou de dit, e respounou l'Os.
E chéns lampouyneya, qu'ana demanda ayude a la yén
d'armes, aus beroys moussus qui porten courdous.
Ha, ha, b'ès hère maynadye pèr esta ù fî pourcatè, Yan
de l'Os, que m'estouni de tu !
Quoand lous câs e parechoun ta segui la quèste, toutes las
lèbes que s'estuyan : arrés n'abè bis, ne sabè arrèy.
E lou Rous, méy mahutre que yaméy, més brabe e yenerous, que disou a Yan de l'Os :
— Que-t perdouni pèr aquéste passade, hôu Yan ; adiu, hè
beroy tan qui pousquis e ne t'y tournis pas se ne-t bos pas
arroumega la maysou e lou casala tabé !
Lou dounyè a cops que hè pensa e qu'en counéchi manterûs qui soun baduts brabes en seguissi d'û estrangle,
badoun qu'estoussen quo labéts estais de bire-hôus. Més
Rous que rousseya tho quoand la peluche abou passât a la
bugade dou téms.
Pèr la fî de garbe doun, que s'y abè hèyt maridanses au
Lebrè. Yanoutine qu'abè hiquat au hoéc la toupie de las
hèstes en nau, las litchères de may boune ; qu'abè tabé
aluquat lou hour enta ha tousta la poularde tegnère, lou guit
arpastat e lou galfou croustut, rous coum la goûte de l'aur.
Aquero qu'éy début e arrés n'y auré troubat que dise. Malhurousemén Yanoutine qu'ère drin credénte e dehèt espantoayre. Qu'en abè debisat a-d arroun, quinze dies a l'abanse,
de la soue hartère. A-d enténe-lé, n'y abè pas sounque ère
qui sabousse ha flamboureya lou poutadye e las sauces, —
que disè lous regous coum la yén de bile. — Enloc coum a
lou n'abèn tabalhes, serbiétes e lounyèyres tan fines au pléc.
Badoun hèy, espiats-mé aquéth tros de maynade, tegnère

�U ESCANTILH DE FARSUR

151

coum l'arrague dou casau e lebisiénte, tiéts ! que-s trauqueré
dab ûe agulhe : ne-b sémble pas trop pèc lou qui l'a boulude ?
Las besîes qu'en abèn lou cap halhat e las tripes birades
de la soue batalère e de las soues bantoris. — A la fî que hè
hasti, se-s disèn entèr ères ! Qu'en y auré enta hiqua-lé ûe
yunte de peyresilh saubadye a la toupîe e ta-d unta-lé lous
coudots dab û pugn d'arregagnat !
Lou dinna que-s hesou e qu'estou parié coum touts lous
dinnas de maridanses.
S'ou truc de mièydie que hesèn la goudale, a cinq hores que
minyaben encoère. Arroun que s'anan touts, homis e hémnes, l'afiusat can a can dab l'afiusade, ha û tour de passèy
p'ous cams, p'ous prats, p'ous bitadyes dou Lebrè. Hore
benedite ta la yoenésse qui n'abèn pas soubén l'escadénce
d'esta amasses tout souléts e de gourgueya quauque bersét
d'aquére cante toustém biélhe e toustém nabe, l'amou ! Pramou qu'èren méy souléts au mièy de l'ahoalh parensiè que
se s'èren clabats cap e cap hén la crampe noubià». La yén
de la terre ne soun pas soubén debisans, més quoand s'y
hiquen arroun ûe hartère de cinq hores d'abiade, n'an pas ni
estanc, ni escout ta-d enténe, ni oélhs enta-y béde : la loéngue destrabade qu'en ba souléte coum l'escourre qui tournéye lous trebucs ou qui ous saute pèr dessus, en brounin
toustém.
L'escurade qu'éy drin de tard-arribe pèr aquére sesou :
que biencou toutû pèr fis e qu'escouba dou cam e dou
bitadye lous hestayres. Arribats enso dou Lebrè que hén
touts semblans de boulé-s'én tourna ta case. Més labéts lou
Yan e la Yanoutine que s'y hiquan a tira-us enta dehén p'ou
bras e pèr la pélhe, lire qui tire !
— E-b bouléts trufa de nous bahide, se disèn éths ; lous de
boste que-s pouyrén pensa que-b abém boutât dehore !
En disén toustém que nou, lous embitats que s'ataulan
dinquo candèles mourtes ; e, ta quauque hore, quoand hén
lous adechats qu'èren touts pitars.
Yanoutine en dus sauléts qu'estou alhèytade. Ar*)un, a

�152

LOU PROUSEY D'U BIARNES

maugrat de la calou, que s'aloula darrè l'esquîe dou Yan,
que bouha û bouhét de plasé e qu'où disou choalines : N'éy
pas, au Gran, trop lèu ! Quins galapiâs ! Drin méy que se-m
arroudènlon gufét sancé, hès e claus e tout! Adiu, Yantoulot amie, da-u hor e biste ; pèr anoèyt, braque pregari puye
tau-u cèu !
E que s'adroumi d'aquéth droumi de la brabe yén qui n'an
pas tesic sus la counsciénee.
U arrebusquét de bite que la tourna escoupemén :
— E doun tè, Yan, se gourgueya entèr léns, qu'at bas
créde ou qu'at bas decha, més so qui m'a subèr tout regaudit hoèy, quey la yelou dou besîau.
A-d aquéth medich moumén û plagnét que henou l'èr,
aperéts que seguin, las bitres qu'en tringuereyan : Hòu Lebrè,
hòu, a l'ayude, a l'ayude !
En û saut, Yan qu'estou de pès, qu'ourbi la fernèste de
pous :
— Qu'y a, qu'y a, qui apère !
Nade respounse.
Més a quoate pas de la porte que s'endebinabe pèr auburi,
quauqu'arrèy de nègre héns lou nègre de la noèyt escure.
En tremblan drinou, Yan qu'ana béde. Que s'estanqua
deban ù semblans d'homi couhat d'û gran chapèu a la mode
espagnole.
— Es tu qui as aperat ? Que bos ? Que t'an hèyt ?
— Chutis mutis !
Lou sang que puya ta la cerimane de Yan. Piquepouth e
courbu que hesèn a l'estirebousséye héns lou sou cerbèth e
labéts, gare !
— Ah ça ! e bos respoune ou quin la hèm ?
Arrèy ?
Yan que sauta sus lou semblans d'homi e qu'où suslheba
ta hiqua-u de pilles.
Michè ! Qu'ère û bilhou de boys coèyfat d'ûe lose de mièy
quintau, la lose que cadou pèr coustat, se l'abè atrapat la
came que l'y henè.

�U ESCANTILH DE FARSUR

153

En arnegan, lou Lebrè que s'en tourna ta-u lhèyt. Més
aquero ne hesè pas la coénte d'ù gaiis escusèc qui espiabe
d'û cor de galère enla. Qu'èren l'homi e la hémne qui boulé
ha lheba amasses ; la hémne sustout que debè paga lou
desbor de la soue loéngue trop desliberade.
Au cap d'ûe pause, lou gaiis tout choalines que s'abansa.
De debath û tabliè de coé que tira ûe règle de charpantè e
que-s hiqua a houruqua lou hourat de l'ayguè enso de Yan
dou Lebrè. Toute la bachère grane, petite e miancère, la
rountère dab la beroye, amassade a drinots e counserbade
dab ourgulh pèr ûe courdiole de cinq ou chèys mayranes,
qu'ère aquiu, apielade, en pagalhes. Que cadou dab û arroèyt
qui auré hèyt lheba û mour de la hosse.
— Ah ! moun Diu ! éy asso la fî dou mounde ?
E marit e moulhè que courroun béde.
Més tout qu'a ûe fî e arroun abé estrussat lous testots,
Yanoutine dab lou Yan que s'anaben yase.
Que calé esdebura-s se boulèn ha û cluc pramou que lou
die que punteyabe acera hore e que l'auringléte sus l'estrém
dou countrebén apourade que coumensabe lou sou debis
matiè.
Més dab péne Yanoutine abè ère estenut las cames entèr
lous linsos, que poussa ûs ulléts qui s'audin de loégn enla e
qui hén lheba e arriba ta-u Lebrè tout lou besîat qui credèn
de trouba aquiu mourtalhe.
Nou, hurousemén lou sang n'abè pas coulât, més Yanoutine en û cor de crampe que clacouteyabe de herésse, e
que-s gratabe de la cinte a capsus e a capbath en poussan
plagnéts a heri lou cô.
Que s'y abè doun passai?
Quauque hade maliboulénte qu'abè esparpalhat hén lou
lhèyt û brassât d'ourtigues !
Ah ! be s'en y batala encoère de las maridanses dou Lebrè
e b'arridoun las besîes apuch abé abut la crebère de la
yelou 1
Més lou Yan que s'y dé tour : qu'escouta, que hé debisa

�154

LOU PROUSEY D'U BIARNES

hère e pèr fis que manda ta la maysou coumune las qui
abèn dit : Ue yunte de pèyresilh saubadye e û pugn d'arregagnat que herén beroy l'aha !
Quoand se bin maucutades la pòu que las hé ourbi lous
cluchéts dou libi eque yetan la coupe s'ou Rous. E labéts,
au cassou cadut tout lou mounde qu'y bo ha légne, qu'en y
sourti mièye doudzéne de temoégns qui l'y hiquan quo la
ganurre dou coth.
Lous yandarmes que s'apariaben las magnotes quoand lou
mayre tout choaus a l'aurélhe e-b ou demande :
— E-m prouméts de nou pas tourna-t-y méy, Rous '?
— 0 plâ !
— Labéts que-t bau bira aquéste encoère.
E qu'at hé tau coum at abè dit.
Gat escautat qu'a pòu a l'aygue réde, se disen. Rous a
l'en-daban, qu'estou abisat e ne youga pas méy nade trousse
gnaquénte qui sie de counda.
Més farseya que hé encoère, pramou que desempuch
lou defun proufète Josué, arrés n'a yaméy poudut estanqua
lou sourélh héns la soue courriule.
Soulemén las soues farses que-s hesoun douces, gaymantes, quauque cop plâhaséntes.
Lou Rous pèr aquéth téms qu'ère lou yénse charpantè
d'aquéth plat peys, qu'où balhaben pertout lous tribalhs de
counsequénce e que hesè charpanteya quoate mé charpantès dab éth.
L'û que-s mentabè Yacoulou : balén, adrét, beroy gouyat,
que regabe la trenténe. Més qu'abè soubén lou cap hore dou
berrét ; s'ou debisaben ne respounè pas ou que respounè de
tor. N'abè pas lous gous de tout lou mounde : n'auré pas
anat bébe ûe tasse ta l'aubèrye quoand auré crebat de sét ;
e, badoun qui-s boulousse marida ne-s seré pas apariat dab
ûe yaubèle dou coumû per trénte canous : que-t eau û
parpalhou qui ne poutiquéyi que l'arrose e la guirouflèye ou
disèn soubén lous camerades. Ne s'en dabe pas ou pramou
qu'ère de boune counténte ou pramou que nous entenè pas.

�U ESCANTILH DE FARSUR

155

Gran leyedou, ne prenè pas dou libis sounque so qui ou
semblabe grandious e que s'en hesè û debis qui a cops e-s
poudè mentabe yirgou.
Tau coum, lou Rous que s'agradabe hère d'aquéth gouyat :
chèys més d'abiade qu'armuga entèr éth medich quign calé
ha enta-d estaqua-u pèr la bite au chantiè de Loustaunau.
Per fis que s'abisa de youga-u ûe farse, de fayssou a gaha-u
p'ous sentiméns : trobe d'enyenie.
Yacoulou, û bèt die, que bét aproucha lou factur, lou
pietou coum disèn labéts, qui ou balha ûe létre.
En aquéth téms la yén ne letreyaben pas coum au die de
de hoèy, ûe létre qu'ère ûe cause de nautat : a trénte ans
Yacoulou n'en abè pas recebut très. Que birouleya cén cops
l'enbelope entèr lous dits, qu'espia, qu'arréespia l'escriture,
la coulou de l'ancre, lou timbre, la mèrque de las postes e
que semblabe boulé endebina aban d'ourbi-lé lou secrét
d'aquére mysteriouse messadyère. Lous oubrès que l'espiaben ha e qu'atendèn curious de léye sus la soue care so qui
leyeré sus lou papé. Beroy troumpats qu'estén. Lou gouyat
que hiqua la létre héns la pothe dou yelét de debath e n'en
la tira pas de tout lou die. Becoumpréni beroy aquero, you!
Tan qui éy a préne, lou plasé qu'éy û bounhur. Arroun ?...
p-heu!... Boussî abalat n'a pas mé gous!
U cop soupat, que puya ta u crampot oun hesè tout sé,
chéns empath ni trebuc, lou saunèy d'ûe bite qui ne sera
pas dat aus bius de bibe tan qui toquin la terre dous pès.
A plaserines labéts, que tira la létre, que l'ourbi e que
la leyou.
Que disè :
Gouyat,
Que t'èy bis e qu èy prés plasé d'espia-t.
Que m'agrade lou tou tribalh, lou tou debis, la toue
fayssou, lou nègre dous tous oélhs, l'arris delà toue bouque.
Lous penseméns qui bèy passa sus lou tès dou tou cap,

�156

LOU PROUSEY D U BIARNES

quoand las trufes dous pècs e pèyrebaten sus tu, que m'an
après qu'y a û cô debath la toue chamarre.
A-d aquéth cô que demandi ayude.
Se ûe mâ saubadoure ne-s tén pas enta you, ne m'y
demoure pas mé sounque a decha-m'én ana au briu de
l'aygue.
E que souy trop yoéne.
N'èy pas encoère hèyt û hourrup au coupét de la bite.
Nou, nou, ne bouy pas mouri !
Enta ha-m sabé si la malhurouse a troubat lou goalhar
qui lou sou feblè e delère, que seras a la misse diménye û
chapelét a la mà.
Que beyrèy, que saurèy, lhèu tabé t'aymerèy !
L'INSABUDE.

U, dus, très cops que leyou la létre. Arroun, lou cout sus
la taule, lou cap héns la yunte, que barra lous oélhs e que
l'arredisou pèr cô chéns counde. Yaméy ne-s troumpabe pas
d'ûe tilléte. Lous moûts d'aulhous qu'où passaben deban en
coude-l'y-sègue, cadû en ù eslamat redoun coum ûe boule
de hoéc, qui s'aplatibe a drinous, ta feni pèr ûe punterade
de séderouye ou briulétee perdé-s en 1er chéns sabé quign.
Apuch, ûe sarrabanténe d'anyous que deberan dou cèu pèr
l'escale don payran Yacob e que cantan dab aquéres bouts
qui hèn de la musique celestiale ûe musique chéns parie.
Dou mièy de l'ahoalh que sourti bellèu ûe criature aus oélhs
blus, a la peluche d'aur fî, mile cops méy beroye, méy
yoéne e douce que lous anyous dou cèu. La soue pélhe
coum la hoélhe dou liri qu'ère blanque. S'ou cô que la
pernebatè ûe arrose coum lou sangbermèlhe. Dous sous pots
tegnès que sourtin aquéstes paraules : Que souy l'insabude,
messadyère d'amou, pourtedoure de bounhur ! E toute
aquére musique, toute aquére beutat, toute aquére glori que-s
esbassiban héns l'arrayòu estigglan dou sougélh qui pèr las
henèrcles de la fernèste e bienè ha lou rebelhou matiè.

�U ESCANTILH DE FARSUR

157

Yacoulou toute la semmane que biscou coum héns û
saunèy.
Quoand arriba lou diménye, lous de l'endrét qu'estoun
beroy estounats de bedé-u a la glèyse, éth qui soulè de dise :
La misse que-m hisse ! E lou Rous n'abou pas a-d espia-u
lous dits, qu'ère segu qu'y èren lous chapeléts.
Lou dilûs, lou dimars, lou dimèrs, touts lous dies de la
semmane que passan, més lou pietou ne pourtabe pas méy
létres.
La misse n'abou pas lou diménye debot méy fidèu, toutû
n'ère pas delà pregari, ni de las cantes latines qui abè tesic :
que cerquabe ûe yaubèle, la qui l'abè cridat ayude e qui
pourtabe péus daurats, arroses rouyes, poutins d'ù pelusou
blanc oundrats.
Més la yaubèle que-s demourabe insabude.
Lou gouyat qu'en perdou lou minya e lou bébe dab la
boune gauyou. Miraggle ! Qu'en arriba a debisa coum tout
lou mounde chéns pensa.
— Quauqu'arré qu'as qui ne dits pas a-d arrés, ou disè
lou Méste. Abisé-t-jr, maynadye, de nou pas cadé malau !
Que deurés ana béde lou suryén.
Ah ! bé s'én trufabe beroy de las poutingues dou biélhcroc de suryén ! U paperot soulét qu'auré hèyt méy enta-d
éth qu'ûe barrique de remèris.
Qu'arriba au moumén qui ne l'atendè pas méy ; e detire
que s'escapan coum gaùs e cayèques a l'esguit dou die, lous
malandrès qui abèn arrousat d'escurade ûe yoenésse qui
auré début esta toute lusénte d'ûe luts cautéte e gauyouse.
Leyém dab éth :
Brabe gouyat,
Lou dounyè qui-m abè miassat a de bounes û moumentot
que s'en éy anat coum hè la nuble nègre au deban dou
bouhét mountagnè. Qu'èy l'ahide que ne tournera pas e
que-m pouyrèy payra de l'ayude dou goalhar qui abi clamade
biahore. Que t'abi bis lou chapelét a la mâ e so qui-m prou-

�158

LOU PROU*:Y D'U BIARNES

metè aquére respounse au méy aperét, que-m balha lhèu
lou courau de precanta lou malhur qui abè sus you ubèr las
soues urpes.
Mercés, gran mercés, ne-t desbroumberèy pas yaméy.
Que sembleré que déuri adare esta hurouse : tout qu'éy
gauyous, tout que cante, tout qu'arrit a l'entour de you.
E doun, nou !
Lou mèy cô qu'éy tris au mièy de l'allegrie dous auts,
lou tribalh que-m éy repropi, lou passèy e la hèste malecarous, lou plasé arrebouhièc.
E-m saurés, tu qui as tan leyut e pensât, e-m saurés
remèri a-d aquéth mau ?
Michère, que so qui disi, you I
Lhèu te pourteri malhur.
Adiu doun, que bau mélhe que demouri toustém ta tu.
L'INSABUDE.

Arréabis. — Toutû se n'as pas pòu de ha counechénses
dab you, say-me ha dansa a la hèste dou Rebès enta diménye
a-de-hoèyt : que-m recounecheras a-d ayse, qu'aurèy û
floucot d'arrosés rouyes ou blanques a la mâ.
O aymadoure, e-s disè Yacoulou, lou tristè que hoeyera
de tu quoand ayis apariat la toue amne dab la mîe. A l'aubéte dou téms, lou Criatou qui bét a l'en-daban de tan loégn
enla qui sie, que las abè l'ûeental'autprestidesd'ûemestiou
de choès. Qu'éy doun you tabé troubat la fumèle qui sera
mîe. Ne biurèy pas soulét coum û pergut héns lou boèyt
chéns payère de la bite. Qu'aurèy au ras de you l'anyou
qui-m hera lou dehén arridén e cautét, la criature escricade
e beroye qui-m debisera, qui-m coumprenera, qui-m birera
las 'maies hores dab l'array dous sous oélhs blus, qui sera
you tout en s'estan ère.
Més tabé, hèy, quin pe la bau ayma, gaymanteya,
proutedya !

�U ESCANTILH DE FARSUR

159

Nades au pa d'ère ne seran arré ta you ; lou sou boulé
balut que sera toustém ; que la debiserèy coum lous criats e
dében ha au Criatou ; que la herèy lous dies beroys e las
noèyts douces : de debath lous sous pès qu'escouberèy lous
calhaus de la bie e lous tesics ne touqueran lou sou cap que
coum hè a la flou lou parpalhou dab la soue aie lauyère.
Badoun que poden arriba miasses, dounyès, malhurs, malandrès, maus dats e toutes las guilhésques de la terre e de
l'ihèr ; que serèy aquiu, you goalhar, you balén, you courau
enta ha empare. Atau bé hè lou hasâ quoand l'esparbè e
hounéch au mièy de la coade !
Lou countentè qu'abè hèyt de Yacoulou û homi tout nau.
Au tribalh qu'ère arridén, debisan, cantourreyan, serbiciau
ta l'aprentis, agradiu ta la pratique, esdeburiu ta-us ahas
dou méste. Lous oubrès que-s maucutaben s'abè hèyt û
herteradye ou s'abè gagnât a la louterie. Lou Rous soulét
que sabè de quigne coulou e-s debirabe; aquére gayère qu'ère
trop briulénte ; la mésple n'éy pas boune sounque quoand
madure a plasé, se mourgagnabe entèr éth medich, qu'éy
coum bère idée que ne trouberas pas encoère l'Insabude.
La bite qu'éy hèyte de puyes e de bâches. Si toute la
semmane lou nouste amourous abè puyat enta-u cèu, que
debera aus quoate pès lous barcalhous de l'escale quoand
arriba la hèste dou Rebès : toutes las fumèles qu'èren floucades d'arrosés blanques ou rouyes ou pingourlades.
Arroun abé tusteyat, birouleyat, anat en aban, tournât en
arré, roundaleyat pèr touts lous cors, Yacoulou que s'en
tourna mièy mour enta case chéns abé sabut trouba la
yaubèle aus yoélhs blus, a la peluche d'aur fî, aus poutins
de pelusou blancous oundrats.
L'ahide qu'éy la darrère cause qui soubre aus malhurous.
Pèr toursut qui abousse lou cô, Yacoulou qu'esperabe
toustém, e n'abou pas yaméy lou pensemén que s'estéssen
pouduts trufa d'éth.
Cinq ou chèys létres que l'arriban encoère e toutes qu'où
demandaben de rafina lou sou debis, de soegna la soue

�160

LOU PROUSEY D'U BIARNES

pélhe, d'adouba las soues alures a la fayssou de tout lou
mounde.
E so qui yaméy n'abèn poudut pay e may, ni rays ni sos,
reyéns e curés, amies ou camerades, las létres qu'at hén :
au cap d'û an l'amourous qu'abè lou cap héns lou berrét,
qu'où prenèn pertout pèr û gouyat surious, de boune e
beroye coumpagnie e toutes las mays, héns lou mounde
dous oubrès, que l'aurén de bou grat balhat las loues
hilhes.
A force d'estira, la corde que-s coupe, e-s pensa lou Rous,
la cigalhe qu'a cantat, lou sourélh sus la terre que cat d'aploum, garbe que eau ha !
Lou pietou labéts que pourta aquéste darrère létre :
Brabe e beroy gouyat,
Qu'y a û téms ta tout, û ta semia, gn-aute ta recoulta.
La semie qui as hèyte qu'éy grane e beroye, que souy
counténte de tu, que souy fière de tu.
Qu'ès lou méy amie, lou soulét amie et que t'èy hèyt lou
dou de tout lou mèy cô.
Si ou bos n'as pas qu'a prené-u, que-t sera aymadou e
fidèu a la yoye e au malhur pèr lounque ou braque qui-s sie
la bite : qu'èy l'ahide qu'aquére récolte que-t hera countén.
Més que eau que hèsim û pactou, yaméy ni de dore ni de
tar nou-m debiseras de las létres qui t'èy escribudes. Si m'en
pallabes, que heri l'estounade coum la qui ne coumprén pas.
Que t'èy hèyt soufri e que m'en bouy, més qu'at calé atau,
lou bounhur ne dure pas quoand arribe trop a-d ayse.
Respoun-mé aquéste cop més sounque : 0 ou nou !
E hèm presén de quauqu'arré qui sie coum ûe yolhe de
maridanses. Que me la hiquerèy diménye e quoand me
l'ayis biste, chéns disé-m û mout, chéns ha-m û segnau, sègmé enta case e aquiu au pay e a la may, deban toute la
coade amassade, demandé-m enta hémne en proumetén
d'esta-m brabe e yenerous dinquo l'hore de la mour.

�U ESCANTILH DE FARSUR

161

Hique la respounse e la yolhe sus la taule de la toue
crampéte dissadde matî, que las herèy coélhe pèr ûe boune
hade qui-t-passera deban lous oélhs chéns que la béyis, que
pots esta-n segu.
E sies hurous pèr abanse, aquéste cop que-m bas béde e
que-m bas trouba.
Per cinq ou chèys dies encoère :
L'INSABUDE.

Lou dissadde matî, sus la taule de la crampéte, qu'y abè
ûe létre et ûe boèyte plâ liguetade.
La létre que disè :
Aymade,
Que t'ès debertide de you coum lou gat de la sourits, més
las toues mustres que m'an hèyt homi.
Pramou d'aquero que-t aymi.
Assiu que yuri de ha-t hurouse autan qui depéndi de you
e d'esta enta tu marit leyal et fldèu.
Ne sèy pas qui ès, més que-t counéchi coum si t'abi hèyte.
Enta bedé-t au cla, n'èy pas sounque a barra lous oélhs.
Qu'ès grane, lebisiénte, escricade, lous tous oélhs que
soun blus, d'aur fî lous tous péus e lous poutins de pelusou
blancous oundrats.
Qu'ès aymadoure autan coum boune.
So qui bos qu'at herèy tout e coum at bos.
A diménye e a toustém !
YACOULOU.

Dehén la boèyte qu'y abè ûe cadégne blanque d'aryén fî.
E quéméy?... Suban la mode ûemedalhe benedite,bahide?
Nou ! Pèth mudat qu'abè lou gouyat, més qu'où demourabe
encoère û restan d'ana grandious qui, la fé, n'ou desfèytabe
pas brigue. A la cadégne doun qu'ère estaquat û tout petit
couloum, las aies ubèrtes, qui pourtabe au peruc ûe letrote
d'aryén.
11

�162

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Lou diménye arroun brèspes, lou Rous qu'apera la hémne
e la soue hilhe mayoure Yaninéte. Que-s barra dehén dab
ères ûe bère pause. La maynade qu'en sourti souléte. A la
machère qu'abè lous bermelhous ; e, capbath lou coth,
estaquat en ûe cadégne d'aryén fî, û auserou messadyè de
gay e d'amou.
Legremén que s'abia ta-u Marcadiu ha lou passèy acoustumat dou diménye brèspe.
Las amigues qui l'atendèn que counechoun detire qu'y abè
quauqu'arrèy de cambiat en ère, e quoand la bin la yolhe
nabe e lusénte a l'array dou sourélh qui hesè la plégue, que
s'aprouchan, que la hén coumpliméns e curiouses coum la
mayrane Ebe, que bouloun sabé, sabé, sabé !
Ne saboun pas arrèy.
Secrét quo de hoèy a de hoèyt assiu medich, e respounou
Yaninéte d'ûe bouts qui semblabe semia autan de brilhantous coum de paraules.
E lou passèy que coumensa.
Que-s trebuquan a d'autes fumèles yoénes e biélhes, a
gouyats qui hesèn aus sauts, a la canique, au yéte-pèyre, au
yéte-barre ; que tuman passeyedous esbarrits qui-n anaben
soûls ou dus pèr dus ; tabéy que regan Yacoulou qui caminabe a passots lou cap lhebat coum de coustume e qui semblabe cerqua chéns trouba. En û birepléc escoupemén, care
a care, que s'estanqua deban Yaninéte, la darrère de toutes
a qui auré pensât. Quoand la bi afèytadede la cadégne blanque e dou couloum messadyè d'allegrie et d'amou, que hé û
pas a l'en-darrè a l'entan qui lous oélhs ou hesèn candèles.
La yaubèle que bi chéns espia e que passa lis. ,Yacoulou,
éth, que-s pergou dou coustat de la Regoude, que s'en dé
p'ou purmè camî qui trouba chéns sabé ni so qui hesè ni
t'oun tirabe. Que semblabe a û brau escapat dou matedé qui
lou martèth n'abè pas hèyt cade de youlhs au purmè truc.
Quauqu'arré qui nou sèy, lhèu lou boun Diu dous amourous,
arroun ûe roundaleyade chéns mesure, qu'où mia enso dou
Rous. Qu'ère p'ou ras de nau hores, qu'abèn soupat e lous

�U ESCANT1LH DE FARSUR

163

biélhs que hesèn historis e lous gouyatots aus atrapats pèr
dessus las carrièyres et pèr debath las taules.
Quoand entra, que s'estanquan las historis e lous gahats
tabéy.
La yén dou puble, riale qu'éy, s'an û aha de counsequénce,
que debisin brac e drét. Yaméy pressais, qu'en ban a bireplécs, a-d arrecules soubén, que tournéyen, que birouléyen
e ne hèn esplic de la loue pensade que quoand an courrut
Sagorre, Magorre, e lou Mount-de-Marsâ.
Més Yacoulou, pèr puble qui estésse, n'ère pas prou
pausat a-d aquéth moumén ta segui lou pous qui la race e
l'abè hiquat héns las bégnes dab lou sang.
— Prén-té ûe carièyre e sèt-té, gouyat, s'ou digou lou
Rous.
— Gran mercés, Méste, més a la boste coumande, que
m'esterèy de pès e que-b bau dise detire so qui biéni ha
ensa. Qu'abéts aquiu û tros de yaubèle qui-m agrade, que
l'aymi desempuch ne sèy pas quoand, lhèu desempuch lou
die oun éy badude. Si-m credéts homi a ha-lé hurouse
balhats-me-lé enta moulhè
sinou hiquats-mé dehore
coum si ère moumbirat, ne souy pas segu d'abé lou cap
sus las espalles a-d aquéste moumén !
— Que-t bau respoune rie pèr rie e chèts ha-t aténde. Si
la Sourinéte n'y éy pas couhtre, you que counsentéchi.
— De bou grat, you tabéy. Més e tu, maynade ?
— You ne sèy pas encoère. E-m saurés dise, Yacoulou,
d'oun bién aquéste yolhe, messadyère d'allegrie e d'amou?
— Aquére yolhe, que souy you qui te l'èy auheride.
— E doun puchqu'ès tu, que souy doun deya afiusade e
que serèy toue, brabe e boune tan qui pousqui.
Lou Rous que-s lheba tout drét e sus la soue care, trufandère de coustume, qu'aleteyabe coum ûe brume qui
l'adoucibe, qui l'amouflibe. N'y abè pas méy aquiu l'oubrè
mourdén qui mourdénteyabe e lou boys et la yén, ni lou
farsur qui hesè yangles a tout lou mounde, qui-n auré hèyt
au Diu Jésus s'ère tournât debera ta sus la terre. Nou I N'y

�164

LOU PROUSEY D'U BIARNES

abè pas méy qu'û pay de famille qui anabe aban lou mayre,
aban lou caperâ, liga dues bites p'ou bounhur ou p'ou
malhur, chéns que yaméy arrés, sounque lou Diu dou cèu,
e poudoussen coupa-n û anèth. E la soue bouts que tremblabe en disén :
— Hè-t t'assiu, maynade !
E û arissou qu'où passa sus éth tout quoand hiqua l'ûe
héns l'aute dues mâs yoénes, qui-s balhan la purmère
estrégnte, deban lous biélhs qui ne poudèn debisa, deban
lous maynadyes qui s'estén de crida e d'arride chéns sabé
perqué.
— Ne s'y a pas yaméy hèyt maridanses en Biarn chéns
da-n ûe tringlade. Bèn-ne cerqua ûe boutélhe dou biélh,
Sourinéte, e escarbute plâ pèr darrè lous engoalhs.
Quoand lous bèyres estoun a mièyes plèys :
— A la boste santat, maynadyes, p'ou boste bounhur, Diu
qu'at boulhi !
La belhade qu'estou lounque, coum at poudéts créde.
Yacoulou que-s lheba lou purmè. Aban de decha-u parti,
lou Rous, toustém pay atensiounat :
— Hè û pot a la toue afiusade, deban la may e deban you
que t'éy permetut hoèy !
Lous dus fiansats que s'aprouchan bergougnous; més
l'estréte de Yacoulou que-s hé méy lounque, méy téndre :
— O, qu'ès tu la mie hade dous oélhs blus, grane,
lebisiénte e escricade, a la peluche fine coum la goûte d'aur,
aus poutins d'û pelusou blancous oundrats. Rèyne de la mîe
pensade e dou mèy cô, pèr la bite que t'aymi !

Aquére qu'éy la darrère farse qui youga lou Rous aban
de debera ta dehén la terre la nouste may, la may de touts.
Qu'où hé perdouna las bourrugues de las soues hèytes,
aboam qu'en abè besougn.

�1

Auguste
eu

Lou Darrè Trcubadcu

�AU LEYEDOU

Qu'abi proumetut, qu'a hère de téms, de hiqua a la luts
dou die Marnés, la care tan counegude aus noustes parsâs,
d'Auguste, subernoumat Lou Darrè Troubadou p'ou
Caddèt de Hourcadut.
Prouméte e tiéne que soun dus soubén ta l'homi qui ne hè
pas toustém so qui bôu.
Més a Vanounce dou mèy libi, que m'en èy bis ûe de
peberudes quoand an sabut qu'Auguste que debè encoère
aténde. Que m'an hèyt û assaut, que m'en an balhat ûe
ramounsinade qui s'en poden apera !
E labéts que-m souy apercebut que : Prouméte e tiéne ne
dében pas ha sounque û !
Au gallop doun, enta nous pas afrounta a Mous E. de
Marrimpouey qui a proumetut de pari ta-u bin d'Aous,
qu'èy escribut aquéste darrère histori.
Au Leyedou que prègui d'esta-m brabe, pramou que n'èy
pas soulemén abut lou téms d'arrehiqua la téle s'ou telè.
E a l'Autou de la prefaci, de nou pas boulé-m mau se
n'èy pas coussirat pèr Orthez. Coum a-d Auguste ûe bouts
e û pous que m'an cridat e pougnat : Camine, camine e hè
lèu decap ta Pau !
Eadare qui-m souy escusal, aprenéts dou Troubadou quign
eau oubra, en Biarn, ta bibe d'arréntes chéns abè cabau de
mounédes, quign poden gradilha quo la poupularitat en
debertim-sé.
J.-V. L.
Bidache, lou i2 d'Aous Í911

�AUGUSTE OU LOU DARRÈ TROUBADOU

167

XXXVII

Auguste
Ou lou Darrè Troubadou
U'A d'aquero binte-chèys ou binte-sèt ans, pèr
": û brespau de Garbe, arroun chèys ou sèt hores
d'escouliadye, dab escouliès trabaténs, en ûe
crampe qui lou sourélh abè cauhade coum lou
hoéc e cauhe lou hour, lou die dou semmanè,
pèr dehore û tour de passèy. Oh ! a petites
camades, pramou que ne calé pas esbarri-s dehèt loégn
a maugrat qui la sesou e m'en dechasse balha ûe
bouhade de téms-en-quoand. Quoand a fenit dab lou
canalhè, û reyén d'û gran biladye n'a pas lou drét d'esta
matigat. E Lucq n'éy pas ûe commune de petite mounéde,
se disen oumén lous Lucquéts, e qu'an resou ! Lou reyén
qu'éy lou grefiè de la mérie, lou sigoun dou mayre, lou
counsélh, lou secretari de tout lou mounde e quoand a hèyt
tout lou die au me ha lou b-a ba, que l'aténden au reyistre
papés, paperous e paperots, causes, causétes e causots.
Enta-d éth que sémble esta lou dit biarnés : B'en y a causes
au causé !
Enta rebiéne, que hesi doun la pausadc dou brèspe, e
lou hat aymadou que-m abia decap enta Sahourét oun la
yén coum eau e troubaben toustém tabac a croumpa en
han courre trintrins e boune gauyou pèr arrèy, que bouy
dise chéns paga.

�168

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Detire qui-m bi, lou Pierre de Sahourét que se te-m apère :
— Sabiéts, sabiéts, Moussu re/én, que bats ha counechénses dab ét rentiè déts caminaus.
Qu'escribi l'aperét coum lou disen lous Lucquéts qui soun
repropis enta l'y de l'arribère et qui hèn ét, éra en loc e
place de lou e la.
Qu'entrèy dab plasé e que-m tumèy dab û gouyat méy
yoén que you de sèt ou hoèyt ans. Espallut e gaynut, beroy
amoullat, care agradibe drin ennegride pèr la bite de dehore,
metut dab chapèu et chenilhe ; aus pès û pa de souliès
blancs qui, la fé, me hesèn embéye. Yaméy, ouncoère qui
minyéssi a la minyedére dou goubernemén, ne m'en abi
poudut ayensa d'autan blancs. Ne m'ère pas dat a you, michè, de ha rampèu a-d û rentiè, badoun que n'estousse que
rentiè de caminaus. Tout sus éth que saboureyabe lou netè
e la tiénse qu'ère d'û homi plâ badut.
Qu'èy û téc, û gran téc ! Qui n'a pas lou sou ? Cade arbou,
bertat, qu'a la soue oumpre, grane ou petite.
You que l'èy grane, qu'éy entenut.
La mie oumpre doun, quoand me trobi p'ou purmè cop
cap e cap dab û homi, beroy ou lè, gran ou petit, drét ou
tougnut qui n'éy pas coum touts lous autes homis, la mie
oumpre qu'éy d'espia-u, de suspesa-u pèr la pensade, de
gauya-u enta sabé quoant a de pregoun. Que-m y crayouni
quauque cop, més manterû cop tabé que-m y escadi e
labéts que souy gauyous, drinou méy que lou limac en û
canou d'estoupe ouiou péch au mièy dou touya.
Que guignèy doun l'homi dou camî, qu'où boulu suspesa
e gauya.
Pèr la sacrebius, hèy, l'array dous mèys oélhs que s'estanqua a téle d'aygjue, a flou de pélhe. La soue nine qu'ère
barrade e ne dechabe pas espia héns lou crampot oun lous
Biarnés an so qui mentabém l'amne.
N'abè pas las alures d'û Yudiu barruè, aquéth caminayre.
Tout natre que-s semblabe a-d û moussu de la bile. Més
quin escanfîlh de moussu ?

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

169

Aquiu qu'èri empathat!
Que poudè esta de tout, au repaus plâ entenut. Biadyedou : espèci, bîs, pelhots, boys e hès. Founcciounari de
grane boulade, precéttou, pounthounur, sous-parfèt ou
parfèt, més pas dominé ni binatè, nou, qu'éy la minyance
aquero. Estayre? Chéts sabé-c, que regabi la bertat. Lhèu
députât ou senatou. Hé, hé! Que s'en y a bis de méy grises,
bé ! So qui n'arribe pas en cént ans qu'arribe en û moumén. Perqué û d'aquéths mayous n'auré pas hèyt besite
chéns nat intrès a-us de Lucq, a-us dou bourg de Lucq,
— haut lou cap ! — N'én an pas abut, lous antics de Lucq,
besites de nautat? Abésques e cardinals, princes e rèys,
rèynes tabé? N'ous an pas dits : Entrats e sedéts-pé ; aquiu
qu'abéts lou pâ e lou coutèth, minyats e arroun bebéts
d'aquéste palhetou qui " desligue la paraule " coum dits
lou pouète !
Touts aquéths penseméns que-m trubersan l'esprit autan
biste coum l'eslambréc e hén la nublade.
Toutû la mie care que debou ha coumpréne que ne sabi
pas, pèr aquére passade, de quign boys s'èrehèyte la cabilhe,
pramou que Sahourét que-s hiqua a-d arride coum û
carcalh.
— Més bé hèts a-d esprès, se-m dichou éth, més bé
counechéts Auguste? Qui ne-u counéch pas d'Aulourou a
Sént-Palays e de Sént-Palays a-d Orthez ?
— Je n'ai pas l'honneur de connaître, Monsieur, e
respounu you en fransés. Biban ! lhèu ère l'Espéttur d'Académie en tournade qui abè anat pusa tabac oun tout lou
mounde en puse. Qu'y a coum aquero causes qui lous
espétturs e hèn coum lous reyéns a maugrat qui lous ûs e
sien gransde la bilee lous auts petits de l'arribère.
Auguste n'ère pas homi a cara-s hère quoand abè l'aucusiou de ha claqueya la loéngue, ni a decha û homi empathat
s'ou poudè balha-u û cop de mâ.
— Monsieur ne me connaît pas, e dichou éth detire en bou
francés, dab ù accéns qui flamboureyabe quauqu'arré coum

�170

LOU PROUSEY D'U BIARNES

l'homi de las estudis mayoures e de las mayes pensades,
mais je connais bien Monsieur. E la probe, Moussu, se hè
labéts en loéngue biarnése dab û aysiè qui n'an pas pèr la
bile e qui-m hiqua proubes aus oélhs, la probe qu'éy que-b
bau debisa biarnés.
La paraule qu'agrade l'homi yuste toustém.
La fumèle n'en a pas besougn : la care, oelhous e macherétes, bouque bermelhe e déns luséntes coum brilhantous,
halét sabourénte e arrisoulét gauyous ; lous pederous e las
manétes ; la cinte lebisiénte dab tout aquéth mystèri qui
s'estuye debath tan de manigles, de fringalhères, de berouyines peguésses, tout aquero e lou restan que debise soulét,...
beroy!
Auguste hourcut, brinchut, barbut e masclut, n'abè pas
nat péu d'ùe fumèle.
E toutù coum n'abi pas abut l'oélh prou hissan enta hissa
dinquo l'amne dou caminayre, l'aurélhe tapauc n'estou pas
prou escricade enta ha-m sabê si la paraule agradabe l'homi.
Que sentibi en you coum bère yéne. S'abi caminat, que
crèy qu'auri, a-d aquéth moumén, abut herésse de hiqua lous
pès l'û au-deban de l'aut.
Eri deban û gran homi ou û coumedién '?
Chifre mounbiran.
O Auguste, se poudous labéts coumpréne quigne toursude
e balhabi au méy cerbèth, be-t debous, tu, trufa de you !
Dou gran homi, — qu'en demandi escuses a touts lous qui
subèrpassen dou cap lous de mouyéne traque, — dou gran
homi, Auguste qu'a lou debis nét e segu, ûe fayssou de lheba
lou cap e de coupa l'èr de la mâ, la fé, hère de nautat. Dou
coumedién que tièy a cops ûe paraule doucéte e gaymante,
flatougnèque e amistouse, ûe manière de bâcha lous oélhs e
de plega l'esquîe, û boulé de plase et lou sabé riale d'esbarri
lou debis quoand pèr escunce a hèyt ou dit ûe peguésse.
Pramou que peguésses qu'en dits e qu'en hè quauque cop e
qu'éy pèr aquiu qui-s sémble drinou enta-us qui houren la
terre dous pès.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

171

Gran homi, coumedién ou pèc, en despièyt de so qui pot
sémbla, arrèy d'aquero n'éy toutû Auguste.
Nou ! qu'at sapin e qu'at hasin assabé pertout, tout coundat et rebatut, Auguste qu'éy û habille e û artiste.
La soue grane habillésse qu'éy d'escouta enta-d apréne e
d'escarbuta quoand ne debisen pas prou au sou grat.
So qui la soue aurélhe a û cop audit, yaméy la soue
cabésse ne s'at desbroumbe.
E quign se sab beroy serbi-s'én lou cardinal, enta passa
la mâ sus l'esquîe de la yén !
Pèr aquéth caputh, qu'éy ù gran artiste.
E-m sauréts dise d'oun abè tirât que ta-d amistousa-s de
you que-m calé debisa biarnés ?
Ne bouy pas dise que lou méy calam que-m ayi méritât û
gran renoum. Més drin ou hère, se lou mèy noum éy counegut hoèy dous aymadous de la terre mayrâne, dous
debots de la loéngue sénte, pèr labéts n'y abè pas goayre
que Diu lou Pay a sabé qu'y abè en you lou yèrmi d'û
Biarnés de letradure, qu'abi escribut quauques coundes
tout doy, ûe gazéte de Pau qu'ous abè hiquats en létres de
moullou chéns enqueri-s d'où qui ous abè coundats ; dus ou
ou très amies souléts qu'en sabèn lou secrét.
Que-m disi doun lou qui at sapi d'oun abè deshernit
qu'abi escribut Lou Curé de Loubieng, you qui n'abè pas
yaméy bis.
Pramou qu'où sabè autan plâ coum you, lhèu encoère
mélhe.
E que m'ou counda d'abiade.
Que-m broumbi dab quigne bouts doucéte e-m gourgueyabe aquéste passadye :
« A defendut lou boun Diu a l'ayguéte de briuleya, a
l'agnèth de houleya, a l'auserou d'ayma ? »
Badoun, qu'aurén touts hèyt a malayse de pourta-s'en
countre éth la poume quoand disè en cagneyan :
« N'y a pas arrèy d'autan pèc coum û boè chéns agulhade
e û caperâ chéns misse. »

�172

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Ne pot pas abé-y enta-d û escribâ, sustout quoand s'abie,
flatougnerie maye coum la de debisa-u de so qui a escribut,
coum la de disé-u : Qu'at an leyut en tau endrét e qu'at
troubaben beroy. Que sie bertat ou que sie mesounye
Més n'éy pas yaméy mesounye. Lous cretics, o ! Laslaudous,
yaméy !
Ey bertat aquero, yoenésse qui hèts ha au calam arricouquéts e sauts-perilhous ?
O bé, quio !
Nats de bouts auts ne-s trufera pas doun de you se disi
chéns badé rouy que lou reyén-grefîè de Lucq que-s desbroumba aquéth brèspe, de quoate hores a la noèyt-héns,
papés e paperots, causes e causots !
Més tabé quign ère beroy lou prousèy d'Auguste !
Badoun que m'y troubassi coum rèy s'ou sièti d'aur ou
desarrigat de case aus illes, Lucq qu'ère hore-mâ d'aquéth
parsâ de Baylocq oun èy toustém lou cô, pramou qu'y èy
hourrupat lous dies beroys qui, û cop passats, n'arreberdéchen pas méy.
E Auguste que-m batalabe d'Orthez, de Berénx e de
Baigts, de Saubaterre, Arauyusou, Biellenabe, Nabarrénx...
Sus cade biladye que sabè ûe histori, ugn-aute sus cade
maysoau. A la luts dou debis que hiquabe tau Méste, Méste
dab ûe létre mayoure ! qui abè hèyt relhèu de la case antic,
de tau qui s'ère alougat dab riche hertère, de gn-aute qui ère
tournât d'Amérique dab oélhs de carpaut dinquo debath las
semèles dous souliès ; d'aquére fumèle abeudide yoéne qui
ta-u sou dequé abè abut goubèr masclau ; de manterûes
méy qui soun beroyes, qui debisen beroy, canten beroy,
arriden beroy, dansen beroy, léyen, escriben, musiquéyen
beroy, pintren beroy.
Pramou, e sabéts, Auguste n'éy pas grandious, o nou hèy !
badoun qui passi desdincous au ras dous sous counfrays
dou caminau. E quoant a resou ! Que soun aquéths lous
rèyturous qui s'en demanden ; éth soulét qu'éy lou rentiè
dou camî.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

173

N'a pas éth hantaciou que dab lou mounde de nautat e
touts lous qui hante qu'obren tout gran e que hèn tout beroy.
Segoutits las arrames dou sou perè, e s'en hèts cade ûe
pére bouheroque, que bouy esta coundamnat a hissa a la
capsus pèr la capule la crouts dou campanè d'Orthez, dinquo
quoand se pèrdi en agulhe héns la nublade dou cèu.
Batalur ta so de gran e de beroy, eschour, abugle et mut
ta las bourrugues. Ne bét pas de la bite sounque so de
l'arrose. Pèr aquiu encoère qu'éy û artiste, û gran artiste.
Hère de téms qu'abi credut que lou Louis de Batcave
qu'ère lou maye sapién dou Biarn enso de las causes dou
peys. Qu'at crèy encoère, més pas chéns û si ! Mélhe qu'arrés
que sab l'histori biarnése qui s'aprén p'ous libis, pèr la biste
dous mounuméns, pèr lous soubiénes de la tradiciou, pèr
las paperoles qui droumen héns lous crofous cussoats ; e
tabé lhèu en quauque cor de graè debath la herrulhe arrougnouse ou lous penalhs qui bénen au perrequè quoand bièy
crida daban lou soula : Perréc e plume, hòu !
Més ta las historis dous houstaus, dous méstes, de las
daunes, dous hilhs e de las hilhotes, de la baterie de case,
dou clapit dou mounde biarnés, que eau, au Diu bibostes,
perdouna Auguste.
Demandats-lou si n'éy pas bertat ! Se-m balhe défaut que
bouy que-m poussi s'ou tès dou cap û oélh de becut.
Se Auguste e-m abè hèyt gay, en coundan-mé las historis
dou parsâ d'Orthez, que-m estouna encoère méy en debisan
de so de Lucq.
A Lucq, hèy, se-m disè, qu'y a très soubiénes nauticous
qui hèn arregniques a-us de Mounégn qui n'en an pas
sounque û.
Lou purmè qu'éy lou sarcophage, so qui bòu dise û crofou
de mour en pèyre. Lous d'aulhou qu'où biénen béde de
hère loégn e û d'Angleterre que l'a boulut croumpa pèr
trénte mile Hures. Més tabé quigne beroye cause! D'û
coustat Adam et Ebe arroun lou pecat ! ! !
Aquiu Auguste que s'estanqua enta béde so qui anabi dise

�174

LOU PROUSEY D'U BIARNES

d'aquéth " arroun lou pecat". Ne mautèy pas. Tabé que
tira en-daban dab û pléc dou pot de debath qui semblabe
dise : Hurous lous homis de petit esprit !
Arroun lou pecat, s'arredisou en illan la bouts e en
pitan-sé sus las puntes coum se-m abè boulut hala ta la soue
hautou... E de l'aute coustat, Jésus au mièy dous apostous
qui hesèn amasses la « Sénte Cène. »
Yaméy arquebésque, au debis dous coum lou méu de las
abélhes, n'a sabut ha coula de la bouque soue, dab ûe
doussou parière, aquéths dus moûts : la « Sénte Cène. »
Auguste que-s balhe atau a cops las alures d'û prince de
la glèyse. Nat caperà, coum éth, ne sab ayulha-s ou ha lou
segnau de la crouts. Nat benedictègn ne l'y pot ha ta yugne
las mâs en arroundin lou yèstou dab tan de debouciou.Lou
pape éth médich n'éy pouderous de lheba lous oélhs t'acera
bèc, pèr delà lous sourélhs, lous lugâs e las estéles, dab
maye doussou e maye gaymantè.
Badoun qui-n ayi dehèt embéye, ne poutch pas dise que
aquero que sie &lt;r art ; » n'éy pas coumode l'homi dou caminau s'ou tarriten sus so qui, pèr quauque cantè, e rase la
debouciou. Resou qu'a ! Diu soulét que pot espia, escarbuta,
pesa e yudya las hèytes de la counsciénce.
Qu'en demandi escuses a-us qui-m hèn l'haunou de léye
asso, se-ni estanqui a tout pip-pap, au mièy dou mèy counde,
enta ha refleccious. Ne sèy pas mélhe fayssou qu'aquére de
pintrura lou pourtroèt d'û homi. E qu'èy ahide que lous qui
l'an hantat que recounecheran assiu lou nouste amie autan
plâ coum si lou « photographe » e l'abè hiquat la crampe
nègre daban lou nas.
La sigounte nautat de Lucq, se hesou Auguste, qu'éy l'abadie e la soue tou redoune.
La sapiénee de l'histori n'éy pas gahe de tout toupî : que
passi doun, de pòu, sus aquéth pun, de calé balha défaut au
debisedou.
Més quin s'arregaha sus la tèrse nautat ! Dou gran pouète
biarnés, Navarrot, que sabè tan de hèytes debertissantes,

�AUGUSTE OU LOU DÀRRE TROUBADOU

175

d'aquéres qui ne s'escriben pas pramou que sémble que n'en
balhi pas la péne e qui toutû arrayen tan beroy ùe care de
gran escribâ. N'en counderèy pas sounque ûe enta nou pas
ha d'asso û counde de l'anuyét.
Nabarrot qu'ère l'homi de l'arride. Toutes las benalèyes
de la bite que las prenè en arridén. Qu'arridè quoand lous
autes se debertiben. Qu'arridè se lou hat malecarous e l'embiabe tumades heroudyes. Qu'arridè quoand auré calut
trembla ou ploura. Que s'en arridè encoère au moumén qui
la mour desdentade ou bienou ha coussire. En arridén que
la hesè gnargues, e que-s trufabe d'ère Tarris aus pots. Se
ne-m bouléts pas créde sus paraule, anats doun léye enso de
Beaudéant lou passadye qui escribè û moumentot aban de
cluqua la perpére :
Qu'éy haut ou bach asso :
« Enta dimars que heram carnau.
Més qui s'en anira purmè, lou nouble ou you ?
Se lou porc e-m debantéye, que hasin embit dous gays
coumpagnous mèys.
Més si you orbi la cléde de la bie nègre, carnau que sie
dat tout dat a Madelène ! »
Michè, que parti lou purmè e l'histori mayraste ne dits
pas se lou carnau s'en arridou.
Quoand estou au cap de la béte, Auguste qu'ayusta.
O, qu'ère û gran cansoayre Nabarrot. E que-b bau ha la
gauya de dus berséts dou sou cap d'obre, « Ah ! Diu me dau
quine galère. »
— Pèr ma fé, quines raacherétes !
Que-m sémblen pâ benedit,
— Moussu, puchqué benêts flourétes,
Abéts mounédes d'û ardit ?
Qu'abéts la came fine y dure !
— Dure, Moussu, coum û barroulh ;
Aco qu'éy de minya mesture,
D'alhous qu'èy came dinqu'au youlh.

Beroye qu'a la bouts lou rentiè dous caminaus, e que

�176

LOU PROUSEY D*U BIARNES

l'auri de bou cô cscoutat encoère. Més labéts, que se l'ourbi
ûe crampéte dou cerbèth qui-m estouna drin.
— La cante ne bau pas l'orgue, se-m dichou éth, escoutats
asso.
Que-s gahe escoupemén ûe carièyre, que-s sèt daban ûe
taule e aquiu que hè lou coum-qui de youga de l'orgue en
illant las machères, en bouhan coum û tachou, en cantourreyan, en poussan dous dits au mé ha, coum hèn las cames
en ûe course, lous chibalots, — hay, hay, chibalot de
Carrésse quo Baylocq ! — de l'û cap a l'aute de la taule.
Boulouns ou nou que-m calou audi a-d arroun Kyriè,
Sanctus, Agnusl
Hurousemén que s'atala apuch a las cantes de may boune
et qu'en sab de beroyes, l'ausèth !
Asso que-m hesou drin desbroumba aquero.
D'aulhous, pèr gran qui sie, û artiste qu'a toustém puyes
e bâches !
Adare que-m semblabe de sabé seguremén coum eau,
quoant abèn de pregoun l'esprit et l'amne d'Auguste, e que
troubabi ûe sabou ourjinale a so qui disè, a so qui hesè.
Que-m agradaben las soues fayssous et que coumpreni que
la yén de quauqu'arrèy que s'amigalhassen d'éth : lous ûs ta
deberti-s'én, lous auts enta repausa-s de so qui la bite e pot
abé de trop mourdén, de trop amâ, de trop lampouynè, de
trop arrebouhièc. E que-m abi ahide d'arrebedé-u enta ha-u
debisa, counda, canta encoère.
Toutû qu'abu lou curiousè de boulé sabé abans qui ère,
doun ère e so qui hesè, s'ère maridat, amaynadat ;
pramou qu'aymi a counéche lou mèy mounde.
Batalur coum éy, lou countedou d'historis, en dues bétes
que-m debè, se sémble, ha countén.
Poutiu de you, quigne camusade ! Que clucheta lous
cluchéts dou libi, que-s couha dou chapèu de moussu,
que-m hé û serbitur gran coun lou bras e que-m prega d'escusa-u pèr la begade, qu'ère atendut enta soupa enso de
mous de Larrouy.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

177

Pèr Sahourét que sabu que n'abè pas sounque lou dehore
enta-d houstau e la cape estelade enta tèyt. Qu'ère arcoelhut
a l'houstau dous auts coum û amie de passade, qu'ère bestit,
neurit, apedassat, loudyat e lou restan pèr brabe yén, esparpalhats drinou pertout, qui escouten dab plasé las soues
historis e aplaudéchen las soues cantes.
Tabé drinou méy tar n'estu pas estounat sounque a mièyes
quoand aprenu que lou Caddèt de Hourcadut, biélhot e
praubét a Sént-Guirouns, que l'abè subernoumat « lou darrè
troubadou. »
Dou troubadou, Auguste qu'a lou cerbèth mublat de causes
biélhes, cougnit de causes nabes toustém curiouses, la loéngue batalurde, halabastrère, l'îmou bagamounde, l'arsèc dou
dehore e de la libertat, l'amou de la pouesie, pramou,
badoun que ne berséti pas coum lou defun Seignor ou
Narcisse Laborde, que s'en manque ! qu'a toutû hèyt quauques bèrs qui balen de passa aus arrehilhs noustes coum ûe
probe de boulé ou de boune boulountat, qu'ous leyerats
aquiu en-daban.
Més se û gran téc èy, coum at disi en coumensan, qu'èy
tabé ûe grane bertut. So qui bouy, que bouy. Qu'èy atendut
lou moumén binte-cinq ans e que souy hoèy mâgarnit de
tout so qui eau enta counda-b desempuch l'a dinquo l'izéte
l'histori bertadère d'Auguste. Que m'en a balhat éth medich
la mestiou dab la permissiou de hiqua-lé en létr»s de
moullou.

Que souy badut a Salies en 1858, se-m a éth dit.
Coum tout lou mounde qu'èy û noum de case ; que-m hèy
Laherrère, més qui at sab e qui abesougn de sabé-c a par you ?
Auguste qu'éy tan beroy e tan lèu dit ! Tout lou mounde
que-m mentau Auguste, qu'éy atau qui bouy esta counechut,
qu'éy atau tabé qui-s broumberan de you quoand ayi très
pams e mièy de terre pèr dessus lous os. Pramou que
Auguste que pot mouri e que mourira, tan tar qui Diu
12

�178

LOU PROUSEY D'U BIARNES

boulhi ! Més lou sou noum que sera saub dou desbroum tan
que-n y ayi û soulét en bite d'ous qui l'an counegut?
— E arroun ?
— Arroun? Arroun n'en èy pas rèyte, que so qui-m
pouyré ha que las criatures qui n'èy pas yaméy bistes
que-m mentaboussen quoand sie partit pèr la bie de las
cèrques? Nou ! mour lou câ, mourte l'arrauye ! Més, mour
Yourdâ, biu lou sou noum dinquo doumâ ! Edoumâ ne déu
pas feni aban lou darrè d'ous qui m'an counechut.
Que diseran doun la brabe yén en pallan de you : — Ah !
lou michè ! Que soulè d'arriba pèr aquéste sesou ; e, a
maugrat dou dit maliboulén, ne-s hesè pasmaye gay quoand
lou bedèm lous talous que las puntes. Que s'estabe tan de
dies dab nous, que-s sedè a-d aquéth cap a la taule de
familhe. A-d aquéth cout que-s hiquabe enta cauha-s la sole
dous pès : ne tienè pas yaméy trop d'endoum e ne miabe pas
gran coumbat. Qu'aymabe so de bou, més ne l'y bedèm pas
coupe, qu'en y a hères coum éth. Se bebè û coupichot,
lou praubot, qu'ère enta que la bite n'estousse pas trop
nère. Lou binou d'aulhous que hè trouba las peguésses
beroyes. E quoand ne soulè de dise ! E nous qu'at troubabem
plâ, pramou que las soues peguésses n'an pas yaméy hèyt
doumau a-d arrés.
Bertat qu'éy enta las peguésses, a you lou poumpoum !
La purmère e la maye de toutes las qui héy qu'estou la de
badé.
N'èy pas yaméy counechut lou mèy pay, més que souy
demourat dab la may entho quoand yetèy lou crosc dou
«arcolh.
B'en l'èy hèyte béde de peludes, la praubote I
Que-s paréch toutû qu'estouy prou brabe tan qui houy au
catserou. Bahide quio, ne sabi pas sounque arride ou
ploura. Enta bagamounda, que eau poudé courre.
Que-s paréch ouncoère que pèr l'entour de cinq ans
qu'èri beroy maynadye e qu'abi beroye faysou. Tabé que
bouloun ha de you quaqu'arrèy. Ne sabèn pas qué ni coum,

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

179

més aquero n'ère pas û puchéu enta-d arriba a quauqu'arrèy.
Qu'y a atau hère de mounde qui-n ban a tastes e qui arriben a-d ayse a quauqu'arrèy ! Tabé detire qui la campane
abou hèyt tringuereya lous mèys cinq ans, la may que-m
prenou pèr la mâ e que-m ana hiqua enta l'escole. En
purmères, que m'y mantiéncu coum û anyoulot, ne mautabi
pas ni pè ni pate. A-d aquére mèrque que-s counechèn pèr
labéts lous bous maynadyes e lou reyén que disè a touts
lous qui pourtaben aurélhes: que hera û bou escouliè. O
bé, més aquéths coumpliméns ne-m plegnaben ni lou sac
ni la pothe e qu'en abi payrance. Lou poutadye que badou
asprut, quoand calou apréne a léye ou a escribe. Oun lous
auts maynadyes e lodyen lou cerbèth, lou boun Diu, " la
soue sénte boulountat que sie balude ! " que m'abè hiquat û
arrebotdou gabe.
Tabé n'èy pas yaméy poudut apréne a léye ni a escribe.
— Que so qui-m diséts aquiu, Auguste!
— La bertat ! Més la bertat que passe pertout e ne hè pas
deshaunou se n'y a pas poudé. Be débi de beroys grans
mercés au boun Diu d'abé-m hèyt pouderous d'apréne de
beroyes cantes biarnéses, de beroys coundes biarnés e de
sabé-us dise poursi-pourla, a toute hore dou die e de la
noèyt, quoand eau. Be débi gran mercés au Criatou dou
cèu e de la terre d'abé-m balhat ûe amne de pouète, pramou
qu'en souy oumén û drin e qu'èy hèyt bercéts you tabé
coum lous qui an frétât lou foundemén de las culotes sus
lous bancs d'û gran coulèdye.
— Auguste pouète? Bam, bam la toue cante. Que credi
toustém qu'ère enta-d arride qui lou Hourcadut e-t abè bateyat troubadou.
— Hèm doun l'û arroun l'aut e ne boulhits pas coum lous
Espagnòus minya lou galfou aban la garbure. Que sab au
gourmandè aquero !
Lèu, lèu, lou mau apréne que-m dé hasti ta la sapiénee. E
n'anèy pas enta l'escole sounque quoand ne poudi ha de
méneh. Toutû n'e-m bin pas yaméy dab lous gouyatots qui

�180

LOU PROUSEY D'U BIARNES

gradilhen aus publiés dou camî enta gaha lous auserots au
nid, ni dab lous qui courrèn p'ous casaus e lous beryès au
darrè de la frute. Nou ! Que-m estuyabi a l'oumpre d'û
cassou enta-d espia en l'èr chéns pensa a-d arré, ou s'ou
cantè d'ûe escourre a pourtade de béde lous pechots ha a
l'esgarrapéte ou a las coumays. Aquero e lou arrèy-ha que-m
balhaben bounhur. Si la hami n'abè pas tirât lou loup dou
bosc qu'auri passât de segu atau toute la bite. Malaye que
calhi ha bara la bouque e cougni lou sac ! Malaye que l'homi
ne pousqui bibe d'èr blous e d'aygue frésque !
N'auri pas yaméy, que-b at yuri, anat ha lou gaiis entèr
nade parét, pèr debath nat lambris. Oh ! lou dehore b'éy
doHn éth gran e nouble. Aquiu tout lou mounde que soun
pariés. E sabéts so qui respounen pèr Salies a-us qui acassen
quauqu'û de l'houstau ? Qu'ous respounen : Dehore qu'aurèy
méy de place que lou rèy. L'homi dou dehore, o bé, qu'éy
tout so qui pot abé-y de maye au mounde, de méy riche
tabé.Maye que lou rèy, méy riche que lou rèy, méy libre que
lou rèy, méy gauyous que lou rèy.
Ne sentibi pas l'arroumiguè a las cames que quoand bedi
passa ûe bande de tatays. Labéts que-m gripabi dab las
uncles a la hèrbes, aus broutchs dou cassou, a las sègues
dou plèch enta-d empecha-m de segui-us.
U cop toutû la tenterique qu'ère estade trop grane e
qu'abi hèyt coumpagnie a-d ù Bascou de la mountagne espagnole dinquo delà Carrésse entèr-de-mièy û ours roussar e û
mounar cupelat.
Gn-aute cop, enloubatat pèr û orgue de Barbarie, que m'en
èri anat en û roundalèy de très dies, pèr Salies, Berénx,
Baigts, Puyôo e Baylocq. Tout aquero chéns mouta, chéns
minya sounque las amoures de la plechade.
Quoand tournèy ta case, mour de fatigue, coèyt de calou,
las déns agudes et lounques, a nouste que-m credèn pergut ou mour e que-m espiaben coum û rebenan.
Aquére hèyte lhèu que m'a balhat lou gous de la cante e de
la musique. Pramou que souy musicién, sabéts, en han lou

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

181

coum-qui, autan coum pouète. E n'èy pas abut ne paus ne
cèsse dinquo quoand èy sabut youga de l'orgue sus ûe taule
e sus û bertadè arnés de glèyse en han a de bounes.
Més ne hiquim pas l'arrasclou aban l'arét !
Las escapades mies desempuch labéts que soun chéns
counde. Tan plâ que la may, puchqué tan èri amourous dou
dehore, que-m ana hiqua baylét enso d'û paysâ, au ras dou
poun de Clédes. Més n'y abè pas en you seménce de baylét.
Pèr ûe trubèrse, enta coupa camî, que m'escapèy aus quoate
pès, qu'èri tournât ta case aban la may.
E desempuch, biadye qui badye, bagamounde qui bagamounde ! Ue bouts qui you soulét enténi, û pous qui you
soulét e sentéchi que-m hèn : camine, camine e camina que
eau boulouns ou nou.
Pertout que troubabi mounde coum eau, yén serbiciaus
e caritatous. Que-m ourbiben la porte e lou cô, ne passèy
pas yaméy hami e que tribalhabi tan qui poudi enta ha-us
counténs dinquo quoand lou pous e la bouts e-m hesèn :
Camine, camine!
A force de camina qu'anèy ûe noèyt de Setéme cade de
fatigue a la porte d'ù houstalét prou beroy, lou méy beroy
dous entours : qu'ère lou prebytoère de Sén-Gladie. Aquiu
qu'y abè ù brabe curé, û curé de la biélhe mode ; qu'abè
lou cô sus la mâ e la mâ soubén ubèrte : que disi lou sou
noum dab hère de grat, qu'ère lou caperâ Batcave. Arroun
qui-m abou plâ sustantat que-m hé debisa.
— Maynadye, se-m dichou éth, puchqué camina e déus
pèr force, que-t eau ha caminayre de mestiè, croumpa-t û
croufot de marchandises e ana-lés béne biladye pèr biladye.
— 0 bé, Moussu curé, més que souy màgarnit de mousilhe coum û carpaut de plumes.
— Aquero ne-t balhi pas tesic.
E l'endedie, aquéth caperâ dou boun Diu que-m mia ta
Saubaterre que-m croumpa ù hardèu de peguessotes, papé,
agulhes e esplingues, ciradye, pentiétes, hius, ribans e
imadyes.

�182

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Bèn doun, camine toustém, bén haunestemén, a petit
gagn, aprén a-d estaubia, ne despénis pas yaméy chéns
besougn ; e ne-t desbroumbis pas que : Lou purmè espargnat qu'éy lou purmè gagnât. Qu'as aquiu lou coumencemén
d'ûe fourtune, qu'én counechi qui-s soun abiats dab ù fenardio méylauyè e qui-s hèn mentabe hoèy méstes per ûhardèu
de bayléts e de gouyes.
Bèn ! e hè beroy !
N'auri pas pensât a debisa-u de tournes. E pénsi a causes
coum aquéres, you? Nou! que souy badut troubadou, so
qui bòu dise qu'èy mé que mé lou cap héns las estéles.
Coustumes, dréts, debés en so qui éy dou tou e dou mèy que
soun hèyts enta-us homis coumplits, enta-us homis de tribalh e de negoci, qui remuden la terre, qui trusen la terre,
qui soun mesclats a touts lous batalhs de la terre. A cadû
suban lou sou hat e la soue destinnade ! Lou mèy qu'éy de
camina, de prediqua e de canta. Ta-u mèy plasé e ta-u plasé
dous auts, yaméy ta badé riche. Se m'en dan qu'en préni,e se
nou m'en dan que m'en passi. Apelha-m, loudya-m, minya,
aquero n'y pénsi pas de mén e ménch qu'a gagna e ha cabau.
Quoand n'èy pas dinnat, qu'èy hami e aquéth miscat ne m'en,
pèche pas de trouba la bie agradibe, lou bouscadye bér e lou
sourélh lusén. N'éy pas la mîe faute se souy badut cigalhe ou
parpalhou !
Coum lou parpalhou que parti detire, lou croufot darrè
l'esquîe e que-m hiquèy a camina : tira en-daban sounque ta
hiqua Fù pè deban Faut, aquiu qu'éy la fourtune ! Lou restan que coundabe tan chic !
Que-m estanquabi toutû û cop ou gn-aut !
E labéts la pratique que s'aprouchabe souléte. Que la
dechabi ourbi souléte lou croufot, maneya la marchandise
souléte coum la semblabe e quoand calé paga que-m
balhaben so qui boulèn. A-d aquéth ana, qu'arriba so qui
debè arriba : au cap de cinq ou chèys més n'abi pas méy
marchandises ni sos. Ne m'en tumèy pas lou cap countre
las murralhes pèr aquero.Ta que ha? Que pausèy loucrofou

�AUHUSTE OU LOU DARRE TROULADOU

183

boèyt s'ou cantè d'û camî e qu'en anèy en-daban, toustém
en-daban !
S'abi pergut lou capitau dou brabe caperâ Batcave, qu'en
abi gagnât û maye, que-m èri hèyt counéche ;e ayma ; e
pertout oun abi passât, que troubèy desempuch yats e taule
tenude.
Pèr quauques sos qu'abi gagnât ù ahoalh d'amies.
Qui pot dise d'abé yaméy hèyt û marcat d'aur toutû coum
you !
Més qu'èy boèytat trop biste l'escaputhot dou caperâ
Batcave e que-m eau ha pèr û moumentot arrepè.
U die qui passabi pèr Sénte-Suzanne que demandabi oun
ayatsabe moussu reyén. Pramou bedéts ne soun pas lous
caperâs souléts qui soun brabes e aymadous. Autan coum
éths lous reyéns qu'an l'arcoélh arridén e aysit. Que-m
broumbi dou téms oun bibèn coum rays, lou reyén e lou
curè. Ah ! lou beroy téms enta you ! Quoand caperâ me bedè
bequiâ que hesè dise au dominé : Auguste qu'éy arribat,
sabiéts dinna dab nous, que bam canta biarnés e dise
coundes biarnés ! Quign cussou e s'éy doun hiquat entèr la
pèth e l'auba dou cassou ? Pramou qu'an idées desparières,
éy doun ûe resou ta que s'en boulhin dus homis autan
brabes coum dominé e caperâ ? Ey ûe resou enta que s'y hèsi
toustém e gnacs e gnargues ? Enta ha parti cade biladye en
très partilhes ? Dues que hèn a la guerre e la tersau qu'enguiche e que graséch de trufes! Hurousemén que souy û
troubadou tout natre e que la mie aie lauyère que se m'en
haie subèr par touts lous malandrès de la terre.
Que disi doun qu'èy hère d'amies entèr lous reyéns e p'ou
cap de daban que hiqui lou de Sénte-Suzanne. B'ou counechéts, lou Poublan, qui a aduquat, mièy sègle de seguide
lous gouyatots d'aquéth endrét ? Lous sous purmès escouliès
hoèy que soun papous.
Que troubèy la soue maysou a mièy espitourrét en seguin
de la glèyse.
Que truquèy !

�184

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Qu'ère au soulè e pèr la fernèste qu'espia.
— Salut, bounyour, Moussu reyén, que bouleri, a boste
coumande, disé-b dus moûts. Qu'èy assiu û hardot de
de papé, plumes e ciradye. Se m'én croumperéts, en p'at
pregan ?
— E d'oun ès tu gouyatot ?
— De Salies, au boste serbiei, Moussu reyén !
— Qu'èy hère de tribalh a la merie e n'èy pas hpga de
debera adare, més ta nou pas qu'ayes pergut la camade,
que-t bouy balha ù souricot.
Autalèu qui abou fenit de debisa, û trin fî coum lou d'û
bèyre de cristau, que tringueréye darrè you. Que-m abachèy
e qu'amassèy.
— Moussu, slpu dichu you, que-b debéts esta troumpat
pramou qu'asso que luséch hère.
En dus sauts qu'esté au houns. Hoèy lou die qu'èy lésc e
escricat, Mous de Poublan, més pèr labéts ne caminabe pas,
que boulabe e lou bén que s'en lou halabe.
— Bertat qu'éy, maynadye que-t èy yetat peguemén û
oélh de carpaut. E sabs oun bas ana loudya a noèyt ?
— Nou pas de segu, nou !
— Atén ù passot que-t bau ana segui ta quauque par.
E que-m mia ta so de Meliande.
— Assiu que-b hèy arriba û gouyatot de Salies qui éy hère
haunéste.
— Entre maynadye, qu'auras ûe place a taule e gn-aute
au graè dou fourradye.
Quoant de téms e-m estéy a-d aquére maysou de la boéntat ? N'at sauri pas dise apuch tan d'anades. Més qu'y
demourèy lountéms. Que biencu camerade d'û gouyatot
dou mèy adye, lou mayou de Baratou, e qu'aprenu a serbi
la misse dab éth ; moussu reyén que-m abè apelhat d'û
bestot nègre e d'û pantalou blanc, qu'èri beroy coum û
imadye de dus sos. « Toutes las maynades que-m clignaben,
més n'éy pas dat en û enfan de car de ha bestiésses, you que
bachabi pudiquemén lous oélhs. »

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

185

(Aquero que hiqui mout pèr mout coum m'a dit Auguste.)
Quign èri fièr de balansa l'encéns ! Toutû lou Baratou méy
fièr que balansabe l'esquirou. N'en èri pas yelous, més
brigue ! e que souy estât amie dab éth tan qui a biscut. E la
maysou de Baratou que m'éy demourade amigue e boune.
Qu'y hèy tous lous dus ou très ans û estanc de très més.
S'abi coumprèys lou bounhur coum lous auts homis,
qu'auri hèyt souque a Sénte-Suzanne, au mièy d'aquéth
brabe mounde. Qu'y auri tribalhat, prèys ûe brabe fumelote
e qu'auri abut numerouse coade de canalhe. Ta dise la
bertat, û cop ou gn-aute qu'y abi pensât, badoun qu'estoussi
dehèt en dessa par de l'adye oun se mariden.
Més û matiau de printéms, la bouts e lous pous qui abèn
hèyt chutis mutis tout l'hibèr, que-s hiquan a crida e a
pougna au mé ha : Camine, camine !
Qu'éy a-d aquére passeyade qui-n embièy lou hiu e las
agulhes e lou restan pèr la bie de lascèrques.Quehesi toutes
las portes qui poudi, més sustout lous prebytoères e las
escoles. N'abi pas lou sabé-ha qui èy gahat desempuch, tabé
ye tirèy la guignorre e a-d arroun ! Au cap de l'an ne poudi
pas goayre méy ha cames. Més qu'abi amassât cabau de hère
de cantes biarnéses e de coundes biarnés, que las cantabi e
qu'ous prediquabi encaminan enta-d aprené-m. Lous qui-m
bedèn passa chéns sabé qui èri, cantan ou prediquan que-s
pensaben qu'èri badut ou pèc ou hôu. Lous cas que-m
courrèn au darrè : Hap, hap, hap ! Lous gouyatots que-m
seguiben chéns ha-m trop de guilhésques en cridan : Auguste,
Auguste ! Aquero ne-m dabe pas malici, nou, que-m hesè
melèu gay. Tan plâ que cridan û die lous de Meritégn, que
lou curé que hiqua lou cap a la fernèste. Que-m counechè
pèr enténe dise e coum s'en anabe de besite ta-d enso dou
yenerau Laurencey, que-m hé segui e entra dab éth.
Aquiu, hèy, que-m hén beroy arcoélh ! N'y a pas tau coum
lou gran mounde ta-d esta brabes e poulits. Que cantèy e
lou gouyatot dou yenerau que-m acoumpagnabe s'ou piano.
Arroun que-m demandan coundes. N'èri pas a-d ayse, pra-

�186

LOU PROUSEY D'U BIARNES

mou qu'abi espartégnes houradades aus pès e qu'èri chéns
causses. Dou yenerau que-m ère parié, més dou curé qu'en
abi bergourgne. Que m'en tirèy coum poudouy. Quoand
m'en boulouy tourna, lou Méste que disou a las gouyes, —
qu'en y abè ûe sarrabanténe — : Hats minya, aquéth Moussu !
Qu'abè dit Moussu, hèy, ah! lou beroy homi ! E arroun
lou die qu'ère cadut, qu'y hesè nègre.
— A-d aquéste hore, enloc ne hiquerén pas û câ dahore,
e dichou ouncoère lou Méste.
E que-m mian ta-d ûe crampéte oun y abè û beroy lhèytot
dab û pa de ridèus blancs coum la hoélhe dou liri. Enta
qui credéts qu'ère lou lhèyt ? Enta you, Auguste, lou caminayre, lou barruè. Qu'ère tan beroy, que semblabe û auta
de la Sénte-Bièrye, qu'abi coum bère embéye de hiqua-m a
yenous e de dise pregaris. Ne sèy pas quin gausèy despulha-m
e ayaqua-m-y dehéns. Més so qui-m atendè l'endedie, may
de Diu ! Nou, n'at endebineréts pas. U pa de broudequîs,
dab beioyes caussétes, û paquét de pélhes, paletot, yelét e
culotes, camises blanques e ûe boussote dab û escut de cinq
liures dehéns.
Quoand estouy sourtit de l'houstau benedit, que pensèy a
la may, a la case, aus besîs, au parsâ nadau. Que bouli ha
béde lou mèy richè. Qu'amuchèy doun lous talous a Nabarrénx la beroye e que-m abièy decap ta Salies l'amistouse. Ne
touquabi pas de pès a terre. Lous auserous que cantaben sus
l'arram, lous braus que culhebetaben aus prats e lous calhaus
de la bie que-m hesèn gausialhes.
En aquéth moumén que-m biencou ûe pensade d'enyenie.
— Ne poutch pas, se-m dichu you, coum lou hilh dou
yenerau, ha sauteriqueya lous dits sus lou piano ; enta-d
apréne aquero que eau sabé léye e escribe ; més so qui
arrés n'a hèyt encoère, qu'at herèy you ; dab la bouque, las
mâs, lous bras e lous plécs dou cos que herèy la campane. E
lou mounde que-m escouteran, que-m aplaudiran !
Arribat a case, que trauquèy lou taulat e lou tèyt. S'ou
tèyt que pausèy ûe téule, sus la téule û martèth ; au martèth

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

187

qu'estaquèy ûe corde, arroun que-m hiquèy a tira. Lou truc
qu'ère drin cloue : patangle, patangle, patangle ! N'èri pas
countén. Labéts que m'en anèy espia esbalansa, escouta
canta las cloches de Sén Biséns e qu'aprenu a debisa coum
ères, a mabe la corde coum lou benitè. Ah ! que m'en a calut
escout e paciénee, més dab paciénee qu'arriben a tout.
Escoutats e yudyats :
Ta-d-û mour praube que tiren atau la corde e la campane
que hè :
Toun... tan-tan... tan!
Ta-u riche :
Tou-ou-ou-oun... tan-ta-a-a-a-an !
Badoun e pot abé-y arrèy de méy beroy que lou carrilhou :
Taran-la-lan, la-lan-tan.
Taran-la-lan, la-lan-la !
Lous besis que m'entenoun e que trouban aquero beroy.
B'en abèn bèth mau !
A l'entan qui apreni la cansou de la campane, qu'anabi
escouta lou catrechime dous gouyatots. De so qui entenouy
atau que-m hi surmous enta-us maynadyes.
Labéts, hèy, que-m troubèy parât a tout.
La bouts e lou pous que-s hén lèu audi : Camine, camine
e que caminèy. E pertout oun passèy, que cantèy, que
coundèy, que campanèy e que prediquèy coum û caperâ e
û missiounari. Tabéb'estouy arcoelhut pertout oun boulouy
ana.
A l'abiade qu'arribèy a Saubaterre pèr û die de nouce.
Mous Leopold de Berard que-s maridabe dab ûe riche
hertère de Sén Gladie. Que segui lous espous ta la merie, ta
la glèyse, més que-m estanquèy a la porte de l'houstau e
qu'ous dechèy dinna. Sus la fî que parechouy e de tout
coustat que cridan : Auguste! Auguste! Més you, au loc de
respoune hòu ou hèy ou pla ! qu'ous cantèy quauques berséts
noubiaus qui-m abè amuchat ue biélhe de Berénx, qui-n
hesè mestie e qu'où hesè beroy.

�188

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Auguste que-b dits lou bounyour
A bous e a-us qui abéts a l'entour !
A-us de dehore, a-us de dehén,
A bous nobis purmeremén.

Ah! quoant m'en y plabou de gnargues, d'escarnis,
d'enyuris e de miasses ! Be sabéts que pèr las nouées
biarnéses, qu'an lou drét de dise de tout en cantan biarnés
e que s'y hesèn biahore e au mé ha countre you, lous hilhs
de Couhét, lous cangrènes, e que-m enguichaben enta que
respounoussi. Malhurousemén n'èy pas yaméy l'esprit
presén e l'arrebot dou gabe estuyat au tès dou mèy cap ne-s
pot mabe autan esberit coum ù cerbèth de carn. Toutû
l'esprit de la biélhe que-m tribalhabe e quoand arriba ûe
aubèle de choalines, que cantèy ouncoère.
Ne souy pas assiu ta-m peleya,
Ni ta pinta ni ta minya !
Més ta disé-b tan soulemén
Lou bounhur sie assiu dehén !

N'abèn pas coustume d'audi respounses de tan de nautat.
Tabé yé-m dechan ha chéns brousside lous mèys coumpliméns ; lous coumpliméns de la biélhe.
La boste nobi qu'éy bère e frésque,
Semble l'eslou de la pésque.
L'eslou de la pésque e dou percheguè,
Atau lou nobi la boulé.
Machan marit ne crèy qu'aura
Car boune mine l'homi qu'a :
Boune mine qu'a espiats lou plâ,
Bous efèyts tabé qu'en aura.

Aquiu que hi û estanquét. Ne poudi pas tapauc ha autemén. De tout coustat que cridaben quio, qu'en aura de
bous efèyts, que poudèn ha chéns abé tesic d'aquéth coustat.
Que-m broumbi de tout so qui disoun en û hourbari !... Ah,
poutiu ! Més, n'at èy pas yaméy arredit, la nouce fenide
lou Biarnés courtés que-s desbroumbe lou saloupè. De dise

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

189

qu'au ras dou lhèyt noubiau que calera lèu ûe eue, û barsô,
n'èy pas esta aban-hèyt. Que cantèy doun :
Boune gauyou, boune amistat,
Lous nobis hoèy que s'an yurat.
Que s'an yurat au catserou
De troussa lèu û maynadou.

Toutû qu'ère prou atau pèr û d'aulhou biencut. En
demouran méy chèts embit que seri estât mau-aprés, qu'auri
lhèu desfeytat lou berouyè d'aquére notice de nautat. En
dus bercéts, que hi lous adechats cap birat decap ta-us nobis.
Auguste que-b dits lou bounyour
A bous e a-us qui abéts a l'entour.
A bous, aus auts que die tout doy :
Siats gauyous e hats toustém beroy !
Are se n'at troubat pas mau,
M'en tourni ta-u peys de la sau,
Hurous e fièr de la grane haunou
D'abé cantat en aquéste maysou.

Lous berséts de la biélhe n'èren ni beroys ni lès, ne balèn
pas de men e ménch que lous qui s'anaben encoère canta
quo l'endematî a l'aubéte. Perqué doun aplaudin tan?
— Pramou, qu'ès û gran troubadou, Auguste !
— Oh ! qu'èy brespeyat endore e n'èy pas besougn de trufes
enta soupa. Que m'abi toustém pensât qu'ère pramou
qu'arré de so qui abi dit ne sabè a la pourquerie. Bertat
qu'arroun û dinna de nouce qui a durât cinq ou chèys hores,
arroun qui lous embitats e s'en an cliquât ûe doèle cadû,
peguésses e haunestetats que las hiquen au medich sac.
Més qui sab !
Au moumén qui anabi da pè-arrè, lou nobi, lou Leopold,
que hesou û clignét decap û cantadou qui truc sus l'ungle
atourmerabe û bersét dab lou medich aysiè que l'ausèth sus
l'arram e qu'où hé lou sinne de lheba lou cout.
Detire que-m dé lou replie :
Bos-té cara, bilèn mounard,
Ne partiras de so de Berard,
De so de Berard chéns abé tringlat
Dab dus bourrats de l'arreflat.

�190

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Quoant éy de dòu ha que ne sabi atau, you tabé, berseteya !
Que-m pourtan û bèyre de mièye tasse e dab ûe boutélhe
de pithè que me l'arrasan. Qu'estou la fé, lou plâ-biencut,
l'eschalibe que-m manquabe e qu'abi lou cô flac. Toute la
yoenésse que-s lheban,) quauques biélhs tabé : A la toue
santat Auguste ! Autalèu qui abu boeytat lou càlis, la cante
qu'arrecoumensa beroye, enguichante.
Lou countre-espous que hesè coumplimén a la nobi :
Espiats la nobi dou cap au pè
Semble l'arrose sus l'arrousè.

Rie pèr rie you que respounu :
Daban, darrè e pèr coustat
Sémble la marguerite dou prat.

Lou debis qu'auré seguit ûe hore de réne s'abi poudut,
més la punterade mie qu'ère braque, lou cabau de la biélhe
acabat.
— Cante, cante, Auguste, se-m hesèn.
You, en bayoulan doussines la ganurre, que hesi sinnes
que ne poudi pas méy.
— Més que-b bau ha las cloches, se bouléts.
Arrés ne sabè pas so qui aquero e boulé dise e toutû que-s
hiquan touts a crida au plèy dou cap : Auguste, Auguste, las
cloches, las cloches ! N'èy pas yaméy entenut parière batsarre
sounque a la hèste d'Orthez, a la course de baques, quoand
criden lou mounde : Corde, corde, cangrène !
Ha, n'èri pas trop ahurbit, qu'at poudéts créde. Lous besîs
que m'abèn bién dit : qu'éy hère beroy, més lous besîs ne
saben pas toustém oun an la mâ dréte : que tremblabi coum
ûe bit talhade e qu'espiabi s'y auré pèr aquiu ûe boune amne
enta balha-m couradye. L'array dous mèys oélhs que rencountra la boutélhe de payère. Que lhebèy lou bèyre.
Lou cantedou escarrabelhat que m'ou plegna e a l'entan
qui-m arresquabi la ganure, éth que-m cantabe :
A Berard u'aurén pas haunou
Se ne t'en daben û coupichou.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

191

Lou bî qu'ère bou, n'abè pas hèyt coussire a la houn lou
binatè, que m'en poudéts créde. Lous bermelhous que-m
puyan ta las machères, ûe grane calou que-m galloupa pèr
dehéns las bégnes e qu'estouy lèu a pun, coum calé : trénte
canous ne-m aurén pas hèyt cula labéts.
Que balhèy las cloches biarnéses, las dou carilhou gauyous, que soun très au Biarn ; en Bascous que hèy dab ûe.
— Que trobes lhèu que Bascoat ne bau pas Biarn ?
— N'éy pas aquero, mau lencoat. Més lou campanè bascou
qu'éy petit, esglachat e arroun ûe campane n'en a pas méy
rèyte. Lou campanè biarnés au countrari, qu'éy lésc, puntut,
que s'en arrit pèr lous frinestots, que sémble gourmandeya :
Méy, méy, encoère méy !
Pèr sinnes doun que mèrqui la place de la mies très campanes. La maye qu'éy la Ninote, be eau bouha e pandacha
ta ha-lé esbalansa, més tabé, hèy, audits-lé tou-ooou, oun !
La mianère qu'éy Yanéte, pressade més toutû pesante. La
petite, lauyère, arridoundère, que clapite lègre coum ûe
maynadéte de doudze ans. Escoutats-lé ! Trin, tique-tinc,
tique-tinc, tique-tinc !
Que hiquèy tout aquero en branle, chéns aucup d'ous qui
espiaben, qui escoutaben espantats. E lous pandach dou
chirguedou e la musique dou sounedou, musique a très
bouts, qui hèn « accord », qu'en balèn la péne, que m'en
poudéts créde.
Aquére hèyte que-m balha grane amistat a l'houstau de
Berard. Lou Leopold que-m touqua la mâ e la soue yoenéte
moulhè que-m hé û arrisoulét de la soue bouque resquéte.
Desempuch que-m hén arcoélh e aumenance tout cop qui
passèy pèr là. Ne soun pas badutsbiélhs, lous michès : so de
bou que s'en ba, bedéts ! Hurousemén qu'an dechat û escarbalh de purmère régue : lou Léon de Berard, gran aboucat,
yoén députât e beroy gouyat !
— Prou, prou, Auguste, que souy dou tou abis, més ne
hèsim pas poulitique. que-s tirerém la perpite.
A-d aquéth replie, Auguste que-s hiqua a-d arride aus

�192

LOU PROUSEY D'U BIARNES

hahas, ne l'èy pas yaméy bis autan countén : ne sèy pas perqué, ne m'at a pas dit.
— Quin adye abès pèr labéts, coumpay ?
— Quinze ou sédze ans, bahide, n'at sèy pas au yuste.
Qu'ère l'adye [de las benalèyes. Que troubabi lou Biarn
estrét e brac e la bouts e lou pous qui-m hesèn méy que
yaméy : Camine, camine, que-m abian enta-u Bascoat.
E-m sauréts, bous qui abéts lou cap moufle, disé-m so qui
poudi ana escarbuta enta-u Bascoat. Que m'at èy demandât
mile cops. Que dabi toustém en-daban e quoand debisabi
fransés ou biarnés, lous Bascous que-m espiaben dab la
bouque liante. Que-m aprenu labéts a ha sinnes e hère méy
biste qui arrés ne pouyré créde que-m hi coumpréne tout.
Lous Bascous que soun dounayres : lou die que-m balhaben
mesture e roumadye, la noèyt ûe tarrisse de lèyt e ûe place
au palhè.
Ne sèy pas se de nou pas poudé debisa ne-m abè pas
hèyt badé drinou pèc. Tiéts, û die, ûe brabe hémne que-m
da ûe camise de pléc e û blousot. Que-m hiquèy la camise
pramou qu'ère blanque ; més l'aute, la mie, badoun que
n'estésse pas sounque mièye anade, que la yetèy e que
trouquèy la blouse ta-d û yelét de manyes.
Lous Bascous que soun de brabe mounde, yaméy ne
m'an pas dit : Pandar, bèn tribalha ! Nou, que cantabi,
qu'ous debisabi pèr sinnes e qu'ous hesi guilhésques dab
la bouque, lous oélhs e las mâs : qu'arridèn, qu'èren
counténs.
Quoand ârribabi en û bilaye nabèth, que puyabi s'ou
perrou de la crouts e que cantabi dab guilhésques. Lous
maynadyes que-m seguiben au darrè en cridan : Kanta
zazou oraino ! Que-m èy pensât que boulèn dise : Cantats
encoère.
Més que biencou û die oun lou Bascoat e-m estoumaga.
Lou Biarn mèy, tan beroy, tan arridén, que-m manquabe.
Que-m tournèy doun hiqua lou camî debath lous pès e
arroun dus ou très més de chutis, pèr fis que poudouy

�AUGUSTE E LOU DARRE TROUBADOU

193

tourna debisa. Oh ! b'éy gran aquéth plasé, ne crèy pas
qu'en y ayi de mayes au mounde.
Que bau ha û gran saut adare, pramou que so qui segui,
sèt ou hoèyt ans d'abiade que-s semble tout natre a so qui-b
èy coundat.
A Yasses, qu'arriba û die û curé tout nau. N'èri pas méy
û maynadot ne û gouyatot ; ne-m disèn pas sounque Moussu
Auguste, que-m abi gagnât bère reputaciou e la bergougne
que se-m ère sourtide de deban lous oélhs. Coum n'abi lou
drét e lou debé, qu'anèy ha serbitur au nabèth curè. Lou
beroy homi, Moussu !...
— Passe, bèn en-daban, Auguste : qu'ère l'abat Lagèyre
e nou m'en diseras yaméy autan de bèy coum ne pénsi :
qu'ère û bertadè baylét de Diu, aquéth. Tabé ye se Tapera
tout yoén.
— Qu'en bau doun aus quoate pès, puchqu'at bouléts. E
sabéts so qui hé enta you ? Que-m amucha l'orgue bertadè e
you qui n'abi poudut apréne a léye ni a escribe, qu'aprenu
hère plâ tout so qui calé ta ha beroye cansou a la glèyse.
— Que sèy aquero tabé, e quin t'en sourtis a l'Adoraciou
de Charre.
— Ne souy pas you qui abi coupe, més lou bî blanc dou
castèth, aquéth trahidou doucét.
— Que bau mélhe nou pas debisa-n, badoun que lous
troubadous d'ariban e s'en héssen quauque eusse de témsen-quoand. Més dous antics, atau que bòu lou bertadè prougrès, que eau préne so de beroy e decha so de lè.
— Arribam doun ta-u mèy die de glori, lou courounemén
de la « rèyne » de Nabarrénx qu'esté ûe ceremounie !...
— Ue carnabalade !
— Pas bertat, n'y a pas carnabalade pendén Testiu...
A-d aquére respounse que hi û pas a l'en-daban e qu'espièy lou troubadou coum ne l'abi pas yaméy espiat. O,
qu'y a quauqu'arré d'ourjinau pèr aquére cerimane, qui-n
hè û homi chéns parie e n'éy pas estounan qu'où hasin
pertout aumenance.
13

�194

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Que disém doun ceremounie, se dichou éth, ou que
fenim aquéste debis qui n'auri pas hèyt a ugn-aut pèr la
couroune de Nabarre.
A l'entan qui atendè la respounse, que-m disi entèr
you medich : Quine mousque e-m hisse doun ? Qu'èy
aquiu û homi hurous pramou que bét la bite a trubès
ûe téle qui l'at hè paréche tout en blu, en bér, en arrose. E
que bouteri trabes a-d aquéth bounhur ! Que cerqueri a
derrui aquére biste pigalhade, empregnadére de bounes
hores ! Qui éy lou pèc assiu ? Que souy you !
— Qu'as resou, Auguste, ceremounie beroye ; debise, més
abraque, pramou qu'estouaquero ûe ceremounie d'emproun:
ne hèn pas rèynes en Biarn lou die de la hèste e so qui-m
agrade de la toue bite, qu'éy tout so qui toque a las coustumes, a las causes biarnéses. Lou restan, pèr beroy qui sie,
ne-m hè pas counde.
— M'estounabe tabé qu'ù Biarnés, mièy pouète coum
bous, que-m boulousse pataqueya sus ûe cause tan berladeremén pouetique. Que bam doun bira la hoélhe dou libi,
badoun qui-m abousse hèyt gay de disé-b lou debis qui abi
hèyt aquiu sus l'Esplanade.
— Nou, las gazétes qu'en an pallat e qu'en sèy tout so qui-m
hè gay de sabé-n. Més si-m boulès recita lous berséts qui
soun sourtits de so qui mentaus lou tou arrebot dou gabe,
que-m herés gay. Lou moumén, se-m sémble, qu'éy arribat
adare.
Chéns se ha prega, Auguste que-s lhèbe e la soue tiénse
que-s cambie coum lou capèth dou cèu quoand puntéye
lusén e bermelh lou rèy dou die. D'ûe bouts e dab û esbalans dou cos e de la mâ qui broumben la fayssou dou gran
Mounet-Sully que dits lou sou bersét saliè :
Aném enta Salies ta-s passeya,
Qu'éy û peys oun se porten plâ,
Touts lous malaus qu'y soun goarits
E lous qu'y soun inours qu'y soun en Paradis.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

195

Lou bersét de Nabarrénx qu'éy lhèu méy pouetique.
Nabarrénx qu'éy û beroy peys
Qui lou mèy cô ayme hère
Aquiu qu'éy de bous amies,
Quoand you y souy, qu'y souy en Paradis.

Dou restan qu'en hèy graci aus leyedous.
Qu'éy l'ahide qu'auran touts coumprèys qu'en boutan
assiu aquéres hoèyt arrèques, qu'éy tan soulemén enta
balha coumplide aquére care d'Auguste : lou curiousè dous
sous amies ne bièy pas sounque a-d arroun.
Qu'a sudat sang e aygue lou nouste troubadou enta-d
amoulla aquero. Que l'a calut dies e dies, hère méy de dies
que la cante de la campane. E quoand lous moûts ne s'arrenquaben pas au sou grat, e sabéts so qui-s hesè ? Que-s
balhabe a grans cops de pugn s'ou cap enta-d amoufli
l'arrebot dou gabe.
— Ne disi pas yuste yaméy lous mèys bèrs, se-m a dit,
pramou que lous dous auts que hèn méy de gay e que hèn
quauque cop arride.
Més que soun las cantes qui escouten toustém dab plasé.
— Bèth cèu de Pau ! Oun que la bo pertout, oun que la
sab pertout, que-b escouten touts chéns mouta, chéns mauta
e soubén que-s hiquen a canta dab you quoand ne souy a-d
aquéste passadye :
Moun Diu, moun Diu,
Dechats-me béde encoère,
Lou cèu de Pau, lou cèu de Pau !

La haut sus las mountagnes qu'éy ûe cante triste. Ne la
disi pas soubén e quoand me la demanden que m'en tiéni a
très bercéts, lou purmè e aquéstes dus qui soun mayeméns
beroys :
Tas oulhes dab las mies, nou-s dégnen plus mesela,
Tous supèrbes moutous despuch ença
Nou s'aprochen de-us més qu'en ta-us tuma.

�196

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Encoère que syi praube dens moun petit estât,
Qu'aymi méy moun berrét tout espelat,
Que nou pas lou plus bèth chapèu bourdat.

Que-m eau toustém ha bis au bersét dou berrét, ne sèy
pas perqué e l'aymen tan.
— Perqué? Pramou que lou berrét qu'éy la mèrque dou
tribalhedou, dou balén, de l'homi de la terre biarnése, de la
libertat e de las franquésses biarnéses ; pramou que lous
ancèstres que s'en soun fièremén coeyfats ; pramou qu'au
berrét que recounecheras lou Biarnés en quign peys dou
mounde qui sies ; pramou que la cibilisaciou que pot muda
tout pèr nouste, més que ne pouyra yaméy touqua a l'esprit
dou Biarn tan qui sie aprigat p'ou berretot tout espelat dou
pastou mountagnè. Quoand lou berrét s'en sie anat, Auguste,
n'y aura pas méy ûe patrie biarnése !
— Très pastous a l'oumpréte que soun hère, hère aymats.
Més La Bistanflute sus las autes que s'en porte la
poume : lou bî de Yurançou, lou guigne-gnigue dou briulounayre, la brousside dou tambour, l'ahoalh de las anésques
qui hèn souna las esquires, la danse de las gouyatétes, lou
tambourî pagat d'abanse qui toustém e tire fichut sou, tout
aquero qu'éy la bite, la bite briuleyante, qui hè lou die méy
gauyous e la noèyt amistouse. Badoun quoand arribi au
repic de la bistanflute, soubén lous escoutedous que s'y hèn
dab you : flûte, flûte, flûte ! e dab lous dits sus la taule que
truquen la mesure coum sus ûe pèth de tabar. Escoutats,
s'abéts yaméy audit cante méy fresquéte :
So qui-m desligue la paraule,
Qu'éy lou darrè truc deu boussou ;
Lou méy reyaume qu'éy la taule,
Lou bî qu'apère la cansou,
Sustout quoand éy de Yurançou.
Cadù ba soun tri,
Soun refrî,
Més lou deu mé clarî :

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

197

Qu'éy la bistanflute,
Flûte, flûte, flûte,
Bou cop de flahute !
Truque tambourî !

— Qu'èy bère arruade de cantes poupularis qui n'an pas,
se crèy, yaméy hiquat en létres de moullou. Que las èy apréses poursi-pourla au cor dou hoéc en han tousta iroles.
Beyats Bos-tê louga.
— Bos-té louga, charmante pastouréte,
Bos-té louga, pèr goarda moun bestia,
— Oui, oui, moussu, you-m louguerèy,
Boste bestia you goarderèy !
— Quoand bos gagna charmante pastouréte,
Quoant bos gagna pèr goarda lou bestia.
— U pa d'esclops, û debantau,
E cént escuts, Moussu, que-m eau !

E la Biélhe d'Aulourou que so qui-b a dit ?
Aulourou qu'y j'a ûe biélhe
Y n'a pas qu'ûe dén deban.
E lou trin trin, trin tan,
La biélhe,
Y n'a pas qu'ûe dén deban,
Y lou trin trin, trin tan !

Lou cabau dous gouyatots qu'éy de counda badoun qui
n'aye pas hère d'endoum. Qu'ous debertéch de canta dab
you e pays e mays qu'en soun labéts counténs, pramou que
la batsarre coustumade que s'estanque e que poden bouha
tranquiles ûe pause.
Las Brèspes biarnéses que-s canten sus l'èr d'û siaume.
You que hèy la demande, lous maynadyes la respounse.
Demande :
— Dab qui-t marideras tu, Yan, Yan lou mé Yan,
Dab qui-t marideras tu, Yan lou mèy amie?

Bespounse :
— Pas oumén dab nade torte ni boussude,
You ne sooy pas tan sot !
Dab ûe beroye damiseléte,
May, si aco se pot.

�198

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Tan qui bolen qu'alouquen las demandes :
Dab que la neuriras-tu...
Dab que l'apelheras-tu...
Oun-t-éy qui la loudyeras-tu...
Que so qui la heras ha-tu...

E las respounses que biénen sus paraules coumbiéncudes,
més tabéy qu'en y ayusten tan qui bolen e qu'éy aquero
sustout qui debertéch lous gouyatots.
La Passiou Biarnése, qu'éy autan nauticouse. Que eau esta
très enta canta-lé e que la sapin plà, pramou d'aquero n'éy
pas autan counegude. L'èr qu'éy lou de la passiou de la
glèyse.
— Quoand Mossen Yoan s'en tournabe d'ana canta maytines,
Que trouba sa hémne qu'ère mourte au lhèyt.

La Préface biarnése, sus l'èr de la préface de la misse :
La crabote qu'ère au bèc d'ûe coustote,
Que pachè quauque herbote,
Lou loup que biencou a passa,
,
Que la disou : que hès doun tu aquiu, crabote ?
La crabote qu'où respounou :
Que pachi quauque herbote.
Lou loup que la digou :
Aprouché-t, aprouché-t, crabote.
La crabote qu'estou prou pegote,
Que s'aproucha,
Lou loup que se la minya.

Lou canalhè jqu'aymen hère lous histoerots, qu'en èy de
de touts bracs enta-d éths.

La clouque e lous éuitets
A la clouque û die la paysàne balénte que balha ta coa
dèts e hoèyt oéus de guite.
La clouque pegote que s'ous hiqua debath las aies, debath
lou bénte e dab lou peruc que s'ous gaymanteyabe soubén.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

199

Au cap d'û trentenat de dies, ûe doudzéne e mièye de
guitots que bequîan de dehéns lous oéus enla :
Peruc, peruc, peruc, peruc !

E que sourtin dou crosc.
La clouque qu'ous hesè :
Cloucote, cloucote, cloucote !

E lous guitots que respounèn :
Pi pi pi pi pi pi ! pi pi pi pi pi pi !

Més quoand estoun baduts grans que cambian de fayssou :
Piè piè piè piè piè piè !

E la clouque que hesè :
Hû !... hû !... hû!... hû!...

U die qu'ous largan enta dehore.
Que museyaben pertout, que peruquaben pertout, héns
l'hèrbe frésque, héns la terre trempade, héns lou humerè
sabourén, sus la hoélhe dou plèch, en l'èr tabé.
E la clouque counténte que s'y hesè :
Clouc-clouc, cloucote ! Cloue cloue cloue cloue, cloucote, cloucote !

La passeyade bellèii qu'ous miâ s'ou bor d'û clot arrasét
d'aygue.
Guitots que s'y yetan, que s'y enfounsan, qu'y cabirouleyan e a la may qui ous cridabe mourte de pòu, dou bor
enla, que hésèn :
Hiqué-t-y, hiqué-t-y, hiqué-t-y !

Més ère espauride que respounè :
F-t...tre, f-t...tre, f-t...tre !

— Qu'éy dehèt debèrtissan lou tou counderilhot, Auguste
e que bouleri esta darrè ûe parét, au ras de tu, quoand lou
coundes a mièye doudzéne de gouyatots.

�200

LOU PROUSEY D'U BIARNES

— Oh ! n'éy pas û cop qui m'ou eau dise, més dus, très
copsa-d arroundinquo quoand chéns troumpa-s e sabenha:
Cloucote, cloucote, cloucote!
Hû... ! hû ! hû ! hû!
Hiqué-t-y, hiqué-t-y !
F-t.. .tre ! F-t.. .tre !

Entèr étch apuch que s'esbaten e, boulouns ou nou, que
eau que pay e may, rays e sos mayous, qu'escoutin tho
quoand n'an lou cap poudat.
Aquéste qu'ous hè autan de gay.

La Platuche
— E sabéts so qui éy ûe platuche ?
— Nou, nou, nou !
Lou méy esparboulat que s'ari-eabise :
— Si ! you qu'at sèy : La cubertére de la toupie.
Escarcalhats d'arride !
— La plaque nègre de deban lou hoéc, labéts.
— Que-t troumpes, maynadye, la platuche qu'éy ù péch.
E-n abéts bis a l'escourre qui quirauléye pèr acera, au
houns dou tarrè? Nou bertat, puchqué ne diséts pas arré.
Resou qu'abéts de nou pas dise o, pramou que mesounye
n'éy pas haunou. La platuche qu'éy û péch de las granes
aygues qui abesîen la mâ. Qu'y a platuches au Gabe, a la
Bidouze, au Larran, a l'Adou. Més bé-m bats sabé dise
oumén perqué s'apère platuche ?
Touts amasses :
— Pramou qu'éy plate !
— O bé, plate, yuste autan coum û libiot de doudze sos,
grane coum la mâ e quauque cop coum û berrét de
maynadye.
Aquéth péch qu'éy hère brabe e ne sab pas so qui malici
e bòu dise.
U die toutù, que bouhabe la bentorle de mountagne. Ah !

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

201

si sabèts quign éy halabastrère e guign segoutéch lous nèrbis
de la yen ! Platuche qu'en ère badude arregagnade.
Dus homis que passan sus la cantère de l'aygue. L'û que
la demande : Y a maréye, platuche ? E sabèts so qui respounou 7
— Que respounou quio
que nou
qu'a û mouméntot au boste serbici
anats-pé ha lanière !
— Que-b troumpats encoère. Que puya ta sus la téle de
l'aygue, que lheba lou mus en l'èr, que toursou la bouque
coum hèn lous gouyatots arregagnats quoand bolen escarni-n ugn-aute, arroun en naseyan : Y a
maréye
platuche ? e d'û cop de coude que s'ana esténe sus terre au
houns de l'aygue, en atendén ûe prése.
— Lou passeyedou, tris, que s'arrebira ta la bensibe. E
sauréts so qui la hesou ?
— Au double-mile, que la balha huetades.... que la
hiqua au lhèyt chéns soupa.... que l'estaqua a l'estipe de la
cléde.... que la hé minya la garbure quo la darrère goûte
dab payrance de chichine.
— Qu'estenou la mâ e d'ùe bouts doulénte que la disou :
Dare enla qu'auras la bouque toursude.
Qui ère aquéth passeyedou '?
Touts amasses :
— Lou boun Diu, Jésus.
— Bertat qu'éy.
U tresau e arroun que sera fenit enta-us gouyatots.

Lou fenardie.
U gouyatot qu'abè acabat l'escouliadye. Qu'où hiquan a
l'aprentissadye dab ù cauterè qui-ou debè amucha de blanqui las culhéres e d'apedassa lous cauterous houradats.
A l'abiade, lou méste qu'où hesou ha de tout sounque lou
mestiè.
Camades ta-u boulanyè, ta-u carnissè, ta la pratique. Fréta

�202

LOU PROUSEY D'U BIARNES

las culhéres, cura lous cautès, aluqua lou hoéc dahore, ana
pusa l'aygue a la houn, tourna lou tribalh e ha-s paga sos e
dinès.
Toustém de pès, yaméy sedut e que calé maneya las
camétes conm eau ou sinou !
Qu'éy atau la mode e n'en eau pas béde trop de coupe au
cauterè se hesè trima l'aprentis. Aquero que s'apère : a toun
tour palhasse !
D'arré yuste, lou gouyatot ne-s desagradabe : ùe cause tout
doy qu'où pudibe, qu'où pudibe, qu'ère de pourta lou fenardio, so qui bòu dise, la barre e lou bouhedé, ensacoutats
dab lous auts arnés dou mestiè.
Biban, se l'abè poudut arrounsa en passan héns quauque
puts !
Més que calé tira e nou mouta.
U die qui lou méste ère de boune counténte, que debisabe a l'aprentis de las causes dou cèu.
— Aquiu que soun touts hurous, touts pariés e n'y a pas
ni méstes ni bayléts. Bé grasiras î, lou die qui t'en orbin la
porte !
Cauterè qu'atendè la respounse, més lou gouyatot que-s
demourabe mut.
— E doun ne dits pas arrèy ?
Mut encoère.
Au cap d'ûe pause l'aprentis qu'apère :
— Hèy Méste ?
— Té ! qu'ès de lue adare ? Qu'y a ?
— Au cèu doun que seram touts méstes ?
— Bahide !
— E labéts, Méste, bous méste e you méste, qui pourtera
lou fenardio ?
Que hi coumplimén a-d Auguste, aquéths counderilhots que
soun gauyous, bracs, aysits a coumpréne. Que eau disé-us
tan qui-s pousqui enta que lous maynadots qu'aymin la
loéngue dou lou peys, las historis dou lou peys e la case

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

203

dous ayòus, aquére caséte qui an bastit a pous de sudous e
qui an agradade a pous d'espargnes :
Caséte mie,
Lou boun Diu te bénie,
Pèr petite qui sie !

— O, Moussu, que eau mantiéne las causes de nouste
ayma-lés e ha-lés ayma : la loéngue benedite sustout qui
abém poupat dab la lèyt au barsô. Qu'éy pramou
d'aquero qui toutes las mies cantes, touts lous coundes,
touts lous debis qui you e disi e soun biarnés. Oh ! si coum
you e caminàbets de biladye en biladye, de serrade en serrade, d'houstau en houstau, qu'auréts l'ahide que n'éy pas
encoère pergude la beroye loéngue de las noustes mays.
Pertout que l'escouten, que la debisen dab plasé : ù troubsdou francés ne seré pas arcoelhut enloc, û troubadou biarnés qu'en éy pertout.
Se-b heré gay, Moussu, de ha arrecadde d'û debis méy coum
abéts arrecaddat lous dus berséts de Salies e de Nabarrénx.
O? que couménei doun.
E a l'entan qui debise Auguste, you qu'escribi e que balhi
lou sou discours coum lou hé, chéns cambia-y ûe tilléte,
toustém ta ha béde lou pléc d'aquéth esprit despariè dous
autes homis.
oc

Lous mèys amies,

« Que souy trop hurous de trouba-m hoèy au mièy de
bous auts pramou de poudé-b ha enténe aquéres cloches
qui, au téms de la mie yoenésse, abèn succès pertout. E
hoèy que bouleri parié que goardassets l'hurous soubiéne
d'aquéth biélh troubadou qui éy au mièy de bous auts.
« Que debisi tout particulieremén a-d aquéres yoénes
gouyates e que las demandi d'arriba de dore enta-d enténe
las cloches. Ne siats pas ourgulhouses, que-b èy dit méy d'û
cop que l'ourgulh qu'éy a chibau e la misèri en trousse.
« Ne-b anits pas trop enstalla deban lou boste miralh,

�204

LOU PROUSEY

D'U BIARNES

que-b empecheré d'arriba a l'hore pramou que risqueréts de
cade en extase deban lous bostes beroys oelhous.
« Prenéts ûe serbiéte, metéts-lé sus la place e se n'ère pas
sufisén, penéts û linsòu de très lès. »
— Aquiu que-m estanqui e que hiqui las cloches en
branle. Quoand èy fenit, que debèri de dessus la carièyre e
que hèy lou tour de la soucietat en disén :
« N'éy pas lou tout de ha de l'asou,
Que-m eau drin de brén ! »

Lous sos labéts que caden hèn lou berrét en han ûe musique yuste autan beroye coum la de las cloches.
En badén biélh qu'èy counechut lou besougn de nou pas
abé la bousse boèyte.
Arrèy de méy resounable, bertat, coum de bibe cadû dou
sou tribalh.
Nabarrot qu'a cantat aquéste bersét :
Lou curé que biu de la messe,
De la pugnère biu Marti.
Cadû prêche pèr sa paroèsse,
Cadû bóu l'aygue en soun mouli.

— Qu'èy hèyt tabé quauques arrepourès sus la-s maysous
oun èy arcoelhénse amistouse. E-b heré gay !...
— Oh ! més dus ou très tan pèr tan !
— Tiéts doun !
A Orthez :
Enso de Planté,
La baque qu'a bou pè
E lou praube bou brespè.

A Meritégn :
A Capulét,
Quoand hè fresquét,
Qu'aluquen lou hoéc.

A-d Arribe :
Malherbe b'éy mau noumat,
Tout pèr lou qu'éy amistat.

�AUGUSTE OU LOU DARRE TROUBADOU

205

A Sénte-Suzanne :
Baratou, boune maysou,
Qu'a pelât e qu'a bitou.

A Lucq :
De Beaudéant,
E lou trin trin e lou trin tran,
Lou malau s'en tourne en cantan.

Assiu, si bouléts, que bam estanqua l'histori d'Auguste.
Lou sou cabau qu'a encoère hère d'endoum : Nadaus biarnés, cantiques biarnés, coundes biarnés. Més lous ûs e lous
auts que soun hère couneguts e n'aurén pas nade nautat
enta-u leyedou méy ; ne bau pas doun la péne de palla-n
méy a-d arroun.
Qu'en èy hèyt lou chifre dab lou Troubadou : lou sou
roundalèy que s'estén sus trénte-nau biladyes e qu'où hèn
arcoelhénce a cén quoate houstaus. Arcoelhénce toute
d'amistat, pramou que lou nouste caminayre n'a pas yaméy
demandât, yaméy mandiquat.
Se aquero n'éy pas poupularitat, que-m demandi so qui
pouderé esta.
O bé, Auguste qu'éy ûe care poupulari.
Perqué a doun éth puyat sus aquéth pitè oun tan de grans
esprits ne poden gradilha ?
Pramou qu'éy prestit d'ûe mesclagne de roumén e de
groussagne. Mesclagne qui hè badé gran curiousè, tabé
engragn d'amistat.
Lou roumén, si-b plats, que sera l'haunestetat e la courtesie, ûe beroye tiénse d'habillé homi e d'artiste, las alures
doucétes, gaymantes, cayoulantes, amigalhantes e l'arrisoulét qui aletéye s'ous pots coum la boune sabou sus la flou.
La groussagne ! Més quoau-b'éy la care, pèr beroye qui sie,
qui n'a quauque bourrugue ! E las bourrugues d'Auguste
que soun melèu aymadoures que hastiales.
Toutû se ne calé pas qu'aquero enta badé poupularis,
qu'en y auré a hardèus p'ou nouste peys.

�206

LOU PROUSEY D'U BIARNES

Siam de bou counde, aquero n'a pas poudut sufi a-d
Auguste.
E labéts y-èm foursats de pensa a la patrie biarnése, a las
soues coutumes, a la soue loéngue, a la soue letradure poupulari. Enta passa lou téms e ha-u passa, enta deberti-s e ha
deberti lous auts, Auguste qu'a cantat, coundat e letreyat
biarnés, s'ous camîs biarnés, p'ous biladyes biarnés, p'ous
houstaus biarnés.
E puchqué la soue bouts abou tan de reclam enso dous
hilhots dou Biarn,
Abém lou drét d'esta hurous e drin fièrs, lous baléns de
Febus, qui abém hèyt relhèu dou drapèu Biarnés ;
Nous qui abém balhat au nouste peys tout lou flambourèy
de la nouste pensade, tout l'amou dou nouste cô ;
Nous qui ou boulém toustém biu, toustém gran, toustém
fièr, toustém flourit !
Bahide quio, qu'en abém lou drét !
Bahido quio, que poudém dise bertaderemén :
Aus malibouléns, mayemén pècs encoère, qui boulerén
derrui en France tout so qui hè l'ourgulh de las proubincies
francéses ;
Aus paurucs qui ne saben de quin coustat bira-s, ni de
quign boys ha flaûtes ;
Aus baléns Jqui cauque cop e pouyrén bâcha lou cap e
sarra l'aie descouradyats ;
Que poudém disé-us bertaderemén :
Nou la loéngue beroye, douce, amistouse, benedite de las
mays biarnéses n'éy pas mourte.
Nou la patrie dous ancèstres ne pot pas mouri !

�ESPLIC

207

ESPLIC
dous moûts d'aquéstc Libi qui ne soun pas au diccioupari de Lespy

: autrefois, l'an passé.
: labourer.
ARREBERADYE : fatigue.
ARREBUSQUÉT : floraison dernière inespérée.
ARIBAN

ARRAUE

: Dans : so qui-t abéyi, ce que je
te reprends.
ABITE : mords !
ABUSA-S : perdre son temps.
ACAPANTE : qui utilise les petites choses.
ACAPULAT: placé sur un tertre, terminé
en pointe.
ACOUDILHA :
courir rapidement après
quelqu'un.
ACOULOURA : parer, compléter.
A-DE-BOUNES : pour de bon, très fort.
AFÈYTA : vêtir, parer.
AFROUNTUR : menteur.
AGODSILHA : mettre dans la gorge, supporter.
AHIDE : toi, confiance.
AHURBIT : décidé, courageux.
ALISA : rendre uni et poli.
ALOUGA-S : se marier, s'arranger.
AMAC : menace de coups.
AMESTHA : apprivoiser.
AMISTOUSA-S : donner affection et confiance.
AMOUFLI : rendre doux et souple.
ANIDA-S : se faire un nid, se loger.
APARENTAT; qui est de la parenté.
APE : repas.
A-PETIT-FU : petit à petit.
APOUGNOUCAT : reprisé.
APRICS : couvertures au propre, complices au figuré.
ARE-Y'N-QUOAND : de temps en temps.
ABÉYI

: action de recommencer.
: à reculons.
ARREFIAT : raisin blanc.
ARREGAGNAT : herbe au goût très amer
qui ressemble à l'oseille, au íìg. insolent.
ARREQUEDÉRE : vieille, qui a atteint l'âge
où l'on peut mourir sans regret.
ARREPIPIA : déraisonner.
ARRIDE : commencer à bouillir.
ARRIDOUNDË : qui rit à tout propos.
ARROUDE : dévorer.
ARRUADE : rangée.
A SAUTS : très vite.
ATAPI-S : se dit de l'oiseau qui se couche
en boule.
ATERMIA : arriver au terme du voyage.
ATHAPOULA-S : se coucher sur le sol en
se faisant tout petit.
ATOURMELIGA : entortiller, griser par des
caresses.
ATUSTA-S : s'approcher pour se grouper.
AUBURI : un peu par la vue, beaucoup
par le raisonnement.
AUMENANCE : cadeau, gracieuseté, hommage.
AURËSTE : sauvage.
AUSÊTHS : dans lous ausèths, la tuberculose.
A Y ATS A: faire d'un lieu son gîte.
ARRECOUMÉNSE
ARRECULES

�208

LOU PROUSEY D'U BIARNES

: saisir avec les griffes.
: donner en dot.
AYÈYS: plaintes et regrets.

AYARPA

AYENSA

: baveux.
: s'humilier.
BATSIMOUN : examen sévère.
BEBENÈ : pâtée des porcs.
BELAT : désiré vivement.
BENSIBE : revanche, vengeance.
BÉNTE(LABA U) : nettoyer les boyaux du
porc à grande eau.
BERDOTJS : verdàtre.
BEROU : beauté.
BEUFUMÉT : léger tourbillon.
BÉUTE : aptitude à boire du vin.
BÈY : grande quantité.
BOETÈ : maquignon.
BORSE: dans torse ni borse, marcher
droit, borse n'a pas de signification,
semble employé pour la rime.
BOU-APRÉNE : intelligence.
BOUHEROC : fruit troué par un ver.
BOUN-BOULÉ : bon plaisir.
BOTJRI : fermenter.
BOURCLA : rouler dans la poussière.
BOURCLADE : action de battre quelqu'un
en le roulant dans la poussière.
BOURRA : tromper, frapper fort.
BOURROULÉTES : petites boules.
BOURROUNGLE : lame fine de bois attachée à une ficelle, on lui imprime un
mouvement de rotation qui produit
le bruit du vent.
BRINCHE : muscle, au fig. qu'éy de bonne
brinche, il est méchant.
BROUCHAGUE : buisson épineux.
BROUSSÈ : qui tient de la charrette à
bœufs.

BABIROUS

BÂCHA L'ALE

G
: coq.
cachette sombre.
GALITRE : espèce.
CAMES (HA) : se tenir debout.
CARAT : sobre de paroles.
CARDINAL : chardonneret. Employé au
figuré, désigne un avisé.

: celui qui rit la bouche grande
ouverte.
CATABE : gens de rien.
GATAU : charge de deux barriques de vin.
CHICHA : frire.
CHICHÈRCLE : grésil.
CHIQUÉTS (EN) : déchiré en morceaux.
CHOALÉTES : doucement, lentement, sans
bruit.
CLACASSEYA: bavarder à grand bruit.
CLACOUTEYA : claquer des dents par suite
du froid.
CLAPIT : bavardage.
CLUC : adj. morne, subst. sommeil.
COÉBE : chambre souterraine dans l'eau.
COHNEQUILHAT : corne relevée verticalement.
Cos : cadavre.
COTH-BIRA: tordre le cou.
COUCAR : voyou.
COUCH : bol en terre de forme primitive.
COUCOUCHEYA : parler doucement, dans
le tuyau de l'oreille.
COUDE-L'Y-SÈGUE : à la queue-leu-leu.
COUDICHÉTE : cheveux longs descendant
jusque sur les épaules.
COUGNÉTS : petites grappes.
COUMAYS (HA A LAS) : muser.
COUMBIENCUT : convention.
COUNTENTÉ : joie.
COUQUÈLE : casserole en fonte.
COURDOTJS (LOUS DOUS) : gendarmes.
COURRICLE : course rapide et prolongée.
COUSSOT : petite blouse de femme.
Cou Y : découvert.
GREBÈRE: grande peine.
CRIQUE-CRAQUE : craquement.
CROHCHIDÉRES : craquement des souliers.
CRUSUMI : faire évaporer un liquide par
l'action lente du feu, consumer.
CULARRÊ (A LA) : à reculons.

CASCALH

GACCARACA
CAHUTH:

: désirer vivement.
: vigoureusement.
DESAUMENGA : disloquer.
DESBOR : débordement.
DESCIS : résolution.

DELERA

DE-POUS

�209

ESPLIC

: mal agencée.
: droit et bien moulé.
DESGLOUNTI : désagréger.
DESHERNI : découvrir ce qui était très
caché.
DESHUR : malheur.
DESLIBERADE : alerte.
DESMAYRA : sortir de son lit (en parlant
de la rivière).
DETSHÈYTE : fin.
DÊTS-LËY : décalogue (néologisme).
DIFICULTOUSE : difficile.
DOY : le strict, le peu ; dans tout doy,
tant seulement.
DESCOUGNADE

DESGAUCHIT

: aveuglée.
: fécondant.
EMPOUYOURNIT : couvert par une grande
quantité.
ENDUGA : supporter sur le corps le linge
mouillé.
ENHASTICAT : dégoûté.
ENLOUBATAT : fasciné.
ENQUERA : par là.
ENTEQUA-S : prendre mal à la poitrine.
ESBARIA-S : perdre la tête.
ESBASSIBA-S : se disperser et disparaître.
ESCANTOA: écorner.
ESCARNI(DE BLOUSOT) : blouse trop petite,
contrefaçon.
ESCARRAT : presque insuffisant.
ESCLARIDE : éclaircie sous la feuillée.
ESCOUNDE: je pense.
ESDEBURA : hâter, faire vite.
ESGARRINCHAT : ébouriffé, hargneux.
ESPÈCI: poivre.
ESPÉRA: attendre.
ESTA-s : se reposer.
EMBUSLIDE

EMPREGNADÉ

3ET-

: mauvais cas, semblant de
culpabilité.
FITÈ (exclamation) : hors de là !
FIUFIU : siffllement.
FLAMAN : flagorneur, menteur.
FLAMINA : lancer des flammes.
FLECHADE : couverture de laine.
FAUS-INCAS

: baguette flexible pour fouetter
les enfants.
FOULANYÈRES : conséquences désastreuses d'actions irréfléchies.
FOURRASTA : lieu encombré de ronces et
d'arbrisseaux.
FOASTE

Gt
: osselet pour un jeu d'enfants.
: nom plaisant de la vigne.
GARGALH : éclat de rire bruyant.
GARMALHÈUS (A CAPSUS) : de dos à terre
jambes en l'air.
GAUHERADE : bouffée.
GNOURGA : au propre, mâcher difficilement, au fig. raisonner, grogner.
GNOSQUE : contusion à la tête.
GOULE: rigole.
GOURGUÉY: parler doux comme un chant
d'oiseau.
GRADILHA : monter avec effort.
GUILHERI : extravagance.
GUINGUILHAT : paré de colifichets de
mauvais goût.
GUIROUFLÈYE : au propre, giroflée, au
fig. femme de mauvaises manières.
GALHE

GALITORTE

H
: action sotte ou sauvage.
: aboiement.
HALHÉT : chant aigu du coq, parole prononcée sur un ton de colère élevé.
HALHÈRE : feu de joie.
HALHOU : voix suraigùe.
HASENDRES : actions d'un goût douteux,
on dit aussi : FASIÉNDRES.
HEROUDYE: sauvage, laideur affreuse.
HETEMÉNENLA : soufflet pour chasser un
importun.
HÈYRES: bijoux de fiançailles,
HISOUPA: lancer avec l'hysope.
HUMES : épaules, mot vieilli.

HABILLÉSSE
HABLÉT

X
: sombres pensées, mauvaise humeur.
ISLE : qu'on prononce il-le, île.

IMOUS

14

�LOU PROUSEY D'U BIARNES

210

: semaille du maïs.
lièvre.
PEGUÉSSE : si peu que ce soit.
PELIÈ : vaurien.
PELOUSAR : individu à tout faire.
PELUSOU : duvet très fin.
PÉRRA: purger une mauvaise action.
PÈYRE-HOÉC : silex. A Bidache, tigne.
PÉTA L'ESPÉROU : taper du talon.
PETOURNET : vengeur.
PICALH : pierre brisée.
PIOYNE : toupie.
PLOUREMIQUE : qui pleure sans motif.
POUDEMÉN DE CAP : cassement de tête.
POULINGOY : dindon.
POULLIGA : lier fortement, entortiller.
PREBEDÉNCI : prévoyance.
PUDENTIS : odeur nauséabonde.

PAUSÈRE

PÈ-DESCAUSSE,

: flamme vive vite éteinte.
: avancer en roulant.
LOUNYE : corde du fouet.
LAMBRUSCAT

LIRA

JS/L

: meurtrissu».
pourvu.
MANDILHADE : volée de coups.
M ARDA: dur, brutal.
MARIDANSES : accordailles, fiançailles.
MARIDÈRE : grande envie de se marier.
MAYADE : crue d'une rivière.
MESADE : pension gratuite à l'instituteur d'autrefois, que chaque père de
famille recevait à tour de rôle la durée d'un mois.
MOUNÈRRE : mot sans signification employé pour la rime dans ce dicton :
Pierre mounèrre, partit ta la guerre,
etc.
MOUMBIRAT : tête à l'envers.
MOUTA (CHÉNS) : sans mot dire.

MAC

MAGARNIT:

QUÉQUE

: du tout.
: serpenter.

QUIRATJLEYA

R

i»r

: conte à dormir debout.
: rapace.
REBALAYS : refrain joyeux.
REBATUT : arrêté, réfléchi.
REBELHOU : réveille-matin.
REBOC : nausée.
RENCURE : regret, souci.
REPÊCHA : faire un repas.
REQTJÈSTE : étape, repos entre deux
montées.
REYISTRE : mairie.
RIBERÉNC : habitant de la plaine.
ROUBIDE : usée.
ROUNDALEYADE : rondeau.

RANTOYNE

: ami ou producteur de choses rares.
NOUCIÉN : coupable.

NAUTICOUS

OÉLH

: Source.

: équivalent du mot de
Cambronne.
OULIBES : plaisirs bruyants, folies.

OÉTJS E POUMES

: côte à côte.
: bouillir avec force.
PALHÈ : litière.
PALHÊROUS : en grosse quantité.
PALMOUNISTE : poitrinaire.
PANDACH : souffle très fort d'une personne essoufflée, du mourant.
PAOUR : lourd.
PASSE-COTH : gorgée.
PATINFLAT : soufflet.

PA A PA

RAPIAN

PALLACA

S
: (subst.) si j'avais su.
: qui tient de l'âne.
SAUMUC : sanglot.
SECALH : branche sèche.
SÈRPAGUDE : comme celle du serpent
aiguë.

S'ABI-SABUT
SATJMIOLOTJ

�211

ESPLIC

SICUT-IN-CŒLO (EMBIA)

: envoyer f. f.

THOURIQUEYA

SOUNERÉTE

: refrain ennuyeux.

TICTAQUEYA

SOUNSAYNE

: musique monotone et plain-

TOUGNADE

: faire entendre des plain-

TOUNDRÉT

tive.
SOUNSAYNEYA

tes.

: poussée donnée avec le poing
ou le coude.

: état d'ébriété gaie.
T

TENTERIQUE

TRÉS-CHÈYS

: phrase chantée, passage.
: surface de l'eau.

(PERDE

LA)

: perdre la

TRIGA

: intriguer.

TRISTE

: crier à faire trembler

TRUSA-S

: front, crâne.

TUM

bruits

: sur les talons.

: se rouler dans la poussière.

TROS E TRÉNCS

: peu ou prou.

de

: tristesse.

TRUQUE-TALOU

la terre.
THIC OU MIC

: extraire,

TRIMBELABASTE

tête.
TERRE-TRÉMBLE

: dix-huit ans.

TRÈYE

: ensemble
assourdissants.

: tentation violente.

TERMOUNTANE

: tremblement causé par la

frayeur.

défaut.

TÉLE DE L'AYGUE

: tracassière.

: trembler.

TREMBLÉTE

: si peu que ce soit.

TARANLADE

TÊS

petite lampe à huile primi-

TRABOULHÈRE
TREMAUTA

TÉC:

:

tive.

S'OU-TRÉNTE-U

TAN-SE-PU

: rouler.

: faire tic-tac.

: pièces et morceaux.

: coup porté avec la tête.

Errata :
Page 17. Au lieu de : i Lalanne a eu joie à célébrer le pays
natal avec cette longue coudée du Gave », il faut lire : longue
coulée.
Même page. Au lieu de : « mes regards posèrent souvent sur
ce paysage que me révéla la campagne », il faut lire : ce paysage
qui me révéla la campagne.

FI

��TAULE

213

TAULE

PAYES

7
9

AUMENANCE
PRÉFACE

Au

LEYEDOU

"166

ESPLICS DOUS MOUTS
ERRATA
TIRADYE
ACABAT
PROUSÈY

—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—

sus PAPÉ JAPOU
DE HIQUA EN LÉTRES DE M0ULL0U
PURMÈ

ii
m
iv
v
vi
vu
vin
ix
x
xi
xn
xiii
xiv
xv
xvi
xvii
xvin
xix
xx

Péts e Gresilhe
Lou Gat e lou Renar
Las Très Grabétes
La Parladure de très bestiotes
L'Agle e lou Renar
Lou Boussut e lou Borni
Béde que eau
Lhèbe la parruque
Deloung
Bidau
Lou Pastou de biadye
Lou Pastou e lou Serè
Lou Pastou Aussalés
Lou Caperâ e lou Mouliè
Ibrougne de Yurançou
Mounde de Mounégn
Lou Testemén dou Segnou de Saueéde
Lou Segnou de Nabalhes
Henricou e lou Mouliè Mièy-Caut
Aydé-t--y, moun homi !

207
211
215
215
21
23
25
27
29
31
32
33
35
37
39
41
43
45
46
49
51
54
57
63

�214

LOU PROUSEY D'U BIARNES

PROUSÈY XXI

—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—

xxii
xxm
xxiv
xxv
xxvi
xxvn
xxvm
xxix
xxx
xxxi
xxxn
xxxiii
xxxiv
xxxv
xxxvi
xxxvii

La Pregari
L'Abiéne
D Cop nou pas dus
La Sénte Ternitat
Quin au Peys de Lanes éntren au Gèu
Lou Poun d'Orthez
Mouchicou
Très Nautats en Aussau
Tau l'Obre, tau l'Oubrè
Hade Biarnése
Lous Rebenans
La Pechoune
Lou Peys qui aymi lou méy
U Baylét de la mode biélhe
Lou Reyén de la biélhe mode
U Escantilh de farsur
Auguste ou lou darrè Troubadou

64
65
67
71
73
79
84
89
94
106
109
115
120
125
129
137
167

�Que s'y a hèyt d'aquéste prousèy quinze libis
sus papé Japou numeroutats a la machine.

ACABAT DE HIQUA EN LETRES DE MOULLOU
PER E. MARRIMPOUEY, IMPRIMUR
LOU

\

20

D'AOUS

1911.

��PAU, IMP. VIGNANCOUR, E. MARRIMPOUEY, IMPRIMEUR

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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Ce set contient les imprimés numérisés par le CIRDÒC issus des collections  des partenaires d'Occitanica</text>
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    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>&lt;em&gt;Lou Prous&amp;egrave;y d'&amp;ucirc; biarn&amp;eacute;s, coundes et histoerots&lt;/em&gt; / Jean-Victor Lalanne ; [pr&amp;eacute;f de Louis Batcave]</text>
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              <text>&lt;em&gt;Lou Prous&amp;egrave;y d'&amp;ucirc; biarn&amp;eacute;s, coundes et histoerots&lt;/em&gt; / per Jean-Victor Lalanne</text>
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              <text>&lt;p style="font-family: arial, verdana, sans-serif;"&gt;&lt;em&gt; Lou Prous&amp;egrave;y d'&amp;ucirc; Biarn&amp;eacute;s&lt;/em&gt; est le deuxi&amp;egrave;me recueil de contes &amp;eacute;crit par Jean-Victor Lalanne. Le premier recueil, &lt;em&gt;Coundes biarn&amp;eacute;s, cou&amp;eacute;ilhuts a&amp;uuml;s pars&amp;agrave;as mi&amp;eacute;ytad&amp;egrave;s dou p&amp;eacute;ys d&amp;eacute; Biarn&lt;/em&gt;, est issu d'un &amp;eacute;change &amp;eacute;pistolaire avec le Catdet de Hourcadut. En effet, c'est lors d'une recherche sur les proverbes et des couplets nuptiaux pour le Catdet de Hourcadut que Lalanne tombe sur des histoires et des contes &amp;eacute;crits en B&amp;eacute;arnais.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="font-family: arial, verdana, sans-serif;"&gt;Pendant plusieurs ann&amp;eacute;es, Jean-Victor Lalanne (1849-1925) a recueilli, dans son village natal de Bellocq (Pyr&amp;eacute;n&amp;eacute;es-Atlantiques) puis dans d'autres localit&amp;eacute;s, les contes qu'il a mis en forme dans ce recueil.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="font-family: arial, verdana, sans-serif;"&gt;Les contes r&amp;eacute;unis dans cet ouvrage concernent trois grands th&amp;egrave;mes principaux :&lt;/p&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li style="margin-left: 30px; font-family: arial, verdana, sans-serif;" type="square"&gt;Les animaux&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li style="margin-left: 30px; font-family: arial, verdana, sans-serif;" type="square"&gt;L'inspiration religieuse&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li style="margin-left: 30px; font-family: arial, verdana, sans-serif;" type="square"&gt;les cat&amp;eacute;gories sociales (et notamment la noblesse)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
&lt;p style="font-family: arial, verdana, sans-serif;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p style="font-family: arial, verdana, sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;Le premier recueil de J.-V Lalanne, &lt;em&gt;Coundes biarn&amp;eacute;s, cou&amp;eacute;ilhuts a&amp;uuml;s pars&amp;agrave;as mi&amp;eacute;ytad&amp;egrave;s dou p&amp;eacute;ys d&amp;eacute; Biarn&amp;nbsp;&lt;/em&gt;est &amp;eacute;galement pr&amp;eacute;sent dans Occitanica, vous le trouverez &lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/553"&gt; ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Pendant plusieurs années, Jean-Victor Lalanne (1849-1925) a recueilli, dans son village natal de Bellocq (Pyrénées-Atlantiques) puis dans d'autres localités, les contes qu'il a mis en forme dans ce recueil.</text>
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              <text>Appartient à l'ensemble documentaire : PrnS001</text>
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          <name>Creator</name>
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              <text>Lalanne, Jean-Victor</text>
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              <text>CIRDÒC - Mediatèca occitana, CAC 368</text>
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              <text>Batcave, Louis (1863-1923), préf.</text>
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