<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="20766" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/20766?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-12T16:33:21+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="140196">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/d9ab51592e8c837c2d0ce1ad5f93509b.jpg</src>
      <authentication>3e8c8717b8ecbeaf754bae6979e796bf</authentication>
    </file>
    <file fileId="140197">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/23087fbbaeefbbb5fd23eaa618a0cff5.pdf</src>
      <authentication>3a92806ab7c93dc4bb03699fc0efb151</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="654292">
                  <text>n

r

4r

N° 236

Julhet-Decembre 1950

31* Ànnada

Revista de VESCOLA OCCITANA

X
Dis Aup 1 Pirenèu

.

F. Mistral.

\
i

\

\

X.

\ J

1

~4&amp;8t

H

-

'

H1 1 1
-

/Av^H\ \
/mm
,^v\

'

WWt

/ \%&gt; \\
■/ / / \Vv
/ I \ \

\

X

TOLOZA
1-4,

Carrlèra dels Arts, 1-4

Aqueste

numéro :

300 frs.

�LO GAI

SABER

Revista de l'ESCOLA OCCITANA
Administracion

EDOUARD PRIVAT &amp; C"

:

14, Rue des Arts, TOULOUSE, c/c. Toulouse
Abonaments
—

( Fransa

j

:

: un an

.

.

Bstrange; un an . . 500 /r1.000 1rs. —

Abonament d'ajuda :

ENSENHADOR del N° 236 ( Julhet-Deccmbre

Joseph SALVAT : La Sainte-Estelle
Lucian LAPORTE
M.

117.240

300 tr.

.

BÉCANNE

:

de Toulouse

p.

......

Discours

:

Lucian LAPORTE
M. SENDRAIL

Ed Libe d'Oc.

1930)

:

:

A r'Academia deds Jôcs

Floraus

Allocution

138
143

Discours
Filadèlfa de YERDA : Mercés
M. SENDRAIL:

François SABATIER : Au monument de
:

A la maison de

Godolin.

Godolin

J.-ROZÈS de BROUSSE : Discors
François SABATIER: A Notre-Dame la
S. E. Monsenhor MOUSSARON : Presic

.

151

.

155

.

157

Daurade

158

.

....

:

—

Jacques

Au Stade des Minimes.

.

.

:

.

.

173

L'Exposition des Travaux des Ro¬
manistes toulousains

.

.

192

.

La taulejada de la Copa.
...
Filadèli'a de YERDA : Au Capolièr en granmercés
Silvan TOULZE

170

173

Acamp dóu Felibrige

MÈCLE : Congrès de culture occitane
—

159

168

François SABATIER : Au Capitole
Pèire REYNIER :

125
126
130
130

131

Majoral-abat SALVAT : Discors

—

121

:

Cigala de Mistral. . .
: Discors del Capolièr
Filadèlfa de YERDA : Mistral dixit
La Rèina Suzana IMBERT : Brinde
dera

Frédéric MISTRAL

M. le Préfet POULAT :

.

.

.

.

....

Discours

J.-ROZÈS de BROUSSE

:

Brinde

.

194

196
197
207
211
212

216

�Lo Gai Saber, n°

236

juehet-decembre 1950

La Sainte-Estelle
de Toulouse

On

pu lire, dans Lo Gai Saber de nov.-déc.
les conditions dans lesquelles fut décidée et
entreprise la Sainte-Estelle de 1950. Lo Gai Saber
de janv.-févr. 1950 apportait des précisions détaillées
a

1949,

relatives à la célébration des fêtes.

Je pourrais

exposer, en tête de ce compte-rendu,
nombreuses difficultés auxquelles se heurta le
Comité d'Organisation que je présidais.

les

Il

y'a quelques ombres au tableau: impossibilité,
suite de circonstances imprévues, de faire jouer
GoudouLi, la belle fresque historique écrite par le
poète Jean Suberville à la gloire du poète toulou¬
sain ; absence ou participation insuffisante de cer¬
taines villes ou «écoles» sur lesquelles on était en
par

droit de compter.
De nombreux groupements ont été représentés,
sinon à toutes les manifestations étalées sur quatre

journées, du moins à quelqu'une d'entre elles. L'Escòla Occitana était là, évidemment, puisqu'elle
avait été chargée de l'organisation, avec toutes ses
filiales: Colège d'Occitanïa, Escòla de la Crot^Jauna, Escòla de Laran (Toulouse), Escòla de la

�122

JOSEPH SALVAT

Capeleta (Graulhet), Lo Calelh (Cramaus), Escòla
dAutpol (Mazamet), Escòla Rochegude (Albi),
Campana d'Agot (Saint-Sulpice), Grilhs del Lauraguès (Castelnaudary), Escòla Audenca (Carcassonne), Lo Remembre (Narbonne), Escòla Carsinòla (Montauban), Grel Roergat (Rodez et Villefranche), Escòla Dòm Vaissete (Gaillac). L'Escolo
deras
tèt de

Pireneos, avec ses filiales de Muret, Lo CasGarona, et de Toulouse, Lou Ramelet
Moundi, Lous Caddetous de là Elahuto, était bien
représentée, ainsi que VEscole Gaston Febus du
Béarn, et La Ginèsta d'Aur de Perpignan. On
voyait aussi Y Escolo de ] ansemin, d'Agen, La Cigalo Narbouneso de Narbonne, l'Escolo Trencavel de Béziers et La Lauseta de Montpellier. Et je
ne parle que des
groupements spécifiquement félibréens.

Je ne veux pas mentionner tous les groupements
qui représentaient les autres provinces occitanes :
la Gascogne, l'Aquitaine, le Périgord, le
Limousin,
l'Auvergne, et surtout la Provence. Je ne dirai rien
non
plus des personnalités accourues de Paris, des
autres contrées de la France et de

l'étranger.

J'ajouterai cependant que la Sainte-Estelle de
a assemblé
vingt-sept majoraux : j'ignore
si pareil chiffre fut jamais atteint dans les annales
du Félibrige.
Toulouse

Il faut mentionner, en dehors des manifestations
de la Sainte-Estelle, l'édition populaire des œuvres,
de Godolin, l'organisation d'un Grand Concours
Scolaire de langue d'Oc, celle aussi d'une tom¬

bola-souscription à laquelle les groupements féprirent une très grande part : le bénéfice
de cette tombola, s'ajoutant aux subventions du
Conseil Municipal et du Conseil Général, a permis
de couvrir tous les frais, et même de remettre,
après
les fêtes, à M. le Maire de Toulouse un chèque de
20.000 francs
pour les œuvres d'assistance.

libréens

�LA SAINTE-ESTELLE DE TOULOUSE

Les

12J

divers

chroniqueurs de ces journées triom¬
phales n'exagéreront pas s'ils parlent de l'intensité
de vie intellectuelle occitane révélée
par les exposi¬
tions et la séance académique ; de la flamme d'une
nature toute différente éclatant à la
réception du
Capitole, aux réunions du Consistoire et du Conseil
Général du Félibrige, ainsi qu'à la Séance de Cul¬
ture occitane; de
l'impression d'ordre, de majesté et
de foi que produisirent le Cortège matinal à travers
les rues de Toulouse et l'Office
religieux de la Dau¬
rade ; de l'allégresse populaire acclamant les Gar¬
dians de Camargue et les
délégatiens folkloriques
au Stade
des Minimes ; de l'émotion profonde qui
gonflait les coeurs au Banquet de la Coupe, et sur
les lieux historiques de Muret et de
Montségur.
On comprendra aisément la joie
que mes collabo¬
rateurs

lettre

et

moi avons éprouvée à la lecture de cette
de Provence, datée du 24 juin 1950.

venue

Ai panca trouba loti lesi
cioun qu'aven atrouva dins
establi e la countentesso
cade article. S'es

de vous estriturrtOUto la salisfalouprougramo sacnt-estelen qu'avias

que nous dounè la realisacioun de
deja poulit de bouta sus pèd un plan coumplet de quatre journado acampadoufro, encaro mai es.bèu que
tout se n'en
coumpligue en bon ordre, sènso embroi ni manco.
De tout acò

tant bèn mounta, em' un ouràri bèn
previst,
coumplimen e, gramaci. Sabèn ço qu'es de metre sus
pèd lis acampado e àutri manifestacioun d'itno Santo-Eslello !
E mai que tout
siguè de-remarco lou bon menu e lou service
perfet de la grand taulejado de e. La Coupo&gt;. Encaro, quand
dise: mai que tout... semblo que
desàublide l'espandido de sentimen amistadous qu'a fa de la Santo-Estello toulousenco un
rescontre d'unioun, de
freiresso di mai afourti que se siegue
vous

devèn

vist de

bèu-tèms i'a.

Le Comité
lui seul

ce

d'Organisation ne veut
compliment peu banal. Il

garder pour
communique

pas
en

leur part, avec ses meilleurs remerciements

Comité
Auriol ;
au

au

d'Honneur

Comité des Fêtes de

présidé

par

Toulouse;

M.

:

Vincent

�JOSEPH SALVAT

aux différentes Commissions :
concours scolaire,
expositions, costumes, propagande, urbanisme, cor¬
tège, manifestations folkloriques, tombola-souscrip¬
tion, etc ;
aux

Comités locaux fondés dans les villes voisines

de Toulouse ;
au

Conseil

municipaux
au

Municipal de Toulouse et aux Services

;

Conseil Général de la Haute-Garonne ;

à la Chambre de Commerce de Toulouse ;
aux
autorités administratives, religieuses, litté¬
raires, judiciaires, militaires, etc ;
à tous ceux qui, par leur concours personnel, ont
contribué d'une manière quelconque au succès de la
Sainte-Estelle (concours scolaire, manifestations,
tombola, souscriptions, etc...). ■
Je ne veux prononcer aucun nom, car il y en au¬
rait trop, et j'éviterais difficilement de regrettables

oublis.
Et maintenant, la parole est aux chroniqueurs, à
qui vont nos derniers remerciements.
Joseph SALVAT.

�DISATE

27

DE

MAI

ED LIBE DOC

Era aprètz-dinnada det disate 27 de mai
1950, tôt et Meidia
colorât e luzent, tindaire e plen d'eslrambòrd,
que s'amasaà
Toloza. Que son aqui, eds Nisarts e'ds Lemozins, eds Auvernhats e 'ds Bigordans dab eras lors hemnas qu'an
tirât deds
vielhs armaris eras còhas agradivas e berôias, edscotilhons
à ras vivas colors, eds cazavets
que-us van tant plan, eras

mantilbas deras aujôlas. Atau arrengadas, que hèn
jogar
amistozament et sorelh tôt estonat de vei parèlha amasada
dabant era Bibliotèca dera Vila.
Débat aquet monument' qu'a pas cncara vint ans, e
que
Toloza hè vei dab orgulh à ras suas vezitas,
qu'ei avei à ra
aunor
trezau
cela, en
det
centenari de Godolin, era espozicion de manuscrits e de libes Dets Trobadors
dinqu'als Felibres. Et son navèt conservator, et Senbe Caillet, qu'a

sabut:
particulièrament à Carcasona
que l'a prestat et manuscrit unie de «Flamenca», tôt sô que
podèva mancar à Toloza enta bastir et cortège armonios

trobarenas bibliotècas vezias,

que-s vezèva tôt ad-entorn de Godolin.

Entà que
dechar era

cadun de nos-aus auje pas et còr trôp lord en
espozicion sense poder prengue eds preciozes in¬
cunables, que podèm crompar era tota navèra edicion de
Godolin (ped majorau-abat Salvat) encara tota
chôpa deras
prèsas ded ostau Privât.
Et Senhe Inspector Generau Pelletier, et cônsë de Toloza
Badiôu, et Senhe Dottin, rector dera Universitat, que son
aqui, entà prezentar era Espozicion als mantengueires dera.
LengaNôsta. Qu'ei et adjunt Becanne que dis era bienvenguda als Felibres e 'ra fiertat de Toloza ae recebe eds
que hèn
crèche era Lenga d'O e que mantenguen eras tradicions dequinas era ciutat nôsta ei er' airetèra.

�bécanne

m.

Discours

Bécanne,
Maire de Toulouse

de

adjoint au

M.

Mesdames, Messieurs,
Je remercie M. le Maire d'avoir voulu me

confier la

réserver l'honneur de vous
dans cette Maison Municipale.

accueillir

mission

et

me

l'impatience d'y retrouver ou
d'y découvrir, d'y admirer dans tous les cas, les riches¬
ses spirituelles rassemblées dans cette exposition due
à l'intelligente initiative de M. Caillet, Bibliothécaire en
chef de notre ville. Il vous les présentera tout à l'heure
avec tout le talent que vous apprécierez, mais aussi
avec l'émotion de ceux pour qui la profession est la
plus noble des causes.
Je partage avec vous

retarder le plaisir que vous aurez
Salvat, au nom prédestiné puis¬
qu'il ne saurait pour atteindre son véritable sens que
se prononcer en langue
d'oc, M. l'abbé « Salvat »,
Majorai du Félibrige et Mainteneur de l'Académie des
Jeux Floraux, mais aussi l'apôtre de nòstra lenga mondina qui ressuscite sur ses lèvres tout ce qui, aux siè¬
cles passés, fit, dans nos régions, la joie de l'oreille, de
l'esprit et du ciœur.
Je ne voudrais pas
à entendre M. l'abbé

Mais je veux aussi confondre dans&gt; un même hom¬
mage de tendre et filial respect notre langue impérissa¬
ble et son immortel interprète, Frédéric Mistral, repré¬
senté ici par son neveu, capoulié du Félibrige, qui
continue la mission sacrée et que je remercie, au nom

des Toulousains, d'avoir bien voulu se joindre
manifestations du souvenir et de la fidélité !

à

nos

Nous sommes heureux de saluer avec affection et res¬
pect la Reine du Félibrige, M1Ie Suzanne Imbert, venue

�ED

affirmer

LIBE

D OC

127

la poésie est Femme, que la Pro¬
Languedoc et que la finesse et la
grâce féminines ont été les meilleures sources, d'inspi¬
ration de nos Troubadours à l'âge de l'amour courtois,
comme elles restent celles de nos Félibres contempo¬
rains. Nous la remercions de n'avoir pas hésité à s'im¬
poser un long voyage; sa présence parmi nous ravivera
pour

est

vence

que

sœur

du

les traits de Clémence Isaure et de la Belle Piaule, et

justifiera la réputation de notre Cité palladienine, vouée
au culte de l'Intelligence et de la Beauté.
Je
tous

veux

ceux

sition

également exprimer toute notre gratitude à
qui ont contribué au succès de cette expo¬

:

à M.

l'Administrateur

Général

de la

Bibliothèque

Nationale,
à MM. les Bibliothécaires

des bibliothèques d'Albi,
Auch, Carcassonne, Castres, Foix (Municipales), Tou¬
louse
(Universitaire et Bibliothèque des. Langues
Romanes),
à MM. les Archivistes
de la

Départementaux de l'Aude et

Haute-Garonne,

à M. l'Archiviste

Municipal de Toulouse

à MM. les Conservateurs des Musées, des

,

Augustins,

Dupuy et Saint-Raymond,
à l'Académie des Jeux' Floraux,

à la Société des Toulousains de Toulouse,
à MM. Nelli à Carcassonne,

de Berne, Lacroix, Mes-

plé, Rolland, Rozès de Brousse, Salvat et Séguy à Tou¬
louse.
Tant de bonnes volontés ont facilité grandement la
tâche de M. Caillet; leur empressement à nous envoyer
leurs précieux documents a permis de donner à notre

exposition le

sens

d'une véritable résurrection.

La Cité de Clémence Isaure est à la fois fière et heu¬
reuse

d'avoir, cette année, été choisie pour la célébration
qui rassemble la pléiade de ceux

de la Sainte-Estelle

�M.

BÉE ANNE:

qui assurent, dans te temps et dans l'espace, la pérem-'
nité de la Langue d'Oc. La communion dans la tangue
est bien le signe le plus tangible de leur fidélité à l'âme,,
même de notre petite patrie. Cet amour de ce qui est
à nous plus qu'aux autres n'est-il
pas, en définitive, ce.
qui nous fait mieux Chérir, et par dessus tout, notre
France une et indivisible qui a su faire de son génie
national l'heureuse expression des idées, des sentiments
et des aspirations des pays divers qu'elfe a harmonieu¬
sement associés ?

Dans l'hommage que nous entendons rendre aux
Troubadours et aux Félibres, une place toute particu¬
lière est réservée au Toulousain Pierre Goudouli dont
nous célébrons le Tricentenaire de la mort survenue
le 16

La

septembre 1649.

légende qui

a

inspiré la composition murale de

la salle du Conseil Municipal, de la visite faite à
Goudouli par Molière lors d'un séjour à Toulouse avec

troupe de l'Illustre Théâtre, a tout au moins: le mérite
nous rappeler que Pierre Goudouli fut le
contempo¬
rain de nos grands classiques. Il reste lui-même le clas¬
sique de notre lenga mondina. Le recueil de ses poè¬
mes, si gentiment désigné sous, le titre de Ramelet
Moundi, a pour nous la portée d'une véritable « Défense
et illustration de la lenga mairala ».
sa

de

Sans doute il ne saurait être question de placer en
position de concurrence notre langue nationale et le
parler occitan. Mais nous, pensons que la richesse d'ex¬
pression de notre langue romane peut Servir à mieux
éclairer et mieux faire valoir celle du français et ren¬
forcer ainsi l'unité spirituelle et morale de notre pays.
L'antagonisme des intérêts ruraux et urbains n'existait
pas lorsque, dans les foyers de notre cité, le mari et la
femme se retrouvaient aux heures des repas ou en fin
de journée, et qu'après avoir parlé, en français, des
nouvelles conditions de leur vie à la ville, ils évoquaient
ensemble, dans la langue ancestrale, leur village natal,
les vieux parents qu'ils y avaient laissés, l'école qui les

�Et» LIBE B'OC

129

avait instruits, les amis de leur
jeunesse qu'ils y avaient
appris à aimer. Qu'ils parlent ou qu'ils pensent en fran¬
çais ou en « patois », c'est toujours avec leur bon

sens et avec leur oœur, avec ce bon sens
et ce ciœur
qui restent à la fois universels et éternels et condui¬
sent aux solutions d'une harmonie avec
laquelle il
serait bon que nous envisagions l'avenir. Troubadours
d'autrefois et Félibres d'aujourd'hui, c'est à cette har¬
monie que vous avez consacré le meilleur de vousmêmes. Et c'est pourquoi, dans cette vieille
cité, riche
de souvenirs et pleine d'espérances, vous êtes accueillis
fraternellement.

Aprètz aquet discors bèrament aplaudit, qu'el majorau-abat
Salvat, remembrant et temps dera seva déportation onte 'ra
lenga d'O èra de granda ajuda per mantengue et coratge,
dis quauquas paraulas sabórozas e tindantas.
Et Capolhèr, et Senhe Frederi Mistrau nebot, en luminoza
lenga rodanenca, que saluda Toloza, hilha de Pallàs, ciutat
d'art e de poezia, que parla deds trobadors, e
que-us hè era
seguida, en vengue coma eres, aci, cantar et amor cortés e
hè-s punar per Clemensa Izaura.
Eds gropes costumats que-s envan, amiats ped
Senhe
■Caillet e 'ds sos adjunts, decatz à'ras taulas e'ras vetrinas
aon
eds vielhs pergamins esplandichen erafe lors luzors.
Ets que gostan pas eds vielhs libes que son
esmiraglats dab
eds òrs e 'ds blus qu'eds nôstis estampaires d'avei sàben
pas
goaire hè parèlh.

t

�lucian

laporte

A R'ACADEMIA
DEDS JOCS FLORAUS

dèchan era modèrna bibliolèca.
palai, plen de nObla beutat e de rica majestat,
pèrla dera Toloza de bèt-tems-a, ed Ostau d'Assézat aon es
Drin à drin eds felibres que

enta 't vielh

atend er' Academìa deds Jôcs Floraus.

Et profesor Sendrail, moderator, que prezidis. Eds mantengueires que-s son amasats sus era estrada. Que podèm
vei Son Eminensa et Cardinau Saliège, et batoniër Puntous,
Secretari Perpetuau, et Senhe Inspector Generau Pelletier,
mantengueire en pèd, e Filadèlfa de Yerda en capulet arroi
dera Bigôrral Que nopôrta pas mès et dô d'Esclarmonda!...
Mès, que i a donc de navèt ? Eds majoraus ded Felibrige tau
prumèr côp que son aqui sus er'estrada, frairalament abarrejats dab eds mantengueires dera mès vielha deras Academias.

Filadèlfa que-s sièta côsta et Prezident. E que comensa era.
sezilha istorica. Dab ua eloquensa que no-s pôt goaire pin-

trar, et Moderator que-nze hè aquesta aculhensa:
Allocution

de

M.

Sendrail

MODÉRATEUR

Un cortège vient de l'Orient. Il vient des rivages où
pécha Calendal, des jardins où s'entr'ouvrit la grenade,
des îles d'or où vit toujours celle qu'on croyait morte,
la Comtesse, couronnée d'olive et de raisin. L'étoile
aux sept rayons s'est arrêtée ce soir sur le ilantemon de
l'Hôtel d'Assézat et vous voici, Messieurs, au berceau
de ce qui fut une nouvelle sagesse, au berceau du Gai

Savoir.
Car
où

ce

nos

fut chez nous, vous ne

l'ignorez

pas, au

temps

aînés codifièrent les Lois d'Amour, que paru¬

rent, pour la première fois, dans l'âme occitane,

�a

r'academia

deds

jocs floraus

131

la couneissènço
Dóu Verai emai dôu Bèu
E lis àuti jouissènço
...

Que

se

trufon dôu toumbèu.

1

Quels appels conjugués de la terre et de l'esprit,
quelle attente mystérieuse, quelle même confiance dans
la promesse d'un matin de Mai, convièrent les Sept
Troubadours au verger des Augustines et, cinq siècles
plus tard, les Sept Félibres au château de Font-Ségugne ? Nous vivons toujours des saintes flammes qui
s'allumèrent dans ces heures uniques. Le Félibrige
reste, beaucoup plus qu'un mouvement littéraire, beau¬
coup plus même que le sursaut d'une race, il reste une
communion, une espérance et, dans un âge de désordre,
d'inquiétude et d'abandon, un grand signal de foi au
front de l'édifice humain. Nous, n'avons pas démérité de
ceux qui rêvèrent
l'Empire du Soleil. Avec vous, c'est
Mireille, c'est Nerte, c'est ;Zani, c'est Estérelle, qui
s'avancent vers Isaure. Avec vous, la jeunesse de la
terra mairala. Soyez ici les bienvenus.
A ra lenga d'oïl qu'arrespond era lenga d'Oc, en prumèr
pet nòsle majorau-abat Salvat, que-nze conda er' istôria deds
rapôrts der 'Academia dab et Felibrige.

Discors

del

senhe

majoral-abat salvat

Gentas Rèinas,
Senhes

Manteneires,

Senhes Majorals,
Dònas e Senhes,

Quand se diguèt que la Santa-Estèla se podria belèu
festejar dins la Ciutat mondina, lo cor de Clemensa
Izaura trefoziguèt de bonur. Es que li séria posible, à
la Dama de Toloza, de pas prene sa part d'aquela alegria ? Subretot quand se parlât de celebrar la memòria
d'aquel enfant, d'aquel nouirigat, d'aquel coutinaut

�JOZÈP SALVAT

132

dont Ela

abia ambe tant

d'amor gardat e

salvat la.

memòria...

culhir una flor al ôrt de Dôna
Clemensa, èra estât tota sa vida l'amie e lo familhèr
dels manteneires de son temps. Un jorn de julhet 1808,
l'Academia s'ocupèt de far portar las osas del trobaire
mondin à Nôstra-Dama la Daurada, ont son encara.
Mantun còp, metèt à sos concors lo laus de Godolin, e,
l'an pasat, e ongan encara, los trobaires occitans son
venguts cantar cò de Clemensa la glòria immortala del
Godolin èra vengut

Ramelet Mondin.

jol sinne de Godolin, à l'ocazion del trezenc
sa mòrt, que ilo Felibrige a volgut celebrar
Santa-Estèla suis bords de Garona, demandant à
YEscòla Occitan a de se voler cargar del festanal. Sulcôp, Clemensa Izaura, que vèlha sus Toloza, a fait sinne
Ongan,

es

Centenari de

à Mirèlha, e es atal que uèi, pel primièr còp dins
ria, vezèm asèits à la mèma taula, units dins lo
amor, manteneires e majorais.

l'istômême

à l'ora ont déjà nòstra lenga occiplus sus son pedestal de glòria, sèt òmes,
los VII Trobadors, s'acampèron per mantene, jos nôstre cèl occitan, la lenga e la poezia de nòstra rasa.
Sabèm cosi, aprèp dos sècles. de fervor, nôstra lenga
se retirant dabant sa sòrre trïomfanta, Ilo Consistôri de
la Gaia Ciensa devenguèt lo « Collège de Science et Art
de Rhétorique»; cosi, dos cents ans plus tard, aqueste
se mudèt en « Académie des Jeux Floraux ». Fazent
acô, los nôstres ancians, Senhes Manteneires, manifestàban pas de mesprètz per la lenga de Godolin. Godolin,
lo primièr, que, per cantar Liris, sabia se servir que de
la lenga de Toloza, abia pas brica vergonha de cantar
Es à Toloza que,

tana treluzisia

francés

en

«

per

L'infatigable vol des

de Tidore »

de las fîors del ôrt de Clemensa.
jol bufal del romantisme, l'Academia,
fazia coneise al monde l'engenh poetic de Victor

culhir

una

Tant lèu que,
que

oyseaux

�a

r'academia

deds

jocs floraus

Hugo, s'avizèt que los sabents romanistes descurbisian
la lenga dels trobadors, acuilhiguèt dins son sen los dos
grands occitans Rochegude e Raynouard, filhs d'Albi e
de Brinhòla; pèi, se metèt à publicar sas Leys d'Amors,
dont los' manuscrits s'èran miraclozament conservais
travèrs los sècles. Un jorn, coronèt Jansemin, ilo

à

cantaire esmogut de Maltro l'Inoucènto, en li donant de
letras de mestriza lo 6 de febrièr 1854.
1854 ! Sabèm, Senhe Capolièr, Senhes Majorais, tôt
sô qu'aquela data fa naise dins vòstres còrs de remem¬
bres e d'esperansas...
1854 ! L'air de la renaisensa... Aval, en Provensa, suis
bòrds del Ròze, en Avinhon, à Malhana, à Sant-Romiéu,

dempèi qualqueS' ans, de còrs aflambats e generozes
pauzàban, sens belèu se rendre compte de la grandor
de lor entrepreza, las fondamentas d'una bastisa remirabla. Lo 21 de mai 1854, al castèl de Fontsçgunha, lo
Pelibrige espelisia.
Pèr d'obro

magnifico
nacioun,
fasian, pacifico,

S'esmouvié la
E

Uno revoulucioun.
Au

grand calèu

Abrant nòstis

audàci,
l'espàci

Foundavian dins

L'Empèri dôu Soulèu.
E
se

gar'aqui

que

totis los èlhs dels filhs de la Comtesa

viran vèrs Toloza. Sàbon qu'es aqui, .al païs dels

los VII Trobadors trabalhèron antan à
parladura. E son estonats de veze que la
vièlha Academia sembla pas entendre l'aubada provensala. A ! se podian rezurgir los VII Trobadors de 1323,
coma serian urozes d'auzir la rampelàda dels VII PriRamons,

que

mantene lor

madièrs de 1854 ! Ailàs !
La Muso d'Oc

gemits, tracado, bergougnouso,

E las oumbros dels sèt Troubadours de

Fugisson bagnados de plours.

Toulouso

i

�JOZÈP

134

SALVAT

Atal se planh Achile Mir de Carcasona. E un autre
trobaire escriu :
Toulouso

renega

a

la lèngo de!

sous

paires.

Mas. lo

Felibrige a pasat lo Rôze, a grandit, s'es
s'organiza en 1876. Toloza, ela, s'es amudida. E Mistral dis als 54 taulejaires d'Avinhon :
« L'ilustro ciéuta de Toulouso devrié, à dre faire, estre
espandit,

e

lou cèntre dôu Gai-Sabé
alin

en

Ramoun

es

coume sa sorre

Barcilouno l'es

fauto se la lengo di
estrangido vuei dóu capitòli ramoundin. »

Espagno. Mai

es pas nosto

Aqueste còp, l'Acádemìa retròba lo sens de son origina. En aculhiguent Mistral .coma mèstre en Jòcs Florals lo 3 de mai 1879, lo manteneire Delavigne li dis :
«

L'Académie des Jeux Floraux

ouvre

ses

rangs, non

seulement à l'auteur de Mireille, de Galendal et des
Iles d'Or, mais encore au chef de ces Fçlibres qui, par
vous et avec vous, ont conçu la pensée de soumettre
à
l'unité d'une langue renouvelée tous ces vastes espaces
qui séparent les Alpes des Pyrénées. » Sabèm cosi Mis¬
tral, dins son famos Remerciament, demandât à Toloza
de mantene sa lenga istorica.
pas

Solament, Mistral sab, coma tôt ôme grand, que cal
jamai demandar à qualqu'un mai -que sò que pòd
far. Clemensa es vièlha, e se pôd pas revivar leugèrament per seguir la Mirèio trïomfanta. E Mistral, lo savi,

pas

■dis

en

sonrizent

:

S'acò's pas vuei sara deman :

Rapden-nous

que

la paciènci

Es lou cepoun de la sapiènei...
Mistral
Lo

a

razon.

Mistral

a

totjorn razon.

ara, mòstra cada jorn una, fòrsa creiqu'an pas la paciensa de Mistral, coma
Fourès e Savièr de Ricard, s'estónan que l'Acaderhia
demòre sorda e lor refuze son ajuda. En 1892, se fonda
à Toloza l'Escolo Moundino, per « planta la bandièro

Felibrige,

senta. D'òmes

�A

R'ACADEMIA

D.EDS

JOCS FLORA US

135

espetaclousó del Felibrige dins la capitalo dé] Lengadoc ». Los capitols del temps retiran à l'Academia la
renda annadièra que li fazian dempèi las originas e la
dónan à VEscoïo Moundino. De polemicas mànoan pas
d'espelir ont prénon part Jaurès, Drumont, Maurras.
Se tròba justament à-n-aquela ora que lo benfazent
Ozenne, per sos dons generozes, permet à l'Academia
d'agrandir son orizon e de semenar dins son ort la
grana de flors novèlas, que seran... de flors de lenga
d'Oc. La sagesia, la prudensa del manteneire Comte de

Rességuier abiari fait rampèu à la prudensa, à la
de Mistral.

sagesa

Dins. L'Aioli del 7 de mars 1894, Mistral escriu :
Uèi avèn à-n-anouncia i mantenènt de nosto lengo,
is amourous dóu Gai-Sabé, uno grando nouvello. Cle«

ïsauro, o, se voulès, la celèbro Acadèmi que
s'englorio d'aqueu noum, vèn de durbi si porto à brand
à la lengo dóu Miejour... Santo Estello a fa miracle. »

menço

E lo miracle dura, Senhes Majorais, lo miracle se
perseguis, à totis èlhs vezents.Seriam aiciduscas deman
se vos voliai debanar lo rozari complèt de totis los

escribans d'Occitania que se son

venguts far coronar

pracô me sembla qu'es un deber de far
clantir qualques noms... Lo primièr lauréat de la lenga
d'Oc renaisenta es, en 1895, Batiste Bonnet ambe Vido
d'Enfant, un bèl libre de pròza provensala; l'an d'aprèp
Prospèr Estieu ambe Lou Terradou, Arsène Vermemouze ambe Flour de Brousso s'empòrtan en Lauragués e en Auvèrnha las flors de Clemensa Isaura; pèi,
à Toloza. E

aici lo Paire Savièr de Fourvières, Paul Froment, e
Filadèlfa de Yerda ambe sas Cansons d'Azur; e seguis

Camelat ambe Beline, AntoFunel, Monné
ambe Rousari d'Amour, Sarrieu, Robèrt Benoit, Fontan,
Marius Jouveau, lo fraire Savinian, Jozèp-Sebastian
Pons, Spariat, Cubaynes, Dezeuze, Emili Barthe, Delbostal, Eyssavel, Sarran, Cayrou, Pestour. E m'arrèsti à
1930. Dempèi, cada an, totas las provincias occitanas,

lia tièra dels

grands

noms :

nin Perbòsc ambe Lo Gòt Occitan, Palay,

�JOZÈP
Provensa
e

Lengadôc, Lemozin

e

Catalonha,

mensa

SALVAT

son

e Gasiconha, Auvèrnha
vengudas culhir de flors al Ort de Cle-

Izaura.

Déjà, abant que ,1a lenga d'Oc tornès dintrar cò de
Clemensa, i abia de manteneires qu'èran majorais,,
coma l'abat
Couture, lo comte de Toulouse-Lautrec.
A partir de 1894,
aquela tièra s'agrandis, e lo Felibrige vei à l'Academia Achile Mir, Gaston Jourdanne,
Prospèr Estieu, Chabaneu, Antonin Perbôsc, Emili
Ripert, Filadèlfa, Desazars de Montgaiihard,
Jozèp
Anglade, Rozès de Brousse.
Es mai

que mai 'lo baron Desazars de Montgaiihard,.
majorai, qu'es, trenta ans de temps, ambe sos rapôrts
annadièrs, lo grand obrièr de la Renaisensa Occitana à
l'Academia. Mas, m'en voldriai de pas saludar la memôria d'Armand Praviel, sòci del
Felibrige, que, ambe
paciensa e sagesa, sapièt ganhar cada jorn un
pauc mai
à la lenga d'Oc las flors de
l'Academia.

Es gracias à-n-el

e

aïs grands poètes

Prospèr Estieu
fondèt en 1919, en
Avinhonet, l'EscòIa Occitana, qu'a valentament entre¬
prés, à la seguida de Mistral, e del abat Roux e
d'Auguste Fourès, la reforma grafica de nôstra lenga,
rejunhisent, per delà Jansemin, per delà Godolin,
Arnaut Vidal e Guilhèm Molinièr.
e

Antonin

Perbôsc,

que

se

En favorizant los esfôrs de l'Escôla
Occitana, l'Aca¬
demia demôra fidèla à sa tradicion de 1323. A
pas
jamai soscat de prene la plasa del Felibrige. Son rôlle
demôra un rôlle de simpatia, d'amor e de
trabalh.
Totis los dialèctes occitans an lor
e,

quala

la

benvenguda. Ela dis

que

Luse tout ço

siague

sa

plasa, dins son ôrt,
vestidura, la poezia i es tôt jorn
amb Aubanèl

:

qu'es bèu, tout ço qu'es laid s'escounde !
Ela, vièlha e saja, partis pas en guèrra contra
degun,
Ela, manten lo dople eiretage d'ôc e d'oïl
que li an
donat los ancians. Ela, atal,
garda son originalitat sens

parièra.

�FREDERIC MISTRAL

(1830-1914)

�A L'EXPOZICION DEL LIBRE D'OC
RECTOR

DOTTIN

CAJLLET.

SÉGUY

ÎNSPECrOR PELLETIER

SALVAT

FILADÈLFA

GRANDO

SENDRAlfc

�a

r'academia deds jocs floraus

137

Dins sa responsa al Remèrciament del Profesor
Anglade, lo 21 de mai 1911, M. de Gélis dizia : « Un
grand roi nous a sacrés Académiciens, je n'en veux
point médire et mépriser un titre honorable, mais notre
gloire première, ne l'oublions pas, est celle de notre
ancienneté. Elle nous vaut de n'être pas une pâle imita¬
tion de ce qui fut fait ici ou là, par tel ou tel personnage
à telle ou telle époque. Nous sommes NOUS, et nous
sommes de 1323. Et nous sommes de Toulouse, c'està-dire d'un, centre provincial et régionaliste. Nous avons
pour mission de grouper autour de nous les poètes du
terroir, de remonter aux sources du génie languedocien,
de restaurer le langage ancestral avec lequel nos pères
ont
prié, combattu, travaillé, aimé, souffert et
triomphé. »

Sauriai

pas

melhor parlar, Senhes Manteneires e

Majorais.
Lo Felibrige e l'Academia an à complir un pretsfait
glorios : per ela, es abant tôt la defensa e l'ilustracion
de la lenga occitana, pas d'una lenga mòrta, sebelida
jols pergamins dels vièlhs manuscrits, mas d'una lenga

viva refofanta de vertut.

qu'abètz mantengut, vos-aus los 'VII
Subregaya Companhia, vos-aus Godolin, e Jansemin, e tu, grand Mistral, agaitatz vòstres
eiretièrs, agaitatz los filhs de la rasa. CÒ de Clemensa
à Toloza, ambe Mirèio en Avinhon, la lenga d'Oc manca
pas de manteneires arderozes.
Es un amie de Mirèlha, es un amie de Clemensa, es
mon grand mèstre Prosper Estieu que dizia :
Vos-aus

totis

Trobadors de la

Aujòls, agaitatz-nos levar
Jol cèl que) lo solelh abraza !
Caminam subre vòstra ti'asa,
E V monde nos veirà salvar

L'engenh de l'Occitana Rasa !

Academia, era

Et Capolhèr que saluda alavetz era vièlha
nósta Academia deds Jôcs Floraus que-s hè glôri

d'aunorar

�13»

marcel sendra il

de

premiar autant eralenga ded Meidiaque'ra lenga franQue bremba et grand Mëstre en Jôcs Floraus qu'estèc
Frederi Mistrau, hè vei era ajuda
que-s pòden e que-s deuen
portar eras lengas de nôste païs.
En dechar aqueras generalitats, que-nze trobam u côp de
mès ena poezia vertadèra. Et Senhe Moderator que-ns hè ua
■e

ceza.

analizi prenenta der' ôbra de Filadèlfa.

Discours

de

M.

Sendrail

Madame,
Il est sans doute dans les annales du Félibrige peu
d'heures plus émouvantes que celle où, lors de la SainteEstelle de Carcassonne, la foule qui se
pressait aux
abords de Saint-Nazaire vit s'avancer, pour couronner
le front de Mistral, une jeune fille de vingt ans. Elle était
coiffée du capulet de ses montagnes et toute de noir

vêtue, afin, disait-on, de mieux marquer le deuil de la
patrie occitane, réduite en servitude. Elle parlait d'une
voix rauque, pure et sauvage, pareille à celle des. gaves,
lorsque avril libère les eaux des vallées supérieures.
Dans ses chants pássaient des appels de pâtres, des
senteurs de fougères, des ombres et des rayons au fron¬
ton des. cimes solitaires et parfois, en rythmes d'airain,
le thrène des déroutes anciennes et le cri des revan¬
ches attendues. Tout le peuple d'Oc crut voir se dres¬
ser l'une des figures ardentes, de jadis, Dame Guiraude,

Adalaïs, la grande Esclarmonde ou la femme de Tou¬
louse, qui lança la pierre, celle qui frappa où il fallait.
Tous saluèrent, avec une ferveur sacrée, l'alliance mys¬
térieuse du Génie et de la Beauté.
Mistral lui-même avait reconnu en vous une « fille
du ciel ». Il avait deviné que, petite bigourdane en
tablier et en sabots, vous aviez entrevu quelquefois,
dans les

jeux du soleil

sur

la neige de printemps, aux

lisières des. altitudes interdites, la ronde des fées, lo
btande de celles que l'on nomme dans nos Pyrénées
les Encantadas. C'est qu'en effet votre adolescence avait
reçu le plus beau don, le don d'émerveillement. Au jar-

�a

r'academia deds jocs floraus

139

de votre père, par delà les prairies plantées de
pommiers, vous aperceviez les pics lointains, les pre¬
miers que frappe la lumière, quand la terre des hom¬
mes .est encore captive de la nuit, et vous écoutiez le
conseil de leur immobile sérénité. Un autre enseigne¬
ment vous était aussi dispensé, celui des simples de
votre village : Gerde en comptait quatorze, paraît-il,
deux fois plus de sages que le monde grec tout entier
au temps des muses et des dieux. Une vieille bergère
vous emmenait sur les pistes des hauts pâturages dans
les Baronnies de Bigorre. N'arriva-t-il pas une fois que
votre chemin croisa celui d'un pèlerin de Compostelle,.
qui, dans une coque de noix, vous remit un texte pro¬
phétique ? Aux seuls poètes enfants, aux petits prédes¬
tinés est réservée pareille rencontre : devant eux surgit
tôt ou tard le Passant, porteur des messages de
din

l'Invisible.
C'est dans ces heures d'attente et dans ces heures de
grâce, dans cette trame même du familier et du mira¬
culeux, que s'est en vous formé un vœu juvénile que
plus jamais une longue vie n'a renié, un vœu de fidé¬
lité. Née d'un pays

pauvre

mais libre, obstiné mais

généreux, vous l'avez assumé tout entier. Sa voix est
devenue votre voix, son cœur a battu par votre cœur.
Hilh der' Arròca e ded

Pericle,

« fils de la roche et du tonnerre », ce pays
compte parmi ceux qui cachent ou livrent

bigourdan

leur âme,

égale fierté, selon qu'on mérite leur confidence.
Il se recueille au pied de son grand belvédère, de son
Pic, qui, de l'aube au soir, sur lui promène son ombre,
comme, sur le cadran, un gnomon démesuré. Il respire
par les souffles alternés du Nord et du Sud, du Ladarrè,
ed vent torrat, et de la Balaguère, et votre poésie aussi
s'anime et se gonfle largement de ces rythmes^ salubres
avec une

et forts.

Amas de hèr e

Que

son

còs de braza,

cabòs eds Bigordàs !

�140

marcel sendrail

Ils passent, le long de vos stances dansantes et farou¬
ches, tous ces humbles de chez vous, vachers, labou¬
reurs, sorciers, tisserands, jpeigneurs de lin, le rude peu¬
ple de l'Adour, « âmes de fer et ciœurs de braise ».

Dans cette paysannerie

encore

féodale n'a cessé de vivre

âpre symbolisme populaire : les adages, les rites, les
légendes, les maléfices gardent leur vieille vertu; ils
un

expriment une science directe des phénomènes natu¬
rels, qui souvent pourrait humilier notre science trop
neuve.

Quand un pays, quand un site ont acquis leur style,
pourquoi en changeraient-ils ? La Bigorre a trouvé
le sien, au temps où Froissart la
parcourait, aux âges
sauvages et courtois, lorsque Antoine de Baudéan ou
Bos de Bénac veillaient sur
elle, du haut de leurs don¬
jons, sévèrement accordés à la taciturne beauté de la
montagne. Depuis lors les saisons se sont succédé
autour du Pic, mais comme
gravitent les constellations,
sans attenter à l'ordonnance du
ciel, dans un grand
mouvement immobile; et ceux
qui, à votre exemple,
savent écouter le silence de la
nuit, peuvent toujours

entendre bourdonner le rouet des fées du
Bergonz ou
tinter l'immense cloche d'argent, dont
des chèvres
d'enfer ébranlent le battant, aux
profondeurs du mont

Campana.

Cependant,
vous

avez

avez-vous

au delà même des confins de Bigorre,
été attentive à d'autres voix. Votre
mission,
dit, est de voùs souvenir. Mais, pour un cœur

tel que le vôtre, se souvenir, ce n'est
pas aveuglément
consentir. Souvenir, c'est
parfois invective et révolte.

Jamais peut-être, depuis plus de sept cents ans,
depuis
Peire Cardenal, notre patrie, des
Alpes aux Pyrénées,
n'avait retenti de pareils chants de colère et de deuil.
Par Eds Crids, comme
par autant de sirventès hale¬
tants, s'exprime le drame d'un peuple, un peuple qui
s'oublie, qui vend son patrimoine pour deux sous de
fausse monnaie. Le vieux parler se meurt
et, avec lui,
l'âme d'une race. Comme elle s'est
affadie, l'âme insur-

�a

r'academia deds jocs floraus

gée des aïeux, dans l'âme de ces garçons
« Oui », et ne savent plus dire : « Nani ! ».
E terra d'Oc que

lá I

qui disent :

bò grà d'Oc.

d'Oc, il faut grain d'Oc. La bonne terre se
rebelle, quand la semence lui déplaît. »
Votre véhémence a retrouvé le sens du grand mes¬
«

A terre

pacifiant qui partit de Maillane. Nous ne sommes
faits le Passé. Dans une culture ou
une civilisation s'énonce essentiellement une mémoire.
De même que les individus ne se connaissent comme
permanence et comme personne.qu'en impliquant dans
le sentiment d'être le souvenir d'avoir été, les peuples
n'acquièrent une âme qu'en prenant conscience de leur
sage

que ce que nous a

durée. L'histoire de notre temps en témoigne avec une
cruelle évidence : une nation qui renie son héritage (et

quel pire reniement que celui d'une langue ! ) est livrée
à tous les servages et prête pour toutes les barbaries.
Vous l'avez dit en termes inoubliables : « Hors de la
tradition, tout s'effrite et s'écroule. Seule la tradition
de la fleur tire fruit. Le Présent ne peut rien si le
Passé

ne

l'informe.

Hòra

era

Sola,

era

»

tradicio tôt s'eslurra

e

s'esbrenha;

tradicio dera flo tira frut.

Ed Prezent no-ei arrè

s'ed Pasat

no

l'ensenha.

Mais votre éloquence n'a pas toujours été
ressentiment. Pour s'apaiser, elle n'eut qu'à

celle du
s'.élever

On n'y voit pas bien loin quand on courbe
dit. Vous avez su voir aussi loin
qu'un regard peut aller, jusqu'en plein ciel. Ainsi vous
a-t-il été donné d'apercevoir un coin du Paradis où,
mieux que sur la terre, on parle gascon. Ils furent
l'honneur de la terre d'Oc, tous ces saints gascons que
vous avez célébrés avec une grâce tantôt enfantine et
tantôt solennelle : Vincent-de-Paul, le petit pâtre de
Tyrosse, Germaine de Pibrac, Liloye de Campan et,
dernière venue, la douce Bernadette, douce de cette
douceur inébranlable, à laquelle nulle violence ne
résiste. Par eux votre humble parler paysan est devenu
davantage.
la tête

»,

«

avez-vous

�LUOIAN

J42

LAPORTE

le

lengage de la divine charité. Et comment oublierionsavec quelle visible dilection la Vierge elle-même,
Nostra-Dama, a tenu à proférer en Oc ses messages,
aussi bien à Garaison qu'à la Salette, qu'à Massabielle ?
nous

Comment oublierions-nous que la Visite surnaturelle
choisit de s'accomplir sur notre sol en 1858, dans ces
mois mêmes où Mireille venait au jour ? La Dame de

Clémence, celle

vers

qui depuis six cents

ans

le Consis¬

toire du Gai Savoir élève l'hommage hyperdulique de
ses
cadences et ses lis, n'a-t-elle pas voulu ainsi
apporter à l'œuvre félibréenne la caution du ciel ?

Madame,
Dans « une époque qui survit à la beauté », l'exis¬
tence seule des poètes nous est un étonnement. Celle

qu'un jour Mistral appela 0 Encantado encantarello n'a
pas cessé pourtant depuis lors de s'enchanter et de nous
enchanter. En vous remettant ce trop léger témoignage
de vingt-cinq années de sa gratitude amie, Isaure, qui
n'est plus riche que de siècles (mais c'est une richesse
qu'au rebours des autres chaque jour accroît !) se féli¬
cite de partager avec vous un peu de cet incomparable
trésor de temps, dont nul n'est pourvu à son égal.
Vous lui offrez en retour, par votre seul acquiescement
et votre seule présence, le don d'une autre durée, plus
précieuse encore, celle qui s'attache à des chansons, et
nous savons que, tant qu'il y aura, pour leur faire écho,
une terre d'Oc et un ciel d'Oc, les vôtres ne passeront
pas.

Aprètz aquet discors seguit d'u perigle d'aplaudiments, et

Moderator que balha à Filadèlfa era Medalha de vermèlh,
aumage jubilari der' Academia.
Esmabuda minuta ! Era trobairis que-s lbèva ! Er'asistensa
no ei cap mès qu'un dragon als mile goelhs, hitsals pet charmatôri d'ua hemna de bèt-temps-a qu'a sauvat era sia joe-

d'esperit, et son art de mèste e 'ra agida det son parlar.
Cadun que-s arrèsta de bohar, de póu de perde et mendre
chic d'aqueres coplets tindants que dirôn un carrilhon, de
nesa

côps malicios.
Atau

qu'arrespond era trobairis à r'Academìa e at son
eds auditors que son embrochoats :

Moderator ;

I

�r'academia

A

deds

REMERCIA MENT

DE

jocs FLORAUS

143

FILADÈLFA

MBRCÉS
Vint

Entà

e

cinc

ans

! U hoec de

palha

qui n'a très còps autant!
I

trabalha
pasar
qu'ente hè
dabant.
Tant pis per qui manquie de talha !

Anet, Mesiés, ed Cèu
E

Nos-auts que n'vam ! e quin ne vam
E qu'òm la sauta, era baralha !
E

!

qu'òm l'arrapa, ed arriban !

Tôt bon gascon,

quand

se

miralha,

Que s' saluda ed corps endabant.
II

E donc no-ei

pas sonque en sautant
Aci varat, atheu mur allia ;
Per tant beròia vot^ qu'òm aya,
No-ei pas

solament en cantant
MERCI

Vingt-cinq ans ! Un feu de paille pour qui en compte

trois

fois autant !
I

Ce soir, Messieurs, le Ciel manœuvre et il nous fait passer
devant. Tant pis pour qui manque d'allure ! Nous autres, on y
va ! et comment ! Et on l'enjambe, la barrière ! Et on l'agrippe,
le ruban !
Tout bon gascon,

quand il se mire, se salue révéremment.
II

Mais

ce

enceinte ;

rien qu'en sautant ici un fossé et là une
plaisante qu'on ait la voix, ce n'est pas seule-

n'est pas
pour

�FILADÈLFA

144

DE YERDA

Qu'òm la conquista, esta medalha.
Quand Madama I^aura e-la balha,
Que dis tôt dos : « Qu'ei tant per tant !
en tôt qui laura :
Martï ! At soc, Castanh !

»

Ed boèr crida

Tôt dret,

«

»

III
E donc, u

cop, dab era dalha,

destrau

E

ra

A

dus

e ra

ci\alha,

très, « tambour battant »,

o

Qu'à m gahè ped bòsc occitan
E qu'òm la sonè, ra batalha,
A

ra

volada

e

r'

en

...

volant !

qu'òm ne ha^o hoec e halha
Se n'èra y âmes vist autant !
E

!

encitant,
Que la-m hèi mia, esta medalha !
E

—

oè, bona

aura m

Ed y este

n'ei viu
e per tant,
Que l'ai pagada à tant per tant !
...

Ed boèr crida

Se yo m'i

«

ment

chantant

en

Madame Isaure la
autant

1

en

boti

tôt

...

qui laura

—

:

ai ! ai ! Castanh ! »

qu'on la conquiert, cette médaille. Quand
donne, elle dit tout bas : « C'est tant pour

»

Le bouvier crie

sillon, Castanh !

quand il laboure :

«

Tout droit, Marti ! Au

»
III

Or, une fois, avec la faux, avec la hache et les cisailles, à
deux ou trois, «tambour battant», on gagna les bois occitans.
Et on la sonna, la bataille, à la volée et à l'envolée ! Et on
en fit, des feux et des flammes ! On n'en avait jamais tant vus !
Et, ce jour, bon vent m'y poussant, je me l'octroie, cette
médaille ! Le geste en est vif ... et pourtant, je l'ai payée à
&lt; tant
pour autant 1 » —
Le bouvier crie quand il laboure : « Si je m'y mets... aïe! aïe!
...

—

Castanh !

»

�a

r'academia

deds

jocs floraus

145

IV

Mesiés, qu'ont ei à l'aide à vòsta
Mes vòste arcoelh ei tant florit

...

Que, ped permer còp, oé, me n' còsta
mancar de trasa e d'esprit ...
Entre pastors, de còsta en còsta,
Qu'òm s'arrespon at còp de crids,
E quand de hasard òm s'acòsta,
De

Dus

0

très honhs à som de còsta :

Este, enta tu ! Este, entà vòsta !
puntat entà Paris
E tots aquets qui-u cridan : Osca ! »
Es aqui tôt sò qu'òm se dis.
€

E-d-mes

Ed boèr pensa en tôt qui laura :
« Ed àço ei pas ùa perdris. »
V

pais dequi soi nascuda,
La-hòra, at pèd ded Mont-Agut,
Om a pas trop er' abituda
De parlar at monde cosut ...
En

IV
... Mais votre accueil est si
fois, il m'en coûte de manquer d'allure et
d'esprit... Entre bergers, de colline à colline, on se répond avec
des cris, et quand, par hasard, on s'aborde, deux, trois bour¬
rades au haut des côtes : « Celle-ci, pour toi ! Celle-là, pour tes
frères ! Et la plus pointue pour Paris et pour tous ceux qui
l'applaudissent ! » Voilà tout ce qu'on se dit.
Le bouvier pense quand il laboure : « L'âne n'est pas une

Messieurs,

on est

bien chez vous

fleuri que, pour une

perdrix.

»
V

où je suis née, là-haut, au pied du Mont-Aigu,
beaucoup la manière de parler au monde élégant...

Dans le pays
on

n'a pas

�FILADÈLFA

146

Sus

era

DE YERDA

brosta arrocalhuda,
0 ben ped eschut,

Ped molhami

Mau-botats

e ra

mina arruda

E caborruda

Que n' vam tostem à ra corruda
E tornant tôt yust ed salut ...
Ed boer pensa en

tôt qui laura :

Yo-m-pla\i ont Diu

«.

em a

volut ! »

VI

Mes donc acï no-èm pas en Aura ...
Yerda e Campa son loenh d'aci ...

Qu'èm ensò de Madama Iqaura,
Ont granmercés es dis merci ...
Mes ont ed Vièlh-Temps s'arrestaura
E s'arredaura

,

Dentiò tornar

pla^e e lu\\,
Dentiò tornar hè cap à r'aura
At crid de : « Que i èm ! estem-^-i
Ed boèr crida

en

Se yo m'i boti

«

tôt

...

qui laura

!

»

:

ai ! ai ! Marti !

»

l'aride, mat
arrangés, la mine rude et volontaire, nous marchons toujours
à la course et rendant à peine le salut.
Le bouvier pense quand il laboure : «Je me plais là où Dieu,

Sur la brousse rocailleuse, dans la rosée ou dans

m'a mis !

»

VI
Mais ici

n'est pas en vallée d'Aure... Gerde et Campan.
sont loin d'ici... Nous sommes chez Madame Isaure, où gran¬
mercés se dit merci ..., mais où le Vieux-Temps se restaure et
se

redore

restons-y

on

jusqu'à
! »

Le bouvier crie
Marti !

»

nouveau

défier l'orage

quand il laboure

:

au

cri de

: «

On

y

est !

«Si je m'y mets... aïe ! aïeL

�a

r'academia

deds

jocs floraus

147

VII

E que

pensi à Petrarca e Laura ...
Qu'òm a tostem quauque socï ! —
E, tôt d'u còp, aicì s instaura
—

Ed

^

yentilh conde que veici :

QiCera entretant de ra Malaura,
Quand se ha^ébe at mes-auci ...
Laveten Tolo^a-Era-Saura,
Ha^e lut% u yoen medeci
Tant amistos

e

sabent,

...

Mai ei ed

mes

Qui pintra

en

Ed boèr canta
«

de

en

...

aura

jlor del li

ra

tôt

Bèt-Lengatye

e

de

...

»
*

mandadis

Sendralh ! seré pas vos

...

qui laura.

O herescura ded maiti !

Princi det

—

I^aura

dosa

ra

blu

si !

—

Tant enletrat, que Dama
Se n'amorè
sié dit aci

ra

Gran Sapiensa,

aquet yoen medeci Ì

VII

je pense à Pétrarque et Laure... — On a toujours quel¬
que obsession ! — Et, tout à coup, ici prend place le gentil conte
que voici :
C'était pendant l'Atroce Aventure, quand on jouait « à quiplus-tue » ... Alors, dans Toulouse-la-Blonde, brillait un jeune
médecin si aimable et si savant
oui! —, si lettré que Dame
Isaure s'en prit d'amour ... soit dit ici...
Mai est le mois des brises légères qui mettent le bleu à la
Et

—

fleur du lin

...

Le bouvier chante
matin !

quand il laboure

: «

O douce fraîcheur du

...»

ENVOI

Prince du Beau-Langage et
ne serait-ce pas vous ce jeune

de la Grande Science, Sendrail I
médecin ?

�FILADÈLFA

148

DE TERDA

VIII

S'atau
Ped

atau

...

arrenom

Ed

—

ei

en

en

sia !

d'aqueste ostau,

haut de tôt ed Meidia !

mes

—

Pera beror ded sué ca^au
Ont Gai-Saber e Corteqia
E

Dab

Poe^ia

gracia de qui eau
yent de bona companhia —
Hèn cada an ed hechet pascau,

—

era

A

Que loncament atau
Pla loncament
Ed

en

en sia !
sia atau !

boèr, entretant qui laura,
bèts-còps. « Que si ! que si !

Canta à

Hé

ra

»

cigala

Débat er' ala,
«
Yo tabè, si,

Qu'ai dos soci

*

...

»

IX

Mes nos-auts qu'arré no desvia,
Ned crid ded pau, ned cant ded pot,
VIII
S'il

est ainsi

ainsi

soye ! Pour le renom de cette de¬
plus élevée de tout le Midi ! — pour la splendeur de
jardin où Gai-Savoir et Courtoisie et Poésie— avec la grâce
qui convient à gens de bonne compagnie — font chaque année
leur bouquet pascal, que longuement ainsi en soye ! Bien lon¬
guement en soye ainsi !
Le bouvier, pendant qu'il
laboure, chante parfois. « Que si !
quesi ! » fait la cigale, sous l'aile, «moi aussi, j'ai doux souci...»
en

meure

—

...

en

la

son

IX

Mais

nous

que

rien

ne

déconcerte, ni le cri du

paon,

ni le

�a

r'academia

deds

jocs floraus

149

Que saludam aqueste dia
Qui-n-(ei propis de tôt en tôt,
E que diqèm : En arrestot
Ara trop sec de ra Patria,
O Poe^ta,
Tornat hè vengue drin de tôt,
Drin d! esperansa e d'alegria
E

mes

de Fé sustot, sustot

!

E que se ri tome
R'endemoniada

entà ri A^ia
fantasia
Qui bota ed de^acòrd pertot !
...

E tome à bohar tranquila aura
E tome à cantar ed vièlh Pot !

!

Ed

sé, quand ed Ponent es daura,
qu'eds boèus son arrofs, arrots,
At cap ded darrer soc qui laura
E

Ed boèr desina
E

puch

una

crot%

es senha à hauta
A hauta votq ...

...

vot\

...

•chant du coq, nous saluons cette journée qui nous est propice
-entièrement, et nous disons: Dans « le champêtre » aujourd'hui
trop sec de la Patrie, ô Poésie, faites germer à nouveau un peu
de tout, un peu d'espoir et d'enthousiasme, et plus de Foi sur¬
tout ! Et que s'en retourne en Asie la démoniaque ... «fantaisie»
qui met la discorde partout !
Et qu'à nouveau
le vieux Coq 1

souffle vent calme ! Et qu'à nouveau chante

soir, quand le Ponant se dore, et que les bœufs n'en peu¬
plus, au bout du dernier «souc» qu'il creuse, le bouvier
dessine une croix... Puis il se signe à haute voix ... à haute
Le

vent

voix

...

�LUCIAN

LAPORTE

Que's cara era Encantadora, et charmatôri que-s arrèsta,
er'amasada, dinca aquiu plia d'atencion, que-s bolèga drin...
Qu'aurà hère à hè et majorau Rozès de Brousse, et decan
der' Academia, enta tornà-nze amiar at grand Mèste de Malhana en legi-nze er'ôda A na Clemènço Isauro, que digoc
Mistrau at Capitôli et 3 de mai 1879.
Sezilha vertadièrament arrica de

poezia, d'amor, de beutat,
generala det vôt oflciau der'
pet ensinhament dera lenga
dera Educacion Nacionala.

que-s acaba per' aclamacion
Academia deds Jôcs Floraus
e

nbsta

enes

très graus

Lucian LAPORTE.

(parlar de Gasconha)

�DIMANCHE 28 MAI

AU MONUMENT DE GODOLIN

Les Gardians sont, entrés

déjà hier soir dans la ville

Ils vien¬
comté de
Saint-Gilles jusqu'où Toulouse étendit sa puissance.
Comme eux, îles représentants des diverses: provinces
occitanes sont accourus vers la vieille capitale. Celle-ci
les accueille, en ce matin de mai, devant de palais de
brique rose, au cœur même de La cité, sur la Place du
Gapitole. Tramways, autocars, voitures de tout genre
déversent sans arrêt de nouveaux flots de spectateurs
et de participants. Des groupes folkloriques débou¬
chent sans cesse des rues adjacentes. Bientôt la Cour
Henri IV s'emplit. L'agitation croît au fur et à mesure
des arrivées. Les costumes des provinces occitanes se
mêlent, formant les contrastes les. plus inattendus : les
lourds et chauds capulets pyrénéens, les coiffes colo¬

et l'ont parcourue à la lueur des flambeaux.
nent des terres lointaines de Camargue, de ce

rées de Bethmale voisinent
du Limousin et les discrets

les coiffes aériennes
rubans de Provence; les

avec

aigus des: fifres font écho à l'accent nasillard des
flottent au
contemple
cette foule. Songe-t-il à son pays, aux jours de son
enfance qu'évoquent à ses pieds les coiffes béarnai¬

sons

vielles. Les étendards et fanions des sociétés
vent. Du haut de sa niche, le bon roi Henri

ses

?

Au

donjon

sonne

l'heure marquée pour la formation

�152

FRANÇOIS SABATIER

du

cortège. M. Cluzet, commissaire général des. Fêtes,
des ordres aux jeunes étudiants porteurs de
brassards aux armes du Languedoc assemblés autour
de lui. Les hauts-parleurs transmettent les consignes,
indiquent leur place aux délégations. On se presse, on
donne

court de tous côtés. Dans la variété charmante de ses

formes dialectalesi, la langue d'oc jaillit, claire, vive,,
alerte. Peu à peu, le cortège se forme : le voilà prêt à
se

mettre

en

marche. C'est le

départ.

Viennent en tête, précédées du service d'ordre, la mu¬
sique et la clique de la Préparation Militaire sous ila
direction de M. Baquié. A l'appel des haut-parleurs,
groupes et délégations prennent leur place. Voici les
jeunes ilauragaises de Montgeard, les bras chargés de
fleurs champêtres; les groupes toulousains du Ramelet
Moundi et des Caddetous de la Flahuto; la nombreuse
délégation de Garmaux, Cordes et Monestiès; le groupe
Ramon d'Autpol de Mazamet; la délégation de SaintSulpice; celle de Graulhet dont les jeunes tilles distri¬
buent les programmes des fêtes; le Castèt de Garona de
Muret; le Barbichet du Limousin; les Escholiers du
Languedoc venus de Montpellier; les Chanteurs de
l'Armagnac, de Magnan (Gers); de nombreuses autres
délégations moins importantes de toutes les régions
occitanes : pyrénéennes de Bigorre et de l'Ariège,
béarnaises, agenaises, rouergates, albigeoises, lauragaises, narbonnaises, roussillonnaises, comtadines, toulonnaises, etc... Enfin, un groupe imposant de
Toulousaines autour des dames du Comité du costume;

Mesdames Ducap,
Dottin,
Baraillé, Aroles, etc.'..
Le

Séguy,

Mesdemoiselles

Capoulié et la Reine, entourés de jeunes et

gra-

���AU

MONUMENT DE GODOLIN

153

fin du cortège. A leur
la foule les salue, les acclame, et les applaudis¬
sements crépitent de toutes parts. Frédéric Mistral par
sa noble prestance, Suzanne Imbert par sa grâce et le
charme de son regard ont conquis Toulouse qui les
accueille comme des souverains. A leurs côtés on
remarque Roumaneto, ancienne reine du Félibrige
venue de Provence, et le majoral-abbé Salvat, prési¬
dent du Comité d'organisation, ainsi que les quatre
vice-présidents : M. le professeur Sennet, représentant
M. l'Inspecteur Général de l'Administration de la
Ve Région Militaire, M. Roquefeuil, adjoint représentant
M. le Maire, les majoraux toulousains J. Rozès de
Brousse et Lizop. Suivent en une masse compacte les
majoraux, Iles mainteneurs et maîtres ès-Jeux Floraux,
les syndics et vice-syndics des maintenances, les délé¬
gués de la Fédération des Provinces françaises, les
personnalités accourues de Paris, des diverses régions
de France, de Belgique, de Catalogne, les capiscols des
Ecoles félibréennes, les mèstres en Gai Saber, mèstres
d'òbra et mainteneurs du Félibrige.
rieuses occitanes, viennent à la
passage,

Véritable garde félibréenne, commandée par le
capitaine-majoral Arnaud, la troupe des Gardians
ferme la marche : ces cavaliers habiles, montés sur les
fringants chevaux de Camargue portant en croupe les
vaillantes avignonnaises du Riban de Prouvènço, ont
vraiment belle allure, et la foule ne leur ménage pas
ses applaudissements.
Le cortège a quitté la place du Capitole, et, par la
rue Lafayette, il est arrivé au Square 'Wilson au centre
duquel se dresse le monument à Pèire Godolin, lœuvre
de Falguière et Mercié. Le Félibrige officie! va pour lia
première fois rendre hommage au poète toulousain.
Le nom et l'iœuvre de Godolin sont connus bien au delà
des murs de sa ville natale. Il est le principal trait
d'union entre les troubadours et les félibres. C'est
grâce à lui surtout que, durant les longs jours de la
décadence, la langue d'oc a pu maintenir son titre de
•langue littéraire :

�FRANÇOIS SABATIER

154

lou bon Goudouli, calandre coutinaud,
Fasié cascaieja li belugo argentalo
...

Moundi, relevant d'un cop d'alo
L'engèni naciounau.
(Mistral.)

Dóu Ramelet

Grâce à un dispositif ingénieux de M. le Commissaire
Général Cluzet, le cortège a pu pénétrer avec un ordre

parfait dans le
couronne

square

et entoure le monument d'une

fleurie.

Le

Capoulié, la Reine, les autorités arrivent devant
poète. Aussitôt le Capoulié commence son
discours. Des haut-parleurs ont été installés dans les
arbres et permettent au public assemblé tout autour du
square d'entendre les paroles de l'orateur.
la statue du

Avec

talent de

critique littéraire, en admirateur
convaincu, Frédéric Mistral exalte l'œuvre du poète.
Les oreilles toulousaines ne sont pas rebelles à la lan¬
gue de Mireille, si l'on en croit les applaudissements
nourris et prolongés qui saluent le discours.
Juliette Dissel dit Je célèbre sonnet A Liris. On sait
le talent de la fondatrice du Théâtre d'Oc : le peuple
de Toulouse est heureux de la retrouver et de l'applau¬
son

dir.

Sous la direction de M. Delsol, la chorale Clémenceune chanson du poète. Alors, les

Isaure fait entendre

jeunes lauragaises de Montgeard contournent le monu¬
ment, lançant à Godolin leur chargement de fleurs
champêtres. Ce geste doit plaire à l'auteur du Rame¬
let &gt;

dont les floretas ont atteint l'immortalité.

�A

A LA

Le

cortège

LA

MAISON DE

GODOLIN

MAISON DE GODOLIN

se

reforme maintenant,

quitte te square,

Lazare-Carnot,

et, par les aillées Roosevelt, le boulevard
se dirige vers le monument à la gloire des
La foule, compacte malgré l'heure matinale,

Combattants.

sur

se presse-

le passage.

arrêt devant le monument.
Silencieux, le Capoulié et la Reine

Un court
morts.

magnifique gerbe de fleurs sang et or,
couleurs du Languedoc, qu'ont peine à
gracieuses provençales. La Marseillaise
minute de

une

recueillement.

Sonnerie aux
déposent une

cravatée aux

porter quatre

retentit après

Le cortège emprunte alors la rue de Metz, où il s'étale
majestueux et solennel sur une longueur de huit-cents
mètres ; on ne voit que rubans et coiffes. La circulation
est

interrompue : on a
autre voie.

dû détourner les tramways par

une

La rue d'Alsace-Lorraine est traversée, la place
Esquirol dépassée. Et l'on s'arrête en face de l'Hôtel
d'Assézat. Sur l'emplacement présumé de la maison du
poète, on va inaugurer une plaque commémorative.
Nul ne connaît d'une façon certaine l'emplacement
exact de cette maison. Le savant Noulet a pu établir
cependant qu'elle se dressait sur la place d'Assézat,
«qu'elle fut démolie du vivant même du poète lors de

�156

FRANÇOIS SABATIER

l'établissement de la large rue qui aboutissait au PontNeuf récemment construit.
Dans son étude
M. M.-A. Amoureux
de

ce

que

sur
nous

devait être

ce

Goudouli poète toulousain,
donne une vivante évocation

quartier où Godolin

passa son

enfance.
«

Avec

ses

beaux hôtels,

son vieux marché, ses bou¬
échoppes de petassous, ses chalands,
ses commères au verbe
haut, ses chaudronniers, ses
artisans, ses porteurs d'eau, ses pelharots, ses bate¬
leurs, ses marchands « d'oubliés » lançant à pleine
voix leur étrange cri ouyo ne te
boujo, toute cette foule
bigarrée des petites gens, faiseurs de petits métiers,
côtoyant, bousculant avec désinvolture les riches bour¬
geois et les nobles capitouls, le tout rehaussé d'un
concert confus d'appels, de rires
et. de chansons, en
faisait le coin le plus vivant de Toulouse et le
siège
incontesté du négoce. » Et M. Amouroux
ajoute :
«
C'est peut-être au contact de ces
simples gensi du

tiques sombres,

ses

peuple...

que Goudouli enfant sentit s'éveiller en lui
âme poétique et eut la prescience confuse de son
destin... »
son

Un voile tombe. La
la maison
Lacroix, se

cription

plaque de marbre, apposée sur
laisse voir, et on peut lire l'ins¬

:

AQUI

ÈRA L'OSTAL

ONT

NASQUÈT

AL MES DE JULHET

1580

PEIRE GODOLIN

Le majorai J.-Rozès de Brousse, capiscôl de l'Escòla
Occitana, s'avance et prononce quelques mots.

�a

la

maison de

Discors del Senhe

•57

godolin

J.-Rozès de Brousse

Senhe

Capolièr,

Senhes Capitols,

Lo canton ont

vezèm

ara

aqueste

ostal, qu'es de
ben que

nòstre temps, es aquel ont se quilhaba tant
mal l'ostal ont nasquèt Pèire Godolin, als

primièrs

jorns de julhet de 1580.
Son paire, Ramon Godolin, « mèstre sirurgian»,
dernoraba aie! ambe sa molhèr e sos quatre gojats.
Pèire, escolan al Colège dels Paires de la Companhia de Jèzus, se faguèt receure avocat al Parlament, mas jitèt lèu sa rauba als romècs cap à Garona, e seguisquèt plus que las Muzas, las pichonas
e manhagas
Mondinetas, e subretot sa « pastora
Liris ». Abia cauzit, el tant-ben, « lo camin de la
libertat...

» e

de la poezia.

gauch d'enartar aquela lauza de marbre à
Senhe Lacroix e sa genta
dòna, proprietaris del ostal d'auèi, qu'an plan volgut nos la laisar pauzar. Fazèm fizansa al Municipi
tolozenc per que garde aquela lauza de tôt mal, dincas al Jujament Darrièr ont lo diuzenc Felibre de
Nazarèt nos aculhirà totis dins son Paradis santNos fa

sa

memòria. Gramaciam lo

estelenc.
Le discours du

capiscòl est fortement

applaudi.

�15«

FRANÇOIS SABATIER

A NOTRE-DAME LA DAURADE

Le

cortège, qui ne s'est pas disloqué, reprend sa mar¬
les quais de la Garonne, tandis que le ciel s'est
assombri et devient menaçant.

che

vers

Bientôt apparaît la basilique Notre-Dame la Daurade
dont les abords sont envahis par une

immense foule.

A la

Daurade, Godolin fut baptisé le 14 juillet 1580.
Ses cendres y reposent depuis 1808. Chaque année, le
2 mai, l'Académie des Jeux Floraux y assiste en corps
à un service religieux célébré à la mémoire des défunts
de la Compagnie. C'est là que, il y a dix ans à
peine,
les mainteneurs venaient prendre en grande solennité
les fleurs d'argent ou d'or — il n'y a plus de fleurs
aujourd'hui — pour les poètes lauréats. Autant de
raisons qui font de N.-D. la Daurade, en quelque sorte,
Ha paroisse
du félibrige toulousain. On comprend
qu'elle ait été choisie pour la célébration de cette messe
de Sainte-Estelle.

Ses

murs

ont été revêtus de

draperies

aux

couleurs

pourpre et or. Grâce à un service

d'ordre parfait, le
dans la vaste nef.

cortège

pénètre solennellement
résonne le grand orgue, M. le chanoine
Lassalle, curé de la Daurade, accueille sur la porte le
Capoulié et la Reine et les conduit à leur place dans le
sanctuaire, où les attend Philadelphe de Gerde.
Tandis que

La

messe commence.

Cubaynes, majorai

Elle est dite par M. le chanoine

Félibrige et maître ès-Jeux
Saliège préside à
son trône.
Capoulié, reines, majoraux-, personnalités
occupent des places d'honneur. Un océan de coiffes, de
rubans et de capulets déferle sur les piliers dans la
du

Floraux. Son Eminence le cardinal

�notre-dame la

a

vaste

nef.

l'église. Des

rieur pour que

haut-parleurs ont été

et chants.
alentours de

Garonne, les

gens

disposés à l'exté¬

n'a pu entrer entende
La pluie tombe maintenant, mais
la basilique, sur les quais de la

la multitude qui

sermon
aux

159

spectacle est vraiment incomparable.
pénétrer enfin et remplir les bas-côtés

Le

La foule a pu
de

daurade

lassent pas, et

ne se

gardians, impassibles sous

admirent les

les averses.

lo Castèt de Garona de
direction de M'11" Decbaumont, exécute
Dius poderos, le beau chant de Prosper Estieu sur une
musique de Déodat de Séverac.
A la tribune

du grand orgue,

Muret, sous la

Et voici en chaire Son Excellence Mgr Moussaron,
archevêque d'Albi. Après Mgr de Mazenod,
Carsalade du Pont, Mgr Gieure, Mgr Cézérac, Mgr
entre autres, Mgr d'Albi maintient la tradition de

prédication occitane dans

Presic de

Au

nom

Mgr de
Pays,
la

le haut clergé.

S. E. Mounseignou
ARCHEBESQUE D'AIBI

dou Pai e dou

Moussaron

Hilh e dou

Sent-Esprit.

Atau sio.

Eminenço,
Gentos Rei$os,
Segne Capouliè,

Majouraus,
Mous Frais,

la Pentoefèt,

Quan lous felibres decidèn d'abarreja
la Sento-Estèlo, sai pas se s'abisèn qu'èron
adeja plan apariados. Toutos duos, 'n
que soun

cousto e

la hesto de

ço que

i

a

dins l'orne de

mès gran e de

�i6o

MOUNSEIGNOU MOUSSARON

necessari, de

mès

de la creacioun
Es

la

:

paraulo

couneche

aus

le hè lou mestre-oubratge
paraulo.

ço que

la

que nous balho lou poudé de hè
ço que pensam, ço qu'aimam,

autes

boulèm. Sense la paraulo n'aurem ni
ni gleiso, ni patrlo. Nous eau la paraulo
end'aprengue, nous eau la paraulo ende prega. Se
lou Boun Diu nous auèuo pas parlai, aurem pas jamès sabut ni ço qu'es, ni ço que bo, coumo es bet e
coumo es boun, coumo nous aimo e coumo nous autes
que

ço

oustau,

le diuèn hè las tournos.

paraulo, aqui dounc, mous Frais, ço qu'aci —
sio la Pentocousto ou la Sento-Estèlo — boulem

La
que

bouta à l'aunou.

Tout aco, qu'auri boulut bous at dise damb la
lengo amistouso de la Citât Moundino, dambe lou
poulit parla de las flous e dou sourelh d'or. Mès,
bous demandi escuso, soui pas nechut au bord de la

Garono, e, en aqueste debis,,me eau serbi dou parla
denta nous-auts, un parla, de sigu, qu'es pas tant
alisat ni belèu tant musicaire que lou de praci, mès

qu'a prou bouno mino quand lou menon pas
trauès, coumo jou lou parla d'Auch e de

praco

trop de

Leitouro.

recouneche qu'en uo amaslengo d'oc, nou-s poudèuou pas
milhou rencountra que dins aquesto gleiso que se
miralho dins la Garono, débat la presidenço d'un
Cardinal que teng ta bien lou calam, e que se penso,
Aco de coustat,

sado d'amies

coumo

eau

de la

nous-auts,

que

eau

pas

decha s'apaubri la

petito patrlo se boulem que la grano se mantengo,
e anfin as
pès d'uo Bierges tant realomen de praci
que lous quitis francimans l'aperon Nostro-Damo
la Daurâdo. La pregui de benasi aqueste presic.
I
La

Pentocousto, hesto de la paraulo, de la

de Diu.

paraulo

�A NOTRE-DAME LA DAURADE

161

Es pas, mous Frais, qu'aquero paraulo aousso attendut la Pentocousto enta se hè entene. Dempus
ans, caminauo per las bilos e las campagnos de
Judèo. E, de pertout, petits e grans, riches e
praubes, courrèuon l'escouta. Aco èro que l'ome que
la disèu èro pas coumo lous autes. A soun sabé, à sa
santetat s'es pas jamès troubat digun capable de hè
rampèu. Auèuo tant de poudé qu'arré que de parla
très

la

lous miracles flourissèuon autour d'et tout toucans,
coumo

aco,

pous prats

aimable

à la primo las pimparèlos. E, damb

que

hasèuo ben

re que

de l'espia,

e

pietadous au punt que nado misèro, nado
soufrenço nou l'aprouchauo sens s'en tourna goarido
ou counsoulado,
un ome anfin qu'èro maje qu'un
orne, Nostre-Segne, lou boun Diu.
boun

e

E à touts lou Mestre que muchauo lou camin que
au cèu. Enta se hè milhqu coumprengue que
lous disèuo tabé countes poulits que nat countaire
n'a jamès dits de parelhs : la pesseto perdudo; lou
meno

trésor
zare

;

estujat ; lou machant riche e lou praube La¬
lou farisièn bantariol, tout dret dauant l'auta,

publican aginoulhat au houns dou temple, darrè
pila, que se truco la poutrino ; lou hilh despensiè
e courrinè que s'en tournée, escanat de hame e tout
caperat de perrecs e de beçgougno, à l'oustau oun
soun bielh pai l'atendèuo cado jour en ploura ; lou
brabe Samaritan qu'estec soul à pourta secours au
bouyatjur que les boulurs aueuon dichat dan lou
barat sense le so e à mitât mort; l'echarment qu'es
pas mes boun qu'enn'ou hoec quan es caijut de la
souquetto ; les ausets dou cèu que sense semoua ni
sega trobon toutjour taulo meso, e lou liri de la pèsso
que nou sab ni hila ni teche e praco qu'es bestit d'uo
pelho mès bèro que lou mantou d'un rei, e lou grun
de blat que diu mouri dins la rego pendent l'iuer se
bo cabelha à la primo.
e

lou

un

Mès
sense

aquero

paraulo,

n'esta tout esclarit

que poudèuon pas entene
e tout rebiscoulat, beng de

�IÓ2

MOUNSEIGNOU MOUSSARON

se cara.

Y

tournado

a

au

dets
cèu.

jours, à l'Ascensioun, que se n'es
Qui pouira, adaro, la répéta sus

terro ?

Assegurats-bous, mous Frais. Lou Mestre i a pen¬
sât.

Auant de mounta

au

cèu :

«

Anats per touto

la

digouc à sous Apostous. Prechats l'Auangèli à touto creaturo. Lou qui creira e sera batisat,.
sera saubat. Lou qui creira pas sera coundannat ».
Mès, me bats dize, jamès aquet praube mounde seran capables de se gaha à un parelh trabalh. Soun
pas estais per las escolos, sounco un, belèu, qu'èro
coulettou. Boulega turros e surtout pesca, aqui tout
soun sabé.
E semblo pla qu'après très ans passais
dins la coumpagno de Jésus, aujon toutjour lou cap
e lou co autant durs que las mas.
Atendets, mous Frais. Aci Pentocousto. Dins lou
Cénacle, oun lous disciples soun ataassats autour de
la Sento Bierges, portos e fenestros barrados, un
gran bent se lèuo, e lengos de hoec ban s'apausa
sou cap de cadun. Qu'es lou Sent-Esprit que NosteSegne auèuo proumés de lous embouia. Asta lèu,
terro, ça

tout

es

cambiat.

Las

portos

se

doubrissen

e

lous

Apostous soun sus la plaço, oun, pramou de la hesto,
i a mounde à hè trembla e de tout païs. Coume se
diu, és sant Pè que lous ba hè lou prumè presic.
Pensats s'aqueros gens esten estounats de l'enténe
dise qu'aquet Jésus que, quauques jours auant, èro
estât clauerat sus la crouts, èro Diu, e que digun se
saubera pas sense crese en et e sense l'aima. Estou¬
nats, n'esten surtout d'enténe, cadun dins sa lengo,
aquet orne que parlauo à tant d'estrangès. Se besèu
que tout aco èro de Diu. Très milo persounos se counbertissoun e demandèn lou batèmo. Jamès lou pescaire de Tiberiado auèuo hèit ta bèro preso.
mous Frais, sourtido dou Cénacle e pourbent de la Pentocousto, la paraulo de Diu
es partido ende hè lou tour dou mounde e semoua
pertout la luts, lou couratge e l'amour, tout ço que
E aro,

tado pou

�A NOTRE-DAME LA DAURADE

balho à nosto bito sa rasoun, sa
nur.

Crejots

pas

praco

beutat

e soun

163

bou-

qu'un oubratge parèlh se

hè sense que lou Diable s'i boute de trauès.
Coumenço damb lous Apostous. Lous mestres de la
Sinagogo lous hèn arresta, soun boutats dauant lou
judje e, per feni, houistats dinco au sang. Mès astan
bau arré. « Empoussible de nous cara », ça respounen lous nauèts
presicaires. E s'en ban, urouses
d'auje patit ende soun Mestre. E atau que sera dinco
à la fin dou mounde. Ni la presoun, ni las urpos e
las dents dous lious, ni lou hèr ni lou hoèc, ni arré
de ço que hè soufri, ni arré de ço que tuo n'arribera
à arresta la paraulo de la Pentocousto. De loui en
loui, dechera un pauc de sang sus la routo, mès dipousco

qu'auje la menturio à la bouco ou l'espaso à la
pouira l'empacha de pourta aus grans que
rougagno l'aueje e aus petits souben crouchits de
misèro e quauque cop de trucs, de que hè leua lou
cap e escauhura lou co.
Oh ! sai pla qu'en aqueste moument n'i a que s'ensajon, damb autant de sabe-hè que de machancetat,
à estoufa aquero paraulo. Siots tranquilles ! Tant
qu'auran pas acampat d'apraci la doulou e la mort,
tant que demore dins nosto amo la hame de la justiço e dou bounur, lous omes auran besoui d'espia
dou coustat dou cèu ende n'atende ço que la terro
gun,

man, ne

lous refuso.

d'aquets, mous Frais, qu'espion dou coustat
e qu'escouton la paraulo. Noste-Segne a dit
qu'èro uo semenço et que n'èro lou semouaire. Bou¬
lets que d'aquero semenço pousquets présenta, au
darrè jour, uo bèro garbèro ? Hasets de bosto amo
la terro que eau. Un jour, à las segados de l'eternitat, plagnerats pas bosto peno : sera pous graiès
dou cèu qu'aurats trabalhat.
Siots

dou cèu

II
Nous

eau

pas

debremba praco que la Sento-Estèlo

�IÓ4

MOUNSEIGNOU MOUSSARON

tabé la hesto de la

es

paraulo. Uo paraulo, de sigu,
la paraulo de la Pentocousto, mès qu'auèm
rasoun d'aimà saquela e d'en boulé flouca auèi

qu'es
bien
lous

pas

autas.

trop de francimans que se figuron que la lengo
d'Oc serbis pas qu'à dire pegessos, groussagnos ou
faribolos. E dounc ! An pas jamès entenut lous counI

a

que disèuon las hilairos de bèt-tems a au cournè
de las bordos, ni las cansous que cantauon lous bouès
en mena lou parelh e las pastourèlos à la darrè dou
tes

las jouenos mais quan bressauon lous ninets!
jamès daubrit un libre d'aquets brabes
qu'an escoutat mounta dou tepès e de la
piano, dous prats e dous bosques, de las gleisos e
dous cementèris, dous soubenis dous aujols e de l'arrise dous joens, l'amo de la terro mairano. I a, aqui,
mots coumo s'en troubo pasalhurs : mots que lusissen
coumo estèlos, mots que trindon coumo esquirous ou
que retrounissen coumo campanos, mots «leujès e fis
coumo lou bent d'abriu quan bè debis damb hoelho
nauo», mots touts cargats dou bielh tems e praco que
nous arribon fresques e esberits coumo
aigo d'arriu
ou, milhou encoèro, coumo un mainatje que beng de
troupèt

e

An pas
escriuants

nèche.
E

lous

enténe sense que
lous pèus-blancs se
senton coumo uo auto joenesso, es pla que damb etsauèm retroubat aquero amo de la terro mairano que
hascouc lous aujols, e que nous a hèits nous-auts tabé,
e
que pourtam, mémo sense i crese, au mès pregound de nosto pensado e de noste amour.
Tenguerém pas qu'aco de la lengo d'oc, bous
semblo pas que seré adeja prou ende l'aima ? E
praco lou diuèm encoèro quaucoum de maje. Dambe
l'amo de la terro mairano nous a goardat uo amo de
crestian. Lountems, es per eroque l'Auangèli arribec
à nostes aujols. Es ero que mountauo en cadièro
dambe lous caperans. Es ero qu'ensegnauo lou calou

se

nous-auts

co nous

poudèn

pas

pataque e que mémo

�NOTRE-DAME LA DAURADE

A

techisme as mainatjes.
bouco de las mametos

165

Es ero que boutauo dins la
de tant poulidos pregarios.

Qu'ac boulhon ou qu'ac boulhon pas, es de tout aco
qu'auen eiretat.
Es dounc pla lou loc e lou moument, me semblo à
jou, de coumplimenta e de remercia touts aquets que,
lou calam en man, an trabalhat à goarda l'eiretatge.
« Cada ama a sa mision sus tèrra ! » a dit uo grando
reino dou Felibritge. Urousoment n'i a rede, ent' aus
occitans, qu'an coumprés que sa missioun èro de
sauba, en mémo tems que la beutat de la lengo mairano, l'amo crestiano que, dempus toutjour, la hè
parla.
Coumprenguerats, mous Frais, qu'aci se posque
noumenta que lous morts. Au Mouyen
troubam adeja Peire Cardenal, dou Vêlai, e Guiraut Ripas

quier, de Narbouno, que
Es encoèro

Atje
canton la Sento Bièrges.

damb un pouèmo en soun aunou que
troubadou de Castètnoudari — un boun

mès tard un

Arnaut Vidal, gagnouc
Flouraus, lous de Toulouso. Mès tard encoèro, autour de setse cents, lou
qui es enterrât dins aquesto gleiso, e doun hestejam
lou tresieme centenari, lou boste Goudouli, daunos
segnes de Toulouso, coumposo de poulits nadals
sustout un pouèmo sus la Passioun e la Mort de
Nostre-Segne. Escoutats uo de sas pregarios. La dià soun intencioun, de sigu, mès tabé à la nosto :
lou Felibritje —,
prumiè prêts aus Jocs

païs ende

lou

e

e

ram

mourèts per nous, ajats pietat de mi
Que mourirè tabe, mès que nou sabi l'houro,
tirais
Et
enta Bous moun armo pecadouro,
Quand dins un triste dot me pourtaran dourmi.
Dius que

Oc¬
dise

Aci, tout proche de nous-auts, lou maje des
citans, Frédéric Mistral. Ei pas besoui de bous
que touto soun obro porto la marco de sa
escriut tant de canticos esmouvents en l'aunou

Nostro-Damo, se lou mès

fe. E, s'a
de
bèt pouèmo sus l'Imma-

�MOUNSEIGNOU MOUSSARON

culado-Councepcioun

es et que l'a hèit, m'en estounei pas, quan, i a d'aco
quauques meses, en passa
per Maillano, hascoui besito à l'oustau dou gran felibre. IJo Bièrges au cap dau leit, uo Bièrges sus
la coumodo, acô èro, damb uo crouts, tout l'ourna-

de sa crampo.
Se pot pas parla de

men

Mistral

sense

pensa

à

soun

besin, l'entrepide Roumanilho, qù'auèuo lèu hèit,
ende defende la religioun, de gaha lou calam coumo
d'autes l'espaso.
N'i

a forso d'autes
qu'an pla serbit dou mémo cop
lengo mairano e la religioun, e doun lou nom me
beng aus pots : Mossen Cinto Verdaguer, l'abat
Bessou, e lou Paire Amilha, e un aute, que lous Gascous que soun aci me perdouneren
pas de m'auje debrembat, l'abat Sarran, lou Cascarot de VArmanac
de la Gascougno. autant fort ende parla qu'end'

la

escriue, e doun la bouts tant aimado enta nous-auts
a
hèit, de sigu, bien rise, mès tabé tant prega.
I

a

quaucun, praco,

que,

mès encoèro

que touts

aquets, a hèit serbici e aunou à la

lengo d'oc : es la
Bièrges Mario ero-mèmo, quan debarèc dou cèu end'
aprengue à la terro lou mès bet de sous noms. A uo
petito paisano de la Bigorro, praubo e penudo, que digouc : Que soi'r' lmmaculada Councepcioun. En
parla d'oc, me figuri que la Reino dou cèu, à la pensado de tout ço que nosto lengo mairano auèuo heit
adeja per ero, e de tout ço que haré dins l'abengue,
boulouc, per recoumpenso, planta à soun frount la
mès lusento de

sas

estèlos.

*
*

*

Felibres, Ouccitans, mous Frais, la perdem pas de
bisto, aquero estèlo. Coumo la paraulo de Pentocousto, esclairo lou camin de noste bounur. Sortem

�A NOTRE-DAME LA

pas d'aci sense
Mistral dins la

DAURADE

dise à Nostro-Damo ço
gleiso de Mountserrat

Mcno-me

coume

meno soun

que

167

lou diseu

:

la maire

pichot enfant !

Se sabem

goarda nosto man dins la suo, siom segus
qu'à trauès lous coupo-caps e las doulous d'aquesto
bito, nous menara au pais oun lou cèu es sense
crums, l'amistat sense separacioun, la bertut sense
pecat, e oun touto paraulo es un cant.
Atau sio.

L'assistance
tous

a

langue
les visages.

sermon

en

suivi

avec

gasconne.

attention

et

La satisfaction

intérêt
se

lit

ce

sur

L'office se déroule. Au grand orgue, M, Chabas sou¬
tient d'autres chants exécutés par les chanteurs et les
chanteuses de Muret, tels que le Noël populaire harmo¬
nisé par Canteloùbe : Quai tusta aici ? Au petit orgue,
dans le sanctuaire, sous la direction de M. Henri

Fonvielle, Los

Cantaires de Godolin font entendre
Rèina del cèl de Prosper Estieu sur l'air du Virolai
catalan de Montserrat, et le cantique A l'Eucaristia du
Père Amilha.
A la fin de
tit

au

grand

l'office, tandis que l'air de La Coupo reten¬
île cortège se reforme. Le Capoulié

orgue,

la Reine vont se recueillir un insitant devant le
tombeau de Godolin abondamment fleuri, en un geste
fraternel très délicat, par des mains catalanes.
et

�FRANÇOIS SABATIER

AU CAPITOLE

Le beau
nant

temps est

l'ordonnance

maison Deffès, qui
tion au Capitole.

Le cortège, dont mainte¬
peu, se dirige vers la
dernière étape avant la récep¬

revenu.

fléchit

est

sa

un

11 y a

la

cinquante ans mourait Louis Deffès, qui écrivit
musique de La Toulousènô. Celle-ci est chantée

devant la maison du
Par la

rue

Capitole, qui
La
peaux

rouge

compositeur toulousain.

Gambetta, le cortège gagne la Place du
vide de ses marchands.

se

façade de l'Hôtel de Ville est couverte de dra¬
tricolores encadrant la bannière du Languedoc,
à la croix d'or pommelée.

Le Capoulié et la Reine, suivis des autorités du
Félibrige, entrent au Capitole, gravissent le grand
escalier d'honneur où semblent les accueillir avec leurs
poèmes les troubadours de la fresque célèbre de JeanPaul Laurens, et pénètrent dans la salle Henri-Martin.

Ils sont accueillis par M. Badiou, député-maire,
entouré de plusieurs adjoints et conseillers munici¬
paux,

et de nombreuses personnalités parmi lesquelles

M. Poulat, préfet-adjoint de la HauteGaronne; M. Cayrou, conseiller de la République;
M. Auban, député; M. Lambert, représentant M. le
Président du Conseil Général; de nombreux conseillers
Généraux, etc...
on

remarque

���169

AU CAPITOLE

félibres et,
préambule, aborde un sujet qui leur est cher :
le projet d'introduction de la langue d'oc dans les. pro¬
grammes scolaires. Il ne croit pas aux prétendus
inconvénients qui, selon certains, résulteraient de cet
enseignement, dont il démontre, au contraire, les avan¬
M. le Maire souhaite la bienvenue aux

sans

tages

l'intérêt.

et

Il termine en espérant

décision favorable interviendra
les félibres de
Tous

son

d'ici

peu,

qu'une

et il assure

appui.

qui sont présents ici aiment notre langue,
que, seul, son enseignement dans les écoles

ceux

et savent

peut la sauver. Aussi les
vent-elles

une

paroles de M. Badiou reçoi¬

approbation enthousiaste.

Capouilié prend maintenant la parole. Il remercie
qu'il vient de dire. Il lui
sait gré surtout d'avoir compris que nos revendications
régionalistes ne dissimulent aucun sous-entendu sépa¬
ratiste. C'est ensuite cette accusation même de sépara¬
tisme qu'il s'attache à réfuter. Frédéric Mistral est très
ému, et sa voix tremble d'indignation quand il repousse
des allégations qui sont une injure au patriotisme des
Le

tout d'abord M. Badiou de ce

félibres.

gagné tout l'auditoire : par
applaudissements il lui prouve qu'il est de tout

L'émotion du Capoulié a
ses

eceur avec

lui.

jeunes Caddetous de la
qui, sous la direction de leur chef M. Péron,
exécutent quelques chants populaires, et obtiennent un
grand succès.
On écoute ensuite les tout

Flahuto

se retire après le Vin d'Honneur. On ne se
de commenter l'heureux déroulement de ces
fêtes. Mais le ciel, toujours un peu menaçant, laisse
dans les cœurs quelque inquiétude pour l'après-midi.

Chacun

lasse pas

4

�FRANÇOIS SABATIER

AU STADE DES MUNIMES

Après déjeûner, le Bureau Général du Félibrige se
au Grand Hôtel sous la présidence du Capoulié.

réunit

Le temps, qui n'a pas cessé de préoccuper les organi¬
sateurs, car de lui dépend en grande partie le succès
de la fête folklorique, s'est un peu rasséréné. Le ciel
s'est dépouillé de ses nuages balayés par le vent d'ouest.
Le soleil luit.

Aussi, ila foule a pris dans; l'après-midi le chemin des
Minimes, sur la route de Paris. L'afïluence dépasse non
seulement toutes les; espérances, mais encore toutes les
prévisions.
Les

tribunes

sont

pleines, et la foule garnit sur
enceinte. Dans
Capoulié et la
Reine entourés des personnalités. En face, au milieu
de l'enceinte, se dresse l'estrade sur laquelle évolueront
tour à tour les divers groupes. Tout près, le car de la
Radiodiffusion nous montre que celle-ci a tenu à faire
profiter de la fête ses auditeurs lointains.
plusieurs,

rangs le pourtour de la vaste
la tribune d'honneur on remarque le

La musique de la Préparation Militaire se fait enten¬
dre, et bientôt le spectacle commence. Je ne veux pas
essayer d'énumérer et de décrire les chants et les danses
qui pendant trois heures se succèdent, offrant au
public enthousiasmé un spectacle de choix.

Tour à tour

de la Flahuto
et

se

font applaudir les jeunes Caddetous
la direction de M. Péron : garçons

sous

jeunes filles sont charmants dans leurs chansons et

�AU

STADE DES MINIMES

1

71

jeux mimés; Lou Ramelet Moundi de Mmo Dasque,
endiablées, où robes. amples et vastes
ichapeaux toulousains flottent au vent; Lo Castèt de
Garona, dont les voix exercées obéissent merveilleuse¬
ment à la direction de M'"° Dechaumont dans lies
simples mélodies populaires comme dans les riches
harmonisations de Canteloube; Lou Barbichet de
Limoges, dont le directeur, le majorai Farnier, subite¬
ment terrassé par un mal douloureux, ne peut malheu¬
reusement pas jouir des danses gracieuses où les
barbichets
de dentelle semblent vouloir s'envoler
comme des oiseaux; Les Chanteurs d'Armagnac, qui
leurs
aux

danses

chantent et dansent

:

ce

groupe a

ceci de particulier

qu'il comprend des membres des. mêmes familles,
parents et enfants ; on l'ovationne, ainsi que son maître
dévoué l'abbé Dastarac; Les Escholiers du Languedoc,
étudiants! et étudiantes

de Provence groupés à

l'Uni¬

Montpellier sous la direction de M. Goutard,
et Lou Riban de Prouvenço de M110 Duret font admirer
l'élégance de leurs costumes et la souplesse de leurs
versité de

évolutions.

Chaque société tient à nous donner une reproduction
fidèle des danses et chants de son terroir; on ne sait

qu'admirer le plus, de la variété ou de la perfection
dans ce programme en tous points remarquable.
Il était préparé de longue date, et bien préparé, par
Juliette Dissel qui présente au micro les divers grou¬
pes avec le brio qu'on lui connaît ! Le public est gagné
par l'impulsion de sa voix et ses incomparables quali¬
tés d'entraîneuse des foules.
Les Gardians de Camargue recueillent les suffrages
unanimes., et l'annonce de leurs jeux est saluée par les
vivats de la fouie.
Lo jòc de la flor, puis lo jàc de l'echèrpa, lo jòc del
irange, lo jòc de las cadièras, tout autant de chefsd'œuvre de grâce et d'adressé, obtiennent un légitime
succès. On ne se lasse pas d'admirer et d'applaudir ces

mainteneurs de la tradition.

�FRANÇOIS SABATIER

172

parfois, bien à tort, l'intérêt des fêtes
folkloriques. Celles-ci demeurent le complément indis¬
pensable de toute action occitaniste qui veut être
efficace, qui ne veut pas atteindre seulement une élite
intellectuelle, mais qui prétend maintenir et faire
revivre dans les masses le vieil esprit national occitan.
Certains nient

Minute inoubliable que celle où, tous
ments s'étant assemblés sur l'estrade en

les
un

bouquet multicolore, les gardians viennent
entre l'estrade et

levant

groupe¬

immense
se ranger

la tribune d'honneur. Devant

eux,

trident, le majorai Alphonse Arnaud, capi¬
taine de la Nacioun Gardiano, entonne le chant sacré
de La Coupo dans un silence religieux. Quelle sainte
émotion soulève les ciœurs lorsque la. foule reprend le
refrain et que des milliersi de voix chantent l'immortel
son

refrain du chant mistralien

:

Coupo Santo
E versauto

Vuejo à plen bord
Vuejo abord
Lis estrambord
E l'enavans di

fort.

*

A

la

nuit tombante, tandis

que

sur

la Place du

Capitole illuminée les couples entament lesi danses qui
se

et

prolongeront bien avant dans la nuit, les majoraux
les autres dignitaires du Félibrige s'assemblent à

l'Hôtel-de-Ville.
Ici

je cède la place

au

chroniqueur officiel.

François Sabatier.

�ACAMP

DÓU FELIBRIGE

173

ACAMP DOU FELIBRIGE

I. LOU

COUNSISTORI

La sesiho es duberto à 9 ouro de vèspre dins
di salo dóu Capitòli de Toulouso, souto la presidènci dóu Capoulié Frederi Mistral, nebout, assista
dóu Clavaire Jóusè Giordan e dóu Majourau Pèire
I.

—

uno

Reynier, tenènt li founcioun de Baile, en remplaçamen
dóu titulàri Grabié Bernard, retengu pèr encauso de
malautié.
Soun

presènt ili 23 Majourau seguènt :

Abric, A. Arnaud, P. Azema, E. Bachas, J.
Cubaynes, B. Durand, P. Fontan, M. Fournier, J. Gil¬
les, J. Giordan, E. George, C. Grando, P.-L. Grenier,
R. Jouveau, R. Lavaud, R. Lizop, E. Mouly, F. Mis¬
tral, P. Reynier, J. Rozès de Brousse, J. Salvat,
L. Teissier, J. Tucat.
L.

Declaracioun dóu Capoulié. — En durbènt la
II.
sesiho, lou Capoulié escuso lou Baile en cargo, Grabié
Bernard, retengu au siéu pèr la malautié, e presènto à
l'acampado lou Majourau Pèire Reynier qu'a bèn
—

demando, n'en teni li founcioun. Lou Ca¬
de tóuti li sentimen de regrèt
e de piouso recourdanço à la memòri dóu Rèire-Capoulié Marius Jouveau; saludo pièi emé joio la presènci
dóu Majourau Anfos Arnaud que revèn prene plaço
permié nàutri; dis li coumplimen de si counfraire au
Majourau A. Jaubert que vèn d'èstre fa ouficié d'Acadèmi; legis, pièi, uno adrèisso au Baile Grabié Bernard,
ounte lou Counsistòri ié souveto, pèr éu e pèr sa Dono,
lou retour à la santa, qu'acò, dis, es uno marco noun

vougu, sus sa

poulié espremis au noum

�pèire

'74

reynier

soulamen d'amista e de courtesio, mai subretout de
bono freiresso, coume se dèu dins la grand famiho
felibrenco.
Lou Gapoulié escuso tambèn lou Majourau Renat
Farnier que, vengu à Toulouso, vèn d'èstre tout à-n-un

pecaire, quicha pèr

cop,

un mau

crudèu

que

il'empacho

d'assista à nòstis acamp, e ié mando tambèn nòsti vot

pèr

que

III.

En

tourne lèu

en

bono santa.

Rampèu e verificacioun di proucuracioun. —
seguido, se fai lou rampèu e se verifìco li proucu¬
—

racioun.

Soun dounc presènt li 23 Majourau subre-nouma, e
soun

représenta 'li 20 Majourau seguènt :
Jano Barthes,

representado pèr Lizop.
Benazet, représenta pèr Teissier.
Berthaud, représenta pèr Mouly.
Bernard, représenta pèr Giordan.
Bessat, représenta pèr Gilles.
Boussac, représenta pèr Azema.
Camelat, représenta pèr Tucat.
Causse, représenta pèr Teissier.
Cler, représenta pèr Mistral.
Contencin, représenta pèr Giordan.
Esclangon, représenta pèr Reynier.
Farnier, représenta pèr Jouveau.
Jaubert, représenta pèr Fontan.
Jouve, représenta pèr Mistral.
Loubet, représenta pèr Mistral.
Miremont, représenta pèr Lavaud.
Palay, représenta pèr Tucat.
Palmade, représenta pèr Lizop.
Roques, représenta pèr Lizop.
Vidal, représenta pèr Salvat.
Ço

que

douno la chifro de 43 Majourau presènt

va

représenta : la majourita assouludo dins li vote déura
dounc èstre de 22

voues.

�acamp dou felibrige

'75

En tenènt comte di 3 Majourau absènt e noun repré¬
senta (Clément, Ladoux, Lafeuille), di 3 Majourau
defunta (d'arbaud, M. Jouveau, P. Bertas), e d'uno

cigalo

en som,

Lou Baile

acò fai bèn la chifro di 50 Majourau.

prouvisòri douno alor leituro dóu Proucès-

Verbau de l'Acamp de l'An passa que se

tenguè à Maradóuta

siho, lou 5 de jun de 1949; aquéu Verbau es
à l'unanimeta.

Eloge di Majourau remplaça l'an passa. —
à l'eleicioun di nouvèu Majourau, lou
Capoulié demando que li Majourau nouma l'an passa
fagon l'eloge dóu Majourau defunta que n'an, aro, la
Cigalo. La paraulo es adounc baiado au Majourau Elio
Bachas, titulàri de la Cigalo dóu Ventour, que nous fai
un bèn
poulit e esmouvènt eloge de soun devancié
Amiéi Ripert, e ounte retrouvan, messo en bello lus,
li qualita de l'ome, de l'escrivan, dóu saberu e ddu
felibre; acô's tambèn un precious resumi de sa vido e
de soun obro. Escouta emé reculimen e interès, aquel
eloge es saluda pèr un grand picamen de man. Lou
Capoulié demando que l'ouriginau vo bèn uno còpi
siegue 'counserva dins li archiéu, e mostro l'impourtanço d'aquélis eloge que soun, noun soulamen un óumage
degu au Majourau defunta, mai qu'aduran ansin, pèr
l'aveni, un precious doucumen pèr l'istòri dóu Felibrige.
IV.

—

Avans de passa

paraulo es pièi dounado dins la mémo estiganço
Majourau Enri Mouly que fai à soun tour un eloge

La
au

noun mens

intéressant

e noun mens

esmouvènt de soun
saluda pèr un

predecessour Jan Amade. Parieramen
grand picamen de man, aquel eloge

rejougnira lis

archiéu.
Lou Majourau P. Azema demando qu'aquélis eloge
siegon, à l'aveni, prounouncia en fin de sesiho counsistourialo e que li delega à l'Acamp Generau ié fugon
amés; — ço qu'es décida.

V.

—

A

prepaus de

la mort dôu Majourau Pèire

�PÈIRE

Bertas.

A prepaus

—

REYNIER

de la mort de noste counfraire

Bertas, escasudo i'a gaire, à Marsiho, lou Capoulié faï
remarca de quant es regretous que dins bèn de cas res
dóu Burèu es infourma de l'evenimen, e que lou Capou¬
lié noun pòu pourgi soun salut e lou dóu Felibrige au
defuntae à la famiho,nimai se faire représenta pèr acô
faire. Sérié bon que la famiho, vo d'ami intime, vo de
felibre que soun sus plaço prevenguèsson lou Capoulié;
dins lou cas qu'aquest se poudrié pas desplaça, se farié

représenta pèr l'Assessour, o, à défaut, pèr un Majoudi mai

proche, vo encaro pèr lou Sendi. Enfin, en
un Mantenèire quau que siegue a lou devé
de pourta lou salut dóu Felibrige à tout bon felibre que
pren lou camin di Sants Aliscamp.
rau

bon besoun,

A-n-aquéu meme prepaus, lou Clavaire Giordan dis
lou Majourau Contencin, de Marsiho, i'a déclara
que res l'avié prevengu de la mort de Bertas, e qu'es
li felibre J. Reboul e R. Latil, de Marsiho, qu'an près
la paraulo sus lou cros de noste regreta counfraire.
que

Lou

Capoulié demando

macioun
remetre

e
au

que,

pèr facilita touto infour-

mourtuàri, cade Majourau vogue bèn
Burèu (au Capoulié vo au Balle) uno carteto
tout

de rensignamen pourtant noum,
dato de

escais-noum se i'a liò,

nèissenço, emai adrèisso.

Vot dôu Majourau J. Gilles. — Lou Capoulié
vot dôu Majourau J. Gilles toucant l'eleicioun
à la Cigalo di jardin, e qu'es ansin redegi :
VI.

legis

«
«

«

—

un

«

Estatut ? Bon !

«

Mai, davans lou

Reglamen ? Miés !
cas perticulié dôu refus de la candidaturo Malbos à la Cigalo di jardin, soulicite'de la
sagesso dóu Counsistòri lou remandamen d'aquelo
eleicioun à la Santo Estello venènto.

»

Uno discussioun s'engajo à-n-aquéu prepaus, e lou
Capoulié n'es adu à douna de precisioun toucant lou
cas d'aquéli que, pèr sa fauto, èron pas en règlo emé
la caisso e dins l'ousservanço de nòstis Estatut; apound
emé forço qu'es pamens regretous que de sòci que se

�ACAMP DOU FELIBRIGE

dison bon. felibre

—

e

que

lou soun

—

177

neglijon de paga

sis escoutissoun o meme de respondre i rampèu renou¬
vela dóu Clavaire. Après uno discussioun entre Gilles,
Giordan e Azema, que fai remarca la partido belèu un

feblo dóu Reglamen, se decido qu'uno revisioun
à l'estùdi e que lou Capoulié cargara 2 vo 3
Majourau de redegi un nouvèu proujèt pèr servi de
teipo à la discussioun. Se fai alor lou vote sus lou vot
de Gilles, qu'es escarta pèr 35 voues, contro 4, 3 buletin blanc, mai uno abstencioun, aquelo de Gilles.

pau

sara messo

VII.
alor is

Eleicioun di Nouvèu Majourau. — Se passo
eleicioun pèr la nouminacioun de dous. nouvèu

—

Majourau.

Seloun : Tengudo çaipèr lou Majourau Marius Jouveau, defunta
à-z-Ais, lou 14 d'ôutobre de 1949, aquelo cigalo groupo
dous candidat regulieramen présenta pèr si 3 peirin
estatutàri : Mèstre Amiéi Bodin, de Cassis, Mèstre
d'Obro e Vice-Sendi de la Mantenènço de Prouvènço,
e A. Roquebrun, de Marsiho, Mèstre d'Obro e Cabiscòu
1°

Eleicioun à la Cigalo de

en-rèire

de l'Escolo de la

Mar.

L'escrutin baio la resulto seguènto :
Amiéi Bodin.

.

A. Roquebrun.

Buletin blanc.

29

voues.

11

voues.

3

Amiéi Bodin aguènt reculi la majourita assouludo es
prouclama Majourau dóu Felibrige e titulàri de la
Cigalo de Seloun.
2° Eleicioun à la Cigalo di jardin : Tengudo
rèire pèr lou Majourau Jóusè d'arbaud, defunta
lou 2 de

mars

1950, la Cigalo di

çai-en-

à-z-Ais

jardin es courregudo

pèr dous candidat regulieramen présenta pèr si 3 pei¬
rin estatutàri : Na Marcello Drutel, Mestresso en GaiSabé, Proufessour à-z-Ais, e Mounsen l'abat J. Mascle.
L'escrutin douno la resulto seguènto :
Na Marcello Drutel

28 voues.

1

:

�PÈIRE

i78

REYNIER

Abat Mascle.
Buletin blanc.

14

voues.

1

Na Marcello Drutel aguènt acampa la
assouludo es prouclamado Majourau dóu
titulàri de la Cigalo di jardin.
VIII.

majourita
Felibrige,.

Vot dou Majourau Pèire Reynier. — Acò fia,,
discutis lou vot dóu Majourau P. Reynier toucant
l'eleicioun di Majourau e demandant qu'à l'aveni touto
—

se

cigalo devengudo libro noun sara baiado que l'an
d'après. Lou Majourau Azema, fasènt aremarca qu'acò
moudifico l'art. 17, prepauso que d'aro-en-la lou Burèu
aura de faire counèisse dins la
proumiero quingenado
de febrié ili sèti vacant

au

1° de l'an.

Lou vot de Reynier ansin moudifica

IX.

es

adóuta.

Proupousicioun dôu Majourau J. Gilles. —
Majourau J. Gilles demando « pèr douna, o ren¬
dre, à la qualita de Majourau e de Sendi, trop souvènt
desóublida i ceremòni ouficialo,lou rèng que i'es degu,
que lou Burèu dóu Counsistòri, dins uno fourmulo
aproupriado, li signale i Prefèt, Souto-Prefèt, e Conse
dis endré ounte demoron. » (Adôuta.)
—

Lou

X.

—

Lou noumbre di Peirin.

—

Tourna-mai

cutis suslou inoumbre di

se

dis¬

peirin, e se decido qu'à l'aveni
lou candidat déura bèn agué au mens 3 peirin, mai
sènso qu'acò n'en limite lou noumbre.
•

La sesiho

es

levado à 11

ouro e

miejo.

�ACAMP DOU FELIBRIGE

II. LOU

179

COUNSÈU GENERAU

Es 11 ouro e miejo dóu sero quouro, en seguido
l'Acamp dóu Counsistòri, la sesiho se duerb souto
la presidènci don Capoulié Frederi Mistral nebout,
assista dóu Baile prouvisòri e dóu Clavaire.
I.

—

de

Soun presènt li 23 Majourau presènt à l'Acamp dóu
Counsistòri représentant li 20 Majourau absènt e qu'an
baia si proucuro. De mai, soun presènt li Sendi Elio

Bachas, Marcèu Fournier, Carie Grando,

Mantenènço

Catalougno-Roussihoun

De

eili delega di

:

:

Dono Morizot, Dono

Grando, Vilar.
De

Laporte.
Meredieu.
Lengadô : Vaylet, Lesaffre.
Limousin : Demargne, Bûche, Bonnaud.
Prouvènço : Dono Fontan, J. Gavot, Rostaing,

Gascougno-Biarn

:

De Guiano-Perigord : Pau
De
De

De

P. Alari, Cebo.
en tout 18 voues de mai que,
di Majourau, ftan un toutau de
fourmaran dins li vote uno majourita

Acò fai

43

voues

31

voues.

II.

—

s'apoundènt i
61 voues, que
assouludo de

Leituro dóu Verbau, e dóu Rendu-iComte.

—

lou Capoulié aguè saluda li sòci presènt e
escusa lou Baile Grabié Bernard, la paraulo es dounado
au Majourau Pèire Reynier, fasènt founcioun de Baile,
pèr la leituro dóu Proucès-Verbau de l'Acamp dóu 5 de
jun de 1949 qu'es adóuta à il'unânimeta.
Se fiai, pièi, un grand picamen de man en l'ounour
dóu Majourau Salvat que nous a adouba dins Toulouso
aquelo espetaclouso Santo Estello que ié sian, aro, dins
Après

soun

que

bèu trelus.

Lou Capoulié fai, dóu tant precious Clavaire Jóusè
Giordan, un bèl eloge qu'es aculi tambèn emé fervour.

�PÈIRE

i8o

REYNIER

En seguido, lou Clav.aire legis
cié qu'es aprouva à l'unanimeta

lou rendu-comte finan(se ié rapourta).

Lou Clavaire apound si remarco e sis óusservacioun,
pico ferme lou rampèu en favour de la Caisso qu'a
grand besoun d'èstre avenado; fai coun.èisse li quàuqui
douno generouso que ,1'an un pau alimentado e qu'emé
e

lou daniè de Santo Estello acò nous a pamens permes
de viéure — mai sèmpre à il'esquiçhèti ! Bèn talamen,

dis, que sian aro au nis de la serp, e qu'es necite, d'en
proumié, de pourta l'escoutissoun de Mantenèire à
100 fr. en partènt de l'an courrènt, e de demeni de
10 % la part di Mantenènço; l'escoutissoun di Majourau sarié pourta à 200 fr. Tout acô es adóuta.

coustat, mando un rampèu
felibre fague soun devé, doune
emé cor e regulieramen soun escoutissoun, sènso se
faire tira la mancho, e apounde un de mai s'acò i'es
poussible. Dis que, pamens, se s'atrouvavo pèr cas un
Lou

Capoulié, de

soun

calourous pèr que cade

bon felibre vertadieramen dins la gèino, soun noum
restarié marca ounarablamen au Cartabèu, lou Burèu

particulié soulet lou sachènt.
part di Mantenènço, lou Capoulié
li Mantenènço, e subretout aquéli que
soun un pau argentado, acèton generousamen la diminucioun prepausado — ço que redurra sa part à
20 %—. Li Sendi Bachas e Grando apielon aquéu vot
qu'es aceta.
Toucant

la

demando que

III.
Nouminacioun de Mèstre en Gai-Sabé. — Lou
Capoulié fai d'abord counèisse que li Majourau acampa
adès en Counsistòri an nouma Majourau Amiéi Bodin
pèr la Cigalo de Seloun, e Na Marcello Drutel, pèr
la Cigalo di jardin.
Pèr ili Mèstre en Gai-Sabé, fai la distincioun entre li
que « soun » nouma de dre, d'après li joio daverado, e
11 que « podon » èstre nouma segound l'apreciacioun
pourtado sus soun obro.
—

Ansin

soun nouma

Mèstre

en

Gai-Sabé

:

�181

ACAMP DOU FELIBRIGE

,1a

Pèr

Mantenènço

Aubert Janicot.

la

Pèr

de

Catalougno-Roussihoun :

de

Lengadò

.

Mantenènço

:

Maria

Dono

Baraille, Rougié Barthe.
Pèr la Mantenènço de Prouvènço : Dono ChanotBullier, Pèire Rouquette.
IV. — Nouminacioun de Mèstre d'Obro. —
tenèire seguènt soun nouma Mèstre d'Obro :
Pèr

Li Man¬

Mantenènço de Gascougno-Biarn :
Ponsolle, Jóusè Morere.

la

Ivouno

Dono

Pèr la Mantenènço de Lengadò : Canounge Gustàvi
Farenc, Jóusè Maffre.
Pèr la Mantenènço de Prouvènço : Abat Jóusè
Richard, Jóusè Montagard, Aufret Blatiere.
Lou Majourau J. Gilles prepauso, pèr alarga nosto
proupagando e aumenta lou noumbre d'aderènt, que
lou Mantenèire qu'iaurié adu 20 nouvèu Mantenèire
poudrié reçaupre lou titre de Mèstre d'Obro. (A l'es-

tùdi).
V.

Afihacioun d'Escolo.

—

nèisse la demando

—

Lou Capoulié fai cou-

d'afihacioun de la Soucieta

Enfant dis Aupiho ». Aquelo demando,
estado facho un pau tardiero, es lacetado.
VI.

Dono

Rita

Lis

emai siegue

Nouminacioun de Sòci dóu Felibrige.
à l'unanimeta sòci dóu Felibrige :

—

nouma

«

—

Soun

Lejeune, Proufessour de Lengo d'O à

l'Universita de Liège (Belgico), sus laqualo lou Majou¬
rau Salvat a fourni uno soulido e lausenjouso noutiço;
Gehrard Rohlfs, e Hans Rheinfelder, tóuti dous
proufessour de lengo roumano à l'líniversita de Munich
(Bavière), e que nòsti counfraire li Majourau Miremont, Lavaud, Berthaud, Rostaing nous an assegura
de soun auto valour e de si bon sentimen tant &gt;au respet
de la Prouvènço que de la Franço.

�I

8

pèire

2

reynier

VII.— Lou Bos de Santo-Estello. — Lou Capoulié fai
part di plagnun dóu Majourau Clovis Roques e de
1' « Escola Peyrota » toucant lou bos de Santo-Estello e
fai rampèu à la generouseta de tóuti pèr qu'aquelo obro
de

piouso recourdanço

iligue

fauto d'un

pas

VIII.

—

en

pau

Lou. Buletin.

l'ounour de nòsti mort s'avade dardeno.

—

Lou

nécessita de redouna vido

Gapoulié dis tambèn la

Buletin qu'esi en som;
mostro li difìculta de touto meno toucant aquelo publiau

e demando qu'un counfraire de bono voulounta se vogue bèn carga de metre sus pèd un pichot
buletin que mantendrié lou liame e sarié lou testimòni
de nosto vido felibrenco. Generousamen, lou Miajourau
Abat George dis que se n'en cargo, e n'es vivamen gramacia. Dono Fontan demando pèr acò l'ajudo dis
Escolo : ço que mancaran pas de faire quouro auran en

cacioun,

lou

man

proumié

numéro.

Creacioun d'un Burèu

d'Infourmacioun. —■
qu'a reçaupu dóu Majou¬
rau Berthaud un long raport, que n'en resumis il'essenciau, toucant lou proujèt de lèi Deixonne. Mostro la
nécessita, à Paris, d'un Burèu d'Infourmacioun. Lou
felibre Lesaffre dis qu'emé lou Majourau Berthaud
ourganisaran tout acò sènso demanda un sòu au Felibrige (Brave !).
IX.

Lou

—

Capoulié fai

assaupre

Letro de Felicitacioun.

Sus la proupousicioun
decido de faire teni xmo letro de feli¬
citacioun au sòci Varagnac qu'a manda au noum de la
« Société Française de Folklore et de Civilisation tra¬
ditionnelle » un bèu vot en favour de l'ensignamen denosto lengo.
X.

dóu

—

Capoulié,

—

se

Sus la proupousicioun dóu Majourau Salvat, se
decido de manda tambèn uno letro de felicitacioun à
M. Cluzet, Coumessàri Generau di Fèsto de Toulouso,
e

à Na Julieto Dissel,

pèr

soun

afougamen

e soun

ajudo dins l'ourganisacioun d'aquéli fèsto de la Santo
Estello.

�acamp dou kelibrige

XI.
La Santo-Estello venènto. — Lou Capoulié
■counèisse la proupousicioun de noste counfraire
—

183

fai

lou

Majourau Benezet Vidal demandant que ila Coupo siegue pourtado l'an que vèn en ciéuta d'Auria, en l'ounour

de Vermenouze que se

n'en celebrara, em'un an

retard, lou centenàri. (Adóuta.)

de

Renouvelamen dóu Burèu. — Lou Capoulié
alor counèisse que si poudé prenon fin e demando à
l'Acampado o de ié renouvela sa fisanço vo de désigna
un autre Capoulié. Se fai alor ilou vote :
XII.

—

fai

Frederi Mistral, nebout, es tourna-mai nouma
Capoulié dóu Felibrige pèr très an, emé 47 voues contro
3 buletin blanc e 2 voues diverso, — proun Majourau vo
delega aguènt quita la sesiho en causo de l'ouro.
Lou

en

e fai saupre que lou Baile
lou Clavaire Jóusè Giordan demoron

Capoulié gramacio

Grabié Bernard
cargo

e

à si coustat.

soun
mantengu à l'unanimeta
presènt :
Pèr l'Auvergno : Benezet Vidal.
Pèr Catalougno-Roussihoun : Carie Grando.
Pèr Ga,scougno-Biarn : Ramoun Lizop.
Pèr Guiano-Perigord : Marcèu Fournier.
Pèr lou Lengadò : Leoun Teissier.

Lis&gt;

Assessour

Pèr lou Limousin

:

di

Renat Farnier.

Resto de nouma un nouvel Assessour pèr la Prouvènço en remplaçamen de Marius Jouveau, defunta.
Lou Capoulié prepauso lou Majourau Pèire Reynier
qu'es nouma à l'unanimeta.
L'ordre dóu jour estènt abena, la sesiho es levado à
n-uno ouro e miejo dóu matin.

Pèire REYNIER.

(parlar de Provensa)

�LUNDI 29 MAI

CONGRÈS

DE CULTURE

OCCITANE

Congrès de culture occitane, consacré à l'étude
problèmes intéressant l'enseignement de La langue
d'Oc, est ouvert, sous la présidence de M. Dottin,
recteur de d'Université de Toulouse, à la Faculté des
Lettres.
Une
assistance
très nombreuse
remplit
il'Amphithéâtre Marsan.
Le

des

La

parole est donnée à M. Jean Séguy, maître de

conférences à la Faculté des Lettres de Toulouse, qui
expose la situation de l'enseignement de la
dans les diverses universités de France.

langue d'oc

d'enseignement est assuré par deux profes¬
provençal moderne et ancien occitan. Certificat,
de langue et littérature occitanes. Environ 40 étudiants.
Deux thèses et deux diplômes en cours.
A Aix,

seurs :

A Clermont-Ferrand, cours

d'ancien occitan.

Montpellier, trois enseignements : ancien occitan
(deux certificats), langue et littérature languedocien¬
nes, études catalanes. En tout 40 étudiants.
A

��JULIETA DISSEL

DOS GARDIANS

ilo

jóc de l'echèrpa)

�CONGRÈS

A

la

DE

CULTURE

185

OCCITANE

Sorbonne,

occitan,

une

une heure hebdomadaire d'ancien
heure d'occitan moderne. Certificats de

philologie et de littérature

«

provençales

».

Environ

35 étudiants.
A

Toulouse, deux chaires. A l'Université libre, La

chaire inaugurée à la fin du dernier siècle par l'abbé
Couture est occupée aujourd'hui par M. île chanoine
Salvat, qui fait porter son enseignement principale¬
ment

la littérature occitane ancienne et moderne :

sur

De 20 à 40 auditeurs. Certificat de langue et littérature
occitanes. Publication de la Rampelada, bulletin péda¬

gogique. Bibliothèque riche principalement de
publications félibréennes actuelles.

revues

et

A la Faculté des lettres, c'est surtout lia philologie
qui est enseignée par M. Jean Séguy, successeur de
A. Thomas, A. Jeanroy, J. Anglade, H. Gavel. La chaire
est agréée à l'Institut d'Etudes Méridionales. Environ
30 à 40 étudiants, les étudiants de philologie française
étant invités à assister au cours de philologie occitane :
« mon
opinion, dit M. Séguy, opinion partagée par tous
mes collègues, est que les deux linguistiques ne peu¬
vent être étudiées l'une

thèses et

sans

l'autre

».

En

cours

trois

diplôme. Une équipe d'étudiants a enquêté
l'Atlas linguistique de la France. La Bibliothè¬
que de l'Institut d'Etudes méridionales est riche de
10.000 volumes consacrés à la langue et à la littérature
occitanes. L'enseignement du catalan fait défaut.
un

pour

En

conclusion, M. Séguy souhaite que dans toutes
comme c'est déjà fait à Toulouse, la
linguistique occitane soit incorporée à la linguistique
française; en outre, les professeurs, les savants doivent
avoir la prétention d'étudier, d'enseigner une langue

îles

Facultés,

vivante.

question n'étant posée à M. Séguy, la parole
Toulze, mèstre en Gai Saber,
curé de Trespoux (Lot) pour son rapport sur la langue
d'oc dans l'enseignement religieux (prédication et
Aucune

est donnée à M. l'abbé

catéchisme).

�86

MÈCLE

JACQUES

M. l'abbé Toulze fait

rapport en tangue d'oc.
Après avoir remercié ses correspondants (douze
prêtres catholiques et un pasteur protestant), il dit
qu'il ne traitera pas de renseignement du catéchisme :
« lo
catequisme se pòd far que dins la lenga dels m»
nuals, totes en francés d'oïl. E sustot, se pôd far que
dins la lenga emplegada à l'escòla ».
son

Il passe

chait

donc à la prédication. Avant 1900, on prê¬
langue d'Oc, mais, hélas ! en « patois », à la

en

première
du

messe,

à la

messe

des servantes. Sous l'influ¬

un peu partout, à la suite
Fourvières, des prédicateurs
occitans, comme aujourd'hui i'abbé Mascle en Pro¬
vence, l'abbé Salvat ein Languedoc. Il y a de ces
prédicateurs, dans ta plupart des diocèses, mais il par¬
ence

Félibrige

se

levèrent

du célèbre Père Xavier de

lent surtout à l'occasion des fêtes exceptionnelles. II
faut signaler que l'abbé Mascle a été nommé mission¬
naire diocésain à Aix-en-Provence pour les prédications

langue d'oc. Parfois, quelques évêques donnent
l'exemple, comme aujourd'hui même l'archevêque
d'Albi, Mgr Moussaron.

en

Pour former des prédicateurs, il faudrait que l'ensei¬
gnement fût organisé dans les Grands Séminaires où
parfois, comme à Cahors, iesi élèves font en langue d'Oc
leurs exercices de prédication. De toutes façons, le
problème est lié à celui de l'enseignement.

M. Rolland signale l'existence dans le Lot d'un caté¬
chisme
un

en

langue d'Oc.

—

«

C'est, répond M. Toulze,

livre rédigé en « patois », et avant 1900 ».

Le

majoral-abbé Georges, curé de Gadagne (Vausignale, à l'exposition du livre d'Oc, un
catéchisme pour les « idiots » — les « illettrés »., précise
M. Séguy.
dluse)

Aucune autre question n'étant posée, la parole est

�CONGRÈS

donnée à M. Séguy
M. Robert

DE

CULTURE OCCITANE

qui donne lecture du

Laffont, professeur au

4'enseigneinent de là langue

rapport de

Collège de Sète, sur

d'oc dans le Second Degré.

M. Laffont étudie les trois problèmes que pose
enseignement : organisation, nature, manuels.

1.

Organisation pratique. Dans

libres, l'enseignement est

187

cet

les établissements

effectué par des

volontaires

établissements publics, la lan¬
gue est
enseignée parfois aux heures d'activités
dirigées. Effectifs peu nombreux, venant surtout des
élèves du professeur.. La majorité des maîtres est
hostile : perte de temps, mise en doute de la valeur de

peu

nombreux. Dans les

formation de notre langue.

—

Signalons aussi les nom¬

collèges, séminaires,
de correspondance
du Collège d'Occitanie, cours organisés depuis 1927.—..
2. Nature de l'enseignement. On peut s'en tenir aux
élèves qui parlent la langue : il faut les faire passer
progressivement du parler à la langue (chants, comé¬
dies). Si l'on s'adresse à tous les élèves, apprendre la

breux groupes qui, dans les lycées,
écoles normales, suivent les cours

langue

par

tes textes.

C'est le problème le plus urgent :
s'appliquer à la qualité des textes et à la rigueur scien¬
tifique. La question de la graphie est importante.
Il faudrait la régler sans tarder, en tenant compte de la
3. Les manuels.

nécessité de

l'intercompréhension occitane pour

tout

Degré.
En appendice au rapport de M. Laffont, M. Séguy
donne les résultats d'une enquête sur la situation de
la langue d'oc dans la population scolaire d'un lycée de
grande ville (Toulouse). L'enquête a porté sur 2.010
sujets : 304 comprennent et parlent le dialecte; 530 te

enseignement du Second

comprennent sans le parler.

�188

JACQUES MÈCLE

M. Séguy propose de
joindre la discussion de ce
rapport à celle du suivant, confié à M.
Henri Mouly,
instituteur public à
Villefranche-de-Rouergue
et majo¬
rai du
Félibrige, qui parle de l'enseignement de cette
langue dans le Premier Degré.

C'est en langue d'Oc
que M. Mouly présente son
rapport. Il a restreint son enquête au dialecte
langue¬
docien pour dix
départements, et remercie ses nom¬
breux correspondants.
1.

L'atmosphère. La majorité des instituteurs est
l'enseignement de lia langue pour elle-même :

hostile à
certains

ne

la connaissent pas, les
programmes sont

trop chargés, il y a trop de variétés dialectales;. Le
peu¬
ple s'étonne qu'on veuille
apprendre maintenant à
l'école une langue qui en était
proscrite. La presse et
l'opinion sont dans l'ensemble favorables.
2.

Réalisations. Beaucoup de maîtres
utilisent la
langue d'oc pour l'enseignement du fraçais. Les
métho¬
des de Freinet, si
répandues, peuvent favoriser l'utili¬
sation
de la langue et
son
enseignement. Pour
l'enseignement direct de la langue, il y a peu d'ensei¬
gnement régulier. Le rapporteur attire
l'attention sur
quelques réalisations : le Collège d'Occitanie, le
groupe
Antonin Perbosc, les Veillées du
Périgord.
3. Possibilités. Le théâtre d'oc
est ce qu'il y a de
mieux pour ouvrir la route à
l'enseignement. L'école

nouvelle, qui utilise le milieu où évolue
l'enfant, peut
apporter des facilités. Il faut, pour la
formation des
maîtres, obtenir l'introduction de cet enseignement à
l'Ecole Normale. Préparer des manuels
M. Mouly
semble oublier qu'il en a lui-même
écrit un parmi les
meilleurs
en unifiant la
graphie. Et le rapport se
—

—

termine par

unification.

un

appel à tous les félibres pour cette

�CONGRÈS

DE CULTURE

OCCITANE

produisent. M. Rostaing,.
professeur à ila Faculté des Lettres d'Aix, apporte des
précisions sur l'enseignement de la langue d'O-c à
l'Ecole Normale d'Aix dont il est chargé : le cours est
obligatoire, et échelonné sur trois ans. Les notes des
compositions entrent en compte pour l'appréciation
générale.
Diverses

interventions

se

demande des précisions sur
unique demandée par M. Mouly.
M. Ponsolle, d'Eoux (Haute-Garonne), pense qu'avant
d'apprendre à écrire la langue, il faut apprendre à la
parler. M. Mouly ne partage pas son avisi, car la ques¬
tion d'écriture se posera immédiatement. « Il l'écrira
comme il pourra », répond M. Ponsolle. Cela provoque
des cris, même du tumulte.
l'abbé

M.

Georges

l'orthographe

M. Gineste, de Castres, veut qu'on s'entende sur ta.
graphie. M. Séguy fait remarquer que, si on entreprend
le chapitre de la graphie, la discussion ne finira pas.
Aussi M. le Recteur Dottin clôt le débat, et donne la
parole à M. Séguy pour la lecture d'un viœu adopté
par l'assistance à l'unanimité, dont voici le texte.
Le

Congrès

pour

l'enseignement de la langue d'Oc,,

réuni le 29 mai 1950 à la Faculté des Lettres de
Toulouse sous la présidence de M. le Recteur de l'Aca¬
démie de Toulouse et groupant les délégués des trois

degrés de l'enseignement, a
du jour suivant :

adopté à l'unanimité l'ordre

i. Le Congrès approuve pleinement et appuie de ses vœux le
projet de lot Deixonne, tel qu'il a été adopté à l'unanimité par
l'Assemblée Nationale le 30 décembre IQ4Ç.

résolution de l'Académie des Jeux Flo¬
doyenne des Académies françaises et européennes, qui
vient de s'opposer heureusement aux protestations anachroni¬
ques et sans objet de l'Académie de Paris ( 1).
s.

Il s'associe à la

raux,

•

(1) Le texte de ce vœu a été
235&gt; mai-juin 1950, p. 74).

iS

publié dans Lo Gai Sabeaf.(N

Jỳfy'

FO°

■

�JACQUES MÈCLE

Il s'élève énergiquement contre la campagne
négative
par certaines personnalités sans mandat, qui travaillent
contre l'unité nationale en
provoquant des rancunes dan¬
p.

menée

gereuses.
4.

Il demande que l'usage des
langues régionales soit plei¬
l'école (a).

nement autorisé à

5. Il réclame pour tous les
lement reconnu

jeunes Français le droit officiel¬

d'apprendre, à l'école de la République, en
marge de la langue nationale, les langues
régionales, expres¬
sion du génie divers du
peuple français.
6. Il fait

confiance à» M. le Ministre de l'Education Natio¬
Députés et Conseillers de la République, pour
que soient balayées les intrigues
qui tentent d'éluder la volonté
de l'Assemblée
Nationale, qui ne peut se démentir ; il demande
que le projet Deixonne soit repris le
plus tôt possible
l'Assemblée, afin que la loi puisse entrer en vigueur dèspar
la
rentrée prochaine.
7. Il adresse ses félicitations et ses
encouragements au Car¬
tel de défense des
langues et dialectes locaux, qui mène vail¬
nale, à MM. les

lamment le bon combat.

Ce

vœu

étant

adopté, M'110 Biaraillé,

directrice

du

Collège d'Occitanie, professeur au Lycée Raymond
Naves, demande s'il y a des universitaires prêts à assu¬
mer, dès la rentrée, l'enseignement de la
langue d'Oc.

De nombreusesi mains se lèvent. M.
Bûche, instituteur
dans Je Limousin, demande qu'on se mette au
travail
tout de suite.
M. le Professeur Séguy
proclame alors les principaux
résultats du Concours Scolaire Occitan
organisé à
l'occasion de la Sainte-Estelle,
qui ont été déjà commu¬
niqués par la presse à la connaissance du public.

(2) Il faut noter la mauvaise foi de certains journalistes. Car
lisait dans Le
Figaro du 31 mai 1950 (p. 7) l'information sui¬
vante non signée : «
A l'issue du congrès de culture occitane
qui s'est tenu à la Faculté des Lettres (de Toulouse), un vceu a
été adopté
qui demande instamment aux pouvoirs publics
que
l'enseignement de la langue romane soit non-seulement auto¬
risé, mais obligatoire à tous les degrés ». L'essentiel de cette
information mensongère a été
reproduit par les Documents
dagogiques (N° 84, décembre 1950, p. 7) induits sans doute pé¬
en
erreur par le
journal de M. Duhamel.
on

�CONGRÈS

DE

CULTURE OCCITANE

premier prix de ila première Section (Enquête sur
cuisine), consistant en un magnifique
vase de Sèvres offert par M. le Président de la Républi¬
que, est décerné à Jean-Claude Abadie, de l'Ecole
Publique de Tournëfeuille (Haute-Garonne). Deuxième
prix : Nicole Barthez, Ecole Sainte-Agnès, à SaiintSauveur (Haute-Garonne).
Le

le folklore de la

Le

premier prix de la deuxième Section

(Description

occitan d'une fête populaire), tableau du
Paul Sibra (Montségur), est décerné à André
en

peintre

Raynal,

prix : Henri
Bigorre.
Ecoles d'après le

Lycée Foch, à Rodez. Deuxième
Cardebat, élève du Collège de Saint-Pé de
élève du

prix collectif était réservé aux
qualité de leurs envois.

Le

nombre et la

Lê premier prix — un exemplaire du Dictionnaire
provençal-fraçais, Lou Trésor dóu. Felibrige, de
Frédéric Mistral, offert par le Capoulié Frédéric Mistral
neveu
est attribué au Cours Complémentaire de
Graulhet (Tarn). Deuxième prix : Ecole de la Croix—

Haute, à Carmaux.
Les lauréats retirent leurs prix aux acclamations de
l'assistance, qui applaudit particulièrement M,,c Dou-

meng,

directrice du Cours

Complémentaire de Graulhet-

touche à sa fin. M. le Recteur Dottin con¬
mieux vaut avoir deux langues qu'une seule; la

La séance

clut

:

langue d'Oc est une langue

vivante: c'est en outre une

•langue-substrat, dont la connaissance est nécessaire
pour l'étude du français régional. Il y a un grand effort
à faire contre

l'abus de la

centralisation.

paroles reçoivent l'approbation unanime. Et l'es
se hâtent pour assister à l'inauguration de
l'Exposition des Travaux des Romanistes toulousainsCes

assistants

�JACQUES

MÈCLE

L'EXPOSITION des TRAVAUX
des ROMANISTES TOULOUSAINS

Les Gardians de

Camargue, accompagnés des fifres
Provence, se rassemblent à cette

et des tambourins de

même heure devant les tombeaux des Comtes de Tou¬

louse, à la porte du transept méridional de la Basilique
St-Sernin. Le majorai Alphonse Arnaud entonne deux
chants de Mistral : La Cansoun dis Avi, et La Coupo.
Cérémonie improvisée, mais bien réussie, et chargée de
sens.

Mais déjà les congressistes se trouvent à la

Bibliothè¬
Universitaire toute proche, dans la rue du Taur.
Beaucoup d'autres personnalités qui, sous la direction
éclairée de quelques toulousains bénévoles, ont visité
les plus beaux monuments de la ville, sont venus les
rejoindre.
que

Le local où est installée

l'Exposition des Travaux des
exigu pour cette foule.
Cependant, M. le Recteur Dottin, à qui est due cette
initiative intéressante, après avoir remercié et félicité
la bibliothécaire MMe Ardouin, rappelle Ile souvenir des
deux universités de Toulouse groupées dans le même
de l'âme occitane. Il ajoute quelque aimable
amour
malice à l'adresse de M. le professeur Séguy, et salue
M"™ Rita Lejeune, professeur de langue romane à
l'Université de Liège.
Bomanistes toulousains est trop

�LES ROMANISTES

Mau Ardouin

TOULOUSAINS

193

présente aussitôt l'exposition, où l'on

assemblé les ouvrages, les souvenirs, les portraits
même des professeurs et étudiants de Toulouse, qui
a

ont

enseigné

ou

écrit sur la langue et la littérature oc¬

citanes, depuis Gatien Arnoult et Noulet jusqu'à l'abbé
Léonce Couture, titulaire de Ha première chaire de

langue romane à Toulouse, jusqu'aux grandsi maîtres
Antoine Thomas, Alfred Jeanroy, Joseph Anglade,
Henri Gavel, pour arriver aux travailleurs d'aujour¬
d'hui, l'abbé Salvat et Jean Séguy.
Le panneau consacré au Collège d'Occitanie attire
particulièrement l'attention, ainsi que cinq grandes
cartes de l'Atlas linguistique de la Gascogne, dressées
par M. Séguy, d'après les enquêtes de ses étudiants.
Il est impossible d'admirer comme on voudrait tous
ces trésors, témoins d'un immense labeur. « On regrette
encore plus de ne pas les avoir chez soi », remarque
Jean Lesafîre, venu de Paris en représentation des
Amis de la langue d'Oc.
Jacques Mècle.

�194

SILVAN

TOULZE

LA TAULEJADA DE LA COPA

La tauiejada, qu'arremòza al
lier », al torn de la
de

Pentacosta,

ment de ta

«

Grand Hôtel et TivoK

Copa Santa de Mistral, aquel dilun

unes 200 felibres,
Santa-Estèla de 1950.

va

èsitre lo

corona-

A vertat

dire, revèrta mai que mai un repais saerat,
biais de participacion à-n-un mistèri divin. I
se trabalharà, pracò, mai que del cerbèl e del còr ! L'òme,
de segur, viu pas solament de
pan! Mas i ne cal... e un
bocin de companage gasta
un

pas res.

Amai plan que l'an
e lo carton del

comprés, los organizators de la fèsta,

menut

ne

balha testimôni.

APETISADISES DE LENGADOC
LOP DE LA MAR

.

LATINA

ambe lo perfum de la Garriga
e la salsa maïoneza
CASOLET DE TOLOZA

al confit d'auca
POLET AL AST

ambe patanons sautats
e salada del païs
BOMBA

CLEMENSA IZAURA
e

còcas
VINS

Vin blanc de Gasconha
Vilaudric vièlh
Costa del Rôze

Blanqueta de Limos.
CAFÉ

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

»95

Tôt iacò plan servit e bèlament onorat, vos n' respomdi !... Los felibres son monde sabi que s'apléchan
à lauzar Dius dins l'abondé e la bravetat de sos dons...
La tièra de las personalitats felibrencas o autras que
s'enréngan al torn de las taulas séria trop longa à dire
aicì. E ne veirem lo compte qu'anam sègre à masa amb
los brindes.

*

Car lo Baile del Felibrige ven
tota barba

de proclamar : « Que

d'ôme cale, lo Capolièr va

parlar !... Aurai

d'ara en sai, à me trachardels apetisadises!
Per comensar, lo nebot de Mistral espilla al capuilet de Filadèlfa de Yerda, la vertadièra inspirairis de
la testa, la cigala d'aur que portava lo Mèstre de
Malbana. Qun tronoire, amies, entre que la trobairis
baia ambe fervor lo simbèl sacrat ! Se las parets s'apilan pas del còp, es, coma se dis., que « jògatn pas lo
jôc » !... Mas, brave monde, auzisètz la responsa de
l'Inspirada ! Filadèlfa se quilha tota tremolanta de

pron pena,

dentèlas

e

de rais.

�FILADÈLFA

196

CAPOLIÈR

AU
EN

DE YERDA

GRANMERCÉS

DERA

CIGALA

DE MISTRAL

Diu qui de tôt ei er' encau^a
Bote ra^os en cada cau^a ;
Que semblie sibe 0 semblie no.
E

donc, anèt, susprème aunor !
E tant estranh que paresquie estre :
Era Cigala ded grand Mestre
S'ei

apo^ada desus

E que

yo

11' trembòli de

!

gauyo

...

Tôt sò d'aute
abu\aments, sonyes
E mensonyes !
...

Mistral-Nebot ! mer ces à vos
En qui r' Estela e-pòd hè conde,
E-11

qui

ra

Cau\a

a

hauta vot$ !

E, coma at cap d'u beròi conde,
Yo, hèi u grand sinne de crot\ !
AU

CAPOULIÉ

EN REMERCIEMENT DE LA CIGALE DE MISTRAL

Dieu qui de tout est le principe, mit des raisons en chaque
chose, qu'il semble oui ou qu'il semble non.
Or, ce jour, honneur suprême ! Et pour extraordinaire que
cela paraisse : la Cigale du grand Maître s'est posée sur moi !
Et

■

j'en frissonne d'émotion

Tout le reste

...

...

amusements, songes et mensonges

Mistral-Neveu ! merci à

!

vous en qui l'Etoile peut compter,,
haute voix !
Et, comme à la fin d'une belle histoire, moi, je fais un grand
signe de croix !
en

qui la Cause

a

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

'97

A-n-aquela ora, sentisèm il'Esperit qu'a'lena sus ,nos!
Aqui lo cimèl d'aquesta Santa-Estèla sens
parièra, aqui l'ora ont cadun fa resperiment que lia
poezia aparia La tèrra amb lo cèl.
aus

La

poezia, pracò

—

aicì aquela d'òc

—,

i caldria pas

razic's naturalas. Viu pas, ela tant-pauc, det
aire del temps : a bezon d'un païs, d'una rasa, d'una
cultura e subretot d'una lenga viva, per se mantene e
florir. E lo Capolièr, dins una parladisa ont l'alen del
levar

sas

poète esciandilha la ciensa de l'òme de ièi, va revocar
de primièra las misantas razons de marrits francîmands, acarnasits contra nôstra lenga d'òc.

DISCORS

Na

DEL

CAPOLIÈR

Filadelfo,

Gènti Rèino,

Midamo,

Messiés,
Car Felibre,

lou capoulié Fèlis Gras fugue vengu eici,
bateja YEscolo Moundîno, lia
Coupo es, pèr lou proumié cop, pourtado à Toulouso,
maire e flour dóu Parage, capitalo di Terro ramoundino, ciéuta ilustro, pastado de record, clafido de glòri,
adournado de mounumen superbe e ounte li cor sensi¬
ble barbèlon encaro au souveni de Clemènço Isauro
Enoaro que

li 5

e

6 de mai 1894, ié

emai de la bello Paulo.

pouèto, d'artiste,
vito. Saup

De grands orne de touto meno, de
Diéu saup se n'i a toustèms agu dins aquesto
tambèn quant de martire e de patrioto, is ouro

sourno,

�198

FREDERIC

MISTRAL

desempièi Dono Guiraudo, aclapado à Lavau, fin qu'i
defensour de si barri, en passant pèr lou Rèi En Pèire
d'Aragoun, toumba à Muret, e i dono e chato valèntoque, d'un cop de pèiro bèn mandado, enrediguèron
Simoun de Mount-Fort.
Ramenta aquéu regiscle de dòu e de glòri, de valènci
de courage, es pas faire, obro vano, es pas cerca sus
uno terro
ensaunousido li. traço d'un patrioutisme

e

esvani. Bèn lou countràri, es se tança sus ço qu'eisisto
de mai soulide, es — nous souvenènt dóu crid de guerro
atavi

Toulouso, Marsiho, Avignoun, Prouvènço

e ren-

dènt à nòsti davancié l'óumage degu, — nous assoulida
sus lou presènt e nous counfourta pèr l'aveni, en
sachènt que lou crid de guerro es devengu, aro, « un
crid de pas », pèr pau que nous, fagon noste dre...
En tout cas,

èro pèr iéu — capoulié elegi en Avi¬
devé de pourta à Toulouso la Coupo di
souvenènço, dis estrambord e dis espèr. Es pièi, lou
dise autamen, un bèl ounour d'agué proche iéu Filadelfo, la grando Filadelfo, la faidito ispirado dount ili
crids sonon à nòstis auriho e canton dins nosto mé¬
mento, aquéli crid boulouversant e capable, se lou meritavian, d'auboura nòstis amo i plus àuti cimo de la
pouësio terradourenco, capable, se lou voulian, d'au¬
boura nosto Ra,ço à soun deliéuramen, coume lou desirèron Mistral, Fèlis Gras, Pèire Devoluy, tóuti nòsti
gnoun

—

un

capoulié enfin — entre li quau dounarai un souveni
esmóugu, emé li sentimen que devinarés eisadamen, à
Marius Jouveau de noblo memòri, moun predecessour,
qu'avèn perdu ai las ! — coume lou souvetèron un
Fourés, un Jóusè d'Arbaud que plouran, d'Arbaud lou
grand pouèto dóu Lausié d'Arle e de la Gamargo. M'es,
enfin, un plesi requist de saluda en la persouno de
Rozès de Brousse, de Ramound Lizop, e subretout de
l'abat Jbusè Salvat, miraclousamen tourna di camp de
mort, très bèlli figuro felibrenco de vosto vilo. A-n-éli,
à tóutis aquéli qiie lis an ajuda, is Escolo e group
acampa vuei, porge li coumplimen e li gramaci dóu
Felibrige qu'ai l'ounour de présida.

�199

TAULEJÁDA DE LA COPA

LA

Toulousan, veici la Coupo

Santo.

Souvenèn-se. An passa pèr lou

Lengadò li tèms urous

di Ramound, se fiasié cachiero i
pertout; n'es plus aquéu Pèire
Vidal, barruilaire impenitènt, que pourtè nosto lirico
fin qu'à la cour d'Oungrio — aquelo lirico, maire de la
lirico franceso encaro is estaqueto—, n'es plus Guihèn
Figueira qu'ausè ataoa la Glèiso e lou papo, nimai

•quouro, souto la beilié
troubadour vengu de

vòstis àutri

troubadour.

quand lou desbrande sono, Avignoun
VI,
li Prouvençau vènon, emé
sèti de Bèu-Caire e fan tout pèr que se

Pamens
Ramoun

drôle,

au

pligue lou souvèt
sado

de l'autour de la Cansoun

aculis

soun
coum-

de la Crou-

:

fizels amans.
De long-tèms n'en sara pas ansin, dóumaci noun soulamen .li vilo, li castèu, li bèn, mai encaro li liberta, lis
us, lou parage en un mot soun arrouina. La lengo ié
Que Dieus

passara-ti

renda la terra als seus

Noun. La

peréu ?

mantendrés riboun-

ribagno.

foundon lou
tard, il'AoaJaussemin e de
dès-e-seten, Pèire Goudouli fara

D'efèt, en 1323, sèt bourgés de Toulouso
Counsistòri dóu gai sabé que Revendra, plus
dèmi di Jo Flourau courounarello de
Mistral

e,

siècle

au

flòri, durbissènt lou camin
menaran à-n-un Mengaud.
font

-

segugnen e

à-n-uno tiero de disciple que
Plus tard, après, lou reviéure

bonadi Fourés e

Savié de Ricard,

partido
lis àutri
1893
patrio
e eicito, à YEscolo Moundiríò, en 1894,
fara si debuto. Vendra pièi VEscolo Ouciourguei d'un Estiéu, d'un Perbosc, disci¬

Felibrige — qu'avié adeja mourdu sus uno
dóu Lengadò — vèi Caroassouno, Toulouso e
terro intra dins lou brande. La Santo-Estello de
se debanara emé lou capoulié Fèlis Gras, dins la

lou

di Trencavel
Pau Froment

tano que tiro
ple de Fourès.

�2 OO

FREDERIC MISTRAL

Vaqui ço que counvenié de retraire, à l'ounour de
païs ramoundin, avans d'abourda d'àutri sujèt.

voste

Quouro Fèlis Gras venguè à Toulouso en 1894, ié
venguè coumé oapoulié e l'autour de Toloza e dóu
Romancero ié largué un superbe discours.
Diguè que
coumtavo sus La jouvo Escolo pèr « ajuda leialamen au
triounfle de la Causo felibrenco », segur qu'èro
dóu trefoulimen di felen de Goudouli, di disciple de Fourès,
«
di sabènt e letru de la glouriouso Acadèmi de Touilouso » pèr Mirèio e lou Trésor dóu.
Felibrige. Emé
mens d'autourita que lou pouèto e roumansié
prouvençau faren lou ineme rampèu. Ço qu'èro verai i'a un miésiècle, l'es encaro, la dóutrino istant la mémo, sèmpre
apielado sus la vido, l'obro, l'eisèmple, li discours dóu
Mèstre. Dirai miés : noste devé es encaro mai urgènt de
nous uni e, leissant de caire li causo
vano, de manteni
li foundamento de noste mouvamen de
recoubranço
patrialo, seguido dóu reviéure de 1854.
Sabe proun que d'ùni anavon adeja disènt: «La Prouvènço VÒU tout mestreja », d'àutri afourtissien que
l'engèni dóu Maianen èro simplamen d'ourguei, meme
se capitè un faus fraire pèr crida a,u
« séparatisme ».
De segur s'es jamai empacha li chin de
japa, la niue e...
de liuen. Es de souveta que,
vuei, au vostre, dintre
aquéli que beuran lou vin de la Coupo, nourrissènt li
mèmis espèr, s'unissènt dins la freiresso di cor e dis
amo, i'ague qu'uno fe, qu'uno religioun, qu'uno tradicioun. Se, pèr malur, n'èro au tram en; se la barco e lis
arange èron en dangié de perdicioun, noste devé sarié,
au lume de vosto istòri, de nosto
istòri, de rapela li leiçoun de la
sufis pas,

bataio de Muret. Estre valènt e noumbrous
e la disciplino fan la forço dis
armado e di mouvamen de touto meno. De gràci, oublidessian pas la duro leiçoun que li « baroun picard,
alemand, bourguignoun » dounèron au Miejour, l'an
1213

e

l'unioun

lou 12 de setèmbre...

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

201

De chavano e d'aurige n'avèn agu nosto part, parai ?
Yuei, lis :ataco nous vènon de persounage que, tenènt
autourita, nous presènton à l'ôupinioun coume d'ilumina o de retardatàri, enemi dóu Prougrès e de l'espandido franceso dins lou mounde, capable, pèr inchaiènço
o testardige,
de facilita la desunioun dóu païs e de
buta au séparatisme. Oublidon qu'uno causo, es que lou
fédéralisme — marchant à grand pas un pau pertout —
es lou countràri dóu séparatisme, e que i'a proun fédé¬
raliste dintre li felibre.

aquéu chamatan viro à l'entour d'uno lèi qu'es
à-n-un vote definitiéu, dicho lèi Deixonne.
Ço que lou Felibrige reclamo — e tóuti li gènt sena
em'éu
es la recouneissènço, dins l'ensignamen publi,
d'uno lengo qu'a fa si provo, qu'a nourri Dante e PeTout

soumesso

—

de soun la — emai uno ribambello
francés,— qu'a marca de soun arpi mante
estrangiero, qu'es ounourado e apresso foro
trarco

d'escrivan

literaturo

nôsti raro
e qu'en Franço — après l'abat Grégoire que la tratavo
de « jargon » — d'ùni apelon, en fasènt si mino, « le
patois

».

Ignouran pas la plago qu'es lou jacoubinisme, «aquéu
jacoubinisme que devasto dins lou pople touti li tradicioun, noun soulamen de patrio, mai de pouësio e
d'art », segound la defmicioun mistralenco, e sàbèn que,
coume disié de Ricard, « il y ai des jacobins de droite
et de gauche ». Ço que nous estouno es que, en un
siècle de demoucracio, aquéli catau s'entanchon pas de
saupre se, à l'esco.Io primàri, nosto lengo d'o pou ajuda
lis enfant dóu
se

pople à miés counèisse, à aprèndre, coume

déu, bonadi la metodo

coumpamtivo, lou francés.

Messiés cridon à l'escandale, tout unimen, pèr eisèmple M. Dauzat (autour d'un libre « Les
Patois ») que dis : « Le patois enseigné à l'école ! C'est
déraison pure. Il est temps de crier halte-là », o
M. Escarpit afourtissènt em'irounio : « Bientôt on
enseignera le sabir des soldats gallo-romains, la langue
rocailleuse des Goths et des Francs, le celte de VerNàni. Aqueli

6

�202

FREDERIC

cingétorix

MISTRAL

Farien miés, soucitous de l'aveni de noste
demanda à queto sourço an begu aquélis
arlèri arcandié e cresta qu'empouisounon, dins un des¬
bord abouminable de pourcarié e de sadisme, uno partido de la jouinesso franceso, ount'an cerca soun
ispiracioun aquelo ribambello de chato e de drôle de pas
païs, de

».

se

vint an que sabon miés maneja lis armo à mitraio e
espouti li passant que parla la lengo de Racine, de Vol¬
taire, de Mérimée, de Renan, d'Anatèli France. Poudèn
l'afourti : es pas à nòsti sourço qu'an pousa, es pas
dins nòstis autour qu'an après lou crime. Un
cop de mai
li felibre, Mistral en tèsto, avien vist just quouro, dins
sa requèsto de
1905, remarcavon emé judice : « En
donnant aux parlers de langue d'oc la place et le res¬
pect qui leur sont dus. dans les écoles primaires du
Midi, vous donnerez à l'enfant du peuple la faculté de
bien apprendre ile français. Vous lui donnerez aussi
le respect du foyer, l'amour de la cité; vous rendrez au
jeune homme la fierté de la famille, de la race et des
traditions locales, vous, l'attacherez par les liens les plus
puissants au sol natal, qui garde la cendre des aïeux.

Vous mettrez

une digue à la dépopulation des campa¬
diminuerez le nombre toujours, croissant des
déclassés qui vont se perdre dans les villes et y grossir

gnes, vous

l'armée des mécontents et des meurt-de-faim.
Fa miés

»

Moussu Duhamel, de l'Acadèmi de
la bugado e, disènt soun franc-valentin, a leîssa entèndre que si coulègo èron em'éu contro
lou proujèt de lèi Deixonne. Pèrfin que Moussu Duha¬
mel e si counfraire
en ametènt, ço que nous estounarié, qu'agon tóuti segui la draio dóu rèire - secretàri de l'Acadèmi
sachon ço que penson li felibre, es
en francés
que, pèr lou proumié cop dins un discours
sant-estellen, ié diren :

Franço,

encaro.

a mes sus

—

—

«

Nous

sincérité

ne

ni

mettons pas en doute, Monsieur, votre
les mobilès patriotiques auxquels vous

obéissez, dites^vous, en prenant position contre un pro¬
jet de loi qui, sans nous satisfaire entièrement, risque

�203

TAULEJADA DE LA CODA

LA

enfin l'ostracisme scandaleux dont la
ainsi que les autres langues et dialectes de
sont, depuis trop longtemps, les victimes.
paraît que, si elle était votée, cette loi préjudi-

de faire cesser

tangue d'oc,
France,
Il

vous

conséquent,
séparatistes.
Ce serait « un attentat contre l'unité française », ce
serait battre en brèche tes efforts, et la propagande à
l'étranger de ceux qui, à votre exemple, « sont partis
les routes du monde pour célébrer les vertus de

cierait à l'unité française et risquerait, par
de favoriser je ne sais quelles tendances

sur

leur

langue

maternelle et les ouvrages de

l'esprit fran¬

Nous nous étonnons de voir un écrivain de ce
siècle et de votre valeur, un médecin aussi, reprendre
les poncifs de l'abbé Grégoire, du père Sarcey, et fermer
les oreilles à ce que tant de maîtres de l'enseignement,
tant de vos prédécesseurs à l'Académie Française — les
nommer serait trop long — se plurent à mettre en
évidence quant à l'utilité du bilinguisme, du soutien
des langues. Notre surprise est d'autant plus vive que,
vous défendant de toute hostilité, vous donnez à enten¬
dre que, grâce à vous, une œuvre provençale (celle
d'Arbaud) fut couronnée par l'Académie Française et

çais..

»

de
que ces lauriers du quai de Conti furent distribués
pour... ila première fois à des écrits provençaux. C'est
oublier, Monsieur, que Mireille, Nerte, et le Poème du
Rhône connurent, en 1861 (Prix Montyon), en 1884
(Prix Vitet), et en 1897 (Prix Née), les applaudisse¬
prédécesseurs,

ments de vos
et la

faveur du

les éloges des

public, sans parler du

rapporteurs

Prix Jean Rey-

Inscriptions et Bel¬
dans sa séance
aussi l'éloge
que, lors de la réception de Jean Aicard — ce Provençal
superficiel
Camille Julian fit de Mistral, de la langue
d'Oc et de... ce que vous, combattez. Ecoutons la voix

naud, attribué par l'Académie des
les-Lettres au Trésor du Félibrige,
du 28 mars 1890. Peut-être ignorez-vous
—

dont te témoignage ;ne saurait
L'influence de nos grands félibres sur le
littéraire français de 1850 à nos jours n'est

de l'historien
être

suspect

mouvement

des Gaules

: «

plus à démontrer.

Elle est

incontestable. Elle est écla-

�204

FREDERIC

MISTRAL

tante. Le

développement prodigieux du conte, du roman
poésie régionalistes, la réaction contre l'inva¬
sion des littératures septentrionales et le retour aux
disciplines classiques, c'est au Félibrige que nous ile
devons et voilà qui est autrement
important que le rôle
joué par d'Annunzio ou par Wells sur notre scène lit¬
et de la

téraire.

»

Et

encore

ce

beau cri

:

«

Faire mourir

langue ! Mais c'est pécher contre la vie sociale

une

puis
cette affirmation que vous ferez bien de
méditer, Mon¬
sieur : « Non, je n'ai point peur
que l'amour du pro¬
vençal diminue l'énergie de la nation. Ce que je vois,
au contraire, c'est
que les félibres nous ont fait aimer
des choses de Provence qui sont choses de
France, c'est
que Mistral a écrit un chef-d'œuvre qui a porté très
loin le renom d'un Français. Et
pour avoir doté notre
patrie de nouveaux titres de gloire, l'Académie Fran¬
çaise doit au provençal une reconnaissance infinie. »
Les académiciens de 1950 renieraient-ils ceux de 1861,
de 1884, de 1897, de 1925 ? Je n'ose le
penser.
»,

Ce n'est, d'autre part, pas la première fois— comme
paraissez le croire — que nos députés ont à
connaître de ces questions. Sans remonter à la Péti¬
tion pour les langues provinciales,

vous

présentée en mars
Corps Législatif et où il était déjà question de
l'enseignement primaire, et aux trois requêtes du
Consistoire félibréen d'avant 1914, nous nous souve¬
nons des interventions, en
1910, de M. de GailhardBancel; en 1921, de MM. Guieysse, Emmanuel Brousse,.
Inizan
soutenus par l'abbé Lemire —; de ces séances
de juin, juillet et décembre 1922 au cours
desquelles des
députés, appartenant à tous les partis politiques, de¬
mandèrent avec insistance l'introduction « des langues
provinciales » dans l'enseignement, au cours desquelles
le Président Herriot s'écria : « Mistral est aussi
grand
que Virgile », MM. Léon Daudet et Reymonencq réci¬
tant même des vers provençaux
à la tribune. Le rap¬
porteur du budget de l'époque déclara associer sa Com¬
mission à la demande présentée par ses
collègues.
1870

au

—

�LA

Rappelant le

TAULEJADA DE LA COPA

peu

de

cas que

205

fit l'auteur du Tambour

d'Arcole et du Psaume de-ta Pénitence des méprisables
et ridicules attaques qui l'assaillirent, je félicite, per¬
sonnellement et au nom du Félibrige tout entier, mon
cousin le ministre Gabriel Valay d'avoir, en homme de
et d'esprit, répondu à un de vos réquisitoires.
Ignorant si vous êtes « jacobin de droite ou de gau¬
che », selon le mot de Xavier de Ricard, écrivain et
poète bilingue, je vous renvoie, pour en terminer, Mon¬
sieur, à cette phrase figurant dans le projet présenté et
voté, crois-je, par la Convention, projet qui, en posant
,1e principe de l'enseignement de la langue française,
spécifiait : « Toutefois les dialectes provinciaux pour¬
ront être employés comme moyen d'enseignement. »
Cent cinquante-sept ans plus tard, le projet soumis à
l'Assemblée Nationale ne demande, à quelque chose
près, que la validation de ce désir du conventionnel et
doctrinaire ariégeois, Lakanal, membre de l'Institut
cœur

de

France...

Counvendrié, aro, de dire la grando espèro que, dins
tourmenta, cercant sa draio e barbelant
après la pas universalo e lou bonur, isto dins l'idèio
latino nascudo dóu Felibrige. De la man delà di mar,
de pople jouine s'aubouron capable bessai, en unioun
cmé il'Europo latino, de revouluciouna lou mounde e de
faire, realita vivènto d'esperit e de matèri, se coumpli
li vot de l'autour de l'Inné à la Raço latino, di Tourtoulon, di Berluc-Pérussis, di Roque-Ferrier, di Balaguer, di Quintana, di Savié de Ricard e tambèn d'un
Jaurès que voulié moustra is enfant de lia raço « par
delà la barre un peu ensablée, toute l'ouverture de
noste siècle

l'horizon

».

Mai acò

nous

mënarié liuen

e

ai proun

parla...
Acabanai
que,

en

bevènt

à-n-aquéu raive estella, à tout ço
e lou desiro, fisançous que

dins nôsti pitre, l'apello

sian de l'aveni.

�2o6

SILVAN

TOULZE

Unissent aièr, vuei e deman, aubourarai la
Coupo,
de record, d'espèr e testimòni de l'amista
que nous

vas

ligo i Catalan, à tóutis aquéli que, dintre li siècle, an
servi sa patrio fin qu'au sacrifice : li mort de Muret e
de Toulouso, li martire de tóuti lis.
âge e de tóuti li
sèisse qu'an douna sa vido pèr lou triounfle de la
liberta, à-n-aquéli que, i'a pas tant de tèms, gingoulant
dins li camp de mort, servavon libro soun amo
parai
Salvat, parai Berthaud ?
—

L'aubourarai pièi à la memòri di foundadou dôu gaisabé, de Pèire Goudouli, de Fourès, de Savié de Ricard,
de Perbosc,
d'Estiéu, d'Anglade, tóuti nostre, à l'ounour de Na
Filadelfo, de nosto Rèino Susano Imbert.
Enfin e subretout l'aubourarai, pèrfin que nosto
Raço
sache encaro larga sa velo, mau
despié li nivo que
mounton e li chavano que s'alestisson, à Toulouso emai
à Avignoun, i capulet, i riban em'i couifo, à ço que nous
esmòu e nous pivello, au Felibrige de Font-Segugno, à
nòsti vilage e viloto, à nòsti vilo, au Lengadò valènt, à
la Prouvènço bello, à la Franço, pèr acaba, emé l'espèr
que dounara lèu à si sorre, lis antico prouvinço, ça
que ié demandon sènso relàmbi : soun .afecioun e sa
pleno fisanço, pèrfin que chascuno, emé soun biais pro¬
pre e sa lengo de naturo, enaure soun parla e coumpligue soun destin.

Lo senhe Frédéric Mistral, longament
.aplaudit, a
parlât del Mèstre immortal. Mas, amai siague, aquel,
lo Mage sens parier, es pas lo sol ! E avèm de mèstres
plan vius. Filadèlfa ten ara la Copa. E canta... E sa
canson
d'auton serà la canson de sa prima florida,
l'afogat sirventés de la lenga e de la rasa.

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

POÈME DE FILADFLFA

MISTRAL
Bèras daunas,

DIXIT

Senhors, Amies e cars

Felibres,

vents sien dos no-auguri pas ed bèt...
E que seram doman Ì mes esclaus o mes libres ?
Yo, no-èi y âmes hèt crèdi at Esperit-Navèt ...

Mau-grat qu eds

ibres,

Perseguint ed Pasat dentib-eds sués mendres
Dab era haus, dab era pica e -ed arrastèt,
Eds ornes an derruit tots eds vielhs aquilibres
E no i a pas u bé qui no se ri ayen hèt,
Pensant, pepicant tôt sense brde ri arrespèt.
Que Diu aye pietat ! Aunor
an dey à pasat, en seguit

E-i

e

Corte^ia

dera Fé

...

entà tôt, e contra era Patria,
Familia e contra Diu tabé ! ...
E, maluro^ament, en temps de barbarïa,
Ed Poèta ei ed sol qui clarament s'i vè ...

Que i a podra
E contra era

MISTRAL DIXIT

les
n'ai jamais
fait crédit à l'Esprit-Nouveau
Poursuivant le Passé jusqu'en
moindres traces, avec la faux, avec le pic et le râteau, les
hommes
détruit toutes les vieilles bases, et il n'est pas un
bien qu'ils n'aient dilapidé, coupant, piétinant tout sans ordre
ni respect.
'[
Que Dieu aye pitié ! Honneur et Courtoisie y ont déjà passé,
précédés par la Foi ... Il y a des armes contre tout, et contre
la Patrie, et contre la Famille et contre Dieu lui-même 1... Et,
malheureusement, en temps de barbarie, le Poète est le seul
Seigneurs, Amis et chers Félibres, bien que
je ne crois pas au beau ... Et que seronsdemain ? plus esclaves ou plus libres ? Moi, je

Belles dames,

vents
nous

soient doux,

...

ses

on

�208

FILADÈLFA

Ped darrè

cbp belhèu, at

O Felibres ! que

hèm

Pramor doman...

DE YERDA

nom de

amasa

Qui sab ï

Ed Monde ei trcmbladis

ara

Poe^ia,

ed grand Deber
...

E

mes vau no

coma

era

...

saber !

hoelha

Quand ed vent de Darrè plega ed branquet prendiu.
En cèrcas de players, etèrna
parandelha,
Ed Monde enlu^ernat
seguts ed Vielh-Yudiu
E camina à grands
pas at hasard de r' enveia,
Tantòs decap acì, tantòs
decap aciu
Sense veie eds esglàs qui-u penen ena
aurelha,
Sense entene era vot$ qui
estorniu
l'apèra
E-u dis : « Se crompar vòs,
crompa ensò dera Vielha :
Sò qui-s vèn en dehòra ei
halòp e
costiu ! »
...

...

Mes, chut !
Aqueste vèspre enlà de
Susvolant Montpelhèr, Be\ièrs e
...

...

E tôt aquet pais ont ed Oc
Ed bordon mistralenc sona

Carcasonat
Magalona,

arreviu,
pas à ra bona

...

qui clairement y voye
Pour la dernière fois, peut-être,
de Poésie, ô Félibres, ensemble on
fait le saint Devoir
Car demain
Et mieux vaut ne savoir !
Qui sait ?
...

nom

...

au
...

...

Le Monde est agité ores comme la feuille
lorsque le vent du
Nord ploie le frêle arbrisseau. A la
poursuite du plaisir, con¬
voitise éternelle, le Monde fasciné suit le vieux
Juif-Errant et
chemine à grands pas au hasard du
désir, tantôt devers ici et
tantôt devers là
sans se douter des
catastrophes qui lui pen¬
dent à l'oreille, sans entendre la voix
qui l'appelle insensé et
lui dit : « Si acheter tu veux,
achète chez la Vieille (la Tradi¬
tion ) : ce qui se vend ailleurs est instable et
coûteux ! »
Mais, chut 1
Cette vesprée, à l'est de
Carcassonne,
sur¬
volant Montpellier et Béziers et
Magalonne, et tout ce
l'Oc est renaissant, le bourdon mistralien ne branle pays où
...

...

...

calme

...

...

Les airs

qu'il

sonne ont

l'air de cris qui

pas au

se

disputent

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

Eds aires de

209

qui sona

An ed aire de

crids

Qui s' peleyan en aire ...
E semblarè que dis : .
« Ed Monde ei hòl, pecaire !
Pecaire ! pecaire !
Ed Monde ei hòl,

hòl, hòl,

E tôt

pas g aire
se ri dnl,

E

pas gaire

E

no

no

E Diu
E tôt

se

se

E, pas ama

ri

va

!

...

!
!

n' da !

qui laire

...

Pas mèma u ca !... »

Un

pople que laisso toumba

lengo e lis us de si paire
S'amerito que de creba
Souto li pèd dis usurpaire.
La

Mistral dixit !

dirait qu'il dit : «Le Monde est fou, pe¬
! et pas un peu 1 ... Et tout
en souffre, et pas un peu 1 Et Dieu s'en va ! Et tout en pleure I
Et, personne n'en hurle ... pas même un chien 1 »
dans l'espace... Et on
caire ! Le Monde est

Un

fou, fou, fou

peuple qui laisse

mérite de crever sous

Mistral dixit !

tomber la langue et les us
usurpateurs.

les pieds des

de ses pères

�SILVAN

2 IO

TOULZE

Terrible crid !
Mes crid sauvaire !
Diu

cnt( esclaire !

E li maudi

Que renègon lou verbe,
Que la terro se duerbe
Pèr lis aprefoundi /
Mistral dixit !

Terrible crid,
Mes crid
Cadun

se

superbe !

guèrde !

n

Sò dit ei dit.

Cri terrible ! Mais cri

sauveur

! Que Dieu nous

éclaire !

maudits, ceux qui renient le verbe, que la terre s'entr'ouvre pour les engloutir !
Et les

Mistral dixit !

Cri terrible ! Mais cri

superbe !

Que chacun s'en garde 1 Ce qui est dit est dit.

Aprèp lo Capolièr e Filadèlfa, primièra de totes,
se
deu, la genta rèire-rèina del Felibrige, Na
Suzana Imbert, lèva la Copa, e coneisèm, res que de la
veire e de l'auzir, lo rire de Provensa e la gracia arlatenca que fan treluzir lo vin de Dius dins la Copa de
coma

Mistral.

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

BRINDE DE LA RÈINA

poudès lou crèire, gènti Felibresso e car
rejouveni de proun d'an ! D'efèt es au
titre d'anciano Rèino que siéu eici, vuei, tenènt la plaço
de ta Rèino d'aro, qu'a pas pouscu se rèndre à Toulouso e à Iaqualo dise, en moun noum emai au vostre,
li vot que fourman pèr soun jouine fougau e pèr lou
creissènt que lèu l'enluminara. Que de regret, pamens,
de plus vèire à moun coustat lou car rèire-capoulié
Jouveau, que, tout ilou tèms de moun reinage, me fuguè
tant amistous e dévot, e tambèn de saupre que lou baile
Me fai gau,

Felibre, de me

G. Bernard, que

m'elegiguè en noblo ciutat d'Albi, es recoumtadin pèr resoun de santa.

tengu dins soun vilajoun

discours, mai ai lou devé de
d'Avignoun, li femo coume lis
ome óublidon pas soun riche passât, sa noblo istôri.
Lou dirai d'autant mai qu'avèn eicito la Rèino de la
Pouësiio miejoumalo, l'ispirado troubairis di Cantos de
Dòu, aquelo qu'a passa sa vido à canta li record de la
Raço d'O, la Pirenenco i Vers de fiò qu'a noum Filadelfo
de Gerdo, Aubourant la Coupo à soun ounour, e à tout
ço qu'aman e que voulèn sauva, l'auboure à Toulouso,
au valènt Lengadò, à nòsti pantai d'aièr emai à nôstis
espèr de vuei, à l'aveni dóu Felibrige, que Dono e Ghato
aven lou devé de servi e de garda tau que lou vouguèron
li primadié de Font-Segugno.
Espéras pas de iéu un
qu'à Toulouso, sorre

dire

Es plan brave de
d'apiazonar lo nòstre
Entre tantes que se

cantar ! Es de bezon
cant e la nòstra accion

n'cargaran anèch,

tant-ben
occitana.

crezi ben que Ho

Poulat, que nos adus, en francés d'oïl, lo
salut del Govêrn de Paris, se mérita una mencion d onor.
senhe Prefèt

�m.

le

préfet poulat

Discours

de

M. le Préfet Poulat

212

!

Mesdames, Messieurs,

besoin, après avoir excusé
Préfet de la Haute-Garonne,
d'exprimer tout le plaisir que j'éprouve personnelle-1
ment à participer, dans une ambiance extrêmement
agréable et sympathique, à la taulejada organisée dans
la ville de Clémence Isaure et des Jeux Floraux, à
l'occasion du tricentenaire de Goudouli et de la grande
vraiment

Aurais-je

M. l'Inspecteur Général,

fête félibréenne annuelle de la Sainte-Estelle.

l'année
elle réunissait en Avignon
Languedoc.
Elle consacrait dès cette date la fondation, par Mis¬
tral et ses amis, le 21 mai 1854, de ce mouvement
linguistique, littéraire, social et régionaliste, que l'on a
appelé le félibrige.
Cette fête

a

été célébrée bien souvent depuis

1876 où pour la première fois
les félibres de Provence et du

Le but de ce mouvement ? Réagir contre une centra¬
lisation excessive, revivifier nos provinces méridionales,
défendre toute une race contre les empiétements étran¬

ranimer les saines traditions des ancêtres, resti¬
lustre à cette langue d'Oc à la fois si claire,
poétique, si musicale, l'unifier en la dégageant des

gers,
tuer

si

son

déformations

subies

au

cours

des

siècles,

montrer

qu'elle aurait pu sans doute, tout comme la langue
d'Oïl, se situer à l'origine de notre admirable langue
française connue, parlée et respectée de l'univers entier.
C'est à cette lœuvre méritoire que se sont consacrés,
depuis bientôt un siècle, Consistoire, Capouliés, Majoraux, Mainteneurs, Escòlas et Capiscòls, Organisateurs
de Jeux Floraux occitans, Reines élues tous les sept ans

�LA

—

tout comme

213

TAULEJADA DE LA COPA

le Premier Magistrat de notre

Républi¬

les territoires du Midi de la
cette province espagnole
Barcelone, a été fondée par Guilhem,

que démocratique —, sur
France et jusqu'en Catalogne,
dont la

capitale,

poète Victor Balaguer
à Mistral, en 1867, la coupe fameuse en argent
ciselé, considérée depuis lors comme le symbole même
du Félibrige.

Comte

de Toulouse, et d'où le

envoya

Certes, des critiques acérées ont accueilli les tentade résurrection d'un idome dont la Guerre des

ties

Albigeois, étalée sur la période allant de l'an 1209 à l'an
1244, avait en quelque sorte sonné le glas. Cette guerre,
entreprise sous des prétextes religieux, se révéla en
réalité instrument de conquête, et l'une de ses plus
importantes conséquences fut de placer nos régions
méridionales sous le sceptre direct des Rois de
France, et d'y introduire la langue d'oïl. On a pré¬
tendu que la persistance du langage populaire occitan
sous sa forme actuelle ne pouvait qu'aggraver les alté¬
rations dont souffre présentement parmi nos popula¬
tions l'élocution du français, et qu'il fallait remédier à
une regrettable corruption de son initiale qualité en se
gardant surtout, comme le demande, pour des raisons
différentes, l'Académie Française elle-même, de l'intro¬
duire

dans. l'enseignement

officiel; que l'apôtre trop

saurait être compris
restreinte. Arguments spécieux faci¬
la langue d'Oc a poussé des prolon¬
gements d'une douteuse orthodoxie, il faut précisément,
et c'est le désir des félibres comme c'est la raison d'être
des Gramaticas
Occitanas de Louis Alibert et de
Joseph Salvat, la remettre dans, le droit chemin.
Si d'aventure Mistral lui-même était considéré par cer¬

savant du

félibrige n'était lu et ne

que d'une élite très
les à combattre. Si

vraiment de
d'Anatole France
contemporains,

tains comme hermétique, que dirions-nous
Paul Valéry, de Stéphane Mallarmé,
en de certains cas, et de tant d'auteurs
hauts

seigneurs

indiscutables et indiscutés de

littérature nationale

?

notre

�2

14

M.

LE

PRÉFET

POULAT

La flamme sacrée que
Mistral avait allumée

a

sus¬

cité, fermement résolus à l'entretenir et à l'élever tou¬
jours davantage dans un firmament de splendeur
idéale,
l'éclosion

de prêtres et de prêtresses
pénétrés de cette
•même foi invincible des
apôtres du Christianisme.
L'amiral de Rochegude
en

Provence,

Languedoc, Raynouard

en

ont exhumé, d'un passé que l'on
croyait à
jamais disparu, les œuvres passionnées des
plus anciens
troubadours, et d'autres, après eux, dont il serait trop
'long de rappeler les noms ou de magnifier ici
l'effort,
s'appliquèrent à créer de toutes. pièces une littérature
colorée, d'un souffle puissant et original.
Citerai-je
parmi les plus racés cette poétesse à
qui M. Rozès de
Brousse rendait, voici

quelques, années,

un

vibrant

hommage, Philadelphe de Gerde, qui, dans la Salle

des

Illustres du Capitole, osa tenter,
y réussissant d'ailleurs
pleinement, de prononcer, dans son parler gascon d'une
pureté cristalline, l'éloge rituel de Clémence

déesse de la Cité. Dans

nos

Je

Isaure,
provinces languedociennes

Félibrige n'est-il point en fait le frère dernier-né de
cette Dame de haute intellectualité
plusieurs fois cen¬
tenaire et jamais
vieillissante, rayonnant d'un éclat
incomparable à mi-chemin de l'Histoire et de la
Légende et qu'honore périodiquement, avec une fer¬
veur sans cesse
renaissante, notre célèbre Académie
Toulousaine ?
Ainsi, des rives scintillantes de l'Atlantique aux
cimes neigeuses des Alpes, au
pied des Pyrénées et sur
les bords du « mare nostrum » des
Romains, se mani¬
feste unanime la volonté de rénover les
dialectes nés du
latin, qui, malgré leurs variantes plus ou moins accu¬
sées, n'en constituent pas moins une langue d'une
remarquable unité, la langue occitane, ou langue d'Oc.
Applaudissons plus spécialement, dans notre région
et dans notre ville, aux savantes
recherches, aux tra¬

vaux

et du

et

aux

initiatives de l'Institut d'Etudes Occitanes

Colège d'Occitania.

Ceux, fort

peu

nombreux, qui, laissant divaguer la

�LA

TAULEJADA DE LA COPA

215

n'assigneraient point des limites précises
aspirations légitimes et rêveraient de je ne sais

folle du logis,
à leurs

quel séparatisme pratiquement irréalisable, marque¬
raient une ignorance profonde de notre âme méridio¬
nale fondue pour toujours à l'échelle de la Patrie et
plus encore

peut-être depuis l'invasion de tout le

terri¬

métropolitain, dans l'immense creuset des peines,
souffrances et des joies éprouvées en commun.

toire

des

Le Félibrige ne fera jamais œuvre de dissociation :
l'enrichissement culturel qu'il porte en lui et ses possi¬
bilités prévisibles ne pourront au contraire qu'étayer
et renforcer une cohésion nationale définitivement
cimentée dans le cœur de tous les Français.
C'est là sans conteste le sens de l'enseignement que
dispensent, à l'Université de Toulouse, le savant pro¬
fesseur Jean Séguy, et, à l'Institut Catholique, le Majo¬
rai éminent qu'est l'abbé Salvat, débordant d'enthou¬
siasme dynamique et' organisateur d'une Sainte-Estelle
dont le souvenir restera vivant dans les esprits.
J'adresse aux félibres rassemblés à Toulouse en ces
journées de Pentecôte l'affectueux salut de l'Adminis¬

tration Préfectorale.

Aquel brinde deu far

tindar ilos auzidons de

mai d'un

senhe-ahat
interetaulejada

francimand... se los tàmpan pas ! Mas lo
Salvat se lèva, per donar qualques entresinnes
sant la fin de la fèsta. Saluda la prezensa à la
d'un dels decans del Felibrige, lo senhe Izidòre Lannes,

l'Escòla Audenca, que se trobaba,
à la Santa-Estèla de 1893 à Caroasona,
de Mistral, Fèlis Gras, Achile Mir, Estieu,

ancian secretari de
ambe Filadèlfa,
al eostat

�2

j.-rozès

16

Perbòsc,
escuzas

la

de brousse

e lo fa aplaudir per l'asistensa. Porta, pèi, las.
d'aquels qu'an regretat de pas poder venir à

Santa-Estèla

de

Toloza

:

los

ministres

Delbos e

Valay, Albert Sarraut, lo députât Deixonne, ;lo duc de
Lévis-Mirepoix, los majorais Gabriel Bernard, Jaubert,
Clément, Miremont, Benezet Vidal, los novèls majorais
Marcèla Drutel (l'Aubanelenco) e Bodin, lo senhe
J.-Felician Court, lo decan del Felibrige ramondin, lo
mèstre en Gai Saber J.-M. Guasch de Barcelona, lo profesor Mercaton e los autres sòcis de Suisa, la profesora
Thornton, de i'Universitat de Florida, U. S. A., etc...

Ara,

coma

dins La Respelido de Mistral, cada renvèrs

de la tèrra d'ôc ven se levar la set à la Copa del Bèl :
lo cònse de Toloza, senhe Badiou, al nom del Municipe;
lo

amb tôt l'audi d'una segonda
que nos porta en breton lo
Bretanha nadalenca.

rèire-rector Gheusi,

jovensa; lo rector Dottin
salut frairal de

sa

Lo majorai Rozès de Brousse, valent e sempre jove,
parla al nom de ì'Escòla Occitana qu'avia resachut la
carga de botar à biais aquesta Santa-Estèla.

Brinde del major al

Lévi la

j.-Rozès

de

Brousse

Copa
à la genta Rèina del Felibrige,
à nòstre plan-dizent Capolièr,
à nòstra granda e cara Filadèlfa que,,

trop

vièlh felibre déjà, ai conescuda, admirada e
dempèi son primièr trïomfe de Carcasona, e

aimada

�LA

217

TAULEJADA DE LA COPA

qu'a totjorn dins sos èlhs e sus son front la flamba
de la Joventut e de la Poezia.
Lèvi la Copa, de tôt cor, al nòstre valent amie lo
majoral-canonge Jozèp Salvat, secretari-general de
l'Escòla Occitana, animator arderos dont aquesta
merabilhoza Santa-Estèla es plenament l'òbra, al
prèire apostolic, al predicaire aflambat, al profesor
saberut.

dos trobaires de
debrembat dins
una Santa-Estèla
«mondina», Lucian Mengaud, lo
cantaire de Rosos e Pimpanèlos e de La Toulousèno, e Loïs Vestrepain, l'autor de Las Espigos de
la Lengo Moundino. Eran pas belèu de grands tro¬
baires, mas foguèron, al temps de Jansemin, dos
anèls de la misterïoza e benfazenta cadena que religa los Trobadors e Godolin al Felibrige d'auèi.
Lèvi la Copa à nòstres mèstres e amies deza'pareguts de VEscòla Occitana, lo baron Desazars,
lo profesor Anglade, los trobaires Estieu e Perbòsc,
Lèvi la Copa à la memòria de
Toloza dont lo nom deu pas èstre

Praviel.

l'animator Armand

VEscòla Occitana,
à la glòria de

Lèvi la Copa, ieu, capiscòl de
als Occitans de Toloza, al Felibrige,
Mistral.
Lo senhe Puntous,

secretari perpétuai de

l'Academia

benastruga lo Felibrige al nom de
dôna Clemensa Izaura. Vénon beure à la Copa los
majorais Lizôp, Teissier, asesors de Gasconha-Biarn e
de Lengadòc. Lo majorai Grandò, asesor de Catalonha,
porta en lenga cátalana un brinde tindant.
dels JÒCS Florals,

BRINDE DEL

En
neu

nom

MAJORAL

d'una banda i altra
culturals, alci la Copa

dels Catalans

i de llurs entitats

CARLES GRANDO

I

del Pire-

�2l8

silvan

a

la nostra

a

Filadelfa de Yerda,

toulze

graciosa Reina,

plasmacio ardent dels nostres

ideals,
a

lia salut del Capulié, de tots vosaltres,

Tolosa, cor vibrant del Migdia, altar major de les
glôries d'Oc,
a

a

la

llibertat

d'expressar

en

llengua d'oc

com

en

català el nostre patriotisme francés,
a

la

Cata'lunya immortal !

Tu

qui ets simbol d'amor, Copa Santa, tu qui ofereixes als nostres llàvis el petó de sol de la Pàtria, la
sang de la terra, la fe dels. àvis, vessa-nos l'entusiasme
dels forts i, amb el pam de cel que reflectes, la germanor, la llum, l'eterma poesia !

Aici

los majorais Boussac d'Albi, Gilles d'Arle,
beu à la Rasa latina, Fournier de Peiregèrd, que
dis un brinde caloros à l'amistat felibrenca, Mouly del
Roèrgue, que reclama un icôp de mai l'unitat grafica
permetent l'ensenhament de là lenga à l'escòla;jBachas,
que

de la Provensa maritima.

La genta felibresa Adriana Sirgue, que vuja din® la
Copa Io vin de Castèlnòu, a de trabalh per seguir la
baile del Felibrige. Lo majorai Abric, de Lunèl, dis un
bèl poème.

�LA

219

TAULEJADA DE LA COLA

BRINDE DEL MAJORAL

A

LOÏS ABRIC

GOUDOULI

Estèlo aleno sus ta glòri,
fiéu astra de la ciéuta
que fugue douço à toun istòri,
felibre, nous fai gau de veni te canta.
l'onro ount Santo

A

o

la lengo moundino,
pouèto, as enaura toun païs e si gènt ...
qu'as fa trelusi l'engèni esblèugissènt
de Clemenço d'Isauro i roso escarlatino.
D'abord

qu'i bèu resson de

e

D'abord que

aquéu jour de fèstoT
clama toun noum ...

dins Toulouso, en

Prouvènço e Lengadò venon

quand pèr te lausenja tout un
fai mounta vers tu l'òumage

e

pople s'arrèsto
di cansoun

...

Quand Liris, que fugue ta divesso e ta fado,
pèr te lausa sout l'azur de toun « ciel »,
e
pèr rajouveni de si voues soun aubado
M irèio, Filadèlfo e Julieto Dissel ...

sono

Quouro dôu

Lengadò, de Biarn, de

Prouvènço,

capulet, la coïfo 0 lou riban,
venon te saluda li sorre de Clemènço
dins la lengo qu'a fa pantaia ti vint an ...
emé lou

�220

SILVAN

TOULZE

Quouro Avignoun respond au rampèu de Toulouse
qu'adus, trefoulido, au front de si paret,
lou crid de si fierta que n'ero tant jalouso
e
qu'à/lame lou cor de si drôle à Muret

e

...

Quand, vengu d'eiçavau, di
aubourant dins Ver lou
li Gardian fan clanti dóu
en

toun

pais que

raro

de

Camargo,

ferre » vencidour,
trafé de si cargo
tresano à si fieri baudour
«

...

Quand, soulenne, lou

cant de La Coupo estelado
estrofo à ti saume d'amour
Quand l'inné mistralen courouno toun astrado

vèn mescla sis

e

fai à toun entour restounti

Quouro, lou

...

sa

clamour

cor emprês di poutoun
Veses s'ensouleia li trelusènti flour

...

de ta Damo,

qu'as culido pèr Elo au jardin de toun amo
pèr n'en faire l'ôuferto au pais de ti jour

...

Dis

ouri\oun liuenchen de la Camargo bello
fier de te pourgi noste oumage arderous
e lou
perfum sóuvert de nòsti saladello,
dins Vestrambord vivent d'aquest brinde auturous.
sian

Dòna Ponrouch-Petit, la val enta rèina del
felibrige
narbonés, pren la Copa e parla ambe granda emocion.

�la

taulejada de la

Brinde de dona

A.-M. Ponrouch-Petit

las rèinas de

A

221

copa

Toloza

blo^a,
de Toloza,

Vbli beure à la Copa
à las daunetas

filhas dels Comtes de temps
A la qu'i di^ian : India ;

ia

que

seguiguèt, valenta infanta,

son

paire Anfos en

...

Terra Santa.

Pre^onièra de Neredin,
d'esclava devenguèt sultana.
Veu^a, la comtesa occitana
espo^èt lo grand Saladin.
Èra autant braba que polida.
Fidèla al Dius de Betleèm,
es ela que salvèt la vida
dels Crestions de Jérusalem.
Pèi brindarai à
à la

la plus granda,

plus nòbla, à la

mai canda

del temps pasat :
Adelaïda de Burlat ...
Per sa maire dòna Constansa,

de las dònas

èra fdha

dels reis de Fransa

Veu\a de Talhafèr, lo bel,
portaba comtala corona
e son filh èra Trencavèl ...

!

�222

SILVAN

TOULZE

Amaut de Maruelh l'a cantada,

dins sas bêlas corts d'amor
atiraba, sa renomada,
lo rei, lo prince e l' trobador.
e,

Enfin, que glòria sia renduda
joventa inconescuda
dont lo bras, gracios e fort,
d'una pèira tuèt Montfòrt.
Quai dira iïont èra venguda
per complir venjansa deguda Ì
Saurem jamai ren de son sort.
Princesa, borge\a, o del pòple,
ò faidita ! ton
geste nòble
al pais balhèt grand conòrt !
à la

...

Copa santa, font abondo^a,
sorga de beltat, d'idéal,
bebi à las rèinas de Tolo^a,
à Na
Filadèlfa, à Mistral !

S'auzison

ara

los majorais Grenier,

de la Marcha,
e lo felibre
canson
de

Giordan, de Nisa, George, de Fontsegunha,
Meredieu, del Peiregòrd, que canta lina
Chastanet.
Ambe

lo

poezia torna

majorai-abat Cubaynes, del
cremar coma una

Carsin,

flamba nauta.

la

�la

Brinde del

Majoral-Abat Juli Cubaynes

LENQÂ

AOSTRA
Nòstra

223

tatjlejadà de la copa

qu'à plec de batal

lenga viurà tant

tindaran nòstras campanas ;
tant que dins cada glèia e que dins cada ostal
s'escarabilharan las pregarias crestianas ;
nòstres ma^es

sus

nòstre tant qu'aval
planas ;
tant que, de resconduda, à l'ombra del randal,
los pastres carsinòls-crincaran las aulanas ;

tant que sò nòstre sera
;
blats e vinhas e mils acataran las

tant que

las maires

carsinòlas bresaran ;

capinhejaran

tant que nòstres jovents se
à la luna serena 0 dins la solelhada

;

qu'au^irem, l'estiu, lo grel e V au^elum,
far an, à còr d'ivèrn, al lum,
Milhàs, l'Engrunada e la Denogalhada.

tant
e

tant que se

lo

LANGUE

NOTRE

largue vivra tant que sur nos

Notre

villages à la

volée

dans chaque église et qu'en
chaque maison prendront un bel essor les prières chrétiennes;
tant que nous serons bien chez nous ici; tant que, là-bas, blés,
vignes et maïs revêtiront nos plaines ; tant qu'à la dérobée, à
nos

cloches sonneront ; tant

l'ombre de la

que

haie, les bergers

quercynois croqueront des

noi¬

settes ;

quercynoises berceront ; tant que nos jeu¬
serein clair de lune ou dans la soleillée;
tant que nous entendrons, l'été, le grillon et les oiseaux et tant
que se feront, à cœur d'hiver, sous la lampe, le Millas, l'Egre-

tant

que

les mères

nesses se

nage

lutineront au

et, des noix,

l'Ecalage.

�silvan

224

toulze

Rogièr Barthe, novèl mèstre en Gai Saber, fil del
regretat majorai bezieirenc, vei dins la Copa Santa Io
ligam entre los « pôples bruns » de la latinitat.

Brinde de Rogièr Barthe

Enausi la

Copa de l'esperansa e de la fe à la glôria

de l'idèa mèstra, de l'idèa-fòrsa, de il'idèa vivificaira que
lo Felibrige ne foguèt lo brès : à l'idèa latina; à l'union

pôples de lenga, de cultura e de eivilizacion latina,
d'aqueles pôples ont lia libertat, la fraternitat, la patz
gisclan del poton de la tèrra e del solelh.
dels

Enausi la Copa à l'onor dels ômes qu'an concebut,
définit, fargat l'idèa latina : Berluc-Perussis, Balaguer,
Quintana, Tourtoulon, Alecsandri, Roque-Ferrier,

Savièr de Ricard...

L'enausi, aquela Copa de nôstres fraires de Catalonha, à la memôria del Subremèstre que la clau de
son secrèt treluzis per sempre al sulhet del Peiron de
Mont-Pelhèr

:

raço latino,
Souto la capo dóu soulèu;
Lou rasin brun boui dins la

AubouTO-te,

Lou vin de

tino,

Dieu gisclara lèu.

Aprèp lo prqfesor Rostaing, e lo felibre Malbos, totis
aici que se lèva lo senhe Edoard de
Tappie, jos-capiseôl de 1 'Escòla de Laran de Toloza.
dosi de Provensa,

�la

taulejada de la copa

Brinde

Vos

22

5

d'Edoard de Tappie

pòrti, Capolièr, lo

salut de YEscòla de Laran.

de grandis poètes, mas, coma nos òc
dizia nòstre mèstre aimat lo majoral-abat Salvat al
nòstre dinnar annadièr del Dijòus de l'Acension,
sèm de manteneires del esperit e de la lenga d'Oc
dins sò qu'an de mai pur, de mai naut, de mai
I sèm pas

sacrat.

grand e immorculte de nòstre
cloquièr, de nòsfre cementèri, de la tradicion e
d'aquels que nos l'an ensenhada.
Eèvi la Copa al amor del Pasat, al amor de
Toloza, al amor de la lenga mondina glorificada
Coma lo poète dels poètes, vòstre
tal oncle Frédéric Mistral, abèm lo

per

Godolin.

Bûche del Lemofan aplaudir. Pèi
sòci del Felibrige,
dis qualques mòts esmôuguts abant de beure à la Copa.
La Copa d'estrambòrd, Julieta Disse1!, à qui reven,
per una bêla part, la reusida d'aquesta Santa-Estèla,
s'ameritava ben, per finir, de l'ausar dins lo lum
d'Occitanla, per l'evocacion esimôuguda dels Mèstres
Dòna

Chanot-Bullier de Marselha,

zin, Marcèl Bertrand de Castras se
dòna Bita Lejeune, de Lièja, novèla

provensals.

lo

Quantis n'i a que vo'ldrian encara parlar, e beure
d'estrambòrd. Mas se fa tard, e lo Capolièr for
demanda de faire un sacrifici.

vin

�226

SILVAN

TOULZE

E quora

lo majoral-abat Salvat, lo mèstre-apariaire
parieras que vivèm, se lèva, lo darrièr,
sus l'invitacion del
Capolièr, per cantar Coupo Santo,
I'imne sacrat; quand sas raans tremolantas de
prèire
fan il'e'levacion d'aquel calici unie de la
poezia e de la
beltat
e, d'esmoguda, sa votz solenna e greva s'enrauquezis —, quai èl poiria demorar sec, quai de nosaus sentiria pas
bategar son còr !
de las

oras sens

—

A !

n'podèm tornar, cadun, à son trabal. Lo vam
nepôrta flaquirà pas d'un briu, amicsi, qu'avèm
bengut, mercés à Dius ! à la Copa Santa.
nos

que nos

Vojaba

«

la fe dins l'an que vèn

», e,

amb lo vin de

Nôstre-Senhe, l'emplenàvan la poezia, lo lum de la
tèrra-maire,
lenga d'ôc !

e

la jovensa immortaLa de nòstra audoza
Silvan Toulze.

(parlar del Carsin)

�DIMARS 30 DE MAI

LO ROMIUVAGE
A MURET E MONTSEGUR

Aprèp las grandas manifestacions del disate, del
dimenge e del dilun, lo dimars es la jornada del còr,
la jornada-de l'intimitat : qualquas dotzenasi de fidèls
se van reculhir als lôcs sacrats de Muret e de Montsegur.
A las

sèt

oras

del matin, ilos romius

s'acàmpan al

pèd del Donjon del Capitoli; fòrsa an la saqueta sus
l'espalla. Lo majoral-abat Salvat, lo clavaire Costes
s'afànan à organizar la pasejada. Lo Capolièr escorta
la Rèina totjorn requista ambe la « capèla » e lo
«
riban ». Los autocars se vénon alinhar long de la
i'asada de la Comuna e cadun s'installa al grat de las
simpatias. Reconeisèm lo clavaire Giordan e lo baile
Reyinier, los majorais Gilles, Grenier, Azéma, Lizop,
Bessat, dòna Lejeune, Julieta Dissel, lo profesor Mèstre
e
sa
filha, lo canonge Farenc, dôna F. Blanc (la
Bouscarleto), dôna Violanda Cèbe (la felibreso di
Nevoun), na Maria-Antonieta Daguet, los felibres
Giacomoni, Vaylet, Montlaur, Sabatier, e tota una
côlha d'escolans e d'amies del Colège d'Occitania.

Seguits de qualquas autòs, los autocars que pòrtan,
ílotejant al vent, lo pavalhon de Lengadòc, làisan Toloza à l'ora ont cadun va vèrs son trabalh. De brumas al cèl e un aire frescòt nos fan crenhe la pluèja;
mas santa
Estèla pòd pasi abandonar sos fldèls. Un

�J

228

MARIA

BARAILLÉ

quart d'oreta de pasejada, e déjà sèm à Muret, sul
camp batalhèr de 1213, dabant lo monument de Pèire

d'Aragon.
La valenta còlha del Castèt de Garona

nos espéra :
polida, aquela dels
jovents e de las joventas en vesitit del païs. Dabant la
lauza ont los peregrins se son immobilizats, dins las
grizalhas del matin, s'enlaira la Canson del Rei En
Pèire. Minuta de prigonda emocion e de reculhiment.
Una garba de flors es pauzada per la Rèina al
pèd del
monument. Jozèp Niel dis La Brassado de Mistral...
es

una

aparicion esmoventa

e

Om voldria far durar aquela vizita del remembre,
las exigencias del orari, coma se dis, comàndan la

•mas

partensa. Sarraments de

adisiatz, e gar'nos aqui
saludam la ciutat de
Pamias, ont venguèt morir Prospèr Estieu, pèi lo Roc
de Fois. Laisam la verdejanta comba de I'Arièja per
prene lo camin de Lavelanet. L'abat Salvat espiga lo
moment ont se descorbirà sul orizon lo pèch de Moint-segur e lo senhala à la caravana qu'aplaudis.
tornamai

sus

mans,

la rota. Al pasage,

Aici Lavelanet, la mannada ciutat dels teiseires. Los
nos pàuzan
dabant la Comuna oint una polida
suspreza nos esi rezervada : portant còfa de dentèla e
dabantal florit, de joventas del païs nos aieuihison.
Dòna Tricoire, la trobairis del Olrnés, nos las prezenta.
Lo Gònse e lo Municipi nos recébon dins la Sala d'onor
de la Comuna e nos ofrison lo vin de l'amistat. Discors
cars

de

benvenguda del Cònse, remerciaments del Capolièr,
e de simpatia. La poezia es de la fèsta,
dòna Tricoire laisa parlar son cor fellibrenc.

escambi de vôts
e

Los teiseires de Lavelanet an agut la delicada
pensada de preparar de paquetons que nos son despartits,.
e ont trobarem una
prôba de sò que se fa de plus bèl
dins lors atelièrs. Osca à Lavelanet e à sa faison.

�LO

■

ROMIUVAGE

d'entendre l'espitalitat ! Anam veze
fabrìcan lo flal e tes estòfas, dempèi

22g

sus plasa «osi se
l'estopa qu'estiran

à tas pèsas de drap entrepauzadas
magazins. Es una polida « litson de cauzasi ».

]os celindres duscas
dins los

Miechjorn pica al campanal quand los autocars
d'escalar cap à Montsegur. Las brumas
basas se trigòsan suLs acrins e suis penjals; per mo¬
ments, babuna. Perdèm pas fizansa saquelà; e se nos
cal banhar un pauquet, e ben! nos banharem! La rota
monta, vira e revira dins un païzage encantador. E tôt
d'un còp, à-n-un revirolet, lo gigant se môstra, tal un
Sinaï enlairant duscas al cèl un autar. Los qu'an pas
jamai vist Montsegur ne son estomagats; e se demàndan, en mezurant del èlh los retes penjals, de qun biais
se pôd conquistar la cima.
Abant d'escalar lo ròc sacrat, cal prene de fôrsas.
Los unis, sus t'èrba dels prats, dorbison la saqueta;
los autris s'afànan cap al vilage de Montsegur ont inos
aculhis l'amie Nigoul, jos-prefèt de Muret, e s'instàllan à l'aubèrja de Montsegur ont los espéra un crâne
dininar... un tant crâne dinnar que cal renonciar à faire
onor à totas las gormandizas, se que non seriam encara
à taula à solelh colc.
coménsan

L'aprèp-dinnada es déjà pron entemenada quand nos
caminôl que, demèst ròcs e bartases, fa son
ziga-zaga al flanc de!l pèch. Los valents e los joves
mòntan rete plan; los pigres, los vièlhs e los aflaquits
s'arrèstan ensà, e'nlà, e fan una pauza. Pracò, qui lèu,
qui tard, cadun arriba al cap, eadun dintra dins lo castèl demantelat ambe l'ajuda d'una escaleta de mason.

trobam sul

�MARIA

?3o

BARAILLÉ

trobam aqui lo contramèstre d'una entrepreza
is'ocupa de consolidar las parets que menàsan

De fèt,
que

roïna.

de Lavelanet, especiacosin se faguèt, segon
tota probabilitat, l'asalt de la plasa fôrta. Nos môstran lo ròc ont deguèt s'establir la « gata », lo carnin
de cabra per ont montanhòls e crozats se faufllèron,
Gracias al senhe Armengaud,
liste de la question, aprendrem

dins la nèit, del icostat lo mens gardat perque pareisia
inaccesible. Nos sembla reviure l'epopèia de Montsegur.
Las nibolsi estrópan la flèra montanha coma d'un mantèl de dòl. Nos amàgan l'incomparable punt de vista,
mas lo castèl i ganha uin esplendide izolament, una

grandor tragica qu'espremìs lo còr. E gar'aqui qu'un
ventolet se lèva, buta las brumas, neteja lo cèl; los lentans
se
descorbìsón; pendent qualquas minutas,
veirem s'espandir à pèrda de vista montanhas e combas, bordas, vilages e ciutats; pèi lo ridèu tornarà
tombar, coma à la fin d'un espetacle plan réglât.

Ara, entre las quatre muralhas, una pichona e pracò
ceremonìa s'organiza. Dôna Tricoire disi ambe
flamba un poème sus Esclarmonda; e llo Capolièr,
tirant de sa pocha una cigala d'argent, réspiHa sul

bêla

pitre d'una mèstra en Gai Saber novèlament nommada;
lo Capolièr complimenta tant-ben dôna Lejeune que lo
Conselh général del Fetibrige a nommada sôci. Qualques mots: plan sentits solinhan la portada d'un tal
gèste en un tal endreit.

�lo

Lo

temps a

romiuvage

231

caminat; la nèit es proche. Ambe regrèt

n' cal anar. Davalam lo penjal plus
l'abèm montât.
se

vite que non

demàrran, e llo viage de retorn serà
de pauza malgrat que traversem la polida
ciutat de Mirapeis abant de ganhar Pamiias e Toloza.
Los

sens

autocars

cap

lases, un pauc tristes, perque la fèsta es fitotjorn triste de veze finir sò que foguèt
bèl —, loá felibres se n'van, los unis cap à la gara ont
prendran un trèn de nèit, los autres cap à l'ostalaria
que los recata o cap à llor ostal. N'i a que flandrinéjan
suis quais de Garona per far durar encara lo plazer e
retardar lo moment de la separacion.
Un pauc

nida

La
es

—

es

Toloza
Santa-Estèla del an que ven !

Santa-Estèla de 1950, la Santa-Estèla de

pasada. Visque la

Maria Baraillk.

(parlar del Mencrhés)

�APRÈS

LA SAINTE-ESTELLE

L'après-midi du 5 septembre 1950, le Comité d'Or¬
ganisation des fêtes de Ste-Estelle, réuni pour la der¬
nière fois au Capitole de Toulouse, entendait le rap¬
port moral du président et le rapport financier du
Commissaire général, les approuvait à l'unanimité,
et, tenant pour

finie

sa

mission,

se

déclarait dissous.

Les membres présents apposaient leur signature sur
le Libre â'Or offert par VEscôla de la Capeleta
au nom de 1'« Eveil Artistique Graulhétois». Ce ma¬

gnifique album en cuir rouge repoussé, orné de la
croix du Languedoc, fut présenté par la gracieuse
félibresse Janine Julié à tous les participants du ban¬
quet de La Coupo qui y inscrivirent leur signature
avec parfois de lyriques et enthousiastes hommages.
Ce livre d'or constituera

un

souvenir précieux.

Il y en aura d'autres, qui prolongeront
cette Sainte-Estelle inoubliable.

l'écho de

La

pièce de Jean Suberville, Goudottli, qui sera,
jour prochain sans doute, applaudie à Toulouse.
La plaque de marbre apposée sur la maison de la
place d'Assézat à l'endroit ou s'élevait probablement
la maison natale du poète toulousain. La nouvelle
édition de Goudouli, édition populaire de morceaux
choisis. Les nombreux articles
comptes-rendus,
chroniques, jugements — inspirés par les fêtes de
Sainte-Estelle dans les journaux et revues de France
et de l'étranger.
un

—

Quelle délicieuse anthologie de prose occitane et
française je pourrais constituer avec les témoignages
de sympathie et d'amitié félibréenne qui nous sont
parvenus,

etdontj'ai déjà donné plus haut un exemple..

�APRÈS

LA

SAINTE-ESTELLE

233

Voici, recueillies au hasard, quelques lignes signi¬
ficatives.

Foudès

vous

dire que

l'acuiônço déu Lengadù

li Prouvençau

soun esta

ravi de

...

Aquelo Santo-Estello m'apareis tout au cop coume uno

vivènto realita e coume un meravihous pantai. E quete
counfort pèr nàutri ! A ! coume es bèn verai que quouro
l'on beu à la Coupo emé lou cor pur e senso rèire pen-

sado, l'on se sènt
mai fraire !...

mai proche lis un dis autre, mai ami,

Que-m escusi hère de nou-b abé encoèro dit lou men
grat per l'arcoelh tant beroy qui het, à Toulouso, aus de

la loue reyne. Que-m moumbrarey toustem
esmabento
d'aquere
Sente-Estèle ...
Febus

e

a

Votre Sainte-Estelle fut une
l'autre ! Elle portera fleurs et
viendrai

splendeur d'un bout à
lruits ! Et je m'en sou¬

...

Crezi pas
vida

d'aver viscut de jorns plan mai urozes de ma

...

Soi estât esmogut

de legir vòstra letra,

e

pena qu'ajèretz de sù que los reprezentants de
e de Graulhet poguèron pas brindar e heure à

de

veze

la

Caramaus
la Copa...

porte pas pesament. Sèni plan contents
escotat, e aquela taulejada de la Copa, la
primièra per nos-autres, nos a donat encara mai de
Que tôt acô
d'aver vist

vam

...

un plaisir de. donner ici le sonnet occitan
le félibre Paul Calvignac, capiscòl de YEscòla
la Capeleta de Graulhet, aurait dit au Banquet
la Coupe.

Ce m'est
que

de
de

vos

e

�JOSEPH SALVAT

234

LO BRINDE DELS UMB LES

Lo

temps, à grand curbèl, sedasa, sens paraula:
Jòías, penas, lu\ors, languinas e solàs
Mas, per uèi, senhoreja, estavanit, l'esglàs,
La rèina Ironda, al cèl deliurat de la graula.
...

Lo

Solelh,

am nos-aus,

tôt

regaudit, s'entailla. ;

Lujis, d'un même gauch, lo rie e lo pauràs.
O Juste Rei-Poton, que nos mesuras pas
L'amplor de tos raïons, sens caujr dins la. taulal
Mon brinde vol, corn el,

Que despartis la Plèba

e

aba\ar lo valat
lo Patriciat,

Tindaires dins lo còr los mêmes caribaris !
Vòl mesclar, sens socins d'autura ni d'argent,
La popularia vot\, e, dins lo même engenh,
Mistral e Godolin, apòstols popularis !

Nombreux

d'ailleurs été les

poèmes inspirés
la Sainte-Estelle. En voici un, dont les paroles
françaises, œuvre de René Clair, sur la musique du
virtuose Deleu, ont été mises en langue d'Oc par
Mlle Baraillé ; je n'en donne que le refrain :
ont

par

A

TOLOZA

Jos lo solelh del Miechjorn,
La vila que ris totjorn
Es
Es

Toloqa,
Toloqa !

D'òrts ont trèva l'a'moros,
De drolletas al èlh dos,
Es Toloqa e son cèl blos.
De repics estrambordats,
De violetas à brasats,

�après

la

sainte-estelle

Es

Tolo^a,

Oc, es Tolo^a !
La Garona, lo Capitòli e lo
Es Lo

235

«rugbi»,

païs mondin !

donner la musique de ce
remarquablement entraînant. Il faudrait aussi
la musique envoyée de Narbonne par le félibre Fagedet sur les paroles de Paul Ormières.
Je regrette de ne pouvoir

chant

CANT TOLOZENC FER

SANTA-ESTÈLA

campanals de Tolo^a
qui lo tòc e l' retòc
e, miranda espectaclo\a,
lèula rampelada blo^a
s'espandis pel Lengadòc.
Demòres pas mai badòc ;
aquì lo tòc e V retòc
dels campanals de Tolo^a.
Dels

A

coplet

I

companhon,
d'au\ir la campana :
clar reson se n' debana

Occitan, ò
venes

lo
de Bordèus à-n-Avinhon,

fòla chavana

ecoma

redòla

son

gai trinhon.

coplet

Quand

an

VI

plan cridat qu'es mòrt,

lo verbe d'Oc recomensa

son camin ; dòna Clemensa
consola son desconòrt,
e tornan à Vòbra immensa
los Set Trobadors dins l'òrt.

�236

joseph salvat

D'un

long, puissant et fervent poème de Mossen

Bartomèu Barcelo, où le poète de Majorque rappelle
d'intenses émotions de la vie occitane des dernières

années, avec les noms d'Anglade, d'Amade, de Baroncelli, au cours des fêtes de Toulouse, Albi, Avi¬
gnon, Coursan, Arles et Castelnaudary, je cite la
première et la dernière strophe.

SANTA-ESTÈLA
Pentecosta es à la porta
i Santa Estel-la en somriu,
car set
Llengùes de Foc viu

per coronar-la li porta :
Pentecosta és a la porta.

Qui enlairàs per ells la Copa
pogués ser-ne herald !

santa i

M'en sento d'enyor malais
i el cor vanament galopa ...

Qui enlairàs per ells la Copa !
Un

des

doyens du Félibrige toulousain, Danton
a fait tenir un Chant Royal imité
d'un Chant Royal de Godolin. En voici le dernier
couplet et l'Explication.

Cazelles,

nous

CANT REIAL
en

l'ounou

de

Goudouli

La pastouro Liris, de soun ort la perleto,
Acampo de maitis sous jantis anhelets
A l'ouro ountle Soulel, desplegan soun aleto^
Demesclo le rambulh de sous pelses foulets.
A l'aurièro del camp persièc sa passejado
Deves les carrilous que menon à la prado
Dount le grand tapis verd, de flous es piquetât,
Del or des pichourlics bèlomen mirgalhat
Mes al bord del cami, primaigo, rarissimo,
...

�APRÈS

LA

SAINTE-ESTELLE

Nolo diusencomen, souleto, al amagat,
La Viuleto de mars que nous meno la

«

237

Primo

».

Toulouso, pèr Liris, vous siò representado
Toulouso, le Soulel de la nostro countrado.
Le Printems es la Pats, qu'a le Bounur soustat
E que nous

balharà l'Estiu de la Bountat.

Goudouli, l'Ourtalà que fèc flouri la Rimo
Coumoulo de noublesso en soun Umilitat:
La Viuleto de mars que nous meno la Primo ».

«

C'est

précisément

aux

violettes de Toulouse qu'une

poétesse provençale, Yolande Cèbe, envoya, de la
Sorgue, après les fêtes de Sainte-Estelle, son salut
poétique accompagnant une photographie de Montségur.
L1

VIOL) LETO

Li vióuleto à

Toulouso

flourisson 'mé fier ta.

Li vióuleto à Vau-cluso
an lou front vergougnous,
amoun lou fres de l'erbo
au

pendent di ribas.

Quand lou fus di sasoun
aura fiela d'anado,
quand li retra de vuei,
escoundu dins un caire,
au

founs d'un tiradou
devengu jaune,

saran

qu'aurés ôublida
bastidano,
en fumant de papié,

e

la pauro

ser, à la vihado,
Mountsegur tournara
vous dire lou remembre
d'uno viôuleto de ribas,
d'uno Vióulando de la Sorgo.
un

�238

JOSEPH SALVAT

Les fêtes de Toulouse ont aussi inspiré, outre les
beaux dessins de Paul Sibra sur le costume toulou¬

sain, dont quelques-uns ont paru dans La Dépêche
(30 avril, 7 mai 1950), une statue originale
et expressive de la sainte patronne du
Félibrige à M.
Caralp, de Castres.
du Midi

Elles ont nourri et agrandi la flamme des félibres
languedociens qui, comme à Carmaux, se constituent
en une vivante école,
Lo Calelh, dont le prochain
Consistoire enregistrera l'adhésion ; elles ont ranimé
la flamme des félibres de la Guyenne qui
ont fondé

à Bordeaux YEscòla

Jaufrc Rudel.

Et la leçon finale de la
en faut une, et c'est le
plus

Sainte-Estelle, — car il
important — est une le¬
çon de confiance. Où est-il, cet inspecteur d'Acadé¬
mie qui écrivait, en 1889 : « Le deuil de la littéra¬
ture provençale aura été mené
par un poète de race,
le noble Mistral, qui l'eût sauvée de la
ruine, si elle
avait pu Fêtre, et qui dans sa tombe emportera un
jour, pour l'y garder, la gloire des troubadours et
celle des félibres

».

Mistral est mort, oui. Mais son œuvre se perpétue,
et la
langue d'Oc n'est pas près de mourir. Nous en
avons eu la preuve. La
langue d'Oc est vivante, et
l'Ame occitane plus ardente que jamais.

Cependant, il faut

que chacun suive le Maître, et
permette pas que croule le monument mystique.
« En
dépit de la vague qui le sape, apportez votre
pierre pou-r hausser le monceau ».
ne

jE, mau-despié

De l'erso que lou sapo,
Adusès vosto clapo
Pèr mounta lou clapié.
Ainsi chantait Mistral pour

le Cinquantenaire du
en attendant de célé¬
glorieux Centenaire.

Félibrige. Ainsi chantons-nous
brer,

en 1954, son

Joseph SALVAÌX

�BOLEGADISA

OCCITANA

LO REMEMBRE
De novembre 1949 à
an

junh 1950, los escolans del Remembre

manifestât à Narbona una bêla activitat.

Corses de literatura

occitana (Paul Ormières).

Albarel et la Cigale
Mir et Fourès.
Estieu et Perbosc.
Le

Narbonnaise.

Félibrige.

Birat et Jasmin.

XVIII"1" siècles.
XIV'"% XVme et XVl,ne siècles.

Les XVII"" et
Les

Corses d'istòria

mièchjornala (Andriu Mècle).

Narbonne avant la Croisade contre les Albigeois.
Narbonne cité des négociations politiques et reli¬

gieuses (2 conf. ).
de Narbonne et la Croisade (2 con¬
férences).
Les Vicomtes, les Evèques et les Consuls.

Les Vicomtes

Doas

felibrejadas son estadas tengudas, cô de dôna Marmes de mars, cô del senhe Mècle al mes de mai. •

tinolle al

La Santa-Estèla de 1951 se

deu celebrarà Orlhat (Aurillac)

per Pentacosta. Coneisèm'pas encara
L'Escolo deras Pircnèos a tengut en
acamp

lo programe.
vila d'Ax (Arièja) son.

annadièr lo. 6 d'agost 1950.

L'Escole Gastou-Febus a
Mont-de-Marsan los 23, 24,

célébrât sa testa annadièra
25 de setembre.

al

Perpinhan, lo 24 de setembre, se tenguèron los Jocs
Llengua eatalana. Lo Gai Saber ne parlarà.
Parlarà tant-ben dels Corses de Vacansas occitans-catalans
•de Ripôll e Sant-Cugat.
A

Florals de la

Lo 23 de décembre es estada votada la Lei Deixonne rapôrt al ensenhament dels dialectes locals.
t^Lo'numerò venent del,Gaz' Saber portarà lo texte de la lei
amb "un estudi istoric de nòstre amie lo majorai P.-L. Ber-

•thaud.

�BOLEGADISA

24°

OCCITANA

Es un plazer grand per la Direccion4e complimentai' qualques-uns de nôstres escolans :
Jôrdi Boyer, de Carcasona, nomat protonotari apostolic

Canonge Jôrdi Boyer, grand vicari de Carcasona, nomat
prélat de Sa Santetat » : li direm doncas « Monsenhor ».
Albert Sarraut, qu'a prezidit l'Asemblada de Pau e qu'es
estât convidat à faire en Indo-China un viage d'onor ;
General Duin, nomat grand-oficièr de la Légion d'Onor.
Delnondedieu, qu'a obtengut la crotz de la Légion d'Onor
(Ministèri del Comèrei).
Dona Edoard Privât, que tant-ben a obtengut la crotz de
la Légion d'Onor.
«

UN POLIT LIBRE

en

soscripcioD.

RONDEAUX

POUR

URGÈLE

de nôstre amie lo bèl trobaire Albert Pestour,.ondrat de 15
bôzes originals de nôstre escolan Joan Druïlle, ancian pensionari de la Casa Velasquez.
500 fr. ;

1000 fr. ; 1500 fr. segon lo papièr.
soscripcion à l'adresa : M. Jean Druïlle, 60,
Quai de Tounis, Toulouse, c/c. post. Toulouse 1150.48.
Mandar la

Regretam la môrt del rector Jozèp Gheusi (Toloza, 14 de
juillet), qu'ajudèt bèlament per la celebracion de la SantaEstèla de Toloza ;

del doctor Solé i Pla ( Barranquilla, Colombia, 31
tobre ), ancian prezident dels Volontaris Catalans
Granda Guèrra e fervoros-amic de l'Occitania ;

d'oc¬
de 1a.

del abat Bergey, ancian députât ( Sant-Emilion, 31 de dé¬
cembre), bèl predicaire gascon, que laisa un remirable libre
de-poezia, Ma Garbeto.

Que Santa-Es-tèla los recate dins

son

Paradis !

Cri-CI^
•

Imp. d'Editions Occitanes, Castelnaudary.

y»

Le Gérant: J. SALVAT.

�Caries GRANDO
Lois ABRIC

Anna-Marïa

:

Brinde

:

217

A Goudouli

219

PONROUCH-PETIT
Toloza

Juli CUBAYNES

A las rèinas de

:

221

Nôstra lenga

Rogièr BARTHE : Brinde

223
224

Edoard de TAPPIE

225

Maria

:

BARAILLÈ

Brinde

:

Lo

:

Romiuvage à Muret

Mont-

e

227

segur

Joseph SALYAT : Après la Sainte-Estelle
Paul CALVIGNAC

:

232

....

Lo brinde dels umbles

.

.

234

.

BARAILLÉ : Es Toloza !
ORM1ÈRES : Cant lolozenc

Maria

234

Paul

235
236
236
237

Bartomèu BARCELO

:

Santa-Estèla

Danton CAZELLES : Cant reial

CÈBE

Vióulando

Cri-Cri

:

:

Li Viôuleto

239

Bolegadisa Occitana
Lo Remembre

Vient de

paraître

:

GOUDOULI
beau volume de XXXVI

—

188 p.

contenant
une

étude

Grand in-12 carré,

:

historique et littéraire sur Godolin ; un
de poèmes et proses de Godolin :

adresses, fantaisies, l'amour,

choix

la table, la patrie, Dieu,

pièces accompagnées de notes explicatives
un lexique des mots rares et difficiles
volume préparé par M. l'abbé Salvat
Chez

Privât, éditeur, 14, rue des Arts,

C.C.P. Toulouse 117.240

Toulouse

(.prix, port compris 350

1rs.)

��</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="654182">
            <text>Midi-Pyrénées</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="654183">
            <text>Languedocien</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="130">
        <name>Graphie</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="654184">
            <text>Graphie classique / Grafia classica</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="716107">
            <text>Revistas literàrias e artisticas = Revues littéraires et artistiques</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654158">
              <text>Lo Gai Saber. - Annada 31, n° 236 julhet-decembre 1950</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654159">
              <text>Lo Gai Saber. - Annada 31, n° 236 julhet-decembre 1950</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654160">
              <text>Littérature occitane -- Histoire et critique</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654161">
              <text>Poésie occitane</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654162">
              <text>Occitan (langue) -- Orthographe</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654163">
              <text>Salvat, Joseph (1889-1972). Directeur de publication</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654164">
              <text>Bibliothèque municipale de Toulouse, P15053</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654165">
              <text>Escòla occitana (Toulouse)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654166">
              <text>impr. d'Editions Occitanes (Castelnaudary)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654167">
              <text>1950-07</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654168">
              <text>2019-03-06 FB</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654169">
              <text>Domaine public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654170">
              <text>Licence ouverte</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654171">
              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/d9ab51592e8c837c2d0ce1ad5f93509b.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654172">
              <text>http://www.sudoc.fr/039236943</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654173">
              <text>Lo Gai Saber (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/13154"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654174">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654175">
              <text>1 fasc. (pp. 122-240) ; 22 cm</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654176">
              <text>oci</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654177">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654178">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654179">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654180">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654185">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/20766</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654187">
              <text>FRB315556101_P15053_1950_07_12_236</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654186">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Lo Gai Saber&lt;/em&gt; est une revue litt&amp;eacute;raire occitane publi&amp;eacute;e depuis 1919. La rubrique &lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt; est consacr&amp;eacute;e &amp;agrave; la po&amp;eacute;sie, la rubrique &lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt; donne des informations sur l'actualit&amp;eacute; de l'action occitane. La revue fait aussi &amp;eacute;cho des publications du domaine occitan et des r&amp;eacute;sultats du concours annuel de po&amp;eacute;sie occitane de l'Acad&amp;eacute;mie des Jeux floraux.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654188">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Lo&amp;nbsp;&lt;em&gt;Gai Saber&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es una revista liter&amp;agrave;ria occitana publicada dempu&amp;egrave;i 1919. La rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;L'&amp;Ograve;rt dels trobaires&lt;/em&gt;&amp;nbsp;es consacrada a la poesia, la rubrica&amp;nbsp;&lt;em&gt;Bolegadisa occitana&lt;/em&gt;&amp;nbsp;balha d'informacions sus l'actualitat de l'accion occitana. La revista se fa tanben lo resson de las publicacions del domeni occitan e dels resultats del concors annadi&amp;egrave;r de poesia occitana de l'Acad&amp;egrave;mia dels J&amp;ograve;cs florals.&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="37">
          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654193">
              <text>Philadelphe de Gerde (1871-1952)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654194">
              <text>Laporte, Lucien</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654195">
              <text>Reynier, Pierre</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654197">
              <text>Mècle, Jacques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654290">
              <text>Toulze, Sylvain (1911-1993)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="654291">
              <text>Baraillé, Marie (1895-1968)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654189">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654190">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654191">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="654196">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="878179">
              <text>Bibliothèque de Toulouse</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="260">
      <name>Escòla occitana</name>
    </tag>
    <tag tagId="1908">
      <name>grafias de l'occitan = graphies de l'occitan</name>
    </tag>
    <tag tagId="1053">
      <name>Poesia occitana = poésie occitane</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
