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Tipe : Practica festiva / Data : 2012

S'inscrivant dans le cycle des festivités hivernales, les halhas et socas de Nadau constituent deux pratiques traditionnelles de feux rituels. Autrefois particulièrement répandues en Gascogne, il en demeure aujourd'hui encore traces et pratiques.

 

Halhas de Nadau

Du latin facula,halha en dialecte gascon, haille en français, est un rituel de protection des récoltes. Bien que la tradition soit moins répandue aujourd'hui, ce rite agraire était autrefois particulièrement respecté, alliant bûchers ou brandons (ensembles de petites branches sèches surmontées d'un bouchon de paille ou d'enveloppes de maïs imbibés de résine), échanges intergénérationnels et chants à vertu incantatoire.

 

Ces feux de Noëls, feux fixes ou feux mobiles, parfois combinaison de ces deux formes selon les régions concernées, sont attestés dans différents espaces d'Aquitaine. Au cours des époques, différents auteurs et chercheurs se sont penchés sur la question des halhas, proposant définitions et témoignages de la pratique.

 

L'abbé Césaire Daugé dans Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons (trois volumes, 1916-1930), l'ethnologue Arnold van Gennep (Le folklore français. 3, Cycle des douze jours, de Noël aux Rois ), puis René Cuzacq (Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais, Mont-de-Marsan, [s.d] ) entre autres auteurs, apportèrent tour à tour dans leurs ouvrages des clés de compréhension de cette pratique dans l'espace gascon. Ces écrits furent plus récemment complétés par les travaux menés par Patrick Lavaud dans les années 1980 (1), particulièrement sur la pratique des halhas en Bazadais. L'ensemble de ces ouvrages ainsi que les diverses enquêtes ont permis de discerner peu à peu les contours de l'espace concerné par cette pratique et le réseau de signification l'entourant.

 

On distingue généralement deux types de feux de noël en Gascogne, les feux mobiles d'une part, souvent pratique à caractère familial ; les feux fixes d'autre part, regroupant généralement la communauté autour d'un rituel collectif (2). Ce dernier type fut identifié pour la zone de la Chalosse. Nous trouvons trace de ces feux également en Béarn, dans les environs de la ville d'Orthez, ainsi que dans certaines zones du proche Pays Basque. Des halhas sont également attestées dans la Grande Lande, grâce aux témoignages apportés à ce sujet par Félix Arnaudin - malheureusement non édités - tout comme dans le Bordelais, selon les Macariennes de l'Abbé Girardeau (XVIIIe siècle)(3).

 

Allumées lors de la veillée de Noël, à l'occasion de la Saint-Jean d'hiver, les halhas constituent un rituel agraire dont la signification et les origines ont fait l'objet de débats entre ethnologues et chercheurs, soutenant ou rejetant la dimension solsticiale de cette pratique. Traditionnellement faites de ronces et de branchages dans leur version fixe, les halhas s'accompagnent parfois de brandons, qui entrent dans la pratique des feux mobiles. Dans le cas de ces derniers, une personne, le plus souvent le patriarche du foyer, est en charge de la cérémonie. Muni de brandons, celui-ci fait le tour de la propriété, assurant par ce biais sa protection et le succès des récoltes à venir.

 

Rituel agraire, le feu lui-même s'accompagne le plus souvent de chants à vertu incantatoire, entrant dans le processus de protection des récoltes. Sur une base commune, ces chansons présentent des variations d'une région à l'autre.

En voici un exemple recueilli par l'abbé Césaire Daugé (4):

"Halhe Nadau,/ Halha Nadau / Haille de Noël

Lou trip au pau/ Lo trip au pau/ La saucisse sur le pieu

Lou gat ou hum/ Lo gat au hum/ Le chat dans la fumée

Pum !/ Pum !/ Pum !

(version originale et version présentée dans une graphie normalisée, ainsi que traduction française).

 

D'autres versions proposent pour leur part : "La poule au toupin/ Couradje vesin (la poule au pot/ Courage voisin)" ou selon la version elle aussi rapportée par l'abbé Césaire : "Lous escuts a la paret/Bé t'ous couelhe".

 

La première version ici présentée, faisant évocation du chat là où d'autres se concentrent sur la question des champs, fait apparaître un autre pan des rites et des légendes alors en cours en Gascogne. Rite agraire, il est également possible que les feux de Noël aient été considérés comme des sorts visant la protection des foyers et de la communauté contre les sorcières et loups-garous. Ceux-ci étaient en effet réputés particulièrement actifs durant la nuit du 24 au 25 décembre selon les croyances populaires (5). Symboliquement, le chat se rattache à ces croyances et de nombreux textes et récits rapportent, en Gascogne comme ailleurs, des scènes de chats envoyés dans les flammes. Le cri de Pum parfois ahum voire hoü figure d'ailleurs comme un contre-sort, identifié d'ailleurs comme tel par Simin Palay dans son Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes (6), qui y voit le cheminement du terme hum (fumée en gascon) à hum : courir comme le vent. Un cri, Hum, également poussé du côté du Gave d'oloron pour faire peur et chasser les sorcières, précisément la veille de Noël.

 

Les feux de Noëls, dont la pratique était en recul jusque dans ces dernières années, perdurent malgré tout dans cette région. Certains foyers, comme du côté de Bazas, retrouvant d'ailleurs une nouvelle vigueur suite aux travails menés à la fin du XXe siècle sur ces questions, et se réinventant sans cesse.

 

 

 

La soca de Nadau

 

A la pratique des halhas en extérieur, fait pendant celle de la bûche de Noël, portant en gascon des noms différents : soca,catsau,capdau,lo soc... selon le lieu où cette coutume était pratiquée.

 

Une enquête menée au XIXe siècle par Dieudonné Dergny (7), donne quelques informations sur les zones gasconnes concernées par cette pratique : Pays de Born, Marensin, Chalosse, Bigorre, Astarac, Comminges, Nébouzan et Lomagne, ainsi que quelques localisations dans le Gers et les Hautes-Pyrénées.

 

Les informations fournies sur le sujet par les auteurs et chercheurs successifs, Dieudonné Dergny, l'abbé Laborde en Béarn, le landais René Cuzacq ou l'ethnologue français Arnold van Gennep, témoignent d'une certaine diversité de pratique, tant sur la nature du bois utilisé (chêne, pin, mais également bois d'arbres fruitiers à lente combustion) et la durée de combustion espérée. Celle-ci peut ainsi varier d'une nuit en Béarn selon l'abbé Laborde, à neuf journées consécutives dans les Landes aux dires de René Cuzacq (8). La coutume de la bûche de Noël, mise dans l'âtre la veille de Noël, a cependant partout en commun la volonté d'assurer la protection du foyer, le respect du délai de combustion faisant office de bon augure pour l'année à venir.

 

Cette coutume de la bûche de Noël que l'on retrouve également dans d'autres espaces occitans, ne semble pas s'être accompagnée en Gascogne d'un chant ou d'une incantation particuliers. Ce rite inscrit dans le Cycle des douze jours séparant Noël du jour des Rois, s'entoure toutefois d'un certain nombre de proverbes et supersititions, lié à ses vertus propitiatoires.

 

 

Notes:

  1. Lavaud,Patrick,"La halha de Nadau dans le Bazadais" in Les Cahiers du Bazadais, n° 81, 2ème trimestre 1988, pp. 45-52.

  2. Lavaud,Patrick, "Halhas de Nadau en Vasadés" in Son d'Aquí, site du patrimoine oral et festif en Aquitaine (www.sondaqui.com).

  3. A ce sujet consulter VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France, Paris, Stock, 1924, Tome I, volume 8.

  4. DAUGÉ, Césaire, Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons, Paris : A. Picard ; Bordeaux : Féret et fils ; Duhort-Bachen : C. Daugé, 1916-1930. p.286.

  5. TRAIMOND, Bernard, Sur des rituels de protection en Gascogne, communication faite dans le cadre du Groupement de Recherches en Ethnologie Landaise (G.R.E.L.), article non publié. Cité dans Halhas de Nadau en Vasadés, Son d'Aquí.

  6. PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961. Article Ahumes.

  7. DERGNY, Dieudonné, Usages, coutumes et croyances, 2 vol., Abbeville, 1885 et 1888.

  8. CUZACQ, René, Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais; Mont-de-Marsan, Jean-Lacoste, [s.d].

 

 


Bibliographie:

CUZACQ, René, Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais; Mont-de-Marsan, Jean-Lacoste, [s.d].

DAUGÉ, Césaire, Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons, Paris : A. Picard ; Bordeaux : Féret et fils ; Duhort-Bachen : C. Daugé, 1916-1930.

FOIX, Vincent, Dictionnaire gascon-français (Landes), PESSAC,Presses universitaires de Bordeaux, édition de 2003.

Lavaud,Patrick,"La halha de Nadau dans le Bazadais" in Les Cahiers du Bazadais, n° 81, 2ème trimestre 1988, pp. 45-52 

PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961.

VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France, Paris, Stock, 1924, Tome I, volume 8.

 

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Libre / Data : 189.
Recueil de contes béarnais mis en vers par Alexis Peyret
Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Libre / Data : 1890

Instituteur de profession, Jean-Victor Lalanne a travaillé dans le Pays Basque puis dans le Béarn. Cependant des problèmes de santé l’ont contraint à arrêter cette activité.

Durant ce congé forcé, il s'emploie à travailler pour la mairie d'Orthez où il rencontre le Catdet de Hourcadut avec qui, lors de sa mutation à Lucq de Béarn, il entretient des échanges épistolaires.

C'est lors d'une recherche sur les proverbes et des couplets nuptiaux pour le Catdet de Hourcadut que Lalanne tombe sur des histoires et des contes écrits en Béarnais. Pour les valoriser, il demande alors au Catdet de Hourcadut de les conter mais celui-ci refuse, affirmant qu'il n'a pas les capacités d'écriture nécessaires.

Quelques années plus tard, le libraire Cazeau publie les contes adaptés par J.-V. Lalanne sous le nom de Coundes biarnés coelhuts aus parsâs mieytadès dou pèys de Biarn.

Coundes Biarnès dont la préface a été rédigée par Bascle de Lagrèse, est à l'époque une nouveauté car peu d'œuvres en proses ont été publiées en Béarnais. Ce n'est que trente quatre ans plus tard que les échanges épistolaires entre Jean-Victor Lalanne et Le Catdet de Hourcadut ont été publiés complétant enfin Coundes Biarnès.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Libre / Data : 1872

L'imitation de Jésus-Christ a été écrit fin XIV ème - début XV ème siècle par un auteur anonyme. Cette œuvre en latin (De imitatione Christi) est un grand classique de la foi Chrétienne et l'un des livre le plus diffusé en Europe, après la Bible, de la fin du Moyen Âge jusqu'au début de l'époque contemporaine.

Il connait à partir de 1470, grâce à la naissance de l'imprimerie, une diffusion massive et continue. Traduit dans un grand nombre de langues, il rencontre plusieurs courants spirituels tel que la Réforme, l'humanisme Chrétien, la Contre-réforme, le Jansénisme et suscite l'intérêt de nombreux éditeurs, illustrateurs et traducteurs.

En 1870, l'Abbé P. Lamaysounette publie une traduction de ce texte en béarnais. La deuxième édition, ici mise en ligne, est augmentée de la messe, des vêpres et d'anciennes prières béarnaises. L'auteur explique dans une introduction la prononciation de la langue dans laquelle il écrit.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Libre / Data : 1911

Lou Prousèy d'û Biarnés est le deuxième recueil de contes écrit par Jean-Victor Lalanne. Le premier recueil, Coundes biarnés, couéilhuts aüs parsàas miéytadès dou péys dé Biarn, est issu d'un échange épistolaire avec le Catdet de Hourcadut. En effet, c'est lors d'une recherche sur les proverbes et des couplets nuptiaux pour le Catdet de Hourcadut que Lalanne tombe sur des histoires et des contes écrits en Béarnais.

Pendant plusieurs années, Jean-Victor Lalanne (1849-1925) a recueilli, dans son village natal de Bellocq (Pyrénées-Atlantiques) puis dans d'autres localités, les contes qu'il a mis en forme dans ce recueil.

Les contes réunis dans cet ouvrage concernent trois grands thèmes principaux :

  • Les animaux
  • L'inspiration religieuse
  • les catégories sociales (et notamment la noblesse)

 


Le premier recueil de J.-V Lalanne, Coundes biarnés, couéilhuts aüs parsàas miéytadès dou péys dé Biarn est également présent dans Occitanica, vous le trouverez ici.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Libre / Data : 1911

Ce n'est seulement que quarante ans après sa mort que le chanoine Raymond Quidarré rend hommage à Vincent de Bataille-Furé (1799-1872) en publiant une partie de ses œuvres, notamment celles qui ont été couronnées aux "Jeux floraux de Toulouse" ainsi que celles primées par la Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers.

 Comme le disait Lamartine : "la poésie n'était pas mon métier, c'était un accident, une aventure heureuse, une bonne fortune dans ma vie...". Vincent Bataille est devenu poète sans trop s'en douter. La poésie était pour lui le "papier journal de ses impressions" et la confidente de ses rêves. 

Impressionnable et sensible, deux qualités qui selon lui font de bons poètes, il puise dans trois principales sources d'information : sa famille, le Béarn et la religion.

 Quidarré, auteur de la préface, qualifie l'œuvre de naturelle et sensible. Pour étayer son argumentation, il cite Pascal (Les Pensées).

"Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi, car on s'attendait de voir un auteur et on trouve un homme"

 Ce volume réunit des poésies variées permettant au lecteur de se faire une juste idée de l'écrivain et du poète que fut Vincent Bataille. 

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Numèro de revista / Data : 1897
Reclams. - mars-avril 1897 - N°2 (1ère Année).

Revue numérisée avec le concours de l'InÒC-Aquitaine
Mise en ligne : 16/01/2020
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