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Subject : Incunables -- Occitanie
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Incunables occitans : los primièrs libres imprimits en occitan (sègle XV)
Incunables occitans [ficha enciclopedica]

Définition

On désigne par « incunable » - du latin incunabula : le berceau, le commencement - les premiers livres imprimés au cours du XVe siècle, même si les caractéristiques du livre moderne apparaissent selon les régions au cours du premier quart, voire du milieu du XVIe siècle. Les incunables sont donc les livres imprimés « de première génération », aux formes encore proches du livre manuscrit (codex) du Moyen Âge au point que certains sont encore enluminés : « Les caractères utilisés restent les lettres gothiques, longtemps prédominantes pour les textes religieux, et les textes comportent de nombreuses abréviations » [note].

Caractéristiques

  1. Les langues des incunables

LIncunabula Short Title Catalogue (ISTC) [note], base de données bibliographiques internationale recense plus de 30’000 éditions de livres imprimés antérieurs à 1501, dont une grande majorité en latin. Vient ensuite l’italien avec près de 2’500 titres et le français avec près de 1800 titres. La péninsule ibérique, qui connaît plus tardivement l’arrivée de l'imprimerie, est représentée par 437 éditions recensées en espagnol (castillan) et 138 en catalan. L’ISTC ne recense pour la France qu’un seul incunable en breton [note].
Dans l’espace occitanophone, les premiers ateliers d’imprimerie s’installent à Albi en 1475 puis Toulouse en 1476, mais c'est sur des presses italiennes, à Turin, qu'est imprimé en 1492 le premier incunable en occitan, Lo Compendion de l’Abaco. Avec trois éditions connues, le corpus des incunables occitans est très faible au regard du corpus francophone, ou même catalonophone et révèle déjà l’état du rapport de force entre l’occitan et le français dans la production et la diffusion écrite des savoirs à la veille du XVIe siècle, au large bénéfice du français. Pour autant, la langue occitane, héritière d’une scripta littéraire, scientifique et administrative importante et prestigieuse au Moyen Âge, demeure à l'orée de l'époque moderne une langue d’écriture et de diffusion savante, la plupart des autres langues vernaculaires de l’actuel territoire français, voire de l’Europe occidentale, n’ayant aucune édition ancienne.

2. Les incunables « occitans »

C’est assez tardivement, dans les toutes dernières années du XVe siècle, qu'apparaissent les premiers incunables en occitan avec Lo Compendion de l’Abaco, œuvre du niçois Francés Pellos, imprimé à Turin en 1492. Issu du milieu du négoce c'est ouvrage est d’un usage pratique, son but est d'apporter les rudiments mathématiques nécessaires au bon exercice du commerce maritime. C'est pourquoi ces traités d'aritshmétiques commerciales sont rédigés dans les langues d'usage des marchands : occitan, italien, français, etc. et non en latin, langue de la majorité des incunables. Lo Compendion de l'Abaco, qui figure parmi les premiers traités de calcul imprimés, témoigne de la place qu'occupe la langue occitane dans les échanges commerciaux dans la région niçoise à l'aube de la Renaissance.
 
Les deux autres incunables occitans connus concernent le domaine religieux. Le premier, œuvre d’un niçois, comme le Compendion de l’Abaco, a pour titre : Tratat del Rosari de l’intemerada Verge Maria segunt la determination de diverses Dotors. Le second, sorti des presses toulousaines d’Henri Mayer, est une traduction occitane du Doctrinal de sapience ou Doctrinal aux simples gens, œuvre d’explication de la doctrine chrétienne et traité de morale rédigé au milieu du XIVe siècle, souvent attribué à Guy de Roye. Dans ce dernier cas, le choix linguistique s’explique par la fonction didactique du livre, à destination de prêtres ou de lecteurs ne lisant ni le latin, ni le français. Cet incunable est à rapprocher des impressions religieuses toulousaines en occitan du début du XVIe siècle, toutes traductions de textes à visée didactique. Le Doctrinal de Sapiensa connaîtra d’ailleurs une nouvelle édition en 1504.
 

Bibliographie