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Tipe : Site patrimonial
Sur l’ancienne Caulada (“place aux choux”, ancienne place du marché) se dresse l’actuel Hôtel de Ville de Narbonne. Entre ces murs, qui abritaient auparavant la résidence des archevêques de Narbonne - parmi les plus riches et les plus puissants de leur époque -, se trouve le Musée d’archéologie et, en son sein, un ancien plafond peint du Palais Vieux des Archevêques.

Le plafond est entièrement peint : les poutres portent un décor floral qui rythme l'espace, les consoles sont décorées d'élégants enroulements végétaux, mais le plus spectaculaire ce sont les décors des closoirs (planchettes positionnées entre 2 poutres) : les animaux y sont nombreux, en particulier les oiseaux . Ils cohabitent avec quelques scènes guerrières. Il est plausible que le commanditaire du plafond avait  encore présents à l'esprit les terribles combats qui opposèrent les fidèles du Pape et du Roi de France à de nombreux Occitans au cours des guerres dites, aujourd'hui, « cathares » .  



Plafond peint du Palais des Archevêques de Narbonne : vue générale

Restauré dans les années 1940, c’est vraisemblablement l’un des plus anciens plafonds peints de la région. Cette charpente, qui , au sein du palais archiépiscopal, ornait une vaste salle dont on ne connaît pas la fonction, exprime la puissance des archevêques de Narbonne . L’issue de la croisade contre les Albigeois au cours de laquelle, en 1212, le légat pontifical Arnaud Amalric devient archevêque de Narbonne, accroît leur fortune et leur pouvoir sur les seigneuries concurrentes, de même que leur engagement dans la Reconquista. Ils furent par la suite proches des rois de France et au XIVe siècle, des papes d’Avignon.

Nom de l'édifice :

Musée archéologique de Narbonne

Localisation :

Narbonne, Hôtel de Ville

Fonction d'origine de l'édifice :

Lieu de résidence et d’administration des archevêques de Narbonne.

Fonction actuelle de l'édifice :

Musée d’archéologie, locaux de l’Hôtel de Ville.

Datation :

XIIIe siècle

Éléments remarquables

La salle elle-même (14 m de long, 6 m de large, 6 m de haut) est d’une architecture remarquable : le mur oriental notamment, très mince (environ 30 cm) malgré sa hauteur, fait en petit appareil antique remployé, et renforcé par de grands arcs formerets.


La salle touchait au Sud à la chapelle de la Madeleine, avec laquelle elle ne communiquait pas : à l’époque la circulation se faisait à l’extérieur, par une galerie disparue.

Corbeaux et poutres sablières richement ornés

La charpente de cette pièce, montée sur 33 poutres, est exceptionnelle. Elle a quelques ressemblances avec la Loggia de la reine au Palais des Rois de Majorque à Perpignan, (fin du XIIIe siècle). Mais ici, les poutres ont été datées par dendrochronologie (étude des cernes de croissance des arbres) du premier quart du XIIIe siècle : donc en pleine croisade des Albigeois.

Les 33 poutres reposent sur des corbeaux, eux-mêmes posés sur une poutre sablière. Pas d’assemblage en bois, mais de longs clous traversants fixent la poutre aux corbeaux; poutre et corbeaux ont été assemblés au sol et hissés ensemble. Deux rangées de planchettes, glissées dans des fentes ménagées dans les poutres et les corbeaux, cachent les « trous noirs » entre les poutres. Les planches constituant le plafond (et, en même temps, le plancher de l'étage supérieur) viennent sur les poutres : des couvre-joints cachent les jointures entre les closoirs et entre les planches.

Tout l’ensemble est peint, en partie au sol, avant d’être mis en place. Les analyses physico-chimiques ont montré un curieux mélange d’emploi de pigments peu coûteux, grossièrement broyés et d’un rouge précieux, venu d’Asie, le lac-laque, pour la couche supérieure du fond, aux effets de brillance.

Détail : animal bondissant

On y voit des dessins géométriques, des arbres, des animaux bondissant, des oiseaux dans un style d’influence espagnole. Les scènes de guerre sont nombreuses, mais les combats entre fantassins sont un thème rare à l’époque de la chevalerie triomphante.

Un éléphant et une machine de guerre occupent la tranche des corbeaux dans l’angle nord-est. La machine détruit les murs d’une ville d’où tombe un combattant noir (c’est-à-dire, à l’époque, mauvais).

L’absence de représentations héraldiques, très fréquentes sur les plafonds peints médiévaux, s’explique peut-être par l’ancienneté du décor de cette salle.

Tranche des corbeaux de l'angle Nord-Est représentant un éléphant
Détail : chevalier tombant d'une muraille

Statut de protection

Classement au titre de Monuments historiques par liste 1840 et 8/07/1937.

Mise en ligne : 18/09/2018
Tipe : Site patrimonial

Histoire du fonds

La bibliothèque possède 20 000 livres anciens, 293 manuscrits, 10 incunables, 37 atlas, 137 cartes et plans. Elle fut fondée en parallèle de la Commission archéologique, par arrêté de M. Tessier, préfet de l'Aude, du 21 octobre 1833.

  Déjà en 1792, des mesures avaient été prises par les administrations locales et départementales pour la création d'une bibliothèque publique. Le but poursuivi par la Commission archéologique et le préfet est alors similaire: « fonder un musée et une bibliothèque publique qui devait réunir

« tous les ouvrages publiés par des auteurs qui sont nés à Narbonne ou dans l'arrondissement ou qui y ont passé leur vie; tous les ouvrages imprimés à Narbonne depuis l'introduction de la typographie dans cette ville; tous les ouvrages concernant la biographie des Narbonnais qui se sont distingués à quelque titre que ce soit : l'histoire civile, politique et religieuse du pays... ».

(cf. Patrimoine des bibliothèques de France. Tome 7, p.152).

Des fonds provenant des habitants de Narbonne lors de la fondation de la bibliothèque, puis de nombreux legs, tels ceux de MM.Jalabert (divers), Barathier (livres, gravures, dessins), Cartault (littérature), Bonnel (livres, manuscrits, cartes et plans), Tallavignes (droit, médecine), Boussaguet et Sernin (médecine, ouvrages anciens), Martin (sciences et agriculture).

Plus récemment la bibliothèque a bénéficié du legs Paul Albarel, félibre narbonnais du début du siècle. Les fonds anciens, rares et précieux, proviennent de legs et de dons de membres de la Commission archéologique et littéraire de Narbonne ; et contiennent notamment des documents relatifs à l'archéologie et à l'histoire de Narbonne.

Le fonds ancien comprend 15 000 ouvrages, cartes et plans. Les documents qui composent ce fonds datent essentiellement des XVIIIe et XIXe siècles. Les livres de droit, de médecine, de voyages, d’art, sont les plus nombreux. Par leur format, la beauté de leurs gravures, certains sont spectaculaires. C’est le cas de la Description de l’Egypte, ou recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’expédition de l’armée française (imprimée à partir de 1809), les Monuments de l’Egypte et de la Nubie (1835) par Jean-François Champollion, l’œuvre du graveur italien Giovanni-Battista Piranesi publiée en 1835-1837 sous l’égide de son fils Francisco, les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France (1825-1835) sous la direction du Baron Taylor.

Modalités d'entrée :

achat

Accroissement :

 

Description du fonds

Quelques-uns des ouvrages du fonds ancien sont en occitan ou concernent les problématiques occitanes.

- Annales du Midi: CM 5529(9) – 054 ANN. Annales du Midi, 17e année : 1905 – 18e année : 1906 - Toulouse : Privat ; Paris : Picard, [1906]. - 600- 576 p ; 25 cm Vol. 9/19.

CM 5529 (9) Revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale. Les articles des années 1905 et 1906 ont été réunis en un seul volume. Ce volume contient en particulier : Poésies provençales inédites, d'après les manuscrits de Paris/ Jeanroy.

Lou tresor dou felibrige: AM 304 (1), Am 304(2) – 449.3 MIS. (2 volumes) Lou tresor dou felibrige ou dictionnaire provençal- français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne, tome premier : A- F / Frédéric Mistral. - Aix- en- Provence : Remondet- Aubin, s.d.. - 1196 p ; 32,5 cm Vol. 1/2. Tome second : G- Z / Frédéric Mistral. - Aix- en- Provence : Remondet- Aubin, s.d.. - 1165 p ; 32,5 cm Vol. 2/2

Notices et extraits manuscrits de la bibliothèque du roi – BM 2(13) – 091 NOT Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque du roi et autres bibliothèques, publiés par l'institut royal de France, tome 13, Paris, Imprimerie de la royale, 1838. - 775 p ; 26 cm + 4 pages de planches BM 2 Vol 13/37 (13). Parmi de nombreux articles, ce volume contient : Notice de Flamenca, poème provençal, manuscrit de la bibliothèque de Carcassonne n° 68. Les sources de l'histoire du Languedoc d'après les inventaires des archives narbonnaises – CM 3938 – 840.8 TIS Tissier, Jean. Les sources de l'histoire de Languedoc d'après les inventaires des archives narbonnaises / Jean Tissier, Narbonne, Caillard (Fait partie d’un recueil ; à l’origine, il s’agit d’un article paru en 1911 dans le t.11 du Bulletin de la commission archéologique de Narbonne).

La Sègo – BM 1399 -940 SEG La Sègo : poésies occitanes avec traduction française de l'auteur / Auguste Fourès, décorées de bois gravés originaux par Jane, Auguste et Achille Rouquet BM 1399 Recueil.

Dictionnaire de la langue française Emile Littré AM 301 (1), AM 301 (2), AM 301 (3), AM 301(4) - 443 LIT Dictionnaire de la langue française tome premier, première partie H / E. Littré. - Paris : L. Hachette et Cie, 1863. - LIX- 944 p ; 33 cm. Vol. 1/4. Dictionnaire de la langue française, tome premier, 2e partie : D- H / E. Littré. – Paris, L. Hachette et Cie, 1863. - 1135 p ; 33 cm Vol. 2/4. AM 301 (2) Dictionnaire de la langue française tome second, première partie : I- P / E. Littré. - Paris : L. Hachette et Cie, 1869. - 1396 p ; 33 cm Vol. 3/4. AM301(3) Dictionnaire de la langue française, tome second 2e partie Q-Z/E Littré –Paris, L Hachette et Cie, 1869 -1231 p.,33cm Vol 4/4AM301 (4) Contenant 1° Pour la nomenclature: tous les mots qui se trouvent dans le dictionnaire de l'Académie française et tous les termes usuels des sciences, des arts, des métiers et de la vie pratique; 2° Pour la grammaire: la prononciation de chaque mot figurée et, quand il y a lieu, discutée; l'examen des locutions, des idiotismes, des exceptions et, en certains cas, de l'orthographe actuelle, avec des remarques critiques sur les difficultés et les irrégularités de la langue; 3° Pour la signification des mots: les définitions; les diverses acceptions rangées dans leur ordre logique, avec de nombreux exemples tirés des auteurs classiques et autres; les synonymes principalement considérés dans leurs relations avec les définitions; 4° Pour la partie historique: une collection de phrases appartenant aux anciens écrivains depuis les premiers temps de la langue française jusqu'au seizième siècle, et disposés dans l'ordre chronologique à la suite des mots auxquels elles se rapportent; 5° Pour l'étymologie: la détermination ou du moins la discussion de l'origine de chaque mot établie par la comparaison des mêmes formes dans le français, dans les patois et dans l'espagnol, l'italien et le provençal ou langue d'oc. AM 301 (1).

Petit dictionnaire provençal DM 4404 – 449.3 LEV Levy, Emil. Petit dictionnaire provençal- français / Emil Levy. - Heidelberg : Carl Winter's Universitätsbuchhandlung, 1909. - VIII- 387 p ; 20 cm. DM 4404.

Projet d’un dictionnaire français - provençal ou dictionnaire de la langue d’oc DM 1413 Courte dissertation sur la prononciation de la langue grecque par M. Ch. Des Moulins. [suivi de] Projet d' un dictionnaire français- provençal, ou dictionnaire de la langue d' oc, ancienne et moderne [...] par S.J. Honnorat. [suivi de] Panégyrique de Saint Louis, roi de France, prononcé dans l' église de l' oratoire, devant les deux Académies royales des Belles- Lettres & des Sciences par M. l' abbé Boulogne. [suivi de] Eloge de Louis, dauphin de France, père du roi; discours qui a remporté le prix proposé par une société, amie de la religion & des lettres par M. l' abbé Boulogne. [suivi de] Oraison funèbre de Louis XVI, prononcée dans l' église royale de Saint- Denis, le 21 janvier 1814, jour de l' anniversaire de la mort du roi, et du transport solennel de ses cendres, ainsi que de celles de la reine; en présence de leurs altesses royales monsieur, frère du roi, monseigneur le duc d' Angoulême, monseigneur le duc de Berry, de tous les princes et princesses du sang royal par M. Etienne- Antoine de Boulogne. [suivi de] Oraison funèbre de S.E. le cardinal d' Astros, archevêque de Toulouse et de Narbonne, primat des Gaules par le R.P. Caussette, supérieur des missionnaires du diocèse, prononcée dans l' église métropolitaine S. Etienne, le 12 novembre 1851. [suivi de] Eloge funèbre de M. de Mirabeau, prononcé, le jour de ses funérailles, dans l' église Saint- Eustache par M. Cérutti, au nom de la section de la Grange- Batelière, devant l' assemblée nationale. [suivi de] Eloge funèbre du général Joubert, prononcé à Paris, le 15 vendémiaire an 8, au temple de la jeunesse, 9°. rans, des Invalides et des défenseurs de la patrie de la 17e. division. [suivi de] Elogio funebre de Don Ramon Pignatelli y Moncayo... [suivi de] Extrait des Mékamat de Hariri. XXXe séance: la noce des mendiants, traduite en français, annotée et commentée par A. Cherbonneau. / ;. - Limoges; Paris; Toulouse; Carcassonne; Zaragoza : Chapoulaud; Merigot; Adrien Le Clere; Augustin Manavit; P. Polère, J.J. Teissié; Hospicio provincial , 1860, 1840, 1782, 1781, 1817, 1851, 1791, 1886. - 11 p + 79 p + 76 p + 71 p + 84 p + 54 p + 12 p + 24 p + 34 p + 22 p ; 20,5 x 13 cm ; Plusieurs oeuvres en un volume. DM 1413.

- Revue des langues romanes CM 5530 (1 à 39) et CM 5705 (1 à 43). 410.05 REV Dans chaque volume, divers articles ayant trait aux différentes langues romanes CM 5530 (1 à 39) : couvre la période 1870 à 1907 CM 5705 (1 à 43) : couvre la période 1883 à 1923 (doublons en ce qui concerne les années 1870-1907 quoique les volumes 1 à 15 constituent des éditions incomplètes par rapport aux volumes correspondants classés en CM 5530).

Poésie en patois du Haut et Bas Languedoc – DM 4111 – 841 CAL Poésie en patois du Haut et Bas- Languedoc par M. l' abbé F. Bonnaves, curé de Luc-sur-Orbieu, par Lézignan (Aude). Couronnée le 25 mai 1901 au concours des jeux floraux de " l' Escolo Moundino" de Toulouse 1901.

Dates extrêmes :

1838 - 1917

Langues représentées dans le fonds :

occitan

français

Importance matérielle :

Quelques exemplaires en occitan.

Supports représentés :

Manuscrits/Tapuscrits, Monographies Imprimées, Périodiques (presse et revues)

Pour le consulter

Identifiant du fonds :

AM/BM/DM

Instruments de recherche disponibles :

Catalogue informatisé en ligne

Voir la description complète du fonds dans le CCFr

Voir les expositions virtuelles sur le site de la médiathèque

Conditions d'utilisation

Conditions de consultation :

Les collections patrimoniales sont consultables sur place, après dépôt d'une pièce d'identité et justification de la demande.

Conditions de reproduction :

Reproduction non autorisée.

Mise en ligne : 29/03/2017
Tipe : Article biografic
Mise en ligne : 29/03/2017
Tipe : Revista / Data : 1877/1879
Mise en ligne : 19/09/2018
Tipe : Eveniment / Data : 2019-03-18 19:30:00
Mise en ligne : 04/03/2019
Tipe : Òbra

Le Dictionnaire languedocien-français de Pierre-Augustin Boissier de Sauvages est l'une des plus importantes œuvres lexicographiques occitanes imprimées et diffusées à l'époque moderne. Il a été un instrument de travail important pour les écrivains de la renaissance d'oc qui y font souvent référence au XIXe siècle.

Son auteur, l'abbé Pierre-Augustin Boissier de Sauvages (1710-1795), né et mort à Alès (Gard), est le frère du médecin et naturaliste François Boissier de Sauvages (1706-1767). Professeur de philosophie au Collège d'Alès, Pierre-Augustin Boissier de Sauvages se consacra aux sciences naturelles et publia plusieurs études relatives à la sériciculture, socle de l'économie cévenole au XVIIIe siècle. Il fait partie des petits contributeurs provinciaux de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Malgré des études de théologie dans sa jeunesse à Paris, Pierre-Augustin Boissier de Sauvages embrasse tardivement la prêtrise, en 1771, à l'âge de 61 ans.


1. Autres versions du titre 

Dictionnaire languedocien-français est le titre conventionnel de l'œuvre, qui s'applique à ses trois éditions différentes. Il est utilisé comme autorité titre dans les catalogues et inventaires [voir la notice d'autorité titre dans le catalogue de la BnF].  

Les deux éditions parues du vivant de l'auteur (1756, 1785, voir ci-dessous) sont anonymes. L'identification de l'auteur a beaucoup varié dans les inventaires et les études sur l’œuvre : Abbé de S *** ; Abbé de Sauvages ; Abbé Boissier de Sauvages ; Pierre-Augustin Boissier de la Croix de Sauvages ; Pierre-Augustin Boissier de Sauvages de la Croix (parfois Lacroix).

La forme Pierre-Augustin Boissier de Sauvages est la forme d'autorité internationale dans les catalogues et inventaires [voir la notice d'autorité de nom de personne dans le catalogue de la BnF]. 


2. Exemplaires connus ou conservés 

Le Catalogue collectif de France (ccfr.bnf.fr) signale une vingtaine d'exemplaires pour chacune des éditions anciennes (1756, 1785). L'édition moderne de 1820 paraît plus rare (environ 6 ex. référencés).


3. Éditions anciennes 

(A)

Dictionnaire languedocien-français, édition de 1756 : page de titre

Dictionnaire languedocien-françois, ou choix des mots languedociens les plus difficiles à rendre en françois : contenant un recueil des principales fautes que commettent dans la diction et dans la prononciation françoise, les habitans des provinces méridionales du Royaume, connus à Paris sous le nom de Gascons. Avec un petit traité de prononciation et de prosodie languedocienne. / par M. l'abbé de S*** ; A Nimes : chez Michel Gaude, 1756 ; (A Avignon) : de l'imprimerie de Mérande, 1756 (XXXI-492 p.)

(B)

Dictionnaire languedocien-français : contenant un Recueil des principales fautes... Nouvelle édition, corrigée d'un grand nombre de fautes, augmentée d'environ dix mille articles, et en particulier d'une nombreuse collection de proverbes languedociens et provençaux. / par Mr. L.D.S. ; A Nismes : Gaude, Père, Fils & Compagnie, Libraires, 1785 .- 2 t. (XL - 388 p. ; 395 p.) [les deux tomes sont souvent réunis en un seul vol.]

[Le terme impropre de "Gascons" est abandonné et l'important recueil de proverbes et dictons apparaît pour la première fois dans la 2e édition.]

(C)

[Louis-Augustin d'Hombres-Firmas (éd. Scientifique)] Dictionnaire languedocien-français, : contenant un recueil des principales fautes... suivi d'une collection de proverbes languedociens et provençaux. Nouvelle édition, revue, corrigée, augmentée de beaucoup d'articles ; et précédée d'une notice biographique sur la vie de l'auteur, par son neveu L.A.D.F. / par M. l'abbé de Sauvages ; A Alais, chez J. Martin, imprimeur-libraire, 1820. - 2 t. (XXXVIII – 390 p. ; 399 p.) [reprint : Genève, Slatkine, 1971, 2t. en 1 vol.]

 

4. Note d'étude 

Le Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages fait partie des premiers dictionnaires et lexiques imprimés de la langue occitane, antérieurs aux deux grandes entreprises du XIXe siècle, le Dictionnaire provençal-français de Simon-Jude Honnorat (Digne, 1846-1848) puis Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral (1878-1886).

Les dictionnaires occitan-français qui se multiplient au XVIIIe siècle sont souvent conçus pour éduquer les élites méridionales à la langue française classique plutôt que pour constituer des instruments linguistiques pour l'usage ou l'étude de la langue occitane. Le modèle du genre est bien sûr le dictionnaire de Desgrouais (1706-1766), professeur au Collège de Toulouse, Les gasconismes corrigés : ouvrage utile à toutes les personnes qui veulent parler & écrire correctement...(Toulouse, 1766), véritable classique maintes fois réédité, où « L'auteur veut seulement rendre les Gascons attentifs à des gasconismes qui ne leur sont que trop familiers, et dont il est important qu'ils se corrigent, s'ils veulent éviter ces petites humiliations, auxquelles les personnes qui parlent mal sont exposées , surtout à Paris, où ces expressions impropres ne manquent pas de donner lieu à des railleries dont il est toujours désagréable d'être l'objet. » (1) ou, comme l'écrit Jean-Claude Bouvier à propos des dictionnaires provençaux antérieur au Tresor dóu Felibrige : « Beaucoup de dictionnaires ou de glossaires de volume et d'intérêt inégal sont réalisés par des érudits locaux qui obéissent à deux sortes de raisons. Très souvent [...] ces ouvrages ont un but pratique : permettre aux 'Français du Nord', de plus en plus nombreux en Provence, de comprendre la langue du pays, mais surtout apprendre le 'bon français' aux Provençaux." (2) 

Le Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages occupe cependant une place singulière dans ce corpus. L'abbé Boissier de Sauvages, professeur au Collège d'Alès est avant tout un scientifique menant nombre d'expériences naturalistes et géologiques – on loua postérieurement les principes newtoniens audacieux de son enseignement (3). Boissier de Sauvages publia d'importantes études sur la culture du ver à soie, rassemblées dans son Mémoire sur l'éducation des vers à soie en 5 tomes, (Nîmes, Gaude, 1763). Arpentant les Cévennes pour ses recherches naturalistes, il côtoyait quotidiennement les habitants du territoire dont la langue principale - et souvent unique - fournit la matière de son dictionnaire. Selon un témoignage oral rapporté par François Raynouard dans Le Journal des sçavans en 1824, « il choisissait toujours ses servantes dans les villages des Cévennes, où la tradition du vieux langage s'était le mieux conservée ».

La première édition du Dictionnaire languedocien-français (1756) constitue déjà une véritable entreprise lexicographique même si elle reste conduite dans l'esprit d'un manuel de « gasconismes corrigés ». En revanche la seconde édition, corrigée et augmentée par Boissier de Sauvages et parue en 1785, représente désormais un véritable dictionnaire de langue occitane réalisé à partir d'un patient travail de collecte de la langue parlée par les occitanophones des Cévennes et appuyé sur un sérieux travail de compilation des ouvrages et matériaux disponibles (glossaire de Godolin, premières éditions des troubadours, etc.). Dans son article consacré aux différentes éditions du Dictionnaire languedocien-français (AIEO, 1987, voir bibliographie), Claire Torreilles a notamment remarqué les relations qui unissaient Boissier de Sauvages avec l'abbé René Séguier qui avait produit un important lexique manuscrit du languedocien parlé dans les Cévennes (4).  

 

5. Critiques et réception de l'œuvre :

 

Le cas du Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages fait débat, tantôt perçu dans la lignée des glossaires « patois », dévalorisant la langue occitane et destiné à corriger la prononciation et le vocabulaire français des « méridionaux », tantôt perçu comme une œuvre lexicographique pratique et non dépourvue de discours valorisant : 

« Ce livre était destiné à enseigner aux Méridionaux le français littéraire. Malgré cela et quoique l'ouvrage ne vise pas à être complet, il contient de précieux renseignements sur le dialecte languedocien au milieu du XVIIIe s." (Walther von Wartburg, à propos de l'édition (A), 1756 ; voir bibliographie). 

En réalité, il y a une évolution dans les buts poursuivis par Boissier de Sauvages entre son édition de 1756 et celle de 1785 au sujet desquels les interprétations divergent : « Il semble qu'il y ait une accélération de la dévalorisation [des langues dites régionales par rapport au Français] dans les années 1750-70. À titre d'exemple probant : le changement des finalités des dictionnaires occitans. Boissier de Sauvages qui, en 1756, avait encore attribué une importance pratique à son dictionnaire languedocien-français, modifie complètement la préface de la seconde édition de 1785 : la seule finalité qu'il admet à ce moment-là est celle d'utilité pour l'auto-correction linguistique des languedociens. » (Brigitte Schlieben-Lange, 1996, voir bibliographie). 

À l'opposé, d'autres auteurs remarquent dans la deuxième édition du Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages la formation d'un discours de défense de la langue d'oc : à propos du terme « patois », « L'abbé de Sauvages, dans son Dictionnaire, y consacre un article remarquable où il fait preuve d'une extrême lucidité quant aux connotations de ce terme. Il en perçoit d'abord l'aspect global puis celui de sous-langue, il écrit "c'est un langage dégénéré d'une langue plus parfaite" et il prend soin en suivant de distinguer le patois de sa langue : "il n'en est pas de même du gascon ou languedocien", et de s'étendre sur les causes sociolinguistiques de la situation de la langue. En citant d'autres auteurs, en l’occurrence M. de Vaissette et M. de Gibelin, il renforce encore son argumentation : "Le nom de patois ne peut convenir à une langue subsistante depuis plus de quinze cents ans" » (Marie-Anne Châteaureynaud, voir bibliographie).

Claire Torreilles a montré les différences fondamentales entre le projet (A) paru en 1756 et le projet (B) de 1785. La deuxième édition profite de dix ans de travail de compilation d'écrits occitans du Moyen Âge et de l'époque moderne. L'édition (B) répond à un véritable travail scientifique qui participe à une meilleure connaissance, de la part de Boissier de Sauvages, de l'ensemble occitanophone "d'Antibes à Bordeaux" et de la parenté directe entre la langue maternelle des Cévenols et la langue littéraire des troubadours et des grands auteurs occitans de l'époque moderne. Parallèlement, dans la période des trente ans qui sépare les deux éditions, la francisation des élites cévenoles s'est accélérée. Boissier de Sauvages inscrit son deuxième dictionnaire dans une perspective « patrimoniale ». Cette dimension patrimoniale sera d'ailleurs critiquée par une des grandes figures de la renaissance occitane en Cévennes, Gustave de La Fare-Alais, auteur de Las Castagnados (Alais, 1844) : « Les définitions y sont, en général, bien déduites, les classifications lumineuses ; les racines des mots, les étymologies, la marche de leur formation, tout cela est ingénieux et clairement exposé. (…) Mais plus on découvre de mérite dans cet auteur, plus on regrette qu'il se soit renfermé dans le rôle de grammairien français, alors qu'en imprimant une autre direction à ce même travail, il pouvait se faire le législateur suprême d'une langue à part, et lui donner une portée bien autrement utile à l'avenir littéraire du pays. » 

6. Postérité 

À l'occasion des projets de monuments à Florian et à Louis Pasteur, Raphélis de Brovès lance une campagne locale pour l'érection à Alès d'un monument à Pierre-Augustin Boissier de Sauvages, quelque peu oublié par les Alésiens à la fin du XIXe siècle.

Le monument à « l'abbé Pierre-Augustin de Sauvages », qui comprenait un buste en bronze sur un socle en pierre, est inauguré le 27 septembre 1896. Le projet est modifié en 1898 (exhaussement afin de dégager le buste de la masse du chapiteau). Le monument à Boissier de Sauvages était situé square Sauvages, rue de la Meunière, puis déplacé au Bosquet. 

Le buste a été enlevé et fondu lors de la Seconde guerre mondiale lors de la réquisition des matériaux non ferreux.

Sur la face latérale gauche du socle, une inscription en occitan (graphie de l'époque) : « l'obro laouzo lou mestre » (en graphie classique : l'òbra lausa lo mèstre = le travail récompense l'ouvrier), expression occitane que Boissier de Sauvages avait collectée et signalée dans son dictionnaire. 

Notes

(1) Louis-Mayeul Chaudon, Bibliothèque d'un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature, Avec les jugements que les critiques les plus impartiaux ont porté sur les bons ouvrages qui ont paru depuis le renouvellement des lettres jusqu'en 1772 par L.M.D.V. bibliothécaire de Mgr le Duc de **. - A Avignon : chez Antoine Aubanel et se vend chez J.P. Costard, 1772.

(2) Jean-Claude Bouvier, "Dictionnaires ou glossaires antérieurs au Tresor dóu Felibrige" dans : Mistral et la langue d'Oc, Aix-en-Provence, 1979.

(3) René André, voir bibliographie.

(4) « Le Dictionnaire languedocien de l'abbé Séguier », dans : www.occitanica.eu : coll. Estudis ; ressource électronique, 2013 [en ligne

Mise en ligne : 19/09/2018
Tipe : Òbra / Data : 2019-07-03

Resumit

En 1754  Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, compositor famós per sos grands motets presenta a Fontainebleau, devant la cort del rei Loís XV, Dafnís e Alcimadura, pastorala lengadociana entegrament redigida en occitan. Dins l’encastre de çò qu’an apelat la Querèla dels Bofons, qu’opausa tenents de l’opèra italian e defenseires del lirisme francés, Dafnís e Alcimadura, que gaitan coma lo primièr opèra occitan seduïs lo public notadament per l’utilizacion de la lenga occitana. L’òbra coneis un succès dels grands, es representada en provícia entrò 1789. La revirada del tèxte en francés, fauta d’interprètes lirics mestresant l’occitan, la ravalant al reng de pastorala « ordinària », preissèt son oblit.


 Portrait du violoniste narbonnais Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville par Maurice Quentin Delatour, Pastel sur papier, 1747. Collection Musée Antoine Lecuyer, Saint-Quentin.

Autras versions del títol :

Títol convencional : [Daphnis e Alcimadure. Op. 9]

Autras apelacions :

< Dafnís e Alcimadura

< Daphnis e Alcimadure

< Daphnis e Alcimaduro

Istòria de l'òbra

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville es nascut en 1711 a Narbona. Sortit d’una familha de musicians - son paire èra organista de la catedrala de Narbona - Mondonville sèc d’estudis musicals e ven en 1768 violonista e director del Concèrt Espiritual. En 1740, accedís a la carga de mèstre de musica a la Capèla, una de las tres compausantas de la musica del rei, amb la Cramba e l’Escudariá, especializada dins la musica religiosa, amb sos cantorals.

Inventiu e dotat d’una tecnica perfiecha, Mondonville marca la musica barròca d’un grand nombre d’òbras remarcablas.Tanplan coma sos contemporanèus, coma Ramèu, Mondonville s’illustra dins l’estíle, alavetz dominant en musica sacrada, del grand motet a còrs e orquèstra. Son De profundis li conferís una cèrta notorietat. Dins lo maine de la tragedia lirica, conven de citar Vénus et Adonis o encara Titon et l'Aurore, que rencontraràn qualque escasuda. Lo Narbonés figura d’alhors demest los compositors majors del sègle XVIII.

Al dintre d’aquel ric repertòri, se distinguís donc Dafnís e Alcimadura, representat devant la cort a Fontainebleau los 29 d’octobre e 4 de novembre de 1754, puèi a l’Opèra lo 29 de decembre de la meteissa annada. Aquela pastorala es non solament representativa del talent del compositor, mas tanben l’originalitat de sa desmarcha es mai que mai de prepausar a la cort del rei Loís XV una òbra entègrament compausada en occitan.

Contengut

L’opèra conta l’istòria del pastre Dafnís, amorós de la jova Alcimadura, la d’un amor decebut : la bèla ne cresent pas briga a la sinceritat dels sentiments del pastre. Mas lo jovent pòt comptar sul sosten de Janet, lo fraire d’Alcimadura. Aquel-aquí vai alavetz desplegar tot un estratagèma per tal de provar a sa sòrre que l’amor que li pòrta Dafnís es autentic.

En prològ, trobam una òbra en francés de l’abat Claude Henri Fusée de Voisenon (1708-1775), Les Jeux floraux. Originari de Voisenon, dens l’actuala Seine-et-Marne, aquel abat de cort, mondan e cultivat, ne parlava ben-de-verai pas occitan. Aquò’s çaquelà interessant de notar sa coneissença de l’univèrs de l’Acadèmia dels Jòcs Florals de Tolosa, del Consistòri del Gai Saber emai de sa mitologia. I es aital evocada Clamença Isaura, fondatritz mitica de la companhia dels Jòcs Florals, d’ara enlà acadèmia reiala, fondada en 1323, dins l’intencion de mantenir la poesia dels trobadors. Aquò’s interessant de notar lo sonh qu’es estat aportat al causit d’un prològ coerent amb lo prepaus e l’univèrs de la pèça.

Nòta d'estudi

Une pastorale languedocienne

Dafnís e Alcimadura es reivindicada per Mondonville coma pastorala lengadociana. Fins aicí rès de plan original, perqué l’estile pastoral es alavetz fòrt de mòda a la cort. Mas en mai de l’emplec de la lenga d’òc, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville es anat putzar dins lo repertòri musical popular del sieu parçan d’origina.

La presentacion de la pastorala devant la cort non se fa pas sens criticas. Lo baron Grimm notadament acusa Mondonville de plagiat. Segond el, lo compositor auriá tant solament arrengat l’Opéra de Frontignade Nicolas Fizes (1679), gaitat al jorn de uèi coma lo primièr opèra en occitan, acusacion que ne ten pas la rota perqué l’obratge de Fizes n’es pas un opèra al sens qu’o entendem (e qu’o entendián desjà al temps de Mondonville) mas una sequèla de represas de cançons popularas occitanas, mentavudas per de timbres e non pas notadas sus de portadas. Mondonville putza plan mens dins lo repertòri musical popular e tradicional de Lengadòc qu’o aviá fach lo Frontinhanés. Reconeis çaquelà dens l’avant-prepaus de son opèra qu’i a integrat al mens un aire lengadocian : "J'ay crû nécessaire d'insérer dans mon Ouvrage un Air du Pays que j'ay ajusté".

L’òm pòt d’alhors reconéisser dens Dafnís e Alcimadura mantes aires aparenent uèi al repertòri tradicional de las regions occitanas, tals que Polida Pastorela o encara L'Aiga de Ròcha.

Una rencontra dels parlars : un projècte panoccitan malgrat el

Per l’escritura de Daphnis et Alcimadura, Mondonville emplega un occitan lengadocian que poiriam qualificar d’estandardizat », sens marcaire dialectals particulars. Un parlar simple, de bon comprendre per la majorta part dels locutors de lenga d’òc. Demest los rares cantaires a la cort de Loïs XV originaris del Miegjorn, se tròban dos Gascons : la Bordalesa Marie Fel e lo Bearnés Pierre Jéliote, emai un cantaire provençal, Antoine Trial. Benlèu es per fin de facilitar la tasca d’aqueles locutors occitans non lengadocians que Mondonville prepausèt un tèxte relativament unificat e simple d’accès. Marie Fel, Jéliote e Trial an eles poscut modificar lors accents, an eles tan solament assajat de se’n tenir a l’estricta prononciacion d’origina, o an eles laissat lors parlars colorar lo lengadocian del tèxte ? N’es pas possible d’o dire. L’òm pòt çaquelà veire dins aquela produccion parisiana d’un tèxte narbonés cantat per una Bordalesa, un Bearnés emai un Provençal quicòm coma una òbra panoccitana per concors de circonstància.

La lenga a l'origina del succès de l'opèra ?

La lenga occitana n’èra probable pas compresa a la cor, e encara mens parlada. Pertant, Dafnís e Alcimadura  entègrament redigit en occitan a rescontrat una escasuda bèla tanlèu sa creacion.

Reproduction du livret original de l'opéra avec en introduction une table pour aider à la compréhension de la langue occitane



A l’enreboch, totas las temptativas de revirada en francés del liberet se son soldadas per d’escacs. Sembla donc plan estar que la lenga occitana siasque un factor essencual del succès de la pèça. Cal dire que Mondonville aviá presas totas las precaucions necessàrias per que l’emplec de l’occitan ne tumèsse pas las mentalitats parisianas ; l’opèra es precedit d’un prològ en francés de l’abat Voisenon que plaça l’òbra dins la tradicion dels Jòcs Florals tolosans e fornís de claus per comprendre la lenga. Prepausa per alhors dins lo liberet, tanplan lo tèxte dins sa version originala coma una revirada francesa de las expressions mai complicadas.
 

Posteritat de l'òbra

Las diferentas gasètas e escriches del temps nos an permés de saber que l’opèra foguèt representat a de nombrosas represas a París dins l’annada que seguèt mas tanben en província onte lo liberet, la particion amei tanben d’adaptacions dins los dialèctes locals son publidadas (es notadament lo cas a Montpelhièr en 1755) . La proliferacion de las parodias de l’opèra atèstan tanben de son dardalh e de sa popularitat.

Per fin de respondre a las demandas del public e permetre a un mai grand nombre d’interprètes de cantar dins aquel opèra, Mondonville sortirà en 1768 una novèla version de Dafnís e Alcimadura revirada en francés. L’opèra se difusa alavetz mai largament.

 La darnièra representacion coneissuda de Dafnís e Alcimadura es donada en 1778. Amb la mòrt del compositor, matunas de sas òbras tomban dens l’oblit, dont Dafnís e Alcimadura que  ne sera remontada qu'en 1981.

Es en 1977 que l’òbra es redescobèrta amb la tèsi de Roberte Marchand consacrada al compositor. Seguerà una mòstra a Lille, vila onte Mondonville exercèt sos talents quora comencèt, puèi la publicacion del catalòg de la mòstra en 1980 pel Centre Internacional de Documentacion Occitana (CIDO) e la Societat de Musicologia de Lengadòc.
Aquò’s alavetz la debuta d’una fasa granda de redescobèrta de l’òbra del compositor en Occitania.

Programme de la première édition du festival Montpellier Danse

En  julhet de 1981, l’opèra es per, fin recreat a Montpelhièr, a l’ocasion de la primièra edicion del festenal Montpelhièr-Dança. L’orquèstra de Montpelhièr es dirigit per Louis Bertholon e fisan a Dominique Bagouet, figura de la Dança Novèla Francesa, la coregrafia. La causida d’aquela pèça n’es pas anodina per la primièra edicion del festenal Montpelhièr-Dansa coma o explican los elegits d’aquel temps : « Caliá una òbra de crear o tornar crear per tal de consacrar lo renadiu cultural de la region. Montar una òbra escricha en lenga regionala, aquò’s ancorar aquel renadiu dins la perenitat d’una cultura occitana especifica. La causida de Mondonville s’impausava. »


Aquò’s lòrs d’aquel espectacle qu’es realizat un enregistrament que serà editat jos la fòrma d’un vinil la meteissa annada per la maison de disques Ventadorn, sol enregistrament complet de l’opèra editat al jorn d’anuèch.

Mai recentament, l’opèra es estat recreat pels escolans del conservatòri de Tolosa sus l’empont del teatre del Capitòli en 2002.

Criticas et recepcion de l’òbra

 Tanlèu la primièra representacion de l’opèra, mantunas criticas son publicadas dins las gasètas del temps. Los vejaires son partatjats entre bofonistas (italianizants) e partisans de l’opèra francés. En mai de las acusacions de plagiat proferidas per Grimm, aquò’s la question de la lenga emplegada dins l’opèra que sembla cristallizar totes los debats, coma nos o indica l’abat Xavier de La Porte dins lo tòme III de sas Anecdotes Dramatiques : « Le jargon languedocien qu'il avoit parlé dans son enfance, et qui est presque aussi favorable au chant et aux idées tendres et galantes, que la langue Italienne, fut une nouveauté piquante à l'Opéra... ».

Aital, lo Mercure de France de decembre de 1754 fa paréisser una critica elogiosa (consultar l’article original sus Gallica) : « M. Mondonville poète tout à la fois et musicien, est l'auteur des paroles et de la musique : tels étoient autrefois nos fameux Troubadours. La pastorale est écrite en langage toulousain, le prologue l'est en notre langue. [...] Alcimadure [...] et [...] Daphnis ont été rendus par Mlle Fel et Mr Jeliote. Ils sont si supérieurs l'un et l'autre, lorsqu'ils chantent le François, qu'il est aisé de juger du charme de leur voix, de la finesse de leur expression, de la perfection de leurs traits, en rendant le langage du pays riant auquel nous devons leur naissance... ».

A l’enreboch, l’autor del Manuscrit de Munich, partisans dels Italians redigís una critica mai sevèra : « Daphnis et Alcimadure opera dont les paroles sont de l'idiome languedocien n'a pas plu généralement et nous n'en sommes pas surpris ; il faut sçavoir ce jargon, et si l'on l'avoit sçu, peutetre l'auroit-on encore moins gouté. Le Sr Mondonville pretend que les paroles sont de luy ainsy que la musique ; on luy reproche d'avoir beaucoup pillé chez les italiens. En tout cas ce n'est pas voler dans le tronc des pauvres. »

Grimm, per tant qu’a el, acusa clarament Mondonville de plagiat, afirma dins un article pareissut dins la revista Correspondance Littéraire que lo compositor es anat putzar dins l’Opéra de Frontignan de Nicolas Fizes, amei tanben dins mantuns intermèdes italians e per fin que « le reste consiste dans des airs en Languedoc que tout le monde, en Languedoc, sait par cœur. » (Melchior Grimm IN Correspondance littéraire). Mas un còp mai, aquò’s l’emplec de la lenga occitana que suslèva d’interrogacions : Grimm explica que lo sol meriti d’aquel opèra seriá l’emplec de l’occitan que, se sarrant de l’italian « pour la simplicité, la naïeveté, l'expression et la gentillesse » ven amenar una valor ajostada a la pèça de Mondonville.

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Mise en ligne : 06/06/2019
Mise en ligne : 04/04/2019
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