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Tipe : Son documentari / Data : 2012

Lecture par Sèrgi Javaloyès d'un extrait de son poème épique Sorrom Borrom : o Le Rêve du Gave (ne saber mai) .


Enregistrement réalisé par Joan Francès Tisnèr dans le cadre de la préparation du spectacle Sorrom Borrom : Lo saunei deu gave.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Article biografic

Éléments biographiques

France Karine, est professeure privée de musique, diplômée de l’École Normale de Musique de Paris. Son nom d’artiste est Mytyl Fraggi.
Proche des Amis du bulletin Occitania en 1938-1939, elle est ensuite membre du Centre Provençal de Culture Occitane (section de l’IEO) à partir de 1945.

Engagements dans la renaissance d'oc

En 1938, France Karine participe à la Deuxième concentration de Culture et de Fraternité Provençales, qui se tient à l’« Auberjo de Jouinesso de Marsiho-Alau », à Allauch, Place Pierre Bellot, du samedi 17 septembre au samedi 24. Cette réunion est organisée par Jorgi Reboul, Père aubergiste, fondateur (le 26 septembre 1936) et animateur de l’Auberge de Jeunesse, affiliée au Centre Laïque des Auberges de Jeunesse.
Le vendredi 22 septembre, à la suite de l’excursion en car à la Sainte-Baume, est proposée une « Veillée sur la Terrasse : La Musique et le Peuple, par FRANCE KARINE, Directrice de la Chorale Populaire. Audition de disques ».

France Karine participe également à l’animation de la Troisième concentration de Culture et de Fraternité Provençales. Pâques 1939, du samedi 8 au mardi 11 avril, qui est en même temps le Congrès organisé par le journal Occitania.

France Karine, directrice de la Chorale Populaire, appartient au milieu progressiste des intellectuels et artistes marseillais. Sa participation aux rencontres d’Allauch prouve une sensibilité provençale, voire un engagement occitaniste. Elle a sans doute participé au Comité d’Aide aux Intellectuels Catalans, fondé à Marseille le 7 avril 1938 par Pierre Rouquette et Jorgi Reboul car son nom figure sur la liste manuscrite établie par Pierre Rouquette des personnes à inviter à la réunion du Comité du 30 août 1938 au domicile de Jorgi Reboul, sans que nous ayons la certitude de sa participation.

À la Libération, France Karine dirige la Chorale du Front National et fait partie de l’Union Nationale des Intellectuels – UNI –, structure unitaire fondée à la Libération, encadrant les activités culturelles. Pierre Rouquette, qui a animé à Marseille une active section de la Societat d’Estudis Occitans (SEO) avant la seconde guerre mondiale, fonde et préside le Centre Provençal de l’Institut d’Estudis Occitans, (qui deviendra autonome dans les années 70, quand la section régionale de l’IEO sera assumée par lo Calen). L’assemblée constitutive a lieu le dimanche 14 octobre 1945 dans les salons de l’UNI, 15 rue Edouard Delanglade. Le président sollicite alors France Karine pour que la Chorale se produise à la séance inaugurale en interprétant des chants occitans, choisis par lui, et qu’elle doit apprendre à ses choristes. Ainsi Coupo Santo (à 4 voix), Lou Bastimen, Lou Renegat (Jan de Fonfaron) ont dû faire partie du répertoire le 15 novembre. France Karine et sa chorale interviendront pour d’autres manifestations du Centre Provençal, ainsi le 19 février 1946 pour la causerie de Pierre Rouquette sur les « Noëls de Saboly ».

France Karine est l’épouse d’Alexandre Jouvène, qui tient une galerie Tableaux anciens et modernes à Marseille, Expert près les tribunaux et les Cies d’Assurance. Comme France Karine, Alexandre Jouvène est affilié au Centre Provençal de l’IEO à son origine : c’est lui qui a envoyé – et non le Président Pierre Rouquette empêché par la grippe - l’invitation à l’Assemblée constitutive du Centre pour le 14 octobre 1945, signée par « un membre de la Commission », Alexandre Jouvène, sur papier à en-tête « Tableaux anciens et modernes Alexandre Jouvène ». En l’état actuel de la documentation, nous ignorons si l’engagement occitaniste du couple s’est poursuivi.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Eveniment / Data : 2019-03-18 19:30:00

“Venez (la)bourer ensemble les rues de Clermont-Ferrand et (re)découvrir les danses et musiques traditionnelles d’Auvergne et d’ailleurs !”

Désireux de valoriser et pérenniser la danse et les musiques traditionnelles, les Brayauds-cdmdt63 et l’AMTA lancent pour la 4ème édition le festival TRACES DE DANSE et son fameux grand bal du samedi soir à la Maison du Peuple. Cette année encore, le festival s'approprie les rues de la capitale auvergnate et en fait son terrain de jeu et d'expression. 

Au programme cette année, des concerts nombreux (Goug'el Trad, Veûn, Duo Rivaud/Lacouchi et Bâtons de Quartier), des stages et initiations danses, le traditionnel bal pour enfant proposé par Les Brayauds s’adresse aux plus jeunes danseurs, de 3 à 12 ans. Mais également, rencontres, conférence, exposition, machine sonore...

INFORMATIONS PRATIQUES 

Tout le détail de la programmation des 18 au 23 mars, sur le site des Brayauds :  https://brayauds.fr/bal-o-centre/traces-de-danse/ 

Renseignements : 
Les Brayauds-CDMDT63 
Adresse : 40 rue de la République - 63200 Saint-Bonnet-Près-Riom
Téléphone. (+33) 04 73 63 36 75
Mail : brayauds@wanadoo.fr

Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Eveniment / Data : 2018-10-07 17:00
Lecture poétique de Franc Bardou à Saint-Lizier
Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Eveniment / Data : 2020-02-15 11:00:00
Sèrgi Javaloyès, Domenja Lekuona et Joan-Francés Tisnèr présenteront le 15 février prochain la réédition du Dictionnaire du Béarnais et Gascon modernes de Simin Palay, par l’Escòla Gaston Febus et les éditions Reclams.

Le dictionnaire, véritable trésor lexicographique et ethnographique fut édité la première fois en 1932 et 1934 (deux tomes). La dernière publication fut réalisée par le CNRS en 1980.

Informations pratiques

Le 15/02/2020 à la librairie L’Escapade, 16 rue de la Cathédrale 64400 Oloron-Sainte-Marie

En savoir plus : https://librairie-escapade.com/2020/01/23/lo-tornar-deu-diccionari-de-simin-palay/?fbclid=IwAR0ceEGK0HwPSl-THEWjINdaL5LtHrrUZhJtLpeNvPAMHX0mLJIfWT0VJ2o
Mise en ligne : 10/02/2020
Tipe : Revista / Data : 1877/1879

L'Armanac de la Lauseta, publié entre 1877 et 1879, se veut fédéraliste et pan-latin. Cet almanach républicain à tendance de gauche se positionne en alternative à la pensée du mouvement félibréen provençal.

La Lauseta est un almanach né sous l'impulsion de Louis-Xavier de Ricard, de sa femme Lydie Wilson de Ricard et d'Auguste Fourès. Ce dernier y a apporté de nombreuses contributions sous forme de poèmes, de contes et de chroniques notamment. Les textes de Lydie Wilson de Ricard y sont signés du pseudonyme Dulciorella ou Lidia Colonia.

Le premier numéro de La Lauseta a été publié en 1877, le second en 1878 et le troisième et dernier en 1879. La publication a pris fin rapidement suite à la mort en 1880 de Lydie Wilson de Ricard et à un voyage en Amérique Latine de Louis-Xavier de Ricard. 

Un ultime numéro est sorti en 1885 sous la direction d'Auguste Fourès uniquement.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Fons documentari

Histoire du fonds

André Francès est un universitaire, auteur de nombreuses recherches et publications sur le parler des Alpes.

Description du fonds

Le fonds se compose de notes d’enquêtes linguistiques menées par André Francès dans le cadre de ses travaux sur l’occitan parlé dans les Hautes-Alpes (occitan alpin) auprès de divers locuteurs des communes de La Salle-les-Alpes, Abriès, Molines-en-Queyras et Saint-Véran, Cervières, Saint-Chaffrey, Puy-Saint-Pierre, Puy-Saint-André, Saint-Martin-de-Queyrières, Villar-Saint-Pancrace, Le Monêtier-les-Bains, ainsi qu’un corpus d’enquêtes sonores menées auprès de locuteurs de la commune de Cervières.

- Accroissement

clos

- Dates extrêmes

1980

- Langues représentées dans le fonds

Occitan (provençal), français

- Importance matérielle

7 dossiers d’enquêtes ; 13 cassette audio.

- Supports représentés :

Manuscrits, enregistrements sonores.

Pour le consulter

- Identifiant du fonds

147 J 1 à 7 (notes d’enquêtes)
1 AV 48-60 (enregistrements sonores)

Instruments de recherche disponible

Inventaire en ligne sur le site des AD05

Mise en ligne : 10/02/2020
Tipe : Eveniment / Data : 2020-04-27 09:30:00
Qu’est-ce que le patrimoine linguistique ? Quelles réalités historiques se trouvent sous l’appellation « Langues de France » ? Comment la variation linguistique peut-elle être étudiée et transmise au plus grand nombre ? Ces sont quelques-unes des interrogations que cette formation souhaite adresser pour permettre une connaissance plus approfondie des collections patrimoniales et les possibilités de les valoriser.


PROGRAMME 

Lundi 27 avril
9h30–12h30 : « Qu’est-ce que le patrimoine linguistique ? / Langues, dialectes, patois, français régional »

14h30–17h : « Histoire de la dialectologie de la Révolution française à nos jours / Instruments et sources de la dialectologie moderne »


Mardi 28 avril
9h–11h :  « Éditer des textes dialectaux modernes » (Frédéric Duval)

11h15–12h45 : « La variation linguistique en France métropolitaine » (Myriam Bergeron-Maguire)

14h–15h30 : « Un patrimoine expatrié : le français dans le Nouveau Monde » (Myriam Bergeron-Maguire)

15h45–17h15 : « Langues de France et actions de soutien de la DGLFLF : comment valoriser les collections patrimoniales ? »


INFORMATIONS PRATIQUES 

Public : 
Professionnels des bibliothèques et archives désirant valoriser des fonds présentant un intérêt patrimonial par leur caractère linguistique.
Professionnels des métiers du livre.
Tout public.

Dates :  
lundi 27 et mardi 28 avril 2020
Lieu : École nationale des chartes, 65, rue de Richelieu, Paris 2e
Programme détaillé et inscription :
http://www.chartes.psl.eu/fr/formation-continue/patrimoines-linguistiques-france

Tarifs : 
Etudiant ou doctorant, contactez-nous : formation.continue @ chartes.psl.eu
Institution publique  (420 €).
Organisme « privé » (840 €).


Mise en ligne : 31/01/2020
Tipe : Òbra

Le Dictionnaire languedocien-français de Pierre-Augustin Boissier de Sauvages est l'une des plus importantes œuvres lexicographiques occitanes imprimées et diffusées à l'époque moderne. Il a été un instrument de travail important pour les écrivains de la renaissance d'oc qui y font souvent référence au XIXe siècle.

Son auteur, l'abbé Pierre-Augustin Boissier de Sauvages (1710-1795), né et mort à Alès (Gard), est le frère du médecin et naturaliste François Boissier de Sauvages (1706-1767). Professeur de philosophie au Collège d'Alès, Pierre-Augustin Boissier de Sauvages se consacra aux sciences naturelles et publia plusieurs études relatives à la sériciculture, socle de l'économie cévenole au XVIIIe siècle. Il fait partie des petits contributeurs provinciaux de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Malgré des études de théologie dans sa jeunesse à Paris, Pierre-Augustin Boissier de Sauvages embrasse tardivement la prêtrise, en 1771, à l'âge de 61 ans.


1. Autres versions du titre 

Dictionnaire languedocien-français est le titre conventionnel de l'œuvre, qui s'applique à ses trois éditions différentes. Il est utilisé comme autorité titre dans les catalogues et inventaires [voir la notice d'autorité titre dans le catalogue de la BnF].  

Les deux éditions parues du vivant de l'auteur (1756, 1785, voir ci-dessous) sont anonymes. L'identification de l'auteur a beaucoup varié dans les inventaires et les études sur l’œuvre : Abbé de S *** ; Abbé de Sauvages ; Abbé Boissier de Sauvages ; Pierre-Augustin Boissier de la Croix de Sauvages ; Pierre-Augustin Boissier de Sauvages de la Croix (parfois Lacroix).

La forme Pierre-Augustin Boissier de Sauvages est la forme d'autorité internationale dans les catalogues et inventaires [voir la notice d'autorité de nom de personne dans le catalogue de la BnF]. 


2. Exemplaires connus ou conservés 

Le Catalogue collectif de France (ccfr.bnf.fr) signale une vingtaine d'exemplaires pour chacune des éditions anciennes (1756, 1785). L'édition moderne de 1820 paraît plus rare (environ 6 ex. référencés).


3. Éditions anciennes 

(A)

Dictionnaire languedocien-français, édition de 1756 : page de titre

Dictionnaire languedocien-françois, ou choix des mots languedociens les plus difficiles à rendre en françois : contenant un recueil des principales fautes que commettent dans la diction et dans la prononciation françoise, les habitans des provinces méridionales du Royaume, connus à Paris sous le nom de Gascons. Avec un petit traité de prononciation et de prosodie languedocienne. / par M. l'abbé de S*** ; A Nimes : chez Michel Gaude, 1756 ; (A Avignon) : de l'imprimerie de Mérande, 1756 (XXXI-492 p.)

(B)

Dictionnaire languedocien-français : contenant un Recueil des principales fautes... Nouvelle édition, corrigée d'un grand nombre de fautes, augmentée d'environ dix mille articles, et en particulier d'une nombreuse collection de proverbes languedociens et provençaux. / par Mr. L.D.S. ; A Nismes : Gaude, Père, Fils & Compagnie, Libraires, 1785 .- 2 t. (XL - 388 p. ; 395 p.) [les deux tomes sont souvent réunis en un seul vol.]

[Le terme impropre de "Gascons" est abandonné et l'important recueil de proverbes et dictons apparaît pour la première fois dans la 2e édition.]

(C)

[Louis-Augustin d'Hombres-Firmas (éd. Scientifique)] Dictionnaire languedocien-français, : contenant un recueil des principales fautes... suivi d'une collection de proverbes languedociens et provençaux. Nouvelle édition, revue, corrigée, augmentée de beaucoup d'articles ; et précédée d'une notice biographique sur la vie de l'auteur, par son neveu L.A.D.F. / par M. l'abbé de Sauvages ; A Alais, chez J. Martin, imprimeur-libraire, 1820. - 2 t. (XXXVIII – 390 p. ; 399 p.) [reprint : Genève, Slatkine, 1971, 2t. en 1 vol.]

 

4. Note d'étude 

Le Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages fait partie des premiers dictionnaires et lexiques imprimés de la langue occitane, antérieurs aux deux grandes entreprises du XIXe siècle, le Dictionnaire provençal-français de Simon-Jude Honnorat (Digne, 1846-1848) puis Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral (1878-1886).

Les dictionnaires occitan-français qui se multiplient au XVIIIe siècle sont souvent conçus pour éduquer les élites méridionales à la langue française classique plutôt que pour constituer des instruments linguistiques pour l'usage ou l'étude de la langue occitane. Le modèle du genre est bien sûr le dictionnaire de Desgrouais (1706-1766), professeur au Collège de Toulouse, Les gasconismes corrigés : ouvrage utile à toutes les personnes qui veulent parler & écrire correctement...(Toulouse, 1766), véritable classique maintes fois réédité, où « L'auteur veut seulement rendre les Gascons attentifs à des gasconismes qui ne leur sont que trop familiers, et dont il est important qu'ils se corrigent, s'ils veulent éviter ces petites humiliations, auxquelles les personnes qui parlent mal sont exposées , surtout à Paris, où ces expressions impropres ne manquent pas de donner lieu à des railleries dont il est toujours désagréable d'être l'objet. » (1) ou, comme l'écrit Jean-Claude Bouvier à propos des dictionnaires provençaux antérieur au Tresor dóu Felibrige : « Beaucoup de dictionnaires ou de glossaires de volume et d'intérêt inégal sont réalisés par des érudits locaux qui obéissent à deux sortes de raisons. Très souvent [...] ces ouvrages ont un but pratique : permettre aux 'Français du Nord', de plus en plus nombreux en Provence, de comprendre la langue du pays, mais surtout apprendre le 'bon français' aux Provençaux." (2) 

Le Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages occupe cependant une place singulière dans ce corpus. L'abbé Boissier de Sauvages, professeur au Collège d'Alès est avant tout un scientifique menant nombre d'expériences naturalistes et géologiques – on loua postérieurement les principes newtoniens audacieux de son enseignement (3). Boissier de Sauvages publia d'importantes études sur la culture du ver à soie, rassemblées dans son Mémoire sur l'éducation des vers à soie en 5 tomes, (Nîmes, Gaude, 1763). Arpentant les Cévennes pour ses recherches naturalistes, il côtoyait quotidiennement les habitants du territoire dont la langue principale - et souvent unique - fournit la matière de son dictionnaire. Selon un témoignage oral rapporté par François Raynouard dans Le Journal des sçavans en 1824, « il choisissait toujours ses servantes dans les villages des Cévennes, où la tradition du vieux langage s'était le mieux conservée ».

La première édition du Dictionnaire languedocien-français (1756) constitue déjà une véritable entreprise lexicographique même si elle reste conduite dans l'esprit d'un manuel de « gasconismes corrigés ». En revanche la seconde édition, corrigée et augmentée par Boissier de Sauvages et parue en 1785, représente désormais un véritable dictionnaire de langue occitane réalisé à partir d'un patient travail de collecte de la langue parlée par les occitanophones des Cévennes et appuyé sur un sérieux travail de compilation des ouvrages et matériaux disponibles (glossaire de Godolin, premières éditions des troubadours, etc.). Dans son article consacré aux différentes éditions du Dictionnaire languedocien-français (AIEO, 1987, voir bibliographie), Claire Torreilles a notamment remarqué les relations qui unissaient Boissier de Sauvages avec l'abbé René Séguier qui avait produit un important lexique manuscrit du languedocien parlé dans les Cévennes (4).  

 

5. Critiques et réception de l'œuvre :

 

Le cas du Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages fait débat, tantôt perçu dans la lignée des glossaires « patois », dévalorisant la langue occitane et destiné à corriger la prononciation et le vocabulaire français des « méridionaux », tantôt perçu comme une œuvre lexicographique pratique et non dépourvue de discours valorisant : 

« Ce livre était destiné à enseigner aux Méridionaux le français littéraire. Malgré cela et quoique l'ouvrage ne vise pas à être complet, il contient de précieux renseignements sur le dialecte languedocien au milieu du XVIIIe s." (Walther von Wartburg, à propos de l'édition (A), 1756 ; voir bibliographie). 

En réalité, il y a une évolution dans les buts poursuivis par Boissier de Sauvages entre son édition de 1756 et celle de 1785 au sujet desquels les interprétations divergent : « Il semble qu'il y ait une accélération de la dévalorisation [des langues dites régionales par rapport au Français] dans les années 1750-70. À titre d'exemple probant : le changement des finalités des dictionnaires occitans. Boissier de Sauvages qui, en 1756, avait encore attribué une importance pratique à son dictionnaire languedocien-français, modifie complètement la préface de la seconde édition de 1785 : la seule finalité qu'il admet à ce moment-là est celle d'utilité pour l'auto-correction linguistique des languedociens. » (Brigitte Schlieben-Lange, 1996, voir bibliographie). 

À l'opposé, d'autres auteurs remarquent dans la deuxième édition du Dictionnaire languedocien-français de Boissier de Sauvages la formation d'un discours de défense de la langue d'oc : à propos du terme « patois », « L'abbé de Sauvages, dans son Dictionnaire, y consacre un article remarquable où il fait preuve d'une extrême lucidité quant aux connotations de ce terme. Il en perçoit d'abord l'aspect global puis celui de sous-langue, il écrit "c'est un langage dégénéré d'une langue plus parfaite" et il prend soin en suivant de distinguer le patois de sa langue : "il n'en est pas de même du gascon ou languedocien", et de s'étendre sur les causes sociolinguistiques de la situation de la langue. En citant d'autres auteurs, en l’occurrence M. de Vaissette et M. de Gibelin, il renforce encore son argumentation : "Le nom de patois ne peut convenir à une langue subsistante depuis plus de quinze cents ans" » (Marie-Anne Châteaureynaud, voir bibliographie).

Claire Torreilles a montré les différences fondamentales entre le projet (A) paru en 1756 et le projet (B) de 1785. La deuxième édition profite de dix ans de travail de compilation d'écrits occitans du Moyen Âge et de l'époque moderne. L'édition (B) répond à un véritable travail scientifique qui participe à une meilleure connaissance, de la part de Boissier de Sauvages, de l'ensemble occitanophone "d'Antibes à Bordeaux" et de la parenté directe entre la langue maternelle des Cévenols et la langue littéraire des troubadours et des grands auteurs occitans de l'époque moderne. Parallèlement, dans la période des trente ans qui sépare les deux éditions, la francisation des élites cévenoles s'est accélérée. Boissier de Sauvages inscrit son deuxième dictionnaire dans une perspective « patrimoniale ». Cette dimension patrimoniale sera d'ailleurs critiquée par une des grandes figures de la renaissance occitane en Cévennes, Gustave de La Fare-Alais, auteur de Las Castagnados (Alais, 1844) : « Les définitions y sont, en général, bien déduites, les classifications lumineuses ; les racines des mots, les étymologies, la marche de leur formation, tout cela est ingénieux et clairement exposé. (…) Mais plus on découvre de mérite dans cet auteur, plus on regrette qu'il se soit renfermé dans le rôle de grammairien français, alors qu'en imprimant une autre direction à ce même travail, il pouvait se faire le législateur suprême d'une langue à part, et lui donner une portée bien autrement utile à l'avenir littéraire du pays. » 

6. Postérité 

À l'occasion des projets de monuments à Florian et à Louis Pasteur, Raphélis de Brovès lance une campagne locale pour l'érection à Alès d'un monument à Pierre-Augustin Boissier de Sauvages, quelque peu oublié par les Alésiens à la fin du XIXe siècle.

Le monument à « l'abbé Pierre-Augustin de Sauvages », qui comprenait un buste en bronze sur un socle en pierre, est inauguré le 27 septembre 1896. Le projet est modifié en 1898 (exhaussement afin de dégager le buste de la masse du chapiteau). Le monument à Boissier de Sauvages était situé square Sauvages, rue de la Meunière, puis déplacé au Bosquet. 

Le buste a été enlevé et fondu lors de la Seconde guerre mondiale lors de la réquisition des matériaux non ferreux.

Sur la face latérale gauche du socle, une inscription en occitan (graphie de l'époque) : « l'obro laouzo lou mestre » (en graphie classique : l'òbra lausa lo mèstre = le travail récompense l'ouvrier), expression occitane que Boissier de Sauvages avait collectée et signalée dans son dictionnaire. 

Notes

(1) Louis-Mayeul Chaudon, Bibliothèque d'un homme de goût, ou Avis sur le choix des meilleurs livres écrits en notre langue sur tous les genres de sciences et de littérature, Avec les jugements que les critiques les plus impartiaux ont porté sur les bons ouvrages qui ont paru depuis le renouvellement des lettres jusqu'en 1772 par L.M.D.V. bibliothécaire de Mgr le Duc de **. - A Avignon : chez Antoine Aubanel et se vend chez J.P. Costard, 1772.

(2) Jean-Claude Bouvier, "Dictionnaires ou glossaires antérieurs au Tresor dóu Felibrige" dans : Mistral et la langue d'Oc, Aix-en-Provence, 1979.

(3) René André, voir bibliographie.

(4) « Le Dictionnaire languedocien de l'abbé Séguier », dans : www.occitanica.eu : coll. Estudis ; ressource électronique, 2013 [en ligne

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Fons documentari

Histoire du fonds

Francine Lancelot (1929-2003), chercheuse, danseuse et chorégraphe s’est très tôt intéressée aux danses traditionnelles régionales et à l’étude des danses anciennes, populaires et savantes. Elle devient dans les années 1960 l’actrice d’une véritable redécouverte des danses baroques.

Élève de François Malkovsky, de Mary Wigman puis de Françoise et Dominique Dupuy, elle travaille auprès de Pierre Conté au théâtre de l’Atelier où elle est initiée à la notation chorégraphique Conté. Danseuse, chorégraphe et comédienne à Saint-Etienne, Francine Lancelot rencontre une troupe de danses traditionnelles yougoslaves qui l’amène à s’intéresser au répertoire traditionnel français.

Elle se forme alors au collectage des chansons et danses traditionnelles auprès de Jean-Michel Guilcher. Elle est par la suite missionnée par le CNRS pour recueillir les répertoires populaires chantés et dansés en France et participe notamment au programme RCP (Recherche Coopérative sur Programme) Aubrac où elle réalise des films de collecte sur des danseurs de bourrée. Elle réalise ainsi entre les années 1960 et 1970 des collectages autour des pratiques dansées traditionnelles dans l’Aubrac, en Provence et Languedoc, en Vendée, Haute-Bretagne, Béarn, Gers et Landes.

En 1973, elle soutient une thèse de 3° cycle en ethnologie historique à l’Ecole Pratique de Hautes-Etudes autour des sociétés de farandole en Provence et Languedoc1, dans laquelle elle s’attache à l’étude du rapport entre pratiques populaires et pratiques savantes.

S’intéressant également à la danse baroque, elle fonde dans les années 1980 sa compagnie Ris et Danceries qui lui permet de fédérer musiciens, musicologues, décorateurs, costumiers et passionnés de danse baroque. Elle publie en 1996, La Belle Dance2, catalogue raisonné des partitions chorégraphiques du XVIIIème siècle.

A la fin de sa vie, pour assurer la transmission et l’accessibilité de sa documentation Francine Lancelot a confié ses archives à plusieurs centres spécialisés, dont le COMDT.

Modalités d'entrée :

Dépôt

Accroissement :

Fonds clos

Fonds complémentaire :

Centre National de la Danse, Archives Francine Lancelot et Compagnie Ris et Danceries

BnF, Département des Arts du Spectacle, Fonds Ris et Danceries

UPCP-Métive, Fonds Francine Lancelot

Phonothèque de la MMSH, Corpus : Les sociétés de farandole en Provence et en Languedoc

Dastum, Fonds Francine Lancelot

Description du fonds

Corpus d’enregistrements sonores et audiovisuels réalisé dans le cadre d’une recherche sur les rondes chantées dans le Gers (Savès), Béarn et Landes (Albret et Grande-Lande) constitué pour partie en collaboration avec le CNRS. Ce corpus contient 5 versions de chants ainsi que 46 versions instrumentales collectés entre 1976 et 1977.

Dates extrêmes :

1976-1977

Langues représentées dans le fonds :

Occitan (gascon)

Français

Importance matérielle :

Enregistrements sonores : 02:00:00, Images animées : 01:00:00.

Supports représentés :

Enregistrements sonores

Documents audiovisuels

Pour le consulter

Identifiant du fonds :

 

Instruments de recherche disponibles :

Fonds inventorié sur le catalogue en ligne du COMDT

Conditions d'utilisation

Conditions de consultation :

Fonds consultable sur place

Conditions de reproduction :

Reproduction soumise à autorisation

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