Ce manuscrit est composé de 71 feuilles de papier pliées en deux pour former un épais cahier, cousu dans une couverture de récupération en basane noire.
Le volume s’ouvre par un “Recueil d’Enigmes”, soit 12 énigmes en français, avec la solution inscrite sans doute d’une autre main (pages 1 à 9). Il contient ensuite des chansons en français, numérotées de 1 à 120 (pages 13 à 162) puis 7 chansons mêlant parfois l’occitan au français (pages 163 à 177).
A l’envers du volume (à partir de la vue 179 du document numérisé), sont notées une trentaine de chansons, dont trois en occitan (page 1, page 24 et page 39), et quelques une mêlant l’occitan au français.
Copie d'un des plus célèbres recueils de « chansons » de troubadours (Chansonnier I : BnF, fr. 854) réalisée dans la seconde moitié du XVIIe siècle pour Méry de Vic Sarred, président au Parlement de Toulouse en 1597. Le texte illustré de gravures découpées ou de dessins rehaussés en couleur contient les Tensos (chants) et Vidas (vies) des troubadours.
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Introduction de Claire Torreilles :
On doit à Marcel Barral la première édition critique des Obros mescladissos d'un Baroun de Caravetos, œuvres poétiques de Roudil (1982 et 19831) restées jusque là en grande partie inédites, à l’exception de la pièce Lou Testament dau Sage qui fut imprimée en 16502 avec les œuvres du poète Isaac Despuech dit Le Sage de Montpellier dont l’avocat Jacques Roudil (1612-1684) avait été l’éditeur et l’ami.
L’édition de Marcel Barral est fondée sur un manuscrit de la Société archéologique de Montpellier conservé dans le fonds Lunaret3. Marcel Barral connaissait l’existence d’un ou de plusieurs autres manuscrits de Roudil copiés aux XVIIIe et XIXe siècles. Le manuscrit du CIRDOC, acquis auprès d’un libraire parisien par François Pic pour le compte du CIDO4, est l’un de ceux-ci. Précisément il correspond à la description faite par Léon Gaudin en 1870: « C’est un petit in-8° de 377 pages, couvert en parchemin, et dans lequel les pièces françaises, latines et patoises sont mêlées» qui lui semble être « le manuscrit autographe de l’auteur, ou tout au moins une mise au net faite en vue de l’impression 5 ».
Ce manuscrit est plus récent que celui de la Société archéologique, plus complet aussi. Il comprend quatre vingt dix pages de plus (f° 287 à f° 377), ce qui représente un ensemble de trente neuf pièces inédites en latin, français et occitan, dans l’ordre chronologique de leur écriture, sans doute les derniers poèmes écrits par Roudil entre avril 1675 et juin 16836 où l’on trouve, comme dans le reste de l’œuvre, un regard aiguisé sur la société méridionale, entre le monde rural de Pignan et celui de Montpellier, une attention souriante aux événements du royaume et à la vie de famille, à soi-même et à la compagne aimée qui est la « Rozindo » des premiers sonnets, avec peut-être une gravité et une intériorité nouvelles dans les considérations sur l’âge et le temps qui passe. Il faut ajouter une pièce inédite extérieure reliée avec l’ouvrage et placée avant le titre7, et les dix précieuses pages d’une « Taulo de las peços contengudos dins aquest libre » qui terminent ce manuscrit en ouvrant d’intéressantes perspectives sur les réelles intentions éditoriales de Jacques Roudil8.
Introduction de Claire Torreilles, mai 2014
1 Jacques Roudil, poète montpelliérain du XVIIe siècle, Œuvres poétique languedociennes et françaises, publiées pour la première fois sur un manuscrit retrouvé avec introduction, notes et glossaire, par Marcel Barral, Montpellier, Publications de l’Entente bibliophile, 1982, 226 p. et Suite des œuvres poétiques languedociennes et françaises, Montpellier, Publications de l’Entente bibliophile, 1983, 238 p.
2Las fouliés dau Sage de Mounpelié revistos e augmentados de diversos piessos de l’autur embé soun Testament obro tan desirado, in 8°, sans lieu ni nom d’imprimeur, 1650. Édition numérisée disponible sur le site de la Médiathèque Émile Zola.
3 Barral (1982). « Liste des pièces contenues dans le manuscrit des Œuvres poétiques de Jacques Roudil qui appartient à la Société archéologique de Montpellier », p. 201-208.
4 Il l’a catalogué sous la cote Ms 296 dans le catalogue des manuscrits.
5Revue des langues romanes, 1870, p. 249 et sq. Gaudin publie quelques pièces de Roudil d’après la version (très arrangée) de F.-R. Martin dans Les loisirs d’un Languedocien en 1827. Le manuscrit qu’il décrit rapidement n’est pas en sa possession. Il appartient, dit-il, à M. S… qui est en fait le bibliophile Sauvadet dont on retrouve l’ex-libris en tête du volume mis en ligne ci-dessous.
6 La dernière date portée [f° 365] est en effet : 6 juin 1683.
7 « Dialoguo dins l’autre mounde entre Tap et Gl », (Tapemoy et Glaudet), 222 vers, 3 fo. daté de 1680.
8 Les intentions fantaisistes sont celles qu’indiquent les premières pages (identiques) des deux manuscrits connus : Las obros mescladissos d'un Baroun de Caravetos. Imprimados à Cantogril per Janas Buscaliensis, 1677.
Complément d'information à l'introduction de Claire Torreilles:
D'après Marcel Barral, il existe trois copies manuscrites de ces Obros mescladissos d'un Baroun de Caravetos.
L'inscription humoristique "Imprimados à Cantogril per Janas Buscaliensis" et la présence d'un prologue laissent penser que ce manuscrit pourrait avoir été rédigé dans le but de l'éditer.
Une partie des poèmes a été publiée par la suite dans le tome 1 de la Revue des Langues Romanes en 1870.
Les pièces de ces "Oeuvres mêlées d'un baron de Caravètes", s'ancrent dans l'Histoire et la langue parlée de la ville de Montpellier.
Jacques Roudil prend ainsi souvent pour prétexte un événement particulier survenu dans sa ville de Montpellier, qu'il soit officiel ou qu'il s'agisse d'un fait divers, pour écrire ses poèmes.
Pour en savoir plus :
- ROUDIL (Jacques), notes et glossaire par BARRAL (Marcel), Oeuvres poétiques languedociennes et françaises, Montpellier, Éd. de l'Entente bibliophile, 1982-1983.
- ALLIER (Max). "Jacques Roudil, oeuvres poétiques languedociennes et françaises per Marcel Barral", Oc, N° 15, setembre 1982, pp. 71-75.
Le manuscrit fr. 25425 de la Bibliothèque nationale de France est le seul témoin intégral conservé du poème, ou chanson, de la Croisade. On connait également deux fragments dont l'un est aujourd'hui perdu et trois copies d'une version en prose réalisée au XVe siècle sur un manuscrit différent du fr 25425.
Consultez le manuscrit de La Canso de la Crozada sur Gallica (BNF) :
Description : manuscrit sur parchemin de 169 feuillets reliés.
Dimensions : 245 x 180 mm
Reliure : reliure maroquin bleu, tranches peintes. Il contient 13 dessins à la plume, considérés comme des esquisses à des enluminures inachevées. Ces dessins ont très souvent été reproduits car ils représentent une des rares représentations iconographiques à peu près contemporaines de la croisade. A la page 70, le manuscrit contient une signature d'atelier ou de copiste : "Pons escriba".
- vers 1336, "Jorda Capella" (prêtre ou chapelain du nom de Jordan ?), d'après une note manuscrite à la fin du manuscrit : "Jorda Capella deu sus aquest romans XV. tornes d'argentz bos quel prestem a VI. de fevrier M.CCC.XXXVI."
La manuscrit avait donc été engagé par un certain Jordan pour la somme de XV gros tournois.
Cette somme était "relativement élevée" selon Paul Meyer, bien qu'il ait traduit "tornes d'argentz" par "livres tournois", ce qui représenterait une valeur considérable ; en 1931, Eugène Martin-Chabot a rectifié la traduction par "quinze gros tournois", somme déjà significative.
- XVIIe siècle : Collection du cardinal Mazarin [donnée incertaine : référence manquante]
- Début du XVIIIe siècle : Collection de Pierre-Paul Bombarde de Beaulieu (1698-1783), conseiller au Grand Conseil du roi Louis XV, d'après Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye qui cite plusieurs passages du manuscrit de la Canso ("Manuscrit de M. de Bombarde") dans ses Mémoires sur l'ancienne chevalerie (1759).
La copie que La Curne de Sainte-Palaye avait fait réaliser du manuscrit de la Canso, annotée et corrigée de sa main, est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal (Ms. 3321) et suivi d'une "Table générale des noms de lieux de ce même manuscrit" et d'une "Table générale des noms propres du même manuscrit".
- Deuxième moitié du XVIIIe siècle : Collection du duc de la Vallière, d'après le catalogue dressé par Guillaume de Bure en 1783.
Guillaume de Bure, Catalogue des livres de la Bibliothèque de feu M. le duc de La Vallière, Première partie..., tome second, 1783 ; n° 2708 (p. 168-170) : « Manuscrit infiniment précieux, rare et curieux. Il est du XIVe siècle, écrit en lettres de forme, à longues lignes, et il contient 120 feuillets, dont 13 sont ornés de figures dessinées au simple trait. » (p. 168)
- Après 1783 : Bibliothèque du roi puis nationale (N° 190 du fonds La Vallière, puis Ms. français 25425, cote actuelle)
Ce manuscrit comprend 13 illustrations à l’encre noire :
Pour en savoir plus :
Consultez l'article encyclopédique sur La Canso de la Crozada
Consultez la réédition électronique du texte d'introduction de Paul Meyer à la Canso de la Crozada
Ce manuscrit contenant les œuvres de Suzon de Terson rassemblées par ordre chronologique d’écriture date de la fin du XVIIe siècle. Il est composé de cahiers de papier de 26x18cm. Il est l’œuvre d’un certain Pons, qui le signe à la fin du texte p. 115, ainsi que p. 47. Il s’agit probablement de Louis Pons, greffier, qui est consul de Puylaurens en 1682, et est alors récemment converti au catholicisme. La reliure est récente (v. 1945).
L’histoire récente du manuscrit présente des liens intéressants avec l’écriture de l’histoire littéraire occitane au XXe siècle. Le manuscrit est d’abord acheté au libraire Masson de Montauban par Antonin Perbosc en 1920. Perbosc en commence l’étude, mais ne la poursuit pas, et transmet le manuscrit à René Nelli à une date indéterminée, mais avant sa mort. C’est Nelli qui le fait relier vers 1945. Nelli en entreprend lui aussi l’étude, fait à propos de Suzon de Terson une conférence, mais ne publie rien. Il transmet ensuite le manuscrit à Pierre-Louis Berthaud, qui publie quelques articles à son propos et en envisage l’édition. À sa mort, le manuscrit passe à Christian Anatole, qui l’édite en 1968. Le manuscrit est entré dans les collections du CIDO en 1979 dans le fonds Anatole, qui fait maintenant partie des fonds du CIRDOC.
Suzanne de Terson est née en 1657 à Puylaurens (Tarn) dans une famille de marchands aisés qui se sont hissés au rang de la petite noblesse, première des 9 enfants d’Antoine de Terson et de Marie Delcruzel. Sa famille est protestante (nombre d’entre eux émigreront à Amsterdam en 1685, d’autres sont encore persécutés au XVIIIe siècle), et elle épouse en 1677 le pasteur Élie Rivals, dont elle aura un enfant qui mourra en bas âge. Elle meurt à 28 ans en 1684 ou 1685. Son père et son oncle sont en correspondance avec l’Académie de Castres, elle-même en lien avec les milieux littéraires précieux de Paris. De sa vie, on ne sait rien que la date de son mariage avec le nouveau pasteur de Puylaurens, qui avait soutenu sa thèse de théologie à l’Académie protestante de Puylaurens.
Le manuscrit est intéressant à plus d’un chef. Il s’agit d’un exemple d’écriture provinciale liée aux modes littéraires parisiennes, mais aussi un rare témoignage d’une écriture féminine en occitan au XVIIe siècle (un autre exemple étant un petit poème d’Antoinette Salvan de Saliès, d’Albi). Le manuscrit contient 81 pièces de vers, dont 14 en occitan, présentées par ordre chronologique, écrites entre 1671 et 1684. La plupart sont placés dans un monde de bergers arcadiens, pleins de Tityre, de Tircis et de Daphnis.
Christian Anatole rapproche ses pièces en occitan du folklore populaire et de la chanson. Ils sont d’ailleurs titrés contes ou chansons. Ils sont pour lui moins marqués par la littérature parisienne que ses textes en français, notamment par l’usage de vers de sept syllabes, fréquents dans les textes traditionnels :
XLV CHANSON
Tu non n’aimas gaire,
Tant de mal me’n sap.
Cap que tu non me pòt plaire,
E tu m’aimas mens que cap.
No’n trobaràs gaire
De còr coma l’meu.
Benlèu coma es tròp amaire,
Aquo fa vergonha al teu.
Le texte occitan écrit par des femmes est, jusque récemment, une exception. Trobairitz ou précieuses sont rares, et le plus souvent confinées au domaine du manuscrit. En soit preuve leur absence totale dans une anthologie aussi réputée que celle de Nelli. Les femmes, quoi qu’on en dise, sont dans cette littérature bien plus souvent un horizon absent qu’une présence active.
En savoir plus sur le manuscrit :
Anatole, Christian (1968). Poësies diversses de Demoizelle Suzon de Terson 1657-1685. Nimes : Lo Libre Occitan, collection Fabri de Peiresc 1.
Berthaud, Pierre-Louis (1954a). Suzon de Terson. Le Cadet de Gascogne.
Berthaud, Pierre-Louis (1954b). Suzon de Terson. "Bulletin de la Société d’Histoire du Protestantisme Français". Septembre 1954, p. 120-125.
Berthaud, Pierre-Louis (1956). Suzon de Terson. "Revue du Tarn". p. 113-138.
Ce manuscrit sans date est un recueil de poésies écrit par "Bidal, le Musicien d'Issél".
D'après le Diccionari de la literatura occitana Audenca, ce pseudonyme correspond à Joan-Pau Vidal, poète potier né en 1807 à Puginier (Aude).
Brouillon manuscrit annoté et corrigé d'un poème intitulé "Es míes cançús" de Jusèp Sandaran Bacaria. Fait partie du Fonds Jusèp Sandaran Bacaria des Archives Comarcales du Val d'Aran (Espagne) : FONS AGA190-101.
Pour en savoir plus sur le fonds Jusèp Sandaran Bacaria : cliquez ici
Brouillon manuscrit, avec annotations et corrections, d'un poème intitulé "Espusa mia !" de Jusèp Sandaran Bacaria. Fait partie du Fonds Jusèp Sandaran Bacaria des Archives Comarcales du Val d'Aran (Espagne) : FONS AGA190-101
Ce poème a fait l'objet d'une publication dans la revue occitane "Era Bouts dera Mountanho" en août/septembre 1912. Il fait également partie d'un livret que Sandaran a dédié à sa femme en 1912.
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Brouillon manuscrit de deux poèmes avec annotations de Jusèp Sandaran Bacaria. Fait partie du Fonds Jusèp Sandaran Bacaria des Archives Comarcales du Val d'Aran (Espagne) : FONS AGA190-101
Era aubada a été présenté dans des concours littéraires avec la devise "Per Sant Juan d'Agost". En 1910, ce poème a reçu le diplôme d'honneur de l'"Escòlo dera Pirinéos".
At Pin a été publié dans la revue occitane "Era Bouts dera Mountanho" en janvier 1911.
Les deux poèmes ont fait également partie d'un livret que Sandaran a dédié à sa femme en 1912.
Ressource liée :
Autre version annotée manuscrite de Era Aubada
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Manuscrit d'un poème intitulé "Era Aubada" de Jusèp Sandaran Bacaria. Fait partie du Fonds Jusèp Sandaran Bacaria des Archives Comarcales du Val d'Aran (Espagne) : FONS AGA190-101.
Ce poème a été présenté dans des concours littéraires avec la devise "Per Sant Juan d'Agost". En 1910 il a reçu le diplôme d'honneur de l'"Escòlo deras Pirinéos" et fait également partie d'un livret que Sandaran a dédié à sa femme en 1912.
Ressource liée :
Autre version annotée manuscrite de ce poème
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