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Lo viatge de Joana - Saison 2 / Épisode 3
Clément, Anne. Auteur, interprète
Benichou, Julien. Compositeur
Vidal, Alain. Interprète
Huang, Edda. Interprète
Benichou, Daphné. Interprète
Zinner, Lucas. Interprète
François, Isabelle. Interprète
Alranq, Perrine. Interprète
Capron, Michel. Interprète
Duplan, Josette. Interprète
Texte de l'épisode : 

Je prends l’enveloppe, le tampon est américain. Je pose la lettre sur la table du salon.
Pour commencer il faut que j’ouvre les fenêtres, les volets pour laisser entrer l’air du mois de Juin dans la maison. Je fais le tour de la maison, ça ne sent pas la rose après un an de fermeture.

Il est midi. Je sors pour aller acheter quelque chose à manger. Quand j’entre dans l’épicerie c’est la révolution :

- Jeanne tu es rentrée ? Tout le monde croyait que t’étais envolée pour ne plus jamais revenir ! Mais que tu es belle ! Elégante ! Où as-tu trouvé ces jeans ? Et ce tee-shirt ? Tout le monde a fantasmé : il y en a qui ont dit que tu étais mariée, d’autres que tu avais décidé de vivre en Amérique avec Mathilde... De toutes façons ça nous fait plaisir de te revoir et surtout si jolie ! Sûr que le bonheur est arrivé dans ta vie. Et un jour il faudra nous dire la vérité ! Et la petite, je ne sais plus comment elle s’appelle, qu’est-ce que tu en as fait ? Tu l’as vendue ?  

- Elle arrivera bientôt. Moi aussi je suis heureuse d’être rentrée et de vous voir. J’ai faim donc je voudrais...

- Est-ce qu’ils mangent comme nous de l’autre côté?

- Pas toujours. Donc du pain, du jambon, de la salade...

Mon panier plein je rentre à la maison. Ce n’est pas très agréable de manger tout seule quand on n’y est plus habituée. Le téléphone sonne :

- Allo Jeanne, comment vas-tu ? Et le toit il n’est pas au milieu du jardin ?

- Et toi Rémy que fais-tu? J’espère que tu es malheureux tout seul dans ta belle maison sans ta Jeanne!

- Et toi est-ce que tu es malheureuse sans ton Rémy?

- Je ne sais pas encore, je viens d’arriver et je vais manger un peu. Les gens sont heureux de me voir.

- Bon c’est l’heure de partir à l’université car j’ai du travail ! Sept heures. Je t‘appellerai quand tu auras mangé. Bises !

- Bises !

Je rentre dans la cuisine, rien n’a changé... Le temps de brancher l’électricité, d’allumer le frigo. Ensuite je mange, je trouve une bouteille de vin, je bois un coup. C’est bon le vin pour ma tête et surtout mon cœur pour chasser le « blues ».
Et maintenant la lettre avec le café. Je savais bien qu’elle m’écrirait un jour. Mais je ne suis pas sûre que ce soit le bon moment.

Quelqu’un frappe à la porte. C’est le René, l’amoureux de mes 20 ans qui m’a laissée pour une autre. Il a un bouquet de roses rouges dans la main.

- Bonjour ma belle américaine ! On m’a dit que tu étais revenue au village. Je croyais ne plus jamais te revoir.

Il me donne les fleurs.

- Ces fleurs pour te dire tout mon amour, à toi qui resteras toujours la fleur de ma jeunesse !

- Entre René. Tu veux du café ?

- Avec plaisir !

- Assieds-toi. Je vais le réchauffer.

- Est-ce qu’on t’a dit la nouvelle?

Je ne réponds pas. Maintenant je sers le café.

- Alors on ne t’a rien dit?

Silence.

- Maintenant tu sais je suis riche. Ma tante est morte et m’a tout laissé. Comme pour toi avec ton oncle Vincent. Trop d’argent pour un homme tout seul. Alors si tu voulais, on pourrait vivre ensemble. Avec Rosetta nous n’avons pas eu d’enfant.

- René, l’an dernier je te l’ai déjà dit : toi et moi ça fait 40 ans que c’est fini. Tu ne te souviens plus de ce que tu m’as fait à 20 ans ? Et maintenant en plus je suis fiancée. Bientôt il y aura un mariage au village. Tu seras invité. Et maintenant j’ai des choses à faire et je suis fatiguée. Bois ton café et dehors !

René se lève et commence à pleurer.

- Je t’ai aimé toute ma vie. Quand la Rosetta était malade chaque matin je priais pour la voir partir au cimetière. Pour vivre avec toi ! Les femmes vous êtes toutes les mêmes : vous ne comprenez rien à l’amour. Est-ce que tu te souviens que quand tu n’avais pas un sou je t’ai prêté 1000 francs pour enterrer ta mère ?

- Sors de chez moi ! Je ne veux plus parler du passé et ce qui est fait est fait !

J’ai ouvert la porte, j’ai jeté les roses au milieu de la rue.

- Ton chien, le petit Poubelle, c’est moi qui l’ai tué. Adieu la vieille fille !

Eh bien ! joli retour ! Et maintenant la lettre de Mathilde :

Ma chère Jeanne,

J’ai rêvé de toi chaque jour depuis neuf mois : je savais bien que j’avais été méchante de m’en aller sans te dire au revoir. Après tout l’amour que tu m’avais donné! J’ai besoin de toi. Dans deux mois le petit arrive et je ne veux pas le faire dans ce pays. J’ai peur ! Et quand je pense à ma mère et à la grand- mère de mon enfant c’est toi que je vois. Est-ce que je peux venir chez toi pour accoucher ? Fred mon homme viendra me rejoindre dans deux mois. Maintenant il ne peut pas. Appelle moi quand tu pourras. Ne me laisse pas seule. Je t’aime.

Ta fille Mathilde.

En PS il y a le numéro: 410 687 90 87.De toute façon je n’ai pas le choix : il me faut appeler !

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Lo viatge de Joana - Saison 2 / Épisode 2
Clément, Anne. Auteur, interprète
Benichou, Julien. Compositeur
Vidal, Alain. Interprète
Huang, Edda. Interprète
Benichou, Daphné. Interprète
Zinner, Lucas. Interprète
François, Isabelle. Interprète
Texte de l'épisode : 

Évidemment tout a changé pour moi. Je me suis habituée à ma vie de femme avec un homme et le sourire de l'amour sur ma tête. Je n'avais jamais imaginé qu'une chose pareille arriverait un jour dans ma vie de vieille fille : faire la cuisine, aller faire toute seule les courses dans un supermarché américain, commencer à comprendre et à parler un peu cette langue. Rémy me laissait sa voiture et je conduisais une voiture sans changement de vitesse.

Il m'a emmené visiter les musées de Baltimore : le BAM (Baltimore Art Museum) et le Walters Museum. Il y avait tellement de peintures françaises que je me sentais à la maison. Heureusement que Rémy était avec moi car peuchère la peinture n'a jamais été une chose importante pour moi. Une fois à Paris j'étais allée au Louvre mais ça faisait si longtemps.
Donc j'ai découvert au BMA Matisse, Van Gogh, Picasso, et ce qui m’a beaucoup émue Andy Warhol. Et au musée Walters j’ai aimé les paysages de Monet, Manet, Sysley, l'art du Japon, de l'Egypte, de la Grèce...

Tout ça me semblait un autre monde : pas évident d'imaginer des gens faisant des peintures et des sculptures toute la sainte journée. Quand on n'a pas appris à découvrir l'art enfant ce n'est pas simple de le découvrir et de le comprendre à la fin de sa vie.

Je ne sais pas ce qu’aurait dit l'oncle Vincent de me voir visiter les musées avec son argent !
Ce qui me plaisait le plus c'était d'aller me promener sur la Baie du Chesapeake où sont arrivés les Pilgrim Fathers d'Angleterre au début du 17ème siècle. Et aussi les soldats de la guerre de sécession près du Patamac. Rémy était heureux de me voir étonnée par tant de merveilles comme un enfant devant un nouveau jouet.

- Un jour nous irons à Washington. En face du Congrès il y a de très beaux musées de toutes sortes. Et tu découvriras un peu plus la peinture française et celle de toute l'Europe. Et les sculptures de Malhol qui vient de ton pays, Banyuls sur mer. Et nous irons passer une semaine à New York où il y a aussi des musées et surtout celui du Moyen Age, le Musée des Cloîtres. Et tu ne seras pas contente de voir qu'ils ont volé le cloître de Saint Guilhem le Désert et tant d'autres. Surtout celui de Saint Michel de Cuxa dans les Pyrénées Orientales. Tout en marbre rose. Mais ils ne l'ont pas volé, ils l'ont acheté donc il y a des gens du pays qui l'ont vendu !

Je faisais la touriste, l'amoureuse et la femme au foyer. Un jour je me suis réveillée. Il fallait que je retourne au village :

- Allo ! Jeanne Belcaire ? Monsieur Bardot, le notaire !

- Bonjour Maître ! Quel plaisir de vous entendre !

- Jeanne, rien qu'un petit problème...

- C'est grave ?

- Non : hier il y a eu un gros orage et le toit de votre maison est tombé au milieu de votre jardin. Ne vous faîtes pas de souci, j'ai demandé au maçon de venir et demain tout ira bien.

- Merci beaucoup. Et à bientôt. Demain je rentre au village.

- Bon voyage !

Rémy n'était pas content mais moi ça me faisait plaisir. Surtout que maintenant je savais que l'homme que j'aimais me suivrait.

- Ce n’est pas toi qui va réparer ton toit.

- Je veux voir ce qui est arrivé et suivre le travail, c'est ma maison !

- Dans un mois j'ai fini à l'université pour de bon, la retraite est arrivée…Si tu attendais on pourrait partir ensemble.

Pour la première fois nous n'étions pas d'accord. Rémy était tout blanc, sa voix tremblait et ses mains aussi. Les larmes n'étaient pas loin. Et moi je voulais partir, rentrer au village. J'étais sèche : la vieille fille était revenue.
Quand il a commencé à pleurer je me suis arrêtée. J'avais gagné ! C'est sûr que dans un mois il viendrait me rejoindre.

- Rien qu'un mois et puis tu viendras.

- Mais ce n'est pas possible pour moi de tout laisser ici, il faudra du temps. Je ne veux pas garder cette maison après la retraite. Je n'ai pas d'enfant et je ne sais pas ce que je vais faire des meubles et de tout le reste.

- Ne t'en fais pas je reviendrai avec toi à la fin de l'été...

- Peut-être. Mais moi je ne veux pas te quitter. Je veux vivre avec toi. Tu dois savoir que je t'aime. Je le savais déjà quand on était jeunes mais j'ai eu peur : tu étais tellement pleine de ton pays. Ce n'était pas possible d'imaginer Jeanne vivant dans un autre pays, si loin de son Occitanie.

Il m'a prise dans ses bras et puis il est allé acheter un « crab cake » avec un coup de vin rouge pour me faire plaisir. J'étais devenue une enfant gâtée.
Ensuite on a pris les billets et allez! : je partirai demain et lui dans un mois.

Quand nous nous sommes quittés à l'aéroport il m'a donné une petite boîte. Dedans une bague avec une pierre bleue : un saphir... J'étais fiancée et lui pleurait de bonheur et de tristesse de me laisser.

Une fois assise dans l'avion je commençais à réaliser tout ce qui avait changé dans ma vie depuis une année. Le souvenir de Mathilde était loin mais je pensais souvent à elle, au plaisir que nous avions eu à vivre ensemble, à faire le voyage pour l'Amérique toutes les deux. Ça m'aurait fait tellement plaisir si elle était venue avec moi dans les musées. Une étoile filante dans ma vie ! Mais j'étais sûre de l'avoir aidée à faire son chemin de femme. Mais quel était l'homme qu'elle avait choisi : un homme bien ou une racaille !

Paris, Montpellier, mon amie Claire m'attendait à l'aéroport.

- Alors Madame l'américaine, qu'est-ce que ça fait de revenir au village? Est-ce que tu parles la langue après une année dans le pays ?

- Je commence à me débrouiller et je peux sortir seule.

- Et l'amour est enfin arrivé dans ta vie ? Ce Rémy était tellement beau quand il avait 20 ans. Evidemment c'est un peu tard d'être amoureuse dans l'automne de sa vie ! Le plus important c'est que ça existe et que tu sois heureuse. Pour cela il n'y a pas d'âge.

Quel plaisir de la revoir, nous sommes amies depuis l'école primaire. Elle est mariée, elle a deux enfants et elle a travaillé toute sa vie à la mairie, secrétaire. Maintenant elle est retraitée et avec Jacques son mari qui était instituteur, ils font des voyages organisés un peu partout dans le monde et chaque fois qu'ils reviennent ils font une soirée avec des films sur le dernier pays découvert.
J'aurais pu faire ça avec Baltimore. Une prochaine fois ! Mais quand Rémy sera ici nous ferons une soirée sur l'histoire du Maryland, ce sera très intéressant... et différent.

Maintenant je suis devant ma porte. Je rentre et sur la table un tas de courrier. Sur le dessus une lettre dont je reconnais l'écriture et mon cœur se met à battre…

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Les acteurs du PCI à Pézenas
Lycée Jean Moulin (Pézenas)
Les élèves de l'option occitan du lycée Jean Moulin de Pézenas ont collecté plusieurs acteurs du patrimoine culturel immatériel qui font vivre les fêtes populaires et traditionnelles à Pézenas, notamment autour du Poulain.

Alain Charrié (musicien, professeur de fifre), Albert Lopez et Jérôme Fuentes (Président d'honneur et président des Amis du Poulain), Dalfina Palacio (Directrice de la Calandreta de Pézenas), Elian Blancher (ancien directeur de la Calandreta de Pézenas), Claude Alranq (acteur, auteur, metteur en scène, artisan du renouveau du théâtre méridional d'expression française et occitane) ont été interrogés selon la même grille d'enquête : 
- Qu'est ce que le PCI pour vous?
- Comment l'avez vous reçu?
- Comment le transmettez vous?
 
Cet enregistrement est un montage réalisé par les élèves à partir des différents collectages. L'ensemble des collectages est consultable sur simple demande, sur place, au CIRDÒC.
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Lo viatge de Joana - Saison 2 / Épisode 1
Clément, Anne. Auteur, interprète
Benichou, Julien. Compositeur
Vidal, Alain. Interprète
Huang, Edda. Interprète
Benichou, Daphné. Interprète
Zinner, Lucas. Interprète
Texte de l'épisode : 

Pour vous dire où j'en suis : je m'appelle Jeanne, je suis retraitée et avec une fille Mathilde, qui est venue me demander de l'aide, je suis venue me promener à Baltimore. Là j'ai un ami de jeunesse, Rémy, professeur de Langues Romanes à l'université. Mais cette fille Mathilde – la fille que je n'avais pas eue dans ma vie solitaire – pendant que j'étais à l'université avec Rémy est partie. Elle a trouvé un amoureux sur Internet. Quelle histoire !

Ce n'était pas possible pour moi de penser que Mathilde m'avait abandonnée. C'est sûr que je n'étais qu'une vieille femme et que les jeunes ont besoin de jeunesse... Mais j'avais l'impression d'avoir tout donné pour rien. Je commençai à pleurer doucement. Rémy ne savait que faire pour me consoler.

- Elle t'a demandé de l'aide. Ce que tu as fait c'est très bien. Maintenant elle est devenue adulte grâce à toi. Ne te fais pas de mauvais sang, elle reviendra. Peut-être pas demain mais un jour, c'est sûr ! Maintenant elle a besoin de se sentir libre.

- J'avais imaginé tellement de choses : je croyais avoir enfin une fille et ne plus être seule. Et je ne sais pas si l'homme qu'elle a pris est un bon choix.

- N'oublie pas que maintenant je suis là, je veux dire à côté de toi...

Il avait posé sa main sur mon épaule, mais ce n'était pas le moment. Je fis deux pas et je pris mon sac.

- Je veux aller me promener.
 
- Comme tu veux. Et où ?

- Sur le port pour voir les bateaux.

- Tu veux retourner à Fellspoint ? Je sais que tu aimes les bateaux mais aussi les gâteaux du café Bonaparte !

Et nous sommes partis. Nous avons marché, nous sommes allés boire du thé, manger un « muffin ». Plus de larmes mais de toutes façons la joie n'était plus de la partie. Nous sommes allés marcher dans un parc où des enfants jouaient. Je voyais Mathilde partout, dans les arbres, dans les voitures. Elle ne m'avait pas laissé le numéro de son portable. Et maintenant qu'est-ce que j'allais faire toute seule ?
Rémy travaillait et je ne parlais pas la langue. Il n'y avait qu'une seule issue : rentrer à la maison. Mais enfin j'étais venue pour voir Rémy. Est-ce que je serais venue sans Mathilde ?
Pendant des années j'avais rêvé de ce voyage. Je n'avais pas d'argent pour venir. Puis grâce à l'oncle Vincent j'en avais eu. Et maintenant que j'étais là je ne voulais plus rester.
Et tout d'un coup tout devint clair : j'avais peur de me retrouver seule dans une maison avec un homme. Ça faisait tellement de temps, peut-être trente cinq ans que personne n'avait caressé ma peau, que je ne savais plus ce qu'était un baiser sur la bouche sans aller plus loin...

Les feuilles commençaient à faire un tapis sur l'herbe et avec le soir l'humidité montait de la terre. Ma tête tournait, je ne voyais plus rien. Tout d'un coup Rémy prit ma main et la serra dans la sienne. Ce fut comme un éclair dans tout mon corps. Je n'osais pas le regarder mais un sourire s'épanouit sur mes lèvres comme une délivrance. Une porte s'était ouverte dans ma solitude. Nous avons marché comme deux petits revenant à la maison après l'école. Quand nous sommes rentrés il n'y avait toujours rien : Mathilde n'avait pas appelé.

- Ne te fais pas de souci, si elle a un problème elle saura où te trouver.

- Pas simple d'être calme et raisonnable pour une femme qui n'a pas fait autre chose dans sa vie et qui est tout d'un coup sortie de son chemin.

- Si tu veux, tu en trouveras un autre chemin....

- Il me faut acheter un mobile.

- Pas de problème, demain. Ce soir je veux te faire découvrir une spécialité de Baltimore : le gâteau de crabe, « crab cake ».Tu veux manger ici ou au restaurant ?

- Peut-être ici avec un verre de vin.

- Je vais acheter tout ça, attends-moi comme une petite fille. Ce sera vite fait.

Assise devant la fenêtre de la cuisine j'ai attendu. Les arbres dans ce pays sont si grands. C'est bon pour l'été ! La nuit arrivait. Puis je suis allée chercher mon billet d'avion. Le retour en France était prévu pour le 15 Décembre : deux mois ici : qu'est-ce que j'allais faire ?

C'était important de découvrir la cuisine. J'ai trouvé une salade, elle était déjà prête. Un peu de vinaigre, d'huile et de sel dans un saladier et tout allait bien...
Le temps passait : ça ne faisait pas loin d'une heure que Rémy était parti. Et s'il avait eu un accident ? Peut-être qu'à cette heure il était à l'hôpital à moitié mort ? Il ne manquerait plus que ça : me retrouver toute seule dans cette maison, dans un pays étranger où je ne connaissais personne.
Et Rémy avait pris ma main, l'avait laissée et rien de plus. Je commençais à me ronger les ongles comme quand j'étais petite fille. Est-ce que je l'aimais ? Et lui qu'est-ce qu'il voulait ? C'est moi qui l'avait appelé pour venir le voir de l'autre côté de la mer.

- Jeanne, je suis là ! C'était un peu long car ils ont dû préparer le « crab cake ». Il n'y en avait plus. C'est samedi et tout le monde en veut !

- Ah bon !

- Eh bien, qu'est-ce qui se passe ? Tu as pleuré ?

- Mais non ! J'ai préparé la salade et je t'attendais. Je suis heureuse de te voir.

- Et pour commencer, un bon coup de vin !

Et après tout s'est bien passé. Le vin dans mes veines a fait son chemin. Le « crab cake » était plus que bon. Il me faut trouver la recette : au village ils seront très heureux de manger ça.

Et le lendemain matin c'était dimanche et après 35 ans de solitude dans mon lit je me suis réveillée dans les bras d'un Rémy plein de sourires. Une vie nouvelle commençait peut-être...
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Ces chansons qui font l'histoire : Gloire au 17e
Dicale, Bertrand (1963-....)
Les chroniques "Ces chansons qui font l'histoire" de Bertrand Dicale, diffusées sur France Info sont toutes réunies sur un portail et mises à la disposition des enseignants et du grand public.

Bertrand Dicale a consacré une de ses chroniques à la chanson Gloire au 17e du chansonnier populaire et engagé Montéhus (Gaston Mardochée Brunswick (1872-1952)), écrite suite à la mutinerie du régiment d'infanterie durant la Révolte des vignerons de 1907.

Accéder à l'émission en ligne

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Enseigner nos langues : projets européens et mobilités transfrontalières
Laupies, Mélanie
Paulet, Geneviève
Albert, Fabienne
Ridder Serra, Carmen
Baccou, Patrice
Castaing, Delphine
"Nos" langues, l’occitan, le catalan, doivent faire face à des problématiques qui leur sont propres au regard d’un contexte qui leur est défavorable mais qui permet de nouvelles choses. Pour la transmission de langues minoritaires, l’École est un acteur primordial, de terrain et enseignants ou représentants de l’éducation artistique et culturelle n’ont pas attendu pour développer des projets renforçant les approches et les apprentissages, en dehors parfois des habitudes et des pédagogies institutionnelles. Des enseignants passent au tableau et présentent leurs projets, menés en mobilité et échanges européens ou transfrontaliers, mettant en lumière des problématiques communes sur un large espace afin de faire émerger idées et méthodes nouvelles.

Lors de cette table-ronde enregistrée le 01/07/2016 lors du Forum Eurorégional Patrimoine et Creation à Castelnaudary, les intervenants et l'animatrice Mélanie Laupies ont présenté les différents projets éducatifs d'échange et de mobilité d'élèves menés autour de la transmission des langues régionales dans les espaces catalan et occitan.

Geneviève Paulet (DASDEN Hérault) et Fabienne Albert DASDEN Aude), conseillères pédagogiques pour l'occitan de l'Académie de Montpellier, présentent plusieurs expériences menées à l'échelle européenne, parmi lesquelles le projet Comenius Regio « Des contes dans nos langues ».

Patrice Baccou, directeur d'APRENE et Carme Ridder Serra de la Société Catalane de Pédagogie présentent les résultats de leur collaboration autour de l'élaboration du Cadre d'Enseignement des Langues Vivantes.

Delphine Castaing, professeur d'occitan dans le Gers, à l'origine du projet Erasmus + GO TO THE FUTURE (Gaelic Occitan TOgether For language Users Trough United Roots and Experiences) explique comment ce projet réunissant collèges de Gascogne, d'Écosse et d'Irlande a pu être reconnu comme le troisième projet le mieux noté pour la France.
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Patrimoine et création culinaire
Bras, Mireille. Conférencier
Marqués, Vicent. Conférencier
Nogués, Gerard. Conférencier
Colomero, Roberto. Conférencier
La cuisine est typiquement ce liant qui existe entre le patrimoine et l'évolution, la recherche permanente et la recréation. Elle est ce sel tout à la fois immatériel et matériel qui relève son terroir, son territoire, ainsi que la culture de toutes les communautés qui y vivent. Elle dépasse le cadre de notre stricte alimentation vitale, pour atteindre, de plus en plus dans nos représentations, le statut de bien culturel immatériel, à sauvegarder, transmettre et faire connaître. La cuisine comme art ? Elle naît, comme tout art, de l'intention, se construit dans la rencontre et prospère dans le partage. Elle permet en tout cas tous les mélanges, toutes les audaces, et toutes les transdisciplinarités. Sans oublier que cuisine et culture subissent les mêmes phénomènes : standardisation, uniformisation... Voilà, servis sur un plateau, et pour mieux les analyser, des questionnements sur notre rapport au lieu, au local, à la matière première, au travail, au temps, et au(x) sens...

Lors de cette table-ronde enregistrée le 03/07/2016 à Castelnaudary dans le cadre du Forum Eurorégional Patrimoine et Création, Mireille Bras (auteur), Gerard Nogués (directeur adjoint de la Fundació Institut Català de la Cuina i la Cultura Gastronòmica), Vicent Marqués (auteur) et Roberto Colomero (Président de l'Espaci Occitan dels Aups - Valadas Occitanas) présentent les différentes initiatives liées au patrimoine culinaire sur les territoires catalans et occitans.
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« Plus le futur interpelle, plus l'archaïsme répond » : les animaux de la fête occitane / Claude Alranq
Alranq, Claude (1947-....)
Conférence de Claude Alranq sur les animaux totémiques en Languedoc et le sens anthropologique qui sous-tend les rituels festifs.
Claude Alranq, acteur, conteur, auteur, metteur en scène, artisan du renouveau du théâtre méridional d'expression français et occitane depuis 1968, a été aussi enseignant-chercheur spécialiste de l'ethno-scénologie française et de l'histoire du théâtre des minorités en initiant notamment la première licence professionnelle artistique en France (2000) :  « ACTEURS -SUD » (interculturalité, transdisciplinarité, patrimoine culturel immatériel). Il collabore aujourd'hui à de nombreuses recherches et actions pour la transmission du patrimoine culturel immatériel et à son actualisation dans le domaine du spectacle vivant.
 
Conférence enregistrée en plein-air le 03/07/2016 à l'occasion du Forum Eurorégional Patrimoine & Création de Castelnaudary.
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Émission Miegjornau spéciale 40 ans de l'UOE
Ràdio Lenga d'Òc. Producteur
Blénet, Marius. Auteur
Peladan, Georges (1938-....). Personne interviewée
Mazoyer, Marineta. Personne interviewée
Ficat, Marion. Personne interviewée
L'émission quotidienne Meigjornau du 16/06/2016, animée par Marius Blénet a été enregistrée le 14/06/2016 au CIRDÒC. Elle est entièrement consacrée à la 40e édition de l'Université Occitane d'Été de Nîmes et revient sur le programme de cette année, conçu pour la première fois en partenariat avec le CIRDÒC mais aussi sur l'histoire de cet incontournable moment d'échange et de culture estival.
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À propos de l'histoire du Teatre de la Carrièra / Catherine Bonafé
Bonafé, Catherine
Avec Mort et résurrection de M. Occitania, La guerre du vin ou encore Tabò ou la dernière Sainte-Barbe, Lo Teatre de la Carriera, théâtre Populaire Occitan, fondé en 1968 par Claude Alranq, a mis en scène la vie languedocienne. En tant que théâtre de combat, il part des problèmes quotidiens, les traite en étroite collaboration avec les travailleurs et les restitue dans un théâtre d’images, de mouvement et de couleurs qui puise ses racines dans la richesse culturelle occitane ; théâtre qui, selon la tradition languedocienne, bondit du conte à la farce, de la farce à la tragédie.
Plus de 400 représentations ont été données, dont la majorité dans des villages, pour rencontrer le public populaire dans son cadre habituel de vie. Mais loin de réduire le travail à un localisme chauvin, la profondeur culturelle de cette démarche régionale saisit l’homme dans son intimité et place son propos au rang de l’intérêt universel.
En 2016, Catherine Bonafé s'est rendue à la Mediatèca du CIRDOC pour consulter les archives du Teatre de la Carrièra. En tant qu'ancien membre de la compagnie théâtrale, elle a accepté d'apporter son témoignage sur l'historique de la compagnie et sur les documents accesibles au sein du fonds d'archives.
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