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Lo Compendion de l’Abaco
Bancarel, Gilles
Bertrand, Aurélien

Lo Compendion de l'Abaco (littéralement Le Compendium de l'Abaque, du nom donné aux instruments mécaniques plans qui facilitaient le calcul) est un traité d’arithmétique de Frances Pellos (14..-....) (Francés Pelós en graphie occitane classique), mathématicien niçois. L’ouvrage, imprimé à Turin en 1492 est, en l'état des connaissances actuelles, le premier livre imprimé en occitan.

Autres appellations connues

< Lo Compendion de lo Abaco, [variante du titre de l'œuvre sans élision présente au sein de recueil]

< Lo Compendion del Abaco, [variante moderne avec contraction du titre de l'œuvre]

Exemplaires connus ou conservés

Il existe plusieurs exemplaires connus de cet ouvrage conservés à :

Londres, British Library, IA. 32436
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Nice, Bibliothèque municipale Romain Gary, 3 exemplaires : Rés. 12389, Rés. 12390, XV 254
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Nîmes, Bibliothèque Carré d’art, INC 64 
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New York, Columbia University, Rare Book and Manuscript Library, Incunabula Goff P-260 
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Paris, Bibliothèque nationale de France, Res. p. V. 351
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Séville, Biblioteca Colombina, V, p. 294 
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Tokyo Nihon University College of Commerce

Description physique

Incunable in 4° de 82 feuillets numérotés en chiffres romains en haut de page. Une numérotation, moins régulière, en bas de page donne en lettres d’alphabet l’ordre des cahiers et en chiffres romains celle des feuillets à l’intérieur de chaque cahier. « La page de titre est composée d’un encadrement en bois gravé... contient de multiples tableaux et opérations , 40 figures géométriques dans le texte et 2 bois gravés » 
Extrait de la description détaillée de F. Pic (ref. ci-dessous) Incunable in 4°, 80 f. ill. bois gravé. 

Exemplaire de Nîmes :
Incomplet des ff. 51-54. - Texte en dialecte niçois, 41 lignes ; car. goth. 2 grandeurs ; lettres d'attente ; figures géométriques et 2 gr.s.b. (f. 79). Notes ms sur 2 ff. bl. rajoutés avant le titre.

Note de contenu

Frances Pellos présente son œuvre de la façon suivante dans son premier chapitre : 

Dieus done a mi gratia et sia en son plaser che fassa principi he fin de aquest compendion de abaco de art de arithmeticha he semblantment dels exemples de jeumetria contenguts en los presents sequents capitols, (...) Non obstant ordeneray la presente opera per capitols, debitament entendabla a un cascun, per so que las dichas arts son necessari, nedum a merchans, mas ad ogni persona de che condition se vulha sia.

Dieu me donne grâce et que soit en son bon plaisir que je commence et achève cet opuscule d'abaque d'art d'arithmétique ainsi que des exemples de géométrie contenus dans le présent et les suivants chapitres, (...) J'ordonnerai la présente œuvre en chapitres, aisément compréhensibles par tout un chacun, parce que les dits arts sont nécessaires, non seulement aux marchands, mais également à toute personne de quelque condition qu'elle soit.

Il se présente par la suite ainsi dans la conclusion de l'ouvrage : 

Complida es la opera, ordenada he condida
Per noble Frances Pellos, citadin es de Nisa,
Laqual opera a fach, primo ad laudem del criator
Et ad laudour de la ciutat sobredicha,
Laqual es cap de Terra Nova de Provensa,
Contat es renomat per la terra universsa.

Achevée est l'œuvre, ordonné et apprêtée
Par noble François Pellos qui est citoyen de Nice
Cette œuvre qu'il a faite, d'abord à la louange du créateur
Et à l'honneur de la cité susdite,
Laquelle est première de Terre Neuve de Provence
Qui est renommé sur la terre entière.


Ce ne sont donc pas les universitaires mais les milieux marchands qui produisent à partir du XIIIe siècle ces nouveaux « algorismes » (méthodes de l'art du calcul) ou livres d’« abaco », dont le but est d'apporter les rudiments mathématiques nécessaires au bon exercice du négoce. C'est pourquoi ces traités sont rédigés dans les langues d'usage des marchands, en occitan, italien, français, etc. et non en latin.

Lo Compendion de lo Abaco, qui figure parmi les premiers livres de mathématiques imprimés en Europe, témoigne de la place qu'occupe la langue occitane dans les échanges commerciaux à l'aube de la Renaissance.

Premier ouvrage de mathématiques appliquées, rédigé dans un provençal médiéval soigné, comportant des traits spécifiquement nissarts qui le rendent particulièrement intéressant pour l'étude de ce dialecte à la fin du XVe siècle. D’après l’historien André Compan « C’est avant toutes choses un code marchand, un traité d’économie qui est le bienvenu dans cette fin du XVe siècle à Nice et dans son comté. En effet, un siècle après la dédition de notre région aux comtes de Savoie, en 1388, l’essor mercantile a mis en bonne place la renommée de Nice. C’est ainsi que l’on peut retrouver dans ce traité les unités de valeur et les changes monétaires qui resteront en vigueur jusqu’à la Révolution ». L'auteur, à la fin du texte, a soin de spécifier qu'il est niçois et qu'il a écrit cet ouvrage à la louange du créateur et de sa ville « renommée sur la terre entière ». 

Note d’étude

À part l'édition originale, il existe une réédition réalisée par Robert Lafont. Dans son édition, Lafont poursuit par une étude généalogique qui, en s'appuyant sur sa noblesse, le rapprocherait des diverses branches de la famille Pellosio aux armes d'« or à l'ours de sable passant ». Il rappelle également que Pellos signifie « poilu, velu » (on écrirait aujourd'hui pelós, en norme classique).

Critiques et réception de l’œuvre

Édition critique 
Compendion de l'Abaco / Francés Pellos ; texte établi d'après l'éd. de 1492 par Robert Lafont, avec un comment. philologique ; comment. mathématique de Guy Tournerie. Montpellier : Univ. de Montpellier Fac. des lettres et sciences humaines, 1967. 

Bibliographie 
Jacques-Charles Brunet, Manuel du libraire et de l’amateur de livres, 5e édition, Paris, Firmin Didot, 1860-1865, T. 4, colonne 475. 

Catalogue général des incunables des bibliothèques publiques de France, Nendeln, Kraus-Thomson, 1970, T. XVI, p. 8977. 

Études 
Baldassare Boncompagni, « Intorno ad un trattato d’aritmetica stampato nel 1478 », Atti dell’Accademia Pontifica de’ nuovi Lincei, T. XVI, 1862-1863, p.161, 332-335. 

J. Rance-Bourrey, « Incunables niçois », Nice Historique, vol. X, mars 1908, p. 89-91. 

Étude critique et méthodique d’un ouvrage en moyen provençal : Lo compendion de l’abaco de Frances Pellos 1492 par Adolphe Viani sous la direction de Jean Granarolo [S.l.] : [s.n.], 1981. Thèse de 3e cycle : Études régionales : Nice : 1981. 

Roger Casaglia, « Frances Pellos e lou 500ème aniversari dou Compendium de l’Abaco », Nice Historique, 1982, n. 2, p. 108-112. 

François Pic, « Itinéraire bibliographique en mathématiques occitanes de F. Pellos (1492) à J.-F. Fulconis (1562) » dans : Huit siècles de mathématiques en Occitanie : de Gerbert et des Arabes à Fermat, Monein : Ed. PyréMonde, impr. 2008, p. 138-158. 

Michel Guillemot, « Les méthodes de fausse position dans le Manuscrit de Pamiers (1430) et le Compendion de l’Abaco de F. Pellos (1492) » dans : Huit siècles de mathématiques en Occitanie : de Gerbert et des Arabes à Fermat, Monein : Ed. PyréMonde, impr. 2008, p. 138-158. 

Ressources numériques 
BM Carré d'art Nîmes
BMVR Nice

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Journée d'hommage à Léon Cordes (1913-1987)
Verny, Marie-Jeanne. Conférencier
Lespoux, Yan. Conférencier
Gardy, Philippe. Conférencier
Decòr, Miquèl. Conférencier
Rosenstein, Roy. Conférencier
Torreilles, Claire. Conférencier
Forêt, Jean-Claude. Conférencier
Pierra, Gisèle. Conférencier
Albert, Patric. Conférencier
Cordes, Michel. Conférencier
Cordes, Magali. Conférencier
Brun, Jean-Frédéric. Conférencier
Captation sonore de la journée d'études consacrée à Léon Cordes organisée le 22/11/2013 par la composante RedÒc du laboratoire de recherche LLACS (Langue, Littérature, Arts et Cultures des Suds) de l'Université Montpellier III, sur le site Saint-Charles de l'université Paul Valéry (Montpellier III).

Présentation de la journée :

Léon Cordes est né en mars 1913 à Siran, dans le département de l'Hérault. L'objet de cette journée d'études : faire mieux connaître Léon Cordes, sous tous les aspects, et ils sont nombreux, qui ont illustré son existence jusqu'à sa disparition, au début de l'année 1987. Écrivain, Cordes nous a laissé une oeuvre poétique importante, qui mérite d'être lue et méditée comme elle le fut déjà en son temps par ceux qui surent y trouver les chemins de leur propre inspiration. Il fut aussi un romancier et un nouvelliste novateur, dont le rôle demande à être mieux évalué. Dramaturge et homme de théâtre, Cordes a beaucoup écrit, beaucoup joué, et entraîné plus d'un sur la voie d'un théâtre d'oc qu'il avait pratiqué dès sa jeunesse, et qu'il n'a pas cessé de vouloir illustrer, développer et renouveler. Homme public, il fut acteur, orateur, serviteur d'une langue et d'une civilisation qui le ramenaient toujours à ses origines minervoises et à tout ce que l'histoire de cette cité légendaire pouvait représenter de valeurs et de symboles. Par ses attaches terriennes et les combats qu'il mena au milieu des agriculteurs languedociens, il a beaucoup écrit, dit et réfléchi, bien au-delà de sa réelle et constante passion pour une langue, l'occitan, qui était celle de ses origines et la sienne. Il fut, à cet égard, un acteur inlassable, homme de parole et de pensée, toujours en mouvement.
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Compagnie GdRA : le spectacle « Nour » / Dètz
Dètz

Présentation, par le collectif Dètz

Spectacle de la Compagnie GdRA au Théâtre Garonne, à Toulouse. Extraits et entrevue des artistes.

Filmé le 28 mai 2011
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L'occitan au cinéma : Histoire d'Adrien de Jean-Pierre Denis
CIRDOC - Institut occitan de cultura
Histoire d'Adrien est un film couleur français de 95 minutes réalisé par Jean-Pierre Denis, en langues occitane (majoritaire, sous-titrée en français) et française, sorti en salles en 1981 sur le circuit Gaumont, et récompensé par la Caméra d'or à Cannes en 1980. La musique du générique a été composée et interprétée par Joan Pau Verdier.
[consulter la fiche film du catalogue collectif des bibliothèques et archives de cinéma Ciné-Ressources]

Consécration

23 mai 1980,  gala de clôture du 33e festival de Cannes : saluant « un film remarquable et qui [le] touche beaucoup », René Clément remet à Jean-Pierre Denis la Caméra d'Or – récompensant le meilleur premier film – pour Histoire d'Adrien, un long-métrage « tourné en langue d'oc, en occitan ».
À l'issue de la cérémonie, la journaliste France Roche, visiblement perplexe, s'interroge : « C'est très difficile de savoir si le film de Denis aura beaucoup de public, parce que c'est le premier film français parlé en patois. »

"La langue comme évidence" (Michel Chadeuil)


« Sens la lenga, queu film seria pas la meitat de çò que es. E Denis zo sap ben que vòu pas auvir parlar d'una version francèsa. En francès, Histoire d'Adrien seria estat "regionalista" o "provinciau". En occitan, es universau. » Michel Chadeuil (1) 
[Sans la langue, ce film ne serait pas la moitié de ce qu'il est. Et Denis le sait bien : il ne veut pas entendre parler d'une version française. En français, Histoire d'Adrien aurait été "régionaliste" ou "provincial". En occitan, il est universel.]

Autofinancé, tourné en 8mm en Dordogne, sur une période de deux ans, par un autodidacte, Histoire d'Adrien met en scène des acteurs bénévoles et amateurs. Locuteurs natifs de cet occitan périgourdin qui constitue la langue principale du film, ils improvisent la plupart des dialogues et ont rouvert la garde-robe de leurs grands-parents pour les besoins du tournage.
Le long-métrage dépeint la vie d'un jeune paysan né sans père au début du XXe siècle. Le quotidien de la ferme, le départ des hommes au front, l'exode rural, la grève des cheminots de 1920 sont autant d'éléments contextuels qui ancrent la fiction dans une vraisemblance historique fondamentale pour Jean-Pierre Denis – sans constituer l'essence de l'œuvre. Le propos demeure l'histoire, individuelle, de son personnage. L'histoire d'Adrien. Il en va de même pour l'utilisation de la langue occitane : 

« Le choix de la langue d'oc a été dicté par un souci de cohérence et d'authenticité, simplement parce qu'il ne pouvait en être autrement ; il va de soi qu'en 1905, dans les champs, les villages, les paysans s'exprimaient dans leur langue. » J.-P. Denis (2)

La comparaison s'impose avec l'adaptation par Chabrol du roman breton Le Cheval d'orgueil, sortie la même année, mais intégralement tournée en français. 

Postérité

Grâce au soutien du cinéaste René Allio, Histoire d'Adrien pourra être distribué en salles sur le circuit national. Ce premier long-métrage en occitan à diffusion grand public restera une exception dans le paysage audiovisuel français : le seul projet comparable, L'Orsalhèr (J. Fléchet, 1982), ne bénéficiera pas de la même distribution. De La Palombière à Ici-Bas en passant par Champ d'honneur, l'occitan restera prégnant dans l'œuvre de Jean-Pierre Denis. Il ne subsiste toutefois d'Histoire d'Adrien, – création occitane contemporaine sacrée à Cannes, chef-d'œuvre rendu à l'état de mythe –, que de rares copies en circulation, en piteux état ; le film n'a connu qu'une édition VHS (3) depuis longtemps épuisée.

Notes

(1) « Un grand film occitan : ‘Histoire d’Adrien’ » publié dans le n°9 de la revue Oc.

(2) Propos recueillis par Bernard Tremege et publiés dans Tecimeoc n°9.

(3) Jean-Pierre DENIS (réal.), Histoire d’Adrien, 95 min., couleur,  VHS-SECAM, Gaillon : Film à film, collection “Caméra d’or” dirigée par Jean-François Davy, 1990

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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré : 3 mars 1862
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré le 3 mars 1862 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille. Dans cette lettre, Mistral encourage son ami à se lancer dans le félibrige.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré : 18 janvier 1862
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré le 18 janvier 1862 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré : 15 Septembre 1861
Mistral, Frédéric (1830-1914)
Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré le 15 septembre 1861 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille. Dans cette lettre, il est question de linguistique.
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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré : 28 août 1861
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré le 28 août 1861 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille. Dans cette lettre, il est question de la mort d'Adolphe Dumas.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré en 1861 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille. Dans cette lettre Mistral suggère à Legré de faire un article sur l'école provençale de peinture.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ludovic Legré : 23 mai 1861
Mistral, Frédéric (1830-1914)
Lettre écrite par Frédéric Mistral à Ludovic Legré le 23 mai 1861 depuis Maillane, conservée par l'Académie des Sciences Lettres et Arts de Marseille. Dans cette lettre, il est question des fêtes de la Tarasque.
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