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La correspondance entre Frédéric Mistral et Prosper Estieu
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Prosper Estieu  ?

Instituteur et poète audois. Il fonde plusieurs écoles félibréennes. Il est membre de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse. En 1900 il est élu majoral du Félibrige. En 1927, il fonde le Collègi d’Occitanìa. Il dirige plusieurs revues dont Lo Gai Saber, et il élabore avec Antonin Perbosc une graphie inspirée des troubadours qui servira de base à la “graphie classique” de l’occitan. Il entretient une correspondance amicale avec Frédéric Mistral entre les années 1890 et 1910, dans laquelle Mistral le complimente sur sa poésie et commente, parfois en les lui reprochant, ses choix orthographiques.

Description de la correspondance

La lettre du 31 mars 1895 est un compliment de Mistral pour Lou Terradou. Il en salue le lyrisme et l’authenticité : “i’a qu’un fiéu de la terro pèr ama coum’acò e pèr canta la terro maire”. Il semble avoir une véritable et profonde admiration pour les œuvres d’Estieu, ses critiques sont élogieuses et passionnées, il emploie fréquemment dans sa correspondance le terme d’“artiste” pour désigner son ami et rapproche son art de celui d’un orfèvre.
Par ailleurs, Mistral lui envoie des quantités de petites cartes jouant sur le nom d’Estieu qui en occitan veut dire été et semble rendre exactement l’image qu’il se fait de son ami.

En revanche, Mistral admire beaucoup moins ses choix orthographiques : d’un côté Estieu ne respecte manifestement pas toujours la graphie des troubadours qu’il a pourtant élue comme modèle, de l’autre il conserve des lettres qui, selon Mistral, sont encombrantes pour la lecture. Cette question revient souvent dans la correspondance.
Dans l’ensemble, ce que Mistral reproche à Estieu, c’est moins le choix du modèle que la cohérence globale de la graphie qu’il a élaborée avec Antonin Perbosc. Mistral, qui déplore une francisation de la graphie occitane, incite les écrivains à s’appuyer sur celle des troubadours pour la réformer en tenant compte des particularismes dialectaux, mais en l’harmonisant tout de même suffisamment pour éviter les foisonnements graphiques. Cependant ses propres choix graphiques ne sont pas exempts de tout reproche, et laissent transparaître quelques incohérences ainsi qu’une certaine subjectivité.
Peut-être par jeu, une petite carte datée du 4 juin 1898 est écrite en graphie “classique”.

Une autre thématique qui doit avoir intéressé Estieu est développée dans cette abondante correspondance. Elle concerne la légende d’Esclarmonde : le 7 juillet 1911 Mistral retranscrit pour son ami un échange dans lequel il refuse le titre de vice-président du “Comité parisien du monument d’Esclarmonde de Foix”, au motif qu’il ne croit plus à l’histoire de cette “militante cathare” divulguée par Napoléon Peyrat. On déduit de la formulation qu’il emploie qu’il y a cru à une époque, mais ses propres recherches ne lui dévoilent que de trop rares et brèves mentions pour justifier le symbole. Mistral a bâti sa poésie et sa Cause provençale sur un certain nombre de mythes historiques et de projets politiques qui, de déceptions en remises en question, sont passés du statut de convictions à celui d’illusions à ses yeux mais n’ont pas diminué son attachement à la poésie ni à la Cause. Ils en ont peut-être simplement modifié l’essence.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier non datée
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 27 mai 1906
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.
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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 7 juin 1905
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 12 janvier 1905
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

Description de la lettre

Cette lettre est particulièrement intéressante puisqu’elle révèle l’origine du nom de "Mirèio" : “car c’est à ma mère seule que j’avais entendu dire ce joli nom de Mireille”.
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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 9 septembre 1895
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 14 août 1895
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des Gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

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Lettre de Frédéric Mistral à Ulysse Boissier : 12 décembre 1886
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Ulysse Boissier ?


Félibre parisien à qui l’on doit de la plupart des prises de vues photographiques parisiennes de Mistral.

Il a été aussi professeur au collège Chaptal à Paris et secrétaire de La Brandade, l’association des gardois de Paris qui organisait des dîners entre 1895 et 1901.

Description de la lettre

Mistral s’indigne suite à l’attaque d’un “normalien anonyme” dans Le Temps du 10 décembre 1886 publiée sous le titre de "Chronique : la question des patois et des félibres" (article disponible en suivant ce lien). Ce type d’attaque est très emblématique de ce à quoi Mistral était alors confronté : bien que comportant nombre d’erreurs et d’approximations, probablement dues à une méconnaissance des questions de langue et littérature occitanes, les critiques lui reprochaient souvent de s’attaquer à l’unité française. Ce qui mena Mistral à souvent mettre en avant, et ce avec beaucoup de vigueur, son patriotisme.

Il est également intéressant de remarquer que les reproches de fond faits alors à Mistral sont très proches du discours opposé aujourd’hui aux langues régionales.
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Lettre de Frédéric Mistral à Valère Bernard : 21 octobre 1911
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Valère Bernard ?

Aquafortiste, peintre, graveur, professeur à l'École des Beaux-Arts de Marseille. Il est aussi l’auteur d’une œuvre importante en poésie et en prose occitane. C’est à Paris qu’il découvre le Félibrige, dont il sera majoral en 1893 et, poussé par son ami Mistral, capoulié de 1909 à 1919. Il collabore à de nombreuses revues et avec Philadelphe de Gerde et Prosper Estieu il fonde puis dirige L’Estello de 1910 à 1911.

Description de la lettre

Bernard doit avoir des craintes au sujet du Félibrige car Mistral lui répond être, pour sa part, optimiste.
La question semble toujours tourner autour de Philadelphe de Gerde, comme dans la lettre du 11 octobre 1911 : “es pancaro la mestresso de Santo-Estello”, c’est-à-dire certainement capoulière. Quelques faits d’une part, mais surtout des rumeurs voient Philadelphe candidate au majoralat au cours des années 1910-1912, et donc peut-être au capouliérat. Mais peut-être est-ce seulement une image, reprochant à Philadelphe un activisme un peu trop encombrant. Les dernières phrases de Mistral semblent supposer que Bernard ait envisagé de laisser sa tâche de capoulié : “se te vèn en òdi de teni l’empento”.
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Lettre de Frédéric Mistral à Valère Bernard : 11 octobre 1911
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Qui est Valère Bernard ?

Aquafortiste, peintre, graveur, professeur à l'École des Beaux-Arts de Marseille. Il est aussi l’auteur d’une œuvre importante en poésie et en prose occitane. C’est à Paris qu’il découvre le Félibrige, dont il sera majoral en 1893 et, poussé par son ami Mistral, capoulié de 1909 à 1919. Il collabore à de nombreuses revues et avec Philadelphe de Gerde et Prosper Estieu il fonde puis dirige L’Estellode 1910 à 1911.

Description de la lettre

Le Consistoire semble rencontrer des problèmes causés par une femme non nommée, appuyée par Ratier, collaborateur à la revue L’Estello et originaire d’Agen. Cependant Mistral dit explicitement qu’il ne veut pas s’en occuper et il renvoie Bernard au “baile” Fallen (qui sera son successeur au capouliérat).

Cette anonyme est très certainement Philadelphe de Gerde : au moment où Valère Bernard accède au capouliérat en 1909 après Devoluy, le Félibrige connaît d’importantes crises internes, idéologiques et structurelles, et Philadelphe fait partie des Félibres qui sont au cœur de la polémique.
En effet, à l’heure où le Félibrige cherche un successeur à sa figure de proue, l’activisme politique et a fortiori royaliste de Philadelphe de Gerde romprait avec la ligne directive choisie par Mistral tout au long de sa vie.

Il est question ensuite de L’Estello, la revue de Bernard, Philadelphe et Estieu, qui ne rencontre pas le succès. Mistral explique cet échec par la pluralité de dialectes et il va plus loin : “lou francés es forço mai coumprènsible pèr tóuti qu’aquèli dialèite de Gascougno (que, meme au siècle XIV, li Flors del Gai Saber declaron estrangié à nosto lengo)”.
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