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La Topina- Restaurant-Café culturel occitan
Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana
Au mois de mars, un vent de poésie et de culture va souffler sur les quais de Garonne ! Le CIRDÒC-Mediatèca occitana vous donne rendez-vous à la Topina, restaurant-café culturel, à l'occasion de deux événements.

Le 05/03, venez découvrir les festivités de la Baio de Sampeyre
Le 16/03, le CIRDOC vous propose pour la première fois hors-les-murs, une édition de son Cafè mescladís dédiée au souffle poétique, à l’occasion de l’édition 2019 du Printemps des poètes. 

Ces deux soirées nous permettront d'inaugurer un partenariat avec la Topina, désormais installée au Pont Saint-Pierre à Toulouse, autour de ses actions de promotion et de sensibilisation du grand public à la langue et à la culture occitanes, notamment par le biais de l'accès au livre.

PROGRAMME DÉTAILLÉ

18:30 /  Avèm decidit d’aver rason - dialogue musical et poétique. Avec Marie Coumes, Laurent Cavalié et Roland Pécout. 
Avèm decidit d'aver rason, création de Laurent Cavalié et Marie Coumes, est un croisement des langues, française et occitane, langues écrite et musicale. Deux années de travail et de recherche autour de la poésie occitane de ces 50 dernières années, ont donné naissance à ce spectacle mettant en lumière quelques-unes des pépites des poètes de la décolonisation, dont l'incontournable poème éponyme de Roland Pécout.
Les artistes animeront une discussion musicale et poétique inédite en compagnie de l'écrivain.
20:00 / Scène ouverte : « De la poésie au slam, las lengas s’expriman a la Topina »
Les amateurs des mots, sont les bienvenus pour cette scène ouverte slam poésie. Dans une ambiance conviviale, vous pourrez écouter, dire, clamer, slamer ou chanter les textes de votre choix, dans leur langue d’origine ou dans la vôtre. 

Pour participer à cette aventure littéraire, inscrivez-vous sans attendre auprès de : info@cirdoc.fr (avant le 15/03). 

INFORMATIONS PRATIQUES

La Topina - Restaurant-Café culturel occitan 
Place Lange, Arche 4 - Rue du Pont Saint-Pierre - Toulouse 
06.15.32.34.73
la.topina.tls@gmail.com
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Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana

PROGRAMME 

Le vendredi 29 juin à 18:30, venez rencontrer Félix Jousserand, accompagné de Gilles Coronado et Christophe Lavergne (batterie et guitare) pour un temps de dialogue autour du processus créatif mis en œuvre pour faire résonner de nouveau la Canso, transcrire l’atmosphère d’une époque, mener à bien un incroyable travail de transposition en occitan moderne d’un texte rédigé à quatre mains au XIII ème siècle.

Les échanges avec la salle seront ponctués d’intermèdes musicaux, vous proposant en avant première des extraits de l’œuvre finale.


PRÉSENTATION DE LA CANSO 

Texte emblématique de la littérature d'oc dont ne demeure qu'une copie conservée à la Bibliothèque nationale de France, la Canso de la Crozada (en français La Chanson de la croisade contre les Albigeois), contemporaine de la croisade contre les hérétiques albigeois (1208-1229), représente le seul récit des événements relatés du point de vue languedocien et en langue vernaculaire.

Artiste de la scène slam, auteur, poète... Félix Jousserand, épaulé par la dramaturge Caroline Masini et Thomas Dupuy-Ostermann à la traduction, a fait le pari de proposer une relecture contemporaine de la Canso, via une double traduction inédite, en français et en occitan moderne.

Accompagné à la guitare et à la batterie des musiciens Gilles Coronado et Christophe Lavergne, Félix Jousserand livre aujourd'hui le fruit de ce laboratoire créatif de plusieurs mois. Un spectacle de poésie en musique, une réinterprétation nouvelle qui souligne toute la modernité de l'intemporelle Canso.


INFORMATIONS PRATIQUES 

Le vendredi 29 juin à 18:30 au CIRDOC (1 bis Bd Du-Guesclin, 34500 Béziers).

Entrée gratuite sur inscription auprès du :

Tél : 04.67.11.85.10.

Mail : secretariat@cirdoc.fr

 

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Sortie Ouest
Hérault Culture
Calandreta lo Cigal
Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana
Découvrez Chronos du groupe Asuèlh le 15/06 à Sortie Ouest. Un spectacle de la compagnie du Griffe, en partenariat avec le CIRDÒC, proposé par Hérault culture en partenariat avec La calandreta lo Cigal dans le cadre du festival régional Total Festum.

Présentation 

Chronos est un cinéconcert naviguant entre narration poétique et reportage ethnographique. Michel Cans, cinéaste et reportage, filme dans les années 50-60, "une galerie de portraits de famille de tout l'Ouest-Hérault" selon les dires de Max Rouquette. La rencontre entre les musiciens d'Asuèlh et les équipes du CIRDOC à fait émerger l'idée de mettre en musique ces scènes d'un quotidien à la fois si lointain et si proche. Le caractère muet de ces films permet une libre-interprétation musicale. La langue occitane émerge à partir de poèmes chantés et de collectages anciens ou récents. Asuèlh s'inscrit dans une démarche de promotion du matériel culturel occitan. Les films de Cans en sont un condensé, c'est un regard brut porteur d'un héritage immatériel...

Infos pratiques 


Le vendredi 15 juin à 20h30 à Sortie Ouest
Accès sortie n°36 de l'A9 / Béziers Ouest

Réservations et paiement par carte bleue sur le site sortieouest.fr : ICI

OU :
- par téléphone au 04 67 28 37 32 
- sur place à la billetterie du théâtre sortieOuest,du mardi au vendredi de 14 h à 18 h.

TARIFS 
Tarif plein : 17 €
Tarif réduit : 13 € (retraité plus de 60 ans, porteurs de la carte Nabuchos, professionnels du spectacle, groupe à partir de 10 personnes et Comité d’entreprise).

Tarif préférentiel : 11 € (porteurs de la carte EPIC Hérault Culture / sortieOuest et demandeurs d’emploi).

Tarif jeune et tarif spécifique : 6 € (scolaires, étudiants de moins de 26 ans - carte d’étudiant en cours de validité, bénéficiaires des minima sociaux).

Collégiens en soirée : 1 € Hérault Culture soutient la sensibilisation des jeunes au spectacle vivant grâce au théâtre à 1 euro pour les collégiens (dans la limite des places disponibles).

Restauration possible avant et après les spectacles au Chapiteau gourmand. Réservations au 06 25 50 51 21


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Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana
La Topina
Letras d'Òc
Troba Vox
Éditions Papiers coupés
MARPOC
Macarel
Association ZO !
Passejada 2018 - avec la Fédération régionale des Foyers ruraux

Essayez-vous à la cuisine occitane (ateliers de la Topina) ou testez vos connaissances autour des cultures régionales avec l’Association Zo !, ou en tentant de résoudre les énigmes de l’enquête intéractive “Qui a matat Francés Canat”. Vous découvrirez également en avant-première la Passejada - Centre de Primièrs secors occitan.

Et durant tout le week-end : stands (éditeurs et associations ) et exposition (Cultura viva), vous attendent du côté du Palais des Séminaires.

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Calandreta Dagtenca
Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana

Pour la 3e année, la Calandreta d’Agde, en partenariat avec le CIRDÒC et Lectura & Òc, vous convie à Agde pour une grande fête autour du livre jeunesse en occitan.

La Calandreta d’Agde organise tous les ans un prix littéraire invitant les jeunes lecteurs à voter pour leur ouvrage préféré parmi une sélection d’œuvres en occitan. C’est ainsi un jury de plus de 1 000 jeunes lecteurs qui décerne ce « Prèmi literari Calandreta ». La proclamation des résultats donne lieu à une grande journée festive de rencontre avec les auteurs et d’échanges autour du plaisir de lire : la Passejada literària. Cette année, ce sont près de 500 élèves (23 classes) qui sont attendus à la rencontre de 15 auteurs !

Passejada Literària 2018 à Agde
Vendredi 4 mai 2018


Programme des animations scolaires : 9h-16h, avec la participation de 15 auteurs

13h30 : remise du Prèmi Literari Calandreta

À la Pinède (derrière le Musée de l’Éphèbe)

Affiche de la pièce d eThéâtre Pèire Petit
Pèire Petit – La Rampe TIO
14h30 – Théâtre : Pèire Petit par la Rampe-TIO au Palais des Congrès

Représentation gratuite ouverte au public – Réservations auprès du CIRDÒC

D’après Petit Pierre, une pièce de Suzanne Lebeau et Le Manège de Petit Pierre de Michel Piquemal, traduit en occitan par Sèrgi Carles.

Gilles Buonomo découvre la version occitane Lo Manetge de Pichòt Pèire : de là va naître l’envie d’adapter ce texte pour le théâtre ! Nous sommes en présence d’un long poème qui ’écoute, un monologue conté à deux voix où se mêlent la grande histoire et la petite histoire : Pierre Avezard, dit « Petit Pierre » face au monde qui s’emballe : les guerres, les crises, la modernité…
Sourd-muet et borgne de naissance, Pierre Avezard exerce des activités de vacher et de bûcheron dans des fermes dans le Loiret. Dès 1947 (à 28 ans), il commença la réalisation de son oeuvre la plus connue, le « manège de Petit Pierre » à la Coinche, la ferme où il s’installe définitivement. C’est cette vie que les deux comédiens (Gilles Buonomo et Yves Durand) narrent sur scène : celle d’un enfant puis d’un homme «différent». Ils racontent cette vie comme un conte naïf et donc par moments cruel.

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Lo CIRDÒC-Mediatèca Occitana
Le Lauragais est à l'honneur au CIRDÒC dans le cadre du Mois du film documentaire : partez à la rencontre de ce pays enchanteur et de ses habitants, emmenés par les images de Michèle Tesseyre et le chant de Muriel Batbie Castell.

18:30 « Terravent » - Film de Michèle Teysseyre, production Clairsud, 2007. 28 minutes, VF et VOcSTFr. 

« Ce n'est plus l'Aquitaine, ce n'est pas encore la Méditerranée. Tout le pays est traversé par ces influx contraires qui en font le pays du vent... »
Entre autoroutes, champs de blé et Canal du Midi, un itinéraire poétique en Lauragais sur les traces d'une mémoire, d'une langue, d'une musique et de ceux qui les portent.

Michèle Teysseyre est née et vit à Toulouse. Auteur de plusieurs romans historiques, dont deux portés à la scène, elle est également peintre et cinéaste.
Le film Terravent est un hommage à sa terre maternelle, le Lauragais et ses « collines du vent » traversées par le souffle de l’histoire et de la poésie, par « une langue de plein vent dont la rigueur latine s’était perdue au fil des âges. » La chanteuse Muriel-Batbie y incarne, par sa voix et sa présence, la résilience de l’esprit des troubadours.

19:00 Échanges avec la réalisatrice Michèle Teysseyre et itinéraire musical avec Muriel Batbie Castell
 

Vents en chemin...

Dans ce récital intimiste perlé d’émotions vives, Muriel Batbie Castell, chanteuse et voix occitane, nous propose un temps de grâce a capella, entre poésie occitane ancienne, contemporaine et chants traditionnels, et vous invite à suivre le voyage des vents porteurs de mélodies enchanteresses.


Chant a capella de Muriel Batbie : bande son du long-métrage à paraître de Jean Perissé
"La Fabuleuse histoire de Monsieur Riquet"

 

 

Entrée libre - Informations et réservations

www.locirdoc.fr / 04.67.11.85.10. / jm.vazelle@cirdoc.fr


Toute la programmation du Mois du Film documentaire : moisdudoc.com
Mois du doc 2017

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« Je recherche des chansons et proverbes autour des bugadièras. »
Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana

Chaque année, différents marchés traditionnels et foires aux métiers anciens mettent à l'honneur des gestes et outils rendus obsolètes par les technologies nouvelles. Les bugadièras (que l'on pourrait traduire par « lavandières ») ont aujourd'hui disparu. Toutefois, de ces périodes où la bugada (lessive) constituait un événement en soi, un moment de sociabilité, il demeure un ensemble d'images, de représentations, mais également de chants et de textes.

 



La bugada et les bugadièras

    Jusqu'à la démocratisation de la machine à laver dans la seconde moitié du XXe siècle, la lessive constituait un important et laborieux travail laissé principalement à la charge des femmes. D'une famille et d'une époque à l'autre, la périodicité de la bugada (à considérer comme la « grande lessive », et non celle du quotidien) a pu évoluer (en fonction de la pile de linge encore frais disponible dans les armoires notamment). Il faut noter en effet la difficulté que représentait autrefois la manœuvre, ainsi que le temps nécessaire à son exécution : généralement, une semaine entière. Complétée au besoin par de petites lessives plus fréquentes, la grande lessive familiale ne se renouvelait dans les temps les plus anciens qu'une à deux fois dans l'année. (On évoque à ce propos un moment particulier, quasiment de fête, où se retrouve la notion de pureté sacrificielle que l'on rencontre également dans d'autres fêtes calendaires, comme les feux de la Saint Jean par exemple, cf. article ICI).  

    Les techniques évoluant et le linge adoptant des matières plus fragiles peu adaptées à la bugada traditionnelle, le rythme et les pratiques se modifièrent progressivement. Certaines familles aisées ou citadines firent également appel à des bugadièras professionnelles. Au nord de Montpellier, la population féminine de Grabels (34) se spécialisa ainsi assez tôt dans cette pratique, opérant tout au long de l'année et ce, par tous les temps. Des bugadièras itinérantes, recrutées de maison en maison, circulaient d'un village à l'autre.

 

 



Le lexique occitan de la bugada

Lou Tresor dóu Felibrige de Frédéric Mistral (Aix-en-Provence : J. Remondet-Aubin, 1886) recense un nombre important de mots relatifs à cette pratique et aux outils s'y rattachant.

« Bugado, bujado (périg. Velay), buiado (lim.), buisado (for.), buado (l.d.), buaio, bua, bujau (a.), buia, buec (for.d.), (rom.bugada, buada, cat.esp.bugada, it.bucato), s.f. Buée, lessive, linge de lessive, v.caidido, leissièu, ruscado ; perte considérable en argent ou en embonpoint, v.estoufado, perdo. Tinèu de bugado, cuvier de lessive. […]. »

Se penchant sur l'étymologie de ce terme, Mistral avance plus loin : « Le mot bugado vient de bou, bouc, trou, parce que la lessive est proprement l'eau qui passe par le trou du cuvier. »

Quant à celles (le masculin n'existant pas à ce sujet) qui procèdent à cette bugado (ou bugada en graphie standardisée) :

Bugadiero, bugadièiro (l.), buadièiro (rouerg.), bujadièiro, bujandiero (lim.), buièiro, bugandiri (d.), buandèiri, buiandìri (for.), (rom.b.lat.bugadiera, it.buandiera), s.f. Buandière, lavandière, blanchisseuse, v.lavarello ; cuvier à lessive, v.tinèu ; buanderie, lieu où l'on coule la lessive, v.couladou ; t.de savonnerie, compartiment dans lequel on met le mélange des substances salines dont on veut tirer la lessive, saponaire officinale, plante dont on se sert pour nettoyer les étoffes, v.sabouniero ; liseron de Biscaye, liseron des champs, plantes, v. courrejolo.

Figurent également les dérivés suivants :

Bugadarié, bujandario (lim.), s.f. Buanderie où l'on fait les lessives, métier de buandière, v.couladou. R. bugada.

Bugadié, bugadiè (l.), bujadiè (rouerg.), bugadè (g.), bugadèi (bord.), bujadié (lim.), bugeié (a.), buié (d.), (rom. Bugaduy, bugey, cat., bugader), s.m. Vase de terre pour lessiver le linge, terrine à savonner, v.gaveto ; cuvier à lessive, v.rusquié, tinèu ; buanderie, v.couladou.

Mais également les termes et verbes : bugada (bugadar) ; bugadage, bugadarié, bugadasso, bugadeto, bugadié, bugadierasso, bugadoun, bugadounat, bugadounet. 

Concernant les dictionnaires français, nous trouvons trace du terme de « bugadière » dans celui d'Émile Littré (Dictionnaire de la langue française, Chicago, Encyclopaedia Britannica, édition 1982) : « S.f. Cuve en maçonnerie pour faire le savon. » évoquant ainsi davantage l'outil que son utilisatrice.

 

Les étapes de la bugada :

La pratique de la bugada traditionnelle a pu être bien identifiée dans nos régions grâce à un ensemble de témoignages, qu'ils soient oraux (recueillis au cours de divers collectages), iconographiques (peintures et cartes postales, telle celle présentée en regard), ou écrits. Cette bugada à l'ancienne faisait intervenir un lexique conséquent, dont voici quelques éléments (la liste n'étant pas exhaustive). Notons ainsi, et selon la liste dressée par Joseph-Eugène Claustre dans son ouvrage Les Bugadières de Grabels (Lou dragas, Grabels, 1996) :

- reconéisser : séparation entre le blanc et les couleurs

- desalivar : durant ce « prélavage », le linge est abondamment trempé et brossé sommairement pour enlever la saleté superficielle.

- entinar : mettre dans la tina, la cuve. Celle-ci, percée à sa base, est mise en communication avec lo tampòt, creusé dans le sol ou un baquet (sceau en bois).

Le linge est par la suite entassé dans la cuve, avant que l'on ne verse sur lui le lessiu (lessif).

- caudejar : il s'agit là d'une longue manipulation qui consiste à verser l'eau chaude sur les cendres disposées sur le haut de la pile. L'eau s'écoule alors progressivement entre les différentes couches et ressort par le tampòt, qui permet de récupérer ce lessif et de le réutiliser (pour la même lessive, ou, à la fin de la procédure, pour laver les sols, par exemple). L'eau, durant l'opération, est continuellement chauffée. Une fois les différents passages effectués – la bugadière détermine le dernier passage à la couleur du lessif, la bugada peut reposer.

- desentinar : une fois la cuve vidée commence le rinçage. Celui-ci peut avoir lieu dans un lavoir (privé ou communal), mais également à la rivière. Chaque linge est alors savonné puis battu à l'aide d'un batedor (battoir) qui permet notamment de faire ressortir les couleurs, mais surtout d'essorer le linge. Pour obtenir un blanc bien clair, certains linges sont plongés dans des bacs d'eau froide contenant du bleu azur, des boules de bleu.

- espandir : étendre le linge, pour le faire sécher. Il s'agit de la dernière étape. On étend le linge, le plus fréquemment directement dans l'herbe, sur des espandidors de plein air.

Ce lexique est par ailleurs complété par un ensemble d'outils et d'éléments du costume de la lavandière, destinés à la protéger des conditions climatiques souvent difficiles liées à une pratique annuelle. Nommons ainsi pour les principaux d'entre eux lo banquet, tréteau utilisé afin d'égoutter le linge ; et lo sanlaje, tablier de toile raide imperméabilisée parfois porté par les bugadièras.

 

 



La bugada dans les textes et l'imaginaire collectif

La bugada constitua durant des siècles un des temps de la vie quotidienne, principalement de celle des femmes. Bien ancré géographiquement, par la situation des lavoirs notamment, il l'était également sociologiquement dans la vie des villes et villages.

Demeure en relation avec cette activité un nombre conséquent de textes, chansons, proverbes mais également photos et peintures témoignant de cette pratique et de son impact sur l'imaginaire collectif.

 

 



 

Proverbes

Nous devons à Frédéric Mistral et à son Tresor dóu Felibrige de connaître un certain nombre de proverbes et expressions, relevés par lui au cours de la rédaction de son ouvrage-somme. La plupart d'entre eux sont révélateurs de l'importance et du mérite reconnus aux bugadièras, au vu de la pénibilité de leur travail, tel : « Tan plan l'ivèr coume l'estiéu, li bugadiero van au riéu. » (Lou Tresor dóu Felibrige), dont la traduction pourrait être : « Tant l'hiver que l'été, les bugadières vont au ruisseau » ; ou le plus ironique : « Li bugadieros dóu riéu/ Manjarien soun ome viéu. » (Lou Tresor dóu Felibrige) « Les bugadières du ruisseau/ Mangeraient leur mari (tout) vif ».

D'autres, au contraire, relèvent les traits généralement associés à ces femmes, et aux discussions autour du lavoir, lieu où se transmettent les informations (et les rumeurs). Tel est ainsi le cas de : « front de bugadiero, effronterie de harengère ; que bugadiero ! Quel bavard ! » (cf. Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige, définition de Bugadiero). C'est d'ailleurs le nom de cette profession que le Niçard J. Bessi choisit en 1871 pour baptiser son nouveau journal (La Bugadiera, Nice, 1871-1880). On dit aussi : « Lengut coma una bugadièra » (avoir la langue bien pendue comme une bugadière).

 

Notons enfin quelques expressions et dictons relatifs à la pratique :

« Que fai bugado entre Caremo e Carementrant/ Li bugadiero moron dins l'an. » : Qui fait sa lessive entre Carême et Carême-prenant, la bugadière meurt dans l'année. (superstition particulièrement répandue semble-t-il et relevée par de nombreux collecteurs).

« Las sorbras dal flascon de las bugadièiras garisson las fèbras » : Les restes de la gourde des lessiveuses guérissent les fièvres. Ce dicton souligne la réputation de bonne santé de ces bugadièras, solides travailleuses dont les « cueissas frescas » (Cf. ouvrage Grabels) furent également vantées.

Notons enfin quelques-unes des devinettes et historiettes, le plus souvent relatives au batedor (le battoir) et jouant souvent sur les double-sens :

« Dintra sec, sortís trempe, e fa remenar lo cuol a las femnas ? »

« Un pan de coeta per divertir la dameta ? »

 

 



Les bugadièras dans la littérature occitane

La littérature occitane accorde également une place à ces femmes dans la galerie des portraits d'une époque aujourd'hui révolue. Le poète du Lot-et-Garonne Paul Froment (lien vers sa présentation) propose ainsi La Bugada dans son ouvrage A trabès regos (A travèrs regas en graphie normalisée). Dans ce recueil datant de 1895, le jeune poète (il a alors vingt ans) chante sa campagne, ses paysages et ses habitants.

En voici ci-dessous les premières lignes, parfois reprises dans les cartes postales anciennes de l'époque.

 

La bugado/ La bugada

Se soun lebados pla mati/ Se son levadas plan matin

Las labairos, e, per parti,/ Las lavairas e, per partir,

Biste, sans se trop escouti,/ Viste, sans se tròp escotir,

Cadunp al galop s'es coufado ;/ Caduna al galòp s'es cofada;

D'un grand pas lou pitiou troupel/ D'un grand pas lo pichon tropèl

Camino cat al ribatel ;/ Camina cap al rivatèl;

Dins de descos, sul toumbarel/ Dins de descas, sul tombarèl

Lous beus ban traina la bugado./ Los buèus van trainar la bugada.

Froment, Paul, A trabès régos : rimos d'un pitiou paysan, Villeneuve-sur-Lot ; impr.B. Delbergé, 1895. Texte original et transcription en graphie standardisée.

 

Au début de l'ouvrage En terra galesa (En terre gauloise), Paul Chassary adresse pour sa part une invocation à la Muse de Grabels : « Tus que dins l'Avi, la maussou,/ Sibles toujours quanta cansou ;/Que bresilhes per lòu campestre/ Desempioi l'auba jusqu'au vespre,/ Accompagnant chaca moùcel/ Dau bruch de l'aiga é dau bacèl... » « Toi qui, au bord de l'Avi, de la Mosson/ Toujours siffles quelque chanson ;/ Qui gazouilles dans la campagne/ Depuis l'aube jusqu'à la vesprée ;/ Accompagnant chaque morceau/ Du bruit de l'eau et du battoir... » (Graphie et traduction personnelles de l'auteur, Paul Chassary ; En terra galesa, Montpellier, Imprimerie centrale du Midi, 1895).

 

 



Chansons

Espace de sociabilité, la bugada constituait un moment de discussion et d'échange entre les femmes. Parallèlement aux chansons que purent interpréter les bugadièras durant ces moments de travail, nous conservons un important ensemble de chansons et poèmes rendant hommage au travail de ces femmes. Ces chansons sont à la fois des créations originales et des chansons traditionnelles, transmises et mises en musique sur des airs contemporains.

Parmi les chansons de la Grande Lande recueillies par Félix Arnaudin (Chants populaires de la Grande Lande, 1912) figure La Bugada, dont les paroles sont les suivantes (selon l'édition établie par Jacques Boisgontier et Lothaire Mabru) :

Nau qu'en làuem le bugade,/ Neuf nous lavons la lessive, (bis)

Nau/ Neuf

Nau qu'en làuem le bugade/ Neuf nous lavons la lessive

Nous que le làuem/ Nous la lavons

Nous que l'esténem/ Nous l'étendons

Su' l'erbéte/ Sur l'herbette

Menudéte/ Menue

Aném a le houn/ Allons à la fontaine,

Doundéne,/ Dondaine,

Aném a le houn,/ Allons à la fontaine,

Doundoun./ Dondon.

 

Oueyt, … (sur le principe des chansons de répétition, la chanson se poursuit en diminuant de un à chaque couplet. ).

 

Ueit...Set... Cheis..., Cinc...,/ Huit..., Sept..., Six..., Cinq...,

Quaté...,Très..., Dus..., Un./ Quatre..., Trois...., Deux..., Un.

En 1914 paraissait Lo Bugado (La Bugada en graphie normalisée) de Gustave Bessière dans ses Consous del Rouergue.

Lou Roussignòu de Magalouna, Cansous lengadoucianas (Montpellier, F.Dezeuze, ca.193.) et le Cansounier de Lengadoc édité à Montpellier en 1942, pour n'évoquer que ces deux recueils, proposent également différentes chansons à la gloire des bugadièras. Y figure notamment Las Bugadièiras de F. Jallois, mise en musique par E.Perrin, La Font de Sant Bertoumiéu (Lou roussignòu..., Montpellier, ca.193.) et La Font dau Rèi (Cansounier de Lengadoc, 1942).

Le répertoire des chansons relatives à la bugada et aux bugadièras est vaste, citons entre autres : Chanson des blanchisseuses, présentée à l'occasion de la "Fête de bienfaisance donnée au profit des Pauvres de la Commune de Grabels" (cf. Les Bugadières de Grabels, Lou Dragas, Grabels, 1996) ; Lo Buodairo/ La Bugadière, chanson de Louis Julié (1877-1847), tirée de son ouvrage Un paù de moun cur : poésies rouergates et françaises (Millau : Impr. Artières & Maury, 1937)

Muse tant populaire que littéraire, la bugada, aujourd'hui disparue dans sa forme ancienne, inspirait encore dans les années 1980 les chanteurs occitans, à l'exemple de Robert Marty, auteur de Femna, et d'Eric Fraj dans son Enfadat (ces deux chansons figurent sur le disque d'Eric Fraj L'Enfadat, paru chez Ventadorn en 1980).

 



En savoir plus :

Lou Roussignòu de Magalouna, Cansous lengadoucianas, Montpellier, F. Dezeuze, ca.193.

Cansounier de Lengadoc, Montpellier,éd. de la Mantenencia de Lengadoc, 1942.

ARNAUDIN, Félix, Chants populaires de la Grande-Lande et des régions voisines, Paris : H. Champion, impr. 1912.

FROMENT, Paul, A trabès régos : rimos d'un pitiou paysan, Villeneuve-sur-Lot, impr. B. Delbergé, 1895.

CHASSARY, Paul, En terra galesa, Montpellier : impr. Centrale du Midi, 1895.

CLAUSTRE, Joseph-Eugène, Les bugadières de Grabels, Grabels, Lou dragas,1996.

JULIÉ, Louis, Un paù de moun cur : poésies rouergates et françaises, Millau : Impr. Artières & Maury, 1937.

MISTRAL, Frédéric, Lou Tresor dóu Felibrige, Aix-en-Provence : J. Remondet-Aubin, 1886. 

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Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana

Le CIRDÒC-Mediatèca occitana vous propose des modules d'entraînement à la Dictada, dictée occitane.

Ecoutez, notez et faites vos corrections grâce à la transcription et à la traduction de textes occitans.

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Feux de Noël en Gascogne
Lo CIRDOC-Mediatèca occitana

S'inscrivant dans le cycle des festivités hivernales, les halhas et socas de Nadau constituent deux pratiques traditionnelles de feux rituels. Autrefois particulièrement répandues en Gascogne, il en demeure aujourd'hui encore traces et pratiques.

 

Halhas de Nadau

Du latin facula,halha en dialecte gascon, haille en français, est un rituel de protection des récoltes. Bien que la tradition soit moins répandue aujourd'hui, ce rite agraire était autrefois particulièrement respecté, alliant bûchers ou brandons (ensembles de petites branches sèches surmontées d'un bouchon de paille ou d'enveloppes de maïs imbibés de résine), échanges intergénérationnels et chants à vertu incantatoire.

 

Ces feux de Noëls, feux fixes ou feux mobiles, parfois combinaison de ces deux formes selon les régions concernées, sont attestés dans différents espaces d'Aquitaine. Au cours des époques, différents auteurs et chercheurs se sont penchés sur la question des halhas, proposant définitions et témoignages de la pratique.

 

L'abbé Césaire Daugé dans Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons (trois volumes, 1916-1930), l'ethnologue Arnold van Gennep (Le folklore français. 3, Cycle des douze jours, de Noël aux Rois ), puis René Cuzacq (Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais, Mont-de-Marsan, [s.d] ) entre autres auteurs, apportèrent tour à tour dans leurs ouvrages des clés de compréhension de cette pratique dans l'espace gascon. Ces écrits furent plus récemment complétés par les travaux menés par Patrick Lavaud dans les années 1980 (1), particulièrement sur la pratique des halhas en Bazadais. L'ensemble de ces ouvrages ainsi que les diverses enquêtes ont permis de discerner peu à peu les contours de l'espace concerné par cette pratique et le réseau de signification l'entourant.

 

On distingue généralement deux types de feux de noël en Gascogne, les feux mobiles d'une part, souvent pratique à caractère familial ; les feux fixes d'autre part, regroupant généralement la communauté autour d'un rituel collectif (2). Ce dernier type fut identifié pour la zone de la Chalosse. Nous trouvons trace de ces feux également en Béarn, dans les environs de la ville d'Orthez, ainsi que dans certaines zones du proche Pays Basque. Des halhas sont également attestées dans la Grande Lande, grâce aux témoignages apportés à ce sujet par Félix Arnaudin - malheureusement non édités - tout comme dans le Bordelais, selon les Macariennes de l'Abbé Girardeau (XVIIIe siècle)(3).

 

Allumées lors de la veillée de Noël, à l'occasion de la Saint-Jean d'hiver, les halhas constituent un rituel agraire dont la signification et les origines ont fait l'objet de débats entre ethnologues et chercheurs, soutenant ou rejetant la dimension solsticiale de cette pratique. Traditionnellement faites de ronces et de branchages dans leur version fixe, les halhas s'accompagnent parfois de brandons, qui entrent dans la pratique des feux mobiles. Dans le cas de ces derniers, une personne, le plus souvent le patriarche du foyer, est en charge de la cérémonie. Muni de brandons, celui-ci fait le tour de la propriété, assurant par ce biais sa protection et le succès des récoltes à venir.

 

Rituel agraire, le feu lui-même s'accompagne le plus souvent de chants à vertu incantatoire, entrant dans le processus de protection des récoltes. Sur une base commune, ces chansons présentent des variations d'une région à l'autre.

En voici un exemple recueilli par l'abbé Césaire Daugé (4):

"Halhe Nadau,/ Halha Nadau / Haille de Noël

Lou trip au pau/ Lo trip au pau/ La saucisse sur le pieu

Lou gat ou hum/ Lo gat au hum/ Le chat dans la fumée

Pum !/ Pum !/ Pum !

(version originale et version présentée dans une graphie normalisée, ainsi que traduction française).

 

D'autres versions proposent pour leur part : "La poule au toupin/ Couradje vesin (la poule au pot/ Courage voisin)" ou selon la version elle aussi rapportée par l'abbé Césaire : "Lous escuts a la paret/Bé t'ous couelhe".

 

La première version ici présentée, faisant évocation du chat là où d'autres se concentrent sur la question des champs, fait apparaître un autre pan des rites et des légendes alors en cours en Gascogne. Rite agraire, il est également possible que les feux de Noël aient été considérés comme des sorts visant la protection des foyers et de la communauté contre les sorcières et loups-garous. Ceux-ci étaient en effet réputés particulièrement actifs durant la nuit du 24 au 25 décembre selon les croyances populaires (5). Symboliquement, le chat se rattache à ces croyances et de nombreux textes et récits rapportent, en Gascogne comme ailleurs, des scènes de chats envoyés dans les flammes. Le cri de Pum parfois ahum voire hoü figure d'ailleurs comme un contre-sort, identifié d'ailleurs comme tel par Simin Palay dans son Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes (6), qui y voit le cheminement du terme hum (fumée en gascon) à hum : courir comme le vent. Un cri, Hum, également poussé du côté du Gave d'oloron pour faire peur et chasser les sorcières, précisément la veille de Noël.

 

Les feux de Noëls, dont la pratique était en recul jusque dans ces dernières années, perdurent malgré tout dans cette région. Certains foyers, comme du côté de Bazas, retrouvant d'ailleurs une nouvelle vigueur suite aux travails menés à la fin du XXe siècle sur ces questions, et se réinventant sans cesse.

 

 

 

La soca de Nadau

 

A la pratique des halhas en extérieur, fait pendant celle de la bûche de Noël, portant en gascon des noms différents : soca,catsau,capdau,lo soc... selon le lieu où cette coutume était pratiquée.

 

Une enquête menée au XIXe siècle par Dieudonné Dergny (7), donne quelques informations sur les zones gasconnes concernées par cette pratique : Pays de Born, Marensin, Chalosse, Bigorre, Astarac, Comminges, Nébouzan et Lomagne, ainsi que quelques localisations dans le Gers et les Hautes-Pyrénées.

 

Les informations fournies sur le sujet par les auteurs et chercheurs successifs, Dieudonné Dergny, l'abbé Laborde en Béarn, le landais René Cuzacq ou l'ethnologue français Arnold van Gennep, témoignent d'une certaine diversité de pratique, tant sur la nature du bois utilisé (chêne, pin, mais également bois d'arbres fruitiers à lente combustion) et la durée de combustion espérée. Celle-ci peut ainsi varier d'une nuit en Béarn selon l'abbé Laborde, à neuf journées consécutives dans les Landes aux dires de René Cuzacq (8). La coutume de la bûche de Noël, mise dans l'âtre la veille de Noël, a cependant partout en commun la volonté d'assurer la protection du foyer, le respect du délai de combustion faisant office de bon augure pour l'année à venir.

 

Cette coutume de la bûche de Noël que l'on retrouve également dans d'autres espaces occitans, ne semble pas s'être accompagnée en Gascogne d'un chant ou d'une incantation particuliers. Ce rite inscrit dans le Cycle des douze jours séparant Noël du jour des Rois, s'entoure toutefois d'un certain nombre de proverbes et supersititions, lié à ses vertus propitiatoires.

 

 

Notes:

  1. Lavaud,Patrick,"La halha de Nadau dans le Bazadais" in Les Cahiers du Bazadais, n° 81, 2ème trimestre 1988, pp. 45-52.

  2. Lavaud,Patrick, "Halhas de Nadau en Vasadés" in Son d'Aquí, site du patrimoine oral et festif en Aquitaine (www.sondaqui.com).

  3. A ce sujet consulter VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France, Paris, Stock, 1924, Tome I, volume 8.

  4. DAUGÉ, Césaire, Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons, Paris : A. Picard ; Bordeaux : Féret et fils ; Duhort-Bachen : C. Daugé, 1916-1930. p.286.

  5. TRAIMOND, Bernard, Sur des rituels de protection en Gascogne, communication faite dans le cadre du Groupement de Recherches en Ethnologie Landaise (G.R.E.L.), article non publié. Cité dans Halhas de Nadau en Vasadés, Son d'Aquí.

  6. PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961. Article Ahumes.

  7. DERGNY, Dieudonné, Usages, coutumes et croyances, 2 vol., Abbeville, 1885 et 1888.

  8. CUZACQ, René, Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais; Mont-de-Marsan, Jean-Lacoste, [s.d].

 

 


Bibliographie:

CUZACQ, René, Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais; Mont-de-Marsan, Jean-Lacoste, [s.d].

DAUGÉ, Césaire, Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons, Paris : A. Picard ; Bordeaux : Féret et fils ; Duhort-Bachen : C. Daugé, 1916-1930.

FOIX, Vincent, Dictionnaire gascon-français (Landes), PESSAC,Presses universitaires de Bordeaux, édition de 2003.

Lavaud,Patrick,"La halha de Nadau dans le Bazadais" in Les Cahiers du Bazadais, n° 81, 2ème trimestre 1988, pp. 45-52 

PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961.

VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France, Paris, Stock, 1924, Tome I, volume 8.

 

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Quêtes de Noël gascon
Lo CIRDOC-Mediatèca occitana

En Gascogne comme ailleurs, les fêtes de Noël s'inscrivent dans le cycle régulier des fêtes calendaires, venant rythmer la vie des populations concernées par des rites et coutumes socialisants, marquant le passage d'une saison, d'une année, d'un âge à l'autre.

 

A l'instar des phénomènes de quêtes identifiés pour la période de Pâques ou de Carnaval, les festivités de Noël dans le domaine gascon, étaient le temps du Pique-fou, Pica-hòu, Ahumas, Pros/Prous ou encore Girondéou selon les régions. Ces quêtes menant une partie de la communauté, généralement les plus jeunes, à frapper aux portes des maisons pour demander fruits et friandises, s'inscrivaient alors dans le cadre plus général des rites de passages et de protections relatifs à la période du Nadau.

 

 

 

Quêtes de Noël en Gascogne

 

Des guillounès du Gabardan, au Pros dans la région de Peyrehorade et de Dax, en passant par le Picahòu d'Orthez ou les Ahumas d'Orthez et de Chalosse identifiés par Simin Palay dans son dictionnaire (1); la Gascogne présente une importante variété de formes d'une pratique commune, que sont les quêtes de Noël. Sur une même forme, entraînant les plus jeunes sur les chemins du village pour quémander aux différentes portes friandises et donations diverses, apparaissent des variations portant tant sur le nom même de cette pratique, que sur sa temporalité ou encore les chansons et pratiques même de ce rite.

 

Très peu pratiquée de nos jours - bien que l'on observe du côté d'Orthez une volonté de voir renouvellée cette coutume - la tradition des quêtes de Nadau en Gascogne était autrefois un temps marquant du Cycle des douze jours (période séparant Noël du jour des Rois), attesté dans un grand nombre de régions par les folkloristes et ethnologues des XIXe et XXe siècles : Vastin Lespy, l'abbé Laborde, René Cuzacq, l'abbé Daugé, l'abbé Foix et Simin Palay mais également Arnold van de Gennep, pour ne citer que les plus connus d'entre eux. Proposant chacun un aperçu de cette pratique dans leur région et relevant le caractère évolutif de celle-ci, notamment en terme de temporalité, ces auteurs ne parvinrent cependant pas à s'entendre sur l'origine et la signification des quêtes existant en dehors de toute influence liturgique, ecclésiastique ou administrative : rites de protection, rites de passage, rite d'entrée des nouveaux-nés dans la communauté...

 

 

Pratique et déroulement

 

Les quêtes de Nadau en Gascogne, se distinguent d'autres manifestations du même type observables tant en Occitanie que dans le reste de la France, par l'une des particularités de leur déroulement. Dans son ouvrage, Folklore: croyances et coutumes populaires en France (2)Arnold van Gennep note à ce sujet, que, tout du moins pour le Béarn et la Chalosse, les quêtes de Noël conduisent la jeune génération à frapper aux portes des seules maisons ayant accueilli un nouveau-né depuis le 25 décembre précédent. Se penchant sur cette donnée, van Gennep y voit un lien avec l'entrée dans la communauté du nouveau-né et un redoublement des coutumes populaires du baptême.

On retrouve effectivement dans la majorité des formes de pique-fou rapportées pour la Gascogne, la pratique du cri d'appel, le plus fréquemment une courte chanson dont les paroles varient sur une trame commune d'une région à l'autre, la demande de friandises, et en échange injures ou au contraire, bénédictions pour l'année.

 

 

Cris d'appels et chansons de quêtes

 

Repérées par divers auteurs localement, les variantes de ces chansons de quête firent l'objet de la collecte la plus précise sous l'égide d'Arnold van Gennep, qui en dresse l'inventaire dans son ouvrage Folklore : croyances et coutumes populaires en France (3). Dans leurs dictionnaires respectifs, Vincent Foix (4) et Simin Palay (5), proposèrent également en leur temps, et dans la graphie d'alors, un ensemble de variantes de ces chansons de quête.

 

A l'article Pique-héù du dictionnaire de l'abbé Foix, l'on note notamment, entre autres variantes, les deux suivantes:

  • "Pique hèu, hèu, hèu/ pique saye, saye, saye / Da l'oùmouïne à le canalhe/ Cop de barre à le gran yen." (Dax).

  • "Pique hèu, hèu, hèu/ Pique halh, halhe, halhe / Da l'oùmouïne à le canalhe/ Pique ho, pique hè/ Balhat-m'en à you tabé." (Chalosse)

Mentions auxquels sont ajoutés les éléments suivants en cas de refus : "Pique hort, hort, hort / Lou mèste qu'es un bèt porc. / Pique houye, houye, houye/ le daùne qu'es ù bère trouye./ Pique hèu, hèu, hèu/ pique halhe, halhe, halhe / Dat l'oùmouïne à la canalhe, etc..."

 

Abordant également cette question dans son ouvrage, Arnold van Gennep nous rapporte quant à lui les éléments suivants relevés du côté de Tartas dans les Landes: "Qué sera broy (joli) broy – Coum un agnerot (agnelet)"; dans le cas où les parents se seraient montrés charitables, et : "Qué sera laid, laid – Coum lou carmaillé (crémaillère)", dans le cas contraire (6).

D'une variante à l'autre, les châtiments encourus se faisaient d'ailleurs plus ou moins explicites, plus ou moins douloureux ou scatologiques.

 

La pratique des quêtes de Nadau, impliquant des enfants, mais également, selon les régions, des adolescents selon un système plus ou moins hiérarchisé (c'est le cas des guillounès) à l'instar de ce que l'on peut observer au moment de Carnaval, n'excluait pas certains débordements. Par ailleurs, ces quêtes reposant sur la charité des familles sollicitées - voyant parfois des mendiants accroître les rangs des jeunes quêteurs occasionnels - furent périodiquement interdites, contribuant ainsi à l'amoindrissement de cette pratique.

 

 

 

 

 

Notes:

  1. PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961. Article Ahumes.

  2. VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France,, Tome I, volume 8. Tournées et chansons de quêtes. Paris, Stock, 1924.

  3. VAN GENNEP, Arnold, ibid. Tournées et chansons de quêtes.

  4. FOIX, Vincent,Dictionnaire gascon-français (Landes), PESSAC, Presses universitaires de Bordeaux, édition de 2003. Article Pique-héù

  5. PALAY, Simin, ibid.

  6. VAN GENNEP, Arnold, ibid. Tournées et chansons de quêtes.

 

 

 



Bibliographie :

 

CUZACQ, René, Noël, Premier de l'An et carnaval au pays landais; Mont-de-Marsan, Jean-Lacoste, [s.d].

DAUGÉ, Césaire, Le mariage et la famille en Gascogne d'après les proverbes et les chansons, Paris : A. Picard ; Bordeaux : Féret et fils ; Duhort-Bachen : C. Daugé, 1916-1930.

FOIX, Vincent, Dictionnaire gascon-français (Landes), PESSAC,Presses universitaires de Bordeaux, édition de 2003.

LESPY, Vastin, Dictionnaire béarnais ancien et moderne, Genève : Slatkine Reprints, 1970.

PALAY, Simin, Dictionnaire du béarnais et du gascon modernes (Bassin Aquitain), Paris : Centre National de la Recherche Scientifique, édition de 1961.

VAN GENNEP, Arnold, Le folklore : croyances et coutumes populaires en France, Paris, Stock, 1924, Tome I, volume 8.

 

 

 

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