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Fons Fèlix Arnaudin, Archius departamentals
CIRDÒC-Mediatèca occitana

Histoire du fonds

Musée d'Aquitaine, Bordeaux. ©Félix Arnaudin, dénicheurs, Capbat, 9 novembre 1893.
Simon Arnaudin (1844-1921), dit Félix Arnaudin, né à Labouheyre (Landes), a collecté tout au long de sa vie des données ethnographiques sur la vie rurale de la Grande Lande.

Après la loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne, Félix Arnaudin prend conscience de la mutation en train de s’opérer dans la civilisation agro-pastorale locale et décide de recueillir chants, contes populaires et proverbes. Petit propriétaire vivant du revenu de quelques métairies, il emploie tout son temps disponible à la collecte systématique de données ethnographiques relatives à cet espace et à ses habitants, qu’il complète par un projet de dictionnaire français-gascon resté inédit jusqu’en 2001.

De son vivant, il ne publie qu’une infime partie de tous les chants et contes populaires qu’il a collectés au sein du recueil des Contes populaires recueillis dans la Grande Lande, le Born, les Petites-Landes et le Marensin (Paris : E. Lechevalier ; Bordeaux : Moquet, 1887) et des deux tomes du recueil des Chants populaires de la Grande-Lande et des régions voisines (Paris : H. Champion, 1912). Il conserve jusqu’à son décès tous ses documents de travail : un ensemble conséquent de contes, proverbes et chants transcrits, répertoriés et analysés.

Par testament, Félix Arnaudin lègue à son neveu Camille Arnaudin tous ses documents, à l'exception de son matériel photographique qui revient à son cousin Paul Dourthe. En 1964, Adrien Dupin et Jacques Boisgontier, qui souhaitent publier l’œuvre d’Arnaudin signent avec les héritiers de Camille Arnaudin un contrat d’édition qui prévoit le transfert de l’ensemble des manuscrits. Ce projet de publication est finalement pris en charge par le « Groupement des Amis de Félix Arnaudin », créé le 12 décembre 1965, sans succès. En 1974, le contrat d’édition signé avec la famille de Camille Arnaudin est finalement révisé. Il prévoit de confier l’ensemble des manuscrits de Félix Arnaudin à l’écomusée de la Grande-Lande, propriété du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne.

En 1991, le Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne décide de déposer le fonds Félix Arnaudin aux Archives départementales des Landes.

En 1997, le fonds s’accroît avec une donation de la famille d’André Poudenx - à qui avait été confié le soin d’éditer les Proverbes après le décès de Félix Arnaudin - d’un ensemble de manuscrits de l’ethnologue.

Si l’ensemble des manuscrits et documents de travail de Félix Arnaudin sont conservés aux Archives départementales des Landes, le Musée d’Aquitaine conserve aujourd’hui tout son matériel photographique et la Bibliothèque municipale de Bordeaux sa bibliothèque.

Musée d'Aquitaine, Bordeaux. ©Félix Arnaudin. Jeune femme, fin XIXe siècle. N° d'inventaire 66-27-2557Modalités d'entrée :

Dépôt du PNR des Landes de Gascogne en 1991

Accroissement :

Fonds clos 

Fonds complémentaires :

Musée d'Aquitaine (Bordeaux) - Fonds Félix Arnaudin

Bibliothèque municipale de Bordeaux - Fonds Félix Arnaudin

Description du fonds

Le fonds Félix Arnaudin contient les documents de travail de l’ethnologue et rend compte de sa production dans différents domaines : collecte de chants, contes et proverbes, recherches historiques, travaux photographiques, recherches lexicographiques et toponymiques.

On trouvera dans ce fonds : notes de travail, manuscrits d’ouvrages avec annotations en vue d’édition, documents personnels (papiers de famille, actes notariés), documents préparatoires en vue de l’édition d’ouvrages, coupures de presse, correspondance avec des érudits et des spécialistes des langues romanes, répertoires multiples. Quelques tirages photographiques figurent également dans ce fonds.

Dates extrêmes :

1844 - 1921

Langues représentées dans le fonds :

 Français, Occitan (gascon)

Importance matérielle :

 

Supports représentés :

 - Manuscrits/Tapuscrits

 - Documents iconographiques


Pour le consulter

Identifiant du fonds :

 69J 1- 69J 63

Instruments de recherche disponibles :

Archives départementales des Landes, Inventaire du Fonds Félix Arnaudin 69 J, n° 1482 - juin 1992.

Florence Galli-Dupis, Les fonds Félix Arnaudin (1844-1921), collecteur et photographe des « Choses de l’ancienne Grande Lande », In Base de données Archivethno  France, Disponible sur :http://www.garae.fr/spip.php?article206 (consulté le 27/04/2016).

 

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Conditions de consultation :

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Félix ARNAUDIN, Commensacq, Sangluroous_Inv.66.21.2166.jpg
Fons Fèlix Arnaudin, Musèu d'Aquitània
CIRDÒC-Mediatèca occitana

Histoire du fonds

Musée d'Aquitaine, Bordeaux. ©Félix Arnaudin, Charbonniers de Salles (Dufaure et Villetorte), 18 juin 1897. N° d'inventaire 91-8-539
Simon Arnaudin (1844-1921), dit Félix Arnaudin, né à Labouheyre (Landes), a collecté tout au long de sa vie des données ethnographiques sur la vie rurale de la Grande Lande.
Après la loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne, Félix Arnaudin prend conscience de la mutation en train de s’opérer dans la civilisation agro-pastorale locale et décide de recueillir chants, contes populaires et proverbes. Petit propriétaire vivant du revenu de quelques métairies, il emploie tout son temps disponible à la collecte systématique de données ethnographiques relatives à cet espace et à ses habitants, qu’il complète par un projet de dictionnaire français-gascon resté inédit jusqu’en 2001.
À partir de 1874 Félix Arnaudin complète sa collecte par une campagne photographique méthodique, tentant de fixer par l’image les paysages, traditions et activités de la Grande Lande au moment où ceux-ci subissent d’importantes transformations.

À son décès, l’ensemble de ses biens est légué par testament à son neveu, Camille Arnaudin, à l’exception de son matériel photographique (clichés et instruments) qui revient à Paul Dourthe, son cousin germain. Ce dernier s’engage en échange à publier une partie de la documentation photographique rassemblée par Félix Arnaudin. C'est chose faite en 1928 avec Au temps des échasses, présentant 75 clichés et légendes de Félix Arnaudin (Arnaudin, Félix, Au temps des échasses, [s.l.] : Paul Dourthe, 1928).

À la mort de Paul Dourthe, son épouse décide de faire don de l’ensemble du fonds photographique Félix Arnaudin au Musée d’Aquitaine.

Musée d'Aquitaine, Bordeaux. ©Félix Arnaudin. Grands pins de Guentes, 8 octobre 1890. N° d'inventaire 66-27-919

Modalités d'entrée :

Don de Mme Dourthe en 1966

Accroissement :

Fonds clos

Fonds complémentaire :

Archives départementales des Landes - Fonds Félix Arnaudin

Bibliothèque municipale de Bordeaux - Fonds Félix Arnaudin

Description du fonds

Entre 1874 et 1921 Félix Arnaudin parcourt la région des Landes avec son matériel photographique et entreprend de fixer les paysages, bâtiments, métiers et personnages de la société traditionnelle landaise en cours de mutation.

Son fonds photographique contient ainsi des clichés sur plaques de verre mais également des épreuves originales sur papier rendant compte d’une des entreprises ethnographiques les plus complètes sur la mutation d’une société rurale en pleine révolution industrielle.

Ce fonds iconographique est accompagné de quatre répertoires manuscrits et d'un répertoire général qui documentent une partie des prises de vue.  Ces répertoires livrent pour chaque cliché recensé des informations sur la prise de vue (sujet, date, heure, temps, position du photographe, angle de vue) et des informations techniques (diaphragme utilisé, temps de pose, marques des glaces, révélateur). Par ailleurs, une partie des clichés reproduit des documents d’archives relatifs à l’histoire de la région et à ses communautés d’habitants, réunis par Félix Arnaudin dans le cadre de ses recherches.

En complément, 376 plaques de verre qui faisaient partie du fonds photographique originel sont aujourd’hui conservées aux Archives départementales des Landes, au sein du fonds Félix Arnaudin (69J43- 69J45).

Dates extrêmes :

 1874-1921

Langues représentées dans le fonds :

Français 

Importance matérielle :

  • 3218 clichés sur plaque de verre
  • 2714 épreuves originales sur papier
  • 318 unités documentaires manuscrites

Supports représentés :

Manuscrits

Documents iconographiques

Pour le consulter

Identifiant du fonds : 66.27

 

Instruments de recherche disponibles :

Les inventaires et le répertoire méthodique rédigés à l’entrée du fonds dans les collections du Musée d’Aquitaine ont été entièrement reproduits et publiés dans : Félix Arnaudin, Œuvres Complètes : Index Général, Bordeaux : Parc naturel régional des Landes de Gascogne : Ed. Confluences, 2007.

Florence Galli-Dupis, Les fonds Félix Arnaudin (1844-1921), collecteur et photographe des « Choses de l’ancienne Grande Lande », In Base de données Archivethno France. Disponible en ligne (consulté le 05/01/2015)

Ressources en ligne

Le fonds numérisé est disponible en ligne via le moteur de recherche Collections du musée

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Les reproductions sont soumises à autorisation par contrat et à facturation. Cette dernière porte sur la fourniture des images sous forme numérique. 
Les demandes d’autorisations doivent être adressées au musée d'Aquitaine à l’adresse suivante : 20 cours Pasteur, 33000 Bordeaux.

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Fonds Félix Arnaudin, Bibliothèque municipale de Bordeaux
CIRDÒC-Mediatèca occitana

Histoire du fonds

Musée d'Aquitaine, Bordeaux. ©Félix Arnaudin, autoportrait vers 1876. Inv 66-27-3151
Simon Arnaudin (1844-1921), dit Félix Arnaudin, né à Labouheyre (Landes), a collecté tout au long de sa vie des données ethnographiques sur la vie rurale de la Grande Lande.

Après la loi du 19 juin 1857 relative à l’assainissement et à la mise en culture des Landes de Gascogne, Félix Arnaudin prend conscience de la mutation en train de s’opérer dans la civilisation agro-pastorale locale et décide de recueillir chants, contes populaires et proverbes. Petit propriétaire vivant du revenu de quelques métairies, il emploie tout son temps disponible à la collecte systématique de données ethnographiques relatives à cet espace et à ses habitants, qu’il complète par un projet de dictionnaire français-gascon resté inédit jusqu’en 2001.

À partir de 1874 Félix Arnaudin complète sa collecte par une campagne photographique méthodique, tentant de fixer par l’image les paysages, traditions et activités de la Grande Lande au moment où ceux-ci subissent d’importantes transformations. 

À sa mort Félix Arnaudin lègue à son neveu Camille Arnaudin la majeure partie de ses documents. Ces pièces sont aujourd'hui déposées auprès des Archives départementales des Landes. Son matériel photographique revient quant à lui à son cousin, Paul Dourthe. Il est depuis 1991 conservé au Musée d'Aquitaine. 

La bibliothèque de travail de Félix Arnaudin est pour sa part récupérée par Gaston Guillaumie, professeur à l’Université des Lettres de Bordeaux, qui décide d’en faire don à la Bibliothèque municipale de Bordeaux. Son versement y est enregistré le 13 janvier 1933 accompagné de la mention : « à destination de M. Guillaumie, Institut des langues romanes ». En effet, nouvellement dépositaire du fonds, la Bibliothèque de Bordeaux, transfère celui-ci à l’Institut de Langues Romanes de Bordeaux. Les ouvrages sont ainsi versés à la Bibliothèque Universitaire de Talence lors de sa création avant d'être finalement réintégrés en 2003 dans les fonds de la Bibliothèque municipale de Bordeaux.


Modalités d'entrée :

Dépôt, Gaston Guillaumie (1933)

Accroissement :

Fonds clos

Fonds complémentaires :

Archives départementales des Landes - Fonds Félix Arnaudin

Musée d'Aquitaine - Fonds Félix Arnaudin

Description du fonds

Le fonds Félix Arnaudin de la bibliothèque municipale de Bordeaux est composé de la bibliothèque personnelle de l’ethnologue. Il contient principalement des monographies imprimées et des périodiques traitant des matières suivantes :

  • Littérature, musique et danse,
  • Ethnologie : voyages,
  • Histoire et Géographie,
  • Économie
  • Histoire naturelle
  • Philosophie/Religion
  • Droit et idées politiques
  • Sciences et Techniques
  • Médecine
  • Littérature

Ces ouvrages comportent de nombreuses annotations manuscrites ainsi que de manière quasi-systématique les indications de provenance relevées par Félix Arnaudin : nom du vendeur ou du libraire et prix d’achat. 

Dates extrêmes :

1851-1950 

Langues représentées dans le fonds :

Occitan (Gascon)

Français

Importance matérielle :

720 volumes

Supports représentés :

Manuscrits/Tapuscrits
Monographies imprimées
Périodiques (presse et revues)

Pour le consulter

Identifiant du fonds :

Fonds patrimoniaux

Instruments de recherche disponibles :

Description dans le Répertoire national des bibliothèques et fonds documentaires (RNBFD)

Ce fonds a été inventorié et partiellement catalogué pour les livres (310 références d'ouvrages consultables sur le catalogue général de la bibliothèque de Bordeaux) : Catalogue de la bibliothèque de Bordeaux

Un inventaire complet des ouvrages déposés à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux a été publié dans : Félix Arnaudin, Œuvres Complètes : Index Général, Bordeaux : Parc naturel régional des Landes de Gascogne : Ed. Confluences, 2007.

Florence Galli-Dupis, Les fonds Félix Arnaudin (1844-1921), collecteur et photographe des « Choses de l’ancienne Grande Lande », In Base de données Archivethno France. Disponible en ligne (consulté le 05/01/2015)

Ressources en ligne 
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Je cherche la "chanson de Nougolhayro"
Lo CIRDÒC - Mediatèca occitana

Je cherche la "chanson de Nougolhayro". Elle a servi de thème à une oeuvre de Fernand de la Tombelle (1854- 1928): Fantaisie sur 2 thèmes pour orgue. Pouvez-vous me dire si je peux trouver les paroles et surtout la partition ou encore un enregistrement de cette chanson ?


Fernand de la Tombelle, compositeur, organiste et folkloriste

Fernand de la Tombelle (1854-1926) est un compositeur et organiste originaire de Dordogne.

Membre fondateur de la Schola Cantorum où il enseigne l'harmonie, il s'intéresse également aux chants et musiques traditionnels de sa région natale.

Comme nombre de ses collègues et élèves - parmi lesquels on peut compter Joseph Canteloube et Déodat de Séverac - il devient un folkloriste averti, recueillant et harmonisant le répertoire traditionnel du Périgord et du Limousin.

Fernand de la Tombelle constitua une œuvre importante qui comporte des centaines de numéros d'opus, d'oratorios, de musiques de scène, de suites pour orchestres, de poèmes symphoniques, de pièces à voix égales ou mixtes et une importante collection de morceaux pour grand orgue et harmonium. Il n'est pas exclu qu'au sein de celle-ci figurent des mélodies directement inspirées de thèmes traditionnels.




La Chanson de Nougolhayro

C'est peut-être notamment le cas de la Chanson de Nougolhayro, publiée au sein de Fantaisie sur deux thèmes pour orgue (partition disponible en ligne ici) pour laquelle Fernand de la Tombelle se serait inspiré d'une chanson populaire périgourdine : É Pin É Paou.

É Pin É Paou est présente dans l'ouvrage des abbés Causse et Chaminade, Les vieilles chansons patoises du Périgord (1902) qui ont emprunté les harmonisations de folkloristes, dont celles de Fernand de la Tombelle. 

Les deux abbés expliquent que cette chanson collectée dans la région de Périgueux était chantée lors des séances de dénoisage, lorsque, à la mi-octobre la population se réunissait à la veillée pour einouzolhia (graphie des auteurs), pour séparer le cerneau de la coquille des noix.


Le terme Nougolhayro (ou Nougalhaire) utilisé par Fernand de la Tombelle dans sa composition désignerait les hommes et femmes qui parcouraient le pays pour louer leurs services lors des séances de dénoisage.

Ainsi, nous pouvons peut-être le rapprocher du chant populaire périgourdin, présenté ci-dessous, dans la graphie des abbés Causse et Chaminade :



La drola on perdu pochincho

Fojon pocha lou cocolou :

You creirio éngoza mo couchïncho,

Chi lou leichavo oou moudélou.

É pin é paou, etc.


O lo chonta dé notr' hotécho

Qué chiar dé boun vi blon nouveou

Maï qué nou-j-o faï lo proumécho

Dé non régola dé creypeou

E pin é paou, etc.


Quon lo mio-né chiro chounado,

Foudro fa fét'oou réveillou

Maï per fini lo chérénado,

Forén choouta loû coutilloû.

É pin é paou, etc.

 

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Damase Arbaud
Domenge, Jean-Luc

Damase Arbaud (1814-1876) était médecin mais aussi historien et homme politique : il a été maire et conseiller général de Manosque (04). Sous Napoléon III, il a été chargé par Hyppolyte Fortoul (ministre de l'instruction publique) de collecter les chants populaires existants en Provence.

Voici comment Jean-Luc Domenge (collecteur contemporain) présente Damase Arbaud dans son introduction à la réédition1 des "Chants populaires de la Provence".

 

"V'en aqui un que si remplaçara pas deman"2

     Ainsi commence une biographie anonyme "doù paure medecin Damase Arbaud" en 1877 et nous en sommes toujours là ! Il était plus qu'urgent de rééditer "Les chants populaires de la Provence" car cet ouvrage, pourtant ancien, demeure encore aujour'dhui la seule référence scientifique sur la chanson populaire en Provence. Tous les ouvrages sur la chanson populaire l'utilisent amplement : de Joseph Canteloube à Marcel Petit, jusqu'au Cansonier de Lucienne Porte-Marrou. Après un siècle et plus d'oubli, il était temps de redonner au bon docteur de Manosque une place méritée. Tout commence malheureusement par une querelle graphique (déjà !) avec le Félibrige. Damase Arbaud est partisan de conserver les consonnes etymologiques, comme S.J. Honnorat, alors que les Félibres viennent de mettre au point une graphie simplifiée. En fait plus que graphique, le différent est "idéologique" : Damase Arbaud cherche dans sa collecte la pureté antérieure de la langue, avec un regard d'archéologue. Les Félibres, en 1860, sont au contraire avec Frédéric Mistral en train de donner à la langue d'oc une nouvelle littérature moderne, tournée vers l'avenir... Il faut attendre les années 1970 et le mouvement de renouveau de la "chanson occitane" pour voir enfin exploiter les trésors musicaux contenus dans "Les chants populaires de la Provence". Ce répertoire avait été précédemment presque ignoré du mouvement folkloriste qui avait privilégié un chant choral d'expression félibréenne et de création récente (fin XIX°).

     Réédité en 1972 chez Chantemerle et épuisé à nouveau, ce livre était devenu introuvable et en même temps indispensable depuis qu'un juste retour des choses a permis de redécouvrir l'intérêt du "Romancero Provençal" sauvé par Damase Arbaud ce grand "passeur de mémoire" du XIX° siècle en Provence. En effet de nombreux interprètes puisent à nouveau à cette source : Jan Maria Carlotti, Jan Nouvè Mabelly, Patrick Vaillant et l'Atelier Damase, Gacha-Empega, Renat Sette surtout, accompagné par Pierre Bonnet, exploitant a capella la pureté des textes et des mélodies, des romances et des chants religieux.


Mais qui était Damase Arbaud ?

     Né en 1814 à Manosque, mort dans cette même ville en 1876, il étudia la médecine à Montpellier et fut reçu docteur en médecine en 1837. Homme public en même temps que savant et chercheur, il était maire de Manosque à 25 ans, et il mena dans sa ville une politique de développement, construisant deux hospices et un pont sur la Durance. A 38 ans, il fut élu conseiller général des Basses-Alpes. Il s'adonna tout d'abord avec passion à l'Histoire, publiant dès 1847 de nombreuses études sur Manosque au Moyen-Age, les monnaies provençales, la voie romaine entre Sisteron et Apt... Mais ce sont moins ces travaux, pourtant de valeur, qui l'ont rendu célèbre, que les deux volumes de recueils de chants populaires de la Provence parus en 1862 et 1864.


Les chants populaires de la Provence

     Napoléon III avait ordonné en 1852 la collecte de tous les chants populaires de France pour "élever un grand monument au génie anonyme et poétique du peuple". Hipppolyte Fortoul, ministre de l'instruction publique, originaire de Digne, avait été chargé de lancer cette vaste enquête. En Provence c'est Damase Arbaud, son compatriote et ami qui fera cette collecte, grandement aidé dans sa quête par son travail de médecin de campagne. Son biographe dracénois anonyme (peut-être Frédéric Mireur ?) décrit ce travail : "Lou brave medecin... si mette en campagno. Vague de demandar, de s'entervar, de faire charrar l'un, cantar l'autre, de tout noutar, er et paraulos, senso perdre uno syllabo ni uno noto ; pui de triar lou gran de la moundilho, d'escrioure a drecho, à gaucho, de semigear lei vielhs escrits, de coumparar lei dires de cadun eme leis cansouns deis autres peïs etc..."3

     Il est très étonnant de voir la modernité de la démarche et l'honnêteté intellectuelle rigoureuse de ce véritable savant précurseur authentique des ethnomusicologues de notre époque. D. Arbaud part d'une enquête sur le terrain, mais il essaie de combler ses lacunes, de trouver des variantes, en établissant un réseau de collaborateurs qu'il cite soigneusement dans son ouvrage, ce qu'il faut souligner. Ces collaborateurs sont des érudits eux-mêmes originaires surtout de Basse Provence : de Toulon (Letuaire, Louis Pelabon), des Bouches du Rhône (Martini, Régis de la Colombière) et des récentes Alpes-Maritimes (Bory, Castel). Ainsi répartis, c'est presque l'ensemble de la Provence qui est couvert. Leur contribution est toutefois modeste et ne constitue qu'un quart du corpus retenu. Pour la notation musicale, Damase Arbaud est conscient des limites de sa partition, souvent incapable de donner le rythme réel. Il sait et écrit qu'elle ne rend pas tout. Il écarte soigneusement de sa collecte les compositions qu'il juge trop modernes : il privilégie le plus possible dans son choix "la vraie poésie populaire" et les chants religieux exprimant le mieux selon lui  "les croyances primitives du christianisme". Peu de scories encombrent les commentaires de Damase Arbaud : il donne les différentes versions recueillies, les variantes en notes, il compare avec les données sur le Piémont, la Catalogne ! Ainsi à cent cinquante ans de distance, il nous fait un clin d'oeil et nous pose déjà les grands problèmes du collectage en chanson populaire : que garder ? en fonction de quels critères ? quelle version retenir ? faut-il ou pas reconstituer ? comment rendre vraiment le rythme ? Pour en savoir plus, plongez-vous dans l'univers des "Chansons populaires de la Provence".

Jean-Luc Domenge, Enseignant-Chercheur,

Majoral du Félibrige. Août 1999


1Chants populaires de la Provence. Tome 1 : 1862, Tome 2 : 1864. Réédition 1999/2000. Editions Cantar lou païs (www.cantarloupais.com302, Chem. Plan aux Grottes. 06530 St Cézaire sur Siagne. e-mail : cantarloupais@gmail.com.

2 "En voilà un qui ne se remplacera pas demain"

"Le bon médecin se met en campagne. Et de demander, de questionner, de faire parler l'un, chanter l'autre, de tout noter, air et paroles, sans perdre une syllabe ni une note ; puis de trier le bon grain du mauvais, d'écrire à droite, à gauche, de fouiller dans les vieux écrits, de comparer les airs de chacun avec les chansons des autres pays, etc."



 

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Joseph Canteloube et les Chants d'Auvergne.
CIRDOC - servici question-responsa

Joseph Canteloube de Malaret, compositeur auvergnat

Jospeh Canteloube est né le 21 octobre 1879 à Annonay d'un père Auvergnat et d'une mère Cévenole et est décédé en 1959.

Il commence très tôt le piano, initié par sa mère, et dès l'âge de 4 ans il suit les cours d'Amélie Doetzer, amie proche de Chopin. En 1892, la famille de Joseph Canteloube décide d'aller vivre dans le domaine familial de Malaret, au Nord du Lot, à la limite avec l'Auvergne. Après des études de Philosophie, Joseph Canteloube retourne à Malaret où il se consacre entièrement au piano et à la composition musicale.

Quelques années plus tard, il entre en contact avec Vincent d'Indy avec qui il entretient une correspondance régulière, ce dernier lui prodiguant de nombreux conseils. En 1906, Joseph Canteloube rejoint son maître à Paris et fréquente assidûment les cours de la Schola Cantorum au sein de laquelle il établira une amitié durable avec Déodat de Séverac.

Durant ces années, il continue à se consacrer à la composition d'oeuvres musicales pour lesquelles il tire son inspiration de sa terre natale comme son opéra Vercingétorix ou encore Le Mas qui lui vaudra la récompense des cent mille francs du concours Heugel.


Jospeh Canteloube, le folkloriste

C'est également vraisemblablement au sein de la Schola Cantorum que lui viendra son inclinaison vers le folklore, influencé par les orientations régionalistes de Déodat de Séverac et Vincent d'Indy. De nombreux documents attestent de ce goût de Joseph Canteloube pour les chants populaires. A chaque retour dans ses terres familiales, le compositeur part au contact de ses habitants pour y recueillir des chants et mélodies traditionnelles. Il est également l'un des membres fondateurs de La Bourrée, une filiale de l'Auvergnat de Paris.

Jospeh Canteloube lance un appel à la bonne volonté des personnes résidant dans les provinces françaises pour lui faire parvenir des airs notés. Il fait d'ailleurs publier un appel dans l'Auvergnat de Paris en 1927 :

« Aux hasards des promenades, des rencontres, des conversations, [qu'ils notent] avec soin les noms de ceux qui, habitant le pays, savent des chansons. Qu'ils aillent les trouver et qu'ils les fassent chanter, les chansons, quelles qu'elles soient, de préférence dans la langue du terroir. Qu'ils écrivent les paroles des chansons, même si elles paraissent incomplètes, car ce qui manque à tel endroit sera trouvé ailleurs. A la fin de chaque chanson, inscrire très lisiblement 1) le nom et l'adresse du chanteur 2) le nom et l'adresse de celui qui écrit les paroles et les envoie. Ceci afin de permettre ensuite à un spécialiste de venir recueillir l'air de la chanson. Que l'on recueille de la même manière, les contes, les devinettes, les coutumes, les traditions. »

Il s'engagera également au sein du gouvernement pétainiste pour promouvoir la collecte et la sauvegarde de ce patrimoine chanté. Il préconise notamment la mise en place d'une campagne radio-diffusée recommandant l'emploi des chants populaires et la création de chorales au sein des divers groupements de jeunesse.


Les Chants d'Auvergne

Canteloube s'inscrit donc pleinement dans le mouvement de sauvegarde des chants traditionnels en plein essor depuis la fin du XIX° siècle. Rejoignant les grands collecteurs de musique traditionnelle, Joseph Canteloube commence à publier son recueil de Chants d'Auvergne dès 1923. Il s'agit de séries de partitions pour piano et voix, puis plus tard de partitions pour voix et orchestres.

Le plus connu de ces chants recueilli par Canteloube reste sans conteste le Baïlero chant de berger présent dans toute l'Occitanie. A ce sujet, son auteur ne manque pas de nous narrer sa découverte : un soir de 1903, à la nuit tombante en contemplant la paysage depuis la montagne qui domine Vic-sur-Cère, Joseph Canteloube entendit le chant d'une bergère. Il commença à noter la mélodie et perçut le même chant repris par un berger s'élever au lointain. C'est quelques années plus tard, dans un train en direction de Montauban qu'il en composa l'arrangement avant la publication du recueil.


Les études sur les Chants d'Auvergne.

Il n'y a à notre connaissance pas eu d'études spécifiques sur les Chants d'Auvergne de Joseph Canteloube ni sur la langue utilisée dans les chants recueillis ni sur leurs sources musicales. La raison qui pourrait expliquer cette lacune est celle de l'authenticité des chants recueillis.

En effet, on ne possède à ce jour que peu d'informations sur la véritable origine de ces chants recueillis par Joseph Canteloube. Si l'on sait que certains d'entre eux ont directement été collectés par lui et qu'il avait pu faire appel à un réseau de collecteurs, on ignore auprès de qui exactement ont été recueillis ces chants. Dans ses recueils, si Canteloube précise bien le lieu de collecte des chants, il n'explique pas par quels moyens ni auprès de quelles personnes ces chants ont été recueillis.

En ce qui concerne la langue utilisée dans les Chants d'Auvergne, il est une fois de plus difficile d'en garantir l'authenticité. On sait de Canteloube qu'il ne portait pas une grande attention à la langue utilisée par les interprètes des chants recueillis, se focalisant plutôt sur la mélodie. Il semble qu'il ait noté de manière très sommaire les paroles de chants telles qu'il les avaient entendues, les modifiant sûrement a posteriori lors de l'harmonisation en vue de la publication des recueils.

Ainsi, on ne peut garantir que la langue telle qu'elle est retranscrite dans les Chants d'Auvergne soit bien celle des interprètes originaux.

Enfin, sur la question des sources musicales, la question de leur authenticité ne se pose plus puisqu'on sait que Joseph Canteloube est systématiquement intervenu sur les compositions musicales qu'il avait collecté pour les réarranger. Il aurait également complètement recomposé certaines pièces de ses Chants d'Auvergne pour les accorder au goût de l'époque mais surtout les adapter au chant lyrique et à la pratique orchestrale. On retrouve néanmoins sous la reconstruction lyrique des Chants d'Auvergne de Joseph Canteloube les mélodies et refrains populaires sur lesquels ils ont été construits.

Si aucune étude n'a été menée sur la question de la langue et des sources musicales dans les recueils de Canteloube c'est peut-être parce que la question de l'authenticité des sources et des informations qu'ils contiennent se pose avec beaucoup d'acuité et que très peu d'éléments peuvent nous permettre d'y répondre.

Toutefois, ces Chants d'Auvergne ont permis à certains refrains populaires auvergnats de traverser les époques et les continents puisqu'ils furent et continuent aujourd'hui à être interprétés par les plus grands chanteurs lyriques telle que la néo-zélandaise Kiri Te Kanawa, l'espagnole Victoria de Los Angeles ou encore la française Madeleine Grey.


Pour aller plus loin...

Joseph Canteloube, Chants paysans de Haute-Auvergne, Paris : Heugel, 1928. Cote CIRDOC : MUS-B 166 à MUS-B 169.

Jacques Cheyronnaud, Mémoires en recueils, jalons pour une histoire des collectes musicales en terrain français, Montpellier : Office Départemental d'Action Culturelle, 1986. Cote CIRDOC : CAC 3273.

Françoise Cougniaud-Raginel, Jospeh Canteloube, chantre de la terre, Béziers : Société de Musicologie de Languedoc, 1988. Cote CIRDOC : 783.099 CAN

Jean-Bernard Cahours d'Aspry, Joseph Canteloube, chantre d'Auvergne et d'ailleurs, Biarritz : Séguier, 2000. Cote CIRDOC : 783.099 CAN.

Joseph Canteloube, Anthologie des chants populaires français groupés et présentés par pays ou provinces, Paris : Durand et Cie, 1951. Cote CIRDOC : CBB 443-34

Sont également disponibles au CIRDOC de nombreux enregistrements des Chants d'Auvergne.