Explorar los documents (6 total)

Poésies narbonnaises (Volume 2) / d'Hercule Birat
Birat, Hercule

Ce recueil de poésies, augmenté d'entretiens sur l'histoire, les traditions, les légendes, les moeurs, du pays narbonnais, est l'occasion pour son auteur de publier "Le Sermon du Père Bourras". Hercule Birat est certainement le premier à s'être inspiré d'un conte populaire des Corbières qui est à l'origine de cette histoire et du Curé de Cucugnan.

Ce volume contient également La Gragnotto dé Sant-Paul,  repris plus tard par Mistral dans Mémoires et récits.

Pour en savoir plus sur Hercule Birat : http://occitanica.eu/omeka/items/show/592


Autres ressources liées :

Poésies narbonnaises, suivies d'entretiens sur le Narbonnais (Volume 1) / d'Hercule Birat : http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/611

Lou sermou dal curat de Cucugna, d'Achille Mir : http://occitanica.eu/omeka/items/show/555

Question / Réponse "Qui est l'Abbé Martin ?" : http://occitanica.eu/omeka/items/show/251

Je recherche des informations sur la biographie du poète narbonnais Hercule Birat
Centre inter-régional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault)

Hercule Birat, né en 1796 dans la ville de Narbonne, fut une figure locale notable des débuts du XIXe siècle. Chansonnier satirique, poète français comme occitan, considéré par certains comme un précurseur des Félibres, il revendique de son vivant son style populaire et provincial (dans le sens de local), pour une oeuvre plurielle, reflétant près d'un demi-siècle de vie narbonnaise.

 

 



Les premières années

 

Hercule Birat naît à Narbonne le 30 juillet 1796, dans une famille de juristes toulousains, installés dans la région depuis la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Sa mère, Hostalot de son nom de jeune fille, est pour sa part une Narbonnaise de souche.

 

Hercule Birat poursuit tout d'abord des études de droit, dans la tradition familiale, à Toulouse et Paris, avant de devenir géomètre puis matelot sur un navire faisant cap vers la Martinique. A la mort de son père en 1820, il rentre en France, se marie l'année suivante et s'installe alors sur un domaine agricole dans la proximité de Homps.

 

 



Le poète

 

Ce n'est donc qu'à l'âge mûr que le Narbonnais entreprend de coucher sur le papier et par la voie des vers ses impressions sur la vie de ses concitoyens. En 1837 paraît sa première publication, La Fête de Notre-Dame-du-Cros.Il a alors passé la quarantaine. Son second ouvrage paraît neuf ans plus tard, en 1846. Intitulé Voeux à Notre-Dame-des-Auzils, il est, par sa thématique, proche du précédent texte de l’auteur.

 

L’installation de celui-ci à Narbonne deux ans plus tard, dans le contexte particulierdes débuts de la IIe République, influencera nettement sa production, qui adopte alors une tonalité plus satirique.

 

 



Le satiriste

 

Hercule Birat, qui loue à l'un des clubs républicains de la ville un local dans sa demeure, est en contact direct avec leurs idées, chaudement exprimées, souvent au détriment de son sommeil.

 

L'auteur puise dans cette situation la veine d'une production satirique visant ses hôtes républicains, mise en musique sur des airs populaires de l'époque. De cette période, nous gardons principalement l'écho de Birat lui-même, qui aurait déclaré avoir été "menacé d'avoir à porter sur ses épaules, à travers la ville, le buste de Marianne" (cf. MECLE, André, Hercule Birat, le Poète de Narbonne. In La Voix Domitienne, n°26-27 de 1997). Cet épisode aurait inspiré La Passion dal paure cansouniè narbounès.

 

 

 



Le rapport à la langue d'oc

 

Birat propose lui-même une poésie provinciale, locale. Il en vient progressivement à écrire autant en occitan qu’en français ;La Passion dal paure cansouniè narbounès est ainsi composée, comme plus tard d'autres de ses pièces, en dialecte narbonnais. Penché sur la prose de ses contemporains des Pays d'oc, il trouve en Jasmin, qu'il découvre à l'occasion d'une lecture de l'auteur à Narbonne, un modèle (cf. à ce sujet la préface de La Passiou dal pauré cansouniè narbounés).

 

La République installée, ses remuants hôtes l’ayant quitté, Birat explore de nouvelles voies d'expression. Il aborde alors le genre de l'épopée burlesque à travers deux textes en occitan :Dialogos entre la mountagno de Minerbo é lou Pic de Noro etLa Naissenço de Jacquès Premie. Birat voit en ces textes le sésame de son entrée à la Commission archéologique et littéraire de Narbonne. Par deux foix éconduit, Birat reprend les couleurs de la satire pour composer en janvier 1857 Les Lamentations du poète narbonnais, bientôt suivies d'une Supplique à Messieurs les membres de la Société archéologique. Effet direct de ses écrits ou heureux hasard, il intègre deux mois après la parution de ce second texte la Commission tant désirée, pour une courte durée toutefois.

 

 



 

Poésies narbonnaises

 

En 1861, les différents textes poétiques d'Hercule Birat sont réunis dans un même ouvrage, augmentés d'entretiens en prose entre l'auteur et un "artistarque", proposant un dialogue sur la qualité de son oeuvre. Les piques plus ou moins dissimulées en direction de ses confrères de la Commision font scandale et le conduisent à la démission.

 

Nonobstant son aspect polémique, cet ouvrage témoigne de la qualité de la plume de Birat, peintre de son époque, de sa région et son histoire. Le poète, féru d'histoire régionale, consulte par ailleurs les principaux écrits historiques réunis à son époque.

 

Ses textes nous renseignent sur la grande comme sur la petite Histoire, nous livrant de nombreux portraits croustillants de ses contemporains, ainsi qu'une perspective différente sur les événements marquant de la vie narbonnaise de l’époque.

 

Attaché à l'histoire et au patrimoine de sa région, Birat se distingue également par ses talents de conteur et de passeur de mémoire. Outre les nombreuses transcriptions de textes et légendes du cru, parfois agrémentéesde sa touche personnelle, il propose de nombreuses créations originales basées sur des textes primitifs, notamment dans le cycle de Saint-Paul dont fait partie le fameux La Gragnotto dé Sant-Paul daté de 1856, repris plus tard par Mistral dans son Mémoires et récits.

 

Bien que moins connu, son Sermon du père Bourras (tiré des Poésies narbonnaises, 5e et 6e entretien, second volume, certainement rédigé aux alentours de 1855) s'inscrit dans la longue lignée de textes reposant sur la tradition populaire qui donnèrent naissance au Curé de Cucugnan. Birat se serait appuyé sur ce bref dialogue: "Pam, pam, pam ! - Que tusto dé bas ? - Lou Pero Bourras – Cal demandats ? - Dé gens de Ginestas – Aïci y gna pas, anats pu bas – Dintrats, dintrats y'n manco pas !" Il semble que l'abbé Bourras, curé de Ginestas, acteur principal du sermon, ait effectivement existé. Originaire d'Espagne, il aurait en fait exercé son ministère non à Ginestas, mais du côté de Luc-sur-Orbieu ou de Marcorignan (À ce sujet, voir L'Inventeur du sermon du Curé de Cucugnan, conférence du Dr P. Albarel, Narbonne, 1927 et les écrits de Gaston Jourdanne).

 

Tristesse du curé face à l'indifférence des fidèles de sa paroisse, différentes étapes menant du Paradis à l'Enfer, et conclusion finale sont similaires dansLe Sermon du père Bourras et les versions successives du Curé de Cucugnan, faisant du texte de Birat le précurseur (il paraît en 1861 dans les Poésies narbonnaises) d'une pièce incontournable du patrimoine littéraire.

 

 

En dépit de ses apports à la littérature populaire et occitane, Henri Birat ne connut de son vivant qu'une aura principalement locale, recevant toutefois une certaine reconnaissance de ses pairs en 1866. Cette année-là, l'Académie des Jeux floraux remet au poète narbonnais un Jeton d'argent. En 1924, il était également honoré lors de la Sainte-Estelle. (cf. L'Inventeur du sermon du Curé de Cucugnan).

 

 

Henri Birat décède le 14 mai 1872 à Narbonne.

 

 

 

 



Pour en savoir plus:

 

Dr. P. ALBAREL, L'Inventeur du sermon du Curé de Cucugnan, conférence, Narbonne, 1927. (Cote CIRDOC : CBB 16)

 

BIRAT, Hercule, La Passiou dal paouré cansouniè narbounés : pot-pouirit démagogico-soucialisto, Narbonne, impr.de Caillard, 1850. (Cote CIRDOC: CBB 420-19).

 

BIRAT, Hercule, Poésies narbonnaises en français et en patois, suivies d'entretiens sur l'histoire, les traditions, les légendes, les moeurs, etc., du pays narbonnais, Narbonne : E. Caillard, 1860  (Cote CIRDOC: CAC 452-1).

 

BIRAT, Hercule, Une nouvelle étoile télescopique : satire dialoguée contre l'auteur des poésies narbonnaises, Narbonne : Caillard, 1867 (Cote: CBB 371-22).  

 

MECLE, André, Hercule Birat, le poète de Narbonne, In La Voix Domitienne n°26-27 de 1997, p. 138-142 (Cote CIRDOC: O2).

 

PELISSIER DE LA PALME, . "La Vérité sur le Curé de Cucugnan" in La Cigalo Narbouneso, n°3, Mars-Avril 1914, p29-46. (Cote CIRDOC: KI3).

Lou sermou dal curat de Cucugna : pouëmo tragi-coumic d'Achille Mir [Livre]
Mir, Achille (1822-1901)

Plusieurs versions de l'histoire de l'abbé Martin, personnage central du Curé de Cucugnan, existent.

Le thème du Sermon du curé de Cucugnan trouve son origine dans un conte populaire des Corbières ( Aude).

Le narbonnais Hercule Birat est certainement le premier à s'en être inspiré pour écrire vers 1855-1860 Le Sermon du Père Bourras (publié en français en 1860).

En 1858-59, le juge Blanchot de Brenas publie une version de ce conte dans un article de la revue « La France littéraire Artistique et Scientifique ». Elle lui a été inspirée par un récit qu'il a entendu lors d'un voyage dans l'Aude. Dans son texte, il décide de situer son histoire à Cucugnan (Aude), nom de village choisi au hasard ensuite repris dans les versions de Joseph Roumanille, d'Alphonse Daudet et d’Achille Mir.

Le récit d'Achille Mir est une des versions littéraires se rapprochant le plus de la tradition orale du conte occitan d'origine. Il est paru pour la première fois en 1884 dans le Tome III de ses Œuvres complètes.

La version mise aujourd'hui en ligne sur Occitanica est celle rééditée en 1885 avec un texte légèrement remanié, complété par une traduction française à la fin du volume.

Pour en savoir plus sur le Curé de Cucugnan vous pouvez consulter la réponse à la question « Qui est l'Abbé Martin ? » (CIRDÒC - servici question-responsa )

Maître Estève, personnage de l'Arlésienne d'Alphonse Daudet
Lo CIRDÒC- Médiathèque occitane, Béziers

En 1869 paraissent Les Lettres de mon Moulin, recueil de nouvelles ayant pour décor la Provence, terre natale d'Alphonse Daudet. Cinquième des nouvelles parues dans l'ouvrage, l'Arlésienne (L'Arlatenca dans la version occitane) met en scène l'histoire tragique de maître Estève et de sa famille. 

 I/ L'Arlésienne 

Présentation de la nouvelle

Le personnage de Maître Estève apparaît dès les premières lignes de la nouvelle. Le narrateur le découvre prostré dans sa cour, assis en haillons auprès d'une table de pierre. S'étonnant du silence régnant dans la maison et alerté par l'apparition d'une femme et d'un enfant en deuil, il est alors renseigné par le voiturier de la maison. Celui-ci l'informe du suicide du fils aîné de la famille, Jan. Les deux hommes faisant route ensemble, le domestique lui dévoile peu à peu les épisodes du drame. Jan Estève, amoureux fou d'une arlésienne avait obtenu de ses parents la main de la jeune fille. Mais la venue d'un homme se présentant comme l'amant de celle-ci lors de la soirée de fiançailles vient mettre fin à la fête. Jan, renonce au mariage, mais se révèle incapable d'oublier l'Arlésienne en dépit de l'attention de sa mère. La nouvelle se termine par le suicide du jeune homme. 

La génèse de l'histoire

Drame réaliste reprenant des thématiques chères à Alphonse Daudet, la Provence d'abord, sa terre natale, le suicide ensuite, L'Arlésienne dévoile de nombreux indices sur la vie de son auteur et surtout, sur celle d'un de ses proches amis, le félibre Frédéric Mistral.

Bien que fiction, L'Arlésienne semble retracer dans le détail le suicide du neveu de l'auteur de Mireille, survenue au cours de l'été 1862. Alphonse Daudet apprend cette histoire près de six mois plus tard, lorsque, de passage à Maillane, Frédéric Mistral le conduit en visite au mas du Juge. La demeure est alors la résidence de son frère aîné, Louis. Sur place, il découvre une famille en deuil, et tout comme son narrateur apprend le drame des Estève de la bouche du voiturier, Daudet va l'entendre des lèvres de Mistral. (cf. Vincent Clap, L'Arlésienne, histoire d'un drame. p.15).

Les différentes lettres écrites de la main de l'Homère provençal dans la période suivant la mort de son neveu, dévoilent une histoire quasi similaire à celle rapportée quelques années plus tard par Daudet dans les Lettres de mon Moulin. Lisant pour la première fois ce texte lors de sa parution en 1869 dans le livre d'Hetzel, Mistral aura d'ailleurs ces mots: "Tu devais avoir pris des notes, car tout est raconté comme si tu l'avais vu" (cf. Vincent Clap, ibid. p.15).

Les épisodes racontés sont effectivement très proches. La place de maître Estève, double fictif de Louis Mistral, est cependant davantage développée chez Daudet. Sa première apparition, figure prostrée au centre de la cour du mas, premier indice du drame, le distingue d'emblée. La suite du récit, et tout particulièrement la rencontre avec l'amant de l'arlésienne, nous présente un homme digne. Peintre des caractères, auteur influencé par le mouvement réaliste, Daudet semble s'être particulièrement attaché à l'étude de ce personnage, figure emblématique du ménager de Procence, honnête et droit, en opposition aux moeurs dissolues de l'arlésienne. 

 

II/ Daudet, la Provence et le pays d'oc

La rencontre avec les félibres

Alphonse Daudet monte à Paris à dix-sept ans, et devient dans un premier temps répétiteur. En 1860, un an après la publication de son recueil de poésie, Les Amoureuses, il rencontre Frédéric Mistral. Il se mêle alors aux jeunes félibres, Roumanille, Roumieux, Aubanel... et (re)découvre avec eux la Provence, sa terre natale quittée très jeune pour Lyon.

Ces voyages à Maillane, en Barthelasse, aux Baux et à Châteauneuf, vont inspirer Daudet (cf. Frédéric Mistral. Mémoires et Récits. p.237). Se servant de ses souvenirs d'enfance, de ces balades et des observations faîtes lors de son séjour au château de Fontvieille, Daudet consacre ses premiers écrits ( Les Lettres de mon Moulin, Tartarin de Tarascon ), qui seront également ses premiers succès, à décrire la Provence et ses habitants.

Alphonse Daudet et la langue d'oc

Alphonse Daudet parfait au contact des félibres, sa connaissance de la langue et de la littérature provençale: poèmes et chansons de Mistral, mais aussi de Roumanille, Roumieux, et d'Aubanel. Le manuscrit de Lou Pan dóu Pecat (Théodore Aubanel, 1878), qui passa un temps entre les mains de Daudet, semble d'ailleurs l'avoir directement influencé lors de la rédaction de L'Arlésienne (cf. Vincent Clap, ibid. p.14). De même, Daudet va s'inspirer de la version de Lo Curat de Cucugnan de Roumanille pour rédiger, en français, sa propre version d'un conte par ailleurs issu de la tradition orale des pays d'oc.

Bien que n'ayant publié aucun de ses ouvrages en occitan, Alphonse Daudet maintiendra toute sa vie un lien certain avec l'occitan. Il soutint notamment Batisto Bonnet, dont il publia et traduisit en français le premier ouvrage (témoignant ainsi de sa maîtrise de la langue), Un vido d'enfant. Il existe aujourd'hui de nombreuses traductions occitanes de ses oeuvres, au premier rang desquelles, celles touchant à la Provence.

En savoir plus:

Les oeuvres d'Alphonse Daudet (liste non exhaustive):

BIZET, Georges; DAUDET, Alphonse, L'Arlésienne, Arles, 1872. 

DAUDET, Alphonse, Les Lettres de mon Moulin, 1869. DAUDET, Alphonse, Tartarin de Tarascon, 1872. 

Biographies et études: 

BALE, Katarine, La Provence à travers l'oeuvre d'Alphonse Daudet, Aix-en-Provence, 1927. 

BANNOUR, Wanda, Alphonse Daudet : bohème et bourgeois, Paris, 1990. 

CLAP, Vincent, L'Arlésienne, histoire d'un drame, Montfaucon, 1986.

Bouët, Jacques

Enquête auprès d'un couple enregistré à Saint-Etienne-d'Albagnan (Hérault). L'homme raconte deux contes en occitan dont une version du curé de Cucugnan avant d'énoncer un proverbe sur la Saint-Médard. Puis, la femme chante une chanson en occitan : Las reviradas de Marion. 

 

00:00:00 à 00:16:59 Conte en occitan : Le Curé de Cucugnan 

00:17:00 à 00:20:52 Conte en occitan 

00:20:52 à 00:21:02 Proverbe en occitan sur la Saint-Médard

 00:21:02 à 00:21:41 Discussion sur un chant oublié 

00:21:41 à 00:23:35 Chant en occitan : Las reviradas de Marion

 

CIRDÒC servici question-responsa

Nòstra responsa : « L'abat Martin » es lo nom francés del curat de Cucunhan « 'l'abat Martí », un dels personatges mai conegut de la literatura populara occitan. Lo coneissèm tanben jos d'autres noms, coma "lo paire Borràs" dins la version estampada la mai anciana (redigida per l'escrivan narbonés Hercule Birat dins las annadas 1830-1850). Existís doas autras versions literàrias en lenga d'òc d'aquel obratge, la del provençal Joseph Roumanille (1866) e la del carcasonés Achille Mir (1884) considerada coma mai pròcha de la tradicion orala del conte.

Es a partir de la version de Romanille qu'Alfonse Daudet escriguèt la version francesa de l'istòria de l'abat Martin publicada dins lo jornal l'Evénement (1866), puèi dins Les Lettres de mon Moulin (1869). Lo curat de Cucunhan de Daudet acabarà d'èsser consacrat pel filme realizat per Marcel Pagnol per la television en 1967 (L'abat Martin es interpretat per Fernand Sardou).

Per ne saber mai sus l'istòria de l'òbra, podètz consultar las responsa qu'avèm realizada al subjècte del «viatge dins la Corbièras de Blanchot de Brenas» tèxte que conten una de las primièras versions de l'istòria del curat de Cucunhan.

Lo curat de Cucunhan es un conte de tradicion orala dels païses d'Òc, mai que mai conegut dins sa version audenca, mas se trapariá de versions dins d'autras regions europencas, coma en Itàlia. L'istòria es teissuda a l'entorn d'una esquèma simpla, la d'una fabla moralizanta bastida coma una divina comèdia al revèrs ont lo capelan cèrca sos ovelhas al paradís, puèi al purgatòri, per los trapar en infèrn. Vos balham çai-jos las diferentas sequéncias a partir de la version d'Achille Mir. Aquelas an lo merita d'èsser escrichas amb la coneissença de las diferentas versions, dins l'esperit e la lenga populara d'Aude d'ont lo conte es eissit.


L'istòria :
L'abat Martin qu'"èra bon coma lo bon pan (…) aviá son amna entahinada" perque los Cucunhencs que n'aviá la carga, son pas fòrças devòts e abandonèron sa glèisa. Per fin de los tornar metre sus lo bon camin, afirma aver d'informacion de lor revelar a prepaus de l'esconduda d'un tresaur. Lo dimenge que seguís, los fidèls se prèissan a la glèisa per escotar lo famós «sermon del curat de Cucunhan». Lo sermon de l'abat Martin es una fabla ont conta son arribada a las pòrtas del paradís e ont demanda a Sant Pèire «s'avèm a Cucunhan quaucas amnas salvadas, / E s'al Paradís son dintradas.» Veredicte: Al paradís «pas una amna de Cucunhan !» D'aquí, l'abat Martin se'n va al purgatòri. Al purgatòri «pas degun de Cucunhan». Acaba evidentament per los trapar en infèrn.

Edicions del Sermon del Curat de Cucunhan per Achille Mir (1822-1901) que se pòdon consultar CIRDÒC-Mediatèca occitana.

Achille MIR, Lou Sermou dal curat de Cucugna (avec traduction française : pouëmo Tragi-coumic, Illustracius de N. Salières, Montpellier, Hamelin Frères (impr.), s. d. [vers 1887], 67 p.
(cote CIRDOC : CAC 1143)

Edicion amb revirada francesa Lo Curat de Cucunhan d'Achille Mir es magnificament illustrat per Narcisse Salières (Paul-Narcisse Salières, pintre e dessenhaire nascut a Carcassona en 1818).
Lo tèxte es redigit dins la grafia mistralenca de l'autor.

L'edicion la mai recenta de la version lengadociana d'Achille Mir :

Achille MIR, Le Sermon du curé de Cucugnan, novèla edicion bilingüe lengadocian-francés, presentacion e revirada de René Quehen e Christian Burgat, Montesquieu-Volvestre, Ed. René Quéhen, 1989.
(cote CIRDÒC : CAC 2762)

Reprint de l'edicion originala.

Edicion en grafia classica :

Achille MIR, Lo Sermon del curat de Cucunhan, presentacion de L. Còrdas [Léon Cordes], Carcassona, L. Bonafos & Fils, s.d. [vers 1975].
Cote CIRDOC : CBB 397-25
Lo tèxt d'Achille Mir foguèt largament popularizat dins lo vilatge de Lengadòc per l'interpretacion que ne faguèt Leon Còrdas, escrivan e òme de teatre occitan. Aquela edicion compren un prefaci de Leon Còrdas que per el lo tèxt d'Achille Mir « atteint le niveau d'une véritable épopée burlesque » e « déchaîne, avec le rire libérateur, une merveilleuse illustration du sentiment populaire en pleine possession de son occitanité » a l'opausat de la version filmada per Marcel Pagnol a partir d'Alfonse Daudet, que quicha los clichats meridionals.