Explorar los documents (4 total)

La Lauseta : almanach du patriote latin
Soucietat latina la Lauseta

L'Armanac de la Lauseta, publié entre 1877 et 1879, se veut fédéraliste et pan-latin. Cet almanach républicain à tendance de gauche se positionne en alternative à la pensée du mouvement félibréen provençal.

La Lauseta est un almanach né sous l'impulsion de Louis-Xavier de Ricard, de sa femme Lydie Wilson de Ricard et d'Auguste Fourès. Ce dernier y a apporté de nombreuses contributions sous forme de poèmes, de contes et de chroniques notamment. Les textes de Lydie Wilson de Ricard y sont signés du pseudonyme Dulciorella ou Lidia Colonia.

Le premier numéro de La Lauseta a été publié en 1877, le second en 1878 et le troisième et dernier en 1879. La publication a pris fin rapidement suite à la mort en 1880 de Lydie Wilson de Ricard et à un voyage en Amérique Latine de Louis-Xavier de Ricard. 

Un ultime numéro est sorti en 1885 sous la direction d'Auguste Fourès uniquement.

De la bonne utilisation des revues : les stratégies occitanes
Barral, Guy

Captation de la conférence De la bonne utilisation des revues : les stratégies occitanes donnée par Guy Barral, bibliothécaire et éditeur le 07/02/13 à l'université Paul Valéry de Montpellier dans le cadre du séminaire RedOc/LLAC.

Almanach en langue d'oc

La fin du XIXe siècle correspond au renouveau de la langue d'oc, porté par de nombreux auteurs, dont ceux du Félibrige. Parallèlement, et en soutien à celui-ci, se développent de nombreux almanachs locaux publiés dans les différents dialectes occitans. Le gascon ne fait pas exception et bénéficie au début du XXe siècle, de différentes parutions: Armanac de la Gascougno (publié à Auch), l'Almanac noubel de l'Ariéjo (qui mêle progressivement le languedocien au gascon) ainsi que l'Armanac dera Mountanho (Armanac dera Bouts dera mountanho) publié à Saint-Gaudens. Ce dernier almanach, est le fruit de l'Escolo deras Pirinéos, Ariéjo, Coumènges et Couserans.

 

Les almanachs de langue d'oc

L'almanach

L'invention de l'imprimerie permet à l'almanach, genre connu au moins depuis l'antiquité grecque, de connaître un réel essor. Alternant publications écrites et images, il propose un contenu très varié: recettes de cuisines, calendrier des saints, ou plus classiquement, calendrier des éphémérides et des phases de la lune... 

Accessibles aux couches populaires (par l'usage d'images et de pictogrammes), les almanachs sont du fait de leur contenu, en relation directe avec les problématiques et les réalités quotidiennes. Proposant contes et récits issus de la tradition orale dans leur langue d'origine, ils semblent avoir participé au renforcement de l'identité locale, comme tend à le prouver une étude des années 1980 reposant sur l'analyse de divers almanachs en langue d'oc recueillis par le CIDO (Centre International de Documentation Occitane)et aujourd'hui conservés au CIRDOC. (cf. "Lecture, écriture et identité locale. Les almanachs patois (1870-1940)." de Dominique Blanc, paru dans la revue Terrain, n°5 d'octobre 1985).

 

Le félibrige et la multiplication des almanachs

La fin du XIXe siècle voit se multiplier les almanachs en langue d'oc. Le genre bénéficie en effet du renouveau impulsé par le Félibrige, mouvement créé en 1854 par différents auteurs, dont Roumanille et Mistral. Nombreux sont en effet les auteurs, érudits et imprimeurs locaux proches du Félibrige, voire félibres eux-mêmes. Parallèlement, les divers cercles locaux, apparus après 1870, proposent progressivement leur propre almanach, rapportant bien souvent le travail mené durant l'année par ces "escolas".L'almanach apparaît rapidement comme le média idéal pour toucher un large public, et notamment un public populaire, susceptible de s'intéresser à une publication en langue d'oc, sur des thématiques aussi variées que pratiques. Les parutions d'almanachs se multiplient ainsi, dans les divers dialectes de la langue d'oc, le gascon ne faisant pas exception.

 

Les almanachs gascons

Historique des différents almanachs gascons

Trois principaux titres concernent la région où domine le dialecte gascon, l'Armanac de la Gascougno, l'Armanac dera Mountanho ainsi que l'Almanac noubel de l'Ariéjo.

L'Armanac de la Gascougno paraît pour la première fois en 1898. Imprimé dans la capitale du Gers, il est le fruit de l'abbé Sarran, lou Cascarot (1872-1928), également auteur d'une Petite grammaire Gasconne en dialecte armagnacais. La parution vient compléter à ses débuts la Revue de Gascogne. La plume de son auteur principal, et l'intérêt porté par le public pour des textes issus du folklore et de la tradition orale locale, feront son succès durant de nombreuses années.

A l'instar de l'Armanac de la Gascougno et de nombreux autres almanachs, l'Armanac dera Mountanho constitue un recueil de textes érudits, déjà publiés dans la revue Era bouts dera Mountanho. Imprimé dès 1908 à Saint-Gaudens par "l'Escolo deras Pirineos", il sera par la suite édité à Toulouse puis Foix, et concerne la vaste zone des Pyrénées gasconnes.

L'Almanac noubel de l'Ariéjo, édité pour la première fois à Foix en 1891, est le fruit du travail conjoint d'un imprimeur et d'érudits locaux, bénéficiant progressivement de l'aide de leurs lecteurs, leur communiquant contes et recettes. Il reprenait à l'origine des textes parus une première fois dans le Bulletin de la Société ariégeoise des Sciences, des Lettres et des Arts.

 

Contenu et rapport à la langue

Média populaire, l'almanach, bien que publié et conçu par des érudits (confirmant par là-même leur place dans la société locale), constitue également un média participatif avant l'heure. La plupart des publications présentent des textes hérités de la tradition orale et du folklore local, transmis parfois par les lecteurs eux-mêmes qui participent ainsi à la collecte et à la reconnaissance de leur patrimoine.

Les almanachs en langue d'oc de la fin XIXe/ début XXe siècle contribuèrent à leur manière au renouveau de l'occitan, notamment auprès des ouvriers et des paysans, public directement visé par ce genre. Transposée à l'écrit (sous des graphies diverses et non normalisées à cette époque), la langue d'oc, dans toute la variété de ses dialectes, apparaissait enfin pour ses lecteurs, sous les traits d'une langue littéraire, à l'instar du français. Ouvrage largement diffusé, généralement vendu par des colporteurs, l'almanach est présent dans la plupart des foyers, où il constitue un ouvrage de partage (les plus jeunes faisant la lecture aux anciens) et d'apprentissage de la lecture (paradoxalement en occitan, langue absente des enseignements de l'école républicaine).

Bien que de nombreux almanachs se réclament du "patois" dans leur intitulé, (puisque telle était, et demeure, une dénomination fortement usitée par leurs lecteurs), ces recueils participèrent donc à la diffusion et au renouveau de la langue. Les débats qui agitent alors la langue d'oc, sont d'ailleurs bien souvent présents, parfois en filigranes dans ces recueils qui constituent une intéressante source d'informations, tant sur la langue que sur la culture d'oc.

Pour en savoir plus:

 

Le CIRDOC possède une importante collection d'almanachs, dont de nombreux titres en gascon:

Almanac noubel de l'Ariéjo. (COTE CIRDOC: Al3) (quelques exemplaires).

Armanac de la Gascougno. (COTE CIRDOC: Al5).

Armanac dera Mountanho.(COTE CIRDOC: Al5). (majorité des titres conservés).

Etude sur les almanachs en langue d'oc:

BLANC, Dominique, "Lecture, écriture et identité locale. Les almanachs patois en pays d'oc (1870-1940).". Dans la revue Terrain, n°5, octobre 1985. (Disponible en ligne).

CIRDÒC servici question-responsa

La date de publication du premier Armanac de Louzero pose problème. Cette publication annuelle en langue d'oc (dialecte du Gévaudan) est régulière depuis 1903. Cependant, un premier Armanac de Louzero avait été publié en format réduit en 1899. 

La publication de cet almanach se poursuit jusqu'à nos jours avec toutefois une interruption entre 1958 et 1969. Depuis 1970, il constitue un supplément annuel à la revue Lou Païs : revue régionaliste du Gévaudan et des Cévennes. Jusque dans les années 1950 il était entièrement en langue d'oc, il est aujourd'hui bilingue. 

Le n° 1 de l'Armanac de Louzero (1903) met en scène, sous forme de dialogue, l'ambition de ce nouvel almanach : « L'almanach patois. (...) Il faut que je te dise, Jacou, que ma fille était à Mende, hier, pour y vendre quelques fromages. Elle en a ramené une nouvelle : il paraît que l'on va faire un livre en patois. Tu ne l'as pas entendu dire ? 

— Jacou : Un livre en patois ? Non... Tu veux peut-être dire un almanach ? 

— Touèno : C'est ça : un almanach en patois. 

— Jacou : J'y suis maintenant, et comme disait l'autre : il suffit d'expliquer. Mais il te faut savoir, Touèno, qu'un almanach ce n'est pas un livre : un almanach, c'est un almanach... Il y a les fêtes, la pluie et le beau temps, les foires, les lunes, de petites choses pour amuser le monde, des proverbes, des contes, des chansons, des remarques... Souviens-toi, Touèno, qu'un livre il y en a beaucoup qui ne se baisseraient pas pour le ramasser, alors qu'un almanach en patois, tu verras qu'on s'y jettera dessus comme les brebis sur le sel... » (cité et traduit dans Dominique Blanc, « Lecture, écriture et identité locale : Les almanachs patois en pays d'oc (1870-1940) », voir bibliographie ci-dessous

Comme la couverture des premiers numéros l'annonce, cet almanach « Marco las fièiros, las festos, las lunos, las sesous, i o de contes, de prouberbis, de chansous, de farços, per fa passa lou tems al brabe mounde de nostre païs. » 

Selon le témoignage de Félix Buffière (1966, voir bibliographie ci-dessous), « lou Grelhet »/Félix Remize assurait l'essentiel de la rédaction de l'armamac : « Sous sa couverture de couleur, l'Armanac avait invariablement ses 64 pages. Il s'ouvrait par un calendrier détaillé et s'achevait par la liste des foires de la Lozère. Un « Catecisme de la Meirino » ou « del Peyri », un récit évangélique, un conte du pays, du diable, du renard et du loup, parfois un conte « biropassat » (traduit) de Grimm ou de Perrault : le tout entremêlé de savoureuses farces, de bons mots, de proverbes, de devinettes, de chansons, et clôturé par « l'ensenhadou » ou table des matières. » 

Parmi les collaborateurs réguliers du chanoine Remize, Félix Buffière cite Ange Peytavin, curé de Mialanes (qui signait Estieine). « Chontoclar » (Albert Brunel) fournissait régulièrement des chansons et illustrait l'Armanac. 

Origine de l'Armanac de Louzero : 

À la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle, il y a une grande vogue des almanachs en langue d'oc, liée au développement du Félibrige qui avait créé dès 1855 l'Armana prouvençau à Avignon. Celui de la Lozère a été réalisé en 1899, puis de façon régulière à partir de 1903 par Félix Remize (« Lou Grelhet ») (1865-1941). Ces almanachs eurent un très grand succès populaire, certains tirant à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires. 

En savoir + sur Félix Remize : 

Félix Buffière, « Le chanoine Félix Remize », introduction à Félix Remize, Contes du Gévaudan, vol. 1, s.l., s. n., 1966 (CIRDOC CAB 353-1) 

Sur le mouvement des almanachs en langue d'oc :

Dominique Blanc, « Lecture, écriture et identité locale : Les almanachs patois en pays d'oc (1870-1940) », dans Terrain, n° 5, octobre 1985 (pp. 16-28) [disponible en ligne sur le site de Dominique Blanc, anthropologue, Ingénieur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales