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Y a-t'il eu une partition musicale pour Lou cant dou soulèu extrait de Lis isclo d'or de Frédéric Mistral ?

Lou Cant dou Souleu est bien présent dans le recueil de poésies de Frédéric Mistral, Lis isclo d'or (Les îles d'or) publié en 1876, il figure dans la première partie intitulée Li Cansoun. Cet hymne au soleil a été publié pour la première fois dans l'Armana Provençau en 1862 et est dédié à l'Orphéon d'Avignon.

 


A l'instar de cette chanson, Frédéric Mistral a rédigé de nombreuses œuvres musicales. Tout son travail semble d'ailleurs traversé par la chanson. Il a notamment composé un nombre conséquent de chants et une partie de son œuvre a été adaptée pour l'opéra, parmi les plus connus, la Coupo Santo, considérée comme l'hymne provençal mais également le poème épique Mirèio mis en musique par Charles Gounod. L'auteur lui-même se dit très attaché à la chanson populaire et traditionnelle car c'est grâce aux chants et comptines que lui chantait sa mère durant son enfance qu'il semble avoir découvert la poésie populaire.

Il faut pourtant savoir que si Frédéric Mistral a écrit de nombreux chants, il n'en a jamais composé les partitions musicales. Ces dernières pouvaient être composées par d'autres félibres ou des compositeurs, a priori ou a posteriori mais la plupart du temps l'auteur composait ses chansons sur des mélodies traditionnelles ou populaires.

C'était pour lui et plus généralement pour le mouvement félibréen un moyen de raviver et de remettre au goût du jour des éléments du folklore mais également de faire le lien entre musique populaire et musique savante.

D'ailleurs, les félibres avaient pris pour habitude, plutôt que de déclamer leurs poèmes de les chanter sur des airs populaires ou traditionnels.



Le Cant dou soulèu illustre parfaitement ce cas puisque Frédéric Mistral indique dans les notes du recueil Lis Isclo D'or : « Le Cant dòu soulèu, composé sur l'air du Bivouac de Kucken a été popularisé par les Orphéonistes d'Avignon, dirigés par M. Brun».

La Chanson du Bivouac est un air à la mode à l'époque, créé par le compositeur allemand Friedrich Wilhelm Kücken (1810-1882). Vous pourrez trouver sur Gallica sa partition pour piano ou encore pour cornet à pistons. Enfin, vous pourrez également trouver une transcription militaire de ce chant, réalisée par Eugène Ketterer sur IMSLP, la médiathèque virtuelle de partitions de musique du domaine public.



Voici  également le texte de ce chant tel qu'on le trouve dans le recueil : 

 

LOU CANT DOU SOULÈU

A J. Roumanilho

Grand soulèu de la Prouvènço,

Grand soleil de la Provence,

Gai coumpaire dóu mistrau,

Gai compère du mistral,

Tu qu'escoules la Durènço

Toi qui taris la Durance

Coume un flot de vin de Crau,

Comme un flot de vin de Crau,

   

Fai lusi toun blound calèu !

Fais briller ta blonde lampe !

Coucho l'oumbro emai li flèu !

Chasse l'ombre et les fléaux !

 Lèu ! lèu ! lèu !

Vite ! vite ! vite !

Fai te vèire, bèu soulèu !

Montre-toi, beau soleil !

   

Ta flamado nous grasiho,

Ta flamme nous rôtit,

E pamens, vèngue l'estiéu,

Et pourtant, vienne l'été,

Avignon, Arle e Marsiho

Avignon, Arles et Marseille

Te reçaupon coume un diéu !

Te reçoivent comme un dieu !

   

Fai lusi toun blound calèu !

Fais briller ta blonde lampe !

Coucho l'oumbro emai li flèu !

Chasse l'ombre et les fléaux !

Lèu ! lèu ! lèu !

Vite ! vite ! vite !

Fai te vèire, bèu soulèu !

Montre-toi beau soleil !

   

Pèr te vèire, li piboulo

Pour te voir les peupliers

Sèmpre escalon que plus aut,

Toujours montent davantage,

E la pauro berigoulo

Et le pauvre agaric

Sort au pèd dóu panicaut.

Sort au pied du chardon

   

Fai lusi toun blound calèu !

Fais briller ta blonde lampe !

Coucho l'oumbro emai li flèu !

Chasse l'ombre et les fléaux !

Lèu ! lèu ! lèu !

Vite ! vite ! vite !

Fai te vèire, bèu soulèu !

Montre-toi beau soleil !

   

Lou soulèu, ami, coungreio

Le soleil, amis, procrée

Lou travai e li cansoun,

Le travail et les chansons,  

E l'amour de la patrio, 

Et l'amour de la patrie,

E sa douço languisoun.

Et sa douce nostalgie !

   

Fai lusi toun blound calèu !

Fais briller ta blonde lampe !

Coucho l'oumbro emai li flèu !

Chasse l'ombre et les fléaux !

Lèu ! lèu ! lèu !

Vite ! vite ! vite !

Fai te vèire, bèu soulèu !

Montre-toi, beau soleil !

   

Lou soulèu fai lume au mounde

Le soleil éclaire le monde

E lou tèn caud e sadou...

Et le chauffe et le nourrit...

Diéu nous garde que s'escounde,

Dieu nous garde qu'il se cache !

Car sarié la fin de tout !

Car ce serait la fin de tout !

   

Fai lusi toun blound calèu !

Fais briller ta blonde lampe !

Coucho l'oumbro emai li flèu !

Chasse l'ombre et les fléaux !

Lèu ! lèu ! lèu !

Vite ! vite ! vite !

Fai te vèire, bèu soulèu !

Montre-toi, beau soleil !

 

 

La Genèsi de Frédéric Mistral [texte manuscrit]
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Ce manuscrit original de Frédéric Mistral est conservé au CIRDÒC - Mediatèca Occitana à Béziers. Lacunes : chapitres 1 à 3, 9, 10, 12 à 14, 19, 21, 23, 27 à 29.

Frédéric Mistral traduit le texte de la Genèse à partir de 1878, sous le pseudonyme de Gui de Mount-Pavon, au rythme d'un chapitre par an dans l'Armana Prouvençau

Ce texte sera publié en intégralité avec les versions française et latine chez l’éditeur Honoré Champion en 1910.

La version imprimée est consultable ici

Mager, Charles-Amédée (1835-19..)
Mistral, Frédéric (1830-1914)
Roumanille, Joseph (1818-1891)
Aubanel, Théodore (1829-1886)
Bard, L.
Bigot, A.
Saunier, J.
Gautier, A.

Partitions musicales et paroles de différents chants provençaux écrits par des Félibres

Li parpaioun blu / de William C. Bonaparte-Wyse
Bonaparte-Wyse, William-Charles (1826-1892)
William Bonaparte-Wyse (1826-1892) fils d’ambassadeur d’Angleterre en Grèce, descendant des Bonaparte par sa mère. À la lecture de Mireille, il apprend la langue d’oc, devient un fidèle et ami de Frédéric Mistral, et s’engage dans le Félibrige. Il publie Li parpaioun blu, pouesio prouvençalo, préfacé par Mistral, en 1868. Reçu membre correspondant de la Société archéologique de Béziers en 1868, il préside les fêtes félibréennes de Forcalquier 1882 et publie de nombreuses pièces en langue d’oc.
Exemplaire contaznt dessins manuscrits rehaussés en couleur par Félix Gras.
La Genèsi  / trad. en prouvençau pèr Frederi Mistral
Mistral, Frédéric (1830-1914)
Brousson, Jean-Jacques (1878-1958)

Frédéric Mistral traduit le texte de la Genèse à partir de 1878, sous le pseudonyme de Guy de Montpavon, au rythme d'un chapitre par an dans l'Armana Prouvençau. Ce texte sera publié en intégralité avec les versions française et latine chez l’éditeur Honoré Champion en 1910.

Mistral, Frédéric (1830-1914)
Jouveau, Elzéar (1847-1917)
Jacomet, E.
Saboly, Nicolas (1614-1675)
Durand, G

[ca 1910] : date approximative.

Ce recueil de chansons est le premier fascicule de Cant de Prouvènço e li declamacioun. Il réunit plusieurs chansons provençales de félibres, dont plusieurs écrites par Frédéric Mistral.

- En premier lieu on trouve la « Cansoun de la coupo », également appelée « La Coupo Santo », chantée sur un noël de Nicolas Sabolly. Elle célèbre la coupe en argent offerte en 1867 par les félibres catalans aux félibres provençaux. Ce présent vient en remerciement de l'accueil réservé par les provençaux au poète catalan Victor Balaguer, exilé politique. Ce chant, qui devint rapidement l'hymne du Félibrige est depuis devenu celui des provençaux. (Frédéric Mistral : Essai de discographie... / Etabi par Annie Zerby-Cros.-- Béziers : CIRDÒC, 2004)

- Magali, la deuxième chanson, est une aubade présente dans le chant III de Mireille. Frédéric Mistral s'est servi d'une chanson populaire pour mettre en musique son texte.

Cette chanson a permis au poète de se faire connaître dans la société lettrée parisienne. En effet, c'est en entendant le chant de Magali qu'Adolphe Dumas un provençal d'origine, bien implanté dans le monde littéraire parisien, découvre Mireille et fait part de son émerveillement dans la Gazette de France. C'est par l'intermédiaire de Dumas que Mistral rencontre Alphonse de Lamartine à Paris en 1858, quelques mois avant la publication de Mireille. (Frédéric Mistral et Déodat de Séverac : le Félibrige et la musique / Jean-Bernard Cahours d'Aspry, pp. 71-72)

- La troisième chanson de Mistral de ce recueil, Cansoun dou cinquantenàri, a été créée par Mistral pour le cinquantenaire du Félibrige, qui s'est déroulé le 23 mai 1904 à Font-Ségugne. (Histoire du Félibrige. 2, 1876-1914 / René Jouveau.-- Aix-en-Provence : R. Jouveau, 1970).

Mistral, Frédéric (1830-1914)

Il est question de La Cansoun dis Àvi dans une lettre de Pierre Devoluy adressée à Frédéric Mistral datant du 29 mars 1906. L'expéditeur y fait part de ses impressions enthousiastes sur la chanson que Mistral vient de lui envoyer. Devoluy demande à Mistral s'il possède un air pour la chanter et pour qu'il la publie dès le prochain numéro du journal Prouvènço ! (Cf. Correspondance Frédéric Mistral - Pierre Devoluy : 1895-1913 / publ. et annotée par Charles Rostaing, 1984, p.687-688).

Pierre Devoluy est à l'époque rédacteur en chef du mensuel Prouvènço ! Auriflour de la causo felibrenco. La Cansoun dis Àvi sera effectivement publiée dans le n°16 du 7 avril 1906, signée par Frédéric Mistral, à Maillane le 27 mars 1906. La chanson y est précédée d'une petite introduction indiquant : « Èr : mescladis de E ièu quand la veirai

 

Ié dirai...

e de Eisabèu

Ti boutèu

Soun plen de sarriho... »

Ce numéro de Prouvènço ! est conservé à la médiathèque du CIRDÒC (cote magasin AF).

[Photographie de la quatrième visite de Frédéric Mistral à Béziers lors des fêtes de la Santo Estello - 25 mai 1902]

Frédéric Mistral (premier plan à droite), en compagnie de Pierre Devoluy (second plan à droite), capoulié du Félibrige, et de Marius Jouveau (au centre, de profil) devant la porte des Arènes de Béziers, au milieu de la foule lors des fêtes de la Santo Estello de Béziers le 25 mai 1902.
Ils sont accompagnés par Fernand Pigot, Marc Varenne et Émile Barthe.

La Coumunioun di Sant de Frédéric Mistral [texte manuscrit]
Mistral, Frédéric (1830-1914)

Texte figurant dans la chambre de Frédéric Mistral, placé dans un cadre de bois contenant une photo du porche de Saint-Trophime d’Arles, celui-là même où se déroule la scène du poème – « davalavo, en beissant lis iue, / Dis escalié de Sant-Trefume » - et sur laquelle a été peinte à la gouache une jeune Arlésienne. Un carré de papier blanc, placé au bas de cette photographie, reprend les premières strophes de La Communioun di Sant. Cette présence de l’Arlésienne au plus près de l’auteur, confère à la pièce un caractère particulier, encore accentué par les histoires qui entourent la rédaction même du poème. (cf. Frédéric Mistral, Lis Isclo d’or. Edition critique établie par Jean Boutière, Paris, 1970).

Mistral aurait ainsi imaginé l’histoire de la Communioun di Sant à la Toussaint 1857. Assistant à la sortie des Vêpres devant la cathédrale Saint-Trophime d’Arles, il aurait alors aperçu une jeune fille, Arlésienne modeste qui « Davalavo, en beissant lis iue ». Marquée par cette « vision », c’est à la terrasse d’un café que Mistral aurait rédigé ses premières lignes sans attendre, lignes qui donneront six mois plus tard la Communioun Di Sant, texte dans lequel le poète Roumanille voyait une « histoire édifiante et la récompense de la beauté, c’est-à-dire de la vertu » (Jean-Paul Clébert, Mistral ou l’Empire du Soleil, Paris, 1983).

Ouvière, G. (photogr.)

C'est le 17 mai 1903 que Frédéric Mistral institue la première "Festo Vierginenco" à Arles. Il s'agit d'un rassemblement annuel où les jeunes filles d'Arles d'environ 15 ans et leur costume sont mis à l'honneur.

Le costume provençal est à l'époque en voie de disparition, la mode parisienne a pris le dessus et est alors synonyme d'élégance. Pour inciter les provençales à se distinguer, à réveiller leur « âme provençale », Mistral a l'idée de créer une grande fête populaire où le costume traditionnel serait montré triomphant, acclamé par la foule.

La première cérémonie décore 28 jeunes filles devant Mistral, le prince Roland Bonaparte et sa fille. (Le costume en Provence / J. Charles-Roux, 1909)

En 1904, elles viennent plus nombreuses des alentours d'Arles. Au théâtre antique, elles sont 370 à prendre le costume et à promettre de ne plus le laisser. Jules Charles-Roux parle d'une grande affluence du public venant de toute la Provence pour les acclamer.

Elles défilent en cortège (à cheval pour les Camarguaises), accompagnées de la cantate de Frédéric Mistral créée pour l'occasion. Chaque jeune fille reçoit alors des mains de Frédéric Mistral une broche en argent ornée d'un buste d'Arlésienne et un diplôme dessiné par Léo Lelée. La dernière « Fèsto Vierginenco » présidée par Mistral se déroule le 15 juin 1913. Depuis, cette fête existe toujours mais se déroule aux Saintes-Maries-de-la-Mer, le dernier dimanche de juillet.


Pour en savoir plus : 

- "Fêtes Vierginencos" de 1904 dans lFigaro du 2 avril 1904 

- J. Charles-Roux, Le costume en Provence avec un sonnet de Frédéric Mistral (Paris, 1909).

- Gérard Baudin, Frédéric Mistral : illustre et méconnu, (Paris, 2010).

- René Jouveau, Histoire du Félibrige. 2, 1876-1914, (Aix-en-Provence, 1970).

- Claude Karkel, Sur les pas de Frédéric Mistral : escapades provençales, (2009).

- Gérard Baudin, Moussu Frederi, ou Clichés d'un poète, (Marseille, 1987).