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Lo viatge de Joana - Saison 2 / Épisode 9 [feuilleton radiophonique]

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Le saviez-vous ?

Texte de l'épisode : 

Les enfants ont couru partout, les jeunes ont chanté, les vieux ont raconté des histoires, les joueurs de Hautbois languedociens ont fait danser et puis tout le monde a sauté le feu. Il faut faire attention avec les enfants qui quelques fois se rencontrent au milieu du feu, tombent et se brûlent les pieds si pas plus !

À un moment ils m’ont demandé de chanter une chanson qu’on avait apprise avec Claire à la Chorale occitane : À la Saint Jean d’été.

À la Saint Jean d’été la nuit est si petite (bis)
Si petite est la nuit que l’ombre mensongère
Ombre sous la terre ombre sous le feu.
Et tournent tournent les sorcières autour du cyprès
et cric cric dit le grillon et chocho la chouette...


Angèle assise à côté de moi a commencé à raconter « La sorcière de Narbonne ». Mathilde se régalait. Je n’avais jamais fêté la Saint Jean, c’est tellement beau ! L’année prochaine je viendrai avec le petit !

Tout le village était enchanté de la voir et surtout son ventre :

- Eh bien Jeanne ta filleule est revenue mais pas toute seule, comme disait ma grand-mère « elle a un polichinelle dans le tiroir ! »

- Mais toujours jolie et gentille ! Est-ce qu’elle a un métier de l’autre côté ?

- Il faut lui demander : moi je ne sais pas tout !

Mathilde se lève et va discuter avec un jeune homme que je ne connais pas. Elle me le présente :

- Jeanne, c’est Jacques l’ami avec qui je suis arrivée dans ce village l’année dernière. Je t’avais raconté l’histoire ! Nous avons étudié ensemble la diététique.

- Ah ! maintenant je me souviens. Bonjour Monsieur ! C’est bien de vous retrouver ! Vous êtes toujours à l’université ?

- Et oui, je n’ai pas encore fini, mais tout va bien. Dans un an j’ai un travail qui m’attend chez mon père qui a un restaurant à Montpellier. Je ferai un menu spécial pour les diabétiques et les végétariens.

Il est minuit quand j’arrive à la maison. Mathilde est restée avec son ami. Encore une fois je me sens à côté de la vie. Elle m’aime cette petite mais elle pense qu’il n’y a qu’une chose importante pour moi : son bonheur ! Elle pense que c’est une chance pour moi de l’avoir trouvée pour remplir le vide d’un avenir sens autre but que la mort. C’est comme ça que les jeunes voient les vieux. Je suis triste, déçue : j’avais tant attendu ce moment après la fête pour parler de la suite.
Assise sur le terrasse je me dis qu’encore une fois je me suis trompée, l’adoption n’est pas une bonne idée. C’est à elle de trouver son chemin toute seule. Et moi de trouver le mien : j’ai cru me faire aimer pour ma générosité. Pour gagner l’amour de Mathilde, la fille que je n’avais pas eu, je lui aurais tout donné. Et ce jour de la Saint Jean tout s’arrête. Aimer l’autre ce n’est pas se faire manger par lui. Ouf ! C’est l’heure de faire une bise à Rémy et d’aller dormir un peu.

- Alors madame comment va votre fille avec son ventre rond ?

- Je suis en train de me réveiller. Le rêve est tombé au fond du puits. Mathilde ne sera jamais ma fille et je ne suis pas sa mère.

- Jeanne enfin raisonnable ! Ça me fait très plaisir et tout cet amour nous le garderons pour notre avenir. N’oublie pas de venir me chercher à Fréjorgues dans une semaine.

- Dons tu seras là le 1er juillet ! Bravo ! Il me faut acheter un lit pour deux : le mien ne fait que 90 centimètres, il n’est pas pour deux.

- Je te laisse choisir. l’important c’est d’être un près de l’autre. Bises !

- Bises !

J’entends Mathilde rentrer à deux heures du matin.

Nous nous retrouvons pour le café à 10 heures.

- Je pense qu’il te faudrait aller voir le docteur du village. C’est pour quand l’accouchement ?

- Le 15 juillet si tout se passe bien. Je voudrais accoucher à la maison, je ne veux pas aller à l’hôpital.

- Je ne sais pas si c’est possible. S’il y a un problème ça peut être dangereux, on ne sait jamais… En plus je ne suis pas ta mère ni quelqu’un de ta famille. Donc j’aimerais que ce ne soit pas dans ma maison.

- Comme tu voudras. Je suis heureuse d’avoir retrouvé Jacques. Nous avons décidé de sortir ensemble ce soir.

- C’est bien pour toi, il a l’air gentil ce garçon.

- Il est toujours amoureux de moi, il ne m’a pas oubliée. C’est une bonne chose d’avoir dans le village une mère et un homme !

- La semaine prochaine Rémy arrive et nous voulons être un peu tranquilles tous les deux. Nous allons aller visiter la maison de l’Oncle Vincent et ce sera une bonne maison pour vivre avec ton petit et ton ami si tu veux. Chacune fera sa vie de son côté et je pense que c’est mieux. Puis nous irons à la ville acheter tout ce qu’il faut pour le petit. Ça te va ?

- Merci beaucoup Jeanne. Je ne trouverai jamais les mots pour te remercier. Allons voir la maison !

Évidemment la maison de l’Oncle Vincent a besoin d’être nettoyée et la cuisine ressemble à celle de ma grand-mère. Mais il y a tout ce qu’il faut pour vivre. Il faut acheter des draps, des éponges. Il faudra laver les rideaux, et le linge de cuisine et de toutes façons toute la maison. La voiture au retour de Béziers est plus que pleine. Pour le lit ils l'apporteront dans la semaine. Jacques est venu aider et les deux oiseaux ont l’air très heureux. Maintenant c’est leur maison.
Je ne comprends pas tout mais je pense à la chanson de Carmen : « L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser… ». Mais peuchère, il y en a un ou une dans le ventre de Mathilde qui n’a rien demandé...

La mère de Jacques est venue aussi pour visiter et tout le monde est invité Vendredi pour l’apéritif. Après Mathilde veut rester dans la maison.

- Et Jacques ? Je sais, ce n’est pas mon affaire.

- Jacques va vivre avec moi comme ça tu seras plus tranquille. Il m’emmènera à l’hôpital.

Encore une fois je me sens mise sur le côté mais je serai libre de vivre comme je veux avec Rémy. Et le Vendredi nous sommes tous sous la treille de la maison de Mathilde et Jacques sert le pastis et le vin blanc. La mère et le père de Jacques, les Martino, sont contents et pour finir moi aussi.

Maintenant je vais aller nettoyer ma maison pour mon Rémy. Je retourne seule à la maison et je ne sais plus où j’en suis. De toutes façons pour lui donner la maison il faudra l’adopter, il n’y aura pas d’autre possibilité. Mais comme peut-être elle va se marier avec Jacques elle ne s’appellera jamais Mathilde Belcaire. Mais il y a encore les vignes de Vincent et la maison et les terres de René. On verra tout ça avec Rémy, je suis fatiguée.

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Citer ce document

Clément, Anne. Auteur, interprète, Benichou, Julien. Compositeur, Huang, Edda. Interprète, Benichou, Daphné. Interprète, Zinner, Lucas. Interprète, Alranq, Perrine. Interprète, Hébrard, Jean. Interprète, François, Isabelle. Interprète, Vidal, Alain. Interprète, Lo viatge de Joana : Saison 2 - Épisode 9 / Compagnie Gargamèla-Théâtre, Occitanica - Mediatèca Enciclopedica Occitana / Médiathèque encyclopédique occitane
http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/16688

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