En 1854, sept écrivains provençaux fondent le Félibrige avec pour objectif la défense et l’illustration de la langue d’oc. La « Renaissance d'oc », dont le prix Nobel de littérature Frédéric Mistral demeure la figure emblématique, a longtemps été considérée comme un mouvement provincial, nostalgique d'un monde de terroir où la langue occitane régnait sans partage. 

L’Europe du XIXe siècle est née au moment du Congrès de Vienne (1814-1815) qui entérine la victoire des grands empires sur la France. Cette carte de propagande (il y eut des équivalents anglais et allemands) propose une vision française de l’Europe au lendemain du Printemps des peuples. Le continent apparaît comme une poudrière où les grandes puissances, toutes à l’étroit, poussent chacune leurs frontières. La carte représente la plupart des grands enjeux du moment, comme l’Italie retenant la Prusse et l’Autriche, la Russie marchant vers l’ouest ou encore la Grande-Bretagne tenant l’Irlande en laisse. On notera l’absence de la Grèce ou la Roumanie, États pourtant déjà existants en 1870. La France, représentée par un zouave qui se prépare face à la menace allemande, n’a pas encore perdu l’Alsace-Moselle.

"Si quelqu'un peut endosser l'ambition de relier entre elles toutes les nations sœurs,... ce sont ces félibres qui peuvent relever et faire fraterniser les cœurs, prêchent le respect de toutes les patries, et n'ont rien d'autre en vue que de constituer l'Empire du Soleil."

Frédéric Mistral, Cartabèu de Santo Estello, 1877-1882.