Les trois parties du graile Photogr. Bernard Desblancs, Conservatoire Occitan (Toulouse)  Graile recueilli en 1984 à Colomiers (31) par Luc Charles-Dominique  (Conservatoire Occitan) auprès de Mme Camp.De nombreuses informations sont issues de :
LODDO, Daniel. Lo graile e los grailaires : Hautbois et joueurs de hautbois des montagnes du Tarn, de l’Hérault et du Sud-Aveyron. In Les hautbois populaires : anches doubles, enjeux multiples. Parthenay : Modal, 2002. pp. 66-71

Le terme graile rappelle celui de grêle et serait relatif au son que produit l’instrument.


Organologie

Le graile est composé de trois parties en buis. Les bagues aux extrémités de chaque partie sont le plus souvent en corne. Il mesure une cinquantaine de centimètres et est percé de sept trous de jeu et entre huit et dix trous d’accord.

L’anche double du graile est appelée caramelà ou carmèla. Elles étaient plutôt carrées et étaient directement « fixées » au hautbois, sans pièce intermédiaire ni cuivret. La plupart étaient faites en roseau, mais, on en trouve aussi en buis, plume d’oie, bois de houx ou sureau.

 

Répertoire et occasions de jeu

« Torn de vila » (trad.) suivi de la valse « la paura ma maire » (trad.) interprétés par Adrien Villeneuve

 

Au début du 20ème siècle, l’aire de jeu du graile se situe dans le Tarn, une partie de l’Aveyron et de l’Hérault.
On appelle les joueurs de graile des grailaires. Le plus souvent, ils jouent seuls. Les derniers grailaires sont morts dans les années 1950-1960.
La pratique du graile devait être assez répandue puisqu’une cinquantaine de spécimens ont été retrouvés.

Les grailaires jouent quatre types d’airs :
- des airs lents
- des sérénades. Ce sont des airs joués (et/ou chantés) par les jeunes hommes aux jeunes filles des fermes alentours au mois de mai.
- des marches de noces
- des airs à danser

La quasi disparition des grailaires après la guerre de 1914-1918 est due à plusieurs phénomènes :
- concurrence des orchestres de bal
- arrivée de l’accordéon diatonique à la fin du 19ème siècle
- nombreux musiciens morts pendant la guerre (rupture dans la transmission du savoir)
- absence de groupes folkloriques dans cette région